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! ! Leçon 5 LA CONCURRENCE PURE ET PARFAITE : L’EQUILIBRE DE LA BRANCHE ! !

Leçon 5

LA CONCURRENCE PURE ET PARFAITE :

L’EQUILIBRE DE LA BRANCHE!

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Introduction

Nous avons examiné dans la précédente leçon, de quelle manière une entreprise détermine sa quantité produite à court et à long terme dans un marché concurrentiel. Nous avons supposé pour cela que les firmes raisonnent en supposant que le prix est fixe (elles agissent avec l’hypothèse de price-taker).

L’objet de cette leçon consiste à déterminer les modalités de fixation des prix en situation de concurrence pure et parfaite. En d’autres termes, à comprendre la dynamique engendrée par les comportements individuels qui amène à l’établissement d’un prix d’équilibre. En outre nous chercherons à comprendre les facteurs qui permettent de modifier les prix et les quantités sur un marché concurrentiel.

Tout d’abord nous commençons par affirmer que nous nous intéresserons ici à la détermination de l’équilibre qur une branche industrielle particulière. Cette dernière est définie comme l’ensemble des producteurs qui vendent un bien identique (un bien homogène). On suppose ici que les marchés sont distincts et que les entreprises n'ont pas recours à la différentiation des produits. Cette hypothèse est utile pour simplifier et clarifier l’exposé.

Dans un premier temps nous allons examiner les concepts d’offre et de demande globales, puis la détermination du prix d’équilibre. Enfin, nous examinerons les effets en termes de bien-être de cette configuration de marché.

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L’offre globale désigne la somme des offres individuelles de tous les producteurs sur un marché donné. Elle permet de spécifier les évolutions des prix en fonctions des quantités produites pour l’ensemble des vendeurs. Il est à noter que ces évolutions diffèrent selon que l’on considère le court terme ou le long terme.

Le long terme est la période pendant la quelle tous les ajustements – dans les facteurs de production et dans le nombre de firmes – ont pu être menés à bien (Begg, Fischer et Dornbush, 199 ).

Ainsi à court terme on peut rencontrer certaines imperfections qui empêchent les ajustements entre l’offre et la demande. Mais à long terme, l’offre globale s’ajuste à la demande globale.

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La concurrence pure et parfaite :

L’équilibre de la branche

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="$!72:<.*3<+72$0/$,1$37*.-/$0'788./$

L’offre globale est donnée par la somme des courbes d’offre individuelles. Pour la déterminer il suffit de faire la somme horizontale des courbes d’offre. A titre d’exemple, on peut déterminer l’offre globale correspondante à la somme des offres des deux entreprises suivantes (voir graphique associé).

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Compte tenu de la maîtrise des coûts dans le temps et l’évolution des comportements des firmes, les courbes d’offre à court et à long terme diffèrent. L’offre à long terme se présente sous la forme d’une courbe plate. Ceci exprime le fait que tous les ajustements ont eu lieu : les entreprises ont maîtrisées leur coûts de production et le nombre d’entreprises est devenu important. Dans le cas extrême, la courbe d’offre est horizontale.

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55$6$&1$37*.-/$0/$0/;120/$9,7-1,/$ $

De manière identique on suppose que la courbe de demande globale est la somme des courbes de demande individuelles. Chaque agent raisonne en maximisant sa fonction d’utilité sous contrainte et obtient ainsi une fonction de demande conditionnelle.

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Comme nous venons de l’examiner, les offres et les demandes exprimées par les entreprises et les consommateurs sur un marché concurrentiel dépendent des prix. L’équilibre est atteint lorsque les niveaux de prix assurent l’égalité entre l’offre et de la demande. Ainsi la coordination sur les marchés est assurée par les prix. Compte tenu du nombre important d’acteurs économiques sur ces marchés, tous les agents agissent en supposant qu’ils n’ont aucun pouvoir de marché. (i.e) une faible capacité à influencer les prix d’équilibre.

En situation de concurrence parfaite, les rationnements sont exclus à l’équilibre. On suppose que tous les acteurs sont servis.

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="$@)*+,+-./$?$37*.<$</.;/$/2$:+<*1<+72$0/$3723* /23/$A1.81+</$

Supposons que le nombre de firmes est fixe à court terme. La fonction d’offre globale est donnée par l’agrégation des offres individuelles.

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de manière similaire, la demande globale est donnée par l’agrégation des demandes individuelles.

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L’équilibre est donnée par l’intersection entre offre globale et demande globale. Différents mécanismes peuvent être associés à la réalisation de cet équilibre : La criée ou le commissaire priseur, le processus de la toile d’araignée (Cob-Web).

1 B$ & /$3 7 ;;+ : : 1 + . /$ A . + : /* . $C , 1 $3 . + (/B "$

On suppose ici, à l’instar de Walras, qu’un commissaire priseur peut annoncer un prix et observer l’offre et la demande correspondante. Si l’offre diffère de la demande

) alors il modifie le prix. Le commissaire priseur fait varier le prix jusqu’à

l’atteinte de l’équilibre

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demande du bien considéré. Alors que les entreprises sont prêtes à vendre une quantité élevée de ce bien, les consommateurs souhaitent acheter une quantités nettement moins

élevée. Une situation symétrique peut être décrite lorsque

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A titre d’exemple, si le prix annoncé est

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est annoncé.

Ce mécanisme constitue encore la règle sur de nombreux marchés notamment les marchés boursiers.

Il est à noter qu’à l’équilibre toutes les entreprises maximisent leur profit et que les

consommateurs maximisent leur utilité. Les plans d’actions des agents économiques sont respectés. Par ailleurs, l’équilibre se caractérise par l’absence de rationnement.

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En l’absence d’une institution ou d’un intermédiaire de marché et pour un prix donné on suppose que la rencontre entre offreurs et demandeurs s’effectue de manière répétée. Pour un prix donné, on constate un écart entre offre et demande globales. Si le prix est supérieur au prix d’équilibre, les vendeurs sont rationnés et ne vendent qu’une quantité limitée du bien. La période suivante, les offreurs proposent un niveau de prix afin d’augmenter leurs quantités offertes. Ce prix est relativement inférieur au prix d’équilibre. Les consommateurs sont rationnés. La répétition de cette procédure assure la convergence vers l’équilibre après quelques itérations.

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La stabilité et la convergence vers cet équilibre n’est pas assurée a priori. En d’autres

La stabilité et la convergence vers cet équilibre n’est pas assurée a priori. En d’autres termes, il faut supposer des conditions particulières sur les fonctions de demande globale et d’offre globale (les pentes des fonctions) afin d’assurer la convergence vers l’équilibre.

Notons au passage que l’équilibre économique sur les marchés concurrentiels est assuré par l’hypothèse d’une parfaite flexibilité des prix. En effet, les prix sont supposés varier de manière instantanée en situation de déséquilibre.

3B$ 5,,*:<.1<+72$%$&/$;1.34($0*$A7+::72" $

Sur une branche concurrentielle exerce près de 500 entreprises, qui font face à 1000 consommateurs potentiels admettant des préférences identiques et que chacun d’entre eux admet la fonction de demande individuelle suivante.

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Pour les pêcheurs, chaque barque admet des coûts de production de type :

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F*/:<+72:$% $ Déterminez la fonction d’offre individuelle de chaque entreprise. Déterminez la fonction d’offre et de demande globale. Quel est le prix d’équilibre sur ce marché.

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= – La fonction d’offre d’une entreprise est donnée par la courbe croissante du coût marginal en partant du minimum du coût moyen variable.

Déterminons la fonction de coût marginal : Cm = 2q - 6 Ainsi la fonction d’offre d’une firme type est donnée par :

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> – La fonction de demande globale est donnée par la somme des demandes individuelles des 1000 consommateurs.

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Ainsi il est aisé de déterminer le prix d’équilibre : p* = 22!

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5H$6$@)*+,+-./$3723*

/2<+/,$?$,729$</.;/$

A long terme, on suppose que tous les processus d’ajustements ont eu lieu. Les firmes

ont maîtrisés les technologies et ont parfaitement minimisés les coûts de production. En même temps, on suppose ici que l’entrée des firmes permet de garder la dynamique

concurrentielle.

En effet, l’hypothèse de libre entrée implique que le nombre d’entreprises présentes sur un marché concurrentiel peut se modifier à travers le temps. Si les profits sont élevés

alors de nouvelles entreprises peuvent entrer sur le secteur. Inversement, si les profits sont faibles ou peu significatifs alors certaines firmes quittent le secteur. Dans tous les cas on peut s’accorder que si tous les mécanismes d’ajustements ont eu lieu le prix d’équilibre sur le marché est égal au minimum du coût moyen variable pour chaque firme

et elles réalisent toutes des profits nuls.

Notons au passage qu’une entreprise peut continuer d’exercer sur une branche concurrentiel même si le profit est nul. En effet, lorsque cette situation est atteinte, ceci suppose que les coûts ont été amorties y compris le coût du capital (profit minimum exigé par les actionnaires en contre partie des prêts).

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Une question cruciale se pose en situation de concurrence pure et parfaite concerne les effets en termes de bien-être sur les consommateurs et sur les producteurs du fonctionnement du marché selon ce mode. Qui trouve son compte ? a qui profite la situation ?

Le calcul du surplus social ainsi que sa décomposition pourrait nous fournir une indication à cette interrogation. Le prix de marché est déterminé par la confrontation entre offre globale et demande globale. Ainsi, il est aisée de déterminer les surplus des producteurs et des consommateurs conformément à l’analyse fournie dans le chapitre 9 et 10.

Le graphique suivant indique les gains réalisés par les deux types d’agents. En général, le surplus social atteint son maximum en situation concurrentielle puisque chaque firme égalise le prix de marché à son coût marginal. La tarification au coût marginal permet comme nous l’avons indiqué auparavant d’optimiser la valeur du surplus social. Dès lors que l’on s’écarte de cette situation (pour des niveaux de prix différents de p*) on constate une perte de bien-être social.

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arché est déterminé par l’intersection entre offre et demande
globale, le surplus social est donné par la somme des triangles verts. En revanche dès
lors que le prix de marché s’écarte de la valeur d’équilibre on constate une perte de bien-
être para rapport à la situation concurrentielle égale à la surface du triangle jaune.
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@K/.3+3/$% déterminez le surplus des consommateurs, le surplus des producteurs et le s urplus social de l’exercice précédent.

!7 /3<+72$%$ L e surplus des consommateurs : 38500 Le surplus des producteurs : 77000 Surplus social : 115 500.

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