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PUBLICATION DE LA VP SECTION

DE L'ECOLE

DES HAUTES ETUDES (Sciences sociales et économiques)

ET DE LA SOCIETE DES ETUDES ROBESPIERRISTES

ŒUVRES DE MAXIMILIEN ROBESPIERRE

TOME VI

DISCOURS

(I" Partie)

I 789- 1 790

Edition préparée sous la direction de

Marc Bouloiseau

Docteur es Lettres

Pru[esseur d'Histoire au Collège

Georges Lefebvre

Professeur Honoraire (l'Histoire de la Révolution Française Il la Faculté des Lettres de Paris

Albert Soboul

Proiesseur Agrégé d'Histoire au Lycée Henri-lV

Avec le concours du Centre National de la Recherche scientifique

PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE

108, Boulevard St-Germain, Paris

1950

Ul

Publications de i.a Socikté des Etloes Robespierhistes :

I. Robesipierre à

Arras : Les

œuvres liltéraires en prose

et en

vers, irecueil'lies et ipubliéés par Eugène Desprez, archiviste

dôpartemenlafl du Pas-de-Calais, et Emile Lesueur, docteur

en droit,

un vdl.

avocat à Arras.

Paris,

Eraest Leroux,

191 2,

in-8", A09 pages (épuisé).

II. Robespierre à

Arras :

Les

œuvres judiciaires (plaidoyers et

mémoires), recueiil'lies et puMiées par Emile Lesueur, doc-

teur en droit, avocat à Arras. (Paris,

un =vol.

in-8°, /log pages (épuisé).

Ernest Leroux, 191 4,

Uine 'plaidoirie inédite, découverte p<ar M. iLouis Jacob, a

été publiée depuis, dans Iles Annales historiques de la Révo-

lution française, 1947, P- 97-140.

IliJ. Correspondance de Maximilien et Augustin Robespierre, re- cueiillie et ipuMiée par Georges Michon, docteur es lettres.

Paris, Félix Altoan,

1926,

un

vofl.

iin-8° de 384 page*,

avec portrait de iRobespierre aîné par Gérard.

Smppllément à 3a iCorrespondainIce

par Geo!rges Michon.

Paris, Nizet et Bastard,

1941, un voî. in-S" de 182 pages.

3

(iLes deux voîumes sont en vente 'chez Nizet et Bastard,

bis, P'iace de la Sorbonne, Pàris-5^.)

IV. Le Défensear de la Constitution, publié par Gustave Laurent.

iNancy, G. Thomas, 1989, un vol. in-8° de xxxiii-399 pages.

(En vente aux iPresses Universitaires, Paris-5®.)

Gustave Laiurcnt, décédé en 1949, tenait prête son édition

des Lettres aux Commettants, qui doit former le Tome V,

et^que les ressoui^ces

permis de publier.

de la Société ne lui ont pas encore

PRÉFACE

Lorsqu' Albert Mathiez prit, en 1909, la direction de la Société des Etudes robespierristes, il lui assigna, entre

autres tâches, la publication des œuvres de Maximilien Robespierre. On ne peut douter que, dans sa pensée, la priorité appartenait aux Discours, puisqu'ils constituent

la source essentielle pour l'étude de la pensée et de l'action

politique du grand révolutionnaire. Pourtant l'édition en fut ajournée et c'est aux écrits de jeunesse, à la Corres-

pondance, et au Défenseur de la Constitution que les quatre

volumes imprimés jusqu'à présent ont été consacrés. L'évi-

dente difficulté de l'entreprise en explique la date tardive.

Robespierre écrivait les discours qu'il comptait pro-

noncer et il les lisait suivant l'usage du temps. On n'en

possède pas les textes manuscrits ; de ses brouillons prépa-

ratoires il ne subsiste

rien (i).

Que des

fragments s'en

(i) Stéfaine Pol, dans son ouvrage Autour de Robespierre: le con-

ventionnel Le Bas, P^rïs, 1900, rapporte, ip. 99, que « plusieurs brouil-

lons qu'a conservés M. Léon Le Bas sont presque illisibles tant ils

sont 'ratuirés ».

Léon

Le

Bas

était le

fils idé Phiiliippe

Le Bas,

lui-

même fils du convientionnetl. E.

Hamel (J,

305, note) signale égia-

dlment que « presque tous les discours manuscrits de Robespierre

étatiemt, en Thermidor,

aînée de so.n hôte, qui les cacha soigneusement ; ils purent âins'

échapper au pillage du conventionniel Courtois. Mais en 1816, à la seconde Kestauration, le frère d'Bléonore, Simon Dujplay, adiminis-

avec lequel

demeurait Eléonore, cédant à un regrettable sentiment de orainte,

jeta au feu la plupaa-t des lettres, man'uscrits et papiers pirovenant

<le Maximilien, ainsi qn'un maignifiqiue portrait en pied de lui, peint var Gérard, et dont nous parlerons plus tard. Quelques lettres seu- lement et trois discours manuscrits échappèrent à ce désaistre, le dis-

cours siur la pétition du peuple aviignonnais, le discours sur les jurés,

trateur du domaine des hqpilaux et hospices de Paris,

entre les mains d'Eiléonore Dntplay, la

fille

et celui du 8 thermidor.

mille Le Bas,

retrouver trace de ces documients.

Ce diernier seul,

rendu incomplet à la fa-

Nous n'avons pu

est de l'écriture de Roibespierre )).

VI

PRÉFACE

retrouvent, c'est peu probable, ses papiers ayant été expur-

gés par ses ennemis. Des plus importants de ses discours,

im certain nombre, il est vrai, furent imprimés par les

ordres de l'Assemblée ou des Jacobins. Reste à savoir s'ils

ont été exactement entendus tels que l'impression nous les

a conservés: les comptes rendus des journaux constituent

le seul élément de probabilité. En supposant que le doute

s'écarte, ces comptes rendus n'en con&ervent pas moins

leur intérêt : ce que le nouvelliste a retenu révèle, si on

a lieu de le croire attentif, les traits qui ont le plus frappé l'auditoire, et nous renseigne sur ce qu'au dehors, on a pu

en apprendre immédiatement.

L'obligation de recourir à la presse apparaît mieux

encore si Robespierre a parlé sans que son manuscrit fût remis ensuite aux typographes, ou s'il s'agit des improvi-

sations dont on relève un grand nombre.

Dans l'un et

l'autre cas, aucun document officiel ne nous a transmis

le texte de son intervention, puisque les assemblées n'entre-

tenaient pas de sténographes et ne rédigeaient qu'un pro- cès-verbal succinct où les noms des orateurs ne sont même

pas mentionnés. Avant 1791, les journaux n'envoyaient

pas non plus de sténographes aux séances et jusqu'en juin 1793, les Jacobins n'en possédaient pas d'attitrés. Leurs comptes rendus n'offrent qu'une valeur approximative,

mais il n'existe pas d'autres sources.

Que les discours de Robespierre aient été imprimés

ou ne soient connus que par l'intermédiaire des gazettes,

observons enfin qu'ils provoquèrent à l'occasion, dans ces

dernières, des commentaires qui traduisent l'impression de telle ou telle partie du public, et, à ce titre, méritent

de se voir retenus par une édition critique.

C'est un

concours de même nature que peuvent prêter les notes

prises par les députés, leurs lettres aux commettants et

aux amis, celles d'autres auditeurs. Quant aux mémoires, leur rédaction plus ou moins tardive ne présente qu'un

intérêt subalterne.

En résumé, à part les discours imprimés du vivant de Robespierre, les journaux constituent la source essen- tielle. L'entreprise envisagée par Mathiez comportait donc

le dépouillement de la presse révolutionnaire jusqu'en

thermidor an II, les gazettes parisiennes s'imposant avant

PRÉFACÉ

Vn

tout à l'attention, mais la contribution des feuilles proyin-

ciales ne pouvant s'exclure sans examen. L'alternative se

concevait sous forme d'un choix des journaux réputés les

mieux informés à la suite d'une étude critique : nous

récartons ; les versions eji effet ne sont pas toujours iden- tiques, et d'après notre opinion, il ne nous appartenait

pas d'imposer implicitement notre préférence, si justifiée

qu'elle nous semblât ; d'autre part,

il

nous paraissait

important de recenser tous les témoignages qui mention-

nent une intervention de Robespierre : on constatera qu'ils

sont beaucoup plus nombreux, dès le début, que la tradi-

tion thermidorienne ne se plait à l'affirmer et que, par

conséquent, l'autorité de Robespierre à la Constituante ne

fut pas le fruit tardif de pénibles efforts, comme Aulard le

croyait (2). Un dépouillement d'ensemble fut donc jugé

nécessaire. Qu'ainsi conçue, la préparation du recueil

s'exposât à rester imparfaite, certains journaux nous échap- pant ou demeurant introuvables, nul n'en pouvait douter.

Affronter ce risque, nous y étions décidés ; quel érudit ne l'encourt ? A notre appel, plusieurs membres de la Société :

Mlles Bénégent et Quétel ; MM. Bouloiseau, Caron, Cuttoli, Palou, Schaeffer, Soboul, offrirent bénévolement leur aide

et se mirent à l'œuvre. MM. Jacob et Javogues (3) nous

remirent la copie d'une partie des discours qu'ils avaient

antérieurement préparée. Personne toutefois ne s'y trom- pa : des années s'éeouleraient avant que la recherche

s'achevât ; et comment financer ensuite l'édition d'un

recueil inévitablement volumineux ? L'insuffisance des

moyens qui arrêta Mathiez,

d'espoir.

Si la pré(paration de ce premier volume se termina

rapidement ; si la publication a suivi immédiatement, nous

le devons au Centre de Recherches Historiques attaché à la Sixième section de l'Ecole des Hautes Etudes, celle des

que peu

ne nous laissait

(2) L'éloquence parlementaire pendant la Révolution. Les orateurs

de l'Assemblée constituante (1882), ip. 620, 522, 524, 527. (3) Qu'il nous soit ipermis de remenciier tout pairticuliètoment

M. Javogues, qui, à partir de 1986, consacra les Msirs de sa retraite

au dépouillement d'importamts journaux et conttiibua ainsi à alléger

notre tâolie.

VUI

r

PRÉFACE

Sciences économiques et sociales récemment créée par

M. Lucien Febvre, membre de l'Institut, professeur au

Collège de France, et dirigée par lui avec le concours de

M. F. Braudel, Directeur d'Etudes à l'Ecole pratique des

Hautes Etudes, professeur au Collège de France, ainsi qu'à

l'appui du Centre National de la Recherche scientifique qui, invitant ses attachés et chargés de recherches à réserver

une partie de leur temps au profit d'un travail collectif, nous

procura les collaborations de Mmes Bouloiseau, Cellier, De-

lavalade ; Mlles Françoise Coornaert, Friedman, Harouet,

Morin ; de MM. Belin-Milleron, Blumenkranz, Marcovitch,

Nunez de Arenas, Vaury, et, enfin mit M. Marc Bouloiseau, professeur au Collège Colbert, en mesure de consacrer

une part de son activité à la direction du dépouillement,

de préparer l'annotation des documents réunis, tandis que

M. Albert Soboul, professeur au Lycée Henri-IV, se char-

geait, d'accord avec lui, de rédiger les introductions.

Si la première partie du

recueil, qui embrasse la

période des Etats Généraux et celle de l'Assemblée Consti- tuante jusqu'à la fin de l'année 1790, voit aujourd'hui le

jour, c'est le résultat de ces efforts conjugués et d'un tra-

vail collectif. Par là l'entreprise, outre son objet propre, en atteint un autre de portée plus générale, puisqu'elle permet d'entrevoir l'influence salutaire qu'exercerait sur le progrès de la connaissance historique, l'organisation

concertée de la recherche qui, dans notre discipline, n'en est encore qu'à ses débuts.

Georges Lefebvre,

Président de la Société des Etudes robespierristes.

Le croira-t-on ? Le plus grand vide

cette

où je

à

d'oà

mon livre s'en va maintenant et

c'est de n'y plus

table de

reste seul,

bois

blanc,

voir mon pâle compagnon, le plus

fidèle de

tous, qui, de 89 en Ther-

m,idor,

ne

m,\vait ^pas

quitté ;

l'homme de grande volonté, labo-

rieux comme m,oi et pauvre comme

moi, avec qui, chaque fnatin, j'eus tant d'âpres discussions. »

J. MiCHEUET. (i)

(i) Les tombes de la Révolution ; communiqué par Mme Miohelet et piiblié par la Revue Rleue, n"* 22, 2 juin 1888 (cité par G. Walter,

INTRODUCTION

L'édition des Discours de Maximilien Rdbespierre. dont

nous présentons aujourd'hui le premier volume, procède

d'une conception qui risque de surprendre le lecteur non

averti. Qu'on ne s'attende pas sur la foi des publications

antérieurement parues sous ce même titre, à un nouveau

en effet, d'une

recueil de morceaux choisis (i). Il s'agit,

édition critique (dans laquelle, nous nous sommes assigné, selon les directives de notre Président, M. Georges Lcfebvre,

un douMe but : d'abord recueillir tous les textes qui per-

mettent d'embrasser l'ensemble de l'activité oratoire de

Robespierre depuis l'ouverture des Assemblées électorales

d'Arras jusqu'à la

fin

de la Constituante ; ensuite,

les

accompagner d'un appareil critique qui en fît un instru-

ment de travail de maniement aisé pour les chercheurs.

Quels matériaux avons-nous utilisés, quelles difficultés

ont soulevé leur dépouillement, puis leur présentation, tels

(i) Œuvres choisies de Maxirnilien Robespierre, avec une notice liisioriqae, des notes et des commentaires, par Laiponmeraye ; préoédées

d<> kx)nsidérations gén^raks par Armand Carrd. Patii?, ichez l'éditeur, i8/jo, 3 vol. m-S° (une preimière édition avdit paru, dès i832, concer-

nant les discours de 1789 k 1792).

Œuvres de Robespierre, recueMiies et annotées par Al Vermoreil,

•j.^ édition, Paris,

A. Faure,

1867, i.n-i8, vni-347 p.

Discours et rapports de Robespierre, avec les introductions et les

'notes, par Charles Velilay, 'Pa'ris. É. Fasqueille, igo8, innia, xx-/i3o p.

Les plus beaux discours de Robespierre, avete une notice biogra-

phique et 'critiqtue par F. Crastre. Paris. Editions du Centaure, 1929,

:n-8° XXXI 1-287 P- Cp^"'' ^'^ période de la Constituant«, on s'est borne à reproduire les textes de cinq dis<îours).

XII

INTRODUCTION

sont les (points. <sur lesquels il paraît nécessaire de fournir quelques précisions.

LES SOURCES

r

Il convient en premier lieu de souligner la masse énor-

me de documents qu'il a été possible de consulter, pour

financier du Centre

National de la Recherche Scientifique. Comme il s'agit

avant tout d'une « revue de la presse révolutionnaire » (2), les bibliographies de Deschiens (3) et surtout de Tourneux

(4), puis les travaux de Gallois (5) et de Hatin (6), nous ont

permis ide dresser une liste de journaux à examiner, en même temps qu'ils nous montraient la richesse des dépôts

parisiens et plus particulièrement de la Bibliothèque Nationale (7).

la première fois,

grâce

à

l'appui

La presse révolutionnaire

A la Bibliothèque Nationale.

C'est que nous

avons surtout porté notre effort ; c'est là que grâce au

(2) G. Rouànet,

sur les icons^ils de Mathiez, la tenté une

sem-

'blable enquête dont les résultats furent puibliés dans les Annailes révo-

lutionnaires, 1916 et 19118.

(3) Collection des matériaux pour l'histoire de la Révolution de

France, depuis 1789 jusqu'à ce jour. Paris,

1829,

in-8°,

645 p.

(4) Bibliographie de l'histoire de Paris pendant la Révolution

française,

i8g.li

,t.

Il, p. 476 à Sio.

(5) Histoire des journaux

et des journalistes de la Révolution

française. Paris i&45-4'6,

2 vol.

in -8".

(6) lE. Hatin. Histoire du Journal en France, 1846, in^i6, 128 p. ; Histoire polidique et littéraire de la\ presse en France, 1859-61, 8 vol.

in-S" ; Bibliographie historique 'et critique de la Presse périodique

française,

1866,

in-S",

660 p.

(7) Fribourg avait déjà souligné en 1910 (R.F., t.5i8, p.'5o9) l'ini-

f>ortaince de ces documents et aurait eu a^lors l'intention de dresser

un catalogue général des jouirnaux révolutionnaires conservés dans les bibliothèques parisiennes.

INTRODUCTION

XIII

récent Catalogue dressé par M. G. Walter (8), grâce aussi

à l'aooueil compréhensif de M. Martin, conservateur en

chef du Département des Imprimés, nous parvînmes assez

rapidement à utiliser plus de douze cents volumes, repré-

sentant 467 titres de périodiques.

Sauf indications contraires, c'est à ce Catalogue que

nous renvoyons le lecteur. 11 y retrouvera aisément les

cotes, car nous nous sommes astreints à reproduire pour

chaque extrait cité, les titres exacts des journaux,

la

to-

maison s'il y a lieu, le numéro ou sa date, et la page.

Dans les autres dépôts. Mais cette moisson, déjà si

abondante, eût été incomplète si l'on n'avait pas tenu

compte des autres fonds révolutionnaires de la capitale et

de la province. JNos recherches y furent rendues plus malai-

sées par l'inexistence d'un inventaire séparé ipour la période

Sauf aux

Archives Nationales en effet, la série AD XX possède

un répertoire (9), partout ailleurs les journaux de cette

époque sont inclus dans la masse des périodiques parus

depuis la Gazette de Renaudot jusqu'à nos jours. Au milieu d'une (grande quantité de collections qui doublaient celles

de la Bibliothèque Nationale, nous y

avons trouvé un

certain nombre de volumes qui en comblaient les lacunes,

dans laquelle se localisaient nos recherches.

et une cinquantaine de titres nouveaux. La Bibliothèque

de l'Arsenal possède en particulier un fonds très riche

(10). Celle de la Ville de Paris, alimentée en partie par

ies doubles du British Muséum, compte également une grande quantité de journaux et de brochures relatifs à la

période révolutionnaire (11). Quant à la Mazarine et à la Bibliothèque de la Chambre des Députés, elles nous ont

apporté peu de documents (12). Pour toutes ces collec-

nous avons pris le soin de préciser à la suite de

chaque extrait, en note, la référence exacte,

tions,

(8) Catcdogae des journaux rèvolulionnaires (1789-1799), ï^ari BiiblioUièque nationale, 1943, in-8°, 585 p.

(9) Voir l'annexe, page xxxi. <10) Voir l'annexe, page xxxi. (11) Voir l'annexe, page xxxii. <12) Voir l'annexe, page xxxii.

XIV

INTRODUCTION

La COHKESPOKnANCfc, Ll'iS JOljRNAUX MANUSCRITS

iNous eussions soiiliaité pouvoir elîecluer quel'ques sondages dans les grandes bibliotlièqmes de 'province et

dans les dépôts d'Archives des départements, mais le réper-»

loire de Monglond (i3) et les "catalogues des séries L nous

laissaient peu d'espoir, de ménic que les limites de nos

crédits nous interdisaient de disperser nos efforts. Aussi,

nous sommes-nous bornés à consulter les journaux manus-

crits des députés aux Etats Généraux, les « lettres à leurs

commettans » dont on nous avait. signalé l'existence et qui purent être communiqués à la Bibliothèque IVationale. Nous

lûmes aidés dans cette partie de

les

notre travail

par

dépouillements effectués en vue de la préparation du

(( Recueil des Etats Généraux » {ili}-

On connaît déjà, parce qu'ils lurent publiés, les textes

de Duquesnoy (i5), de Creuzé-Latouche (i6), de Gaultier

de Biauzat et d'autres (17) ; et les passages que nous en avons extraits, portent la pagination de l'imprimé, mais

nous en avons, dans la mesure du possible, reconstitué

rorthographe et la ponctuation, d'après les originaux.

(i3) A. Monjjploiid. La France révolutionnaire et impériale. Ar- lliaud, Grenoble, igSo, t. I, p. 7^6 t s. ; t. Il, p. 807 et s. Cf. de

même A. Tuetey, Répertoire général des sources manuscrites de l'His-

toire de Paris pendant la Révolution française, Paris, 1890 (îles 3 pre-

miers volumes) ; et P.

Caron, Manuel pratique pour l'étude de la

Révolution française. Paris, Picard, 1947, in-S" 320 p. (i4) Le iprcmier volume de celtie importante puLliication. que

dirige M. Georges Lefeibvre, est ein cours d'impression.

(i5) Adrien Duquesnoy, député du tiers état Bar-le-Ikie. Jour

naJ (3 mai

1789-3 avril

1790) ; puMié pax R. de Grè'vecoeur. Paris

A.

I.

Picard,

1^9^ ;

Vil

et IVIII).

2

voll.

im-S" (iSociété d'histoire contemporaine

(i(î) Creuzé-Làloucilie, premier député des communes de Ghatel

lerau'lt. Journal (3 mai 11789-juilJet 1789), publié par J. Marchand

Paris, Didier, 1946, in-8° .(Société de 'l'hiistoire de Framce).

(17) F. Mcge, Gaultier de Biauzat, Éia vie et sa correspondoîjfie

Le Chevalier, Parjs, 1890,

2 voll. iin-8° (Méanoircs de l'AciadMâmie des

is<"iences, belles lettres et arts de Oerimont-Ferrand, 2* série, t. I et II).

Jàllet, curé de Chérigné, député du idergé du PoMou aux Etais

.

INTRODUCTION

XV

Toutefois, en ce qui concerne les manuscrits, comn j celui

de Castellanc (i8) ou celui récemment découvert du dé-

puté de Nantes, Pellerin (19), nous avons dû indiquer en

référence, à la suite du titre, la date de la séance d'où le

passage avait été tiré (20)

Il nous restait aussi à consulter les minutes des procès-

verbaux de la Constituante et les originaux des motions, qui sont conservés aux Archives Nationales dans la série G, et qui éclairent souvent les procès-verbaux imprimés par

ordre de l'Assemblée, les noms des orateurs ne sont que

très rarement mentionnés (21).

Généraux, Journal, puMié par J.J. Brethié, Fontenay-He-Comte, 187 1,

iii-8°, 166 pages.

Lettres de J.P. Boullé, détputé du tiers état de Ploërmel (i*"" mai-

3o oictobre 1789), Revue de la Révolution,

t. X à XVI.

Escherny, Correspondance d'un, habitant de Paris avec ses omis

suisses. Paris 1791, in-8°

Lettres de F,J.

Bouchette, publiées par le cthanoine C.

Looten,

Paris,

1909 ;

in-S° (B.iN.

Z

576 (29)).

Papiers inédits trouvés ohez Robesipierre, St Just

ou omis par Courtois

Paris,

1828,

3

vol., in-8°.

supprimés

(18) Comte de Castellane, Journal (4

mai 1789-17 avril 1790),

B.N. Nouvelles aaq. fr"'* 41121. Jouruail d'un député du Laoïnnois aux

Etats Généraux, attiibué à Dcvisme, B. IN., Nouveliles a'cq. fr***, 129138.

(19) Bi'M. de Versailles,

mss.

F.

828,

Journal de la tenue des

Etats Généraux convoqués à Versailles pour le 27 avril 1789 par le

Hoi Louis XVI le Bienfaisant, Rédigé jour par jour par jnoi Joseph Michel Pellerin ; avocat à iNantes en Bretagne, député doi Comté nan-

tais aux Etats Généraux du iRoyaume (imai 1789 à octobre 1789). Ce journal complète 'la Correspondance du même député, pu-

hliée par Gustave Bord, Paris, Sauton, i883.

(20) On nous signale également ceilui de Périsse du Luc, député

du tiers état de Lyon. La Xamiîle Mougins de Roquefort doit égale-

ment posséder icelui du député de Grasse.

(211) INous avons dépouillé dans lia série C, lies cartons 27 à 49.

et mous les avons .comparés au Procès verbal des sénnces de t-Ass.em-

blée nationale de France tenues en l'année 1789 nationale, 11791, in-/i°, Sgô p.

Paris, Imprimerie

Nous nous sommes référés égallement aux textes impriimés sui-

vants :

1789. Journaux du curé Thibault et du chanoine Coster, publiés par

Les séances des

députés du Clergé dux Etats

Généraux de

A. Houlin (Sic de l'histoire de lia Révolution Française,

s. ; Hécit des séances des députés des communes depuis

19117), p.

4 et

le 5 mai 1789

jusqu'au ir? juin suivant. S.l.n.d., rcimpression Aiulàrd (Société de

xvi

introduction

Les discours imprimés

Enfin, quelques discours de Robespierre eurent, pen-

dant cette période, les honneurs de l'impression, soit par les soins de l'Assemblée, soit par ceux de la Société des Amis de la Constitution, ou des Cordeliers, soit par ceux

de Robespierre lui-même. Plusieurs ont fait l'objet de rééditions ; mais les plus importants posent de délicats problèmes de chronologie qu'il a fallu élucider pour les insérer dans l'ensemble de ce travail. En effet, comme le constate le rédacteur du Babillard, « ce qu'il y a de singu- lier, c'est qu'ils sont toujours connus d'avance et que les opinions de ce député fameux obtiennent un succès prodi-

gieux dans toutes les tavernes de la capitale avant d'être

prononcés dans le Sénat de la Nation » (22). Il nous fallait

à la correspondance de

donc recourir, pour les dater,

Robespierre avec les Sociétés populaires, à celle que les

Sociétés entretenaient entre elles et avec l'Assemblée (28),

aux annonces publicitaires et aux catalogues de librairie

(24).

LA PRÉSENTATION DES DOCUMENTS

Ayant posé en principe, que nous nous abstiendrions

de faire un choix parmi les documents que notre équipe

avait recueillis pour chaque apparition de Robespierre

l'histoire de la Révolution framçaise, iSgô) et Procès-verbal des séan- ces des députés des Communes depuis le 12 juin jusqu'au 17 juin 1789,

s.l.n.d.

(22) Numéro du i3 août 1791.

(23) Gf. G. Micihon, op.cit., t. I et II.