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S é r i e

A nnales

SUJETSSUJETS CORRIGÉSCORRIGÉS

Pour Pour intégrer intégrer

12 12 grandes grandes écoles écoles

de de commerce commerce et et

de de management management

Concours Concours Passerelle Passerelle 1 1 Bac Bac + + 2 2

Concours Concours Passerelle Passerelle 2 2 Bac Bac + + 3/4 3/4

Diplômés Diplômés

• • 1 1

• • 2

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cycle cycle universitaire universitaire

cycle cycle universitaire universitaire

• • Maîtrise Maîtrise – – Ingénieurs… Ingénieurs…

2004 2005

cycle cycle universitaire universitaire • • Maîtrise Maîtrise – – Ingénieurs… Ingénieurs… 2004 › 2005

Série « Annales »

Annales

PASSERELLE ESC

Concours 2004

Sujets et corrigés

Série « Annales » Annales PASSERELLE ESC Concours 2004 Sujets e t corrigés

SOMMAIRE

Sommaire

Calendrier 2005 Présentation des concours Passerelle 1 et Passerelle 2

PASSERELLE 1

Épreuves communes

Synthèse de dossier

Test Arpège

Test d’anglais

Épreuves au choix

Allemand

Biologie

Droit

Économie

Espagnol

Gestion

Informatique

Marketing

Mathématiques

Philosophie, Lettres et Sciences humaines

Technologie

PASSERELLE 2

Épreuves communes

Synthèse de dossier

TAGE-MAGE

Test d’anglais

Épreuves au choix

Allemand

Biologie

Droit

Économie

Espagnol

Gestion

Informatique

Marketing

Mathématiques

Philosophie, Lettres et Sciences humaines

Technologie

À chaque école, son entretien

Les écoles Passerelle ESC se présentent

CERAM Sophia Antipolis

ESC Amiens-Picardie

ESC Tours-Poitiers (ESCEM)

IECS Strasbourg

ESC Clermont ESC Dijon ESC Grenoble ESC Le Havre ESC Lille ESC Montpellier ESC Pau ESC Rennes

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133 149 161 163 164 166 173 179 185 197 204 211 218 228 234 250

Calendrier 2005

Calendrier 2005

Concours Passerelle 1 et Passerelle 2

Inscriptions aux épreuves écrites : jusqu’au 31 mars (minuit)

Épreuves écrites : mardi 19 avril

Résultats d’éligibilité : le 18 mai (11 heures)

Inscription aux épreuves orales : entre le 19 mai et le 23 mai

Épreuves orales : du 30 mai au 11 juin inclus

Résultats d’admission : le 23 juin

Inscription dans une ESC : à partir du 24 juin

☛ Pour plus de précisions, se référer aux pages 5 à 11. Pour les coefficients
Pour plus de précisions, se référer aux pages 5 à 11.
Pour les coefficients et le nombre de places offertes, se reporter aux
magazines Passerelle 1 et 2 ainsi qu’au site passerelle-esc.com.
et le nombre de places offertes, se reporter aux magazines Passerelle 1 et 2 ainsi qu’au

Concou rs

Présentation du concours

Présentation des concours

C

ADMISSION EN 1 RE ET 2 E ANNÉE

RÈGLEMENT GÉNÉRAL DES CONCOURS

Admission aux épreuves

• La banque PASSERELLE ESC propose des épreuves pour l’intégration en première ou seconde année des écoles adhérentes.

• Les conditions d’admission aux épreuves sont communes à chacune des 12 écoles supérieures de commerce utilisatrices de la banque PASSERELLE ESC.

• Un candidat ne peut s’inscrire pour une école qu’à une seule forme d’admission.

Admission aux écoles Ne peuvent intégrer que les candidats admis qui sont titulaires de leur titre ou diplôme au 1 er novembre 2005.

ORGANISATION GÉNÉRALE

Chaque concours est composé d’épreuves écrites d’admissibilité et d’épreuves orales d’admission.

• Les inscriptions et le règlement des frais d’inscription se font sur Internet (www.passerelle-esc.com) et ce jusqu’au 31 mars 2005 (minuit). Paiement des frais d’inscription uniquement par carte bancaire, d’un montant de 250 pour les écrits et 50 pour les oraux (demi-tarif pour les boursiers).

• Les pièces obligatoires d’inscription doivent être retournées avant le 25 mars 2005, le cachet de la poste faisant foi, à l’adresse suivante :

Concours Passerelle ESC BP 131 – 37551 Saint-Avertin Cedex N° indigo : 0820 22 36 15 Fax : 02 47 71 72 50

suivante : Concours Passerelle ESC BP 131 – 37551 Saint-Avertin Cedex N° indigo : 0820 22

Concou rs

Présentation du concours

C

Ces pièces sont :

• un certificat de scolarité de l’année en cours ou une copie du diplôme obtenu;

• le cas échéant : un justificatif de bourse française d’État, une attestation de sportif de haut niveau délivrée par la Direction régionale de la Jeunesse et des Sports ou une attestation médicale fournie par la Commission départementale de l’Éducation spécialisée du Rectorat de l’Académie d’origine pour les candidats handicapés.

Les épreuves écrites Pour la session 2005, l’inscription aux épreuves écrites d’admissibilité est un droit unique de 250 pour les 12 écoles de la banque (200 pour les candidats ayant déjà passé et validé le TAGE-MAGE).

• Les épreuves écrites se déroulent à : Amiens, Bordeaux, Clermont, Dijon, Grenoble, Le Havre, Lille, Londres, Lyon, Marseille, Metz, Montpellier, Nouméa (Nouvelle-Calédonie), Paris, Pau, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Poitiers, Rennes, Sainte Clotilde (La Réunion), Sophia Antipolis, Strasbourg, Toulouse et Tours.

• À l’issue des épreuves écrites, le jury de chaque école établit la liste des candi- dats éligibles.

• Affichage des résultats sur le site Internet passerelle-esc.com : mercredi 18 mai à 11 heures.

Les candidats éligibles peuvent, dans un délai de 4 jours (du 19 mai, à 15 heures, au 23 mai, à 15 heures) s’inscrire et prendre leurs rendez-vous pour les oraux sur le site Internet des écoles dans lesquelles ils ont été déclarés éligibles. Ils ont jusqu’au 25 mai (15 heures) pour vérifier et modifier leur inscription.

Les épreuves orales

• Les droits d’inscription aux épreuves d’entretien sont de 50 par école (demi- tarif pour les boursiers).

• Ces droits seront à payer par carte bancaire lors de l’inscription aux épreuves orales d’admission sur Internet (www.passerelle-esc.com).

Les épreuves orales de langues vivantes *

• Elles sont communes aux écoles de la banque; il est prévu d’ouvrir des centres d’examen à Amiens, CERAM Sophia Antipolis, Clermont, Dijon, ESCEM Campus de Tours et Campus de Poitiers, Grenoble, Le Havre, Lille, Montpellier, Pau, Rennes, Strasbourg. Les oraux d’arabe et de chinois se passent à Grenoble, celui d’italien à Dijon et au CERAM Sophia Antipolis et celui de russe à Clermont.

• Les épreuves d’entretien sont spécifiques à chaque école (se reporter au site www.passerelle-esc.com et/ou au magazine et aux sites des ESC).

• À l’issue des épreuves orales, le jury de chaque école arrête la liste des candidats admis et sur liste supplémentaire.

• Affichage des résultats sur le site Internet le jeudi 23 juin à partir de 11 heures et inscription dans les écoles à partir du 24 juin (10 heures).

* Anglais, arabe, allemand, chinois, espagnol, italien et russe.

dans les écoles à partir du 24 juin (10 heures). * Anglais, arabe, allemand, chinois, espagnol,

Concou rs

Présentation du concours

CALENDRIER GÉNÉRAL DES CONCOURS PASSERELLE 1 ET PASSERELLE 2

C

Inscription unique à toutes les ESC (avant le 31 mars 2005, à minuit)

unique à toutes les ESC (avant le 31 mars 2005, à minuit) Épreuves écrites d’éligibilité (mardi

Épreuves écrites d’éligibilité (mardi 19 avril 2005)

Épreuves écrites d’éligibilité (mardi 19 avril 2005) Résultats d’éligibilité (18 mai 2005) Inscription aux

Résultats d’éligibilité (18 mai 2005)

19 avril 2005) Résultats d’éligibilité (18 mai 2005) Inscription aux oraux des différentes écoles (entre le

Inscription aux oraux des différentes écoles

(entre le 19 mai, 15 h, et le 23 mai, 15 h) Vérification et modification d’inscription possibles jusqu’au 25 mai, 15 h

d’inscription possibles jusqu’au 25 mai, 15 h Épreuves orales d’admission (du 30 mai au 11 juin

Épreuves orales d’admission (du 30 mai au 11 juin inclus)

ÉPREUVES

ENTRETIEN

communes aux ESC

propre à chaque ESC

Anglais obligatoire Seconde langue pour certaines ESC*

se reporter au site passerelle-esc.com et/ou au magazine et/ou aux sites des ESC

et/ou au magazine et/ou aux sites des ESC Admission à une ou plusieurs ESC (le 23

Admission à une ou plusieurs ESC (le 23 juin 2005 à 11 h)

Admission à une ou plusieurs ESC (le 23 juin 2005 à 11 h) Inscription dans une

Inscription dans une ESC (à partir du 24 juin à 10 h)

* Se reporter aux magazines Passerelle 1 et 2, et/ au site www.passerelle-esc.com.

(à partir du 24 juin à 10 h) * Se reporter aux magazines Passerelle 1 et

Concou rs

Présentation du concours

C ADMISSIONS SUR TITRE BAC + 2 EN 1 RE ANNÉE (PASSERELLE 1)

RÈGLEMENT DU CONCOURS

(P ASSERELLE 1) R È G L E M E N T DU CONCOURS Pourront intégrer

Pourront intégrer les candidats suivants qui seront titulaires de leur diplôme l’année du concours :

• Les candidats français ou étrangers ayant réussi les épreuves organisées à la fin du premier cycle des universités françaises ou à la fin de la deuxième année des Instituts d’études politiques.

• Les candidats titulaires d’un diplôme universitaire de technologie ou d’un brevet de technicien supérieur.

• Les candidats issus de classes préparatoires de mathématiques spéciales et lettres supérieures.

• Les candidats titulaires d’un diplôme français sanctionnant un cycle d’études supé- rieures d’au moins deux ans post-baccalauréat, d’un titre homologué niveau III ou d’un titre étranger reconnu comme équivalent.

• Tous les candidats admis à se présenter en 2 e année.

LES ÉPREUVES ÉCRITES

Se reporter au magazine Passerelle 1.

       

11 épreuves au choix

• Allemand

• Biologie

• Droit

• Économie

Test

Synthèse

• Espagnol

PASSERELLE 1

Test Arpège

d’anglais

de dossier

• Gestion

• Informatique

 

• Marketing

• Mathématiques

• Philosophie, lettres,

sciences humaines

• Technologie

LES ÉPREUVES ORALES

Les épreuves de langue sont communes à toutes les écoles adhérentes à la banque. Un entretien est organisé par chaque école pour ses candidats éligibles.

Langues vivantes

• Anglais obligatoire pour toutes les écoles.

• 2 e langue pour certaines ESC*: allemand, arabe, chinois, espagnol, italien ou russe.

* Se reporter au magazine Passerelle 1 et au site www.passerelle-esc.com.

chinois, espagnol, italien ou russe. * Se reporter au magazine Passerelle 1 et au site www.passerelle-esc.com

Concou rs

Présentation du concours

• Ces épreuves sont d’une durée moyenne de 20 minutes.

• Elles consistent en :

– l’audition et le commentaire d’un texte non technique, enregistré,

– une conversation.

C

Le texte est proposé au candidat et la traduction de certains passages peut lui être demandée. La conversation ne doit pas être limitée au thème de ce texte mais s’ouvrir sur la civilisation des pays dont on étudie la langue.

Entretien Il est défini par chaque école qui enverra une documentation aux candidats à partir du 21 avril 2005 (se reporter au site passerelle-esc.com, rubrique Concours – l’entretien).

candidats à partir du 21 avril 2005 (se reporter au site passerelle-esc.com , rubrique Concours –

Concou rs

Présentation du concours

C

ADMISSIONS SUR TITRE BAC + 3/4 EN 2 E ANNÉE (PASSERELLE 2)

RÈGLEMENT DU CONCOURS

Pourront intégrer les candidats français ou de nationalité étrangère titulaires, au cours de l’année du concours, d’un des titres ou diplômes suivants :

• Titre ou diplôme français sanctionnant un cycle d’études supérieures d’au moins trois ans post-baccalauréat, ou d’un titre homologué au niveau II.

• Titre ou diplôme français, visé par le ministère de l’Éducation nationale, ou étranger reconnu comme équivalent.

LES ÉPREUVES ÉCRITES

Se reporter au magazine Passerelle 2.

       

11 épreuves au choix

• Allemand

• Biologie

• Droit

• Économie

Test

Synthèse

de dossier

• Espagnol

PASSERELLE 2

TAGE-MAGE

d’anglais

• Gestion

• Informatique

 

• Marketing

• Mathématiques

• Philosophie, lettres,

sciences humaines

• Technologie

LES ÉPREUVES ORALES

Les épreuves de langue sont communes à toutes les écoles adhérentes à la banque. Un entretien est organisé par chaque école pour ses candidats éligibles.

Langues vivantes

• Anglais obligatoire pour toutes les écoles.

• 2 e langue pour certaines ESC*: allemand, arabe, chinois, espagnol, italien ou russe.

• Ces épreuves sont d’une durée moyenne de 20 minutes.

• Elles consistent en :

– l’audition et le commentaire d’un texte non technique, enregistré,

– une conversation.

* Se reporter au magazine Passerelle 2 et au site www.passerelle-esc.com.

enregistré, – une conversation. * Se reporter au magazine Passerelle 2 et au site www.passerelle-esc.com .

Concou rs

Présentation du concours

Le texte est proposé au candidat et la traduction de certains passages peut lui être demandée. La conversation ne doit pas être limitée au thème de ce texte mais s’ouvrir sur la civilisation des pays dont on étudie la langue.

C

Entretien Il est défini par chaque école qui enverra une documentation aux candidats à partir du 21 avril 2005 (se reporter au site passerelle-esc.com, rubrique Concours – l’entretien).

candidats à partir du 21 avril 2005 (se reporter au site passerelle-esc.com , rubrique Concours –

Concours Passerelle 1

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Épreuves communes

PASSERELLE 1

Synthèse de dossier

p. 15

Test Arpège

p. 36

Test d’anglais

p. 43

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Méthodologie

Synthèse de dossier

Synthèse de dossier

PROGRAMME, CONSEILS, BIBLIOGRAPHIE

Nature de l’épreuve Il s’agit d’une épreuve qui fait appel à la réflexion, à l’esprit d’analyse du candidat et, surtout, à sa capacité à distinguer l’essentiel de l’accessoire. Les candidats reçoivent un dossier centré sur un problème donné, à caractère social, culturel, économique, comportant un certain nombre de documents sur le problème posé. Il s’agit, dans un bref délai, d’en extraire les informations qui paraissent essen- tielles, en vue de fournir une synthèse portant sur la compréhension du texte.

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Méthodologie proposée

A – Analyse des documents du dossier

Le candidat doit procéder à la lecture et à l’analyse rigoureuse des documents, pris d’abord isolément, puis dans leur ensemble. La brièveté de l’épreuve n’autorise que deux lectures :

• la première lecture doit permettre de découvrir le cadre du sujet et son contenu, d’effectuer la recherche initiale des idées fondamentales, des axes thématiques du dossier ; • la seconde lecture, plus rapide, doit aboutir à relever dans l’ensemble des docu- ments, l’identité, l’oppositon, la contradiction ou la complémentarité… des idées forces du dossier.

B – Élaboration du plan

Le plan doit traduire une démarche réfléchie du candidat sur les axes essentiels du dossier. Il ne doit donc pas être une succession neutre de titres ou une juxtaposition des documents du dossier. Le travail de synthèse doit donc être construit à partir d’une idée générale. Le plan doit être clair, spécifique au sujet, expressif pour le lecteur, cohérent dans la progres- sion et vis-à-vis du dossier : il doit répondre avec précision et rigueur à la probléma- tique d’ensemble du dossier, à partir des seules données de ce dossier. Il doit contenir des structures apparentes avec des titres et des sous-titres.

C – Rédaction

La rédaction peut être facilitée par l’exploitation ou la reproduction adroite, des meilleures expressions et phrases des textes. Le style doit être sobre, concis : les expressions vagues et passe-partout ou empruntées au langage parlé doivent être prohibées, ainsi que le style personnel. Les fautes de syntaxe et d’orthographe, l’irrespect des règles grammaticales et les impro- priétés de langage pénaliseront les candidats. La synthèse ne doit pas dépasser trois pages manuscrites. Cela exige d’éliminer toute formule inutile. Il convient cependant de soigner les transitions.

pages manuscrites . Cela exige d’éliminer toute formule inutile. Il convient cependant de soigner les transitions.

Méthodologie

Synthèse de dossier

M

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L’introduction ne doit pas dépasser deux à trois phrases. Il s’agit de présenter la nature du dossier et sa problématique. Parfois, une définition, ou la délimitation du

sujet, peut s’avérer nécessaire, mais l’annonce du plan dans ses superstructures (parties) est indispensable en fin d’introduction. Le contenu de la synthèse doit être présenté de manière logique et cohérente : les idées, les démonstrations et illustrations doivent s’enchaîner de manière réelle et non artificielle. Au-delà même de son esprit d’analyse et de synthèse, le candidat doit projeter sa personnalité et son intelligence dans les choix qu’il opère entre les idées et les faits du dossier, dans la progression de sa démarche intellectuelle, dans l’articulation formelle d’une idée à l’autre, dans le choix et l’utilisation des illustrations mises au service des idées qu’il avance et qui traduisent perception et maîtrise du dossier. Pour cette épreuve, il est nécessaire que le candidat maîtrise bien son temps, aussi est-il suggéré le déroulement suivant :

• lecture et analyse : 30 minutes ;

• élaboration du plan : 15 minutes ;

• rédaction de la synthèse et transcription sur la copie d’examen : 75 minutes.

Critères d’évaluation Ils porteront sur les aspects suivants :

• formulation d’un plan rigoureux ;

• pertinence de l’analyse et perception de l’essentiel ;

• clarté de la synthèse par une bonne maîtrise de la langue écrite.

l’analyse et perception de l’essentiel ; • clarté de la synthèse par une bonne maîtrise de

SujetSynthèse

de dossier

Synthèse de dossier

Ce cas a été rédigé par le CERAM Sophia Antipolis.

Durée : 2 heures.

S

CONSIGNES

À partir des seuls documents ci-joints (présentés dans ce dossier par ordre chronologique), tous les candidats doivent rédiger une note de synthèse de trois pages maximum. Il est rappelé que la synthèse doit mettre en évidence les idées essentielles du dossier, sans aucun ajout personnel, dans le cadre d’un plan aux structures apparentes (1 re partie : titre – A : titre – B : titre…) traduisant une démarche réfléchie sur l’ensemble des éléments du dossier. Chaque fois qu’un candidat dans sa synthèse se réfère à un ou plusieurs documents du dossier, il doit citer entre parenthèses le (ou les) numéro(s) du (ou des) document(s) concernés (ex. : doc. 1 ou doc. 3, 4). Aucun document n’est autorisé.

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SUJET

LA VIOLENCE TÉLÉVISÉE ET LES ENFANTS

Doc. 1

« Choix des programmes par les enfants et socialisation », M. White Riley et

Doc. 2

J. White Riley Jr., Une approche sociologique de la recherche en communications, Public Opinion Quarterly, vol. XV, 1951, p. 449-453, 456 [extraits]. « Les risques induits par la télévision de l’addiction à l’identification »,

Doc. 3

E.-E. Maccoby, L’impact de la télévision sur les enfants d’âge scolaire, Public Opinion Quarterly, vol. XV, 1951, p. 441-442 [extrait]. « Les racines de la délinquance juvénile : des relations familiales

Doc. 4

perturbées », W. Schramm, J. Lyle et E.-B. Parker, La télévision dans la vie de nos enfants, Stanford Univ. Press, Stanford, 1961, p. 165-166 [extrait]. « Quel lien entre scènes de violence et comportement des jeunes

Doc. 5

spectateurs ? », A. Glucksmann, Les effets sur les jeunes des scènes de violence au cinéma et à la télévision, Haut Comité de la jeunesse, ministère de la Jeunesse et des Sports, 1965, p. 40-41, 64 [extraits]. « Le décodage des émissions télévisées par les enfants », A. Martinez, La

Doc. 6

violence à la télévision, état des connaissances scientifiques, Ottawa, 1991. « Quelle perception de la réalité à travers la télévision ? », D. Buckingham,

Doc. 7

Children Talking Television : The Making of Television Literacy, Londres, Falmer Press, 1993, p. 240-241 [extraits]. « Une croisade idéologique contre la violence dans les médias », T. Gitlin, Des images à tout casser, The American Prospect, vol. V, n° 16, déc. 1994, p. 4-6 [extraits].

Sujet

Synthèse de dossier

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Doc. 8

Doc. 9

Doc. 10

Doc. 11

Doc. 12

Doc. 13

« Indices de violence des programmes américains », G. Gerbner, Pouvoir et danger de la violence télévisée in Les Cahiers de la sécurité intérieure, Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI), Doc. fr., Paris, 1995, p. 38, 44-45. « Une définition de la violence ». D. Frau Meigs, Violence commise, violence subie in Violence et télévision, l’exemple canadien, Paris, 1997. « L’effet de la violence médiatique sur les enfants », J. Groebel, Étude mondiale de l’Unesco sur la violence dans les médias, Unesco, Paris, 19 fév. 1998, p. 1-5 [extraits]. « Dénoncer la télévision, nier le malaise social », G. Dagnaud, La Télé bouc émissaire in Le Monde des débats, Paris, oct. 1999 [extraits]. « Un déplacement du débat », D. Buckingham, Des abus informatiques ?

Repenser les effets des médias sur les enfants, in Des effets néfastes : le débat Médias/Violence (M. Barker et J. Petley [dic.]), Londres, Routledge, 2001,

p. 70, 75-76 [extraits].

« Violence télévisée et risques de délinquance ultérieure », J.-G. Johnson,

P. Cohen, E.-M. Smailes, S. Kasen, J.-S. Brook, Consommation télévisuelle

et comportement agressif à l’adolescence et à l’âge adulte, in Science, vol. 295, n° 5564, mars 2002, p. 2469-2471 [extraits].

Document 1

Choix de programmes par les enfants et socialisation

Une approche sociologique des attitudes de l’adolescent et du préadolescent doit prendre en compte au moins deux groupes sociaux importants : ses parents et ses amis ou pairs. À de rares exceptions près, tous les enfants sont membres de groupes fami- liaux. Mais ils n’appartiennent pas tous à des groupes de pairs, de sorte que nous avons distingué les enfants selon qu’ils étaient membres, ou non-membres d’un tel groupe. Nos premières expériences indiquèrent, conformément à des hypothèses théo- riques, qu’il pouvait exister des différences nombreuses et importantes entre les membres et les non-membres de groupes de pairs. Parmi les enfants les plus jeunes (de niveau scolaire CE2 et CM2), les dessins animés mettant en scène des animaux avaient plus de succès auprès de ceux qui n’appartenaient pas à des groupes d’amis. Nous pensons qu’une telle différence s’explique par la structure sociale elle-même. Les enfants qui évoluent exclusivement au sein du cercle familial se voient proposer un ensemble de valeurs d’adultes par leurs parents. On attend généralement d’eux qu’ils aident à la maison, qu’ils soient bons élèves, qu’ils apprennent à se battre pour réussir et, d’une manière générale, qu’ils se préparent à leur future vie d’adulte. Pour de nombreux enfants de dix ou douze ans, ces objectifs peuvent souvent paraître difficiles à atteindre, voire totalement inaccessibles. Il n’y a donc rien de surprenant à ce qu’ils aiment lire les histoires de petits animaux comme Bugs Bunny, qu’ils perçoivent comme la négation complète des objectifs et conventions établis par les adultes. […]

Bunny, qu’ils perçoivent comme la négation complète des objectifs et conventions établis par les adultes. […]

SujetSynthèse

de dossier

Cette frustration à l’égard des valeurs parentales peut également s’exprimer autre- ment à travers les sélections de programmes. Il s’agit d’une catégorie d’émissions de radio et de télévision particulièrement populaires auprès des 400 enfants interrogés, programme présentant des éléments de violence, d’action et d’agression et comprenant des westerns, des mystères, des crimes, jouant sur l’horreur et d’autres thèmes d’aven- ture de ce genre. Il apparaît clairement que ce type de programmes, comme les dessins animés mettant en scène des animaux, a plus de succès auprès des garçons que des filles et infiniment plus d’audience auprès des jeunes sondés qu’auprès de leurs cama- rades plus âgés. Au-delà de ce constat, l’analyse fondée sur l’appartenance à un groupe de pairs, à âge et sexe constants, permet de mieux comprendre les critères de sélection des programmes. Là encore, ce sont les non-membres de groupes de pairs parmi les plus jeunes enfants qui manifestent généralement la plus grande prédilection pour les programmes d’action et de violence et qui sont vraisemblablement dans une position sociale particulièrement propice à provoquer chez eux des sentiments d’hostilité et des comportements agressifs. Afin de mieux cerner l’éventualité de telles différences sociologiques, nous avons subdivisé les non-membres des groupes de pairs en fonction de leurs « groupes de réfé- rences » dominants. Dans la pratique, nous avons tenté d’apprendre des enfants eux- mêmes s’ils estimaient leurs propres valeurs plus proches de celles de leurs parents ou

de leurs camarades de classe. Ceci nous a permis de classer grosso modo les enfants en deux groupes : ceux qui étaient les plus enclins à recourir à leurs parents comme groupe de référence (autrement dit, à partager les valeurs parentales) et ceux qui étaient le plus

à même d’utiliser leurs pairs comme groupes de référence (autrement dit, d’épouser les

valeurs de leurs pairs telles qu’ils les perçoivent). Quand on examine le rapport des enfants plus âgés aux émissions comportant des scènes d’action et de violence […], on voit qu’au sein de cette population, qui en général s’intéresse moins qu’auparavant à ce genre d’émissions, l’intérêt demeure plus

fort parmi ceux qui ne sont pas membres d’un groupe de pairs mais considèrent néan- moins leurs pairs comme un groupe de références. Même si le nombre de cas est trop

faible pour avancer dans cette démonstration, nous devrions, en bonne logique socio- logique, nous attendre à l’existence de fantasmes d’agression et de pouvoir parmi les enfants ainsi positionnés socialement. Ce sont, par définition, les enfants les plus frus- trés en matière de relations avec leurs groupes de pairs : ils n’en sont pas membres tout en donnant des signes évidents de vouloir y appartenir. Même en se conformant aux normes des pairs, ils ont peu de chances d’être reconnus et appréciés du groupe de pairs, puisqu’ils lui sont extérieurs. Concernant leurs parents, ils sont également soumis

à la plus grande difficulté puisque, par définition, ils ont tendance à soutenir non les valeurs de leurs parents mais celles d’un groupe de pairs qu’ils envient. […] Ce type d’analyse sociologique est susceptible de nous aider à découvrir pour- quoi, au sein d’une population enfantine d’âge, de sexe, d’environnement social et éducatif comparables, certains individus aiment les programmes d’action et de violence et d’autres pas. De plus, au cours des deux heures d’entretien avec les 400 enfants de l’enquête, certains signes suggéraient que la relation de l’enfant à la structure sociale pouvait affecter non seulement ce qu’ils aimaient mais aussi les raisons qui les poussaient à

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Sujet

Synthèse de dossier

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préférer tel ou tel programme. Il apparut que les mêmes médias étaient interprétés et utilisés différemment par des enfants diversement socialisés. L’enfant extérieur au groupe a tendance à percevoir les animaux drôles et les héros de westerns comme un monde imaginaire, lui permettant de s’évader d’un monde réel dont les standards à atteindre semblent par trop élevés. Le membre d’un groupe de pairs, de son côté, apprécie souvent ces thèmes, quand il les aime, parce qu’il peut convertir les histoires en un jeu quotidien au sein de son groupe. Parmi la cohorte des plus jeunes, 69 % des membres d’un groupe de pairs mentionnèrent par exemple leur goût pour les Justiciers du Far West, contre 85 % des non-membres. Si les non-membres décrivaient souvent cette série en termes subjectifs, en indiquant que cela « fait peur », « donne la chair de poule », « vous empêche de dormir », les membres d’un groupe de pairs étaient plus aptes à associer leur interprétation des westerns à la perspective des jeux auxquels ils pourraient se livrer après l’émission. Ainsi, les membres d’un groupe de pairs, influencés par leur désir d’avoir de bonnes relations au sein de leur groupe, semblent juger les médias selon un critère « d’utilité sociale », en sélectionnant des matériaux qui seront en quelque sorte directement utiles à la vie du groupe.

Document 2

Les risques induits par la télévision de l’addiction à l’identification

D’après une théorie moderne sur la façon dont l’addiction s’installe, un enfant, accoutumé à un niveau soutenu d’excitation et qui organise la majorité de ses activités d’apprentissage à ce niveau d’excitation, verra son comportement perturbé en cas de baisse d’intensité de cette stimulation, deviendra turbulent, mal à l’aise et s’ennuiera jusqu’à ce qu’il retrouve le niveau d’excitation sur la base duquel il a organisé son comportement. L’exposition à la télévision, en élevant notablement ce niveau d’excitation, peut entraîner de la sorte une forme bénigne de dépendance ou « addiction », les parents et les enseignants ne pouvant intéresser l’enfant qu’en rendant les propositions qu’ils lui font aussi excitantes que les événements qu’il est accoutumé à regarder à la télévision. Alors qu’on a étudié l’hypothèse selon laquelle l’expérience vécue par procuration réduirait les pulsions (au moins temporairement), on a peu réfléchi au fait qu’elle pour- rait créer aussi des habitudes. Dans ce cas, l’expérience continuelle de la violence par procuration serait susceptible d’avoir le double effet de diminuer momentanément le besoin d’agressivité de l’enfant dans la vie réelle mais d’augmenter la probabilité d’un comportement violent s’il est confronté à un contexte agressif dans l’avenir. Certes, la télévision ne véhicule pas seulement des expériences fondées sur la violence et l’agres- sion, mais ces dernières constituent le thème commun de toutes les histoires que les enfants sélectionnent parmi celles que leur proposent les médias. Dans la mesure où ce type de comportements ou d’autres formes d’action sont proposés par le système médiatique, la probabilité qu’ils soient effectivement mis en œuvre dans la vie réelle est de toute évidence augmentée. Cette forme de stimulation de l’imagination, déterminée par un agent externe, a pour particularité de créer et de satisfaire des motivations dans un laps de temps relati- vement court. Une des leçons que les enfants doivent acquérir au cours du processus de

dans un laps de temps relati- vement court. Une des leçons que les enfants doivent acquérir

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socialisation est d’accepter que leurs désirs ne soient pas immédiatement satisfaits, et donc de rester motivés durant de longues périodes. Il est possible que les expériences proposées par les médias aillent à l’encontre de cet apprentissage et créent des habi- tudes de démotivation prématurée.

La satisfaction par procuration : quels effets Nous avons vu que l’imagination peut satisfaire certains besoins par procuration, bien que nous ignorions dans quelle mesure et dans quelles circonstances. Cette fonction de l’imagination peut la rendre bénéfique ou nuisible pour l’individu, en fonction des conditions dans lesquelles elle se substitue à la satisfaction réelle. Elle peut jouer le rôle de « soupape de sécurité » (ainsi que Freud le décrit des rêves) si les besoins sont trop forts et que l’environnement ne fournit aucune possibilité de les satisfaire. Mais elle peut par ailleurs avoir pour effet de réduire les motivations et empêcher que le mécanisme de la frustration remplisse sa fonction sociale, c’est-à-dire inciter l’individu à accomplir une série d’efforts pour résoudre le problème rencontré jusqu’à ce qu’il obtienne une solu- tion acceptable. Les médias peuvent retarder chez l’enfant le développement de la responsabilité sociale en lui proposant trop d’« échappatoires » aux pressions sociales. En relation avec ce qui précède, la question se pose de savoir si la pratique conti- nuelle d’identification avec une figure fictive qui donne à l’enfant l’expérience du pouvoir augmentera la probabilité que ce même processus perdure dans la vie réelle. Nous savons que l’identification se produit à tout âge, dans la vie réelle aussi bien qu’au contact des médias. L’identification est-elle un mode de comportement qui peut être renforcé ou atténué comme d’autres habitudes ? Si tel est le cas, le fait de s’iden- tifier fréquemment à une figure héroïque, qu’il s’agisse d’Hopalong Cassidy ou de tout autre, rendra l’enfant enclin à l’identification et pourra accentuer chez lui une tendance à trouver des satisfactions aux situations de pouvoir par l’intermédiaire de certains types de figures de pouvoir à une étape ultérieure de sa vie.

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Diminution de certains apprentissages Il est communément admis que le jeu a un rôle important dans le processus de croissance de l’enfant. Jouer lui permet d’expérimenter des éléments sensoriels diversi- fiés, des pratiques de motricité et des capacités linguistiques et sociales qui vont fonder le répertoire de son comportement ultérieur. Certaines fonctions de base font probable- ment l’objet d’un apprentissage excessif pendant l’enfance, ou, en d’autres termes, pourraient être convenablement acquises à travers des pratiques plus réduites. Si tel est le cas, une pratique réduite de ces aptitudes par l’enfant n’engendrera aucun effet grave. Mais certaines aptitudes ne font pas l’objet d’un apprentissage excessif et la réduction du temps passé par l’enfant à les pratiquer constituera un obstacle à leur acquisition. Nous avons vu que l’exposition à la télévision diminue le volume des contacts sociaux interactifs de l’enfant, ce qui peut engendrer des déficits sociaux. Parallèlement, la télé- vision augmente la pratique des aptitudes que l’enfant exerce en regardant un programme télévisé. On peut en donner un exemple paradoxal : la télévision peut élargir le vocabulaire que l’enfant est capable de reconnaître tout en faisant obstacle au déve- loppement du vocabulaire mémorisé et à sa capacité de former spontanément des phrases avec les mots.

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Les racines de la délinquance juvénile :

des relations familiales perturbées

La télévision est-elle à l’origine de la délinquance juvénile ? Nous avons posé cette question à de nombreux psychiatres et juges. De façon récurrente, il apparaît que, parmi les jeunes délinquants, ceux qui rejettent la faute de leurs actes sur la télé- vision présentent de graves troubles sans aucun lien avec ce média. Ils vivent pour la plupart dans un environnement familial perturbé : famille brisée, parents les rejetant ou en donnant l’impression. Certains sont psychopathes et ont un Surmoi pour ainsi dire « déconnecté » du reste de leur schéma de comportement. À quelques rares exceptions près, ces enfants avaient déjà eu des problèmes avant même que la télévi- sion ne leur apprenne quoi que ce soit. Les propos de nombreux psychiatres, spécialistes du sujet, ayant étudié ce rapport

nous ont d’ailleurs confortés dans notre analyse. Voici ce qu’a déclaré le Dr Otto Billing, de l’université Vanderbilt, à la Commission Kefauver sur le crime organisé aux USA:

« Mon expérience clinique m’amène à penser que les émissions de télévision, les

films et autres fictions n’ont qu’une influence très limitée sur les jeunes enfants et les adolescents. Nous avons conduit des études psychiatriques et psychologiques exhaus-

tives sur les adolescents délinquants. La majorité d’entre eux ne semble absolument pas être influencée par ces facteurs externes. Les personnalités normales peuvent les affronter et leur résister sans aucune difficulté. Les cas dans lesquels la télévision a un rôle déclencheur ou fournit des éléments d’information sur la réalisation d’actes crimi- nels sont plus que marginaux. Seules les personnes caractérielles ou angoissées sont sensibles à ces facteurs externes. D’autres pressions extérieures, telles la reconnaissance par une bande de jeunes, l’absence d’activités collectives ou des activités inadéquates, ont certainement une incidence bien supérieure.

« Que les valeurs éducatives ou artistiques de programmes de faible niveau soient

perturbantes ne fait aucun doute. Mais, en faire l’explication causale de la délinquance juvénile n’apporte, à mon avis, rien au problème, bien au contraire. En effet, en raison- nant ainsi, nous risquons d’éluder les vrais problèmes. Nous devons nous concentrer sur les causes profondes et non sur les apparences. Nos expériences cliniques ont démontré que l’insécurité ressentie au sein de la cellule familiale est l’un des facteurs premiers de la délinquance juvénile. » Le Dr Frank Coburn, de l’université de l’Iowa, a, lui, déclaré à ce même comité :

« Le premier et principal facteur de la délinquance juvénile est, à mon sens, l’existence de relations familiales perturbées chez la personne qualifiée de délinquant. » Je pense donc que l’élément principal de la délinquance n’est pas la télévision en elle-même, mais les enfants qui la regardent. En l’état actuel de nos connaissances nous savons que l’enfant délinquant n’est (à moins qu’il ne soit psychopathe) en rien diffé- rent des autres individus de son âge en termes de standards, de connaissance ou d’intel- ligence. La différence se situerait plutôt au niveau de la rapidité avec laquelle s’éveille en lui l’agressivité, de l’intensité et de la violence de son hostilité. Il est généralement issu d’une famille qui ne lui a pas donné toute la sécurité et la chaleur dont un enfant a besoin. Il a souvent eu des difficultés pour s’intégrer et considère parfois qu’il lui a fallu

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fournir des efforts considérables pour être admis par ses pairs. Des difficultés de cette nature conduisent des enfants issus des classes moyennes à passer plus de temps devant leur téléviseur, ceux des classes plus défavorisées regardant déjà beaucoup la télévision. Le petit écran interagit alors avec les besoins et les émotions de ces jeunes spectateurs. Cela a plus pour effet de stimuler leur agressivité, que de l’extérioriser. On leur offre de la violence à regarder. Ils emmagasinent les informations et s’en serviront peut-être un jour. Il semble, cela dit, évident que si la télévision n’existait pas, l’enfant rechercherait le même bénéfice auprès d’un autre média de fiction. Les origines de la délinquance dépassent le simple cadre de la télévision. Il faut les chercher dans la vie familiale, dans les relations avec l’entourage et chez les individus ayant une personnalité perturbée. La télévision ne fait, tout au plus, qu’alimenter des pulsions déjà existantes.

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Quel lien entre scènes de violence et comportement des jeunes spectateurs ?

Les études ont permis de distinguer différents types de relation et d’en rejeter certains :

– Il n’y a pas d’effet direct : le cinéma n’agit pas directement sur le comportement, l’effet des scènes de violence doit toujours se diffuser en fonction d’un certain nombre de relais (variables sociologiques ou psychologiques). – Il n’y a pas d’effet autonome : il dépend des valeurs que « déplacent » le cinéma et la télévision et qui ne leur sont pas spécifiques. Un effet peut être inversé, la violence imaginaire pacifiant le comportement en provoquant une catharsis, des inhibitions ou une maîtrise « symbolique ». – Il peut être mimétique, la violence filmique induit alors un comportement réel violent par le biais affectif de la « participation » ou par le truchement de l’infor- mation qu’elle transmet. L’ensemble des études conduit à insister sur le caractère complexe de l’effet consi- déré et sur les difficultés méthodologiques qu’on rencontre à le vouloir isoler dans sa pureté. Les projets de recherche actuels semblent conduire à dissoudre la notion d’un effet spécifique des scènes de violence dans des enquêtes plus larges portant sur les normes et les goûts des adolescents. […] Il est évident que les statistiques ne disent rien de l’effet du culte de la vedette sur l’agressivité de la conduite : le phénomène est trop répandu pour qu’on puisse le mettre en relation avec l’extension de la délinquance. L’interprétation psychologique de ce phénomène peut être plus complexe qu’elle ne paraît. Ainsi E. Morin rend compte de cette « participation affective » du spectateur par deux mécanismes conjoints, l’identifi- cation et la projection. Tandis que l’identification conduirait le spectateur à imiter dans la vie réelle certains aspects de la conduite de ses héros, la projection lui permettrait de vivre comme par délégation certaines émotions qu’il ne peut exprimer que difficilement dans la réalité : « Ainsi, dans la production cinématographique occidentale, les deux grands pôles imaginaires dégagent une double aimantation : l’aimantation à dominante projective concerne l’aventure, l’exotisme, le meurtre, la violence, l’héroïsme et une

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liberté qui n’est pas la liberté politique mais la liberté existentielle, asociale ; l’aiman- tation à dominante identificative concerne l’amour, le bien-être et la réussite dans la solution des problèmes individuels et privés, le bonheur. » L’admiration pour le héros ne semble effectivement pas ipso facto entraîner l’imi- tation de celui-là dans la vie réelle. Ce cas est réservé à des enfants par ailleurs prédisposés : « Il y a certes aussi de jeunes spectateurs aux tendances hystériques et dissociatives qui ont tendance à s’identifier à leur idole facilement, et en général provi- soirement, et qui assument, comme des histrions, leurs manières et leurs aventures imaginaires. C’est à la télévision que nous pourrons chercher leurs modèles mais pour ce qui est de leur prédisposition névrotique c’est probablement dans leur famille qu’il la faudra trouver. » Ainsi le « culte des idoles » paraît avoir des effets ambivalents. L’imitation directe du héros est un symptôme de déséquilibre mental dont la source est à chercher non du côté de l’écran mais dans la vie du spectateur. Il n’est pas démontré que toute l’activité du héros tend à être « réalisée » par le jeune spectateur. L’imitation identificatrice peut se limiter à des comportements secondaires qui relèvent de la mode (habillement, rapports superficiels entre sexes) tandis que la projection permettrait au spectateur de vivre imaginairement des sentiments qu’il ne peut précisément pas libérer dans le réel. Si on limite ainsi la portée du culte des idoles, il n’y a peut-être aucune raison d’en faire un effet spécifique du cinéma et de la télévision.

Document 5

Le décodage des émissions télévisées par les enfants

B. Hodge et D. Tripp ont observé pendant trois ans le phénomène du décodage des émissions télévisuelles par les enfants. De facture sémiotique, leur analyse tente de varier selon l’âge, l’expérience et les conditions sociales. Renouveler la problématique des usages de la télévision : « Bien des préoccupa- tions sur les effets de la violence télévisée reposent sur une incompréhension de l’inter- prétation que font les enfants des aspects les plus inquiétants de cette violence. Non pas que toutes les formes de violence télévisée soient inoffensives pour les jeunes, indépen- damment de leur âge et de leurs caractéristiques personnelles. Nous soutenons plutôt qu’il convient de saisir les interactions entre contenus qualitatifs, telle la violence, et sens du réel ou encore attitudes et relations sociales en général. La violence n’est pas le simple fait d’une émission de télévision qui incite irrésistiblement les téléspectateurs à commettre des actes violents. Elle fait partie d’une structure complexe de significations, lesquelles sont interprétées, médiatisées et actualisées de diverses façons. » Dix propositions d’application pratique viennent conclure cette recherche :

– « Les enfants peuvent en général se montrer des décodeurs actifs et puissants, et leurs émissions sont potentiellement riches en significations et en valeur cultu- relle, quoique tous les programmes et habitudes d’écoute ne profitent pas égale- ment à chacun d’entre eux. » – « Les systèmes cognitif et sémiotique des enfants se développent au moins jusqu’à l’âge de 12 ans, de sorte que, non seulement préfèrent-ils des émissions

se développent au moins jusqu’à l’âge de 12 ans, de sorte que, non seulement préfèrent-ils des

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différentes de celles des adultes, mais aussi réagissent-ils et les interprètent-ils différemment: à partir de neuf ans, cependant ils démontrent une compréhension singulière (la leur) de la plupart des programmes du flot régulier. »

– « Habituellement la télévision pour enfants véhicule des formes idéologiques dominantes, auxquelles s’ajoute paradoxalement un répertoire de significations opposées. »

– « On sait depuis longtemps que le facteur réalité, la perception du lien entre télé- vision et monde réel, varie selon l’âge, l’expérience et les conditions sociales. De fait, il constitue un facteur décisif pour déterminer la nature des réactions aux médias et les effets médiatiques. Cependant, l’habileté à porter des jugements justes et nuancés sur la télévision est le fruit d’un processus important du déve- loppement de l’enfant qui s’acquiert seulement par exposition au petit écran. »

– « Tous les enfants ont besoin d’émissions fantastiques, comme les dessins animés pour les tout-petits. Tous les enfants, en particulier les plus âgés, ont besoin également d’émissions qui correspondent de plus près à leur réalité. »

– « La violence médiatique est qualitativement différente de la violence sociale :

elle est un signifiant naturel du conflit et de la différence ; sans la représentation du conflit, l’art du passé et du présent en serait gravement appauvri. »

– « Les significations apprises à la télévision sont renégociées et modifiées dans le processus des discussions interpersonnelles, acquérant sous cette forme, statut social et effets. »

– « Les formes idéologiques dominantes exercent une influence globale sur les interprétations de la télévision. »

– « La famille n’est pas simplement un lieu de discussion des contenus télévisuels :

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elle s’active également à déterminer les significations desdits contenus. »

– « Le milieu scolaire devrait favoriser la compréhension approfondie de la télévi- sion, en l’intégrant de façon constructive à ses divers programmes. »

Document 6

Quelle perception de la réalité à travers la télévision ?

Le pouvoir social du discours sur le mode de fonctionnement de la télévision provient en grande partie du fait qu’il établit une distinction implicite entre celui qui s’exprime derrière l’écran et la masse anonyme des téléspectateurs qui le regardent – ces individus assez stupides pour croire que ce qu’ils voient est réel. Si les adultes pren- nent souvent les enfants pour des êtres crédules, les enfants ont, eux aussi, tendance à reproduire le même schéma avec leurs cadets. Par ce transfert, ils cherchent à échapper aux reproches des adultes. En réalité, c’est la peur des effets négatifs de la télévision qui engendre ce type de discours. Cette peur s’exprime clairement dans les travaux de recherche réalisés jusqu’à présent sur le sujet. Ainsi, les principaux courants de recherche en psychologie ont eu tendance à concevoir la « réalité perçue » comme une variable d’intervention dans une relation qui reste essentiellement définie en termes de cause et d’effets. Leurs défenseurs semblent supposer que plus un programme est perçu comme réaliste, plus il est

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susceptible d’influencer les téléspectateurs. Pourtant, les preuves qui viennent appuyer cette hypothèse ne sont pas concluantes, même dans les ouvrages censés en démontrer la validité. Pour les théoriciens de la « variable d’intervention », ce qui est perçu comme « imaginaire » aurait un effet très limité sur l’attitude et le comportement des gens. Pourtant, la théorie psychanalytique suggère que la relation entre le fantasme et la réalité est beaucoup plus complexe, et que dans la vie de tous les jours, notre sens de la réalité est loin d’être figé. On peut en effet émettre de sérieux doutes quant à la capacité des adultes à percevoir invariablement la réalité d’un œil mature. De même, la relation entre l’information, les attitudes et le comportement social est peut-être beaucoup plus compliquée – et donc moins rationnelle – que ces théori- ciens ne semblent le suggérer. Le fait que nous puissions considérer certains types de représentations comme irréalistes ne signifie pas nécessairement qu’elles ne jouent pas un rôle dans notre perception du monde social. Le pouvoir des stéréotypes, par exemple, est lié à une combinaison complexe de vérités et de contre-vérités, ainsi qu’à notre volonté de croire ou de comprendre quelque chose. Enfin, le fait de présenter la notion de modalité de fonctionnement de la télévision ou de réalité perçue comme une variable clé tend à simplifier de façon excessive le processus par lequel les enfants émettent des jugements sur la télévision. Aussi, ceux qui tentent d’« immuniser » les enfants en suivant cette logique s’exposent à des résul- tats inattendus. En privilégiant le discours de modalité, on risque de s’enfermer dans une vision rationaliste du spectateur critique. Comme je viens de l’expliquer, cette vision normative de la télévision est basée sur une conception des effets de la télévision qui est à la fois excessive et simpliste sur le plan théorique.

Document 7

Une croisade idéologique contre la violence dans les médias

La volonté politique fait défaut lorsqu’il s’agit de lutter contre la pauvreté, les armes et l’effondrement de la famille. En revanche, nous avons droit à une croisade contre la violence dans les médias, destinée en grande partie à se donner bonne conscience, un vent de panique morale l’emportant sur tout sens pratique. […] Cela relève d’une propension très américaine que le sociologue Philip Slater appelle « toilet assumption » (ou présomption de propreté) : une fois hors de vue, un problème social n’est plus un problème. Et une croisade ne coûte rien. Certains libéraux ont à cela un intérêt supplémentaire : en faisant campagne contre la violence à l’écran, ils espèrent ravir aux conservateurs le monopole des « valeurs de la famille ». L’actuel mouvement de nettoyage culturel comporte bien entendu un aspect idéologique. Les Républicains sont, dans leur grande majorité, choqués par les images à caractère érotique, et les Démocrates, par la violence. Les premiers, comme George Bush père par exemple, auraient réfléchi à deux fois avant d’apparaître aux côtés de Madonna ou de Warren Beatty. Ils n’ont par contre aucun état d’âme à se montrer en compagnie d’Arnold Schwarzenegger, champion des valeurs familiales. Les seconds espèrent que leur plaidoyer contre la violence télévisuelle les hissera au rang

des valeurs familiales. Les seconds espèrent que leur plaidoyer contre la violence télévisuelle les hissera au

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des plus fervents défenseurs de la « vraie » famille, leur permettra de se détacher d’Hollywood et de dissuader Dan Quayle de poursuivre sa croisade contre Sin City. Mais la cape de l’anti-violence dans laquelle ils se drapent est élimée et leurs nouveaux atours ne suffiront pas à les protéger. Cette croisade symbolique contre la violence télévisuelle est un aveu de désarroi. Ceux qui se rallient à cette cause reconnaissent en réalité qu’ils ne savent pas ou n’osent pas s’attaquer réellement à ce mal dont souffre l’Amérique. Ils cèdent devant les images. Si Janet Reno cite le rapport de l’APA (American Psychological Association), elle devrait surtout prendre bonne note de l’extrait suivant : « Outre la psychologie, de nombreuses sciences sociales ont clairement établi que la pauvreté et les conditions de vie qu’elle implique font partie des facteurs déterminants de la violence… Il est plus que probable que les inégalités socio-économiques (et non la race) soient à l’origine des forts taux de violence enregistrés au sein des minorités ethniques… De très nombreux indices laissent à penser que l’augmentation du nombre d’homicides commis par de jeunes individus est en relation directe avec la possibilité qu’ils ont d’acquérir une arme à feu. » On constate par contre que l’expression « facteur déterminant » n’est pas reprise dans les passages consacrés à la violence dans les médias. Les réformateurs doivent donc s’interroger sur les mesures adéquates à mettre en œuvre et sur les objectifs à fixer. S’il n’y avait rien d’autre à entreprendre pour lutter contre cette violence télévisuelle qui tue aux États-Unis, cette croisade trouverait alors une légitimité bien supérieure à celle qui est la sienne aujourd’hui. Les arguments des plus fervents défenseurs du droit à la liberté de parole inscrit dans le premier amende- ment de la Constitution américaine n’auraient d’ailleurs que très peu de poids. Cette campagne, largement relayée par les images, autorise les politiciens à fulminer, tout en restant photogéniques, et leur évite de s’occuper de l’Association nationale des armes à feu, du problème de la prolifération de la drogue, de la crise de la famille ou bien encore de la disparition d’un nombre considérable d’emplois fixes. Au grand étonne- ment du reste du monde, notre culture politique est telle que ce sont les partisans du contrôle des armes qui peuvent se féliciter d’imposer des limites à la vente des armes semi-automatiques, ou d’obtenir la mise en place d’un délai de 5 jours pour l’achat d’une arme de poing. Les images, composante incontournable de la vie politique, sont aujourd’hui une préoccupation telle qu’elles ont fini par se substituer à la véritable politique. Ceci est plus particulièrement exact pour la gauche, divisée en clans, obsédés par un respect des principes plutôt surprenant et un sentiment de persécution. Quel que soit l’état de la gauche américaine, une chose est sûre : elle ne peut pas se passer d’un credo démocra- tique. En admettant que les médias font obstacle à l’égalité, à la justice et à la tran- quillité domestique, ils se privent d’arguments comme si les personnes à qui ils s’adres- sent n’étaient que de simples marionnettes. Ne naissent de cela que rancœur et futilité. Rien d’autre.

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Indices de violence des programmes américains

Depuis les premiers rapports de la National association of educational broadcas- ting (Association nationale de la télévision éducative) en 1951, l’excès de violence auquel on assiste à la télévision a échappé à tout contrôle démocratique. Les premières enquêtes du Congrès furent conduites en 1954 par le sous-comité à la délinquance juvé- nile du sénateur Estes Kefauver, suivies par nombre d’autres au cours des années soixante et soixante-dix. Malgré l’accumulation de résultats alarmants par les cher- cheurs, bien que condamnée par des commissions gouvernementales et par la quasi- totalité des organisations médicales, parentales, scolaires et policières, la violence n’a cessé d’envahir les ondes depuis presque trente années que nous l’étudions dans le cadre de notre projet sur les indicateurs culturels (Cultural Indicators). La fonction de la violence dans le monde de la télévision peut s’analyser dans la démographie et la répartition des rôles dans les émissions aux heures de grande écoute. Depuis trente ans, celles-ci suivent un modèle très stable. Les personnages masculins de race blanche, appartenant à la classe moyenne, domi- nent par leur nombre et leur pouvoir. Les femmes représentent un tiers des personnages. Les jeunes et les personnes du troisième âge sont fortement sous-représentés par rapport à leur nombre dans la population réelle. Les minorités sont encore plus sous-représentées. Cette distribution offre un cadre idéal à des scénarios conflictuels et violents, et favorise la toute puissance de l’homme blanc dans la force de l’âge. La plupart des personnages sous-représentés sont aussi ceux qui, lorsqu’ils apparaissent, subissent les pires sorts. Les fictions diffusées aux heures de grande écoute (dramatiques ou comédies) présentent une moyenne hebdomadaire de vingt-et-un criminels face à une « armée » de quarante-et-un représentants de la loi, publics ou privés, encadrés par quatorze docteurs, six infirmières, six avocats et deux juges. Une moyenne de 150 actes de violence et une quinzaine de meurtres divertissent chaque semaine les téléspectateurs et leurs enfants, sans compter les dessins animés et les informations. Ceux qui regardent la télévision plus de trois heures par jour (plus de la moitié des téléspectateurs) en absorbent beau- coup plus. Au cours d’une semaine ordinaire, environ un tiers (31 %) de l’ensemble des personnages et plus de la moitié (52 %) des personnages principaux sont impliqués dans des actes violents en tant que victimes ou en tant qu’agresseurs voire les deux.

Document 9

Une définition de la violence

La définition de la violence, telle qu’elle existe dans le projet « Indicateurs Culturels », tient compte du rapport spéculaire à la réalité tout en intégrant certaines articu- lations logiques de la mise en intrigue. La violence se définit comme l’expression ouverte de la force physique (avec ou sans arme, contre soi-même ou autrui) obligeant à l’action contre son gré par peur d’être blessé et/ou tué ou menacé de violence comme partie inté- grante de l’intrigue, ou le fait de blesser ou tuer. Elle doit être plausible et crédible. Les menaces en l’air, les insultes verbales ou les gestes non accompagnés de conséquences

plausible et crédible. Les menaces en l’air, les insultes verbales ou les gestes non accompagnés de

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violentes crédibles ne sont pas codées comme violence. Cependant, la violence « acciden- telle » et naturelle (actions dramatiques toujours intentionnelles qui s’acharnent contre certains personnages) fait, bien sûr, partie de la définition. Cette définition de la violence commise, qui inclut en son sein, comme un négatif, celle de la violence subie, se veut réso- lument opératoire, et pour cette raison n’inclut pas de caractéristiques psychologiques à proprement parler. Il s’avère, en effet, très difficile de coder la violence de type argumen- tatif car elle ne prend de sens, dans l’économie des drames télévisuels nord-américains, que lorsqu’elle est accompagnée de la violence par force physique.

Document 10

L’effet de la violence médiatique sur les enfants

Ce rapport présente les résultats de l’étude mondiale de l’Unesco sur la violence dans les médias, réalisée en 1996 et 1997 comme projet de recherche commun par l’Organisation mondiale du mouvement scout et l’Université d’Utrecht sous la direction du Prof. Jo Groebel. Il s’agit de la plus vaste étude interculturelle jamais réalisée sur le rôle de la violence médiatique pour les enfants, avec la participation de plus de 5 000 élèves de 23 pays différents dans le monde entier. […] La méthodologie employée est unique du fait que tous les enfants participants, âgés de douze ans, ont répondu à un questionnaire standard de 60 questions traduit dans les différentes langues comme, par exemple, le japonais, l’anglais, le russe, le français, l’arabe, etc. Les enfants ont décrit leur comportement face aux médias, leurs habitudes, leurs préférences, mais aussi leur environnement social. […] Les résultats font apparaître les aspects suivants :

– 93 % des enfants de cette étude ont accès à un poste de télévision. La fourchette va de 99 % dans la partie occidentale de l’hémisphère nord à 83 % en Afrique, avec, entre ces deux valeurs, l’Asie et l’Amérique latine. Dans les régions prises en compte dans l’étude, la télévision est presque devenue un médium universel. Pour les écoliers, c’est la plus puissante source d’information et de distraction. Même la radio et les livres ne sont pas aussi également distribués dans le monde.

– Les enfants du monde passent en moyenne trois heures par jour devant la télévi- sion avec, bien entendu, une grande diversité dans leurs comportements individuels de téléspectateur. Cela signifie qu’ils consacrent au moins 50 % de temps de plus à ce médium qu’à toute autre activité extra-scolaire, notamment les devoirs à la maison, le temps passé avec la famille ou les amis, ou encore la lecture.

– La télévision est donc devenue un facteur de socialisation de première impor- tance et elle domine la vie des enfants aussi bien dans les zones urbaines que dans les régions rurales du monde.

– En particulier les garçons sont fascinés par les héros agressifs des médias. Certains d’entre eux, comme le personnage de Terminator joué par l’acteur Arnold Schwarzenegger, sont devenus des icônes mondiales ; 88 % des enfants du monde le connaissent. 51 % des enfants des environnements de forte agression (en guerre, ou bien où la criminalité est importante) voudraient être ce personnage, contre 37 % dans les environnements de faible agression. Les

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Su jet S yn thèse de dossi er S RELLE 1 PASSE enfants manifestement ont besoin

enfants manifestement ont besoin des héros des médias et se servent d’eux comme de modèles pour faire face à des situations difficiles – et elles abondent pour les enfants du monde. Un nombre important d’entre eux se trouve dans un état émotionnel qui pose problème. Près de la moitié des enfants disent être anxieux la plupart du temps ou très souvent; 9 % ont dû fuir le lieu où ils vivaient au moins une fois dans leur vie; 47 % affir- ment qu’ils voudraient vivre dans un autre pays. Dans les régions de forte agression, 16 % des enfants disent que la plupart des gens de leur quartier meurent parce que d’autres les tuent. 7,5 % des enfants se sont eux-mêmes déjà servi d’une arme contre quelqu’un. Face à cette situation, les enfants trouvent dans les héros des médias des moyens de s’évader de leurs problèmes réels, ou de les compenser. Pour les garçons, ce sont principalement des modèles agressifs (30 % nomment un héros de film d’action), et pour les filles, des stars et des musiciens de la pop. Des différences régionales apparais- sent dans le choix des héros. L’Asie arrive en tête pour ce qui est des héros de films d’action (34 %), et l’Afrique en queue (18 %) ; la région Europe/Canada et l’Amérique latine se situent entre les deux (25 % chacune). […] L’impact de la violence dans les médias peut s’expliquer principalement par le fait que le comportement agressif est récompensé. 47 % des enfants qui préfèrent un contenu médiatique agressif aimeraient aussi se trouver impliqués dans une situation à risque (contre 19 % qui préfèrent d’autres contenus médiatiques). Cela est aussi plus particulièrement valable pour les garçons. De plus, les pays dont le niveau de développement technologique est élevé renforcent la tendance à rechercher le risque. Le large éventail des différents moyens de communication audiovisuels dispo- nibles a accru le désir de satisfaire en permanence des besoins de stimulation physiolo- gique que le contenu agressif des médias excite. On arrive dans l’ensemble aux conclusions suivantes :

– La violence médiatique est universelle et se trouve principalement présentée dans un contexte de récompense.

– En fonction des caractéristiques de la personnalité des enfants, mais aussi de leurs expériences quotidiennes, la violence médiatique satisfait des besoins diffé- rents. Elle « compense » les propres frustrations et déficits des enfants des régions à problèmes, et procure des « sensations » à ceux qui vivent des environ- nements moins difficiles. Elle offre aux garçons un système de référence où trouver des « modèles séduisants ».

– Il existe de nombreuses différences culturelles, et pourtant les schémas de base des répercussions de la violence médiatique sont les mêmes dans le monde entier.

– Le problème ne réside pas dans les films pris individuellement. C’est plutôt l’am- pleur et l’omniprésence de la violence dans les médias (avec une moyenne de 5 à 10 actes d’agression par heure de programmation télévisée dans de nombreux pays) qui contribue au développement d’une culture mondiale de l’agression.

– La « normalité » de l’agression, mais aussi « l’aspect de récompense » auquel l’agression se trouve associée sont plus systématiquement mis en avant que des façons non agressives d’affronter la vie. De ce fait, à l’échelon planétaire, le risque de la violence médiatique prédomine.

SujetSynthèse

de dossier

Document 11

Dénoncer la télévision, nier le malaise social

Un débat sur la présence d’images violentes sur les écrans n’est pas injustifié. La multiplication des chaînes a ouvert un formidable débouché pour Hollywood, principal exportateur d’une vision violente de la société. La fiction produite dans ses studios compose près de la moitié de la fiction diffusée sur les chaînes françaises ; sur celles-ci, on remarque que 80 % des œuvres comportant des séquences traumatisantes provien- nent des États-Unis. Le cinéma hollywoodien – qui contamine les séries américaines de télévision, et même le cinéma français – promeut un type de violence gratuite, extrême, apocalyptique, une violence sans objet autre qu’elle-même qui, contrairement aux scénarios classiques des westerns ou des policiers, n’est pas nécessairement fondée sur le conflit entre adversaires. Dans le domaine de l’information, l’évolution va dans le même sens. La concur- rence entre les chaînes incite à une surenchère d’images « fortes » pendant les jour- naux télévisés : entre voyeurisme et liberté d’informer, la ligne n’est pas toujours clai- rement définie. Cependant, un pas est franchi lorsqu’on impute la criminalité des jeunes à ce déve- loppement de la violence à l’écran. Certes, la télévision valorise des modèles de comportement, véhicule des modes, instille des messages et une façon de se représenter le monde ; elle peut donc fournir une légitimité, une source d’inspiration. Il ne s’agit pas de plaider son innocuité. Mais il existe une différence entre imiter Bruce Willis dans une cour de récréation et pratiquer le racket, entre singer une attitude machiste et commettre un viol. Transgresser la loi suppose un substrat social ou psychologique qui en ouvre la voie. Désigner la télévision comme l’instrument de la délinquance revient à nier le déchirement du tissu social que provoque la crise, les frustrations et les révoltes qu’elle engendre chez les jeunes, le sentiment de menace qui pèse dans certains quartiers, et qui pousse à la détention d’armes. Pourquoi ce média joue-t-il si aisément un rôle de cache-misère à une analyse critique de la société, pourquoi concentre-t-il nos hantises et nos rancœurs ?

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Des discours justiciers La télévision n’a toujours pas de légitimité sociale auprès des élites, ce qui explique sa faculté à donner prise à l’indignation et aux discours justiciers. Tout le monde regarde le petit écran, mais à des doses extrêmement variées. Ce média est le passe-temps de ceux qui disposent de beaucoup de temps, les inactifs et les retraités, et il constitue l’occupation essentielle de ceux qui, pour des motifs économiques ou cultu- rels, n’ont pas accès à d’autres loisirs. Finalement, dans l’échelle des valeurs attribuées aux diverses pratiques de loisirs, la télévision est au plus bas… L’idée que certains adolescents désœuvrés s’adonneraient à des overdoses de séries policières ou de jeux vidéo violents est une antienne du discours sur les banlieues. Mais, d’une part les statistiques audiométriques ne permettent pas de le véri- fier parce qu’elles ne cernent pas de micro-espaces, et d’autre part il est difficile de mettre cette pratique en relation avec certaines formes de délinquance.

Sujet

Synthèse de dossier

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Le discours sur la violence à la télévision est souvent tenu par des « autorités » qui n’ont qu’une connaissance confuse des programmes. Une lecture dépassionnée des grilles signale que le menu quotidien est composé de jeux, émissions de plateau et fictions plutôt gentillets, illustrant cette tonalité débonnaire, complice et consensuelle qui fait le succès de ce média. Une démarche critique pourrait tout autant s’attarder sur le creux des propos, la vulgarité ou la bêtise que sur la violence qui, de fait, ne concerne que quelques émis- sions. Mais peut-on incriminer l’abêtissement comme facteur de criminalité? Reste la séduction d’un discours, en dépit de son simplisme, ou plutôt grâce à lui. La télévision, objet de consommation de masse, fournit une proie aux divagations sur la société, car on peut facilement lui imputer une responsabilité d’ordre général. Mal aimée et mal connue, elle est ainsi apte à servir de bouc émissaire au mal-être des jeunes.

Document 12

Un déplacement du débat

Il est nécessaire de préciser quels sont les effets en jeu dans la violence média- tique. Pour commencer, la violence à la télévision peut agir sur le comportement des individus et les inciter à être agressifs ou, au contraire, à se protéger. Elle peut égale- ment influencer leurs émotions (provoquer un choc, susciter du dégoût ou un sentiment d’excitation). Enfin, elle peut avoir un effet idéologique ou modifier leurs réactions, les encourageant à croire qu’ils ont plus de risques d’être agressés par certaines personnes ou dans certaines situations, et que, de fait, des lois ou une politique sociale ciblées sont indispensables au maintien de l’ordre. Ces différents « effets » se conjuguent parfois, une émotion pouvant, par exemple, conditionner un comportement donné, mais leurs influences sont diverses et complexes. La question de savoir si l’un ou l’autre de ces effets est, en définitive, bénéfique ou néfaste, l’est d’ailleurs tout autant puisque la réponse dépend du critère initialement retenu. Je me suis récemment consacré à l’étude de l’impact « émotionnel » qu’a la télévi- sion sur les enfants. Il est, au moins en ce domaine, évident que ce média a parfois une influence considérable et que le jeune public regarde le petit écran dans le but même d’éprouver certaines sensations. La télévision peut donner naissance à des réactions « négatives », telles l’angoisse, la peur et la tristesse. Elle peut tout aussi bien engendrer des réactions « positives » comme la distraction, l’excitation ou le plaisir. Mais, de toute évidence, les deux aspects – négatif et positif – sont généralement mêlés. Cela étant, il n’est pas facile de dire si ces réactions doivent être considérées comme bénéfiques ou néfastes. En effet, il arrive que certaines d’entre elles, perçues comme « négatives », aient des conséquences « positives », en termes d’apprentissage notamment. S’il est vrai que les enfants, et les adultes, sont parfois très affectés par la diffusion aux informations télévisées des images d’une catastrophe ou d’un conflit social, beaucoup affirment la nécessité d’informer les citoyens. Cet argument a d’ailleurs été avancé par les enfants eux-mêmes. La peur d’un meurtre, peur que l’on pense parfois induite par les reportages, est susceptible de donner une envie irration- nelle à certains de se couper du monde extérieur. Cela étant, elle peut tout autant servir à prévenir la criminalité. Ainsi, les fictions destinées aux enfants ont de tout temps

elle peut tout autant servir à prévenir la criminalité. Ainsi, les fictions destinées aux enfants ont

SujetSynthèse

de dossier

joué sur les réactions négatives, telles la peur et la tristesse, selon l’argument qu’un enfant confronté à certaines émotions par le biais d’une fiction serait par la suite plus à même de les surmonter dans la vraie vie. Il est donc difficile de ranger les effets

« émotionnels » du petit écran dans des catégories strictement qualifiées de positive ou négative. Cela étant, ce que les enfants perçoivent comme pénible (et plus encore comme violent) varie considérablement d’un individu à l’autre. […] Comme je l’ai laissé entendre, le débat sur les enfants et la violence dans les médias porte sur tout autre chose, notamment sur des considérations sans rapport, ou presque, avec les médias. Il met en jeu des principes moraux profondément ancrés et des convictions politiques, il trouve ses origines dans l’expérience qu’a l’homme des bouleversements sociaux ainsi que dans son incertitude de l’avenir. Le problème de la

« violence » est un substitut à des angoisses très variées, mais pourtant fondamentales,

que sont le déclin de la famille et de la religion, l’évolution de la littérature et de la culture contemporaines, les défaillances du capitalisme…

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Document 13

Violence télévisée et risques de délinquance ultérieure

Pour déterminer si le temps passé devant la télévision au cours de l’adolescence et à l’âge adulte représente un facteur d’agressivité, il convient d’évaluer périodiquement l’assiduité télévisuelle et les manifestations agressives, à l’adolescence et à l’âge adulte, de même que les caractéristiques personnelles et environnementales qui pourraient sous- tendre cette association, sur la base d’un vaste échantillonnage, représentatif, d’une population locale. Nous rapportons ici les conclusions d’une enquête longitudinale locale sur des enfants au sein d’une communauté (Children in the Community Study). L’enquête portait sur 707 familles comportant un enfant âgé d’un à dix ans (de sexe masculin à 51 %), choisies au hasard dans deux comtés du nord de l’État de New York. Elle permit de rassembler des données sur le comportement télévisuel des jeunes en 1991- 93 et des manifestations agressives commises en 2000. Des entretiens furent conduits en 1975, 1983, 1985-86, 1991-93. Les jeunes retenus pour l’enquête, sélectionnés au hasard sur des critères d’âge, répondirent à des questionnaires évaluant une vaste gamme d’actes agressifs qu’ils avaient commis en 2000, d’après des données recueillies auprès de l’État de New York et du FBI qui fournirent des dossiers sur les arrestations et les plaintes concernant des violences commises. Du point de vue de leur statut socio-économique et de la plupart des variables démographiques, les familles participantes étaient générale- ment représentatives des ménages du nord-est des États-Unis et de la région, avec une forte proportion de catholiques (54 %) et de Blancs (91 %). L’âge moyen des jeunes sondés était de 5,8 en 1975, 13,8 en 1983, 16,2 en 1985-86, 22,1 en 1991-93 et 30 ans en 2000. Les jeunes et leurs mères furent soumis à des entre- tiens séparés par des sondeurs non-professionnels, nantis d’une solide formation et sérieusement encadrés, chacun d’eux ignorant les réponses de l’autre partie. Si les réponses des deux séries d’interviewés sur les comportements télévisuels différaient, la fréquence la plus élevée était retenue. […]

Sujet

Synthèse de dossier

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Su jet S yn thèse de dossi er S RELLE 1 PASSE Le Programme d’entretiens en

Le Programme d’entretiens en vue d’un diagnostic (Diagnostic Schedule for Children – DISC) fut administré aux enfants et aux parents pour évaluer les désordres psychiatriques et les comportements criminels ou agressifs de la génération étudiée en 1983 et 1985-86. […] Mères et enfants furent interrogés en 1983 et 1985-86, le recours à de multiples interlocuteurs étant de nature à accroître la fiabilité et la validité des diagnostics psychiatriques. La présence d’actes d’agressivité et de symptômes psychiatriques était attestée dès lors qu’elle était rapportée par l’un ou l’autre des interviewés. […] L’enquête définissait comme économiquement faibles les familles dont le revenu moyen était inférieur au seuil de pauvreté américain. Le niveau d’instruction des parents était qualifié de bas lorsqu’aucun des deux n’avait fréquenté le lycée. […] L’indifférence parentale, l’insécurité des quartiers, la faiblesse du revenu familial, le faible niveau d’instruction des parents et les troubles psychiatriques entretenaient un rapport étroit avec le temps passé devant la télévision à l’âge moyen de 14 ans et avec un comportement agressif rapporté à l’âge moyen de 16 ou 22 ans. À l’âge moyen de 14 ans, les critères d’âge et de sexe étaient fortement associés aux manifestations agres- sives, mais non au comportement télévisuel. Après un contrôle statistique des co-variables les plus sensibles à l’assiduité télévi- suelle et aux manifestations d’agressivité, l’enquête établit un lien tangible entre le comportement télévisuel au début de l’adolescence et l’apparition d’actes agressifs, plus tard, à l’encontre d’autres personnes. […] Les résultats indiquent que les adolescents et les jeunes adultes qui passent de longues heures devant la télévision sont plus susceptibles de commettre des actes agres- sifs à l’encontre d’une tierce personne. […] On a donc pu établir un lien entre le temps passé devant la télévision, qui va de moins d’une heure à trois heures ou plus et une agression ultérieure, avec ou sans précé- dent de comportement agressif. Cependant, s’il se peut que les individus agressifs passent plus de temps à regarder la télévision que les autres, cette tendance n’explique apparemment pas la prépondérance de l’association entre assiduité télévisuelle et comportement agressif.

Corrigé

Synthèse de dossier

CORRIGÉ

I. LE PHÉNOMÈNE DE LA VIOLENCE TÉLÉVISÉE

A. La mesure du phénomène (documents 8, 9, 10)

• Augmentation de la violence télévisée ;

• Diffusion importante dans les pays occidentalisés.

B. Les risques du phénomène sur les enfants

Document 2 :

Addition ;

– Conséquences négatives liées à la passivité devant l’écran.

• Document 13 :

C

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– Association entre assiduité télévisuelle et comportement agressif.

II. L’ IMPACT DE LA VIOLENCE TÉLÉVISÉE

A. La complexité des effets du phénomène

• Document 1 : le choix du programme est révélateur du degré de socialisation de l’enfant ;

• Document 10 : la télévision satisfait des besoins différents ;

• Documents 5, 6 : les enfants sont réceptifs (même si les parents prétendent que la violence télévisée ne correspond pas à la réalité) et ont leur propre système de décodage.

B. La multiplicité des causes de délinquance juvénile

Documents 3, 4 : la télévision ne fait qu’alimenter des pulsions existantes et n’est pas un générateur autonome de violence. Les symptômes consécutifs à la violence télévisée ne sont que ceux d’un déséquilibre mental préexistant ;

• Documents 12, 13 : la preuve de l’effet négatif de la télévision sur l’enfant n’est pas rapportée ;

• Documents 7, 11 : la télévision devient un bouc émissaire permettant de nier le malaise social.

rapportée ; • Documents 7, 11 : la télévision devient un bouc émissaire permettant de nier

Méthodologie

Test Arpège

M

Présentation du test Arpège

Ce test a été élaboré par Roger Fontaine, université François Rabelais à Tours, laboratoire de psychologie expérimentale.

PRÉSENTATION DU TEST : PRINCIPES ET EXEMPLES

Aucune filière d’origine (sciences, lettres ou techniques) n’est avantagée, il s’agit d’une épreuve qui permet le recrutement de candidats possédant des cursus scolaires variés. Dans sa structure, ARPÈGE est constitué de quatre tests. Le contenu de ces tests a été déterminé en RPÈGE est constitué de quatre tests. Le contenu de ces tests a été déterminé en fonction du profil et du niveau attendu d’un étudiant en école supé- rieure de commerce.

TEST DE CONNAISSANCES GÉNÉRALES

But:

Sélectionner des étudiants ayant de bonnes connaissances et une ouverture d’esprit assortie d’une forte curiosité d’esprit, c’est-à-dire des « bons managers » à cursus variés.

Contenu :

Savoirs encyclopédiques

• Droit ;

• Économie ;

• Politique ;

• Histoire ;

• Géographie ;

• Science ;

• Art, etc.

Connaissances événementielles (de l’année écoulée)

• Couverture médiatique TV ;

• Couverture médiatique presse écrite.

Préparation :

• Encyclopédies ;

• Jeux de connaissances ;

• Journaux d’informations télévisés ;

• Émissions liées à l’actualité ;

• Presse écrite.

; • Journaux d’informations télévisés ; • Émissions liées à l’actualité ; • Presse écrite. 36

Méthodologie

Test Arpège

Quelques exemples :

Question: La militante des droits de l’homme Shirin Ebadi a reçu le Prix Nobel de la Paix pour l’année 2003. Quelle est sa nationalité ?

A)

Iraquienne

B) Saoudienne

C)

Iranienne

D) Afghane

La bonne réponse est « D ».

Question: Quelle est la spécialité du grand artiste espagnol Francisco José de Goya ?

A)

l’architecture

B) La musique

C)

la sculpture

D) La peinture

La bonne réponse est « D ».

M

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Question: En matière économique, comment définit-on le Produit Intérieur Brut (PIB) d’un pays ?

A) Estimation du montant de toutes les richesses créées par des sociétés nationales et étrangères sur le territoire national

B) Estimation de toutes les richesses créées par des sociétés unique- ment nationales sur le territoire national

C) Estimation de toutes les richesses créées par les sociétés nationales travaillant sur le territoire et aussi à l’étranger

D) Estimation des richesses créées sur le territoire national unique- ment par des sociétés étrangères

La bonne réponse est « B ».

TEST DE MÉMORISATION

But :

Deux types de questions, portant soit sur des informations de surface, soit sur des informations profondes, sont posés dans ce sous-test. Deux registres de mémoire sont donc sollicités : la mémoire événementielle et la mémoire sémantique. Elles sont toutes les deux importantes dans l’appréhension de très nombreuses situations quotidiennes et représen- tent donc une compétence que les concepteurs d’ARPÈGE ont jugée essentielle à évaluer.

Contenu :

Ce test se déroule en deux temps. Tout d’abord le candidat doit lire, en un temps limité de 15 minutes, trois textes d’une longueur d’environ deux pages dactylographiées en double interligne chacune. Le contenu de ces textes est varié. En effet, comme pour le test précédent, le souci des concepteurs a été de ne pas favoriser certains candidats en ne choisissant que des textes de nature économique, par exemple.

Préparation :

• Entraînement quotidien de la mémoire ;

• Manuels d’exercices de mémorisation.

par exemple. Préparation : • Entraînement quotidien de la mémoire ; • Manuels d’exercices de mémorisation.

Méthodologie

Test Arpège

M

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Quelques textes proposés lors de précédentes versions du test Arpège :

2002 :

– Pourquoi la pauvreté ne recule pas en France ?

– Trente ans de transition démocratique ;

– Les échecs de Keynes.

2003 :

– Le lien social ;

– Systèmes de retraite ;

– État, les mutations invisibles.

2004 :

– Où sont passés les catholiques ?

– La disparition des rentiers ;

– Les ONG à l’épreuve de la critique.

Après la lecture des trois textes, le candidat doit répondre à trente questions en dix minutes. Il est posé dix questions sur chaque texte et il est proposé quatre réponses possibles. Les trois exemples suivants illustrent ce sous-test.

Extrait du texte Pourquoi la pauvreté ne recule pas en France ?

« D’après les dernières études de l’INSEE, elle frappait toujours 7 % des ménages

en 2000, soit les 5 millions de personnes dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté (fixé à 3 500 francs par mois pour un célibataire, 5 250 francs pour un couple

et 7 350 francs pour une famille avec deux enfants). »

Question : Quel est le seuil de pauvreté pour un couple sans enfant ?

A)

3 750 F

B) 5 250 F

C)

4 895 F

D) 5 750 F

La bonne réponse est la réponse « B ».

Extrait du texte Le Lien social:

« La sociologie a longtemps été marquée par l’opposition, systématisée par Ferdinand

Tönnies, entre la communauté et la société: au lien communautaire, caractéristique de la communauté villageoise ou de la corporation de métiers, se substitue un lien sociétal fondé sur la dépersonnalisation des relations interindividuelles, la rationalité et le calcul. »

Question : Qui a systématisé l’opposition entre la communauté et la société ?

A)

Ferdinand Tönnies

B) Graham Bell

C)

Ferdinand de Saussure

D) Jack London

La bonne réponse est donnée dans l’extrait du texte, il s’agit de la réponse « A ».

Extrait du texte Les ONG à l’épreuve de la critique :

« Devant une telle croissance et de telles masses financières, il est logique que la

gestion des ONG ait fait l’objet d’interrogations. En mars 2002, Sylvie Brunnel, présidente démissionnaire d’Action Contre la Faim (ACF), a jeté un pavé dans la mare en dénonçant les salaires des cadres supérieurs des ONG. Ces salaires dépassent 30000 F par mois. Le

dans la mare en dénonçant les salaires des cadres supérieurs des ONG. Ces salaires dépassent 30000

Méthodologie

Test Arpège

directeur de Care-France, Philippe Lévêque, lui a répondu que dans les pays anglo-saxons, la question a été tranchée en faveur de la professionnalisation: les salaires élevés des responsables seraient justifiés par leurs compétences. »

M

Question: Les salaires des cadres supérieurs des ONG sont

A) compris entre 10 000 F et 20 000 F

B) supérieurs à 30 000 F

C) compris entre 20 000 F et 30 000 F

D) inférieurs à 10 000 F

La bonne réponse est la réponse « B ».

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TEST ALGÉBRIQUE

Caractéristiques :

• Pas de terme mathématique ;

• Situations généralement concrètes, compréhensibles de tous pour ne pas avan- tager les « matheux ».

Méthodologie :

• Les questions sont de difficulté variable. Il est parfois possible de trouver la bonne réponse sans se lancer dans de savants calculs, tout simplement car une seule des réponses semble crédible, les autres étant aberrantes. Il peut être judi- cieux de confronter les réponses au texte. L’usage de la calculatrice est interdit ;

• Quelles connaissances ?

• Équation du premier et second degré ;

• Pourcentages à manipuler ;

• Séries arithmétiques et géométriques…

Préparation :

• Manuels de calculs ;

• Manuels de mathématiques de base (équations/pourcentages…) ;

• Manuels et livres de jeux mathématiques, etc.

Quelques exemples de questions :

Question: Dans une entreprise de matériel Hi-Fi, la production de l’année 1993 a été de 25 % supérieure à celle de 1992. En revanche, la production de l’année 1994 a été de 10 % inférieure à celle de 1993. Quel pourcen- tage de la production de 1992 a été réalisé en 1994 ?

A)

98 %

B) 125 %

C)

112,5 %

D) 117,5 %

La bonne réponse est la réponse « C ». Il s’agit d’un problème de manipulation de pourcentage.

% D) 117,5 % La bonne réponse est la réponse « C ». Il s’agit d’un

Méthodologie

Test Arpège

M

Question: Lors d’une soirée étudiante organisée par les 26 étudiants d’une formation, quatre filles ont dû prendre une autre fille pour cavalière, faute de cavalier servant ! Combien y a-t-il de garçons ?

A)

2

B) 10

C)

9

D) 7

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La bonne réponse est « C ». Dans ce problème, la solution peut être trouvée soit en posant un système à deux équations du premier degré, soit par simple calcul mental en partant des réponses proposées, ce qui permet au candidat de gagner du temps.

Question: Une bouteille est pleine ; si on en vide le quart, la quantité de liquide restant est de 54 cl. Quelle quantité de liquide en centilitres, contient- elle lorsqu’elle est remplie au tiers de sa capacité totale ?

A)

18

B) 24

C)

48

D) 60

La bonne réponse est « B ».

Question:

La somme de trois entiers naturels m, n et p consécutifs est égale à 72. Quelle est la valeur de m + p ?

A)

48

B) 52

C)

41

D) 54

La bonne réponse est « A ».

TESTS DE LOGIQUE

LOGIQUE DE CHIFFRES ET LETTRES MANQUANTS, INTRUS

Comme les tests de mathématiques, ils font appel à la déduction et au raisonnement mais ils ne nécessitent pas de connaissances mathématiques particulières.

I. Exercices de logique avec chiffres manquants

1)

22

77

121

?

99

132

A)

101

B) 110

C)

97

D) 13

La bonne réponse est la réponse « B ».

 

2)

235

415

178

?

628

A)

115

B) 273

C)

347

D) 321

La bonne réponse est la réponse « C ».

415 178 ? 628 A) 115 B) 273 C) 347 D) 321 La bonne réponse est

Méthodologie

Test Arpège

3)

263

?

881

5 102

4 287

A)

167

B) 252

C)

6 366

D) 8 765

La bonne réponse est la réponse « C ».

II. Exercices de logique avec lettres manquantes

1)

P

N?

J

H

A)

K

B) O

C)

M

D) L

La bonne réponse est la réponse « D ».

2)

F

?

NAZ

A)

E

B) K

C)

M

D) I

La bonne réponse est la réponse « C ».

M

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RELLE
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PASSE

III. Exercices de logique avec intrus, raisonnement conditionnel, relation d’ordre, syllogisme

1)

Jour/Nuit

Maigre/Gros

Vieux/Jeune

Terre/Mer

La réponse est « Terre/Mer ».

2)

Forêt/TF

Madrid/DM

Diplôme/DE

Radio/OR

La réponse est « Diplôme ».

3)

Pissenlit / Saut Constitution / Chat Enfant / Où Lestement / Tri

A)

Enfant – Où

B) Pissenlit – Saut

C)

Lestement – Tri

D) Constitution – Chat

La bonne réponse est la réponse « B ».

Pissenlit – Saut C) Lestement – Tri D) Constitution – Chat La bonne réponse est la

Méthodologie

M

4)

Élodie, Béatrice, Éliane et Josiane ont des métiers différents. Elles sont libraire, direc- trice des ressources humaines, comédienne et chef d’entreprise. Éliane et Béatrice n’ont jamais joué de pièce de théâtre. Josiane et Élodie n’ont jamais vendu un livre. Béatrice et Josiane auraient aimé devenir directrices des ressources humaines mais elles n’ont pas trouvé d’emploi dans cette branche. Josiane et Éliane n’aiment pas les patrons. Laquelle des quatre est comédienne ?

A)

Béatrice

B) Éliane

C)

Élodie

D) Josiane

La bonne réponse est la réponse « D ».

5)

Parmi les quatre réponses proposées quelle est la seule qui peut remplacer le point d’interrogation sachant que chaque symbole représente un nombre entier ?

 
 
 

A)

7

B) 5

C)

8

D) 6

La bonne réponse est la réponse « D ».

6)

Quelle est la valeur du nombre représenté par le point d’interrogation ?

A) 25 B) 22 C) 36 D) 19 Test Arpège
A)
25
B) 22
C)
36
D) 19
Test Arpège

La bonne réponse est la réponse « A ».

Méthodologie

Anglais

Test d’anglais

PROGRAMME, CONSEIL, BIBLIOGRAPHIE

M

Public concerné Tout candidat ayant suivi des cours d’anglais durant sa scolarité – collège, lycée et formation de type BTS, DUT et DEUG.

Nature de l’épreuve Pour l’épreuve écrite d’anglais : elle consiste en un test (QCM) comprenant gram- maire, structures, usages et compréhension d’un texte écrit.

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RELLE
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PASSE

Conseils de préparation Sont évaluées les capacités linguistiques fondamentales : il faut donc maîtriser les règles de grammaire courante, savoir choisir le mot juste sur proposition de plusieurs synonymes, avoir assimilé les tournures idiomatiques classiques, et avoir acquis de bons réflexes. Pour cela, il faut s’entraîner à chercher la règle de grammaire ou la tournure idio- matique visée. N’hésitez pas à établir une liste des règles de grammaire et du vocabu- laire qui vous font défaut. Il faut raisonner très vite, donc faites appel à la logique chaque fois que cela est possible et méfiez-vous des tournures très proches du français. Seront évaluées l’aptitude à l’expression et la capacité de structuration du message. En ce qui concerne la compréhension écrite, c’est la capacité à appréhender un message écrit qui sera évalué ; il faut donc savoir discerner les difficultés, faire appel au raisonnement tout en respectant les critères grammaticaux et lexicaux. En résumé, l’essentiel est de travailler le vocabulaire de base nécessaire à l’expres- sion, le mécanisme de la formation des mots, les faux amis, les verbes à particule adverbiale et à préposition, les règles de grammaire de base. Lisez aussi de bons quotidiens ou hebdomadaires (The Economist, The Independent, The International Herald Tribune, etc.).

Bibliographie

• J. BROSSARD et S. CHEVALIER, Grammaire alphabétique de l’anglais, éd. Bordas.

• J. M. THOMSON, Vocabulaire anglais, éd. Dunod.

• Alain LE HO, QCM d’anglais, éd. Ellipse.

Longman Dictionary of Contemporary English.

, éd. Dunod. • Alain L E H O , QCM d’anglais , éd. Ellipse. •

Sujet

Anglais

S

English test

Ce cas a été rédigé par l’ESC Montpellier.

Durée : 1 heure 30.

Aucun dictionnaire, lexique ou tout autre document n’est autorisé.

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RELLE
1
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PRÉSENTATION

1. You have 1 h 30 to complete the exam.

2. This exam is divided into 4 sections:

Section 1:

Grammar exercises

20 questions (15 min)

Section 2:

Find the error

15 questions (20 min)

Section 3:

Vocabulary exercises

25 questions (15 min)

Section 4:

Reading comprehension

20 questions (40 min)

Total:

80 questions

3. Please use your answer sheet to mark your answers. If you think you have made a mistake on the first line of your answer sheet, there is a second line provided and it is this answer, which will be taken into account.

4. Each section has its own instructions. There is only one right answer to each question.

• Each correct answer receives:

3 points.

• Each incorrect answer receives:

-1 point.

• Each unanswered question:

0 point.

5. At the end of the exam, you will give the supervisor your test paper and the ans- wer sheet.

SUJET : SÉLECTION DE QUESTIONS-RÉPONSES ORGANISÉES PAR SECTIONS

ÉLECTION DE QUESTIONS - RÉPONSES ORGANISÉES PAR SECTIONS S ECTION I – G RAMMAR EXERCICES Choose

SECTION I – GRAMMAR EXERCICES

Choose the best answer.

1. Did you know trying for his sixth in 2004?

A) that Lance Armstrong

B) it was Lance Armstrong

C) Lance Armstrong, who

D) Lance Armstrong

has won five consecutive tours de France, will be

SujetAnglais

2. Disappointingly, for WAP service.

mobile companies have discovered a limited audience

A)

most

B) the most

C)

much

D) the more

3. The stories of Mark Twain

Mississippi River during the 19th century.

an unadorned picture of life on the

A)

present

B) presents

C)

are presenting

D) is presented

4. Woody Allen has been known as both a director

A)

also

B) or

C)

in addition

D) and

an actor for over 20 years.

S

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PASSE

5. From the beginning of his long and distinguished career, Linus Pauling was

concerned with how

medicine with sensible living habits.

A)

integrating

B) to integrate

C)

did he integrate

D) integrated

6. they are widely perceived as aggressive, bats are much less fearsome than many other animals.

A)

Despite of

B) Even though

C)

In spite of

D) Nonetheless

7. Pluto,

, has been a source of human fascination for untold generations

of sky gazers.

A) the farthest planet from the Sun

B) it is the farthest planet from the Sun

C) which the farthest planet from the Sun is it

D) is it the farthest planet from the Sun

8. Among American sports aficionados, preventing the opposing team from scoring

any points in a game

known as a “shut out”.

A)

has what

B) what is

C)

is what is

D) that is

9. If the weather remains nice we

to the beach for a picnic.

A)

might have gone

B) will might go

C)

may go

D) go

10. Long before dogs became domesticated by men, forests and grasslands of the world.

they ran wild in the

A)

they

B) which

C)

however

D) and

Sujet

Anglais

S

11. MRI systems

anomalies.

A)

C)

have be

have become

more efficient in detecting different forms pathological

B) becoming

D) must have been becoming

12. currently working in the field of astronomy can adequately explain

the intricacies of the constellations to extent that Carl Sagen can.

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A)

Few people

B) Few

C)

Few are the people

D) The few people

13. Talking in class not only prevents the talkers

understanding the lesson

but also bothers those who are trying to hear the lesson.

A)

on the

B) on

C)

from the

D) from

14. Among all the entertainers of the ‘60s and 70s, making women swoon as Elvis Presley.

was as effective in

A)

none

B) whoever

C)

any

D) never he

15. Rolling dice, buying property and accumulating play money attraction of many board games.

to be the

A)

seems

B) seeming

C)

seeming are

D) seem

16. Although they may seem to be pests, ants can actually help a garden because they eliminate other bothersome insects and

A)

aerate the soil

B) aerating the soil

C)

to aerate the soil

D) that can aerate the soil

17. The intricate structure of a snowflake, wonders of nature.

rarely seen, is one of the

A)

as though

B) though

C)

such

D) nevertheless

18. The Cohiba,

is highly valued by today’s cigar experts.

A)

a Cuban masterpiece

B) a Cuban masterpiece which

C)

it is a Cuban masterpiece that

D) whose Cuban masterpiece

19. Choosing mates, for some animals is a lifelong selection is a seasonal ritual.

A)

so that

B) whereas

C)

in which

D) that can

lifelong selection is a seasonal ritual. A) so that B) whereas C) in which D) that

for others it

SujetAnglais

20. As a world language, Esperanto has never really gained widespread acceptance its lack of native speakers.

A) because C) due to

B) owing to D) as a result

SECTION II – FIND THE ERROR: A, B, C, OR D

In this part of the test, you will be given a series of sentences. Each sentence contains an error in grammar, spelling or punctuation. Read the sentences carefully and choose the best answer.

S

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21. It has been demonstrate / that some people can communicate / telepathically with

A

it is very difficult to prove.

D

BC

22. Most radioactive waste / from nuclear power station / will stay dangerous for /

ABC

thousands of years.

D

23. The two were friends / for years before they get married / and then, within six

A

BC

months of their wedding/ they got divorced.

D

24. The Manchester United Football Club is now / a large international corporation /

A

B

which sell its products /all over the world.

C

D

25. Christie’s contemporary art sell was said / to be one the most successful of the

A

B

decade, / considering that they took in / over 60 million dollars.

C

D

26. There is no fixed life span; / it is thought that the tendency / of increasingly more

A

BC

longer life expectancies/ can continue indefinitely into the future.

D

Sujet

Anglais

S

27. Moore’s law is predicting that / computer processing power, measured by / the

A

B

number of transistors, on a chip / will double every eighteen months.

C

D

28. The exact reasons for the strike / were unclear but it was thought to have been

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A

B

dissatisfaction / about working conditions / whereas lack of advancement possibilities

in the company.

C

D

29. Survey results showed that young childs / were not only watching more television /

A

B

but also reading less. / This lead to the action on the part of the Parent Association.

C

D

30. Since weather records have not been kept / for very long, some people say it that /

A

B

is difficult to determine if the swing in average / global temperatures is greater than

in the past.

C

D

31. Everyone here has spent at / least one year abroad / in school which explains our /

A

ability for to speak English.

D

BC

32. Sensitivity to the problems / of their subordinates is / one of the reasons women /

A

B

make succeed managers.

D

C

33. In the event of a global recession,/ our shareholders will be protected / by theirs

A

BC

extensive holdings / in precious metals and rare jewels.

D

34. The exciting film portrayed / the captain as a ruthless, / amoral villain with a quickly

A

wit / and rapier to match.

exciting film portrayed / the captain as a ruthless, / amoral villain with a quickly A

D

B

C

SujetAnglais

35. You will find these instructions clear / and easy to following. / Reading this booklet is

A

BC

indispensable/ for the safe operation of this device.

D

SECTION III – VOCABULARY 1

Choose the word(s) which has/have the closest meaning to the word(s) underlined.

36. At the press conference, the spokesman withheld information that he believed to be dangerous.

S

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A)

lied about

B) kept to himself

C)

discussed

D) revealed

37. He was not remotely interested in the president’s remarks.

A)

really

B) very

C)

directly

D) at all

38. The association was founded by someone looking to do good.

A)

discovered

B) aided

C)

started

D) taken over

39. The staff usually carries out the manager’s directives.

A)

listens to

B) ignores

C)

analyses

D) executes

40. Acme Company will be in the red for the first time in five years.

A)

make a profit

B) prosecuted by the government

C)

make a loss

D) increase sales

41. The candidate called for sweeping changes in the government.

A)

extensive

B) clean

C)

slight

D) moderate

42. By the time we got in touch with the doctor, it was too late.

A)

joined

B) saw

C)

contacted

D) pushed

43. A drop in the share price caused a big reaction in the market.

A)

decrease

B) increase

C)

announcement

D) stabilisation

Sujet

Anglais

S

44. The heat wave was the likely cause of damage to the system.

A)

possible

B) complete

C)

definite

D) probable

45. His report on the incident was comprehensive.

A)

thorough

B) sensitive

C)

not understandable

D) interesting

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VOCABULARY 2

Choose the word that has a similar meaning to the word in bold type

46. Several

A) not much

B) residual

C) many

D) enormous

47. Obscure

A) not clear

B) fat

C) far away

D) guilty

48. Exceptional

A) not often

B) very good

C) excluded

D) rich

49. Training

A) formation

B) instruction

C) plan

D) succeed

50. Reply

A) call

B) answer

C) link

D) continue

51. Enhance

A) improve

B) reduce

C) stop

D) remain

52. Summarise

A) speak

B) describe briefly C) resume

D) give details

53. Merge

A) join

B) shake

C) buy

D) escape

54. Disseminate

A) gather

B) destroy

C) spill

D) spread

55. Frail

A) train

B) weak

C) falter

D) sting

56. Gap

A) bump

B) hole

C) bridge

D) dent

57. Nominate

A) name

B) decide

C) decline

D) advance

58. Forecast

A) prospect

B) consider

C) predict

D) weather

59. Threat

A) forest

B) string

C) handle

D) menace

60. Versatile

A) multipurpose

B) large

C) gate

D) upset

SECTION IV – READING COMPREHENSION

Text 1: Indian outsourcing firms on a high growth path despite concerns

Bangalore, India (AFP) – With more than 50 major international companies relocating their call centres to India, Arleen Tony now makes a better living out of talking than she ever did from making music. A year ago Tony, 24, joined India’s fast- growing business process outsourcing industry where global corporations forced to cut costs are shifting jobs to India where labour is cheaper. The curly-haired psychology graduate, whose parents say she talked too much as a child, underwent an “accent neutralisation” course and now attends phone calls from foreign customers with credit and computer software problems. Tony left her previous jobs as a music teacher and personal assistant to join a call centre of ICICI Onesource Ltd in India’s technology hub of Bangalore, doubling her monthly salary to 8,000 rupees (173 dollars). A year later, she is earning 17,000 rupees and is on an upward trajectory in the firm, which has 20 global clients.

A year later, she is earning 17,000 rupees and is on an upward trajectory in the

SujetAnglais

Tony shrugs off a backlash in the US and Europe such job relocations. “I thought of it. Why here? I think firstly it is because of our efficiency and secondly we are serious about our jobs. It is not a touch-and-go kind of thing,” she said. “For them (Americans and Europeans) it is a stop-gap arrangement. The dedication is here and so is the enthusiasm to work. I will make this my career.” Attracted by India’s pool of talented English-speaking graduates, the largest after the United States, banks such as HSBC and Lloyds TSB, telecoms group BT, AT and T, insurers Aviva and Prudential and research firm Ernst and Young have outsourced jobs to India. To add to the list, information technology companies including Dell, IBM, Intel, Accenture and HP have outsourced bases to Bangalore while India’s top software firms Infosys Technologies, Wipro and Satyam have joined the bandwagon. British Airways moved its back office operations to India this year and Malaysian Airlines is mulling the same. A howl of protests erupted in Britian when HSBC and Lloyds TSB announced about 5,000 jobs would be outsourced to India. The US is, meanwhile, planning legislation to stem the outflow of jobs. Most Indian call-centre employees are graduates with an average age of 23. They work for one-seventh the salary of their European counterparts and earn about eight times more than the average Indian per capita annual income of 450 dollars. In a country that has more than 20 million unemployed, graduates such as Tony and others from varying backgrounds are joining the booming industry. Most are given pseudonyms –overnight Aksash Amin became Jason Berkley, Urmila Murthy calls herself Rachel Green while Avinash Kartik greets customers as Keith Blackwill. India churns out more than two million graduates every year and about 200,000 of them have engineering degrees. The southern city of Hyderbad has become another hub for outsourcing, employing about 20,000 people in the sector. “People in the west are obviously not happy about losing their jobs but given the cost savings, does anyone have a choice?” asked Randeep Sudan, chief of APFIRST, an agency facilitating investments in technology. The National Association of Software and Services Companies, India’s premier IT lobby, said in a recent report about 1.3 million US jobs will move offshore between 2003 and 2010. The US, it added, would face a domestic labor shortfall of approximately 5.6 million workers by 2010 due to slow population growth and an aging population. “If the labor shortfall is not met, the US economy will lose out on growth opportunities resulting in an estimated cumulative loss of two trillion dollars by 2010. Global sourcing in the form of immigration, temporary workers and offshoring can overcome this shortfall,” it said.

Sun, November, the 23 rd .

Text 1: Questions

S

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61. Outsourcing business processes, especially call centres is:

A) a help for people to speak English

B) a backlash in US and Europe job relocations

C) done to reduce costs

D) good for music teachers

Sujet

Anglais

S

62. India is particularly suited for this activity because:

A) the pay is extremely good for that kind of work

B) the average age of workers is 23

C) there is plenty of room for growth

D) of their well-educated workforce who speak English

63. Countries whose companies outsource processes to Indian firms

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A) are generally favourable

B) provide financial help to facilitate this activity

C) don’t care one way or the other

D) are considering actions to reduce the trend

64. Randeep Sudan thinks that, considering the job market and cost

A) companies must choose to outsource

B) companies must think carefully about their options before taking such action

C) cost savings are not enough to make it worth while

D) it is a no win situation

65. The article says that, in the future, the US labour force

A) will have 5.6 million unemployed

B) will not be sufficient for the job market

C) will be less skilled than now

D) will be able to meet the needs of the job market

66. Why did Arleen Tony probably have an “accent neutralisation course”?

A) as training for her new job

B) For her school psychology academic requirements

C) It helped her as a musician

D) because she “talked too much as a child”

67. Typically, Indian workers probably consider outsourcing

A) a temporary job during a job crisis in the west

B) a “touch and go” kind of thing

C) a career possibility

D) a boring activity

68. According to the article, a call centre employee’s salary is

A) average for India

B) slightly less than that of a European

C) quite a bit higher then the Indian average

D) about $ 450

69. What is the likely reason Indian employees are given pseudonyms for their work?

A) personal choice

B) to make their customers more comfortable

Indian employees are given pseudonyms for their work? A) personal choice B) to make their customers

SujetAnglais

C) to get a quicker promotion in their job D) in case they want to immigrate

S

70. So far, the companies most likely to outsource business processes are

A) IT firms

B) banks and insurers

C) telecoms

D) all of the above

Text 2: The road less travelled to profit, philanthropy

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Paul Newman (news), the Hollywood legend with more than 50 films to his name, began his food business on a whim. His first project was filling empty wine bottles with his homemade salad dressing as gifts for friends during the holidays. He worked out of a converted horse barn in his backyard in Westport, Conn. In 1978, he and his pal A.E. “Hotch” Hotchner, an author, decided to sell their all-natural salad dressing to local stores. The backyard project has grown into an empire with 77 products on the market, including spaghetti sauce, popcorn and Newman’s Own Old Fashioned Roadside Virgin Lemonade. From this perch, he and Hotchner have gone a step further to become angels for the common good by directing all the profit to good deeds. To date, Newman’s Own has donated $137 million to charities, including Newman’s Hole in the Wall Gang Camps for young people with serious and terminal illnesses.

A book, The road less travelled to profit, philanthropy, has been written, which is a

playful but useful recounting of Newman and Hotchner’s entry into the food business and the wicked combination of luck, instinct and the offbeat that propelled Newman’s Own to the forefront not only of the natural food business, but of philanthropy.

Those seeking to be guided by convention and business principles rooted at the University of Pennsylvania’s Wharton School, for example, might be disappointed. When Hotchner and Newman produced the spaghetti sauce, they say they had “no marketing survey, no business plan, no budget and no organized strategy.”

It is clear neither man takes himself too seriously. A sign in the pair’s office says it all:

“There are three rules for running a business; fortunately, we don’t know any of them.” There’s a delicious irony peering over the shoulders of the fledgling entrepreneurs as they repeatedly prove naysayers wrong. Against the current backdrop of corporate theft and malfeasance and a mind-numbing focus on the bottom line in other parts of Corporate America, Newman’s Own has charted a course that dispels the notion that a business ca