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MON
LACMÉGANTIC
LE JOURNAL DU CONGRÈS | PP
fpjq.org
22 AU 24 NOVFMBPF 2C13 |
La tragédie dans l’œil des journalistes PAGESÀ
DEL’INFOÀLAPROMO
5CNUANCFSDFCPlS
PAGE
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LE
DE L’INFO À LA PROMO
En 25 ans, le nombre de cas de cancer a doublé au pays. Dans
20 ans, 60 % plus de cas seront diagnostiqués annuellement
et 40 % plus de Québécois mourront du cancer.
De grands défis que
la Société canadienne
du cancer est en
mesure de relever
avec vous!
· Pour |ou|è quèc|ior
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cancer.ca | /sccquebec
AU NOVEMBRE leSoleil JOURNAL DU CONGRÈS
D
epuis décembre der-
nier, j’ai le privilège de
diriger la plus impor-
tante salle de rédac-
tion hors Montréal. Et
le terme privilège reflète vrai-
ment ce que je pense, l’équipe
du Soleil étant exceptionnelle,
tant par la qualité et la compé-
tence de ses artisans que par
l’énergie et la volonté d’exceller
qui se dégagent de leur action
au quotidien. Sur ce plan, mon
sort a toutes les raisons de sus-
citer la convoitise.
Cette évaluation, je l’avais
cependant faite bien avant d’oc-
cuper le bureau avec vue sur
l’intersection du boulevard Cha-
rest et de la rue de la Couronne
dans la salle du quotidien plus
que centenaire de la capitale.
Aucune surprise là en fait, mais
une fierté décuplée en lisant
mon Soleil chaque matin.
Mon choc est venu d’ailleurs.
Bien sûr, je n’ai pas été associé
36 ans à cette salle de nouvel-
les sans avoir amplement eu
le temps de constater la lente
érosion de nos moyens, consé-
quence de la dégradation du
marché publicitaire et de la
diminution du lectorat des jour-
naux dans l’ensemble du monde
occidental. Mais de mon dernier
poste de directeur de l’éditorial,
j’étais sincèrement loin d’avoir
pris la juste mesure des défis
qui se posent aux gestionnaires
d’équipe d’information sur une
base quotidienne en raison de
la diminution des ressources à
notre disposition. Et ce, même
si mes prédécesseurs m’avaient
prévenu de ce qui m’attendait.
Il se fait encore du journalisme
de qualité au Québec, mais pour
que ça se poursuive à grande
échelle, il est impératif qu’arrive
une bonne bouffée d’air frais
dans l’industrie médiatique.
Sans tomber dans l’alarmisme
ou le pessimisme à outrance,
il est clair que les préoccu-
pations d’hier sont devenues
les casse-têtes bien concrets
d’aujourd’hui et les menaces
très sérieuses de demain.
Disparition de services de
nouvelles à la radio, baisse
continue du lectorat des jour-
naux, décroissance inquiétante
des auditoires des bulletins de
nouvelles télé, le monde de l’in-
formation est assiégé, la radio et
les télés publiques n’échappant
pas à la morosité ambiante. Il
n’y a que l’information version
Internet gratuite qui continue
résolument de progresser, sans
laisser cependant entrevoir une
capacité de soutenir financière-
ment nos salles de rédaction.
En ce sens-là, la thématique
du congrès, De l’info à la promo,
50 nuances de gris décrit bien
le dilemme. Il y a une pression
énorme pour compenser la per-
te des revenus traditionnels. Tant
et si bienque ce qui était impen-
sable il n’y a pas si longtemps est
soudainement répandu.
Mais pendant que la plupart
réussissent à maintenir des bali-
ses professionnelles et éthiques
raisonnables dans lecontexte—le
journalismeàthématiquecom-
manditéecontinuant dans lamajo-
ritédes cas derespecter
des normes depratique
excluant notamment toute
interventionou supervi-
sion extérieures sur le
contenu — d’autres cè-
dent à la compromission
et à la cosmétique dou-
teuse et condamnable.
Or, nous sommes tous dans le
même bain. Les dérapages d’une
minorité ne sont pas sans consé-
quences pour la crédibilité fragili-
sée de tout le milieuquébécois de
l’information.
Voilà pourquoi, dans notre petit
monde bousculé en recherche et
en mutation, l’arrivée de LaPresse+
est incontestablement l’événe-
ment de l’année. Cette nouvelle
plateforme, c’est l’espoir, la révo-
lution potentielle! Un véhicule
d’information très contemporain,
convaincant, attrayant, accessi-
ble et susceptible de rallier autant
lecteurs qu’annonceurs.
Le pari n’est pas encore gagné,
mais la voie tracée est hautement
prometteuse. À coup de dizaines
de millions de dollars, Gesca a
défriché une terra incognita qui
a le potentiel de devenir rapi-
dement la nouvelle norme pour
l’ensemble des services d’infor-
mation. Il faudra évidemment
l’adapter aux conditions hors
Montréal!
Il est clair qu’il y a beaucoup
à espérer et beaucoup à appro-
fondir sur la base de l’expé-
rience en cours. Souhaitons-
nous que ce laboratoire nous
propulse dans une nouvelle ère
qui mettra le Québec à l’avant-
scène d’une révolution mondia-
le de l’information.
En attendant, c’est à moi, au
nom de toute l’équipe du Soleil,
de vous souhaiter la bienvenue
à Québec et de vous inviter à
prendre connaissance de ce jour-
nal du congrès supervisé par un
tandem d’élite, soit Lise Millette
(La Presse Canadienne) et Valérie
Gaudreau (Le Soleil), deux jour-
nalistes à l’énergie et à l’imagina-
tion inépuisables. Elles vous pro-
posent une intéressante matière
à réflexion, non exempte, comme
il se doit quand on veut qu’il y
ait un peu d’ambiance dans un
rassemblement de journalistes,
d’une bonne petite dose de pro-
vocation et de controverse.
Bonnelectureet boncongrès
2013!
L’espoir d’une révolution!
Il est impératif qu’arrive une
bonne bouffée d’air frais
dans l’industrie médiatique
PIERREPAUL NOREAU ppnoreau@lesoleil.com
Sanstomberdansl’alarmismeoulepessimismeàoutrance, il estclairquelespréoccupationsd’hiersontdevenueslescasse-
têtesbienconcretsd’aujourd’hui et lesmenacestrèssérieusesdedemain. PHOTOSIMONCHARLES COUTURELABELLE
Plus de 100 journalistes
au Québec
leSoleil AU NOVEMBRE JOURNAL DU CONGRÈS
Brian Myles
quitte la
présidence de la
FPJQaprès ans
Mot duprésident
Je n’oublierai jamais le trajet du
retouràlamaisonentreSherbroo-
ke et Montréal, le novembre
. La petite famille dormait
paisiblement pendant que je me
pinçais pour me convaincre que
je ne rêvais pas.
Élu président de la Fédération pro-
fessionnelle des journalistes du
Québec (FPJQ) après avoir mené
une courte campagne de deux
jours, je réalisais peu à peu l’am-
pleur des défis à relever. Sur le plan-
cher du congrès, de bienveillantes
têtes grises m’avaient donné toutes
les assurances dont je n’avais pas
besoin : «Attends-toi à ne plus dor-
mir beaucoup!»
Les membres de la Fédération
m’avaient accordé un cadeau pré-
cieux que je chérirai toujours : leur
confiance. Ils se tournaient vers
moi pour les représenter, et parler
en leur nom sur la place publique
dans un contexte de tensions exa-
cerbées par la crise des médias et
de pénibles conflits de travail.
Comment diable allais-je repré-
senter ces chiens de garde de la
démocratie, fougueux, rebelles,
tapageurs, critiques et un tantinet
bordéliques? Je n’ai pas eu le temps
de trouver la réponse définitive à
cette question, happé par la ges-
tion courante de la FPJQ et les cri-
ses du moment : déficit à l’interne,
restructuration duTrente, érosion
de la publicité dans l’imprimé,
parties de pêche de la police dans
les sources journalistiques, mena-
ces et chantage des élus munici-
paux qui prennent l’information
en otage, rapport Payette, débat
sur la création (et la mort) d’un
titre professionnel et, pour finir...
le départ à la retraite de Claude
Robillard.
Quatre ans déjà. L’heure est
venue de tourner la page. Je ne sol-
liciterai pas un troisième mandat
malgré toute la fierté que je ressens
de vous représenter. À travers vos
yeux, vos angoisses et vos espoirs,
j’ai redécouvert le journalisme.
C’est un métier pas comme les
autres, selon l’expression consa-
crée. Sa singularité tient de votre
passion et de votre engagement
pour la cause.
Il n’y a pas de plus beau moment
que lorsque je vous entends, la voix
tremblante, accepter unprix Judith-
Jasmin lors de notre gala annuel.
Pendant que roulent vos larmes, le
temps s’arrête, et je réalise à quel
point cette Fédérationcompte pour
vous. Son succès repose sur ce lien
affectif avec les journalistes de tous
les horizons.
La FPJQn’est ni plus forte ni plus
faible que ses membres.
Il y a beaucoup d’émotion dans
l’air par les temps qui courent aux
bureauxdelaFédération. Depuis que
Claude a annoncé sa retraite, pré-
vuepour lemois d’avril, nous vivons
souvent l’angoissant syndromedela
«dernière fois». Le sablier s’écoule
trop vite pour clore la carrière de
Claude au service du journalisme.
Ladette que nous avons tous envers
lui. Pendant près de 25 ans, Claude
aaccompagné tous les présidents et
les conseils d’administration en se
montrant d’uneindéfectibleloyauté
et d’une redoutable efficacité. Il y a
des moments où il a cru à l’impor-
tance du journalisme plus que les
journalistes eux-mêmes.
LARELÈVE
Depuis le mois de septembre, il
transmet ses connaissances à sa
digne remplaçante, Caroline Locher.
Ex-journaliste à la BBC, à RDI et à
CBC, elle traverse sa période de for-
mationà la vitesse grandV. La Fédé-
rationne sortira pas amoindrie de la
période de transition, au contraire.
Caroline et Leslie Humblot forme-
ront un solide noyau au cours des
prochaines années.
La relève s’incarnera également
par un nouveau président. Àmoins
d’une improbable vague de contes-
tation, Pierre Craig sera élu lors du
congrès. L’animateur de La facture
et actuel vice-président de la Fédé-
ration a contracté une dette morale
à l’égard du journalisme. Comme
nous tous, il a appris son métier sur
le tas. Il a soif de communiquer son
expérience et il a choisi de le faire à
travers son engagement à la FPJQ.
Pour le convaincre d’accepter
ce poste bénévole payé dans les
zéro chiffres, il a fallu un intense
travail de persuasion. En m’inspi-
rant du modèle des «belles-mères»
si cher au Parti québécois, je lui
ai proposé mes services à titre de
vice-président.
Si tel est le souhait des mem-
bres, cette nouvelle répartition
des tâches permettra de finaliser
la transition à la FPJQ.
Pour conclure, j’aimerais remer-
cier les principaux partenaires qui
ont rendupossible monimplication
de quatre ans au sein de la Fédéra-
tion. À la direction du Devoir, Ber-
nard Descôteaux, Josée Boileau et
Roland-Yves Carignanm’ont donné
toute la flexibilité nécessaire pour
passer du journal à la Fédération,
et vice-versa. Ils m’ont vu appa-
raître et disparaître de la salle de
rédactioncomme unfantôme, sans
jamais s’en plaindre.
Les collègues du palais de justice,
en particulier Isabelle Richer et
Christiane Desjardins, m’ont sauvé
la vie à plus d’une reprise en me
donnant l’heure juste sur des cau-
ses que j’ai dû suivre en discontinu.
Tous les administrateurs qui ont
donné de leur temps au conseil
m’ont été d’un précieux secours. Ils
ont mené à terme certains chantiers
importants à des heures impos-
sibles, tout en poursuivant leurs
carrières respectives en journa-
lisme. Surtout, ils ont fait preuve
d’une solidarité exemplaire à tous
les instants.
Les partenaires de la FPJQ que
sont Gesca, Radio-Canada, Rogers,
Sélection et Bell Média ont permis
à l’organisation de diversifier ses
sources de revenus, en plus d’offrir
à l’occasionunéclairage significatif
sur l’évolution de l’industrie.
Enfin, ma conjointe Maryline et
mes deuxfilles, Juliaet Alexa, ont fait
preuved’unecompréhensionet d’une
patienceremarquables. Par leur pré-
sence, les«troisfillesdemavie»m’ont
permis deposer latêtesur l’oreiller et
de m’endormir sans soucis, même
danslespériodeslesplusmouvemen-
tées demes deux mandats.
Tourner la page
Brian Myles, journaliste au quotidien Le Devoir, a été élu président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec en et en .
PHOTOLEDEVOIR, JACQUES NADEAU
«Àtravers vos yeux, vos angoisses et vos
espoirs, j’ai redécouvert le journalisme.
C’est unmétier pas comme les autres, selon
l’expressionconsacrée. Sa singularité tient
de votre passionet de votre engagement
pour la cause»
«Pendant près de ans, Claude [Robillard,
secrétaire général de la FPJQ] a accompagné
tous les présidents et les conseils
d’administrationense montrant d’une
indéfectible loyauté et d’une redoutable
efficacité»
AU NOVEMBRE leSoleil JOURNAL DU CONGRÈS
RÉMI TREMBLAY
L’écho de Frontenac
La semaine se terminait pourtant
bien. Jeudi, la mairesse Colette
me recevait pour faire un bilan de
son séjour en France. La morosité
politique et économique, là-bas,
offrait des occasions d’affaires
qui laissaient planer des jours
meilleurs pour la ville et la région.
«Quand on se regarde, on se déso-
le mais quand on se compare, on se
console», disait Colette. Au même
moment, Pierre, notre collabora-
teur photographe, se trouvait à
la gare patrimoniale pour les dé-
buts de l’exposition sur l’histoire
du chemin de fer. Le chemin de
fer qui a amené la création et le
développement de la ville.
Vendredi, Sophie du Musi-Café
m’appelait pour qu’on puisse par-
ler davantage du bar, après tant
d’efforts sur des travaux intérieurs.
Vendredi midi, Nicolas et l’équipe
de la Traversée internationale du lac
Mégantic dévoilaient la program-
mation. Un record de nageurs et de
pays inscrits. Le retour de l’équipe
du Brésil favorise aussi le Dollara-
ma, un commerce que les nageurs
brésiliens ont beaucoup fréquenté
l’an dernier. Un Dollarama tout
neuf! Quelques minutes plus tard,
après avoir dîné avec Yannick, le
proprio du Musi-Café, le député et
ministre fédéral Christian Paradis
faisait l’annonce de subventions
pour des programmes d’emplois
étudiants, devant les bureaux de
l’accueil touristique, dans la gare
patrimoniale. Au comptoir d’infor-
mation, un couple de visiteurs de
Boston s’informait des endroits à
visiter. Son premier séjour en terre
méganticoise.
La fin de semaine allait être
agréable, surtout que la tempé-
rature chaude marquait le retour
de l’été après des jours de pluie.
En soirée, le Musi-Café accueillait
une masse d’habitués et de nou-
veaux venus.
Fin de l’histoire d’une vie qui filait
comme un long fleuve tranquille.
Peu après 1h , début d’un nou-
veau chapitre. Arrivée en panique
de mon fils Pierre, qui me réveille
brutalement : vite, il faut évacuer.
Le centre-ville est en feu! Quelques
minutes plus tôt, il était devant
l’écran de son ordinateur, dans son
logement du boulevard des Vété-
rans quand le ciel s’est enflammé!
Sur le pilote automatique, en mode
panique, il réveille sa conjointe,
Marie-Douce, et les enfants, Félix
et Maïllée. On sort, vite! Dans l’es-
calier, il se souvient que ses clés
d’auto sont quelque part dans la
cuisine. Dans la noirceur, dieu du
ciel, il les retrouve. Des secondes
d’angoisse. Départ rapide vers le
chemin des condos. Direction chez
nous. Le temps de rejoindre ma
fille Anne-Marie sur Laviolette et
on décrisse, toute la troupe, vers
Nantes. Terre de salut!
La ville des âmes en
Yannick, le proprio du Musi-Café,
sort de sa maison de la rue Papi-
neau et court vers le centre-ville
sans prendre le temps d’enfiler une
chemise. Personne ne sait ce qui
se passe mais le ciel est en feu, des
explosions en chaîne et un bruit
sifflant de gaz qui s’échappe de par-
tout donnent à la scène des allures
de fin du monde.
Au centre-ville, l’enfer recrache
toutes ses entrailles. Vomissement
rouge sur lit noir. Ironie du sort,
des fumeurs doivent la vie à leur
cigarette. Plusieurs clients du bar au
cœur même du tourbillon de flam-
mes, sortis fumer sur la terrasse, ont
été les seuls à pouvoir s’échapper.
Yvon vient à peine de quitter ses
amis qu’en traversant la rue Fron-
tenac pour regagner son condo, il
voit venir le train qui entre en ville
à folle allure. Le train de la mort ne
s’arrêtera pas.
Quelques secondes plus tôt, René
s’étonne. Le clic-clic du train rou-
lant sur les rails, il connaît! Mais
cette fois, pas d’espacement entre
les clics. À l’oreille, le convoi file à
60… milles à l’heure!
La caravane des 73 wagons-citer-
nes noirs déraille au détour. Le
bruit, le renversement, le déver-
sement, l’empilement, la rivière
de pétrole brut et le feu… Un tor-
rent de flammes qui suit la gravité
du terrain sur le lit d’un ancien
ruisseau!
Yvon court... le mur de feu derrière
lui le pourchasse à travers les haies
de cèdre. Les bombes sur rail se
renversent, s’empilent les uns sur les
autres, se vident et l’incendie écla-
te! Les plus chanceux réussissent à
fuir à toutes jambes, l’un d’eux avec
son verre encore en main.
Maude court, la chaleur
dans son dos est intense.
Il ne faut pas s’arrêter. Une
cliente veut regagner son
auto, stationnée de l’autre
côté de la rue. La fureur du
tsunami de flammes, de
quatre pieds de haut, ne
lui laissera aucune chance.
Chacun a son histoire d’horreur à
raconter. Des images qui ne s’effa-
ceront pas. Sur le boulevard des
Au centre-ville, l’enfer
recrache toutes ses entrailles.
Vomissement rouge sur lit noir.
Ironie du sort, des fumeurs
doivent la vie à leur cigarette
leSoleil AU NOVEMBRE JOURNAL DU CONGRÈS
MAXIME DUBOIS, ANS
En pleine nuit, Joannie Proteau a
entendu rire aux éclats la petite
Anaïs, née à peine quatre jours
après le décès de son père dans la
tragédie de Lac-Mégantic.
«C’est sûrement son père qui lui
racontait des blagues», confie la
jeune mère entre le sourire et les
larmes. Impossible pour Joannie
Proteau d’oublier quel boute-en-
train était l’homme de sa vie.
Le papa d’Anaïs ne verra jamais
sa fille faire ses premiers pas.
Mais ses parents, sa sœur et sa
conjointe affirment à l’unisson
qu’il «veille sur elle».
Anaïs a aujourd’hui deux mois, et
les yeux aussi bleus que ceux de
son papa et de sa maman.
«On dit qu’elle a le sourire de son
père», affirme aussi France, la
mère de Maxime.
Des sourires, le jeune homme de
ans savait en accrocher sur
le visage de ses proches. Il laisse
derrière lui une trace indélébile.
Maxime était le noyau de la famille.
Assis autour de la table dans la
maison familiale, ses parents, sa
sœur Audrey et son amoureuse
se sont remémoré sans pudeur
leurs fous rires. «Il était toujours
de bonne humeur. Et il parlait
fort, comme son père et sa sœur.
Avec eux trois ensemble, c’était
difficile d’en placer une», confie
sa mère. Au fil du temps, les pa-
rents de Maxime ont accueilli tou-
te la gang d’amis de leur fils chez
eux. La maison était le théâtre de
soirées bien arrosées, de parties
de cartes et de repas en famille.
Guillaume Morin connaissait Maxi-
me depuis ans. Des amis comme
lui, il peut les compter sur les doigts
d’une main. «Il a tellement fait pour
moi sans même le savoir. Il a en-
traîné une bonne partie de ma vie.
Je ne serais pas le gars que je suis
devenu sans lui», laisse-t-il tomber.
Le jeune homme n’a que de beaux
souvenirs à raconter. Entre les road
trips improvisés entre chums, leurs
concerts des Cowboys Frin-
gants le même été et les voitures
décorées à coup d’oeufs, de lait et
de farine, la gang n’avait jamais le
temps de s’ennuyer. «Max, c’était
un clown ambulant», lance Guillau-
me dans un éclat de rire.
Attablé au comptoir du Musi-Café
quelques heures avant le drame,
Maxime Dubois attendait avec
impatience la naissance de sa
fille. «Il avait les yeux comme des
deux piasses en parlant d’elle», se
souvient Marc-Antoine Masse, un
autre de ses amis.
«Ça aurait été le meilleur père sur
Terre», pense Guillaume.
Aujourd’hui, la maison est vide
sans Maxime. Mais grâce à la
petite Anaïs, installée dans son
lit à barreaux au milieu du salon,
il est encore un peu là. La blondi-
nette aux grands yeux bleus est
devenue la «boule d’énergie» de
la famille. «C’est notre rayon de
soleil. On n’aurait pas pu l’aimer
plus que ça», ajoute sa mère.
MÉLANIE COLLEU,
LE JOURNAL DE MONTRÉAL
 
En mémoire de...
NATACHAT GAUDREAU, ANS
«Je ne sais pas si elle peut me voir.
Mais je vais faire comme si et la ren-
dre fière», promet Estel Blanchet.
Natachat Gaudreau servait de
boussole à sa fille de ans en lui
montrant toujours le bon chemin à
prendre. Estel continuera à se lais-
ser guider ainsi, même si sa mère a
péri dans l’explosion à Lac-Mégan-
tic. Assise il y a quelques semaines
à la table de sa mère, Estel fait une
courte pause alors qu’elle vide l’ap-
partement familial.
Natachat lui a toujours apporté un
soutien inconditionnel, dit-elle. Elle
l’a laissée «faire ses expériences de
jeune» tout en lui servant de guide
pour éviter les tracas autant que pos-
sible, raconte-t-elle.
«Aujourd’hui, je suis plus débrouillarde.
C’est ma mère qui m’a enseigné plein
de choses de la vie. Mais avec mon frè-
re de ans, Édouar, elle n’a pas eu le
temps», regrette la jeune femme. Elle
promet de tenter de transmettre ce
bagage à son petit frère qui vivra doré-
navant avec son père. SARAH BÉLISLE,
LE JOURNAL DE MONTRÉAL
en peine
Vétérans, Louis-Serge aperçoit le
torrent surgir dans sa cour arrière.
Vite, Thérèse est déjà dehors, ainsi
que les voisins, Jacques et Violette.
Tout le monde grimpe dans l’auto.
Un voisin, Serge, a tout juste le
temps de prendre la petite fille
qu’il garde avec Carole et de la
«jeter» sur un siège. L’auto démar-
re en trombe. Dans le rétroviseur,
des images de fin du monde! Plus
loin, Denis a le même réflexe de
survie avec Céline. La fuite en
urgence. De l’autre côté du bou-
levard, Patrice et Jacynthe sortent
les enfants. Le doc va cogner chez
la voisine d’en face. Elle aura la vie
sauve, mais pas Roger, le locataire
d’en haut qui ne se réveillera pas.
Déjà, la vie à Lac-Mégantic vient
de basculer. En l’espace de quel-
ques heures, une petite ville de
6000 habitants deviendra le point
d’intérêt d’une partie de la planète.
Le passage de «la voie ferrée à la Voie
lactée» à vitesse grand V comme le
train fou qui a profité d’un moment
d’inattention, d’une erreur mécani-
que ou humaine pour aller faucher
des dizaines de vies.
La version originale de ce billet a
été publiée le juillet dans L’écho de
Frontenac
PHOTO LA PRESSE, ROBERT SKINNER
MATHIEU PELLETIER, ANS
«Est-ce que papa joue encore au
hockey dans le ciel?» demande
Édouard Pelletier avec toute l’insou-
ciance d’un enfant de quatre ans.
Alexia, la copine de Mathieu, revoit
son amoureux offrir à leur fils son
tout premier bâton, qu’il a tenu d’une
main ferme dès l’âge de mois.
«Son père était tellement fier d’avoir
un petit gars. Tous les deux, ils par-
tageaient une vraie passion. Mathieu
l’aurait coaché un jour, c’est sûr», af-
firme la jeune maman, forcée de tirer
un trait sur ses rêves inachevés.
MÉLANIE COLLEU,
LE JOURNAL DE MONTRÉAL
«Il était toujours
de bonne humeur.
Et il parlait fort,
comme son père et
sa sœur. Avec eux
trois ensemble,
c’était difficile
d’en placer une»
— Mère de Maxime Dubois
«L
es journalistes,
c’est fini, y a pu de
place!» me crie le
gars qui gère le tra-
fic. J’ai eu la brillante idée d’aller
à la polyvalente Montignac, tout
le monde a eu cette brillante
idée-là. Je fais demi-tour, station-
ne plus loin, reviens à pied. Il y a
le monsieur Lafontaine qui est là,
encerclé de journalistes. Il a per-
du un fils, trois autres membres
de sa famille, c’est un homme
d’affaires articulé.
Du bonbon.
Médiatiquement parlant.
Le même bonbon qui passe
en boucle depuis deux jours,
depuis qu’un train fantôme a fait
exploser le centre-ville de Lac-
Mégantic et les gens qui étaient
dedans. M. Lafontaine vit son
drame devant les caméras, c’est
sa façon à lui.
Il donne des entrevues à la
chaîne, pendant ce temps-là, il
ne pleure pas. Il parle de Dieu
qu’il ne comprend pas toujours,
de MMA à qui il ne pardonnera
jamais.
C’est lundi, les morts sont enco-
re des disparus, même si tout le
monde sait qu’on ne reverra per-
sonne vivant.
Je quitte la polyvalente avec
Caroline et ses kodaks. Arrivée
la veille, elle a déjà plein d’his-
toires à raconter, dont une qui
finit bien. Le matin, une dame a
retrouvé son chat. Elle me montre
les deux photos, la dame ne sou-
rit pas.
Ce n’est pas une histoire qui
finit bien, au fond, c’est une his-
toire qui aurait pu finir encore
plus mal.
Caroline habite à une demi-
heure de là, à Lambton, chez sa
cousine qui fait des vêtements
sur mesure. Elle lui a montré
un ensemble, achevé quel-
ques jours plus tôt. La cliente
ne viendra jamais le chercher,
elle était au mauvais endroit,
au mauvais moment. Le corps
qu’elle aurait mis dedans n’exis-
te peut-être même plus. La cou-
sine a encore l’ensemble, ne sait
pas quoi faire avec.
C’est tout ça, Lac-Mégantic,
des morts et des vivants qui par-
lent des morts quand ils étaient
vivants. La ville est un salon funé-
raire à ciel ouvert.
Je me promène avec mon cale-
pin, je note les trucs que j’obser-
ve. Au centre commercial, à côté
du Maxi, l’affiche du filmWorld
War Z montre une ville en ruines
qui flambe. Au resto, un homme,
un vrai, mange avec trois chums.
Il se tourne, essuie discrètement
une larme avec son doigt.
Un vieux monsieur
s’assoit près de Caroline
et moi, il est parti de Coa-
ticook pour chercher sa
sœur. «C’est ma dernière.»
Ils étaient 12 enfants.
Trois filles sortent du
resto, elles portent un
t-shirt du Musi-Café. Je les suis,
elles doivent bien avoir une his-
toire à raconter. Les trois s’allu-
ment une cigarette. Maude tra-
vaillait au bar vendredi soir, est
sortie fumer, est en vie. Une ques-
tion de secondes. «En tout cas, je
peux te dire que je ne suis pas à la
veille d’arrêter!»
On jase pendant une demi-
heure, les trois filles me racontent
l’horreur, leur vie en miettes, les
amis qu’elles ne reverront plus.
Je m’éloigne, je prends mon cel-
lulaire. «Boss, j’ai une bonne
histoire.»
J’ai dit «bonne». J’ai réalisé en
le disant. Tout le temps qu’elles
m’ont parlé, j’ai ouvert et fermé
des guillemets. J’ai pris des notes
dans mon gros calepin, dessiné
des étoiles à côté des bouts les
plus parlants. Quand Maude m’a
dit : «J’ai l’image dans la tête des
gens qui sont là», j’ai dessiné des
étoiles.
Les gens ne sont plus là, mais
l’image est pognée dans sa tête.
Elle va rester là longtemps, peut-
être toujours.
Quand le monsieur de Coa-
ticook m’a parlé, j’ai fait des
étoiles à côté de cette phrase-là :
«Pour vous autres, c’est le party.»
C’est comme ça qu’il voyait les
journalistes venus «couvrir»
l’horreur. Lui était dedans, pas
moi. Il m’a dit aussi : «Il n’y a pas
de mot pour décrire ce qu’on
ressent.»
C’est pour ça que j’étais là, com-
me les autres journalistes, pour
trouver le bonton, les termes jus-
tes, pour décrire ce que je ne pou-
vais pas ressentir. J’étais là pour
tous ceux qui, comme ce gentil
monsieur, avaient besoinde parler
des morts quandils étaient vivants.
«Boss, j’ai une bonne histoire...»
«Pour vous autres, c’est
le party.» C’est comme ça
qu’il voyait les journalistes
venus «couvrir» l’horreur
MYLÈNE
MOISAN
CHRONIQUE
mmoisan@lesoleil.com
AU NOVEMBRE leSoleil JOURNAL DU CONGRÈS
Lac-Mégantic
nuances...
L’afaire Rob Ford
La Presse
Programme congrès
Éditorial
Le monde
Précarité
Où sortir?
SOMMAIRE
ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO SPÉCIAL
L’antiquaireJean-Denis Turcotte, ans, avu«labombe», a«senti lachaleur, c’était pas toffable». Safilleaaussi perdu
un immeuble et deux locataires dans la tragédie ferroviaire du juillet. PHOTOLESOLEIL, CAROLINEGRÉGOIRE
Rédactrice enchef : Lise Millette
Chef de pupitre : Valérie Gaudreau
Rédaction: Sarah Bélisle, François Bourque, Luc Chartrand, Mélanie Colleu, Daniel Dubrûle,
Anne-Marie Dussault, Dominique Forget, Valérie Gaudreau, Alain Gravel, Julie Héroux, Leslie
Humblot, Dominique Lemoine, Caroline Locher, Laila Maalouf, Lise Millette, Mylène Moisan,
Brian Myles, Pierre-Paul Noreau, Mariève Paradis, Jean-François Parent, Steve Proulx,
Sébastien Rodrigue, Jean-Hugues Roy, Marc-André Sabourin, Alain Saulnier, Florian
Sauvageau, Rémi Tremblay
Photographie : Simon-Charles Couture-Labelle, Ivanoh Demers, Sylvain Fortier, Caroline
Grégoire, Dominique Lemoine, Jacques Nadeau, Michelle Siu, Robert Skinner
Montage : Camille Bélanger-Vincent, Alain Chouinard, Simon-Charles Couture-Labelle, Valérie
Gaudreau, Sophie Grenier-Héroux, Jean-Michel Poirier, Paul-Robert Raymond, David Rémillard
Caricature : André-Philippe Côté Révisionlinguistique : Annie Paré
Publicité: REPCommunications inc. LudovicBarrois, -postelbarrois@repcom.ca
Convention de Poste Publications N
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N
o
d’enregistrement S55S5 / Retourner toute correspondance ne pouvant être
livrée au Canada à FPJQ, 1C12, Mont-Royal Est, bureau 1C5, Montréal (Ouebec) H2u 1X6
leSoleil AU NOVEMBRE JOURNAL DU CONGRÈS
STEVEPROULX
Président de
e
AVENUE
Desjournalistesqui écrivent pour
des marques tout en demeurant
journalistes? Oui, ça se peut.
Bien qu’existant sous une forme
ou une autre depuis belle luret-
te, l’actuel engouement pour le
content marketing («marketing de
contenu») pourrait transformer
radicalement le rapport entre jour-
nalisme et marketing.
Grosso modo, le marketing de
contenu est une stratégie par
laquelle une marque devient son
propre média. Et se comporte
comme tel.
Elle publie donc des magazines,
alimente des sites Web pratiques
ou produit des émissions de télé
dans le but de consolider une com-
munauté, d’entretenir une audien-
ce et d’établir auprès de celle-ci
une sorte de relation de confiance.
Le magazine en ligne Think
Quarterly, édité par Google, est un
incontournable pour qui s’intéres-
se à l’avenir de notre société numé-
rique. Avec OpenForum, American
Express a mis sur pied un portail
d’informations pour les entrepre-
neurs. Plus près de chez nous, la
Banque Nationale vise à parfaire
l’éducation financière des citoyens
avec le site Jecomprends.ca.
Et encore. Air Canada publie
le magazine EnRoute et Wal-
mart commandite Live Better,
un magazine contenant tout ce
qu’une famille doit savoir pour
«mieux vivre». Sans oublier le Gui-
de Michelin, publié depuis 1900
par le célèbre fabricant de pneus
français. Du marketing de contenu
avant l’heure.
QUANDLESPUBLICITAIRES
RÉFLÉCHISSENT
ENJOURNALISTES
Des initiatives du genre se mul-
tiplieront. De la PME à la société
multinationale, les entreprises
cherchant à faire leur marque
doivent se plier aux exigences du
Web et des réseaux sociaux. Deux
endroits où la pub, parce que faci-
lement contournable, doit se faire
plus subtile... quitte à se rendre
indiscernable de ce que le lecteur
pourrait retrouver dans son jour-
nal préféré.
Du coup, les professionnels du
marketing doivent désormais offrir
du contenu utile, pertinent, rigou-
reux à leur audience. Et miser sur
la transparence pour acquérir leur
confiance. Et réagir promptement
à l’actualité, à ce qui se passe dans
le monde. Et surtout, s’imposer une
retenue en ce qui concerne la pro-
motiondirecte, aurisquedes’aliéner
cetteaudiencesi chèrement acquise.
Bref, les exigences du marke-
ting de contenu ressemblent
à s’y méprendre à ce que nous
considérons comme étant la base
du journalisme.
À terme, de nombreux journalis-
tes pratiqueront leur métier pour le
compte de marques... Devront-ils
être considérés comme des rédac-
teurs publicitaires?
S’ils «rapportent fidèlement des
faits qui permettent à leurs conci-
toyens de mieux connaître et de
mieux comprendre le monde dans
lequel ils vivent», comme le stipule
le guide de déontologie de la FPJQ,
pourront-ils recevoir une carte de
presse... même si leur employeur
s’appelleWalmart?
Dans ce grand débat concernant
la porosité des frontières entre la
pub et le journalisme, d’autres
nuances devront être faites.
La pub, la plogue et le placement
de produits s’infiltrent parfois jus-
que dans les articles dits «journa-
listiques». Avec le marketing de
contenu, c’est le contraire : les
valeurs du journalisme s’infiltrent
jusque dans la pub. C’est grave,
docteur?
DE L’INFOÀLAPROMO: NUANCES DE GRIS
Ces journalistes qui
écrivent pour des marques
Google
édite le magazine en
ligne Think Quarterly
Walmart
est derrière le
magazine de «mieux-
vivre» Live Better
Michelin
publie son guide
depuis ...
Du marketing de
contenu avant l’heure!
Dans ce grand débat
sur les frontières entre
la pub et le journalisme,
d’autres nuances
devront être faites
CONNAISSEZ-VOUS LE PRIX MICHENER? Ce Prix, qui a été créé en 1970, est décerné annuellement
depuis plus de 40 ans. Il porte le nom d’un ex-Gouverneur général du Canada, le très honorable Roland
Michener, qui en a été le premier parrain.
Ce Prix s’adresse à tous les médias d’information du Canada, grands ou petits : journaux quotidiens, hebdomadaires,
magazines, radioet télévision(stations ouréseaux) , ainsi qu’agences de presse. Ce Prix a de particulier qu’il est attribué
nonpas à unouà des journalistes, mais à unoudes médias d’information. Aufl des ans, le Prix Michener est devenula
plus prestigieuse récompense journalistique au pays. Le Prix Michener reconnaît l’excellence en journalisme d’intérêt
public.
Dans l’examen des candidatures, le jury tient compte de la taille des médias et des ressources dont ils disposent.
La Presse a remporté le Prix Michener à deux reprises (2007 et 2003) en plus d’être fnaliste à quatre autres reprises au
cours des 10dernières années. LeDevoir aobtenulePrixen1989. Radio-Canadaet laPressecanadienne(encompagnie
du réseau CBC) l’ont obtenu en 2008. Et Télé-Métropole (en compagnie du quotidien Kitchener-Waterloo Record) l’a
reçu en 1981.
Radio-Canada(Montréal) aétéfnalisteàquatrereprises depuis 2002, LeCourrier deSt-Hyacintheet LeDevoir, chacun
une fois.
La date limite pour s’inscrire au Prix 2013 sera en février 2014. Pour plus d’informations, consultez le site de
la Fondation Michener à http://www.prixmichener.ca/. Visitez aussi les Prix Michener sur YouTube, où l’ex-
président de la Fondation, Pierre Bergeron, explique en détails les Prix Michener.
CONNAISSEZ VOUS LES BOURSES MICHENER-DEACON? Les Bourses Michener-Deacon (du nom de
l’ex-Gouverneur général du Canada, le très honorable Roland Michener, et du regretté Paul Deacon, un
dirigeant de médias et ex-président de la Fondation), d’une valeur de 35 000 $ chacune, sont remises
annuellement à des journalistes d’expérience leur permettant de prendre un congé de quatre mois pour
suivre des études dans une école de journalisme reconnue au Canada ou pour compléter une enquête
journalistique dans l’intérêt public. La première de ces Bourses a été attribuée en 1987.
Traditionnellement, une seule Bourse Michener-Deacon était accordée annuellement. Mais depuis 2011, avec l’aide
de la Banque de Montréal, une seconde Bourse a été créée, ce qui permet d’en attribuer une pour compléter des
études dans une école de journalisme et une autre pour réaliser un travail d’enquête. Chaque Bourse est de 30 000 $
auxquels peuvent s’ajouter jusqu’à 5 000 $ pour dépenses personnelles, ce qui fait que ces Bourses sont considérées
parmi les plus généreuses au pays.
Aucours des années, de nombreux journalistes québécois ont obtenucette Bourse Michener-Deacon. Mentionnons
Pierre Duchesne (2002), Martine Turenne (2001), Catherine Cano (2000), Jean-Pierre Rogel (1998), Michel Venne
(1997) Pierre Sormany (1995), François Brousseau (1994) et Christian Rioux (1993).
Ladatelimitepours’inscrireauxBoursesMichener-Deacon2014seraenfévrier2014. Pourplusd’informations,
consultez le site de la Fondation Michener à http://www.prixmichener.ca/. Visitez aussi les Prix Michener
sur YouTube, où l’ex-président de la Fondation, Pierre Bergeron, explique en détails les Prix Michener et les
Bourses Michener/Deacon.
LePRIXetlesBOURSES
MICHENER
22 AU 24 NOVFMBPF 2C13 leSoleil JOURNAL DU CONGRÈS
JEANFRANÇOISPARENT
Finances et investissement
La connaissance de la chose ma-
thématique fait défaut à la plu-
part des journalistes. Certains
ne savent pas compter, d’autres
ne possèdent pas les rudiments
d’arithmétiqueleurpermettantde
bieninterpréter cequ’onleur sert.
Des exemples? Ils sont nombreux,
et tellement répandus qu’il serait
injuste de montrer quelqu’un du
doigt, alors que nous sommes
tous, collectivement, coupables
d’analphabétisme mathématique
galopant.
Quand ce n’est pas Le Devoir qui
confond la corrélation entre deux
données et leur relation de cause à
effet, c’est La Presse qui interprète
erronément les résultats d’une étu-
de, Le Journal de Montréal qui est
incapable de valider une métho-
dologie ou même Les Affaires, mon
port d’attache, qui s’en fait passer
une petite vite par un industriel. La
presse hebdomadaire n’est pas en
reste, et tant la radio que la télévi-
sion peuvent souffrir, elles aussi,
d’une carence mathématique aigüe.
Je suis certain que vous avez tous
en tête l’anecdote d’un collègue
effectuant laborieusement une
règle de trois, ou de cet autre qui
relate une hausse de 200 %des ven-
tes (ou des entrées au cinéma ou
des oranges consommées) et titrera
que les ventes ont doublé.
Le saviez-vous? Quand ça dou-
ble, c’est parce que l’augmenta-
tion affichée par la donnée a été
de 100 %, et non de 200 %. Dans
ce dernier cas, le résultat est que
la donnée a triplé. Parions que la
moitié d’entre vous ne l’ont pas
vue venir, celle-là.
L’ex-patron et fondateur de L’ac-
tualité Jean Paré déplorait que «le
journalisme, ce n’est pas pour les
faibles en maths», évoquant ainsi
le peu d’attention portée par les
journalistes aux chiffres. Le pro-
blème est généralisé, au Québec du
moins, comme l’illustre l’absence
de reporters couvrant la science
dans les médias d’information :
les trois pelés et le tondu qui y sont
affectés ne peuvent lutter à eux
seuls contre le tsunami d’indiffé-
rence par rapport aux chiffres dans
les salles de nouvelles.
Pourtant, les chiffres sont aussi
importants que les mots et les ima-
ges dans notre métier. «Les journa-
listes qui ne savent pas compter
sont comme des chiens de garde
sans odorat», écrit le professeur de
journalisme Justin Martin dans son
blogue de la Columbia Journalism
Review.
«Fol l ow the money», di sai t
Deep Throat, la célèbre taupe du
Watergate. Encore fallait-il que
Bernstein et Woodward sachent
compter. Tout comme les journa-
listes ayant levé le voile sur la col-
lusion dans l’octroi des contrats
publics municipaux au Québec.
Il n’y a pas que dans le domaine
économique qu’une connaissance
des chiffres peut enrichir un repor-
tage. L’exemple du débat lancé par
l’industriel Vincent Guzzo, porte-
parole des propriétaires de salles
de cinéma québécois, l’illustre
bien. Il affirmait l’an dernier qu’il
«faudrait recommencer à faire des
films que le monde veut voir», afin
que les cinémas renouent avec la
rentabilité.
Les données de l’Institut de la sta-
tistique le démontrent, les entrées
sont en baisse, il y a moins de salles
et d’écrans, et la part de marché du
cinéma québécois diminue. C’est
vrai. Mais les recettes perçues par
les salles de cinéma, elles, sont en
hausse depuis 2006, pour s’établir à
168 millions $ en 2010, soit l’année
des plus récentes données vérifiées
disponibles.
M. Guzzo rendait la baisse de
popularité du cinéma québécois
responsable de ses déboires, mais
la situation est à l’évidence un brin
plus nuancée que ce qu’avance le
monsieur.
Concédons que dans le feu de
l’action, les erreurs sont humai-
nes. Un rapport est déposé en
avant-midi, il faut produire une
manchette pour l’après-midi et
cette contrainte nous rend per-
méable à reproduire des données
qui mériteraient de plus amples
vérifications.
Il faut cependant éviter que cela
ne permette à nos interlocuteurs
de se servir de nous, grâce à notre
incapacité à compter, pour noyer
le chaton de l’intérêt public dans
la rivière, comme on dit en anglais.
Peut-oncompter sur vous?
«Dans notre métier,
les chiffres sont aussi
importants que les
mots et les images»
«Les journalistes qui ne savent pas compter sont comme des chiens de garde sans odorat», écrit le professeur de journalisme Justin Martin dans son blogue
de la Columbia JournalismReview.
L’actualité souhaite
de bons débats à tous
les participants au
congrès 2013 de la FPJQ
SUIVEZ-NOUS AUSSI SUR
+ +
leSoleil AU NOVEMBRE JOURNAL DU CONGRÈS
LISEMILLETTE
LaPresseCanadienne
La scène est grotesquement sur-
réaliste : le maire de la métropole
canadienne, Rob Ford, passable-
ment intoxiqué après avoir fumé
ducrack, brasdessus, brasdessous
avecdeuxnarcotrafiquants, letout
sur bandevidéo. Récit dubattage
médiatiqueautour del’hommequi
avul’hommequi avul’ours.
Le rendez-vous avait été donné à
Robyn Doolittle et Kevin Donovan
à 21h45. Mais les deux journalistes
du Toronto Star étaient toujours à
siroter leur café au Tim Hortons à
22h30, ce soir du 3 mai 2013, ont-ils
relaté dans uncompte rendude leur
soirée publié sur le site duStar. Plus
l’heure avançait, plus ils doutaient
de l’existence de cette prétendue
vidéo incriminante où le maire de
Toronto, RobFord, consommait une
substance illicite, plus tard présen-
tée comme du crack.
Le cellulaire de Robyn Doolittle a
sonné et la source a posé ses condi-
tions : «Leave your cellphones. No
bags. No purses. And get in.»
Les journalistes sont entrés dans
la voiture et ont été conduits au
trafiquant. Au cours du trajet, on
leur a indiqué que la valeur ini-
tiale de ladite vidéo avait été fixée à
1 million $, puis révisée à 100 000 $.
Une aubaine!
«Nous devons la voir d’abord.
Ensuite, nous déterminerons quelle
en est la valeur», avaient répondu
les journalistes du Star.
La vidéo était mise à prix. Un gros
prix. À la hauteur du scandale :
200 000 $.
Dans l’objectif d’obtenir la vidéo
convoitée, mais sans pouvoir assu-
rer qu’il y parviendrait réellement,
Gawker avait lancé une campagne
de financement en ligne, invitant
les internautes à contribuer. John
Cook, rédacteur en chef de Gawker,
a dû avouer qu’il ne pourrait jamais
obtenir le document. Sa source
s’était tarie en lui envoyant ce mes-
sage : «It’s gone. Leave me alone.»
Les 201 199 $ amassés ont été redis-
tribués à la mi-septembre entre
quatre organismes qui œuvrent
contre le crime et la dépendance.
PAYERPOURL’INFORMATION
Le Code de déontologie de la FPJQ
est clair lorsqu’il est question de
rémunération des sources.
«Les journalistes et les entrepri-
ses de presse ne versent aucune
rémunération aux personnes qui
acceptent d’être leurs sources d’in-
formation», peut-on y lire.
Ces principes ne sont pas propres
à la FPJQ. Au Toronto Star, même
politique : on ne paie pas pour l’in-
formation. Une directive à laquelle
la chroniqueuse Rose DiManno
était prête à déroger.
Selonelle, l’intérêt public motivait
l’idée que ses patrons allongent la
somme. Sonargumentaire reposait
en substance sur la prémisse vou-
lant que si le Star n’achetait pas cette
bande vidéo, les images pourraient
tomber dans les mains de personnes
qui auraient tout intérêt à les faire
disparaître pour de bon.
PLAINTESENDÉONTOLOGIE
Le Conseil de presse de l’Ontario
a reçu deux plaintes en lien avec
le «Crackgate». La première sur la
nouvelle du Toronto Star, l’autre
concernant une manchette du Glo-
be and Mail citant d’autres mem-
bres de la famille Ford et leur passé
trouble en matière de stupéfiants.
Cette histoire du Globe reposait sur
plusieurs sources anonymes.
L’analyse de ces plaintes devait
démontrer que les textes avaient été
écrits dans une recherche de l’inté-
rêt public, avec les efforts nécessai-
res pour prouver les allégations et
en faisant preuve d’équité dans le
droit de réplique pour les person-
nes visées par ces allégations.
Au terme de sa première audien-
ce devant le Conseil de presse de
l’Ontario, le 9 septembre, l’éditrice
publique du Star, Kathy English,
se disait à la fois encouragée et
un peu désespérée. D’une part,
plus convaincue que jamais que la
démarche de son journal était fon-
dée et d’autre part renversée de voir
que le public semblait si peu com-
prendre le travail journalistique.
De son côté, le Globe and Mail
a dû justifier l’usage de plusieurs
sources anonymes. Dans un texte
mis en ligne sur le site du jour-
nal, l’éditrice publique Sylvia
Stead jugeait que la nouvelle jus-
tifiait parfaitement l’utilisation de
sources anonymes et que le texte
n’aurait pu être rédigé sans leur
contribution.
Ces personnes sont deux anciens
fournisseurs de haschisch, trois tra-
fiquants de rue et des utilisateurs
occasionnels de haschisch.
La rigueur et la recherche de la
vérité doivent guider le travail des
journalistes. Ils ont l’obligation
de s’assurer de la véracité des faits
qu’ils rapportent au terme d’un
rigoureux travail de collecte et
de vérificationdes informations.
Plusieurs doutes persistent.
L’équipe rédactionnelle dit
avoir visualisé la vidéo, mais
dans la voiture, sur unappa-
reil portatif et avec une
qualité audio qui n’était
sans doute pas optimale.
Jamais la bande vidéo
n’a puêtre authentifiée.
Les médias ont repris
la nouvelle sans plus
de vérification. Ils
ont republié ce qui
n’était que le récit
de l’homme qui a
vu l’homme qui a
vu l’ours fumer du
crack.
LECRACKGATE
DETORONTO
Le maire de Toronto, RobFord
PHOTOLAPRESSECANADIENNE, MICHELLESIU
www.selection.ca
ÉCRIRE LE MONDE
ENSEMBLE
AU NOVEMBRE leSoleil JOURNAL DU CONGRÈS
LAILAMAALOUF
LaPresse
Au Québec, les plateformes numé-
riques se multiplient à une vitesse
effarante. Le site Haricot.ca se tar-
gue même d’avoir créé le néologis-
me «sociofinancement» —version
française du terme crowdfunding.
Ici comme ailleurs, le phénomène
du financement participatif se pro-
page et sert de tremplin à de nom-
breux créateurs de jeux vidéo, à de
jeunes entrepreneurs et cinéastes
en herbe, mais aussi à des journa-
listes créatifs et déterminés.
Forme de mécénat 2.0, le sociofi-
nancement fait appel à la force de
propagation des réseaux sociaux
afin de lever des fonds sur le Web
pour des projets qui n’auraient pu
voir le jour autrement. La clé du
succès? Une idée inédite et accro-
cheuse, d’astucieuses récompenses
pour encourager les donateurs à se
montrer généreux, et une impor-
tante communauté virtuelle.
Au cours des dernières années,
un grand nombre de reportages
ont pu être financés grâce à cette
nouvelle méthode de financement,
à coup de dons de 5 à 500 $ et en
échange de livres autographiés, de
photos de voyage oude conférences
thématiques.
Au printemps dernier, le projet
Planet Money du réseau américain
NPR a récolté sur le site Kickstar-
ter près de 600 000 $ en 14 jours,
soit plus de 10 fois son objectif
initial. Cette somme a permis à
des reporters multimédias
de suivre l’odyssée de la
fabrication d’un t-shirt —
des producteurs de coton
aux douanes américaines,
en passant par les usines
du Bangladesh et de la
Colombie — à travers les
rouages de l’économie
globale. Chaque donateur
qui versait 25 $ recevait un
t-shirt doté d’un code qui, une fois
scanné par un téléphone intelli-
gent, menait vers une page inter-
active montrant des photos de
toutes les personnes qui avaient
participé aux étapes du processus
de fabrication du vêtement autour
du globe.
Si les créateurs s’avèrent aussi
gagnants que les donateurs dans
ces aventures, les plateformes de
sociofinancement récupèrent de
leur côté autour de 5 % du mon-
tant amassé.
D’ABORDLECINÉMA
Les plus connues, Indiegogo et
Kickstarter, ont été créées res-
pectivement en 2008 et en 2009,
la première ayant tout d’abord
été exclusive à l’industrie du film
indépendant avant de s’ouvrir à
plusieurs catégories dans le monde
entier. La seconde, réputée notam-
ment pour avoir permis de finan-
cer (à hauteur de 1,5 million $!) un
filmdu réalisateur américain Spike
Lee, est implantée aux États-Unis,
en Grande-Bretagne et, depuis
août dernier, au Canada.
Les plateformes de financement
participatif ne cessent d’éclore
et certaines ont même une voca-
tion particulière, comme le site
laruche quebec.comqui n’accepte
que les projets qui «contribuent
au rayonnement et à la vitalité de
Québec». Leur succès est indénia-
ble, et elles n’en sont encore qu’à
leurs débuts.
Reste à voir quelle place cette
forme de financement occupera
à l’avenir dans le paysage journa-
listique québécois.
SOCIOFINANCEMENT
Nouveau
mécénat?
JEANHUGUESROY
Professeur de journalisme, UQAM
De tout temps, des journalistes
un tantinet patenteux ont utilisé
des ordinateurs pour les aider
dans leurs reportages. L’un des
premiers et des plus célèbres
s’appelle PhilipMeyer.
Aujourd’hui professeur à l’Univer-
sité de Caroline du Nord à Cha-
pel Hill, Meyer était journaliste au
Detroit Free Press en1967 quanddes
émeutes raciales ont secoué la ville.
Après les événements, il a effec-
tué une vaste enquête auprès de la
population noire pour laquelle il a
remporté un prix Pulitzer l’année
suivante.
Il avait notamment utilisé un
ordinateur ultramoderne pour
l’époque, un IBM 360, pour trai-
ter les données d’une enquête
terrain qu’il avait effectuée avec
une équipe d’intervieweurs. Meyer
n’avait cependant pas program-
mé l’ordinateur lui-même. Une
informaticienne s’était chargée
de ce sale boulot pour lui. Par la
suite, l’apparition des ordinateurs
personnels a facilité le travail des
journalistes pitonneux. Ce fut la
vague duComputer AssistedRepor-
ting (CAR) qu’on a traduit en fran-
çais par l’expression vachement
sexy de «journalisme assisté par
ordinateur».
Aux hebdomadaires Voir et Hour,
nous en avions fait l’expérience
dès 1993. Nous avions obtenu, par
accès à l’info, une base de don-
nées de la Commission de l’immi-
gration et du statut de réfugié du
Canada. Une quantité gigantesque
d’informations que j’ai crunchées
à l’aide du logiciel de base de don-
nées FileMaker. Le logiciel nous
a aidés à «faire parler» ces don-
nées un peu abstraites au premier
abord. Faire parler les données,
c’est, notamment, effectuer des
regroupements dans les données
(par pays, par ville, par commis-
saire) afin d’identifier des patterns,
donc des histoires.
Par exemple, certains commis-
saires semblaient avoir des biais
(défavorables ou non) envers les
ressortissants de certains pays. Je
l’admets : en 1994, il fallait encore
être nerd pour faire du journalisme
avec FileMaker. Mais aujourd’hui,
à l’ère du Net et de la mobilité,
plus d’excuses. Ma grand-mère
et la vôtre peuvent faire du data
journalism.
LESOUTILS
Les outils, tout d’abord, sont à la
portée de tous et la plupart sont
gratuits. Certains sont d’une faci-
lité d’utilisation déconcertante,
comme Infogr.am, dont l’interface
léchéepermet deréaliser des infogra-
phies interactives enquelques clics.
D’autres sont plus exigeants, comme
CartoDBqui permet decartographier
des données, mais peuvent êtremaî-
trisés enquelques soirées.
Et puis les données pleuvent sur
nous comme jamais. Des dizaines
d’institutions (villes, provinces,
pays, organisations internationales,
etc.) mettent sur pied des portails
de données ouvertes et rendent de
plus en plus accessibles leurs bases
de données publiques. Pour faire
du journalisme de données plus
poussé, bienentendu, ona toujours
besoinde nos amis informaticiens.
Ceux-ci peuvent, mieux que le com-
mundes journalistes, programmer
des outils maison de cueillette de
données avec des langages ésotéri-
ques comme Python ou Ruby.
Ils peuvent également faire des
infographies de bien meilleure
qualité avec l’une ou l’autre des
nombreuses librairies javascript
qui ont été rendues publiques dans
ce dessein (D3, pour Data-Driven
Documents, ou Leaflet pour de la
cartographie, par exemple).
Ce n’est pas tous les jours qu’ona
l’occasion de faire du data journa-
lism. Même le NewYork Times, dont
sa section Interactives, propose de
nombreux «produits» d’information
issus de données, et le britannique
Guardian, l’un des rares médias à
avoir carrément unesectionDatasur
sonmenudenavigation, n’enpublie
pas quotidiennement.
Mais les réflexes de base néces-
saires au journalisme de données
sont utiles dans le quotidien du
reporter. Ces réflexes com-
prennent une aisance avec
les mathématiques, une
utilisation des logiciels
tableurs (comme Excel ou
Numbers) et, de façon plus
générale, ce que Seymour
Papert appelle le com-
putational thinking, une
façon de voir le monde et
de résoudre les problèmes
de façon analytique, systé-
matique. Cela ne veut pas dire qu’il
faille désormais penser comme
un ordinateur. Mais ceux-ci sont
tellement prévalents de nos jours
qu’il faut à tout le moins compren-
dre comment ils fonctionnent et,
surtout, comment ils restructurent
le monde qui nous entoure.
Ta grand-mère peut faire du journalisme de données
Au cours des dernières
années, un grand
nombre de reportages
ont pu être financés grâce
à cette méthode
Plus que jamais, les
institutions, les
gouvernements et les
organisations mettent
sur pied des portails
de données ouvertes
La maison d’édition numérique inouï, spécialisée dans les histoires incroyables mais vraies, a récolté près de
grâce au sociofinancement. «Cela nous a permis de financer le projet, mais aussi de tester notre format et
notre modèle d’affaires», explique l’un des trois cofondateurs, Marc-André Sabourin (photo). Les histoires d’inouï,
rédigées par des journalistes duQuébec, dela Franceet d’ailleurs, seront vendues dans l’ensembledela francophonie
sur tablettes, téléphones intelligents, liseuses et ordinateurs. Chaque récit se lira en une heure et intégrera photos,
vidéos et illustrations à la narration. Le lancement aura lieu fin novembre. PHOTOFOURNIEPARMARCANDRÉSABOURIN
L’EXPÉRIENCED’INOUÏ
leSoleil AU NOVEMBRE JOURNAL DU CONGRÈS
SÉBASTIENRODRIGUE
LaPresse
Nicolas Bérubé, journaliste à La
Presse, est revenu dans la salle de
rédactionde la rue Saint-Laurent en
septembre après unexil de sept ans
à Los Angeles. Àsondépart, la vidéo
était rare sur Cyberpresse, le Black-
Berry faisait son apparition dans
nos vies et les dossiers multimédias
se préparaient des mois à l’avance.
La dernière innovation était l’écri-
ture sur-le-champ d’un texte sur
le terrain pour le site Internet. La
tablette numérique? C’était de la
science-fiction. La Kindle d’Ama-
zon n’existait même pas.
Après une première journée de
travail dans nos bureaux à Mont-
réal en 2013, Nicolas Bérubé a eu
cette phrase éclairante : «La seule
chose qui n’a pas changé ici, c’est
la couleur du tapis et des meubles.»
Les deux dernières années ont
métamorphosé la salle de rédaction.
Une section vidéo d’une trentaine
de personnes a vu le jour. Environ
175 vidéos sont produites chaque
semaine. Une équipe de mise en
page totalisant un peu plus de
70 personnes a été mise en place;
c’est deux fois plus que celle du
papier.
Et les dossiers multimédias : nous
en produisons des douzaines cha-
que jour. Plusieurs journalistes ont
d’ailleurs été embauchés, notam-
ment pour nourrir une nouvelle
section. Nous sommes devenus si
nombreux que la superficie de la
salle de rédaction a doublé.
Mais au-delà des chiffres, La
Presse+ bouleverse nos traditions
journalistiques. Voici quatre grands
changements vécus à la rédaction.
L’auteur est directeur duprojet numérique
àlasallederédactiondeLaPresse.
LAPRESSE
Bousculer les traditions

La polyvalence des journalistes. Les journalistes ne peuvent plus se
contenter d’être de formidables plumes. Ils doivent désormais maîtriser
la scénarisation d’une vidéo et même être devant la caméra. La multipli-
cationdesinfographieslesobligeaussi àconcevoir delavisualisationdedonnées.
Lespossibilitésdujournalismededonnéeslespoussent aussi àutiliser unchiffrier
et même quelques notions de programmation. Dans un dossier sur les drogues
desynthèse, KatiaGagnonet DavidBoilyont tournéunevidéosur leslaboratoires
itinérants àlaStreet paradedeZurich. Celle-ci s’ajouteàunrécit passionnant sur
une descente de police et plusieurs infographies sur les drogues.
3
L’importance de l’interactivité. Sur une tablette numérique, un journal
seretrouveà proximitédeféroces compétiteurs. Il faut êtrecaptivant au
point de faire oublier au lecteur de mettre une photo sur Facebook, de
consulter ses courriels ou d’améliorer son score à Infinity Blade III. Il faut aussi
garder en tête qu’une application peut être supprimée en quelques secondes.
Plus un sujet est ludique et interactif, plus il a de chances de garder en haleine
les lecteurs. La journaliste Judith Lachapelle a repoussé les limites de l’interac-
tivitéavec sa BD-reportagesur les débris provenant des ravages dutsunami de
au Japon.

La scénarisation de l’information. Avant la tablette, un journaliste avec
une bonne histoire se posait une seule question : quelle longueur puis-je
écrire? Les journalistes réfléchissaient très peuàla miseenpage. Dans La
Presse, il faut yréfléchir dès ledépart. Il est possibled’innover chaquejour pour
présenter un sujet. Gabriel Duchaine et Olivier Jean ont scénarisé leur dossier
sur lafuitedeLukaRoccoMagnottapour leiPad. Ilsont documentéchaqueétape
de sa cavale en utilisant le texte, la photo, la vidéo, l’audioet l’infographie.

Lamultiplicationdes modes narratifs. L’avènement de la tablette met un
terme aurecours systématique autexte simple pour raconter une histoire.
Les journalistes disposent maintenant de plusieurs outils comme la vidéo,
les galeries photo, l’audioet les infographies. Les lecteurs aiment liredes textes
découpés de façon originale et remplis d’interactivité. Dans son dossier sur les
vols devélo, HugoMeunier aeurecours àlavidéo, autexteet àl’infographie. Son
dossier comporte, entre autres, trois vidéos, deux textes et une infographie.
AU NOVEMBRE leSoleil JOURNAL DU CONGRÈS
PROGRAMME
Vendredi novembre
hàh
TABLED’INSCRIPTION
ATELIERSDE
PERFECTIONNEMENT
PROFESSIONNEL
Le coût des ateliers de perfectionnement
du vendredi n’est pas inclus dans les frais
d’inscription au congrès. On s’y inscrit
séparément.
Ateliers d’une dem- journée:
(membres de la FPJQ)
ou (non-membres).
Ateliers d’une journée :
5CS(membres de la FPJQ)
ou 1CCS(non-membres)
Inscriptions obligatoires avant le
jeudi 14novembre 2C12 à la FPJQau
514522-6142 ou en ligne à fpjq.org.
hàh(journéecomplète)
COMMENTTOURNER
UNTOPOVIDÉO
Cettesessiond’introductionaureportage
vidéodevient deplusenplusessentielle
pour unnombredeplusenplusgrandde
journalistes, peuimporteleur typedemédia.
Lacapacitédetourner unevidéopeut faire
ladifférenceensituationd’embauche. La
sessionexploredesquestionscommele
choixdusujet, ladiffusion, lestorytelling, le
tournageet lemontage.
Avec TristanPéloquin,
vidéojournaliste, La Presse
hàh
L’UTILISATIONJOURNALISTIQUE
DESRÉSEAUXSOCIAUX
Tout le monde peut bidouiller avec plus ou
moins d’efficacité sur les réseaux sociaux.
Mais vous pouvez porter à un niveau supé-
rieur votre utilisation journalistique de ces
moyens de communication performants.
Cette session est là pour vous aider à y
parvenir.
Avec Florent Daudens, journaliste aux
réseaux sociaux, Radio-Canada
INTRODUCTIONAUJOURNALISME
DEDONNÉES
L’expression «journalisme de données»
est partout. C’est une tendance de fond
dans les médias. Mais elle fait peur comme
l’inconnu fait peur! On ne connaît pas
trop l’étendue de ce champ nouveau, les
compétences, les outils et les logiciels
nécessaires pour faire ses premiers pas.
Cette session vise à répondre de manière
concrète à ces questions.
Avec Jean-Hugues Roy, professeur de
journalisme, École des médias de l’UQAM
LESSTRATÉGIESPOURTIRERLE
MAXIMUMDELALOI SURL’ACCÈS
ÀL’INFORMATION
Quelles sont les différentes stratégies
qui peuvent être choisies afin d’accroître
l’efficacité de nos demandes d’accès à
l’information? Cette session de forma-
tion s’adresse aux journalistes qui ont
déjà une bonne expérience de l’accès à
l’information.
Comment préparer sa stratégie?
Comment déterminer le meilleur moment
pour expédier une demande d’accès?
Comment choisir le destinataire et élargir
les horizons?
Comment les demandes croisées, i.e. les
demandes adressées à plusieurs organis-
mes et niveaux de gouvernement en paral-
lèles, peuvent-elles être utiles?
Peut-on ne pas allumer de lumière rouge
dans les cabinets politiques?
Ya-t-il une rédaction qui nous assure une
plus grande efficacité?
Avec Monique Dumont, ex chef recher-
chiste de l’émission Enquête de Radio-
Canada et spécialiste de la Loi sur l’accès à
l’information.
hàh
LUNCHLIBRE
hàh
L’ENTREVUESELON
CLAUDEBERNATCHEZ
L’animateur de l’émission phare du matin
de Radio-Canada à Québec nous révèle
ses meilleurs trucs, exemples à l’appui.
Une bonne entrevue est toujours bien
préparée. Mais quelle stratégie employer
pour la conduire en presse électronique?
Comment établir le contact avec l’inter-
viewé? Que faire s’il se mure dans des
réponses convenues, protégé par une
langue de bois à toute épreuve? Comment
tenir compte des divers types d’entrevues
et d’interviewés?
Avec Claude Bernatchez,
animateur, Radio-Canada Québec
GRAPHISMEDEPRESSE: LES
NOUVELLESTENDANCES
Legraphismedepresseest encroissance
exponentielle. Touslesmédiasimprimés
sont confrontésaudéfi d’illustrer demanière
attrayantediversesréalités, parfoisabs-
traites. Quellessont lestendanceslesplus
prometteuses?Lesexemplesàsuivreet àne
passuivre?
Avec Benoît Giguère, directeur principal,
Design, Interactivité et Expérience usager,
La Presse
DIRIGERUNESALLEDEPRESSE
Du plus petit au plus grand média, une
gestion judicieuse de la salle de nouvelles
permet aux efforts de chacun de tendre
dans la même direction, de minimiser les
conflits stériles et d’accroître la créativité.
Cette session vous permet de profiter de
l’expérience d’un cadre qui a géré avec
succès des centaines de journalistes
durant sa carrière.
Avec AlainSaulnier, chargé de cours en
journalisme à l’Université de Montréal et
ex-directeur général de l’information à
Radio-Canada
hàh
ASSEMBLÉEGÉNÉRALE
DUCONSEILDEPRESSE
hàh
SPEEDDATINGPOURÉTUDIANTS
ENJOURNALISMEETPIGISTES
Rencontreprofessionnelledécontractée
avecplusieurs cadres demédias variés afin
depermettreàtoutes les parties demieux
seconnaîtreet detravailler ensemble. L’oc-
casionidéalepour garnir soncarnet d’adres-
ses et démarrer sacarrière. Apportezvos
cartes d’affaires!
Avec : BernardBlanchard, adjoint au
rédacteur en chef Journaux régionaux
Québec, Québecor Média
Julie Cailliau, directrice du contenu, Les
Affaires
Sylvia Cérasi, directrice générale – solu-
tion locale, TCMedia
Marcel Courchesne, directeur de
la cueillette et du déploiement,
Radio-Canada
Crystelle Crépeau, rédactrice en chef
adjointe, Châtelaine
Louise Dugas, rédactrice en chef reporta-
ges, culture, style de vie, Elle Québec
Julie Gobeil, coordonnatrice de contenu
et Laure Marcus, coordonnatrice du
contenu numérique, Protégez-Vous
Charles Grandmont, rédacteur en chef
adjoint, L’actualité
JedKahane, directeur de l’information,
CTVMontreal
George Kalogerakis, directeur de l’infor-
mation, Journal de Montréal
Éric Latour, directeur de l’information
Radio (Québec), Bell Média
Aude Marie Marcoux, rédactrice en chef
adjointe, Sélection du Reader’s Digest
Pierre Martineau, directeur de l’informa-
tion, 9S,5 FMet Cogeco Nouvelles
Pierre-Paul Noreau, rédacteur en chef,
Le Soleil
YannPineau, directeur principal —amé-
lioration continue, La Presse
Jules Richer, chef des nouvelles, QMI
Claudine St-Germain, rédactrice en chef
adjointe, Coup de Pouce
Patrick White, éditeur —rédacteur,
Huffington Post Québec
Un représentant du Journal Heures
Autres invités à confirmer
Laparticipationauspeeddatingest gratuite
mais cetteactivitéest strictement réservée
aux membres delaFPJQafindepermettre
des contacts plus directs et plus productifs
avec les cadres. Les membres doivent s’ins-
crireàcetteactivité: 514522-6142.
hàh
COCKTAILDEBIENVENUE
Avec la participation de
Vernissage de l’exposition des 4Cmeilleu-
res photos de presse de l’année, finalistes
du prix Antoine-Desilets
En partenariat avec
Samedi novembre
hàh
TABLED’INSCRIPTION
ATELIERS
hàh
DEL’INFOÀLAPROMO:
NUANCESDEGRIS
Reportages corporatifs, contenudirigéen
fonctiondes annonceurs, content marke-
ting, chroniques commanditées, cahiers
spéciaux: les frontières entrejournalisme,
publireportages et publicitésecolorent en
plusieurs nuances…degris. Ces nouvelles
déclinaisons fragilisent-elles lamincefron-
tièreentreinfoet promo?Mais encette
époqueoùlaconcurrenceest férocepour
separtager latartepublicitaire, la«vente»
decontenuau-delàdelapublicitétradition-
nelleest-elledevenueunebouéedesauve-
tagepour les finances parfois précaires des
médias?
Invités : Carole Beaulieu, éditrice et
rédactrice en chef, L’actualité
Pierre Couture, journaliste
à l’économie, Le Soleil
Geneviève Rossier, directrice de marque,
Coup de Pouce
Animation : BrianMyles, journaliste, Le
Devoir
RETOURSURLACAMPAGNE
ÉLECTORALEMUNICIPALE
Les résultats des élections municipales
seront à peine connus au moment du
congrès. Quel bilan tirer de la couver-
ture journalistique des élections et des
nombreux scandales municipaux qui les
ont précédées? Les journalistes sont-ils
devenus par défaut, dans certaines loca-
lités, la seule «opposition» à des conseils
municipaux parfaitement homogénéisés?
Les journalistes ont dénoncé la corruption
et la collusion, mais l’indignation trouvera-
t-elle un écho dans l’isoloir?
Les invités seront confirmés après les
élections du 3novembre.
LESOCIOFINANCEMENT, NOUVEAU
MÉCÈNEDUJOURNALISME
INDÉPENDANT?
De plus en plus de journalistes indépen-
dants font appel aux plateformes de
sociofinancement comme Kickstarter
et Indiegogo pour financer un reportage
à l’étranger ou la création d’un nouveau
média. Quels sont les défis à relever
dans la préparation d’une campagne de
financement participatif ? Comment les
journalistes indépendants peuvent-ils en
tirer profit ?
Invités : Nicolas Langelier, rédacteur en
chef et éditeur, Nouveau Projet
Marc-André Sabourin, journaliste indé-
pendant et cofondateur, inouï
MartinForgues, journaliste
indépendant et blogueur à Voir
Animation : Annick Poitras, journaliste-
pupitreuse, Protégez-Vous
hàh
MOTSPROSCRITS,
MOTSPRESCRITS
Plusieurs associations tentent d’imposer
un vocabulaire précis aux journalistes,
sous prétexte de ne pas marginaliser
davantage ceux qu’ils représentent, et qui
sont souvent déjà désavantagés. Le choix
des mots modifie-t-il la perception de la
réalité?
Invitées : Karine Villeneuve, directrice,
Association québécoise des personnes de
petite taille
Linda Gauthier, présidente, Regroupe-
ment des activistes pour l’inclusion au
Québec (RAPLIQ)
Animation : Patrick Lagacé, chroniqueur,
La Presse
LAPRESSE: QU’ESTCE
QUEÇACHANGEPOUR
LESJOURNALISTES?
Vidéo, structuredurécit, choixdessujets :
LaPressesur iPadamèneses artisans àtra-
vailler différemment. Sept mois après lelan-
cement, desjournalistes expliquent enquoi
l’arrivéedecetteplateformenumériquea
modifiéleur façonderaconter deshistoires.
Invités : SébastienRodrigue, directeur
responsable du projet numérique à la
rédaction, La Presse
TristanPéloquin, journaliste vidéo, La
Presse
Katia Gagnon, journaliste, La Presse
LEVISAGEDEGOOGLEQUÉBEC
Le directeur général de Google Québec
rencontre les journalistes. Google est un
joueur majeur en information à l’échelle
du monde, pour le meilleur ou le pire. Ses
nouveaux algorithmes en anglais mettent
en valeur le journalisme approfondi, sa
régie publicitaire et son agrégation de
nouvelles peuvent être vus comme utiles
ou nuisibles aux médias, ses outils gratuits
décuplent l’efficacité des reporters...
Invité : Nicolas Darveau-Garneau, direc-
teur général de Google Québec
Animation : Anne-Caroline Desplanques,
journaliste, Journal de Montréal et rédac-
trice en chef sortante, ProjetJ
hàh
LUNCH
Remise de la bourse Arthur-Prévost
Élections au conseil d’administration de
la FPJQ
Invitéspécial : CharlesEnderlin
Correspondant permanent de France2 à
Jérusalem, collaborateur à Radio-Canada,
Charles Enderlin couvre le Proche-Orient
depuis plus de 3Cans. En 2CCC, il se re-
trouve au cœur d’une polémique majeure
alors qu’il couvre la mort d’un enfant
palestinien. Dix ans plus tard, il publie le
livre Un enfant est mort sur cette affaire.
PROMO
De l’
à la
50 nuances de gris
a u C h â t e a u F r o n t e n a c d e Q u é b e c
l e s 2 2 , 2 3 e t 2 4 n o v e mb r e 2 0 1 3
C O N G R È S F P J Q
FÉDÉRATION
PROFESSIONNELLE
DES JOURNALISTES
DU QUÉBEC
hàh
L’INFORMATION
INTERNATIONALE, LEPARENT
PLUSQUEPAUVRE
L’état des lieux et les attentes de ceux
pour qui l’information internationale
est importante.
Le Centre d’études sur les médias
organise en marge du congrès
deux ateliers sur la couverture
internationale.
L’information internationale reste-
t-elle le parent pauvre des médias
québécois? Comment médias et
journalistes doivent-ils envisager leur
rôle en matière internationale alors
que les divers aspects de la mondiali-
sation rendent les affaires du monde
plus importantes que jamais pour
nombre de citoyens, d’institutions et
d’entreprises.
Invités : YanCimon, professeur,
sciences de l’administration,
Université Laval
Michel Cormier, directeur de l’infor-
mation, Radio-Canada
JocelynCoulon, Réseau de recher-
che sur les opérations de paix, Uni-
versité de Montréal
Michel Lambert, directeur général,
Alternatives
Jean-Frédéric Légaré-Tremblay,
journaliste pigiste
Jean-François Lépine, journaliste
François Normand, journaliste, Les
Affaires
Dominique Payette, professeure de
journalisme, Université Laval
FlorianSauvageau, Centre d’études
sur les médias
Alexandre Sirois, responsable des
informations internationales, La
Presse
Charles Enderlin connaît bien la contro-
verse; sa couverture du conflit israélo-pa-
lestinien lui a valu des critiques virulentes
des deux camps.
Charles Enderlin est récipiendaire de la
légion d’honneur française. Il sera inter-
viewé par Jean-François Lépine, reporter
et ancien correspondant de Radio-Canada
en Israël.
14h3Oà16h
MONLAC-MÉGANTIC
Peu de tragédies ont soulevé autant
d’émotions au Québec que la destruction
meurtrière du centre-ville de Lac-Mé-
gantic par un train fou. Comment les
journalistes qui furent les témoins directs
de ce drame ont-ils vécu leur affectation?
Comment tenir compte des émotions
aussi violentes, les siennes et celles des
témoins, dans le cadre des reportages sur
cette tragédie sans précédent?
Invités : Josée Cloutier, journaliste, TVA
Sherbrooke
Andy Blatchford, journaliste, Canadian
Press
Rémi Tremblay, rédacteur en chef, L’Écho
de Frontenac
Colette Roy-Laroche, mairesse,
Lac-Mégantic
SarahBélisle, journaliste, Journal de
Montréal
Animation : Pierre Craig, animateur,
Radio-Canada
14h3Oà15h3O
PLUSDEPRÉCARITÉ,
MOINSD’INFORMATION?
Six journalistes sur 1Ccraignent de se
retrouver dans un statut de précarité pro-
fessionnelle d’ici cinq ans, selon un sonda-
ge réalisé par la FPJQ. Et S5 %des répon-
dants croient que la précarité d’emploi a
un impact «nuisible» ou «très nuisible»
sur le journalisme. Peut-on toujours sou-
tenir que la qualité du journalisme repose
sur une vocation quasi sacerdotale qui n’a
rien à voir avec le statut d’emploi?
Invités : Mariève Paradis, journaliste indé-
pendante, présidente de l’AJIQ
Dominique Forget, journaliste indépen-
dante, coresponsable du sondage de
la FPJQsur l’impact de la précarité sur
l’information
RaymondLemieux, rédacteur en chef,
Québec Science
Animation : Lise Millette, journaliste, La
Presse Canadienne, et rédactrice en chef,
Trente
LEJOURNALISMEDEDONNÉES...
DONNEDESRÉSULTATS
Des journalistes montrent les informations
inédites qu’ils ont puobtenir grâceauxdon-
nées brutes quel’Institut delastatistiquedu
Québec(ISQ) aspécialement mises àleur
dispositionàl’occasiondeson1CC
e
anni-
versaireet ducongrès. Unedémonstration
del’impact des nouvelles techniques de
journalismededonnées accessibleaux
journalistes.
Invités : Jean-François Parent, journa-
liste, Finance et investissement
Anne-Caroline Desplanques, journaliste,
Journal de Montréal
Steve Proulx, journaliste et président,
37
e
AVENUE
Un expert del’ISQàconfirmer
Animation : Jean-Hugues Roy, professeur,
UQAM
16h15à17h15
LASAGADEROBFORD:
STUPÉFIANT!
Le maire de Toronto, Rob Ford, aurait
fumé du crack selon des journalistes du
Toronto Star qui ont visionné une vidéo qui
s’est volatilisée. Ont-ils publié en vitesse,
sans avoir fait toutes les vérifications
nécessaires, parce que le site de rumeurs
Gawker venait de lancer la bombe?
Invités : Michael Cooke, rédacteur en chef,
Toronto Star
Nathalie Collard, journaliste spécialiste
des médias, La Presse
Animation : Michel C. Auger, animateur,
Radio-Canada
ENQUOI L’INFOENCONTINU
CHANGE-T-ELLENOTREMÉTIER?
Lepublic exigedeplus enplus denouvelles
instantanées, sur toutes les plateformes.
Comment doit-ons’adapter, commejour-
naliste? Enquoi nos pratiques ont-elles
changé? Pour lapremièrefois cetteannée,
latéléaméricaineaperdusa domination
commepremièresourced’information. Le
mêmephénomèneest amorcéici. Àl’heure
deTwitter et des champions delarapidité,
l’infoencontinupeut-ellesauver latélé?
Invités : Caroline Belley, journaliste,
Radio-Canada
Andrée Ducharme, journaliste, TVA
JedKahane, directeur de l’information,
CTVMontréal
Animation : JonathanTrudel, journaliste,
L’actualité
14h3Oà1Sh
Bureau de vote pour les élections au C. A.
17hà1Sh3O
Cocktail offert par le
19h
DÎNERETREMISEDEPRIX
Remise des prix Jules-Fournier
et Raymond-Charette 2C13
Remise des prix Antoine-Desilets 2C13
Remise des prix Judith-Jasmin 2C13
Animation : Jean-Philippe Wauthier,
animateur des émissions Deux hommes en
or à Télé-Québec et La soirée est (encore)
jeune à Radio-Canada
Dimanche24novembre
1Ohà12h
ASSEMBLÉEGÉNÉRALE
ANNUELLEDELAFPJQ
Dévoilement des élus au conseil
d’administration
12h
FINDUCONGRÈS
leSoleil 22 AU 24 NOVEMBRE 2C13 JOURNAL DU CONGRÈS
MES CHOIX
• Inscription au congrès : ____$
ou
• Combo adhésion à la FPJQ+ inscription au congrès : ____ $
Je joins le formulaire d’adhésion à la FPJQ
(disponible à www.fpjq.org). Oui__ Non__
Si vous vous inscrivez en ligne, l’adhésion et l’inscription au congrès doivent se
faire en même temps.
MESCHOIXSUPPLÉMENTAIRES:
Repas additionnels (taxes et service inclus)
(Le lunch du samedi midi est déjà compris dans l’inscription sauf pour les tarifs
étudiants.)
• Petit déjeuner du samedi : 25 $X__ = ____$
• Petit déjeuner du dimanche : 25 $X___ = ____$
• Cocktail dînatoire du samedi soir : 70$X___= ____$
ATELIERSDEPERFECTIONNEMENTDUVENDREDI :
• Atelier ______________________________________ Coût ____________ $
• Atelier ______________________________________ Coût ____________ $
Montant total : ____________ $
VOSCOORDONNÉES
Nom ____________________________________________________________
Prénom _________________________________________________________
Fonction ________________________________________________________
Média ou entreprise _______________________________________________
Adresse _________________________________________________________
Téléphone _______________________________________________________
Courriel _________________________________________________________
Modalités d’inscription
VOUSPOUVEZVOUSINSCRIREAUCONGRÈS
En ligne à www.fpjq.org
Par la poste (adresse plus bas)
Par télécopieur : 514522-6C71
Par téléphone : 514522-6142 (demandez Leslie)
CHOIXDUMODEDEPAIEMENT
Par chèque à l’ordre de la FPJQ
Facturation (pour les entreprises seulement)
Par PayPal (en ligne seulement)
Par Interac ou comptant (à la FPJQseulement)
Par Visa
Par Mastercard
N
o
de carte de crédit_____ Date d’expiration____
Signature de la carte______
TPS : R1212S6637
TVQ: 1CC6C93252
HÉBERGEMENT
Réservez dès maintenant votre chambre au tarif très privilégié de 145 $(plus
taxes) en occupation simple ou double au Château Frontenac de Québec.
Réservez directement au 1 SCC441-1414en mentionnant que vous faites partie
du congrès de la FPJQ(code : FPJQ1113).
La date limite pour réserver votre chambre à ce prix de faveur est le vendredi
Snovembre 2O13. Après cette date, ni la disponibilité ni les tarifs ne sont garan-
tis. Chaque année, des congressistes qui s’y prennent à la dernière minute doivent
loger dans un autre hôtel que celui du congrès.
Fédération professionnelle des journalistes du Québec,
1012, av. Mont-Royal E., bureau 105, Montréal, QC, H2J 1X6
tél. : 514522-6142; téléc. : 514522-6C71 info@fpjq.org www.fpjq.org
La FPJQremercie ses médias partenaires:
PARTENAIREARGENT
PARTENAIRESBRONZE
11hà12h
L’INFORMATION
INTERNATIONALE, QU’EN
PENSENTJOURNALISTES
ETPATRONSDEPRESSE?
Le Centre d’études sur les médias
organise en marge du congrès
deux ateliers sur la couverture
internationale.
L’information internationale reste-
t-elle le parent pauvre des médias
québécois? Comment médias et
journalistes doivent-ils envisager leur
rôle en matière internationale alors
que les divers aspects de la mondiali-
sation rendent les affaires du monde
plus importantes que jamais pour
nombre de citoyens, d’institutions et
d’entreprises?
Discussions entre les panélistes
présents dans le premier atelier et
l’auditoire.
16h15à17h15
35 ANS DEL’AGENCE
SCIENCE-PRESSE
Pour célébrer son 35
e
anniversaire,
l’Agence Science-Presse organise
un atelier spécial à l’occasion du
congrès.
LASCIENCEBÂILLONNÉE?
Le gouvernement canadien limite
sévèrement le droit de parole de ses
scientifiques. Ceux-ci sont même
descendus dans la rue et ont signé
des lettres d’opinion dans les médias.
Paradoxalement, l’information en
science vit une libération à travers le
monde : de plus en plus de données
sont accessibles à tous, et gratuite-
ment. Comment le vit-on au Québec?
Quel parti peuvent en tirer les journa-
listes pour faire un meilleur travail?
Invités : BinhAnVuVan, présidente
de l’Association des communicateurs
scientifiques —Le bâillonnement des
scientifiques fédéraux
Mouvement Stand Up for Science,
invité à confirmer
Pascal Lapointe, journaliste scienti-
fique —La (pas si) libre circulation de
l’information en science
Université Laval, invité à confirmer
Animation: JoséeNadiaDrouin, direc-
tricedel’AgenceScience-Presse
FORMULAIRE
D’INSCRIPTION
Vous pouvez aussi vous inscrire en ligne
à www.fpjq.org, simplement et en toute
sécurité.
Le congrès est ouvert au grand public.
Employeurs, payez à vos journalistes l’ins-
cription au congrès!
Les frais d’inscription et de déplacement
assumés par les médias employeurs
comptent parmi les dépenses de forma-
tion qu’ils doivent effectuer chaque année
en vertu de la Loi sur le perfectionnement
du Québec.
Tarifs de l’inscription au congrès, taxes
incluses
MEMBRESPROFESSIONNELS
Avant le 14novembre : 209$
Après le 14novembre : 239$
MEMBRESTARIFRÉDUIT*
Avant le 14novembre : 139$
Après le 14novembre : 169$
MEMBRESASSOCIÉS**
Avant le 14novembre : 139$
Après le 14novembre : 169$
MEMBRESÉTUDIANTSEN
JOURNALISME(SANSREPAS)
Avant le 14novembre : 49$
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NON-MEMBRES
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NON-MEMBRESÉTUDIANTSEN
JOURNALISME(SANSREPAS)
Avant le 14novembre : 65 $
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* Membres à tarif réduit : membres
professionnels gagnant moins de 25 000$
** Membres associés : étudiants et
professeurs en journalisme, journalistes
retraités, journalistes à temps partiel ou
journalistes bénévoles de médias
communautaires, ethniques et étudiants.
L’inscription au congrès comprend : le
cocktail du vendredi soir, les ateliers du
samedi, la pause café du samedi matin, le
repas du samedi midi (sauf pour les tarifs
étudiants), le cocktail du samedi et l’as-
semblée générale du dimanche matin.
Deséconomiesàsaisir!
Devenez membre de la FPJQpour 12 mois
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TROISCOMBOSPOSSIBLES
(TAXESINCLUSES)
• Membres à plein tarif : adhésion à la
FPJQ(166$) + congrès (209$) = ne payez
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14novembre. Économisez 80$par rap-
port aux prix normaux.
• Membres à tarif réduit* et membres
associés**: adhésion à la FPJQ(78$) +
congrès à tarif réduit (139$) = ne payez
que 175 $au lieu de 217 $. Sera 247 $après
la fin de l’offre de combo le 14novembre.
Économisez 72 $par rapport aux prix
normaux.
• Étudiants en journalisme : adhésion à la
FPJQ(44$) + congrès sans repas (45 $)=
ne payez que 75 $au lieu de 89$. Sera 99
$après la fin de l’offre de combo le
14novembre. Économisez 24$par rap-
port aux prix normaux.
Cette offre de combos est valable seule-
ment jusqu’au jeudi 14novembre 2C13.
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congrès en même temps que le formulaire
d’adhésion (téléchargez à www.fpjq.org
ou procédez directement en ligne).
AU NOVEMBRE leSoleil JOURNAL DU CONGRÈS OPINION

POINTDEVUE Daniel Dubrûle *
C
omme plusieurs d’entre
vous, j’utilise intensément
les réseaux sociaux, prin-
cipalement Facebook. Il y a fort à
parier que j’aie déjà trollé
1
sur un
de vos statuts en le commentant
ou en aimant ce qui s’y disait. J’en
fais un usage immodéré et je dois
tomber sur la rate de bien des
gens beaucoup trop polis pour
me retirer de leur liste d’amis.
Même si je n’y écris pas noir sur
blanc mes opinions politiques,
il est possible pour ceux qui me
suivent depuis toujours sur Face-
book d’avoir une certaine idée
où je loge sur le spectre politique.
On pourrait m’accuser d’habiter
une maison de verre, mais ça ne
m’empêche pas d’être profondé-
ment mal à l’aise avec la parti-
cipation d’un grand nombre de
journalistes en ce moment dans
le débat public.
Le débat sur la Charte des
valeurs québécoises soulève les
passions. On l’a vu dès la fin de
l’été. Tout un chacun a son opi-
nion et la défend sur toutes les
tribunes. On a même vu certains
de nos collègues se faire empor-
ter par le mouvement et y aller
de commentaires enflammés sur
Twitter et Facebook.
À une époque où les débats
sont polarisés, où tout le monde
se croit être un leader d’opinion
devant sa propre communauté
de lecteurs et où l’on agit néan-
moins comme si l’on se trouvait
dans l’intimité de notre salon
en compagnie de deux ou trois
amis d’enfance, cela n’a rien
d’étonnant.
Récemment, une journaliste
de The Gazette a annoncé qu’elle
allait participer à une manifesta-
tion contre la Charte des valeurs
tenue en septembre en invitant
tous ses amis à la rejoindre. De
nombreux autres journalistes
ont signé un manifeste circulant
sur Internet. Comme le disait
avec justesse le collègue Pierre
St-Arnaud récemment sur Face-
book, pourquoi risquer de porter
atteinte à notre crédibilité en
agissant ainsi?
Concernant le manifeste-
circulaire qui a fait le tour des
réseaux sociaux et qui a certai-
nement sa pertinence dans le
présent débat, je n’ai rien contre
les signatures de certains «chro-
niqueurs-blogueurs» même s’ils
disposent déjà d’une tribune
(souvent plus d’une) pour se faire
entendre... Il me semble que
dans un souci de «distance criti-
que», il vaudrait mieux s’abstenir
de participer au débat en cours,
surtout lorsqu’il a autant d’écho
dans la société. Rigueur, distan-
ce, objectivité, réserve ont-elles
été retirées du Code de déonto-
logie durant mes vacances? Je ne
crois pas.
Ça me semble la base de
notre métier. Ne l’oublions pas
lorsqu’on navigue sur les réseaux
sociaux.
* L’auteur est moralisateur àtemps
partiel et journalisteaupupitreà
LaPresselerestedutemps.
P. S. : Cebillet aurait pusecomposer de
cetteuniquephrase: «LisezleGuidede
déontologiedelaFPJQsept fois avant de
donner votreavis dans ledébat public.»

Le terme Internet troller décrit l’activité
d’une personne qui se manifeste dans les
commentaires Internet (Facebook,
Twitter, forums de discussions) pour
susciter ou nourrir une polémique dans
les discussions d’autrui.
Sans réserve

POINTDEVUE Alain Saulnier, président de la FPJQde à
Q
ue dire de Claude
Robillard qui n’aura pas
été dit par d’autres collè-
gues? Et surtout que dire à Claude?
D’abord, un gros merci d’avoir
tenu à bout de bras cette organi-
sation aussi puissante que vul-
nérable, et ce, durant toutes ces
années. Claude a constitué une
force tranquille pour la FPJQ. For-
ce, car capable de nourrir en tout
temps notre engagement et notre
attachement envers la profession.
Tranquille, car si nécessaire, il
savait doucement remettre les
pendules à l’heure, même pour
les nouveaux élus du conseil
d’administration…
Depuis plus de 20 ans, Claude
a réussi à enraciner les valeurs
professionnelles du journa-
lisme auprès des membres de
l’organisation et contribué ainsi
à développer une culture pro-
fessionnelle de haut niveau au
Québec.
Sur un plan plus personnel, je
le remercie de m’avoir accom-
pagné dans mon engagement à
doter la Fédération du Guide de
déontologie durant mon mandat
à la présidence. C’est son bébé
autant que le mien, et il est deve-
nu le vôtre désormais. À nous de
lui assurer une pérennité.
J’ai également pu apprécier ses
grandes qualités intellectuelles,
sa rigueur, son honnêteté et sa
grande loyauté sans compromis
inutile sur l’essentiel. Claude est
un homme de convictions.
Grâce à son secrétaire général,
la FPJQ a grandi et a donné fière
allure à cette profession que nous
aimons tant.
Par ailleurs, Claude est un
homme de peu de mots, mais ce
qu’il écrit bien!
À chaque occasion, il a donné
une touche toute personnelle
à la rédaction d’innombrables
textes, tels que les nombreux
communiqués de presse et les
mémoires de la FPJQ grâce à sa
maîtrise exceptionnelle
du verbe.
De prime abord, notre secré-
taire général a l’allure du mis-
sionnaire chargé de porter la
bonne parole. C’est un peu vrai,
et c’est d’ailleurs ce que ça prend
pour occuper une telle fonction.
Mais il a également tiré de cette
position de missionnaire le plaisir
solitaire de travailler sans cette
lourde structure hiérarchique
qu’il abhorre.
Sa vie professionnelle fut ainsi
comblée, et nous, ravis d’en
profiter.
Enfin, Claude, merci de m’avoir
fait passer des années extraordi-
naires à la présidence de la FPJQ,
ta fédération.
En toute amitié.
La force tranquille de la FPJQ
Il mesemblequedansunsouci de«distancecritique», il vaudrait mieuxs’abstenir departiciper audébat encourssur laChartedesvaleursquébécoises, surtout
lorsqu’il a autant d’écho dans la société. PHOTOLAPRESSE, IVANOHDEMERS
leSoleil AU NOVEMBRE
L
orsque j’ai annoncé à mes
collègues journalistes que
j’avais accepté de succé-
der à Claude Robillard comme
secrétaire générale de la FPJQ,
la réaction globale a été : «QUOI?
Celui qui porte la Fédération sur
ses épaules depuis un quart de
siècle?»
J’ai vite compris que je mar-
chai s dans de t r ès grands
souliers.
Puis j’ai rencontré les journalis-
tes qui s’investissent à la FPJQ : le
comité exécutif, le conseil d’ad-
ministration, les représentants
des sections régionales. Ceux qui
assistent aux différents comités.
Ceux qui sont parrains et ceux
qui sont parrainés. Des pigistes
et des directeurs d’information.
Tant de bénévoles qui donnent
de leur temps parce qu’ils croient
en la mission de la FPJQ. Petit
à petit, j’ai été transportée par
cette multitude de passionnés.
Dix années passées dans des
salles de nouvelles au Canada et
en Europe m’ont appris une cho-
se : il faut être un peu fou pour
se lancer dans cette profession.
Le journalisme est un métier
ardu, parfois ingrat, souvent
stressant et épuisant. On ne le
choisit pas pour les horaires faci-
les. Certainement pas pour le
salaire. Rarement pour la gloire.
On y entre par conviction, espé-
rant souvent faire une différence
dans le monde, ou du moins,
dans son petit coin de pays.
Trouver à la FPJQ ceux qui par-
tagent nos ambitions, ça donne
des ailes.
À la BBC World Service, mes
collègues et moi étions bien
conscients de la réalité des pays
où nous diffusions et ramassions
de l’information.
Des pays comme la Russie, la
Chine, le Zimbabwe, le Myanmar,
Cuba, ou l’Iran, où la liberté de
presse est si rare que recevoir
de l’information de la BBC est
parfois synonyme de survie. Au
Québec, nous jouissons d’une
relative liberté de presse, bien
qu’elle ne puisse être prise pour
acquis.
Encore aujourd’hui, des élus de
tous les paliers gouvernemen-
taux refusent de partager de
l’information qui appartient au
public. Des journalistes se font
bousculer, intimider. On enquê-
te sur des sonneurs d’alarme. Il
reste aussi chez nous beaucoup
de travail à abattre.
Si la mission de la FPJQ de
défendre la liberté de presse et
le droit du public à l’information
est la même depuis 1969, le jour-
nalisme, lui, a beaucoup changé.
Aujourd’hui, on fait des repor-
tages entiers sur des télé-
phones intelligents. Le
public consomme de plus
en plus ses nouvelles sur
les réseaux sociaux. Les
sites à potins comme
Gawker déstabilisent les
médias traditionnels.
La nouvelle instantanée
et l’information en conti-
nu révolutionnent notre
métier. La réalité du journaliste
n’est plus ce qu’elle était.
La FPJQ, comme le journa-
liste, doit s’adapter. Nous enta-
mons un tournant important
cette année, avec un président
et un secrétaire général sortants
qui ont tous deux fait un travail
exceptionnel.
À titre de secrétaire générale,
j’aurai la responsabilité de veiller
à ce que les valeurs fondamenta-
les du journalisme soient respec-
tées au Québec, pour que vous
puissiez faire votre travail libre-
ment et à votre plein potentiel.
Grâce à votre soutien et au legs
de Claude, je me sens prête à
assurer la relève de notre fédé-
ration et à chausser les grands
souliers.
Nous pouvons être fiers de la
FPJQ, la plus grande associa-
tion de journalistes au pays. Son
rayonnement et sa reconnais-
sance aujourd’hui sont en gran-
de partie dus au travail dévoué
de Claude, à sa sagesse et son
intégrité.
Il a bâti les bases solides qui
nous permettront d’évoluer avec
le métier, dans l’intérêt public.
En avant
éditorial
Grâce à votre soutien et au
legs de Claude, je me sens
prête à assurer la relève de
notre fédération et à
chausser les grands souliers
CAROLINELOCHER

CARREFOURDES LECTEURS
Cher Claude...
J’ose à peine imaginer la FPJQ
sans toi. Tu en es l’âme, l’ins-
piration, la rigueur et la déter-
mination. Et, la mémoire vive.
Que de convictions à défendre,
de tempêtes et de controver-
ses à traverser jour après jour,
année après année. Toujours
présent avec ta patience, ta
douce fermeté pour en réaf-
firmer son utilité, sa nécessité
dans un univers où la dérive
nous met à mal. Comment
oublier les nombreux débats
sur le statut professionnel
des journalistes, la conver-
gence et la concentration de la
presse, la précarité du métier
et la survie même de la FPJQ.
Nous te devons beaucoup.
Anne-MarieDussault
Prés|dentede|o/PJO
de2OO! ò2OO4
Notre conscience
Claude Robillard était pour
nous tous, présidents de la
FPJQ, notre conscience et notre
mémoire. Doté d’un jugement
hors pair, il m’a souvent sauvé
la peau lors d’interventions
publiques. Il incarne la sagesse
guidée par sa douce indigna-
tion. Bonne retraite, Claude! Tu
mérites les milliers de clichés
que tu comptes prendre, armé
de ton appareil photo, et conti-
nue à nous livrer ton regard
acéré sur un monde qui a tant
besoin de gens comme toi!
AlainGravel
Prés|dent de|o/PJO
de2OO4ò2OO7
L’âme de la fédé
Comme tous les anciens qui
l’ont côtoyé à la présiden-
ce, j’ai vécu dans la hantise
que Claude parte pendant
mon mandat. Redouté que
quelqu’un, dans un cabinet
politique, une administration
ou une grande entreprise le
découvre et vienne nous l’arra-
cher en le payant à la hauteur
de ses mérites, ce que nous
n’avons jamais réussi à faire.
Claude a été l’âme de cette
organisation, sa mémoire, son
fil conducteur. Stimulant, luci-
de, pragmatique, enthousiaste,
droit, tenace, assidu, patient,
intelligent dans toute la force
qu’on peut vouloir donner au
mot. Il a fait de la FPJQ une
organisation forte et capable
de lui survivre, mais la barre
est désormais placée très hau-
te. Merci pour tout, Claude.
François Bourque
Prés|dent de|o/PJO
de2OO7ò2OO9
Je prendrai soin
de tes plantes
Un secrétaire général vous
manque et la FPJQ est dépeu-
plée! C’est un plaisir de tra-
vailler depuis trois ans et
demi avec un homme pas-
sionnant et passionné.
Claude, j’ai appris énormément
à tes côtés, ce fut un honneur
de côtoyer la mémoire vivante
de la Fédération. Je te sou-
haite beaucoup de bonheur
dans tes nouvelles fonctions
de retraité, je suis certaine que
tu en profiteras pour mener à
bien tes projets personnels.
J’aurai une pensée pour toi
en arrosant tes magnifiques
plantes chaque vendredi…
LeslieHumblot
^djo|nteodm|n|strot|vede|o/PJO
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envoyer quelques lignes à
Claude Robillard pour
souligner sa retraite ou
encore à Caroline Locher pour
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￿￿ AU ￿￿ NOVEMBRE ￿￿￿￿ leSoleil JOURNAL DU CONGRÈS
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DESMEMBRES
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DESJOURNALISTES
TRAVAILLENTPOUR
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Radio: ￿￿ ￿
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Internet : ￿￿￿
Hebdos régionaux : ￿￿
Maisons
d’enseignement : ￿￿
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La FPJQ en chiffres ￿￿￿￿

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SONTBASÉS
ÀMONTRÉAL
Québec : ￿￿￿
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Montérégie : ￿￿
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Lac-Saint-Jean: ￿￿
Laurentides : ￿￿
Bas-Saint-Laurent,
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de-la-Madeleine : ￿￿
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au Québec
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leSoleil AU NOVEMBRE
lemonde
FLORIANSAUVAGEAU
Président duCentre
d’études sur les médias
L’annonce, il y a quelques mois,
de la disparition de l’émission
Uneheuresur terreàlatélévision
de Radio-Canada, rare lieu de
réflexion sur les enjeux interna-
tionaux, a relancé chez quelques
journalistestournésverslesaffai-
resdumondeundébat qui acours
depuis des décennies sur la place
de l’information internationale
dans les médias québécois. Elle
reste toujours le parent pauvre
quePaul-AndréComeaudécrivait
en(Lesjournalistes, Québec
Amérique).
En fait, le parent devient plus que
pauvre. Dans un bilan de ses com-
pilations de l’année 2012, Influence
Communicationnote que «les nou-
velles internationales se classaient
au 19
e
rang des priorités médiati-
ques québécoises». Selon l’entre-
prise, les médias québécois ont
accordé 18 fois moins d’attention
au reste du monde que leurs homo-
logues ontariens.
Pourtant, les divers aspects
de la mondialisation ont rendu
l’information internationale plus
importantequejamais pour denom-
breuses institutions et entreprises
québécoises, comme l’a souligné
l’animateur d’Une heure sur terre,
Jean-François Lépine, lors de son
départ de Radio-Canada. Mais la
couvertureinternationalecoûtecher
et personnenes’agitepour qu’il y en
ait davantage. Depuis 2008, quel-
ques grands médias mis à part, les
difficultés financières des entrepri-
ses de presse en ont réduit la place
dans d’autres pays, notamment aux
États-Unis, aumoment mêmeoùson
importance apparaît plus grande.
L’accès rendu facile aux grands
médias étrangers oblige aussi nos
entreprises à concevoir une cou-
verture originale, distincte de cel-
le du Wall Street Journal ou de la
BBC, qui continuent de consacrer
aux affaires internationales des res-
sources auxquelles nos médias ne
peuvent même pas rêver, mais dont
les contenus ne répondent pas tou-
jours aux besoins spécifi-
ques des Canadiens ou des
Québécois. La tâche n’est
pas simple. Faut-il, comme
l’ont fait certains quotidiens
américains de taille moyen-
ne, se consacrer aux affaires
locales et abandonner l’in-
formation internationale à
quelques grands médias? Ou
trouver unefaçonautredeprésenter
les affaires dumonde, qui sont aussi
les nôtres?
Comment Le Devoir ou La Presse
peuvent-ils retenir l’attention d’un
lecteur québécois qui s’intéresse à
la vie politique française et qui a
accès via Internet à tous les médias
de l’Hexagone? Radio-Canada
doit-elle privilégier les nouvelles
internationales, l’information du
jour, ou se consacrer à des dos-
siers qui expliquent les causes
des événements et en font voir les
conséquences? Comment envisager
ce problème et qu’en pensent, non
seulement journalistes et patrons
de presse, mais aussi ceux qui ont le
plus besoin d’un regard sur l’étran-
ger dans leur vie de tous les jours?
Ce colloque présenté le 23 novem-
bre par le Centre d’études sur les
médias au cours du Congrès de
la Fédération professionnelle des
journalistes du Québec posera ces
questions aux uns et aux autres.
L’INFORMATIONINTERNATIONALE
Unparent plus que pauvre
Les divers aspects de la mondialisation ont rendu l’information internationale plus importante que jamais pour
de nombreuses institutions et entreprises québécoises, comme l’a souligné l’animateur d’Une heure sur terre, Jean-
François Lépine, lors de son départ de Radio-Canada. PHOTOLAPRESSE, DAVIDBOILY
L’info internationale se
classait en au
e
rang
des priorités médiatiques
québécoises, selon
Influence Communication
La Caisse, bâtisseur de long terme au Québec et dans le monde www.lacaisse.com
Relations médias
514-847-5493
medias@lacaisse.com
Pour enprendre
des nôtres :
AU NOVEMBRE leSoleil LE MONDE
Grand reporter, correspondant de France Télévisions
au Moyen-Orient, Charles Enderlin tient depuis plus de
ans la chronique d’un monde en conflit permanent
LUCCHARTRAND
Radio-Canada
Pour bien des Québécois, Char-
les Enderlin est surtout une voix.
Une voix caverneuse et assurée,
gravée dans les esprits par ses
interventions occasionnelles à
la radio de Radio-Canada ou par
les narrations hors champ de ses
nombreux documentaires sur le
conflit israélo-palestinien.
Ce journaliste franco-israélien
est un doyen de la couverture du
conflit quasi permanent entre Juifs
et Arabes d’Israël et de Palestine.
Il a vu passer la guerre du Yom
Kippour de 1973, celle du Liban de
1982, les deux Intifadas («insurrec-
tions») palestiniennes, les atten-
tats de masse à Jérusalem et à Tel
Aviv, les missiles Scuds de Sad-
dam Hussein, la deuxième guerre
du Liban, en 2006, et les assauts
israéliens plus récents contre la
bande de Gaza.
En ce moment même, son pays
se préoccupe des débordements
du conflit syrien sur sa frontière et
se dit prêt à partir en guerre contre
l’Iran pour stopper ses ambitions
nucléaires.
Comment exercer son métier
dans un t el ét at de conf l i t
permanent?
«Par la vigilance permanente»,
répond Charles Enderlin. La vérité,
dit-on souvent, est la première
victime d’une guerre. «C’est la rai-
son pour laquelle j’essaie toujours
de revenir en arrière sur les évé-
nements par le biais de livres ou
de documentaires. En faisant ce
travail d’histoire, j’essaie de voir
si je me suis trompé!»
Né en France, Charles Enderlin a
été élevé en partie par ses grands-
parents maternels, des réfugiés
juifs venus d’Autriche. Son ado-
lescence a été façonnée par les
idéaux de Mai 68 et par les écrits
de Theodor Herzl, le père du sio-
nisme. Dès le début des années 70,
il s’envole pour Israël, s’enrôle
comme travailleur volontaire dans
un kibboutz et prend la nationa-
lité. En 1971, il devient journaliste
pour une radio israélienne.
En 1981, il est recruté comme
correspondant par Antenne 2 (qui
deviendra France 2) et il occupe,
encore aujourd’hui, le poste de
chef de bureau de France 2 à
Jérusalem.
PRINTEMPS ARABE
Il est aussi correspondant pour
l’Égypte et il s’est retrouvé au cœur
de la Révolution, au Caire, en 2011,
lors de la chute du président Hos-
ni Moubarak. Cette chute a été
suivie, un an et demi plus tard,
par l’élection à la présidence de
Mohammed Morsi, le candidat
des Frères musulmans, puis de son
renversement par un coup d’État
l’année suivante.
Charles Enderlin met en garde
ceux qui estiment désormais que
le Printemps arabe et la Révolution
égyptienne sont des échecs.
«La Révolution égyptienne est
en cours et elle va peut-être durer
des décennies. Mais plus rien n’est
comme avant : les Égyptiens par-
lent, ils écrivent dans la presse,
ils publient, alors qu’avant, ils
avaient peur. Il y a dans la région
une véritable recherche de démo-
cratie. C’est une lame de fond qui
a commencé avec l’apparition
de la télévision satellitaire et qui
traverse l’ensemble du monde
arabo-musulman.»
Ses nombreux livres et sa fil-
mographie sont jalonnés par des
constats aussi lucides que sévères
sur le conflit israélo-palestinien :
Les années de sang, Le rêve brisé,
Les années perdues… Son dernier
ouvrage (et le documentaire qui
l’accompagne), Au nomdu temple,
retrace la montée du nationalisme
religieux israélien, la multiplica-
tion des colonies et l’hypothè-
que de plus en plus lourde que
cela fait peser sur la possibilité
d’un règlement du conflit avec les
Palestiniens. Reste-t-il de la place
pour l’espoir?
«Je ne couvre pas l’espoir mais
une réalité que certains trou-
vent désespérante, dit Charles
Enderlin. Professionnellement,
j’essaie absolument de ne pas me
prononcer.»
Le seul fait, souligne-t-il, d’utili-
ser le langage de la communauté
internationale pour parler, par
exemple, de territoires occupés
alors que la droite israélienne pré-
fère parler de territoires disputés,
«cela vous range dans un camp aux
yeux de certains».
SOUS LAPRESSION
DES LOBBIES
Couvrir un conflit perpétuel,
c’est donc vivre sous la pression
permanente des lobbies et ses
reportages lui valent des réactions
hostiles de la part des deux camps.
En 2000, alors que commence la
deuxième Intifada palestinienne,
Charles Enderlin diffuse des ima-
ges de son caméraman sur lesquel-
les on voit un enfant palestinien
tué par des balles qui paraissent
venir d’une position israélienne.
L’enfant, Mohammed Al-Durah,
devient instantanément une icône
de la révolte palestinienne et des
rues sont rebaptisées à son nom
un peu partout dans le monde
arabe.
Dans un premier temps, l’armée
israélienne s’excuse de cette bavu-
re. Elle se ravise plus tard en affir-
mant que ces tirs ne provenaient
pas de sa position.
Cette affaire déclenche une
campagne féroce contre Charles
Enderlin et France Télévisions,
campagne orchestrée en partie
par le Conseil représentatif des
Israélites de France (CRIF) et
alimentée par une phalange de
polémistes dont l’un, Philippe
Karsenty, échafaude une théorie
du complot, accusant le journa-
liste d’avoir fabriqué une fausse
nouvelle.
Il faudra 13 années de démê-
lés judiciaires pour que Charles
Enderlin et France Télévisions
voient confirmer par les tribu-
naux français (le 26 juin dernier)
la condamnation de Karsenty pour
diffamation.
«Pour résister aux lobbies, dit-il,
le journaliste doit d’abord ne pas
être seul. J’ai reçu l’appui constant
des dirigeants successifs de Fran-
ce Télévisions, des syndicats de
France Télévisions et des sociétés
de journalistes.»
De cette histoire, le journaliste
tire cette réflexion, déjà confiée
au journal Le Monde : «À partir
du moment où un correspondant
de presse commence à travailler
en tenant compte des réactions
éventuelles que son information
va susciter, il est fini.»
Une leçon que tous les journa-
listes devraient se faire tatouer...
Jean-François Lépine mènera une
grande entrevue avec Charles Enderlin
samedi lors du dîner du Congrès.
Une carrière
aucœur
des conflits
«Je ne couvre pas
l’espoir mais
une réalité que
certains trouvent
désespérante»
—Charles Enderlin
DOMINIQUELEMOINE
Journalisteindépendant
Avec ou sans visa de presse en
Chine, ou même à partir de votre
chaise dans un autre pays, des
outils existent pour obtenir des
informations officielles ou criti-
ques sur la Chine, sans repiquer cel-
les des grandes agences de presse
internationales et des chaînes d’in-
formation en continu. Des outils
souvent en anglais, parfois en fran-
çais, la plupart mal traduits cepen-
dant par Chrome. La consultation
se doit d’être avisée et utilisée avec
précautionafinde ne pas annoncer
la désignation d’Istanbul aux Jeux
olympiques, par exemple.
Le site www.gov.cnoffre une porte
d’entrée vers ses secrets les moins
secrets, ceux liés à notre ignorance
plutôt qu’au secret d’État. Ce por-
tail officiel de l’État de la Républi-
quepopulairedeChinecontient des
descriptions élémentaires du type
«qui fait quoi» et une descriptionde
la structure du pouvoir. Il s’agit de
l’endroit pour en apprendre sur le
Congrès national du peuple, la pré-
sidence, laCour suprêmedupeuple,
le Conseil d’État, etc. Pour des com-
muniqués et des notes officielles sans
intermédiaire, ce site est le point de
départ. On y trouve également des
liens vers les ministères des Affai-
res extérieures, de la Défense et du
Commerce, entre autres.
Pour des informations digérées
localement avec un tri des matiè-
res à prendre et à laisser, le South
China Morning Post (SCMP) de
Hong Kong fait figure de contre-
pouvoir, moins qu’auparavant par
contre. On le dit en effet moins
indépendant de l’État depuis la
rétrocession du Hong Kong britan-
nique à la Chine en 1997 et depuis
des allégations sur son propriétaire
malais, la famille Kuok, voulant que
des liens et des intérêts financiers
soient tissés avec le pouvoir central.
Le SCMP a néanmoins rapporté les
commémorations de Tiananmen
et critique la politique de l’enfant
unique. En revanche, une position
de censure et d’autocensure est
dénoncée sur certains aspects de
l’épisode Tiananmen.
LESOPINIONSENLIGNE
Ence qui concerne l’opinion, des
médias sociaux permettent de pren-
dre la température, avec l’aide du
site Chrome pour une traduction
imparfaite. Pour s’opposer à une loi
obligeant à aller visiter et à s’occuper
de ses parents en région, célébrer
l’anniversaire duParti communiste,
entretenir de vieilles rengaines avec
le Japon ou juger et supporter Bo
Xilai, les Chinois utilisent Weibo
et Renren, versions nationales de
Twitter et Facebook. Ces derniers
sont proscrits en Chine continen-
tale. Du côté du partage citoyen de
documents : Doc88.com.
D’autres médias offrent des infor-
mations plus oumoins alignées avec
le discours officiel, mais ils restent
utiles, avec les médias sociaux, pour
prendre le pouls d’une opinionpar-
fois au diapason de ses autorités.
Xinhua, Global Times, ChinaDaily et
Le QuotidienduPeuple sont plus ou
moins proches du Parti. La chaîne
d’information en continu CCTV
News, versionchinoise de CNN, est
aussi près du pouvoir, bien qu’elle
s’en soit distanciée parfois et selon
les sujets, depuis le tremblement
de terre de Sichuan en 2008. Pour
les dates de foires et d’expositions
commerciales, GongChang.com
peut être une des destinations des
journalistes d’affaires.
Pour des chiffres, China Daily pro-
pose la section China Data. Crois-
sance, indice manufacturier sur les
activités de production des usines,
indice des prix à la consommation,
prévisions d’embauches, balance
commerciale, etc. L’honnêteté des
données officielles a été quelques
fois mise en doute par des obser-
vateurs internationaux. Il s’agit
donc au minimum d’un point de
départ à comparer et au besoin à
bonifier avec des sources externes,
lorsqu’elles existent.
Étape suivante, pour en savoir
plus, assister aux activités officielles
ou tirer les vers du nez d’officiels
de l’État : essayer d’obtenir un visa
de presse. Processus simplifié pour
les employés ou les contractuels de
médias avec une adresse chinoi-
se. Sinon, contacter, rencontrer et
interviewer des gens d’affaires et
des représentants de compagnies
étrangères ne relève pas du tout du
film d’espionnage.
Dominique Lemoine revient d’un séjour
de trois mois en Chine. Au programme :
initiation au mandarin, recherches sur
l’évolution du climat d’affaires et
familiarisation à la palette médiatique.
La Chine au bout des doigts
leSoleil AU NOVEMBRE LE MONDE
Pour desinformationsdigéréeslocalement avecuntri desmatièresàprendreet
àlaisser, leSouthChinaMorningPost(SCMP)deHongKongfaitfiguredecontre-
pouvoir, maismoinsqu’auparavant. PHOTOFOURNIEPARDOMINIQUELEMOINE
AU NOVEMBRE leSoleil JOURNAL DU CONGRÈS
François Bugingo s’est adressé aux participants des États généraux du journalisme indépendant. «L’indifférence est
le premier ennemi de l’indépendance. C’est la première marche qui mène à un glissement vers la dépendance.»
PHOTOFOURNIEPARCLAIROBSCUR, SYLVAINFORTIER
MARIÈVEPARADIS
Journalisteindépendante
Retourneriez-vous au salaire que
vous gagniez en 1981? Accepte-
riez-vous d’être mis à la porte
pour être embauché quelques
jours plus tard, question de per-
dre votre ancienneté et ses avan-
tages? Signeriez-vous un contrat
qui vous dénude de la propriété
intellectuelle de vos reportages?
C’est pourtant la situation de bien
des journalistes, talentueux, pas-
sionnés, qui travaillent avec achar-
nement pour offrir une information
de qualité.
Ces journalistes travaillent à
la pige, à contrat ou sur appel.
Ce n’est plus la seule réalité des
jeunes frais sortis de l’école. Ils
ont parfois choisi ce mode de vie,
parfois pas. Mais ils seront de plus
en plus nombreux à livrer l’infor-
mation au public québécois. Et
l’information en souffrira…
Ce n’est pas la précarité en soi
qui met à mal l’information, mais
bien les conditions de travail que
doivent accepter, sans négociation
possible, les journalistes les plus
précaires : rémunération faible ou
stagnante, non-respect des droits
d’auteur, renonciation au droit
moral, demandes d’accrocs au
Code de déontologie sous peine
de perdre des mandats, davantage
de travail pour le même salaire.
SONDAGE
Pour célébrer ses 25ans, l’Associa-
tion des journalistes indépendants
du Québec (AJIQ) a orchestré un
sondage auprès des journalistes à
la pige ouà contrat.
Celui-ci a été dévoilé lors des
États généraux du journalisme
indépendant en septembre der-
nier. Le sondage démontre que
leurs revenus ont dégringolé en
dollars constants, que plus de la
moitié ont de la difficulté à se fai-
re payer dans les 30 jours, qu’on
reproduit leur travail sans leur
autorisation…
Une autre donnée percutante du
sondage : 27% songent à quitter le
journalisme en raison des condi-
tions de travail qui mènent à une
grande incertitude.
Environ 85% du contenu des
magazines est produit par des
journalistes à la pige au Québec.
Si ces journalistes quittent la pro-
fession, comment les magazines
pourront-ils remplir leurs pages?
Prochaine station : l’incertitude
RELATIONS DE PRESSE
JEAN-PIERRE ROY
jean-pierre.roy@loto-quebec.com • 514 499-5169
MARIE-CLAUDE RIVET
marie-claude.rivet@loto-quebec.com • 514 499-5079
SUR TOUTES
LES
TRIBUNES
leSoleil AU NOVEMBRE JOURNAL DU CONGRÈS
JULIE HÉROUX
CogecoNouvelles
DOMINIQUEFORGET
Journaliste indépendante
Lejournalismeest uneprofession
qui fait rêver bien des gens, mais
derrièreles mirages, lequotidien
est plusterreàterrepour nombre
de journalistes aux prises avec la
précaritédeleur travail. Lephéno-
mène gagne du terrain et mine la
qualitédel’information, révèleun
sondagemaisonmenépar laFPJQ
auprès de ses membres.
Le tiers des 534 répondants affirme
être journaliste à statut précaire,
c’est–à-dire selon ces quatre critè-
res : faible rémunération sur une
base annuelle, peuoupas d’avanta-
ges sociaux, peu ou pas de sécurité
d’emploi et contrôle minimal sur
les conditions de travail.
Les trois quarts souhaitent s’en
sortir, mais ça risque d’être ardu
puisque, statut précaire ou non,
autant affirment observer une
augmentation du travail précaire
autour d’eux. Une majorité croit
qu’ils n’auront pas amélioré leur
sort dans cinq ans.
Ces perceptions deviennent carré-
ment alarmantes quand on consta-
te que 85 % des personnes ayant
répondu au sondage jugent que
la précarité a un impact nuisible
ou très nuisible sur le journalisme.
La qualité de l’information est
affectée, selon ce qui ressort des
226 commentaires laissés à la fin
du sondage. Ils sont nombreux
à déplorer que la superficialité
empiète sur l’intérêt public.
Les expressions pour décrire la
situation ne manquent pas : «infor-
mation poubelle», «manger mou»,
«remplissage», «tyrannie de la coo-
litude», etc.
SENTIMENT
D’APPARTENANCE
Si une forte proportion de répon-
dants considère que le travail pré-
caire permet aux médias de mettre
fin facilement aux collaborations
moins appréciées, une grande
majorité croit aussi que cette préca-
rité diminue le sentiment d’appar-
tenance, nuit au partage des idées
et rend l’encadrement du travail
de même que le suivi des dossiers
plus difficiles.
Une faible majorité est en désac-
cord avec l’idée que cela favorise
la survie financière des médias ou
facilite l’entrée dans la profession.
Plusieurs journalistes ne travaillent
pas toujours selon leur âme et
conscience. Près de la moitié d’en-
tre eux acceptent des affectations
qu’ils désapprouvent, sans être en
position de les contester.
Plus du tiers des répondants
admettent tirer des revenus d’une
occupation qui n’est pas directe-
ment liée au journalisme, princi-
palement en communications et
en enseignement.
Pour un tiers, ce travail non jour-
nalistique est uniquement une
nécessité économique, sans source
d’accomplissement. La presque-
totalité juge qu’il n’y a pas de conflit
d’intérêts, mais est-ce bien le cas?
On remarque aussi que l es
contrats entre les médias et les jour-
nalistes précaires sont loin d’être
perçus comme étant toujours équi-
tables. L’iniquité se trouve princi-
palement dans la rémunération.
Les exigences de cession des droits
d’auteur qui se sont répandues ces
dernières années sont dénoncées
vivement.
Toutes ces données vous dépri-
ment? La consolation est que près
des trois quarts des répondants
encourageraient un jeune à opter
pour une carrière en journalisme.
Espérons que ce soit un baume
pour cette journaliste en début de
carrière qui a confié dans ce son-
dage que sa mère considère qu’elle
est du «gaspillage».
SONDAGE FPJQ
La précarité
gagne
duterrain

affirment êtrejournaliste
àstatut précaire

jugent que la précarité
a un impact nuisible
sur le journalisme
et plus
admettent tirer des
revenus d’uneoccupation
autrequelejournalisme

encourageraient
un jeune
à opter pour
une carrière
en journalisme
«Plusieurs journalistes ne travaillent
pas toujours selonleur âme et
conscience. Près de la moitié d’entre
eux acceptent des affectations
qu’ils désapprouvent»
La transparence au bout des doigts
Relations médias
Daniel Labonté
418 953-6286 C
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22 AU 24 NOVFMBPF 2C13 leSoleil
têtes qui bougent
LEDEVOIR
Anciennenent au Devoir et res-
ponsable d’un blogue a L’actualité,
uosee Legault est depuis le 1
er
octo-
bre chroniqueuse au uournal de
Montréal. Flle y tient egalenent un
blogue d’analyse politique.
RADIOCANADA
Après 16ans a la barre du Téléjour-
nal Ottawa-Catineau a la television
de Padio-Canada, Michel Picard a
quitte son poste pour se consacrer
a l’enission de radio Le midi trente,
sur les ondes de la Prenière Chaîne
9C,7 FM. ll a ete renplace par le
|ournaliste de PDl et correspondant
pour la region, Mathieu Nadon.
Après avoir travaille pendant
1Cans a la radio de Padio-Canada
a Toronto, le |ournaliste Yanik
Dunont Baron a ete nonne cor-
respondant aux Ftats-Unis pour
la societe d’Ftat. ll sera base a
Washington.
THEGAZETTE
Cinq enployes de longue date de
The Gazette sont partis le 1
er
sep-
tenbre dernier. La chroniqueuse
sportive Stephanie Myles, l’editoria-
liste et chroniqueuse uanet Bagnall,
le chroniqueur Henry Aubin, le |our-
naliste culturel Bernard Perusse et
le |ournaliste Dave Bist. De plus, le
directeur executií Paynond Bras-
sard a pris sa retraite. ll a ete ren-
place par Lucinda Chodan, qui etait
editrice de l’Edmonton Journal. Flle
portera egalenent la casquette de
vice-presidente regionale de l’edi-
tion pour The Gazette, le Ottawa
Citizen et le Windsor Star.
QUÉBECORMÉDIA
Le |ournaliste et directeur ad|oint
de l’iníornation de L’Écho de Laval,
Mathieu Courchesne, quitte son
poste actuel de directeur de l’iníor-
nation par interinpour un poste de
redacteur Web a Padio-Canada. ll
sera renplace par Cederick Caron
au poste de directeur de l’iníorna-
tion par interin, en attendant le
retour de Marie-Fve Courchesne de
son conge de naternite.
TVAPUBLICATIONS
Le |ournaliste-pigiste de TVAPubli-
cations, et aninateur a la stationMa-
TVde Laval, Frick Peny, se lance en
politique. ll briguera envue des elec-
tions du3novenbre unnandat de
conseiller nunicipal pour le parti Pal-
lienent des citoyens de Boisbriand.
LESOLEIL
Le 3C|uin, le chroniqueur politi-
que et cheí de bureau du Soleil a
Ottawa, Paynond Ciroux, a pris sa
retraite après une carrière de près
de 4Cans dans l’equipe du quotidien
de Ouebec. Fn 1974, il a debute con-
ne pupitreur, puis œuvre conne
correspondant et cheí de bureau a
l’Assenblee nationale, cheí de pupi-
tre, ad|oint au directeur de l’editorial
et directeur des arts et spectacles. ll
etait correspondant dans la capitale
íederale depuis 1999.
LCN
Fran¢ois Bugingo |oint les rangs de
LCN. ll coanine la nouvelle enission
sur le radar, aux côtes de Pichard
Latendresse. L’enission est en on-
des depuis le Sseptenbre.
LAPRESSECANADIENNE
Alexandre Panetta, cheí des nou-
velles a La Presse Canadienne a
Montreal depuis 2CC9, a ete choisi
conne nouveau correspondant de
l’agence a Washington. ll succède
a Lee-Anne Coodnan, qui occupe
naintenant de nouvelles íonctions
au bureau d’Ottawa.
ueanPoy est entreeníonctionle
3|uinatitrededirecteur del’iníorna-
tiona La PresseCanadienne. C’est un
retour pour lui auseindel’agencede
presse. Alors vice-president dela PC,
M. Poy avait quittesonposteenocto-
bre2C11. ll succèdea lsabellePodri-
gue, naintenant redactriceencheí
delegueedePadio-Canada Fstrie.
RNCMÉDIA
Yves Bonbardier a ete nonne
vice-president a la progrannation
et l’iníornation. L’Fstrien œuvre
dans le donaine des nedias elec-
troniques depuis plus de 3Cans. ll a
notannent ete |ournaliste-presen-
tateur a TOS en 199Cet a contribue
a l’Fssor du 9S,5 FMentre 2CC5 et
2C11, a titre de directeur general.
uusqu’a tout recennent, il dirigeait
l’Agence OMl.
RDS
Le chroniqueur sportií Fran¢ois
Cagnon quitte La Presse pour se
consacrer uniquenent au PDS.ca et
a ses interventions regulières sur les
ondes de PDS.
CORUS
Depuisle2septenbre, MarioCec-
chini est responsabledesstationsde
radioet deschaînesdetelevisiontradi-
tionnellesdeCorusdansl’est del’On-
tario. ll etait vice-president principal,
venteset narketing, chezAstral Padio,
unedivisiond’Astral Media. ll ade|aete
directeur deCorusOuebec.
Pour connuniquer une «Tête qui
bouge», contactez Claude-Andre
Mayrand a camayrand@hotmail.com.

Josée Legault
François Gagnon
Alexandre Panetta
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dans le cadre de l’étude de J.D. Power portant sur la satisfaction des titulaires de police d’assurance automobile en 2013 au Canada. Cette étude est basée sur 11257 réponses évaluant
12 sociétés d’assurance au Québec et mesurant la satisfaction des consommateurs quant aux sociétés d’assurance automobile. Les résultats de l’étude sont basés sur la satisfaction et
l’expérience des consommateurs au cours des mois de février et mars 2013. Votre propre expérience peut différer. Visitez le site jdpower.com.
leSoleil AU NOVEMBRE
VALÉRIEGAUDREAU
LeSoleil
HAUTEVILLE
Les Frères de la Côte
1190, rue Saint-Jean
Le bistro incontournable, ulti-
me classique situé rue Saint-Jean
depuis 23 ans. Gigot d’agneau,
moules, foie de veau, confit de
canard ou pâtes sont servis dans
une ambiance décontractée et un
service particulièrement sympa-
thique. De quoi vous réchauffer en
cette fin de novembre.
Chez Boulay
1110, rue Saint-Jean
Ouvert l’an dernier par le chef
du Saint-Amour, Jean-Luc Boulay,
le resto fait la part belle aux pro-
duits québécois dans une agréa-
ble ambiance «bistro boréal», à
quelques coins de rue du Château
Frontenac.
Chez-Soi la Chine
27, rue Sainte-Angèle
Véritable petit secret au cœur
du Vieux-Québec. De la cuisine
chinoise authentique et abordable
à partager. Apportez votre vin.
L’Inox
655, Grande Allée Est
La doyenne des microbrasseries
à Québec a quitté son légendaire
local duVieux-Port il y a cinq ans
pour déménager ses pénates et ses
cuves sur la Grande Allée. Mais
la blanche y est toujours aussi
bonne!
BASSEVILLE
Les Salons d’Edgar
263, Saint-Vallier Est
Déjà l’un des favoris des jour-
nalistes par les années passées
quand le Congrès de la FPJQ se
déroulait à Québec. Bière, bouf-
fe et billard dans une ambiance
chaleureuse.
Le Bureaude Poste
296, Saint-Joseph Est
La nouvelle place in dans Saint-
Roch. Parfait pour les petits bud-
gets : tout est à 4,95 $! Ouvert par
des snowboarders et inspiré d’un
modèle de resto de Whistler avec
ambiance que nous qualifierions
de «chalet-après-ski-trash-rusti-
que». Mais avec le succès de ce
p’tit nouveau vient aussi, parfois,
des files d’attente. Eh oui, on a ça
aussi à Québec!
Hosaka-Ya Ramen
75, rue Saint-Joseph Est
L’une des belles découvertes de la
dernière année que ce sympathi-
que japonais sans sushis du quar-
tier Saint-Roch. La soupe repas
d’authentiques nouilles ramen, les
dumplings, le tofupas battable et le
servicetoujours souriant contribuent
au charme irrésistible de ce resto
de 25 places avec cuisine ouverte et
comptoir aux tabourets chromés.
Patente et Machin
82, rue Saint-Joseph Ouest
Autobaptisé «resto-pirate», le petit
frère du désormais célèbre L’Affaire
est Ketchup, situé dans le même
secteur, séduit avec sa cuisine bistro
qui ne lésine pas sur les portions ni
sur la viande bien mise en valeur.
Les vins d’importation privée aux
prix particulièrement raisonnables
valent le détour.
LIMOILOU
La Planque
1027, 3
e
Avenue
Lenouveaurestoàdécouvrir àQué-
bec! Situé sur la 3
e
Avenue, au cœur
duquartier Limoilouenpleineébul-
lition, LaPlanquevaut ledétour tant
pour son menu original conconcté
par Guillaume St-Pierre, finaliste de
l’émission Les Chefs! que pour son
ambiance et sa déco joyeusement
éclectique qui
en font l’une des
plus belles places
de Québec.
QUELQUES ADRESSES ÀQUÉBEC
Envie de profiter des (rares!) moments libres du Congrès pour découvrir les délices de
Québec? Le temps d’un verre ou d’une bonne bouffe, la capitale regorge de valeurs
sûres et de nouvelles adresses à visiter. De la haute ville à Limoilou en passant par
l’incontournable quartier Saint-Roch, voici quelques suggestions d’endroits où sortir.
où sortir pendant le congrès?
22 AU 24 NOVFMBPF 2C13 leSoleil
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