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¶ 18-096-A-23 Métastases inhabituelles du cancer du rein A. Vidart, K. Fehri, C. Pfister Le carcinome

18-096-A-23

Métastases inhabituelles du cancer du rein

A. Vidart, K. Fehri, C. Pfister

Le carcinome rénal, qui se situe au troisième rang des cancers urologiques, est d’emblée métastatique dans un tiers des cas. Les poumons, les lymphatiques, l’os, le foie, la surrénale et le cerveau restent les sites métastatiques de prédilection, avec parfois un intervalle libre de plusieurs années avant la reprise évolutive de la maladie rénale. L’objectif de cette revue de la littérature est de rapporter les localisations secondaires d’origine rénale inhabituelles, en précisant leur traduction clinique et leurs principales caractéristiques afin d’en guider la prise en charge diagnostique et thérapeutique.

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Mots clés : Cancer du rein ; Métastases inhabituelles

Plan

Introduction

Principales localisations atypiques Tête et cou Tissus cutanés Appareil génital Appareil urinaire Tube digestif Autres localisations atypiques

Discussion Mode de dissémination Diagnostic Pronostic Traitement

Conclusion

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1

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2

2

3

3

3

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Introduction

Le cancer du rein représente 3 % de l’ensemble des tumeurs malignes de l’adulte et se situe au troisième rang des cancers urologiques. Il est caractérisé par une évolution clinique imprévisible. La localisation tumorale primitive peut être révélée d’emblée par de multiples métastases, ou au contraire rester quiescente pendant des années avant une reprise évolutive. [1] Au moment du diagnostic, plus d’un tiers des patients sont déjà métastatiques avec des localisations multiples. Moins de 5 % des patients présentent une métastase unique lors du diagnostic. [2] Les sites métastatiques les plus fréquents sont le poumon (50 à 60 % des cas), les ganglions lymphatiques (15 à 30 %), les os (30 à 40 %), le foie (28 %), la surrénale (10 à 15 %) et le cerveau (10 à 13 %). [3] Mais le cancer du rein, et plus précisé- ment le carcinome à cellules claires, peut métastaser à l’ensem- ble des organes du corps humain. [4] Des sites inhabituels peuvent être atteints tels que le tube digestif, les organes génitaux, le rétropéritoine, les muscles, la peau, le cœur, les seins, la tête et le cou, etc.

Urologie

Principales localisations atypiques

Nous décrivons les différentes localisations métastatiques observées de façon inhabituelle dans le carcinome rénal à cellules claires, avec leur traduction clinique et leurs principales caractéristiques (Tableau 1).

Tête et cou

Cette région anatomique représente 6 % de l’ensemble des métastases du cancer du rein. Parmi les principaux sites atteints, on retrouve l’œil, l’orbite, [32-34] l’oreille, le conduit auditif, la voûte palatine, le voile du palais, la langue, les lèvres, les gencives, la face interne des joues, les mandibules, le larynx, les cordes vocales. [25-31] Outre ces localisations extrêmement rares, trois sites oto-rhino-laryngologiques (ORL) sont plus souvent touchés par les métastases d’origine rénale : les sinus paranasal et maxillaire, [11-13] la thyroïde [16-20] et les glandes salivaires comme notamment la parotide. [21-24] Le carcinome du rein à cellules claires reste la tumeur secondaire la plus fréquente au niveau du nez et des sinus après le sein et les poumons. Les sinus maxillaires envahis associent cliniquement souvent une obstruction nasale et un épistaxis. [14, 15] Dans plus de 50 % des cas, cette localisation métastasique est unique. [107] Différents mécanismes expliquent cette affinité particulière des cellules rénales pour les sinus : propagation de microemboles artériels jusqu’aux microcapillaires constituant ces tissus, utilisation des plexus veineux prévertébraux. La chirurgie, plus ou moins associée à la radiothérapie, constitue le traite- ment de référence. [11-13] Les métastases rénales envahissant la thyroïde représentent 9 à 25 % de l’ensemble des localisations secondaires de cet organe (en deuxième position après le mélanome malin). [16-20] Le mode de dissémination est équivalent à celui observé pour les sinus. La clinique peut être caractérisée par un goitre, un nodule thyroïdien palpable, une gêne respiratoire, une dysphonie. Le délai moyen d’apparition par rapport à la lésion primitive est estimé en moyenne à 6 ans avec un âge de découverte autour de 60 ans. Le diagnostic est facilité par l’imagerie (échographie et scanner), par la scintigraphie (nodule froid hypofixant). On peut également s’aider d’une ponction à l’aiguille fine avec étude immunohistochimique dans les cas difficiles (anticorps antithyroglobuline). [108] Les lésions thyroïdiennes sont de

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18-096-A-23 Métastases inhabituelles du cancer du rein

Tableau 1. Principales localisations des métastases inhabituelles du cancer du rein.

Localisation, références

Manifestations cliniques

Fréquence

Moelle épinière [5-7] Hypophyse [8-10] Sinus frontal, maxillaire [11-13] Cavité nasale [14, 15] Thyroïde [16-20] Parotide, glande salivaire [21-24]

Larynx [25-28]

Cavité buccale, mandibule, gencives, voûte palatine [29-31] Œil, orbite [32-34] Plèvre [35] Trachée Diaphragme [36] Cœur, péricarde [37-41] Estomac [42-45] Vésicule biliaire [46-48] Duodénum [49-51] Intestin grêle [52-54] Ampoule de Vater [55-58] Pancréas [59-66]

Côlon [67, 68]

Rectum [69] Rate [70] Canal anal [71]

Muscle [72-74]

Peau (crâne : plus fréquent) [75-79] Uretère [80-83] Vessie [84] Prostate [85-87]

Urètre [88-90]

Testicule [91-93]

Pénis [94, 95]

Cordon [96]

Ovaire [97-99]

Utérus [100]

Vagin [101-103]

Glande de Bartholin [104]

Sein [105, 106]

Syndrome de la queue-de-cheval, déficit moteur Hypopituitarisme, trouble du champ visuel, diabète insipide Douleur de la face et périorbitaire Épistaxis, obstruction nasale Nodules, goitre, dysphagie, gêne respiratoire Masse, douleur

4,2 à 5,8 % 0,5 %

Dysphonie Masse, douleur, saignement Trouble de la vision, masse, exophtalmie Dyspnée

3,6 à 10,6 %

Dyspnée

5,9 %

Infarctus mésentérique, souffle cardiaque, tamponnade, dyspnée Hémorragie digestive, douleur

Hémorroïdes

1,4 %

Douleur abdominale

0,6 %

Saignement, obstruction Occlusion, douleur, hémorragie Saignement, ictère, malabsorption, douleur

3 à 12,9 %

Occlusion Rectoragies, masse

Masse palpable, douleur Nodules cutanés (pulsatiles) Obstruction, hématurie Hématurie Troubles urinaires du bas-appareil Dysurie, rétention

2 à 4,3 % 1,6 % 2,8 à 6,8% 1 à 1,3% 1,5 % 2 % 0,9 %

Masse Priapisme, induration Masse Masse Saignement, ulcération Masse, saignement Masse douloureuse Masse

0,5 %

pronostic favorable. Le traitement est souvent chirurgical (thyroïdectomie partielle ou totale), parfois associé à de la radiothérapie quand les marges de résection sont positives. Les lésions secondaires parotidiennes sont principalement représentées par les mélanomes malins, les carcinomes épider- moïdes. Les tumeurs rénales représentent seulement 7 à 13 % des lésions secondaires. Le mode de dissémination principal est la voie hématogène (plexus veineux de Batson). Ces lésions se manifestent par une masse douloureuse ou non, pulsatile dans certains cas. Dans plus de la moitié des cas, c’est la métastase qui révélera la tumeur rénale. L’immunohistochimie demeure assez utile pour faire la différence avec une tumeur primitive (kératine et vimentine). Le traitement repose avant tout sur l’exérèse chirurgicale de la glande parotide. [21-24]

Tissus cutanés

Le carcinome à cellules claires du rein représent e 6 % de l’ensemble des métastases cutanées toutes origines confondues. Les cancers primitifs les plus souvent observés sont le poumon, le côlon, le mélanome malin et les tumeurs de la cavité buccale. Les lésions cutanées sont fréquemment localisées au crâne et à la face. Elles se présentent cliniquement comme des nodules sous-cutanés, de couleur sombre, parfois pulsatiles mais non ulcérés, ayant l’aspect d’un sarcome de Kaposi ou d’un héman- giome. [75, 76] Les métastases cutanées du cancer du rein utilisent principalement la voie lymphatique associée à la voie veineuse comme mode de dissémination. Ces lésions ne sont jamais

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uniques, leur diffusion à d’autres sites métastatiques au moment du diagnostic explique la médiane de survie inférieure à 6 mois. Le traitement est rarement curatif, il comprend l’exérèse chirurgicale des lésions, plus ou moins associé à de l’immunothérapie. [77-79]

Appareil génital

Chez la femme

Les organes génitaux féminins (utérus, vagin, ovaires) sont exceptionnellement envahis par des cellules tumorales d’origine rénale. [100-104] Le cancer du rein ne représente que 4,2 % des cancers envahissant les ovaires. Le tableau clinique est dominé par des saignements, des ulcérations, la perception d’une masse (parfois douloureuse), de l’ascite. Au niveau des ovaires, la distinction entre lésion primitive et secondaire est souvent difficile. [97-99] On peut s’aider de l’immunohistochimie pour faire la différence (cytokératine 7, CA 125). Le principal mode de dissémination est la diffusion des cellules malignes à travers la veine génitale gauche. Plus des deux tiers des lésions ovarien- nes sont donc situées à gauche, homolatérales au rein atteint. Les lésions controlatérales à la tumeur rénale pouvant s’expli- quer par l’embolie de cellules tumorales par voie artérielle.

Chez l’homme

Le pénis, les testicules et le cordon spermatique sont excep- tionnellement envahis par des lésions secondaires. Les cancers

Urologie

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primitifs sont souvent d’origine digestive, pulmonaire ou prostatique. Les signes cliniques sont dominés par le priapisme et la présence de nodules indurés envahissant les corps caver- neux pour les lésions péniennes, [94, 95] de masse palpable indolore pour les lésions testiculaires ou du cordon. [91, 92, 96] Les lésions testiculaires et/ou du cordon sont découvertes dans la majorité des cas au cours du suivi des patients opérés de cancer du rein, parfois très tardivement (jusqu’à 16 ans de recul clinique). [93, 109] Inversement, les lésions péniennes inaugurent souvent la découverte de la tumeur rénale primitive. Le mode de dissémination principale est l’utilisation de la voie veineuse rétrograde par le biais de la veine génitale gauche pour les lésions du testicule ou du cordon. Les lésions péniennes seraient principalement causées par la dissémination des cellules tumorales rénales à travers le plexus veineux vertébral de Batson qui relie la veine rénale à la veine dorsale de la verge. [110] Le pronostic des lésions testiculaires et/ou du cordon demeure bien meilleur que celui des lésions péniennes. En dépit d’une chirurgie agressive, le taux de survie des patients atteints de métastases péniennes ne dépasse pas 16 mois. [94, 95]

Appareil urinaire

L’envahissement des uretères, du bas-appareil urinaire (vessie, prostate ou urètre) par le cancer du rein est rare. Dans une série de 1 451 autopsies avec cancer du rein, il fut retrouvé une lésion secondaire atteignant la vessie dan s 2 % des cas et l’uretère dan s 1 % des cas, sans envahissement prostatique. [80-90] Les lésions envahissant la prostate sont principalement secondaires à des lymphomes non hodgkiniens et à des leucémies, [85-87] les lésions envahissant l’urètre ont pour origine les mélanomes, les lymphomes, la vessie ou la prostate. [88-90] Les signes cliniques alors observés sont une hématurie, une rétention aiguë d’urine, un prostatisme (troubles urinaires du bas-appareil). Les modes de dissémination sont multiples : la voie artérielle, le flux urinaire, la voie lymphatique et la voie veineuse rétrograde à partir de la veine gonadique gauche. Le traitement est avant tout chirurgical (résection endoscopique). Le pronostic de ces lésions est sombre du fait de l’existence d’autres sites métastatiques lors du diagnostic. [81]

Tube digestif

Le cancer du rein peut métastaser à tous les organes du tractus digestif mais certaines localisations sont plus fréquentes que d’autres. [42-71] Le pancréas et la rate sont les organes les plus souvent atteints. Des séries autopsiques retrouvent une localisation pancréatique dans 3 à 12,9 % des cas [59-66] et une localisation splénique dans 2 à 4,3 % des cas. [70] Des localisa- tions secondaires au niveau du côlon et du rectum, [67-69] de la vésicule biliaire ou de l’estomac [42-48] sont beaucoup plus rares. Le mode de révélation d’une tumeur pancréatique, qu’elle soit primitive ou secondaire, est peu spécifique : ictère nu, hémorragie digestive, masse abdominale palpable, perte de poids, diarrhée, etc. [70-75] La poussée de pancréatite aiguë et l’hémorragie digestive orientant plutôt vers l’origine primitive de la lésion. L’échographie-endoscopie permet d’affirmer la lésion intrapancréatique en retrouvant une masse solide, homogène, avec souvent un halo central hypoéchogène corres- pondant à de la nécrose. [61-63] La ponction-biopsie transcutanée à l’aiguille fine, réalisée avec un guidage par scanner, permet le plus souvent le diagnostic histologique par la reconnaissance de cellules claires au sein du pancréas (Fig. 1, 2). Le traitement des lésions pancréatiques métachrones ou synchrones d’un cancer du rein repose essentiellement sur une exérèse chirurgicale la plus large possible. Les taux de survie à 5 ans sont faibles (3 %) et ce d’autant qu’un délai d’apparition très court de la lésion pancréatique ou son caractère synchrone semblent nettement aggraver le pronostic de la maladie rénale. [64-66] Concernant les autres localisations secondaires, l’atteinte du tube digestif est de pronostic défavorable car elle traduit souvent une dissémination multimétastatique. La clinique est dominée par une altération de l’état général, une occlusion ou des saignements d’origine digestive. [67-69] Le traitement est chirur- gical quand la lésion est unique, il devient palliatif (chimiothé- rapie ou immunothérapie) en cas de lésions multiples.

Urologie

Métastases inhabituelles du cancer du rein 18-096-A-23

primitifs sont souvent d’origine digestive, pulmonaire ou prostatique. Les signes cliniques sont dominés par le priapisme

Figure 1. Examen tomodensitométrique avant injection d’une lésion pancréatique secondaire d’origine rénale.

primitifs sont souvent d’origine digestive, pulmonaire ou prostatique. Les signes cliniques sont dominés par le priapisme

Figure 2. Examen tomodensitométrique après injection d’une lésion pancréatique secondaire d’origine rénale.

Autres localisations atypiques

Certaines localisations métastatiques sont encore plus

anecdotiques et n’ont fait l’objet que de quelques publications. [5-10, 35-41, 72-74, 105, 106] Le sein est un site où les

métastases, toutes origines confondues, sont rares (0,5 à 1,3 % des tumeurs malignes du sein). La difficulté de ce type de localisation réside dans la distinction entre une masse primitive ou secondaire. Le diagnostic est souvent histologique (biopsie ou aspiration à l’aiguille fine). Le traitement est chirurgical quand la lésion est unique sinon une prise en charge palliative est nécessaire. [105, 106] Les lésions myocardiques secondaires d’origine rénale sont principalement dues à un envahissement de la veine cave. Les cellules rénales migrent alors de la veine cave vers l’oreillette droite. Il n’existe que quelques rares cas décrits de métastases rénales au niveau du cœur sans thrombus cave. [37-41] Enfin, des métastases rénales ont été décrites au niveau des muscles squelettiques, avec une incidence assez faible sur les séries d’autopsies (0 à 1,6 %). Il n’y a pas de site musculaire préférentiel, n’importe quel muscle peut être envahi (masséter, quadriceps, trapèze, biceps, etc.) (Fig. 3). Souvent, ces métastases ont découvertes bien après la tumeur rénale (10 mois à 16 ans). [72-74]

Discussion

Mode de dissémination

Il existe essentiellement deux voies de dissémination pour les métastases du cancer du rein : la voie hématogène et la voie lymphatique. La plus fréquente reste la voie hématogène, qui conduit jusqu’au poumon par l’intermédiaire de la veine rénale, de la veine cave et de l’oreillette droite. Ce mode de dissémina- tion cellulaire est observé pour les métastases pancréatiques, spléniques, intestinales et cardiaques, qui sont, de ce fait,

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18-096-A-23 Métastases inhabituelles du cancer du rein

18-096-A-23 Métastases inhabituelles du cancer du rein Figure 3. Localisation secondaire du coude d’origine rénale. souvent

Figure 3.

Localisation secondaire du coude d’origine rénale.

souvent précédées par des métastases pulmonaires. Il s’agit d’un véritable phénomène de cascade métastatique dans laquelle les localisations tumorales se développent initialement dans les poumons et ne sont détectées que secondairement dans les autres organes. [111, 112] La voie lymphatique concerne davan- tage les ganglions locaux et régionaux, rarement les ganglions à distance. À noter que les localisations cutanées utilisent préférentiellement la voie lymphatique. [77-79] Les métastases rénales atypiques peuvent aussi être expliquées par des microemboles artériels, mais il existe des modes de dissémination plus spécifiques. Ainsi, les métastases au testicule, au cordon spermatique, au vagin et à l’ovaire peuvent s’expli- quer par une dissémination rétrograde à partir de la veine gonadique. L’existence d’un thrombus veineux rénal (à gauche) ou cave inférieur (à droite), favoriserait l’essaimage des cellules tumorales par reflux dans la veine spermatique, au même titre que la survenue d’une varicocèle. De plus, la migration de cellules tumorales pourrait être favorisée au cours de la néphrectomie élargie si la veine génitale n’est pas liée précoce- ment lors du premier contrôle systématique du pédicule rénal. [101-103] Les métastases péniennes seraient principalement en rapport avec le plexus veineux vertébral de Batson, [109, 110] ainsi que la survenue de localisations secondaires au niveau de la thyroïde, [16-20] de la colonne vertébrale et du système nerveux central. [5-8] Enfin, l’envahissement de l’arbre urinaire par des métastases d’origine rénale pourrait s’expliquer par un ensemencement de cellules tumorales par le flux urinaire. [81-84]

Diagnostic

Le mode de révélation de ces métastases inhabituelles du cancer du rein est très variable. Le plus souvent, seule la recherche d’un antécédent de néphrectomie permet de rattacher cette métastase à la tumeur primitive. Le délai d’apparition entre la métastase et la tumeur primitive est très différent selon le type d’organe atteint. Par exemple, les métastases pancréati- ques apparaissent en moyenne 10 ans après la tumeur primitive avec des extrêmes allant de 1 mois à 27 ans, [59-66] alors que les métastases intrathyroïdiennes ont un délai moyen d’apparition de 6 à 10 ans. [16-20] Ces métastases peuvent au contraire être découvertes au moment du diagnostic (métastases synchrones) ou, plus rarement, précéder la tumeur rénale dan s 5 % des cas. [112, 113] Certaines localisations exceptionnelles telles que la peau, les intestins, le cœur sont rarement isolées et sont souvent précédées par d’autres localisations secondaires. Parfois, l’évolu- tion métastatique est révélée par un syndrome paranéoplasique (anémie, thrombopénie, etc.). [107] Lorsque les symptômes cliniques et les données de l’imagerie ont permis de découvrir la localisation secondaire, affirmer son origine rénale est parfois difficile (Fig. 1). Il est alors possible de s’aider d’une ponction-biopsie à l’aiguille fine pour caractériser l’origine de la tumeur. Sur le plan anatomopathologique, ce sont les tumeurs à cellules claires qui ont le potentiel métasta- tique le plus élevé. La plupart des observations de la littérature ne rapportent que des cas de métastases de cancer du rein à cellules claires. L’histologie retrouve une prolifération acineuse

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de cellules au cytoplasme clair, optiquement vide. La cellule claire est de grande taille, de forme polygonale, avec un noyau central et un cytoplasme chargé de glycogène et de lipides. Ces cellules claires peuvent être associées à des cellules éosinophiles ou fusiformes. [61-63] Le diagnostic histologique de carcinome à cellules claires peut parfois être difficile. On s’aide alors de marqueurs immunohistochimiques tels que la cytokératine ou la vimentine. Il n’existe généralement pas d’expression des protéines CK7 et CK20, en revanche, 80 % des tumeurs expri- ment l’antigène de membrane EMA (épithélial membranaire antigène) et 50 % la vimentine. Enfin, l’utilisation d’anticorps encore plus spécifiques (prostate ou thyroïde) reste possible si nécessaire. [112, 113]

Pronostic

Le cancer du rein métastatique présente par définition un pronostic péjoratif avec des taux de survie à 5 ans variant de 7 à 13 %. Plusieurs facteurs pronostiques influencent la survie du patient : l’âge, l’état général, la perte de poids, le délai d’appa- rition de la métastase par rapport à la tumeur primitive, le nombre de sites métastatiques et la mauvaise tolérance à une chimiothérapie antérieure. [114] D’autres facteurs de pronostic défavorable interviennent comme la taille de la tumeur initiale, le grade de Fürhman, le type histologique (tumeur sarcoma- toïde), l’aneuploïdie, une tumeur synchrone, la localisation (les métastases cutanées ont un pronostic très défavorable par rapport aux localisations thyroïdiennes), la présence de tumeur résiduelle dans la fosse rénale. [107]

Traitement

Lors de la stratégie thérapeutique, il est important de diffé- rencier une métastase unique de la présence de lésions secon- daires multiples. Par ailleurs, il convient de distinguer la lésion métastatique découverte en même temps que la tumeur (métas- tase synchrone) de celle observée plusieurs années après la néphrectomie (métastase métachrone). Certaines métastases d’origine rénale présentent un pronostic moins défavorable : lorsque la localisation secondaire est unique ou lorsque les métastases sont situées dans le même site, si le délai d’apparition entre la tumeur primitive et la localisation secondaire est supérieur à 24 mois, enfin lorsque le patient est en bon état général. Dans ces différents cas, la chirurgie semble être la meilleure option thérapeutique à proposer au patient, avec une résection complète et carcinologique de l’ensemble des lésions. Le taux de survie observ é à 5 ans atteindrait alors 44 %. [115, 116] Lorsque la tumeur rénale est découverte en même temps que les lésions secondaires, et qu’il existe des facteurs de pronostic favorable (métastase unique, bon état général), le meilleur traitement reste encore la chirurgie, qui associe une néphrectomie élargie à la résection chirurgicale de la lésion métastatique. Parfois, le traitement chirurgical peut être associé à une irradiation complémentaire, notamment dans les lésions atteignant les glandes salivaires, la thyroïde ou les sinus maxillaires en cas de marge positive. [12, 13, 16] La chirurgie peut aussi être utilisée comme traitement palliatif quand les métastases sont nombreuses et la lésion rénale symptomatique (hématurie invalidante, douleur rebelle, insuffisance hépatique, anémie inflammatoire, polyglobulie, hypercalcémie). Une néphrectomie palliative peut alors être proposée, mais ce geste n’améliore pas la survie (10 % à 1 ans et 5 % à 3 ans). Par ailleurs, ces tumeurs symptomatiques peuvent aussi être contrô- lées par un traitement médical ou par une embolisation arté- rielle rénale sélective. [116, 117] Deux études (European Organization for Research and Treatment for Cancer [EORTC] et SouthWest Oncology Group [SWOG]) ont transformé les indications de l’immunothérapie, en démontrant l’intérêt de la néphrectomie chez les patients métastatiques traités par interféron. Les résultats montraient une survie globale qui passait d e 7 à 17 mois dans le groupe néphrectomie pour l’étude de l’EORTC et une survie un peu moindre dans le groupe SWOG (8,1 mois contre 11,1 mois). Dans les deux études, il apparaissait clairement que le bénéfice en survie était plus important chez les patients en bon état général et qu’il était nul ou minime chez les patients en mauvais état général. [118, 119] L’immunothérapie peut aussi être

Urologie

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Métastases inhabituelles du cancer du rein 18-096-A-23

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utilisée comme traitement préalable à une éventuelle chirurgie des masses résiduelles, mais les études étant non contrôlées et non randomisées, il n’est pas possible de conclure sur l’efficacité en termes de survie. [120] La chimiothérapie reste peu efficace dans le cancer du rein car il s’agit d’une tumeur spontanément chimiorésistante, du fait de l’existence d’une glycoprotéine P codée par le gène MDR 1. Les seules molécules qui sembleraient partiellement efficaces sont la vinblastine et la floxuridine avec respectivement 10 à 15 % de réponses avec une médiane de survie de 8 mois pour la première molécule et 19 % de réponses et une moyenne de survie de 14 mois pour la seconde. [121] Dans le cancer du rein métastatique, de nouveaux traitements sont en cours d’élabora- tion. L’un des plus prometteurs semble être la vaccination par fusion de cellules dendritiques hétérologues et de cellules autologues. [122] D’autres traitements sont en cours d’évaluation tels que les greffes de cellules souches allogéniques ou l’utilisa- tion d’agents antiangiogéniques. [123, 124]

Conclusion

Le cancer du rein est une tumeur qui a la faculté d’envahir tous les organes du corps humain sans exception. Ces métasta- ses sont généralement découvertes plusieurs années après la tumeur rénale, plus rarement, elles révèlent la tumeur primitive. Le mode de dissémination le plus fréquemment observé est la voie hématogène, même s’il existe des voies de drainage plus spécifiques, comme la veine gonadique pour les organes génitaux. L’apparition d’une métastase d’origine rénale traduit souvent une maladie avancée justifiant un traitement palliatif. Cepen- dant, lorsque la localisation secondaire est unique ou les métastases situées dans le même site, si le délai d’apparition entre la tumeur primitive et la localisation secondaire est supérieur à 24 mois, une exérèse chirurgicale semble être la meilleure option thérapeutique à proposer à un patient en bon état général. L’exérèse chirurgicale devra alors être la plus large et la plus carcinologique possible. Différents traitements comme la vaccination par fusion de cellules dendritiques hétérologues, la greffe de cellules souches allogéniques ou l’utilisation d’agents antiangiogéniques sont en cours d’évaluation et semblent prometteurs.

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  • K. Fehri.

  • C. Pfister (christian.pfister@chu-rouen.fr).

Service d’urologie, CHU Rouen, 1, rue de Germont, 76031 Rouen cedex, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Vidart A., Fehri K., Pfister C. Métastases inhabituelles du cancer du rein. EMC (Elsevier SAS, Paris), Urologie, 18-096-A-23, 2006.

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