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un ami, nous pouvions nous entretenir avec cet esprit comme avec un vivant. Ces conversations suffisaient souvent à prouver la réalité de la survie. Ainsi nous entrâmes en relation avec un être manifestement affolé et qu'aucun de nous ne connaissait. Cet homme, matérialiste, s'était pendu récemment et ne comprenait rien à sa survivance alors qu'il avait vu enterrer son corps. Il indiqua son adresse, la date du suicide, le numéro de l'allée et celui du carré du cimetière où on l'avait enterré ; tout fut vérifié et reconnu exact. Ce qui fut spectaculaire c'est que cet homme ne comprenait pas comment, étant enterré, il pouvait être là à nous parler. On lui expliqua qu'il était entré dans le corps d'un médium, ce qui fut pour lui de l'hébreu. Alors on mit devant lui un miroir et il y vit, non son visage, mais celui du médium. Sa stupéfaction fut intense mais nous avions demandé que l'esprit de sa mère vienne le chercher. Elle lui apparut et l'emmena. Il vint plus tard nous remercier. Au moment où je fus admis dans le cénacle, on s'y occupait beaucoup d'une jeune femme d'Armentières pour qui on avait fait appel à notre aide devant l'inefficacité des médecins consultés, lesquels ignorent obstinément les sciences psychiques. Cette jeune femme était d'une maigreur effroyable et elle était continuellement atteinte de gesticulations nerveuses qui l'épuisaient. Chaque semaine, deux ou trois expérimentateurs et un médium à incorporation se rendaient chez elle. Le médium, incorporé par une entité qui affirmait être l'abbé Gassner, un célèbre thaumaturge suisse décédé en 1779, s'efforçait de lui venir en aide. Il expliqua ceci : la jeune femme avait vécu dans un village au XVIIIème siècle. Dans une forêt voisine vivait un brigand qui attaquait les voyageurs, rançonnait le village et enleva un jour la jeune femme qu'il obligea à vivre avec lui dans la hutte qu'il s'était construite. Un jour, la malheureuse parvint à s'enfuir et conduisit les gendarmes au refuge du malandrin qui fut pendu. C'était l'esprit de ce malfaiteur qui la poursuivait pour se venger. A chaque séance, Gassner, incorporé dans le médium, s'efforçait de moraliser ce mauvais diable, magnétisait la malade pour, la rendre moins sensible à l'action de son persécuteur qui finit par lâcher prise et disparut. Le médium entransé parcourut toute la maison, projetant de ses mains du fluide purificateur. On vit alors une chose curieuse : le médium voulut aller aussi purifier le grenier. Mais on y accédait par une échelle à simples bougeons ronds et une trappe. On vit le médium descendre ensuite par l'échelle comme s'il descendait un escalier normal, sans se tenir, et sur ses talons. Et ce médium était âgé de soixante-dix ans. Dès ce moment, la jeune femme fut guérie et reprit un poids normal.

LE SPIRITISME EXPERIMENTAL De semblables faits, et j'en citerai d'autres, me convainquirent qu'en effet « le spiritisme est une chose merveilleuse ». Je possède encore, collée dans un cahier de comptes rendus, une violette. Cette fleur, avec d'autres, tomba sur la table au cours d'une séance. Ce genre de phénomènes qu'on appelle « apports » est souvent truqué par de faux médiums, soit dans un esprit de lucre, soit pour se

de naïfs. Ils apportent des fleurs et autres petits

objets qu'ils font adroitement apparaître. Mais ce jour-là, il pleuvait, et les fleurs tombèrent sur la table toute mouillée. Je citerai plus loin une série de faits spirites dont j'ai été témoin et qui sont absolument inattaquables. Mais comme je veux relater, comme cela m'est prescrit, comment je suis devenu occultiste et comment je fus peu à peu converti et éduqué, je dois suivre une certaine chronologie. Cependant, dès à présent, on peut comprendre l'extraordinaire révélation qui se produisait pour moi. Toutes les religions sont faites de révélations qu'on vous affirme, sans aucune preuve, avoir reçues. Il faut croire aveuglément ce que disent les clergés qui se disent chargés par Dieu (le leur bien sûr !) d'enseigner et de diriger le monde. Et parfois très énergiquement ; outre les inquisitions, qu'on se souvienne que pour obliger les rois à obéir au pape, on frappait le royaume d'interdit. On ne pouvait plus enterrer les morts qu'on déposait

constituer une petite cour d'admirateurs