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INTRODUCTION

Le but de cette leçon est de comprendre la nature et l'objectif des sciences économiques. Nous étudierons la méthodologie. Il faut faire une distinction entre les sciences économiques positives (ou descriptives) et les sciences économiques normatives (ou politiques). Il existe plusieurs types d'approches économiques. Quelques écueils de l'analyse économique seront évoqués. Le sujet de cette leçon est celui de la problématique économique. Elle met en évidence l'utilisation efficace des ressources qui sont rares afin de satisfaire les besoins de la société qui sont illimités. On suppose que les besoins sont notoirement illimités. Les ressources, elles, ne le sont pas et sont répertoriées. La problématique économique est étudiée avec l'aide de la courbe des perspectives de production. Cette approche montre qu'il faut faire des choix et que la croissance économique dépend d'une utilisation efficace et d'une extension des ressources.

SUR LES SCIENCES ECONOMIQUES
L’économie, en tant que discipline, est une branche des sciences sociales qui étudie l'allocation des ressources rares à des fins alternatives. Autrement dit, selon l'économiste et homme politique Raymond Barre, « la science économique est la science de l'administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l'aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités » (Economie politique, PUF, 1959). Les sciences économiques sont des sciences sociales qui se penchent sur le comportement humain dans les domaines de la consommation, de la production de biens et la prestation de services. Elles font le constat que les ressources productives sont limitées et que les désirs matériels humains ne peuvent être tous satisfaits. Elles visent à découvrir l'utilisation la plus efficace des ressources productives dans le but d'atteindre la satisfaction maximum des désirs matériels des gens. Généralement, les sciences économiques examinent les problèmes du point de vue de la société. En réalité, il n'existe pas une seule définition de l'économie, mais plusieurs définitions, chaque définition renvoyant à des réalités sous-jacentes différentes. Karl Polanyi distinguait par exemple deux sens du terme économique : le sens substantif (l'économie est une science empirique qui étudie des procès institutionnalisés) et le sens formel (l'économie est une science déductive qui étudie l'action rationnelle); ce dernier sens se rapproche beaucoup de la conception qu'en avait Ludwig von Mises. Origine de la notion Économique est un mot grec qui apparaît comme titre de deux traités, l'un de Xénophon, l'autre d'Aristote, dont l'objet est la connaissance et la formulation des lois (« nomos ») permettant d'optimiser l'utilisation des biens d'une maison (« oikos »), considérée comme unité collective de production d'une famille élargie ou d'un clan. La richesse est considérée du point de vue de l'abondance des biens produits et de leur utilité, non de l'accumulation de monnaie par l'usure ou le négoce dont les procédés font l'objet d'une autre discipline qu'Aristote appelle chrématistique (de khréma (la richesse) et atos (degré superlatif)) et qu'il considère comme des activités stériles, voire déshonorantes dans l'Éthique à

laquelle fait l'objet d'un autre traité d'Aristote et vise à établir l'harmonie et la justice entre les différentes classes de personnes et de familles qui constituent la cité. en particulier en ce qui concerne la répartition des richesses dans la société. Ils peuvent aussi réaliser des études pour estimer les effets d'une loi ou d'un projet de loi.Nicomaque). pour intégrer la mesure des activités liées à ces enjeux dans les grands agrégats économiques (PIB. minerais) et sur l'équilibre de la planète (climat. Les États qui s'engagent sur le plan multilatéral à réduire leurs émissions de CO2 mettent en place des réglementations pour encourager les entreprises et industries à investir dans les technologies non polluantes et se reconvertir dans des secteurs sobres en consommation d'énergies. l'écologie devient un enjeu économique. énergies fossiles. L'économie a donc des liens avec la philosophie politique. biodiversité. LA PLACE DE L'ECONOMIE DANS LA SOCIETE Rôle et responsabilité des économistes Le rôle des économistes est d'une part d'analyser comment la société humaine produit ses richesses et les répartit. dans le domaine de l'économie de l'environnement.. par l'activité qu'elle génère (recyclage. économie désigne actuellement tout le processus de production et de répartition de biens et de services d'une région ou d'un pays . L'Économique est explicitement distingué de la Politique. doivent-ils être tenus pour responsable en cas d'échec ? Hayek l'exprima en écrivant qu'un économiste qui n'est qu'économiste devient nuisible et peut constituer un véritable danger. et elle a un enjeu social considérable. . Les résultats de ces études (qui peuvent être contradictoires d'un modèle à l'autre) sont parfois utilisés par les gouvernements pour réguler l'activité économique. Par extension. En effet. Des réflexions sont en cours.).. dépollution. Enjeux écologiques Depuis la fin du XXe siècle. Réciproquement. l'économie a aussi un enjeu écologique. etc).La prise en compte des intérêts écologiques et des dégâts de l'activité économique sur l'environnement devient un enjeu majeur dans les choix d'investissements et la politique d'innovation et d'emploi à long terme. et d'autre part de proposer des explications et des possibilités d'amélioration à certains dysfonctionnements économiques et sociaux. la répartition et le renouvellement des biens nécessaires à l'existence d'une société ou d'une personne. etc. A ce titre la responsabilité des économistes fait question : si leurs propositions sont si importantes pour la société. sous forme d'externalités. on appelle économie mondiale le système des échanges marchands et financiers internationaux. l'impact des activités humaines sur les ressources naturelles (déforestation. Le terme économie ne s'oppose pas à luxe mais à gaspillage : il désigne le surcroît de richesse provenant de l'optimisation de l'utilisation des ressources humaines et naturelles employées dans la production.) posent la question du développement durable.

remarquer que ce n’est qu’en … s’acceptant comme des chercheurs en sciences sociales que les économistes peuvent mettre fin à la crise de leur discipline.] On n'a aucune peine à montrer ce que les écoles de pensée et les caprices de la mode en économie doivent à l'air du temps et au débat idéologique ». comme pour toute discipline qui se veut scientifique. Claude Mouchot en appelle. une approche constructiviste de l'économie. la branche la plus influente de la théologie séculière – parce qu'elle peut être formulée. à une véritable épistémologie de l'économie. Ces hypothèses sont jugées par beaucoup d'économistes hétérodoxes. et l'est habituellement. Ainsi pour Jacques Sapir7 la question de la théorie de la connaissance sous-jacente à l'approche économique devient cruciale. et de découvrir des lois capables d'expliquer et de prévoir l'ensemble des comportements des acteurs économiques. maximisation des fonctions de production. et par des scientifiques de diverses tendances comme par exemple Benoît Mandelbrot. la science économique a été une forme de théologie florissante – sans doute dans le monde occidental. .) ce scientisme hérité du XIXe siècle. au moins dans une société démocratique . l'économie ne peut être définie comme une science exacte (selon la définition de Karl Popper) en raison de son caractère fondamentalement autoréférentiel : la connaissance d'une loi modifie le comportement des acteurs économiques qu'elle est censée décrire. Il propose. lui.. etc. Ainsi d'après Claude Mouchot : « l'économie ne sera jamais « science normale » au sens de T..S. Kuhn . si bien que comme le faisait remarquer Karl Popper : « Le développement de l'économie réelle n'a rien à voir avec la science économique.. de manière à échapper à toute espèce de contrôle [. continuité des préférences individuelles. n'est pas à démontrer. l'historien Eric Hobsbawm avance : « Bien qu'elle soit soumise à des impératifs de cohérence et de logique. Ce dernier souligne que la rupture avec le positivisme. les théories économiques n'ont jamais eu la moindre utilité pratique » En fait.L'économie est-elle une science? La question du statut scientifique de l'économie est problématique et conduit certains auteurs à remettre en cause la scientificité de l'économie. Cherchant à rendre compte du mouvement des sciences au XXe siècle. même si comme Léon Walras. convexité des fonctions d'utilité. comme « irréalistes ». quant à lui. l’unification des théories économiques ne se réalisera jamais. Claude Mouchot note finalement la nécessaire multiplicité des discours en économie et en appelle à un retour du politique. Il est vrai qu'elles n'ont jamais donné lieu à des confirmations empiriques très robustes. La présentation de l'économie orthodoxe montre que les recommandations dépendent toutefois amplement des hypothèses utilisées pour construire le modèle.. Bien qu'on les enseigne comme s'il s'agissait de mathématiques. dans son ouvrage Méthodologie économique. Et très souvent. (. Jacques Sapir fait. il faut abandonner la référence à la physique et déterminer à nouveau frais le statut épistémologique de notre discipline ». est bien le point d'achoppement principal en économie. de nombreux économistes ont eu l'ambition de trouver une définition commune à tous les modèles économiques. marché pur et parfait. Quelle épistémologie pour l'économie? L'importance de l'épistémologie pour l'économie. il s'agit d'hypothèses fortes : transitivité.

On confronte ensuite cette hypothèse à des données empiriques. Un modèle est un schéma simplifié du monde réel qui répond à diverses conventions. Les modèles sont employés dans les sciences économiques descriptives pour formuler des principes et dans les sciences économiques normatives pour proposer des politiques. s'ils changent dans des directions opposées). De cette comparaison. on l'érige alors en théorie. Le but des sciences économiques descriptives ou positives est d'étudier ce qui est. Les modèles sont des schémas simplifiés de la réalité qui reposent sur des généralisations et des simplifications. -normative lorsqu'elle prescrit une action. Le but des sciences économiques normatives ou politiques est d'étudier ce qui devrait être. les modèles schématisant un pays entier postulent que tous les employés sont semblables. généralisations. la préservation des biens propres) sur la base de normes. On emploie des modèles pour ériger les théories. Les plus significatives sont sans doute : *l'économétrie. Les sciences économiques ont pour objet le bien-être matériel des personnes. la liberté économique. recommander aux dirigeants politiques des actions qui stimuleront les ventes. Cela peut correspondre. On trouve d'autres part différentes méthodes utilisées par les économistes pour tester ou construire leurs théories. de valeurs ou d'aspirations communes (comme le désir d'un niveau de vie plus élevé). auprès de petits groupe et rejoint ainsi l'économie comportementale. en cas de chômage. lois et principes qui peuvent décrire les relations entre les divers agents conomiques. Si elle se vérifie. simplifications et postulats. on peut tirer des conclusions permettant de définir des politiques ou de recommander un ensemble d'actions. Certains modèles sont également employés pour faire des prévisions. à la nécessité de vendre plus de produits. les goûts sont supposés être tous identiques. Elles cherchent à expliquer pourquoi et comment il est atteint. il peut. par exemple. par exemple. Si l'économiste a établi que la hausse de la production conduit les entreprises à recruter de nouveaux employés. *L'approche historique. qui applique les techniques mathématiques. Les modèles servent à faire des prévisions. une mesure ou une route à suivre. . L'économiste. l'économie peut aborder son objet de deux points de vue complémentaires . statistiques et probabilistes à l'étude des données économiques. De même. tente de déterminer les facteurs qui expliquent pourquoi les entreprises souhaitent recruter de nouveaux employés. que tous les biens produits le sont également. Souvent ces relations sont énoncées en termes mathématiques et en utilisant des graphiques. Généralement. Les sciences économiques emploient des modèles. elle est dite: -positive lorsqu'elle s'attache à expliquer les conséquences des différents choix et à décrire la réalité de son objet. comme si on ne produisait qu'un seul bien. On propose d'abord une hypothèse. Deux événements qui changent dans la même direction sont liés directement (et liés inversement. en loi ou en principe. Ces dernières sont alors comparées aux objectifs généralement admis dans notre société (tel que le plein emploi.Méthodologie économique Comme la plupart des sciences humaines. *l'économie expérimentale qui au contraire étudie les motivations économiques « en laboratoire ».

l'épargne. Cette utilisation des modèles est. durant les années 1970 et le début des années 1980. adoptent une démarche radicalement différente. de fait. l'économie est souvent divisée en deux grandes catégories : -la microéconomie. Au sein de ces grandes divisions. combien de personnes elles devraient employer. administration. les tenants de l'École autrichienne. Le chômage peut affecter chacun dans un pays dans une certaine mesure. Une telle approche met en lumière la façon dont se forment les prix par exemple. un consensus semble s'être formé chez les économistes orthodoxes autour de l'idée que la microéconomie constitue le fondement de la macroéconomie. on peut considérer que dans tout domaine où les individus sont confrontés à des choix — l'éducation. pour des raisons épistémologiques. Plus généralement. telles que la psychologie sociale. de type axiomatico-déductive. et par la volonté d'en tirer des lois générales. En effet. on peut trouver un aspect économique. la politique. etc. pour les économistes. Aujourd'hui. qui examine une économie comme un ensemble. l'emploi. . Par exemple. ou la sociologie. —. l'allocation des ressources. La micro-économie est l'étude des comportements dans les rapports économiques et des politiques économiques telles qu'elles s'appliquent aux différents acteurs (ménages et entreprises) dans une économie de marché. ceci détermine ce que les entreprises devraient produire. comme Claude Mouchot par exemple. Cette idée est cependant très contestée. et par conséquent. qui tentent de répondre aux questions du point de vue — plus large — de l'activité humaine. et rendraient l'exposition moins sujette aux ambiguïtés. Domaines d'étude de l'économie Certains aspects de l'économie requièrent une attention particulière : le commerce. réfutent cette idée de façon catégorique. -la macroéconomie. Et. Une autre préoccupation typique de la macro-économie est ce que l'ensemble des individus d'une nation veut acheter. et refusent de recourir à toute modélisation mathématique. qui traite des comportements et des interactions entre les agents économiques (ménages.L'économie fait depuis longtemps (depuis les physiocrates) un large usage de modèles mathématiques. La micro-économie s'intéresse à ce qu'un individu désire acheter ou à ce qu'une entreprise envisage de vendre. Les économistes pensent ainsi que les méthodes mathématiques encourageraient les chercheurs à se concentrer sur l'essentiel. les domaines d'investigation de l'économie chevauchent ceux d'autres sciences sociales. les théories économiques ont trouvé des applications dans des contextes beaucoup plus vastes. la concurrence et la monnaie. La macro-économie est l'étude des relations économiques et des politiques qui s'appliquent à un pays entier. l'investissement. À noter. la vie publique. en tentant de comprendre les interactions entre les différents agrégats que sont le revenu. associations). entreprises. le mariage. Peu à peu. rendue nécessaire par le grand nombre de données qu'ils ont à traiter. Par exemple. les immobilisations (corporelles ou incorporelles). etc. on trouve des zones d'étude plus spécialisées. La théorie du choix public (public choice theory) étudie comment une analyse économique peut s'appliquer à des domaines traditionnellement considérés comme étrangers à ce domaine. un certain nombre de spécialistes en épistémologie économique. Les tentatives de réunion de ces deux branches ont été l'un des principaux moteurs de la pensée économique contemporaine.

Les grandes questions auxquelles les théories économiques s'efforcent de répondre -Qu'est-ce que la richesse? Comment est-elle répartie? Pourquoi? Comment faire évoluer cette répartition? Comment augmenter les richesses? -Quelle est la valeur des choses? La valeur du travail? -Comment mesure-t-on la production? La consommation? Qui produit? Comment? -Qu'est-ce qu'une ressource? Comment assurer la continuité de production avec des ressources limitées? Comment les ressources naturelles interviennent-elles dans les économies contemporaines? -Quelle est la différence entre un actif matériel et un actif immatériel? Comment les actifs immatériels contribuent-ils à la richesse? -Comment les externalités influencent-elles la production de richesse? Le PIB est-il une mesure pertinente de la croissance économique? -Quelle est la différence entre la mesure des importations et des exportations à l'échelle de chaque nation européenne et à l'échelle de l'Union européenne? -Quel est la nature et l'origine de la monnaie? -Quel est le statut de la propriété? Est-ce un droit naturel? Une forme de vol? Un phénomène contingent ou conventionnel? Objectifs économiques . Ces objectifs économiques ne sont pas acceptés de façon universelle. Ainsi.Ainsi. un aspect important de l'économie est l'étude de la manière dont des stimulants (les conséquences de différentes actions) peuvent affecter le comportement d'un individu ou d'un groupe. 7) distribution équitable des produits. a étudié la doctrine scolastique en général et l'espagnole en particulier. notamment en Grèce antique (voir économie de la Grèce antique). 6) sécurité. les objectifs économiques ne sont pas toujours complémentaires. 3) efficacité économique. dans son Histoire de l'analyse économique (1954). Ils peuvent également être en conflit les uns avec les autres. la psychologie. Les développements au début de l'époque moderne (XVIe . Ce paragraphe décrit les développements de la pensée économique à partir de la Renaissance. les sciences cognitives et la neurologie rejoignent l'économie et lui servent de matière à réflexion. et leur degré d'importance peut changer considérablement d'une nation à une autre. 5) balance commerciale équilibrée. Les économistes pensent que les stimulants et les goûts personnels jouent un rôle important dans la préparation de la prise de décision.XVIIe siècles) Joseph Schumpeter. Il a fait l'éloge du haut niveau des sciences économiques en Espagne à . DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE ECONOMIQUE La pensée économique trouve ses origines dans l'Antiquité. 4) plein emploi. et 8) liberté économique.voici une liste des principaux objectifs économiques : 1) croissance économique. ou même s'exclure les uns les autres. 2) stabilité du niveau des prix. En outre.

par exemple des manufactures. la physiocratie aura une existence assez brève. étant dès 1776 éclipsée par l'émergence de la pensée classique et la parution des Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations d'Adam Smith. La pensée économique moderne s'est ensuite développée au XVIe et XVIIe siècles avec le mercantilisme. Elle se situe historiquement à la fin du Moyen Âge et marque aussi la fin de la prééminence des doctrines de l'Église dans l'organisation sociale. fut populaire dans l'enseignement et fut surtout . appelée parfois synthèse néoclassique. autour tout d'abord de Daniel Bernoulli (créateur dès 1738 du concept fondamental d'utilité). Antoine de Montchrestien (1575-1621) ou Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). L'Espagne qui possède à l'époque une grande quantité d'or. Les classiques anglais cherchent à comprendre la dynamique de la croissance dans le contexte de la révolution industrielle naissante : ils insistent à la fois sur le rôle du travail dans la création de la richesse (notion de « valeur travail ») tout en soulignant leur attachement au libéralisme économique et leur croyance dans la nécessité d'une forte accumulation du capital et d'une répartition des revenus judicieuse pour soutenir la croissance économique. Elle repose sur la croyance que la richesse repose sur l'accumulation des métaux précieux . Adam Smith et David Ricardo. Le Tableau Économique (1758) de François Quesnay. Les physiocrates soutiennent qu'il existe un ordre naturel gouverné par des lois (physiocratie signifie gouvernement de la nature). Notamment la France qui fait preuve d'un important interventionnisme étatique (contrôle de la production pour assurer la qualité des produits) dans le but d'exporter de nombreux produits de luxe. De nombreux économistes utilisent un mélange de microéconomie néoclassique et de macroéconomie keynésienne. elle préconise donc de développer l'activité industrielle et l'exportation pour obtenir l'or et l'argent qui représentent la richesse d'un pays. Cette représentation sera reprise et détaillée par tous les mouvements économiques postérieurs. car pour la première fois l'économie est présentée sous forme de flux de biens et de services. ou de son souverain en particulier.XIXe siècle) Le courant des physiocrates ne constitua qu'une brève étape de la pensée économique. la pensée économique s'est notamment développée avec l'apport de Karl Marx. Le mercantilisme français est représenté par des hommes tels que Jean Bodin (1530-1596). Cette combinaison. Fondée sur l'idée que seules la terre et l'agriculture seraient créatrices de richesse. Le rôle des économistes est de comprendre et de révéler les lois de la nature telles qu'elles opèrent dans la société et dans l'économie afin de montrer comment ces lois opèrent dans la formation et dans la distribution des richesses. principal représentant de la Physiocratie aura cependant une large postérité. Au XVIIIe siècle se développa surtout la pensée classique. ainsi que des différentes écoles qui lui ont succédé). Cette doctrine économique prône le développement économique par l'enrichissement des nations et de l'État. au moyen du commerce extérieur (le mot vient du latin « mercatus » qui signifie « commerce. Préclassiques et classiques (XVIIIe . Diversification de la pensée (XXe siècle . L'État doit donner l'exemple en créant de grandes activités. L'économie moderne est en fait avant tout un affinement de la pensée économique néoclassique (voir Histoire de la pensée économique pour un aperçu des précurseurs d'Adam Smith. Selon lui l'école de Salamanque a été le groupe qui mérite le plus le titre de fondateurs des sciences économiques. marché ») mais aussi de l'industrialisation. puis de deux Britanniques.la Renaissance.XXIe siècle) John Maynard Keynes donna naissance à la macroéconomie dans les années 1930. Au XIXe siècle. contribue donc à l'enrichissement de la France.

qui lui donne le plus haut niveau de satisfaction. une fonction d'utilité ordinale. travail et capital. Présentation de l'économie orthodoxe L'économie est aujourd'hui construite autour d'un paradigme dominant. l'essor des sciences de gestion (management. théorie des organisations. la compétence et l'information comme facteurs essentiels de production et de développement. au sens politique ou économique le plus courant. technologies de l'information) a percolé en économie. ils construisent alors. née notamment de l'étude des anomalies des marchés financiers et des facteurs psychosociologiques qui les causent. Cependant les théories keynésiennes présentent l'inconvénient d'être source d'inflation. Suivant la structure des préférences de l'agent économique. on trouve la théorie du Crédit social de Clifford Hugh Douglas qui développa sa théorie dans les années 30. Par ailleurs. marketing. ce qui pose le problème de la redistribution des produits. ou les allocations. le choix d'une alternative implique en effet le renoncement aux autres alternatives possibles . nées de croisements entre l'économie et la sociologie et les sciences cognitives. telles . On parle pour désigner les travaux construits à l'intérieur de ce paradigme. En fonction de ce principe. c'est ce que les économistes nomment le coût d'opportunité. conduire qu'à une production limitée. on note une grande diversification des courants économiques. et il faut donc choisir comment les employer au mieux. de nombreux auteurs se réclament de la pensée de Karl Marx en niant être marxistes. l'économiste considère l'utilité cardinale d'une ressource. La difficulté est toutefois de mesurer ce niveau de satisfaction. c'est pourquoi les économistes néoclassiques ont rejeté cette hypothèse et supposent désormais que le consommateur a seulement la possibilité de classer les différents biens en fonction de ses préférences. Ce paradigme part du principe fondamental suivant : les ressources sont en quantités limitées. lorsque c'est possible. En situation de rareté. l'un des supports de l'économétrie. d'économie orthodoxe. gestion des ressources humaines. on cherche alors l'allocation des ressources. De nos jours. en plus des trois facteurs « classiques » : ressources naturelles. Dans les modèles d'inspiration walrasienne. des ressources limitées ne peuvent. aboutissant en particulier à l'économie de la connaissance. Dans la tradition classique. à un moment donné et dans un contexte technologique donné. et l'agent choisit de consommer la ressource ou le niveau de ressources. De même. l'économie expérimentale appliquée notamment à la microéconomie. en effet celle-ci tend à favoriser la demande. De plus. utilisant des techniques de modélisation dérivés des sciences physiques. la socioéconomie et la neuroéconomie. La consommation d'un bien dispense un certain niveau de satisfaction selon une certaine fonction d'utilité prédonnée.largement appliquée en politique économique dans les pays occidentaux après la Seconde Guerre mondiale et jusqu'à la fin des années 1970. l'économie comportementale. notamment par l'application de nouvelles approches techniques : • • • • l'économie quantitative. A contre-courant des théories dominantes. qui reconnaît le savoir. dans le même ordre d'idées. il existe deux possibilités pour calculer l'utilité des ressources qui vont être employées.

alors l'économie n'est pas dans une situation dite d'optimum de Pareto (du nom de Vilfredo Pareto. l’allocation actuelle est optimale au sens de Pareto. En revanche. privé). Une partie des recherches porte également sur la façon dont les situations oligopolistiques et monopolistiques écartent une économie de son état paréto-optimal. Une partie du rôle des économistes orthodoxes est donc de déterminer quelles sont les mesures à prendre pour que l'économie soit dans une situation paréto-optimale. sociologue italien du XIXe ayant théorisé ce concept). et une indexation des biens par un système de prix. En général. On dit alors qu'il s'agit d'allocations paréto-optimales. qui ne sont que des équilibres de Nash particuliers. La distinction est la suivante : par rapport à un état donné de l'économie. en fonction de la nature des préférences individuelles et en fonction de la nature des biens (public. Ces modèles suffisent donc aux économistes néoclassiques pour tirer des conclusions sur les mesures économiques à prendre.qu'aucun individu ne puisse accroître sa satisfaction sans détériorer celle de quelqu'un d'autre. sans forcément tenir compte de critères éthiques de redistribution qui relèvent du choix politique. . Il faut alors remarquer qu'une allocation paréto-optimale n'implique aucunement une distribution égalitaire des ressources. si une telle allocation n'est pas réalisable. ils préconisent une décentralisation des décisions et de l'échange. s'il est possible de trouver une allocation qui accroisse le niveau de satisfaction d'un acteur sans diminuer celui d'un autre. et comment il est possible de rétablir l'efficience.