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INTRODUCTION

Le but de cette leçon est de comprendre la nature et l'objectif des sciences économiques. Nous étudierons la méthodologie. Il faut faire une distinction entre les sciences économiques positives (ou descriptives) et les sciences économiques normatives (ou politiques). Il existe plusieurs types d'approches économiques. Quelques écueils de l'analyse économique seront évoqués. Le sujet de cette leçon est celui de la problématique économique. Elle met en évidence l'utilisation efficace des ressources qui sont rares afin de satisfaire les besoins de la société qui sont illimités. On suppose que les besoins sont notoirement illimités. Les ressources, elles, ne le sont pas et sont répertoriées. La problématique économique est étudiée avec l'aide de la courbe des perspectives de production. Cette approche montre qu'il faut faire des choix et que la croissance économique dépend d'une utilisation efficace et d'une extension des ressources.

SUR LES SCIENCES ECONOMIQUES
L’économie, en tant que discipline, est une branche des sciences sociales qui étudie l'allocation des ressources rares à des fins alternatives. Autrement dit, selon l'économiste et homme politique Raymond Barre, « la science économique est la science de l'administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l'aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités » (Economie politique, PUF, 1959). Les sciences économiques sont des sciences sociales qui se penchent sur le comportement humain dans les domaines de la consommation, de la production de biens et la prestation de services. Elles font le constat que les ressources productives sont limitées et que les désirs matériels humains ne peuvent être tous satisfaits. Elles visent à découvrir l'utilisation la plus efficace des ressources productives dans le but d'atteindre la satisfaction maximum des désirs matériels des gens. Généralement, les sciences économiques examinent les problèmes du point de vue de la société. En réalité, il n'existe pas une seule définition de l'économie, mais plusieurs définitions, chaque définition renvoyant à des réalités sous-jacentes différentes. Karl Polanyi distinguait par exemple deux sens du terme économique : le sens substantif (l'économie est une science empirique qui étudie des procès institutionnalisés) et le sens formel (l'économie est une science déductive qui étudie l'action rationnelle); ce dernier sens se rapproche beaucoup de la conception qu'en avait Ludwig von Mises. Origine de la notion Économique est un mot grec qui apparaît comme titre de deux traités, l'un de Xénophon, l'autre d'Aristote, dont l'objet est la connaissance et la formulation des lois (« nomos ») permettant d'optimiser l'utilisation des biens d'une maison (« oikos »), considérée comme unité collective de production d'une famille élargie ou d'un clan. La richesse est considérée du point de vue de l'abondance des biens produits et de leur utilité, non de l'accumulation de monnaie par l'usure ou le négoce dont les procédés font l'objet d'une autre discipline qu'Aristote appelle chrématistique (de khréma (la richesse) et atos (degré superlatif)) et qu'il considère comme des activités stériles, voire déshonorantes dans l'Éthique à

en particulier en ce qui concerne la répartition des richesses dans la société. L'Économique est explicitement distingué de la Politique. l'économie a aussi un enjeu écologique. etc). Réciproquement. doivent-ils être tenus pour responsable en cas d'échec ? Hayek l'exprima en écrivant qu'un économiste qui n'est qu'économiste devient nuisible et peut constituer un véritable danger. on appelle économie mondiale le système des échanges marchands et financiers internationaux. pour intégrer la mesure des activités liées à ces enjeux dans les grands agrégats économiques (PIB. la répartition et le renouvellement des biens nécessaires à l'existence d'une société ou d'une personne. LA PLACE DE L'ECONOMIE DANS LA SOCIETE Rôle et responsabilité des économistes Le rôle des économistes est d'une part d'analyser comment la société humaine produit ses richesses et les répartit. énergies fossiles.) posent la question du développement durable. biodiversité.). sous forme d'externalités.. économie désigne actuellement tout le processus de production et de répartition de biens et de services d'une région ou d'un pays . l'impact des activités humaines sur les ressources naturelles (déforestation. et elle a un enjeu social considérable. l'écologie devient un enjeu économique. etc. A ce titre la responsabilité des économistes fait question : si leurs propositions sont si importantes pour la société. laquelle fait l'objet d'un autre traité d'Aristote et vise à établir l'harmonie et la justice entre les différentes classes de personnes et de familles qui constituent la cité. Enjeux écologiques Depuis la fin du XXe siècle. par l'activité qu'elle génère (recyclage.Nicomaque). dépollution. En effet. Des réflexions sont en cours. minerais) et sur l'équilibre de la planète (climat. . Les résultats de ces études (qui peuvent être contradictoires d'un modèle à l'autre) sont parfois utilisés par les gouvernements pour réguler l'activité économique. Les États qui s'engagent sur le plan multilatéral à réduire leurs émissions de CO2 mettent en place des réglementations pour encourager les entreprises et industries à investir dans les technologies non polluantes et se reconvertir dans des secteurs sobres en consommation d'énergies. L'économie a donc des liens avec la philosophie politique.. Ils peuvent aussi réaliser des études pour estimer les effets d'une loi ou d'un projet de loi. Par extension.La prise en compte des intérêts écologiques et des dégâts de l'activité économique sur l'environnement devient un enjeu majeur dans les choix d'investissements et la politique d'innovation et d'emploi à long terme. dans le domaine de l'économie de l'environnement. et d'autre part de proposer des explications et des possibilités d'amélioration à certains dysfonctionnements économiques et sociaux. Le terme économie ne s'oppose pas à luxe mais à gaspillage : il désigne le surcroît de richesse provenant de l'optimisation de l'utilisation des ressources humaines et naturelles employées dans la production.

quant à lui. Ainsi d'après Claude Mouchot : « l'économie ne sera jamais « science normale » au sens de T. et par des scientifiques de diverses tendances comme par exemple Benoît Mandelbrot. Bien qu'on les enseigne comme s'il s'agissait de mathématiques. même si comme Léon Walras. est bien le point d'achoppement principal en économie. l’unification des théories économiques ne se réalisera jamais. à une véritable épistémologie de l'économie. (. une approche constructiviste de l'économie. si bien que comme le faisait remarquer Karl Popper : « Le développement de l'économie réelle n'a rien à voir avec la science économique. convexité des fonctions d'utilité. l'économie ne peut être définie comme une science exacte (selon la définition de Karl Popper) en raison de son caractère fondamentalement autoréférentiel : la connaissance d'une loi modifie le comportement des acteurs économiques qu'elle est censée décrire. comme pour toute discipline qui se veut scientifique. Ce dernier souligne que la rupture avec le positivisme.L'économie est-elle une science? La question du statut scientifique de l'économie est problématique et conduit certains auteurs à remettre en cause la scientificité de l'économie. la branche la plus influente de la théologie séculière – parce qu'elle peut être formulée. Claude Mouchot en appelle. Jacques Sapir fait. marché pur et parfait. Kuhn .S. La présentation de l'économie orthodoxe montre que les recommandations dépendent toutefois amplement des hypothèses utilisées pour construire le modèle.] On n'a aucune peine à montrer ce que les écoles de pensée et les caprices de la mode en économie doivent à l'air du temps et au débat idéologique ». Quelle épistémologie pour l'économie? L'importance de l'épistémologie pour l'économie. etc. Il propose. maximisation des fonctions de production. Cherchant à rendre compte du mouvement des sciences au XXe siècle. de manière à échapper à toute espèce de contrôle [. Ainsi pour Jacques Sapir7 la question de la théorie de la connaissance sous-jacente à l'approche économique devient cruciale. au moins dans une société démocratique .. continuité des préférences individuelles. l'historien Eric Hobsbawm avance : « Bien qu'elle soit soumise à des impératifs de cohérence et de logique.. il faut abandonner la référence à la physique et déterminer à nouveau frais le statut épistémologique de notre discipline ». remarquer que ce n’est qu’en … s’acceptant comme des chercheurs en sciences sociales que les économistes peuvent mettre fin à la crise de leur discipline. Il est vrai qu'elles n'ont jamais donné lieu à des confirmations empiriques très robustes.) ce scientisme hérité du XIXe siècle. la science économique a été une forme de théologie florissante – sans doute dans le monde occidental. lui. de nombreux économistes ont eu l'ambition de trouver une définition commune à tous les modèles économiques. . n'est pas à démontrer. et l'est habituellement. et de découvrir des lois capables d'expliquer et de prévoir l'ensemble des comportements des acteurs économiques.. il s'agit d'hypothèses fortes : transitivité. Claude Mouchot note finalement la nécessaire multiplicité des discours en économie et en appelle à un retour du politique. les théories économiques n'ont jamais eu la moindre utilité pratique » En fait. comme « irréalistes ». Et très souvent.. Ces hypothèses sont jugées par beaucoup d'économistes hétérodoxes. dans son ouvrage Méthodologie économique.

*l'économie expérimentale qui au contraire étudie les motivations économiques « en laboratoire ». Généralement. L'économiste. Ces dernières sont alors comparées aux objectifs généralement admis dans notre société (tel que le plein emploi. à la nécessité de vendre plus de produits. par exemple. statistiques et probabilistes à l'étude des données économiques. lois et principes qui peuvent décrire les relations entre les divers agents conomiques. Le but des sciences économiques descriptives ou positives est d'étudier ce qui est. on peut tirer des conclusions permettant de définir des politiques ou de recommander un ensemble d'actions. Les modèles sont des schémas simplifiés de la réalité qui reposent sur des généralisations et des simplifications. l'économie peut aborder son objet de deux points de vue complémentaires . On emploie des modèles pour ériger les théories. Souvent ces relations sont énoncées en termes mathématiques et en utilisant des graphiques. Elles cherchent à expliquer pourquoi et comment il est atteint. les modèles schématisant un pays entier postulent que tous les employés sont semblables. Un modèle est un schéma simplifié du monde réel qui répond à diverses conventions. On propose d'abord une hypothèse. on l'érige alors en théorie. . Les sciences économiques ont pour objet le bien-être matériel des personnes. Deux événements qui changent dans la même direction sont liés directement (et liés inversement. les goûts sont supposés être tous identiques. qui applique les techniques mathématiques. la liberté économique. en cas de chômage. De même. auprès de petits groupe et rejoint ainsi l'économie comportementale. On trouve d'autres part différentes méthodes utilisées par les économistes pour tester ou construire leurs théories. -normative lorsqu'elle prescrit une action. il peut. elle est dite: -positive lorsqu'elle s'attache à expliquer les conséquences des différents choix et à décrire la réalité de son objet. simplifications et postulats. en loi ou en principe. comme si on ne produisait qu'un seul bien. Si l'économiste a établi que la hausse de la production conduit les entreprises à recruter de nouveaux employés. On confronte ensuite cette hypothèse à des données empiriques. De cette comparaison. Les modèles sont employés dans les sciences économiques descriptives pour formuler des principes et dans les sciences économiques normatives pour proposer des politiques. Les modèles servent à faire des prévisions. Les sciences économiques emploient des modèles. Si elle se vérifie. Les plus significatives sont sans doute : *l'économétrie. généralisations. que tous les biens produits le sont également. de valeurs ou d'aspirations communes (comme le désir d'un niveau de vie plus élevé). une mesure ou une route à suivre.Méthodologie économique Comme la plupart des sciences humaines. Le but des sciences économiques normatives ou politiques est d'étudier ce qui devrait être. *L'approche historique. Cela peut correspondre. la préservation des biens propres) sur la base de normes. Certains modèles sont également employés pour faire des prévisions. recommander aux dirigeants politiques des actions qui stimuleront les ventes. s'ils changent dans des directions opposées). tente de déterminer les facteurs qui expliquent pourquoi les entreprises souhaitent recruter de nouveaux employés. par exemple.

et par la volonté d'en tirer des lois générales. administration. on trouve des zones d'étude plus spécialisées. le mariage. un certain nombre de spécialistes en épistémologie économique. Au sein de ces grandes divisions. Et. Domaines d'étude de l'économie Certains aspects de l'économie requièrent une attention particulière : le commerce. combien de personnes elles devraient employer. telles que la psychologie sociale. adoptent une démarche radicalement différente. l'épargne. qui examine une économie comme un ensemble. Les tentatives de réunion de ces deux branches ont été l'un des principaux moteurs de la pensée économique contemporaine. en tentant de comprendre les interactions entre les différents agrégats que sont le revenu. durant les années 1970 et le début des années 1980. Les économistes pensent ainsi que les méthodes mathématiques encourageraient les chercheurs à se concentrer sur l'essentiel. qui traite des comportements et des interactions entre les agents économiques (ménages. Par exemple. les immobilisations (corporelles ou incorporelles). —. et refusent de recourir à toute modélisation mathématique. comme Claude Mouchot par exemple. Une autre préoccupation typique de la macro-économie est ce que l'ensemble des individus d'une nation veut acheter. En effet. qui tentent de répondre aux questions du point de vue — plus large — de l'activité humaine. les domaines d'investigation de l'économie chevauchent ceux d'autres sciences sociales. réfutent cette idée de façon catégorique. on peut trouver un aspect économique. et rendraient l'exposition moins sujette aux ambiguïtés. de fait. pour des raisons épistémologiques. un consensus semble s'être formé chez les économistes orthodoxes autour de l'idée que la microéconomie constitue le fondement de la macroéconomie. l'emploi. Cette idée est cependant très contestée. l'allocation des ressources. de type axiomatico-déductive. l'économie est souvent divisée en deux grandes catégories : -la microéconomie. les tenants de l'École autrichienne. associations). La théorie du choix public (public choice theory) étudie comment une analyse économique peut s'appliquer à des domaines traditionnellement considérés comme étrangers à ce domaine. La micro-économie est l'étude des comportements dans les rapports économiques et des politiques économiques telles qu'elles s'appliquent aux différents acteurs (ménages et entreprises) dans une économie de marché. Peu à peu. rendue nécessaire par le grand nombre de données qu'ils ont à traiter. on peut considérer que dans tout domaine où les individus sont confrontés à des choix — l'éducation. Plus généralement. la vie publique. La macro-économie est l'étude des relations économiques et des politiques qui s'appliquent à un pays entier. . etc. etc. ceci détermine ce que les entreprises devraient produire. Cette utilisation des modèles est. l'investissement. Aujourd'hui. Le chômage peut affecter chacun dans un pays dans une certaine mesure. -la macroéconomie. la concurrence et la monnaie. Une telle approche met en lumière la façon dont se forment les prix par exemple. À noter. ou la sociologie. Par exemple. La micro-économie s'intéresse à ce qu'un individu désire acheter ou à ce qu'une entreprise envisage de vendre.L'économie fait depuis longtemps (depuis les physiocrates) un large usage de modèles mathématiques. entreprises. la politique. les théories économiques ont trouvé des applications dans des contextes beaucoup plus vastes. et par conséquent. pour les économistes.

Ainsi. En outre. ou même s'exclure les uns les autres. notamment en Grèce antique (voir économie de la Grèce antique).XVIIe siècles) Joseph Schumpeter. les sciences cognitives et la neurologie rejoignent l'économie et lui servent de matière à réflexion. et leur degré d'importance peut changer considérablement d'une nation à une autre. 3) efficacité économique. la psychologie.voici une liste des principaux objectifs économiques : 1) croissance économique. 2) stabilité du niveau des prix. Il a fait l'éloge du haut niveau des sciences économiques en Espagne à . Les développements au début de l'époque moderne (XVIe . Ils peuvent également être en conflit les uns avec les autres. Les grandes questions auxquelles les théories économiques s'efforcent de répondre -Qu'est-ce que la richesse? Comment est-elle répartie? Pourquoi? Comment faire évoluer cette répartition? Comment augmenter les richesses? -Quelle est la valeur des choses? La valeur du travail? -Comment mesure-t-on la production? La consommation? Qui produit? Comment? -Qu'est-ce qu'une ressource? Comment assurer la continuité de production avec des ressources limitées? Comment les ressources naturelles interviennent-elles dans les économies contemporaines? -Quelle est la différence entre un actif matériel et un actif immatériel? Comment les actifs immatériels contribuent-ils à la richesse? -Comment les externalités influencent-elles la production de richesse? Le PIB est-il une mesure pertinente de la croissance économique? -Quelle est la différence entre la mesure des importations et des exportations à l'échelle de chaque nation européenne et à l'échelle de l'Union européenne? -Quel est la nature et l'origine de la monnaie? -Quel est le statut de la propriété? Est-ce un droit naturel? Une forme de vol? Un phénomène contingent ou conventionnel? Objectifs économiques . a étudié la doctrine scolastique en général et l'espagnole en particulier. et 8) liberté économique. DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE ECONOMIQUE La pensée économique trouve ses origines dans l'Antiquité. dans son Histoire de l'analyse économique (1954). les objectifs économiques ne sont pas toujours complémentaires. Les économistes pensent que les stimulants et les goûts personnels jouent un rôle important dans la préparation de la prise de décision.Ainsi. 7) distribution équitable des produits. un aspect important de l'économie est l'étude de la manière dont des stimulants (les conséquences de différentes actions) peuvent affecter le comportement d'un individu ou d'un groupe. 4) plein emploi. Ce paragraphe décrit les développements de la pensée économique à partir de la Renaissance. 5) balance commerciale équilibrée. 6) sécurité. Ces objectifs économiques ne sont pas acceptés de façon universelle.

Au XIXe siècle. autour tout d'abord de Daniel Bernoulli (créateur dès 1738 du concept fondamental d'utilité). Antoine de Montchrestien (1575-1621) ou Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). au moyen du commerce extérieur (le mot vient du latin « mercatus » qui signifie « commerce. elle préconise donc de développer l'activité industrielle et l'exportation pour obtenir l'or et l'argent qui représentent la richesse d'un pays. Selon lui l'école de Salamanque a été le groupe qui mérite le plus le titre de fondateurs des sciences économiques. Cette combinaison. Elle repose sur la croyance que la richesse repose sur l'accumulation des métaux précieux . puis de deux Britanniques. La pensée économique moderne s'est ensuite développée au XVIe et XVIIe siècles avec le mercantilisme. Le mercantilisme français est représenté par des hommes tels que Jean Bodin (1530-1596). fut populaire dans l'enseignement et fut surtout . principal représentant de la Physiocratie aura cependant une large postérité. L'Espagne qui possède à l'époque une grande quantité d'or.XXIe siècle) John Maynard Keynes donna naissance à la macroéconomie dans les années 1930. De nombreux économistes utilisent un mélange de microéconomie néoclassique et de macroéconomie keynésienne. marché ») mais aussi de l'industrialisation. ainsi que des différentes écoles qui lui ont succédé). Au XVIIIe siècle se développa surtout la pensée classique. contribue donc à l'enrichissement de la France. Les classiques anglais cherchent à comprendre la dynamique de la croissance dans le contexte de la révolution industrielle naissante : ils insistent à la fois sur le rôle du travail dans la création de la richesse (notion de « valeur travail ») tout en soulignant leur attachement au libéralisme économique et leur croyance dans la nécessité d'une forte accumulation du capital et d'une répartition des revenus judicieuse pour soutenir la croissance économique. L'État doit donner l'exemple en créant de grandes activités. Préclassiques et classiques (XVIIIe . Diversification de la pensée (XXe siècle . Fondée sur l'idée que seules la terre et l'agriculture seraient créatrices de richesse. étant dès 1776 éclipsée par l'émergence de la pensée classique et la parution des Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations d'Adam Smith. Notamment la France qui fait preuve d'un important interventionnisme étatique (contrôle de la production pour assurer la qualité des produits) dans le but d'exporter de nombreux produits de luxe. Adam Smith et David Ricardo. appelée parfois synthèse néoclassique. ou de son souverain en particulier. Le Tableau Économique (1758) de François Quesnay. L'économie moderne est en fait avant tout un affinement de la pensée économique néoclassique (voir Histoire de la pensée économique pour un aperçu des précurseurs d'Adam Smith. Le rôle des économistes est de comprendre et de révéler les lois de la nature telles qu'elles opèrent dans la société et dans l'économie afin de montrer comment ces lois opèrent dans la formation et dans la distribution des richesses.XIXe siècle) Le courant des physiocrates ne constitua qu'une brève étape de la pensée économique. la pensée économique s'est notamment développée avec l'apport de Karl Marx. car pour la première fois l'économie est présentée sous forme de flux de biens et de services. Cette représentation sera reprise et détaillée par tous les mouvements économiques postérieurs. la physiocratie aura une existence assez brève. par exemple des manufactures. Elle se situe historiquement à la fin du Moyen Âge et marque aussi la fin de la prééminence des doctrines de l'Église dans l'organisation sociale. Cette doctrine économique prône le développement économique par l'enrichissement des nations et de l'État. Les physiocrates soutiennent qu'il existe un ordre naturel gouverné par des lois (physiocratie signifie gouvernement de la nature).la Renaissance.

Présentation de l'économie orthodoxe L'économie est aujourd'hui construite autour d'un paradigme dominant. théorie des organisations. de nombreux auteurs se réclament de la pensée de Karl Marx en niant être marxistes. ils construisent alors. l'un des supports de l'économétrie. il existe deux possibilités pour calculer l'utilité des ressources qui vont être employées. On parle pour désigner les travaux construits à l'intérieur de ce paradigme. des ressources limitées ne peuvent. on trouve la théorie du Crédit social de Clifford Hugh Douglas qui développa sa théorie dans les années 30. l'économie comportementale. la compétence et l'information comme facteurs essentiels de production et de développement. gestion des ressources humaines. la socioéconomie et la neuroéconomie. ce qui pose le problème de la redistribution des produits. l'économiste considère l'utilité cardinale d'une ressource.largement appliquée en politique économique dans les pays occidentaux après la Seconde Guerre mondiale et jusqu'à la fin des années 1970. l'économie expérimentale appliquée notamment à la microéconomie. telles . dans le même ordre d'idées. c'est pourquoi les économistes néoclassiques ont rejeté cette hypothèse et supposent désormais que le consommateur a seulement la possibilité de classer les différents biens en fonction de ses préférences. qui reconnaît le savoir. c'est ce que les économistes nomment le coût d'opportunité. ou les allocations. à un moment donné et dans un contexte technologique donné. marketing. Par ailleurs. travail et capital. Ce paradigme part du principe fondamental suivant : les ressources sont en quantités limitées. technologies de l'information) a percolé en économie. une fonction d'utilité ordinale. on note une grande diversification des courants économiques. en effet celle-ci tend à favoriser la demande. et l'agent choisit de consommer la ressource ou le niveau de ressources. nées de croisements entre l'économie et la sociologie et les sciences cognitives. A contre-courant des théories dominantes. et il faut donc choisir comment les employer au mieux. au sens politique ou économique le plus courant. notamment par l'application de nouvelles approches techniques : • • • • l'économie quantitative. La consommation d'un bien dispense un certain niveau de satisfaction selon une certaine fonction d'utilité prédonnée. De même. née notamment de l'étude des anomalies des marchés financiers et des facteurs psychosociologiques qui les causent. Suivant la structure des préférences de l'agent économique. La difficulté est toutefois de mesurer ce niveau de satisfaction. l'essor des sciences de gestion (management. utilisant des techniques de modélisation dérivés des sciences physiques. aboutissant en particulier à l'économie de la connaissance. De nos jours. De plus. En situation de rareté. le choix d'une alternative implique en effet le renoncement aux autres alternatives possibles . Dans les modèles d'inspiration walrasienne. En fonction de ce principe. on cherche alors l'allocation des ressources. qui lui donne le plus haut niveau de satisfaction. d'économie orthodoxe. en plus des trois facteurs « classiques » : ressources naturelles. lorsque c'est possible. conduire qu'à une production limitée. Dans la tradition classique. Cependant les théories keynésiennes présentent l'inconvénient d'être source d'inflation.

La distinction est la suivante : par rapport à un état donné de l'économie. sans forcément tenir compte de critères éthiques de redistribution qui relèvent du choix politique. En général.qu'aucun individu ne puisse accroître sa satisfaction sans détériorer celle de quelqu'un d'autre. l’allocation actuelle est optimale au sens de Pareto. privé). ils préconisent une décentralisation des décisions et de l'échange. Ces modèles suffisent donc aux économistes néoclassiques pour tirer des conclusions sur les mesures économiques à prendre. Il faut alors remarquer qu'une allocation paréto-optimale n'implique aucunement une distribution égalitaire des ressources. sociologue italien du XIXe ayant théorisé ce concept). en fonction de la nature des préférences individuelles et en fonction de la nature des biens (public. qui ne sont que des équilibres de Nash particuliers. et une indexation des biens par un système de prix. et comment il est possible de rétablir l'efficience. En revanche. On dit alors qu'il s'agit d'allocations paréto-optimales. Une partie du rôle des économistes orthodoxes est donc de déterminer quelles sont les mesures à prendre pour que l'économie soit dans une situation paréto-optimale. Une partie des recherches porte également sur la façon dont les situations oligopolistiques et monopolistiques écartent une économie de son état paréto-optimal. si une telle allocation n'est pas réalisable. s'il est possible de trouver une allocation qui accroisse le niveau de satisfaction d'un acteur sans diminuer celui d'un autre. alors l'économie n'est pas dans une situation dite d'optimum de Pareto (du nom de Vilfredo Pareto. .