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INTRODUCTION

Le but de cette leçon est de comprendre la nature et l'objectif des sciences économiques. Nous étudierons la méthodologie. Il faut faire une distinction entre les sciences économiques positives (ou descriptives) et les sciences économiques normatives (ou politiques). Il existe plusieurs types d'approches économiques. Quelques écueils de l'analyse économique seront évoqués. Le sujet de cette leçon est celui de la problématique économique. Elle met en évidence l'utilisation efficace des ressources qui sont rares afin de satisfaire les besoins de la société qui sont illimités. On suppose que les besoins sont notoirement illimités. Les ressources, elles, ne le sont pas et sont répertoriées. La problématique économique est étudiée avec l'aide de la courbe des perspectives de production. Cette approche montre qu'il faut faire des choix et que la croissance économique dépend d'une utilisation efficace et d'une extension des ressources.

SUR LES SCIENCES ECONOMIQUES
L’économie, en tant que discipline, est une branche des sciences sociales qui étudie l'allocation des ressources rares à des fins alternatives. Autrement dit, selon l'économiste et homme politique Raymond Barre, « la science économique est la science de l'administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l'aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités » (Economie politique, PUF, 1959). Les sciences économiques sont des sciences sociales qui se penchent sur le comportement humain dans les domaines de la consommation, de la production de biens et la prestation de services. Elles font le constat que les ressources productives sont limitées et que les désirs matériels humains ne peuvent être tous satisfaits. Elles visent à découvrir l'utilisation la plus efficace des ressources productives dans le but d'atteindre la satisfaction maximum des désirs matériels des gens. Généralement, les sciences économiques examinent les problèmes du point de vue de la société. En réalité, il n'existe pas une seule définition de l'économie, mais plusieurs définitions, chaque définition renvoyant à des réalités sous-jacentes différentes. Karl Polanyi distinguait par exemple deux sens du terme économique : le sens substantif (l'économie est une science empirique qui étudie des procès institutionnalisés) et le sens formel (l'économie est une science déductive qui étudie l'action rationnelle); ce dernier sens se rapproche beaucoup de la conception qu'en avait Ludwig von Mises. Origine de la notion Économique est un mot grec qui apparaît comme titre de deux traités, l'un de Xénophon, l'autre d'Aristote, dont l'objet est la connaissance et la formulation des lois (« nomos ») permettant d'optimiser l'utilisation des biens d'une maison (« oikos »), considérée comme unité collective de production d'une famille élargie ou d'un clan. La richesse est considérée du point de vue de l'abondance des biens produits et de leur utilité, non de l'accumulation de monnaie par l'usure ou le négoce dont les procédés font l'objet d'une autre discipline qu'Aristote appelle chrématistique (de khréma (la richesse) et atos (degré superlatif)) et qu'il considère comme des activités stériles, voire déshonorantes dans l'Éthique à

Réciproquement. Les États qui s'engagent sur le plan multilatéral à réduire leurs émissions de CO2 mettent en place des réglementations pour encourager les entreprises et industries à investir dans les technologies non polluantes et se reconvertir dans des secteurs sobres en consommation d'énergies. L'Économique est explicitement distingué de la Politique. l'impact des activités humaines sur les ressources naturelles (déforestation. Ils peuvent aussi réaliser des études pour estimer les effets d'une loi ou d'un projet de loi. Le terme économie ne s'oppose pas à luxe mais à gaspillage : il désigne le surcroît de richesse provenant de l'optimisation de l'utilisation des ressources humaines et naturelles employées dans la production.. Par extension. dans le domaine de l'économie de l'environnement. laquelle fait l'objet d'un autre traité d'Aristote et vise à établir l'harmonie et la justice entre les différentes classes de personnes et de familles qui constituent la cité. etc).) posent la question du développement durable. minerais) et sur l'équilibre de la planète (climat. dépollution. l'économie a aussi un enjeu écologique. etc. économie désigne actuellement tout le processus de production et de répartition de biens et de services d'une région ou d'un pays .La prise en compte des intérêts écologiques et des dégâts de l'activité économique sur l'environnement devient un enjeu majeur dans les choix d'investissements et la politique d'innovation et d'emploi à long terme. biodiversité.). A ce titre la responsabilité des économistes fait question : si leurs propositions sont si importantes pour la société.Nicomaque). Les résultats de ces études (qui peuvent être contradictoires d'un modèle à l'autre) sont parfois utilisés par les gouvernements pour réguler l'activité économique. par l'activité qu'elle génère (recyclage. énergies fossiles. . L'économie a donc des liens avec la philosophie politique. Enjeux écologiques Depuis la fin du XXe siècle. doivent-ils être tenus pour responsable en cas d'échec ? Hayek l'exprima en écrivant qu'un économiste qui n'est qu'économiste devient nuisible et peut constituer un véritable danger. Des réflexions sont en cours. on appelle économie mondiale le système des échanges marchands et financiers internationaux. LA PLACE DE L'ECONOMIE DANS LA SOCIETE Rôle et responsabilité des économistes Le rôle des économistes est d'une part d'analyser comment la société humaine produit ses richesses et les répartit. En effet. pour intégrer la mesure des activités liées à ces enjeux dans les grands agrégats économiques (PIB. la répartition et le renouvellement des biens nécessaires à l'existence d'une société ou d'une personne. sous forme d'externalités. en particulier en ce qui concerne la répartition des richesses dans la société.. l'écologie devient un enjeu économique. et elle a un enjeu social considérable. et d'autre part de proposer des explications et des possibilités d'amélioration à certains dysfonctionnements économiques et sociaux.

Il propose. l'économie ne peut être définie comme une science exacte (selon la définition de Karl Popper) en raison de son caractère fondamentalement autoréférentiel : la connaissance d'une loi modifie le comportement des acteurs économiques qu'elle est censée décrire. remarquer que ce n’est qu’en … s’acceptant comme des chercheurs en sciences sociales que les économistes peuvent mettre fin à la crise de leur discipline. l’unification des théories économiques ne se réalisera jamais. il s'agit d'hypothèses fortes : transitivité. à une véritable épistémologie de l'économie. continuité des préférences individuelles. Ce dernier souligne que la rupture avec le positivisme. Ainsi d'après Claude Mouchot : « l'économie ne sera jamais « science normale » au sens de T. la science économique a été une forme de théologie florissante – sans doute dans le monde occidental. si bien que comme le faisait remarquer Karl Popper : « Le développement de l'économie réelle n'a rien à voir avec la science économique. Ces hypothèses sont jugées par beaucoup d'économistes hétérodoxes. Bien qu'on les enseigne comme s'il s'agissait de mathématiques. Ainsi pour Jacques Sapir7 la question de la théorie de la connaissance sous-jacente à l'approche économique devient cruciale.] On n'a aucune peine à montrer ce que les écoles de pensée et les caprices de la mode en économie doivent à l'air du temps et au débat idéologique ». Jacques Sapir fait. les théories économiques n'ont jamais eu la moindre utilité pratique » En fait. même si comme Léon Walras. convexité des fonctions d'utilité. Cherchant à rendre compte du mouvement des sciences au XXe siècle. de nombreux économistes ont eu l'ambition de trouver une définition commune à tous les modèles économiques. et par des scientifiques de diverses tendances comme par exemple Benoît Mandelbrot. Kuhn .) ce scientisme hérité du XIXe siècle. l'historien Eric Hobsbawm avance : « Bien qu'elle soit soumise à des impératifs de cohérence et de logique. une approche constructiviste de l'économie. Claude Mouchot en appelle. est bien le point d'achoppement principal en économie.S... maximisation des fonctions de production. quant à lui. de manière à échapper à toute espèce de contrôle [. marché pur et parfait. comme pour toute discipline qui se veut scientifique. lui. Et très souvent. (. etc. Claude Mouchot note finalement la nécessaire multiplicité des discours en économie et en appelle à un retour du politique. comme « irréalistes ». la branche la plus influente de la théologie séculière – parce qu'elle peut être formulée. il faut abandonner la référence à la physique et déterminer à nouveau frais le statut épistémologique de notre discipline ».L'économie est-elle une science? La question du statut scientifique de l'économie est problématique et conduit certains auteurs à remettre en cause la scientificité de l'économie. La présentation de l'économie orthodoxe montre que les recommandations dépendent toutefois amplement des hypothèses utilisées pour construire le modèle. n'est pas à démontrer. dans son ouvrage Méthodologie économique. Quelle épistémologie pour l'économie? L'importance de l'épistémologie pour l'économie. Il est vrai qu'elles n'ont jamais donné lieu à des confirmations empiriques très robustes. au moins dans une société démocratique .. et l'est habituellement.. . et de découvrir des lois capables d'expliquer et de prévoir l'ensemble des comportements des acteurs économiques.

De même. par exemple. il peut. on l'érige alors en théorie. Si elle se vérifie. lois et principes qui peuvent décrire les relations entre les divers agents conomiques. L'économiste. statistiques et probabilistes à l'étude des données économiques. Les sciences économiques ont pour objet le bien-être matériel des personnes. une mesure ou une route à suivre. -normative lorsqu'elle prescrit une action. On emploie des modèles pour ériger les théories. de valeurs ou d'aspirations communes (comme le désir d'un niveau de vie plus élevé). comme si on ne produisait qu'un seul bien. De cette comparaison. Cela peut correspondre. Un modèle est un schéma simplifié du monde réel qui répond à diverses conventions. *L'approche historique. la liberté économique. généralisations. Les modèles servent à faire des prévisions. tente de déterminer les facteurs qui expliquent pourquoi les entreprises souhaitent recruter de nouveaux employés. Elles cherchent à expliquer pourquoi et comment il est atteint. recommander aux dirigeants politiques des actions qui stimuleront les ventes. On trouve d'autres part différentes méthodes utilisées par les économistes pour tester ou construire leurs théories. qui applique les techniques mathématiques. s'ils changent dans des directions opposées). Si l'économiste a établi que la hausse de la production conduit les entreprises à recruter de nouveaux employés. On confronte ensuite cette hypothèse à des données empiriques. Les sciences économiques emploient des modèles. Les modèles sont employés dans les sciences économiques descriptives pour formuler des principes et dans les sciences économiques normatives pour proposer des politiques. Généralement. *l'économie expérimentale qui au contraire étudie les motivations économiques « en laboratoire ». à la nécessité de vendre plus de produits. on peut tirer des conclusions permettant de définir des politiques ou de recommander un ensemble d'actions. simplifications et postulats.Méthodologie économique Comme la plupart des sciences humaines. l'économie peut aborder son objet de deux points de vue complémentaires . elle est dite: -positive lorsqu'elle s'attache à expliquer les conséquences des différents choix et à décrire la réalité de son objet. en cas de chômage. les modèles schématisant un pays entier postulent que tous les employés sont semblables. en loi ou en principe. Le but des sciences économiques descriptives ou positives est d'étudier ce qui est. auprès de petits groupe et rejoint ainsi l'économie comportementale. Le but des sciences économiques normatives ou politiques est d'étudier ce qui devrait être. Les plus significatives sont sans doute : *l'économétrie. . Les modèles sont des schémas simplifiés de la réalité qui reposent sur des généralisations et des simplifications. On propose d'abord une hypothèse. que tous les biens produits le sont également. Deux événements qui changent dans la même direction sont liés directement (et liés inversement. Certains modèles sont également employés pour faire des prévisions. la préservation des biens propres) sur la base de normes. Souvent ces relations sont énoncées en termes mathématiques et en utilisant des graphiques. les goûts sont supposés être tous identiques. Ces dernières sont alors comparées aux objectifs généralement admis dans notre société (tel que le plein emploi. par exemple.

et rendraient l'exposition moins sujette aux ambiguïtés. les théories économiques ont trouvé des applications dans des contextes beaucoup plus vastes. rendue nécessaire par le grand nombre de données qu'ils ont à traiter. En effet. le mariage. adoptent une démarche radicalement différente. pour des raisons épistémologiques. on trouve des zones d'étude plus spécialisées. et par la volonté d'en tirer des lois générales. Cette utilisation des modèles est. les immobilisations (corporelles ou incorporelles). etc. Une telle approche met en lumière la façon dont se forment les prix par exemple. l'emploi. qui examine une économie comme un ensemble. Peu à peu. etc. on peut trouver un aspect économique. La macro-économie est l'étude des relations économiques et des politiques qui s'appliquent à un pays entier. on peut considérer que dans tout domaine où les individus sont confrontés à des choix — l'éducation. Par exemple. durant les années 1970 et le début des années 1980. Plus généralement. réfutent cette idée de façon catégorique. l'investissement. La micro-économie s'intéresse à ce qu'un individu désire acheter ou à ce qu'une entreprise envisage de vendre. la concurrence et la monnaie. entreprises. Au sein de ces grandes divisions. de fait. telles que la psychologie sociale. Le chômage peut affecter chacun dans un pays dans une certaine mesure. Cette idée est cependant très contestée. -la macroéconomie. l'économie est souvent divisée en deux grandes catégories : -la microéconomie. les domaines d'investigation de l'économie chevauchent ceux d'autres sciences sociales. Aujourd'hui. les tenants de l'École autrichienne. La théorie du choix public (public choice theory) étudie comment une analyse économique peut s'appliquer à des domaines traditionnellement considérés comme étrangers à ce domaine. Domaines d'étude de l'économie Certains aspects de l'économie requièrent une attention particulière : le commerce. . Une autre préoccupation typique de la macro-économie est ce que l'ensemble des individus d'une nation veut acheter. Et. la politique. comme Claude Mouchot par exemple. en tentant de comprendre les interactions entre les différents agrégats que sont le revenu. et refusent de recourir à toute modélisation mathématique. un certain nombre de spécialistes en épistémologie économique. l'épargne. Les tentatives de réunion de ces deux branches ont été l'un des principaux moteurs de la pensée économique contemporaine. Par exemple. La micro-économie est l'étude des comportements dans les rapports économiques et des politiques économiques telles qu'elles s'appliquent aux différents acteurs (ménages et entreprises) dans une économie de marché. —. l'allocation des ressources. un consensus semble s'être formé chez les économistes orthodoxes autour de l'idée que la microéconomie constitue le fondement de la macroéconomie.L'économie fait depuis longtemps (depuis les physiocrates) un large usage de modèles mathématiques. qui tentent de répondre aux questions du point de vue — plus large — de l'activité humaine. ceci détermine ce que les entreprises devraient produire. ou la sociologie. la vie publique. qui traite des comportements et des interactions entre les agents économiques (ménages. de type axiomatico-déductive. combien de personnes elles devraient employer. associations). administration. pour les économistes. Les économistes pensent ainsi que les méthodes mathématiques encourageraient les chercheurs à se concentrer sur l'essentiel. À noter. et par conséquent.

En outre. notamment en Grèce antique (voir économie de la Grèce antique). Ainsi. les sciences cognitives et la neurologie rejoignent l'économie et lui servent de matière à réflexion.XVIIe siècles) Joseph Schumpeter. la psychologie. Ces objectifs économiques ne sont pas acceptés de façon universelle. 2) stabilité du niveau des prix. ou même s'exclure les uns les autres. 4) plein emploi. 6) sécurité. Les économistes pensent que les stimulants et les goûts personnels jouent un rôle important dans la préparation de la prise de décision. et leur degré d'importance peut changer considérablement d'une nation à une autre. Les développements au début de l'époque moderne (XVIe . Il a fait l'éloge du haut niveau des sciences économiques en Espagne à . et 8) liberté économique. 3) efficacité économique. les objectifs économiques ne sont pas toujours complémentaires. a étudié la doctrine scolastique en général et l'espagnole en particulier. 5) balance commerciale équilibrée. dans son Histoire de l'analyse économique (1954).Ainsi. Les grandes questions auxquelles les théories économiques s'efforcent de répondre -Qu'est-ce que la richesse? Comment est-elle répartie? Pourquoi? Comment faire évoluer cette répartition? Comment augmenter les richesses? -Quelle est la valeur des choses? La valeur du travail? -Comment mesure-t-on la production? La consommation? Qui produit? Comment? -Qu'est-ce qu'une ressource? Comment assurer la continuité de production avec des ressources limitées? Comment les ressources naturelles interviennent-elles dans les économies contemporaines? -Quelle est la différence entre un actif matériel et un actif immatériel? Comment les actifs immatériels contribuent-ils à la richesse? -Comment les externalités influencent-elles la production de richesse? Le PIB est-il une mesure pertinente de la croissance économique? -Quelle est la différence entre la mesure des importations et des exportations à l'échelle de chaque nation européenne et à l'échelle de l'Union européenne? -Quel est la nature et l'origine de la monnaie? -Quel est le statut de la propriété? Est-ce un droit naturel? Une forme de vol? Un phénomène contingent ou conventionnel? Objectifs économiques .voici une liste des principaux objectifs économiques : 1) croissance économique. DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE ECONOMIQUE La pensée économique trouve ses origines dans l'Antiquité. Ils peuvent également être en conflit les uns avec les autres. 7) distribution équitable des produits. un aspect important de l'économie est l'étude de la manière dont des stimulants (les conséquences de différentes actions) peuvent affecter le comportement d'un individu ou d'un groupe. Ce paragraphe décrit les développements de la pensée économique à partir de la Renaissance.

Le Tableau Économique (1758) de François Quesnay. Cette représentation sera reprise et détaillée par tous les mouvements économiques postérieurs. L'économie moderne est en fait avant tout un affinement de la pensée économique néoclassique (voir Histoire de la pensée économique pour un aperçu des précurseurs d'Adam Smith. contribue donc à l'enrichissement de la France.la Renaissance. marché ») mais aussi de l'industrialisation. étant dès 1776 éclipsée par l'émergence de la pensée classique et la parution des Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations d'Adam Smith. Cette doctrine économique prône le développement économique par l'enrichissement des nations et de l'État. par exemple des manufactures. Le rôle des économistes est de comprendre et de révéler les lois de la nature telles qu'elles opèrent dans la société et dans l'économie afin de montrer comment ces lois opèrent dans la formation et dans la distribution des richesses. L'Espagne qui possède à l'époque une grande quantité d'or. Elle se situe historiquement à la fin du Moyen Âge et marque aussi la fin de la prééminence des doctrines de l'Église dans l'organisation sociale. Notamment la France qui fait preuve d'un important interventionnisme étatique (contrôle de la production pour assurer la qualité des produits) dans le but d'exporter de nombreux produits de luxe. la pensée économique s'est notamment développée avec l'apport de Karl Marx. car pour la première fois l'économie est présentée sous forme de flux de biens et de services. fut populaire dans l'enseignement et fut surtout . La pensée économique moderne s'est ensuite développée au XVIe et XVIIe siècles avec le mercantilisme. Diversification de la pensée (XXe siècle . elle préconise donc de développer l'activité industrielle et l'exportation pour obtenir l'or et l'argent qui représentent la richesse d'un pays. la physiocratie aura une existence assez brève. Préclassiques et classiques (XVIIIe . Selon lui l'école de Salamanque a été le groupe qui mérite le plus le titre de fondateurs des sciences économiques. principal représentant de la Physiocratie aura cependant une large postérité. Adam Smith et David Ricardo.XXIe siècle) John Maynard Keynes donna naissance à la macroéconomie dans les années 1930. appelée parfois synthèse néoclassique. ainsi que des différentes écoles qui lui ont succédé).XIXe siècle) Le courant des physiocrates ne constitua qu'une brève étape de la pensée économique. Elle repose sur la croyance que la richesse repose sur l'accumulation des métaux précieux . autour tout d'abord de Daniel Bernoulli (créateur dès 1738 du concept fondamental d'utilité). Antoine de Montchrestien (1575-1621) ou Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). De nombreux économistes utilisent un mélange de microéconomie néoclassique et de macroéconomie keynésienne. Le mercantilisme français est représenté par des hommes tels que Jean Bodin (1530-1596). ou de son souverain en particulier. Les classiques anglais cherchent à comprendre la dynamique de la croissance dans le contexte de la révolution industrielle naissante : ils insistent à la fois sur le rôle du travail dans la création de la richesse (notion de « valeur travail ») tout en soulignant leur attachement au libéralisme économique et leur croyance dans la nécessité d'une forte accumulation du capital et d'une répartition des revenus judicieuse pour soutenir la croissance économique. Les physiocrates soutiennent qu'il existe un ordre naturel gouverné par des lois (physiocratie signifie gouvernement de la nature). puis de deux Britanniques. Au XIXe siècle. Fondée sur l'idée que seules la terre et l'agriculture seraient créatrices de richesse. L'État doit donner l'exemple en créant de grandes activités. au moyen du commerce extérieur (le mot vient du latin « mercatus » qui signifie « commerce. Cette combinaison. Au XVIIIe siècle se développa surtout la pensée classique.

d'économie orthodoxe. l'économiste considère l'utilité cardinale d'une ressource. une fonction d'utilité ordinale. la compétence et l'information comme facteurs essentiels de production et de développement. on cherche alors l'allocation des ressources. l'économie comportementale. on trouve la théorie du Crédit social de Clifford Hugh Douglas qui développa sa théorie dans les années 30. De plus. En situation de rareté. l'essor des sciences de gestion (management. et il faut donc choisir comment les employer au mieux. c'est ce que les économistes nomment le coût d'opportunité. Dans la tradition classique. des ressources limitées ne peuvent. ou les allocations. ils construisent alors. lorsque c'est possible. la socioéconomie et la neuroéconomie.largement appliquée en politique économique dans les pays occidentaux après la Seconde Guerre mondiale et jusqu'à la fin des années 1970. l'économie expérimentale appliquée notamment à la microéconomie. gestion des ressources humaines. théorie des organisations. en effet celle-ci tend à favoriser la demande. on note une grande diversification des courants économiques. A contre-courant des théories dominantes. nées de croisements entre l'économie et la sociologie et les sciences cognitives. technologies de l'information) a percolé en économie. La consommation d'un bien dispense un certain niveau de satisfaction selon une certaine fonction d'utilité prédonnée. qui reconnaît le savoir. Cependant les théories keynésiennes présentent l'inconvénient d'être source d'inflation. conduire qu'à une production limitée. il existe deux possibilités pour calculer l'utilité des ressources qui vont être employées. Dans les modèles d'inspiration walrasienne. née notamment de l'étude des anomalies des marchés financiers et des facteurs psychosociologiques qui les causent. ce qui pose le problème de la redistribution des produits. telles . qui lui donne le plus haut niveau de satisfaction. c'est pourquoi les économistes néoclassiques ont rejeté cette hypothèse et supposent désormais que le consommateur a seulement la possibilité de classer les différents biens en fonction de ses préférences. de nombreux auteurs se réclament de la pensée de Karl Marx en niant être marxistes. et l'agent choisit de consommer la ressource ou le niveau de ressources. marketing. Par ailleurs. Suivant la structure des préférences de l'agent économique. De nos jours. La difficulté est toutefois de mesurer ce niveau de satisfaction. De même. On parle pour désigner les travaux construits à l'intérieur de ce paradigme. au sens politique ou économique le plus courant. aboutissant en particulier à l'économie de la connaissance. En fonction de ce principe. l'un des supports de l'économétrie. travail et capital. en plus des trois facteurs « classiques » : ressources naturelles. utilisant des techniques de modélisation dérivés des sciences physiques. dans le même ordre d'idées. Ce paradigme part du principe fondamental suivant : les ressources sont en quantités limitées. à un moment donné et dans un contexte technologique donné. le choix d'une alternative implique en effet le renoncement aux autres alternatives possibles . notamment par l'application de nouvelles approches techniques : • • • • l'économie quantitative. Présentation de l'économie orthodoxe L'économie est aujourd'hui construite autour d'un paradigme dominant.

si une telle allocation n'est pas réalisable. . privé). et comment il est possible de rétablir l'efficience. En revanche.qu'aucun individu ne puisse accroître sa satisfaction sans détériorer celle de quelqu'un d'autre. Ces modèles suffisent donc aux économistes néoclassiques pour tirer des conclusions sur les mesures économiques à prendre. sans forcément tenir compte de critères éthiques de redistribution qui relèvent du choix politique. On dit alors qu'il s'agit d'allocations paréto-optimales. La distinction est la suivante : par rapport à un état donné de l'économie. l’allocation actuelle est optimale au sens de Pareto. en fonction de la nature des préférences individuelles et en fonction de la nature des biens (public. alors l'économie n'est pas dans une situation dite d'optimum de Pareto (du nom de Vilfredo Pareto. et une indexation des biens par un système de prix. Il faut alors remarquer qu'une allocation paréto-optimale n'implique aucunement une distribution égalitaire des ressources. En général. qui ne sont que des équilibres de Nash particuliers. sociologue italien du XIXe ayant théorisé ce concept). ils préconisent une décentralisation des décisions et de l'échange. Une partie des recherches porte également sur la façon dont les situations oligopolistiques et monopolistiques écartent une économie de son état paréto-optimal. Une partie du rôle des économistes orthodoxes est donc de déterminer quelles sont les mesures à prendre pour que l'économie soit dans une situation paréto-optimale. s'il est possible de trouver une allocation qui accroisse le niveau de satisfaction d'un acteur sans diminuer celui d'un autre.