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A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS

A LA GLOIRE DU GRAND AR CHITECTE DE L’UNIVERS Un aspect du mythe de la Tour

Un aspect du mythe de la Tour de Babel : le langage

Pierre DRULANG

Juillet 6004

Babel : le langage

2

Ce chapitre connu de l’ancien testament a intrigué nombre de lecteurs et provoqué l’édition de nombreux ouvrages. Diverses exégèses ont été avancées concernant le mythe de la Tour de Babel, principalement autour du thème de l’orgueil démesuré de l’homme.

Ce ne sera pas notre propos et le sujet de cette planche se veut uniquement circonscrit à un seul thème : le langage. Et encore, l’unique ambition de cette planche est d’essayer de poser correctement la problématique sans vouloir évidemment prétendre à fixer le sens du mythe, dans cet aspect.

Nous 1 essaierons tout d’abord de nous remettre en mémoire les fondamentaux de l’exégèse biblique et des mythes, puis de décoder les intentions des scripteurs à travers les textes de diverses traditions, pour nous interroger ensuite sur le message à retenir et l’enseignement que l’on peut en tirer.

L’exégèse biblique

Aucun des textes n’a été écrit par un seul auteur et d’une seule traite. Les textes résultent de compilations orales, d’ajouts, de corrections, de mises à jour et de déplacements dans l’ordre des livres tel que nous le connaissons aujourd’hui.

La contradiction et le paradoxe ne sont pas des erreurs mais font partie de l’art littéraire biblique.

Il y a des récits à dominante historique, d’autres à dominante symbolique, c’est le cas du chapitre 11 de la Genèse : La Tour de Babel.

Le Mythe

Décrypter un mythe ou un texte symbolique, c’est comme peler un oignon, aiment à dire les kabbalistes. Après une première couche littérale, en viennent d’autres, plus symboliques, relevant du signifié, et plus loin encore du secret. 2

Le mythe est un métalangage dans lequel le signifiant est la matière première, ici la tour et les langues. Au lecteur de chercher le signifié.

Ceci implique que le mythe n’a pas de vérité historique, mais une vérité humaine ou transcendantale. Les mythes sont atemporels : ils contiennent le passé, le présent, le futur.

Venons en donc à la lecture, très courte, de ce fameux chapitre 11 de la Genèse :

(Voir annexes)

1 Pluriel de délibération avec soi-même et non un pluriel de majesté … 2 PARDES : Peshat : sens littéral, Remez : sens allégorique, Derash : herméneutique globale et contextuelle, Sod : sens mystique. Herméneutique : nom féminin (du grec hermeneuein, expliquer) 1. [Théologie chrétienne] Science de la critique et de l'interprétation des textes bibliques. 2. [Philosophie] Théorie de l'interprétation des signes comme éléments symboliques d'une culture.

Babel : le langage

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Examinons maintenant le 1 er verset :

Et il y a eu toute la terre langue une Et des paroles unes. (Traduction mot à mot de l’hébreu)

La terre entière se servait de la même langue et des mêmes mots. La Bible de Jérusalem

Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. (Bible Online)

<< Et c’est sur toute la terre: une seule lèvre, d’uniques paroles>> (Chouraqui)

L’humanité, dans sa totalité, était d’un seul bord et vivait la même histoire. André Neher

Nous remarquons tout de suite qu’il y a un problème linguistique : la traduction.

(Au passage, on notera que la langue hébraïque est de forme VSO : i.e. Verbe, Sujet, Objet, alors que les langues latines sont de forme SVO.)

Si l’on prend à la lettre ce verset, cela voudrait dire qu’il y avait aux débuts de l’humanité une langue mère universelle.

Cette hypothèse n’a pas été vérifiée de nos jours et l’origine des langues reste une énigme : 40 ans de recherches linguistiques n’ont pas permis de découvrir des invariants grammaticaux, morphologiques ou phonologiques qui pourraient prouver qu’il y ait des lois universelles du langage.

La première pelure de l’oignon est donc à jeter, la paléo linguistique n’ayant rien à voir avec ce verset, d’autant plus que dans le chapitre précédent où l’on énumère les peuples de la terre, il est dit « tels furent les fils de Japhet, d’après leurs pays et chacun selon sa

langue ». Le terme employé est « lashon (pour langue : ˆ/vl;), alors que le premier verset

de la Tour de Babel utilise hp;c;(Saphah, lèvre, bord)

Il faut donc aller vers le niveau symbolique, la langue n’étant que le signifiant, derrière lequel il faut trouver un signifié.

On pourrait imaginer que cette langue unique était la langue sacrée. Mais qu’est-ce qu’une langue sacrée et y en a t-il plusieurs ?

Pour les hébreux et plus tard les kabbalistes, c’est évidemment l’hébreu qui est la langue sainte (lashone ha qodèch) parce que les lettres hébraïques possèdent une force créatrice extraordinaire, une énergie telle, qu’elles sont les outils primordiaux de la création. 3

Les lettres hébraïques, et par conséquent les mots, ne sont pas des représentations d’une idée ou de quelque chose qui leur préexisterait, mais ce sont des formes sur lesquelles se modèlent les éléments dont le monde est constitué. C’est donc une langue « parfaite » car non seulement elle est le reflet de la structure de l’univers, mais elle coïncide avec lui comme le moule avec l’objet formé.

La création du monde est donc un phénomène linguistique !

3 M.A. Ouaknin

Babel : le langage

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DANTE Alighieri s’intéressera à la langue parfaite, qui est supposée capable de décrire l’intimité primordiale des choses et bien entendu il s’intéressa au mythe de la Tour de Babel. La « forma locutionis » parfaite, celle qui permît la création de langues capables de refléter l’essence même des choses, a disparu.

L’essence des choses se situant entre leur être, « modi essendi », et leur représentation signifiante, « modi significandi », et dont l’hébreu adamique était le résultat parfait.

Seules sont restées des « forma locutionis » imparfaites, de même que sont imparfaites les langues vulgaires des peuples.

Il pensait restaurer la langue édénique par une nouvelle forme : la langue poétique, dont il se voit modestement être le père.

Sous-jacent à cette quête de la langue parfaite, se trouve la problématique suivante :

le langage est-il le reflet (unique) de la pensée ?

L’idée d’une identité entre le langage et la pensée est profondément ancrée dans la culture occidentale, et ce depuis les grecs, où le « logos » désigne à la fois la parole et la pensée ordonnatrice ou raison.

Les recherches linguistiques montrent que rien n’est moins sûr, car il existe une pensée sans langage, et le langage n’est qu’une façon parmi d’autres pour la pensée de s’exprimer.

C’est même un peu plus compliqué en ce qui concerne l’hébreu biblique car “on ne peut absolument rien comprendre à la pensée hébraïque, et aux textes de la Qabbale en particulier, si on ne retient pas que l’idée ne préexiste pas au langage, mais qu’elle se forme en lui et par lui. La dynamique de la pensée, va de pair avec la dynamique du discours.4 Il y a création continue.

Parler une autre langue change notre façon de voir le monde. Et spécialement l’hébreu ; Quand on regarde la grammaire, il y a principalement 2 temps : l’accompli et l’inaccompli, qui correspondent a peu près au passé et au futur, mais pas exactement. Inaccompli implique qu’on est toujours en train d’être et implique d’aller jusqu’au bout de ses possibilités, de devenir un être accompli ! C’est un regard totalement différent sur le monde et qui implique une éthique et un comportement. C’est ainsi qu’on peut dire qu’une langue façonne la pensée et influe sur notre perception des choses.

Et on arrive ainsi à une inversion totale de la question : c’est la pensée qui est le reflet du langage et non l’inverse !

Mais les hébreux ne sont évidemment pas les seuls à penser que c’est eux qui détiennent la langue sacrée.

Leibniz pensait que l’allemand est la langue dont les racines pouvaient remonter au plus près de l’Eden.

4 M.A. Ouaknin

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Mais il s’est aussi attaqué, comme nombre d’esprits brillants, au projet d’une langue universelle et parfaite.

Dans sa « dissertation sur l’art combinatoire », il imagine une langue qui permet de résoudre toutes sortes de problèmes : juridiques, politiques et autres, car elle serait exempte de toute ambiguïté et réglerait ainsi tout problème de traduction. Tout problème formulé dans une langue particulière serait traduit dans une forme calculable, faite de nombres premiers, et pour laquelle il existe toujours un algorithme qui permet de dire si la formule est vraie ou fausse.

Son travail sur la « lingua characteristica universalis » se poursuit aujourd’hui par la logique formelle, mais toutes ces tentatives se heurteront toujours à l’absence de contexte culturel, assise nécessaire à toute langue.

La tradition islamique n’est pas en reste et elle est même assez riche pour ce qui est du mythe de la tour de Babel.

L’historiographe Mas’ûdî rapporte « qu’après le déluge, les hommes étaient réunis en seul endroit, sur les terres de Babel et que leur langue était le syriaque ». (as-sûryâniyyah)

Le mot « syriaque » à deux sens :

1. la langue vivante parlée

2. une langue mystique

par rapport au secret, « sirr » en arabe. Dans les temps anciens, le secret était partagé par tous, mais par la confusion des langues, les paroles qu’il faut prononcer pour connaître le ciel devinrent un secret connu d’un petit nombre de gens seulement.

Ce que dit René Guénon, très attiré par l’islam, est intéressant : « le véritable enseignement traditionnel de l’islam, suivant lequel la langue « adamique » était la langue syriaque, loghah sûryâniyah, qui n’a rien à voir avec le pays connu sous le nom de Syrie, est proprement la langue de « l’illumination solaire » ; en effet, Sûryâ est le nom sanscrit désignant le soleil, et ceci semblerait indiquer que sa racine « sur », une de celles qui désignent la lumière, appartenait elle-même à cette langue originelle ».

Toujours dans la tradition islamique, digression intéressante : le savant Birûnî rapporte que Nemrod, fils de Kûsh, fils de Hâm, fils de Noé, régna 23 ans après la confusion des langues à Babel, ce qui coïncida avec la naissance d’Arghû qui créa le premier royaume sur terre. Un autre lettré At-Tabarî apporte les précisions qui nous intéressent : le père d’Arghû s’appelle Fâligh (notre Phaleg à nous dans certains rituels) et il précise que Fâligh, dont le sens en arabe est fendre, reçu ce nom en raison du partage du Monde (en 7 climats) et de la confusion des langues qui eut lieu de son temps.

Pour terminer sur les langues sacrées et répondre à la question : y en a t’il plusieurs ? il est généralement admis que les langues sacrées sont celles de la révélation, et à ce titre figurent l’hébreu, l’arabe et le sanscrit.

Babel : le langage

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L’énigme la plus hermétique concernant la langue réside à mon sens dans le 7 ème et le 9 ème et dernier verset sur la confusion des langues.

La différenciation des langues ayant déjà eu lieu dans les chapitres précédents de la Genèse, de quoi s’agit-il ?

Confusion n’est pas différenciation. Ce qui est divisé n’est pas confondu. Confondre c’est détruire les caractéristiques de parties uniques en vue de la naissance d’un seul complexe. Cela ne semble pas être le cas pour ce verset, car on aboutirait a un véritable paradoxe : confondre des parties différenciées aboutirait alors à une nouvelle unicité !

On peut se demander ce que l’auteur de ce verset à voulu dire par là. Le fait qu’il soit probablement hébreu nous incite à penser que c’est peut-être la polysémie 5 de l’hébreu qu’il veut ériger en vertu et d’une manière plus générale condamner une langue unique, figée, parfaite, qui ne permet plus aucune création verbale, poétique ou théorique.

Quelle tristesse et pauvreté en effet, s’il n’y avait qu’un seul découpage de la réalité par une pensée unique.

« Confondre » implique également non concordance entre les signifiants et les signifiés, entre les signes et les référents et ainsi l’instauration d’une dynamique entre parole et langage, ce qui est exactement le cas de l’hébreu. (Et d’autres langues aussi)

…………………

Au terme de ce petit voyage dans les langues et l’univers biblique, il nous reste à trouver quelque enseignement pour ce chapitre prodigieusement symbolique.

Quelques idées, qui ne prétendent ni à l’exhaustivité, ni à un canon, la lecture de ce chapitre ayant rendu très prudent !

L’idée d’une langue « une » et de paroles « unes » est associée à l’idée d’unité originelle, situation éminemment heureuse et par conséquent faisant référence à la nostalgie de la parole perdue. Il y a là un autre paradoxe. Si la parole perdue est entendue au sens de langue parfaite, c.a.d. une langue qui pénètre l’essence des choses et donc une langue de la Connaissance, les narrateurs de la Tour de Babel nous disent que c’est une malédiction car nul ne peut prétendre à dire l’Un. Si la parole perdue est cet état d’intimité avec le divin, tel que le décrit Jean de Patmos dans la Jérusalem Céleste, les FMpeuvent toujours et encore continuer la queste.

La fin de l’ère totalisante, à travers le jeu possible sur les mots, implique d’affronter la liberté et l’altérité. La dispersion sur toute la terre n’est donc pas un châtiment.

5 Polysémie : propriété d’un mot qui présente plusieurs sens (l’âme humaine, l’âme d’un violon). 1 er verset : µyrIb;dW davar : signifie à la fois mot et chose

Babel : le langage

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Aucun homme, aucun peuple, ne peut voir tout seul l’Un. C’est déjà dit d’une manière symbolique dans le chapitre 9 avec l’arc en ciel de Noé. En effet, l’arc-en- ciel, qui représente l’alliance du Créateur avec les hommes, est l’éclatement de l’unité (le blanc) en toutes les couleurs de base. On peut imaginer que la Lumière et la Vérité peuvent se présenter à nous, sous différents aspects tout en étant unique. Ce qui implique une attitude de tolérance.

L’état de l’humanité décrit dans ce chapitre, est moins une unité qu’une uniformité. Tous les hommes se disent la même chose en ânonnant les mêmes mots. Il y a un jeu de mots 6 intraduisible dans le verset 3 : « briquetons des briques et cuisons en cuisson ». Le langage répétitif donne l’impression qu’une chose est une autre : la brique (levéna) sert de pierre (le’aven) et le bitume (hakhémar) sert de mortier (hakhomer). Le régime décrit est le totalitarisme (Nemrod). L’unité se réalise sur le mode de l’uniformisation et sur l’élimination des singularités des individus et donc des possibles dissidences.

En « brouillant » le langage, Dieu consacre les différences entre les humains, différences indispensables à la vie et à son épanouissement. C’est la dynamique de la Création.

Le langage relève du lien de société. Que nous enseigne donc l’aventure du langage dans la condition humaine ? La langue unique est un pur mécanisme de la pensée, sans altérité. Et le signifié, la métaphore de la langue, annoncée dans l’introduction et tant recherchée, semble être dans ce texte symbolique le corps social où la bonne communication doit se fait dans l’acceptation des différences de l’autre. Une fois de plus, la tolérance.

Pour conclure brièvement et provisoirement, toute démarche créatrice de l’homme est expérience de séparation. C’est précisément l’un des messages véhiculés par ce récit. Et derrière la lecture première d’un Dieu jaloux qui punit, Babel se trouve finalement être une bénédiction.

J’ai dit

6 Voir annexes

Babel : le langage Résumé :

8

Après avoir brièvement rappelé les basiques de l’exégèse biblique et des fonctions du mythe, le FPierre DRULANG nous invite à plonger au cœur du Mythe de la Tour de Babel, en délimitant ses recherches sur le seul aspect de la langue.

Contrairement à une idée reçue, il n’y a pas de langue mère universelle et si la langue « une » décrite dans le mythe est une langue sacrée, plusieurs langues revendiquent ce titre, au moins par leur qualité de langue de la révélation. Ces langues sont l’hébreu, l’arabe et le sanscrit.

Pour les kabbalistes, les lettres hébraïques préexistaient au monde et le monde a été créé avec elles. Dante s’intéressa à Babel et à la notion de « langue parfaite » qui est supposée refléter l’essence même des choses alors que Descartes constate que « nous attachons nos pensées à des paroles qui ne les expriment pas exactement ».

D’où la question essentielle : le langage reflète t-il la pensée ?

L’idée d’une identité entre langage et pensée est fortement ancrée dans notre culture occidentale mais le cas de l’hébreu perturbe fortement la croyance qui consiste à dire que la pensée préexiste à la parole, car dans cette langue, la pensée s’élabore au fur et à mesure du décryptage des mots qui sont polysémiques. La grammaire de l’hébreu implique un autre regard sur le monde, et dans cette mesure on peut dire que ce sont les langues qui façonnent notre pensée et non l’inverse.

La tradition islamique s’est emparée elle aussi de l’idée de la langue première qui serait le syriaque, langue de l’illumination solaire, de « Sûryâ » nom sanscrit désignant le soleil.

Le terme « confusion » des langues reste un mystère sémantique car la différenciation des langues existait déjà dans les chapitres précédents. Peut-être le narrateur a t’il voulu insister sur la polysémie de l’hébreu, génératrice de créativité et de dynamique entre parole et langage, en tous cas frein à l’uniformisation de la pensée. Ce serait en effet triste de ne voir qu’un seul pan de la réalité.

Que nous enseigne au fond ce grand texte symbolique de Babel sinon que l’accomplissement de l’homme passe par l’altérité, par l’effort perpétuel qu’exige la liberté donnée par le Créateur et son injonction de parcourir le monde pour le créer sans cesse. La lecture première d’une malédiction proférée par un Dieu jaloux s’efface alors devant la bénédiction de Babel.

Babel : le langage ANNEXES

9

La Tour de Babel

Gen. 11 :1-9

Parler, promettre, chose, ordre

µyrIb;d“W tj;a, Choses et Un mots
µyrIb;d“W
tj;a,
Choses et
Un
mots

Désinence « im », pluriel

Jussif 7 de être hy:h(parfait); Etait Bible: 777 fois.

7 de être hy:h (parfait) ; Etait Bible: 777 fois. yhiy“ w" .µydIj; a Quelques Mêmes

yhiy“ w"

.µydIj;a

Quelques

Mêmes

(Pluriel)

hp;c;

≈r<a;h;Alk;

Lèvre

Terre

Tout

Etait

et

Bord

Pays

Chaque

Etre saillant

Langue

Terroir

Tout entier

S’élever

Langue=lachone ˆ/vl;

Prononciation :

Akhadim

dvarim ou

ekhat

sapha

arets-ha-kol

yéhi-va

1Toute la terre <0776> avait une seule <0259>

0259. dxa Æechad ekh-awd’; a numeral from 0258; properly, united, i.e. one; or (as an ordinal) first:—a, alike, alone, altogether, and, any(-thing), apiece, a certain, [dai-]ly, each (one), + eleven, every, few, first, + highway, a man, once, one, only, other, some, together.

langue <08193>

08193. hps saphah saw-faw’; or (in dual and plural) tps sepheth sef-eth’; probably from 05595 or

08192 through the idea of termination (compare 05490); the lip (as a natural boundary); by implication, language; by analogy, a margin (of a vessel, water, cloth, etc.):—band, bank, binding, border, brim, brink, edge, language, lip, prating, ([sea-])shore, side, speech, talk, [vain] words.

et les mêmes <0259> mots <01697>.

01697. rbd dabar daw-baw’; from 01696; a word; by implication, a matter (as spoken of) or thing;

adverbially, a cause:—act, advice, affair, answer, X any such (thing), because of, book, business, care, case, cause, certain rate, + chronicles, commandment, X commune(-ication), + concerning], + confer, counsel, + dearth, decree, deed, X disease, due, duty, effect, + eloquent, errand, [evil favoured-]ness, + glory, + harm, hurt, + iniquity, + judgment, language, + lying, manner, matter, message, [no] thing, oracle, X ought, X parts, + pertaining, + please, portion, + power, promise, provision, purpose, question, rate, reason, report, request, X (as hast) said, sake, saying, sentence, + sign, + so, some [uncleanness], somewhat to say, + song, speech, X spoken, talk, task, + that, X there done, thing (concerning), thought, + thus, tidings, whatsoever], + wherewith, which, word, work.

µv wbvy w r[nv ≈ra b h[qb waxmy w µdq m µ [sn b yhy w

2 Comme ils étaient partis <05265> (8800) de l’orient <06924>,

7 Le jussif est le volitif de la 3° personne, exprimé par la 3° personne de l’imparfait (inaccompli).

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06924. Mdq qedem keh’-dem; or hmdq qedmah kayd’-maw; from 06923; the front, of place

(absolutely, the fore part, relatively the East) or time (antiquity); often used adverbially (before,

anciently, eastward):—aforetime, ancient (time), before, east (end, part, side, -ward), eternal, X ever(-lasting), forward, old, past. Compare 06926.

ils trouvèrent <04672> (8799) une plaine <01237> au pays <0776> de Schinear <08152>, et ils y habitèrent <03427> (8799).

3 Ils se dirent <0559> (8799) l’un <0376> à l’autre <07453>: Allons <03051> (8798)!

faisons <03835> (8799)des briques <03843>, et cuisons <08313> (8799)-les au feu <08316>. Et la brique <03843> leur servit de pierre <068>, et le bitume <02564> leur

servit <01961> (8804) de ciment <02563>.

yhiT]w" hp;rEc] li hp;r“c] Jeu de mots
yhiT]w" hp;rEc]
li hp;r“c]
Jeu de mots

nIw“ µynIbel] hn:B]l]nI hb;h; Wh[erEAla, vyai Wrm]aYow"

8 .rm,jol' µh,l; hy:h; rm;jeh'w“ ˆb,a;l] hn:beL]h' µh,l;

« Briquetons des briques et cuisons en cuisson »

03843. hnbl l@benah leb-ay-naw’; from 03835; a brick (from the whiteness of the clay):—(altar of) brick, tile.

068 . Nba Æeben eh’-ben; from the root of 01129 through the meaning to build; a stone:— +

carbuncle, + mason, + plummet, [chalk-, hail-, head-, sling-]stone(-ny), (divers) weight(-s).

08313. Prs saraph saw-raf’ ; a primitive root; to be (causatively, set) on fire:—(cause to, make a) burn([-ing], up)

kindle, X utterly.

08316. hprs s@rephah ser-ay-faw’ ; from 08313; cremation:—burning.

4 Ils dirent <0559> (8799) encore: Allons <03051> (8798)! bâtissons <01129> (8799)- nous une ville <05892> et une tour <04026> dont le sommet <07218> touche au ciel

<08064>,

08064. Mymv shamayim shaw-mah’-yim; dual of an unused singular hmv shameh shaw-meh’; from

an unused root meaning to be lofty; the sky (as aloft; the dual perhaps alluding to the visible arch in which the clouds move, as well as to the higher ether where the celestial bodies revolve):—air, X astrologer, heaven(-s).

et faisons <06213> (8799)-nous un nom <08034>, (chez les hébreux, nommer c’est créer)

08034. Mv shem shame; a primitive word [perhaps rather from 07760 through the idea of definite

and conspicuous position; compare 08064]; an appellation, as a mark or memorial of individuality; by implication honour, authority, character:— + base, [in-]fame[-ous], named(-d), renown, report.

afin que nous ne soyons pas dispersés <06327> (8799)

06327. Uwp puwts poots; a primitive root; to dash in pieces, literally or figuratively (especially to

disperse):—break (dash, shake) in (to) pieces, cast (abroad), disperse (selves), drive, retire, scatter (abroad), spread abroad.

sur la face <06440> de toute la terre <0776>.

5 ¶ L’Eternel <03068> descendit <03381> (8799) pour voir <07200> (8800) la ville <05892> et la tour <04026> que bâtissaient <01129> (8804) les fils <01121> des hommes <0120>.

6 Et l’Eternel <03068> dit <0559> (8799): Voici, ils forment un seul <0259> peuple <05971> et ont tous une même <0259> langue <08193>, et c’est là ce qu’ils ont

8 Langage répétitif qui donne l’impression qu’une chose en est une autre

Babel : le langage

11

entrepris <02490> (8687) <06213> (8800); maintenant rien <03808> <03605> ne les empêcherait <01219> (8735) de faire <06213> (8800) tout ce qu’ils auraient projeté <02161> (8799).

7 Allons <03051> (8798)! Descendons <03381> (8799), et là confondons <01101>

01101. llb balal baw-lal’; a primitive root; to overflow (specifically with oil); by implication to mix;

also (denom. from 01098) to fodder:—anoint, confound, X fade, mingle, mix (self), give provender,

temper.

(8799) leur langage <08193>, afin qu <0834>‘ils n’entendent <08085>(8799)

08085. emv shamaæ shaw-mah’; a primitive root; to hear intelligently (often with implication of

attention, obedience, etc.; causatively, to tell, etc.):—X attentively, call (gather) together, X carefully, X certainly, consent, consider, be content, declare, X diligently, discern, give ear, (cause to, let, make to) hear(-ken, tell), X indeed, listen, make (a) noise, (be) obedient, obey, perceive, (make a) proclaim(-ation), publish, regard, report, shew (forth), (make a) sound, X surely, tell, understand, whosoever [heareth], witness.

plus la langue <08193>,les uns <0376> des autres <07453>.

8 Et l’Eternel <03068> les dispersa <06327> (8686) loin de là <08033> sur la face

<06440> de toute la terre <0776>; et ils cessèrent <02308> (8799) de bâtir <01129> (8800) la ville <05892>.

9 C’est pourquoi on l’appela <07121> (8804) du nom <08034> de Babel <0894>, car

c’est là que l’Eternel <03068> confondit <01101> (8804) le langage <08193> de toute la terre <0776>, et c’est de là que l’Eternel <03068> les dispersa <06327> (8689) sur la face <06440> de toute la terre <0776>.

Texte du chapitre :

La Tour de Babel : une allégorie du stupide orgueil de l'homme ?

La terre entière se servait de la même langue et des mêmes mots. Or en se déplaçant vers l'orient, les hommes découvrirent une plaine dans le pays de Shinéar et y habitèrent. Ils se dirent l'un à l'autre: "Allons! Moulons des briques et cuisons-les au four." Les briques leur servirent de pierre et le bitume leur servit de mortier. "Allons! dirent-ils, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel. Faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre." Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils D'Adam. "Eh, dit le Seigneur, ils ne sont tous qu'un peuple et qu'une langue et c'est là leur premier oeuvre! Maintenant, rien de ce qu'ils projetteront de faire ne leur sera inaccessible! Allons, descendons et brouillons ici leur langue, qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres!" De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi lui donna-t-on le nom de Babel car c'est là que le Seigneur brouilla la langue de toute la terre, et c'est de là que le Seigneur dispersa les hommes sur toute la surface de la terre. La Bible - Genèse 11:1 à 11:9

Traduction mot à mot de l’hébreu

1

Et il y a eu toute la terre langue une Et des paroles unes

2

Et il y a eu dans leur voyage vers l'orient

Et ils out trouvé u n e vallée au pays de Chinear et là ils ont fait leur demeure

3

Et ils ont dit l'un vers l'autre allons faisons blanchir des briques blanches et flambons à la

flambée Et la brique blanche pour eux a été la roche et la boue rouge pour eux a été l’argile

Babel : le langage

12

4 Et ils ont dit allons bâtissons-nous une ville et une tour et sa tête dans le ciel nous un nom Sinon nous nous éparpillerons sur la face de toute la ferre

5 Et Adonaï est descendu voir la ville et la tour Que bâtissaient les fils de 'homme

6 Et Adonaï a dit si le peuple est un et la langue une pour eux tous et cela ce qu ' ils commencent à faire Et maintenant ne pourra être retranché d'eux rien de ce qu'ils méditeront de faire

7 Allons !

et faisons-

descendons et là embabelons leur langue

Qu'ils

n'entendent pasl'un la langue de l'autre

8 Et Adonaï les a éparpillés de là sur la face de toute la terre Et ils ont cessé de bâtir la ville

9 Aussi on a appelé son nom Babel parce que là, Adonaï a embabelé la langue de toute la terre

Et de là Adonaï les a éparpillés sur la face de toute la terre

Gn 11,1-9 (Au commencement, traduction de la Genèse par Henri Meschonnic, Paris, Desclée de Brouwer, 2002)

………………………………

LEXIQUE :

Bab-ilu : « Porte de Dieu » en langue akkadienne, idiome des Babyloniens (avant l’assyro babylonien)

Babel : nom hébreu de Babylone

ll'B; : balal : embrouiller, confondre

Genèse 28 :17 Il eut peur et dit : Que ce lieu est redoutable ! Ce n'est rien de moins qu'une maison de Dieu et la porte du ciel !

.µyIm;V;h' r['v' hz<w“ µyhiløa‘tyBeAµai yKi hz< ˆyae hZ<h' µ/qM;h' ar:/NAhm' rm'aYow" ar:yYIw"

tild"

Porte

r['v'

Porte, mesure, estimation

verbe : Garder la porte

hT'P,

Porte, entrée

verbe : ouvrir

babil

[babil] n. masc. (rac. bab, onom.).

1. Abondance de paroles vaines. babillage (1).

2. Bavardage enfantin, peu compréhensible pour l’adulte. / Par analogie : Le babil d’un

oisillon. Origine onomatopéique et non venant de Babel !

Langue : C’est un système d’expression commun à un groupe social une langue peut être analysée à travers 4 composantes :

Babel : le langage

13

1. la phonologie (un phonème est une unité de base sur le plan sonore : pin, sapin, pintade)

2. un dictionnaire de mots

3. des règles de morphologie (étude de la formation des mots et des variations de forme qu’ils subissent dans la phrase)

4. des règles de grammaire

Langage : ou parole : désigne le contenu de ce que l’on veut exprimer

Sémantique :

Domaine de la linguistique qui étudie le sens, la signification des mots et plus généralement le contenu des signes et leur évolution. Comme adjectif, s’applique à tout ce qui concerne l’attribution d’une signification à un signe ou à un énoncé.

Phonétique/phonologie :

Ces 2 branches de la linguistique s’occupent de la production des sons et de leur signification. On peut les différencier mais elles sont difficilement séparables. La phonétique se préoccupe des sons de la parole (ex: les accents, les formes de prononciation des mots) La phonologie s’intéresse aux sons particuliers que sont les phonèmes.

Signifiant/signifié :

Ce sont les deux versants du signe (et du symbole). Le signifiant représente l’aspect extérieur du signe : le son produit, le graphisme du mot écrit. Le signifié renvoie à l’objet ou l’idée représentée.

confondre

v. tr.

1. Rendre indistinct. La pénombre confond les objets.

2. Se tromper sur l’identité d’une personne; mélanger (dans l’esprit). Je l’ai confondu avec

son frère. Confondre des dates.

se confondre

v. pron. Se mêler étroitement, se mélanger. Toutes les eaux se confondent dans la mer.

CITATIONS

(Schelling)

sur Babel

Refus et fin de l’ère mythologique où ne peut se constituer de véritable identité Rejet d’une tentation de langue « une » c.a.d. rejet d’un langage absolument transparent à la réalité.

Babel : le langage

14

COMPLEMENTS

http://www.avs-philo.org/le-langage.php

La tentation est alors de retrouver ou de produire une langue transparente, qui manifesterait l'essence du langage en évitant la désunion imputée aux parlers positifs. Mais l'idée d'une langue universelle oublie que c'est la distance entre les hommes qui rend possible le dialogue, aussi bien comme mésentente que comme entente, de la même façon que c'est la distance des mots aux choses qui, si elle comporte le risque de l'erreur ou du mensonge, fait du langage autre chose qu'un système de désignations. Il en va de même pour les développements de langages formels, qui ne sont pas à proprement parler des langages, puisqu'ils sont des systèmes d'échange d'information bi-univoques* n'ayant pas les faiblesse~ du langage humain, ils n'en ont pas non plus les virtualités.

Signification des mots peu courants…

*Univoque adj. Du lat. univocus, de unus et vox, vocis « voix, mot » Philos. Se dit d'un mot qui garde le même sens dans des emplois différents (opposé à équivoque). « un rapport univoque [des signes] aux idées ». Se dit aussi d'une correspondance, d'une relation dans laquelle un terme entraîne toujours le même corrélatif (aussi biunivoque). « Correspondance précise et univoque entre le monde extérieur et l'image que nous parvenons à nous en faire ».

La Tour de Babel

Posté le Saturday 22 October 2005 @ 15:03:37

Guizel écrit "

Lecture de la Génèse 11 ( 1;9)

"Or, en émigrant de l'Orient, , les hommes avaient trouvé une vallée dans le pays de Sennaar, et

s'y étaient arrêtés

Ils dirent :

" Allons, bâtissons- nous une ville, et une tour dont le sommet atteigne le ciel ; faisons- nous un établissement durable, pour ne pas nous disperser sur toute la face de la terre."

Un peuple de nomades a voulu s'installer dans la plaine de Sennaar ( entre le Tibre et l'Euphrate, où l'on situe Babylone.). En avaient-ils assez de l'errance? Ont-ils trouvé l'endroit suffisamment fertile à leur goût?

Ils recherchent "un établissement durable" : désir de se poser, de marquer le temps par les signes tracés de leur présence et de leur vie : "bâtissons-nous une ville". Cela peut rappeler l'importance de la marque, du sceau, du tracé de l'homme dans l'espace qu'il investit (cf. Les thèses de Mircéa Eliade) : tracé de valeur matérielle et humaine de la terre dont l'homme prend possession et à laquelle il confère une image personnelle et une âme. La sienne. Au besoin, il y érige des éléments particuliers de décor qui seront porteurs d'une fonction sacrée voire magique ( comme c'est le cas du dépôt de rochers ou cailloux qui déterminaient la frontière symbolique invisible que les "étrangers" ne devaient pas franchir, dans certaines peuplades primitives d'Afrique, par exemple.)

Babel : le langage

15

Autre élément intéressant : le choix d'un arbre sacré, un rocher en hauteur ( le menhir, chez les Celtes) ou quand ils ont été en mesure de la fabriquer, le totem dans certaines civilisations, objet de la nature ou créé qui représente un lien, un monde intermédiaire entre la terre et le ciel, le

visible et l'invisible, les vivants et les morts ou

les hommes et Dieu.

Désir de garder le contact, le "cordon lombilical" de l'enfant avec le Père?

" un tour dont le sommet atteigne le ciel

"

La tour de Babel : en hébreu

מ ג ד ל -ב ב ל

מ ג ד ce qui est précieux, noble, le meilleur

מ ג ד ( ו ) ל

(Sam 22.51 : "grand"

מ ג ד ל cf : Prov 18.10 : 'Le nom de l'Eternel est une forte tour " (citadelle)

ג ד manne, fortune, bonheur

ד ל porte- lèvre / autre sens : pauvre, maigre

ד ל ג sauter- franchir

ד ל ה tirer en haut- puiser de l'eau

( voir : Prov 20.5 " le conseil est dans le coeur de l'homme comme une eau profonde, mais l'homme intelligent l'en tirera, l'y puisera."

ב ל rien, point

/

ל ב coeur : (cf: Dan 6.15 " il prit à coeur, dirigea son esprit

ד ל naissance

ד ג ך blé

ג מ ל faire du bien ou du mal

" )

ג מ ל sevrer un enfant ; mûrir ( Nomb. 17.23)

Si l'on cherche le cheminement symbolique dans la reconstruction de sens, on peut avoir l'hypothèse suivante:

*Après la naissance, l'enfant doit être sevré ; tout en le nourrissant de blé, on lui apprend à discerner entre le bien et le mal.

Pour qu'il ne soit pas pauvre et se retrouve sans rien, il doit apprendre dans sa maturité à diriger son esprit vers les hauteurs de la tour de l'Eternel, tout en puisant dans son coeur l'eau qui le rendra meilleur. Devenu noble et précieux, il pourra franchir la porte du bonheur.*

Si nous revenons au texte initial : " établissement "durable" " : évoque la résistance au temps par rapport à la précarité, l'édification de la ville et de la tour , liée à la main de l'homme sur la pierre,

Babel : le langage

16

empreinte de son action, de son savoir- faire, de son génie.

" une tour dont le sommet atteigne le ciel" : la tour symbole de l'élévation dans l'espace, mais aussi de noblesse et de gloire ; mais une noblesse ici que l'homme s'arroge lui- même. Un

entre eux

et

discours qu'il tient à ses semblables comme il lance un défi, un exploit, un concours

pour eux : ( bâtissons- "nous" ; faisons-"nous")

En suivant le texte hébreu de la bible mot par mot et groupes de lettres :

ו מ ג ד ל ( voir aussi ו ר א ש ו)

ש מ י tête - peuple ; source- ses descendants

י ם fonder, établir

ע ש ה faire- agir- travailler ; créer- produire

( כ ו ( א refuser- anéantir ; s'opposer

ש ם en cet endroit

פ ך ce qu'on veut éviter ( Gén 11.4 : " de peur que nous nous dispersions)

נ פ ץ briser- disperser- écraser

ע ל Celui qui est élevé ; le Très Haut

כ ל tout ; terre

Alors, la tour de Babel , un concours des hommes entre eux , lancé comme un "jeu" ?:

"

à

celui qui, le premier atteindra le ciel ?

"

et dont le prix serait d'être "à la tête" du peuple ?

On dit qu'ils parlent "une même langue" au départ. Mais, peut-être était-ce une fausse unité car la diversité des peuples divisait déjà les hommes (intéressant développement historique dans "La magie des chaldéens et les origines accadiennes de François Lenormant (1874!). Y avait-il besoin de "fédérer" les hommes et de leur donner un chef?

Certes, on peut deviner de la provocation aussi dans le désir de braver la demande du Très-Haut

:

1) décider de (re-)monter vers son royaume, dans une nostalgie du "Paradis perdu" dont l'homme se sent évincé, rejeté.

2) une " désobéissance " de l'ado. à la demande du Père : "croissez, multipliez et répandez-vous sur toute la terre"

Groupés dans un même esprit d'"opposition" les hommes construisent cette tour symbole de leur rébellion comme de leur ambition démesurée

D.

même langue ; c'est ainsi qu'ils ont pu commencer leur entreprise

"descendit sur la terre pour voir la ville et la tour. Il dit : "Voici un peuple uni, tous ayant une "

"

Babel : le langage

17

qu'Il envisageait pour l'homme ; car pour atteindre les Hauteurs Célestes, il faut bien autre chose que des briques et l'acharnement humain

"

Confondant

leurs langages, le Seigneur les dispersa

"

Notons : "Bab-El" ב ב ל Il est remarquable que l'on doive passer par les deux portes de la "Maison" avant d'atteindre El le ciel.

Mais si l'on échoue, on tombe dans "Bâlal" : la confusion.

C'est en regardant une photo aérienne du site estimé de la fameuse tour de Babel (* négatif imprimé dans le sol à une quinzaine de mètres de profondeurs au sud de l'Irak actuel datant de 1750 avt. J.C ( nommée E-Téménanki : "maison du Fondement du Ciel et de la Terre) que j'ai pensé à "imaginer " le symbole de la tour en négatif :

Et si le mythe de la tour était celui de la Tour "renversée" : les hommes ont réussi à "franchir la première porte", celle du monde "visible" : en montrant qu'ils pouvaient s'unir concrètement et matériellement dans un but commun et au-delà des disparités, mais la deuxième porte, la porte spirituelle, elle, est beaucoup plus haute et difficile à atteindre: il faudra une autre tour, celle du monde invisible) et pour l'édifier ce sont les valeurs de l'esprit (la spiritualité, l'élévation de l'âme) et celle du coeur (la noblesse et l'amour) qui permettront aux peuples, et aux hommes de ne parler qu'une seule langue celle de l'Unité vraie.

( *voir aussi site col.fr dans les Commentaires de la Parasha Noah du 12 octobre 2002 d'Alain Goldmann)

Re: La Tour de Babel (Score obtenu : 1) par Arakilah le Tuesday 25 October 2005 @ 16:46:49

"Voici un peuple uni, tous ayant une même langue"

Cette "Tour de Babel" מ ג ד ל -ב ב ל est un Aleph en plénitude, puisqu'elle vaut 111.