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Modélisation par éléments finis du comportement d’un polymère semi- cristallin : Polyéthylène à haute densité

M. BENGUEDIAB, B. BACHIR BOUIADJRA, M. ELMEGUENNI

Université Djillali Liabes de Sidi Bel Abbes, Laboratoire de Mécanique et Physique des Matériaux BP89,Cite Ben M’hidi, Sidi Bel Abbes, 22000, Algérie benguediab_m@yahoo.fr; bachirbou@yahoo.fr; ammed_zen@yahoo.fr;

Résumé :

Dans cette étude nous nous intéressons à l’application de la mécanique linéaire élastique de la rupture (LEFM) aux polymères semi cristallins. Le but recherché est d’analyser le comportement en rupture des conduites en PEHD en utilisant le code de calcul ABAQUS. Il s’agit de simuler des essais et de calculer les grandeurs mécaniques associées aux propriétés ultimes du matériau en se basant sur une approche globale de la mécanique de la rupture utilisant l’intégrale J. Une méthodologie incluant la modélisation à même de permettre un dimensionnement de telles structures par rapport à la nocivité des défauts en limitant au maximum les essais a été dégagée. Les résultats obtenus de l’avancement de fissure montrent une bonne corrélation avec ceux obtenus dans la théorie

Mots Cles : Polyéthylène, Intégrale -J, Semi cristallin, MEF

1. Introduction :

Le développement des polymères structuraux est lié à leurs propriétés mécaniques, qui dépendent elles-mêmes de la microstructure. C'est ainsi que les polymères semi cristallins ont pour la plupart une ténacité élevée qui répond aux exigences des produits devant résister à des conditions d'utilisation sévères (impact, fluage, fatigue) [1-2]. Parmi ces matériaux, le polyéthylène à haute densité (PEHD) reçoit une double attention depuis de nombreuses années [03-04], En effet, il est considéré comme un matériau modèle pour l'étude scientifique du comportement mécanique de cette classe de polymère. De plus, c'est un polymère innovant car ses formulations sont sans cesse améliorées pour aboutir à des grades performants, pouvant même concurrencer certains matériaux traditionnels dans des applications de pointe. La résistance à la fissuration fait partie des critères mécaniques de sélection d'un matériau. Or, la modélisation des processus d'endommagement de cette classe de polymère est loin d'être satisfaisante. Le but de cette étude est consacré à une modélisation numérique basée sur une approche globale de la mécanique linéaire de la rupture d’un polyéthylène à haute densité. La simulation de la rupture du modèle est faite par un test en flexion trois points et en deux dimensions par le logiciel Abaqus.

2. La loi de comportement :

Dans cette partie de l’étude nous avons considéré que les essais se font à la température ambiante de 23°c et que le

comportement est élastique. Le module de Young E est de 1500 MPa et le coefficient de poisson ν est de 0.41.

9 ième Congrès de Mécanique, FS Semlalia, Marrakech

2.1 Type d’éprouvette :

La détermination de la résistance à la rupture des matériaux s’effectue généralement par un test de flexion trois points sur une éprouvette à section rectangulaire alors que pour notre étude, nous avons utilisé deux types d'éprouvettes :

L’éprouvette SENB représentée par la Figure1.

L’éprouvette Arquée représentée par la figure 2.

La propagation de la fissure est étudiée pour un déplacement imposé. On a considéré différents ligaments

a/W (a/w = 0.20 - 0.30 - 0.40 - 0.50 - 0.60 - 0.70)

Dans un premier temps, nous avons considéré une éprouvette SENB (Single Edge Natch Bending) en flexion trois points. Pour des raisons de symétrie, seule la moitié de l’éprouvette est considérée. Le maillage de l’éprouvette est entièrement réalisé avec des éléments quadrilatères à quatre nœuds (un exemple est illustré à la figure 1). Par ailleurs, le fond de la fissure est modélisé avec un arrondi de diamètre 0.1mm dans le but de réduire les effets de la singularité. En pratique, nous justifions cette valeur comme étant égale à l’épaisseur de la lame de rasoir utilisée pour créer les fissures. Pour que les erreurs de calculs soient de même ordre de grandeur d’un modèle à l’autre, le maillage de la zone centrale contenant la fissure est conservé. Une condition essentielle est de s'assurer de la stabilité de la réponse de la force de flexion lors de la propagation de la fissure depuis une longueur initiale jusqu'à la séparation complète. Dans un deuxième temps, nous avons réalisé le même essai dans les mêmes conditions de travail en utilisant une éprouvette Arquée et le même type de maillage (figure 2).

une éprouvette Arquée et le même type de maillage (figure 2). Figure 1 : Maillage d’une
une éprouvette Arquée et le même type de maillage (figure 2). Figure 1 : Maillage d’une

Figure 1 : Maillage d’une demi éprouvette SENB

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[N]

P

[N] P Figure 2 : Maillage d’une demi éprouvette Arquée 3. Résultats et analyse Les figures
[N] P Figure 2 : Maillage d’une demi éprouvette Arquée 3. Résultats et analyse Les figures

Figure 2 : Maillage d’une demi éprouvette Arquée

3. Résultats et analyse Les figures 3 et 4 représentent l’évolution de la charge en fonction du déplacement pour différentes avancées de la fissure.

Les tests ont été effectués à déplacement imposé, Sur ces figures on montre l'influence de l'avancement de la fissure simulée sur la stabilité de la réponse obtenue dans le cadre de la MLER. Les mesures sur les enregistrements force – déplacement par unité d'épaisseur sont reportées en fonction de la longueur de la fissure pour plusieurs valeurs de (δ) en fonction de (a).

Une longueur de fissure initiale égale à 10% de la hauteur de spécimen permet d'assurer
Une longueur de fissure initiale égale à 10% de la
hauteur de spécimen permet d'assurer une réponse stable
pour l’éprouvette SENB et 20% de l’éprouvette Arquée.
1000
900
a/w=0,20
a/w=0,30
800
a/w=0,40
a/w=0,50
700
a/w=0,60
a/w=0,70
600
500
400
300
200
100
0
0,0
0,4
0,8
1,2
1,6
2,0
2,4
2,8
3,2
3,6
P
[N]

δ [mm]

Figure 3. Courbe charge-Déplacement

(SENB)

On remarque qu’il y a des similitudes de comportement, et que la charge diminue progressivement en augmentant le rapport a/w; pour une augmentation du rapport a/w d’ordre 0.10; il y a diminution de charge d’environ 150 N pour les deux types d’éprouvette.

1200 1100 a/w=0,10 a/w=0,15 1000 a/w=0,20 a/w=0,25 900 a/w=0,30 a/w=0,35 800 a/w=0,40 a/w=0,50 700 a/w=0,60
1200
1100
a/w=0,10
a/w=0,15
1000
a/w=0,20
a/w=0,25
900
a/w=0,30
a/w=0,35
800
a/w=0,40
a/w=0,50
700
a/w=0,60
600
500
400
300
200
100
0
0,0
0,2
0,4
0,6
0,8
1,0
1,2
1,4
1,6

δ [mm]

Figure 4 : Courbe charge-déplacement pour une éprouvette Arquée

Les figures 5 et 6 représentent respectivement l’évolution

des grandeurs

pour les deux types d’éprouvette.

et par rapport à la longueur de la fissure

U el

500 δ=1,4mm 450 δ=1,2mm δ=1,0mm 400 δ=0,8mm δ=0,6mm 350 δ=0,4mm δ=0,2mm 300 250 200 150
500
δ=1,4mm
450
δ=1,2mm
δ=1,0mm
400
δ=0,8mm
δ=0,6mm
350
δ=0,4mm
δ=0,2mm
300
250
200
150
100
50
0
0,10
0,15
0,20
0,25
0,30
0,35
0,40
0,45
0,50
0,55
0,60
énergie de déformation U [N.mm]

a/w

Figure 5 Variation de

U el

en fonction du rapport a/w

(SENB)

800 δ=3,40mm 700 δ=3,00mm δ=2,60mm 600 δ=2,20mm δ=1,80mm δ=1,40mm 500 δ=1,00mm δ=0,60mm 400 δ=0,20mm
800
δ=3,40mm
700
δ=3,00mm
δ=2,60mm
600
δ=2,20mm
δ=1,80mm
δ=1,40mm
500
δ=1,00mm
δ=0,60mm
400
δ=0,20mm
300
200
100
0
0,2
0,3
0,4
0,5
0,6
0,7
U. Energie de déformation [N.mm]

Figure 6 : Variation de

a/w

U el

en fonction du rapport a/w

(Arquée)

 

Les

figures

7

et

8

illustrent

l’évolution

du

facteur

d’intensité

de

contrainte

en

mode

I

pour

différentes

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longueurs de fissures. Le facteur K dépend de l’intensité du chargement appliqué.

130 120 a/w=0.10mm a/w=0.15mm 110 a/w=0.20mm 100 a/w=0.25mm a/w=0.30mm 90 a/w=0.35mm 80 a/w=0.40mm a/w=0.50mm
130
120
a/w=0.10mm
a/w=0.15mm
110
a/w=0.20mm
100
a/w=0.25mm
a/w=0.30mm
90
a/w=0.35mm
80
a/w=0.40mm
a/w=0.50mm
70
a/w=0.60mm
60
50
40
30
20
10
0
0,0
0,2
0,4
0,6
0,8
1,0
1,2
1,4
K I [N.mm -3/2 ]

δ [mm]

Figure 7 Variation du facteur d’intensité de contrainte (SENB)

180 a/w=0,20 a/w=0,30 160 a/w=0,40 a/w=0,50 140 a/w=0,60 a/w=0,70 120 100 80 60 40 20
180
a/w=0,20
a/w=0,30
160
a/w=0,40
a/w=0,50
140
a/w=0,60
a/w=0,70
120
100
80
60
40
20
0
0,0
0,6
1,2
1,8
2,4
3,0
3,6
K I [N.mm 1/2 ]

δ [mm]

Figure 8 Variation du facteur d’intensité de contrainte (Arquée)

De même les figures 9 et 10 montrent l’évolution de l’intégrale J élastique J en
De
même
les
figures
9
et
10
montrent
l’évolution
de
l’intégrale J
élastique
J
en
fonction
du déplacement
el
imposé.
10
a/w=0,10mm
a/w=0,15mm
a/w=0,20mm
8
a/w=0,25mm
a/w=0,30mm
a/w=0,35mm
a/w=0,40mm
6
a/w=0,50mm
a/w=0,60mm
4
2
0
0,0
0,2
0,4
0,6
0,8
1,0
1,2
1,4
J EL [N/mm]

δ [mm]

Figure 9 : Variation de intégral J pour différents rapports [a/w] (SENB)

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18 16 a/w=0,20 a/w=0,30 a/w=0,40 14 a/w=0,50 a/w=0,60 12 a/w=0,70 10 8 6 4 2
18
16
a/w=0,20
a/w=0,30
a/w=0,40
14
a/w=0,50
a/w=0,60
12
a/w=0,70
10
8
6
4
2
0
0,0
0,4
0,8
1,2
1,6
2,0
2,4
2,8
3,2
3,6
J EL [N/mm]

δ [mm]

Figure 10 : Variation de intégral J pour différents rapports [a/w] (Arquée)

Conclusion L’objectif principal de ce travail est la compréhension des relations géométrie - propriétés mécaniques de polyéthylène à haute densité. Pour y parvenir, nous avons mis en place une analyse numérique sur le comportement mécanique et la rupture pour ce matériau. Les résultats obtenus nous permettent de déduire que la nocivité des défauts dépend essentiellement de plusieurs facteurs : la nature du matériau, la géométrie et dimensions des éprouvettes d’une part et les facteurs de chargement d’autre part. Dans un premier temps, et pour des raisons de simplification, seuls les paramètres géométriques et de chargement ont été pris en compte en s’appuyant sur un protocole établi en se basant sur une approche globale de la mécanique de la rupture avec l’intégrale J.

References:

[1] C.G'SELL, A.DAHOUN, «Evolution of microstructure in semi-crystalline polymers under large plastic deformation», Materials Science and Engineering, A175, (1994), 183-199 [2] S.J.K. RITCHIE, «A model for the large-strain deformation of polyethylene», Journal of Materials Science, 35, (2000), 5829-5837. [3] J.PETERMANN, J.M.SCHULTZ, «Lamellar separation during the deformation of high-density

polyethylene»,JournalofMaterialsScience,13,(1978),50-54.

[4] P.E. REED, G.Q. ZHAO, «Structural deformation in polyethylene during cold-drawing», Journal of Materials Science, 17, (1982), 3327-3335

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