Gouvernement Parallèle des Jeunes Ministère des l’Economie et des Finances en collaboration avec le Ministère de l’Equipement et du Transport La hausse des prix des hydrocarbures et ses conséquences imposent une réforme rigoureuse de la caisse de compensation Juin 2012 Sommaire Introduction I. 1. 2. 3. II. 1. 2. 3. 4. Le contexte Situation des Finances publiques et de la caisse de compensation Evolution de la facture énergétique et son impact Les modalités de la hausse des hydrocarbures Les implications Augmentation des prix du transport de voyageurs Augmentation des prix du transport de marchandises Non-garantie de la paix sociale Alourdissement des charges des entreprises III. 1. 2. Les pistes de réformes Libéralisation des secteurs bénéficiant de subventions Ciblage de la population nécessitant de l’aide 3. Réduction de la facture énergétique en développant les énergies renouvelables Conclusion Gouvernement Parallèle des Jeunes 2 Introduction Le 2 juin 2012, la hausse des prix des hydrocarbures décidée par le gouvernement marocain laisse perplexe. Prémices d’une réforme radicale du système des subventions ou juste un nouveau coup dur aux consommateurs, les avis restent mitigés. Cette première « grande décision » du nouveau gouvernement a surpris la plupart des citoyens appréhendant d’autres répercussions sur le prix d’autres denrées directement liées à celui du gasoil. De même, la plupart n’y voient qu’un moyen d’éviter d’entamer une réflexion et une réforme nécessaire de la Caisse de Compensation. De ce fait, et de par notre engagement en tant que gouvernement parallèle des jeunes, nous avons essayé d’analyser le contexte économique et les contraintes budgétaires de l’Etat ayant nécessité d’adopter de telles mesures « impopulaires », les implications aussi bien économiques que sociales de ces réformes impactant directement le pouvoir d’achat du citoyen ordinaire afin de pouvoir proposer quelques réformes ou alternatives pour un redressement global du déficit de la caisse de compensation. I. Contexte général 1. Situation des Finances publiques et de la caisse de compensation L’année 2012 s’annonce particulièrement difficile pour le Maroc avec une situation budgétaire critique difficilement tenable et des indicateurs revus à la baisse notamment le taux de croissance qui baissera pour atteindre un malheureux 2,8% loin des 4% espérés. Cette situation s’explique par la morosité que connaissent les marchés internationaux dont l’Europe qui est sans doute notre partenaire privilégié. La sonnette d’alarme a retenti dès Novembre 2011 avec un rapport des plus inquiétants du FMI. On y apprenait que les tendances plutôt optimistes déclarées ne seraient pas au rendez-vous et que le déficit budgétaire pèserait pour beaucoup. Les prédictions du FMI se sont avérées véridiques puisqu’à l’heure actuelle le déficit du trésor s’élève à 6%. Il fallait donc trouver un coupable et il a été pointé du doigt. En effet, la cause de tous nos maux est ce qu’on appelle la « caisse de compensation », les experts estiment que sa charge atteindrait les 81 milliards -y compris les arriérés de 2011- aux termes de cette année (Contre 32 milliards initialement prévus par la loi de Finances). La caisse de compensation est un établissement étatique créé en 1941 dont le principal but est de Gouvernement Parallèle des Jeunes 3 préserver le pouvoir d’achat des consommateurs en maintenant le prix de certains produits de base à des niveaux qui vont à l’encontre des tendances du marché. Le 2 Juin 2012, les marocains ont été surpris par cette annonce faisant état d’une hausse qui toucherait l’essence et le fioul industriel. L’interview de M. BENKIRAN qui a suivi cette annonce, nous expliquait que cette hausse vient réformer notre système de compensation qui connait de graves problèmes. La mesure vient en contradiction de l’évolution des cours et selon l’opposition parait injuste puisqu’elle impacte le petit consommateur et non les grandes industries profitant du système. Dans les paragraphes qui suivent, nous tâcherons d’expliquer les dessous de cette mesure. Etait-elle justifiée ? Est-ce qu’elle serait efficace ? Dans quel contexte ? Et surtout était-elle l’unique solution ? 2. Evolution de la facture énergétique et son impact Entre 2008 et 2010, le cours du pétrole n’a pas cessé d’augmenter pour atteindre un chiffre record de 128$ le baril en Juillet 2010. Cependant, la tendance s’est renversée dès avril puisque le cours du baril de Brent a dégringolé de 25%, sombrant début juin sous 100 dollars, au plus bas depuis près d'un an et demi. On aurait pensé que cette tendance plutôt baissière aurait eu l’effet inverse de cette mesure annoncée par le gouvernement. Toutefois, La facture énergétique nette a clairement pesé sur la balance commerciale à fin mars 2012. Sur une année, elle a grimpé, selon les dernières statistiques du ministère de l’Énergie et des mines, de 13,5% à 21,28 MMDH. Certes, les exportations énergétiques sont en nette ascension (+302,4% à 2,83 MDH), suite principalement, à l’avitaillement du pavillon étranger en gasoils et fuel oils (+1.226,1 MDH) et en huile de pétrole et lubrifiants (+788,9 MDH), cependant, les importations raflent toujours la vedette en s’établissant à 24,12 MMDH en croissance de 24%. Cette hausse est perceptible au niveau des importations de gas oils et fuel oils (+24,3%), de gaz de pétrole et autres hydrocarbures (+34,1%), de l’huile brute de pétrole (+19,2% ou +1.247,9 MDH), et de houilles, cokes et combustibles solides similaires (+30,7%). À signaler que les produits énergétiques ont occupé au titre du premier trimestre 2012, le premier rang des groupements d’utilisation à l'importation avec une part de 25,7% contre 22,8% à fin mars 2011. Avec une augmentation de 19,4% des dépenses publiques, il fallait penser à réduire les dépenses de l’Etat quitte à décréter la plus impopulaire des réformes, une augmentation des prix des hydrocarbures. Gouvernement Parallèle des Jeunes 4 3. Les modalités de la hausse des prix hydrocarbures La mesure était simple, il fallait augmenter les prix et ils ont augmenté comme suit :    Gasoil : 8,15 dirhams/litre au lieu de 7,15 dirhams/litre Essence : 12,18 dirhams/litre au lieu 10,18 dirhams/litre Fioul industriel : 4666,04 dirhams/tonne au lieu de 3678 dirhams/tonne Dans un système aussi complexe que le système économique marocain, la théorie de l’effet papillon prend toute son ampleur. En effet, il est dupe de croire que la hausse de 1DH, en somme parait dérisoire, dans le prix du Gasoil n’aurait aucune conséquence. Cette hausse a chamboulé le fonctionnement d’autres secteurs qui sont en premier lieu le secteur des transports… Cette hausse aura des répercussions qui vont au-delà du simplisme de cette mesure. Dans les paragraphes qui suivront, nous détaillerons les implications de cette mesure. II. Les implications La décision d’augmenter les prix des carburants prise par le gouvernement a suscité de vives réactions de la part de tous les acteurs économiques. Nous estimons que cette hausse va affecter considérablement le pouvoir d’achat des citoyens. Cette hausse vient pour palier à un contexte économique et financier fort fragile. En effet avec une caisse de compensation en difficulté et une croissance économique revue à la baisse, le gouvernement s’est vu dans l’obligation de répercuter la hausse des prix des hydrocarbures à la pompe sur le consommateur marocain. Cependant la question qu’on se pose c’est : Comment le gouvernement compte-t-il maintenir le pouvoir d’achat des citoyens. 1. Augmentation des prix du transport de voyageurs En effet la hausse des prix du carburant, prise sans concertation préalable, a surpris tous les professionnels et n’a fait qu’aggraver leurs problèmes. Pour pouvoir amortir cette augmentation les taxis ont revus leurs tarifs à la hausse (+10%) et ont manifesté leur désapprobation à la décision gouvernementale en participant à une manifestation à Casablanca durant laquelle quelques 400 taxis se sont mobilisés. Ces professionnels ont réclamé Gouvernement Parallèle des Jeunes 5 l’ouverture d’un « dialogue sérieux et responsable » pour nombreux points, à savoir : la révision du code de la route, la satisfaction de l'ensemble des revendications sociales des professionnels, notamment en ce qui concerne la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et le logement économique. Nous prévoyons également la hausse des prix pour les voyageurs qui empruntent les cars, autocars et bus. Même si le refus du gouvernement est catégorique concernant toute hausse illégale des prix sous prétexte de l'augmentation récente du prix du carburant. 2. Hausse des prix du transport de marchandises Les camions qui transportent les biens de consommations entre les villes du royaume vont répercuter directement cette hausse sur le prix de vente proposés aux citoyens. Effectivement, si on fait un tour dans les marchés on peut remarquer la hausse des prix des denrées qui constituent les besoins primaires pour le consommateur marocain. Légumes, fruits et viandes, du jour au lendemain connaissent une hausse qui alourdit la charge du citoyen pauvre et à faible revenu. Cependant cette hausse a été établie de façon arbitraire, le gouvernement se doit d’intervenir pour réglementer toute augmentation dans les prix. En effet, si on table sur le fait que le coût du carburant constitue 40% de la structure des coûts moyens pratiqués par les transporteurs nationaux, et que le coût du transport représente 10% du prix de vente des marchandises, alors la hausse de 14% sur le prix du carburant se traduira par une hausse de 0,56% ou 0,60% si on tient compte de l’interaction de facteurs de l’inflation. A titre d’exemple, si un camion benne de 26 tonnes transporte 1 tonne d’oranges (dont le coût initial est de 4000 Dhs / Tonne) d’Agadir vers Casablanca (530 Km) à raison de 0,73 Dhs à la tonne kilomètre. Alors l’acheminement de la tonne vers Casablanca coûtera au chargeur 386 Dhs (0,73*530). Le coût du carburant consommé est alors égal à 154,4 Dhs, et la répercussion de la hausse du prix des hydrocarbures est égale à 21,60 Dhs. Par conséquence, le contrecoup de la dite ahausse sur le coût du kilogramme des oranges est de 2,16 centimes soit 0,49%. Gouvernement Parallèle des Jeunes 6 Ainsi, toute hausse de prix exorbitante ne serait pas imputable à la hausse des prix des hydrocarbures mais plutôt à la spéculation des intervenantes dans l’ensemble de la chaîne logistique. D’où la nécessite inéluctable, pour l’exécutif d’assumer son rôle de contrôle des prix des marchandises et de lutte contre la spéculation. 3. Non-garantie de la paix sociale Vives réactions des professionnels du transport après la hausse des prix des carburants. Ils demandent à ce que le secteur du transport puisse profiter du gasoil professionnel, à l’instar de la pêche maritime. Ils risquent de faire des manifestations et grèves qui pourraient entraver la paix sociale. Les syndicats risquent elles aussi de poursuivre leur protestations et de mobiliser énormément de citoyens. Egalement le citoyen marocain qui subit de plein fouet la hausse des prix des biens de première nécessité pourrait lui aussi à son tour, sortir manifester et entraver le filet de sécurité établit par le gouvernement et les lois internes. 4. Alourdissement des charges des entreprises Cette hausse ne peut qu’entraver le développement des entreprises marocaines dont la majorité est constituée de PME. Ceci aura comme impact l’alourdissement des charges des entreprises nationales provoquant ainsi une hausse des prix des produits, facteur déterminant de la demande. Mais le pétrole n’est pas le seul à poser problème. Les importations de céréales pourraient doubler en 2012 et 2013 en raison de la sécheresse, un seuil jamais atteint depuis un demisiècle d’après un rapport rendu publique le 20 mars par le département américain de l’Agriculture (USDA). La caisse de compensation, que les gouvernements successifs ont tous essayé de réformer est désormais sous les feux des projecteurs, les subventions accordées par la caisse bénéficient directement aux couches les plus aisées et aux industriels. Seul un ciblage des couches sociales défavorisées permettrait aux réels nécessiteux de bénéficier directement de ces subventions, tout en allégeant les charges de la caisse. Gouvernement Parallèle des Jeunes 7 Ce constat nous oblige à revoir le fonctionnement de la caisse de compensation dont la mission majeur est remise en cause. ) III. Les pistes de réformes  Pour un meilleur ciblage: Pour réussir à redresser la situation de la caisse de compensation une stratégie globale de resserrement et redressement budgétaire nous semble inévitable, il s’agit d’un ensemble d’actions qu’il faut appliquer d’une façon cohérente, maîtrisée et résolue. Actions dont la mise en œuvre est aussi urgente que leur impact ne sera ressenti qu’à moyen terme. (Voir les propositions élaborées dans notre plan d’action) Hormis une attaque frontale à la bourse des ménages marocains déjà serrée via la réforme de la caisse de compensation, les responsables marocains devront faire preuve d’une certaine imagination en explorant les pistes sciemment ignorées, faute d’une témérité politique : la remise en question des niches fiscales (dépenses fiscales) qui n’ont plus lieu d’être, et resserrement du budget de fonctionnement en faveur du budget d’investissement véritable moteur de la croissance de l’économie nationale. Gouvernement Parallèle des Jeunes 8 Egalement la caisse de compensation doit cibler en priorité la couche sociale la plus défavorisée et diminuer les subventions accordées aux plus aisées tout en garantissant la résilience de la classe moyenne aux aléas économiques, de plus en plus incertains. Dans ce cadre nous proposons les alternatives suivantes : 1. Libéralisation des secteurs bénéficiant de subventions Afin de rendre les prix des biens de première nécessité abordables, il est impératif de libéraliser les secteurs qui bénéficient de subventions en permettant à de nouvelles entreprises d’investir sur le marché. Ainsi en augmentant l’offre, le premier effet serait la hausse provisoire des prix mais avec l’intensification de la concurrence les prix vont diminuer petit à petit. Il est important de débarrasser le marché marocain des structures monopolistiques et oligopolistiques et des lobbys qui constituent un frein à la réforme de la caisse. Exemple de l’industrie du sucre qui est sous monopole de la part de COSUMAR et qui bénéficie de 1,23 milliard de DH en termes de subventions. L’industriel du sucre les quelques compagnies des boissons gazeuses (principalement Coca Cola) les biscuitiers les confiseurs marocains, les traiteurs et les propriétaires de café, ne doivent pas bénéficier de subventions. Rien ne justifie qu’ils achètent le sucre, la farine et les autres produits subventionnés par la caisse au même prix que les citoyens marocains. Nous proposons qu’ils payent une majoration de 20% sur le prix des produits subventionnés. Il suffit de vérifier sur leurs écritures comptables dans la rubrique charges pour identifier le tonnage et le prix d’achat et d’appliquer une majoration. 2. Ciblage de la population nécessitant de l’aide Parallèlement, et en attendant la consolidation de la baisse des prix, l’Etat pourrait soutenir le pouvoir d’achat des plus démunis en passant à un système d’aides directes et ciblées : Nous pouvons prendre le système RAMED comme base vu qu’il identifie directement la population nécessiteuse. L’idée est d’attribuer une bourse pour des citoyens vivant dans le milieu rural, cette bourse est fixée entre 500 et 1500DH par mois (selon le nombre de personne dans chaque famille). Cette bourse appelée « Amal » est accordée aux femmes et n’est reconduite que si la femme prouve que ses enfants sont scolarisés. Cette initiative permet de réduire le taux d’analphabétisme en travaillant conjointement avec le ministère de l’éducation nationale afin de garantir les infrastructures et les ressources humaines nécessaires Gouvernement Parallèle des Jeunes 9 pour scolariser les enfants. La bourse est attribuée aux femmes pour qu’elles puissent dépenser l’argent en fonction des besoins importants de la famille. Egalement il faut penser à encourager d’avantage les projets des populations défavorisées à travers des microcrédits et les inciter à se réunir en coopératives. 3. Réduction de la facture énergétique en développant les énergies renouvelables En ce qui concerne le secteur des hydrocarbures, nous proposons plusieurs alternatives, à savoir : Encourager les énergies renouvelables, à travers l’installation d’éoliennes et de panneaux solaires. Notre pays est connu pour son soleil et également pour son vent fort surtout dans la région du nord. Vu que la recette énergétique devient de plus en plus salées et que nous dépendons de l’étranger, il est grand temps de bénéficier de nos atouts. L’idée est de former des ingénieurs en énergies renouvelables et de procéder à l’installation de panneaux solaires dans les régions les plus ensoleillés et d’acheter plus d’éoliennes. (Voir le modèle allemand) Diminution jusqu’à abolissement total du système de compensation pour les hydrocarbures à travers : La création du gasoil professionnel : gasoil détaxé en faveur des professionnels du transport ou la subvention sous forme d’une restitution de TVA (chose pouvant le cas échéant pousser les transporteurs informels à s’inscrire davantage dans le formel pour bénéficier de la subvention) L’institution d’un quota mensuel pour les ménages à hauteur de 120l/ ménage de carburant subventionné. Exemple : si un ménage disposant d’une voiture consomme une quantité de carburant de 180 L par mois. Les 120l sont payés au prix subventionné et les 60l aux prix réel du marché.  Pour un meilleur redressement: Tout au long de notre mandat de deux ans, nous aurons pour mission de trouver de nouvelles alternatives capables de permettre de renflouer les caisses de l’état à travers l’augmentation des recettes budgétaires et par la même occasion le redressement de la caisse de compensation en lui allouant plus de fonds. Gouvernement Parallèle des Jeunes 10 Notre objectif, en tant que membre du GPJ, est de proposer des axes d’amélioration qui seront la base de notre travail tout au long de notre mandat. Notre visée en tant que membre de cette aventure est de réfléchir à des méthodes viables et innovantes afin d’augmenter nos recettes et de rationnaliser nos dépenses pour faire face aux enjeux économiques et sociales de notre pays. Ainsi en se basant sur l’état des lieux et l’analyse de la situation macro économique marocaine, définissant les secteurs qui représentent les piliers du développement économique et ceux qui nécessitent des actions afin de stimuler leur croissance, notre équipe du Ministère de l’économie et des finances du GPJ, propose un premier programme visant à rationnaliser les dépenses et à augmenter les recettes budgétaires. Ce programme est sous forme de recommandations scindées en trois grandes parties :  L’augmentation des recettes fiscales  La rationalisation des dépenses de l’Etat 1. L’augmentation des recettes fiscales : L’augmentation des recettes fiscales commence par un renforcement du cadre légal de l’administration fiscale: L’objectif est de lui donner un plus grand poids afin d’inciter les contribuables à déclarer et à s’acquitter de leurs impôts. L’idée est d’introduire un système coercitif pour les cas de fraudes fiscales (Pénalités plus élevées) avec un durcissement des contrôles et une meilleure réglementation du secteur informel. Propositions : - Cotisation salariale et patronale : Afin de renflouer les caisses de l’état nous proposons que les salariés ayant un revenu salarial dépassant les 40.000DH doivent supporter une augmentation de 3% en cotisation salariale alors que les cotisations patronales seront augmentées de 1%. - Concernant le secteur immobilier : Au-delà du troisième bien il faut instaurer une taxation supplémentaire. On a pensé à la taxe d’édilité qui n’a pas augmenté depuis des années, l’idée est de la faire passer de 10% à 15% pour toute personne ayant plus de deux biens immobiliers. - Les transactions immobilières : toute personne désirant vendre des biens immobiliers et possédant plus de deux biens, doit supporter une augmentation de la taxe sur le profit Gouvernement Parallèle des Jeunes 11 immobilier qui passe de 15% à 25%. Cette mesure vient compenser la hausse phénoménale des bénéfices immobiliers enregistrés par les entrepreneurs qui construisent à moindre coût et qui vendent à des prix surélevés. - Dans le domaine de la pêche maritime : il faut obliger le déversement des prises dans les ports marocains afin de payer les taxes qui leur incombent. Il faut penser à un moyen efficace pour inciter les entreprises maritimes à déclarer leurs prises. - Au sein de l’administration fiscale, nous créerons une cellule d’analystes financiers qui scrutent les entreprises marocaines par secteur et par type d’entreprise. Leur but est d’analyser la situation financière des entreprises tout en l’extrapolant sur la réalité du secteur. Ainsi, si une entreprise déclare des déficits alors que son marché se porte plutôt bien, il faudra décréter un audit de suite pour déceler la fraude. Si la fraude s’avère réalité, le fraudeur devra s’acquitter de la totalité de l’impôt à payer estimé majorée d’une pénalité représentant la moitié de l’IS à payer. En cas de non paiement, le fraudeur sera poursuivi pénalement et risquera une peine de prison allant de 6 mois à 3 ans selon le degré de son délit. - La nécessité de tenue d’une comptabilité et cela pour tout type d’agroupement à but lucratif (Les artisans, les plombiers, les électriciens…). Cela devra se faire à travers l’assistanat durant les premières années en mettant à la disposition de ces personnes travaillant pour leur compte des experts comptables à des tarifs bradés pour les accompagner dans la formalisation de leurs activités. Egalement, la simplification du système fiscal s’avère déterminante afin de couvrir une majorité de contribuables et surtout la population des PME et PMI. Il faudra simplifier les procédures et les rendre plus fluides à travers l’informatisation des déclarations, l’allongement des délais et la sensibilisation des contribuables sur la nécessité du paiement de l’impôt. Propositions - Organisation de « Road Shows » à travers les régions les plus reculées du Maroc pour expliquer, aux personnes possédant des professions libérales non réglementées, l’importance de l’impôt et son mode de collecte. - Prévoir des conseillers fiscaux au sein de chaque centre régional de collecte d’impôt. Cette personne sera chargée de l’accompagnement des contribuables dans leurs démarches de déclaration de son revenu. - Accorder certains cadeaux fiscaux aux bons payeurs en leur attribuant des exonérations Gouvernement Parallèle des Jeunes 12 limitées. La révision du système fiscal est l’un des axes clé dans l’augmentation des recettes publiques : Le système fiscal marocain devra être revu de manière à ce qu’il contribue à plus de justice sociale. Avec l’élimination des exonérations fiscales, l’augmentation de l’assiette de la TVA pour qu’elle couvre une large gamme de produits, la suppression des conventions avec certaines professions libérales (Médecins, pharmaciens…) pour une équité fiscale et l’élimination de l’économie de rente. Propositions - Toute personne ayant un revenu devra s’acquitter de l’impôt que ce soit sous forme d’IS ou bien d’IGR (Cas de l’entraîneur de l’équipe nationale) - Les plus hauts revenus devront payer plus d’impôt. Les salariés de plus de 70.000 DH de revenu imposable devraient payer un IGR de 45% au lieu des 38% actuels. Les entreprises générant des bénéfices au-delà de 2 000 000 000 DH devrait payer un impôt supplémentaire de 1% sur leur CA. - La TVA devra couvrira une plus large gamme de produits. Toutefois, il est nécessaire d’instaurer des taux variables selon la catégorie du produit. Les produits jugés secondaires seront taxés plus que les produits de première nécessité. Exemple la TVA sur les produits de luxe (30%) : Une majoration de la TVA de 10% pour les biens de consommation considérés comme non indispensable pour notre quotidien. En guise d’exemple : Les tableaux d’art, les yachts, bateaux, voitures dépassant les 200Mdhs, maroquinerie, la haute-couture, les parfums, prêt à porter, joaillerie, horlogerie et accessoires….. - Les personnes bénéficiant d’agréments (Transport, sables…) devront s’acquitter d’un impôt sur agrément selon sa nature. - Dans le secteur agricole et pour une meilleure justice fiscale, il est impératif de revoir la politique d’exonération d'impôt sur les activités agricoles qui est maintenue jusqu’en 2013. L’exonération doit bénéficier aux petits agriculteurs, pour leur permettre de réaliser des bénéfices et de subvenir à leurs besoins afin de limiter l’exode rural. Cependant pour les grands agriculteurs qui réalisent des bénéfices importants il est impensable de laisser perdurer la situation. Quand on voit qu’un simple fonctionnaire doit supporter un IR déjà très lourd et pour une modique somme, alors que le grand Gouvernement Parallèle des Jeunes 13 agriculteur qui fait des milliards de bénéfices ne paye pas un centime cela nous pousse à crier fort l’injustice fiscale menée jusqu’à présent. Nous proposons que les agriculteurs qui réalisent un bénéfice dépassant les 1MDH doivent payer un impôt de 30% sur leurs bénéfices nets. Avec le devoir de tenir une comptabilité. - Des amendes plus exigeantes pour le maintien de l’ordre public : Gênés par des marchands ambulants et par les terrasses des nombreux cafés qui exploitent les espaces publics nous avons tendances à abandonner le trottoir pour nous créer une voie. L’occupation illicite des lieux publics, notamment les trottoirs, pour la vente des fruits et légumes par exemple, doit être sévèrement sanctionnées. Nous proposons la mise en place d’un barème d’amende qui permettra de pallier à ce genre de comportement. - L’attentat à la pudeur : Les actes portants atteinte aux volontairement sur bonnes mœurs exercés autrui ou créant une gêne, ou une déstabilisation de l’ordre publique, par exemple : s’exhiber en tenue d’Adam ou/ d’Eve en public ,uriner en plein public ,draguer ou parler d’une manière vulgaire à un( e) passant(e), fumer dans les endroits publics ….. Des comportements inadmissibles qui doivent être sanctionnés. Le maximum de toutes les amendes prévues par la législation en vigueur, notamment par le Code pénal, sont portés à 200 dirhams. Nous jugeons cette amende faible par rapport à la grossièreté de l’acte. Nous proposons une augmentation à 1000dh avec la mention de l’acte dans le casier judiciaire de l’individu. Ceci nous permettra de mieux sensibiliser la population à l’importance du respect de l’autre et de notre environnement. 2. La rationalisation des dépenses de l’Etat: La rationalisation des dépenses de l’état se fait à travers plusieurs démarches, à savoir :  La baisse des dépenses de fonctionnement des administrations publiques : Le fonctionnement de l’Etat marocain coûte trop cher pour le contribuable. L’objectif est que nos administrations publiques soient plus efficientes en termes de coût. L’idée est de faire baisse les salaires des hauts cadres des administrations publiques, d’éliminer le phénomène des fonctionnaires fantômes et de rendre obligatoire la déclaration des bénéfices pour les hauts responsables.  La Réforme du système de compensation : Selon toute vraisemblance, la caisse de compensation est en déficit chronique et nécessitera une réforme radicale à travers Gouvernement Parallèle des Jeunes 14 plusieurs mesures. Propositions : - Une baisse des salaires de 30% de tous les fonctionnaires touchant de plus de 100 000 DH net par mois. Et de 45% de tous les fonctionnaires touchant de plus de 250 0000 DH par mois. Avec suppression des avantages par nature (Chauffeur, voiture, logement de fonction….) - Création des centres d’écoute régionaux pour dénoncer les pratiques douteuses au sein des administrations publiques notamment les fonctionnaires fantômes ainsi une enquête devra être menée systématiquement afin d’investiguer sur la véracité des accusations. Si le cas s’avère vrai, le poste budgétaire sera éliminé et la personne licenciée de suite. - Les hauts cadres de toutes les entreprises publiques devront déclarer publiquement leur patrimoine dès le début de leurs fonctions et cette déclaration devra être renouvelée tous les deux ans. En cas d’enrichissement aberrant, une enquête devra être menée sur la légalité de l’amassement de cette richesse soudaine. - La rémunération et avantages en nature offerts aux hauts gradés devraient être revus : D’après notre analyse du système de rémunération des hauts gradés : Wali : 69.275DH, Gouverneur principal : 67.375DH… (Sources : ministère de l’intérieur du Dahir du 31 juillet 2008), nous constatons que la rémunération est excessive. En plus du salaire, d’autres avantages sont offerts à cette tranche de fonctionnaire. Nous proposons la suspension de la résidence meublée, du personnel de maison, du parc automobile conséquent… L’idée est de revoir à la baisse les salaires des hauts gradés et remplacer les avantages en nature par des indemnités. - Interdire la vente des biens de l’Etat à un prix dérisoire aux fonctionnaires et proposer l’organisation de ventes aux enchères en bonne et due forme. - Baisser la compensation salariale réservée aux anciens ministres - Réduire les dépenses de fonctionnement de l’Etat. Par exemple les dépenses liées au parc automobile (achat de voitures moins coûteuses), rationaliser les achats et location de bâtiments et en interdire l’usage des voitures de fonction en dehors des horaires de travail. La diminution des dépenses liées à l'hébergement, à la restauration, à l'organisation des conférences, aux missions à l'étranger et le nombre des représentants. - Réduire le salaire élevé réservé aux fonctionnaires de l’Etat au Sahara. - La caisse de compensation a pour rôle de permettre au citoyen marocain à faible revenu Gouvernement Parallèle des Jeunes 15 de subvenir à ses besoins avec un prix de vente abordable pour certains biens de première nécessité. Il s’agit du sucre, du gaz, de la farine, du carburant etc. Cependant il est inconcevable que les industries alimentaires par exemple qui utilisent dans leur production du sucre de la farine bénéficient eux aussi des subventions. Tous les industriels doivent payer à l’état une majoration en fin de chaque année vu qu’on ne peut pas instaurer un système de vente dispatché entre citoyens à revenu modeste et industriels. Donc dans leurs écritures comptables les entreprises enregistrent un prix d’achat semblable à celui accordé pour un citoyen X mais payent une majoration en fonction de la quantité acheté. Cette majoration devrait être fixée par la suite et qui représente le prix réel effectif du bien sans subvention. - Egalement les subventions accordées par le gouvernement ne doivent toucher qu’une certaine catégorie d’agriculteurs à savoir : Des agriculteurs cultivant pas plus de 5HA et des agriculteurs ne réalisant pas plus de 60.000DH de Bénéfice net annuel (ce qui va pousser indirectement les agriculteurs à tenir une comptabilité). A savoir que les subventions accordées concernent l’instauration de la pratique de l’irrigation au goutte à goutte ou l’achat de matériel agricole. Ces subventions bénéficient directement aux grands agriculteurs, le petit agriculteur à lui seul ne pourra jamais pratiquer du goutte à goutte dans un terrain d’1HA par exemple sauf s’il se regroupe en coopérative. L’idée est qu’on diminue les subventions des grands agriculteurs réalisant un bénéfice net dépassant les 1MDH au profit des petits agriculteurs. La cagnotte des subventions va permettre d’encourager les petits agriculteurs à améliorer leur production avec l’instauration de nouvelle tranche de subvention concernant les engrais qui sont relativement coûteux pour les petits agriculteurs. L’avantage de cette mesure est que le montant des subventions va diminuer vu que les grands agriculteurs rétributaires de dizaines de Milliard de DH ne pourront plus en bénéficier et que les besoins des petits agriculteurs seront largement comblés ce qui va permettre de diminuer les dépenses publiques. Gouvernement Parallèle des Jeunes 16 Conclusion Suite aux différentes fluctuations des cours du pétrole, l’État a été amené à répercuter une partie de la subvention des hydrocarbures sur les prix intérieurs à la consommation. Ce choix a été dicté par des arbitrages afin de continuer à maintenir le pouvoir d'achat des consommateurs défavorisés et en même temps, poursuivre la politique de l'investissement public, l'un des leviers de la croissance. Toutefois, pour une meilleure efficience, cette mesure devrait être menée en parallèle avec une réforme globale du système de compensation. Ledit système étant impacté par plusieurs paradoxes et dysfonctionnement le déviant même de ces principaux objectifs. Les mesures proposées dans ce document visent avant tout, une meilleure gestion de la caisse de compensation et un ciblage des couches sociales les plus défavorisés en leur octroyant des subventions financières directes. Ces objectifs ne pouvant être atteint qu’à travers l’amélioration de la gouvernance et une restructuration globale du système des subventions. Gouvernement Parallèle des Jeunes 17