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Bulletin trimestriel
Bulletin trimestriel

Songadina

N° 16 - JANVIER-MARS 2013

Editorial

Une fois de plus, Songadina rend hommage aux communautés : leur engagement, leur ténacité et leur appropriation restent le meilleur atout que nous ayons pour assurer la gestion durable des ressources naturelles. A Didy, la population, élus comme associations ou chefs traditionnels, ont largement contribué au déguerpissement des exploitants de saphir ; à Fohisokina, les communautés ont sauvé le Sahona Mena de l’extinction ; à Ambohimanana comme à Ambodivahibe, elles mènent les actions pour le développement de leur région grâce à une gestion rationnelle des ressources de leurs terroirs. Mais, comme toujours, la biodiversité trouve aussi une large place dans ce numéro. L’inscription des bois précieux de Madagascar dans les Annexes II de la CITES marque l’année 2013. Pourtant le bois de rose fait toujours l’objet d’une exploitation sauvage et de trafics illégaux. Nous ne cesserons pas de les dénoncer. La note d’espoir est apportée avec votre rubrique habituelle sur la faune et flore, pour mieux connaitre un lézard spectaculaire : le moby dick et l’arbuste qui a fait sa réapparition après un demi-siècle : le Bossera cristatocarpa. Enfin, pour rester proches de vous et partager plus d’informations, nous vous inviterons à découvrir le magazine mensuel de CI dans « Les Nouvelles » et « Journal De Madagascar (JDM) », Natiora et Bien-Etre.

Léon Rajaobelina Vice-Président Régional Conservation International Madagascar

RESSOURCES

MARINES

La gestion communautaire des ressources naturelles a émergé dans les années 1980, avec l’idée que la participation de la population est indispensable pour la gestion et le contrôle des ressources.

À Madagascar, les communautés vivant dans les zones côtières et les ONG et agences gouvernementales ont travaillé ensemble pour rendre la gestion communautaire des ressources marines une réalité. Cette gestion cherche à impliquer les com- munautés locales, qui dépendent des ressources naturelles, à la prise de décision et dans l’organisation collective pour une efficacité accrue. Madagascar dispose actuellement d’un des plus grands réseaux de zones marines gérées par les communautés locales ou Locally Managed Marine Areas (LMMA) dans l’Océan Indien Occidental, avec près de 40 zones marines gérées par les communautés (LMMA) mises en place en 2012.

Un réseau national mis en place

Un des plus apporté par cette gestion communautaire est qu’elle permet de façonner les relations entre l’Etat et les communautés littorales. L’introduction du coutumier et des régulations communautaires ont permis de soutenir et de renforcer la gestion marine et côtière. En Juin 2012, 55 membres de communautés représentant 18 LMMA dans tout Madagascar se sont réunis lors d’un forum destiné à soutenir les communautés dans leurs initiatives à Andavadaoka. Le forum a été un énorme succès et a abouti à la création d’un réseau national des zones marines gérées par les communautés locales ou LMMA. Ce réseau est baptisé MIHARI, un acronyme qui signifie littéralement « gestion des ressources marines au niveau local ». Lors du forum, les représentants ont identifié et partagé les meilleures pratiques et ont tissé des relations intercommunautaires durables. Le forum visait à relier ces communautés, afin qu’elles puissent se développer plus rapidement, mieux s’adapter aux défis et avoir une voix plus forte au niveau régional et national, lors des prises de décision.

PRIORITÉ À LA GESTION COMMUNAUTAIRE

SCIENCE & DÉCOUVERTES

Depuis Depuis plus plus de de 40 40 ans, ans, les les images images Landsat Landsat ont ont été été choisies choisies pour pour effectuer effectuer

les les suivis suivis de de l’état l’état de de l’écosystème l’écosystème terrestre. terrestre. Les Les données données sont sont reçues reçues par par

des des stations stations de de réceptions réceptions dispersées dispersées dans dans le le monde monde

L’utilisation des images Landsat présente deux avantages majeurs :

• La disponibilité des images dans le temps puisque les images prises depuis les années 1970 continuent d’être disponibles. Le temps de revisite de 18 jours permet un suivi quasi permanent des zones étudiées. • Les images sont gratuites et téléchargeables dans le site de la NASA à travers « earth explorer ».

Des opérations longues et laborieuses

Bien que les images soient disponibles en permanence, la présence quasi-permanente de masses nuageuses rend de nombreuses images inutilisables. Ce qui est le cas dans la partie Est de Madagascar. En outre, les images Landsat 7 présentent parfois certains trous de données (des vides). Pour pallier à ces problèmes, il faut utiliser plusieurs images, grouper les nuages pour avoir des images « utilisables », faire des combinaisons d’images. Ce qui nécessite tout un processus d’opérations longues et fastidieuses avec des logiciels de télédétection classique.

De nouveaux outils plus performants

Récemment, la NASA a mis à la disposition du public de nouveaux outils pour automatiser certaines opérations. AROP (Automatic Regis- tration and Orthorectification Packages) est un outil de rectification géométrique des images Landsat. Cet outil est assez puissant et permet d’éviter un travail énorme sur les analyses temporelles avec des images Landsat. LEDAPS (Landsat Ecosystem Disturbance Adaptive Processing System) permet d’effectuer une correction atmosphérique et une détection automatique des nuages et ombres présentes sur les images. Cet outil est très apprécié, il enlève les nuages des images. L’inconvénient est qu’AROP & LEDAPS fonctionnent uni- quement sous Linux. Gapfill est un outil qui sélectionne les images Landsat présentant un trou de données et remplace les données manquantes par d’autres images à des dates différentes. Gapfill fonc- tionne sous Windows. Grâce à ces outils, le processus de traitement d’images Landsat se fait plus rapidement. Tous ces outils nous aident à effectuer des analyses du changement dans un laps de temps beaucoup plus court.

ANALYSE ANALYSE DES DES IMAGES IMAGES LANDSAT LANDSAT

De nouveaux outils plus performants disponibles

FAUNE & FLORE

DECOUVERTE

LE MOBY DICK

Un lézard exceptionnel !

« Moby-Dick » est un cachalot albinos raconté dans un des plus célèbres romans américains : « Moby Dick, The Whale » de Herman Melville (1851). En référence à ce fameux cachalot, des cher- cheurs malgaches, américains et allemands du CNRS (Centre National des Recherches Scientifiques)/Universités de Montpellier/ SupAgro/IRD/CIRAD/EPHE) ont baptisé une nouvelle espèce de lézard qu’ils ont dé- couvert dans les forêts sèches du nord-ouest de Madagascar : « Sirenoscincus mobydick » ou « scinque sirène ». L’évolution de ce lézard est particulière. Si les ancêtres de la grande majorité des lézards sans patte et des serpents sont quadrupèdes et ont

perdu leurs membres antérieurs en premier avant de perdre leurs membres postérieurs, Moby Dick fait exception. Il a plutôt gardé ses membres antérieurs. Ce qui le rapproche des cétacés, en particulier les cachalots. Ce lézard a une peau dépigmentée. Fouisseur, (il vit dans le sable), ses yeux ont presque disparu. Son anatomie présente une combi- naison unique au sein des vertébrés terrestres i-e les amphibiens, les reptiles, les mammifères et les oiseaux. Cette nouvelle espèce a été découverte en janvier 2012. Le CNRS en France a publié ces travaux, fin décembre 2012, dans la revue Zoosystem et a annoncé cette nouvelle en janvier 2013.

Bossera cristatocarpa

Sa redécouverte dédiée au botaniste Jean Bosser

La recherche botanique ne cesse de percer les secrets de la richesse biologique à Madagascar. Après s’être caché durant un demi-siècle, Bossera cristatocarpa Leandri, arbuste pouvant atteindre 2 m de haut, a été redécouvert dans la région Atsimo Andrefana. Endémique à Madagascar, cette plante a une distribution très restreinte car elle ne se développe qu’aux environs de Sakaraha. C’est ainsi qu’elle fut retrouvée dans une forêt quasi-vierge de la Nouvelle aire protégée d’Analavelona. Elle a été auparavant recensée grâce à la collecte faite par Jean Bosser en décembre 1959. La relocalisation de cette espèce par Nivo Rakotoarivelo et al. durant une mission de terrain financée par Goldman Foundation en novembre 2010 représente l’importance des travaux d’inventaire intensifs menés par l’équipe.

des travaux d’inventaire intensifs menés par l’équipe. Le nom de cette plante vient du nom de

Le nom de cette plante vient du nom de Jean Bosser, en hon-

neur de ce botaniste français chevronné qui va souffler cette année ses 91 bougies. Il a consacré beaucoup de temps

à la recherche sur la flore au

sein du Muséum National de l’Histoire Naturelle (MNHN) de

Paris et a énormément contribué

à l’étude des Orchidacées,

des Poacées ainsi que des Légumineuses de Madagascar.

SOMMAIRE

1 Ressources marines : priorité à la gestion communautaire

par Ando Rabearisoa

2 Analyse des images Landsat :

de nouveaux outils plus performants disponibles

par Andriambolantsoa Rasolohery

3 Le Moby Dick, un lézard exceptionnel !

par Hajasoa Raoeliarivelo

Bossera cristatocarpa : sa redé- couverte dédiée à Jean Bosser

par Tefy Andriamihajarivo, Nivo Rakotoarivelo

4 Confier la protection de Sahona mena aux communautés locales

par Luciano Andriamaro

Baie d’Ambodivahibe :

une récolte spectaculaire !

par Luciano Andriamaro, Ando Rabearisoa et Hajasoa Raoeliarivelo

Pisciculture à Ambohimanana :

Quand on s’y met, on y arrive !

par Hary Rameson

5 Zapping

6 Didy : Les acteurs locaux prennent leur responsabilité face à la ruée vers le saphir

par Rajaspera Bruno, Ravololonanahary Hantanirina

La Nouvelle Aire Protégée Communautaire d’Antrema :

entre Sakalava et Sifakas

par Claude-Anne Gauthier

Nouvelle aire marine protégée d’Ambodivahibe : dotation en matériels de pêche aux Associations de pêcheurs

par Haingo Nirina Rajaofara

7 Bois précieux de Madagascar :

appel à collaboration des Parties pour appuyer la cause malgache

par Harison Randrianasolo

8 CDB : Convention sur la Diversité Biologique

par Michèle Andrianarisata

Ranon’Ala : un nouveau guide sur la communication communautaire

par Mamy Ramparany

ACTIVITÉS

Confier la protection de Sahona Mena aux communautés locales

Depuis quelques années, CI intervient aux fins fonds de brousse d’Amoron’i Mania, à Fohisokina, pour sauver une espèce d’amphi- bien critiquement en danger : le Sahona Mena.

L’effort déployé serait resté vain sans la collaborationvolontairedescommunautéslocales, conscientes de l’importance de l’existence de cette espèce dans leur territoire.

A travers les activités de conservation menées

par FOMISAME ou Fohisokina Miaro ny Sahona

Mena, les 30 individus de Sahona Mena rescapés de la planète atteignent actuellement le demi-millier. Parmi les activités de protection

menées par l’association FOMISAME pour sauver l’espèce très menacée d’extinction, on peu citer les suivis écologiques périodiques, la restauration de l’habitat par des plantes autochtones, la mise en place de pare-feux et la sensibilisation de la population. Pour assurer convenablement la gestion du site, FOMISAME a bénéficié de différentes activités de développement. Trois ans après le premier transfert de gestion au VOI FOMISAME, le contrat gestion du site par cette même association est en phase de renouvellement pour une durée de dix ans. Le succès de FOMISAME n’est pas passé inaperçu, la communauté locale de base voisine, AMSM ou Antoetra Miaro ny Sahona Mena veut emprunter le même chemin pour être gestionnaire du site de Soamasaka, non loin de Fohisokina.

BAIE D’AMBODIVAHIBE : une récolte spectaculaire

L’ouverture officielle de la pêche dans la baie d’Ambodivahibe les 12 et 13 mars de cette année, a mérité une cérémonie particulière !

En effet, après une fermeture de 3 mois, les pêcheurs d’Ambavarano et d’Ivovona ont pu prendre environ 2 tonnes de poulpes et plus

de 300 kg de poissons en seulement deux

demi-journées ! Si l’année dernière la récolte

de 650 kg était un succès, la récolte de cette

année était spectaculaire !

La baie d’Ambodivahibe est une aire proté-

gée

marine située au Nord de Madagascar et

CI

a initié sa création, après le RAP (Rapid

Assessment Program) marine en 2006. Les

communautés locales à Ivovona et Ambavarano ont commencé à gérer les réserves marines locales, comme Bekadoda, en 2011 et étendre la zone gérée par les communautés à Ankirikiriky, Ambatolampy et Banteza en 2012. CI a soutenu ces communautés pour la gestion de ce parc marin, mais aussi dans l’amélioration de leurs activités génératrices de revenus pour réduire les pressions vers le parc marin. Pendant la cérémonie d’ouverture, en présence des col- lectivités locales, CI a donné des équipements

des col- lectivités locales, CI a donné des équipements PISCICULTURE À AMBOHIMANANA : quand on s’y

PISCICULTURE À AMBOHIMANANA :

quand on s’y met, on y arrive !

Trois VOI (communautés locales de base) des Communes rurales d’Ambohimanana et de Maroseranana, situées dans le noyau

dur du Corridor Ankeniheny-Zahamena, ont bien démarré leur projet de pisciculture.

Bien que le projet ait pris fin en mars 2012, actuellement, on peut dire qu’un tiers des membres de chaque VOI a pu construire leur propre bassin piscicole et approvisionner d’alevins le bassin communautaire. Chaque VOI a pu aussi vendre environ 15 kg de poissons à la population de leur commune à raison de 5 000 Ariary le kilo. Les autres membres n’ayant pas pu construire leur propre bassin, faute de terrain, ont décidé d’adopter la rizi-pisciculture. Ils ont eu des formations pratiques de la part des techniciens de l’ODDIT. En un mot, le projet a contribué non seulement à l’amélioration des revenus des membres mais aussi à une meilleure alimentation des familles bénéficiaires. Les membres sont déjà convaincus que cette filière pourra leur apporter des bénéfices à court terme et les soutient dans la gestion de leur terroir.

de pêche aux pêcheurs et des badges aux patrouilleurs responsables du contrôle de la réserve marine. « Les récoltes de ce jour sont encourageantes ! Il est nécessaire d’assurer la gestion durable de ces ressources pour nos générations futures ! » conclut Kinkony Justin, chef du village d’Ambavarano.

Nouveaux Directeurs pour CAZ et COFAV Les nouveaux directeurs des aires protégées CAZ et COFAV sont respectivement Ravololonanahary

Hantanirina et Rejela Razakanjoelina. Ils travaillent au sein de CI, délégataire de gestion de ces nouvelles aires protégées. Les 7 chefs secteurs et le responsable du système de gestion des bases de données et du suivi évaluation sont recrutés pour l’aire protégée COFAV. La cérémonie de présentation du nouveau directeur de COFAV aux partenaires

a eu lieu à Fianarantsoa le 27 février dernier.

Le directeur de CAZ ayant déjà travaillé dans le domaine n’est plus à présenter aux partenaires.

Les questions chaudes de la REDD+ au niveau local Plusieurs thèmes sont au centre des préoccupations mondiales sur la REDD+ parmi lesquels : la gouver- nance participative des forêts et la distribution des bénéfices. CI a organisé les 20 et 21 mars dernier un atelier d’échanges entre les parties prenantes du Corridor Ankeniheny-Zahamena (CAZ) et du COrridor Forestier Ambositra-Vondrozo. Ce fut une occasion de partager les expériences et les enseignements qu’ils ont tiré sur la participation des entités locales dont les VOI et les Fédérations dans les efforts de réduction des pressions sur la forêt.

Groupe thématique Changement : programmation des activités et élection des présidents au menu Pour améliorer ses activités en matière de lutte contre le changement climatique, les membres du groupe thématique-Changement Climatique, plateforme d’échange, de veille et de réflexion, se sont réunis pour un atelier de travail et de programmation le 7 février 2013. Des représentants de ministères sectoriels, d’institutions partenaires, d’ONGs et autres organismes et personnes ressources se sont

ainsi concertés pour faire ressortir les grandes lignes d’actions prioritaires, en adaptation, atténuation et en financement dans le domaine de la REDD. L’élection des nouveaux co-présidents du groupe fut tenue durant cet atelier. Ont été élus comme co-présidents du GT CC pour l’année 2013,

le Ministère de l’Eau et l’Initiative Commune

de Plaidoyer sur la Réduction des Risques de Catastrophes à Madagascar (ICPM).

REPC : Formation des responsables de conservation et du suivi écologique Les activités du REPC continuent avec le lancement d’une nouvelle formation dans le programme d’appui aux Aires Protégées. Cette fois ci, une formation sur

« la conservation et suivi écologique » a été organisée à

Antsiranana, dans la Nouvelle Aire Protégée d’Oronjia, du 28 janvier au 2 février 2013. Des participants venant de plusieurs organisations ont répondu à l’appel. L’objectif étant de renforcer les capacités des techniciens sur les différentes techniques et aspects de conservation de la biodiversité dans le cadre de la gestion des aires protégées. Comme les précédentes formations, celle-ci a été développée et mise en œuvre en partenariat avec l’unité de coordination du DESS (Diplôme d’Etudes Supérieures et spécialisée, département Biologie Animale), des Sciences de l’Environnement de la Faculté des Sciences d’Antananarivo, ainsi que du département Eaux et Forêts de l’Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques.

Ecotourisme Communautaire : l’offre écotouris- tique va encore s’étoffer Grâce à l’octroi du financement additionnel FAPEIII par la Banque Mondiale, deux sites communautaires du corridor Ankeniheny Zahamena et trois sites de la nouvelle aire protégée du Corridor Ambositra- Vondrozo vont bientôt intégrer le marché touristique. Les communautés d’Iaroka, d’Anevoka Maromizaha, d’Andrambovato, d’Itaolana Ambo- himahamasina et de Miora Avaratra Namoly vont développer des circuits écotouristiques, révélant leurs initiatives de gestion durable des ressources naturelles. Les associations communau- taires concernées bénéficieront la mise en place d’infrastructures, le renforcement de leur capacité et la promotion de leur destination avec l’assistance technique de CI. D’ici 2014, ces communautés entendent recevoir leurs premiers visiteurs.

Natiora et bien-être : un nouveau magazine de CI dans « Les Nouvelles » et « JDM » Dédiée à la nature et aux biens qu’elle offre à

l’humanité, le nouvel espace que CI ouvre mensuel- lement dans les quotidiens « Les Nouvelles » et

« JDM » a pour but d’informer et de sensibiliser

encore plus le grand public. Destiné en particulier aux étudiants, ce magazine traite un thè- me précis dans le domaine de la nouvelle vision de la conservation.

En chiffres

n A Madagascar, 46 % de la population a accès à l’eau potable et 15 % aux infrastructures d’as- sainissement adéquates. 30 % utilise des infrastructures d’assainissement non améliorées et 37 % défèque à l’air libre.

ZAPPING

Il apportera des exemples à dupliquer, pour que le changement vers le développement durable ne soit

pas utopique. Le premier numéro sorti au mois de

février 2013 était axé sur les zones humides, dans le cadre de la célébration de la Journée Mondiale

des

Zones humides. Le deuxième numéro portait

sur

l’Eau pour Journée mondiale de l’eau.

Les vols de tortue continuent

273 tortues étaient sur le point d’être embarquées pour Dar Es Salam le 19 mars 2013. 369 tortues ont passé la douane et ne furent prises qu’à Bangkok le 15 mars 2013. 54 autres furent saisies à l’aéroport de Suvarnabhumi en Thaïlande, le 3 avril 2013. La liste

est longue, et là on ne parle que des tortues interceptées.

Les efforts menés jusqu’ici, durant des dizaines d’années,

pour sauver le patrimoine naturel national, risquent d’être vains, vu l’intensité du trafic ces derniers mois.

Bois de rose : une déclaration pour arrêter les trafics Faisant suite à la descente à Ambatondrazaka

des

autorités constituées du Ministre des Mines,

du

Secrétaire d’Etat chargé de la Gendarmerie,

des

représentants des ministères de la justice, des

forces armées, de l’intérieur, de l’environnement et des forêts, une déclaration commune a été

signée par ces autorités, les « tangalamena » et

les opérateurs économiques, le 15 mars dernier.

Cette signature fait suite aux discussions entre

ces parties quant à l’exploitation illicite et la

destruction de la forêt de Didy. La déclaration interdit formellement toute exploitation illicite dans les aires protégées, l’achat et la vente de pierres précieuses, la location d’appartement aux exploitants étrangers, l’introduction de véhicule

et personne dans les aires protégées. Elle interdit toute action menant la population à s’opposer à la déclaration. Elle stipule l’évacuation immédiate

des exploitants de la forêt. Pour mettre en œuvre

cette déclaration il serait nécessaire d’obtenir une

aide technique, financière et en ressources humaines,

de la part de l’Etat.

Journée mondiale des zones humides 2013 :

pour une touche particulière

CI

a participé à la Journée mondiale

des

Zones humides dont la cérémonie s’est déroulée

dans le site Ramsar du Parc Tsarasaotra, le 5 février,

avec pour thème « les zones humides et la gestion de l’eau ». L’évènement est à marquer d’une pierre blanche puisque les efforts déployés par les gestion- naires des sites zones humides y ont été mis en

exergue. Ainsi, des certificats issus de la Convention Ramsar ont été remis officiellement par le Ministère

à Asity Madagascar et à The Peregrine Fund,

gestionnaires respectifs du lac Kinkony et du lac

Mandrozo. De même, le prix intitulé « Blue Globe » décerné à la rivière Nosivolo par Word Wetland Network en juin 2012 a été remis officiellement

à Durrell, gestionnaire de ce site Ramsar.

NOS PARTENAIRES

Didy : les acteurs locaux prennent leur responsabilité face à la ruée vers le saphir

Suite à la ruée des exploitants de saphir dans l’aire protégée du corridor Ankeniheny- Zahamena, les initiatives et les efforts déployés par les communautés de Didy, la fédération Fitokisana et les autorités locales ont été fort louables.

En effet, le maire a immédiatement réagit dès le début de ce fléau, soit à travers une mobilisation des populations locales, soit par des alertes. Avec l’appui de CI, ces forces vives ont pu saisir les responsables des forces publiques en vue de mener des actions de contrôle et de répression. Ce qui a permis de considérer cette pro- blématique du saphir comme une priorité nationale. Le gouvernement, à travers l’armée, a déployé l’EMMONAT pour des actions de déguerpissement. Toutefois, les mesures répressives ont un caractère ponctuel.

Suite au départ des forces de l’ordre, les invasions dans la forêt ont repris. Sans se lasser, le maire et la fédération Fitokisana ont pris l’initiative de mener une campagne de communication et de sensibilisation à grande échelle faisant intervenir les médias. Une conscientisation qui a abouti à une négociation avec les exploitants qui ont décidé de quitter les lieux du côté d’Antsevabe. Quant aux exploitants récalcitrants, une mission composée de Tangalamena, des Vondron’olona ifotony, des représentants de la commune, des fokonolona, des agents

de la DREF Alaotra-Mangoro et des forces de l’ordre les ont obligé de quitter les lieux. Ces initiatives et ces prises de responsabilités démontrent une réelle volonté locale de mobilisation pour sauvegarder « leurs richesses naturelles » et méritent d’être soutenues sur le long terme.

La Nouvelle Aire Protégée Communautaire d’Antrema : entre Sakalava et Sifakas

Le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris et CI sont partenaires pour la tra- duction en français de la 3 e édition actualisée de « Lemurs of Madagascar - field guide ».

Le Muséum est également le gestionnaire depuis l’an 2000, d’Antrema, une Nouvelle Aire Protégée au sud de Majunga (20 300 ha dont 1000 ha de parc marin) (arrêté n°52004/2010). Antrema est régie par le Projet Pilote Bioculturel d’Antrema (PBCA) avec un double objectif de conservation et de développement pour la communauté Sakalava. La conservation s’appuie sur la connaissance scientifique d’Antrema qui abrite désormais la seule population viable de Propithèques couronnés (plus de 600 individus). Cette conservation passe également par le dévelop- pement pour la communauté Sakalava d’Antrema, pleinement partenaire du projet, qui considère les Sifakas comme des ancêtres et leur confère un caractère fady. Pour permettre les études de terrain, le Muséum a construit un camp de recherche où il accueille les chercheurs et étudiants nationaux et étrangers qui souhaitent travailler dans cet écosystème unique de l’ouest malgache. Aujourd’hui, le Projet développe en partenariat avec la communauté Sakalava un programme écotouristique afin d’atteindre l’autonomie financière. (claude-anne.gauthier@mnhn.fr)

NOUVELLE AIRE MARINE PROTEGEE D’AMBODIVAHIBE : dotation en matériels de pêche aux assocations de pêcheurs

NOUVELLE AIRE MARINE PROTEGEE D’AMBODIVAHIBE : dotation en matériels de pêche aux assocations de pêcheurs

Dans le cadre de la gestion de la Nouvelle Aire Marine Protégée de la Baie d’Ambodivahibe, district d’Antsiranana II, les associations de pêcheurs Fikambanan’ny Mpanjono Ivovona (village d’Ivovona), Riaka Tsara Mandroso (village d’Ambavarano), et Riaka Tsara Tantana (village d’Ampondrahazo) ont été dotées chacunes de matériels de pêche. Cette dotation renforcera les capacités techniques de ces associations de pêcheurs à mieux gérer les ressources naturelles halieutiques, en complément des appuis qui leur ont déjà été apportés pour la réalisation d’activités génératrices de revenu permettant de respecter la période de la fermeture de pêche.

Appel à collaboration des Parties pour appuyer la cause malgache

IN FOCUS

Lors de la 16 e Conférence des Parties pour la CITES qui s’est tenue à Bangkok, Thaïlande et pour une meilleure protection des espèces à l’échelle nationale, le gouvernement de Madagascar a appuyé l’insertion de toutes les espèces de Dalbergia et Diospyros de Madagascar, des bois précieux, dans les Annexes II de la CITES.

La crise politique malgache a beaucoup affecté le capital naturel biologique de Madagascar. La ruée vers les bois précieux a touché même l’intérieure de certaines aires protégées, à l’exemple du site de la forêt humide de l’Atsinanana qui fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Une évaluation conduite par l’UNESCO dénonce une déforestation annuelle de 0.71 % et une dégradation du domaine vitale des espèces de faune.

Les bois précieux, fortement menacés

Madagascar possède une richesse spécifique considérable avec quelques 14 000 espèces de plantes dont cinq familles endémiques. Les genres Dalbergia et Diospyros regroupent les espèces de bois précieux comprenant les palis- sandres, les bois de rose et les bois d’ébène. Si d’autres espèces se rencontrent au Kenya et en Tanzanie, Dalbergia et Diospyros avec respectivement 47 et 214 espèces sont pour la quasi totalité endémiques à la Grande Ile. La plupart de ces espèces poussent dans la partie orientale de l’Ile.

ces espèces poussent dans la partie orientale de l’Ile. Bois précieux Bois précieux de Madagascar de

Bois précieux

Bois précieux

partie orientale de l’Ile. Bois précieux Bois précieux de Madagascar de Madagascar A Madagascar, ces bois
partie orientale de l’Ile. Bois précieux Bois précieux de Madagascar de Madagascar A Madagascar, ces bois
partie orientale de l’Ile. Bois précieux Bois précieux de Madagascar de Madagascar A Madagascar, ces bois

de Madagascar

de Madagascar

A Madagascar, ces bois sont surtout utilisés pour la sculpture et pour l’ameublement. Ces cinq dernières années, une importante exportation illicite de milliers de conteneurs de ces bois a été enregistrée. Les principaux destinataires de ces cargaisons sont surtout les pays asiatiques.

Des mesures furent prises mais restent insuffisantes

Face à cette problématique, le gouvernement de Madagascar annonce en 2011 l’idée d’inclure des espèces de Dalbergia et de Diospyros en Annexe III de la CITES. A cette condition, l’exportation nécessite un permis, mais la quan- tité de produits exportés reste non réglementée.

Pour que tous les pays et parties contractantes de la convention respectent un quota annuel et pour une gestion internationale de chacune de ces espèces, le gouvernement de Madagascar appuie ainsi l’insertion de toutes les espèces de ces bois précieux dans les Annexes II de la CITES lors de la réunion à Bangkok.

L’appuie des institutions non gouvernementales œuvrant pour la conservation de la biodiver- sité est d’une importance particulière dans ce cas, surtout pour le lobbying. CI, à travers ses réseaux dans le monde, ne cessera de déployer ses efforts et soutenir la protection de ces espèces.

EN SAVOIR PLUS

CDB : Convention sur la Diversité Biologique

Les ressources biologiques de la Terre sont indispensables pour le développement économique et social de l’humanité. Pour- tant, les menaces qui pèsent aujourd’hui sur les espèces et les écosystèmes n’ont jamais été aussi grandes.

C’est pour ces raisons que le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) a organisé une réunion du Groupe de travail spécial constitués d’ex- perts sur la diversité biologique en 1988, en vue de réfléchir à une convention internationale sur la diversité biologique. La Conven- tion sur la Diversité Biologique (CDB) a été ouverte à la signature en 1992, lors du sommet de la Terre à Rio. Aujourd’hui, 193 pays l’ont ratifié, dont Madagascar en août 1995. La CDB fournit un cadre légal global pour les actions sur la biodiversité. Elle a trois objec- tifs clairs : la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses composantes et enfin le partage juste et équitable

des avantages découlant de l’uti- lisation des ressources génétiques. Il y a deux protocoles dans le cadre de la convention : le protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques et le protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages. La dixième Conférence des parties de la CDB qui s’est tenue à Nagoya (Japon) en octobre 2010 a adopté un Plan stratégique révisé et actualisé pour la diversité biologique, incluant les objectifs d’Aichi pour la biodi- versité pour la période 2011-2020. Ce nouveau plan représente le cadre général sur la biodiversité, non seulement pour les conven- tions relatives à la biodiversité, mais aussi pour l’ensemble des conventions du système des Nations Unies.

A LA LOUPE : Ranon’Ala : un nouveau guide sur la communication communautaire

Dans le cadre du changement d’orientation du projet RANOn’ ALA et afin d’optimiser les résul- tats du projet, CI a conçu un do- cument de « stratégie et de plan de communication pour le changement de comportement ». Un document qui mise sur l’amélioration de la qualité et de la quantité des res- sources en eau, sur les forages et adduction d’eau potable gravitaire. Un guide en malgache « Toro- lalana ho an’ny mpanentana sy mpitarika fikambanana » accom- pagne ce document stratégique. D’une dizaine de pages, ce livret,

simple et très pratique, présente (i) les bases de la communica- tion, (ii) les techniques de tenue

de réunion, et (iii) les techniques d’animation. Il est destiné à tous ceux qui pratiquent ces activités, surtout au niveau com- munautaire.

Ces deux pro- duits du Projet Ranon’Ala sont importants pour faire changer les

du Projet Ranon’Ala sont importants pour faire changer les Si vous connaissez… Le nom de cette
Si vous connaissez… Le nom de cette espèce (vernaculaire ou scientifique), vous recevrez une montre
Si vous connaissez…
Le nom de cette espèce (vernaculaire ou scientifique), vous recevrez une montre
bracelet Casio. Envoyez vos réponses à hraoeliarivelo@conservation.org avant
le 14 juin 2013 avec comme objet : « réponse au jeu Songadina numéro 16 ».
Et félicitons Hans Rajaonera qui a gagné une montre Casio après tirage
au sort. La bonne réponse étant le Adansonia Suarezensis ou Bozy en
langue malgache.

comportements des communautés locales, vers une bonne gestion et une pérennisation des ressources en eau et des infrastructures en eau potables mises en place par le projet. Le projet dont l’objectif global tendra vers « la santé » et à long terme, vers la diminution des pressions sur les ressources naturelles, autour des 4 aires protégées (Aire Protégée Mananara Nord, Aire Protégée Pointe à Larrée Manompana, Réserve Spéciale Ambatovaky, Réserve Marotandrano).

Agenda

07 avril 2013

Journée Mondiale de la Santé

22 avril 2013

Journée Mondiale de la Terre

11 mai 2013

Journée Mondiale des oiseaux migrateurs

22 mai 2013

Journée Mondiale de la Biodiversité

05 juin 2013

Journée Mondiale de l’Environnement

08 juin 2013

Journée Mondiale de l’Océan

N° 16 - JANVIER-MARS 2013 BULLETIN TRIMESTRIEL Rédactrice en chef Hajasoa Raoeliarivelo Comité de rédaction

N° 16 - JANVIER-MARS 2013

BULLETIN TRIMESTRIEL
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TRIMESTRIEL
N° 16 - JANVIER-MARS 2013 BULLETIN TRIMESTRIEL Rédactrice en chef Hajasoa Raoeliarivelo Comité de rédaction Léon

Rédactrice en chef Hajasoa Raoeliarivelo

Comité de rédaction Léon Rajaobelina Sahondra Rajoelina Michèle Andrianarisata Haingo Nirina Rajaofara Bruno Rajaspera Luciano Andriamaro

Photographes Johnson Rakotoniaina Russ Mittermeier Hajasoa Raoeliarivelo Nivo Rakotoarivelo Harison Randrianasolo Hary Rameson Mahatamana Zafimanahaka Solofo Ralaimihoatra Maxim Seth (MNHN) CA Gauthier (MNHN) Njaka Andriantefiarinesy Alain Andriamamonjisoa Andriambolantsoa Rasolohery

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