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LES TROIS N ET LA MAISON BRÛLÉE par Roberte ARMAND
SI Nicolas, dit « Nick », avait été plus attentif, rien ne serait arrivé. Mais cet aprèsmidi-là, Nick préférait écouter la sirène des pompiers, plut t !ue les e"plications de son professeur#... $n %i%antes!ue incendie a rava%é un !uartier de la vieille ville. &près la classe, Nick et son cousin No'l accourent sur les lieu", et voilà !u(un )lessé leur fait si%ne d(approc*er et c*ar%e les %ar+ons d(une étran%e mission. &vec l(aide de Nat*alie, la s,ur de Nick, les %ar+ons vont se trouver entra-nés dans une étonnante aventure. Mais Nat*alie, Nick et No'l . les trois N . ont plus d(un tour dans leur sac, et ils surprendront plus d(une fois leurs m/stérieu" adversaires.

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ROBERTE ARMAND

LES

ET LA MAISON BRULEE
ILLUSTRATIONS DE HENRIETTE MUNIERE

HACHETTE

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Série les
I. II. III. I9. 9. 9I. 9II. 9III. I=. =. =I. =II. =III. =I9. 2es 1N et les voleurs d3ima%es 1451 67 2es 1N et la maison )rulée 1450 68 2es 1N et l3étran%e voisin1450 64 2es 1N et les :umelles 1450 11 2es 1N et le c*ien :aune 1451 61 2es 1N et le )outon d3ar%ent 1451 16 2es 1N et la p;c*e miraculeuse 1458 6< 2es 1N et l3épouvantail 145< 61 2es 1N tendent un piè%e 145< 6> 2es 1N et le puits *anté 1457 68 2es 1N sont sur la voie 1455 6> 2es 1N et les trois c/%nes 145> 67 2es 1N et le serpent p/t*on 1454 61 2es 1N et les c*ats )irmans 1454 16

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TABLE I. II. III. I9. 9. 9I. 9II. 9III. I=. =. =I. =II. =III. =I9. =9. =9I. =9II. 2(incendie 2(affaire du placard $ne poursuite dans les décom)res 2(enfant sans nom ?@ l(on c*erc*e Aran+ois 2(inconnu du petit )ois $ne dou)le révélation Sur la piste du prisonnier évadé 2(évasion 2es tri)ulations d(une ampoule 2(inspecteur Benaud est au )out du fil 2e repaire des voleurs $ne terrifiante é!uipée Nick passe un mauvais !uart d(*eure 2es deu" N c*erc*ent le troisième Ceu" et un trois Dendarmes et voleurs 7 1< 0> 15 84 70 56 >6 48 16< 115 111 181 1<1 171 156 1>1

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CHAPITRE PREMIER L'incendie MB 2EAB&NF?IS interrompit )rus!uement sa démonstration et foudro/a du re%ard un élève placé au dernier ran%. «Benaud, veuilleG répéter ce !ue :e viens de dire# » Nicolas Benaud, dit Nick, sursauta, ouvrit la )ouc*e... et resta muet.

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« H(est )ien ce !ue :e pensais# s(indi%na le professeur. Iou:ours le neG en l(air, n(est-ce pasJ E* )ien, tKc*eG d(écouter désormais# Luant au t*éorème !ue :e viens de démontrer, vous le copiereG di" foisM +a vous l(apprendra# . Nien, monsieur », fit Nick en se rasse/ant l(air confus, sous le re%ard amusé de ses camarades. &près cet incident, Nick fit des efforts sincères pour suivre le cours. Mal*eureusement, son attention fut pres!ue aussit t détournée par la sirène des pompiers !ui passaient dans la rue du l/cée, a %rande vitesse, fon+ant en direction du centre de la ville. H(était la !uatrième fois depuis le dé)ut du cours, et Nick frémit sur son siè%e. « Et voilà, pensa-t-il, un incendie énorme !uel!ue part, des tas de %ens re%ardent, aident peut-;tre les pompiers, tandis !ue moi :e dois rester dans cette salle, sans m;me savoir ce !ui se Mise#... » Il eut la c*ance !u(à cet instant la cloc*e sonne, annon+ant la délivranceM &/ant attendu ce !ue la stricte politesse e"i%eait,

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il se précipita dans le couloir et courut vers la classe d(o@ sortait posément son cousin No'l. Nlond, mince et tran!uille, ce %ar+on de douGe ans offrait un parfait contraste avec-Nick, onGe ans, )run et tur)ulent. «Iu as entenduJ » demanda Nick, le souffle court. No'l sourit O «Pe suis distrait, mais pas sourd, et si tu veu" parler des pompiers, oui, :e les ai entendus. Il doit s(a%ir d(un terri)le incendie. » Nick le tira par la manc*e O « Cép;c*e-toi# ?n va faire un détour en rentrant c*eG nous pour aller voir +a. » No'l fit la moue. « Iu / tiens vraimentJ . Monsieur fait le dé%oQté# s(e"clama Nick. Monsieur ne dai%ne pas se déran%er pour un incendieJ Fa ne l(intéresse pasJ He !ue tu peu" ;tre énervant# Cécide-toi O c(est oui ou c(est nonJ . P(aimerais mieu" rentrer tout de suite, dit No'l, :(ai promis à ta mère d(aider Nat*alie à faire ses devoirs, alors...

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. Iu as un an ou un siècle de plus !ue moiJ e"plosa Nick. &rr;te de :ouer les petits vieu" et suis-moi# ?n n(en a pas pour des *eures# » Cepuis !ue ses parents s(étaient tués en voiture deu" ans auparavant, No'l vivait c*eG les Benaud, !ui considéraient ce neveu comme leur fils. Irès *eureu" c*eG eu", No'l avait à c,ur de ne pas les contrarier, mais, en l(occurrence, il n(eut pas le coura%e de résister davanta%e à son )ouillant cousin. « H(est )on, allons-/# décida-t-il. Mais vite alors# » &u pas de course, les %ar+ons %a%nèrent les vieu" !uartiers pittores!ues de Nrunières. &u fur et à mesure !u(ils s(en approc*aient, ils constataient !ue l(a%itation / était plus %rande !ue d(*a)itude. &rr;tés sur les trottoirs, les %ens discutaient avec force %estes à l(appui. $ne conversation entre deu" ména%ères, s(interpellant d(une fen;tre à l(autre, rensei%na les deu" écoliers. « &*# ils peuvent ;tre contents, ceu" !ui prétendent !u(il faut %arder ces vieu"

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taudis cour plaire au" touristes# Il est :oli, maintenant, le fau)our% des Hlercs O un c*amp de ruines# . Rour un peu, on / passait aussi# enc*érit la voisine. Hes vieilles maisons serrées ont flam)é comme des allumettes# » No'l et Nick attei%nirent )ient t le vieu" fau)our% dont ils venaient d(entendre parler. &rrivés sur une petite place au sol pavé, ils s(arr;tèrent, saisis O sur tout un c té, les immeu)les n(étaient plus !u(amas noirKtres et fumants. $n peu plus loin, !uel!ues maisons restaient de)outM mais derrière les fa+ades, au" fen;tres )éantes, on apercevait des lam)eau" de papiers peints arrac*és, :aunis par les flammes, des meu)les éventrés et calcinés. 2e ciel %ris de cet après-midi de fin novem)re rendait ces ruines encore plus tra%i!ues. « Luand :e pense !ue des %ens vivaient là il / a seulement !uel!ues *eures, lit No'l le c,ur serréM et maintenant... . P(avoue !ue ce n(est -pas un spectacle )ien %ai, murmura Nick dont la:

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curiosité était tom)ée. ?n rentreJ» Mais No'l le retint O « &ttends un peu O il / a une am)ulance, là)as. &llons voir. » Luel!ues personnes se pressaient, en effet, autour d(une am)ulance dont la porte arrière %rande ouverte laissait voir !u(elle était encore vide. 2es %ar+ons s approc*èrent et pr;tèrent l(oreille au" conversations. « 2e vieu" *a)itait l(une de ces )ico!ues, dit !uel!u(un. 2es pompiers avaient fait sortir, mais voilà !u(il leur éc*appe et se rue vers sa maison !ui )rQlait encore... . Rauvre *omme# il avait peut-;tre laissé !uel!ue c*ose de précieu"# . Rrécieu", précieu", vous connaisseG !uel!ue c*ose !ui ait plus de pri" !ue la vie, vousJ Rarce !ue :(aime autant vous dire !u(il n(est pas allé loin, le mal*eureu"# Il n(avait pas fait trois pas !u(une poutre enflammée lui est tom)ée sur la t;te et... . IeneG, re%ardeG# on l(amène sur une

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civière# » coupa un %amin !ui se précipita pour mieu" voir. 2es )adauds suivirent O No'l et Nick firent de m;me. Ceu" )rancardiers sortaient d(une maison à demi effondrée, transportant leur triste fardeau. ?n devinait sur la civière une forme étendue, pres!ue entièrement dissimulée car une couverture. 2es infirmiers sortaient du couloir avec précaution, afin de ne pas *eurter le )lessé, lors!u(un vacarme soudain éclata O e"aspérés par l(am)ulance mal ran%ée !ui )ouc*ait la rue, des automo)ilistes avaient entamé un concert d(avertisseurs. Luel!ues propos ai%res-dou" furent lancés, au"!uels les )rancardiers répondirent vertement. &ussit t, les curieu" se portèrent vers ce nouveau spectacle, cependant !ue les infirmiers déposaient la civière à terre dans le couloir, afin d(aller au plus vite dé%a%er la voie. Seuls No'l et Nick n(avaient pas )ou%é et, fascinés, s(étaient m;me rapproc*és du )lessé dont ils distin%uaient à présent le visa%e noirci émer%eant de la couverture.

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Ils le cro/aient inanimé mais, les sentant si près, l(*omme, au pri" d(un effort immense, réussit à tourner la t;te vers eu". Ses /eu" se posèrent alors sur No'l, à !ui il fit si%ne d(approc*er. Etonné, celui-ci s(e"écuta, aussit t imité par Nick. « Rlus près, fit le )lessé d(une voi" fai)le. Renc*eG-vous vers moi... vite # . 9ous désireG !uel!ue c*oseJ demanda No'l de plus en plus surpris. . 9ous paraisseG... un %ar+on sérieu", parvint à murmurer l(*omme. Pe... :e vous confie... ceci. » 9o/ant sa main s(a%iter sous la couverture, No'l l(aida à la souleverM il s(aper+ut !ue le )lessé tenait une petite clef. « RreneG-la# . Mais, monsieur..., essa/a de protester No'l. . Pe... vous... en... prie», )al)utia le )lessé à )out de souffle. Il ferma les /eu", s(arr;ta un instant de parler, puis reprit O « H(est celle du petit placard... derrière l(armoire... RreneG et faites... !uel!ue... c*ose... pour... Bené... » & )out de forces, le )lessé s(était tu,

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mais continuait de fi"er sur No'l un re%ard suppliant. &vant !ue ne reviennent les deu" )rancardiers, No'l eut :uste le temps de promettre O « Pe ferai ce !ue vous me demandeG, monsieurM vous pouveG ;tre tran!uille. » $n sourire !ui ressem)lait à une %rimace détendit le visa%e noirci de l3inconnu. Iandis !u(on remportait dans l(am)ulance, il parut som)rer dans l3inconscience et ne )ou%ea plus.

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CHAPITRE II L'affaire du placard « EN 9?I2S une *istoire# » s(écria Nick !uel!ues instants plus tard alors !ue l(am)ulance fon+ait vers l(* pital en faisant *urler sa sirène. « $ne dr le d(*istoire, en effet# Beprit son cousin en contemplant la petite clef dans le creu" de sa main. Lu(allons-nous faireJ

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. H*erc*er le fameu" placard, tout )onnement# Iu l(as promis, nonJ . Aacile à dire# P(ai surtout promis pour lui faire plaisir O il paraissait si mal en point# . N(emp;c*e, déclara Nick avec une %ravité in*a)ituelle c*eG lui, !u(une promesse est une promesse. . Pe n(ai pas l(intention de renier ma promesse, dit No'l, mais :e vois maintenant les difficultés de cette entreprise. Iu te rends compte !ue nous ne savons ni le nom ni l(adresse de cet *omme# - Luel!u(un nous rensei%nera )ien. En tout cas nous savons !u(on l(a sorti de cette maison, riposta Nick en montrant un immeu)le encore de)out, mais au" fen;tres )éantes et au toit crevé. . Pe me demande s(il n(est pas dan%ereu" de s(/ ris!uer O !ui nous dit !ue cette maison ne va pas s(effondrer sur nousJ Et, ima%ine !ue les %ens croient !u(on entre là pour voler, nous aurions l(air malin# » Nick eut envie de dire à son cousin !u(il était vraiment trop prudent, mais à

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cet instant il aper+ut un a%ent de police !ui faisait les cent pas devant les maisons incendiées. Mieu" valait attendre. « 9iens, essa/ons une petite en!u;te dans cette cordonnerie », proposa No'l en dési%nant une )outi!ue sur le c té de la place épar%né par l(incendie. $n instant plus tard, les deu" écoliers pénétraient dans un antre minuscule et som)re. Non sans mal, ils distin%uèrent un *omme assis devant un éta)li, occupé à coller une semelle. Rour mettre le cordonnier de )onne *umeur, No'l ac*eta une paire de lacets, dont il avait d(ailleurs %rand )esoin, puis en%a%ea la conversation, tandis !u(il les mettait à ses souliers O « Luel terri)le incendie, n(est-ce pasJ Fa doit ;tre un désastre pour les *a)itants de ces vieilles maisons. . Fa vous pouveG le dire, un désastre# soupira le cordonnier. Mais c(est surtout ce pauvre Naptiste !ui est à plaindre, il m(a l(air )ien mal en point#

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. 9ous le connaissieGJ . ?*# le conna-tre, c(est )eaucoup direM :e le vo/ais passer et de temps à autre il m(apportait ses souliers. Et :ustement avant-*ier il m(a amené ceu" d(un %osse à ressemeler. Pe ne sais d(ailleurs pas !ui était ce %amin !ui vivait avec lui depuis !uel!ues semaines. » 2e cordonnier attrapa une paire de souliers dans un casierM il les retourna et lut le nom inscrit à la craie sur les semelles O « IeneG, re%ardeG O Naptiste 2edou"M c(est )ien lui. Il n(a pas eu le temps de venir les c*erc*er, et maintenant... » Son%eur, le cordonnier n(ac*eva pas sa p*rase. No'l tenta de relancer la conversation O « Mais la!uelle de ces maisons *a)itait-ilJ . Helle-ci, le numéro 0 au troisième éta%e. &*# il ne doit pas rester %rand-c*ose de son lo%ement# 2es pompiers ont eu )eau dire !ue +a ne ris!uait pas de s(écrouler pour le moment, moi :e ne m(/ fierais pas# » No'l pa/a ses lacets et les deu" %ar+ons sortirent de la )outi!ue, ravis de leur

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démarc*e O !ue de précieu" rensei%nements ils venaient d(o)tenir# Ce*ors, la nuit tom)ait et des lumières )rillaient dé:à au" fen;tres, sauf dans l(-lot sinistré, o@ les maisons n(étaient plus !u(une énorme masse som)re et désolée. Nick ne put réprimer un frisson, mais proposa )ravement O « ?n / vaJ . Non, pas tout de suite. Bentrons à la maison et :e te soumettrai un plan d(action. . Nien, c*ef# » Iout en marc*ant d(un )on pas vers la rue des Pardins, No'l e"pli!ua son pro:et O « C(ici une *eure, il fera tout à fait nuit. Nous allons rentrer nous dé)arrasser de nos carta)les... . ... et prendre un %oQter, enc*a-na Nick. 2es émotions m(ont creusé. . Ne m(interromps pas. Conc, vers si" *eures, nous revenons ici à )ic/clette, nous nous %lissons dans l(entrée du numéro 0, nous montons au troisième puis!ue les pompiers prétendent !ue l(immeu)le

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ne ris!ue pas de s(écrouler, nous dénic*ons le fameu" placard... . ... et nous ramenons son m/stérieu" contenu, ac*eva Nick. 9oilà un pro%ramme !ui me para-t très accepta)le. » No'l et Nick se livrèrent à tant de suppositions sur ce !ue leur réservait la visite de la maison )rQlée, !ue le lon% tra:et du retour leur sem)la durer le temps d(un éclair. Nat*alie, la petite s,ur de Nick, courut vers eu" O « Cép;c*eG-vous# Maman se demandait o@ vous étieG passés# » Iout en em)rassant Mme Benaud, ils e"pli!uèrent !u(ils étaient allés voir l(incendie !ui avait rava%é les vieu" !uartiers. « Mais oui, on m(en a parlé tout à l(*eure !uand :(attendais Nat*alie à la sortie de l(école. Il para-t !ue les dé%Kts sont considéra)les. » Nat*alie leva vers les %ar+ons un re%ard )leu suppliant O « ?*# raconteG ce !ue vous aveG vu# » $ne face ronde sous une for;t de c*eveu"

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)londs courts et raides lui donnait l(air d(un %ros )é)é mal%ré ses neuf ans. No'l était tou:ours )ien disposé en sa faveur, tandis !ue son frère prenait un malin plaisir à la ta!uiner. « 2aisse-nous %oQter en pai", répondit-il avec impatience. ?n verra plus tard# » No'l adressa un clin d(,il à Nat*alie O « Nous te re:oindrons dans ta c*am)re et te décrirons tout. » Ils avaient convenu entre eu" de ne rien dire à Mme Benaud des événements de l(après-midi pour ne pas l(in!uiéter.

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He soir, lors!ue M. Benaud rentrerait du )ureau, il serait temps de tout raconter. Mais pour Nat*alie, c(était différent O mieu" valait !ue !uel!u(un fQt au courant de l(e"pédition pro:etée. Et il n(/ avait aucun inconvénient à lui parler, car la fillette avait prouvé plus d(une fois !u(elle était capa)le de %arder un secret. Ci" minutes plus tard, Nick et No'l la re:oi%nirent donc dans sa c*am)re pour lui conter leur aventure. « Encore un m/stère à résoudre pour les trois N », s(écria Nat*alie dès !u(ils eurent terminé. 2es trois enfants, dont les prénoms commen+aient tous par la m;me lettre, avaient coutume de se dénommer ainsi. « Bien ne dit !u(il / ait du m/stère làdessous, contesta No'l. H(est une promesse à tenir, voilà tout# » Nat*alie prit un ton ca:oleur O « Si vous retourneG à la maison, vous m(emmeneG, n(est-ce pasJ . Mais non# s(e"clama Nick a%acé par

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ses manières. 2am)ine comme tu es, tu nous em)arrasserais plut t# » Nat*alie fit la moue et aurait sans doute versé une larme si son cousin ne s(était montré très diplomate O « Iu nous aideras )ien plus en restant ici# S(il / a !uel!ue anicroc*e, tu comprends, il vaut mieu" !ue !uel!u(un de la maison sac*e o@ nous sommes# . &lors, si c(est dan%ereu", vous ne deveG pas / aller# . Impossi)le# ?n ne fait :amais en vain appel au" trois N », déclama Nick en donnant à sa voi" toute la no)lesse !u(il put. Cès lors, l(affaire était ré%lée. Luel!ues instants plus tard, sortis discrètement de la villa, les deu" cousins pédalaient en direction des vieu" !uartiers, o@ ils arrivèrent )ient t. &/ant a)andonné leurs )ic/clettes un peu avant, afin de faire une arrivée plus discrète, ils se diri%èrent pres!ue à tKtons vers les maisons incendiées, tant la petite place était mal éclairée, Nick s(était muni d(une lampe de poc*e, mais ne comptait l(utiliser

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!u(une fois dans l(appartement de Naptiste 2edou". Honvaincus après un re%ard circulaire !ue personne n(était en vue, les deu" %ar+ons c*erc*èrent l(entrée de l(immeu)le numéro 0 et reconnurent )ient t le )o/au noir, encom)ré de dé)ris calcinés, d(o@ l(on avait sorti le )lesséM c(était, apparemment, l(ancien couloir de l(immeu)le. Nick et No'l s(/ en%a%èrent, non sans appré*ension, ne sac*ant pas au :uste sur !uoi ils posaient les pieds. Nient t, ils *eurtèrent la )ase d(un escalier en colima+on et allumèrent la lampe de poc*e O les marc*es de pierre leur apparurent, partiellement o)struées par des morceau" de plKtre et de tuiles tom)ées du toit. Luant à la rampe, elle n(e"istait plus, ou du moins n(en su)sistait-il !ue !uel!ues morceau" de fer tordus. He fut un vérita)le e"ploit pour No'l et Nick de monter :us!u(au troisième éta%eM tant t des dé)ris calcinés o)struaient le passa%e, tant t au contraire des marc*es man!uantes faisaient des trous )éants !u(il fallait en:am)er. Sur

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les paliers, les lo%ements sans portes ouvraient sur une o)scurité in!uiétante, pleine de cra!uements. 2es deu" %ar+ons étaient %lacés de terreur, mais restaient muets, n(osant l(avouer ni l(un ni l(autre. Ils furent va%uement soula%és d(atteindre enfin le troisième O le )ut était proc*e. Rar miracle, la porte était restée de)out et, sur la pla!ue de cuivre noircie par les flammes, ils purent déc*iffrer le nom de l(ancien locataire O Naptiste 2edou". « Nous / voici, souffla No'l !ui, sans savoir au :uste pour!uoi, n(osait pas parler à *aute voi". Mais, au fait, on n(a pas de clef# » Nick poussa un peu la porte, !ui ne s(ouvrit pas mais s(a)attit carrément, faisant se lever une odeur acre de )rQlé. Ils e"aminèrent ce !ui avait été le lo%ement de Naptiste 2edou" à la lueur de leur lampe de poc*e O deu" pièces, plus une minuscule cuisine. & présent, le sol était couvert d(une )oue noirKtre faite de cendre, de plKtre, de morceau" de )ri!ue,

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le tout amal%amé par l(eau dont la maison avait été %énéreusement asper%ée par les pompiers. &utour d(eu", il n(/ avait !ue des murs noircis, des meu)les )rQlés O c(était une vision de cauc*emar devant la!uelle les enfants restèrent un moment fi%és. Ruis, se ressaisissant, ils avancèrent en patau%eant :us!u(à la pièce du fond !ui avait dQ ;tre une c*am)re à couc*er. Seul meu)le épar%né par le feu, une %rande armoire ancienne était là, sa%ement appu/ée contre la cloison. Nick siffla O « Tut alors# Hela ne va pas ;tre facile à pousser#... » &u premier essai, le meu)le massif ne )ou%ea pas d(un !uart de centimètre. &lors No'l eut l(idée de dé)la/er le par!uet sous les pieds du )a*ut et, après un nouvel effort, l(énorme masse dai%na se déplacer de !uel!ues centimètres. $n moment plus tard, les enfants étaient en na%e mal%ré le froid !ui ré%nait dans ce taudis ouvert à tous les vents. Mais leur peine n(avait pas été dépensée en vain O dans la paroi ainsi

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démas!uée, apparaissaient les contours d(un petit placard mural, !ue l(armoire dissimulait :us!u(ici. «9ite, la clef# . 2a voici. Rourvu !ue ce soit la )onne# » Mais le )lessé ne les avait pas trompés O la clef entra dans la serrure, tourna sans effort, et le panneau, en s(ouvrant, démas!ua une petite nic*e peu profonde, coupée en deu" par un ra/onna%e *oriGontal. Sur ce dernier se trouvait une )o-te en métal, fermée par un élasti!ue. Bien d(autre dans le minuscule placard. Nick s(était emparé de la )o-te et s(appr;tait à la %lisser sous sa veste lors!ue le faisceau de sa lampe éclaira l(entrée de l(appartement O dans le c*am)ranle à demi détruit par le feu, il vit très nettement s(encadrer le visa%e d(un ;tre *umain...

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CHAPITRE III Une p ur!ui"e dan! le! d#c $%re! du %ar+on fut immédiat O il étei%nit la lampe, et comme No'l, %ui ne s(était rendu compte de rien, protestait, il lui pressa le )ras pour le faire taire et lui c*uc*ota très vite O « &ttention, il / a !uel!u(un# » $n moment, ils restèrent immo)iles dans cette o)scurité mena+ante, ne sac*ant
2E BUA2E=E

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!ue faire. 2(*omme )lo!uait la porte, ils étaient donc prisonniers. 2eurs oreilles )ourdonnaient, leur c,ur co%nait à tout rompre. & tout instant, ils redoutaient de sentir la main de l(inconnu se poser sur eu". Soudain le planc*er cra!ua et, dès lors, ils furent certains !ue l(*omme avan+ait II fallait a%ir vite. Nick se souvint alors !ue la cloison séparant la c*am)re o@ ils se trouvaient de l(appartement voisin était en partie démolie O !u3allait ;tre leur sortie de secours# Il a%rippa la main de No'l et, tant )ien !ue mal, ils reculèrent ensem)le :us!u(au fond de l(appartement, tKc*ant de faire le moins de )ruit possi)le. & tKtons, les deu" %ar+ons retrouvèrent l(ouverture dans la!uelle ils se %lissèrent en un clin d(,il. $n )ref éclair de la lampe de poc*e leur permit d(apercevoir un couloir dans le!uel ils s(en%ouffrèrent, )utant )ient t sur une marc*e d(escalier. Sans doute auraient-ils pu descendre par là, mais mieu" valait mettre entre eu" et l(*omme une distance encore plus sQre. s
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$tilisant les issues prati!uées par l(incendie, tant t montant, tant t descendant les éta%es, Nick et No'l traversèrent ainsi tout un pKté d(immeu)les. Mais leur élan fut )rus!uement freiné, car ils venaient d(arriver au )ord du vide créé par l(effondrement d(un mur entier. «Stop# ordonna No'l. $n pas de plus et nous tom)ions dans la rue... . ... et plus vite !ue par l(escalier, ac*eva Nick.... +a fait frissonner. » No'l lui fit si%ne de se taire un instant et d(écouter. Mais le silence était total, si )ien !ue Nick conclut O « P(ai )ien l(impression !u(on l(a semé# . Pe le crois aussi. Bevenons en arrière et prenons le premier escalier venu. » &près une descente la)orieuse dans les é)oulis, les deu" cousins prirent pied dans un couloir som)re, au )out du!uel se dessinait un rectan%le plus clair. Rrès de l(entrée )éante, Nick avan+a prudemment la t;te O « Rersonne. ?n peut / aller# » 2es deu" fu%itifs se trouvaient maintenant dans une petite rue mal éclairée,

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!ui leur parut totalement inconnue. N(a/ant pas la moindre envie de s(attarder dans ce !uartier désert et sinistre, ils c*oisirent une direction au *asard et se mirent à courir. Ruis, peu à peu, leur allure se ralentit O le dan%er sem)lait passé et leur souffle se faisait court. C(ailleurs, No'l crut reconna-tre les lieu" O « He passa%e voQté ne te dit rienJ . Rossi)le. Iu crois !ue nous sommes dans la )onne directionJ . Pe crois. En prenant à %auc*e, nous nous diri%erons vers le centre. » Ceu" minutes plus tard, ils dé)ouc*èrent en effet sur une rue )ien éclairée, lar%e et au" trottoirs encom)rés de passants. « ?uf# soupira Nick. P(avoue n(avoir :amais vu des visa%es *umains avec autant de plaisir# . Pe pourrais en dire autant », dit No'l dont la %or%e commen+ait à peine à se desserrer. Ils n(eurent aucun mal à retrouver leurs )ic/clettes, !u(ils enfourc*èrent au

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plus vite, pour se diri%er à toute allure vers la rue des Pardins. Il était seulement sept *eures moins le !uart !uand ils arrivèrent à la villa O cette e"pédition, si lon%ue en apparence, n(avait pas duré une *eure# « Rarfait# ?n a encore le temps d(e"aminer le contenu de la )o-te avant le d-ner, proposa Nick. . Ce !uelle )o-te s(a%it-ilJ » demanda M. Benaud arrivé inopinément. D;né, Nick se mit à )afouillerM il *ésitait à narrer l3é!uipée, ne doutant pas !ue M. Benaud la :u%erait fort imprudente. Mais comme il faudrait )ien un :our ou l(autre avouer la vérité, il réfléc*it un court instant, puis se lan+a avec coura%e dans le récit. « E* )ien, :e ne vous fais pas mes compliments# s(e"clama Mme Benaud, venue à la rescousse. H(est de la pure folie !ue d(;tre %rimpés dans cette maison à demi effondrée# » 2es %ar+ons rou%irent et furent asseG contents !ue M. Benaud prenne leur défense O

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« Ils ont l(e"cuse d(avoir voulu tenir leur promesse envers ce pauvre *omme !ui leur avait confié sa clef. . He !ue :(aurais voulu ;tre avec vous# fit Nat*alie en :oi%nant les mains. Fa a dQ ;tre palpitant# » Se %ardant )ien d(avouer !u(ils avaient surtout ressenti une peur mortelle, Nick préféra plaisanter O « Iu n(aurais :amais pu nous suivre, ma pauvre fille# Bonde comme tu es, tu serais restée coincée entre deu" poutres# » Nat*alie resta )ouc*e )ée d(indi%nation et ce fut M. Benaud !ui reprit la parole O « 2(*omme !ui vous %uettait voulait sans aucun doute s(emparer de cette )o-te. Elle doit contenir !uel!ue c*ose de )ien précieu"# Montre, No'l. » H(était une petite )o-te métalli!ue très ordinaire, à demi rouillée, entourée d(un élasti!ue. « &lors, on l(ouvreJ s(impatienta Nick. . $ne minute, s(il te pla-t, demanda M. Benaud. P(aimerais d(a)ord savoir ce !ue Naptiste 2edou" vous a dit.

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. ?*# des c*oses très va%ues, répondit No'l. Il nous a demandé d(aller prendre ce !ue contenait le placard, puis il a murmuré des paroles à peu près incompré*ensi)les. . Rardon, tu e"a%ères# protesta Nick. Il a très nettement prononcé O « 9ous « essaiereG de faire !uel!ue c*ose pour... » &près !uoi, :(ai cru saisir un prénom comme Bo)ert ou Bo%erM :(ai mal entendu. . H(était Bené, intervint No'l. Hela a été son dernier mot O Bené. . Cans ces conditions, dit Mme Benaud, si Naptiste 2edou" vous a vraiment demandé de « faire !uel!ue c*ose pour « ce Bené », il est évident !ue vous deveG conna-tre l(o):et !u(il vous a confié. . Irès :uste, dit M. Benaud. H(est décidé, on l(ouvre. » Césireu" de ne pas perdre une miette du spectacle, les enfants le serraient de si près !ue M. Benaud eut du mal à ter le couvercle. Mais !uand enfin il / parvint, cin! « o*# » stupéfaits et dé+us s(élevèrent à la fois.

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« ?n a ris!ué nos vies pour +a# » fit Nick, t*éKtral. Houc*ée sur un lit de coton, une simple ampoule de verre, emplie d(un li!uide :aunKtre, les nar%uait. «Rour +a#...» répéta No'l en éc*o.

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CHAPITRE I& L'enfan" !an! n $ un moment de silence a*uri, c*acun se mit à e"primer son opinion avec plus ou moins de vé*émence. « He n(est pas possi)le, cet *omme s(est mo!ué de vous# s(e"clama Nat*alie dé+ue. - SQrement pas. Cans l(état o@ il était, on n(a pas envie de plaisanter », assura No'l.
&RBVS

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Nick cac*a son propre désappointement sous une mo!uerie O « &* # a*# ma c*ère petite s,ur s(attendait à voir para-tre un trésor fa)uleu"# . P(avoue, dit Mme Benaud, !ue :e pensais découvrir !uel!ue c*ose de plus intéressant !ue cette ampoule. Lue peut-elle )ien contenirJ . Reut-;tre un e"plosif ou un poisonJ » su%%éra Nat*alie avec une mine effarée. Son père *aussa les épaules O « Rlut t invraisem)la)le. He li!uide :aune para-t )ien inoffensif. . Rourtant, remar!ua No'l, n(ou)lions pas !ue Naptiste 2edou" a voulu retourner dans sa maison en flammes pour aller la c*erc*er. Hette ampoule présente donc forcément un %rand intér;t# . Mais :(/ pense I s(e"clama Mme Benaud. Ne vous serieG-vous pas trompés d(o):etJ . Impossi)le, affirma No'l. 2e placard ne contenait rien d(autre !ue cette )o-te. . Conc, conclut M. Benaud, c(est de

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cette ampoule d(aspect insi%nifiant !ue voulait s(emparer l(*omme !ui vous %uettait. Luelle valeur peut-elle donc avoir à ses /eu"J » Nat*alie, !ui avait le neG pres!ue sur l(ampoule, s(e"clama O « Be%ardeG, il / a un numéro mar!ué sur le verre O c(est le *uit# . Nous voilà )ien avancés# » mau%réa Nick. En*ardie par sa petite découverte, Nat*alie poursuivit sans plus s(occuper des %ro%nements de son frère O « Et :e trouve !ue +a ressem)le, en plus %ros, au" ampoules de vitamines !ue :(ai prises l(*iver dernier. » Nick )ondit O « Rour une fois, tu n(es pas trop );te, tu m(as donné une idée# ?n va aller montrer cette ampoule au docteur Dran%eon#» M. Benaud réfléc*it un court instant O « Pe ne crois pas !ue Dran%eon pourrait vous dire !uoi !ue ce soit au vu de l(ampoule. Rar contre, ce !ue vous pouveG faire,

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c(est la remettre au la)oratoire O l(anal/se de son contenu vous dira e"actement de !uoi il retourne# » Ent*ousiasmes par ce pro:et, No'l et Nick es!uissèrent un petit pas de danse, vite arr;té par Mme Benaud O « Pe vous si%nale !u(il n(est pas !uestion d(aller ce soir au la)oratoire étant donné l(*eure et !ue, d(autre part, vous n(aveG pas fait... . ... vos devoirs, ac*eva No'l. Iu viens, NickJ » $n profond soupir fut la seule réponse de l(interpellé. & peine le réveil eut-il sonné le lendemain matin, !ue Nick émer%ea des couvertures et déclara, l(air très sérieu" O « P(ai encore une idée à propos de cette *istoire d(incendie... » No'l s(étira et répondit en souriant O « Mais, dis donc, c(est épatant, tu fa)ri!ues tes idées en dormant# Si :(étais toi l utiliserais ce mo/en pour faire mes pro)lèmes. 2e soir, tu lis l(énoncé, et le matin... » Nick *aussa les épaules O

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« Iu ferais mieu" d(écouter ce !ue :(ai à te dire. Iu te rappelles !ue le cordonnier a parlé des souliers du %osseJ . Nien sQr# . &lors, ne crois-tu pas !u(il faudrait s(occuper de savoir !ui est ce %osseJ » No'l éclata de rire O . C'est +a, ton idéeJ &*# a*# a*# elle n(est pas %éniale# 2e plus mina)le des détectives / aurait pense sans avoir )esoin de passer une nuit )lanc*e, mon vieu"# Rour résoudre l(éni%me, il faut c*erc*er à conna-tre l(entoura%e de Naptiste 2edou" et voir s(il n(a pas dans sa famille un certain Bené. Pe ne voudrais pas te ve"er, mais tout de m;me, c(est élémentaire# . Non, )on, )ou%onna Nick ve"é. Iou:ours est-il !u(au:ourd(*ui on pourrait peut-;tre rendre visite à 2edou" à l(* pitalJ . ...?ui, à condition !u(il soit en état de nous recevoir et de nous répondre. » Iout en devisant, No'l et Nick avaient fait leur toilette et s(étaient *a)illés. $n peu plus tard, ils descendirent à la cuisine

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prendre leur petit dé:euner. Nat*alie était dé:à atta)lée, les c*eveu" é)ouriffés et les /eu" pleins de sommeil. Iandis !ue Mme Benaud faisait %riller les toasts, Nick s(éclipsa et revint avec le :ournal !ue le facteur avait déposé dans la )o-te au" lettres. Il déplia les feuillets et s(écria )ient t O « II / a un %rand article sur l(incendie, avec p*otos à l(appui# » Renc*é sur son épaule, No'l dési%na du doi%t un entrefilet et lut à *aute voi" O « & la suite de ce désastre, des diGaines de familles sont sans a)ri. Rar contre, on ne déplore !ue très peu de victimes. 2a plus %ravement atteinte est M. Naptiste 2edou", K%é de cin!uante-*uit ans, !ui e"erce le métier de veilleur de nuit. Homme il c*erc*ait imprudemment à rentrer dans son lo%is en flammes, une poutre est tom)ée sur lui. Dravement )rQlé, il a dQ ;tre transporté d(ur%ence à l(* pital Saint-2uc à 2/on. ?n ne désespère cependant pas de le sauver. . 2e pauvre *omme# » commenta Mme Benaud.

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Nat*alie ne dit rien, mais trouva !ue ses tartines avaient moins )on %oQt. « Iu vois, No'l, s(écria Nick. Naptiste est à 2/on, et dans un état %rave O pas !uestion d(aller lui demander des éclaircissements# » Sur le c*emin du l/cée, Nick, !ui avait eu le temps de réfléc*ir, fit de nouvelles propositions O « Pe sors à onGe *eures, ce matin. P(ai envie de retourner sur les lieu" de l(incendie

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et de c*erc*er des rensei%nements sur cet enfant. Pe pourrais, par e"emple, m(adresser au" commer+ants voisinsJ» No'l fron+a les sourcils O « Pe ne pourrai pas aller avec toi, :e ne sors !u(à midi. Mais, tant pis, tu as raison, mieu" vaut faire vite. » Nick a:outa pour le consoler O « Et puis, ce soir, nous irons ensem)le au la)oratoire. He sera le %ros morceau. . Entendu. » Rarmi les )outi!ues du fau)our% des Hlercs !ui n(avaient pas été détruites par le feu, Nick n(eut pas %rand c*oi" O il restait en tout et pour tout une épicerie et une )oulan%erie. ?r, seule la )oulan%ère lui donna un rensei%nement, asseG mince il est vrai O depuis !uel!ues semaines, c(était un %amin de si" ou sept ans !ui venait c*erc*er le pain de Naptiste. Mais elle i%norait a)solument !ui il était et d(o@ il venait. Befusant de se contenter de si peu, Nick retourna c*eG le cordonnier. Cès

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!u(il ouvrit la porte de l(éc*oppe, l(artisan leva la t;te O « Non:our, %aminM !u(est-ce !ui te ramène dans ces para%esJ . Non:our, monsieur. Pe suis revenu parce !ue, *ier, vous nous aveG parlé du petit %ar+on de Naptiste 2edou". & présent !u(il doit ;tre seul, nous voudrions faire !uel!ue c*ose pour lui. ?@ pourrions-nous le rencontrerJ » 2e cordonnier se %ratta la t;te O « Rour +a, mon %ar+on, :e n(en sais ma foi rien. Pe ne saurais m;me pas te dire si ce petit-là était de sa famille. » 2e visa%e de Nick e"primait une telle déception !ue le cordonnier su%%éra O « Rour!uoi ne vas-tu pas demander à la concier%eJ Elle est :ustement là en train d(essa/er de retrouver !uel!ues affaires au milieu des décom)res. » Nick remercia et s(élan+a vers l(ancien immeu)le de Naptiste 2edou", o@ il trouva en effet la concier%e, de)out au milieu de sa lo%e encom)rée de %ravats. « Si c(est pas mal*eureu"# Si c(est pas mal*eureu"# » soupirait la pauvre femme.

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Elle n(avait pas vu Nick !ui, %;né, aurait )ien voulu frapper pour annoncer sa présenceM mais il n(/ avait plus de porte. &ussi se contentat-il d(un sonore « )on:our, madame # » !ui fit sursauter la concier%e. « Est-ce !ue :e peu" vous aiderJ proposa aima)lement Nick. . Iu es )ien %entil, mon %ar+on, mais estce !ue :e sais ce que :e c*erc*e, seulementJ Puste un petit )out de !uel!ue c*ose !ui serait un souvenir. Mais comment veu"-tu, dans tout +a...» Elle n(ac*eva pas sa p*rase et montra, d(un %este découra%é, le sol :onc*é de dé)ris. Nick vit !u(elle avait les larmes au" /eu". « ?n peut tou:ours essa/er », dit-il en s(accroupissant. Et, à pleines mains, il commen+a de dé)la/er un coin. Il avait à peine travaillé cin! minutes, !u(il découvrit un cadre dans le!uel la p*oto était encore intacte. Nick la tendit à la concier%e !ui s(en saisit avec :oie O « &*# tu ne peu" pas savoir le plaisir

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!ue tu me fais, mon %ar+on# H(est ma p*oto de mariée, avec mon pauvre vieu" Marcel en soldat... He !ue :e suis contente# » Nick la re%arda un instant, tout ému, puis revint à la raison de sa présence ici O Naptiste 2edou". Se remettant à fouiller parmi les décom)res, il demanda O « H(est )ien ici !u(*a)itait le )lesséJ . E* oui, le pauvre *omme# Il demeurait au troisième, avec le petit Aran+ois. » Nick se redressa O «&*# il avait un petit %ar+onJ . He n(était pas son fils, mais un %amin de si" ou sept ans !u(il avait pris comme +a, par c*arité, enfin :e ne sais pas trop. Il était )ien mi%non, ma foi. Il allait à l(école et !uand il en est sorti *ier soir, après l(incendie, l(assistante sociale de la mairie est venue le c*erc*er. » Nick s(était )ien %ardé d(interrompre la concier%eM un moment encore elle s(attendrit sur le sort du petit Aran+ois, mais n(a:outa en fait aucun rensei%nement nouveau.

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Curant près d(une *eure, Nick l(aida à fouiller les décom)res, en retirant +a et là un o):et intact. Luand il dut partir, la concier%e l(accompa%na sur le pas de la porte, ou du moins de ce !u(il en restait O « Merci encore de ta complaisance. Fa fait du )ien de rencontrer des %ens comme toi, mon petit#... » Nick enfourc*a son vélo, et se retourna une dernière fois pour lui faire si%ne de la main. Ruis il appu/a ferme sur les pédalesM il avait *Kte de raconter à No'l ce !u(il avait appris.

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CHAPITRE & O' l' n c(erc(e )ran* i! et Nat*alie avaient écouté le récit de Nick avec attention. « Rauvre Aran+ois, soupira Nat*alie !ui n(était *eureuse !u(entourée de sa famille au %rand complet, père, mère, c*at, nounours et )ai%neurs / compris. Si l(assistante sociale doit s(occuper de lui, c(est peut-;tre !u(il n(a pas de parents# ?n
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devrait aller le voir et lui apporter des cadeau", du c*ocolat, des )on)ons... » Nick *aussa les épaules d(un air e"aspéré O « Ma s,ur est un cerveau, une Xintelli%ence lumineuse# Iu la connais, toi, l(adresse de Aran+oisJ . Non, mais il n(/ a !u(à aller la demander à l(assistante sociale. H(est simple. . H(est simple, reprit Nick d(un ton susurrant pour se mo!uer de sa s,ur. Non, vraiment, ce !ue +a peut dire comme );tises, une fille# » 2(,il rond de Nat*alie prouvait asseG !u(elle ne comprenait pas ce !u(on lui reproc*ait et No'l dut e"pli!uer O « 9o/ons, Nat*alie, réfléc*isM l(assistante sociale ne recevra certainement pas des enfants# . He n(est !ue +aJ fit Nat*alie. E* )ien, il n(/ a !u(à demander à maman d(/ aller# » He fut au tour des %ar+ons de s(étonner O ils n(/ avaient pas son%é. « 9raiment, ce !ue +a peut s(em)arrasser

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de rien, un %ar+on# » triomp*a Nat*alie. Mais No'l et Nick ne prirent pas le temps de lui répondre et se précipitèrent à la cuisine o@ Mme Benaud préparait le repas. « Pe trouve %entille votre idée d(aller réconforter le petit Aran+ois. Cès cet après-midi, :e tKc*erai de rencontrer l(assistante sociale, promit Mme Benaud,... si toutefois :e ne suis pas o)li%ée d(aller à l(* pital pour me faire recoudre un doi%t# RousseG-vous, *orri)les petites c*oses, vous m(emp;c*eG de découper ce r ti# » 2e plan de la :ournée était donc tracé O Mme Benaud se c*ar%eant de l(assistante sociale, No'l et Nick n(eurent plus, à la sortie du l/cée, !u(à apporter l(ampoule au la)oratoire. Ils espéraient )eaucoup de cette anal/seM aussi leur déception fut-elle %rande de s(entendre dire !u(il faudrait en attendre deu" :ours le résultat. « Iu te rends compte, )ou%onna Nick sur le c*emin du retour, pendant deu"

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:ours on ne va rien savoir de nouveau. . Rardon, rétor!ua No'l, peut-;tre Aran+ois pourra-t-il nous raconter )eaucoup de c*oses. . Reu*# fit Nick décidément de mauvaise *umeur, c(est un %amin de si" ansM il ne saura rien. Et, en plus, rien ne dit !ue maman aura le rensei%nement. » Cès !u(ils poussèrent la %rille de la maison, Nat*alie se précipita vers eu" O « Maman a réussi 1 Maman a réussi# Il s(appelle Nalmont# Aran+ois Nalmont# Et il a été placé, *ier soir, dans une ferme tout près d(ici. ?n peut aller le voir demain# » Ils entrèrent dans la maison o@ Mme Benaud les attendait. « Est-il orp*elinJ demanda No'l pour !ui cette !uestion ravivait de douloureu" souvenirs. . ?rp*elin de mère, mon c*éri, répondit Mme Benaud en lui é)ouriffant %entiment les c*eveu". Luant à son père, il ne peut momentanément pas s(occuper de luiM et :(avoue !ue cela m(a sem)lé )iGarre, car :(ima%ine mal un père !ui ait

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mieu" à faire !ue s(occuper de son petit %ar+on. Mais :e n(ai pu o)tenir aucun éclaircissement sur cet a)andon O l(assistante sociale a refusé de m(en dire plus. . Maman, tu es le meilleur de nos en!u;teurs# affirma Nick en em)rassant Mme Benaud. . E* )ien, messieurs, vous me vo/eG ravie du compliment. & présent, a/eG l(ama)ilité de %oQter, puis de monter en vitesse faire vos devoirs O ainsi votre :ournée de demain sera entièrement li)re pour rendre visite à Aran+ois.» Non sans avoir poussé un triple et assourdissant « *ourra# », les enfants se ruèrent à la cuisine, o@ ils %oQtèrent de fort )on appétit tout en )avardant. Rour une fois d(accord, ils décidèrent de mettre leurs économies en commun, afin d(ac*eter un cadeau à Aran+ois. Cans le car poussif !ui les menait à H*avannes, les deu" cousins déc*iffraient c*a!ue )orne kilométri!ue, tant ils redoutaient de man!uer leur arr;t. &ussi ne pr;taient-ils aucune attention à Nat*alie

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!ui, après avoir résisté lon%temps, en profita pour céder à l(envie d(ouvrir le pa!uet contenant le cadeau. He camion de laitier était si tentant avec ses petits )idons# 2e )us c*oisit, *élas# ce moment pour stopper en pleine campa%ne. « 2es Irois Aermes# annon+a le c*auffeur. . Mais... mais, )é%a/a No'l, ce n(est pas H*avannes, ici# » 2(endroit était désert, sans une maison à l(*oriGon. « Non, H*avannes est plus loin, mais pour les Irois Aermes, c(est ici !u(il faut descendre. 9ous preneG ce c*emin et vous faites deu" kilomètres, pas plus. » Interlo!ués, les enfants n(osèrent cependant pas insister et !uittèrent leur place. No'l et Nick sautèrent sur le )ord de la route, tandis !ue la mal*eureuse Nat*alie, le pa!uet défait serré sur son estomac, descendait avec précaution pour ne pas perdre les )idons de lait. «&llons, petite, dép;c*e# P(ai un *oraire à tenir, moi# » 2a portière cla!ua sur Nat*alie rou%e

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de confusion et le car repartit en ca*otant, laissant les enfants seuls sur le )ord de la route, va%uement in!uiets à l(idée !ue le c*auffeur s(était peut-;tre trompé. « Ras un panneau n(annonce les Irois Aermes, remar!ua No'l. . Rrenons tout de m;me le c*emin !u(il nous a indi!ué, dit Nick. Marc*er aura au moins l(avanta%e de nous réc*auffer O il fait rudement froid ici# &lleG, dép;c*e-toi, mali%ne# Iu nous

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fais perdre du temps avec tes );tises# » 2es %ar+ons commencèrent à marc*er, tandis !ue Nat*alie, les doi%ts %ourds, refaisait tant )ien !ue mal un *orri)le pa!uet. Elle les re:oi%nit en courant, peu soucieuse de rester seule dans cette campa%ne déserte. $n lon% moment, ils suivirent un c*emin étroit et tortueu" !ui traversa d(a)ord un petit )ois, puis serpenta entre des c*amps la)ourés. Cs désespéraient de :amais revoir une maison !uand, soudain, apparut une %rosse ferme au détour d(un )os!uet. Cans la %rande cour, tout paraissait dormir, mais l(arrivée des trois N déclenc*a une série de )ruits divers, miaulements, meu%lements, a)oiementsM un petit veau sortit m;me une t;te curieuse de l(arrière d(une camionnette arr;tée devant la maison. $ne ro)uste et s/mpat*i!ue fermière, occupée à faire sa lessive dans un %rand )assin de pierre, vint à la rencontre des visiteurs en essu/ant ses )ras sur son %rand ta)lier. « Mme Ceneu", sans douteJ Non:our,

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madameM :e m(appelle No'l Benaud. Nous venons rendre visite à Aran+ois Nalmont, si cela ne vous déran%e pas. . &*# c(est pour lui !ue vous veneGJ Rauvre petit Aran+ois... . Il est maladeJ !uestionna Nat*alie, in!uiète. . Non, pas malade, mais triste, tou:ours si triste... Impossi)le de lui arrac*er m;me un sourire, et il n(a pourtant !ue si" ans O il devrait )ondir et c*anter, à cet K%e-là# . He n(est pas %ai d(;tre orp*elin, fit doucement No'l. . Iu as raison, petit, dit la )rave femme, mais, tu sais, :e ne demanderais !u(à le ca:oler, moi. &u lieu de cela, il se referme comme un escar%ot dès !u(on l(approc*e. Mais entreG donc, il ne fait pas )on rester de*ors. » Elle les fit pénétrer dans une vaste cuisine o@ les accueillit la )onne c*aleur d(un fourneau ronflant. «Pe vais c*erc*er le petit, dit la fermièreM il doit ;tre en train de faire sa sieste. »

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Elle sortit, puis rentra pres!ue aussit t dans la pièce, la mine in!uiète O « II n(est pas dans sa c*am)re# » Elle poussa vivement la porte de la c*am)re voisine o@ deu" *ommes discutaient « Cis donc, Emile, tu n(as pas vu le petit Aran+oisJ . Ras vu depuis le repas », répondit une %rosse voi" d(*omme. Mme Ceneu" lissait son ta)lier d(une main nerveuse O «?@ peut-il )ien ;tre passé, ce sacripantJ Rourvu !u(il ne lui soit rien arrivé... . Nous allons vous aider à le c*erc*er », proposa No'l. 2es enfants fouillèrent l(éta)le, la %ran%e à foin et :us!u(au poulaillerM de son c té, Mme Ceneu" passait en revue les différentes pièces de la maison, ouvrait placards et armoiresM en vain. Ce la cave au %renier, Aran+ois demeurait introuva)le. ?@ pouvait ;tre le petit %ar+on tristeJ « Il a dQ partir dans la campa%ne, et

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il s(est é%aré, murmura la fermière an%oissée. & moins !u(il ne se soit enfui... » 2a rec*erc*e continua de*ors, mais tout en arpentant les c*amps et le petit )ois, les trois cousins se rendaient compte de l(inutilité de leurs efforts O si Aran+ois voulait s(enfuir, il e"istait mille cac*ettes o@ pouvait se dissimuler un enfant de sa taille. C(ailleurs, la fermière avait )eau crier à tous les éc*os le nom de son :eune pensionnaire, rien ne répondait. 2e %roupe des Benaud et de Mme Ceneu" rentra dans la cour au moment-o@ M. Ceneu" raccompa%nait à sa camionnette son visiteur, un )ouc*er venu de la ville. « 9ous aveG retrouvé Aran+oisJ » demanda M. Ceneu". Mme Ceneu" secoua la t;te, n(a/ant m;me plus la force de parler. Mac*inalement, ils re%ardaient la camionnette s(é)ranler !uand, soudain, No'l s(élan+a et fit si%ne au c*auffeur de stopper. Il sauta prestement dans le vé*icule et

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poussa pres!ue aussit t un cri de triomp*e O «Pe l(ai trouvé# Il était à c té du veau... » $n petit %ar+on )lond, très pKle et l(air penaud sortit de la camionnette. Mme Ceneu" se précipita pour le serrer dans ses )ras O « Iu m(as fait peur, ni%aud# Iu t(ennuies donc tant, ici, !ue tu veuilles retourner à la villeJ . Pe... Pe voulais retrouver mon ami Naptiste, *o!ueta Aran+ois dans un san%lot. . Il est à l(* pital, mon petit, tu ne l(aurais m;me pas trouvé, dit la fermière en lui caressant la t;te. Iu le reverras !uand il sera %uéri. &llons, viens, :e vais préparer un )on %oQter pour nous remettre de ces émotions. » $n moment plus tard, Nick, No'l et Nat*alie étaient atta)lés avec Aran+ois devant un succulent %oQter. H*acun mordait de )el appétit dans les tartines de %ros pain de campa%ne, sauf Aran+ois, !ui ne touc*ait à rien. I;te )asse, les /eu" fi"és

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sur le sol, il demeurait immo)ile et silencieu". Nat*alie eut une inspiration su)ite O «Cis, Aran+ois, tu veu" m(emmener voir l(éta)leJ » Aran+ois leva la t;te. $n lé%er sourire passa au fond de ses /eu" tristes et il tendit la main O « Pe veu" )ien. » Bavie de cette amitié spontanée, Nat*alie prit la main de l(enfant et sortit avec lui, non sans avoir adressé à son frère et à son cousin un re%ard élo!uent O elle saurait profiter de l(occasion pour poser à Aran+ois des !uestions pertinentes.

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CHAPITRE &I L'inc nnu du pe"i" % i! repartir à cin! *eures et demie, le dernier car pour Nrunières s(é)ranlant à si" *eures. C(ailleurs, de retour de sa tournée dans les éta)les, Nat*alie n(avait encore rien pu raconter et les deu" %ar+ons avaient *Kte de l(interro%er. Elle avait con!uis Aran+ois, !ui ne cessait de
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lui sourireM et peut-;tre lui avait-il fait des confidences. &/ant remercié leurs * tes et promis à Aran+ois de revenir )ient t, les trois Benaud affrontèrent le c*emin du retour dans le froid et la nuit tom)ante. & peine avaient-ils fait di" pas !u(éclatait la curiosité de Nick O « &lors, Nat*alie, raconte# Lu(est-ce !ue tu as fait avec Aran+oisJ . E* )ien, voilà, répondit Nat*alie placide. Aran+ois m(a d(a)ord montré les lapins, puis les poules... . ... 2es moutons, les coc*ons et les vac*es, coupa Nick e"aspéré. Et alors, tu crois vraiment !ue c(est +a !ui nous intéresseJ » 9e"ée, Nat*alie )aissa la t;te et pin+a les lèvres O « H(est )onM :e ne dirai plus rien, puis!ue tu te mo!ues de moi. . &llons, Nat*alie, fit No'l plus *a)ile, tu sais )ien !ue nous sommes suspendus à tes lèvres. Conc, il t(a montré les animau", et aprèsJ . E* )ien après... :e dois dire !ue :e

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lui ai donné le camion O alors, )ien sQr, il m(a sauté au cou. . He toupet# s(indi%na Nick. Nous aussi on aurait réussi à l(amadouer, comme +a# Iu n(es pas plus forte !ue nous, dans ces conditions# . Si, puis!ue moi :e n(ai pas ou)lié le camion# rétor!ua Nat*alie. Et :e suis surtout plus mali%ne !ue vous parce !ue Aran+ois m(a confié une partie de son secret O son papa est dans un endroit asseG spécial, o@ il est a)solument interdit d(emmener des enfants. Et, mal*eureusement, il est o)li%é d(/ rester asseG lon%temps. . &u lieu de nous faire lan%uir, dis-nous tout de suite o@ il est# s e"clama Nick. . Mais :e ne sais pas# Luand :(ai voulu l(interro%er, Aran+ois est devenu écarlate, comme si... comme s(il avait *onte. » Nick se frappa le front avec ra%e O « Et voilà# Hette fille stupide avait l(occasion d(o)tenir un rensei%nement important et elle le laisse... »

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Il fut interrompu par des appels lancés derrière eu" O « Nat*alie# Nat*alie# Ion éc*arpe# Iu l(as ou)liée# » H(était Aran+ois. Il sem)lait à )out de souffle et Nat*alie courut vers lui pour lui épar%ner les derniers mètres. Elle le remercia, puis, comme il faisait pres!ue nuit, proposa O « 9eu"-tu !ue :e te raccompa%ne un peu, au moins pour traverser le petit )oisJ » $n sourire reconnaissant illumina le visa%e de Aran+ois. En vérité, Nat*alie n(était pas )eaucoup plus rassurée !ue le petit %ar+on dont elle tenait la mainM mais elle n(avait pas voulu s(a)aisser à demander l(aide de No'l et Nick !ui l(avaient re%ardée partir d(un ,il %o%uenard, sac*ant pertinemment !u(elle mourait de peur. 2ors!u(ils eurent franc*i le petit )ois, Nat*alie em)rassa Aran+ois !ui fila comme une flèc*e vers la fermeM sa petite sil*ouette se détac*ait avec netteté sur un fond de ciel encore clair. Bassurée sur son sort, Nat*alie allait

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faire volte-face pour re:oindre No'l et Nick, !uand soudain elle vit un *omme se détac*er de l(om)re des ar)res et aller vers Aran+ois. Elle s(attendait à ce !ue le petit %ar+on s(enfuie, mais, au contraire, il sauta au cou de l(*omme !ui le serra contre lui. Ils restèrent un lon% moment em)rassés, puis ils s(éloi%nèrent ensem)le, la main dans la main. Nat*alie se retourna... et faillit *urler de terreur O il / avait deu" om)res derrière elle# Mais elle reconnut )ien vite No'l et Nick. «9ous aveG vuJ 9ous aveG...J )é%a/a-t-elle. . ?ui, oui, ne te fati%ue pasM on a )ien vu ce !ui s(est passé, depuis le dé)ut O on t(avait suivie pour voir comment tu te comportais dans le noir.» No'l, !ui avait fait !uel!ues pas en avant, les appela doucement O « 9eneG par ici, on les voit encore# » En effet, l(*omme et Aran+ois marc*aient à travers c*amps, évitant avec soin la Gone de lumière pro:etée par la maison. Ils entrèrent )ient t dans une

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vieille remise a)andonnée, dont la porte se referma sur eu". «E* )ien, s(e"clama Nick, c(est plut t )iGarre# . NiGarre... ou trop clairJ demanda No'l. Nous savons !ue Aran+ois n(a au monde !ue son père et Naptiste. ?r, Naptiste est sur un lit d(* pital. Conc, cet *omme, vers !ui Aran+ois s(est précipité avec tant de :oie, est... . ... son père# souffla Nat*alie stupéfaite. Mais, pourtant, Aran+ois m(avait dit !ue son père serait o)li%é de rester lon%temps sans le voirJ . Pustement, mali%ne# fit Nick. N(as-tu pas vu comme ils ont évité la ferme des Ceneu"J H(est clair, cet *omme se cac*e# Mais pour!uoiJ . Si" *eures moins di"# s(e"clama No'l atterré. Nous n(aurons :amais le car# &lleG, filons# » He fut une course folle par le petit c*emin, puis sur la route luisante de pluie !ui descendait vers H*avannes, c*acun des %ar+ons tirant Nat*alie par la main. Aati%ués, essoufflés, ils reprirent

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enfin coura%e en apercevant les lumières de l(a%%lomération... )ien à tort, d(ailleurs, car le dernier )us venait de démarrer I « 2e proc*ain part demain matin », leur dit l(épicière. 2es enfants se re%ardèrent, atterrés O si" kilomètres à pied par ce temps, +(allait ;tre c*armant# Et !ue diraient les parents de la rentrée tardiveJ Ils s(éloi%naient, t;te )asse et tra-nant les pieds, !uand la commer+ante, apito/ée, les rappela O «&ttendeG, +a va peut-;tre s(arran%er# 9oilà mon camion de limonade !ui passe O le livreur ne refusera sQrement pas de vous emmener, c(est son c*emin. » Ils étaient sauvés.

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CHAPITRE &II Une d u%le r#+#la"i n matin, les trois N... arrivèrent à la ta)le du petit dé:euner avec d(asseG pauvres mines, n(a/ant pas asseG dormi. Iard dans la soirée, ils avaient c*uc*oté dans leur c*am)re, essa/ant de résoudre le pro)lème de l(inconnu du petit )ois. Etait-il le père de Aran+oisJ Et, dans ce cas, pour!uoi se cac*ait-ilJ N(était-il
2E 2ENCEM&IN

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pas normal !u(il vienne voir son petit %ar+onJ 2es enfants n(avaient pu trouver de solution, mais ils sentaient !u(il / avait derrière cela !uel!ue c*ose dYétran%e, un secret parta%é entre l(*omme et Aran+ois. &ussi, estimant !ue ce secret, découvert par *asard, ne leur appartenait pas, avaient-ils décidé de ne pas en souffler mot à la maison. Ils )Killaient au-dessus de leur tasse de c*ocolat, l(,il papillotant et l(esprit em)rumé, lors!u(une e"clamation de M. Benaud les réveilla O « Fa alors# 9otre Nalmont a les *onneurs des :ournau"# Enfin, !uand :e dis les *onneurs... Mais écouteG plut t O « $N RBIS?NNIEB S(U9&CE CE 2& M&IS?N C(&BBZI. « $n certain Bené Nalmont, trente-trois ans, détenu à la prison de Nrunières depuis deu" mois, s(est sauvé *ier matin alors !u(un %endarme était venu le prendre pour le conduire c*eG le :u%e d(instruction. H(est en traversant le :ardin pu)lic !ue Nalmont a faussé compa%nie

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au représentant de la loi. 2es rec*erc*es aussit t entreprises pour le retrouver sont demeurées vaines. » 2es enfants s(étaient précipités pour lire pardessus l(épaule de M. Benaud. Cès la lecture ac*evée, No'l s(e"clama O «E* )ien, voilà# nous savons à présent !ui est le fameu" Bené pour !ui Naptiste 2edou" voulait !ue nous fassions !uel!ue c*ose. Il s(a%it de Bené Nalmont, le père de Aran+ois# » [ Nat*alie était devenue toute )lanc*e O « Mais alors... mais alors le père de Aran+ois est un malfaiteur, et il faudrait peut-;tre... » Nick et No'l la foudro/èrent du re%ard et elle n(ac*eva pas sa p*rase. Mme Benaud, !ui n(avait pas pr;té attention à l(e"clamation de Nat*alie, remar!ua O « 9oilà pour!uoi l(assistante sociale a refusé de me rensei%ner au su:et du père de Aran+ois O il était en prison# Rauvre petit enfant, comme il est à plaindre... » Nick méditait depuis un moment en se %rattant la t;te avec perple"ité O

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« Mais !u(es-ce %ué Naptiste 2edou" pouvait )ien vouloir !ue nous fassions pour un prisonnierJ... . Reut-;tre le comprendreG-vous !uand vous aureG le résultat de l(anal/se du contenu de l(ampoule, dit M. Benaud. . \élas I nous ne l(aurons !ue ce soir, soupira Nick. Homme il me tarde d(/ ;tre# » Riaffant d(impatience et vi)rant de curiosité, les trois N arrivèrent à si" *eures pile au" 2a)oratoires Mat*ieu. 2e docteur Mat*ieu les fit entrer aussit t dans son )ureauM sa :ovialité paraissait éteinte et son e"pression %rave et soucieuse intimida les enfants. Il les fit asseoir, les dévisa%eant un moment sans rien dire. « 2e résultat est-il intéressant, monsieurJ demanda Nick, %;né par cet e"amen silencieu". . IntéressantJ Ierrifiant, vous vouleG dire# Hette ampoule, tom)ée dans vos mains :e ne sais comment, représente un %rave dan%er#

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. Elle est e"plosiveJ » demanda Nat*alie, stupéfaite. 2e docteur Mat*ieu ne put réprimer un sourire O « 9ous n(/ ;tes pas. Mais, en un certain sens, c(est )eaucoup plus dan%ereu". Il s(a%it d(une culture micro)ienne d(une e"tr;me virulence O de !uoi donner la fièvre t/p*o]de à toute la ville, si :amais son contenu était :eté à la rivière# » Rétrifiés sur leur siè%e, les enfants ne trouvèrent pas un mot à dire.

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2e docteur Mat*ieu reprit la parole O « Pe dois a:outer !u(il m(est impossi)le de vous restituer cette ampoule. Pe n(en ai prélevé !ue !uel!ues %outtes pour l(anal/se, et il serait imprudent de vous laisser vous promener avec le reste. » 2e premier à reprendre ses esprits fut No'l. Il toussota d(un air %;né, puis se lan+a )ravement dans la conversation, )ien décidé à faire comprendre au docteur Mat*ieu !u(ils n(étaient pas des empoisonneurs. « Nous ne savions a)solument pas ce !ue contenait cette ampoule, monsieur. H(est tout à fait par *asard !ue, le :our de l(incendie du vieu" !uartier, un )lessé nous l(a confiée. 2(ennui est !ue nous voudrions pouvoir la lui remettre le :our o@ il viendra nous la réclamer... » 2e docteur Mat*ieu réfléc*it un instant O « EcouteG, dites à votre père de passer. Nous discuterons ensem)le et verrons ce !ue nous pourrons faire. » No'l, Nick et Nat*alie se retrouvèrent sur le trottoir encore un peu é)erlués par

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cette révélationM mais )ient t les lan%ues se délièrent et ils se mirent à parler tous à la fois. « &*urissant# s(e"clama No'l. Nous prenions Naptiste 2edou" pour un )rave *omme inoffensif et voilà !u(il cac*e dans son armoire de !uoi empoisonner une ville entière# . Et !ue son meilleur ami est en prison# H(est décidément un dr le de )on*omme..., appu/a Nick. . ?*# ce !ue :(ai peur... », fit Nat*alie, frissonnante. Ils firent !uel!ues pas en silence, puis No'l s(arr;ta )rus!uement O « Non, ce n(est pas lo%i!ue, Naptiste 2edou" ne peut pas ;tre un méc*ant *omme. S(il avait eu !uel!ue c*ose à se reproc*er au su:et de l(ampoule, il n(aurait certainement pas pris le ris!ue de la confier à des inconnus O il lui suffisait de la laisser au fond de son armoire o@ personne sans doute ne serait venu la c*erc*er. . . E"act, dit Nick. C(autant plus !ue, s(il nous a confié l(ampoule, il n(a tout

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de m;me pas pu ima%iner !ue nous allions nous en servir pour donner la t/p*o]de à toute la ville# . Conc, reprit No'l, s(il est impossi)le de croire !u(il a voulu !ue nous fassions !uel!ue c*ose de mal... . ... c(est !u(il a voulu !ue nous fassions !uel!ue c*ose de )ien, pour Bené Nalmont, ac*eva Nick. Mais comment savoir !uoiJ . C(une manière très simple, dit No'l O en allant le demander à Nalmont lui-m;me, puis!ue nous savons o@ il se cac*e #... . Luoi... !uoi... !uoiJ... )afouilla Nat*alie affolée, vous vouleG aller voir ce )andit... ce... Mais c(est dan%ereu". Moi, en tout cas, :e n(irai pas# » Mais les %ar+ons ne l(entendaient pas de cette oreille O maintenant !u(elle avait amadoué Aran+ois, Nat*alie devenait un outil indispensa)le pour arriver :us!u(à Nalmont. Ruis!ue le petit %ar+on avait confiance en elle, peut-;tre voudrait-il )ien lui révéler o@ se cac*ait son père. Sans l(aide de Nat*alie, l(opération deviendrait )eaucoup plus difficile. &ussi Nick,

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énervé, commen+a-t-il par secouer vi%oureusement sa s,ur O « Espèce de petite %our... » Mais No'l s(interposa O « 9o/ons, Nat*alie, tu as )ien vu comme Aran+ois aimait son pèreJ He n(est donc certainement pas un *omme cruel. Et, ima%ine !ue ce soit un innocent, !ue nous puissions réellement faire !uel!ue c*ose pour lui, le rendre à Aran+ois, ce serait fout de m;me domma%e de ne pas essa/er, nonJ » Nat*alie au c,ur tendre, !ui ne pouvait supporter l(idée d(;tre séparée de ses parents et pouvait fort )ien ima%iner le c*a%rin de Aran+ois, fron+a les sourcils dans un effort d(intense réfle"ion, puis se laissa apito/er O « Non, :e veu" )ien... mais vous restereG tout le temps à c té de moiJ » Ce retour c*eG eu", Nick, No'l et Nat*alie o)tinrent un certain effet en révélant le contenu de l(ampoule. « Pe suis fort satisfaite !ue le docteur Mat*ieu ne vous ait pas rendu cette ampoule# commenta Mme Benaud. 9ous

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aurieG pu tom)er avec dans la rue et c(aurait été c*armant# . H(est curieu", fit M. Benaud, cette *istoire de micro)es de la t/p*o]de me rappelle !uel!ue c*ose... :(en ai dé:à entendu parler, ou :(ai lu !uel!ue c*ose à ce su:et... » Irois paires d(/eu" se fi"èrent avec attention sur M. Benaud. « Ne me re%ardeG pas comme +a# finit-il par dire en riant. Pe suis incapa)le de vous en dire plus pour l(instant. Reut-;tre cela me reviendra-til par la suite...» Cé+us, les enfants en conclurent !u(ils ne devaient compter !ue sur eu"-m;mes pour en savoir davanta%e. Ils sollicitèrent la permission de retourner dès le lendemain voir Aran+ois, ce !ui leur fut accordé sans difficulté.

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CHAPITRE &III Sur la pi!"e du pri! nnier #+ad# après-midi, No'l, Nick et sa s,ur arrivèrent si t t à l(arr;t du car !u(aucun vé*icule n(était encore làM pendant un !uart d(*eure, ils sautillèrent sur le trottoir, autant de froid !ue d(impatience. 2es %ar+ons, surtout, avaient *Kte de voir le )us arriver, car, sac*ant !ue Nat*alie mourait de peur à l(idée de rencontrer
2E S&MECI

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un prisonnier évadé, ils crai%naient de la voir soudain c*an%er d(avis. Rour éviter !u(elle ne re)roussKt c*emin, ils la tenaient c*acun solidement par une main. « H(est %entil de )ien vous occuper de moi, dit Nat*alieM mais ici vous pouveG me lKc*er, :e n(ai pas encore peur# » 2e car arriva à point nommé pour épar%ner à No'l et à Nick, %;nés, de répondre. Iout au lon% du c*emin, ils se laissèrent )alloter, renon+ant à parler, tant ce vieu" )us crac*otant faisait de )ruit à lui seul. Luand ils descendirent à l(arr;t, c(en était fait O la %rande aventure commen+ait. Mme Ceneu" accueillit aima)lement les visiteurs O « Luelle )onne idée de revenir voir Aran+ois# Cepuis votre première visite, il parle sans cesse de Nat*alie. Il va ;tre *eureu"# » Nat*alie fut asseG satisfaite de l(importance !u(on lui accordait. Ruis, lors!ue le petit %ar+on accourut et lui sauta au cou, il n(/ eut plus aucun or%ueil dans son attitude O tout );tement, elle fut émue de

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la tendresse !ue lui manifestait Aran+ois. Elle se serait volontiers contentée de le cKliner, !uand un coup d(,il furi)ond de son frère lui rappela sa mission. Rrenant la main de Aran+ois, elle s(éloi%na avec luiM puis, )rutalement, elle lui fit face et dit de )ut en )lanc O « Iu sais, Aran+ois, :(aimerais !ue tu me fasses conna-tre ton papa. - Mon papaJ répéta le %amin écarlate et soudain sur ses %ardes. Mais :e ne peu" pas# il m(a défendu... :e veu" dire... » 2(air mal*eureu", se rendant compte !u(il s(était tra*i, il se tut )rus!uement et )aissa la t;te. « Ne crains rien, Aran+ois, tu peu" avoir confiance en nous. 2(autre fois, lors!ue tu m(as rapporté mon éc*arpe, nous avons vu ton papaM et pourtant, nous n(avons rien dit, à personne# &lors, tu vois )ien# » Het ar%ument parut frapper Aran+ois, dont le visa%e se dérida un peu. 2a fillette profita aussit t de cet avanta%e. « Nous venons en amis, dit-elle, et c(est

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Naptiste !ui nous envoie pour aider ton papa. Est-il loin d(iciJ . Non, répondit Aran+ois sans plus se méfier. H(est là-)as. » II dési%nait une sorte de vallon dont le creu" était enva*i par une vé%étation touffue. 9o/ant !u(il *ésitait encore, Nat*alie su%%éra O « Ecoute, :e vais faire si%ne à mon cousin et à mon frère de me re:oindre. En attendant, tu pourrais partir devant et demander à ton papa s(il veut )ien nous rencontrer. S(il dit oui, reviens nous c*erc*er O nous t(attendons ici. » Aran+ois trouva l(idée e"cellenteM il partit en courant, dévala le c*amp en pente et disparut )ient t sous le fouillis vé%étal en contre)as. &lors, Nat*alie revint un peu en arrière et appela No'l et Nick, !ui se ron%eaient les on%les d(impatience. « Mais... mais !u(as-tu fait de Aran+oisJ demanda Nick en )ondissant vers sa s,ur. . Il est d(a)ord allé demander à son papa si nous pouvions venir», répli!ua tran!uillement Nat*alie. 2es deu" %ar+ons ouvrirent des /eu" si

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énormes !ue Nat*alie comprit très vite !u(elle avait fait une );tise. « Rar o@, par o@ est-il partiJ *urla Nick. . Rar là », fit Nat*alie, indi!uant le vallon. Ils s(élancèrent et Nat*alie ne les rattrapa !ue tout en )as du creu", alors !u(ils se dé)attaient dans les )roussailles. « Mais !u(est-ce !ui vous a prisJ demanda Nat*alie. Ruis!ue :e vous ai dit !ue Aran+ois allait revenir nous c*erc*er... »

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No'l leva les /eu" au ciel O « Ecoute, Nat*alie, réfléc*is un peul Iu crois vraiment !u(un prisonnier évadé, donc un *omme !ui se cac*e, sou*aite recevoir des visitesJ Il fallait arriver par surprise, vo/ons l & l(*eure !u(il est, il doit ;tre... » Nick lui fit si%ne de se taire O à travers les taillis, il venait d(apercevoir un moulin a)andonné !ui dressait sa triste carcasse, désormais inutile, au )ord de l(eau. « H(est sQrement son repaire# » c*uc*ota-t-il. & ce moment, l(air tra!ué, un *omme sortit du moulin. Il :eta un )ref coup d(,il alentour et il prenait son élan pour s(enfoncer dans les )ois !uand Nick et No'l :aillirent des )roussailles. « Non:our, monsieur# clama No'l d(une voi" !uel!ue peu em)arrassée par l(émotion. Nous sommes les amis de Aran+ois, envo/és par Naptiste 2edou"# » Nalmont *ésita et, crispés, les enfants crurent un court instant !u(il allait s(élancer pour leur éc*apper. Mais, rési%né, il *aussa les épaules O

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« H(est )on... puis!ue vous ;tes là, entreG# » Il faisait froid dans le vieu" moulin déla)ré ouvert au" courants d(airM No'l, Nick et Nat*alie %relottaient, mais ils ne savaient plus très )ien si c(était à cause de la température %laciale... ou de leur peur. Har enfin, !ue pouvait-on attendre de ce prisonnier évadéJ Ce !uoi était-il capa)leJ Ai%és sur place, ils le dévisa%eaient O %rand et ro)uste, les c*eveu" tondus, le visa%e mal rasé, il était v;tu d(un pantalon et d(un vieu" c*andail percé au" coudes. Il fi"ait sur ses visiteurs un re%ard dur, mais, comme il ne faisait pas un %este vers eu", et !u(après tout, en cas de dan%er, ils auraient pu facilement s(enfuir de ce moulin ouvert au" !uatre vents, les :eunes détectives retrouvèrent lin peu de san%-froid. « &lors, fit Nalmont, d(une voi" rude, !ue me vouleG-vousJ » No'l toussota, puis, s(élan+ant, dévida d(un trait son petit discours O « 9ous aider# Aran+ois a dQ vous raconter

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!ue Naptiste a été %rièvement )rQlé dans le terri)le incendie des vieu" !uartiers. Rar *asard, nous étions présents lors!u(il a été emmené à l(* pital. & notre %rand étonnement, alors !ue nous le cro/ions évanoui sur sa civière, il a trouvé la force de nous demander de faire !uel!ue c*ose pour Bené. . Nrave vieu" Naptiste# dit Nalmont. 2ui, au moins, était sQr de mon innocenceM il me connaissait# . Son dernier %este a été de nous remettre une petite clef, reprit Nick O celle de la cac*ette secrète de sa c*am)re. » Nalmont leva vivement la t;te, plein d(espoirO « Et vous aveG trouvé !uel!ue c*oseJ . $ne ampoule# » fit Nat*alie *eureuse de placer enfin un mot et à !ui cet *omme mal*eureu" devenait de plus en plus s/mpat*i!ue. « $ne ampoule contenant une culture micro)ienne, de t/p*o]de », précisa No'l. Nalmont parut stupéfait. « 9ous ne vo/eG pas ce !ue peut ;tre cette ampouleJ demanda Nick impatient.

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. Ras le moins du monde, avoua Nalmont en secouant la t;te. Pe suis surpris... et dé+u. Surpris parce !ue :e ne comprends pas comment cette ampoule dan%ereuse pouvait ;tre en la possession du )rave *omme inoffensif !u(est Naptiste. Et dé+u, parce !ue :(avais espéré !u(il s(a%issait d une preuve de mon innocence... » Mal%ré lui, il tourna la t;te et adressa un pauvre sourire à Aran+ois !ui ne le !uittait pas des /eu". &lors, d(une manière inattendue, Nat*alie

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la froussarde se détac*a du %roupe protecteur de son cousin et de son frère, et alla se planter, main tendue, devant le prisonnier évadé. « E* )ien, moi, :e le crois, !ue vous ;tes innocent # déclara-t-elle d3un ton convaincu. . Iu es %entille, fillette, dit Bené Nalmont en serrant sa petite patte avec un plaisir évident. Mal*eureusement, cela ne suffit pas... . Si nous savions de !uoi on vous accuse, su%%éra Nick, nous pourrions peut-;tre... . P(ai été arr;té sous l(inculpation de vol d(automo)ile », répondit som)rement le fu%itif. Et, devant le trio attentif, Bené Nalmont conta son *istoire. « P(étais emplo/é au %ara%e du Mont-H*a)re, commen+a-t-il, celui !ui se trouve au croisement de la route de Divron et de celle !ui monte au col du H*;ne. 2e patron, M. Rérivier, est un )rave *omme, mais il a depuis !uel!ue temps des ennuis de santé et ne peut plus s(occuper de son affaire comme autrefoisM il ne %ère plus !ue

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la compta)ilité, avec l(aide d une dact/lo. & part moi, il / avait un autre mécanicien et deu" apprentis. Luant à Naptiste 2edou", il était veilleur de nuit. H(est un )rave *omme solitaire, pour !ui :e me suis tout de suite pris d(affection. Et, lors!ue les ennuis sont venus, il m(a montré !u(il me le rendait )ien. » II / eut un silence c*ar%é d(attente, puis le narrateur reprit d(une voi" sourde O « Pe n(avais pas à me plaindre de mon sort O mon travail me plaisait, :e %a%nais )ien ma vie et celle de Aran+ois. Rour lui consacrer mes soirées, :(avais o)tenu un *oraire spécial, c(est-à-dire !u(entre midi et deu" *eures, tandis !ue les autres allaient dé:euner, :(étais seul %ardien du %ara%eM en revanc*e, :e partais plus t t le soir. $n samedi de fin septem)re, :e re+us la visite d(un très :eune *omme, de vin%t-deu" ans environ. « . Pe suis Bo)ert Mi%eon, déclara-t-il, «et :e viens prendre livraison de la « Iriump* au su:et de la!uelle :(ai télép*oné. »

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« Rersonne ne m(avait averti de la visite de ce client, mais :e pensai !ue c(était un ou)li. Cerrière le %ara%e, sur le terrain va%ue o@ sont e"posées les voitures d(occasion, :(avais en effet remar!ué une Iriump* verte. Iandis %ué :e l(amenais, le :eune *omme m(e"pli!ua !u(il n(avait pas essa/é la voiture. « . Iant pis, :e n(ai pas le temps, dit-« il. &u télép*one, vous m(aveG affirmé « !u(elle était en )on état, :e la prends. » « Pe n(avais, )ien sQr, pas eu la moindre communication télép*oni!ue avec ce %ar+onM il avait sans doute parlé avec mon patron et me prenait pour celui-ci. Pe n(eus pas m;me le temps de le détromper tant il était pressé. Bavi de trouver une voiture en si )on état, il s(assit au volant O «. Si les papiers sont pr;ts, :e l(emmène tout de suiteM :(ai apporté l(ar%ent. » «Effectivement, les papiers étaient pr;ts dans le vide-poc*e et paraissaient en rè%le. 2e certificat de vente portait le nom du :eune *omme O Bo)ert Mi%eon, et

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celui du vendeur O Pean 2educ, industriel. Conc, sans méfiance, :(acceptai l(enveloppe contenant les cin! mille francs !u(il me remit et le laissai partir. . 2es cin! mille francs étaient fau" # crut deviner Nat*alie. . Ras du toutM il s(a%issait d(un )el ar%ent, tré)uc*ant et sonnant. H(est la voiture !ui était fausse, ou, pour mieu" dire, volée# Mais attendeG, nous n(en sommes pas encore là. Conc, :e déposai cet ar%ent dans le tiroir-caisse, pensant le remettre à M. Rérivier dès !u(il descendrait. Mal*eureusement, il fut a)sent la :ournée entière et comme, le samedi, la dact/lo ne travaille pas, :e ne pus en parler à personne du )ureau. Pe !uittai donc mon travail un peu soucieu", me promettant le lundi, à la première *eure, d(avertir M. Rérivier. « Pe n(en eus pas le temps. 2e lundi matin, alors !ue :e m(appr;tais à me rendre au %ara%e, un motard vint me remettre une convocation immédiate au commissariat de police. P(eus la surprise d(/ rencontrer Booert Mi%eon, l(*omme à la Iriump*.

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«. H(est lui, dit-il, c(est lui !ui m(a « vendu cette voiture# » « P(ouvris la )ouc*e pour m(e"pli!uer. « . Inutile de protester# dit le commissaire. Hette voiture a été voléeM les « papiers sont fau", la pla!ue d(immatriculation tru!uée# « . Mais ce n(est pas moi !ui l(ai volée# « criai-:e. P(ai simplement touc*é une « enveloppe !ue : ai ran%ée dans la « caisse# » « 2e commissaire fit un si%ne et M. Rérivier, !ue :e n(avais pas vu, s(approc*a O « . Hela est, *élas# fau", Nalmont. P(ai « compté la caisse samedi soir O il n(/ avait « pas la moindre trace des cin! mille francs... » «P(étais perdu. & l(instant m;me, on m(écroua pour vol. »

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CHAPITRE I, L'#+a!i n pesant s(éta)lit dans la %rande salle triste et froide du vieu" moulin. Mais Nat*alie, pour !ui le récit était un peu em)rouillé, le rompit par ses !uestions O « Rour!uoi n(a-t-on pas arr;té Bo)ert Mi%eonJ . Rarce !u(il n(était vraiment pour
$N SI2ENHE

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rien dans cette *istoire, affirma Bené Nalmont. Ce )onne foi, il a cru ac*eter une voiture en rè%leM ce n(est pas sa faute s(il est tom)e, au %ara%e sur des voleurs. . Homment 1 s(e"clama Nick, vous penseG donc !ue c(est M. Rérivier le voleurJ . &)solument pasM :e suis convaincu !ue la c*ose s(est passée en de*ors de lui. &près avoir lu l(annonce concernant la vente de la voiture dans un :ournal sportif, Bo)ert Mi%eon a télép*oné au %ara%e. & !ui a-t-il eu affaireJ &u voleur, !ui lui a dit de passer au %ara%e entre midi et deu" *eures. He n(était pas );te O Bo)ert Mi%eon me cro/ait, moi, et pas le voleur !ui me sac*ant *onn;te, se doutait !ue :e déposerais l(enveloppe dans la caisse... . ... o@ il n(aurait !ue le mal d(aller la prendre# He !ue +a peut ;tre lKc*e# s(indi%na No'l. . Mais on n(a donc pas interro%é les autres emplo/és du %ara%eJ demanda Nick. Har le voleur doit / travailler, n(est-ce pasJ

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. Hela est plus !ue pro)a)le. Mais, mal%ré l(interro%atoire de tous les emplo/és, personne d(autre !ue moi n(a été mis en cause. . 9ous ne soup+onneG personneJ » Bené Nalmont eut une courte *ésitation, puis réponditO « M;me si :(ai peu de s/mpat*ie pour tel ou tel, il ne m(est pas permis de porter d(accusation sans preuve. . Mais n(est-ce pas pour mener votre en!u;te personnelle et retrouver le coupa)le, !ue vous vous ;tes éc*appéJ demanda No'l. . Pe me suis éc*appé pour revoir Aran+ois... et parce !u(on ne supporte pas d(;tre en prison !uand on est innocent# » Hela avait été dit avec violence. 2es enfants n(osaient plus )ou%er et re%ardaient Nalmont !ui, sourcils froncés, revivait la scène de son évasion... H(était mercredi dernierM un %endarme était venu le c*erc*er dans sa cellule... « &lleG, Nalmont, de)out# ?n t(emmène au palais de :ustice pour un interro%atoire, »

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2e %endarme sortit une paire de menottes de sa poc*e et s(approc*a du prisonnier O « Iends tes poi%nets O c(est la rè%le... » Bené Nalmont frissonna de dé%oQt autant !ue d(*umiliation au moment o@ les menottes se refermèrent avec un « clic » sinistre. 2e %endarme ne prit pas %arde à ce lé%er recul et poussa le prisonnier devant lui O « En route# » Nalmont s(aper+ut alors de sa c*ance O sans doute parce !u(il avait )ou%é, l(une des menottes s(était mal fermée et laissait sa main li)re# & l(instant, il décida de s(enfuir. 2e palais de :ustice était si proc*e de la maison d(arr;t !ue, pour / mener les prisonniers, on n(utilisait m;me pas les four%ons cellulairesM Bené Nalmont savait donc !u(avec ce %endarme )onasse pour toute escorte, il allait lon%er à pied, durant deu" cents mètres, le :ardin pu)lic. 2e plan de fuite s(imposait O c(est là !u(il tKc*erait d(éc*apper au %ardien. Cans la rue !uasiment déserte,

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le %endarme marc*ait à !uel!ues pas derrière son prisonnier. Se retournant à deu" ou trois reprises, Nalmont se rendit compte !u(il ne lui pr;tait pas %rande attention O après tout, il n(escortait pas un dan%ereu" %an%ster, !u(il n(aurait sans doute pas !uitté des /eu". &lors Nalmont n(*ésita plus O dé%a%eant soudain sa main des menottes, il prit appui sur la petite )arrière )asse, sauta la *aie et courut droit devant lui. Saisi de stupeur, le %endarme resta trois secondes fi%é sur le trottoir O !uand il sauta à son tour, le fu%itif avait dé:à plusieurs mètres d(avance... Rar c*ance, il faisait froid et c(était un :our de classeM il n(/ avait personne pour tenter d(arr;ter Nalmont !ui courait sans se retourner. Son c,ur co%nait, ses oreilles )ourdonnaient, et il comprit !u(il n(irait plus très loin. Il fallait !u(il trouve tout de suite une cac*ette... ou !u(il s(avoue vaincu. Seules s(offraient à sa vue la %uérite du %ardien et la ca)ane du :ardinier, aussi impratica)les l(une !ue l(autre. Il fallait

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!uel!ue c*ose de plus sQr, o@ l(on n(aurait pas l(idée de le c*erc*er. Il refusait encore de s(arr;ter, mais à présent sa respiration se faisait douloureuse. Césespérément, il c*erc*ait autour de lui... Et soudain, le sol man!ua Sous ses pieds O sans !u(il puisse rien faire pour se retenir, il roula au fond d(une %rande fosse. Nat*alie avait été tellement prise par le récit !u(elle ne put s(emp;c*er de crier. «Non, fillette, :e n(étais pas perduM :3étais

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au contraire sauvé, reprit Bené Nalmont. H(était une fosse o@ les :ardiniers déversaient les tas de feuilles mortesM elles pourrissaient là, se transformant en terreau. Pe m(enfouis sous les feuilles et ne )ou%eai plus. &u-dessus de ma t;te :(entendis des pas, des coups de sifflet, mais personne ne me découvrit. Pe ne sortis de ma cac*ette !u(à la nuit. . Mais c(était dan%ereu" de sortir du :ardin# remar!ua Nick. En ville, vous aurieG pu rencontrer des a%ents et :(ima%ine

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!u(on avait donné à tous votre si%nalement. . Nien sQrM mais :e mourais de faim et de fati%ue. Il ne me restait pas d(autre solution !ue d(aller sonner c*eG un ami. Il me donna à man%er et, par lui, :(appris la nouvelle adresse de Aran+ois. Rassant à travers c*amps, :e réussis à venir :us!u(ici sans encom)reM vous connaisseG la suite. 2a première nuit, :e l(ai passée dans la vieille remise à c té de la fermeM dès le lendemain, :e me suis installé ici. Pus!u(à !uand cela pourra-t-il durerJ... ac*eva-t-il tristement. . Il faut tenir )on# s(écria Nick. Il faut tenir :us!u(à ce !ue nous découvrions !uel!ue c*ose# . Iu as une idée, petitJ demanda Nalmont avec un pauvre sourire. . Non », avoua Nick désolé. Il se tut un instant, puis reprit d(un ton ra%eurO « 2e coupa)le doit ;tre )ien tran!uille dans son coin, alors !ue vous ici... » Nalmont rit avec amertume O « E* oui, à présent, c*eG moi, c(est +a#

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He vieu" moulin %lacial o@ :e n(ose m;me pas faire de feu, de crainte !u(on n(aper+oive la fumée. Et mon lit n(est !u(un tas de feuilles sèc*es recouvert de vieu" sacs. &lors, dans ces conditions, :e ne sais pas )ien comment :e passerai l(*iver... » Nat*alie, !ui depuis un moment était restée silencieuse dans son coin, finit par poser la !uestion !ui la trou)lait O « Mais comment faites-vous pour man%erJ . H(est Aran+ois !ui me ravitaille. 2e pauvre# il fait ce !u(il peut, se prive m;me de son %oQter pour moi. Mais il doit se méfier, de crainte !u(on ne lui pose des !uestions. » II était évident !ue cet *omme ro)uste souffrait de la faim. 2es Benaud s(en rendirent compte lors!ue Nat*alie lui tendit les )iscuits et le c*ocolat apportés pour Aran+ois O l(avidité avec la!uelle s(en saisit Nalmont était péni)le. 2(*eure du retour arriva. No'l, Nick et Nat*alie donnèrent à Nalmont de vi%oureuses poi%nées de main o@ ils tentèrent de faire passer toute la s/mpat*ie !u(ils

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éprouvaient pour lui. Ruis ils partirent, promettant de revenir et surtout de ne rien révéler à personne. 2e trio c*eminait sans un mot, le c,ur trop lourd pour )avarder. Ce toutes leurs forces, ils auraient voulu aider cet *omme tra!ué, o)li%é de fuir et de se cac*er mal%ré son innocence, certaine à leurs /eu"M et ils trouvaient leur impuissance terri)le. Nrus!uement, No'l s(écria O « Mais nous sommes idiots# 2e vrai coupa)le, nous l(avons vu, nous# . ?@ +aJ fit Nick é)erlué. . Mais c*eG Naptiste 2edou", le :our o@ nous sommes allés c*erc*er l(ampoule# H(est lui !ui nous %uettait# . Ras );te# » accorda Nick. Ent*ousiasmée, Nat*alie s(était mise à sautiller sur place O « 9ous l(aveG vraiment vuJ &lors il suffit de le décrire à Nalmont et... . ?n ne l(a pas vraiment vu, coupa Nick a%acé, poussant sa s,ur pour !u(elle continue de marc*er. ?n était dans l(o)scurité, et nous ne sommes pas des c*ats...

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comme tu pourrais le constater toi-m;me si tu n(étais pas complètement id... » No'l l(interrompit :uste à temps pour éviter la dispute. « Iout de m;me, dit-il, :e crois !ue nous pouvons ;tre certains d(une c*ose O l(ampoule a une importance primordiale. Nous devons continuer de c*erc*er dans ce sens. Mais commentJ cela va ;tre difficile, pres!ue impossi)le... . Bien n(est impossi)le..., commen+a Nick. . ... pour les trois N# » ac*evèrent-ils en c*,ur, éclatant de rire devant ce )el ensem)le. Et ils se mirent à courir, afin de ne pas man!uer le car une fois de plus.

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CHAPITRE , Le! "ri%ula"i n! d'une a$p ule durant, les enfants piétinèrent sans trouver le moindre indice nouveau suscepti)le de faire avancer leur en!u;te. Rar ac!uit de conscience, ils retournèrent r der c*eG Naptiste 2edou", dans l(espoir d(/ rencontrer à nouveau le coupa)le. Mais en vain. En
CE$= P?$BS

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!uarante-*uit *eures, l(affaire de Bené Nalmont n(avait pas avancé d(un pas. Ils se mirent à ta)le ce soir-là sans appétit, mKc*onnant du )out des dents, maussades et silencieu". « Miracle# nos enfants sont muets# se mo!ua M. Benaud. Rour une fois, c(est donc moi !ui parlerai. Ai%ureG-vous !ue Rierre 2avi%ne vient de me raconter une )onne *istoire... si l(on peut dire, car il s(a%it du vol de sa voiture. ?n la lui a prise devant c*eG lui, et elle a été retrouvée le :our m;me à !uel!ues kilomètres de Nrunières. - E* )ien, il a de la c*ance de l(avoir retrouvée# remar!ua Mme Benaud. - Ras autant !ue tu crois, reprit M. Benaud. $ne aile était arrac*ée, une autre ca)ossée et le réservoir complètement à sec# ?n suppose !ue des c*auffards l(ont empruntée pour s(offrir une promenade %ratuite. Cécidément, :eta Nick sans réfléc*ir, on en vole des voitures dans les para%es# &vec celle supposée volée par Bené Nalmont, cela fait... »

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Ceu" coups de pied, décoc*és à sa %auc*e et à sa droite, le firent taire )rus!uement. « Iu m(as l(air )ien rensei%né# remar!ua son père. Il me sem)le !ue le :ournal ne parlait pas de l(accusation !ui pesait sur lui, dans l(article relatant sa fuite. » Nick était écarlate. Il plon%ea sous la ta)le pour dissimuler sa rou%eur... et masser par la m;me occasion ses ti)ias douloureu" O ni sa s,ur ni son cousin n(avaient eu le pied lé%er... « Eu*..., )afouilla-t-il donc, c(est Aran+ois !ui... enfin... . 2e pauvre petit est donc au courantJ » s(étonna Mme Benaud. Ce plus en plus em)arrassés, les enfants s(a)stinrent de répondre. \eureusement, M. Benaud reprit la parole, paraissant Xpoursuivre une idée O « $n vol d(automo)ile... et cette *istoire d(ampoule... c(est curieu", cela me dit !uel!ue c*ose... Mais oui, :(/ suis# Maintenant :e me souviens parfaitement avoir lu dans les :ournau" un fait divers o@

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il était !uestion à la fois de voiture volée et d(ampoule. . Mais comment +aJ cria pres!ue Nick. Luelle était e"actement l(*istoireJ » M. Benaud fit un %este évasif. « ?*# mon oncle, supplia No'l, tKc*e de te souvenir# H(est tellement important pour Be.... pour Aran+ois# » Nat*alie se mit de la partie O « ?ui, mon petit papa, si tu c*erc*es... et si tu trouves, :e serai très très %entille O c*a!ue matin :(irai te c*erc*er le :ournal et c*a!ue soir :e t(ouvrirai et te fermerai le %ara%e !uand tu arriveras# Fa vaut la peine, nonJ - H(est du :oli de faire un pareil marc*anda%e# remar!ua M. Benaud en riant. Mais il est inutile d(insister, mes enfants, :(ai ou)lié les détails de cette affaire. » Rar ta!uinerie, il mar!ua un temps d(arr;t, puis reprit O « Rar contre, rien ne vous emp;c*e de c*erc*er le compte rendu de ce fait divers dans les :ournau" des précédentes semaines.

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. Iu les as %ardés, mamanJ demanda Nick. . Si celui !ui vous intéresse n(a pas ac*evé sa carrière pour tapisser la pou)elle, il fait peut;tre partie du lot !ue :(ai monté au %renier et... » Sans m;me attendre la fin de la p*rase, les trois enfants murmurèrent de très va%ues permissions de se lever de ta)le et %rimpèrent l(escalier à la vitesse de trois courants d(air %lissant sur une plaine sans ar)res. Ils arrivèrent si vite au %renier !ue Nick se co%na la t;te contre une poutre,

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Nat*alie tré)uc*a dans un vieu" filet à papillons, ce !ui permit à No'l d(atteindre le premier le tas de :ournau". Il en fit cra!uer la ficelle d(une main impatiente et décida O « $n pa!uet pour c*acun# Nous irons plus vite. » Aé)rilement, ils commencèrent leur rec*erc*e, à %rand )ruit de feuilles tournées et de marmonnements de lecture à mi-voi". H*a!ue :ournal dé:à parcouru était a)andonné %rand ouvert, car il n(était pas !uestion de perdre une minute pour le replierM il / avait dé:à un )eau désordre autour d eu" !uand Nat*alie s(écria O « Pe l(ail Fa / est# Be%ardeG O « $NE &AA&IBE C(&MR?$2ES# » H(est sQrement +a# » Nick lui arrac*a le :ournal des mains, / :eta un coup d(,il... et le roula en )oule avec ra%e O « Ma pauvre fille, ce ne sera encore pas ton :our d(intelli%ence# Nous faire des émotions pareilles pour un camion transporteur d(ampoules électri!ues !ui se

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renverse sur une route, c(est malin, *einJ » Iandis !ue Nick %ourmandait la pauvre Nat*alie très déconfite, No'l continuait de c*erc*er sans perdre son temps. Il lan+a )ient t un cri de victoire O « E* )ien, moi, :e tiens vraiment le )on numéro# EcouteG# H(est un article paru le 11 novem)re O - UN &OL DE &OITURE .UI RIS.UE D'A&OIR DES CONSÉ.UENCES /RA&ES0 « \ier soir, M. 2ouis Denest, !uarante-si" ans, domicilié à 2/on o@ il e"erce la profession de )actériolo%ue, rentrait d(un con%rès de )actériolo%ie !ui avait-eu lieu à Divron. Il conduisait sa voiture, une CS noire, à toit crème, de modèle récent. Aaisant un détour par Nrunières pour rendre visite à un ami, M. Denest arr;ta sa voiture rue MermoG, à *uit *eures du soir. Mal*eureusement, le conducteur imprudent omit d(enlever sa clef de contact et de fermer les portières. Luand il sortit de c*eG son ami à neuf *eures et !uart, la CS avait disparu. He vol, d(apparence )anale, devient une affaire %rave

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par le fait !u(on avait déposé dans le coffre de la voiture une )o-te d(ampoules contenant des cultures micro)iennes d(une e"tr;me virulence, destinées à l(Institut de )actériolo%ie o@ travaille M. Denest. « He dernier lance un appel au" voleurs, les priant de prendre de %randes précautions avec ces dan%ereuses ampoules. Il leur demande, soit de les restituer en les faisant parvenir au commissariat de police le plus proc*e, soit de les détruire, en évitant !ue les li!uides !u(elles contiennent n(entrent en contact avec des aliments, ou avec de l(eau pota)le. « $n appel analo%ue étant diffusé à la radio, nous espérons vivement !u(il sera entendu par les intéressés. » No'l laissa retom)er le feuillet !u(il tenait et Nick s(écria, stupéfait O « Mais c(est à n(/ plus rien comprendre# Ici on parle d(une CS, tandis !ue Nalmont est accusé d(avoir volé une Iriump*# Il ne s(a%it pas de la m;me affaire# . P3avoue, dit No'l, !ue c(est )ien

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décevant. Naptiste 2edou" a dQ se faire des idées... » Ils s(accordèrent un moment de réfle"ion silencieuse, puis Nick sauta sur ses pieds O «&ttends, attends un moment... Mais, )ien sQr# Iu parles de Naptiste 2edou", e* )ien, réfléc*issons O comment a-t-il pu prendre l(ampouleJ H(est tout simple O parce !ue la CS volée a été amenée au %ara%e du MontH*a)re# Homme la Iriump*# 9oilà le point commun entre

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les deu" affaires # le voleur d(autos doit ;tre le m;me# . Moi, dit Nat*alie, il / a une c*ose !ui m(étonne#... . Luoi, encoreJ demanda Nick a%acé en se retournant )rus!uement vers sa s,ur. . H(est !ue tu puisses ;tre à la fois aussi intelli%ent... et aussi méc*ant# » Aurieu", Nick *aussa les épaules et pin+a les lèvres, tandis !ue No'l ne pouvait retenir un %loussement de rire. « Et, pour prouver !ue :e ne suis pas aussi idiote !ue mon petit frère c*éri veut )ien le dire, :e récapitule. Rrimo, !uel!u3un vole une Iriump* et l(amène au %ara%e du Mont-H*a)re. ?n accuse le père e Aran+ois. Secundo O peu après, !uel!u3un vole une CS. ?n ne peut accuser Bené Nalmont, puis!u(il est en prison. Rourtant, la CS est aussi amenée au %ara%e du Mont-H*a)re. Conc mon petit frère pense !u(il s(a%it du m;me voleur, puis!u(il cac*e les voitures volées au m;me endroit. H(est )ien +aJ ac*eva Nat*alie asseG contente d(elle.

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. Cis donc, No'l, se mo!ua Nick, tu ne trouves pas !ue ce serait )ien, comme titre de fait diversO une simple d(esprit devient %éniale# » No'l n(avait pas m;me entendu. «Mais !u(est-ce !ue tu asJ demanda Nick. Iu en fais une t;te # . ?ui... il m(est venu une idée O !ui nous dit !ue Naptiste 2edou" ne fait pas partie de la )ande des voleursJ » Nick resta )ouc*e )ée. « &près tout, insista No'l, l(ampoule est peut-;tre entre ses mains tout );tement parce !u(il a assisté au vol. ^ Rossi)le, fit Nick dé+u. Il avait pourtant une )rave t;te... . Pe vous trouve affreu"# s(écria Nat*alie en tapant du pied. HommentJ 9ous ;tes en train de suspecter ce pauvre vieil *omme !ui a recueilli Aran+ois... . Lu(est-ce !ue +a prouveJ %ro%na Nick. Il / a )ien des %an%sters )ons pères de famille, nonJ . ...et dont Bené Nalmont affirme !u3 il est *onn;teJ continua Nat*alie de plus en plus furieuse. H(est... c(est *onteu"#

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. 2a voilà !ui se prend pour un avocat# %émit Nick. Iu serais )ien aima)le de ne pas plaider si fort, ma-tre# N(ou)lie pas !ue les parents pourraient s(étonner !ue nous connaissions Nalmont aussi intimement. Mais, pour une fois, :e suis de ton avis O :e ne vois pas pour!uoi Naptiste 2edou", )rave *omme !ui nous demande de faire !uel!ue c*ose pour son ami... . Rarce !u(il aurait eu des remords de l(avoir laissé accuser à sa place# lKc*a No'l tout à trac. Se cro/ant peut-;tre mourant, il a voulu disculper Nalmont. » Hela était possi)le, mais, au fond, aucun des trois ne voulait / croire. &/ant mis de c té le numéro intéressant, ils ran%èrent les :ournau" en continuant de discuter, puis redescendirent après avoir éta)li leur plan O dès le lendemain, ils prendraient contact avec 2ouis Denest, propriétaire de la CS volée.

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CHAPITRE ,I L'in!pec"eur Renaud e!" au % u" eu fil piaffait d(impatience sous le préau du l/cée. Enfin, il aper+ut la sil*ouette nonc*alante de No'l. « &lors, tu te dép;c*es# 2a poste va ;tre fermée et on ne pourra pas télép*oner à M. Denest# . Lue veu"-tu !ue :(/ fasseJ Pe ne
NIH_

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pouvais tout de m;me pas demander au prof de faire mourir 2ouis =I9 di" ans plus t t afin !ue le cours finisse plus vite# . Et pour!uoi pas# répli!ua Nick. Lu(est-ce !ui est le plus importantJ S(occuper d(un vieu" roi mort depuis trois siècles, ou d(un *omme )ien vivant, condamné à tortJ » No'l resta sans voi" et, incapa)le de trouver une réponse :uste à une réfle"ion aussi )iGarre, suivit Nick en silence. &/ant adopté le pas de c*ar%e, ils furent à la poste en !uel!ues minutes. &près s(;tre )attus un moment avec les énormes et incommodes annuaires attac*és par une c*a-nette, ils finirent par trouver celui de 2/on. $n doi%t sur la colonne des D, No'l marmonnait O « 9o/ons, Da... De... Deneviève, Denou"... il n(/ a pas de Denest# » Nick attrapa l3annuaire O « Aais voir# » Mais il ne trouva pas davanta%e le nom c*erc*é, et conclut O « II n(a pas le télép*one. Nous voilà coincés#

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. Ras si vite# Il / a encore un mo/en O M. Denest travaillant à l(Institut de )actériolo%ie, nous pouvons essa/er de l(appeler là-)as. Ras mal trouvé# » fit Nick, !ui accroc*é à l(annuaire pour trouver le premier, scrutai# dé:à la colonne des I. « Rrends un papier O :e te donne le numéro. » Ils allèrent au %uic*et faire leur demande. Ruis, tandis !u(ils attendaient la communication, No'l s(in!uiéta O « Cis donc, tu crois !u(il va nous prendre au sérieu" avec des voi" comme les n tresJ . LuoiJ Lu(est-ce !u(elles ont, nos voi"J demanda Nick très suscepti)le. . Elles ne sont pas encore vraiment des voi" d(*omme, alors il ne faudrait pas !u(il croie à une plaisanterie, !u(il ima%ine !u(on se mo!ue de lui O il refuserait de répondre et pourrait très )ien nous raccroc*er au neG. . E* )ien, essaie de prendre une plus %rosse voi", dit Nick. 9as-/, pour voir# »

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No'l fit une tentative... et Nick ne put s(emp;c*er d(éclater de rire. « &*# a*# a*# tu ressem)les à la %renouille !ui veut se faire plus %rosse !ue le ),uf# ?*# o*# o*# si tu avais vu ta t;te# ?*# là# là# . Mais tais-toi donc# dit No'l a%acé. He n(est pas ma t;te, !ui compte, mais ma voi". Et si tu ris comme +a dans la ca)ine, on pensera... - 2/on, ca)ine 1# » appela la télép*oniste. 2es deu" %ar+ons s(en%ouffrèrent dans la %uérite !ui sentait le vieu" ta)ac refroidi et, tandis !ue Nick refermait soi%neusement la porte, No'l décroc*ait le com)iné d(une main mal assurée. « &ll # » $ne voi" masculine répondit et No'l formula sa re!u;te. « Ne !uitteG pas. Pe vais voir si le professeur Denest est ici », proposa l(auditeur invisi)le. Luel!ues minutes passèrent, puis une autre voi", plus %rave, se fit entendre O

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« &ll J Ici, 2ouis Denest. Lui est à l(appareilJ » No'l toussota et évita de re%arder Nick pour ne pas rire O « No'l Benaud, de Nrunières. » Et très vite, avant !ue son interlocuteur ne lui réponde !ue ce nom de Benaud ne lui disait rien, il a:outa O « Pe vous appelle au su:et de votre voiture volée O :e crois ;tre sur une piste... . Ras possi)le# ?n l(aurait retrouvéeJ . Ras encore, mais... . 9ous ;tes de la policeJ . Non, monsieur. Mais le *asard a voulu !ue :e mette la main sur une des ampoules !ui se trouvaient dans le coffre de votre voiture. . ?*# o*# très intéressant# $ne seule, ditesvousJ . ?ui O elle porte le numéro *uit. . H(est donc le micro)e de la t/p*o]de. Mais alors, les autresJ » No'l alla c*erc*er au fond de sa poitrine sa voi" la plus « *omme » et annon+a O « &vant de m(en occuper, monsieur, :e

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voulais :ustement savoir si on vous les avait renvo/ées. &)solument pas, et cela m(in!uiète )eaucoup# - Hom)ien / avait-il d(ampoulesJ - Ci", ran%ées dans une )o-te avec des casiers. Elles étaient numérotées, de un à di", et contenaient des micro)es différents O tétanos, c*ar)on, etc., vous :u%eG si c(est dan%ereu"# » Bavi !u(on l(ait vraiment pris pour un adulte, No'l continua de :ouer le :eu O « En effet. E* )ien, monsieur, :(espère pouvoir vous donner )ient t des nouvelles plus précises. Pe vous remercie d(avoir )ien voulu me répondre. » Et il raccroc*a très vite, redoutant des !uestions em)arrassantes sur sa vérita)le identité. Nick émit un lon% sifflement admiratif O « H*apeau# Non, très )on, le ton pontifiant# M. Denest va dormir tran!uille, persuadé !ue ses intér;ts sont entre d(e"cellentes mains# »

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Et il éclata de rire. «... s(il vo/ait ta t;te# » No'l était trop content de sa réussite pour se fKc*er O « Et alors, ils ne sont pas en de si mauvaises mains, ses intér;ts# 2a preuve O n(avons-nous pas dé:à découvert )eaucoup de c*osesJ » II réfléc*it un moment, puis a:outa O « Rourtant, :e me demande s(il ne serait pas temps de renoncer à nous occuper seuls de cette *istoire et s(il ne faudrait pas aller raconter à la police ce !ue nous savons... » Nick )ondit O « & la policeJ Mais tu es fou# Et Bené Nalmont, !u(est-ce !ue tu en faisJ He serait une dénonciation, et nous avons promis de nous taire# . C(accord. Mais si, seuls, nous n(arrivons à rien, nous ne lui rendons pas service non plus. Rense !u(avec ce !ue nous amènerons comme rensei%nements, la police parviendrait peut-;tre à faire la preuve de son innocence. . Ecoute, dit Nick, c(est )ien simple,

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allons le voir :eudi O c(est lui !ui décidera. » Ils passèrent prendre Nat*alie à l(école et lui racontèrent ce !ui s(était passé. « Iant mieu" si on va au moulin :eudi# commenta-t-elle. ?n amènera du ravitaillement, des couvertures, :(ai dé:à pensé à des tas de c*oses. » Ils passèrent, en effet, les deu" :ours !ui les séparaient du :eudi à constituer un stock su `lisant pour soutenir un siè%e

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de !uinGe :ours et Mme Benaud, !ui vit successivement dispara-tre si" ,ufs durs, trois camem)erts, une cuisse de poulet et douGe )ananes, commen+a à se poser de sérieuses !uestions sur sa santé O n(était-il pas temps pour elle d(aller consulter un médecinJ Sa mémoire devenait défaillante O elle ne savait plus o@ elle ran%eait les c*oses... 2e :eudi matin, le soleil )rillait et les enfants décidèrent de faire la route à )ic/clette, ce !ui simplifiait )eaucoup le pro)lème du transport des marc*andises. Nat*alie fut d(autant plus soula%ée !u(elle avait réussi, au dernier moment, à su)tiliser son sac de couc*a%e. « &ucune importance# affirma-t-elle avec un )el aplom). Nous aurons délivré Nalmont avant !ue :(en aie )esoin# » Et ils avaient pris la route, aussi c*ar%és !ue des colporteurs en tournée. & présent, ils pédalaient avec ardeur, réc*auffés par l(effort O « Ma parole, Nat*alie, tu es une vraie c*ampionne au:ourd(*ui# Lue t(arrive-t-ilJ

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- ?*# rien, :e suis en forme... » En vérité, elle avait avant de partir déversé la !uasi-totalité de la )urette d(*uile sur sa c*a-ne de vélo, !ui tournait ainsi avec )onne volonté. Nat*alie en était à se demander si elle n(envisa%erait pas un :our une carrière de femme c/cliste, !uand ils arrivèrent à la ferme des Ceneu". « Iiens, voilà les petits de Nrunières# s(écria Mme Ceneu". 9ous tom)eG )ien O vous alleG pouvoir distraire un peu Aran+ois# Il est redevenu comme au dé)ut, aussi morose# » Aran+ois apparut, avec un air mal*eureu" !ui frappa ses nouveau" amis. Nat*alie se précipita pour l(em)rasser. « Rapa est malade », marmonna Aran+ois aussi )as !u(il put. Nat*alie se retourna et fit une moue au" %ar+ons pour les avertir !ue les c*oses se %Ktaient. « 9ous permetteG !u(on emmène Aran+ois se promenerJ demanda No'l à Mme Ceneu". . &lleG, alleG# Rourvu !u(il rentre

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pour %oQter O il a )ien )esoin de prendre du poids# » Ils s(éloi%nèrent avec Aran+ois et lui posèrent aussit t des !uestions O « Lu(est-ce !u(il a, ton papaJ Il tousse... et il reste tou:ours couc*é, comme s(il n(avait plus de forces », dit Aran+ois en )aissant la t;te. Nat*alie vit !u(il pleurait O « Iu sais, à notre épo!ue on %uérit de n(importe !uelle maladie, affirma-t-elle en serrant fort la main de Aran+ois. &lors tu n(as pas )esoin d(avoir peur. » Mais, !uand les trois N arrivèrent au moulin, c(est eu" !ui eurent peur O Bené Nalmont %isait sans )ou%er sur son lit de feuilles mortes. Il leur dit )on:our sans sourire, trop fati%ué m;me pour tenter cet effort. « Pe crois !ue :(ai attrapé la %rippe, dit-il, et...» Nat*alie sortit comme un )oulet de canon et revint avec un petit sac de plasti!ue à la main O elle avait pris dans l(armoire à p*armacie de ses parents un éc*antillon de tout, et soi%neusement

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éti!ueté c*a!ue pa!uet de pilules O « 2a %rippeJ... voilà# +a c(est pour la %rippe# Mais :(ai aussi de !uoi soi%ner les tours de reins, les crises de foie, les entorses, enfin, un peu n(importe !uoi », annon+a-t-elle d(un ton triomp*ant. Son frère et son cousin la re%ardaient, médusés O :amais ils ne l(auraient crue capa)le de tant d(astuce et de prévo/ance# Mais elle a:outa encore un point final à son e"ploit en e"*umant une )outeille I*ermos pleine de café# « 2a voilà mQre pour suivre les armées en campa%ne# » fit Nick mo!ueur. Nat*alie ne se fKc*a pas, car elle sentit !u(il avait dit cela avec %entillesse. 2e café, les comprimés et le sac de couc*a%e, moelleu" et c*aud, produisirent )ient t leur effet. Bené Nalmont se sentit mieu". &lors, les enfants lui firent part de leurs récentes découvertes concernant les ampoules et du coup de télép*one à 2ouis Denest. « Et puis!u(il s(a%it certainement des m;mes voleurs pour la Iriump* et pour la CS, cela doit vous innocenter O les vrais

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voleurs ont continué de voler, alors !ue vous étieG dé:à en prison. Cans ces conditions, nous... nous pensons, finit par dire No'l avec une certaine %;ne, !u(il vaudrait mieu", désormais, laisser a%ir la police... » Bené Nalmont avait pKli et s(était redressé d(un coup O « Ne faites pas +a# Si vous raconteG cette *istoire au" policiers, ils apprendront !ue vous me rendeG visite et me retrouveront. Pe ne veu" pas retourner en prison, entendeG-vousJ » Il avait pres!ue crié ces derniers mots et paraissait soudain si a%ité !ue les :eunes Benaud en eurent pitié. « Mais... nous n(aurions pas parlé de vous, tenta d(e"pli!uer No'l. . 9ous penseG )ien !u(ils seraient asseG *a)iles pour remonter :us!u(à moi# riposta Nalmont. RrometteG-moi de ne rien leur dire... sinon :e serai o)li%é de fuir le moulin. » Son affolement était si évident !ue, pour le calmer, les trois N promirent.

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&u villa%e de H*avannes, trois *eures sonnaient à l(*orlo%e de l(é%lise lors!ue le trio traversa l(a%%lomération. « ?n aurait vraiment pu rester un peu avec Aran+ois, re%retta Nat*alie. Lu(est-ce !ui vous a pris de partir si viteJ Et puis n(alleG pas comme des )olides, :e commence à ;tre fati%uée# - He n(est pas le moment de :ouer les lanternes rou%es# %ronda Nick. ?n a à faire# » Nat*alie s(arran%ea pour rouler un moment à c té de No'l O « .l(espère !ue loi, au moins, tu vas me faire l(*onneur de m(e"pli!uer o@ nous allons# - &u %ara%e du Mont-H*a)re# Ruis!ue Bené Nalmont refuse l(intervention de la police, c(est à nous de terminer l(en!u;te# » Nick se retourna sur sa selle O « Et tu vas tKc*er de ne pas %affer, *einJ Ne t(avise pas de clamer à *aute voi" !ue nous venons parler de voitures volées et d(ampoules# - Pe te rappellerai, mon c*er, !ue le

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plus %affeur des deu" n(est pas celui !u(on pense# se re)iffa Nat*alie. Lui a crié l(autre :our, en feuilletant l(al)um de p*otos O « ?*# !u(elle est laide# Lui est-« ceJ » et !ui s(est entendu répondre O « H(est moi# » par tante Irma !ui était :uste derrièreJ » Nick :u%ea préféra)le de ne pas répondre et appu/a sur ses pédales avec ra%e. Mais No'l adressa un clin d(,il à Nat*alie O elle avait mar!ué un point. $n peu avant la ville, ils o)li!uèrent dans un c*emin de traverse, afin de re:oindre la )anlieue écartée o@ s(élevait le %ara%e du Mont-H*a)re.

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CHAPITRE ,II Le repaire de! + leur! un )Ktiment moderne, asseG isolé, situé au carrefour de deu" routes. Sur une aire cimentée précédant le %ara%e, se dressaient des pompes à essence devant les!uelles attendaient !uel!ues voitures. &u moment de l(arrivée des trois N, deu" :eunes mécaniciens
H(UI&II

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poussaient une automo)ile en panne vers une piste en pente douce !ui menait au sous-sol. Rar contre, le vaste *all !ui a)ritait les voitures était vide. 2es trois Benaud, !ui avaient déposé leurs vélos un peu plus )as, le lon% d(un talus, e"aminaient les lieu" avec circonspection. « &lors, on entreJ » demanda Nick impatient. Son cousin l(arr;ta dans son élan O « &ttends, mettons-nous d(accord avant. 2a première c*ose à faire, n(est-ce pas, est de trouver M. Rérivier et de lui parler sans témoinsJ . Nien sQr. . Et !ui posera les !uestionsJ . Ioi, ma:esté, à cause de ton %rand K%e, dit Nick en s(inclinant respectueusement. . NonM alors, vous, veilleG à ce !ue personne n(écoute la conversation. Et rappeleGvous O le mot d(ordre est « méfiance# » . P(ai l(impression d(entrer dans une ca%e au" fauves# » avoua Nat*alie mi-fi%ue, miraisin.

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He plan de campa%ne dQment éta)li, les deu" %ar+ons et Nat*alie pénétrèrent dans le %ara%e. Iou:ours personne en vue. 2aissant de c té l(atelier d(o@ provenaient des )ruits divers, les enfants se diri%èrent vers la ca)ine vitrée !ui servait de )ureau. $n *omme entre deu" K%es, s/mpa Ini!ue, vint à leur rencontre. « Monsieur RérivierJ H(est moi. 9ous désireGJ Eu*a vous parler, monsieur, au su:et de voire e"-emplo/é, M. 2edou". &l # He pauvre Naptiste# 9ous le connaisseJ $n peu. Et M. Nalmont é%alement...» 2es sourcils touffus du %ara%iste se rapproc*èrent, et il pronon+a pensivementO « He mal*eureu" %ar+on# » &près un silence, M. Rérivier parut se souvenir de ses visiteurs et demanda O « Lue désireG-vous e"actementJ » No'l, %;né, *ésita un instantM puis il se décida O après tout, sauver Bené Nalmont e"cusait )ien un lé%er menson%e#

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« E* )ien, voilà, nous avons eu l(occasion de parler à... » Il se tut, :etant autour de lui un coup d(,il in!uisiteur O « Mais ce !ue :e dois vous dire est très confidentiel, monsieurM :e ne voudrais pas !u(on m(entende. » 2e %ara%iste re%arda No'l, à la fois amusé et étonné. « H(est donc si importantJ Pe vous ferais )ien entrer dans mon )ureau, mais il / a la dact/lo !ui tape à la mac*ine. » No'l se rappela le mot d(ordre de « méfiance# » adopté un instant auparavant O cette dact/lo pouvait ;tre une complice des voleurs. « Pe préfère !ue personne ne nous entende, insista-t-il. . 2e mieu" est alors de rester ici, à l(entrée du %ara%e. Pe vous écoute. . &vant son accident, reprit No'l, nous avons eu l(occasion de parler lon%uement avec Naptiste 2edou" O il disait ;tre certain de l(innocence de Bené Nalmont. Il parlait m;me de preuves... » M. Rérivier écar!uilla les /eu" O

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« Lu(est-ce !ue cette *istoire# Pe n(ai évidemment pas assisté à la vente de la Iriump*, étant a)sent ce :our-là. Mais l(en!u;te a prouvé de fa+on irréfuta)le !ue c(est Nalmont lui-m;me !ui a effectué cette venteM le :eune ac*eteur l(a reconnu. Conc, aucun doute possi)le O il est coupa)le# P(avoue pourtant avoir été stupéfait O :e le tenais pour un *onn;te %ar+on... », conclut-il comme pour lui seul. No'l se trouva à court de !uestionsM il ne savait plus comment, s(/ prendre pour l(aire parler If %ara%iste. & tout *asard, il lan+a O « _l si Nalmont n(était pas seul coupa)leJ » Mais M. Rérivier se fKc*a O « Cites donc, :eune *omme, insinuerieG-vous !ue !uel!u(un d(autre, ici, se livrera il au vol de voituresJ ?@ vouleG-vous en venirJ Cites-le franc*ement, :(ai du Ira va il, moi# » &lors No'l lKc*a la !uestion !u(il avait sur le )out de la lan%ue depuis le dé)ut de l(entretien O « SaurieG-vous !uel!ue c*ose, monsieur,

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à propos d(une ampoule pleine de micro)es !ue Naptiste 2edou" avait prise dans une autoJ » Cepuis un moment, Nat*alie s(ennu/ait ferme O ce !uestionnaire ne lui apprenait rienM d(autre part, il avait été convenu !u(elle n(interviendrait sous aucun préte"te dans la conversation. Se sentant donc parfaitement inutile, et en outre un peu ve"ée, elle préféra :ouer l(indifférence. Iournant carrément le dos au" trois interlocuteurs, elle entreprit une tournée du %ara%e, se %lissant entre les voitures pour s(amuser à en reconna-tre les diverses mar!ues. Elle était derrière une anti!ue H*evrolet *aute sur roues, !uand elle se fi%ea )rus!uement O à travers les vitres, elle venait d(apercevoir !uel!u(un. He nouveau personna%e sortait :uste de l(atelier du fond, et s(approc*ait sans )ruit du %roupe formé par le %ara%iste et les deu" %ar+ons. Peune, )run, et trapu, il était v;tu d(un )leu de travail maculé de %raisse.

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Nat*alie se ré:ouit de sa petite taille, !ui lui permettait de rester invisi)le. Elle se )aissa encore et entreprit de re)rousser c*emin sans )ruit O l(allure furtive du mécanicien l(incitait à la méfiance et elle voulait avertir ses frères. Mais comme clic approc*ait du %roupe, elle entendit nettement s(e"clamer M. Rérivier O « $ne ampoule pleine de micro)es# Lu(est -ce encore !ue cette nouveautéJ Il n(a :amais été !uestion de cela au cours de l3interro%atoire# » 2e Ion était e"cédé et, mal*eureusement, celle réfle"ion faite à voi" *aute n(avait pu man!uer de parvenir :us!u(au" oreilles de l(auditeur invisi)le. Rar contre, la fillette ne per+ut pas la réponse «le No'l au %ara%iste. Mais le mal était l(ail O si l(inconnu était vraiment un ennemi, il avait entendu !uel!ue c*ose d(important. Il fallait donner I alerte. &/ant réussi à se rapproc*er du %roupe, Nat*alie lira son frère par la manc*e. & lient il à ce !ue disait M. Rérivier, Nick allait repousser sa s,ur avec impatience

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lors!u(il se rendit compte de son air )ouleversé. « 9iens », c*uc*ota Nat*alie. Elle l(entra-na à l(a)ri d(une automo)ile et l(o)li%ea à s(accroupir. « Lue se passe-t-ilJ demanda Nick surpris. . $n *omme est sorti de là-)as, murmura Nat*alie en dési%nant l(atelier. Il avait l(air très intéressé par ce !ue vous disieG. Iu crois !u(il a entenduJ » Nat*alie fit oui de la t;te et Nick, très in!uiet, décida aussit t O « Betourne vers No'l et fais-lui comprendre coQte !ue coQte !u(il doit )aisser le ton# Pe vais voir de !uoi il s(a%it# » Iou:ours accroupi, le %ar+on avan+a prudemment vers le fond du %ara%e. Il n(eut d(ailleurs pas à aller loin O des c*uc*otements lui parvinrent alors !u(il attei%nait l(arrière d(une deu"-c*evau". Hontournant la voiture avec d(e"tr;mes précautions, il comprit !ue le dialo%ue avait lieu derrière le capot soulevé de la

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Hitro'n O e"aminant, ou fei%nant d(e"aminer le moteur, deu" *ommes discutaient vivement. Nick aurait donné %ros pour entendre ce !u(ils disaientM mal*eureusement, pas un mot ne lui parvenait. Rar contre, une c*ose sem)lait sQre O pour se dissimuler ainsi, ces %ens-là n(avaient pas la conscience tran!uille. Nick enra%eait de ne rien saisir de leur dispute, !uand soudain il se rendit compte !ue la porte arrière de la voiture était entrouverte. « P(/ vais# décida Nick. $ne fois à l(intérieur, :e pourrai peut-;tre me %lisser à l(avant et entendre enfin ce !u(ils racontent. » H(était, )ien sQr, très ris!ué O à c*a!ue instant, les *ommes pouvaient )aisser le capot et apercevoir Nick. Il ne l(i%norait pas et, à cette idée, se sentit un peu c*aud. Mais ce n(était pas au moment o@ le *asard le mettait sur une piste intéressante !u(il allait reculer# « 9as-/, mon vieu"# » murmura-t-il en son for intérieur. Mais sa main ne put s(emp;c*er de

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trem)ler !uand elle s(avan+a vers la poi%née de la portière, !ui pourtant dai%na s(ouvrir sans le moindre %rincement. Nick se %lissa à l(intérieur avec des %rKces de serpent p/t*on, priant le Hiel d(;tre asseG lé%er pour ne pas faire )ou%er la voiture. $n moment, il resta accroupi au fond, entre les deu" siè%es, pour s(assurer !ue les deu" *ommes ne s(étaient aper+us de rien, puis il referma sans )ruit la portière. Il :u%eait avoir pris asseG de précautions et s(appr;tait à dresser la t;te, !uand le capot se ra)attit )rutalement. &vant !ue Nick ait pu es!uisser un %este, l(un des *ommes ouvrit la portière avant et s(assit au volant.

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CHAPITRE ,III Une "errifian"e #1uip#e sur le tapis, les oreilles )ourdonnantes, Nick sentit l(affolement le %a%ner. H(était fatal, il allait ;tre découvert# Mais, alors !u(il ima%inait ce !ue l(*omme ferait de lui, l(autre portière s(ouvrit et le second individu s(assit dans la voiture. « Non, pensa Nick, :e ne suis au moins
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pas là pour rien O ils vont sans doute parler. » Homme pour lui o)éir, le premier arrivé demanda O « &lors, tu les asJ . ?ui, les voici O :e les avais cac*ées sous un tas de vieu" pneus. » 2a voi" de ce second interlocuteur, !ue Nick n(avait encore pu apercevoir, était :eune. « Homplètement idiot# mau%réa le mécanicien. Luel!u(un aurait pu mettre la main dessus#... . Pe me demande pour!uoi tu dis +a, répli!ua le :eune. Homme si tu ne savais pas !ue c(est dé:à fait et !u(il n(en reste plus !ue neuf# . ?ui, mais la di"ième, c(est 2edou" !ui a dQ la prendre après avoir repéré la CS sur le parkin%. Il l(a emportée pour la faire anal/ser, et, en faisant tom)er les soup+ons sur nous, il innocentait son copain Nalmont. Il avait dQ en parler au" %amins O ce sont eu", :(en :urerais, !ue :(ai entrevus c*eG lui, le soir de l(incendie... Mais rien n(est perdu O nous

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sommes plus malins !u(eu", la CS est loin, et il suffit de faire dispara-tre le restant de la )o-te...» ?u)liant toute peur, Nick aurait volontiers *urlé de :oie. Il tenait les coupa)les, car, à n(en pas douter, les deu" *ommes parlaient des ampoules# Bené Nalmont allait enfin pouvoir vivre li)re# Nick attendit encore !uel!ues secondes pour savoir s(ils n(en diraient pas plus, mais soudain une c*ose terrifiante se produisit O en un !uart de seconde, le moteur s(em)alla et la voiture démarra, emportant le mal*eureu" %ar+on# 2e c*auffeur fon+a vers la sortie du %ara%eM il ordonna à son compa%non O « Naisse-toi pour !ue ton paternel ne te voie pas# » « Hatastrop*e# pensa Nick. Pe dois sauter avant !ue la voiture prenne de la vitesse# » Mais aussit t, il comprit !u(alors rien n(emp;c*erait plus les deu" *ommes de s(enfuir avec la Hitro'n et de faire dispara-tre à :amais les précieuses ampoules. HoQte !ue coQte, il fallait rester.

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« Pe vais essa/er cette voiture# » avait lancé le mécanicien en passant près de son patron. Nick re%retta de n(avoir pas a%ité la main au passa%e O peut-;tre No'l l(aurait-il aper+uJ & présent, il n(avait plus le c*oi". 2a voiture %rimpait une route !ui devait ;tre celle du col du H*;ne. Nick était )el et )ien prisonnier des deu" *ommes. 2es %enou" raides, le dos douloureu", le :eune %ar+on se demandait avec in!uiétude com)ien de temps il pourrait résister dans cette position. Rourtant, mal%ré la crampe !ui commen+ait à lui ron%er la :am)e %auc*e, il n(osait pas )ou%er d(un centimètre, n(a/ant aucune envie d(apprendre ce !ue les deu" malfaiteurs feraient au :uste s(ils découvraient leur passa%er clandestin. Nick fut d(ailleurs )ient t distrait, car la conversation reprit entre eu", sur un ton dépourvu d(ama)ilité. « Nous n(aurions pas eu tant d(ennuis si tu avais détruit ces ampoules immédiatement# %rondait le conducteur.

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. Pe n(osais pas, à cause de cet appel lancé à la radio, répondit son interlocuteur, !ui devait ;tre le fils du %ara%iste, comme Nick l(avait compris. Ima%ine !ue ces micro)es aient provo!ué une %rave épidémie... . Supposition idiote# Il suffisait de les faire dispara-tre dans un endroit o@ personne ne va. ?n les :ette, par e"emple, dans un ravin, et ni vu ni connu#... Ni vu ni connu, c(est vite dit# reprit le fils Rérivier après un silence. C(accord pour celles !ui nous restent, mais la di"ième, celle de Naptiste, ne ris!ue-t-elle pas de conduire :us!u(à nousJ . Nien sQr !ue si# H(est pour!uoi, si :(avais pu la récupérer avant !ue ces %osses ne s(en m;lent...# -Et maintenant, !ue faire de ces %;neursJ !uestionna le fils Rérivier. . Si :(en tenais seulement un, :e t(assure !ue :e lui ferais passer l(envie de :ouer au détective# riposta le mécanicien d(un ton mena+ant. Mais :e ne les crois pas asseG malins pour arriver :us!u(à nous. »

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2a remar!ue aurait pu faire sourire Nick s(il n(avait été occupé à toute autre c*ose O ne pas cla!uer des dents... « Rour le moment, poursuivait le conducteur, une c*ose presse O nous dé)arrasser de ces ampoules, !ui constituent une preuve contre nous. Ensuite, on verra... » Nick dut endurer une série de vira%es !ui, c*a!ue fois, man!uaient de le désé!uili)rerM arc)outé tant )ien !ue mal au sol, il sentait venir le moment o@ il allait *eurter )ru/amment une porte, !uand enfin la deu"-c*evau" stoppa. « Nous / sommes# annon+a le mécanicien. Rrends la )o-te. . Cis donc, c(est asseG réussi comme coin sauva%e# » commenta le fils du %ara%iste. Nick, lui, aurait )ien davanta%e apprécié de faire *alte sur la place du H*amp de Aoire un :our de 18 Puillet O il se serait senti infiniment plus rassuré !ue dans le cas présent, o@ il se retrouvait seul en pleine nature avec de très louc*es individus.

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Mais personne ne lui avait demandé son avis. Luand les deu" *ommes eurent !uitté la voiture, Nick s(offrit le lu"e d(aspirer une %rande )ouffée d(air O « ?uf# ce !ue cela peut ;tre a%réa)le de respirer à sa faim# » Il releva la t;te très prudemment et ris!ua un ,il pour reconna-tre le terrain. 2(endroit était proc*e du col du H*;ne et Nick se souvint d(avoir dé:à emprunté cette route lors d(une e"cursionM elle montait durant encore une diGaine de kilomètres avant de redescendre, lon%uement, sans !ue l(on rencontrKt une seule maison. 2es deu" complices allaient donc pouvoir :eter tran!uillement les compromettantes ampoules dans l(un des nom)reu" ravins !ui )ordaient la route. « Il faut !ue :e sorte de là pour repérer l(endroit# se dit Nick. Sinon, il n(/ aura plus aucune preuve... » Mais l(entreprise n(était pas sans dan%er O les passa%ers de la deu"-c*evau" n(étaient !u(à !uel!ues mètres de là, penc*és par-dessus le parapet.

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« Non, calcula Nick, avec un peu de c*ance leur petit e"amen durera asseG lon%temps pour me permettre de sortir. &llons-/# » 2e c,ur )attant, il leva la poi%née et poussa la porte O n(allait-elle pas %rincerJ Mais il put sortir sans encom)re et, soula%é, alla se cac*er derrière le coffre de la voiture, o@ lui parvint l(éc*o de la discussion O « Pe te dis de ne pas les :eter ici # criait le :eune *omme. Il / a un ruisseau au fond, tu ne vois pasJ

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. Iant pis, maintenant il faut faire vite# . Mais tu ne comprends donc rienJ insista le fils Rérivier désespéré. He ruisseau doit se :eter dans une rivière, et si les eau" sont polluées, ce sont des centaines de personnes !ui peuvent ;trea . 2aisse tes scrupules dans ta poc*e, :(en ai asseG de ces ampoules# » 2e :eune *omme c*an%ea de tacti!ue O « Si tu crois !u(en cas d(épidémie la police n(aurait pas de petits soup+ons, tu te trompes# Elle aurait vite fait de se rappeler le vol de la CS, et, alors, l(en!u;te pourrait ;tre sérieuse# » Son compa%non parut é)ranlé O « &lors, !u(est-ce !ue tu proposesJ . Ce les enterrer, en creusant un trou dans un c*amp. Rersonne n(ira les c*erc*er là. . Il faudrait des instruments O :e vais voir s(il / en a dans la voiture. » Nick n(eut !ue le temps de faire un )ond de c té O l(*omme arrivait au coffre et inventoriait les outils. « H(est de la veine# s(écria-t-il triomp*ant. Il / a une pelle-);c*e# »

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Ils pala)rèrent un moment avant de c*oisir l(endroit propice, puis, s(étant décidés, les deu" complices se mirent au travail. Nick, de son c té, ne resta pas inactifM son passa%e au" scouts et les nom)reu" :eu" de piste au"!uels il avait participé, lui revinrent en mémoire. &vec !uel!ues pierres, il eut t t fait de fa)ri!uer une espèce de flèc*e !ui permettrait, le moment venu, de reconna-tre aisément l(endroit. Mal*eureusement, occupé à son petit travail, il ne s(aper+ut pas !ue le fils Rérivier s(était retourné. « 9ite# *urla le :eune *omme. $n des %amins nous a suivis# »

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CHAPITRE ,I& Nic2 pa!!e un $au+ai! 1uar" d'(eure instant, Nick resta fi%é de terreur, puis il se :eta dans une course éperdue. Il allait droit devant lui, n(importe o@M l(important était de fuir. & n(importe !uel pri", il fallait éc*apper à ces nommes !ui, pour l(emp;c*er de parler, ne reculeraient devant rien.
$N H?$BI

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2e mécanicien n(avait encore pas )ou%é, mais Nick entendit derrière lui la course du fils RérivierM il n(était pas à plus de deu" cents mètres. Aouetté par la peur, Nick courait vite, très vite. Mais la pente forte de la route le :etait trop en avant, ce !ui l(o)li%eait à lutter pour ne pas perdre son é!uili)re. Soudain, il )uta sur un caillou et tom)a )rutalement sans pouvoir se retenir. Nick se relevait, pr;t à repartir mal%ré un %enou emporté, !uand il aper+ut la deu"c*evau" !ui démarrait O c(en était fait, en une minute ils l(auraient rattrapé# 2e fils Rérivier sauta dans la voiture en marc*e et... et le moteur *o!ueta, toussa, puis finit par caler# Nick n(en cro/ait pas ses /eu" O la voiture était en panne# Il reprit sa course avec un coura%e renouvelé, d(autant !u(un souvenir lui revint su)itement O lors de l(e"cursion dans ces para%es, on lui avait fait visiter une vieille petite c*apelle enfouie dans la vé%étation. Sans ralentir sa course, il scrutait la campa%ne environnante, %uettant le sentier !ui allait

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peut-;tre le sauver, trem)lant de l(avoir dépassé. 2e temps pressait, car le mal*eureu" %ar+on entendait à nouveau ronfler le moteur de la deu"c*evau", !ue ses poursuivants avaient dQ réparer. 2a voiture approc*ait, entamait le dernier vira%e !uand Nick aper+ut enfin le sentier salvateur. Il s(/ élan+a, sans se préoccuper des ronces !ui lui déc*iraient le visa%eM pourtant, elles le %;naient, car elles entravaient sa marc*e, ralentissant son avance. « Rourvu !ue :e ne me sois pas trompé# %émit Nick. Rourvu !ue ce c*emin ne soit pas un cul-de-sac o@ ils pourraient parfaitement me coincer# » Mais la réponse vint pres!ue aussit t O la c*apelle a)andonnée se dressait devant lui. 2e lieu paraissait sinistre, d(autant Elus !ue le silence était total. He silence, frappa )rus!uement Nick. « Mais, ma parole# la deu"-c*evau" s(est arr;tée # » H(était évident O ne vo/ant plus le fu%itif sur la route au-delà du tournant, les

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deu" *ommes avaient immédiatement c*erc*é alentour. ?r, la c*apelle était le seul asile possi)le. Nick se sentit pris au piè%e. Mais, comme il n(e"istait pas d(autre issue, il parcourut très vite les derniers mètres. « Reut-;tre arriverai-:e à m(enfermer », pensa-t-il. Encore fallait-il entrer. ?r la porte de la c*apelle refusait de s(ouvrir, )lo!uée sans doute de l(autre c té par une pierre tom)ée. Nick s(énervait, pesait sur le panneau, mais n(arrivait à %a%ner !ue !uel!ues centimètres. « Il faut, il faut..., ra%eait-il. Ils vont arriver#» Enfin, il réussit à écarter suffisamment la porte pour se %lisser à l(intérieur. « Sauvé# Pamais ils n(arriveront à passer par là avec leurs lar%es épaules# » Cerrière la porte, un tas de %ravats o)struait )el et )ien l(entrée, interdisant !ue l(on poussKt complètement le panneau. 2e :eune %ar+on en soupira de soula%ement, mais :u%ea cependant plus prudent de se cac*er. 2(intérieur de la c*apelle,

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éclairé par une uni!ue fen;tre *aut perc*ée, était asseG som)re. Nick se )lottit dans une espèce de nic*e profonde !ui avait dQ a)riter une statue et attendit, satisfait de sa cac*ette. 2e répit ne dura pas lon%temps. Nient t, un )ruit de pas troua le silence, accompa%né d(un murmure de voi". « Il ne peut ;tre !ue là-dedans. . En es-tu sQrJ He ne serait pas malin de sa part# . Rossi)le, mais comme il ne s(est pas

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évaporé, :e ne vois pas d(autre solution. . Non, :etons un coup d(,il # » $ne main pesa contre le panneau, mais celui-ci résista une fois de plus. « II a )lo!ué la porte# fit la voi" furieuse du mécanicien. . & moins !u(elle ne se soit )lo!uée toute seule# réfuta son compa%non. Il ne m(a pas paru asseG costaud pour +a. » 2a poussée reprit, mais sans %rand succès O la vieille porte affaissée, au" %onds rouilles, refusait de s(ouvrir. 2es %raviers %lissés entre le sol et le )ois la maintenaient en place mieu" !ue ne l(eQt fait une serrure. Hependant, sous les assauts répétés du ro)uste mécanicien, la fente ména%ée vers le *aut permit à l(*omme de passer la t;te à l(intérieur. Nick, plus immo)ile !ue la statue dont il occupait la nic*e, le vit avec an%oisse cli%ner des /eu" à plusieurs reprises, puis inspecter avec soin c*a!ue recoin de la c*apelle. He furent, pour le :eune %ar+on, !uel!ues secondes mortelles. Enfin, la t;te disparut O

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« Il n(a pas l(air d(/ ;tre », dit la voi" rude. 2e mécanicien tira la porte vers lui avec ra%eO elle se referma complètement. Nick, frissonnant, entendit encore ces paroles O « Comma%e# on l(aurait coincé comme un rat# » Ruis ils s(éloi%nèrent. Nick s(aper+ut !u(il était en na%e et !u(il trem)lait « E* )ien, mon petit vieu", tu ne pourras plus prétendre !ue tu n(as :amais peur # s(admonesta-t-il. Mais, après tout, :e me demande )ien !ui, dans mes relations, aurait su)i +a sans le moindre frisson... » & présent, le dan%er paraissait écartéM pourtant, il convenait de ne pas !uitter trop vite cette providentielle retraite. « Nrave petite c*apelle, va# pensa Nick en e"aminant d(un ,il attendri les murs dé%radés, le toit à demi effondré. Cire !ue :e lui trouvais un air sinistre et !u(elle m(a sauvé la vie# » Homme pour lui donner raison, il entendit à cet instant démarrer la deu"-c*evau" O les complices avaient renoncé à le c*erc*er ici#

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Enfin li)re# Nick sauta à )as de la nic*e et se diri%ea vers la porte, *eureu" de pouvoir sortir sans crainte. Mais il eut )eau s(ac*arner sur la poi%née, il ne réussit pas m;me à é)ranler le lourd vantail. &ffolé, Nick tira de toutes ses forces et crut à la victoire O une fente se dessinait, par la!uelle il apercevait la campa%ne. &rc-)outé au c*am)ranle, il se mit à secouer la porte, la co%nant puis la tirant )rutalement. H(est alors !u(un c*oc violent lui é)ranla la t;te O à demi assommé, il tom)a en arrière, sans connaissance, étendu sur les dalles crevassées :onc*ées de dé)ris.

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CHAPITRE ,& Le! deu3 N c(erc(en" le "r i!i4$e &u D&B&DE du Mont-H*a)re, No'l avait continué d(interro%er M. Rérivier sans pr;ter la moindre attention au départ de la deu"-c*evau". Mais Nat*alie avait, par contre, sursauté !uand la voiture était passée devant elle O l(*omme au volant était celui !ui %uettait la conversation

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de No'l et du %ara%iste # S(enfu/ait-ilJ et Nick l(avait-il vuJ Elle c*erc*a son frère pour le lui demander et fut stupéfaite de ne le trouver nulle part. Hertaine de ne l(avoir pas vu sortir a pied, elle se mit à fouiner partout, in!uiète comme une c*atte a)andonnée par son ma-treO mais Nick avait )el et )ien disparu, sans laisser de lui la moindre trace. Rourtant, Nat*alie refusait encore d(/ croire O on ne se volatilise pas aussi facilement !uand on est ni fakir ni prestidi%itateur# En courant, elle descendit la piste !ui menait au sous-sol et se co%na a un :eune mécanicien O « 9ous n(aveG pas... vous n(aveG pas vu mon frèreJ un %ar+on )run, onGe ansJ » 2e mécanicien allait se mo!uer d(elle, mais il la vit au )ord des larmes et se contenta de remuer la t;te de %auc*e à droite O il n(avait rien vu. Cé:à, Nat*alie se précipitait pour avertir No'l, !uand elle se ravisa O « Et votre camarade !ui est parti essa/er la deu"-c*evau", il va revenir

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)ient tJ demanda-t-elle encore au :eune *omme. . Homment# il est parti essa/er la deu"-c*evau"J répondit celui-ci étonné. Mais !u(est-ce !ui lui a prisJ 2a réparation n(est pas terminée#... » Cécidément, il se passait !uel!ue c*ose de )iGarre et Nat*alie, affolée, remonta en courant. No'l avait enfin terminé sa conversation. « Mais !ue t(arrive-t-il, Nat*alieJ Iu es )l;me# . Nick a disparu# lKc*a la fillette tout à trac, s(effor+ant de ne pas pleurer. . Iu racontes des );tises, vo/ons# Pe 1 ai vu il / a !uel!ues minutes se diri%er vers les voitures... . Moi aussi# Mais maintenant il est parti, entends-tu, parti# » Hette fois, elle pleurait à c*audes larmes et No'l eut du mal à comprendre ce !u(elle disait O « Pe... :e suis sQre !u(il était avec... avec cet *omme, dans la deu"-c*evau"... il n(/ a pas d(autre solution... et c(est... et c(est *orri)le... »

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Elle parlait trop fort et No'l l(entra-na de*ors, o@ elle lui raconta les incidents survenus durant sa lon%ue pala)re avec le %ara%iste. No'l fut alors o)li%é de se rendre à l(évidence O il se passait !uel!ue c*ose de %rave. Rour!uoi avaient-ils été asseG stupides et imprudents pour venir se mettre dans la %ueule du loupJ Hela ne faisait plus aucun doute O le mécanicien avait compris !u(ils possédaient l(ampoule# Si le mal*eureu" Nick était réellement avec lui... « Ecoute, Nat*alie, puis!ue Nick est en dan%er, il n(/ a plus !u(une c*ose à faire O avertir la police. Pe cours télép*oner en face. Ioi, reste ici. Hac*e-toi et %uette le retour de la Hitro'n. » Il s(élan+a et entra comme un )olide au petit café en face. &ppeler la police ne présenta aucune difficulté... mais se faire prendre au sérieu" se révéla impossi)le. « Pe vous assure, c(est une *istoire vraie# :urait No'l. Mon cousin a réellement disparu, dans une deu"-c*evau", oui... Non, :e ne connais pas le numéro...

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2a route du col du H*;ne, du moins :e crois... Mais non, ce n(est pas une plaisanterie# » Nick raccroc*a, désespéré O l(*omme au )out du fil ne l(avait pas cru. Il avait noté à tout *asard la déclaration de No'l, mais il ne déran%erait certainement personne pour aller voir sur place. Iout ce !ue No'l o)tint fut la promesse d(avertir le commissaire Harrier, ami de son oncle, dès !u(il rentrerait. Mais d(ici là, Nick pouvait courir les pires dan%ers... No'l re:oi%nit Nat*alie, accroupie dans le fossé près des )ic/clettes. «Pe n3ai rien vuM la voiture n(est pas rentrée, annon+a-t-elle. . &lors il ne reste !u(une c*ose à faire O aller au-devant d(elle # annon+a Nick. Iu suis ou tu rentresJ Pe te préviens !ue :e vais foncer. . Pe suis », dit Nat*alie. Ils s(étaient )aissés pour ramasser leurs )ic/clettes !uand un ronflement de moteur se fit entendre. H(était une deu"-c*evau".

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« Houc*e-toi, vite# » ordonna No'l. Nat*alie o)éit, mais ne put s(emp;c*er de relever la t;te au moment o@ la voiture rentrait au %ara%e O « H(est )ien lui # Mais il / a un autre *omme#» No'l se releva à son tour O « Pe vais tKc*er de voir sans me montrer. Beste là, ne )ou%e sous aucun préte"te.» No'l traversa la route comme une flèc*eM et, ne vo/ant personne à l(*oriGon, Nat*alie le suivit aussit t O son frère avait dé:à disparu, il n(était pas !uestion !ue son cousin su)isse le m;me sort sans !u(elle fasse rien pour l(emp;c*er# No'l s(était faufilé derrière le %ara%e, sur le terrain va%ue o@ l(on stockait les voitures d(occasionM il contemplait une lucarne donnant sur l(atelier, mal*eureusement )eaucoup trop *aute pour !u(il puisse l(atteindre. Il fron+a les sourcils en apercevant Nat*alie, mais avant !u(il ait pu ouvrir la )ouc*e celle-ci c*uc*ota O « P(ai rudement )ien fait de venir O :e

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vais pouvoir te faire la courte éc*elle... » He !ui fut fait. Nick parvint ainsi à la )onne *auteur, à point nommé pour entendre une fort intéressante conversation entre deu" *ommes. « 2es autres enfants ont filé# %rommelait le premier. H(est )ien notre c*ance# . Iu espérais donc !u(ils t(attendraient )ien sa%ementJ . Ras moi, mais celui !ui était avec nous. Pe donnerais d(ailleurs c*er pour savoir o@ il se )alade, maintenant# . P(ima%ine !u(il est rentré avant nous# . H(est impossi)le, vo/ons# Il n(/ a !u(une seule route, et nous ne l(avons pas vu passer. Iu ne vas pas me dire !u(il est capa)le de )attre une automo)ile à la course, nonJ . Iu as raison. Il doit s(;tre cac*é !uel!ue part. Et rien ne nous emp;c*e de retourner le c*erc*er tout à l(*eure, après le travail, !uand notre a)sence n(étonnera plus personne. . ?ui, mais en attendant, il faut trouver les autres. & mon avis, ils ne l(ont pas a)andonné et r dent par ici. »

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No'l dé%rin%ola à )as de son perc*oir O il en avait asseG entendu pour comprendre !u(il fallait a%ir sans perdre de temps. 2(atelier fermait à si" *euresM il était cin! *eures. Rour retrouver Nick avant les deu" complices, No'l et Nat*alie ne disposaient !ue d(une toute petite *eure# « ?n part sur les traces de Nick # annon+a No'l à sa cousine. Il est sain et sauf# » Et il a:outa pour lui-m;me O «... du moins pour l(instant#... »

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CHAPITRE ,&I Deu3 e" un "r u avait dQ rester inanimé un certain temps car, lors!u(il revint à lui, le :our avait un peu )aissé. Encore très étourdi, il porta mac*inalement sa main à la t;te et s(aper+ut ainsi !u(une énorme )osse ornait son cuir c*evelu. « Si cela pouvait ;tre la )osse du %énie#... » marmonna-t-il.
NIH_

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2a vérita)le e"plication était, naturellement, asseG différente et Nick comprit très vite ce !ui s(était cassé en apercevant par terre, à c té de lui, la super)e pierre !ui l(avait assommé. H(était un morceau d(une taille respecta)le, !ui avait dQ se détac*er de la. voQte !uand il avait secoué la porte. « Homme si ce n(était pas asseG d(;tre poursuivi par deu" voleurs O il faut encore !ue :e re+oive des plafonds sur la t;te# 9ivement !ue :e sorte de cet édifice croulant avant !u(il ne m(ensevelisse# » Il se leva et, après !uel!ues é)louissements, s(aper+ut avec satisfaction !u(il tenait très normalement de)out. « Rarfait, :e n(ai plus !u(à recommencer# » Il ne s(a%issait, )ien sQr, !ue de s(atta!uer à la porte, car il ne tenait nullement à se laisser assommer de nouveau. &ussi, tout en secouant vi%oureusement le portail, fi"ait-il la voQte d(un ,il soup+onneu", pr;t à )ondir en arrière en cas d(alerte. Mais rien ne )ou%eait. Ras plus le plafond

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!ue la porte, d(ailleurs, !ui s(o)stinait à rester *erméti!uement close. Nick devenait de plus en plus nerveu" O «No'l et Nat*alie ont dQ donner l(alerte, mais avant !u(on me trouve, il peut couler de l(eau sous les ponts# Rourtant, :e ne me vois vraiment pas passer la nuit ici, dans ce froid... » En vérité, le froid lui importait peuM mais il n(osait pas s(avouer à lui-m;me !u(il mourait de peur à l(idée !ue les deu" sinistres individus pourraient revenir. &lors, avec l(éner%ie du désespoir, il ramassa la pierre la plus %rosse !u(il put soulever et se mit à co%ner dans le portail O à la lon%ue, il finirait )ien par avoir raison de ce vieu" )ois moisi# No'l et Nat*alie peinaient pour monter la c te du col du H*;ne, Nat*alie surtout, dont les mollets crispés finirent par refuser de continuer leur effort. «No'l# appela-t-elle à )out de souffle, No'l, :(a)andonne. Hontinue sans moi# » No'l *ésita O était-il prudent de laisser

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sa cousine .seule, e"posée au dan%er d(;tre re:ointe par les deu" complicesJ C(un autre c té, il ne pouvait se permettre de s(arr;ter O il fallait profiter des dernières minutes de :ourM la rec*erc*e deviendrait )eaucoup plus difficile dans l(o)scurité. « Ecoute, décida-t-il, tu vas rester là, assise au )ord du fossé. Iu sais siffler dans une *er)e coincée entre tes deu" poucesJ . Nien suri répondit Nat*alie étonnée. Mais pour!uoi veu"-tuJ... . Irès simple. S(il se passe !uoi !ue ce soit de )iGarre, tu siffleras ainsi, le plus fort !ue tu pourras. 9u le silence environnant, :(entendrai sQrement. » Nat*alie émit un « oui » très peu rassuré et a:outa )ien vite O « Si tu crois !u(il peut / avoir un dan%er, :(aime encore mieu" continuer... » No'l lui tira %entiment les c*eveu" O « Mais non, froussarde, il ne se passera rien. Il vaut mieu" !ue tu restes O :(irai plus vite sans toi. Et :e te promets !ue :e reviendrais à toute allure si :amais :e t3entendais# »

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Mal%ré cette promesse, Nat*alie le vit s(éloi%ner d(un ,il plus !ue mélancoli!ue. Elle cueillit immédiatement un stock d(*er)es de lon%ueurs et d(épaisseurs diverses, :u%eant préféra)le d(;tre pr;te en cas de )esoin. Ruis elle s(assit, an%oissée par le silence. Soudain, des coups sourds et répétés la firent )ondir O !ui pouvait taper ainsi dans cette solitudeJ Il n(/ avait pas une ferme à l(*oriGon... Nat*alie se leva sur deu" :am)es arc*itrem)lantes, si )ien !u(elle éprouva les plus %randes difficultés à %rimper seulement :us!u(en *aut du talus. Mais alors, ce !u3elle vit la laissa son%euse O une vieille c*apelle dont la sil*ouette lui sem)lait familière... « Mai» oui, c(est +a, nous / sommes allés une foi» avec papal Hurieu", elle est a)andonnée et c(est de là !ue viennent les coups# » Nat*alie réfléc*it très vite O ne pouvait-on ima%iner !ue Nick, poursuivi, se soit réfu%ié dans cet asile, connu de luiJ ?u peut-;tre l(/ avait-on enferméJ

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Cé:à Nat*alie s(élan+ait, mais elle s(arr;ta )rus!uement O et si elle se trompait dans ses déductionsJ &près tout, elle pouvait fort )ien se trouver neG à neG avec un indésira)le# &lors, la fillette dévala le talus et, une fois sur la route, se mit à siffler comme le lui avait recommandé No'l O de toutes ses forces. &u )out d(un moment, écarlate, elle :u%ea !u(elle en avait asseG fait et s(assit tran!uillement sur le )ord de la route.

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No'l apparut )ient t, roulant à tom)eau ouvert. Luand il mit pied à terre devant une Nat*alie souriante et intacte, il resta d(a)ord muet de surprise. Ruis, ce fut une e"plosion de ra%e O « Mais tu es folle, nonJ Pe te cro/ais en dan%er, à demi morte# P(avais fait au moins un kilomètre !uand... » Nat*alie ne dai%na m;me pas répondreM d(une main impérieuse, elle lui fit seulement si%ne de se taire O les coups continuaient. Sans rien e"pli!uer, elle l(entra-na en

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*aut du talus et lui montra la c*apelle. No'l comprit immédiatement et *urla de :oie O « Nick# c(est sQrement lui # » &ussi vite !ue le permettaient leurs :am)es fati%uées, ils coururent vers la c*apelle. «Nick# Nick# tu es làJ appelèrent-ils )ien avant d(arriver. . Nien sQr, )eau" malins# 9ous voilà enfin# » répli!ua une voi" )ien connue. Mais, à dire vrai, Nick était é)erlué !u(ils l(aient trouvé si vite. « Pe suis là, mais :e n(ai aucune envie d(/ rester# reprit Nick. 9ous serieG )ien aima)les de trouver un mo/en de me faire sortir, la porte est coincée# » 2es deu" enfants allèrent fouiller le tas de %ravats à c té de la c*apelle et / dénic*èrent une vieille )arre de métal rouillée. « Hela fera ma%nifi!uement l(affaire comme levier# » déclara No'l. Il %lissa la )arre sous la porte et parvint à la soulever asseG pour !ue Nat*alie

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puisse ter, à %estes vifs, les caillou" accumulés dessous. Ruis il laissa retom)er le panneau en annon+ant O « &ttention, Nick, :(enfonce# . Minute, pria Nick, laisse-moi le temps de me %arer. P(ai dé:à re+u une pierre sur la t;te, et les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures# » No'l et Nat*alie prirent du recul puis, avec un )el ensem)le, se précipitèrent contre la porte. &vec un %rincement, celle-ci tourna sur ses %onds, laissant appara-tre une fente de !uel!ues centimètres. En m;me temps, une pluie de plKtre s(a)attit sur le sol. &près un nouvel effort, l(ouverture se révéla enfin suffisante pour laisser passer Nick, !ui en :aillit comme un dia)le *ors de sa )o-te. Il était sale, poussiéreu", mais intact. Ious les trois s(em)rassèrent fou%ueusement. « Ma parole, remar!ua Nat*alie, !ui, en m;me temps !ue son frère, avait retrouvé le coQt de la plaisanterie, :e n(avais :amais remar!ue !ue cela te faisait autant plaisir de nous voir# »

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Rour une fois, Nick ne trouva à lui adresser !u(un )on sourire. No'l fut le premier à réa%ir O « He n(est pas le moment de s(attendrir O il faut rentrer en vitesse, avant !ue les deu" canailles n(aient l(idée de revenir dans les para%es# . 9ous saveG dé:à !u(ils sont deu"J s(étonna Nick. 2e second est le fils Rérivier. . Fa, nous ne le savions pas... et sans doute M. Rérivier non plus », fit No'l son%eur. Rour le retour, le pro)lème des mo/ens de locomotion se posait. « Ceu" vélos pour trois, c(est mai%re# remar!ua Nick. Lu(est-ce !u(on faitJ . Pe monte sur le porte-)a%a%es de No'l, proposa Nat*alie. Il faut )ien !ue !uel!u(un se dévoue... » Nat*alie se for+ait très peu pour faire cette propositionM épuisée par les aventures successives, elle se ré:ouissait de pouvoir se reposer. 2es :eunes c/clistes descendirent d(a)ord tran!uillement c te à c te, se racontant

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ce !u(avaient été ces dernières *eures pour les uns et pour les autres. Ruis, la nuit tom)ant plus vite, ils au%mentèrent l3allure, évitant de freiner. &u" a)ords du %ara%e, ils roulaient donc à très vive allure, lors!u(une épaisse sil*ouette :aillit devant eu" O le mécanicien# Il se tenait maintenant au milieu de la route, )ien résolu, sem)lait-il, à arr;ter les c/clistes. Heu"-ci eurent un court moment d(*ésitation, puis No'l cria O « ?n fonce# Hramponne-toi, Nat*alie# » I;te )asse, penc*és sur leurs %uidons, les deu" %ar+ons parurent si décidés !ue l(*omme eut peur et fit un )on de c té pour les éviter. &u m;me instant, une voiture noire venant en face freina )rutalement devant le %ara%e. « 2a police # *urlèrent les enfants freinant eu" aussi. ?n a %a%né# »

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CHAPITRE ,&II /endar$e! e" + leur! à son )ureau, le commissaire Harrier avait trouvé un rapport %riffonné par un de ses su)ordonnés O « $n certain No'l Benaud prétend avoir découvert des voleurs de voitures au %ara%e du Mont-H*a)re. He para-t ;tre une plaisanterie de :eunes %ar+ons. »
CE BEI?$B

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2e commissaire Harrier sursauta O il connaissait parfaitement la famille Benaud et savait les enfants incapa)les d(une plaisanterie d(aussi mauvais %oQt. « Il faut / aller voir tout de suite# ordonna-til. H(est au contraire une affaire !ui me para-t sérieuse# CemandeG-moi une voiture# » Luand il en descendit, devant le %ara%e, accompa%né de deu" inspecteurs, Nick se précipita vers eu" O « 9oilà le voleur# » cria-t-il dans un %rand état d(e"citation. 2(*omme s(enfu/ait et, sa fuite ne prouvant !ue trop sa culpa)ilité, les inspecteurs s(élancèrent derrière lui. Ils eurent t t fait de le rattraperM le malfaiteur reparut )ient t entre eu" deu", t;te )asse, solidement maintenu. &lors se produisit une c*ose inattendue O de lui-m;me, le fils Rérivier sortit du %ara%e et alla droit au commissaire O «vous pouveG m(arr;terO :e suis aussi coupa)le !ue lui. » Nick et No'l se re%ardèrent, étonnés

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l(un et l(autre de ce coura%e !ui rac*etait un peu la conduite passée du :eune *omme. Nat*alie, elle, o)servait M. RérivierM mais elle se détourna )ien vite pour ne plus voir l(air effondré du mal*eureu" %ara%iste !ui, manifestement, ne s(était douté de rien. « Nien sQr, c(est triste, pensa-t-elle. Mais cette arrestation rend son père à Aran+ois. » $n !uart d(*eure plus tard, la voiture de police roulait en direction du col du H*;ne. & l(intérieur, se trouvaient le commissaire et les enfants Benaud, ainsi !ue les deu" inspecteurs assis de part et d(autre des voleurs. « Il faut aller c*erc*er cette preuve tout de suite, avait déclaré le commissaire Harrier lors!ue No'l lui eut parlé de la )o-te. RenseGvous pouvoir retrouver l(endroit, NicolasJ - Nien sQr, monsieur. » Nick ne !uitta pas des /eu" le )ord de la route tout le temps !ue dura le vo/a%e, tant il redoutait de laisser passer l(endroit. Mais, en fait, la scène l(avait trop

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mar!ué pour !u(il l(ou)liKt :amais O les deu" *ommes enfouissant la )o-te étaient p*oto%rap*iés dans son esprit, ainsi !ue c*a!ue détail du pa/sa%e alentour. « H(est ici# » cria-t-il soudain. Et, descendant de la voiture, il montra la flèc*e !u(il avait eu la prudence de tracer. Ruis, suivi des autres passa%ers de la voiture, il %a%na le c*amp voisin o@ il repéra sans mal un coin de terre fra-c*ement remuée. « 9oilà l(endroit », dit-il. Iandis !ue l(un des inspecteurs creusait, Nick ne pouvait s(emp;c*er de frissonner en se remémorant son terri)le après-midi. Il lui fallait )ien avouer !u(à cet endroit m;me, à peine deu" *eures auparavant, il avait ressenti la plus )elle peur de sa vie. Il se tourna vers les deu" *ommes !ui, tout à l(*eure, l(avaient pourc*asse et ne fut pas fKc*é !ue les r les soient inversés O à présent, ils étaient le %i)ier. &près !uel!ues instants de travail, la pelle du policier *eurta !uel!ue c*ose de durM se )aissant, il retira du trou une

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)o-te métalli!ue !ue le commissaire ouvrit immédiatement. « 2es ampoules# s(écrièrent ensem)le les enfants. . ?ui, elles sont là, déclara le commissaire Harrier. Nous ferons anal/ser le li!uide !u(elles contiennent O si on / trouve des cultures micro)iennes, la preuve sera faite. » Ruis il se tourna vers les deu" complices O « C(ailleurs, aveG-vous vraiment l(intention de nier avoir enterré cette )o-te ici, cet aprèsmidiJ » 2e mécanicien n(eut pour toute réponse !u(un re%ard )uté, mais le fils du %ara%iste répondit O « & !uoi )oni P(avouerai tout en )loc pour en finir au plus vite. » 2es trois N se re%ardèrent O l(en!u;te était )ien terminée. $n peu après sept *eures, ces m;mes personna%es se trouvaient réunis au commissariat, les uns comme témoins, les autres comme accusés. Luand c*acun eut

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terminé sa déposition, le commissaire se tourna vers M. et Mme Benaud !ui, assis un peu à l(écart, avaient assisté silencieu" à la scène O «Pe ne vais vous rendre ces enfants !u(à re%ret# Ils ont fait preuve d(un remar!ua)le flair de détective, :oint à une audace... . ...!ue :e suis loin d(approuver entièrement# intervint Mme Benaud. Luand :e son%e à ce !ui aurait pu se passer... » Elle n(a:outa rien, mais posa sur les deu" complices un re%ard élo!uent. « Il serait pourtant in:uste de les %ronder, reprit le commissaire Harrier. Son%eG com)ien leur initiative aura aidé la :ustice# Non, vraiment, ils ne méritent !ue des félicitations O %rKce à eu", voici une affaire éclaircie. » Nat*alie se leva avec tant de )rus!uerie !ue sa c*aise )ascula en arrière O « Mais... mais... mais, )é%a/a-t-elle sous le coup de l(émotion, et Bené Nalmont, !u(est-ce !u(on en faitJ ?n ne peut tout `le m;me pas le laisser... »

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2e commissaire Harrier se tourna vers elle d(un )loc O « ?n ne peut tout de m;me pas le laisser o@, :eune filleJ Lue veu"-tu direJ » Bou%e :us!u(à la racine des c*eveu", Nat*alie n(a:outa pas un mot. « &llons, insista le commissaire, !u(as-tu à déclarer au su:et de Bené NalmontJ » &ucun des trois N n(ouvrit la )ouc*e, mais leur air affolé parlait pour eu". 2e commissaire Harrier ne s(/ trompa pas O « P(ai l(impression !ue vous en saveG sur lui )eaucoup plus !ue vous ne le dites# Et si vous saveG o@ il se cac*e, le moment est venu de parler, sinon nous perdrons encore du temps à le c*erc*er. » Il mar!ua un temps d(arr;t, puis reprit O « He serait domma%e O il faut lui apprendre le plus vite possi)le !u(il est innocenté# » Rourtant, ce ne fut pas la police !ui annon+a à Bené Nalmont sa ré*a)ilitation O l(*onneur en revint au" trois N, !ue

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le commissaire avait amenés en auto :us!u(à la ferme Ceneu". Ienant Aran+ois par la main, ils coururent une dernière fois vers le sinistre vieu" moulin, si impatients d(annoncer la nouvelle !u(ils commencèrent à *urler cent mètres avant d(arriver O « H(est fini# . Ils sont arr;tés# . 2i)re# 2i)re# 9ous ;tes li)re# » & )out de souffle, ils firent irruption dans la %rande salle et trouvèrent Nalmont assis sur son %ra)at, *a%ard, n(osant pas comprendre. Aran+ois se précipita dans ses )ras O « Rapa# H(est vrai, papa, tu es li)re# DrKce à eu", on va pouvoir de nouveau vivre ensem)le#» Ne doutant plus de la vérité, Bené Nalmont s(effondra, la t;te dans les mains O « Enfin#... P(attendais depuis si lon%temps# Et. c(était si dur d(;tre accusé à torta . Mais c(est fini, papa, fini pour tou:ours# » dit :o/eusement Aran+ois. &lors Bené Nalmont releva la t;te et,

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serrant son fils dans ses )ras, adressa au" trois Benaud un sourire éclatant O « Merci à vous, mes enfants O :amais :e n(ou)lierai# » He fut à ce moment précis !ue retentit dans le vieu" moulin une cascade de san%lots )ru/ants O sans la moindre %;ne, Nat*alie pleurait d(émotion. « &llons, c(est )ien une fille# » conclut Nick. Rour toute réponse, No'l lui adressa un clin d(,il %ouailleur. Mais, en vérité, les %ar+ons se retenaient à !uatre pour ne pas en faire autant.

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