Vous êtes sur la page 1sur 7
visite au ee Docteur_Calligaris par le professeur L.J. Delpech dans les années 1870 en Italie, le Dr Calligaris, qui fut, ropsychiatrie, est sans doute U'un des chercheurs en paraps a Rome, professeur de neu- chologic parmi les plus méconnus. Ayant refusé, @ Varénement de Mussolini, de préter le serment dallégeance au fascisme, qui était exigé de tous les médecins titulaires d'un emploi officiel, il reprit a clinique de son pére, médecin comme lui, ov il poursu it d’étonnantes recherches : faire apparaitre, en particulier, sur la peau d'un malade Vimage du microbe responsable de la maladie. Dans cet article, le professeur Delpech nous relate sa passionnante ren- contre avec le Dr Calligaris. Jai entendu parler pour la premiére fois teur Calligaris 4 Tours en 1935 en lisant un livre de Tingénieur Givelet sur les travaux de Lakovsky. L'auteur y présentait la traduction de la préface d'un ouyrage de Calligaris inti- tulé « la formation des sentiments dans le corp de Vhomme », paru en 1934 en Italie, Dans ces deux pages le professeur italien exposait des idées extrémement intéressantes et précises sur les rapports du corps et de esprit. En particu- ier, 1 admettait une correspondance entre chaque organe et une eatégorie de sentiments, d'une part et d’autre part entre les sentiments et la stimulation d'une zone déterminée de la peau d'un sujet. En somme, il s'agissait dune approche expérimentale d'un probleme meta physique bien connu, celui des rapports du corps et de Pesprit. Jravais été préoceupé par ce probléme et je m’étais intéressé passionnément A Pacupune- ture. Dot une correspondance avec Soulier de Morand qui fut un de ceux qui introduisirent Vacupuncture en France durant lentre-deux guerres. Mais dans l'acupuncture le psychisme n‘intervenait pas, c’était simplement un rapport entre la stimulation d’un point de la peau et un organe interne. de facon soit a le stimuler, soit Vinhiber. Je devais retrouver plus tard des traces de I'euvre de Calligaris dans une petite revue médicale publiée 4 Toulon par le docteur Jules Regnault, «La céte d’azur médicale » Un article signé Pharec, pseudonyme d’un kinésithérapeute, racontait un voyage que ce dernier avait fait & Udine, ot le docteur Calli- garis. professeur de neurologie 4 Rome, avait 100 une clinique oi il expérimentait. Pharec racon- tait que par la stimulation de points de la peau, Calligaris lui avait fait voir mentalement les pyramides d’Egypte et une autre fois, un village négre situé en Afrique occidentale, village oft habitait un de ses parents qui était mission- naire, Ces expériences me parurent a la fois extraordinaires et extrémement intéressantes, Le probléme était d’entrer en rapport avec le docteur Calligaris. J’écrivis au docteur Regnault qui me répondit trés aimablement par retour du courrier. Le docteur Calligaris me répondit lui aussi longuement a deux ou trois questions que je lui avais posées ct m’envoya un de articles sur « les chaines linéaires du corps et de Vesprit ». I] était en italien et j'ignorais cette langue. Heureusement, grace au latin, j/arrivai rapidement a la comprendre et je décidai de me rendre en Italic. J’étais alors professeur de philosophie au lycée de Gap. Aprés mares réflexions et malgré les avertissements de beaucoup de mes amis, j'entrepris mon voyage durant les vacances de Noél 38-39. A ce moment la tension internationale était extré- mement grave, mais je me dis, poussé par une force intérieure, que je devais voir Calligaris. Calligaris, ou la parapsychologie 4 Vitalienne Je pris done @ Marseille le Bordeaux-Milan un jour de décembre 38 et aprés un long par- cours, j'arrivai a dix heures @ Milan qui était, sous la neige. Une heure aprés. je reprenais le train pour Venise d’ot je repartis pour Udine, Le Dr Calligaris procéde @ une expérience avec Cun de sex snjets oti j’arrivai a vingt heures. Calligaris m’avait dit qu‘on viendrait me chercher, mais nous n’avions pas convenu dun signe de reconnaissance. Jravancais lentement vers la sortie quand un grand chauffeur en livrée se présenta devant moi en me disant « Professeur Delpech ». Je lui dis «Comment savez-vous qui je suis?» 1 me répondit «le professeur Calligaris a fait surgir votre image dans mon cerveau ». La dessus il prend ma valise, nous sortons, il me { monter dans une grande voiture amér caine et nous voila partis. Nous traversons la ville et dans les faubourgs, nous nous trouvo en face d'un immense immeuble entouré par un fossé rempli d’eau. Nous pénétrons dans la cour intérieure. Je suis dans la clinique du docteur Calligaris. Celui-ci s'avance vers moi. I] est petit, il a une moustache relevée en pointes comme celle illustrée par l'ex-empereur d’Alle- magne Guillaume Il, son Age oscille entre 60 et 65 ans. Sa vivacité d’esprit est remarquable, il ne parle pas le frangais mais le comprend. Il en est de méme pour moi a propos de italien, Nous allons done dialoguer lui en italien et moi en frangais. Comme il est vingt heures trente. il m’entraine rapidement vers la salle 4 manger oi nous allons diner avec sa secrétaire Nuc: Toppani et deux ou trois personnes qui s’occu- pent de la clinique. Calligaris a en effet une clinique pour les mala- dies nerveuses. Elle avait été fondée par son pére, cinquante ans avant, et a la suite de ses démélés avec le fascisme (il n'a pas voulu préter Ie serment d’allégeance au fascisme) il a da quit- ter sa chaire de l'université de Rome pour revenir & Udine oi il a considérablement agrandi la petite clinique que lui avait laissée son pére. Aprés le repas, nous allons dans son cabinet de travail et il me raconte le point de départ de ses recherches. II travaillait alors comme chef de clinique du professeur Min- gazzini sur les anesthésies consécutives des troubles cérébraux. Mais un jour od il stimulait une zone cutanée, il fut dérangé par le télé- phone et dut abandonner momentanément son malade. Comme la stimulation était faible, il n'y eut pas de dégiits organiques, par contre le sujet lui raconta que son esprit avait été envahi par toutes sortes d'images ; cela le conduisit & admettre une relation entre la stimu- lation de la peau et le psychisme ~ mais le pro- bléme était de trouver uni sujet qui soit capable de faire un vide relatif dans son esprit. C’e lors qu'il rencontra parmi ses malades une reli- gieuse qui était chez lui non pour un trouble mental, mais pour une faiblesse organique. Celle-ci était habituée la méditation et done dans une certaine mesure, a diriger son mental I! lui demanda si elle accepterait de se soumettre A certaines expériences, ce qu’elle fit trés volon- 101 Vérification de Vexpérience la maladie va s¢ dénoncer graphiquement sur le bras da sujet tiers. Gest a la suite de ces expériences qu’il découvrit des rapports entre des lignes médi trices de chaque doigt de la main et des états mentaux. ~ Plus tard, il continua ces lignes tout le long du bras, puis il en décela des parcours sur tout le corps humain ~. Je connaissais ces lignes, car il m’avait envoyé un petit opuscule qui était le développement dune conférence faite 4 lacadémie royale de médecine de Rome ct que jvavais traduit de Vitalien Calligaris avait done découvert une sorte d’acu puncture psychique. En effet il y avait non seulement une relation entre la peau et le chisme, mais aussi entre la stimulation et l’inhi bition des organes. Il en était arrivé a une double conclusion : premigrement, tous les organes se projettent sur la peau, deuxi¢me- ment tout l'univers se projette sur la peau. Et moyennant une stimulation appropriée d’un point, d'une ligne ou d'une surface cutanée on peut faire surgir dans le mental des senti ments déterminés, des images autoscopiques (de lintérieur du corps du sujet) et hétérosco- piques (de Vintérieur du corps dun autre sujet), enfin des représentations du monde extérieur, englobant non seulement toute la terre, mais encore en principe tout le cosmos. II retrouvait expérimentalement la formule des pré-soc tiques, le microcosme (l'homme) reproduit le macrocosme (I'univers). La-dessus Calligaris me fit conduire A ma chambre, car j'étais fatigué 102 par mon trajet et lui-méme avait 'habitude de se lever & quatre heures du matin pour écrire ses livres de quatre a sept. | Précognition a la fenétre (ie aa er Le lendemain, Calligaris me proposa une expé rience de prévision dans le temps. Tous ceux qui ont fait de la parapsychologie savent que d'une part si le temps est un facteur intéressant, par contre toute prévision est en général indéterm née. Or, Calligaris avait mis au point une méthode qui permettait de maitriser la prospec tion dans le temps. Nous étions dans une piece dont la baie vitrée s‘ouvrait sur une place d’Udine et on voyait défiler les autos, Ie camions, les passants. Au-dessus de la b était une horloge incrustée dans le mur. La secrétaire de Calligaris, Nucci Toppani qui devait servir de sujet, était assise dans un fau- teuil face a la baie. Elle avait le bras nu. Calli- garis fit descendre un rideau qui masquait Complétement le paysage, puis avec un petit appareil électrique, il stimula un point du bras de sa secrétaire. En méme temps il m’invita regarder Vheure et & m’installer @ un bureau pour noter tout ce qu’allait dire pendant vingt minutes Nucci. Il faut préciser qu’elle n’était pas dans un état médiumnique, mais simplement quelle faisait le vide dans son esprit pour accueillir les images qui y surgissaient. Pen-