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Présentation synthétique du projet de thèse

« La maîtrise du foncier comme outil de gestion intégrée des territoires bretons »

Laboratoire ESO UMR-CNRS 6590, Université Rennes 2 - Haute Bretagne

Doctorant : Josselin DUPONT.

Directeurs de thèse :

Professeur Guy BAUDELLE, Université Rennes 2 - Haute Bretagne, Laboratoire ESO UMR-CNRS 6590. Docteur Jean-Marie HALLEUX, assistant, Université de Liège, Laboratoire SEGEFA.

Autres membres du comité de thèse :

Professeur Rémy ALLAIN, Université Rennes 2 - Haute Bretagne, Laboratoire ESO UMR-CNRS 6590. Marc DUMONT, Maître de conférences, Université Rennes 2, Laboratoire ESO UMR-CNRS 6590.

Mots clés :

Foncier ; Gestion intégrée des Territoires ; Habitat et Logement ; Bretagne.

Principaux domaines abordés :

Géographie et Aménagement des territoires ; Politiques régionales ; Urbanisme et Développement durable ; Géomatique.

Introduction au projet :

Pierre d’angle des politiques d’aménagement, la question foncière mobilise aujourd’hui nombre d’acteurs privés et publics qui, s’ils s’accordent tous à reconnaître l’absence de pénurie foncière brute, relèvent la pénurie de terrains à prix abordables notamment pour construire des logements adaptés aux besoins actuels. Fort de son attractivité résidentielle, économique et touristique, le territoire breton connaît une forte dynamique démographique, au point d’être aujourd’hui confronté à des enjeux fonciers de premier ordre.

En effet, si l’on considère les projections de l’Insee, la région Bretagne pourrait voir sa population augmenter de 350.000 habitants d’ici à 2030. Cette pression démographique nouvelle essentiellement due à un solde migratoire très nettement positif, renforce une pression foncière déjà très vive et pose la question de la consommation des sols. En Bretagne, l’artificialisation de l’espace progresse d’autant plus vite (+ 25 % ces dix dernières années selon l’Insee contre 16 % en moyenne nationale) qu’elle y est encouragée par des modes d’habitat spécifiques tels que la dispersion du bâti et le fort attachement à l’habitat individuel. Cette consommation questionne la capacité des acteurs des territoires bretons à faire bon usage du capital foncier notamment face aux difficultés d’accès au logement, en particulier pour les ménages les plus modestes. La cohésion sociale et territoriale est en effet mise à rude épreuve car une ségrégation socio-spatiale par les prix s’opère de fait, opposant les centres aux périphéries et le littoral à l’arrière-pays et menaçant l’équilibre du développement régional. La forte demande sociale actuelle (et à venir) semble nécessiter une intervention directe des institutions publiques sur le marché foncier et ce à une échelle régionale. C’est dans ce contexte que le Conseil Régional cherche à mettre en place une nouvelle politique territoriale s’appuyant notamment sur la création d’un Etablissement Public Foncier (EPF) d’Etat. L’EPF régional, outil de solidarité reposant sur la mutualisation des moyens, sera chargé de constituer des réserves foncières pour faciliter l’action des intercommunalités en faveur de l’habitat (public et privé), de l’environnement (protection des paysages et prévention des risques) et du développement économique (capacité d’accueil et reconquête de friches industrielles et militaires).

Or, en France, il existe peu d’exemples d’une telle stratégie foncière à cette échelle, ce qui explique peut-être la rareté des études générales traitant du foncier dans un contexte régional. Ce nouveau champ d’investigation scientifique intéressera donc nombre d’acteurs de la sphère régionale publique comme privée, surtout si le travail est enrichi par l’analyse et l’évaluation d’expériences antérieures en France mais aussi à

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Problématique

La thèse s’attachera à questionner les stratégies publiques d’intervention sur les marchés fonciers régionaux en recherchant notamment les actions envisageables pour répondre aux problématiques et enjeux spécifiques de l’aménagement des territoires bretons. L’enjeu majeur est de concevoir une réponse aux besoins de sols pour le logement et le développement économique sans compromettre les atouts environnementaux de la Bretagne. Plus précisément, dans quelle mesure une offre foncière maîtrisée par un outil d’intervention publique peut-elle contribuer à assurer un développement durable et une gestion intégrée des territoires bretons ?

Questionnement général

L’implication du personnel politique dans la question démontre bien la place centrale du foncier dans l’aménagement du territoire. Il conviendra donc de cerner la légitimité et l’efficacité d’une telle intervention des autorités régionales en matière foncière et d’examiner comment certains pouvoirs publics se sont déjà saisis de ce défi partagé. Ces interrogations impliquent d’étudier et de décrire les conditions d’une action publique foncière réussie à une échelle régionale. C’est pourquoi l’accent sera mis sur deux points : la théorie du marché foncier (mécanismes et dynamiques) et l’analyse d’expériences en France et en Europe. L’ampleur du défi posé par l’étalement urbain et la consommation foncière partout en Europe stimule la recherche sur les moyens d’une maîtrise publique, de sorte que l’on dispose de premières études comparatives appelées à se développer 1 . Déterminer la légitimité et l’efficacité d’une telle intervention, c’est d’abord chercher à en définir l’intérêt et répondre à la question suivante : en termes de capacité d’action, l’intervention à l’échelle régionale est-elle la plus efficace ? Et, en termes d’outils, fait-on mieux avec ou sans EPFR ? Les d’EPFR font en effet l’objet de réserves dont il s’agira d’examiner les fondements :quelle est la légitimité d’une telle structure publique supplémentaire susceptible d’alourdir la fiscalité locale alors qu’existeraient déjà des outils et des actions communales ? Poser la question de la maîtrise du foncier, c’est donc interroger les stratégies d’occupation du sol des collectivités (de la commune aux Pays) sous l’angle social, économique et environnemental. Ainsi, les enjeux multiples qui se superposent autour de la consommation et du bon usage du capital foncier interpellent l’ensemble des acteurs d’un territoire. Face aux difficultés d’accès au logement des ménages les plus modestes, mais aussi face à la nécessaire préservation de l’environnement, au maintien de l’activité agricole, au contrôle de l’étalement urbain et aux enjeux de compétition économique globalisée, comment définir la stratégie foncière du Conseil régional ? Quel est le point d’entrée le plus pertinent sur le marché du foncier ? Quelle articulation et quel partenariat valoriser ? Ce questionnement implique de s’interroger en priorité sur la définition de la bonne gouvernance du foncier et sur l’articulation entre les différents niveaux administratifs et les structures compétentes.

1 BERTRAND N., KREIBICH V. (dir.), Europe City-Regions competitiveness: growth regulation and peri- urban land management, Assen, Van Gorcum, 2006, 188p.; COUCH C., LEONTIDOU L., PETSCHEL-HELD G. (dir.), Urban sprawl in Europe. Landscapes, land-use change and policy, Oxford, Blackwell, 2007, 273 p.; BUITELAAR E., The cost of land use decisions. Applying transaction cost economics to planning and development, Oxford, Blackwell, 2007, 196 p.; BOOTH P. and alii (dir.), Spatial planning systems in Britain and France, Abingdon, Routledge, 229 p.

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Les objectifs poursuivis en réponse aux attentes du Conseil Régional de Bretagne

Le travail s’inscrira dans la perspective de la création éventuelle d’un EPF de périmètre régional en Bretagne en abordant les trois points suivants :

1. Comprendre les dynamiques : la caractérisation du marché foncier breton

Objectif : contribuer à la définition de la stratégie foncière régionale.

L’EPFR étant un outil appelé à contribuer à une politique clairement identifiée, le Conseil régional a

lancé un appel d’offre pour la réalisation d’une étude de définition de la stratégie foncière régionale. Cette étude, programmée pour Septembre 2008, comporte trois volets :

- Analyse objective de la situation pour identifier les enjeux et les tendances en adoptant une vision globale s’appuyant notamment sur les Pays,

- Définition de la politique foncière par rapport aux autres politiques régionales,

- Caractériser la politique régionale par rapport aux enjeux et aux compétences : quelle échelle d’intervention ? Quels moyens, outils et acteurs mobiliser ? Avec quel calendrier ?

Le travail de thèse se nourrira des résultats de cette étude (notamment en termes de statistiques) et cherchera à le compléter sur des points précis méritant une analyse approfondie. Par exemple, en s’appuyant sur une typologie des différents marchés fonciers identifiés, les espaces périurbains (immédiat ou de seconde couronne), les espaces littoraux et leurs arrière-pays pourraient faire l’objet d’un expertise plus fine permettant de caractériser leur mode de fonctionnement à la lumière des trois axes d’analyse évoqués dans l’objectif suivant (usage des terres, gouvernance foncière et impact de l’accessibilité). Ce travail de complément à la caractérisation du marché foncier breton, aura recours aux méthodes d’analyse et d’expertise de la géographie sociale : cartographie et enquêtes de terrain auprès des acteurs, notamment privés (lotisseurs, promoteurs, acheteurs, vendeurs).

2. Comprendre les mécanismes : la théorie du marché foncier

Objectif : confirmer ou infirmer les idées reçues sur le fonctionnement du marché foncier.

Afin d’expliquer la « rationalité du système », trois approches seront proposées pour éclairer la décision politique.

Le premier point concerne la question de l’arbitrage dans l’usage des terres. Il s’agira d’identifier et de caractériser la logique de chacun des acteurs du marché foncier : quels sont les déterminants de la prise de décision (achat ou vente) ? Comment se caractérise le jeu des acteurs ? Quels sont leur niveau de décision et leur capacité d’anticipation ? Quels sont leurs rapports de force ? Comment se détermine l’affectation d’un sol et son évolution ? La deuxième approche traitera de la question de la gouvernance foncière. C’est une dimension essentielle du projet avec l’enjeu stratégique que représente la coordination des politiques publiques régionales, le foncier étant alors compris comme la variable d’ajustement (articulation entre les Pays, les SCOT, les PLU, les PLH…). Elle posera donc la question des compétences et de la répartition des tâches entre les structures. Dans le cadre de cette approche, une analyse approfondie pourra être envisagée sur la situation des ZA en Bretagne : déterminants à la localisation, taux de remplissage et nature des activités, conception et pratique politique des collectivités à ce sujet. La troisième approche reste encore à définir avec précision et n’est, pour le moment, qu’une piste de réflexion évoquée lors de la réunion du 02 Avril 2008. Il s’agit de l’impact du transport et de l’accessibilité sur le marché du foncier et plus largement de l’interaction entre les trois éléments suivants : localisation géographique des activités (résidentielle, économique, loisir…), évolution du marché foncier (notamment par l’analyse des prix) et niveau d’accessibilité (transports collectifs, nature de la desserte, intermodalité, temps de parcours…). Pour illustrer cette approche, on peut ainsi envisager une étude d’impact d’un « effet TER » sur le foncier.

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3. Déterminer la « maturité politique »

Objectif : Identifier les différentes collectivités et leurs pratiques.

On retrouve dans ce troisième objectif la question clef de la gouvernance. En effet, le Conseil régional a constaté que malgré leur compétence dans le domaine, peu d’EPCI s’en saisissent… Trois points devront être abordés pour appréhender cette question.

Le premier concerne l’échelle d’analyse. Celle-ci devra être suffisamment fine pour comprendre le jeu des acteurs et suffisamment englobante pour permettre d’apporter des préconisations à l’institution régionale par la suite (échelle des méta-Pays). Identifier les différentes collectivités et leurs pratiques (acteurs, moyens, perception et motivation) suppose de poser la question de l’acceptabilité d’une intervention régionale sur le marché foncier. En effet, la crainte des communes de perdre leur pouvoir décisionnel sur leur territoire motive parfois une opposition de principe alimentée elle-même par nombre d’idées reçues sur le fonctionnement effectif du marché foncier. Le travail de thèse s’attachera donc à prouver (ou non) l’efficacité de la solution EPFR tout en cherchant à expliquer le fonctionnement réel du marché foncier. La troisième approche, s’inscrivant clairement dans la continuité de la précédente, pose la question de la relation entre le foncier et les formes urbaines. Tout en prenant en compte les particularités régionales (forte dispersion de l’habitat et croissance démographique), il s’agira d’aborder la question des coûts de l’urbanisation (notamment en se référent aux travaux de Marc Wiel, Jean-Marie Halleux et Alain Guengant) afin de proposer des « points d’entrée » pour la Région et de déterminer l’approche que peut adopter l’EPFR en termes de formes urbaines.

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Apports et résultats du travail de thèse

On peut d’ores et déjà identifier des résultats théoriques (liés à la méthodologie, à la modélisation) et des résultats pratiques (par exemple avec la création d’un outil de gestion intégré tel que le SIG). Les résultats attendus sont donc nombreux et, globalement, visent à développer la prospective foncière et la compréhension des mécanismes à l’œuvre dans ce domaine en région Bretagne. On peut rassembler ces apports autour de quatre domaines principaux.

1. Déterminer la légitimité et l’efficacité de l’intervention

Pour parvenir à démontrer l’intérêt éventuel d’une intervention publique sur le marché à l’échelle

régionale par le biais de la création d’un EPFR, il faudra tout d’abord réussir à remplir les deux premiers objectifs évoqués précédemment. A savoir :

- identifier les enjeux majeurs et établir un diagnostic foncier ciblé permettant une première définition de la stratégie foncière régionale (étude commandée par la Région),

- analyser le fonctionnement du marché foncier : identification des mécanismes, des dynamiques, des acteurs et des temporalités (travail de thèse).

meilleure

connaissance théorique du marché foncier : ses règles, ses acteurs, ses moyens, ses outils, ses mécanismes, son temps et ses rythmes d’évolution… Cette démarche aussi bien du point de vue théorique (quel mode de fonctionnement ?), que pratique (quel niveau de fiscalité pour intervenir efficacement sur le foncier non bâti ?) apportera donc des éléments de compréhension sur le fonctionnement de fond de ce marché et sera complémentaire à l’étude commandée par le Conseil régional. Un apport institutionnel et un nouveau regard sur la gouvernance seront également recherchés pour alimenter la réflexion sur l’articulation des politiques régionales et intercommunales. En effet, afin d’assurer une gestion intégrée effective des territoires bretons, une meilleure gouvernance est souhaitable, avec l’idée de mieux observer pour mieux anticiper les mutations foncières et immobilières à court comme à moyen terme.

En effet, sur le plan scientifique, ce travail de recherche permettra d’aboutir à

une

Chercher à déterminer la légitimité et l’efficacité d’une telle intervention formera la trame de fond de tout le travail de recherche envisagé dans le cadre de la thèse.

On peut ainsi proposer la grille de lecture suivante comme autant de résultats attendus permettant de concourir à la définition de la stratégie régionale foncière :

Légitimité :

- analyser les facteurs motivant la création des EPF nouveaux avec la mise en avant de missions et de préoccupations différentes de celles revendiquées par les anciens EPF qui, eux aussi, évoluent. Exemple du NPdC qui change de statut et se dote de nouvelles missions…

- rechercher une bonne gouvernance foncière pour justifier l’intervention régionale. Exemple de l’articulation PLU / SCoT et du rôle de coordinateur que peut jouer la Région, acteur de référence auprès des Pays…

- proposer un rôle de partage de l’information notamment grâce à la mise en place d’un SIG comme outil de veille stratégique territoriale.sur le modèle de l’Observatoire ORHA (NPdC)…

Efficacité :

- définir des enjeux et des objectifs clairement identifiés afin de déterminer une stratégie foncière claire au service des politiques du Conseil régional.

- permettre de quantifier, qualifier, localiser et anticiper la consommation d’espace (recours au SIG) : est-ce de la dilapidation foncière ? est-ce du périphérique ? des espaces naturels ? à quel rythme ?

- définir les acteurs à associer.

- poser la question du niveau des ressources à mobiliser.

- déterminer la capacité d’action réelle sur les prix et de la possibilité effective d’influence sur le marché foncier

- proposer un bilan coûts / avantages transversal.

Ce premier résultat du travail de thèse devra aboutir à l’évaluation des outils fonciers au service des collectivités et des pouvoirs publics. Afin de permettre la capitalisation et le transfert d’expérience, notre

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démarche s’appuiera notamment sur l’analyse des EPFR hexagonaux expérimentés et apportera une ouverture européenne en montrant comment d’autres collectivités se sont-ils saisies de ces questions.

Conformément à son ambition théorique, opérationnelle et prescriptive, le travail se traduira, dans un

premier temps, par la création d’une banque de donnée sur les EPF hexagonaux à partir des quatre axes suivants

:

- mode de fonctionnement (fiche d’identité, conventionnement, mode d’intervention, territoire et champs d’intervention privilégiés, équipe opérationnelle…),

- montage financier (budget et modalité, nature des ressources, la TSE et la loi Borloo…),

- montage opérationnel (réseau partenarial, jeu des acteurs et gouvernance, rapports de force et conflits d’usage, orientations et choix politiques…),

- analyse d’impact et efficacité de l’intervention (évaluation en fonction des intérêts de l’EPF breton :

impact sur le marché, volume et valeur des transactions, vécu et perception de cet outil public d’intervention par les élus, les citoyens et les acteurs traditionnels du marché foncier…) Partenaires hexagonaux : l’Association des Etudes Foncières (ADEF), le Ministère de l’Equipement, certains EPFR expérimentés (NPdC, PACA et Normandie notamment), le réseau universitaire.

Dans un deuxième temps, une ouverture européenne sera proposée pour voir comment ces enjeux sont perçus et appréhendés à l’étranger. Trois pays sont d’ores et déjà identifiés et les contacts avec des partenaires étrangers engagés. Il s’agit :

- des Pays-Bas : un cas de gestion très stricte du marché foncier par les pouvoirs publics ; l’examen de cette tradition « corporatiste » est d’un grand intérêt pour évaluer la portée d’un interventionnisme foncier poussé ;

- de la Wallonie (Belgique) : une situation de très faible contrôle avec un urbanisme très diffus, mais dans un contexte de prise de conscience récente qui mobilise la Région wallonne ;

- du Royaume-Uni : un contexte particulier de contre-urbanisation forte mais combinée avec une politique foncière très stricte à l’échelle locale. Partenaires européens : le laboratoire SEGEFA de l’Université de Liège, le réseau européen de coopération pour la recherche scientifique (COST) basé à Bruxelles ; le Département d’Aménagement de l’Université de Nimègue et l’Institut néerlandais de Recherche sur l’espace à La Haye ; plusieurs centres de recherche en Angleterre (Universités de Birmingham, Brighton, Bristol, Liverpool, Manchester, Newcastle, Sheffield, South Bank (Londres), Wolverhampton).

2. Caractériser les particularités régionales de la Bretagne

Identifier et valoriser les enjeux spécifiques de la région au regard du foncier constitue l’objectif auquel devra répondre l’étude lancée en Septembre 2008. Pour autant et dans le cadre de l’analyse des expériences antérieures en France, le travail de thèse pourra apporter des éléments de précision précieux pour permettre de définir au mieux la stratégie foncière régionale.

L’apport de mon travail dans ce domaine consistera notamment en trois points :

- valoriser l’identification des enjeux par les acteurs dans le cadre d’entretiens avec : les services de la DRE, les services et quelques élus du Conseil Régional, les services et quelques élus des Pays et de quelques EPCI incontournables,

- mettre en lumière les besoins et les actions des collectivités bretonnes ayant déjà développé leur propre politique foncière (en lien avec les PLH, les PLU, les SCoT),

- caractériser les particularités régionales au regard de la situation nationale et internationale (dans le cadre des trois pays précités).

Ce travail devra permettre de déterminer l’angle thématique prioritaire de mon travail et de hiérarchiser les attentes de l’institution régionale à ce sujet : habitat, économie, environnement, transport, formes urbaines…et recherche d’un développement durable et harmonieux de l’espace régional.

Partenaires régionaux : les services de l’Equipement, le service Foncier de la Région et le CESR, les intercommunalités ayant une politique foncières d’envergure (Rennes, Brest et Lorient), la SBAFER, les Chambres Consulaires et le Conservatoire du Littoral. Mais aussi la Maison des Sciences de l’Homme de Bretagne et ses réseaux.

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3.

Le SIG, identification et veille stratégique

Comme l’indiquait le directeur du tout jeune EPF des Yvelines, pour être efficace, un EPF doit

parfaitement connaître son territoire pour être en mesure de détecter les opportunités et, in fine, de produire du foncier adapté aux besoins du territoire. A terme, l’EPFR breton pourrait ainsi se voir jouer un rôle de diffuseur

politiques

régionales. Le SIG peut ainsi devenir l’occasion de développer une nouvelle forme de partenariat entre les acteurs régionaux.

d’information

(production,

valorisation

et

diffusion)

au

service

d’une

bonne

articulation

des

Le SIG devrait permettre de produire une information actualisable et facilement accessible pour les acteurs du territoire (prix du foncier, évolution de la classification des sols dans les documents de planification, données statistiques sur l’habitat, localisation géographique et suivi de l’urbanisme et des zones bâties…). On peut d’ailleurs envisager à terme la création d’un extranet dédié à cette thématique et permettant la diffusion et le partage d’informations auprès des acteurs institutionnels bretons et des partenaires de l’EPFR breton.

Le résultat recherché est la création d’un outil régional de veille stratégique pour la compréhension et le suivi permanent du marché foncier grâce à une information régionalisée interactive. Ce travail prenant appui sur la géomatique se traduira notamment par l’établissement de fiches synthétiques reprenant les grandes caractéristiques de chacun des territoires identifiés (échelle des Pays probablement) dans la perspective des missions confiées au futur EPFR (habitat, économie, environnement). On parviendra ainsi à dresser une typologie des différents marchés fonciers locaux, de leurs enjeux et de leurs évolutions à moyen et long terme. Le SIG, envisagé dans un esprit partenarial large, pourra alors devenir un observatoire et un outil de veille stratégique sur les problématiques du marché foncier régional.

Partenaires SIG : les services de l’Equipement qui disposent déjà d’un travail à ce sujet, le service SIG du Conseil Régional et les experts de l’Université Rennes 2.

4. Les recommandations : scénarios

La finalité de cette dernière partie est d’éclairer, par un regard scientifique, les choix que devront prendre les politiques. Ces scénarios sont conçus comme des aides à la décision stratégique valorisant l’ensemble du travail de la thèse sur les mécanismes du marché foncier resitué dans le contexte spécifique de la Région Bretagne.

Les recommandations se présenteront sous deux aspects.

Dans un premier temps, des scénarios traitant de la gouvernance foncière seront proposés. Il s’agira essentiellement d’un travail de prospective régionale qui permettra, avec l’appui éventuel de partenaires régionaux, de formuler des préconisations s’appuyant sur des modèles de simulation et permettant l’élaboration de scénarios plus ou moins volontaristes. Exemple de quatre scénarios :

- une intervention volontariste et globale,

- une intervention ciblée (plus fine et spécifique sur un thème ou un territoire jugé prioritaire),

- un, scénario tendanciel, « au fil de l’eau », prolongeant la situation actuelle.

- un scénario d’inspiration libérale envisageant une moindre intervention publique.

Chacun des scénarios envisagés (volontariste, ciblé, tendanciel, moindre intervention) présentera en détail les impacts d’une intensité variable de l’action régionale vis-à-vis :

- de la nature et de l’ampleur des moyens mis en œuvre (sur le jeu et le comportement des acteurs),

- des effets sur la cohésion régionale (articulation des politiques et nouvelle gouvernance),

- de chacun des domaines d’intervention (résidentiel, économie, environnement, transport…),

- et bien sûr tentera de présenter le comportement prévisible du marché (niveau de prix, rythme, localisation, réaction et effets indirects possibles).

Le deuxième volet des recommandations concernera spécifiquement les recommandations issues de l’analyse des autres expériences. C’est en bénéficiant des expériences antérieures en France et à l’international en matière de maîtrise foncière que le doctorant pourra formuler des recommandations dans le but d’assurer le succès de l’intervention publique sur le marché foncier. Il s’agira, par exemple, de proposer de nouveaux outils

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de maîtrise foncière et de permettre les transferts de savoir-faire et d’innovation pour acquérir une meilleure capacité de planification. Le Conseil régional pourrait ainsi se doter à terme et en marge de la création de l’EPF, d’un observatoire de l’habitat à l’image de l’Observatoire Régional de l’Habitat et de l’Aménagement (ORHA) du Nord-Pas-de-Calais. Il faut noter que cet outil de suivi du contexte et des particularités régionales est aussi un lieu de concertation, d’information et de réflexion, source d’idées et de propositions pour l’institution régionale.

La politique de maîtrise du foncier est une condition et un facteur essentiel du développement équilibré des territoires bretons dans la mesure où elle permet d’anticiper les projets d’aménagement et suppose une démarche intégrée de gestion. Un des résultats consécutifs à ce travail sera également de contribuer à diffuser des modèles de développement (urbain notamment) plus économes en espaces, la formulation de préconisations faisant aussi partie des résultats attendus.

Eléments d’organisation et de contexte

1. Le contexte scientifique

La Bretagne, comme d’autres territoires avant elle, se trouve aujourd’hui confrontée à des enjeux fonciers de premier ordre. Or, la recherche scientifique reste marquée par une pénurie d’études dans ce domaine. La démarche proposée est donc originale et innovante. Originale parce qu’il n’existe à ce jour aucune étude foncière achevée à l’échelle d’une région entière malgré l’existence d’EPF anciens. Innovante, car la question du foncier reste très peu abordée en France, même par les économistes (à l’exception des travaux de Vincent Renard, chercheur au CNRS et membre du laboratoire d’économétrie de l’Ecole Polytechnique, ainsi que ceux initiés naguère par Marc Kaszinski, Directeur de l’EPF du Nord-Pas-de-Calais et Président de l’Association des Etudes Foncières). La pénurie d’études sur le foncier et particulièrement dans le champ de l’aménagement explique aussi pourquoi on ne peut trouver aucun bilan régional ni aucune évaluation autre que financière de l’action des EPF plus anciens (seule l’Association Des Etudes Foncières a déjà abordé le sujet). Par ailleurs, en faisant du foncier et donc de l’espace l’expression des rapports sociaux, la géographie sociale dont se réclame le laboratoire ESO doit permettre d’en appréhender les effets socio-spatiaux à travers l’analyse du jeu des acteurs dans ce domaine. Notre démarche, …foncièrement inédite, comble donc une lacune et innove en valorisant les enjeux d’équité territoriale et de cohésion sociale peu abordés par les études purement économiques.

2. Le contexte partenarial

Ce sujet de thèse s’inscrit dans le projet scientifique du laboratoire RESO, pôle rennais de l’UMR

directement aux axes de recherches et aux points forts du laboratoire :

« dynamiques sociales et spatiales » d’une part et « espaces et territoires de la gouvernance » d’autre part. Au cours de la réalisation de la thèse, le doctorant pourra ainsi s’appuyer sur un environnement interdisciplinaire riche et inscrire sa démarche dans le prolongement d’études déjà réalisées 2 .

CNRS 6590 ESO, en contribuant

De plus, la thèse bénéficiera d’autres travaux réalisés au laboratoire dans le cadre des projets du laboratoire tels que le programme transversal sur la question du périurbain en cours de montage pour le PUCA (DGUHC, Ministère de l’Equipement). On peut également citer le montage d’un projet de recherche pour l’Agence Nationale de la Recherche sur les « Villes durables » ou encore la participation du RESO au projet PSDR (Pour et Sur le Développement Régional) de l’INRA sur les dynamiques foncières dans l’ouest de la France.

D’autre part, un partenariat international assurant une ouverture européenne enrichissante, permettra de réaliser la recherche en co-tutelle avec le laboratoire SEGEFA de l’Université de Liège, Centre de recherches et d’études appliquées qui fait référence au niveau international en matière de foncier et de politiques d’aménagement. Cette dimension permettra par ailleurs de conforter l’encadrement scientifique en profitant du

2 Démarche prospective sur le Pays de Centre Ouest Bretagne, Etude prospective pour le compte de la DRE Bretagne, Décembre 2006 (http://www.bretagne.equipement.gouv.fr > Catalogue des études). Analyse des déplacements péri-urbains en Bretagne, Etude pour le compte de la DRE, Janvier 2007.

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savoir-faire et de l’expertise développés par ce laboratoire. C’est pourquoi deux co-directeurs de thèse sont prévus : Jean-Marie HALLEUX (du SEGEFA à Liège) et Guy BAUDELLE (du RESO à Rennes).

Enfin, le projet de recherche répond à l’objectif de pluridisciplinarité affiché par la Maison des Sciences de l’Homme de Bretagne en s’inscrivant dans deux de ses quatre grands pôles de recherche : « mondes armoricains et atlantiques » d’un côté et « gouvernance dans les institutions publiques et privées » de l’autre.

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