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Introduction

à l’analyse économique

Annie Jolivet, IRES

Faculté Jean Monnet

2008-2009

CHAPITRE INTRODUCTIF Présentation générale du cours  objectifs  contenu  articulation cours/TD 

CHAPITRE INTRODUCTIF

Présentation générale du cours

objectifs

contenu

articulation cours/TD

méthode de travail

Plan de ce chapitre :

1. La science économique : définition et quelques notions de base

2. Un exemple d’analyse à partir du salaire

: 1. La science économique : définition et quelques notions de base 2. Un exemple d’analyse
1. La science économique 1.1. Définition  P.A. Samuelson : La science économique se donne

1. La science économique

1.1. Définition

P.A. Samuelson : La science économique se donne pour objectif de résoudre le problème de l’allocation des ressources,

en répondant aux trois questions suivantes :

Quels biens produire ? allocation

Comment les produire ? Pour qui les produire ?

production distribution/répartition

L. Robbins : science qui étudie le comprtement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usages alternatifs

science qui étudie le comprtement humain en tant que relation entre les fins et les moyens

1. La science économique

1.2. Économie positive et normative

L’économie positive a trait aux explications objectives ou scientifiques du fonctionnement de l’économie.

L’économie normative fournit des recommandations fondées sur des jugements de valeur personnels.

dans la réalité, pas si facile de séparer les deux approches :

L’économiste peut se vouloir uniquement scientifique et s’arrêter à la seule description des comportements et à la compréhension des

mécanismes.

Cependant lorsqu’il connaît les mécanismes à l’origine d’un problème économique (chômage, absence de croissance…), il paraît naturel qu’il « donne des conseils » ou « émette des avis ».

1. La science économique

1.3. Macroéconomie et microéconomie

Deux conceptions en sciences sociales :

la conception holiste

la conception individualiste « individualisme méthodologique »

En économie cette distinction renvoie à la « séparation » entre macroéconomie et microéconomie. - Raisonnement avec des agents représentatifs.

- Problème de l’agrégation des comportements individuels.

1. La science économique

1.4. Analyse conjoncturelle / structurelle

Un problème conjoncturel : Quelle politique économique pour renforcer la croissance en 2007?

Politique fiscale ? Monétaire ? Budgétaire ?

Des problèmes structurels : Comment durablement augmenter la croissance ?

Education, Innovation, réforme structurelle

Comment faire en sorte que celle-ci soit respectueuse de

l’environnement ?

1. La science économique

1.5. L’économie est-elle une science ?

L’analyse économique bénéficie de l’avancée progressive de la connaissance sans que l’on puisse parler de « découverte ».

Critère de scientificité de Popper (1963) : une proposition est

scientifique quand elle peut être réfutée (par l’observation).

Possibilité d’expérimentation en économie? Oui lorsque construction de modèles qui permettent des

simulations à l’aide d’outils mathématiques et statistiques. Recours

à l’économétrie.

1. La science économique

1.5. L’économie est-elle une science ?

Une loi est un raisonnement théorique destiné à donner une représentation des liens entre les variables économiques.

Une hypothèse est une simplification de la réalité qui rend

possible la formulation de théories compréhensibles et utilisables.

Un modèle est un ensemble d’hypothèses et de lois qui donne une représentation théorique du fonctionnement de l’économie.

distinguer :

- démarche inductive

- et démarche hypothético déductive

2. Deux exemples d’analyse économique

Parler d'analyse économique, c'est accepter qu'il existe une distance, un décalage entre

- les faits ou les phénomènes économiques qui forment notre

environnement - et la manière de les appréhender, ou de les comprendre ; c’est-à- dire de les insérer dans un système explicatif structuré.

Parler d'analyse économique, c'est d'abord savoir faire la distinction entre le "sens commun", c’est-à-dire ce que chacun peut percevoir sur une réalité ou sur un problème économique et

l'approche scientifique de cette réalité ou de ce problème.

2.1. Un exemple à partir du salaire

Une notion de sens commun

Mais pas si simple

de quoi parle-t-on ?

- salaire net

- salaire brut = salaire net

+ cotisations sociales à la charge du salarié

- rémunération = salaire brut

+ cotisations sociales à la charge de l’employeur

Pour comprendre la notion de salaire, nécessité d’en faire une notion plus objective

2.1. Un exemple à partir du salaire

on analyse plus précisément le salaire à partir d'un système explicatif : une théorie de la production

On fait d’abord l’hypothèse qu’un bien Y est produit à partir de

travail seul. On dit que le travail, noté L, est un facteur de production parce qu’il contribue à la production du bien Y.

Comment se détermine le salaire de ce travail ?

le salaire est défini comme la rémunération de la contribution productive du facteur travail. C’est-à-dire le paiement fait au travailleur qui a contribué à la production de Y.

Pour expliquer cela, considérons une fonction de production à un

seul facteur variable, dont l’expression mathématique est de la forme : Y = f (L).

2.1. Un exemple à partir du salaire

Pour définir le salaire, il faut d’abord examiner le rapport entre l’accroissement de la production Y et l’accroissement de la

contribution productive du travail L . Ce rapport, qui est noté Y/ L,

représente la productivité du travail.

On peut aussi définir la productivité marginale du travail, qui correspond à la quantité de produit obtenue par unité

supplémentaire de travail utilisée dans la production (par exemple,

la quantité du bien Y produite par heure de travail). Il s’agit donc de la contribution productive de cette unité de travail.

Puisque le salaire est la rémunération de la contribution productive du travail, le salaire par unité de travail est égal à la productivité marginale du travail.

2.2. Un exemple à partir du chômage

Du point de vue du sens commun, le chômage peut être perçu, et même ressenti, de différentes manières :

- individuellement, pour le chômeur, sa famille, son entourage, le

chômage est une situation vécue, avec tout ce que cela comporte de difficultés matérielles et psychologiques pour ceux qui le

subissent.

- collectivement, pour l’ensemble de la société ou d'une collectivité nationale, le chômage est un problème social ou politique qui nécessite une mobilisation de différents moyens et de différentes

ressources pour tenter de le résoudre, ou au moins pour en

diminuer le taux et donc le poids sur la collectivité.

2.2. Un exemple à partir du chômage

Du point de vue de l'analyse économique, le chômage peut être abordé de différentes manières :

Microéconomique : théorie du "job search" (recherche d'emploi)

hypothèse : les individus arbitrent entre le travail et le loisir, sous certaines contraintes de budget.

Persistance du chômage expliquée par des causes individuelles : un chômeur bien indemnisé arbitrera plus longtemps en faveur de son maintien au chômage.

Chômage aussi lié au délai consacré par les individus à la recherche

d'un nouvel emploi chômage d'autant plus élevé que délai de

recherche long, ce qui peut être dû à des causes structurelles fondement analytique aux politiques économiques qui tendent à fixer des taux dégressifs pour les indemnisations chômage.

2.2. Un exemple à partir du chômage  Macroéconomique : courbe de Phillips - relation

2.2. Un exemple à partir du chômage

Macroéconomique : courbe de Phillips

- relation décroissante entre inflation salariale (taux de croissance des salaires nominaux) et le taux de chômage au delà d’un certain niveau de chômage, les salariés ne sont plus en position de force pour exiger une hausse des salaires, et le partage des gains de productivité s’effectue en faveur des entreprises.

- fin des années 60 : inflation croissante sans aucune réduction du

chômage (stagflation) explication : la courbe de Phillips fonctionne tant que les agents économiques n'ont pas prévu le taux d'inflation et qu'il n'ont pas adapté leur comportement à ce taux.

- courbe de Phillips avec anticipations (Friedman) dès que les

agents économiques ont prévu le taux d'inflation, ils adaptent leur

comportement à ce taux courbe verticale

agents économiques ont prévu le taux d'inflation, ils adaptent leur comportement à ce taux  courbe
Conclusion  Des concepts empiriques et analytiques - concepts empiriques, comme le salaire ou le

Conclusion

Des concepts empiriques et analytiques

- concepts empiriques, comme le salaire ou le chômage

- concepts analytiques : facteurs de production, fonction de production, productivité marginale, NAIRU, chômage naturel

Des outils analytiques

- des modèles ou des théories, avec des différences thématiques et doctrinales

- des modèles économiques (ici la fonction de production) à partir de

travaux statistiques ou économétriques quand il s’agit de modèles

économétriques

de production) à partir de travaux statistiques ou économétriques quand il s’agit de modèles économétriques