Édition du lundi 25 novembre 2013

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VOLUME LXXXII NO 11

Vers un renouveau démocratique à la FÉUO?

- Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa -

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25 novembre 2013

ÉDITORIAL
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Ghassen Athmni | redaction@larotonde.ca

Nous soutenons le « Oui aux AG »

TABLE DES MATIÈRES

Actualités
AG de l’AÉÉPID 4 Programme de parrainage 5 Difficultés financières en Droit 6 États généraux de la Francophonie 7 Semaine de sensibilisation aux incapacités 8 Conséquences des sables bitumineux 9 Groupe d’abandon du tabac 9 Conférence sur la philosophie 10 Débats sur les AG 11 Revue de presse 11 Référendum sur les AG 12 et 13

Arts et culture
Soirée de poésie sur les incapactiés 14 Festival du thé d’Ottawa 15 Opéra à l’U d’O 15 Le Projet Laramie 16 Critique du film Grand Central 16 Spectacle de Xavier Caféïne 17 Entrevue avec Wolanyo 17 Chronique 18 Critiques 18

Ghassen Athmni Rédacteuf en chef C’est demain, mardi, que s’ouvre le référendum qui a pour objet de déterminer si la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) doit se doter d’une Assemblée générale comme institution suprême de décision. Notre date de publication tombe donc, pour ainsi dire, à pic. La Rotonde avait déjà explicitement laissé savoir qu’elle soutenait la pétition initiée par l’Association des étudiantes et étudiants marxistes de l’Université d’Ottawa (AÉÉMUO) en vue de forcer la tenue du scrutin référendaire. En ligne avec la position que nous avions adoptée dans l’édition du 23 septembre, nous n’exposerons pas uniquement les motifs qui nous amènent à apporter notre appui à la Campagne du Oui, mais aussi ceux qui nous poussent à exhorter la population étudiante à saisir l’occasion d’exprimer son choix, que ce soit en étant pour ou contre le changement, ou même en s’abstenant. Dans l’édition du 4 novembre, nous avions également appelé les acteurs des deux bords à œuvrer à garantir une participation quantitativement supérieure à celle qu’ont connue les élections partielles de la fin octobre. Nous ignorions à l’époque que le seuil minimum de 5 % du corps électoral était nécessaire à la validation des résultats, autrement nous aurions été plus explicites dans notre appel à participer.

L’insensé de l’opposition aux AG
Il est vrai que, comme l’avancent certaines voix qui émanent des cercles peu enthousiasmés par le projet, cette évolu-

tion vers un nouveau mode décisionnel peut être entravée par des questions d’ordre technique, voire peut-être par l’absence d’effectifs suffisants. Sauf que cette vision immobiliste des choses ne prend, comme à l’accoutumée, aucunement les vecteurs potentiels de progrès en considération. C’est exécrer la masse étudiante que de la dépeindre systématiquement comme inconsciente et incapable. C’est abhorrer ses semblables que de vouloir leur ôter la possibilité de choisir s’ils veulent participer à la prise de décision, car ce n’est pas aux démissionnaires, ni à ceux qui font l’apologie d’un faux élitisme, d’obliger ceux qui tiennent à leurs droits, aussi minoritaires soient-ils, de ne pas en profiter. Quant au fameux argument de « prise en otage » de la volonté étudiante par ceux qui sont politisés, ceux qui en usent se contredisent eux-mêmes, et plutôt deux fois qu’une. D’abord en raison de l’argument précédent, celui de l’incapacité des étudiants, par lequel ils justifient la concentration des pouvoirs aux mains d’une vingtaine de personnes. Ensuite à cause du fait qu’avec la structure actuelle, celle à laquelle ils tiennent, la volonté des étudiants n’a, de facto, aucun intérêt. Au contraire, l’Assemblée générale permettra d’exprimer un florilège de volontés, même les plus saugrenues, et ce, dans le but de susciter la construction d’une nouvelle façon d’aborder la politique au sein de la FÉUO, une façon qui tient compte des faits et de la réalité des choses, au lieu de se limiter à la poudre aux yeux de la politique de salons. Cette vieille approche a démontré son échec total, elle n’offre pas les outils nécessaires pour se former à prendre avantage de ses droits, au contraire, elle révulse les étudiants et les éloigne de la politique, et c’est peut-être cela que veulent les adversaires des AG.

Récupérez vos pouvoirs
Cette votation est l’occasion d’apporter un changement d’envergure. Une de ces occasions qui n’arrivent pas souvent en politique étudiante (ni dans les autres politiques d’ailleurs) mais qui pourtant risque de passer inaperçue. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons donné la priorité à cette échéance. Une Assemblée générale permettra aux étudiants de reprendre leur pouvoir constituant, qui est l’essence même de leur syndicalisation au sein de la FÉUO, dans le sens où les débats, les votes et les décisions se feront de la manière la plus directe et à visage découvert, sans interface ni artifice. Le pouvoir constituant renvoie, étymologie oblige, à la conception, la rédaction, la révision et l’abrogation d’une constitution. À l’heure actuelle, ce pouvoir est institutionnellement réquisitionné par le Conseil d’administration, il n’existe techniquement aucun moyen d’apporter des modifications aux règlements et aux politiques sans faire partie du sommet de la hiérarchie. Ainsi, il est éminemment nécessaire de se prévaloir de ces prérogatives afin de se désaliéner, d’annihiler, ne serait-ce qu’en partie, l’emprise de la structure syndicale sur le membre, car c’est le dépouillement de pouvoirs qui engendre d’une part la désaffection (de l’étudiant) par rapport à la condition étudiante et à ce qu’elle implique en termes d’activités politiques multiformes (dans le sens le plus étendu du mot politique). Pour ce faire, pour se prévaloir de ces prérogatives, La Rotonde vous incite fortement à aller exprimer une opinion, de préférence favorable, lors de ces trois prochains jours, aux différents bureaux de vote.

Sports
Quidditch : Coupe du monde 19 Basket-ball 20 Hockey 21 Volleyball 22 Tirs de barrage avec David Foucher 22 Chronique 23 Classements 23

Lettres d’outremer
Chronique européenne Chronique haïtienne 24 24

Labyrinthes
La nuit, ce n’est pas pour dormir 25

Opinions
Les FTX de Troubles 27

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ACTUALITÉS
David Beaudin Hyppia | actualites@larotonde.ca

NOUVEAU SITE WEB DE L’U D’O

Un succès mitigé
Samuel Lafontaine et Ghassen Athmni

Le 12 novembre dernier, l’Université d’Ottawa (U d’O) lançait son nouveau site internet.
Les principaux objectifs annoncés de ce changement sont de faciliter l’usage de uottawa.ca via les appareils de téléphonie mobile, d’améliorer le moteur de recherche et de rendre le site visuellement plus agréable, en plus de faciliter la vie des étudiants et des employés. Dans un communiqué de presse émis par l’U d’O pour le lancement de son nouveau site web, le recteur et vicechancelier Allan Rock y est allé de cette déclaration : « Nous nous sommes engagés à améliorer l’expérience des étudiants et étudiantes de l’Université d’Ottawa sur le campus et en ligne. Le nouveau site web est un grand pas dans cette direction ». De son côté, Drew Anderson, directeur général des communications, a affirmé que « [le] nouveau site, optimisé pour les téléphones intelligents et les BÂTIMENTS DE L’U D’O

tablettes, est conçu précisément pour permettre aux étudiants et aux futurs étudiants de trouver l’information dont ils ont besoin rapidement. Il est plus simple, plus clair et plus intuitif ». Pourtant, en ouvrant la page d’accueil du nouveau site, les premiers onglets qui s’affichent sont ceux concernant les futurs étudiants, alors que des onglets comme «Étudiants» ou «Employés» sont écrits en caractères tout petit au bas de la page. Un choix qui semble favoriser les futurs étudiants aux étudiants déjà inscrits. Les quatre nouvelles options présentées au milieu de la page de garde confirment cette impression, permettant en effet de connaitre les dates importantes pour les admissions, d’estimer les coûts d’un cursus en particulier, ou de trouver rapidement un programme. Ben Sparkes, étudiant de deuxième année en science politique, a fait part de son opinion : « Le nouveau site est bien. Il est davantage user friendly et il est plus beau, mais c’est dommage que la section « Étudiants » ne soit pas plus visible. » Pour Laurence Leduc-Thériault, étudiante de deuxième année en psychologie et en linguistique, il faut un temps d’acclimatation au nouveau site. « Je ne l'ai pas encore beaucoup utilisé,

Page de garde du nouveau site de l’U d’O

mais j'étais habitué à l'ancien, alors pour le moment je ne l'aime pas tellement. Il est beau visuellement par contre ». Il faut remarquer que la nouvelle interface regorge de liens qui ren-

voient à l’ancienne, en particulier en ce qui concerne la présentation des programmes aux futurs étudiants. D’autre part, plusieurs liens ne sont plus aussi faciles d’accès, notamment

celui du uoZone et ceux qui mènent aux pages consacrées au Bureau des gouverneurs et au Sénat. En 2012, uottawa.ca avait reçu 51,5 millions de visites.

Un comité pour renommer Université 52
Sinda Garziz Adjointe Actualités

Suite à une demande formulée à l’administration de l’Université d’Ottawa (U d’O) par l’Association des étudiants en études autochtones et canadiennes (AÉÉAC) et l’Association des étudiant-e-s autochtones (AÉA), en janvier dernier, le bâtiment qui porte actuellement le nom « Université 52 » et qui abrite l’Institut des études canadiennes et autochtones, changera de nom.
L’AÉA et l'AÉÉAC ont proposé de donner à ce bâtiment le nom d’un grand militant algonquin décédé, connu autrefois pour avoir été un leader intellectuel, politique et spirituel dominant de la nation algonquine. Cette proposition de renommer le bâtiment a été initiée par le bureau du doyen de la Faculté des arts a ainsi reçu l’accord de l’administration universitaire, en février dernier. La famille du défunt a aussi exprimé son approbation et la proposition a finalement été approuvée à l’unanimité par le comité chargé des négociations, composé par les représentants des services d’accès, le Sénat, le Bureau des gouverneurs, l'AÉA et l'AÉÉAC. William Leonard Felepchuk, étudiant à l’Université

d’Ottawa et membre des deux associations susmentionnées, énonce que l'objectif de ce changement de nom d’après une personnalité algonquine, selon la dernière réunion de négociations du comité qui a eu lieu le 20 novembre dernier, s’inscrit dans une lutte pour une plus grande reconnaissance de la nation algonquine dans l’entourage de l’Université d’Ottawa. Une université qui, selon la législation canadienne, est construite sur des terres non-cédées de la nation algonquine. « Le changement du nom d’un bâtiment du campus d’après un Algonquin est attendu depuis longtemps. C’est un petit pas vers la reconnaissance de la nation autochtone sur les terres où nous vivons », affirme-il. Le nom demeurera confidentiel jusqu’à ce que le processus de l’approbation prenne fin, avec l’appui du Bureau des gouverneurs prévu pour le mois prochain, tout en sachant que jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu d’opposition à cette proposition, ni de la part des groupes étudiants, ni de la part de l’administration. Une cérémonie de changement de nom officielle aura lieu durant le semestre d’hiver 2014. Cependant, nommer un bâtiment d’après une personne algonquine est considéré comme un acte symbolique louable et important pour une plus grande reconnaissance de la nation autochtone. Mais cela n’est pas suffisant. Beaucoup de changements réels et tangibles doivent encore être réalisés, selon M. Felepchuk. Il faudrait plus de financements aux associations des étudiant-e-s autochtones, qui font face à beaucoup d’obstacles, comme la difficulté d’accéder à l’éducation universitaire. « Nos associations étudiantes veulent aussi voir la langue algonquine enseignée à l’Université, ainsi que des améliorations au programme des études autochtones » affirme-t-il.

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ACTUALITÉS

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’AÉÉPID

Des débats récurrents au sein de l’Assemblée

Rachael Yaworski - Photo Ayoub Ben Sassi

Sara Ghalia Adjointe actualités

Mercredi dernier à 19 h, a eu lieu l’Assemblée générale de l’Association étudiante des études politiques, internationales et de développement Maintien des deux postes (ÉÉPID) durant laquelle D’autres changements en vue de v.-p. social plusieurs modifications ont Plusieurs autres motions ont été accepUn des débats les plus longs a porté sur été faites à la Constitution. tées sans grand débat. Dorénavant, un ap- la motion présentée par Michel Fournier-SiD’autres changements sont pel pour la position de directeur général des mard, vice-président social (francophone). également prévus dès le début élections sera présenté deux semaines avant Ce dernier proposait de fusionner les posique la nomination ne commence durant les tions de v.-p. social francophone et v.-p. sode l’année prochaine. élections générales et les élections partielles.
Un vice-président aux affaires philanthropiques
L’une des motions soumises par Yanéric Bisaillon, directeur de la philanthropie à l’AÉÉPID, proposait de changer la position de directeur de philanthropie à celle de viceprésident aux affaires philanthropiques. Il a expliqué que la motion permettrait au directeur d’avoir un droit de vote et que la personne ne serait plus nommée par l’exécutif, mais élue lors des élections de l’AÉÉPID. M. Bisaillon a rappelé que « le directeur en philanthropie est en contact avec beaucoup d’argent » mais aussi que « les autres directeurs ont des positions très techniques. Le directeur aux communications s’occupe des médias sociaux […] alors que le directeur de la philanthropie doit amasser des fonds et créer des événements. » Il a fait remarquer Le directeur sera choisi d’après une procédure de candidature et devra être approuvé par une majorité des membres votants de l’exécutif. Si personne ne se présente pour la position, le directeur sera nommé par l’exécutif. Aussi, un point de la Constitution assurait que « ni l’AÉÉPID, ni les membres de son exécutif ne peuvent, dans le cours de leurs fonctions, soutenir ouvertement un parti politique ou encourager les étudiant(e) s à se joindre à un parti en particulier. » Ceci dit, plusieurs membres de l’exécutif ont rappelé que cette mention n’avait pas été respectée par plusieurs membres et qu’il était préférable de la changer. Désormais, il sera possible pour l’AÉÉPID et les membres de l’exécutif de soutenir ouvertement un parti politique, mais ils ne pourront pas utiliser les ressources de l’AÉÉPID pour influencer les

que durant la table ronde de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), le directeur de philanthropie de l’AÉÉPID était l’un des seuls à ne pas avoir le droit de vote au sein de son propre exécutif. Ses propos ont été appuyés par Elizabeth Radtke, ancienne directrice de la philanthropie. La motion a été adoptée et les changements seront effectifs dès les prochaines élections de 2014.

étudiants. Un autre point a été rajouté, stipulant que l’AÉÉPID n’appuie aucune forme de « manifestation assise » ( sit-in ) durant un événement ou une réunion de la FÉUO ou de l’Université d’Ottawa. Toutefois, cette motion a rencontré une certaine incertitude à l’Assemblée, avec plus de huit abstentions notées.

cial anglophone. Il a expliqué que durant les trois dernières années, trop de problèmes étaient survenus et qu’il était préférable de simplifier les choses et de s’assurer que la personne soit bilingue. Derry Hendarna, ancien v.-p. social (anglophone) a appuyé les arguments de M. Fournier-Simard. Il a déploré l’historique de problèmes entre les deux vice-présidents, l’un ayant souvent plus de travail que l’autre, et a admis qu’il était difficile de partager les tâches. Questionnée sur le sujet, Rachael Yaworski a affirmé qu’« il s’agit d’un problème lié aux personnes élues et non aux postes euxmêmes ». Durant la période de débat, plusieurs personnes ont avancé le problème du bilinguisme, notamment sur la manière de s’assurer qu’un seul vice-président social serait capable de représenter les intérêts des

francophones. « Un anglophone ne devrait pas toucher au rôle de v.-p. social franco », a déclaré Thomas Simpson, vice-président aux affaires académiques pour les étudiants en science politique, et dont les propos sont devenus l’argument principal contre la motion. M. Fournier-Simard a alors rappelé que le mandat du v.-p. social franco était de s’occuper des Jeux de la Politique, ce qui de facto s’assurerait que le v-.p. social soit aussi à l’aise en français qu’en anglais. Après un débat de plus de 30 minutes, le vote a eu lieu et la motion a été refusée. « Historiquement, les francophones se présentent moins aux autres postes [que ce lui de v.-p. social francophone]. Il y a un di recteur du bilinguisme, mais ils ne peuvent pas voter. Il ne pourrait pas voter pour sponsoriser les Jeux de la Politique, par exemple », explique Rachael Yaworski. Elle a aussi insisté sur le fait que les francophones ont tendance à connaître plus de francophones que les anglophones, et que le v.-p. social franco permettait d’encourager l’implication des étudiants francophones. L’Assemblée générale s’est terminée vers 22 h. Si certains sont sortis déçus, la présidente de l’AÉÉPID s’est dite satisfaite des débats et des motions acceptées. Bien que vers la troisième heure, l’Assemblée avait tout juste le quorum (25 personnes), Mme Yarowski a apprécié la présence d’un nombre élevé d’étudiants en première année comparativement aux Assemblées générales précédentes. Elle a toutefois reconnu que d’autres moyens pour promouvoir l’Assemblée générale devraient être mis en place, dont « une table informative une semaine avant l’événement pour informer les étudiants ».

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ACTUALITES

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25 novembre 2013

VIE ÉTUDIANTE

Marie-Claude Savoie et Lucie Sagot-Duvauroux - Photo Aïcha Baria

Parrain ou parrainé, telle est la question
Aïcha Baria Bénévole

Depuis quelques années, l’Université d’Ottawa (U d’O) promeut les échanges interculturels. Le lancement de la 20e édition du programme de parrainage pour le semestre d’hiver, par le bureau international, en est l’exemple typique. Retour sur un dispositif peu connu des étudiants canadiens et pourtant populaire auprès des étudiants internationaux.
S’il y a une question qui trotte dans la tête d’Ashley Gunter depuis quelques semaines, c’est bien : « Qui parraineriez-vous cette année? ». Coordinatrice du programme de parrainage auprès du bureau international de l’Université d’Ottawa, elle ouvre la 20e édition du programme pour le

semestre d’hiver, dont la date limite d’inscription est le 30 novembre. Le concept de ce dispositif est basé sur la mise en relation d’un étudiant étranger avec un étudiant résident et pour qui l’échange culturel permettrait de le rassurer et de l’intégrer. Mais cela « donne aussi l’opportunité aux étudiants canadiens de s’ouvrir à d’autres cultures, de ne pas rester confinés dans leur petite bulle du quotidien », explique Sophie Wauquier, conseillère aux étudiants étrangers. « Rien que la session dernière, ils étaient 300 “locaux”, c’est-à-dire étudiants de l’U d’O, à s’inscrire au programme, pour 400 étudiants internationaux », ajoute Mme Gunter. En dix ans, les participants sont passés d’une cinquantaine à 700 étudiants. Une explosion qui s’explique grâce à l’utilisation des nouveaux médias. « Notre groupe Facebook compte 4373 membres, c’est dire l’importance de cet outil pour la diffusion des événements du bureau international et du programme de parrainage », précise Mme Wauquier. Le bureau doit faire face à un enjeu important, soit celui de recruter un nombre conséquent d’étudiants « locaux » qui ne sont pas au courant du programme par rapport aux étudiants internationaux. Le bureau se base surtout sur une liste de courriels d’étudiants canadiens qui ont eux-mêmes fait un échange international et qui comprennent donc plus les difficultés et les enjeux auxquels font face les étudiants étrangers. Promouvoir la

diversité culturelle auprès des étudiants qui sont déjà sensibilisés à la question, c’est bien. Mais la promouvoir auprès d’un étudiant moyen qui n’a jamais bougé de sa ville, c’est mieux. Lucie Sagot-Duvauroux explique les démarches d’un parrainé : « En gros, on complète un formulaire avec les centres d’intérets et on se retrouve jumelé à quelqu’un selon ces points communs. Mais le contact direct vient de nousmêmes par courriel avec la personne qui nous a été affiliée. Pour ma part, ça a marché. Je partage beaucoup de valeurs avec ma buddy, et on s’est investie chacune de notre côté pour renforcer notre amitié ». Marie-Claude Savoie, sa marraine, enchaîne : « Je pensais venir en aide à quelqu’un et au final, j’ai découvert une personnalité qui me stimule et qui m’oblige à sortir de mon train-train. Elle me fait découvrir la ville d’un regard neuf et on se voit pratiquement deux fois par semaine avec nos parties de badminton ». Le cas d’Arthur Robert est moins rose, car son buddy a pris du temps pour lui répondre. « Cela faisait déjà un mois que j’étais à Ottawa, j’avais mes repères et cela m’a démotivé à garder contact ». Nerlyn Marcellus explique que cette démotivation peut venir tout autant des étudiants étrangers que des étudiants de l’U d’O. « Personnellement, je m’entends très bien avec ma buddy, mais je connais une amie dont le parrain s’investissait peu. On ne

peut pas prévoir à l’avance la motivation des gens, et l’aménagement de l’emploi du temps ; il faut dire que le rythme d’un étudiant étranger n’est pas le même que celui d’un Canadien. Les attentes aussi. Mais vraiment, je recommande ce programme! » Les « jadore, j’adhère » se substituent à la véritable question de l’efficacité du programme de parrainage. Le bilan est mitigé. Ce qui est irréfutable, c’est l’intention noble du dispositif dans le développemement de l’échange culturel au sein de l’Université et le tremplin qu’il connait. Selon Mme Sagot-Duvauroux, ce qui serait bien, « c’est de forcer la rencontre en début de session avec la mise en place d’une fête d’accueil. On pourrait aussi nous transmettre une feuille avec les activités gratuites qu’on pourrait faire par nous-mêmes avec son buddy sur le campus ». « C’est ensemble qu’on réussira à créer un climat de plus en plus favorable à l’échange culturel. Ce sont d’ailleurs deux Danois en échange qui ont eu l’idée du tournoi international de soccer de l’Université. La rencontre des cultures est une richesse, et il ne tient qu’à nous de saisir cette opportunité », conclut la conseillère des étudiants internationaux. Allez-vous aussi saisir cette occasion? Pour s’inscrire au programme : http://www. international.uottawa.ca/fr/sortant/echanges/parrainage. html

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ACTUALITÉS

ENDETTEMENT DES ÉTUDIANTS EN DROIT

Une assistance financière insuffisante
Marc-André Bonneau Adjoint actualités

Après deux années d’études, Eric Girard a failli se retirer de la Faculté de droit, en raison de difficultés financières. Il a fait part publiquement de sa situation dans une lettre ouverte. À la suite de la publication de son texte, la doyenne de la Faculté, Nathalie Des Rosiers, a animé une discussion sur l’assistance financière.
Mme Des Rosiers a répondu à de nombreuses questions des étudiants dans cette rencontre qui a eu lieu le 21 novembre. Elle s’est montrée ouverte aux suggestions des étudiants, qui ont critiqué le manque de soutien de la Faculté concernant les difficultés financières.

idées étaient centrales derrière son manifeste. « Premièrement, c’était au sujet de ma propre histoire et de la façon dont j’ai été traité par l’Université. Deuxièmement, c’était aussi parce que je savais qu’il y avait d’autres gens [dans ma situation], mais qu’ils étaient trop intimidés pour en parler. Troisièmement, cet enjeu reflète un problème systémique ». Ainsi, M. Girard a perçu le besoin de faire quelque chose. Au sujet des dernières hausses des frais de scolarité, Eric Girard a précisé que « la conversation n’avance plus depuis longtemps, au moins 10 ou 15 ans. Ainsi, peut-être qu’une solution plus radicale mettrait de la pression sur le problème avec plus de vigueur. […] Mais même si l’on applique ces pressions, le choix demeure entre les mains des individus qui ont le pouvoir. »

Cosignataire recherché
Plusieurs étudiants qui sont aux prises avec des difficultés financières sont confrontés à la difficulté d’obtenir un prêt d’une institution bancaire. Les individus dans cette situation ont souvent besoin d’un cosignataire, ce qui n’est pas toujours à leur portée. Mme Des Rosiers a indiqué que de possibles arrangements entre les institutions bancaires et l’Université facilitant les prêts aux étudiants qui n’arrivent pas à obtenir une marge de crédit devraient être envisagés dans le futur. Devant la possibilité de devoir renoncer à son éducation à cause d’un manque d’argent, Eric Girard a avancé que « l’Université devrait annoncer clairement que les étudiants qui ne peuvent avoir du crédit ne devraient pas venir étudier ici. Ils devraient dire directement, dans leur lettre d’acceptation, que l’Université ne va pas soutenir dans leur tentative d’obtenir leur diplôme [les étudiants] qui n’ont pas accès à un crédit ou à un surplus de 30 000 $. » Les

étudiants sont éligibles à une aide maximale de 12 000 $ du régime d’aide financière aux étudiants de l’Ontario, alors que les seuls frais de scolarité d’une année se rapprochent de 15 000 $. Le risque que les étudiants de droit ne remboursent pas leur dette est très bas, selon Eric Girard, puisque ceux qui décrochent leur diplôme ont un grand potentiel de gains financiers. De plus, les individus qui déclarent faillite ne peuvent pratiquer le droit par la suite. Plusieurs propositions ont été faites par quelques étudiants, telles que la possibilité que l’Université cosigne certains prêts ou plus simplement que l’Université prête des sommes qui permettraient aux étudiants d’atteindre la remise des diplômes, et qui seraient remboursées par la suite. Toutefois, la discussion a montré que l’Université priorise d’autres scénarios. La doyenne a aussi affirmé que la Faculté tente d’augmenter les opportunités de travail pour les étudiants dans leur domaine d’études. Cette approche permettrait aux étudiants de payer leurs frais de scolarité, tout en gagnant de l’expérience de travail.

Des Rosiers a rappelé que l’Université a distribué 89 bourses d’admission à l’intérieur de la Faculté de droit l’année dernière. Concernant l’assistance financière, Mme Des Rosiers a souligné que la Faculté se doit de donner « une meilleure réponse à ces questions ». Elle a aussi indiqué aux étudiants que ceux-ci pouvaient l’aider dans ses démarches, en rappelant qu’ils sont dotés d’une voix forte.

Dons et privatisation
Le manque de subventions venant du gouvernement provincial a, selon Mme Des Rosiers, conduit à la privatisation, ce qui accroit l’importance des donateurs. « L’Université a eu à se privatiser davantage. Ainsi, ils ont commencé à faire plus de collectes de fonds, comparativement à ce qui se faisait avant. Dans le passé, les doyens ne s’occupaient pas de collectes de fonds. Maintenant, je fais cela deux jours par semaine, voire même trois. » L’oratrice a indiqué, en comparant le système universitaire canadien au système américain, que l’aide gouvernementale a toujours été notre façon de financer les universités. Maintenant que ce financement est réduit, l’Université doit collecter plus de dons. Mme Des Rosiers a d’ailleurs fait un appel aux étudiants présents, dans le but d’identifier de possibles donateurs. Elle a indiqué que « si vous avez des idées de gens que je devrais consulter et rencontrer », cela serait possiblement bénéfique. Eric Girard a rappelé que « beaucoup de gens sont forcés de quitter. C’est un peu différent avec le programme de droit, parce que les étudiants investissent tellement d’argent, soit près de 15 000 $ par année. » Ainsi, lorsque des étudiants doivent partir après deux années perdues, c’est une perte énorme. Mme Des Rosiers a indiqué qu’une réponse à la lettre d’Eric avait été envoyée au Globe and Mail. L’histoire demeure à suivre.

Hausse des frais inébranlable
Bien que les problèmes financiers des étudiants aient été l’unique objet de cette rencontre, qui a duré plus d’une heure, peu a été dit sur l’idée de réduire les frais de scolarité et d’empêcher une nouvelle hausse. Mme Des Rosiers a plutôt parlé « d’assistance financière », puisque la hausse est entre les mains du Bureau des gouverneurs. La doyenne a souligné que « les coûts de l’éducation sont en hausse puisque la compétition [entre institutions] augmente. Nous sommes maintenant classés internationalement. » Il demeure que « c’est la responsabilité de l’institution de développer un programme d’assistance financière. » Mme

Un récit, plusieurs étudiants
C’est son indignation devant un manque de soutien de sa Faculté qui a poussé Eric Girard à rédiger sa lettre. « Tout ce que j’ai écrit dans le Globe and Mail, je l’avais déjà écrit dans une lettre que j’ai envoyée à l’administration. Ils étaient donc au courant des circonstances de mon histoire, et ils m’ont simplement dit non. C’est après cela que j’ai écrit mon texte », après leur refus de trouver un arrangement qui lui permettrait de continuer ses études. L’étudiant a expliqué à La Rotonde que trois

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ACTUALITES

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ÉTATS GÉNÉRAUX SUR LE POSTSECONDAIRE EN ONTARIO FRANÇAIS

Vers une université

franco-ontarienne?

Samuel Lafontaine Adjoint actualités Lancés le 23 mai 2013, les États généraux sur l’éducation postsecondaire en Ontario français, organisés par le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), arrivent à la fin d’une période cruciale. En effet, le 30 novembre prochain se terminera à Ottawa la tournée de consultations régionales entamée le 19 octobre dernier. Avec cette tournée, les organisateurs ont tenu des séances de consultations à Timmins, Sudbury, Toronto, Windsor, Thunder Bay et Ottawa afin d’entendre ce qu’avait à dire la communauté franco-ontarienne sur l’accessibilité à des programmes de niveau collégial et universitaire dans la langue de la minorité. Si au niveau provincial 22 % des programmes postsecondaires sont offerts en français, il existe un grand écart entre les régions. Par exemple, dans l’Est et le Nord ontarien, plus du tiers des programmes sont disponibles en français, alors que seulement 3 % des programmes sont disponibles dans cette langue dans la région du centre-sud-ouest de la province. De plus, certains programmes n’offrent qu’une ou deux années de baccalauréat en français, le reste du bac devant être complété en

anglais ou à l’extérieur de la région. Il s’agit de la première consultation de grande envergure auprès de la communauté franco-ontarienne sur l’avenir du postsecondaire en Ontario français et sur la possibilité de créer une université entièrement francophone dans la province, depuis plus de vingt ans. Les participants à cette dernière consultation régionale se réuniront le samedi 30 novembre à Ottawa sur le campus de La Cité collégiale entre 9 h et 17 h. Alors que 70 personnes s’étaient déplacées pour la consultation à Timmins, 85 pour celle à Sudbury, et 105 pour celle à Toronto, la consultation de la région de la capitale nationale aurait atteint « près de 200 personnes déjà inscrites », selon Diego Elizondo, membre du Conseil d’administration du RÉFO. Aucun frais d’inscription n’est exigé pour participer à cet évènement ouvert au public. Au cours des consultations précédentes, l’accessibilité aux études postsecondaires en français ainsi que la gouvernance ont été les thématiques

les plus abordées. L’idée de créer une université entièrement francophone, avec plusieurs campus à travers différentes villes, une idée inspirée du réseau des Université du Québec, a été particulièrement débattue par les participants des régions du nord et du centre-sud-ouest. Le président de l’AFO, Denis Vaillancourt, a affirmé à plusieurs reprises dans les médias que « comme le Nouveau-Brunswick, l’Ontario mérite d’avoir son institution universitaire [en français] » et qu’après avoir obtenu les Conseils scolaires pour l’éducation élémentaire et secondaire ainsi que pour les collèges en français, la communauté franco-ontarienne devrait aller chercher « le dernier maillon » de son système éducatif. Pour sa part, Joël Boisvert, étudiant francophone originaire de Plantagenet et étudiant de l’Université d’Ottawa (U d’O), souhaite voir une meilleure accessibilité à l’éducation postsecondaire francophone. « Je suis francophone et j’ai une préférence pour étudier en français, même si je suis bilingue. J’aurais été prêt à déménager ailleurs en Ontario ou au Québec pour étudier dans ma langue maternelle. » Lorsqu’interrogé sur le manque de programmes en français en Ontario, il répond que « c’est plutôt le peu de choix de section qui [le] dérange. Les étudiants anglophones à l’U d’O ont un plus grand

choix pour faire leur horaire et pour choisir leurs professeurs » et il se montre intéressé à l’idée d’une université franco-ontarienne. De son côté, Carolle McLean, étudiante en travail social au Collège Boréal à Timmins, se montre enthousiaste à propos d’une université de langue française. « [C’est une] très bonne idée! », lance-t-elle. « Je m'exprime et je comprends beaucoup mieux en français ». Après ses deux ans au Collège Boréal, Mme McLean souhaite poursuivre au baccalauréat en travail social à l’Université de Hearst, le seul établissement offrant seulement des programmes universitaires dans la langue de Molière en Ontario. Hearst est affilié à l’Université Laurentienne, un établissement bilingue. Les États généraux font suite au rapport d’un comité d’experts indépendants qui avait recommandé au gouvernement de l’Ontario en janvier 2013 d’investir dans l’ouverture d’un collège et d’une université autonome de langue française dans le sud de l’Ontario pour résoudre le problème du peu de programmes offerts en français dans la région. Ce rapport du comité faisait lui-même suite à un rapport du commissaire aux services en français, François Boileau, datant de juin 2012. Après la tournée de consultations

régionales, se tiendra un sommet provincial à Toronto au début de l’année 2014 en prévision de la remise d’un plan d’action au gouvernement provincial de l’Ontario concernant l’avenir de l’éducation postsecondaire pour la communauté franco-ontarienne. Le plan d’action vise à développer des politiques concrètes pour les années 2015 à 2025. Loin d’être une idée récente, la création d’une université franco-ontarienne avait notamment été proposée en 1990 par les néo-démocrates de Bob Rae, lors de la campagne électorale provinciale, mais ils n’ont pas réalisé leur promesse lors de leur passage au gouvernement entre 1990 et 1995. L’actuelle première ministre libérale, Kathleen Wynne, s’est engagée à s’intéresser au problème sans pour autant promettre la construction d’une université. Une possibilité qu’elle semble exclure, à moins qu’un consensus ne se développe dans la communauté. C’est ce consensus que recherchent les groupes derrière l’organisation des États généraux. Les prévisions démographiques prédisent qu’en 2020, la moitié des Franco-Ontariens vivront dans le sud de la province. Il s’agit de la région ontarienne dans laquelle la portion démographique de francophones croit le plus rapidement.

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25 novembre 2013

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ACTUALITÉS

SEMAINE DE LA SENSIBILISATION À L’INCAPACITÉ

Une programmation variée
Sinda Garziz Adjointe actualités

Le Centre des étudiants ayant un handicap, la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) et l’Association des étudiant-e-s diplômé-e-s (GSAÉD) ont organisé la semaine dernière la semaine de la sensibilisation aux incapacités. Ayant l’objectif de mettre en évidence l’incapacité et l’inaccessibilité sur le campus, la semaine de la sensibilisation proposait plusieurs activités pour encourager la discussion des défis à relever pour avoir une meilleure accessibilité.
La semaine de la sensibilisation aux incapacités a été remplie d’événements éducatifs et ludiques ayant trait aux diverses facettes de l’incapacité. La semaine a commencé par un souper végétarien dans le noir, dont les participants ont dégusté les yeux bandés. Des conteurs d’histoires les ont accompagnés durant le repas, lors duquel le sens du goût a pris une autre dimension, permettant une meilleure compréhension du quotidien des gens ayant perdu la vue. Pour le deuxième jour, Mia Mingus, auteure, éducatrice et activiste militant

Mia Mingus - Courtoisie

pour la justice de l’invalidité a fait une présentation intitulée « Au-delà de l’accès : Une introduction à la justice de l’incapacité ». Cette présentation a introduit le cadre d’une justice de l’incapacité, expliqué le lien entre les mouvements et les communautés et débouché vers l’affirmation de la justice de l’incapacité comme étant le pouvoir qui guide l’adaptation du travail des activistes et leurs stratégies de lutte. Pour le reste de la semaine, le comité d’organisation a préparé des ateliers de discussion portant sur les études de l’incapacité à l’Université d’Ottawa et les accommodations dans les salles de

classe. Pour finir, une soirée d’art et de poésie a été consacrée au thème de l’incapacité, vendredi dernier. Norah Dillon-Cheetham, coordinatrice au Centre des étudiants ayant un handicap, a expliqué que « l’organisation de la semaine de la sensibilisation est venue suite aux observations des problèmes de capacitisme et d’inaccessibilité auxquels les étudiants font face tous les jours à l’Université d’Ottawa, ainsi que le manque d’accommodations pour ces étudiants qui sont parfois mal acceptés et sujets de commentaires offensifs. » Il est important

de défier les jugements de valeurs, les opinions et les stéréotypes envers les personnes ayant des incapacités, dans le but de faire évoluer la société vers la tolérance et vers la non-discrimination. Cette semaine répond aussi au besoin de créer plus d’espaces pour les étudiants ayant des handicaps, pour « leur permettent de se rencontrer, de partager leurs expériences et de créer des réseaux d’amis, dans le but de sensibiliser les étudiants n’ayant pas d’handicap aux enjeux du capacitisme », explique Nicole Desnoyers, vice présidente aux affaires de l’équité de la FÉUO.

Les défis des étudiants aux besoins spéciaux
Sara Ghalia Adjointe actualités

Le jeudi 21 novembre s’est tenu un groupe de discussion sur les accommodations dans les salles de classe, organisé par le Centre des étudiants ayant un handicap. Plusieurs conférenciers ont parlé de leurs expériences et de la politique d'accommodation de l'Université d'Ottawa (U d’O).
« J'étais perdue », a expliqué Beth Schultheis, l'une des conférencières. Diplômée de l'Université d'Ottawa, elle a été diagnostiquée d’un trouble d'apprentissage durant sa deuxième année en tant qu’étudiante. Alors qu'elle pensait qu'elle serait prise en charge, elle s'est retrouvée face à des

Photo Ayoub Ben Sassi

personnes qui ne comprenaient pas son handicap. Elle a déploré que « Oh, mais tu sembles tellement intelligente » était une réponse qu'elle recevait souvent lorsqu'elle demandait certaines accommodations. Mme Schultheis a partagé sa pire expérience : après avoir expliqué sa situation à l’un de ses professeurs le premier jour de cours, et demandé d’avoir les notes Powerpoint avant le cours, le professeur lui a répondu qu'il « ne croyait pas aux troubles d'apprentissage ». Il a fallu trois mois à

Mme Schultheis pour faire reconnaître ses besoins au professeur, et les examens finaux étaient déjà passés.

Le « devoir d’acommoder »
Ces problèmes touchent plusieurs autres étudiants, eux aussi présents au groupe de discussion. Les uns après les autres, ils ont mentionné les problèmes qu'ils ont eus avec certains professeurs qui n'étaient pas aussi bienveillants à leur égard. Mme

Schultheis a assuré qu'elle avait aimé son expérience à l'Université d'Ottawa, bien que le processus d'accommodation lui ait souvent donné l'impression d'avoir « un deuxième emploi en plus d'être étudiante ». Francine Page, présente pour la dernièr e fois à titre de directrice du Centre d’équité en matière des droits de la personne, a insisté sur le « devoir d'accommoder » les étudiants aux besoins spéciaux et sur le besoin de l'Université d'avoir un programme d'éducation pour promouvoir les droits de la personne. Elle a ajouté que personne ne comprend la signification d’« équité », et pire encore, que des gens en position de pouvoir n'en comprennent pas le sens. Elle a aussi déploré que le fait que les étudiants doivent se battre pour leurs droits leur rajoute beaucoup de stress, parfois lié au « snobisme » de certains professeurs en ce qui concerne les politiques d'accommodation. Mme Page a enfin rappelé que la politique sur la prévention de la discrimination et de l’harcèlement, ratifiée en 2012 (règlement 67A et méthodes 36-1 et 36-2) était un avancement positif pour les étudiants aux besoins spéciaux, pour assurer le respect de leurs droits.

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ACTUALITES

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25 novembre 2013

EXPLOITATION DES SABLES BITUMINEUX

Une croissance qui créerait des inégalités
David Beaudin Hyppia et Marc-André Bonneau

Un rapport portant sur les conséquences économiques des sables bitumineux, publié par Équiterre et par l’Institut Pembina, remet en question les bénéfices de l’exploitation de ce pétrole, souvent reconnu comme étant « le plus sale » au monde.
Intitulé « Risques Bitumineux », ce rapport présente les conséquences économiques de l’exploitation du pétrole albertain. D’emblée, cette étude évoque que « la croissance de l’industrie des sables bitumineux a permis à quelques régions du Canada de s’enrichir considérablement. En 2011-2012, le gouvernement albertain a tiré 4,5 milliards $ en redevances de la production des sables bitumineux, ce qui représente 11,4 % des recettes totales du gouvernement ». Toutefois, cette croissance non renouvelable a aussi augmenté les inégalités entre les provinces. L’exportation du pétrole albertain à l’international influence la valeur de la devise canadienne de façon importante. Le rapport indique que puisque le prix du baril est à la hausse, la valeur du huard monte. Cette croissance a des conséquences négatives sur d’autres marchés. L’industrie a pris une telle ampleur qu’en moins de dix ans, l’impact économique sur le secteur manufacturier s’est fait grandement ressentir. Selon Serge Coulombe, enseignant en économie à l’Université d’Ottawa, « Le boom a amené une appréciation du dollar canadien, ce qui a amené une baisse de la compétitivité de nos exportateurs, particulièrement des produits manufacturiers, que l’on retrouve surtout en Ontario et au Québec. Il y aura près de 200 000 pertes d’emploi. » M. Coulombe a expliqué qu’« au Canada, on connait un boom des ressources naturelles qui est [conséquent de] l’une des créations de richesse les plus importantes que l’on ait observées depuis les dix dernières années. Cela représente plus de 50 % de la hausse des revenus. Le gros de la création revient dans trois provinces, soit l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve. Les gains directs n’ont

Vue aérienne des sables bitumineux - Courtoisie

pas été bien répartis entre les provinces canadiennes. » Selon le rapport, plus d’un tiers du ralentissement observé dans le secteur manufacturier est dû à l’exportation de ce pétrole. Les disparités qui sont créées entre les provinces sont importantes. De plus, l’investissement fait dans les sables bitumineux pourrait contribuer à d’autres secteurs de l’économie canadienne. Il est lisible sur le site d’Équiterre qu’« une étude antérieure montrait qu’un investissement d’un million $ dans les énergies propres suffit à créer 15 emplois, tandis que la même somme ne crée que deux emplois dans le secteur pétrolier et gazier. » M. Coulombe a cosigné une recherche qui indique qu’« entre

2001 et 2011, les disparités entre les provinces ont augmenté de 10 %. » Celui-ci évoque que « les revenus des ressources naturelles ont tendance à augmenter et diminuer très rapidement, ce qui fait que c’est un secteur très instable, et cela rend l’économie canadienne plus instable. […] C’est sûrement la façon la plus couteuse pour produire du pétrole, au niveau environnemental et économique. » Le rapport, qui est disponible sur le site d’Équiterre, conclut que « la population canadienne a droit à un débat éclairé et inclusif concernant l’évolution de son économie ». Comme cette étude le rappelle, cette exploitation a des conséquences qui vont au-delà des finances albertaines.

GROUPE D’ABANDON DU TABAC

Arrêter, réduire, rester sans fumer
Sinda Garziz Adjointe actualités

Des ateliers sans grand succès
Cheminer sans fumer, une initiative de lutte contre le tabagisme, en collaboration avec le Service de santé de l’U d’O et santé public Ottawa, a mis en place un groupe d’abandon du tabac qui, depuis la mi-octobre, organise des ateliers hebdomadaires gratuits, ouverts à tous les étudiants de l’Université. Sous forme de table ronde, les étudiants y sont invités pour partager les difficultés auxquelles ils font face dans leur processus d’arrêter de fumer et reçoivent des stratégies ainsi que des outils leur donnant la possibilité d’arrêter par euxmêmes. Mme Houde explique que les organisateurs ont pris la décision d’annuler les ateliers en raison d’un niveau de participation trop minime. « Les étudiants à l’Université d’Ottawa sont bombardés par beaucoup de messages et d’événements qui se déroulent sur le campus. On comprend qu’ils n’ont pas toujours le temps de consacrer une heure à l’heure du déjeuner pour assister à cet atelier.

Mardi dernier, La Rotonde était présente au bar 1848 du Centre universitaire de l’Université d’Ottawa (U d’O) pour s’informer sur le déroulement d’un atelier du groupe d’abandon du tabac qui malheureusement a été annulé.
Kristine Houde, gestionnaire de la promotion de la santé au Service de santé de l’U d’O, et Stefaan Dutil, chef d’équipe de l’initiative Cheminer sans fumer, ont tout de même pu fournir quelques explications au sujet de l’annulation et discuter d’un concours qui se déroulera en janvier 2014, ayant pour but d’encourager les gens à réduire et à arrêter de fumer.

Puis, il y a les examens de mi-session et de fin de session qui expliquent le manque d’intérêts porté à cette activité », affirme-t-elle. Cela ne veut toutefois pas dire que les ateliers sont annulés de façon permanente. Le comité d’organisation prévoit de les reprendre au début du semestre d’hiver. Pendant ce temps, le Service de santé de l’U d’O et Cheminer sans fumer assureront une assistance à tout étudiant qui désirera arrêter de fumer. « Les étudiants peuvent se présenter à notre bureau durant nos heures d’ouverture pour faire le « O testing », le test de monoxyde de carbone qui permet de déterminer le taux de monoxyde dans le corps, et s’inscrire à la Thérapie de remplacement de la nicotine (TRN), offerte gratuitement à la clinique de l’Université. L’inscription peut aussi se faire en ligne », déclare M. Dutil.

Arrêter de fumer et gagner de l’argent
En décembre prochain, l’inscription au concours « Arrêter, réduire, rester sans fumer

pour courir une chance de gagner » sera ouverte pour tous les étudiants et jeunes adultes de 18 à 29 ans. C’est un concours annuel organisé par l’initiative Cheminer sans fumer, avec l’appui du ministère de la santé de l’Ontario, qui permet de gagner jusqu’à 2500 $. La spécificité du concours cette année est qu’il est ouvert à tout le monde : fumeurs quotidiens, fumeurs sociaux, ex-fumeurs et nonfumeurs. « Nous comprenons parfaitement la difficulté que les gens ont lorsqu’ils prennent la décision d’arrêter de fumer. Nous voulons donc donner à toutes ces personnes une chance de gagner dans le but de les encourager à s’éloigner de ce poison », explique M. Dutil. Ceux qui arrêteront de fumer complètement pourront gagner la somme de 2500 $ ; ceux qui veulent réduire leur consommation, la somme de 1000 $ ; ceux qui ne veulent plus fumer dans les fêtes alcoolisées, la somme de 750 $ ; et enfin, les ex-fumeurs ou nonfumeurs qui veulent rester sans fumer, la somme de 250 $. L’inscription au concours peut se faire au bureau de Cheminer sans fumer ou auprès du Service de santé de l’Université.

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25 novembre 2013

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ACTUALITÉS

PHILOSOPHIE OCCIDENTALE ET UNIVERSALITÉ

Une question qui suscite les dichotomies

Florence Bolduc Bénévole Le Département de philosophie de l’Université d’Ottawa a tenu, en collaboration avec celui de l’Université Carleton, une conférence sur l’universalité de la philosophie occidentale. L’évènement, organisé dans le cadre de la journée mondiale de la philosophie, a eu lieu jeudi dernier au pavillon Desmarais. Quatre intervenants étaient invités à débattre de la question. D’abord, tous ont relevé une même difficulté inhérente à la question même. Qu’est-ce que l’universalité? De façon à pouvoir discourir de la question au sens large, il fut convenu de manière générale que l’universalité serait associée à ce qui s’étend à tout. Le premier thème abordé fut celui des aspects positifs de la philosophie occidentale. Sans accorder entièrement à la pratique un statut universel, le professeure Sikka a mis de l’avant qu’elle comporte tout de même des éléments essentiels et utilisables par tous les peuples, peu importe leur culture. Cette caractéristique fut acceptée de façon générale au cours de la conférence. La comparaison entre philosophie occidentale et orientale fut mise de l’avant dès le départ et utilisée par la majorité des conférenciers. Un premier lien qui peut être tissé est la présence d’une philosophie dans les

deux régions. Avant même de discourir de l’universalité de sa portée, il fut donc établi que la pratique comme telle était universelle, en ce sens que chaque région et chaque peuple pratique l’activité de philosopher. Par la suite, un deuxième contraste fut apporté entre philosophie occidentale et orientale au niveau de la pratique. Selon la professeure Annie Larivée, la philosophie orientale reste plus traditionnelle et est accompagnée de la vertu de patience et de travail corporel et spirituel dans la recherche de la vérité. Elle implique également que cette vérité fut découverte par un maître et que le savoir se transmet de maître à élèves. Cela en fait donc une pratique sociale et commune, rendant la philosophie accessible. Du côté occidental, avance toujours Mme Larivée, l’avancement philosophique se fait davantage par critiques des enseignements du maître. L’élève cherche à le dépasser et à repousser les limites de sa pensée. Son caractère élitiste et académique limite sa pratique. Docteur Larivée avance donc qu’en un mot, elle définirait de « socratique » la philosophie occidentale, « une sagesse qui promeut moins de l’auteur, moins de certitudes, plus de questions, plus d’émerveillement, plus d’exploration. » Bref, selon Mme Larivée, la philosophie occidentale est plus universitaire qu’universelle. À cela, le professeur Gordon ajoute que jusqu’à récemment, la tradition bouddhiste était à la tête de la tradition occidentale.

Selon lui, non seulement elle comporte des éléments traditionnellement forts, mais elle a également su prévoir des concepts suggérés plus tard par les philosophes occidentaux. Également, une comparaison importante, selon lui, entre philosophie occidentale et orientale est en ce qui a trait au travail désavantagé. Ce fut le cas de Kant, qui produisait sa pensée dans un cadre restreint et limité. Selon Docteur Gordon, les réalisations du bouddhisme sont peut-être plus grandes encore, ayant été produites dans un cadre rigoureusement circonscrit par des règles, comme l’écriture en prose de leurs textes. Finalement, le professeur Reid apporte des idées quelque peu différentes de celles de ses collègues. Il accentue d’abord le fait que la question réfère à des philosophies autres qu’occidentales. Le problème selon lui est que ce qui est défini comme étant universel ne laisse pas de place à d’autres pratiques. Si la philosophie occidentale est étudiée comme étant substantielle, elle devient l’unique référent à la substance de toute chose. Le professeur Reid met donc de l’avant que pour ne pas limiter la philosophie à sa pratique occidentale, il faut la percevoir comme un attribut de cette substance et non la substance elle-même. De cette façon, son universalité n’empiète pas sur celle des autres. Au niveau de l’accessibilité à la philosophie occidentale, Docteur Reid soutient

qu’elle se pratique dans un cadre universitaire. À la question de savoir comment la rendre plus accessible, il répond qu’« il faut reconnaître que la philosophie, pour le meilleur et pour le pire, se passe à l’université. Donc une chose qu’on peut faire est de soutenir la philosophie au sein des universités. […] Une chose qu’on peut tous faire est de s’assurer d’être les porte-paroles de la philosophie. » De cette façon, le mépris qui est adressé à la pratique ainsi que la pression qu’elle subit par les autres disciplines seront amoindris et elle en deviendra plus attrayante à l’étude. La philosophie occidentale possède des caractéristiques positives, utilisables par tout le monde. Son caractère académique limite par contre sa pratique en tant que sujet d’étude. La tradition orientale offre là une alternative par son accessibilité. Pour faire en sorte qu’elle soit plus accessible à tous, il en revient aux universitaires de se faire les porte-paroles de la philosophie. La question première, à savoir si elle est universelle, est difficile à résoudre de façon claire et définie. Elle comporte des éléments comme « l’universalité » ainsi que le déterminant « la », qui doivent être compris avant de pouvoir être mis ensemble dans une réponse générale. Tout de même, les conférenciers s’entendent pour lui accorder des aspects universels, mais sans limiter la portée de la philosophie orientale.

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ACTUALITES

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25 novembre 2013

Débat sur les Assemblées générales
Pourquoi je vais voter NON au référendum de la FÉUO
Nicolas Gauvin La proposition émise dans le cadre du référendum de la FÉUO se révèle selon moi comme n’étant aucunement avantageuse pour les étudiants. L'idée est construite sur une présupposition quelque peu naïve : définir les Assemblées générales comme l'instance décisionnelle suprême serait avantageux à l'ensemble des étudiants de l'Université d'Ottawa. Ceux-ci pourraient gouverner démocratiquement leur syndicat étudiant. Comme on peut le lire sur leur page Facebook, les tenants des Assemblées générales s'inspirent entre autres du modèle québécois. Or, le modèle québécois d'assemblée en est un très mauvais. Par exemple : lors de la grève étudiante de 2012, la légitimité du mandat de grève de certaines associations étudiantes reposait sur un vote au taux de participation anémique. À l'UQO par exemple, le 23 mars 2012, sur 617 étudiants présents lors de l'Assemblée, 330 votèrent en faveur de la grève, décidant ainsi du sort des études de 6400 étudiants. La fameuse « démocratie étudiante » est enveloppée du mythe de la démocratie directe. Elle est loin de donner le pouvoir à un certain « peuple étudiant ». Elle le lui retire pour le donner à des activistes qui sans aucun doute croient au bien-fondé de leurs décisions. Voilà le problème. Les assemblées générales laissent des pouvoirs beaucoup trop importants entre les mains d'une minorité militante. « Les autres n'avaient qu'à participer! » scandaient les associations étudiantes lors de la grève de 2012. Je crois que beaucoup ne sont pas familiers avec la politique de couloir du campus, et je crois que beaucoup ne disposent pas du temps nécessaire pour participer pleinement à cet exercice supposément démocratique. C’est pourquoi je vais voter NON au référendum de la FÉUO.

REVUE DE PRESSE
Samuel Lafontaine Adjoint actualités
Faire peau neuve Impact Campus, Université Laval Grâce au Laboratoire d’Organogénèse EXpérimentale (LOEX) de l’Université Laval, à Québec, les grands brulés pourraient bien retrouver une meilleure qualité de vie. En effet, le laboratoire à découvert une nouvelle technique de mutation des cellules de la peau qui ouvre la voie à des recherches plus approfondies sur les substituts de peau. Avec cette découverte, il sera désormais possible d’utiliser les cellules des grands brûlés afin de produire la nouvelle peau qui leur sera greffée, évitant ainsi les risques d’infections ou de rejets qu’entraine le recours à un donneur. Printemps érable : des mineurs reconnus coupables Quartier libre, Université de Montréal Alors que le printemps érable qui a secoué la province de Québec il y a plus d’un an se traduit désormais devant les tribunaux, huit adolescents ont été reconnus coupables d’attroupements illégaux. Le 15 novembre dernier, la Chambre de la jeunesse a accusé les huit mineurs d’avoir nui à l’aisance des lieux et d’avoir commis des actes de vandalisme causant des pertes allant jusqu’à 5000 $ lors de la grève étudiante au Cégep du VieuxMontréal. L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), au travers de son porte-parole, Benjamin Gingras, a réagi à l’annonce en la qualifiant de « déplorable » et en soulignant l’impact d’une telle condamnation sur l’avenir des huit collégiens. Pour sa part, Me Étienne Poitras, qui représente les huit jeunes, n’a pas souhaité commenter l’affaire. Les clients de Me Poitras connaitront leur sentence le 11 décembre prochain et 29 autres accusés, âgés de plus de 18 ans, retourneront devant les tribunaux dans les prochaines semaines pour des motifs similaires, s’étant également déroulés dans la soirée fatidique du 17 février 2012. La police de Toronto fait face à des critiques concernant le profilage racial The Newspaper, Université de Toronto Alors que le maire Rob Ford, qui fait face à la tempête après les révélations concernant sa consommation passée de drogues, donne plusieurs entrevues à des réseaux télévisés américains comme CNN et NBC, la ville de Toronto fait face à des critiques concernant le profilage racial pratiqué par son service de police. Le Toronto Star a récemment démontré que les personnes de race noire ont été accostées par la police torontoise un nombre de fois qui dépasse celui de la population noire de la métropole ontarienne. Alors qu’en deux ans il y a eu 1,2 millions d’interactions de ce genre entre la police et la population, le service de police confirme que celles-ci ont été un facteur déterminant dans la résolution de 110 enquêtes. Plusieurs associations de défense des droits et libertés ont condamné le profilage racial en traitant cette pratique « d’inconstitutionnelle ». La Commission ontarienne des droits de la personne a également fait une déclaration contre ce genre de pratiques. Le sujet est devenu sensible auprès de la communauté noire de la ville de Toronto, alors que plusieurs citoyens ont fait entendre leur mécontentement, dont le conseiller municipal Michael Thompson. Le représentant de Scarborough Ouest au Conseil de ville a notamment affirmé qu’il « pourrait avoir peur » s’il était lui-même un jeune homme noir.

Pourquoi il faut voter OUI au référendum de la FÉUO
David Beaudin Hyppia et Nicholas DuBois Adressons la situation actuelle à l’Université d’Ottawa : l’instance décisionnelle suprême est présentement un milieu fermé aux étudiants qui encourage par son exclusivité l’apathie face à la chose politique étudiante. Vous accusez les AG de retirer le pouvoir aux étudiants et aux étudiantes, n’est-ce pas plutôt tout le contraire? L’Assemblée générale invite tous les étudiants et les étudiantes en présupposant l’égalité des intelligences et des capacités. L’Assemblée générale est un rassemblement où chacun et chacune ont un droit de vote sur les motions présentées par leurs pairs. Ceci n’est pas un mythe, c’est réellement la démocratie en œuvre, contrairement au mythe de la démocratie représentative. À l’U d’O, par exemple, lors des élections partielles du 29, 30 et 31 octobre, sur l’ensemble des étudiants du premier cycle, 1330 ont voté, décidant ainsi du sort politique de plus de 35 000 étudiants. Dites nous alors quel système est plus démocratique. Ici, cependant, il ne faut se faire d’illusion. Les AG ne vont pas, du jour au lendemain, résoudre les problèmes et les maux du corps étudiant. Mais il s’agit définitivement d’un pas vers l’avant. Entre votre fameuse majorité silencieuse, apathique, désenchantée, celle qui ne « dispose pas du temps », ni de la sagesse de « couloir », et votre infâme minorité radicale qui manipulerait la population étudiante, il existe une pluralité d’étudiants et d’étudiantes qui pourront participer directement aux débats et aux prises de décisions sur des enjeux qui les concernent. Peut-être qu’ils n’ont pas le temps parce que le système que l’on a maintenant aliène complètement les étudiants? Ce que vous décriez que les AG engendreraient est exactement ce qui se produit maintenant dans l’univers politique de l’Université d’Ottawa. Comme l’a dit J-P Ouellet (voir l’article aux pages 4 et 5), les AG permettront aux étudiants de retrouver leurs pouvoirs politiques, des pouvoirs qui leur sont subtilisés par la démocratie représentative. Voter non contre les AG, c’est un peu comme voter contre sont droit de dire non.

EN BREF
Sara Ghalia Adjointe actualités

La semaine de l’entrepreneuriat à l’Université d’Ottawa
Du 18 au 22 novembre, l’Université d’Ottawa a organisé la semaine de l’entrepreneuriat, en même temps que l’annuelle semaine internationale de l’entrepreneuriat d’Ottawa (qui avait lieu du 18 au 24 novembre). Le but était de permettre aux étudiants, diplômés et professeurs de former un réseautage et d’approfondir leurs connaissances en entrepreneuriat. En moyenne, deux ou trois événements ont eu lieu chaque jour de la semaine. Des évènements qui étaient axés sur des thèmes différents tels que les nouvelles entreprises, la création d’une clientèle, etc. Si la plupart de ces activités étaient sous forme de conférences, des groupes de discussions ainsi que des tables rondes et une compétition ont aussi eu lieu. Les activités, bien que probablement plus intéressantes pour les étudiants ayant des projets d’entreprise, étaient ouvertes aux étudiants et diplômés de toutes les facultés. À noter que les événements se déroulaient en anglais seulement.

Nouvelles couleurs pour La Cité collégiale
Pour célébrer son 25e anniversaire, qui aura lieu en 2015, La Cité collégiale d’Ottawa a entrepris quelques changements importants concernant son image et certains de ses programmes. Tout d’abord, il ne s’agira plus de « La Cité collégiale » mais tout simplement de « La Cité ». Ceci dit, les changements prendront quelque temps à être complets, comme l’illustrent certaines pages du site internet qui parlent encore de « Cité collégiale ». La couleur bleue a aussi été abandonnée et le vert a été adopté afin de représenter la francophonie ontarienne et l’intérêt porté par La Cité envers l’environnement et l’écologie. Rappelons que La Cité arborait un logo vert pâle jusqu’en 2002. Néanmoins, il est difficile de ne pas remarquer les similarités avec le Collège anglophone Algonquin d’Ottawa, dont les couleurs officielles sont le vert et le blanc. D’autres changements sont à prévoir. À partir de 2014, plusieurs programmes seront suspendus et d’autres seront créés.

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25 novembre 2013

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ACTUALITÉS

RÉFÉRENDUM SUR LES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES

Une possibilité de changement radical
David Beaudin Hyppia Chef de pupitre

Du 26 au 28 novembre aura lieu le référendum pour les Assemblées générales (AG) à l’Université d’Ottawa. Un changement important dans la démocratie étudiante pourrait s’y produire, créant alors une première dans la culture politique étudiante ontarienne. Le syndicat de l’Université d’Ottawa se dotera possiblement d’un organe politique, l’Assemblée générale, qui permettra à tous les étudiants de s’impliquer dans le syndicat étudiant.
Le référendum est un mode de scrutin qui permet de se prononcer sur une ou plusieurs questions en particulier. « Bien que le Conseil d’administration de la Fédération étudiante puisse par lui-même mettre en place les Assemblées générales, le référendum leur donne le mandat de mettre en place cette structure décisionnelle », indique le site de la campagne du OUI aux Assemblées générales. Contrairement au système de démocratie représentative présentement en place à l’Université d’Ottawa, le système des Assemblées générales se veut une démocratie directe. Ce référendum va permettre premièrement de créer les Assemblées générales et deuxièmement de donner le statut d’instance décisionnelle suprême aux AG (présentement, le Conseil d’administration joue ce rôle). Par cela, il est entendu que chaque étudiant, peu importe sa conviction politique, aura le droit de participer aux débats politiques étudiants en y présentant des motions, pouvant soit présenter un nouveau règlement, amender un règlement ou même en abolir. Nul besoin d’avoir une position dans la structure hiérarchique de la FÉUO pour accéder aux AG. Ces motions seront alors soumises aux Assemblées générales, qui jugeront les motions par l’entremise de débat. Il ne sera plus question de passer seulement par le Conseil d’administration pour des enjeux concernant tous les étudiants de l’Université. La majorité des membres de l’ exécutif de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), dont la présidente Anne-Marie Roy, qui avait mis dans sa plateforme électorale la création des AG, souhaitent que les AG, étant l’instance décisionnelle dans la majorité des universités québécoises, deviennent des espaces communautaires affirmant la solidarité étudiante. Avec un taux de participation particulièremnt faible (les dernières élections partielles présentant un taux de participation électorale de seulement 3,8 %), la population étudiante pourra enfin se sentir directement concernée, mais surtout, elle pourra

Jean-Philippe Ouellet et Alexandra Lépine - Photo Ayoub Ben Sassi

agir comme acteur politique à titre égal que les militants et les représentants élus. « Les AG seront une occasion en or pour que les étudiants soient plus impliqués dans le processus décisionnel de la FÉUO, pour unir les voix étudiantes, pour prendre position sur les enjeux auxquels nous faisons face et pour agir collectivement pour apporter des changements positifs à notre campus. Je suis de l'avis que les AG seront favorables à l'engagement étudiant et bénéfiques à notre communauté », a affirmé Anne-Marie Roy. Il ne semble pas y avoir de regroupement officiel qui s’affiche contre les Assemblées générales. Malgré les incidents des affiches arrachées et les multiples débats Facebook sur le sujet, le parti favorable est seul à faire une campagne officielle. La pétition pour la création du référendum avait obtenu 1750 signatures, ce qui dépasse le taux de participation à l’élection partielle de la FÉUO. Pour que les Assemblées générales deviennent réalité, un minimum de participation de 5 % (de la population étudiante) doit être atteint au référendum. Il y aura des boites de scrutin un peu partout sur le campus ; soit à l’entrée principale des pavillons Marion, Lamoureux, Fauteux, Colonel-By, Desmarais, des Arts et FSS. Certaines seront également placées au premier étage du Centre universitaire (UCU) ainsi qu’au sous-sol près du bureau de la FÉUO, au deuxième étage du pavillon Montpetit, dans le salon étudiant de Roger-Guidon et dans la cafétéria d’ÉITI. Un débat sera organisé par la FÉUO, au Centre Universitaire Jock-Turcot le lundi 25 novembre à 19 h pour se pencher sur la question et offrir aux étudiants la possibilité d’échanger sur le sujet.

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25 novembre 2013

LES PARTISANS DU OUI FONT CAMPAGNE SANS ADVERSAIRE

« Les AG sont inévitables »
Jean-Philippe Ouellet
David Beaudin Hyppia Chef de pupitre

En vue du référendum pour les AG qui frappe à nos portes, La Rotonde s’est entretenue avec le porte-parole de la campagne du Oui aux AG, Jean-Philippe Ouellet. Le membre de l’Association des étudiantes et étudiants marxistes de l’Université d’Ottawa (AÉÉMUO) a exposé les raisons qui ont amené cette initiative et les enjeux qui entourent le scrutin référendaire.
La Rotonde : Que pensez-vous du mouvement étudiant ontarien d’aujourd’hui? Pourquoi faut-il voter oui selon vous? Jean-Philippe Ouellet : Je pense que c’est tout simplement une question d’aliénation. Quand on a commencé cette campagne-là, on se demandait pourquoi le mouvement étudiant ontarien est mort. Pourquoi quand tu traverses la rivière, ça milite dès qu’ils augmentent les frais? Mais en Ontario, il ne se passe rien. La direction étudiante est différente des deux côtés de la rivière. Ici, les étudiants sont totalement aliénés face à leur syndicat étudiant. On ne sait pas c’est quoi, on ne sait pas qu’ils ont de l’argent, on ne comprend pas leurs politiques, on se fait achaler une fois par année pendant les élections et c’est le seul temps qu’on les voit. Le syndicat étudiant nous appartient, je paye mes cotisations, le syndicat est censé représenter les 35 000 membres. Pourquoi je n’ai aucun mot à dire sur ce qui se produit là, et la seule façon dont l’on peut avoir un mot à dire, c’est avec les assemblées générales? C’est de la vraie démocratie. Moi j’ai un vote, la présidente de la FÉUO a un vote, même ceux qui ne s’intéressent pas à ça auront un vote. Moi je ne crois pas à l’apathie, je crois que c’est un mot inventé pour justifier le système présent. L’apathie n’existe pas, c’est de l’aliénation. LR : Quel serait le rôle du CA si les AG devennaient le corps décisionnel suprême de la FÉUO?

JPO : Si le référendum passe, le CA va bien évidemment continuer à exister. Il y aura seulement une instance supérieure à celui-ci. Le CA aura à s’occuper des petites choses, mais les AG s’occuperont des grands sujets. Les AG vont prendre un an, deux ans, à maturer, pour que tout le monde puisse comprendre son fonctionnement et sa culture. Les AG, c’est comme planter la graine de la démocratie étudiante. Il faut commencer à la base. Moi je ne déteste pas la FÉUO et le CA. Ces problèmes sont institutionnels et non pas idéologiques. Il faut s’organiser. Les mouvements spontanés et impulsifs ne font qu’aliéner encore plus les étudiants. Ça va prendre une décennie avant d’avoir un mouvement étudiant semblable au mouvement québécois. LR : Certains critiques disaient que finalement, il n’y aurait que des militants qui se présenteront aux Assemblées et ils vont bloquer les débats par des conflits idéologiques? Qu’en pensezvous? JPO : Cet argument se contredit lui-même. C’est exactement ce qui se produit au CA, les 32 sièges sont soit kidnappés par des tendances de gauche ou par des tendances de droite. Chaque année c’est la même chose, on a nos démocrates et nos républicains. Ce que nous faisons avec les AG, ça peut seulement améliorer la situation dont ces personnes-là parlent. Ce sont déjà des militants qui nous gouvernent, puis il n’y a personne qui s’implique. Ce qui est important c’est que les personnes normales pourront se présenter, et si cela se produit, les militants deviendront marginaux! On propose un quorum de 350. On propose un système qui va littéralement empêcher cette critique-là. Ceux qui critiquent le mouvement avec cet argument garantissent cette injustice-là. Selon moi, cela n’a aucun sens, mais c’est un argument réactionnaire, ce n’est pas basé sur un fait. L’argument qui revient le plus souvent, c’est que les étudiants n’ont pas le temps ou même qu’ils ne sont pas assez intelligents pour se gouverner eux-mêmes. Certains disent même de laisser les étudiants être des étudiants. Mais les étudiants sont intelligents, ils ont des opinions, les étudiants ne sont pas seulement des étudiants, c’est un travailleur, c’est un individu, c’est plein de choses. Il ne faut pas avoir peur des masses. Si tu es pour la démocratie représentative, c’est que tu penses que les masses sont assez compétentes pour choisir leurs propres représentants,

de là, elles devraient être assez compétentes pour faire leurs propres choix sur leurs politiques. LR : Pensez-vous que le référendum sera favorable au mouvement du Oui? Avez-vous des opposants? JPO : On a eu 1750 personnes qui ont signé la pétition, ce qui est plus de monde qui a voté pour les élections de la FÉUO. Je suis d’opinion que les AG sont inévitables. C’est intéressant parce qu’on n’a pas d’opposition. La FÉUO est favorable au mouvement du Oui. Il n’y a pas de campagne du Non, mais il y a une campagne de boycottage. Ce qui est intéressant, parce que ça change totalement la dynamique de comment une élection fonctionne. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils sont les premiers à se plaindre que personne ne participe aux élections. Il n’y a pas de compétition. C’est ce qui est triste, que le débat devient un débat gauche/droite. On veut justement créer un système dans lequel cette dichotomie sera réduite. Si c’était une question de gauche ou de droite, on s’impliquerait dans les élections de la FÉUO, etc. Ce n’est pas une question de gauche ou de droite, c’est une question de démocratie! LR : Avez-vous déjà planifié le fonctionnement des AG? JPO : Le déroulement est encore en construction. On ne sait pas encore comment tout sera fait, pour la traduction, les motions, etc. C’est sûr que cela est compliqué, mais c’est ce qui est nécessaire. On va en discuter et mettre en œuvre cela tout ensemble. Ce ne sont que des problèmes techniques, on peut les régler. LR : Avez-vous un dernier mot à dire pour convaincre les étudiants d’aller voter? JPO : Le mouvement étudiant n’a jamais été dans un aussi mauvais état. Les syndicats étudiants sont incroyablement bureaucratiques, une population étudiante qui est totalement aliénée de son syndicat étudiant et qui est forcée de payer chaque année des frais de scolarité aberrants. Il n’y a pas d’organe de résistance pour la population étudiante. La seule façon de les mobiliser c’est de les informer et de les impliquer. Les AG vont régler ces problèmes-là. Il faut oublier cette idée qu’il faut être gouvernés par une élite, parce que ce n’est pas vrai. On est tous étudiants, on est tous égaux, et le mouvement étudiant est pour nous. Il faut montrer aux gens qu’ils ont un pouvoir sur la vie qui les entoure.

Jean-Philippe Ouellet - Photo Ghassen Athmni

Assemblées générales
« Êtes-vous d’accord que la FÉUO devrait mettre en place des assemblées générales comme plus haute instance décisionnelle, avec un contrôle, sans devoir s’y limiter, sur les questions financières, électorales, des règlements et » politiques de la FÉUO? FÉU

Les jours de vote sont du 26 au 28 novembre
Apportez votre carte étudiante ou une pièce d’identité!

STATIONS DE VOTE
UCU: Niveau 1, devant la cafétéria UCU: Rez-dechaussée Marion: Entrée Lamoureux: Entrée (Jean-Jacques Lussier) Montpetit: Niveau 2, salon étudiant Lees: Entrée Fauteux: 3e étage Desmarais: Entrée Arts: Entrée SITE: Cafétéria CBY: Entrée FSS: Entrée Roger Guindon: Salon étudiant

elections.sfuo.ca
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25 novembre 2013

ARTS et CULTURE
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SOIRÉE D’ART ET DE POÉSIE SUR L’INCAPACITÉ

Poésie troublée et éloquente

Cécile Lachance - Photo Ayoub Ben Sassi

Lysane Caouette Chef de pupitre Vendredi dernier, les amateurs de poésie ont pu apprécier des allocutions parfois touchantes, assommantes, douces, et frôlant même la drôlerie. C’est une dizaine de performeurs provenant en majorité d’Ottawa mais ayant eu des parcours très différents qui sont montés sur la petite scène de la Galerie Saw, afin de partager verbalement leurs écrits. La Soirée d’art et de poésie sur l’incapacité, organisée par le Centre pour étudiants ayant un handicap (CÉH) de l’Université d’Ottawa, clôturait ainsi la semaine de la sensibilisation aux incapacités 2013. Tous les poèmes n’étaient pas teintés de rose. Certaines œuvres exploitaient littéralement la souffrance de vivre avec une incapacité, que ce soit d’un problème mental, comportemental, ou de nature physique. C’est grâce à la sincérité de ces poètes, notamment à travers leurs prestations, mais aussi à travers leur puissance verbale et leur gestuelle, qu’ils ont sensibilisé la petite foule à la cause. « Dans notre culture, les incapacités n’ont pas beaucoup d’attention dans la société. Étant une personne avec une incapacité, je trouve ça admirable que les gens expriment leurs expériences, leur souvenirs plus sombres. Elles nous en disent beaucoup

sur nous-mêmes. C’est bien que les gens soient plus familiers avec cela », affirme la coordinatrice du CÉH, Norah Dillon-Cheetham. Brandon Wint, poète actif au Canada ayant un handicap à la jambe, a su radoucir l’atmosphère de la soirée lors de son passage sur la scène. Son éloquence paisible a transporté le public dans ses histoires, notamment grâce au poème Home, ou bien Breaking. Depuis son plus jeune âge, M. Wint compose avec les questions des plus curieux concernant son handicap physique. C’est ce qui, entre autres, lui a permis de devenir poète. « Parce que tout le monde me regardait toujours lorsque je marchais, je me suis mis à observer le monde qui m’entoure. Mon incapacité m’a permis, en quelque sorte, d’être plus attentif à ce qui m’entourait. […] Je ne sais pas si, sans mon incapacité, je serais poète », explique t-il. Pour la poète Cécile Lachance, la poésie a été, depuis toujours, un moyen pour exprimer ses émotions durant des passages plus ardus qui se sont posés sur son chemin. Étant aussi peintre, Mme Lachance a apporté un tableau sur lequel étaient représentées plusieurs illustrations des moments difficiles de sa vie. « Ce tableau fait partie de moi. Aujourd’hui, je me sens bien », confit-elle. « Je trouve que l’écriture, c’est toujours quelque chose qui nous permet d’apprendre comment vivre avec ses incapacités.

[…] Ça aide, dans un sens à vivre avec soi-même », exprime à son tour le jeune poète, Chris Dagney. L’incapacité fait partie du quotidien de beaucoup de gens, mais reste pourtant un sujet tabou dans la société. « Le terme change beaucoup selon les cultures. C’est aussi vraiment tabou d’avouer que l’on a une incapacité. C’est mieux de laisser la personne se rendre compte par elle-même si quelqu’un a une incapacité. Comme pour moi, ça dépend avec qui je parle. Parfois, je préfère dire à la personne que j’ai une incapacité. Il arrive aussi que je dise que j’ai une incapacité invisible. C’est dans ce sens là que c’est tabou », soutient Mme Dillon-Cheetham. En plus d’être des canalisateurs d’émotions, l’écriture et l’art permettent de démontrer une réalité sans censure, croit la coordonatrice. « Je crois que c’est important de se rappeler qu’il y a beaucoup de moyens pour comprendre diverses réalités. Je crois que la poésie et l’art sont un bon moyen pour comprendre l’incapacité. C’est important de donner l’opportunité de reconnaître que les gens peuvent exprimer un message sous plusieurs manières. C’est ça, le pouvoir de l’art », ajoute-elle. La majorité des prestations étaient formulées dans la langue de Shakespeare, à l’exemption d’une lecture de la poète Josée Richard, qui a présenté son poème en chiac.

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25 novembre 2013

TROISIÈME ÉDITION DU FESTIVAL DU THÉ D’OTTAWA

Parfums, goûts et culture
Ludivine Magand Bénévole

Connaitre ou ne pas connaitre le thé, là n’est pas la question. Que vous soyez un simple amateur ou un vrai novice en la matière, la troisième édition du Festival du thé d’Ottawa, qui se tenait ce samedi 22 novembre au Centre des congrès de la ville d’Ottawa, était une belle occasion pour parfaire ses connaissances en la matière.
Pour une troisième année consécutive, Kimiko Uriu, co-fondatrice du projet et experte certifiée, a eu l’ambition de faire connaitre au public, non pas seulement des goûts et des saveurs, mais également une culture et un univers à part entière. Le public était au rendez-vous pour participer à ces découvertes gustatives et de savoir. « Il y a plus de participants cette année. L’an dernier, nous étions disposés dans une seule petite salle. Cette année, c’est impressionnant : il y a une grande foule! », explique la coordonatrice du festival Debra Rohac. Si la pièce n’était pas remplie de parfums, chacune des tasses était un voyage de sens. Les chawan, ces petits gobelets blancs dans lesquels sont servis les thés, les femmes en tenue traditionnelle et les démonstrations musicales de gamalen étaient tous des éléments qui permettaient une immersion totale dans la culture du thé. Un « thé-âtre » pour les yeux, et un apprentissage tant pour les papilles que pour la culture personnelle. Si les noms des différentes boissons ne sont pas

Photo Yulia Mikhailovna Teryaeva

très explicites, reflétant souvent les lieux de production des thés, leurs parfums ainsi que leurs propriétés aident à choisir lequel déguster. De même, les experts sont des passionnés ; ils sont à l’écoute des goûts et des préoccupations en termes de santé, pour offrir les thés les plus adaptés aux attentes des buveurs. Il y est appris des conseils pratiques, de conservation (au réfrigérateur, notamment), de préparation du thé en fonction de sa nature et de son origine, et de ses effets sur l’organisme. Les par-

ticipants y voguent d’un kiosque à un autre avec une tasse à la main, quelques chocolats achetés sur place dans la poche, et un fond musical très apaisant. Tous les intervenants présents au Festival sont des artisans ou des spécialistes de la capitale nationale. C’est d’ailleurs parce Mme Uriu s’est rendue compte de l’existence « d’une communauté du thé », qu’elle a pris l’initiative de créer ce Festival. Toutefois, le Festival sert aussi à rappeler que cette denrée est un produit de luxe. Or, il s’agissait d’une parfaite

occasion pour les festivaliers de déguster gratuitement des thés importés, de variétés nouvelles. « Les petits producteurs de thé vont dans différents pays pour trouver des "trésors", qu’ils vont ensuite importer ici. » , explique Mme Rohac. L’authenticité est certainement le terme qui résume le mieux l’événement. En définitive, le pari était réussi puisqu’un public très large et très hétérogène s’est rendu au Festival du thé, haut en couleurs et en saveurs.

OPÉRA DE L’ÉCOLE DE MUSIQUE DE L’U D’O

The Old Maid and the Thief
Hélène Labelle Bénévole Les 23 et 24 novembre derniers a été présenté The Old Man and The Thief, un opéra – comique, disons le - de Gian Carlo Menotti, interprété par l’École de musique de l’Université d’Ottawa (U d’O). Quatre jeunes chanteurs se partageaient la scène au pavillon Pérez, accompagnés par la pianiste Barbara Jeffrey, le tout étant dirigé par la renommée Sandra Graham. La pièce fut mise en scène par les étudiants Hyung Song et Kieran Foss. L’intrigue de cet opéra se déroule dans une petite ville où les ragots sont monnaie courante. Une vieille fille, Miss Todd, interprétée par Erika Churchill, accueille chez elle un vagabond nommé Bob, joué par Philippe-Étienne Blais, à la demande de sa servante Laetita, interprétée par Elise Heikkila, qui le trouve séduisant. Malheur! Une amie, Miss Pinkerton, jouée par Katelyn Osmond-Devereaux, lui apprend qu’un voleur se cache en ville. Les journaux décrivent physiquement, trait pour trait, Bob. Malgré tout, Miss Todd et sa domestique décident de garder leur hôte une semaine de plus, sans lui dévoiler qu’elles connaissent son identité. De fil en aiguille, l’histoire devient de plus en plus rocambo-

ou comment une femme fait d’un honnête homme un voleur
lesque, allant jusqu’au vol d’un magasin d’alcool par amour de la part de la très conservatrice Miss Todd. On apprend finalement que Bob n’est pas un voleur, mais il finit par le devenir à la fin lorsque la Laetita lui propose, en lui faisant du chantage, de se sauver de la ville avec elle, emportant toutes les richesses de Miss Todd au passage. La servante aura finalement transformé cet honnête homme en voleur de grands chemins. La directrice Sandra Graham précise que bien que « l’opéra soit une comédie, il y a aussi des côtés sombres.» Les étudiants Hyung Song et Kieran Foss ont préféré conserver la mise en scène originale de Menotti, compositeur italien, en gardant l’action de l’opéra en 1940. « À notre époque, tout le monde sait tout avec internet! Le système de sécurité n’était pas le même que dans les années 40 avec les vols », confie Mme Graham. L’actualiser aurait donc été plus délicat. La pièce de moins d’une heure et demie passe en un éclair ; des rires fusent du public devant les blagues de l’opéra, mais aussi devant les talents des acteurs qui offrent de drôles de mimiques. Notons la puissance vocale impressionnante de la soprano Elise Heikkila et la justesse vocale de la jeune soprano Katelyn Osmond-Devereaux, qu’on aurait

Photo Ayoub Ben Sassi

aimé entendre et voir davantage dans son interprétation de Miss Pinkerton; deux étoiles montantes à suivre. Un bémol reste cependant : les nombreux changements de décor plutôt longs qui interrompent l’action comique, faisant retomber les rires, et impatientent le public. Mentionnons pour terminer la pauvre qualité

du français dans le feuillet théâtral bilingue, distribué aux spectateurs. De nombreuses erreurs, tant de grammaire que d’orthographe, y ont été commises. Les notes biographiques, quant à elles, n’étaient pas toutes traduites en français. Un manque d’égard insoutenable de la part de l’École de musique de l’Université d’Ottawa.

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25 novembre 2013

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PIÈCE THÉÂTRALE : LE PROJET LARAMIE

« Du théâtre utile »
Julie Beaune Bénévole

La Comédie des Deux Rives de l’Université d’Ottawa présentait mardi soir Le Projet Laramie, pièce de théâtre écrite par Moises Kaufman et le Tectonic Theatre Project.
Cette représentation, mise en scène par Gill Champagne, soulevait le défi d’être la plus spontanée et sobre possible. En effet, cette pièce découle d’un fait réel. En 1998, Matthew Shepard, jeune étudiant, a été abattu par deux jeunes hommes à Laramie, dans l’état du Wyoming, puisqu’il était homosexuel. Les acteurs de la pièce devaient endosser plusieurs défis, entre autres celui de faire plusieurs rôles à la fois, mais aussi celui de valoriser le texte pour exposer le drame, et celui d’éviter de caricaturer les personnages, explique M. Champagne. Or, la représentation a brillé par son éclatante spontanéité. Le public a pu ressentir la détresse de ces habitants qui auraient tant espéré que la victime ne réside pas à Laramie. De longues entrevues ont été entreprises par une troupe de théâtre spéciale-

Matthew Shepard - Photo Guillaume Saindon

ment venue à Laramie pour comprendre le contexte dans lequel un tel acte a pu être commis et la manière dont la population a géré les événements survenus. L’intimidation que vivent les homosexuels dans cette contrée puritaine est la réalité

qui ressort de ces discussions, les habitants de Laramie suivant de près leurs valeurs religieuses. Ceux-ci n’hésitaient pas à juger autrui à l’aune de leur orientation sexuelle, signe d’une intolérance flagrante. Or, c’est justement ce qui a intéressé le metteur en

scène, soit de montrer « comment l’on vit et gère l’intimidation. » Des drames comme celui présenté dans Le Projet Lamarie se produisent toujours dans les sociétés de nos jours. À l’image de cette représentation, les spectateurs doivent dénoncer l’intimidation avant qu’il ne soit trop tard. M. Champagne expose de manière simpliste mais poignante ce drame humain complexe. Il a choisi pour décor un désert afin de représenter « la sécheresse du crime ». Cette sobriété du décor indique d’une manière assez efficace aux spectateurs que les mots sont nullement nécessaires pour comprendre l’enjeu principal de la pièce. Au fil des conversations, le public assiste à une réelle évolution de l’opinion des habitants, à un point tel qu’ils sont capables de reconnaître que Matthew Shepard, avant d’être homosexuel, était avant tout un être humain. Le comportement exemplaire viendra de la part des parents du jeune homme, refusant la peine capitale des meurtriers. Selon M. Champagne, cette grâce est « plus horrible que le meurtre en lui-même, car elle condamne les coupables à vivre avec ce dernier jusqu’à la fin de leurs jours ». Le Projet Laramie, qui reconstitue ce drame irréversible, illustre finalement la manière dont une somme de jugements stéréotypés ont conduit à l’irréparable.

CRITIQUE DU LONG MÉTRAGE FRANÇAIS GRAND CENTRAL

Quand l’amour côtoie le danger
Solomiya Ostapyk Bénévole Le film français Grand Central de Rebecca Zlotowski a été projeté à l’auditorium de la Bibliothèque et Archives Canada, dans le cadre du 28 e Festival du film de l’Union européenne. Dès la première scène, les spectateurs étaient captivés – l’état dans lequel ils sont restés pour les prochaines 94 minutes. On rencontre Gary Manda en plein voyage à bord d’un train. Avec ses deux amis, il se prépare à travailler dans une centrale nucléaire. Pour apprendre les rudiments de ce métier, Gary est dirigé par ceux qui le pratiquent depuis longtemps. Malgré les dangers terrifiants qui se passent devant ses yeux, cela n’empêche pas le jeune homme de risquer sa santé et son bien-être pour gagner un peu d’argent. Il apprend rapidement comment manipuler son dosimètre pour cacher le fait qu’il absorbe plus qu’une dose de radiation, un secret qui pourrait lui coûter son emploi. Dans le parc à roulottes où habitent les employés de la centrale, Gary s’implique dans une relation aussi dangereuse que son travail. Il ne peut pas prévenir l’étincelle qui enflamme un amour intense avec Karole, la fiancée de Toni, son collègue. Ils cachent ainsi leur relation, mais cet amour contamine Gary autant que la radiation. En employant les scènes réalistes avec une simplicité plaisante, ce long métrage illustre l’histoire d’un triangle amoureux d’une nouvelle façon : on expose le danger des travailleurs d’une centrale nucléaire. Grand Central a été présenté au Festival de Cannes 2013 dans la section Un Certain Regard. Tahar Rahim et Léa Seydoux jouent les personnages principaux, Gary et Karole, et leurs performances sont notablement captivantes. Quand Karole embrasse Gary devant tous leurs amis pour lui montrer les effets de la radiation – la peur, l’inquiétude, le vertige, les genoux faibles – le ton du film s’établit, exposant un malaise mystérieux mais intéressant. Le contraste entre les scènes dans le parc à roulottes et celles dans la centrale nucléaire ajoute aussi du dynamisme au film ; l’environnement relâché et naturel du parc est très différent que celui de la centrale. Les travailleurs, portant plusieurs combinaisons protectrices, circulent dans des lieux propres

Gary Manda - Courtoisie

d’un blanc aveuglant et périlleux, puisque l’erreur n’est pas acceptée. Ce qui se passe avec ceux qui font des erreurs dans la centrale est très effrayant. En parallèle, la musique accentue les sentiments d’inquiétude et de curiosité chez les spectateurs. Dans son deuxième film, Rebecca Zlotowski démontre qu’elle est une réalisa-

trice talentueuse. Cependant, les conclusions ne sont pas aussi satisfaisantes pour tous les aspects du film, entre autres dans la relation de Gary et Léa. Sans considérer la fin peu convaincante, Grand Central s’avère un film envoûtant à propos d’un amour aussi dangereux que la radioactivité.

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SPECTACLE

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25 novembre 2013

Le retour aux sources de Caféïne
Alexandra Vienneau et Léa Papineau Robichaud

Après avoir troqué son style punk-rock pour celui de DJ, Xavier Caféïne était de retour sur scène samedi soir pour brasser le cabaret La Basoche avec Gros Mené.
L’artiste originaire d’Aylmer était content d’être de retour à la maison. Il ne se cache pas d’aimer la région et avoue revenir souvent. Malgré ses longs séjours, c’était la première fois qu’il donnait un spectacle dans sa ville natale. « La Basoche, c’est l’ancienne bibliothèque municipale, j’ai passé toute mon enfance ici. De 6 à 12 ans, je venais ici à tous les soirs après l’école. J’ai passé beaucoup de temps ici et ça fait drôle de venir jouer dans cette salle-là », a-t-il avoué. Panache, groupe émergeant québécois, a lancé le bal, mais n’a reçu qu’un

accueil mitigé de la foule. À vrai dire, elle semblait plutôt impatiente de voir la formation de Fred Fortin et d’Olivier Langevin monter sur scène. Gros Mené a offert une solide performance qui a conquis le cœur des spectateurs avec leur son lourd en basse et en distorsion. Ils ont d’ailleurs cassé la baraque avec leur célèbre chanson

Venus. Ils ont enchainé avec plusieurs pièces de leur plus récent album, Agnus Dei, mais ils ont aussi joué des classiques tels que Ski-doo . Malgré un dur lendemain de veille, Fred Fortin a assuré sur scène. « Je manque m’évanouir à chaque deux secondes durant une toune, mais j’ai bien du fun avec vous à soir. Merci de me donner de l’énergie! », a lancé le chanteur de la formation. Lorsque ce fut le tour pour Caféïne de monter sur scène, la salle s’était quelque peu vidée, mais les plus grands fans faisaient toujours acte de présence. En effet, la famille Caféïne était toujours sur place, ce qui mettait un peu de pression sur l’artiste. « C’est toujours plus gênant quand il y a des gens de ta famille qui te connaissent depuis que tu es tout petit dans la salle », a expliqué l’Aylmerois. Il a joué presque la totalité de son dernier opus New Love , un album qu’il a mis presque quatre

ans à composer. « Quand je n’ai rien à dire ou quand je n’ai pas d’inspiration, je ne me force pas pour écrire, parce que c’est comme faire un album par force et il y a beaucoup trop de gens qui font ça. Quand tu fais de la musique, il faut que ça veule dire quelque chose selon moi », dit Caféïne. La bête de scène est revenue pour interpréter trois autres chansons en rappel. Les fans ont pu apprécier les chansons les plus connues de son album Gisèle, dont Le feu, La fin du monde et Les corbeaux. « Étant donné que j’ai des chansons qui ont roulé pas mal sur d’autres albums, je dois au monde de les faire, surtout qu’il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas le nouvel album. Et puis moi, j’aime encore jouer ces tounes-là. »

PREMIER ALBUM SOLO DE WOLANYO

« Une fenêtre de respiration »

Laura Kassar Bénévole

Mardi dernier, La Rotonde a rencontré l’artiste Wolanyo dans un 5 à 7 amical et chaleureux, où un rythme exotique et de pop urbain se mariaient en un même son entraînant, lors du lancement de son premier album solo au Canada, intitulé Frénésie.
La Rotonde : C’est véritablement ce soir que votre album Frénésie voit le jour. Comment vous sentez-vous maintenant que le projet est finalement à terme? Wolanyo: Je me sens libéré. C’est l’image d’un accouchement qui me vient en tête quand j’y pense. L’album, c’est le fruit d’un

travail que j’ai porté et auquel j’ai donné vie pendant plus d’un an. Bien plus que la réception médiatique, ce qui me préoccupait vraiment c’était ce soir, c’est-à-dire la première rencontre avec le public. Mais ça c’est très bien passé, j’en suis content! LR : Est-ce que prendre la scène en tant qu’artiste solo est quelque chose qui est nouveau pour vous, malgré que vous ayez déjà beaucoup de réalisations musicales derrière vous? W : J’ai déjà écrit et produit un spectacle il y a quatre ans, Tumani Samba. C’est un spectacle sous forme de conte musical pour lequel j’ai fait une tournée en France, en Belgique et en Suisse. J’ai donc déjà joué seul avec des musiciens dans le passé, ce n’est pas cela qui est nouveau. Par contre, cette fois, je m’avance devant le grand public et les médias avec un produit qui m’appartient davantage, qui me met plus de l’avant personnellement. LR : Lorsque vous êtes en processus de

composition, les textes sont-ils travaillés avant la musique, ou est-ce le contraire? W : Je suis avant tout un musicien, donc j’écris sachant que ce sera mis en musique. J’écris mes textes pour la musique ; en ce sens, on peut dire que les textes viennent l’appuyer. Mais il m’arrive aussi d’aller puiser dans mon journal pour nourrir les chansons que j’écris à partir de mes expériences. LR : Pensez-vous continuer à composer pour le théâtre à l’avenir? W : Oui, c’est quelque chose que j’aimerais continuer. La composition pour le théâtre, c’est essayer d’écrire et d’épouser une émotion qui n’est pas d’abord née en moi. C’est donc intéressant et un bon challenge. Mais pour l’instant, j’aimerais me consacrer à partir en tournée pour l’album qui vient de sortir. LR : Si vous pouviez décrire l’album en une phrase, que serait-elle? W : Frénésie, c’est une fenêtre de respiration dans l’agitation quotidienne.

Photo Studio Versa Mathieu Girard

Xavier Caféïne - Photo Marie-Claude Charron

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culture@larotonde.ca

ARTS et CULTURE
CRITIQUE BANDE DESSINÉE

CRITIQUE D’ALBUM CRITIQUE DE JEU VIDÉO Dans la peau ...Like Clockwork Slender : d’un aveugle le par Queens of The Arrival temps d’un repas Shabnam Bahramifarid the Stone Age Bénévole Léa Papineau Robichaud Adjointe à la rédaction Ghassen Athmni Rédacteur en chef

M.A. de Gwendoline Raisson et Magali Le Huche
Louise Guillot Bénévole

J’ai vécu une expérience plutôt spéciale la semaine dernière : un souper dans le noir. On nous met un bandeau qui nous bloque totalement la vue puis on nous guide à notre table. Ensuite, la rigolade commence. Avezvous déjà essayé de manger du taboulé ou bien de vous verser un verre de jus sans voir ce que vous faites? Il s’agit d’une mission quasi-impossible. Les yeux bandés, tu réalises l’ampleur du travail qu’ont à faire tes autres sens. On dit souvent qu’on mange d’abord et avant tout avec les yeux. Eh bien, avec un bandeau sur les yeux, c’est plutôt le nez qui fait le premier travail et qui nous indique si ce plat semble appétissant ou non. Puis, le goût fait la suite. Il détermine ce qui se trouve dans ton assiette. Croyez-moi, c’est assez impressionnant ce que ce sens est capable de faire. Quand on voit ce que nous mangeons, on prend souvent le goût pour acquis. Finalement, le toucher vient aussi jouer un rôle important. Si tu veux savoir s’il reste quelque chose dans ton assiette, pas le choix de te mettre la main dedans. Eh oui! Je n’ai toujours pas parlé de l’ouïe, parce que durant ce souper une dame nous parlait. Sans la vue, il était extrêmement facile de se concentrer sur sa voix et s’imaginer ce qu’elle racontait. Cette dame, Kim Kilpatrick, est aveugle de naissance et aujourd’hui elle est conteuse et musicothérapeute. Je ne l’ai entendue parler qu’une vingtaine de minutes et je ne l’ai même pas vue, mais je peux vous dire que Mme Kilpatrick est une personne inspirante. Elle nous a raconté des histoires de toutes sortes, toutes plus farfelues les unes que les autres. Tout ce qu’elle racontait tournait autour de son handicap, des histoires banales de la vie de tous les jours, mais qui deviennent rigolotes lorsqu’il te manque ce sens important qu’est la vue. Kim Kilpatrick, petite dame qui semble frêle et chétive (j’ai vu des photos), parle de son handicap avec tant d’autodérision qu’elle le transforme en épreuve de la vie totalement banale et facile à relever. Pourtant, après avoir vécu un simple souper les yeux bandés, je crois que nous devrions réfléchir plus souvent à notre sort. Même si Mme Kilpatrick semble avoir une superbe vie, je crois que nous devrions nous considérer chanceux d’avoir nos cinq sens. Ne serait-ce que de s’arrêter quelques secondes pour regarder les paysages et les sons qui nous entourent.

Avec leur dernière ponte, les rockeurs enfumés de QOTSA se réinventent, exit d’abord le vétéran Joey Castillo, et place au prometteur Jon Theodore (ex-The Mars Volta), même si c’est Dave Grohl qui a assuré les majorités des parties de batterie. Autre élément en rapport avec le line-up, le retour de Nick Oliveri et de Mark Lanegan, et la présence de Trent Reznor (NIN) et d’Alex Turner (Arctic Monkeys) en tant que collaborateurs, laissaient présager le succès. Ce sixième album du groupe varie les genres tout en prenant le soin de ne pas se désunir. Ses airs un peu bluesy ( Keep Your Eyes Peeled ), son piano Elton Johnesque ( The Vampyre of Time and Memory ) ou les dandinements dignes d’un Keith Richards, que procurent les riffs de If I Had a Tail , produisent un éclectisme innovant. …Like Clockwork connaît aussi ses déflagrations ( My God Is the Sun ), ses échappées émotives (Kalopsia) et son summum (Smooth Sailing, I Appear Missing ) et l’éponyme et merveilleux …Like Clockwork . Tout cela de concert avec l’univers à la fois dérangeant et sublime, créé par l’artiste britannique Boneface, qui meuble les vidéos et toutes les productions visuelles en relation avec le disque.

Si vous ne connaissez pas encore les mythes du personnage Slender Man, vous avez manqué des soirées palpitantes à jouer à plusieurs jeux. Toutefois, comptez-vous chanceux, vous pouviez dormir profondément pendant la nuit. Développé par les équipes de Parsec Productions et Blue Isles Studio, Slender : The Arrival est un jeu vidéo d’horreur sorti cette année sur les plateformes PC et Mac. Dans ce jeu, le joueur contrôle une jeune femme appelée Lauren qui apprend qu’un mystérieux homme s’appelant le Slender Man a forcé son amie à quitter sa maison de peur. Lors de sa quête pour retrouver son amie, l’homme à cravate la suit pendant tout son parcours effréné. Le joueur doit trouver les huit dessins de son amie qui sont éparpillés dans la forêt. Pendant cette course, vous vous trouverez baigné dans un stress immense. Plus le joueur trouve un grand nombre de feuilles, plus le niveau d’anxiété devient difficilement supportable. Le personnage sans visage peut se téléporter directement en face de votre personnage, émettant un cri strident qui vous fera faire un bond. Quelques stratégies doivent être maitrisées pour survivre : doser l’utilisation de la lampe de poche, marcher et parfois courir pour fuir Slender Man. Seuls les joueurs ayant du nerf survivront au Slender Man.

Sortie en mai dernier, la bande dessinée M.A., qui signifie « mères anonymes », est un récit humoristique portant sur la maternité. On y expose les joies d’être mère, mais surtout les peines, les difficultés et puis la réalité de ce rôle : traitant des mères célibataires jusqu’aux femmes mariées dont le mari les laisse seules à s’occuper des enfants. Se retrouver enceinte volontairement ou de façon accidentelle, donner naissance ou non, voilà quelques réflexions abordées dans cette bande dessinée. Traitant d’humour et de dérision, les auteurs Gwendoline Raisson (au texte) et Magali Le Huche (au dessin) vous présenteront des mères toutes différentes les unes des autres à travers leurs anecdotes. Vous connaitrez la réalité de ces femmes plus ou moins jeunes, plus ou moins seules, et mères depuis plus ou moins longtemps. Vous apprécierez ces histoires touchantes de ces mères solidaires dans leurs difficultés. Elles s’entraident grâce à ce groupe des Mères Anonymes, espace de discussion pour surmonter les problèmes qu’elles ont avec les enfants ou avec un père absent. Vous découvrirez que non, la maternité n’est pas innée. Toutefois, tout n’est pas noir dans ce livre. Au contraire, il se termine sur une note d’espoir : la maternité a aussi ses bons côtés.

C ALE N DRIE R CULT U R EL
LUNDI 25 NOVEMBRE : Conférence : Conférence de la Cour fédérale et de la Cour d’appel du Québec Pavillon Fauteux, 11 h 30 MARDI 26 NOVEMBRE : Musique : Performance de Yao Centre universitaire, 12 h 15 Atelier : Atelier d’écriture de chansons Centre universitaire, 13 h MERCREDI 27 NOVEMBRE : Concert : Jazz Ensemble Pavillon Perez, 12 h Spectacle : Karim Ouellet Centre national des Arts, 19 h 30 JEUDI 28 NOVEMBRE : Arts visuels : Vernissage de David Barbour Galerie d’art de l’hôtel de ville, 17 h 30 VENDREDI 29 NOVEMBRE : Impro : Match d’Acronyme Institut Canadien Français, 20 h BD : Les Rendez-vous de la bande dessinée Maison du citoyen, du 29 novembre au 1er décembre SAMEDI 30 NOVEMBRE : Spectacle: The Beaches, The Dead Bees et The Apollohs Zaphod, 20 h DIMANCHE 1ER DÉCEMBRE : Danse : Soirée Salsa Célébration Centre Communautaire Tétreau, 18 h 30

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SPORTS

Louis-Charles Poulin | sports@larotonde.ca

Alexandra Bassa et Marisa Sauret - Photo Ghassen Athmni

QUIDDITCH

Les Gee-Gees et le Maple Rush vont en Coupe du monde
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre

Les deux équipes de quidditch de l’Université d’Ottawa (U d’O), les Gee-Gees et le Maple Rush, se sont qualifiées pour participer à la coupe du monde de quidditch qui aura lieu en avril prochain. Les qualifications avaient lieu il y a quelques semaines lors de la coupe canadienne à Toronto.
Durant le tournoi qualificatif , le Maple Rush a subi l’élimination en demi-finale face aux Gee-Gees, qui ont remporté les grands honneurs, la rencontre suivante, en finale contre l’équipe de l’Université Carleton. Alexandra Bassa, joueuse de l’équipe de quidditch des Gee-Gees depuis ses tout débuts, était très heureuse de cette victoire. « Ça m’a fait vraiment chaud au cœur, j’ai adoré l’expérience. Notre équipe est vraiment forte comparativement aux années passées, tout le monde s’améliore constamment », remarque-t-elle. « La première année, nous avons terminé en 3e place, l’année dernière en 2e et cette année, on a enfin atteint la 1ère

place. Nous avons fait preuve de beaucoup de persévérance », affirme la Gee-Gee. Son amie, Marisa Sauret du Maple Rush, est très fière de la troisième position de son équipe. « C’était très excitant, nous ne pensions pas nous rendre jusque-là. Le Maple Rush est une nouvelle équipe, qui comporte beaucoup de nouveaux joueurs de quidditch, donc nous étions tous bien surpris de notre performance », indique la joueuse de deuxième année. « Je crois que si nous nous sommes rendus aussi loin, c’est parce que nous avons gardé espoir », ajoute Sauret. Bassa et Sauret se réjouissent de voir les deux clubs de quidditch de l’U d’O se préparer pour rivaliser avec les 80 meilleures équipes du monde à Myrtle Beach, en Caroline du Sud, les 5 et 6 avril prochains. « On va jouer du mieux que l’on peut et ce sera une bonne occasion d’acquérir de l’expérience », croit Sauret du Maple Rush, qui ne semble pas avoir d’objectif précis par rapport à la coupe mondiale. Pour sa part, Alexandra Bassa pense que les Gee-Gees peuvent se rendre loin lors de cette compétition. « Nous aimerions finir parmi les 16 meilleures équipes », espère-t-elle.

« Le quidditch devient de plus en plus populaire »
Le quidditch tire ses origines de la série d’Harry Potter, dans laquelle le célèbre sorcier pratique ce sport. Même si le dernier livre

d’Harry Potter a paru en 2007, et le dernier film en 2011, la popularité du quidditch ne semble pas diminuer pour autant, selon les deux athlètes de l’U d’O. « Le quidditch devient de plus en plus populaire. C’est sûr que c’est un sport inspiré de l’univers d’Harry Potter, mais de plus en plus de gens qui ne connaissent pas les livres ou les films de ce personnage s’intéressent au quidditch, à cause de son aspect physique et compétitif », croit Alexandra Bassa. « C’est la première année qu’il y a deux équipes compétitives à l’U d’O, donc je crois que ça témoigne de la popularité de ce sport », indique pour sa part Marisa Sauret, pour qui la décision de venir étudier à Ottawa a été grandement influencée par le fait de pouvoir y pratiquer ce sport. Les deux athlètes semblent être passionnées par le quidditch, qui consiste à deux équipes de sept joueurs s’affrontant sur un terrain à dos de balais. Trois d’entre eux sont des poursuiveurs et ont pour mission de marquer des points en envoyant un ballon de volleyball à travers trois anneaux posés aux extrémités du terrain. Deux autres joueurs sont des batteurs, une position qui consiste à défendre les anneaux en lançant des ballons de dodgeball aux joueurs adversaires pour les obliger à retourner dans leur territoire. Il y a ensuite un gardien qui se charge de protéger les anneaux. Pour finir, il y a la position qu’occupait Harry Potter, soit celle d’attrapeur. Il doit s’emparer du vif d’or, qui se trouve à être une balle de tennis attachée à

la taille d’un joueur neutre, habillé en jaune, qui essaie d’échapper aux deux équipes. « Il y a des stratégies spécifiques à chaque position », soutiennent les deux athlètes de l’U d’O. Il est possible de marquer des points en comptant des buts, qui donnent chacun 10 points, ou en attrapant le vif d’or, ce qui met fin à la partie et donne 30 points à l’équipe dont l’attrapeur a réussi à l’attraper. C’est en s’emparant du vif d’or que les Gee-Gees ont remporté la finale face à Carleton, souligne Alexandra Bassa. « Mon moment préféré du tournoi est lorsque notre attrapeur a mis la main sur le vif d’or et qu’on a eu la confirmation de l’arbitre par la suite », se réjouit-elle. Pour Marissa Sauret, l’un des moments qu’elle n’oubliera pas de si tôt est la blessure qu’elle a subie à l’épaule droite. « Je me suis fait mal à l’épaule en essayant d’arracher le ballon des mains d’une joueuse adverse. Il y a toujours des risques de blessures puisqu’il y a beaucoup de contacts au quidditch », explique-t-elle. « C’est un sport qui est autant physique que le rugby et le football », soutient quant à elle Alexandra Bassa, qui a déjà elle aussi subi une blessure auparavant. D’autres joueurs des Gee-Gees et du Maple Rush sont présentement blessés depuis la coupe canadienne. Les deux équipes de l’U d’O reprendront l’action à Kingston, cette fin de semaine, pour disputer des matchs hors-concours face à l’Université de Queen’s pour se préparer en vue de la 7 e coupe du monde de quidditch.

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SPORTS

BASKET-BALL MASCULIN

Deux victoires faciles à domicile
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre

L’équipe de basket-ball masculine de l’Université d’Ottawa (U d’O) demeure invaincue cette saison, compilant une fiche de huit victoires, suite aux deux matchs disputés la semaine dernière. Le Gris et Grenat a dominé les Warriors de Waterloo 98 à 60 vendredi, ainsi que les Golden Hawks de Laurier 89 à 68 samedi.
Samedi soir, le Double G a pris une avance de 30 points vers la fin de la première demie. Ensuite, les joueurs de l’U d’O ont semblé s’asseoir sur leurs lauriers, puisque l’adversaire a marqué plus de points qu’eux en deuxième demie. L’entraîneur des Gee-Gees, James Derouin, a remarqué ce relâchement en deuxième demie face aux Golden Hawks et est très surpris de voir son équipe l’emporter. « Laurier a été combattif, comparativement à Waterloo hier qui l’était très peu. Je ne sais
Moe Ismail - Photo Yulia Mikhailovna Teryaeva

même pas comment on a fait pour gagner contre Laurier pour être honnête, car ils ont été beaucoup plus énergiques que nous », avoue-t-il. La performance de Johny Berhanemeskel et de Caleb Agada, qui ont tous les deux marqué 21 points, explique probablement la victoire des Gee-Gees. Berhanemeskel explique

qu’ « il faut rester motivé et marquer le plus de points possibles à chaque match, car notre division est très féroce. » Son coéquipier, Caleb Agada, a livré l’une de ses meilleures performances. « C’est définitivement un de mes plus hauts pointages en carrière et j’ai bien joué aussi en défensive, car je devais couvrir Max Allin, qui est l’un des meilleurs au pays. Je suis

très content de ma performance », affirme Agada. Son entraîneur remarque qu’il est l’un des seuls joueurs à être resté constant jusqu’à la fin du match. « Il était probablement notre seul homme énergique et je crois qu’il a fait la différence dans le match », mentionne Derouin. « Gabriel GonthierDubue a été présent sur les jeux importants, donc je dirais que lui aussi a contribué à notre victoire de ce soir », ajoute-t-il. Gonthier-Dubue, joueur de quatrième année, a terminé le match avec 13 points et 11 rebonds. Il s’est surtout illustré en première demie, où il a marqué 9 points. L’U d’O a réussi 21 de ses 23 tentatives de lancers francs et n’a réussi que 4 de ses 22 tentatives de tirs de trois points. Les hommes de James Derouin visiteront les Ravens de Carleton vendredi. « Ce sera notre plus gros match de la saison jusqu’à maintenant », indique l’entraîneur. L’une des deux équipes subira sa première défaite de la saison, puisqu’elles occupent toutes les deux la première position du classement de leur division, avec une fiche parfaite de huit victoires. Ryerson occupe la troisième position avec sept victoires et une seule défaite. Laurentienne est en quatrième place avec une fiche de six victoires et de deux défaites. La compétition s’annonce serrée jusqu’à la fin de la saison dans la division est des Sports universitaires de l’Ontario.

BASKET-BALL FÉMININ

Trop peu trop tard pour les Gee-Gees
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre

Après avoir dominé les Warriors de Waterloo 80 à 48 vendredi, les joueuses des Gee-Gees se sont mesurées à des adversaires beaucoup plus coriaces samedi soir. Malgré une tentative d’orchestrer une remontée en fin de match, la troupe d’Andy Sparks a dû céder la victoire aux Golden Hawks de Laurier, 74 à 67.
L’équipe des Gee-Gees a accordé beaucoup plus de points qu’elle n’en avait l’habitude lors de ses derniers matchs. Depuis trois rencontres, les joueuses de l’Université d’Ottawa (U d’O) contenaient les équipes adverses à moins de 60 points. L’entraîneur du Double G, Andy Sparks, place le blâme au niveau de la défensive. « Notre jeu de transition en défensive lors du troisième quart, lorsque l’autre équipe a marqué 15 points, a été complètement désastreux », déplore-t-il. « On ne peut pas laisser une bonne équipe

comme Laurier prendre une telle avance. Elle compte plusieurs joueuses de quatrième année dans leur équipe. Quand elles ont pris l’avance, elles sont devenues encore plus confiantes et elles ont commencé à s’encourager entre elles. Notre équipe compte beaucoup de jeunes joueuses comparativement à eux et cela paraissait ce soir », ajoute Sparks. Ses joueuses semblaient partager le même avis que leur entraîneur concernant les jeux défensifs. « Notre défense était vraiment mauvaise à certains moments et nous aurions dû travailler plus fort à ce niveau », affirme Maddie Stephen de l’U d’O. Malgré une avance de 16 points qui semblait insurmontable au troisième quart, les Gee-Gees ont réussi à tenir les spectateurs en haleine jusqu’en toute fin de rencontre avec une remontée qui est arrivée trop peu trop tard. Avec 1 :19 à jouer au match, l’écart était de trois points entre les deux équipes, sauf que les Golden Hawks ont répliqué immédiatement avec un panier de trois points, enlevant tout espoir d’une remontée de fin de match aux Gee-Gees. Les performances remarquables de Stephanie MacDonald, qui a récolté 21 points, de Maddie Stephen, qui en a récolté 16, ainsi que de Sarah Besselink, qui en a obtenu 10, n’ont pas suffi à rattraper le pointage de Laurier. Malgré son pointage élevé, la garde des Gee-Gees, Stephanie MacDonald ne semblait pas contente de sa performance. « Ma performance aurait pu être meilleure à mon avis. Je suis peut-être dure

Maddie Stephen - Photo Yulia Mikhailovna Teryaeva

avec moi-même, mais je trouve que j’ai mal joué en défensive », analyse-t-elle. Maddie Stephen, qui a réussi à récupérer onze rebonds, était aussi déçue de sa performance. « C’est la victoire qui importe le plus pour moi et non ma performance individuelle. Notre équipe a mal joué, donc je ne suis pas vraiment contente du match », explique-t-elle. L’équipe de basket-ball féminine de l’U

d’O affrontera les Ravens à l’Université Carleton vendredi, pour terminer l’année 2013. « Nous avons toujours eu une grosse rivalité avec Carleton, donc j’ai hâte à ce match. Par contre, il faudra travailler fort cette semaine dans les pratiques pour retravailler notre défensive et tenter de revenir en force après cette défaite », espère Maddie Stephen.

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SPORTS
HOCKEY FÉMININ

sports@larotonde.ca

25 novembre 2013

Les Martlets étaient trop fortes
Léa Papineau Robichaud Adjointe à la rédaction

Les Gee-Gees se sont inclinées 5 à 1 face aux championnes en titre du Réseau des sports étudiants du Québec (RSEQ), les Martlets de l’Université McGill, samedi.
Grâce à cette victoire, McGill est toujours invaincu après huit matchs de saison régulière. Ottawa a pour sa part ajouté une défaite à sa série de revers consécutifs, qui se dénombrent maintenant à trois. En première période, le Double G a montré sa grande volonté de vaincre, effectuant huit lancers sur la gardienne adverse contre seulement trois du côté des Martlets. McGill est toutefois venu gâcher la fête en début de deuxième vingt en marquant le premier but de la rencontre. Puis, celle qui se retrouve au haut du classement des meilleures marqueuses du RSEQ, Gabrielle Davidson, y est allée d’un but en fin de deuxième période, qui a rapidement été suivi d’un but en avantage numérique de Katia Clement-Heydra. Cette dernière a d’ailleurs obtenu un deuxième but en troisième période, en plus d’une passe sur le but de sa coéquipière Leslie Oles. Asha Kauffeldt a été la seule du Gris et Grenat à déjouer la gardienne des Martlets, Taylor Hough. Son but est survenu à la toute fin du match, al-

Cassie Séguin - Photo Léa Papineau Robichaud

ors qu’il restait moins de trois minutes au match. Vickie Lemire et Carling Chown ont obtenu les mentions d’assistance. Même si le pointage ne le démontre pas, les Gee-Gees ont tout de même joué un match solide, selon l’entraîneur Yanick Evola. « Je pense qu’on a égalisé le niveau d’intensité des Martlets ce soir. Pour une équipe qui se prépare à aller en séries éliminatoires dans un mois et demi, je pense que c’est ce qu’on veut », explique-t-il. « Il y a beaucoup de travail à faire, mais on s’en va dans la bonne direction. »

Celle qui a effectué 28 arrêts sur 33 lancers, Cassie Séguin, s’est aussi dite satisfaite du travail de l’équipe. « On a prouvé qu’on peut rivaliser contre elles. Il y avait des moments où on était pas aussi fortes qu’elles, mais on va pratiquer et le prochain match contre McGill, on va les battre », assure la gardienne des Gee-Gees. « L’autre équipe n’est pas la meilleure équipe au pays pour rien. Ils n’ont pas besoin de beaucoup d’opportunités pour marquer. Elles ont marqué des buts à partir d’angles réduits. Elles mettent la rondelle au filet , elles travaillent fort et je leur

donne le crédit », a avoué Evola, tout en soulignant que son équipe devrait essayer de faire de même lors des prochains matchs et d’éviter de jouer trop « fancy ». « On a manqué de bonnes chances, mais ce n’est pas parce qu’on ne travaille pas fort. On travaille énormément. On joue toujours à 100 % de notre force. Si on continue à faire ça, un moment donné ça va débloquer », a ajouté la capitaine de la formation, Camille Pauck-Therrien. Ottawa jouera son dernier match avant les Fêtes samedi prochain, à l’Université Carleton.

HOCKEY MASCULIN

Les Gee-Gees ne dérougissent pas
Philippe Marceau-Loranger Bénévole

Le 26 octobre. Voilà à quand remontait le dernier revers des Gee-Gees, qui espéraient que la manne se poursuive lors de leurs deux matchs locaux la fin de semaine dernière. Deux victoires de 4 à 2 plus tard, force est d'admettre que leur souhait a été exaucé.
Les Gee-Gees avaient du pain sur la planche vendredi, alors qu'ils recevaient la visite des champions de la conférence de l'Ontario de la dernière saison, les Warriors de Waterloo. Même s'ils n'arboraient pas une fiche aussi reluisante pour la présente campagne, ils n'étaient pas à prendre à la légère, et pour cause, ils alignaient dans leurs rangs le meilleur buteur du hockey universitaire canadien, Chris Chappell. D'entrée de jeu, le portier ottavien Warren Shymko a eu à se signaler, ce qui a donné le ton à sa troupe. C'est Mathieu Guertin qui a donné les devants au Double G. S'amenant sur l'aile droite, il a coupé vers le centre avant de décocher un vif tir du poignet qui a battu le gardien ennemi, Mike Morrison. Par la suite, c'est l'échec avant des Gee-Gees qui a fait des siennes. Andrew Creppin a démontré

Photo Yulia Mikhailovna Teryaeva

qu'il avait le compas dans l'œil en déjouant le gardien du côté du bâton, dans le coin supérieur droit, après avoir préalablement soutiré le disque au défenseur de Waterloo. Au deuxième tiers, les ottaviens eurent à se défendre avec un homme en moins lorsque Matt White a atteint un joueur des Warriors au visage avec son bâton. Il n'en fallait pas tant aux visiteurs pour s'inscrire au tableau. À l'embouchure droite du gardien, l'attaquant Justin Larson a tenté une passe dans l'enclave qui a ricoché sur un défenseur du Double G pour venir à bout de Warren Shy-

mko. Les Gee-Gees n’ont pas baissé les bras pour autant. Moins d'une minute plus tard, Alexandre Touchette a profité d'un rebond pour déjouer Morrison. Pour Touchette, indéniablement le franctireur par excellence de sa troupe, il s'agissait déjà de son neuvième but de la saison en seulement 14 rencontres. Ensuite, l'état-major du Double G a été quitte pour une bonne frousse lorsque son portier, qui disputait un fort match, a été ébranlé par un tir à la tête. Heureusement, il a été en mesure de demeurer dans l'action. Les Warriors ont sorti en lion au dernier tiers, et ont amenuisé l'écart. En situation

de mise au jeu à la gauche de Shymko, le centre Josh Woolley a soutiré le disque au centre ottavien avant de lancer sans avertissement du point des mises au jeu. Encore une fois, il n’avait pas fallu sous-estimer la force de caractère des locaux qui ont répliqué 30 secondes plus tard par l'entremise du défenseur Paul Landry. Converti en attaquant pour l'occasion, il s'agissait d'un premier but pour ce dernier sous la bannière des Gee-Gees. C'est donc dire que le Double G a su riposter rapidement après les deux filets des visiteurs, fait dont l'entraîneur-chef n'est pas peu fier. « C'est important pour notre formation d'être résiliente. En ce moment, on est comme dans une bulle, il n'y a rien qui nous dérange. Dès que l'autre équipe marque, on réplique peu de temps après. Comme ça, on freine leur momentum », a vanté l’entraineur, Réal Paiement. De plus, les locaux pouvaient se targuer d'avoir muselé le redoutable Chris Chappell, ce que soulève le capitaine, David Foucher : « On savait qu'il était le meilleur marqueur de la ligue. On a gardé une couverture étroite sur lui, et évidemment, ça a marché. » Le lendemain, le Gris et Grenat recevait la visite des Golden Hawks de l'Université Laurier. Il a poursuivi sur son erre d'aller en engrangeant un huitième gain consécutif, encore une fois par la marque de quatre à deux. Alexandre Touchette et Matthieu TanguayThériault ont animé l'attaque de l'U d’O, avec une récolte d'un but et d'une aide chacun. Lors du dernier week-end précédant le congé festif, les Gee-Gees recevront l'UOIT le 29 novembre, et se transporteront vers Kingston le lendemain pour croiser le fer avec l'Université Queen's.

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SPORTS

VOLLEYBALL FÉMININ

Une fin de semaine haute en couleur
Alexandra Vienneau Bénévole

C’est par la marque de 3 à 2 que les GeeGees ont remporté l’un des matches les plus importants de la saison régulière, samedi, contre la meilleure équipe des Sports universitaires de l’Ontario, les Lions de York. Elles ont aussi ajouté une victoire à leur fiche en blanchissant les Lakers de Nipissing, 3-0, dimanche.
Les gradins étaient pleins à craquer samedi au gymnase de Montpetit. Les Gee-Gees recevaient les Lions, les grandes championnes de leur division, présentant un dossier d’aucune défaite et de seulement trois manches de perdues, en huit matchs. L’atmosphère était électrisante alors que les partisans des deux équipes rivalisaient en chants d’encouragements. L’agressivité était au rendez-vous sur le terrain. Durant la première manche, Ottawa semblait avoir quelques difficultés à placer le ballon à l’intérieur des lignes. Les Gee-Gees ont fait plusieurs erreurs de jeu, perdant la manche

19-25. Par contre, la formation de Lionel Woods n’entendait pas se laisser faire sur leur terrain, gagnant la deuxième manche 25-14 grâce à des smashs d’une précision chirurgicale sur les lignes extérieures de la part de Myriam English. « Le service était très agressif, elles (les Lions) avaient de la difficulté en réception. À cause de ça, elles ne pouvaient pas jouer beaucoup au centre. Leur service était moins fort que le nôtre, on a très bien réceptionné », fait remarquer Sophie Chenail. La troisième manche a débuté par un jeu offensif de la part du Gris et Grenat, creusant l’écart à 6-1. Par contre, York a repris du poil de la bête pour retirer la manche aux Gee-Gees (23-25), qui ont effectué le plus grand nombre d’erreurs dans une manche. Les deux équipes ont rivalisé d’astuces et de feintes, mais la plupart des points étaient accordés par des erreurs techniques. La quatrième manche a été gagnée à l’arraché (26-24) par les joueuses d’Ottawa, jouant du coude pour marquer les deux points règlementaires. « Ce qui était bien de ce match, c’est que ce n’était pas un match à sens unique. On dominait une manche, elles dominaient une manche. Il y a eu deux manches durement disputées. Elles sont revenues de l’arrière et nous sommes revenues de l’arrière », souligne l’entraîneur-chef Lionel Woods. Les joueuses d’Ottawa ont finalement achevé les Lions à 15-11

en dernière manche. « Ça fait du bien parce qu’avec York, il y a toujours une grosse rivalité. Quand tu gagnes contre une équipe comme ça, toutes les heures d’entrainement en valent la peine », avoue Chenail. Les Gee-Gees n’ont pas eu le temps de s’assoir longtemps sur leurs lauriers. Dimanche, c’était au tour des Lakers d’être accueillies à l’Université d’Ottawa. Devant une foule qui était revenue à sa normale, elles ont mené le jeu rapidement. Par contre, à la douzième minute de jeu, la capitaine Myriam English s’est tordu la cheville après un blocage au filet. La foule a retenu son souffle lorsqu’elle a dû quitter le terrain, soutenue par deux de ses camarades. « C’est une joueuse qui a beaucoup d’influence sur le jeu, il faut remplacer cette énergie positive. Kaly Soro est tout de suite rentrée pleine d’énergie, il n’y a pas eu de trou d’énergie grâce à ça », explique la numéro 15, Sophie Chenail. Les GeeGees ont donc continué et gagné la manche 25-17. La disparition du pilier de l’équipe s’est fait quand même sentir durant le tout début de la deuxième manche, alors que le Gris et Grenat a cédé plusieurs jeux faciles. Malgré tout, les joueuses de l’Université d’Ottawa sont revenues dans la partie pour la remporter en trois manches (25-17, 25-13, 25-10). « Je crois que c’était une performance plutôt stable. Je suis très fier de toute l’équipe. On grandit et s’améliore très rapidement », confie Woods. Les Gee-Gees seront à l’Université Queen’s le 29 novembre et au RMC le 30.

Sophie Chenail et Kira Tomé - Photo Ayoub Ben Sassi

TIRS DE BARRAGE

David Foucher : la force tranquille
Philippe Marceau-Loranger Bénévole

Défenseur de quatrième année des Gee-Gees, David Foucher n’est peut-être pas reconnu pour ses statistiques offensives, mais son jeu défensif et ses aptitudes de leadership font de lui un incontournable pour le Gris et Grenat. La Rotonde s’est entretenue avec lui cette semaine.
La Rotonde : Qu’est-ce qui t’a amené à jouer au hockey? David Foucher : Je crois que ça vient de la famille. Mes parents m’ont encouragé à jouer au hockey, et comme tout bon jeune québécois qui regardait le Canadien, j’ai toujours voulu pratiquer ce sport. LR : Étant un vétéran de quatrième année, tu as connu l’ère précédant l’arrivée de votre actuel entraîneur-chef, Réal Paiement. Selon toi, quel impact a-t-il eu sur le programme de hockey masculin de

l’U d’O? DF : Il a amené beaucoup de structure sur la glace, mais aussi en dehors de la patinoire. Il fait vraiment la différence. Par exemple, quand vient le temps d’établir un plan de match, ça paraît que Réal a beaucoup d’expérience.

DF : J’ai eu une blessure à l’épaule qui a nécessité une opération au courant de l’été. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai manqué quelques matchs en début de saison. LR : Tu as été élu co-capitaine par tes pairs au début de la saison. Est-ce important pour toi d’avoir un rôle de leadership au sein de ta formation? DF : C’est sûr qu’étant donné que je suis un vétéran de quatrième année, et que l’an dernier j’étais assistant-capitaine, j’avais déjà des responsabilités sur ce plan-là l’année passée. Je trouvais ça important de continuer dans cette veine-là. LR : Vous êtes sur une incroyable séquence de huit gains consécutifs après un début de saison très laborieux. Comment expliques-tu un tel revirement de situation? DF : Je crois que les gars se sont vraiment regroupés. En début de saison, c’est toujours difficile de savoir comment tout va tomber en place. Il a fallu qu’on s’ajuste après quelques parties, et les gars ont vraiment été dans la même direction en suivant le plan de match à la lettre. LR : Planifies-tu poursuivre le hockey quand tu auras quitté l’U d’O? DF : C’est sûr que j’aimerais ça. Je ne me concentre pas trop là-dessus pour l’instant, mais je vais étudier mes options à la fin de la saison.

LR : Comment trouves-tu ta vie d’étudiant-athlète? Est-il difficile de combiner les études avec la pratique d’un sport de haut niveau? DF : Je dirais qu’en première année c’est plutôt difficile. Avant, quand je jouais au niveau junior (LHJMQ), les gars allaient au Cégep ou n’avaient qu’un seul cours universitaire. Mais là, on a trois cours par session, donc c’est plus exigeant. Par contre, rendu à ma quatrième année, j’ai développé quelques trucs pour être en mesure de gérer mon temps et les examens. LR : Tu préconises un style plutôt défensif. Crois-tu qu’on reconnaisse ta contribution à sa juste valeur? DF : C’est sûr qu’avec le style de jeu que je joue, s’il n’y a personne qui se pointe au match, on ne saura pas si j’ai bien joué, car je suis rarement sur la feuille de pointage. J’éprouve tout de même beaucoup de satisfaction à neutraliser les attaquants adverses. Je dirais que mon style s’apparente avec celui de Josh Gorges avec le Canadien. LR : Quelle a été la pire blessure que tu as subie durant ton parcours universitaire?

David Foucher - Photo Yulia Mikhailovna Teryaeva

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SPORTS
CHRONIQUE

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25 novembre 2013

Est-ce la fin pour GSP ?
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre Au cours de la semaine dernière, j’avais beau être à l’Université, à la salle d’entraînement ou assis devant mon ordinateur, partout où je me trouvais, les trois mêmes lettres revenaient sans cesse. Elles se trouvaient dans toutes les conversations et elles monopolisaient mon fil d’actualité Facebook. Peut-être que vous aussi, vous avez été exposé à ce phénomène communément appelé GSP. La plus grande vedette de l’histoire de l’Ultimate Fighting Championship (UFC), Georges Saint-Pierre (GSP) a suscité l’attention tout au cours de la dernière semaine. Sa victoire controversée, ses problèmes personnels, son état de santé et la possibilité qu’il se retire du circuit ont fait couler beaucoup d’encre. Est-il temps pour notre fierté canadienne de combat ultime de tirer sa révérence? Pour ma part, je crois qu’il se doit de livrer un dernier combat et d’accorder un match revanche à Jonhy Hendricks. Cela permettrait de mettre fin à la controverse voulant qu’il aurait dû perdre son titre à la suite de sa performance. En ce qui me concerne, j’ai été très surpris de le voir victorieux. J’étais plutôt d’avis que les juges avaient pris la mauvaise décision. J’aime bien Georges Saint-Pierre, mais soyons réalistes, son adversaire l’a complètement dominé. Le fait de terminer sa carrière sur une telle note serait dommage pour GSP à mon avis. Il doit prouver qu’il est capable de battre Hendricks par KO, par soumission ou par décision unanime pour finir en beauté. Advenant une défaite de sa part, bien que vaincu, il sortirait gagnant d’avoir offert cette opportunité à Johny Hendricks et il pourrait prendre sa retraite par la suite tout en restant une icône de ce sport. Malheureusement, il y a une grande possibilité que ce match revanche n’ait jamais lieu. « Je ne peux plus dormir la nuit. Je deviens fou », a confié Saint-Pierre à la suite de son combat. Sa décision de prendre une pause quelque temps ne laisse rien présager de bon quant à un retour de sa part dans l’octogone. Il est difficile d’évaluer s’il reviendra ou pas dans l’UFC, puisqu’on ne connaît pas la nature exacte des problèmes personnels de l’athlète. Par contre, ses déclarations faites après le combat nous laissent perplexes. Peu importe la décision que prendra Georges Saint-Pierre au retour de ses vacances, je crois que les gens le soutiendront et comprendront ses motifs. Pour ma part, c’est ce que je devrai faire malgré tout.

ÉTOILES DE LA SEMAINE
kelsie english : volleyball Caleb agada : basket-ball M

Michael l’africain : basket-ball m

Elle et sa sœur jumelle, Myriam, se retrouvent toutes les deux au premier rang du Sport universitaire de l’Ontario, suite à leur victoire face à leurs rivales, les Lions de York. Kelsie a réussi 17 attaques marquantes et elle marque en moyenne quatre points par match depuis le début de la saison.

Face aux Golden Hawks, le garde des Gee-Gees a récolté un total de 21 points pour permettre à son équipe de l’emporter avec la même avance. Selon son entraîneur, il est le joueur qui s’est le plus démarqué lors de ce match, en raison de ses efforts constants et de son énergie.

Le joueur de troisième année, originaire d’Oakville en Ontario, a surpassé son record de points comptés en un match en carrière vendredi, contre les Warriors de l’Université de Waterloo. Il a inscrit 23 points et deux mentions d’aides. L’Africain avait marqué 21 points en un match à sa saison recrue.

Basket-ball masculin

classements

MJ V D PP PC PTS CARLETON 8 8 0 773 494 16 OTTAWA 8 8 0 763 592 16 RYERSON 8 7 1 640 535 14 LAURENTIENNE 8 6 2 686 610 12 QUEEN’S 8 5 3 620 600 10 YORK 8 5 3 660 628 10 ALGOMA 8 3 5 507 600 6 TORONTO 7 2 5 517 602 4

MJ V D PP PC PTS OTTAWA 8 6 2 541 499 12 CARLETON 8 5 3 445 441 10 QUEEN’S 8 5 3 505 504 10 RYERSON 8 3 5 434 556 6 TORONTO 7 1 6 375 477 2 LAURENTIENNE 8 1 7 403 541 2 YORK 8 1 7 361 492 2 ALGOMA 8 0 8 288 590 0

basket-ball féminin

CLASSEMENTS

volleyball

MJ V D PP PC PTS OTTAWA 10 9 1 27 7 18 YORK 10 9 1 29 6 18 TORONTO 10 8 2 25 11 16 RYERSON 10 6 4 23 17 12 QUEEN’S 8 5 3 17 13 10 CMR 8 2 6 6 21 4 NIPISSING 10 0 10 3 30 0

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25 novembre 2013

LETTRES D’OUTREMER
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CHRONIQUE EUROPÉENNE

Et Dieu créa la mondialisation
Alex Jürgen Thumm Bénévole

Tout d’abord, permettezmoi de répondre à votre question même avant que vous vous la posiez : en effet, bien des Européens, et tous les médias allemands d’ailleurs, sont bel et bien au courant des récréations de Monsieur Ford. Comme il l’a prédit lui-même, il est devenu connu à travers le monde.
Au sujet de la conduite en état d’ivresse, Fribourg pourvoit ses citoyens d’un réseau d’autobus nocturnes bien plus humain qu’Ottawa ne sait faire. Afin de paraître à la mode, j’imagine, on l’appelle « Safer Traffic », et personne ne trouve cet emprunt à la langue anglaise bizarre sauf moi. Quand j’ai des difficultés avec la langue allemande, ce n’est pas avec les mots à 20 lettres, c’est plutôt avec leur usage douteux de ma langue maternelle qui se glisse autant dans le parler populaire que dans celui des universitaires. Le groupe Wise Guys (ils chantent en allemand) fait voir la pente glissante de Denglisch en chantant « Oh Lord, please gib mir meine

Language back ». Une prière qui conviendrait également aux Canadiens français. Au moment de vous écrire, je me trouve à Ravensbourg, la ville natale de mon grandpère ainsi que du « quotidien pour la politique et la culture chrétiennes » (le sous-titre du journal régional). J’assiste à un colloque dans un ancien monastère où, en journée, on discute de la société civile asiatique et de son rôle en démocratisation et, en soirée, du tout dernier placotage à la faculté. Au contraire de la France apparemment, les étudiants en Allemagne semblent « connaître » leurs profs; des fois même leurs filles. L’Halloween s’est transplantée ici avec succès (les fantômes sont aussi complices de la mondialisation), et l’Oktoberfest en Amérique, mais pas tous les évènements se diffusent aussi facilement. Parmi nous au colloque se trouve un Suisse qui porte un coquelicot (rouge) ; j’ai découvert plus tard qu’il travaillait avant chez Nortel, en Ontario. Mes amis (à la maîtrise en science politique) se demandaient entre eux ce que c’était que cette fleur. J’ai dû leur expliquer non seulement le coquelicot, mais aussi le concept du 11 novembre. Tout comme la colonisation au Canada et au Québec, la Guerre a vite été oubliée au fil des générations. J’ai une fois hébergé une couchsurfer allemande chez moi qui faisait sa maîtrise à Waterloo. Elle fumait, mais seulement depuis son arrivée à Waterloo. Pourquoi? L’université canadienne, dit-elle, est trop folle, trop stressante. Je me souviens de ses récits du paradis universitaire, l’Allemagne, où les choses seraient détendues et où on pourrait encore espérer faire une carrière

universitaire. Elle n’avait pas tort. Quoique complexe en maudit, le système n’est pas trop exigeant. Bien des profs sont sereins et les étudiants, sans frais de scolarité, n’ont pas peur de ne suivre que deux ou trois cours par semestre. Le sujet de conversation par défaut n’est pas les examens et la crainte qu’ils peuvent provoquer. On ressent peu de stress dans l’air universitaire. Et peu de politique étudiante. La dernière fois, je vous ai promis de revenir sur le Studentenwerk (SW), l’équivalent allemand de la FÉUO. Si l’on était assez naïf pour le traduire, le terme serait « travail des étudiants ». Le SW fédéral, qui regroupe tous les SW, fait du lobbying auprès du gouvernement et agit politiquement, mais c’est un devoir dont les unités régionales se débarrassent avec plaisir. À l’échelle locale, le SW fribourgeois ne mène pas de campagnes, ne parle pas d’assemblées générales ou de participation politique et n’a pas de scandales apparents. Son mandat est la prestation de services. Certes, la FÉUO dirait pareil, mais le sens de « services » diffère d’un côté à l’autre de l’Atlantique. Sans Centre de développement durable ou de la fierté, le SW s’occupe plutôt des défis financiers et banals des étudiants. Il propose des assurances, de la psychothérapie et des ateliers divers (le yoga, lire rapidement, parler sans accent, les langues et encore plus). Il ne s’adresse pas, peut-être comme à Ottawa, principalement aux femmes ou à la communauté LGBT, mais plutôt aux étudiants avec enfants et aux étudiants internationaux ; pour ceux-ci, il propose des évènements sociaux, des voyages pas chers et du logement.

Outre les cafés étudiants, le SW s’occupe aussi de l’alimentation sur le campus et des résidences. Mais on tombe rarement sur une entrevue avec le président. Rien de controversé ne se passe. Le concept d’une fédération étudiante, par et pour nous, est universel, mais les manières de la penser sont aussi variées que les sortes de müesli allemand. Visitez swfr.de/en pour voir vous-même le modèle allemand en action. Notre campus est joli et central et me rappelle l’U d’O, sauf qu’il est plus vieux et bien plus petit et qu’il y a de petites cours un peu partout. Ce qu’il n’y a pas, ce sont des aires de travail. On ne trouve pas de salons étudiants ou de tables comme dans FSS. Les sacs à dos sont interdits dans la bibliothèque ; la FÉUO ferait une campagne làdessus, non? En se promenant à travers les immeubles, on ne rencontre que des portes fermées. (La porte fermée : une autre particularité culturelle. Les Allemands ne voient aucun symbolisme de fermeture derrière une porte fermée. Elle laisse simplement une invitation à se faire cogner.) Du moins, je pourrais aller chez moi pour étudier. Mais en y allant, je ferai un tour chez « Bud’s Bikes ». Il me manquait d’argent la semaine dernière en achetant un vélo, mais puisque Bud a un ami canadien qui vient tous les ans, et puisque les Canadiens savent bien faire la fête, Bud m’a fait confiance pour revenir lui payer le solde. La mondialisation, ça nuit à l’environnement chez nous, je sais, mais au moins le monde considère les Canadiens comme des gens honnêtes. Pré-Rob Ford, au moins.

CHRONIQUE HAÏTIENNE

Qui est partant pour l’abolition du pâté chinois?!
Élise Vaillancourt Bénévole

Depuis mon arrivée en Haïti, je retarde cette chronique qui traite pourtant de mon aspect préféré de l’existence humaine : la bouffe.
Je suis une passionnée de nourriture, manger c’est mon sport préféré et j’excelle là-dedans. Je mange beaucoup et je n’ai au-c-u-n-e manière à table, un peu comme si j’avais un excès de bonheur à chaque fois que je voyais de la bouffe et que je l’exprimais trop mal. Du genre je mange la bouche ouverte et en salissant le ¾ de la table (Pour vrai, on

s’entend, il y a des défauts pires que ça). Ici, je vis pratiquement un rêve en ayant l’occasion de m’immerger dans une culture alimentaire aux antipodes de celle canadienne: la bouffe a un goût! Le régime alimentaire est super funky : la grosse mode, c’est du spag pour déjeuner (si t’es « chanceux », c’est accompagné de poisson fumé). Le dîner, c’est pratiquement une visite du seigneur : du bon riz haïtien, un petit morceau du poulet qui courrait dans ta cour hier, un avocat bien mûr, un bon jus maison… Et le soir, du pain et du beurre d’arachide maison avec de l’avoine. Oui, il y a presqu’une inversion du déjeuner et du souper. Et la journée est bercée au rythme du café, une fierté produite localement. Dans tous les cas, ça change de l’apogée de la cuisine canadienne : le pâté chinois. Sérieusement, steak-blé d’inde-patate, c’est le pire concept sur Terre. Je sais que c’est faire avec

des ressources canadiennes et que c’est un genre de simili-fierté mais vraiment, c’est fade et ça goute rien si tu mets pas de ketchup. Pi le ketchup, on s’entend que c’est clairement cancérigène. Dans les ingrédients, il y a « cancer » d’écrit entre « eau » et « sucre ». Je sais… j’ai lu les ingrédients. Ici, plus tu manges, plus les Haïtiens sont contents. Le but inavoué de mes collègues de travail est de me rendre obèse pour qu’à mon retour au Canada, tout le monde sache qu’on a bien pris soin de moi en Haïti. Je suis certaine que mes parents vont être particulièrement heureux quand je vais être hospitalisée pour diabète ou pour obésité morbide. La bouffe, c’est de l’amour matérialisé. Au Québec, c’est le montant qu’on te donne sur ta carte-cadeau H&M qui montre si les gens t’aiment, en Haïti, c’est le nombre de vergetures qui apparaît sur tes cuisses.

En parlant de bouffe et de vergetures, il devient essentiel de parler des préférences corporelles qui prévalent ici. Pour les Haïtiens de Sainte-Suzanne, il existe deux types de corps pour une femme : sexy et… grosse. Sexy, c’est l’image du corps féminin véhiculée dans la publicité ou la mode. Grosse, c’est quand t’as des hanches assez grosses pour accoucher bien rapidement, quand t’as de la chair et que tu es, conséquemment, bien nourrie. Donc, être grosse n’est pas nécessairement moins prisé qu’être sexy. En fait, bien souvent, le but des jeunes Haïtiennes est d’atteindre ce statut social. Autre fait surprenant : j’ai reçu bon nombre de compliments lorsque je ne rase pas mes jambes (avouez que vous êtes jalouses mesdames). On avait déjà dit que la perception de la beauté était relative? Sur ces paroles clichées, je vous laisse, chers lecteurs, on m’appelle à la salle à manger.

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25 novembre 2013

LABYRINTHES La nuit, ce n’est pas pour dormir
redaction@larotonde.ca
Chanel Bourdeau Je tire une dernière bouffée du joint que je caressais entre mes doigts avant de prendre le chemin qui mène vers ma demeure. Les pointes de mes talons hauts s’accrochent de temps en temps dans les planches de la promenade et j’ai l’impression que les mouettes qui longent la plage à l’aube se moquent de moi. Un sourire prend place sur mes lèvres tandis que je pense à Dante qui m’attend à la maison. Il est mon seul refuge après avoir travaillé une longue soirée. Je ne pense qu’à le prendre dans mes bras, lui embrasser la joue tout en enlaçant ses petits doigts. Il se peint sur cette toile vierge, blanche comme le sable, les lampadaires, le cap des vagues. Je me sens comme une tache dans tout ce décor net. Une grosse tache rouge, comme celle qui marque les draps de mes clients les plus enthousiastes, comme celle qui a souillé mon propre lit le premier soir où Ignacio m’approcha bien saoul. Depuis cette nuit-là, mon corps n’est plus le mien, mon canevas est devenu le tableau de plusieurs loups. J’accélère le rythme de mes pas pour finalement arriver au seuil de la maison. Après une respiration profonde, je franchis la porte. Valencia! Poupée, mais qu’est-ce qui t’as fait traîner cette fois-ci? J’avais l’impression que tu allais me faire attendre toute la journée. Mierda! J’espérais qu’il soit endormi à cette heure-ci. Quel faux espoir! Il attend son tour après une longue soirée de baby-sitting. Je devrai attendre encore un peu pour accéder à ma propre chambre. Je devrai d’abord servir dans la sienne. Il tend la main afin que je lui remette les profits d’une nuit productive. D’une main, il glisse l’enveloppe d’argent dans sa poche tandis que de l’autre, il me mène par le bras. C’est cette même main qui me donne une fessée à l’entrée de sa chambre. Je crie d’un air enjoué et me retourne avec un sourire coquet qui le fait toujours craquer. C’est Ignacio qui m’a formée dans mon domaine, qui m’a fait connaître les attentes de mes clients, le jeu et le jargon auxquels ils s’attendent. Il m’a appris à devenir actrice, séductrice, tentatrice, et il ne s’attend à rien de moins lorsqu’il évalue mes efforts. C’est notre gagne-pain et il s’assure toujours que je me mette bien à la tâche. Il s’assoit sur le bord du lit qui grince sous son poids. « Chuparme la pija! », m’ordonne-t-il.

Obéissante, je m’agenouille devant lui, le fixant des yeux tandis que je défais sa fermeture éclair d’un mouvement souple afin de réaliser sa première commande. Ay, si, si, si, si! Je l’entends gémir tandis qu’il attrape hâtivement mes cheveux pour manipuler ma tête comme celle d’un pantin. Satisfait de ce premier exercice, il lève la main qui s’empare de mon chignon afin que je me retrouve sur mes pieds. D’une voix menaçante, il souffle dans mon oreille « a la cama ». Je me soumets de nouveau à ses demandes. Penchée et écarquillée, je m’agrippe au matelas qui me supporte tandis qu’Ignacio me pistonne. Lorsqu’il accélère son rythme en saisissant de mains fermes mes hanches, je me crispe autour de lui en attendant qu’il me libère. Je montre un enthousiasme adéquat lorsqu’il jouit en moi, mais je quitte sans protestation lorsqu’il me montre la porte. Finalement, il arrivera à dormir.

Je marche sur la pointe des pieds vers ma chambre où Dante dort toujours, épargné de l’agitation qui remuait la maison. Je n’ose même pas l’embrasser par peur de l’éveiller. Le temps qui m’est alloué pour effectuer mes dernières préparations sera vite passé. Ça fait déjà quelques mois que je mets de côté une portion de mes revenus et me voilà qui puisse caresser le billet d’avion qui m’emmènera à Madrid. Une petite agence de mannequins a répondu favorablement au portefeuille de modélisation que m’a préparé un client à l’hôtel où je fais ma besogne. Le jour de mon départ est enfin arrivé! Je rêvais depuis longtemps de me réapproprier de mon corps. Lorsqu’il ne me reste qu’à envelopper Dante dans ses couvertures, je tends l’oreille pour entendre des ronflements, signe d’un sommeil profond, et je fugue. Heureusement que le trajet de mon logement à l’aéroport se fait sans trop de difficul-

tés. Dante s’est mis à pleurer dans le taxi. Par habitude je fis un clin d’œil à mon chauffeur qui vérifiait régulièrement son rétroviseur alors que je donnais le sein à Dante. Il s’endormit de nouveau lorsqu’il fut bien nourri. À l’aéroport le passage par les douanes se fit rapidement alors que je n’avais qu’un seul sac qui contenait le strict nécessaire : mes documents personnels, quelques vêtements, des couches pour durer le voyage et un paquet de cigarettes. Tandis que l’avion prend de l’altitude, je contemple le paysage qui s’étend à perte de vue. La mer, qui semblait infinie depuis la rive, ne pourra plus atténuer mon espoir. Soudainement, le souvenir de ma mère souriante m’inonde l’esprit. Elle se croyait déjà bien chanceuse que sa fille soit aussi jolie. En abandonnant sa famille, elle n’a pas été témoin du malheur provoqué par ce corps et cet amant dont j’ai hérité. Avec son souvenir en tête, je ferme les yeux pour dormir.

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25 novembre 2013

OPINIONS
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M. Rock, l’éducation n’est pas une marchandise!
Philippe Le Voguer J’écris en réaction à l’entrevue que le recteur de l’Université d’Ottawa, Allan Rock, a accordée à La Rotonde récemment. Dans cet entretien, M. Rock déclare fièrement qu’« une minorité d’étudiants paient la totalité de leurs frais [de scolarité] », faisant allusion aux bourses que certains reçoivent de diverses sources. Il ajoute aussi que l’endettement des étudiants n’est pas aussi répandu que ce que l’on pourrait croire. Sa justification : la valeur d’un diplôme sur le marché du travail vient compenser ces dettes. Dans ce cas M. Rock, vous devriez cesser d’utiliser le terme « étudiant.e.s » et plutôt le remplacer par « client.e.s ». Lorsque quelqu’un doit payer pour un service, il devient un consommateur. C’est donc dire que l’éducation est sur un pied d’égalité avec tout autre objet de consommation, tel une voiture, une piscine, un Iphone, etc. Or, cette affirmation est fausse. L’éducation n’est pas un privilège, c’est un droit fondamental! Vous le savez très bien M. Rock, le Canada est signataire du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), dont l’article 13 stipule clairement que « l’enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l’instauration progressive de la gratuité ». Vous allez me dire que le contexte économique ne permet pas une telle chose et que les universités sont sous-financées. L’instauration d’un régime d’impôts progressif, en fonction des revenus des citoyen.nes et des entreprises, aiderait certainement à rétablir en partie l’équilibre. Mais c’est aussi parce que les universités s’éloignent de plus en plus de leur vocation première, c’est-à-dire l’enseignement! Depuis la dernière décennie, les budgets des universités dédiés à la recherche « externe » ont doublé au Canada. En 2008, elles étaient responsables de 38 % de la recherche et du développement (R & D) qui se faisait au pays et pour lesquelles elles ont reçu 11 milliards de dollars en fonds publics. Cet argent ne sert pas à améliorer la qualité de l’enseignement ou l’accessibilité aux études. Il aide plutôt les grandes compagnies privées à économiser des sous en recherche pour ensuite réaliser d’énormes profits avec les nouveaux brevets que les universités réussissent à développer. Eh oui, les universités sont des sous-traitants des grandes compagnies pharmaceutiques et technologiques, et c’est nous qui les finançons! Tout ça est très bien documenté dans le livre Université inc. publié aux éditions Lux, d’où j’ai tiré mes statistiques et que je recommande fortement comme lecture de chevet à M. Rock. Pourquoi pensez-vous que l’U d’O est obsédée avec le recrutement d’étudiants étrangers alors que son mandat devrait être de desservir l’Est ontarien, notamment la communauté franco-ontarienne? L’équation est simple…Plus de têtes = plus de cash = meilleur classement dans les palmarès d’universités = plus de têtes…vous comprenez. Bref l’université est devenue une entreprise, une usine à diplômes au service du marché du travail. Nos ami.e.s de l’autre côté de la rivière des Outaouais ont compris qu’augmenter les frais de scolarité diminue l’accessibilité et entraîne des inégalités sociales. Est-ce que nous, chèr.e.s « co-client.es » en Ontario, allons continuer de fermer les yeux sur cette injustice?

Étudiant(e)s franco-ontarien(ne)s : rassemblons-nous!
Diego Elizondo Si l’histoire de l’Ontario français peut nous apprendre quelque chose, c’est que l’école (et à plus forte raison l’éducation) a été l’outil prisé par des générations de Franco-Ontariens pour lutter efficacement contre les assauts assimilateurs incessants de la majorité. Ce postulat était vrai il y a 100 ans, à l’époque du Règlement XVII et il l’est tout autant aujourd’hui, en dépit des progrès considérables dans la reconnaissance de l’éducation dans notre langue qui ont été faits au XXe siècle. Dans le cadre de ses États généraux sur le postsecondaire en Ontario français, le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) vous invite cordialement à deux activités de grande envergure qui se tiendront dans la région d’Ottawa. Bien que les deux événements soient gratuits et qu’à ce jour les inscriptions ont largement battu tous les pronostics initiaux des organisateurs, certains étudiant.e.s ne semblent pas être aussi enclins à comprendre la nécessité d’y participer. C’est à eux que je m’adresse ici. D’abord, le RÉFO organise un après-midi de conférences et de tables-rondes étudiantes qui porte un regard sur le passé afin de nous inspirer pour l’avenir, le vendredi 29 novembre au Carrefour francophone dans le Centre universitaire. Cette année marque le 400e anniversaire du passage de Samuel de Champlain dans la région. Souligner cet anniversaire important s’inscrit dans une volonté de mousser la solidarité étudiante franco-ontarienne. C’est aussi l’occasion rêvée pour rencontrer d’autres étudiant.e.s puisque ceux de La Cité collégiale, de l’Université Saint-Paul, du Collège Dominicain et du Campus d’Alfred de l’Université Guelph sont aussi invités. Ensuite, le RÉFO tiendra sa sixième et ultime consultation régionale à Ottawa le samedi 30 novembre prochain à La Cité collégiale. Bien que la consultation régionale du 30 novembre s’adresse à l’ensemble de la communauté franco-ontarienne de l’Est de l’Ontario, il est évident qu’elle interpelle au premier chef les étudiant.e.s francophones de la région. Il s’agit d’une chance unique de participer à une vaste consultation sur l’éducation postsecondaire dans notre langue, une première depuis bien belle lurette. Assister à l’événement unique est important, puisque l’éducation a un impact indubitable sur la vitalité de notre communauté, les luttes scolaires au fil de notre histoire nous l’ont appris. Les étudiant.e.s francophones ne sont pas sans savoir que l’éducation postsecondaire dans leur langue reste vulnérable et qu’elle est dans une situation critique. Souvent (trop souvent) ai-je entendu des francophones se lamenter pour une multitude de facteurs de la piètre qualité de leur éducation postsecondaire de langue française. Rien de rassurant lorsqu’on sait que la situation s’est détériorée ces derniers temps par des revers et des reculs. Car malgré la forte présence d’institutions postsecondaires qui offrent des programmes en français dans la région, l’offre en français plafonne toujours dans l’Est de l’Ontario à 36 % comparativement à ce dont les étudiants de la majorité peuvent jouir. En outre, l’élimination en 2012 en catimini de la bourse du gouvernement de l’Ontario pour étudier en français, malgré sa longévité s’étalant sur 30 ans, en est l’exemple le plus manifeste et désolant. Vous voulez que ça change? Le RÉFO mise sur votre sens de solidarité et de devoir dans ces questions cruciales qui transcendent les intérêts personnels de chacun. Participer aux activités s’avère non seulement souhaitable, mais nécessaire. Car c’est bien de la pérennité de notre communauté, en quelque sorte, dont il sera question les 29 et 30 novembre prochains. Diego Elizondo, Membre du Conseil d’administration du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), représentant des étudiants et étudiantes de l’Université d’Ottawa.

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Édition du lundi 25 novembre 2013 VOLUME LXXXII NO11 109, rue Osgoode Ottawa, Ontario K1N 6S1 TÉL. : 613 421 4686 RÉDACTION Rédacteur en chef Ghassen Athmni redaction@larotonde.ca Adjointe au rédacteur en chef Léa Papineau Robichaud adjoint@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Samuel Poulin revision@larotonde.ca Correcteurs Héloïse Brindamour correction@larotonde.ca Jean-Marie Rurangwa texte@larotonde.ca Actualités David Beaudin Hyppia actualites@larotonde.ca Samuel Lafontaine informations@larotonde.ca Marc-André Bonneau nouvelles@larotonde.ca Sinda Garziz journaliste@larotonde.ca Arts et Culture Lysane Caouette culture@larotonde.ca Sports Louis-Charles Poulin sports@larotonde.ca Opinions et Procrastination redaction@larotonde.ca Web Marie-Claude Charron web@larotonde.ca Directeur de Production Benjamin Roy production@larotonde.ca Directeur Artistique Ayoub Ben Sassi direction.artistique@larotonde.ca Illustrateur Nicholas DuBois illustrateur@larotonde.ca Photographe Yulia Mikhailovna Teryaeva photographe@larotonde.ca ADMNISTRATION ET VENTES Direction Générale Jérôme Simon et Anaïs Elboudjaïni direction@larotonde.ca Publicité Cathy Le Réseau Sélect cathy.le@tc.tc Prochaine parution Lundi 2 décembre 2013 La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Publications de La Rotonde Inc., et distribué à 2 500 copies dans la région d’Ottawa. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre de la Presse universitaire canadienne (PUC). La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

Comme en 1848
Les FTX de Troubles Collaboration spéciale
Poussés par la tradition anglaise des « Inns of Court », historiquement des lieux de débats juridiques, des tavernes et auberges situées près des cours de justice d’Angleterre, puis devenus maintenant des associations professionnelles de common law britannique, deux jeunes aspirants juristes se sont rencontrés au pub étudiant de notre chère Université, le 1848, pour y philosopher et débattre de droit et de société, tout en y appréciant l’héritage patrimonial de la Mésopotamie ancienne. Verre de connaissance après débat d’instance, leurs pensées se tournèrent sur les chiffres inscrits en gros à l’entrée du pub : 1848. C’était il y a longtemps, l’année 1848. En 1848, l’esclavage avait été aboli au Canada depuis à peine 15 ans et ne le serait que 17 ans plus tard chez nos voisins du sud. L’année 1848, c’est aussi près de 20 ans avant la rédaction de la Loi constitutionnelle du Canada, qui vit le jour en 1867. La Constitution, cette Loi parmi les lois, la Loi suprême du Canada, est vieille de 146 ans. Les jeunes hommes se posèrent alors la question ; est-ce que l'âge avancé de notre Constitution la rend désormais désuète? Plus aucune personne vivant lorsque cette Loi fut édictée n’est encore en vie aujourd’hui. La Loi gouvernante de notre pays fut écrite il y a si longtemps, serait-il raisonnable de croire que notre société ait changé à un point tel qu’il serait nécessaire d’en édicter une nouvelle, à l’image de notre nation moderne? Elle fut écrite alors que le dernier esclave né n’avait pas encore atteint l’âge de la majorité, et nous vivons encore sous sa gouvernance législative aujourd’hui, alors que près d’un dixième de la population libre est immigrante. La mentalité de notre société ne se situe clairement plus au même niveau. Si l’on regarde nos chers voisins les Américains d’Amérique, nous constatons que leur Constitution à eux date de… 1789. Et leur pendant de notre Charte des droits et libertés fut adopté deux ans plus tard, en 1791. Pour référence, notre Charte fut adoptée en 1982, adoptant des règles de droit humanitaire contemporaines aux besoins de notre nation démocratique. Celle des États-Unis leur garantit le droit au port d’arme. Il est indubitable que, selon les besoins et la mentalité américaine de l’époque, le port d’une arme se devait d’être un droit fondamental. Mais quelques 220 années plus tard… se pourrait-il que la réalité sociétale puisse à ce point changer en 200 ans? Pour fin de comparaison, les jeunes hommes décidèrent de jeter un œil du côté de ceux qui les ont abandonnés lorsque les Québécois en avaient le plus besoin, la France (merci encore pour votre alcoolémie frôlant le coma éthylique le soir de la bataille des Plaines). Nos chers cousins ont, depuis le temps de notre Constitution, adopté quatre constitutions, du Second Empire français en place en 1867, à la Cinquième République française en place depuis 1958. On aura beau dire ce qu’on voudra sur les Français, il est difficile d’arguer contre leur modernisme constitutionnel. En passant, 1958 n’est pas une date si éloignée que cela, pourtant encore à cette époque la femme canadienne moyenne ne travaillait pas, elle était une bonne ménagère pour son mari. Est-ce encore représentatif de notre conscience sociale actuelle en tant que nation? Cent ans auparavant, lors de l’adoption de notre Constitution, les femmes n’avaient pas encore le droit de vote. Le temps serait-il venu de remettre en question les fondements de notre Constitution, lui faire une sorte de « tune-up » juridique, histoire de s’assurer une autre centaine d’année de droit actualisé?

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