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Déclaration de candidature de Casimir Oyé Mba

Libreville, le 21 Juillet 2009

Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes,

La disparition du Président Omar BONGO ONDIMBA a plongé notre pays


dans une profonde tristesse. Chacun, â un titre ou â un autre, s'est senti
orphelin de ce grand homme qui a dirigé ce pays comme un vrai chef africain:
tantôt père, tantôt frère, tantôt ami. Il était tout cela pour nous.

Dans un élan de ferveur générale, nous lui avons tous rendu un hommage
mérité. Qu'il repose désormais en paix!

Notre pays est donc à un tournant décisif de son Histoire; Histoire


commencée depuis l'Indépendance avec LEON MBA d'abord, puis OMAR
BONGO ONDIMBA.

Chacun de ces illustres personnages a apporté, selon le contexte, sa pierre à


l'édification de la nation gabonaise.

Aujourd'hui, il nous revient de continuer cette œuvre exaltante, dans un


contexte national et international en pleine mutation, qui comporte des enjeux
nouveaux et nous confronte â des défis nouveaux.

En effet, au plan national, nos pères fondateurs ont eu le mérite de nous avoir
légué un précieux héritage: un Etat connu et reconnu â travers le monde et
des Institutions qui fonctionnent. De plus, dans une Afrique secouée par des
conflits divers, souvent armés, le Président BONGO ONDIMBA s'est investi
des années durant pour sauvegarder la paix au Gabon. Cet héritage
inestimable constitue le socle sur lequel nous sommes appelés à écrire une
nouvelle page de l'Histoire de notre pays, afin d'impulser une dynamique
nouvelle.

En s'abstenant de désigner un dauphin pour lui succéder, le Président


BONGO ONDIMBA nous a laissés le soin de choisir en toute liberté, en toute
conscience, la personne capable de diriger ce pays dans un contexte
extrêmement difficile, voire dangereux.

En effet, même si beaucoup a été fait, la situation socio-économique de notre


pays demeure préoccupante. Dans de nombreux domaines, nos
performances sont restées en deçà de nos espérances, du moins si l'on
considère le volume de ressources que nous avons engrangées, et si nous
nous comparons à d'autres pays a revenu intermédiaire.

Près de 60% des gabonais vivent en dessous du minimum vital; le taux de


chômage avoisine les 20%, soit une personne par famille au moins, et seuls
2% de la population profitent réellement des richesses de notre pays.
Ce bilan a été fait par le Président Omar BONGO ONDIMBA lui-même dans
des termes sévères, il y a à peine deux ans, lors de la célébration de ses 40
ans de pouvoir. A cette occasion, il nous exhortait déjà â changer de vision.
N'est ce pas? Nous devons considérer ce discours testament comme un
aiguillon pour l'avenir.

Au niveau international, la mondialisation est en train de façonner une


nouvelle ère des relations entre des nations, ère qui nous oblige, si nous
voulons sortir du sous¬développement, à construire des ensembles
sous¬régionaux plus dynamiques, tout en initiant plus que par le passé un
partenariat « gagnant-gagnant» avec tous nos amis. Ce nouvel
environnement international porteur d'espoirs exige cependant la maîtrise des
nouvelles technologies, l'amélioration de notre capital humain, le goût du
travail, la bonne gouvernance, le sens de la responsabilité, et de l'équité.

Mesdames et Messieurs, Mes Chers compatriotes,

J'apprécie que chacun reprenne son droit à la parole, son droit de choisir;
cela traduit, à n'en point douter, l'immense soif de changement des Gabonais,
longtemps contenue par réalisme, mais qui remonte aujourd'hui à la surface,
parce qu'ils sont en mesure d'ouvrir une nouvelle et belle page de l'Histoire de
notre pays.

Je dis que c'est possible ensemble.

Lorsqu'en 1990, alors que j'étais Gouverneur de la Banque des Etats de


l'Afrique Centrale à Yaoundé, le Président Omar BONGO ONDIMBA me
proposa de diriger le gouvernement de transition au sortir de la Conférence
nationale, dans un climat d'incertitude, de heurts, de crise politique,
économique et sociale, je puis vous dire qu'il fallait quelque courage, le souci
de l'intérêt général, et peut-être une certaine candeur pour laisser derrière moi
une situation professionnelle stable et confortable.

A ce moment, j'avais fait le choix du ˝Gabon d'abord ", le choix de l'intérêt


supérieur de mon pays avant mes intérêts personnels.

La situation politique qui prévaut dans notre pays aujourd’hui, me rappelle


étrangement les années 90. Il faut donc dans ce contexte que les Gabonaises
et les Gabonais se donnent un chef capable de fédérer, de rassurer
l'ensemble des forces vives de la nation et leur donner un espoir pour
construire avec eux et pour eux, un Gabon dans lequel chacun, à sa place, se
reconnaît dans la marche générale du pays et dans son développement.

Le Parti Démocratique Gabonais, mon parti, a procédé aux arbitrages dans


des conditions discutables et très contestées, une fois rendus publics. Je le
dis sans amertume, et je ne suis pas le seul.

Fortement marqué par l'héritage commun que le Président Omar BONGO


ONDIMBA nous a laissé, m'inscrivant dans cette continuité sans rejeter les
inflexions nécessaires et fort de mon expérience acquise à ses cotés d'une
part, pressé d'autre part par les nombreux appels venant des Gabonais de
toutes catégories sociales du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest et même de
l'étranger d'autre part, j'ai le devoir impérieux de me mettre au service de mon
pays, au service des Gabonaises et des Gabonais.

C'est pourquoi, je déclare ce jour, ma Candidature à la Présidence de la


République.

Je veux être le candidat du vrai consensus, c'est-à-dire dépassant les clans


constitués sur la base de rentes viagères assurées par la hiérarchie du PDG
et par l'Etat. Je veux être le candidat qui s'inscrit au-delà des clivages
partisans. J'invite les Pédégistes du Bureau politique, du Conseil national, du
Comité Central et tous les militants de base marginalisés dans le processus
de désignation du candidat du PDG à me rejoindre.

J'associe à cet appel les ONG, les citoyens libres de la société civile, tous les
compatriotes convaincus comme moi qu'un Gabon libre, prospère et respecté
est possible.

Avec tous, ensemble, nous bâtirons un projet porteur, susceptible de


redonner l'espoir à nos compatriotes. Nous élaborerons ensemble un
programme de gouvernement fondé sur les aspirations de nos concitoyens,
sur nos convergences, et en tenant compte de nos ressources réelles.

Le Gabon a des atouts évidents, des potentialités énormes. Il nous faut


simplement rationaliser la gestion, pratiquer la bonne gouvernance à tous les
niveaux, afin de garantir â chaque Gabonaise et â chaque Gabonais le fruit
de son travail.

Conscients des défis que nous devons relever ensemble, je vous invite tous à
« être Gabonais autrement ».

Etre Gabonais autrement, c'est se conformer aux valeurs de la République;

Etre Gabonais autrement, c'est accepter nos différences pour en faire des
apports fécondants, c'est dépasser nos égoïsmes ;

Etre Gabonais autrement, c'est rompre avec l'esprit de facilité, de


complaisance, et faire son travail avec application et professionnalisme;

Etre Gabonais autrement, c'est finir avec la corruption;

Etre gabonais autrement, c'est respecter nos valeurs traditionnelles, notre


culture, enrichies de la modernité;

Etre Gabonais autrement c'est participer à la production, aux fruits de la


production et à la prise de décision;

Etre Gabonais autrement, c'est avoir un emploi, un logement décent, pouvoir


se soigner convenablement et être bien formé;

Etre Gabonais autrement, c'est vivre en sécurité, se sentir protégé et être en


paix avec les autres et avec Soi même;

Etre Gabonais autrement, c'est penser, agir, vivre '" Gabon d'abord ".

Un tel défi dépasse, vous vous en doutez, le cadre restreint d'un seul parti
politique. Les exemples dans le monde, en France notamment et aux Etats
Unis d'Amérique, montrent la nécessité de dépasser des cadres réducteurs
comme l'ethnie, l'appartenance à un parti ou â une association philosophique
ou religieuse, dans le choix des personnes pouvant nous arrimer au train de
l'histoire. Seules la capacité, la probité morale et intellectuelle doivent
compter.

J'invite donc toutes les gabonaises et tous les gabonais à se rassembler


autour de ces idéaux, afin de prendre le train de l'histoire.

Gabonaises, Gabonais, la pauvreté n'est pas une fatalité. Ensemble


mobilisons-nous pour faire de ce pays, "un pays oû il fait bon vivre ".

M'adressant particulièrement aux jeunes, l'heure est venue pour vous de


prendre en main votre avenir. C'est vous, qui demain, allez être confrontés à
la concurrence internationale; c'est vous, qui demain encore, risquez de tout
perdre parce que vous n'aurez pas fait le bon choix, en votant utile. Vous
devez plus que jamais, être en phase avec le monde moderne. Vous ne
devez pas évoluer â contre courant de l'histoire. C'est en tant que père, un
père responsable que je m'adresse â vous. L'esprit de facilité, l'illusion d'une
richesse facile sans travail, sans effort, la perversion des mœurs, ne peuvent
nullement vous préparer à ce monde de demain.

Je sais que vous avez du talent. Je crois en votre potentiel et je mettrai toute
mon énergie à la concrétisation de vos espérances. Il n'y a pas de sots
métiers. Les jeunes chômeurs doivent pouvoir s'intégrer, après des stages ou
des formations pratiques, au monde du travail. C'est pourquoi la nouvelle
école gabonaise que je m'engage à réaliser sera en même temps, plus
technique, plus professionnalisante, afin de diminuer le taux de déperdition.
De même, l'Université devra être plus citoyenne, en constante relation avec
l'entreprise. Nos universitaires vont être dorénavant au centre même de ma
stratégie de développement.

A vous Femmes gabonaises, vous êtes dans nos traditions le symbole et la


source de la richesse de la collectivité. Vous avez une responsabilité énorme
dans la construction de ce Gabon nouveau. Malheureusement, force est de
constater que vous demeurez économiquement et socialement les plus
vulnérables. Je vous invite donc à vous mobiliser avec moi, pour qu'ensemble
nous puissions définitivement améliorer vos conditions d'accès à l'éducation,
à la formation, a l'emploi, à la santé, et à une meilleure prise en compte de
votre apport dans le développement de notre pays.
A vous travailleurs et hommes d'affaires, vous êtes les artisans de la richesse
de ce pays. Vos efforts, votre créativité doivent être rémunérés à leur juste
valeur. C'est pourquoi Je préserverai la liberté du travail, la liberté d'entreprise
tout en tenant compte des contraintes écologiques. Au sein des entreprises,
des administrations une attention particulière, et j'y tiens, sera dorénavant
porté sur les handicapés. Un certain nombre de postes leurs seront prioritaire
ment accordés.

A vous Retraités, vous avez dignement servi la Nation, il est nécessaire que
votre pension soit fonction de vos revenus d'antan. J'annonce à cet effet une
refondation totale de la sécurité sociale des Fonctionnaires, et la poursuite
des réformes entreprises à la CNSS. Dans des domaines spécifiques,
notamment la santé, l'enseignement, l'Etat continuera désormais de profiter
de l'expérience et du savoir faire des retraités par des contrats de consultants
ou de vacataires.

Gabonaises, Gabonais, chers compatriotes, ensemble, nous pouvons


construire ce Gabon nouveau.

Que Dieu nous guide dans cette œuvre exaltante !


Je vous remercie.