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Les traditions islamiques / El Bokhâri ; traduites de l'arabe, avec notes et index, par
Les traditions islamiques / El Bokhâri ; traduites de l'arabe, avec notes et index, par

Les traditions

islamiques / El Bokhâri ; traduites de l'arabe, avec notes et index, par

O. Houdas, Marcais,

et W.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Buhr, Muhammad ibn Isml al- (0810-0870). Les traditions islamiques / El Bokhâri ; traduites de

Buhr, Muhammad ibn Isml al- (0810-0870). Les traditions islamiques / El Bokhâri ; traduites de l'arabe, avec notes et index, par O. Houdas,

de l'arabe, avec notes et index, par O. Houdas, et W. Marcais, 1903-1914. 1/ Les contenus

et W. Marcais,

1903-1914.

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L'ÉCOLE

LES

PUBLICATIONS

DES

LANGUES

IVE

SERIE.

DE

ORIENTALES

TOME

IV

VIVANTES

EL-BOKHÂRI

TRADITIONS

TOME

ISLAMIQUES

DEUXIEME

AVANT-PROPOS.

La

Bokhâri

traduction

du

texte

comprendra

quatre

des

traditions

prophétiques il faudra

volumes,

auxquels

d'El-

ajouter,

sinon

divers

teur ; on trouvera

l'on

travail

définitive

un

volume,

du

moins

pour

un

fort

fascicule,

les

contenant

du

les

lec-

que

ce

index

nécessaires

là

besoin

faciliter

recherches

les notes les plus importantes

il

C'est

seulement

de rédiger Sahîh

retardé

du

également

a souvent

de consulter.

quand sous sa forme

En

sera achevé

sera possible à la lecture

qu'il

l'introduction

ce moment,

d'ordre

à

d'El-Bokhâri.

par

attendant

dérations

est en partie

m'a paru sur

des consi-

de ren-

des

points

qui

budgétaire,

le

indispensable

dès

lecteur

seigner

présent

quelques-uns

principaux

relatifs

auteur.

n'est

Plus

tard

autre

guère

au plan

du

l'introduction

chose

qu'une

Sal.iil.i et à la biographie

note

complétera

ce

très

amplifiée.

résumé,

de son

qui

Dans

une

traduction

mots

il

ne

à

française,

devrait

la

cela

rigueur

n'est

ayant

y

pas

un

avoir

des

français.

ainsi

du

Malheureusement,

s'agit

technique.

un

que

surtout

pour

toujours possible, caractère

dans toutes

lorsqu'il

dire

monde,

d'ouvrages

En

spécial,

arabe,

ne

comme

conserve

les langues

même

mot

la

même

dans

valeur

il

passe de la langue

particulière,

terminologie

qu'à

une

qui

litté-

pas toujours

raire générale

fication

quand

une

et sa signi- est

appli-

A

moins

le

terminologie

que

varie

encore

une

branche

de

suivant

d'études

longues

pour

cette

à

quée

donc

récit,

à se servir

autre.

plutôt

d'employer

alourdissent

périphrases,

on en est réduit,

d'un

traduire

un de ces termes

on n'a

techniques,

vocable

arabe

pas de mot

quand

français

EL-UOKIIÀIU.

11.

A

H

AVANT-PROPOS.

ce qui

qui

correspondant, de sciences

logies

scientifique

français.

est

n'ont

Parmi

les

mots

arabes

le

cas

pas

qu'il

inévitable

d'équivalent

pour

dans

a fallu

absolument

les

le

termino-

domaine

conserver

d'être

diffus

il

sous

uns

obscur,

le

à

ou

inexact,

et

en

est quelques-

peine

qui

reviennent

instant

des

ex-

De

ce

un

è

chaque

pour

qui

lesquels

détaillées

sont

mot

immédiatement

(e*j*x^),

nécessaires.

désigne

est

avant

est

un

plications

nombre

constitutif

recueil

dont

ancien.

heure

se trouve

de

hadits.

hadits

l'élément

tout

d'El-Bokhâri,

celui

l'ouvrage

qui

de

ce mot

Etymologiquement,

de

adj<;'hr.

le

sens

est

récent

ou nouveau,

employé

récit,

de

primitif

la langue

oppose de borne

i,o

se"onfi<

Dans

comme

le mot

il

a été

courante,

substantif,

et alors

nouvclk.

signifie <a<s^> dérivent

verbes

dénominatifs

<±>*x=^et

cette

acception

du

mot

hadits.

Dans

les

sciences

religieuses

musulmanes,

le

mot

hadits.

d'être

usité

ailleurs

est

devenu

un

terme

relatif

à

la

l'oeuvre

conduite

de

ne

fournirait

qui

avec

les

deux

valeurs

sans cesser

ci-dessus,

tout

a commencé

récit

prophétique

sortes

indiquées

désigner

où

technique de Mahomet

idée

aussi

spécial

pour

le jour

de

il

depuis

terme

Le

tradition

de

de

sa prédication. une

pas

assez

ces

vie

précise

faits

de récits,

se rapportent

bien

aux

la

privée

qu'à

ceux

de

la

vie

publique

du

Prophète,

et

même

à

ceux

modèle

mais

dans

de

il

immédiat

souvent

son

entourage

Le

lui.

il

sur

plus

arrive

aussi

parfois

qu'on

certains

ou

Mahomet

tacite

cas par l'assentiment

sur

qu'il

posées,

que

s'agit

l'on

suppose

d'actes

ou

avoir

pris

de

paroles,

mentionne

le

silence

gardé

les questions

donnait

étaient

à*des actes accom-

lui

qui

plis

en

sa présence

ou

racontés

devant

lui.

et

Les

hadits

n'ont

pas tous

la

de faux,

de parfaits,

de bons

même

valeur.

Il

et de médiocres.

en

est de vrais

Ces qualifica-

AVANT-PROPOS.

m

ne sont

fondées

la

raison

lions

sur

en

point

l'appréciation

certitude

le

texte

que ou moins

d'un

peut faire,

de leur

être

la

le premier

rapporte.

mais

seulement

En

le

sur

la

plus

même

grande

doit

qui

exactitude.

reproduction

a

été

Ce récit

hadits

celui

principe,

fidèle

témoin

des paroles oculaire

prononcées

auriculaire

de

vive

par

de

voix

ou

ce qu'il une

par

s'est

ensuite

propagé

série de personnages

en

dont

de

l'honorabilité

ne

 

être

mise

le

nom

de

constitue,

(aU«!).

isnâd

con-

pouvait

porte

ràwi

et

chacune

La

individualités

doute,

(^yt).

ainsi

ces

i-âwî

pour

succession

les étais

des

ininterrompue

hadits,

et

sur

effet,

du

se nomme

deux

tsnâd

dire,

Un

même

hadits

ne

ou plusieurs

plusieurs

peut

s'oppose,

s'appuyer

en

différents.

Rien

à

ce que

temporains

début,

inévitable

on

du

Prophète

aient

rapporté

le

rencontre

que

la

ainsi

série

des

plusieurs

râwî,

râwî

postérieurs

même

fait

il

était

à

ne

subît

et

si,

peu

des

au

près

di-

vergences

du

point

d'autant

de

départ.

plus

grandes

Pourtant,

qu'on

comme

s'éloignait

un

râwî

davantage

doit

être

un

personnage

qu

ou

il

a

à qui

été

il

afin

s'assurer

hadits

historiquement

contact

transmis,

connu,

qu'on

il

puisse

a reçu

en

l'a

direct

avec celui

dont

un

ces variantes

dans

i'isnâd

sont,

somme

toute,

nombreuses

traditions.

la

antérieure

à

la

que

mise

 

ces

fa-

à

ne

peu

pour

Il

période

une

écrit

du

des

variées

hadits

est

à peine

sont

besoin

garantie

par

sources

veur

d'ajouter

d'information

auquel

elles

de plus

en

se rapportent.

hadits

Des

défaillances

les

ont

à

de mémoire

du

amené

qui

leur

mots

ont

qu'ils

certains

avait

râwî

retenir

qu'un ou encore

été

fragment

transmis,

entendus.

hésiter

lacunes

sur

ou

certains

les

avaient

Malgré

hadits

dait

incertitudes

qu'ils

présentent,

on

ces

néanmoins

été

à

même

ou

conservés,

quand

plus

en possé-

Cette

une

version

tout

fait

correcte.

complète

répétition,

qui

peut

sembler

inutile,

a cependant

cet

avantage

iv

AVANT-PROPOS.

de montrer

documents,

la

bonne

foi

qui

a présidé

à la recherche

ainsi qu'à la justification

de leur

authenticité.

de ces

Ainsi

jusqu'au

qu'on

l'a

premier

vu,

râwi

l'isnâd

est

le seul

de

moyen est indiscutable

dont l'autorité

remonter

s'il

a fait

partie du groupe des Compagnons du Prophète. C'est donc sur

la valeur de l'isnâd que doit porter tout l'effort

matière de hadits. Ce travail

par les principaux traditionnistes

bien indispensable dès la fin du premier siècle de l'hégire,

alors que, pour les besoins de leur cause, certains

du

en

critique

a été

fait

très consciencieusement

dire,

à vrai

il était devenu

docteurs mu-

et,

sulmans imaginèrent

ments

de toute

pièce des hadits

religieuses.

décisifs dans leurs

on a admis

polémiques au titre

Cependant

d'authentique

comme

argu-

quelques ha-

dits quine satisfont pas intégralement .aux règles habituelles de la critique en ces matières. Ils forment d'ailleurs un groupe

peu nombreux, que l'on s'accorde à accepter en qualité d'axiomes

pour ainsi dire. Mais, pour l'immense majorité des cas, on s'est

montré fort rigoureux, soit en rejetant tout à fait les hadits dé-

clarés alors apocryphes, soit en les adoptant avec l'une des trois

mentions : parfait, bon, faible, suivant qu'ils satisfaisaient plus

ou moins aux règles de la critique. Ce système de critique est

exposé avec de nombreux

dans le Taqrib

do

développements

En-Nawawi,

dont mon collaborateur(

1) M. Marçais

a donné une

excellente traduction avec de nombreuses et savantes notes'2'. Il

est donc inutile

en passant qu'on

de ce qui a été fait pour les versets du Coran.

d'en parler

distingue

ici,

parfois

et je me contenterai

les hadits

d'ajouter

entre abrogeants et

abrogés, par imitation

(1) Absorbé

par

d'autres

travaux,

M. Marçais

n'a

pu

fournir

lume

aussi active

de, cet

ouvrage

une

que celle qu'il

au

second

collaboration

vo-

avait

apportée

précédemment.

les

titres

:

LVI,

11

a

LV1I,

(2) Dans

le Journal

t.XVI.XVHelXVIII.

seulement,

traduit

LYIII

et LI.X.

asiatique,

série IX.

AVANT-PROPOS.

v

La

mise

de Tisnâd.

par

Le

sa place dans lui-même

reçu

écrit

des hadits

n'a

pas arrêté

le

développement

maître

l'isnâd

qui

enseigne

au

même

titre

le

cet enseignement

de

hadits

de vive

voix

ses devanciers,

façon

que la même

d'un

prend

s'il

a

autre

estiment

la

maître.

En

matière

que

la

et juridique,

les Arabes

que

canonique chose dite

est plus

part

les

chose

en général

écrite.

authentique à leur

consonnes

une

Gela tient

pour

une grande mot

d'écriture,

système

très

pour

ne fixe

et les voyelles

grande de consonnes

qui

longues.

portance pour marquer

chaque

que

Les voyelles

brèves

le

ont

im-

cependant

sens exact

des groupes

ou de consonnes

facile

cessaire

Une

de lecture,

avec

erreur

voyelles

longues.

à commettre

une

dans

né-

on

le

et

ces conditions,

a pour

cela

conséquence

complète,

fait

altération

du sens. Avec une

et

notation

a

évite

sans

doute

cet

Coran.

Néanmoins

on

été

inconvénient,

ne

lit

pas

pour

le Livre

sacré,

on

le récite,

c'est

coeur, sans se servir

en

l'entendant

Pour

les hadits,

de

vive

voix

répéter du texte

écrit,

qu'on

orale

la transmission

qu'on sache lire

l'apprend ou non.

a

été

en

quelque

par

sorte

inévitable.

Les Compagnons rares

du

ne savaient

donc

pas écrire,

.moyen

par

peut

pas

Prophète

sauf de très

la

que eux. Ils

s'en assurer

ils

n'avaient

les

d'autre

exceptions;

traditions

recueillies

qu'on

parole

pour

communiquer

dans la langue

ainsi

littéraire

s'exprimaient

par

courante,

maints

passages où la forme

n'est

respectée.

Et

il

n'est

pas téméraire

nombre

ont été retouchés

légèrement

de

prétendre

la

lors

de

qu'un

mise

par

certain

écrit,

surtout lorsqu'il s'est agi de reproduire

ments de conversations échangées entre personnes de tous rangs et de toutes conditions.

textuellement

des frag-

Ces remaniements

ont

été pratiqués

avec une telle

discrétion

que l'on n'est pas toujours arrivé à obtenir un contexte suffisam-

ment correct

au

de vue

point

grammatical

pour

que l'interpré-

vi

AVANT-PROPOS.

tation

pris

sur

faut

fut

les

tout

à fait

commentateurs

certaine.

hadits,

Aussi

ne doit-on

pas

plus

que

être

en

que

sur-

pas

d'accord

ne

soient

non

ont

toujours

sur

la

lecture

de certains

le sens qu'il

eu leur

leur

attribuer.

Ces divergences

naturellement

déductions

et,

rituelles

de-

si

sur

les

ou juridiques elles

points,

antagonismes

ne

saurait

appelle

répercussion

vaient

en

qui

sont

être

sur

dégagées

ont

quelques de véritables

l'orthodoxie

entre

sus-

sonna

complètes qu'elles

des

produit

docteurs

musulmans

des

dont

être

la

pectée.

L'ensemble

hadits

constitue

ce qu'on

En

dehors

(«LJl). gnifie d'ordinaire

de cette

chemin,

acception

conduite,

et

spéciale,

si

l'on

le mot

se reporte

sonna

si-

à l'idée

de

primitive

d'en

conclure

la

racine,

qui

que sa valeur

est

celle

il

d'aiguiser, exacte dans la technologie

est

permis

religieuse

est celle

de voie frayée

par Mahomet

pour

la pratique

de

ou encore,

puisque

si

l'on

la règle

n'y

de conduite

qu'il a pas de meilleur

le guide la vie.

gion,

blie.

à imiter

que les musulmans

veut,

le Coran

dit

qu'il la Sonna

Et,

le Prophète,

dans

est devenue

toutes

les circonstances

de

sa reli-

a

éta-

modèle

de

Ions

jeté

Ainsi

sur

qu'on

la

peut

traduction

s'en

du

convaincre

premier

par

un

volume

simple

coup

de

l'ouvrage

d'oetl

d'El-

la Sonna

attribuer

Bokhâri,

rait

mentionne

un

des choses auxquelles

religieux.

on

ne

sau-

d'hy-

caractère

de

Ces questions et de savoir-vivre

guère

ou publique,

bienséance

giène

voisinent

privée

qui de morale

avec des pratiques été maintenues

rituelles

dans

ou des préceptes

tous

les recueils

ont

sans raison

cependant

Il

se trouverait

apparente.

sence

chaient

riels,

discuter.

parait

façon

à

mais

la

ce n'est

bien

dans

dont

pas

ici

certain

que

des

idées

l'explication

superstitieuses

on

accomplissait

certains

de leur

pré-

s'atta-

qui actes maté-

le

Jieu

d'examiner

ce point

et

de

le

AVANT-PROPOS.

De bonne

heure

on avait

reconnu

la nécessité de mettre

Coran

par

écrit

sous une

forme

définitive.

Le

motif

qu'on

vu

le

fait

valoir d'ordinaire pour justifier la confection de cette édition ne

varielur

aurait

été la disparition

nombre

à la

suite

des premières

possédaient

guerres le Coran

certaines

extérieures

par coeur. Mais la véritable

d'un grand

introduire

de ceux qui

raison était la crainte

ou

d'y

que l'on éprou-

faire

vait

d'v

voir

des altérations

coupures.

Malgré

le peu de temps qui s'était

la mort du Prophète, a été mise en doute,

la parfaite et certaines

exactitude

variantes

alors

écoulé depuis

de cette

recension

admises pour

la lec-

ture ou la prononciation

de quelques

mots

pourraient

à coup

sûr être invoquées

à l'appui tard

de cette opinion. de faire

imagina

pour

Ce n'est qu'assez un travail

à-dire la mettre par écrit et en coordonner

qu'on avait fait

la

Sonna

c'est-

qu'on

pour

à celui

le Coran,

analogue

les divers

éléments.

Tout à la fin du premier siècle de l'hégire, ou au début du second, le khalife cOmar-ben-cAbderazîz envoya des instructions dans

toutes les provinces de son empire pour demander que l'on ré-

digeât tous les hadits qui circulaient

de bouche

en

bouche.

Il

existait bien déjà quelques essais d'un pareil travail. Des savants,

avaient

leur

mémoire

qui craignaient noté des hadits

ne

leur

fit

défaut,

que sur des feuillets

isolés,

écrit

on a donné

le

auxquels

nom de *ÀA=^ sahîfa, et l'on assure que le chapitre

en particulier,

de l'aumône,

avait été mis par

en entier.

Cette exception

faite

en faveur

du chapitre

qu'en

de l'aumône

de

s'ex-

sans peine. On sait,

dite

plique

proprement

en effet,

parle

dehors

réalité

l'aumône

qui,

mesure

kha-

ce chapitre

de la dîme

une

longuement

est en

en dépit fiscale.

de son caractère

religieux,

Du vivant

de Mahomet

la

et sous les quatre

premiers assez intense

zekat;

mais

lifes dits orthodoxes,

pour qu'on payât sans hésiter

ferveur

était

religieuse la redevance

appelée

vm

AVANT-PROPOS.

avec les Omeyyades,

considérés

comme

usurpateurs

par les par-

tisans

d'Ali,

la

chir

d'un

texte écrit

impôt

de

la

foi

s'était

attiédie

et

chacun

essaya de s'affran-

dont il

loi

était

était

enclin

à suspecter

alors

le seul moyen

la légitimité.

d'avoir

raison

Un

des

contribuables récalcitrants,

fiscale.

tout

d'abord

la

loi

et c'est ainsi qu'on

en vint

à publier

De divers

côtés,

on déféra

à l'invitation

du

khalife

'Omar-

ben-cAbderaziz. Les premiers

nom de y^

la moindre critique, en sorte qu'ils ne constituèrent guère qu'un

amas de matériaux qui avaient besoin d'être passés au crible et

sans

recueils

ainsi

le

composés

prirent

et

ils furent

exécutés sans méthode

diouân;

mis en ordre. Mais l'impulsion était donnée et bientôt des tra-

vaux

mieux

faits

Parmi

les auteurs

dans

parurent de ces recueils

un

grand

de hadits,

nombre

on peut

de villes.

:

citer

Mâ-

à la Mecque; à Koufa

ville

les râvvi

lik-ben-Anas,

àMédine;

cAbdallah-ben-Djoraïdj,

à Damas;

cAbderrahman-El-Aouzaci,

et

fournissait

d'ailleurs

Sofyân-Ets-Tsauri, à Bassora.

commune;

car

Hammâd-ben-Salma-ben-Dinâr,

ainsi

son apport

habitaient

Chaque

tous

c'est là seulement

à l'oeuvre

les grands

centres,

qu'ils trouvaient

qui meublaient

à tirer

un

profit

leur

mémoire.

moral

ou matériel

des hadits

Cette seconde série de recueils

était

bien

supérieure

à la

pré-

cédente

sous le rapport

au

lieu

de la coordination

leurs

et

de

la

Et

critique. en se can-

leur

champ

perfection

du

si les auteurs,

tonnant

d'action,

acquise

ine siècle de l'hégire.

de localiser

ne

la

recherches

avaient songé à étendre

dans une seule ville,

nul

doute

définitivement

qu'ils

par

fussent

génération

arrivés

à

la

suivante

au cours

Deux systèmes principaux

avaient

sement

traditions

des hadits

:

les uns

avaient

émanées d'un

même

râwî;

été employés ensemble

rangé

le clas-

les

pour

toutes

les autres,

tenant

compte

AVANT-PROPOS.

ix

de

avaient

la

matière

dont

traitait

qui

les

tradition,

principale

chaque

classées sous une rubrique

avait

vite

fini

le

travail

leur

il

convenait.

ne

restait

Ce dernier

plus

pour

ce

qui

tel.

bon

et

système

par

qu'à

ou qui

prévaloir

éliminer

des recueils

ne

passait

tâche

tout

perfectionner

n'était

Parmi

du moins

à cette

pas authentique