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Étude sur Tannhaeuser de Richard Wagner : analyse et guide thématique / par Alfred Ernst
Étude sur Tannhaeuser de Richard Wagner : analyse et guide thématique / par Alfred Ernst

Étude sur Tannhaeuser de Richard Wagner :

analyse et guide thématique / par Alfred Ernst et Élie Poirée

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Ernst, Alfred (1860-1898),Poirée, Élie (1850-1925). Étude sur Tannhaeuser de Richard Wagner : analyse et guide
Ernst, Alfred (1860-1898),Poirée, Élie (1850-1925). Étude sur Tannhaeuser de Richard Wagner : analyse et guide

Ernst, Alfred (1860-1898),Poirée, Élie (1850-1925). Étude sur Tannhaeuser de Richard Wagner : analyse et guide thématique / par Alfred Ernst et Élie Poirée. 1895.

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Il

~v

i

TAN~HAEtJSER

de

ANALYSE

ALFRED

ËTUDE

SUR

Richard

ET

GUIDE

PAR

ERNST&

Wagner

THÉMATIQUE

ËLIE

POIRÉE

~ES~~D~~E~

~SËd[tenrs~

~Bi~CE~DELÀ

MADELEINE

j<2<MM

S~

A~~

1

P~I~

~C~M~LEV~~

y~ftr~

Ëdtt~ur

3,RUEAUBER

ETUDE

SUR

TANNHAEUSER

OUVRAGES

DE

M. ALFRED

ERNST

L'ART

in-i8.

DE

RtCHARtt

WAGXER.

T

1

t-YEuvRE

POÉTtQME

Pton,

!~3,

Rtc<tARD

!88y,

WAGXER

in-t8

ET

n:

(épuise).

DpAME

coxTEMpoMAtx;

Librairie

moderne.

L'OEUVRE DRAMATIQUE o'UECTOR BEXunx;

LA

W.tt.KYR<E,

rythmée,

de RtcoARD

adaptée

à la

WAGNER,

musique;

Catmann-Levv,

traduction

nouvcUe

Schott,

)~,

petit

188~,

en

in-tS

in-t!

prose

tZ.<t

L'ART

LES

~ar/t/MM

DE

MAtTRES

Mr<!

publiée

Pour

RtCOARD

WAGNER.

CHAKTEURS

tion ncuveltc

adaptée

~'roc/MtM<'Htcn<

arec

pûra?~

c procA<!tKe<MCn<

DE

la

T.

Il

L'(Et)YRE

NttREMBERC,

musique.

de

ce

Mom'faK

j

MUStCALE.

RtCUARD

ter~.

WAGKER,

traduc-

GUIDE

THÉMATtQCE

WAGKER,

par

l'n

M.

collaboration

A

TRAVERS

HAXs

DE

avec

L'AffEAU

WoLZOOEt,

M.

S.

LAZZARt

DC

NiBELUNG

traduction

DE

française.

R)C)!ARtt

ÉTUDE

SUR

TANNHAEUSER

ANALYSE

ALFRED

de

Richard

ET

GUIDE

ERNST

PAR

&

Wagner

THÉMAT)QUE

ËL1E

POIRËE

A. DURAND

ET

PARIS

FtLS

Éditeurs 4, PLACEDE LA MADELEINE

~'Tous

droiLs

risrrré.sJ

CALMANN

Éditeur

3,)<UKAUBER

LËVY

PREMIERE

LE

PARTIE

DRAME

ÉTUDE

SUR

TANNHAEUSER

1

L'Action

Le drame

de Vd't:nAjeM.<:?r a été tiré

par Wagner

de l'llistoire

et

de la Légende.

Heinrich

Tannhaeuser

a existe

c'est

un des )Kt'):HM:t;)'

(chan-

teurs d'amour) nombreux

Watther

poètes,

du

ces chevaliers-

nomme

aussi

Reinmar,

de Wagner

Le personnage

historique.

de dates,

plus encore

par

par

une confusion

glorieuse

prin-

compatissante,

moyen

âge germanique.

siècle

Wolfram

dans

non moins

Parmi

on

au treizième

surtout,

von Eschenbach,

t'œuvre

von derVogetweide,

Henri

le Scribe,

Biterolf,

qui figurent

d'autres

de Thuringe,

?t par

comme théâtre

de nom

de son

sans parler

de beaucoup

de Hermann,

landgraf

Enfin,

le choix

la sainteté

volontaire

cesse de l'Histoire,

par une identité

de la Wartburg

la charte

réputés.

est également une similitudes

de l'action,

a établi

et la très

la grande

de son personnage,

Elisabeth

du Miracle

Wagner

drame

entre l'Elisabeth

héroïne

de Hongrie,

cles roses.

La Légende,

eHe, beaucoup

plus importante

au double

point

de

vue de l'affabulation

à Wagner

Tannhaeuser

dans les différentes

a donné

et

et dela signification

humaine

de r<T):)!AjëM.c)',

la tradition

relative

aux amours

du chevalier

de

Dame

Vénus.

Cette

tradition

est condensée

versions

populaires

du Tannhaeuser-lied,

1

dont

to

ÉTUDE

SCR

la substance

est contenue

en plusieurs

d'Uhtand

et celui

des

frères

Grimm.

sionna

profondément

Wagner,

et lui

Le maitre,

d'ailleurs,

connaissait

déjà

dition,

paraphrase

très

attëree,

rimée

pu en

retrouver

aussi

écho

dans

D'autres

cico.

Entre

étéments

ceux-là,

ont concouru

il faut

citer

TAK~)!ECSER

recueils.

par exemple

grande

celui

tra-

Ce 7~Mt/hw:Mer-h<?.<

tut

de

la

ptus

une paraphrase

par

le poète

de Heine.

création

impres-

utititc.

de cette

'f'iectk,

et il a~ait

âge,

le &r/<'n

à

la

du poètc-musi-

du moyen

un poème allemand

Dcr \Vjr«'tN-y/.t'!C~))a

lyrique

les chevaliers-poètes

des minncsinger

qui

Guerre

de la Wartburg\

du tsndgrat

part,

racontant

une joute

parmi

citer

de Thuringe;

à ia cour

y prennent

il faut spcciatcment

Hcinrich

\\agncri

placée

rieiis

von

von O t t e r d i n g e n

Otterdingen

et \\o)fram

et \\o)fram

hypothetiqucment

h y p o t h e t i q u c m e n t

ta tiennent

en gênera)

avait

ce pocmc,

Wagner

correspondant von Eschenbach.

Cette

en

l'année

)2'

pour

imaginaire.

été

frappe

d une

au

Tannhseuser

de

joute

bien

Enfin,

nouvettc

fameuse

que

les

avant

est

h<sto-

de

lire

d'Hotîmann

Der SjM~'r/.r/f~

conteur

cctchre

la

Guerre

a précisément

des

pour

Chanteurs

sujet

la même

cette fantaisie

tradition.

du

Ce

Wagner

valeur

Légende

spéciaux

avoir

n est

point

ici

a puisé,

ni de

transformations

des

ou de

Histoire.

le lieu

montrer,

d'analyser

avec

a

qu'il

Ces questions

les différentes

sources

l'étendue

a fait subir

de sa

création,

aux

données

de

sont traitées

en des ouvrages

ou

la

la

111-

abordé,

Mais

dans

it est intéressant

~<cn;t,

un

d'observer

sujet

de

que Wagner,

après

nature

essentiettement

historique,

le domaine

comprit,

dès

pouvait

de la S~ r~MHe,

drame

point,

it revenait

à

laissant

a ) imagination

Lc&eH~M

combinent

des

le r~M~MMJ

anMmt',

que

la Légende

était

le mieux

projeté

sujets

une

s'exercer

son génie.

avant

7'~tm~etMpr

))ans t'esquisse

et qu

i)

n acheva

historiquement

liberté

considérable.

déterminés,

tout

7';TmtA;MM~er

en

et

avec

un

art

merveilleux

tes éléments

histo-

riques

et

les

traditions

légendaires,

mais la prépondérance

de

la.

Au moment

où ces lignes

sont écrites (décembre

tX~.) t il est vraisem-

btaMe que M. KutTerath

à T<t!t'<ta<;nso,

donnera

prochainement, à ses consciencieuses renvoie

y

/.ote't~)m

Dcstranges,

Destranges,

dans un Mirage études

le teeteur.

ti8;)~â

TaMMtMCtfXi't,

TaAdIdIeaeaser',

consacré

une suite

sur ~-otx'M~rtH,

ainsi qu'au

) intéres-

et

et

A. H.

à mon.

à mon

P~«/<<,

la ~t)'r«*,

etc.:

beau traçai!

de Franz Liszt,

sante

sante

tivrc

brochure de ~t. \I. Lticnne

Etienne

brochure de

L'Art

par avance

et T.tXM~efMt'r

intitulre intitntée

~e KtcAai'~ V/agnf),

t.;), t'<En!'rt-~ufft~ttf.

KTUDE SUR TA.NNHAijUSfjR

Légende

f~fAtMtH.

y est incontestable,

et bientôt

le mythe

pur apparaîtra

Il

dans

Pour

ne parler

de Y'~nM/i~eiMer. tous

et l'esprit

ceux qui connaissent

et quelle

ampleur

du treizième

que

avec quelle couleur

cette <t;uvre savent

d'expression

pittoresque

ta foi religieuse

chevaleresque

y sont

siècle

profonde,

lisme

de la Légende

restitues

ils

savent

puissante

surtout

de

quelle

de quel

émotion

symbo-

poésie

de quelle signification

toujours

ypé:)étre

pas inutile

à Teptitx

humain

et directe,

élevé,

sera

cependant, toutes choses.

de rappeler

t'étê

de

année,

que

18.

la merveilleuse

11 ne

7'~)i)tA~e)Mer tut esquisse

continué

à Dresde,

en avril

18~4,

a Dresde,

par Wagner

pf'ctc-musicien m~is de décembre

dans

où le

au

avec

était chef d'orchestre,

de la même

terminé

revu

et représente

un certain

distingua

représentations,

succès,

par

le

t'~ octobre

)8.

son absolue

Wagner

incompréhension lit un remaniement

remaniement

ne:Mtnwtn&, car, dans

réapparaissait

peu

pas

considérable

comm;

le texte

de la toute

sur

la

scène,

et

t'en

Elisabeth

morte.

Cependant

la critique

se

de t'œuvre.

Apres

ces

dans

étendue,

première

le troisième

acte,

mais

version,

important

Venus

ne

ne voyait

pas

non

plus

Un remaniement

plus significatif

pour les représentations

encore

est

celui

tit Wagner

œuvre.

que

en )86o-&),

remaniement

entre Vénus et Tannhaeuser,

parisiennes et ta scène

adressé

de son

Ce

acte

porte

sur

la bacchanale

sur

du premier

le discours

par le landgraf

aux chanteurs

addition), vue de l'intensité

11 faut encore

deuxième

scénique~ etune fin du drame.

sur

acte

et à ses

le concours

invités

il n'y a d'ailleurs

des chanteurs,

abrégé

qu'une

simple

et resserré

en

dramatique,

et sur le prélude

du troisième

tout

acte.

y ajouter

tun trait

autre

une modification

de violon

dans

très brève

à la fin du

de grande

nouveau, les dernières

définitive,

signification

répliques

de Vénus,

à la

à

Cette version

exécutée

à Paris

en f8ot,

Bayreuth

reprend

analyses

18~!

aujourd'hui

en

sommaires

et les années

à

c'est

suivantes,

ce

texte

de

la présente

étude.

que

est celle

que

se rapporteront

On sait dans

quelles

la première

fois à Paris,

conditions

le 13 mars

7~MfM.<;M'

fut représenté

t8ot,

et l'injuste

accueil

l'Opéra

les

pour

qu'il

y

12

K!UUE

SLR

reçut.

Ce

que

l'on

sait

que

la masse

du public,

tes,

protesta

éncrgiquemmcnt

moins,

surtout

manifesta,

par des applaudissements

TAXXitAE~SER

et ce qu'il

aux

deux

Wagner

importe

représentations

de redire,

tui-mcmc

le déclare

répétés.

!'admirati"n

c'est

suivan-

et

qu'elle

éprouvait

pour

une

œuvre

cependant

si nouvelle

 

el si hardie.

 
 

L'ouverture

de TjHH/~eMMr

résume

le drame.

Ette

en expose

le

sens supérieur,

que

la précision

rigoureuse

des personnages

et des

situations

ne permettait

pas

à Wagner

 

d'exprimer

 

totalement

sur

):<

scène.

Sans toucher

à l'analyse

musicale,

que

l'on

trouvera

plus

loin,

disons

seulement

que

cette

ouverture

 

met

en

face

l'un

de

autre

deux principes

contraires,

)'un d'affirmation

chrétienne,

l'autre

de

sensuel

désir.

Cette

opposition

est

accusée

 

avec

une

énergie

et

une

richesse

extraordinaires:

 

mais,

nnakmertt,

 

la prem'ere

des

deut

forces

en présence

attire

à elle

la seconde,

la conquiert

et

la

transfigure.

Le

monde

de

la

chair

se

soumet

ct

se

donne

avec

bonheur,

en l'éclat

d'une

joie nouvelle,

au

divin

pouvoir

qui

)e sauve

à

jamais.

Voici

du

reste,

en

quels

termes

Wagner

!ui

même

commente

cette

page

de son

œuvre

 
 

Au début,

t'orchestre

chante

le cantique

 

despéterm-

Les

voix

se rapprochent,

s enflent

dans

un étan

puissant

et s'éloignent.

Crépuscule

derniers

échos

du cantique.

 

Dans

les

ombrer

 

de la nuit.

on voit

se dessiner

des apparitions

 

fantastiques.

Un

nuage

rose

et

parfumé

les

enveloppe,

 

des

cris

voluptueux

frappent

loreille

et la danse

joyeuse

déroute

ses anneaux

lascifs.

C'est

la fantasmagorie

 

séduisante

du Venusberg.

 

Attiré

par

)e

charme,

on vo:t

paraitre

Tannhaeuser,

 

le chantre

de i'amour.

Il

f

fait entendre

berg s'ouvrc

Des

cris

de

son

hymne

fier et passionné.

A sa voix

devantlui

et lui

joie

sauvage

montre

répondent

ses mystérieuses

son

à

chant.

le \<*nus-

merveilles.

Emportées

le délire

leur

La

de l'ivresse,

furieuse

ics Bacchantes

et

le jettent

enlacent

bras

par

dans

l'entraîne

~Jéant.

Tannhaeuser

Vénus,

de l'empire

de

s apaise

à

ronde

dans

troupe

Un

aux

qui

du

brus-

planer

le

les

profondeurs

inaccessibles

et

la tempête

sauvage

léger

s'éveitter

disparait

et plaintif

déjà

quement.

dans t'espace.Mais

lointain,

bruit

continue

blanchit

pourtant

l'horizon.

l'aube

la mélodie

Dans

A mesure

on entend

du cantique.

ETUDE

SUR

TANNHAML'SKR

13

«

que

ies

voix

tes ténèbres

se rapprochent

de la nuit,

et

que

les vibiations

la clarté

aériennes,

du

jour

fait

reculer

qui ressemblaient

« tout

peu

que

à l'heure

à peu

à la dout-'ureuse

de

lamentation

I.orsque,

enfin,

s'etève

comme

sonores,

C'est

des damnés,

le soleil

un chant

où l'on

prennent

surgit

t

et

l'accent

la

joie.

!e cantique

des

pèlerins

de

de)i-

vibrer

« vrance.eHes

« le ravissement

se répandent

en nappes

sent

de )'en{h"usiasme.

l'hymne

du Venusberg,

« de l'antique

racheté

malédiction,

qui

s'enlace

au cantique

divin

« tui-mème.

Ainsi

ta rédemption,

toutes

et les

les

deux

forces

de

éléments

la vie

jusqu'ici

entonnent

séparés,

le

chant

l'esprit

de

et

ta matière.

Dieu

et la "rature,

t)).

s'embrassent

par

et s'unissent

du

dans

et

!e

!a

les

« baiser

sacré

de t'amour

Tannhaeuser,

Le chevalier

pousse

ses compagnons,

du

chant.

trône

la

t'orgueit

allé

génie

délaisse

fougue

joutes

maudite,

Vénus

du désir,

où l'on

a quitté

dispute

te V e n u s b e r g ,

te Venusberg,

païenne,

au profond

attardés

vibrer

d'étranges

se dessinent,

tes bacchantes,

d'eux

leurs

réfugiées

ses rivaux,

vers

le prix

où

)t est

reine

la montagne

nuit,

des

de

qui

dieux,

lorsque

ils enten-

formes

l'ombre

nouent

la

des divinités

des anciens

l.a

des grottes

au

sirènes

de

pied

des

enchantées,

les voyageurs

dent

errantes

ce sont

autour

déchues,

Christ

passent

concerts

de blanches

de cette montagne,

lueurs

brillent,

jaillissent

nymphes,

l'appel

depuis

est

nudités

et

les

)cs

rondes

vertige

de

ta

c'est

aux entrailles

Tannhaeuser,

les rochers

lèvres

le

de perdition.

mortel

terre

le triomphe

 

du

vers

 

lui

sans

déesse,

il est

apparue

clic

Tannhaeuser

l'a

mordu

au

 

son-

résolument

devant

la

les claires

dans

!es

feui

délices

la Patrie

et de sa Croix.

maudite;

ayant

aux

aux aMmes

lui,

se sont

los

qui

songe.

matinées

les chants

las

a marché

ouverts

lui

de

la montagne

trembler,

descendu

s'est

donnée

ennammë

Vénus

osa

a l'audacieux

la désirer

qui l'enivrent,

Uu

regret

d'avril,

d'oiseaux

Mais

tressaille,

cœur;

neries

lages

qu'il

un jour,

comme

il se rappette

de cloches

emperlés

a savourées

au milieu

réveillé

des voluptés

d'un

les fraîches

aux églises,

il est

de rosee.

du plaisir,

Un

désir

des sensuelles

le

prend

de

si longtemps.

{<) GeM'Mm~Ke ScAr<~<-<t, t. IV.

'<

ETUm; SH<

T.UA):USE)t

chrétienne,

de

la

Venus,

montre

de

liberté.

luiter,

tour

t innocence

inctïabtc

de

)'acti"n,

de

pleurer,

à tour

s'~utïrir.

caressante

des

âmes

la d<'u)eur

En

vain

la

~t courroucée:

et

des

même.

choses,et

veut

Ii

aussi

qmMer

déesse

le supp)ie,

se

seducti'ms

et me-

naces

disparait.

échouent

Tannhaeuser

invoque

 

Marie,

 

dans

)c val

au

pied

de

(!e printemps.

Des

ils chantent

la promesse

qui

vient

de

se produire,

trouve

le Vcnusher}:

Le chevalier

une lumineuse

annoncent

nant

enfin

se

la \artbur:j,

par

its

le

matinée

pèlerins

passent,

la pénitence,

lc

du salut.

<I')mprt.-

miracle

Tannhaeuscr,

c'eur

terre

anciens

brisé

et verse

amis

de rem"rds

d'abondantes

le retrouvent

et de reconnaissance,

larmes.

(;'est

dans

tombe

cette attitude

)a face

à peine

rec"nnaissent-ik

en

tui

centre

tjue ses

le

tier

poète

nul

ne

\\artburg:

\\o!fram

d"nt

sait

t'abscnce

pr~tongee

où Tannhaeuser

nul

ne soupçonne

d'Eschenbach

s'avance

se

demeurait

puor

rendit

d'où

en quittant

il

vient,

eux

~tais

vers

') annhaeuser.ta

les

ment tendue

il

le conjure

de reprendre

sa place

parmi

une

énigme

de

fêtes

la

le gettëreux

main h'ya!e-

tes mMme-

xM~fr,

parle

et,

comme

de s'ctuigner

Elisabeth,

la

nièce

s'<n

ami

répond

evasivement

de nouveau,

du landgraf,

il prononce

n'a plus

voutu

je

aux questions

nom

présider

d'Flisabeth.

tes

joutes

et

lyriques

charmer

s'arrête.

t'aime,

depuis

la disparition

et t'cm"uv"ir

par

Quoi,

Elisabeth

de Tannhaeuser,

ses

chants.

à lui.

qui

n'<m,

A ce

à lui

si indigne

pense

seul

savait

tannhaeuser

d'ette

ta

elle

ettc l'attend

sans

doute

.\vec

un transport

de joie,

il accepte

de revenir

à la c"ur

Elisabeth

attend

du landgraf.

Tannhaeuscr

en

effet,

dans

la tristesse

et

la

prière.

Mais soudain

la voici

toute

joyeuse,

parcourant

tes

salles

de

la \\artburg:

d'; itcgresse.

Ames candides.

il revient,

ti entre,

il va paraître!

il se jette

à

ses

Eiisabeth

fait

!'a\cu

cette

pieds.

de

âme innocente

déborde

!a

Avec

peine

la simplicité

queHe

des

soHtïrit

'lagucrL,

\\ot)ran)

et de la j< :e reconnaissante

qu'elle

assiste

de loin

à ces

confidences,à

maintenant.

éprouve la réponse enthousiaste

de Tannhaeuser

puisque

taire,

la jeune

dans l'héroïque

lui

aussi

fille pense

aimait

à un

renoncement

Elisabeth,

autre

de

que

lui,

son

cfeur.

mais

en siience,

il continuera

de

Or,

lcs seigneurs

et

se

ËTCDE

SCR

TAX~H.\HUS);R

d'nientouront

doit s'ouvrir

qui décernera

tendresse,

été convoques

en )honneur

le landgraf:

par

de Tannhaeuser

revenu,

une joute

et c'est

'e prix.

Woitram

chante

son

chant,

plein

poct.quc

poct.quc
EHs;iheih

EHs;iheih

de

grave

s'eteve

vers

Elisabeth

comme

la prière

d'un

amour

!ide)e

t't résigne,

~ement:

Tannhaeuser

\enus

ressaisit

!'ame ardente

de

s"'n

répond.

peu

chevalier.

et

à peu,

ses

par

strophes

une

Seul, assure-t-i),

s'animent

mystérieuse

il connaît

étran-

ivresse,

la réalité

de amour

monte,

de Tannhaeuser.

le respect,

exultant

d'orgueil,

i;'teroif,

l'adoration

et déjà

indigné,

muette

brûtant

ne servent

de luxures,

de

rien

le chant

Te)

hardi

ap~stmphe

rudement

le témé-

raire,

mains

apaisant

Hors

même

qui

lui

reptiqxe

sur

se crispent

aux gardes

un

ton

des

de souverain

epees.

quand

mépris.

I)cja

la voix

de Woitram,

les

le t'!mn)te,

tui.

pr"n"nee

une suhlime

invocation

de

au pur

\'enus,

amour.

l'hymne

maudite

de

Tannhaeuser

entonne

au

la touan~e

sein

de

la

dont

il saluait

la déesse,

montagne

-« tnt'ortunes

l:ne ctameur

tion.

~iort

qui i.t;norex

t'amour.

a))ex

)e chercher

au \'enushcr,.{

d'épouvanté

au blasphémateur,

et de co)cre

suit

cette

soudaine

à t'impie.

au réprouvé

rcvcia-