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ELECTIONS PRESIDENTIELLES

Plan d’actions
Casimir OYE MBA

Introduction

Le plan d’actions que je vous propose est un ensemble de programmes


articulés, fondé sur une analyse en profondeur de la situation
économique et sociale du Gabon, et sur une vision, « Etre Gabonais
autrement ». Il a pour ambition de répondre aux questions que toute
personne avertie, se pose actuellement : où en sommes nous? Où
pouvons nous et devons nous aller dans un environnement mondialisé ?
Que devons nous faire ?« pour un Gabon Nouveau »

Comme je vous l’ai dit dans ma déclaration de candidature, la situation


économique et sociale du Gabon est préoccupante, comme l’attestent la
plupart des indicateurs économiques. Nous n’avons enregistré qu’un taux
de croissance moyen de 2,1% de 2000 à 2008, ce qui est très insuffisant
pour améliorer le niveau de vie des gabonais, car parallèlement, le taux
d’inflation s’est élevé à 5,4% en 2008. C’est ce que traduit le mauvais
classement du Gabon selon l’Indice de développement humain. Quant au
niveau du service de la dette, malgré les rééchelonnements successifs, et
les tentatives de rachat de la dette, il risque de ne pas être soutenable à
terme, car en 2009, les statistiques de l’OCDE prévoient un déficit
courant de 426 millions de dollars, déficit qui risque de s’aggraver
compte tenu de l’accroissement de nos importations alimentaires. Du

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côté de nos exportations, nous sommes confrontés à une stagnation de
la production pétrolière, tandis que le bois et le manganèse subissent
une mévente sur le marché international, par suite de la crise financière.
Toutefois, bien que de nature économique, la crise gabonaise a des
fondements sociologiques, morales, structurels. Compte tenu de la
démission de l’Etat de ses fonctions régaliennes traditionnelles, nos
comportements dans l’ancien système, ont été dictés par la recherche
mutatis mutandis de la rente pour, non seulement satisfaire ses propres
besoins, mais également, les besoins de sa famille, voir de sa contrée.
Cette forme d’altruisme informel, par le clientélisme politique qu’elle
engendre, a tiré vers le bas, toute la société.
La recherche d’un positionnement par rapport à la rente explique dès
lors, les interactions sociales, l’ampleur de la crise morale du travail,
qu’a aggravé le syndrome hollandais. Notre comportement par rapport
au travail, à l’effort, au mérite, à l’initiative, à la prise de risque, explique
en grande partie nos choix sectoriels contestables, nos faibles
performances économiques, et cela malgré l’importance de nos
ressources, notre chômage élevé malgré nos potentialités, l’état du
système éducatif dans son ensemble, la faible compétitivité de nos
entreprises et la mauvaise gouvernance.

J’estime donc que toutes nos actions doivent être orientées dans le sens
de la réhabilitation de l’effort au travail, de la compétitivité, de la morale,
et des valeurs républicaines et traditionnelles. C’est le préalable pour
remettre le Gabon sur un sentier de croissance équilibré.

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Ce plan d’action que je vous propose est un aiguillon pour moderniser et
changer notre pays en tenant compte des contraintes intérieures et
internationales qui s’imposent à nous. En effet, une nouvelle ère s’ouvre
au monde, porteuse d’espoirs mais aussi d’inquiétudes. La place du
Gabon dans ce concert des nations dépendra de notre capacité
d’adaptation, de notre capacité à défendre nos intérêts, de notre
capacité d’anticipation et de négociation dans un environnement
économique en pleine mutation.

Dans cet environnement mondialisé, nous devons tenir compte des


nombreux accords internationaux (OMC, APE) que nous avons signé,
comme la plupart des autres pays africains d’ailleurs. C’est pourquoi,
j’estime que L’Etat a un autre rôle à jouer aujourd’hui. Il doit préparer
notre société à affronter ou à s’insérer dans ce nouveau monde. Il devra
donc à court terme fournir rapidement aux agents économiques, des
biens publics (infrastructures, protection sociale, santé, éducation) et un
cadre institutionnel et réglementaire adéquat (loi sur la concurrence,
sécurité des affaires ou de l’investissement) tenant compte des nouvelles
exigences environnementaux. Ces « biens publics » doivent être autant
d’externalités positives pour les entreprises.

Nous devons donc rompre avec « l’Etat mou entrepreneur » qui a


souvent été à l’origine des « maux publics » (dysfonctionnement de
l’administration, impunité, corruption, favoritisme, confusion de rôle et
de genre, etc).
Il s’agit donc d’un nouveau libéralisme avec un « Etat fort » où la justice,
la sécurité, la santé et la formation sont assurées efficacement pour

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tous, et qui assure une répartition efficace et équitable des richesses du
pays.

Compte tenu de l’urgence des réformes à mener, ce plan d’actions que


je vous propose, a une méthode. Il se divise en quatre programmes
articulés et glissants, comportant les grands axes des réformes que
j’entreprendrai, et les moyens de leurs financements. Pour chaque sous
programme j’indique au préalable la situation actuelle, les objectifs à
atteindre, les principales mesures de politique économique à prendre et
le coût de chaque projet.

Contrairement à ce qui se passait dans l’ancien système, l’organisation


administrative ou plus exactement le nombre de postes ministériels à
créer sera fonction de cet ensemble de programmes. Pou utiliser de
manière optimale les ressources disponibles, le budget d’investissement
sera consacré à moitié à un ou deux grands secteurs donnés, et le reste
aux secteurs selon une programmation glissante. Il s’agit d’éviter le
saupoudrage budgétaire, source d’inefficacité de la dépense.
Enfin, ce plan d’action a un calendrier d’exécution ; il s’inscrit dans le
cadrage de finances publiques réalisé avec le FMI, qui fixe à 250
milliards le budget d’investissement du Gabon pour 2010.

1. Programme 1 : La marche vers la mondialisation

A l’origine de la croissance et du développement de tout pays, il y a


l’entreprise. C’est elle qui produit les biens et services nous permettant

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de satisfaire nos besoins. C’est elle qui fournit à l’Etat les ressources dont
il a besoin. Par son investissement et ses performances, elle est donc le
moteur de la croissance et du développement. Mais c’est elle également,
qui est ou sera confrontée à la concurrence internationale au travers de
la mondialisation. Il nous faut donc non seulement améliorer la
compétitivité des entreprises qui existent déjà, mais également
l’attractivité de notre économie (attirer d’autres investisseurs étrangers),
tout en favorisant l’insertion des gabonais eux – mêmes dans ce monde
des affaires.

1.1. L’amélioration de la compétitivité des entreprises de droit


gabonais

Situation actuelle

La mondialisation et la crise économique actuelle ont obligé les grands


groupes pétroliers et miniers à se recentrer sur leurs activités mères,
favorisant ainsi la sous-traitance de certains corps de métiers
(maintenance, installations, transport du personnel, bureaux d’étude
économats, prestations hôtelières etc.). Malheureusement, les PMI/PME
gabonaises sont absentes ou exclues de cette offre.

En dehors de ces secteurs miniers et pétroliers, Les autres entreprises


gabonaises sont peu compétitives, et se contentent du seul marché
national. La faible compétitivité de l’économie gabonaise se voit ici à
travers le tableau suivant comparant les indices de diversification, la

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croissance moyenne des exportations et l’indice de compétitivité sur la
période 2003-2007 pour les pays de la sous région.

Tableau 1: diversification et compétitivité comparée


Indice de diversification Croissance Indice de compétitivité
moyenne
annuelle des
exportations
2003 2004 2005 2006 2007 Effet Effet
sectoriel compétitivité
global
Gabon 1,7 1,8 1,7 1,9 1,9 18,3 13,2 -14,8
Congo 1,6 1,5 1,4 1,3 1,4 48,9 15,1 14
Cameroun 4,7 4 4,1 3 3,3 19,7 3,9 -4,1
Guinée Eq 18,8 18,8 17,9 19,9 21,9 12 -3,7 -4,1
Source : O.C.D.E./ B.A.D « Perspectives économiques en Afrique » 2009.

Cette faible compétitivité se lit également à travers l’importance des


importations des produits que nous pouvions réalisés sur place,
notamment les produits alimentaires. Elles se sont élevées à 150
milliards de CFA à en 2008.
Les facteurs à l’origine de cette faible compétitivité sont nombreux, et
varient selon les secteurs ; il s’agit de:

- coût élevé de l’énergie


- -main d’ouvre locale insuffisamment qualifiée
- Coût de transport élevé du fait de la mauvaise qualité des routes.
Le Gabon dispose seulement d’à peine 1000 kms de routes
bitumées.
- Manque d’infrastructures

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- Coût des NTIC élevé
- Persistance d’une para-fiscalité
- Manque de dialogue social
- Inadéquation entre salaire et productivité ; emplois et qualification
(problème de rendement)

A ce problème de compétitivité s’ajoute la faible attractivité de


l’économie gabonaise, et ce malgré nos potentialités. C’est ce qu’indique
le tableau suivant retraçant l’évolution des entrées d’IDE dans les
principaux pays de la sous région.

Tableau 2: Evolution des entrées d’IDE


2002 2003 2004 2005 2006 2007
Gabon 37 206 194 60 268 269
Congo 131 321 13 724 344 352
Cameroun 602 383 319 225 309 284
Guinée Eq. 323 1444 1651 1873 1656 1726
Source : O.C.D.E./ B.A.D « Perspectives économiques en Afrique » 2009.

Cette faiblesse de l’investissement étranger dans un environnement sans


tensions civiles (paix) s’explique en partie par l’image sans cesse
détériorée que l’extérieur a de notre pays et de l’environnement des
affaires. La perception de la corruption explique dès lors, le manque de
crédibilité de l’Etat, et donc le manque d’attrait du Gabon. En 2004 par
exemple, le Gabon occupait la 74ième place dans le classement mondial
de l’indice de perception de la corruption, alors que le Cameroun et le
Congo occupaient respectivement la 129ième et la 114 ième place. En

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2008 le niveau de la corruption a augmenté et le Gabon occupait la
96ième place, selon les données de l’OCDE et de la BAD.

Objectifs
Les objectifs à atteindre sont
A long terme :
- l’intégration des entreprises gabonaises dans le marché mondial par un
accroissement des exportations de produits à forte valeur ajoutée et une
diminution des coûts de transaction;
- la diversification de l’économie gabonaise par un accroissement de la
qualité et de l’importance des investissements, afin d’accroître les
recettes fiscales
- faire passer le taux de croissance de 3% aujourd’hui à 6% en 2010 et
à plus de 8% dès 2011, afin d’atteindre les objectifs du millénaire.

Court et moyen terme :


Nous devons :
- Sécuriser l’investissement et les affaires,
- accroître le réinvestissement privé ;
- améliorer le climat et les rapports hiérarchiques à l’intérieur des
entreprises ;
- améliorer l’attractivité de l’économie gabonaise.

Mesures
Les mesures à prendre sont conformes à la nouvelle philosophie des
affaires ou au nouveau comportement de l’investisseur. Je m’attellerai
donc à :

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 En matière d’énergie

- Accroître la capacité énergétique par la construction d’un barrage


hydro-électrique soit avec la Guinée Equatoriale, et le Cameroun (sur le
Ntem) ou sur deux autres sites (au Nord du Gabon sur l’Okano ou la
Lara) et au sud (entre la Ngounié et la Nyanga, chutes de moukalaba par
exemple). Ce projet permettra la réalisation des projets industriels dans
d’autres provinces du Gabon, et facilitera l’électrification des villages.
Coût du projet : 20 à 30 milliards de CFA.

 En matière de routes :

- Bitumer les principaux axes routiers en favorisant l’intégration des


systèmes de transport (route train- port et aéroport). Pour rendre
ce projet économiquement rentable, les axes potentiellement
économiques seront prioritaires à court terme : il s’agit de l’axe
OYEM – MINVOUL (118 kms) OYEM- MENGOMO (40 km)
KOLMENGOA – MINVOUL (80 kms) ; MOUILA – TCHIBANGA (300
kms) ; LALARA – MAKOKOU (260 kms) ; KOULA-MOUTOU –
LASTOURVILLE (100 kms).

Coût du projet : 350 milliards de CFA (à raison de 300 millions


par km). Projet à réaliser en 5 ans soit 70 milliards CFA /an.
Total : 1000 kms à bitumer.
Afin d’assurer l’entretien de ces routes, il sera institué un péage tous les
200 kms.

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Ce projet aura également des effets positifs indirects sur l’exode rural,
l’agriculture et le commerce.

 En matière d’organisation interne des entreprises et de


concurrence
Je m’attellerai :
- à instaurer un dialogue social permanent au sein des entreprises ;
- à faire participer les employés au capital des entreprises.
- A créer des institutions d’appui au marché pour rendre la concurrence
saine et loyale ; refondation de l’APIP et de la Chambre de commerce.

1.2. La prise en main de l’économie nationale par la création


d’entreprises par les nationaux

L’un des défis que le Gabon doit relever, notamment le passage d’une
économie de rente à une économie de production, afin de réduire la
pauvreté. La faible diversification de l’économie gabonaise constitue, à
l’évidence, un facteur d’instabilité. Elle a principalement comme
conséquences la vulnérabilité aux chocs externes et l’alourdissement de
la charge de la dette.
Or, contrairement à des pays comme le Cameroun ou la Cote d’ivoire,
l’une des faiblesses de l’économie gabonaise, réside dans la faible
représentativité des autochtones dans le tissu industriel. Cette situation
ne permet pas au Gabon de profiter de manière optimale, des effets
multiplicateurs des investissements. Elle rend peu crédible, les mesures
de politiques économiques que prend le gouvernement.

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Situation actuelle de l’entreprenariat
L’économie gabonaise est aujourd’hui fait par et pour les acteurs
étrangers. Elle est en effet caractérisée par :
- la faiblesse du nombre d’entreprises créé par les Gabonais ;
- le taux de mortalité élevé des entreprises créées par les gabonais (Plus
de 60% dans les PME)
- la durée de vie faible des PME/PMI gabonaises (inférieure à 3 ans );
- la Faiblesse de l’esprit d’entrepreneurship à cause de la célébration de
la fonction publique et des difficultés d’accès au crédit;
- le manque de tradition commerçante ;
- le manque d’organisation d’une chaîne de production et de
commercialisation de produits agricoles.

Objectifs
Moyen et long terme :
- avoir un tissu industriel diversifié ;
- faire prendre en main l’économie par les nationaux ;
- accroître l’emploi. Le taux de chômage doit passer de 20 à 10%
en 5 ans.
- Création d’une classe moyenne
- Redistribuer la richesse du Gabon à plus de 40% de la population.
Court terme :
- éveiller l’esprit d’entreprise, en particulier chez les femmes et les
jeunes;

Mesures

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- Réduire les délais de création d’une entreprise (maximum : une
semaine)
-simplification des procédures administratives
- création d’une pépinière d’entreprises (100/ an) pour les femmes et les
jeunes financée par le FODEX et garantie par l’Etat, en privilégiant
l’agriculture pour les femmes vivant surtout en zone rurale.
Coût du projet : 5 milliards de CFA.

Programme 2 : L’amélioration des facteurs de la production :


Culture de l’effort, renforcement des capacités et productivité

Dans un environnement concurrentiel, l’amélioration de la qualité des


facteurs de production, notamment le facteur travail et le renforcement
des capacités, sont une condition nécessaire à l’accroissement des
performances de nos entreprises et à la diminution du chômage. C’est
par une formation adéquate que nous pouvons obtenir de tels résultats.

2.1. Formation des jeunes

Ce programme vise à donner aux jeunes gabonais la culture de l’effort et


de l’excellence. Cela n’est possible que par une refondation totale du
système éducatif (programmes, filières, construction de salles de classe)
La mondialisation soumettra en effet les jeunes gabonais à une
concurrence internationale dans le domaine de l’emploi. Je m’engage
donc à les préparer à ce nouvel environnement par un programme
ambitieux de réformes du système éducatif dans son ensemble.
L’éducation et la formation sont les piliers du changement.

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Situation actuelle

- Malgré un taux de scolarisation élevé, les performances du système


éducatif gabonais sont très faibles que ce soit au primaire qu’au
secondaire et au supérieur. Dans le primaire, dans une cohorte de 1000
enfants entrant au CP1 seuls 7 atteignent le niveau de terminal, dont 3
seulement sans redoublement. Depuis 1997, le taux de réussite moyen
au CEPE, au BEPC, au BAC est de moins de 50%, ce qui traduit
l’inefficacité du système éducatif dans son ensemble.
- Le système d’enseignement gabonais est sous forme d’entonnoir, sans
débouchés intermédiaires.
Les programmes dès le primaire, favorisent les formations littéraires au
détriment des formations techniques scientifiques et professionnelles.

Objectifs
- les dépenses publiques d’éducation doivent passer de 3,8% du PIB
(moyenne 2002-2008) à 15% en 2010.
- diminuer le taux d’échec à moyen terme ;
- diminuer le chômage structurel (chômage des diplômés) ;
- instituer la culture de l’excellence ;
- rendre l’étudiant gabonais compétitif ;
- faire passer le taux d’analphabétisme des plus de 15 ans de 14%
en 2008 à 6% en 2012.
- Le taux d’échec dans les classes de première année dans le
supérieur doit passer de 90% en 2008 à 45% en 2012.
-

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Mesures
- refonte totale des programmes dans le primaire et le secondaire en
faveur des matières techniques et scientifiques ;
- Construction de centre de documentation et d’information et d’aires de
jeu dans chaque établissement dépassant 500 élèves ;
- enseignement de l’anglais obligatoire dès le CP ou le CE ;
- reconstruction dès janvier 2010 de toutes les écoles primaires
délabrées des villages.
Coût du projet 10 milliards en 2 ans.
- création de 9 Ecoles normales (dont une par province) en 4 ans ;
Coût du projet : 7 milliards en 3 ans,

- Construction de 9 lycées d’excellence (dont un dans chaque province


avec une architecture différente et un équipement approprié en NTIC
accueillant les élèves ayant eu une moyenne supérieure ou égale à 14) ;
Coût du projet : 10 milliards en 3 ans
- appropriation des NTICS par les élèves et les enseignants,
-création de 9 lycées professionnels aux normes internationales avec
internat (un par province) en 3 ans.
Coût du projet : 10 milliards en 3 ans
- créations de 5 lycées techniques en 3 ans (avec internat)
Coût du projet : 8 milliards en 3 ans,
- création de 6 centres de formation intégrés aux différents
établissements pour la récupération des enfants sortant du cycle général.
Coût du projet : 5 milliards
- construction d’une annexe de l’Université Omar Bongo sur le site
« Sobraga » ;

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Coût du projet : 10 milliards
- construction d’une résidence universitaire de 5 bâtiments de 3 niveaux
à Libreville,
Coût du projet : 8 milliards en 3 ans,
-construction de trois cités de la recherche pour l’UOB, USS et USTM
Coût du projet: 8 milliards
- appui à l’organisation pédagogique : coût 1 milliard
- octroi de la bourse à tous les étudiants de troisième cycle.
Coût total : 100 milliards en 5 ans soit 20 milliards /ans

2.2. Le renforcement des capacités

Le renforcement des capacités fait référence ici à la formation ou à


l’établissement d’institutions dans le secteur public surtout.

Situation actuelle

Dans le secteur public gabonais, la capacité de concevoir et de mettre en


œuvre des politiques, de gérer et de faire le suivi des activités
économiques, de mobiliser les ressources et de gérer les fonds reçus de
l’extérieur est faible. A l’origine de cette situation la politique d’équilibre
régional, l’opportunisme, la recherche perpétuelle des positions de rente,
qui ont engendré le délaissement de la responsabilisation et de la
méritocratie, et ce d’autant plus que seul à peine 4% de la population
active a un niveau supérieur à la maîtrise.

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Tableau :Structure de la population par niveau d’étude
diplômes Population active Population active occupée
Aucun 37.70 38.40
CEPE 32.10 30.30
BEPC 16.40 16.90
CAP 2.70 2.80
BETI 1.40 1.20
BAC 5.60 6.10
DEUG 0.40 0.40
BTS 0.40 0.40
LICENCE 1.40 1.50
MAITRISE /ING 0.90 0.80
DEA/DESS 0.10 0.10
DOCTORAT 0.20 0.20
SOURCE : ONE : TABLEAU DE BORD SOCIAL 2003

Dans l’ensemble ce tableau montre que la population gabonaise est


globalement sous qualifiée : 70% de la main d’œuvre nationale ont un
niveau inférieur ou égal au CEPE, 16,4% ont le BEPC et 5,6% le BAC. Ils
sont 10% seulement le nombre de gabonais qui détient un diplôme à
dominance technique, scientifique ou professionnel.

Objectifs
- rendre la fonction publique plus efficace
- permettre aux agents entrés dans la fonction publique en c ou B à
pouvoir atteindre des catégories supérieures par la formation ;
- mettre fin aux nominations anachroniques

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- inculquer la culture de la performance dans la fonction publique ;
-
Mesures

Les principales actions que j’entreprendrai sont:


- la réforme des formations post universitaires ( ENA, EPCA, ENM
etc), qui seront désormais sous la tutelle totale de l’université.
- le renforcement de la formation continue
- l’instauration de fiche de poste indiquant les compétences à avoir
pour chaque poste de responsabilité afin d’établir des plans de
carrière claires pour tous les agents.

Programme 3 : Amélioration du bien être des populations

Le bien-être de la population reste l’un des objectifs fondamentaux de


mon plan d’action. En effet selon les statistiques de la banque Mondiale,
33% de la population gabonaise vit en dessous du seuil de pauvreté
extrême et plus de 60% dans la pauvreté relative ; 43% de la
population vit avec un revenu autour de 100 000 FCFA par mois, et 21%
avec un revenu mensuel compris entre 10 000 FCFA et 50 000 FCFA.
Cette précarité sociale s’explique en partie par le faible niveau de
l’emploi et surtout par le taux d’inactivité. En effet, en 2007, selon les
données de l’OCDE et de la BAD ce taux était de 29,1% en 2007 soit
20,2% pour les hommes et 37,9% pour les femmes. 42% des chômeurs
sont âgés de moins de 25 ans. La pauvreté sévit donc plus chez les
femmes que chez les hommes. C’est pourquoi j’entreprendrai des actions

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spécifiques pour les femmes et les jeunes que ce soit en matière de
protection sociale, de logement ou de santé.

3.1. La protection sociale

La protection sociale est aujourd’hui reconnue selon l’article 22 de la


déclaration Universelle des droits de l’Homme et l’article 9 du Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels comme,
un droit humain fondamental dont peut bénéficier tout être humain.
C’est également le principal instrument de lutte contre la pauvreté
aujourd’hui.

Situation actuelle

Les gabonais dans leur ensemble sont faiblement protégés. La protection


sociale ne concerne que les employés du secteur formel privé (et
encore !) soit à peine 20% de la population active. Quant à la fonction
publique, bien que théoriquement, les fonctionnaires bénéficient des
prestations sociales, la protection sociale se limite aux pensions dont les
montants restent disproportionnés par rapport à leur revenu en activité.
Un agent qui gagnait 500.000 CFA par mois en fin de carrière se
retrouve avec une pension mensuelle de moins de 100.000 cfa. Seuls les
hommes politiques (députés ministres sénateurs, etc bénéficient de
pensions acceptables). Cette faible protection alourdit les dépenses
d’alimentation et de santé des salariés du privé et de la fonction publique
dans la mesure où ils prennent en charge leur famille ou leurs contrées.

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Cette forme de solidarité réduit l’épargne et les possibilités
d’investissement

Objectifs
- couvrir la totalité de la population d’un système d’assurance
maladie,
- diminuer la pauvreté chez les personnes âgées (les retraités);
- favoriser la natalité,
- diminuer l’oisiveté,
-
Mesures
- créer de nouveaux régimes de sécurité sociale pour d’autres
catégories socio-professionnelles ;
- continuer les réformes entreprises à la CNSS notamment par
l’élaboration d’un nouveau code de sécurité sociale et la mise en
place d’un système par capitalisation pour les salaires de plus de
1.500.000 CFA;
- refonder la CNAM-GS en cherchant d’autres sources de
financement de cette institution ;
- financer la sécurité sociale par des fonds publics (loi de
financement de la sécurité sociale).
- Allouer une indemnité chômage de 40.000 par mois et ce, pendant
5 mois aux jeunes sortis des écoles avec diplôme, à la recherche
d’un emploi. Cette indemnité concernera environ 3000 diplômés ;
Coût du projet : 120 millions par mois soit 600 millions par
an.

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- doubler les montants des prestations familiales en les versant en
priorité aux femmes.
- Immatriculation unique à la sécurité sociale et aux impôts ;
- Verser les fonctionnaires à la CNSS ;
- ramener l’âge de la retraite dans le privé à 60 ans.

Coût total du projet : 15 milliards

3.2. La santé
La santé est appréhendée aujourd’hui comme un élément de bien être
de la population, tout en restant une composante du capital humain.
L’amélioration du niveau de santé est donc fondamentale pour remettre
nos compatriotes au travail, et permettre l’accroissement de l’épargne
nationale.

Situation actuelle

De manière générale, les performances du système de santé gabonais


restent relativement faibles. La situation sanitaire reste marquée par
trois types de déficits :

• Couverture vaccinale faible et inégale : Au niveau national,


seulement 63% des enfants ont reçu tous les vaccins. Les
différences dans le taux de couverture soulignent le clivage entre
les zones urbaines où la vaccination complète est assurée pour
66% des enfants, et les zones rurales où la performance est plus
faible (54%). Cette couverture vaccinale est également inégale

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entre les régions, la région de Libreville enregistrant, avec 70%, le
taux le plus élevé du pays alors que dans le Nord, moins de la
moitié des enfants (44%) bénéficie de la couverture complète.
• Insuffisance en approvisionnement en médicaments : Selon les
opinions recueillies auprès des ménages, les structures sanitaires
sont insuffisamment approvisionnées en médicaments. Ainsi, pour
45% des ménages, la non disponibilité des médicaments est le
premier sujet d’insatisfaction à propos des attentes en matière de
santé. L’absence chronique des médicaments est plus fortement
ressentie dans trois régions sur six : dans le sud (62% des
ménages), le Nord (61%) et l’Est (47%).
• Insuffisance des consultations post et pré-natales.

C’est pourquoi, le taux de mortalité maternelle est de 420 pour 100 000
(contre 24 à Maurice, 83 au Mexique, 100 au Botswana). Quant au taux
de mortalité infantile, il est de 60 pour 1000 (contre 17 à Maurice, 24 au
Mexique) ; Le taux de prévalence du VIH-SIDA est de 8%, selon
l’ONUSIDA. En dehors du SIDA, d’autres Infections Sexuellement
Transmissibles (IST) représentent également un problème majeur au
Gabon. C’est le cas des vaginites infectieuses, des cervicites, du
paludisme, des maladies diarrhéiques, des infections respiratoires, etc.
Les statistiques récentes du ministère de la santé publique montrent que
chez les enfants de moins de 5 ans, le taux d’incidence du paludisme a
beaucoup diminué entre 2000 et 2005, passant de 16,28% à 4,9%. Il est
aujourd’hui proche de la cible qui est de 4%. Par contre, le taux de
prévalence de la tuberculose semble augmenter.
Ces faibles performances s’expliquent en partie par le poids des charges
sanitaires dans les budgets des ménages. Compte tenu de l’absence

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d’une assurance maladie véritablement fonctionnelle, les fonctionnaires
prennent eux- mêmes en charge les actes médicaux dans les hôpitaux
publics. Le coût de ces actes médicaux représente 20% à 60% de leur
salaire.
-l’espérance de vie à la naissance est de 51 ans ;

Objectifs
- accroître l’espérance de vie à la naissance de 51 ans à 55 ans en 8
ans.
- Faire passer les dépenses de santé de 3,7% du PIB en 2008 à 15%
du PIB en 2012.
- Faire passer le nombre de médecins pour 100.000 habitants de
31,1 en 2008 à 50 en 2015. De même le nombre d’infirmiers devra
passer de 549,1 pour 100.000 habitants à 700 en 2015.
- Diminuer la mortalité infantile de moitié d’ici 2015.

Mesures
- construction d’un centre hospitalier universitaire ;
Coût du projet : 25 milliards en 2 ans;
- intégration de la médecine traditionnelle au système moderne ;
- construction d’un autre centre hospitalier au centre du Gabon (vers
Mouila).
Coût : 5 milliards de CFA
- réhabiliter et moderniser les centres hospitaliers régionaux
Coût : 10 milliards en 2 ans ;
- accroître l’approvisionnement en médicaments des centres hospitaliers
en privilégiant le générique ;

22
- instaurer une médecine ambulante par province lorsque les routes
seront refaites ;
Coût : 15 milliards en 5 ans ;
Retour des services d’hygiène et d’assainissement au ministère de santé.
- Améliorer l’accès aux médicaments pour tous par la fabrication sur
place de produits pharmaceutiques qui ne sont plus couverts par les
droits de propriété;
Coût de l’usine : 10 milliards en 2 ans
-Améliorer la qualité de l’accueil et la qualité des soins ;
- Réformer les formations des professionnels de santé ;
- Rendre opérationnel le Système national d’information sanitaire ;
-Développer la recherche dans le système de santé Gabonais.

3.3. Le logement

Situation actuelle
C’est au cours des années 1976 – 1977 que le Gabon a connu le boom
démographique, résultat d’une immigration étrangère massive doublée
de l’exode rural qui ont conduit à une croissance urbaine non maîtrisée
concentrée sur les deux principales villes du pays : Libreville et Port-
Gentil qui rassemblent plus de 70% de la population urbaine.

Cette croissance s’est faite de façon anarchique, sans plan d’urbanisme


se traduisant à certains endroits par une occupation sauvage des
parcelles non assainies des bas-fonds où les conditions de logement sont
particulièrement précaires.

23
Tableau 6 Répartition des ménages selon le mode d’éclairage et le
mode de cuisine (en %)

Mode Mode de
d’éclairage cuisine
Electr
Pétrol icité
e SEEG Gaz Bois
Quintile
Plus 39, 60.6
pauvre 40.0 59.1 4
Moyen 59, 40.2
pauvre 25.3 74.7 8
66, 33.1
Moyen 22.1 77.8 9
Moyen 73, 26.4
riche 14.9 85.1 6
77, 22.1
Plus riche 9.1 91.0 8
Milieu de Résidence
Urbain 6.8 93.3 79.6 20.4
Rural 65.4 34.6 22.6 77.4
Région de résidence
Libreville 2.4 97.1 89.5 10.5
Port 7.6
Gentil 2.7 97.3 92.4
Nord 51.2 48.8 25.9 74.1
Sud 55.1 45.0 25.6 74.4
Est 25.3 74.8 46.5 53.5
Ouest 22.3 77.7 67.5 32.5
Gabon 18.3 81.7 68.3 31.8
Sources : Diagnostic de la pauvreté au Gabon, Banque Mondiale/MPPD (DGSEE), octobre.
2005

En 2005, le pourcentage de ménages ayant accès à un meilleur système


d’assainissement en ordures ménagères restent relativement faibles
(45,4%) bien qu’en augmentation par rapport à 2003 (28,97%). Il en
est de même pour ce qui concerne les toilettes 38,3% contre 23,25% en
2003. La proportion de gabonais ayant accès à la sécurité d’occupation
des logements diminue même légèrement en 2005, 45,48% contre
46,23% en 2003.

24
La forte demande en logement et les difficultés à y répondre aggravent
le problème de la pauvreté, conduisant à l’édification des bidonvilles
dans lesquels les conditions de salubrité sont en deçà des normes.
Compte tenu du niveau de l’indice synthétique de fécondité (4,3 enfants
par femme en 2000), la population urbaine en s’accroissant à un rythme
de 3,2% en moyenne annuelle aggraverait cette situation.
Le déficit que connaît l’habitat au Gabon, à l’exemple du volume de la
demande non satisfaite à Libreville, fait de ce secteur social, un des
révélateurs des conditions de vie de la population.

Objectifs
- logement pour tous.
- Diminution de l’insalubrité dans les villes ;
- Diminution des bidonvilles ;
- Amélioration de l’habitat rural.
-
Mesures
- construction de 1000 logements sociaux de type F4 par an.
Coût : 15.000.000 x 1000 = 15 milliards de CFA /an
- favoriser l’accès à la propriété par la viabilisation des zones péri-
urbaines ;
- revoir le code domanial°pour favoriser l’accès à la propriété.

25
Programme 4: Gouvernance, décentralisation et
aménagement du territoire

La décentralisation, fille des réformes constitutionnelles de 1994 et 1997


doit marquer une grande perspective de changement au regard de la
trop lente maturation des collectivités locales dans notre pays depuis
l’indépendance. Mais il faut se réjouir de ce que les collectivités locales
désormais représentées au plan institutionnelle par le SENAT, haute
chambre du Parlement. La centralisation excessive de l’Etat est l’un des
problèmes politiques de notre pays. Jadis moyen d’asseoir l’Etat
souverain elle est devenue un frein aux aspirations nouvelles. C’est
pourquoi, la décentralisation a été jugée nécessaire par les plus hautes
instances de notre pays. Elle est d’abord un indicateur de volonté
démocratique et de gestion participative. De plus grâce au principe de
subsidiarité qui la sous-tend, la décentralisation est un gage d’efficacité
et d’efficience c’est à dire de bonne gouvernance politique et
administrative. Mais comme toute politique publique, la décentralisation
reste avant tout une idée, un projet applicable à une réalité pratique ou
virtuelle.

La décentralisation participative suppose que les acteurs (élus locaux, et


nationaux, les cadres et les opérateurs économiques) s’engagent
préalablement dans une démarche convergente, afin de formuler un
projet global pour leurs territoires respectifs.
N’y a-t-il pas lieu d’inventer aussi la région comme pôle de
développement, de dialogue politique et de convergence des efforts

26
d’investissement. Les acteurs doivent devenir à leur échelon, les
planificateurs au premier degré.

La gouvernance

Situation actuelle

Objectifs

Mesures

La décentralisation

Situation actuelle

Objectifs

Mesures

27