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S A P E U R

Sommair e
N° 3
ÉDITORIAL du Général BEZACIER commandant l’E.S.A.G. .............................................................. 3
Mai 2003
ÉTUDES et PROSPECTIVE

Le déminage rapproché futur autour d’une coopération


franco-allemande ........................................................................................................ LCL SCHMITT ................ 7

La politique d’équipement du génie ............................................................ LCL FOUILLAND .......... 11

La documentation : un combat vital pour le génie .......................... LCL PERRIER .................. 17

La compagnie de contre-minage de l’armée de terre .................. LCL GOURDIN ................ 21

DOSSIER : GÉNIE ET ZONE URBAINE

Le génie et le combat en zone urbaine ...................................................... GAL BEZACIER .............. 29

La B.S.P.P. : unité spécialisée dans la zone urbaine ........................ GAL DEBARNOT .......... 37

Aide au déploiement dans les villes ............................................................ GAL CHINOUILH .......... 43


SAPEUR Ouvrir la route .............................................................................................................. COL VERNOUX ............ 47

Revue d’études La composante combat du génie en zone urbaine .......................... COL DESTRIBATS ...... 49
du génie militaire français
Les officiers du génie, des experts indispensables ........................ LCL MARTIN .................... 53
publiée par la Direction
des Études et de la Prospective Enjeux urbains : intégrer les fondamentaux permanents .......... M. PERNOT ...................... 57
de l’École Supérieure
et d’Application du Génie
106, rue Éblé - B.P. 4125
FORMATION
49041 ANGERS CEDEX 01
Formation en infrastructure opérationnelle à la D.A. .................... LCL ISSAC ........................ 63

Directeur de la publication Le certificat technique par validation de l’expérience .................. LCL VERDIER .................. 67
Général Gérard BEZACIER
La démarche qualité de l’E.S.A.G. ................................................................ CNE DELAPORTE .......... 71
Rédacteur en chef
Colonel DESTRIBATS La filière sécurité civile .......................................................................................... CNE PIARROU ................ 77
Rédacteurs en chef adjoints
Le centre de simulation JANUS ...................................................................... CBA POTIN ...................... 81
Capitaine VENTURA
Lieutenant BOUCHET
L’ingénieur militaire en opérations extérieures .................................. LCL PERCHE .................... 83
Aspirant LLOUQUET
Impression : PIR ESAG
Dépôt légal à parution STRUCTURES ET ÉQUIPEMENTS
ISSN en cours
Le nouveau visage du génie : point de situation à l’été 2003 .......... LCL MARTIGNY ............ 89

La modernisation des lots de groupe de combat ............................ LCL LEMIRE .................... 93

Le S.I.R. Génie .............................................................................................................. LCL BERIARD .................. 95

Le nouveau concept allemand de la « base interarmées


des forces » et son génie ...................................................................................... CBA BREHIER ................ 99

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S A P E U R

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S A P E U R

Général
Gérard
BEZACIER

Éditorial

Nous savons tous qu’une revue d’études ne se prépare pas sans délai
conséquent. Parfaitement convaincus que la zone urbaine pourrait
devenir un champ d’action préférentiel des armées au XXIe siècle,
nous avons naturellement, à l’automne dernier, retenu ce thème pour
ce numéro 3 de notre réflexion doctrinale.

L’actualité nous a, dans une certaine mesure, comblée ; après


Mogadiscio, Sarajevo, Mitrovica, Grozny, Jérusalem, Genine ou Gaza,
voilà que Bagdad et Bassorah allongent la liste de ce nouveau siècle.

Il n’y a là rien d’étonnant. En 2025, les hommes, pour plus de 85%


d’entre eux, vivront dans d’immenses villes et notamment dans les
zones les plus instables de la planète.

Pour nous sapeurs, il y a, dans ce fait, certes un clin d’œil de l’histoire


avec notre père fondateur le grand Maréchal de Vauban, mais surtout
un devoir d’excellence pour nos trois composantes, celle des ingé-
nieurs militaires, celle des techniciens de la sécurité et celle des pion-
niers dont les actions combinées sont et seront de plus en plus déter-
minantes aux côtés de nos camarades fantassins et cavaliers pour le
succès des armes de la France.

le général BEZACIER
commandant l'école supérieure
et d'application du génie

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Études
et
Pr ospective

Le déminage rapproché futur autour d’une coopération

franco-allemande ............................................................................................................................................ LCL SCHMITT .................................... 7

La politique d’équipement du génie ...................................................................................... LCL FOUILLAND .............................. 11

La documentation : un combat vital pour le génie ................................................ LCL PERRIER ........................................ 17

La compagnie de contre-minage de l’armée de terre ........................................ LCL GOURDIN .................................... 21

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Lt-Colonel Le déminage rapproché


Eric SCHMITT
futur autour d’une coopé-
ration franco-allemande :
Saint-cyrien de la promotion
MMSR/SYDERA
Grande Armée (1981-1983), le
LCL SCHMITT a servi tout
d’abord au 32 e RG à KEHL. Both common staff concepts (French operational situations are
depicted on picture # 1), based on NST 225 A/C and national fitting
Commandant de 1989 à 1991 au studies on close mine-clearing issued on the decision to conduct a
3 e RG la compagnie chargée de French German joint program called MMSR/SYDERA.
l’expérimentation tactique de French worked on a mine-clearing concept (SYDERA) including both
l’EBG, il a participé dans ce decoying and detection (picture # 2).
contexte à l’opération DAGUET. German developed a detection demonstrator called MMSR.

Engagé ensuite dans le cycle This multi vehicle system will be able to deal with road opening and
de préparation au brevet tech- area cleaning, combining detection and decoy depending on the ope-
nique, il est ingénieur civil de rational required effects. For instance, road clearing needs to main-
l’École Nationale des Ponts et tain the route in a good condition : priority will be given to detection,
Chaussées (1995), et suit la sco- in order not to trigger the mines ; area cleaning could use decoy, to
larité du CSEM (109 e promo- avoid any manipulation on mines.
tion), puis du CID (4 e session). Breaching will keep dedicated assets due to its complexity within a
full spectrum joint operation under fire.
Chef BOI au 3 e RG, puis succes-
sivement chef de section et de After the signature of a technical MOU on December 2002, the next
bureau emploi à l’état-major de step consists in the construction of a joint demonstrator. The defini-
la 3 e BM de LIMOGES, il effectue tion of its components is processing. The demonstrator will include
de 1997 à 2001 trois séjours en all or part of the following vehicles :
MACÉDOINE et au KOSOVO où • Detection vehicle (DEV) (picture # 3) ;
il tient les fonctions de chef G5 • Smart decoy vehicle (SDV) (picture # 4) ;
Plans, chef du camp de réfugiés • Heavy decoy vehicle (HDV) (picture # 5) ;
de STENKOVAC, et sous-chef • Verification vehicle (VEV) (picture # 6) ;
opérations de la brigade multi- • C2 vehicle.
nationale Nord. The aim for this demonstrator is, on the one hand, to integrate on the
same system all the different technologies, and on the other hand to
Il rejoint en septembre 2001 le validate the concepts, as regard the technological performances.
Bureau de Conception des Industry companies involved in this project are on the German side
Systèmes de Forces (BCSF) à RHEINMETALL LAND SYSTEM and on the French one THALES-MBDa.
l’EMAT, afin de prendre la fonc- The target is to test the demonstrator during joint and national cam-
tion « agencement de l’espace paigns at the end of 2004. Then the development could begin on 2006
terrestre », traitant de prospec- to delivery the first operational systems (SODERA) around 2010.
tive dans les domaines génie,
géographie et NRBC. Similar R&D studies are on going in other allied nations, but only the
detection component has been carried out. The fit provided by
decoying assets and emphasized by French shows that new opera-
tional concepts are available. Maybe such elements will be integra-
ted in the foreign considerations in the future.

Le déminage rapproché vise à • L’ouverture d’itinéraires ;


traiter la menace mines dans dif-
• Le désengluement d’unités
férents contextes opérationnels. prises sous un tir de mines
Quatre types de situations ont dispersables ;
été définis dans le concept de
contre-minage français (illustra- • Le brèchage, correspondant
tion 1). au franchissement d’un obs-
tacle miné sous le feu de l’en-
• Le déminage ou dépollution nemi.
de zone ;

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des exemples suivants :

• Une mission d’ouverture


d’itinéraire nécessite de ne
pas dégrader ce dernier : la
priorité sera donc donnée à la
détection afin que les mines
puissent être neutralisées
sans détonner.

• Une dépollution de zone


pourra en revanche mettre
l’accent sur le leurrage afin
de limiter l’intervention sur
les mines.

Le « brèchage » est exclu du


champ d’application de SYDERA
en raison de la complexité d’une
1 - Les situations opérationnelles telle opération, conduite dans
un environnement interarmes
Ces missions sont aujourd’hui présenté dans l’illustration 2. complet, et nécessitant des
remplies de façon plus ou moins conditions de protection et de
satisfaisante par des engins Du côté des états-majors, la mobilité incompatibles avec les
dédiés (AMX30 B2 DT, SOUVIM, comparaison du projet de critères requis pour les autres
MADEZ) s’appuyant principale- concept allemand, communiqué missions.
ment sur des techniques méca- à l’état-major français en 2001,
niques. et du concept de contre-minage La complémentarité des études
français, tous deux fondés sur le techniques nationales et l’identi-
La nécessité de traiter de NST 225 A/C, a permis de fication d’un besoin opération-
manière plus efficace ce genre constater que le besoin opéra- nel identique ont donc tout natu-
de menace, associée aux pro- tionnel était identique, à l’excep- rellement débouché sur la déci-
grès technologiques espérés à tion de quelques points mineurs sion de jumeler les efforts en
l’horizon considéré, ont conduit qui n’avaient aucune incidence conduisant un programme com-
l’OTAN à confier en 1998 à la sur les équipements à réaliser. mun. Un arrangement technique
France la rédaction d’un objectif Cette convergence a permis a donc été officiellement conclu
d’état-major (NST A/C 225) avec l’Allemagne en décembre
l’établissement d’une spécifica-
« relatif à la détection et la neu- 2002 pour la réalisation d’un
tion technique du besoin com-
tralisation (et/ou la destruction) deuxième démonstrateur com-
mune aux deux nations.
des mines et des sous-muni- mun, appelé MMSR/SYDERA.
tions sur les lieux ». Le SYstème de DEminage
L’objectif de ce démonstrateur
RApproché futur (SYDERA),
Lors des réunions d’échanges est double :
comportant plusieurs plates-
menées entre la DGA, l’EMAT et formes, associera donc détec- • Techniquement, il s’agit de
leurs homologues allemands tion et leurrage, permettant, tester les différentes compo-
(BwB, EMAT, RÜ 5) ont été selon les situations, de privilé- santes du système, dévelop-
décrits les sujets qui pouvaient gier l’une ou l’autre fonctionna- pées indépendamment, afin
faire l’objet d’une coopération lité en fonction de l’effet de s’assurer de leur fonction-
franco-allemande. Il est ressorti attendu. Une simplification des nement coopératif et des per-
que chaque nation avait déjà concepts est donnée au travers
conduit différentes études sur le
déminage rapproché.

Les Allemands avaient déve-


loppé un démonstrateur de
détection appelé MMSR1.

Les Français avaient aussi tra-


vaillé sur cet axe mais s’étaient
de surcroît préoccupés des
concepts d’emploi d’un système
de déminage incluant détection
2 - SYDERA : exemple de concept français
et leurrage, dont un exemple est

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formances obtenues après • Véhicule de leurrage mas- nationales et communes, le


intégration. sique (HDV) , développement pour la série
débuterait en 2006 pour des
• Opérationnellement, la vali- premières livraisons à l’horizon
dation ou l’aménagement 2010 du Système Opérationnel
des concepts seront étroite- de DEminage RApproché
ment liés aux résultats tech- (SODERA).
niques obtenus. Ainsi, la
détection de mines enfouies Si le démonstrateur et les
représente encore aujour- « briques technologiques » sont
d’hui un point dur technolo- communs, il faut cependant
gique et pourrait ne pas 5 - Véhicule de leurrage massique souligner que la définition finale
répondre pleinement aux exi- des systèmes pourrait compor-
gences (98 %) formulées par ter des « options » nationales,
les états-majors. • Véhicule de vérification (VEV) ;
sous formes de nombre de
modules diffé-
La composition du démonstra- rents par type,
teur est en cours de définition. Il en fonction de
pourrait comprendre tout ou la prépondé-
partie des véhicules suivants : rance que cha-
que partie sou-
• Véhicule de détection (DEV)
haite voir (leur-
téléopéré ;
rage pour la
France, détec-
tion pour l’Alle-
magne) dans
l’équipement
de ses forces.

6 - Véhicule de vérification Des travaux


identiques sont
menés par nos
• Véhicule de commandement alliés européens et outre-atlan-
3 - Véhicule de détection (DEV) comportant les éléments de tique. Cependant, ceux-ci ont
téléopération. tous mis l’accent sur la détec-
tion. La complémentarité four-
• Véhicule léger de leurrage Les industriels impliqués sont la nie par le leurrage, mise en
(SDV), furtif aux mines à société allemande RHEINMETALL exergue par les études fran-
pression et téléopéré ; LAND SYSTEM et le consortium çaises, ouvrent de nouvelles
français THALES-MBDa. perspectives d’emploi qui pour-
raient les conduire à réviser leur
Entamé depuis bientôt deux réflexion.
ans, le processus de coopéra-
tion franco-allemand sur le sys-
tème de déminage rapproché
MMSR/SYDERA vise la livraison
du démonstrateur fin 2004. À
l’issue de campagnes d’essais

4 - Véhicule léger de leurrage

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Lt-Colonel La politique
Rémi
FOUILLAND d’équipement du génie
Defined by the General Staff / Weapon Systems, the equipment
policy of the 'battlefield exploitation function' is organised into five
axes representing the five major domains, namely counter-mining,
Saint-cyrien de la promotion gap crossing, aid-to-deployment, counter-mobility and combat sys-
« général Monclar » (1984-1987), tems. The NBC domain is dealt with separately, and geography is
le lieutenant-colonel FOUILLAND integrated within the 'intelligence' function.
est, depuis l’été 2002, officier de
synthèse de la fonction « agen- In the short and medium terms (2003-2008), this equipment policy is
cement de l’espace terrestre » aimed at enhancing the already owned capabilities, through the
au bureau systèmes d’armes de continuous upgrading of currently fielded equipment, and through
l’EMAT. the procurement of 'off-the-shelves' equipment or equipment that
only need little development. In the long term (2009-2020), we will
Il a auparavant servi au 11 e, 9 e et have to modernise a number of major items of equipment and to pro-
34 e régiment du génie comme cure assets which will be adapted to the new conditions of employ-
chef de section et commandant ment of the forces, such as the multi-effect weapon for combat in
d’unité ainsi qu’à l’école supé- urban areas. We will also have to field 'equipment systems' comple-
rieure et d’application des trans- tely covering a given domain, such as the overall battlefield manage-
missions en tant que directeur ment system.
d’études du diplôme technique
« électronique-informatique »
(1999-2002). Le bureau systèmes d’armes cinq axes représentatifs des
(BSA) de l’état-major de l’armée domaines majeurs que sont le
Ingénieur de l’école supérieure de terre a pour rôle d’assurer la contre minage, le franchisse-
d’électricité (1997), il a suivi la mise à disposition des équipe- ment, l’aide au déploiement, la
scolarité de la 111 e promotion ments et de leur environnement contre mobilité et les systèmes
du cours supérieur d’état-major au profit des forces terrestres, de combat. Le NBC fait l’objet
et de la 6 e promotion du collège pour l’accomplissement de leurs d’un traitement propre et la géo-
interarmées de défense (1997- missions, à court, moyen et long graphie est maintenant intégrée
1999). termes. au sein de la fonction « rensei-
gnement ». On distinguera, par
Il a servi en Bosnie-Herzégovine À ce titre, le BSA est tout parti- domaine (hors NBC), les actions
comme assistant militaire du culièrement chargé : prévues à court et à moyen
général adjoint de la SFOR et termes (2003-2008) de celles
• de définir, pour chaque fonc-
REPFRANCE, de décembre 2000 envisagées à long terme (2009-
tion opérationnelle, les poli-
à juillet 2001. 2020).
tiques d’équipement et de
proposer les plans d’équipe-
À court et à moyen termes
ment associés aux parcs,
(2003-2008), l’objectif est d’ac-
• de veiller à la cohérence tech- croître les capacités détenues
nico-opérationnelle entre les par la poursuite d’opérations
systèmes d’armes d’une d’amélioration des matériels en
même fonction opération- service (EFA, AMX 30 B2 DT,
nelle ainsi qu’à celle des SOUVIM, EBG, MiHPD, …) et
fonctions opérationnelles l’acquisition d’équipements dis-
entre elles, ponibles sur « étagère » ou
nécessitant de modestes déve-
• d’assurer la planification, la
loppements tant en termes de
programmation et le gouver-
délais que de montants finan-
norat des crédits d’investis-
ciers (SPRAT, kit de déminage,
sement du titre V, et garantir
grues, …).
leur cohérence physico-
financière.
À long terme (2009-2020),
il s’agit de moderniser une par-
Dans ce cadre général, la fonc-
tie des équipements majeurs et
tion « agencement de l’espace
d’acquérir des moyens adaptés
terrestre » suit une politique
aux nouvelles conditions
d’équipement s’articulant selon

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d’emploi des forces tels que mines, par la mise en service de le système opérationnel de
l’arme multi-effets de combat en nouveaux équipements nécessi- déminage rapproché (SODERA),
zone urbaine (ARMURE) ou le tant peu de développements : capable de remplir les missions
système de protection des élé- SOUVIM 2 disposant de capaci- d’ouverture d’itinéraire, de
ments terrestres (SPECTRE). Il tés d’ouverture d’itinéraire net- dépollution de zone et de fran-
s’agit également de mettre en tement accrues par rapport au chissement d’obstacle miné,
place des « systèmes d’équipe- SOUVIM ; kit de déminage com- ainsi que le système de détec-
ments », couvrant l’ensemble plétant l’action du MADEZ dans tion lointaine (SYDELO), combi-
d’un domaine, comme le sys- les endroits difficiles d’accès et nant vraisemblablement un por-
tème global de gestion de l’es- dispositif de ramasse débris ; teur évoluant dans la troisième
pace terrestre (SYGOGNE), le système de déminage pyrotech- dimension et une station au sol
système opérationnel de démi- nique des mines antichar (SDP- pour le traitement des données.
nage rapproché (SODERA) ou le MAC), monté sur châssis EBG,
système de contre mobilité réac- fournissant une capacité de
tif (SYCOMORE). déminage « mécanique » élé- FRANCHISSEMENT
mentaire aux RGBIA ; système
Cette politique se veut cohé- de déminage pyrotechnique des Le « dispositif franchissement »
rente avec les travaux du bureau mines antipersonnel (SDPMAP), de l’armée de terre est conçu
de conception des systèmes de capable d’ouvrir des chemine- pour assurer l’appui à la mobi-
force (BCSF) de l’EMAT, notam- ments d’approche ou de traver- lité tactique en classe 70 et l’ap-
ment la revue de fonction de sée pour les troupes à pied ; pui aux mouvements opératifs
2001, ainsi qu’avec les différents sonde mécanisée ; détecteur d’une part et stratégiques
chantiers entrepris par le CDES. portable de nouvelle génération. d’autre part en classe 100. Le
Elle tire également profit des tra- premier volet est actuellement
vaux pilotés par l’ESAG, dans le couvert par l’EFA et le PAA et,
cadre du mandat d’étude relatif dans une moindre mesure, par
à « la place du génie parmi l’en- le MLF, tandis que le second est
semble des fonctions mises en assuré par le PFM et le pont
jeu dans l’engagement des BAILEY.
forces terrestres à l’horizon
2015 ». Enfin, elle s’inscrit, à La combinaison de moyens sur
court et à moyen termes, dans le appuis fixes et de moyens flot-
contexte de la loi de program- tants est justifiée par la nature
mation militaire 2003-2008. des coupures. En effet, outre le
fait qu’au-delà de 25 m ces der-
nières sont souvent humides,
CONTRE MINAGE le moyen flottant s’impose
Sonde mécanique
d’abord par sa capacité à per-
Consistant à contrer la menace mettre le franchissement sur
exercée par les mines et les À long terme (2009-2020), des largeurs importantes. Quant
munitions non explosées, afin l’armée de terre devra disposer à l’appui au franchissement tac-
de conserver ou de restituer aux des moyens lui permettant de tique, il ne se traduit pas unique-
forces leur liberté d’action, le satisfaire l’ensemble du spectre ment en terme d’aptitude à faire
contre minage est essentiel pour du contre minage (ouverture franchir ; l’appui du char
la mobilité des unités. d’itinéraire, rétablissement de LECLERC dépendant également
zone, désengluement, ouverture de la mobilité tactique du
À court terme (2003-2004), de brèche). A cette échéance, moyen de pontage.
les capacités détenues seront l’objectif principal sera de détec-
accrues, essentiellement par des ter la menace mines afin de per- À court et à moyen termes
opérations d’amélioration des mettre un engagement optimal (2003-2008), la politique d’équi-
équipements en service : amé- des moyens de contre minage. pement « franchissement » a
nagements sur le SOUVIM et pour vocation de :
le MADEZ, télé opération de Il est peu probable qu’un sys-
tème unique soit en mesure de • fiabiliser les équipements en
l’AMX 30 B2 DT, amélioration du
contrer cette menace de façon dotation : diésélisation d’une
DEMETER par la réalisation du
universelle. Il s’agira donc de partie du parc PFM et amélio-
système DEDALE pour le leur-
réaliser un « système de sys- rations prévues sur l’EFA,
rage et acquisition du DHPM 2A
tèmes de contre minage », en dont la durée de vie est pro-
pour la détection.
gardant à l’esprit les limites gressivement portée de 20 à
d’emploi de chaque compo- 30 ans,
À moyen terme (2005-2008),
l’objectif est de compléter ou de sante. • permettre le franchissement
renouveler les capacités de neu- des brèches sèches de lar-
tralisation – destruction des Deux dispositifs sont envisagés : geur inférieure ou égale à

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25 m, par l’acquisition d’en- Le volet « aide au déploiement » en privilégiant notamment


gins de classe 70 : acquisition de la politique d’équipement ne l’achat « sur étagère » ;
du SPRAT, en remplacement traite pas le déminage et la
du PAA, dépollution, qui font partie du • la limitation de la durée de vie
domaine « contre minage ». des matériels à 15 ans maxi-
• donner aux forces les mum afin de faciliter la main-
En terme d’équipements, le
moyens de remplir leur mis-
domaine « aide au déploiement » tenance ;
sion de soutien aux mouve-
s’articule autour de cinq thèmes
ments stratégiques en limi- • le recours éventuel à l’exter-
principaux : l’énergie électrique,
tant au maximum les nou- nalisation voire à la location
l’eau, les ateliers de campagne
velles acquisitions. pour satisfaire des besoins
d’aide au déploiement, les maté-
ponctuels ou pour les « micro
riels de travaux publics et de
Sur le long terme (2009-2020), parcs » qui ne sont pas indis-
voie ferrée, les moyens de
les parcs existants seront pensables sur très court pré-
levage et de manutention.
« modernisés », dans l’attente avis.
Compte tenu de la diversité et
de la réalisation de nouveaux de la complexité du domaine,
matériels. Le successeur de L’effort portera sur l’acquisition
seuls quelques éléments d’ordre
l’EFA ne devrait entrer en ser- de nouveaux moyens de traite-
général sont fournis dans cet
vice qu’à compter de 2025 et ment de l’eau, en tenant compte
article.
celui du PFM vers 2020. des conclusions du volet « eau »
de l’étude sur le soutien, la vie et
À court terme (2003-2004),
Concernant les capacités de la protection des unités proje-
l’objectif est de finaliser les
pontage opérative et logistique tées, menée par BCSF en 2003. Il
plans d’équipements des opéra-
« sur appuis fixes », il sera s’agira également de préciser la
tions initiées depuis dix ans,
nécessaire, à l’horizon 2015, de politique et le plan d’équipe-
principalement dans le domaine
pallier le déficit en moyens de ment des engins de travaux
de l’énergie électrique (moyens
pontage permettant de franchir publics, en distinguant le besoin
« zones vie » et moyens pour
des brèches de 25-35 m, grâce à lié au contrat opérationnel du
« PC déployés »), ainsi que dans
des dispositifs sur appuis fixes à besoin outre mer et de celui
celui des ateliers de campagne
déploiement rapide de classe propre au socle, afin de trouver
(ACAD et SYACADO). Il s’agit
des voies d’optimisation pour
96-100. également d’acquérir la nou-
l’utilisation et le soutien du
velle grue de l’armée de terre
matériel.
Par ailleurs, l’interopérabilité des destinée aux formations du
moyens de franchissement entre génie, du train et du matériel.
les pays européens devra être
privilégiée. A défaut de mise
en commun des matériels, il
conviendra de s’orienter vers la
réalisation d’équipements « d’in-
terface » permettant, d’une part,
la manutention des travures par
les autres systèmes de pontage
sur appuis fixes et, d’autre part,
l’accolement de parties de pont
de moyens de pontage flottants
différents. Une autre approche
pourrait consister en un « par-
tage » des capacités.

AIDE AU DÉPLOIEMENT
L’aide au déploiement consiste à
participer, au profit des forces, à
l’établissement des conditions Grue
de vie adaptées à la durée des
opérations, au climat et aux res-
sources locales. Elle comprend, À moyen terme (2005-2008), À long terme (2009-2020),
en particulier, les actions de les principes d’acquisition repo- les équipements seront renou-
déminage, de dépollution, de seront sur : velés ou redéfinis, en fonction
protection, de rétablissement et des retours d’expérience opéra-
d’aménagement des infrastruc- • la réduction des délais de tionnelle et d’études qui restent
tures opérationnelles. réalisation des équipements à conduire.

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CONTRE MOBILITÉ
Le domaine de la contre mobi-
lité recouvre aujourd’hui les sys-
tèmes de mines antichar, les
systèmes de protection des
déploiements terrestres et des
systèmes d’armes qui ne font
pas appel aux mines (type NX7
ou MFRD).

Traiter de contre mobilité néces-


site d’anticiper un éventuel élar-
gissement du protocole
d’Ottawa à certains types de
mines antichar et de tenir
compte de l’hypothèse d’une
interprétation « extensive » du MODER
protocole II de la convention de
Genève de 1980, portant sur les dispositif, doté de nouvelles • le système de protection
mines, pièges et autres disposi- fonctions de programmation des éléments terrestres
tifs, relative à l’interdiction ou à et d’une résistance accrue (SPECTRE), destiné à assurer
la limitation d’emploi de cer- aux contre-mesures, permet- la protection des déploie-
taines armes classiques qui peu- tra une meilleure adaptation ments du niveau section, en
vent être considérées comme des obstacles minés à la cohérence avec la législation
produisant des effets trauma- manœuvre, en autorisant le sur l’interdiction d’emploi ou
tiques excessifs ou comme frap- franchissement d’un champ la limitation de certaines
pant sans discrimination. de mines non actif, ou désac- armes classiques (protocole
tivé automatiquement après II de la convention de Genève
Par ailleurs, L’EMAT a approuvé une période préalablement du 10 octobre 1980). Il pallie
en 2001 un nouveau concept de définie lors de l’élaboration l’interdiction des mines anti-
contre mobilité fondé sur l’opti- de l’obstacle ou encore personnel, tout en anticipant
misation des capacités exis- désactivé sur ordre de télé- les facteurs limitatifs que la
tantes par la « graduation des commande dans le cadre morale des sociétés dévelop-
effets » ainsi que sur le déve- d’une procédure d’urgence ; pées pourrait susciter dans
loppement de deux aptitudes : les années à venir ;
• le développement et la réali-
la « réversibilité » et la « réacti-
sation du système interactif • le système de contre mobilité
vité ».
mine char, compatible avec réactif (SYCOMORE), fondé
CENTAURE et permettant de sur une combinaison de cap-
La politique d’équipement s’ins-
simuler l’interaction mines / teurs et d’effecteurs et conçu
crit en cohérence avec l’en-
véhicules cibles, dans un pour assurer une efficacité
semble de ces données.
double souci de valorisation comparable à celle des obs-
de l’action des sapeurs et de tacles antichars classiques,
À court et à moyen termes
sensibilisation des unités une liberté de manœuvre
(2003-2008), le but principal est
interarmes au danger des complète et sûre pour les
de conduire les évolutions
mines ; forces amies, sans pollution
nécessaires pour maintenir une
capacité de minage en confor- • la redéfinition des besoins en du terrain par des explosifs à
mité avec les contraintes inter- terme de destruction, confor- l’issue du conflit.
nationales. Ceci se traduit par : mément aux nouvelles exi-
gences de limitation des
• l’optimisation de l’emploi des
effets collatéraux et/ou de
systèmes en service : valori- SYSTÈMES DE COMBAT
réversibilité.
sation du disperseur de
mines et de la mine disper- La revue de fonction « agence-
À long terme (2009-2020), l’ob-
sable, de l’enfouisseur de ment de l’espace terrestre » de
jectif est de disposer de nou-
mines, de la MiACAH F2 et du
veaux systèmes qui auront 2001 a mis en évidence la néces-
MODER ;
notamment la particularité de sité d’adapter les structures des
• la réalisation d’un système permettre une réponse graduée compagnies de combat du génie
d’obstacle par munitions par rapport à la menace. aux nouvelles dimensions du
enfouies télécommandables combat de contact et notam-
HPD4, étape intermédiaire Ceci conduira en particulier à se ment du combat en zone
vers le « minage virtuel ». Ce doter des dispositifs suivants : urbaine.

- 14 -
S A P E U R

A cet égard, outre la « ternarisa- • un module « accompagne- urbaine), cohérent avec le sys-
tion » des unités prévue en ment groupe », s’appuyant tème FELIN et capable de mettre
2003-2004, c’est l’ensemble du sur un véhicule de transport hors de combat du personnel
système de combat futur qui a de groupe (VETRAG), assu- débarqué ou retranché, de neu-
été redéfini au travers du rant la fonction transport du traliser des véhicules, disloquer
concept SYGOGNE (système personnel et doté de quel- des obstacles type barricade ou
global de gestion de l’espace ques fonctionnalités simples d’ouvrir des cheminements au
terrestre), qui revêt la particula- relatives à l’appui à la mobi- travers de constructions.
rité d’intégrer plusieurs compo- lité des unités débarquées et
santes, constituées chacune à la contre mobilité, À court et à moyen termes
d’un ou plusieurs engins. (2003-2008), il s’agit d’acquérir
• un module « aménagement
protection », composante de les engins du module aménage-
Plus précisément, SYGOGNE ment protection (en remplace-
combat apte à agir en pre-
s’articulera autour de quatre ment de quelques MPG, des
mier échelon et destinée à
modules : EMAD et des bouteurs D5 et D6),
faciliter le déploiement, les
• un module d’appui lourd, mouvements et la protection d’acquérir les engins de démi-
destiné à assurer les mis- passive en fournissant des nage du module appui lourd
sions d’appui direct au profit effets « terrain ». Ce module (système SDPMAC : CARPET
des unités blindées, réalisé à sera centré autour de deux israélien monté sur châssis EBG,
partir de l’EBG 2 et du SDP- engins, garantissant, notam- dont il est question dans le
MAC (Système de déminage ment en zone urbaine, le domaine « contre minage ») et
pyrotechnique de mines anti- déploiement rapide d’une d’assurer le développement de
chars) qui offrira une capacité force en lui offrant un niveau l’EBG 2 ainsi que de l’EGACOD.
immédiate de déminage au de protection et de confort
niveau de l’unité élémen- minimal, dès l’arrivée sur la Par ailleurs, une opération de
taire ; zone d’engagement. Il s’agit valorisation des lots des
groupes de combat sera lancée
dès 2003.

À long terme (2009-2020), l’ob-


jectif est de disposer des EBG 2
et du VETRAG, successeur du
VAB génie actuel. Il s’agira éga-
lement d’acquérir l’EGACOD et
de développer et réaliser le sys-
tème ARMURE.

CONCLUSION

La politique d’équipement de la
fonction « agencement de l’es-
pace terrestre » est destinée à
éclairer l’avenir et à assurer une
cohérence sur le court, le moyen
et le long termes. Elle n’en
demeure pas moins un dossier
« vivant », qu’il convient d’ac-
SDPMAC tualiser régulièrement au regard
des diverses études en cours et
• un module d’appui au combat des arbitrages financiers. Il est
de l’engin génie d’aménage-
en zone urbaine, dédié à l’ap- désormais indispensable de
ment (EGAME) ou « bouteur
pui au combat débarqué et découvrir les systèmes, qui don-
rapide » et de l’engin génie
aux actions de maîtrise de la neront à la fonction « agence-
rapide de protection
violence, comprenant un ment de l’espace terrestre » la
(EGRAP), plus léger et plus
engin génie d’appui au supériorité opérationnelle à un
souple, successeur de
combat débarqué (EGACOD), coût accessible.
l’EMAD.
successeur de la plupart des
MPG, possédant les capacités
Ces modules seront complétés
d’organisation du terrain
par le sous système ARMURE
spécifiques à la zone
(arme multi-effets de zone
urbaine ;

- 15 -
S A P E U R

- 16 -
S A P E U R

Lt-Colonel « La documentation :
Alain PERRIER
un combat vital pour le génie
dont la première manche est sur
le point d’être remportée, mais dont
la seconde passera nécessairement
Le lieutenant-colonel Alain
PERRIER est le chef du bureau
par une réflexion de fond »
« Règlements-Documentation »
de la direction des études et de
la prospective de l’ESAG depuis The restoration of the documentary base of the Engineer, which star-
1999. ted in 1999 with the creation of the Direction of Doctrine and Studies
(DEP), is on the way to succeed.
Issu de l’école militaire inter-
armes (Promotion général Indeed, having largely called up on the expertise of engineer units,
BROSSET 1973-1974), il est the office « field manuals – documentation » will have, by the end of
diplômé de l’école d’état-major the year 2003, produced an amount of twenty handbooks for
depuis 1984. Engineer units, two handbooks of implementation and four memo-
randa. It will have also proceeded to the revision of eight old field
Au cours de ces dernières manuals with Engineer connotation.
années, il a successivement
exercé les responsabilités sui- Since October 2002, the DEP has also developed the CD-ROM
vantes : « Everything about Engineer » containing all information relating to
the French Army Engineers.
- Officier supérieur génie de la
15 e DI (1986-1988) At the end of 2002, this powerful tool was issued in the Engineer
- Chef du bureau instruction du units, the military staffs and schools. It is also accessible through the
31 e RG (1988-1989) ESAG web site INTRATERRE.
- Chef de brigade (CPOS), puis
However, it seems that the « revolution » in the matter of documen-
commandant de division
tation or information isn’t arrived to its end. The need to provide
(DFR), à l’ESAG (1989-1995)
constantly reliable and easily accessible information, the need to
- Commandant en second du improve it very quickly in order to follow the pace operational and
13 e RG, à Trèves (1995-1999). structural changes nowadays, will impose a deep reflection about
documentation organisation and diffusion methods at the army
level.

By the end of 2003, an important step will be completed with the


creation of an Army Electronic Library in INTRANET.

Les profonds bouleversements Pour cette raison et du fait de


opérés ces dernières années la disparition des inspections
dans l’armée de terre pour don- d’armes, les directions des
ner à nos forces la capacité de études et de la prospective
faire face à la nouvelle donne (DEP), créées à cette période en
internationale, ont eu malheu- remplacement des CETE, ont été
reusement aussi des consé- notamment chargées d’engager
quences très négatives sur le un vaste chantier pour rétablir le
niveau de préparation opéra- socle documentaire des diffé-
tionnelle des unités. rentes fonctions.

Parmi les causes de cette dégra- Dans le génie, l’action énergique


dation figurait en 1999, terme conduite depuis maintenant
des grandes mesures de la 3 ans pour recréer un référentiel
refondation, la documentation commence à porter ses fruits.
dont les carences notoires nui- Cependant, ne nous y trompons
saient grandement à la conduite pas, une nouvelle étape devra
de l’instruction et à l’entraîne- être franchie sans tarder pour
ment des forces. permettre à la documentation

- 17 -
S A P E U R

de répondre complètement aux sité de ses unités (14 types diffé- bureau « règlements », la rédac-
exigences du XXIe siècle. rents de compagnie, 38 types tion des manuels d’emploi cor-
différents de section et 46 types respondants.
différents de groupe), par l’ex-
SITUATION DE DÉPART : trême variété de ses matériels et Les GEN produits par les points
par le très grand nombre des d’impression dépendants du
UN ÉTAT DES LIEUX
missions à exécuter aussi bien service d’édition et de diffusion
INQUIÉTANT !… en appui direct qu’en appui de l’armée de terre (SEDAT),
général. sont diffusés pour l’instant selon
Nullement épargné par les nom- le principe suivant :
breux changements de structure Cette situation était devenue
• Cédérom pour les exem-
occasionnés par la refondation, intolérable car elle risquait d’oc-
plaires destinés aux chefs de
obligé de revoir les modalités de casionner des dérives dange-
corps/BOI des régiments et
son engagement face aux évolu- reuses dans l’acquisition des
aux niveaux supérieurs ;
tions de la menace et contraint savoir-faire et de déboucher sur
de s’adapter aux exigences de la une perte importante de savoir. • Papier pour les exemplaires
professionnalisation, le génie a destinés aux commandants
sans nul doute ressenti d’une d’unités élémentaires, aux
manière toute particulière la LA MÉTHODE EMPLOYÉE : chefs de section et aux chefs
mise à mal de ses repères tradi- de groupe.
UN TRAITEMENT DE CHOC
tionnels.
En effet, qu’on le veuille ou non,
En effet, ses régiments ne dispo- Dès sa création en 1999, la DEP le document papier demeure
saient à cette période que d’une engage immédiatement la pour l’instant l’outil primordial
documentation squelettique, rédaction des manuels d’emploi des régiments pour assurer la
souvent provisoire et générale- et des mémentos tant réclamés formation de leur personnel car
ment obsolète alors qu’ils par les régiments. les moyens qui leur permet-
éprouvaient les plus grandes traient de s’en affranchir (bud-
difficultés pour instruire leurs Il faut aller vite bien sûr, mais il get, parc informatique adapté et
hommes et entraîner leurs uni- faut pourtant veiller à la néces- en réseau, E. book dans les sec-
tés du fait du rythme très élevé saire cohérence entre d’une part tions, moyens de reprographie
des projections extérieures et les documents produits et conséquents, …) ne sont pas
intérieures, du partenariat avec d’autre part les réflexions doctri- encore réalisés.
l’école et des nombreuses solli- nales menées en parallèle, les
citations émanant des régions évolutions permanentes de
Des objectifs ambitieux
terre. structure des régiments et les
renouvellements progressifs de
Consciente de l’urgence du
matériel.
besoin en documentation des
régiments pour l’instruction et
Des principes simples et de l’entraînement de leurs unités et
bon sens pour la préparation de leurs can-
didats aux concours et exa-
Le CDES ayant donné délégation mens, l’ESAG se fixe comme
au général commandant l’ESAG objectif de rédiger l’essentiel
pour approuver les documents des GEN avant l’été 2003. La
de niveau 3 (doctrine d’arme), la finalité des formations étant
DEP assure le pilotage et la l’engagement opérationnel dans
conduite des études menées en le cadre de la projection, il s’agit
vue de leur rédaction. donc de produire des manuels
d’emploi pour tous les modules
A cet effet, elle constitue des identifiés dans l’instruction
groupes de travail faisant large- 10 000.
À cela venait s’ajouter l’absence ment appel à l’expertise des
quasi totale de réflexion doctri- régiments, mais aussi à celle La nécessité de refondre un cer-
nale, puisque le concept d’em- des état-majors et des orga- tain nombre de TTA anciens à
ploi du génie en opérations nismes spécialisés. connotation génie, conséquence
(GEN 100) venait de paraître à du transfert de responsabilités
l’été 1999. Certains régiments possédant qui s’est opéré au profit de
des modules très spécialisés l’école lors de la dissolution de
L’ampleur de la tâche était consi- (exemplaires uniques) sont l’inspection du génie, devient
dérable car tout faisait défaut même invités à prendre à leur une évidence car ceux-ci interfè-
dans un domaine de spécialité charge, de manière décentrali- rent souvent avec des GEN
caractérisé par la grande diver- sée mais sous contrôle du qu’ils contredisent parfois.

- 18 -
S A P E U R

S’ADAPTER À UN ENVIRON-
NEMENT DE COMMUNICA-
TION : UNE NÉCESSITÉ
ABSOLUE QUI PASSERA PAR
DE PROFONDS CHANGE-
MENTS

La solution aux maux évoqués


plus haut devrait résider dans
une simplification de la docu-
mentation, dans une améliora-
tion de sa hiérarchisation et
dans une modernisation de ses
supports.

Il semble bien que cette véri-


table révolution soit déjà enga-
Pour aller plus loin dans sa leur conservation, tantôt sur leur gée puisque fin 2003 devrait voir
démarche de revalorisation à suppression et sur l’insertion de l’émergence sur INTRANET de la
outrance de la documentation leur contenu dans une section bibliothèque électronique de
mise à disposition des corps et du GEN 150. l’armée de terre. Celle-ci per-
des état-majors, l’ESAG prend la mettra notamment aux régi-
décision de concevoir un cédé- ments, sous réserve que des
L’ESAG est enfin parvenue à réa-
rom destiné à contenir toutes les moyens importants leur soient
liser par ses propres moyens et
informations utiles sur le génie. consentis pour consulter et
à faire diffuser en octobre 2002
dupliquer les documents,
la V1 du cédérom « Tout sur le
d’avoir instantanément accès à
génie », véritable mine d’infor-
des informations en ligne,
UN BILAN INTERMÉDIAIRE mations pour les sapeurs bien
constamment tenues à jour par
entendu, mais aussi pour tous
TRÈS ENCOURAGEANT QUI les DEP. Le cédérom « Tout sur
ceux ayant vocation à employer
le génie » est d’ores et déjà
NE DOIT POURTANT PAS le génie ou à mener des études
disponible sur le site ESAG
le concernant.
MASQUER CERTAINES DIF- d’INTRATERRE.

FICULTÉS Pourtant, des difficultés subsis-


tent qui, si l’on n’y prend pas
À la fin de l’année 2003, l’ESAG garde, risquent d’occasionner
aura produit une vingtaine de de sérieux désagréments voire
manuels d’emploi, deux de créer des situations à risque.
manuels de mise en œuvre Il s’agit principalement :
(GEN 301/TTA 705 sur les explo- • de la trop grande profusion ;
sifs ; GEN 420/TTA 751 sur la
navigation) et quatre mémentos. • de l’inadéquation du plan de
Elle aura par ailleurs procédé à classement de la documenta-
une révision de huit TTA anciens tion dans l’armée de terre,
(701, 704 bis, 714, 721, 725, 726, proposé par le TTA 125 ;
727, 728), débouchant tantôt sur Concernant la simplification de
• des rythmes très différents de sa documentation, le génie
diffusion et de mise à devra envisager à terme de limi-
jour des GEN (et des ter le nombre de ses GEN en cer-
TTA) résultant de la nant mieux leurs contours (GEN
dichotomie actuelle 100 « Concept et doctrine d’em-
(papier - cédérom), ploi du génie » - GEN 200
avec le risque de dis- « Emploi des modules du
poser à un instant génie » - GEN 300 « Dictionnaire
« T » d’informations des techniques du génie » - …).
contradictoires selon
que l’on consulte un Les documents actuels pourront
document papier ou constituer des fascicules de ces
un cédérom. GEN et être parfois inclus dans
des sections plus larges (Par

- 19 -
S A P E U R

exemple, le GEN 200 pourrait Ce processus devra nécessaire- C’est bien au CDES ou à son suc-
comporter 6 sections : COMBAT, ment s’inscrire dans une démar- cesseur qu’il appartient d’enga-
MINAGE, DÉMINAGE, FRANCHT, che globale « armée de terre » ger résolument et très rapide-
OT, AAD. L’actuel manuel d’em- visant à redéfinir l’architecture ment cet effort.
ploi de la section équipement de d’ensemble de la documenta-
plage deviendrait le fascicule 8 tion.
de la section I de ce GEN).

- 20 -
S A P E U R

Lt-Colonel La compagnie de contre-


Michel
GOURDIN minage de l’armée de terre
Today, the 6th countermining company of the 1st engineer regiment
regroups all the mechanical mine-clearance means available to the
French Army. It has now achieved the material stability and collective
Le Lieutenant-colonel GOURDIN training level required to be a party, not only to combined training
est issu de la promotion exercises, but also to projections on the various overseas theatres.
« Lieutenant Bernard Delattre de The operational fielding of its equipment is based on the assurance
Tassigny » (1984-1985) de to constitute deployable modules having resources that will guaran-
l’Ecole Militaire Interarmes.
tee their operational capability with regard to the missions that were
assigned to them.
Il a servi aux 3 e et 32 e RG dans
les fonctions de chef de section,
d’officier adjoint et de comman- Le principe de modularité sur A cet effet, tirant les enseigne-
dant d’unité. lequel repose la constitution de ments de ses engagements en
nos unités interarmes impose opérations extérieures, en parti-
Sorti du CID en 1996 après culier celui du Golfe en 1991,
au commandement de maîtriser
une scolarité de l’EMS2 au l’armée de terre a, dès cette
Cours Supérieur des Systèmes les capacités des moyens spé-
date, décidé d’accroître sa capa-
d’Armes Terrestres (COSSAT), il cialisés susceptibles d’être reçus
cité de déminage en dévelop-
est aujourd’hui officier de pro- en renforcement, afin d’optimi- pant ses moyens propres de
gramme des domaines franchis- ser les conditions de réussite de déminage mécanique.
sement et contre-minage à la la mission dès la constitution de
Section Technique de l’Armée la force. Cette dernière doit en Pour répondre à ce besoin, le
de Terre. particulier disposer de moyens génie devait se doter :
génie aptes à lui fournir un
• de moyens d’ouverture d’iti-
appui direct au combat ou un néraires au profit des forces
appui général par moyens spé- de 1er ou 2e échelon ou adap-
cialisés, le plus souvent mis à sa tés à une phase post-conflic-
disposition par la brigade du tuelle tout aussi risquée,
génie. Ces renforcements s’ins-
crivent dans le cadre de la fonc- • de moyens de rétablissement
de zones,
tion opérationnelle agencement
de l’espace terrestre « appui à la • de moyens de dégagement
mobilité ou à la contre-mobilité, d’unités engluées,
aide au déploiement ».
• de moyens de brèchage,
La menace constituée, sur un et prendre en compte les
théâtre d’opérations, par la pré- moyens d’acquisition du rensei-
sence de mines, munitions et gnement terrain indispensables
sous-munitions non explosées à la mise en œuvre la plus adap-
est bien connue et omnipré- tée de ces systèmes d’armes.
sente. Elle justifie le recours sys-
tématique, et dès la conception L’urgence du besoin a imposé à
de l’opération, aux moyens adé- l’époque de s’équiper de maté-
quats pour garantir la capacité riels immédiatement dispo-
des éléments engagés à faire nibles ne couvrant pas forcé-
face à ce danger. Ces moyens ment de manière satisfaisante la
totalité des besoins mais per-
assurent la liberté d’action du
mettant d’acquérir à tous les
commandant de la force inter-
niveaux (conception, mise en
armes déployée et la sécurité du œuvre, exécution) l’expérience
personnel et des moyens lors nécessaire à l’élaboration de
des stationnements ou des mou- nos moyens futurs, dont fera
vements imposés par la mis- partie le système de déminage
sion. rapproché (SYDERA).

- 21 -
S A P E U R

6 e COMPAGNIE DE CONTRE- • 2 sections de déminage lourd commandable équipé :


MINAGE - LES STRUCTURES équipées du char démineur
• de rouleaux et d’un généra-
sur châssis AMX 30 B2 ;
teur de champ magnétique,
Créée le 1 e r juillet 1998, la • 2 sections de déminage de chargé d’assurer la détection
6e compagnie de contre-minage zone armées du MADEZ ; des premières mines de la
du 1 e r régiment du génie zone d’obstacles pour le
regroupe à ce jour l’ensemble • 2 sections d’ouverture d’itiné-
groupe détection ;
des moyens de déminage méca- raire miné dotées du SOU-
nique dont dispose l’armée de VIM. • de charrues et de baliseurs
terre. Elle a désormais acquis la automatiques, capables de
stabilité matérielle et le niveau L’emploi de ces moyens est res- réaliser des couloirs dans les
d’instruction collective requis pectivement détaillé dans les zones de mines pour chacun
pour être partie prenante des manuels spécifiques GEN 140, des deux groupes de démi-
exercices d’entraînement GEN 141 et GEN 142. nage.
interarmes menés par les bri-
gades. Le recours à ce type de Dans le cadre de l’appui à la
renforcements dans le cadre de mobilité des forces, elle est en
LA SECTION DE DÉMINAGE
ces exercices doit maintenant se mesure de participer à la mis-
LOURD sion de brèchage d’un groupe-
systématiser et se concrétiser en
opérations. ment tactique interarmes en réa-
La guerre du Golfe a entraîné la
lisant à une vitesse optimale de
réalisation en urgence au début
La compagnie n’a pas vocation à 5 km/h, de jour comme de nuit,
de l'année 1991 de cinq chars
être engagée de manière orga- 2 couloirs dans une zone d’obs-
AMX 30 B démineurs, télécom-
nique mais doit être en mesure : tacles réalisée par un ennemi
mandés et équipés de rouleaux
installé en défensive. Elle ren-
• d’infirmer ou confirmer les de fabrication soviétique. En
force dans ce cas l’élément du
reconnaissances préalables à 1993, devenus obsolètes, l'EMAT
génie intégré à l’échelon de rup-
l’engagement des moyens a décidé de les remplacer en ture qui assure, après le passage
dont elle dispose sur le ou les dotant l'armée de terre d'une du char démineur, l'élimination
chantiers envisagés (effort capacité de déminage à base de des mines résiduelles visibles
sur les reconnaissances et chars AMX 30 B2 équipés d'une dans les traces et sur les mer-
l’armement de détachements gamme plus large d'outils. lons latéraux.
de liaison spécialisés) ; En mars 2002, le CEMAT a pro-
noncé la mise en service opéra- Elle peut être également utilisée
• d’organiser les chantiers tionnel (MSO) de l’AMX 30 B2 DT.
dans les limites d’emploi des pour détecter ou réduire des
engins ; zones minées ou, à certaines
Indissociable, la section de conditions, pour réaliser des
• d’armer le soutien spécifique déminage lourd possède ses ouvertures d’itinéraires.
pour ses systèmes d’armes. moyens propres de transport et
de soutien (ELI spécifique inté- Ces derniers emplois rentrent
La compagnie est organisée en gré) et est composée principale- dans le cadre des missions d’as-
modules projetables type IM ment de trois groupes équipés sistance « aider à la reconstruc-
10000 autour de : chacun d’un AMX 30 B2 télé- tion et à la vie de la cité » ou
« participer à une aide humani-
taire » décrites dans le manuel
d’emploi du GTIA à dominante
infanterie (INF 223).

Evolutions attendues

Les travaux engagés concernent


l’amélioration de la poussée et
de la protection du char, l’aug-
mentation de l’efficacité des
rouleaux face aux mines AC à
allumeurs ponctuels, le rempla-
cement de DEMETER par le sys-
tème DEDALE afin de leurrer les
mines à influence, la transfor-
mation de la télécommande à
vue par de la vidéo-téléopéra-
tion jusqu’à 2 000 m, ainsi que
Char AMX
l’intégration d’un module de

- 22 -
S A P E U R

localisation et de navigation des Après reconnaissance, sur un La section MADEZ peut égale-
chars dans le VAB de téléopéra- terrain plat et dégagé, toute ment participer aux missions de
tion. Toutes ces améliorations, unité, renforcée d’une section vérification de non-pollution et
dont certaines ont déjà débuté, MADEZ, peut déminer en de réduction de zones suspectes
seront effectives à partir de l’an- moyenne 2 hectares par jour. dans le but :
née 2005. Cette opération inclut le ramas-
sage des débris ainsi que le mar- • d’aider au déploiement de la
Outre le fait que la vidéo-télé- quage de la zone déminée. force (zone d’implantation de
opération répondra à un besoin troupe, de bases logistiques
et apportera une nette améliora- Les 2 sections de la compagnie ou de postes de commande-
tion en matière de sécurité, il sont articulées en 2 groupes de ment, …) ;
s’agira également pour le Génie 2 MADEZ. Le groupe constitue la
• de contribuer à la réhabilita-
de valider la fonction de téléopé- cellule minimale projetable. Il
tion des infrastructures de
ration d’un système composé de dispose de moyens propres de
plusieurs mobiles évoluant sur transport et d’un élément de théâtre (aérodromes, aéro-
le terrain, comme ce sera le cas soutien spécifique. ports, …) ;
pour SYDERA. • de participer à la réorganisa-
La conduite d’un chantier de tion de la vie quotidienne en
déminage de zone nécessite : déminant les zones représen-
LA SECTION DE DÉMINAGE • une reconnaissance tech- tant un grave danger.
DE ZONE nique poussée permettant de
déterminer le type de mines, Evolutions attendues
Suite à des essais menés en la profondeur de pose, la
1992, il a été décidé d’acquérir nature prédominante du ter-
Des essais pour améliorer l’effi-
en 1994 le JFSU (Joint Service rain, l’itinéraire à emprunter,
cacité du fléau face aux mines
Flail Unit). Les systèmes ont été les zones peu propices à
antipersonnel vont être menés
livrés en 1995. En mars 2002, le l’emploi ;
au cours du 1er semestre 2003.
CEMAT a prononcé la MSO du • la réalisation du déminage de
MADEZ. zone proprement dit ; L'expérience montre que le
MADEZ n'est pas capable, en
raison notamment de son
encombrement, de déminer
dans toutes les configurations
de terrain.

Ainsi, par exemple, il éprouve


de grandes difficultés à traiter
un mouvement prononcé de ter-
rain (fossé, talus, merlon, …) ou
une zone proche d'un obstacle
(maison, poteau, arbre, …). Il est
donc nécessaire de disposer
d'un système capable de com-
pléter l'action du MADEZ en
déminant les mines antiperson-
nel dans les zones où celui-ci ne
peut agir efficacement. Ce sys-
tème, composé de différents
MADEZ outils adaptés au terrain, est
dénommé « kit de déminage »
(KDEM).
La section de déminage de zone
est conçue pour participer à la • le ratissage de la zone traitée L’utilisation du MADEZ en opé-
dépollution rapide de surfaces par les MADEZ à l'issue rations extérieures a montré la
importantes, en 2e échelon ou en duquel les parties encore nécessité de ramasser les débris
zone arrière. Elle dispose pour actives des mines sont de mines laissés au sol après
ce faire du matériel aérotrans- détruites ; son passage. Le « collecteur de
portable de déminage de zone
• le déminage manuel éventuel résidus actifs de déminage »
(MADEZ), seul moyen méca-
des zones inaccessibles au (CORADE) est donc également
nique équipant l’armée de terre
MADEZ (fossés, merlons …). un engin complémentaire du
pour effectuer ces missions.
MADEZ.

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S A P E U R

A partir d’essais très satisfai- Lorsqu’elle est engagée, la sec- marqueurs de peinture ;
sants menés par la STAT sur un tion d’ouverture d’itinéraire
• 1 V é h i c u l e Tr a c t e u r d e
matériel de type agricole en miné fait partie d’un détache-
Remorques (VTR) à cabine
novembre 1999, le développe- ment d’ouverture d’axes com-
profilée et blindée, avec
ment d’un moyen spécifique est prenant :
2 panneaux détecteurs de
apparu inévitable.
• un élément interarmes d’un métaux tractant 3 remorques
volume défini en fonction du déclencheuses de mines ;
Il est prévu d’acquérir cinq niveau de la menace (généra-
KDEM et cinq CORADE pour le lement de l’ordre de 2 à 3 sec- Elle est employée sur des itiné-
début de l’année 2005. tions). raires dont la densité supposée
du minage est très faible (de
• un détachement génie d’ou- l’ordre de 3 à 4 points minés par
LA SECTION D’OUVERTURE verture d’itinéraire en appui centaine de kilomètres) et sur
D’ITINÉRAIRE de l’élément interarmes com- lesquels les mines susceptibles
posé de la section d’ouver- d’être rencontrées, détectables
Le besoin de disposer d'un sys- ture d’itinéraire miné et d’un ou non, possèdent un allumeur
tème d'ouverture d'itinéraire élément de génie combat en à pression. La section est en
miné a été exprimé en 1994, à la mesure d’intervenir sur l’iti- mesure de traiter 100 à 150 km
suite des opérations en Somalie. néraire en cas de rencontre d’axe par jour sur une largeur de
La décision d'acquérir le MMDS d’obstacles particuliers : obs- 3,05 m, à une vitesse de 20 km/h.
(Mobile Mine Detection System) tructions, abattis, destruc- Comme toutes les sections de la
a été prise en juin 1995. Les sys- tions, zones minées impor-
compagnie de contre-minage, la
tèmes ont été livrés à la fin du tantes. Ce dernier élément
section d’ouverture d’itinéraire
1er trimestre 1997. En novembre peut être supprimé lors de
miné assure elle-même son sou-
2002, l’interdiction d’emploi du l’escorte de convois logis-
tien spécifique.
SOUVIM qui avait été prononcée tiques sur des axes reconnus.
à titre préventif a été levée, ce
qui peut laisser envisager de L’action du SOUVIM est toute-
Evolutions attendues
prononcer la MSO au début de fois fortement contrainte par le
l’année 2004. profil de l’itinéraire et les carac-
L’expérimentation tactique de
téristiques techniques des
modules qui la composent. Une 1998 et la campagne d’essais
La section d’ouverture d’itiné- face à des mines réelles de 2000
raire miné est conçue pour sécu- étude exhaustive préalable de
l’itinéraire à ouvrir est donc pri- ont très tôt mis en évidence la
riser un itinéraire faiblement nécessité de procéder aux amé-
pollué par des mines antichar ou mordiale.
liorations suivantes, qui sont
antipersonnel, détectables et à
La section d’ouverture d’itiné- regroupées sous l’appellation
pression. Elle est indissociable
raire miné est dotée d’un sys- de SOUVIM 2 :
et peut assurer, sur de longues
distances, l’ouverture rapide tème SOUVIM comprenant : • élargir le spectre de la
d’itinéraires faiblement minés menace traitée (mines AC à
(minage de harcèlement) en • 1 Véhicule Détecteur de Mines action latérale, à influence
2e échelon ou en zone arrière (VDM) à cabine profilée et magnétique passive, à allu-
blindée, avec 2 panneaux meur à bascule ou de
des grandes unités (zone des
détecteurs de métaux et des contact) par détection ou
flux logistiques).
leurrage (DEDALE, IR). Les
essais DGA/STAT relatifs à
cette amélioration auront lieu
en avril 2004.
• mettre en place un système
de balisage (essais en avril
2004) ;
• améliorer la mobilité tactique
du système (essais au 2e tri-
mestre 2003)
• améliorer la furtivité mas-
sique des véhicules (essais
en avril 2004).

La STAT souhaite non seule-


ment que les études menées
dans le cadre du SOUVIM 2

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S A P E U R

aboutissent aux améliorations zone, de franchissement d’obs- brigades, etc.). Les procédures
attendues par la réalisation sur tacle miné et de désengluement. de travail dans ce contexte sont
la série en 2005, mais qu’elles Prévu pour être livré aux forces complexes et doivent être maî-
réflexions sur SYDERA dans les à l’horizon 2010, il traite toutes trisées dès le temps de paix.
fonctions du leurrage et de la les mines AC (enfouies, posées C’est pourquoi il est primordial
furtivité. ou dispersées), les mines AP et que l’emploi de ces systèmes
les munitions non explosées d’armes fasse l’objet d’un enga-
« Ne pas prévoir c’est déjà (UXO), avec un taux de réussite gement systématique dans le
gémir » (Léonard de Vinci) proche de 95 %. Il a fait l’objet cadre d’exercices interarmes.
d’un NST (Nato Staff Target)
Parallèlement aux travaux approuvé par les pays de l’OTAN En outre, l’élaboration perti-
d’amélioration menés sur les et pour lequel la France était nente des moyens futurs de
parcs actuels (SOUVIM, AMX 30 pays pilote. déminage ne peut s’affranchir
B2 DT, MADEZ) et aux projets d’une mise en œuvre poussée,
d’acquisition de nouveaux maté- Le 1er régiment du génie dispose voire extrême, des moyens en
riels disponibles sur étagères avec la 6e compagnie de contre- dotation sur des théâtres d’opé-
(KDEM, CORADE), l’armée de minage de moyens de déminage rations extérieures, même sous
terre a lancé en 1998 le projet mécanique en dotation unique couvert d’expérimentations. Ces
fédérateur SYDERA. dans l’armée de terre (MADEZ, actions contribueront de fait à
SOUVIM, AMX 30 démineurs). garantir le haut niveau d’entraî-
SYDERA est un futur système de En cas d’engagement, il a voca- nement et d’acquisition d’expé-
contre-minage capable de rem- tion à donner tout ou partie de rience indispensable à une
plir les missions d’ouverture ses moyens en renforcement au armée professionnelle.
d’itinéraire, de dépollution de profit d’unités interarmes (GTIA,

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S A P E U R

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S A P E U R

Génie et zone
urbaine

Le génie et le combat en zone urbaine ...................................................................................................... GAL BEZACIER ............ 29

La B.S.P.P. : unité spécialisée dans la zone urbaine ................................................................................ GAL DEBARNOT ........ 37

Aide au déploiement dans les villes .............................................................................................................. GAL CHINOUILH ........ 43

Ouvrir la route .......................................................................................................................................................................... COL VERNOUX ............ 47

La composante combat du génie en zone urbaine .................................................................... COL DESTRIBATS ...... 49

Les officiers du génie, des experts indispensables .................................................................... LCL MARTIN .................... 53

Enjeux urbains : intégrer les fondamentaux permanents ................................................ M. PERNOT ...................... 57

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S A P E U R

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S A P E U R

Général Le génie et le combat en


Gérard
BEZACIER zone urbaine
The heavy tendency which will group together on the horizon 2005 more
than 80 % of the world population in cities underlines the importance
which will take the military operations in urban zone.
Diplômé de l’École nationale des
Ponts et chaussées (1985) et For the engineer corps, the defence, the siege and the storming of a city
diplômé de l’École supérieure are a tradition more than tercentenary. It wrote, of an indelible way, its
de guerre (1986), il a exercé les most heroic feats of arms in the French and European landscape.
fonctions de responsable de la Today but even more tomorrow, the irony of the history seeks again the
prospective technico-opération- three components of the engineer corps as major actors, sided with the
nelle au Centre d’études tac- infantry and the cavalry, in the high intensity warfare and in the actions
tiques de l’état-major de l’armée of control of zone.
de terre (1991).
The soldier, the technician and the military engineer whom is the sapper
En 1992, il rejoint la délégation find to apply his art with intensity in the complexity of the urban envi-
aux affaires stratégiques où il ronment: construction and destruction, pollution of any orders, fires,
est chargé d’études sur la protection and obstacles, fights with short reach and presence of the
construction européenne et les populations
relations franco-allemandes.
« Pour la défense de Stalingrad, INTRODUCTION
En 1993 il prend le commande- ce qui nous a été absolument
ment du 13 e régiment du génie à nécessaire était de considérer Depuis la guerre de Troie,
Trèves (Allemagne) puis du que chaque maison où nous Gergovie et Alésia, en passant
bataillon du génie de Bosnie- avions au moins un soldat deve- par la motte féodale, l’impor-
Herzégovine qui participa au nait une forteresse contre l’en- tance des zones urbaines est un
désenclavement de la ville de nemi. Pour mener à bien cette fondamental de l’histoire mili-
Sarajevo (juin - novembre 1995) mission, il a fallu que chaque taire. Pour le génie dont l’action
avant de rejoindre le Collège soldat dans une cave, sous un débute avec le Maréchal de
interarmées de défense à Paris escalier soit capable de se battre VAUBAN et la guerre de siège,
où il enseigne la géopolitique et seul, de tenir seul et d’accomplir prendre ou défendre une cité est
la stratégie. les différentes tâches néces- une action traditionnelle. Trois
saires de son propre chef. Dans cents ans après la disparition du
En 1996, il est auditeur à le combat de rue, le soldat est maréchal, par un hasard dont
l’Institut des hautes études de à l’occasion son propre général. l’histoire nous réserve souvent
défense nationales et stagiaire Il a seulement besoin d’avoir la la surprise et l’ironie, la guerre
au Centre des hautes études bonne orientation et la confiance en zone urbaine - au moins les
militaires. Il commande ensuite
des généraux ». opérations militaires en zone
le centre d’études et de prospec-
Maréchal Vasili I Chuikov urbaine - redevient d’actualité.
tive de l’armée de terre.
" la bataille de Stalingrad "
Nommé général en 2000, il
prend les fonctions de sous-chef
d’état-major, chef de la divi-
sion soutien auprès du général
gouverneur militaire de Metz,
commandant la région terre
Nord-est, commandant les for-
ces françaises et l’élément civil
stationné en Allemagne.

Il est depuis le 25 août 2001


commandant de l’École supé-
rieure et d’application du génie,
délégué militaire départemental
de Maine-et-Loire et comman-
dant d’armes de la place
d’Angers.

- 29 -
S A P E U R

Comme ce qui est observable


est aussi, désormais, vulnérable
aux feux divers existants, le pro-
blème stratégique et tactique
militaire majeur lié à la discré-
tion, à la survivabilité et à la sur-
prise, est posé.

Or, si tout est observable, il


existe encore des milieux où
tout n’est pas facilement discer-
nable et identifiable : ce sont,
mis à part les secteurs monta-
gneux, les zones urbaines.

Voilà pourquoi, au-delà de l’im-


Toutes les époques depuis la Mitrovica et Pristina, Grozny,
portance politique, économique,
plus haute antiquité ont consi- Kaboul, la liste récente est médiatique et humaine de la
déré les villes comme des longue et le démontre avec ville, la guerre en zone urbaine
centres de gravité : lieu où force, sans parler de Belfast, de deviendra de plus en plus une
vivent les hommes, départ et Jérusalem, Génine, Gaza, aujour- nécessité tactique et opérative.
arrivée des systèmes de trans- d’hui Bagdad ou Bassorah. D’ailleurs, l’autre considération
port (terre, air, mer), siège des suivante, concernant l’asymé-
gouvernements locaux et/ou Pour ce qui concerne la guerre, trie (1) des conflits d’aujourd’hui
centraux, sources d’énergie, au sens classique du terme, si et de demain, souligne pour les
centres bancaires et industriels, tant est qu’elle puisse encore adversaires potentiels des
centres de recueil, de stockage réellement se dérouler, qu’en armées occidentales, l’intérêt de
et d’émission de l’information, est-il ? l’usage de ces théâtres d’opéra-
nœuds de communication. tions qui, par leur nature, ont
Eu égard à l’immense capacité tendance à annuler les avan-
Toutes les études et simulations des moyens de recueil et de tages techniques : diminution
statistiques récentes prédisent transmission des informations, des capacités d’acquisition, de
qu’en 2025, près de 85 % de la on peut facilement s’accorder communication, de feux, de sur-
population mondiale résidera sur la proposition suivante : tout prise ; augmentation du risque
dans les villes. C’est pourquoi est observable, n’importe où et des pertes humaines, des
cette tendance lourde qu’est n’importe quand, avec une pré- risques politiques et juridiques
l’urbanisation croissante du cision quasi diabolique (à l’ex- connexes à la présence des
monde, ne peut que corres- ception fragile, encore, des pro- populations, des coûts logis-
pondre à une probabilité accrue fondeurs marines ou terrestres). tiques et humanitaires, etc …
des opérations militaires en
zone urbaine. D’autant que cette
forte urbanisation caractérise
principalement les régions
instables du monde. D’ailleurs,
la ville elle-même est une source
importante de conflits : émer-
gences des idéologies radicales,
cosmopolitisme et les frictions
ethniques et religieuses qui l’ac-
compagnent, crises sociales de
tous ordres ; le tout sous l’œil
direct des médias dont l’impor-
tance et la fragilité ne sont plus
à souligner. Voilà autant de rai-
sons qui déterminent l’impor-
tance politique de ces zones
dans lesquelles toutes les
actions autres que la guerre ont
vocation à être conduites :
Beyrouth, Mogadiscio, Sarajevo,

1) «David mis prestement la main dans son sac, y prit une pierre, la lança avec la fronde et frappa le Philistin au front.
La pierre s’enfonça dans son front et il tomba la face contre terre» (La Bible, premier livre de Samuel, chapitre 17, verset 49)

- 30 -
S A P E U R

Compte-tenu des principaux C’est bien de ces deux effets meilleur champ des actions asy-
paramètres qui caractérisent la qu’il conviendra de se protéger. métriques contre nos forces. La
zone urbaine et qui y densité des constructions et la
« norment », influencent et De même, dans ces zones, avant présence incontournable des
façonnent le combat et les toute attaque directe d’un adver- populations offrent un panel
autres modes d’action mili- saire, s’imposera, le plus sou- très diversifié d’actions directes
taires, l’importance de l’appui vent, la nécessité de détruire les et indirectes, à l’ombre de la
génie aux combattants de l’in- dispositifs de protection et tout contrainte majeure de la mino-
fanterie, acteurs essentiels de ou partie de l’infrastructure qui ration des dommages collaté-
ces confrontations, doit être en tiendra lieu. Dans le même raux et des pertes subies par les
soulignée notamment dans la ordre d’idée, c’est bien dans les civils. Cette présence de la
perspective de la très large villes et les villages que les pos- population, qui ne peut plus être
synergie de ses trois compo- sibilités d’obstacles, à partir de évitée, impose des actions spé-
santes : combat, infrastructure toutes sortes de matériaux, cifiques destinées à assurer au
et sécurité. véhicules ou autres, sont les mieux sa sécurité et sa survie
plus nombreuses ; à cet égard, dans des conditions accep-
** les traditionnelles barricades tables, sous peine de perdre
parisiennes apparaissent sym- politiquement et juridiquement
Comme pour toute opération boliques. ce qui pourrait être gagné « mili-
militaire, quelle que soit la tairement ». Pensons toujours à
méthode de raisonnement, il Au-delà de la problématique des l’image de la petite fille vietna-
convient de mettre en évidence
obstacles, une règle absolue mienne, brûlée au napalm, cou-
les conséquences des caracté-
doit être prise en compte en per- rant nue, sans but mais apeurée,
ristiques spécifiques des zones
manence pour la sécurité des sur une route et qui, bien plus
dans laquelle elle se déroule.
soldats et des opérations, celle que les divisions vietcongs, a
qui consiste à considérer que causé la défaite de la puissante
Sans vouloir se livrer à une ana-
tout est susceptible d’être piégé armée américaine. Conservons
lyse complète différenciant les
ou/et miné : chaque piège peut en mémoire les combats récents
secteurs urbains (centre, ban-
être la cause de lourdes pertes dans Grozny où 150 000 réfugiés
lieues de toutes natures, péri-
humaines, de grands désordres s’ajoutaient aux 450 000 habi-
phéries commerciales, etc …)
quelques règles bien spéci- et aussi de pertes de temps tants et où il y eut près de 50 000
fiques s’imposent avec force. importantes. A côté ou/et en civils tués ou blessés.
complément des pièges et des
D’abord, tiré de toutes les leçons mines, il conviendra par ailleurs Aux contraintes liées à la pré-
apprises des derniers conflits, de ne pas oublier les quantités sence des habitants s’ajouteront
des batailles historiques de munitions et de sous-muni- celles liées à la nécessité de pré-
(Stalingrad, Berlin, etc …), le fait tions délivrées par divers vec- server certaines infrastructures.
important est que moins de teurs, qui ne seront pas D’abord celles qui participent et
cinq pour cent des cibles sont à détruites. participeront au soutien général
plus de 100 mètres des positions des troupes et des populations
amies et que 90 % d’entre elles La ville se révèle aussi comme le mais aussi celles qui, par
se situent à moins de 50 mètres.
Cette seule constatation expli-
que bien que le combat en zone
urbaine est de proximité ; le
combat de l’infanterie y est donc
prédominant.

Compte tenu de la réalité des


villes qui sont par nature tridi-
mensionnées, le combat s’y
déroulera en surface, au-dessus
de la surface et en sous-terrain ;
plus généralement en dehors et
dans les bâtiments, parfois dans
les rivières, canaux ou autres
voies d’eau.

Dans ce cadre, il faut aussi souli-


gner que, plus qu’ailleurs, l’effet
des armes en ville est de deux
ordres : les éclats et le souffle.

- 31 -
S A P E U R

convention, seront protégées


ou/et qui, en considération des
us et coutumes locales, devront
politiquement l’être.

Il en est ainsi des infrastructures


liées aux communications
comme les aéroports, ports,
gares, carrefours et ponts auto-
routiers de première impor-
tance, des infrastructures utiles
comme les réseaux (et sources)
de distribution des fluides : eau,
gaz, électricité ; de même celles
liées aux services sanitaires et
médicaux, ou bien encore celles
dévolues aux différents cultes
religieux.

Dans cet esprit, il conviendra de


ne pas oublier l’importance banque de données permettant wagons, camions - et les lieux
« majeure » des moyens et infra- d’affiner les modes d’action de stockage, les réservoirs, les
structures de l’information tant nécessaires selon la réalité des aérodromes, les centres com-
pour conserver la possibilité effets obtenus, en fonction de la merciaux et les magasins divers,
d’informer les populations pré- nature des constructions, les laboratoires, les usines élec-
sentes et renforcer à leur égard comme des types de secteurs triques, les usines électro-
la légitimité des actions mili- urbains (ouverts, de grandes niques, les centres médicaux,
taires amies que pour informer hauteurs, anciens, etc …). les hôpitaux, etc…
et légitimer ces mêmes actions
vis-à-vis de l’opinion publique Partout dans le monde, selon les Cette analyse rapide de la zone
mondiale ; sans écarter l’intérêt conditions climatiques, les villes urbaine, zone privilégiée des
opérationnel sous tendu par la sont le théâtre privilégié de vio- combats futurs, souligne malgré
conduite d’opérations psycholo- lents incendies et des fumées son manque de précision et
giques pertinentes, vers l’en- qui les accompagnent. C’est un d’exhaustivité, combien l’appui
nemi bien sûr, mais surtout vers truisme de dire que les actions des trois composantes du génie
ses possibles soutiens. de guerre seront une source devient essentiel pour la victoire
active du déclenchement de ces militaire et politique.
Directement liées à l’efficacité sinistres. Au-delà des effets sur
les populations civiles s’ajoute- **
des combats, des données phy-
siques et géométriques liées ront les effets de cloisonnement, Sachant que pour mener à bien
aux formes et aux matériaux des de masque et d’isolement qu’il les combats il faut d’abord
infrastructures industrielles et faudra savoir contenir, anticiper, savoir se situer, évoluer et, le
des constructions devront être interdire, sans parler de l’obscu- cas échéant, utiliser un maxi-
reconnues et connues des com- rité, de la perte de visibilité mum de ressources existantes,
mandants et des soldats. Au- directe et des pollutions parfois on notera d’emblée que les spé-
delà des règles communes liées mortelles connexes. cificités de la zone urbanisée
à l’emploi des chars (tirées des sollicitent en permanence le
enseignements des batailles La prévention et la maîtrise de sapeur et notamment le sapeur
passées) et à la nécessité de leur ces phénomènes apparaîtront des composantes infrastructure
protection par l’infanterie, ou très vite de première impor- et sécurité ; le technicien et l’in-
bien de l’efficacité très diminuée tance. génieur militaire.
de l’artillerie lourde liée aux tra-
jectoires et aux « verticales Enfin et tout aussi dangereuses En effet, au-delà des faits
urbaines » comparée à l’intérêt seront les nombreuses occa- constatés, inhérents à la struc-
de l’emploi des mortiers et de sions de rencontrer des produits ture même des villes qui amoin-
leur appui au combat de l’infan- industriels, biologiques et chi- drissent voire annulent les capa-
terie, la connaissance de l’effet miques qui font désormais par- cités de localisation comme le
des armes devra être bien maî- tie intégrante des zones GPS par exemple, qui modifient
trisée. A cet égard, les arme- urbaines où ils sont stockés, trai- en permanence les données car-
ments actuels devraient être tes- tés et transportés. Les sources tographiques tant l’évolution
tés pour et dans les conditions actuelles sont multiples, depuis des constructions, bâtiments,
du combat en zone urbaine, afin les moyens de transport rues, avenues, ponts est perma-
de disposer d’une véritable - péniches, oléoducs, gazoducs, nente dans les villes du XXIIe

- 32 -
S A P E U R

siècle, l’expérience souligne taire qu’est le sapeur, s’ajoute permanence. Elle visera la
combien le besoin des connais- celle encore bien plus complexe recherche, la réquisition et l’en-
sances des infrastructures de qu’on pourrait nommer « de la cadrement de tous les agents
base des zones urbaines est cartographie résiduelle » des locaux capables de collaborer
grand. Il s’agira d’abord de la secteurs urbains, théâtres des directement pour le bon fonc-
connaissance des réseaux de combats ou/et des bombarde- tionnement, le rétablissement et
transport, routes, voies ferrées, ments divers. Cette tâche qui ne le maintien en état des sources
métros, ports, aérodromes ; du pourra être conduite que par les de production d’énergie et des
repérage et des informations sur experts de la composante infra- réseaux des différents fluides,
les caractéristiques techniques structure (pour lesquels une voire de renseigner pour la loca-
des réseaux des fluides (eaux, lourde et spécifique formation lisation des matériels d’obs-
gaz, électricité, carburant …) ; du devra être dispensée) pourra tacles, des matériaux néces-
repérage et des informations être menée à partir des photo- saires aux travaux de protection
techniques concernant les graphies aériennes, satellitaires, comme par exemple les lieux
industries, les sources de pro- des films obtenus par les d’extraction des sables, gra-
duction d’énergie, les émetteurs drones, des reconnaissances in viers, etc … Ces tâches seront
et relais de communication. Il situ parfois et sera le résultat complétées par les différentes
conviendra aussi de rassembler, des évaluations des sapeurs de coopérations, notamment celles
synthétiser selon les différentes la composante infrastructure avec les sapeurs des unités de
parties des villes et les types de (ingénieurs et architectes urba- sécurité civile (BSPP y compris)
construction, les natures d’urba- nistes) et des sapeurs de la com- pour tout ce qui concerne les
nisation – centre ville – secteur posante sécurité (de la BSPP actions de prévention et de
commercial – boulevard et circu- comme des UISC habitués à la dépollution, l’établissement des
laire périphérique – quartier confrontation aux dommages mesures de sécurité drastiques
résidentiel – zone industrielle et urbains dans le cadre normal de pour les soldats et pour la popu-
quartier type « la Défense » l’exécution de leur mission du lation, la prise en compte dans
(Paris) avec une forte densité temps de paix : catastrophes les différentes phases et sec-
d’immeubles de grande hauteur naturelles ou/et industrielles teurs de combat des contraintes
- les informations majeures, voire inondations, feux et diverses liées aux risques
celles déterminant les possibili- séismes). « technologiques » ou autres.
tés de manœuvre, de mobilité
ou/et de contre-mobilité, celles Dans le même ordre d’idée et A ce stade de la réflexion et de
portant sur la dangerosité des pour l’utilisation intelligente et l’étude des expériences récentes
sites en terme de pollutions optimale des ressources exis- et anciennes, s’impose donc,
« fugaces ou persistantes », tantes pour les opérations mili- dès le début de la préparation
celles tenant aux différents com- taires (pour le combat, dans le des reconnaissances, l’impor-
portements des structures aux cadre des limites définies par tance des interventions du
souffles, aux feux et bien sûr les conventions internationales) génie-infrastructure et sécurité,
aux effets des différents types comme pour le soutien des y compris pour la conception
d’armement et de munitions. troupes et des populations, une des actions de combat elles-
tâche importante ressortissant mêmes. Mais de plus, s’impo-
A cette tâche, ressortissant principalement aux sapeurs du sent aussi celles nécessaires à la
notamment à l’ingénieur mili- génie devra être assurée en conduite des combats-cloison-
nement des feux, des pollutions,
travaux lourds de protection et
de sécurisation des sites straté-
giques (PC, relais importants,
télévision, etc …) sans oublier,
dans le cadre des « civils
affairs » et des actions psycholo-
giques ou non, toutes les tâches
visant le bon contrôle et la sau-
vegarde des populations – éta-
blissements de zones protégées
pour les réfugiés, facilitation des
approvisionnements, etc …

**

Concernant directement le com-


bat, on notera qu’à l’appui du
génie-infrastructure et sécurité
développé précédemment,

- 33 -
S A P E U R

Enfin à l’issue de telles opéra-


tions, il sera toujours nécessaire
de procéder à la sécurisation
des zones conquises pour per-
mettre une utilisation ultérieure.

Par ailleurs, il est un milieu par-


ticulier de la zone urbaine qui
pourrait être quasi-totalement
réservé aux unités d’assaut du
génie, renforcées par des
équipes d’infanterie. Il s’agit du
combat sous la surface des
villes. Dans le cadre de ce com-
bat, les réseaux d’eau, d’égout,
etc … représentent un cas parti-
culier : les plongeurs du génie
peuvent en effet apporter une
plus value certaine aux capaci-
s’ajoutera une action du génie, Si on analyse précisément ces tés des forces terrestres impli-
celle de sa composante combat différentes phases, il apparaît quées. Evoluant par nature dans
qui ne peut pas, qui ne peut plus d’emblée la nécessité des tâches un milieu hostile - froid, humide
être considérée comme un du génie. et trouble - les plongeurs pré-
appui mais comme une véritable
sentent toutes les aptitudes
action de mêlée tant elle s’in- L’appui feu comprend la neutra- pour être les véritables spécia-
tègre, s’identifie et fait partie lisation et l’aveuglement des listes des réseaux sous terrains.
des actions conduites par l’in- tireurs ennemis protégés par Habitués à opérer de façon auto-
fanterie, le plus souvent. des matériaux et de l’infrastruc- nome en petits groupes, formés
ture qu’il faudra souvent aux techniques de la reconnais-
En effet, si on analyse simple- détruire : nécessité de créer des sance et aux savoir-faire spéci-
ment l’opération « de base » en brèches autour et dans les struc- fiques des sapeurs, leur action
zone urbaine, celle qui consiste tures cibles. peut recouvrir des domaines
à requérir et utiliser l’infanterie
multiples :
pour l’attaque et la réduction Les actions de mobilité y com-
des bâtiments, on ne peut pris au niveau infra section exi- • les reconnaissances s’éten-
qu’être convaincu de la néces- geront souvent l’intervention dant du domaine aérien au
sité du tandem infanterie/génie, d’équipes du génie pour ouvrir domaine souterrain, humide
dans des proportions variables (dépolluer sommairement) les ou non,
selon les circonstances. Celles-ci cheminements appropriés, créer • l’évaluation des risques,
pourront aller de l’équipe du les brèches – base d’assaut au
génie (2 sapeurs) intégrée dans meilleur coût. Les actions d’as- • l’appui à la mobilité par la
une section d’infanterie à la sec- saut peuvent en effet nécessiter création de cheminements, le
tion du génie par compagnie la création d’accès comme des balisage d’itinéraires en
d’infanterie, pour retrouver des trous dans les toitures (on sous-sol, le guidage d’unités,
combinaisons plus classiques attaque mieux du haut vers le • le déminage et la dépollution
au niveau des bataillons et des bas, depuis Newton !) pour en milieu aquatique,
brigades. accéder par surprise dans les
dispositifs ennemis. Parfois ces • l’appui à la contre mobilité
Force est de constater que la par la condamnation d’issues
principale mission de l’infante- actions nécessiteront une des-
ou la réalisation de destruc-
rie sera la conquête des truction par explosifs ou par des
tions,
immeubles. Cette conquête armes du type lance flamme qui
comprendra généralement les sont l’apanage des soldats du • l’appui d’actions menées par
cinq phases suivantes : un génie. En tout état de cause ces les forces spéciales (actions
appui-feu pour éliminer les actions devront comprendre, génie ou appui spécifique en
menaces par tirs directs, une quasiment en simultané, des milieu aquatique).
action de mobilité pour mettre tâches de déminage, de dépié-
en place des forces d’assaut, geage ; à tout le moins de repé- Il reste que l’on pressent bien
l’assaut et une tâche de réduc- rage immédiat des parties que ce cadre d’engagement
tion (nettoyage) des résistances comme les fenêtres ou les nécessite une adaptation des
éventuelles, l’ensemble suivi de portes qui pourraient être pro- formations suivies (2) actuelle-
la réorganisation de l’unité. bablement piégées. ment par les plongeurs de l’ar-

2) L’ESAG est le centre national de formation des plongeurs de l’armée de terre.

- 34 -
S A P E U R

mée de terre ainsi que la mise à Dans l’esprit d’un combat plus et à la cavalerie pour l’utilisa-
hauteur des équipements : les défensif, ou dans les phases tion, la réalisation des points
études sont actuellement en défensives qui ne manqueront les plus fortifiables ; l’établis-
cours. pas de caractériser des offen- sement d’aires de poser d’hé-
sives d’ampleur significative, licoptères sur les toitures les
Après cette vision presque l’action de valorisation des tra- plus adaptées (en terme de
« localisée » du combat en zone vaux du génie sera détermi- résistance des matériaux !) ;
urbaine, il convient de souligner nante pour « le formatage » de
• la préparation des positions
la spécificité globale de l’appui l’ennemi dans le temps et dans
du génie dans cet espace de d’armes lourdes, chars, mis-
l’espace, pour des effets de
bataille qui requiert un emploi siles et mortiers ;
canalisation, pour la préparation
intensif de toutes ses capacités. de zones de « destruction de • la conduite, le cas échéant,
Que ce soit en offensive ou en l’ennemi » etc … Là encore, les du combat d’infanterie.
défensive, le bon emploi du tâches dévolues aux combat-
génie pourra y être décisif. tants du génie seront variées et **
très souvent décisives :
Dans l’environnement général Si les opérations militaires en
du combat offensif, il reviendra • la réalisation des destruc-
zone urbaine ne sont pas nou-
toujours au génie de diminuer tions sélectives d’ouvrages et
velles, elles prennent et vont
les délais, de réduire les points de bâtiments, de routes ;
prendre dans les années pro-
de résistance protégés et de • la construction d’obstacles chaines une dimension particu-
sécuriser les zones utiles. Pour intégrés dans de véritables lière. Cette dimension provien-
cela, tout en ayant en perma- systèmes complexes ; ceux dra du fait absolument nouveau
nence le souci du maintien en destinés au formatage de de l’influence des villes sur la
condition des infrastructures l’ennemi, à sa canalisation, à nature, l’organisation et l’équi-
lourdes et nécessaires aux opé- son ralentissement voire à pement des forces terrestres et
rations (aérodromes, ports, son blocage. Mais aussi la peut-être aériennes.
gares, etc …), l’organisation et le totalité des obstacles inté-
positionnement des unités du grés aux « combats de sec- Le fait, désormais avéré et crois-
génie seront adaptés, selon les sant, de l’extension des villes et
teurs » visant l’ensemble des
cas, en fonction de la variété des des populations des zones poli-
cheminements verticaux au-
tâches à remplir : tiquement les plus instables de
dessus de la surface, comme
• la reconnaissance pour déter- les souterrains ; la planète, connexe à la discré-
miner les efforts et actions tion technique qu’offrent ces
• la mise en forme d’obstacles
nécessaires pour surpasser zones particulières, ne peut
de manœuvre destinés à l’ou-
les défenses ennemies, élimi- qu’entraîner des modifications
verture et à la fermeture des
ner les obstacles, identifier profondes dans la doctrine
voies de passage selon les
les bons cheminements (au- d’emploi des forces et certaine-
phases du combat avec ses
dessus du sol, au sol et en ment aussi dans les modes de
positions tenues et laissées
dessous du sol) ; règlement politique des conflits,
par alternance ;
• la réparation voire l’établisse- tout au long du large panel des
ment de pont (passerelle) • les conseils et les avis tech- modes opératoires militaires du
pour les approches critiques niques donnés à l’infanterie maintien de la paix aux inter-
et la création d’effets de sur-
prise ;
• l’ouverture d’obstacles à l’in-
térieur et à l’extérieur des
zones urbaines (l’action clas-
sique de siège reste une
opportunité militaire à ne pas
négliger) ;
• la participation aux actions
directes d’assaut ;
• la réduction des points forts
ennemis avec des équipe-
ments particuliers ;
• la préparation de zones de
poser d’hélicoptères ;
• les travaux de protection.

- 35 -
S A P E U R

ventions de coercition. Des forces terrestres, il n’est pas n’est que le début, peut-être,
réflexions doivent être menées interdit de penser que les rôles d’une nouvelle page de l’histoire
notamment sur la réalité des relatifs de nos différentes fonc- militaire, où le génie du
paramètres de la puissance mili- tions opérationnelles devront Maréchal de VAUBAN trouvera,
taire et sur la validité des paris être sérieusement expérimen- aux côtés de l’infanterie, une
fois encore l’occasion de se dis-
du « tout technologique » ! tés, évalués et certainement
tinguer et de servir.
rééquilibrés tout comme nos
En tout état de cause, concer- équipements et armements. La * *
nant plus prosaïquement nos fin des armées en campagne *

- 36 -
S A P E U R

Général
Jacques
La B.S.P.P. : unité spécialisée
DEBARNOT
dans la zone urbaine
The Paris fire Brigade is a unique military unit commanded by a
Brigadier although it is placed under the responsibility of a civil Fire
Admis en 1967 à l’école spéciale militaire de authority which is represented by the Paris Police and Fire
Saint-Cyr, en qualité de saint-cyrien, il choisit Commissioner. The size and the characteristics of its area of opera-
à la sortie l’arme du Génie. tion cover every type of risks likely to happen in France.
A l’issue du stage à l’école d’application du
Génie à ANGERS, il est affecté au 17e régiment It contributes efficiently to the safety of more than 6 million inhabi-
du génie aéroporté à CASTELSARRASIN, où il tants of Paris and its 3 surrounding boroughs by taking an active part
occupe un poste de chef de section de combat.
in the civil defence of the country.
En juin 1971, il rejoint le 1er régiment de hus-
sards parachutistes à TARBES, où il sert
comme chef de section de combat. Il effectue The Paris Fire Brigade is permanently adapting its operational readi-
une mission au TCHAD en tant qu’adjoint ness and updating its intervention doctrine towards dealing with
logistique du 6e régiment interarmes outre- ever-evolving diversified threats coming from domestic and techno-
mer.
logical risks not to mention terrorism.
Il rejoint en juillet 1974 le 17e régiment du
génie parachutiste.
Due to the distinctive characteristics of its area of responsibility, the
En septembre 1974, il est admis au cours du
diplôme technique à l’école supérieure du Brigade will attempt at its own level to foresee any danger which
génie militaire à VERSAILLES. Le diplôme could jeopardize the population in charge and to adapt its operatio-
technique lui est attribué le 1er avril 1976. nal solution to the new threat.
Affecté à la direction des travaux du génie de
POITIERS, il exerce l’emploi d’officier
d’études, puis celui de chef du bureau études La création du bataillon de croissement de la population,
au service technique. sapeurs-pompiers de Paris, les sapeurs-pompiers de Paris
En octobre 1979, il prend le commandement le 18 septembre 1811, par sont confrontés maintenant à
de la 11e compagnie d’instruction, puis en l’Empereur Napoléon I, a pour une forte concentration urbaine
juillet 1980 celui de la compagnie de comman- raison d’être majeure la défense et une imbrication industrielle et
dement et des services du 11e régiment du
génie à RASTATT (F.F.A.). En novembre 1981, de Paris contre le principal fléau institutionnelle propre non seu-
il prend les fonctions d’adjoint au chef du de cette époque : le feu. lement à Paris, mais aussi aux
bureau opérations-instruction. départements de la petite cou-
En septembre 1982, candidat au brevet tech- Accompagnant le développe- ronne.
nique, il rejoint la direction de l’enseignement ment de la capitale et l’appari-
militaire supérieur scientifique et technique, tion de nouveaux risques, le La brigade de sapeurs-pompiers
en tant qu’élève à l’école nationale des ponts
et chaussées à PARIS. bataillon devient régiment le de Paris (BSPP) est une grande
En septembre 1984, il est admis à la 98e pro- 1er janvier 1867, puis brigade le unité originale, tant par sa
motion de l’école supérieure de guerre à 1er mars 1967. Face à l’évolution subordination que par l’étendue
PARIS. Le brevet technique d’études militaires du tissu social, l’éclosion de et les caractéristiques de son
supérieures lui est attribué en juin 1985. nouvelles technologies et l’ac- secteur d’intervention qui
En février 1986, il occupe l’emploi de profes-
seur spécialisé au sein de la cellule relations
humaines de l’école supérieure de guerre.
Affecté en juin 1986 au 6e régiment du génie, il
prend les fonctions de chef du bureau emploi-
instruction.
Il rejoint en juillet 1988 les écoles de COETQUI-
DAN, où il prend le commandement de la pro-
motion de Saint-Cyriens 1988-1991.
Il prend le commandement du 71e régiment du
génie à OISSEL en septembre 1991.
En juillet 1993, il est affecté à la direction du
personnel militaire de l’armée de terre à
PARIS, où il est nommé chef du bureau génie.
Le 1er septembre 1999, il rejoint la direction
centrale du génie à VERSAILLES pour y exer-
cer les fonctions de directeur adjoint.
Le 1er juillet 2001, il est affecté à la brigade de
sapeurs-pompiers de Paris et en prend le com-
mandement.
Le général de brigade DEBARNOT Jacques est
officier de la Légion d’Honneur et officier dans
l’Ordre National du Mérite.

- 37 -
S A P E U R

l’autorité du préfet de Police, Ce secteur d’intervention pré-


une nouvelle zone d’action, sente un bassin de risques
Paris et les départements des importants ainsi qu’un réservoir
Hauts-de-Seine, de la Seine- de victimes potentielles impres-
Saint-Denis et du Val-de-Marne. sionnant. Aux 6,5 millions d’ha-
Le préfet de police étant égale- bitants doivent être ajoutés éga-
ment le préfet de la zone de lement près de 2 millions de
défense de Paris. franciliens qui transitent chaque
jour par Paris et quelques
Un arrêté du ministre de 25 millions de touristes par an.
l’Intérieur en date du 1er février
1974 étend la zone de compé- La concentration de risques est
tence de la Brigade aux deux unique en France et en Europe,
plates formes aéroportuaires de due principalement à l’urbanisa-
Roissy Charles de Gaulle et tion variée, qui évolue au fur et à
d’Orly bien qu’elles soient mesure que l’on s’éloigne de
implantées pour partie sur cer- Paris, en devenant de moins en
tains départements de la grande moins dense. Un risque habita-
concentre quasiment tous les couronne. tion diversifié, les institutions de
types de risques rencontrés sur la France mais aussi un puissant
l’hexagone. Elle concourt effica- Zone de compétence interdépar- centre économique sont inté-
cement à la défense de plus de tementale englobant 124 com- grés dans le schéma interdépar-
six millions d’habitants, prenant munes réparties sur quatre temental d’analyse et de couver-
une part active à la sécurité départements, elle représente ture du risque.
civile du pays. plus de 750 km2 pour une popu-
lation s’élevant à environ 6,5 Tous les risques bâtimentaires
millions d’habitants, soit 10 % sont présents sur la zone de res-
Face à l’évolution des menaces
de la population française. ponsabilités de la brigade, de
qui recouvrent désormais un
large spectre, du risque domes-
tique au risque technologique
sans omettre celui du terro-
risme, la brigade de sapeurs-
pompiers de Paris n’a de cesse
d’adapter en permanence sa
capacité opérationnelle et de
faire évoluer ses concepts d’in-
tervention.

EVOLUANT DANS UN MILIEU


URBAIN SPECIFIQUE…
Si l’organisation opérationnelle
traditionnelle des secours en
France est au niveau de l’éche-
lon départemental, aux mains
d’un service départemental d’in-
cendie et de secours, celle de la
brigade est atypique puisqu’elle
est interdépartementale.

Suite à la réorganisation de la
région parisienne effectuée en
juillet 1964 créant une collecti-
vité territoriale à statut particu-
lier, la ville de Paris, et sept nou-
veaux départements, ceux de la
petite couronne (92 - 93 - 94) et
de la grande couronne (77 - 78 -
91 - 95), un décret du 22 février
1968 confère à la brigade de
sapeurs-pompiers de Paris, sous

- 38 -
S A P E U R

provinciaux, qui viennent cha- faite des administrations en


que jour travailler en région charge de la sécurité de la
parisienne, empruntent le région parisienne.
réseau RATP ou SNCF. La gare
du Nord est la première gare
d'Europe par son trafic de voya- LA BRIGADE PREND EN
geurs. COMPTE L’EVOLUTION DES
MENACES…
Le trafic aérien des trois aéro-
ports parisiens place Paris à la A l’instar des autres partenaires
troisième place aéroportuaire en de la sécurité intérieure, la sécu-
Europe continentale, derrière rité civile doit imaginer et se
Londres et Francfort. Il totalise préparer en permanence aux
69 millions de passagers pour menaces nouvelles susceptibles
708 000 mouvements d’avions de frapper le pays. En raison des
commerciaux. particularités de sa zone de res-
ponsabilité, la brigade tente, elle
Mais Paris est aussi la ville qui aussi, de prévoir, à son niveau,
possède la plus grande infra- toutes les formes de dangers qui
structure souterraine du monde. menacent les populations dont
elle a la charge et d’y adapter sa
Ainsi, Paris et la petite couronne réponse opérationnelle.
l’immeuble de grande hauteur forment la première conurbation
aux hôtels particuliers sans française. D’un département à La couverture opérationnelle
oublier les taudis squattés ou les l’autre, il est essentiel, pour en actuelle est basée sur le
villas cossues, de l’immeuble comprendre les réalités, de maillage de 77 centres de
Haussmannien aux cités dortoirs. prendre en compte les éléments secours. En règle générale, ils
qui ont présidé à leur façonnage, sont harmonieusement répartis
La spécificité du secteur en particulier leurs caractéris- sur l'ensemble des quatre
Brigade, c’est aussi la concen- tiques historiques et urbaines. départements et sont équipés
tration de très nombreuses insti- de moyens légers, rapides et
tutions. La Présidence de la Cette situation se traduit de polyvalents.
République, tous les ministères, manière complexe sur le plan de
l’Assemblée nationale, le Sénat, l’aménagement du territoire. Les menaces auxquelles sont
130 ambassades, 5 préfectures Les différents réseaux de com- confrontés les sapeurs-pom-
et 144 mairies. munication sont en permanence piers de Paris sont de trois
interdépendants. La gestion de ordres qu'il est possible de clas-
Si le pôle culturel est souvent ce vaste ensemble urbain ser en risques naturels, risques
mis en avant, il ne faut pas requiert des moyens considé- technologiques et risques mou-
perdre de vue que Paris et la rables et une coordination par- vants.
petite couronne sont également
un puissant centre économique
qui concentre 365 000 entre-
prises, soit l’équivalent de 25 %
de la richesse nationale.

Ce sont également 17 dépôts


pétroliers et le plus grand mar-
ché alimentaire d’Europe, le
Marché d’intérêt national (M.I.N.)
de Rungis, et le plus grand
centre de transit de transport
routier, Garonor.

Carrefour de nombreuses voies


de communication fluviale, rou-
tière, autoroutière et aérienne,
les déplacements à Paris génè-
rent un flux de personnes nul part
ailleurs en France comparable.

973 000 banlieusards et 110 000

- 39 -
S A P E U R

Parmi les risques naturels, la sent malheureusement le risque


survenue d’une crue centennale technologique a été accélérée
susceptible de noyer sous depuis le tragique accident du
quelques mètres d’eau une 14 septembre 2002 à Neuilly où
grande partie de la Capitale est cinq sapeurs-pompiers de Paris
actuellement au cœur de la sont morts au feu.
réflexion menée par le bureau
opérations, en concertation L’utilisation de nouveaux maté-
étroite avec la zone de défense. riaux de synthèse dans les
constructions, ainsi que l’amé-
Une catastrophe similaire à celle lioration de l’isolation des bâti-
de 1910 est à redouter et la BSPP ments, influent sur la manière
se prépare, au même titre que dont les feux se comportent
les autres services de la préfec-
dans les milieux clos ou semi-
ture de Police, à faire face aux
confinés. Une meilleure
conséquences d’une crue
majeure qui aurait de fortes connaissance de ces phéno-
répercussions sur le moral des mènes est prise en charge par le
Parisiens, mais aussi sur notre bureau études générales de la
couverture opérationnelle. brigade et débouchera prochai-
Certains centres de secours nement sur des évolutions
pourraient, en effet, être directe- notables, tant dans le domaine risque mouvant. Les risques
ment touchés par la montée des des matériels que dans celui du mouvants sont multiformes. Ils
eaux. processus opérationnel. sont donc les plus difficiles à
appréhender, depuis les grands
La prise en compte des acci- Mais les principales menaces rassemblements humains lors
dents thermiques qui caractéri- restent principalement liées au de manifestations, aux agita-
tions dans les banlieux ou aux
attentats. Celui du terrorisme est
le plus prégnant.

Depuis les attentats tragiques


des années 1986 et 1995, et afin
de mieux comprendre les
menaces et tirer parti des expé-
riences étrangères, la brigade
coopère également avec les ser-
vices de secours de nombreux
pays : Japon, Etats-Unis,
Royaume-Uni.

Par ailleurs, après avoir conclu,


en 1998, un accord de jumelage
avec la brigade de Pékin, en
république populaire de Chine,
elle a développé un accord
d’échange d’officiers avec la bri-
gade de sapeurs-pompiers de
Belfast, en Irlande du Nord, et a
accru ses relations avec les
pompiers des grandes capitales
européennes.

L’arme chimique, redoutée


depuis de nombreuses années
par certains experts, a été utili-
sée officiellement pour la pre-
mière fois dans un milieu non
militaire à des fins terroristes
contre la population dans le
métro de Tokyo. Une telle
menace ne devant pas être écar-
tée sur la région parisienne, la

- 40 -
S A P E U R

Dernièrement, la mise en place ment d’instruction (GINS) va


d’un dispositif opérationnel des- permettre de poursuivre la prise
tiné à faire face à une maladie en compte, lors de la formation,
infectieuse respiratoire grave de la prévention des accidents
venue du sud-est de l'Asie, le thermiques de type Backdraft ou
syndrome respiratoire aigu Flash Over. Disposer de locaux
sévère (SRAS), a démontré la qui permettront de reconstituer,
capacité de la Brigade à s’adap- en toute sécurité, tous les types
ter rapidement et efficacement à de feux domestiques dans un
une situation nouvelle, mou- grand nombre de configurations
vante et évolutive. (feu de cave, feu de chambre…)
consolidera la formation théo-
rique dispensée aussi bien au
centre d’instruction des recrues
ET CHERCHE A ADAPTER EN qu’au centre de formation des
PERMANENCE SES MOYENS cadres.
OPERATIONNELS
Dès le mois d’octobre 2000,
Décrypter et analyser les nou- un concept global intitulé « le
velles menaces ne peut suffire si sapeur-pompier : un système
des parades ou des ripostes effi- d’attaque » a été développé. Il a
brigade s’est efforcée de faire caces ne sont pas mises en pour objectif de définir le cadre
face à cette occurrence. A l'issue place pour lutter contre leurs d’emploi optimal pour le sapeur-
de la guerre du Golfe, en 1991, effets néfastes. Adaptant en per- pompier de Paris, dans un souci
un premier dispositif à base de manence la qualité de sa permanent de sécurité. A ce
chaînes de décontamination réponse opérationnelle, la bri- titre, plusieurs études et essais
avait été mis en place dans les gade de sapeurs-pompiers de de matériels ont été lancés.
centres de secours. Depuis, les Paris, soucieuse de la sécurité Certains sont terminés et
évènements japonais de mars de ses personnels, fait évoluer d'autres sont encore en cours
1995 ont permis à la brigade, aussi bien les concepts que les actuellement.
avec l’aide du secrétariat géné- matériels.
ral de la défense nationale, d’or- Ainsi, la mise en service, de la
ganiser un dispositif encore plus Formation, sécurité du person- nouvelle tenue d’intervention
efficace, tout en l’intégrant dans le nel et processus opérationnel textile est effective au sein du
plan national Piratox. sont les trois volets majeurs des 1er groupement d’incendie. Les
études intéressant l’activité opé- deux autres groupements d’in-
Plus récemment, suite aux atten- rationnelle. cendie seront équipés d’ici la fin
tats terroristes du 11 septembre de l'année 2004. La nouvelle
Dans le domaine de la forma-
2001 sur le sol américain, Paris, tenue ne se résume pas aux
tion, la mise en fonction pro-
et aussi les départements de la seuls survêtements de protec-
chaine des « maisons du feu et
petite couronne, ont été les vic- tion (haut et bas), elle comporte
de la manœuvre » au groupe-
times d’une menace d’un nou-
veau type, celle d’enveloppes
susceptibles de contenir des
agents biologiques, plus parti-
culièrement celui de l’Anthrax.

Cette menace jamais matériali-


sée auparavant avec un vecteur
de ce type a nécessité une
réponse rapide, fiable, cohé-
rente et rapide à mettre en
place.

Défini conjointement par le ser-


vice de santé de la Brigade, le
bureau opérations et les spécia-
listes du risque NRBC, un
concept opérationnel a rapide-
ment été mis en place pour faire
face à l’émergence de cette nou-
velle menace.

- 41 -
S A P E U R

chantier de construction du tun-


nel de l’A 86 survenu à Rueil
Malmaison en mars 2002 a été
analysé. La mise en place d’un
nouveau concept opérationnel
de reconnaissances en milieu
souterrain inaccessible à nos
véhicules de secours en sera
l’illustration.

CONCLUSION

Formation forte de près de 7500


hommes et femmes, la brigade
de sapeurs-pompiers de Paris
est le fruit de l’évolution du
bataillon et du régiment qui ont
également dû faire preuve d’in-
également une cagoule, de nou- particulier lors des exercices de novation pour s’adapter aux
veaux gants, un nouveau ceintu- franchissement. Au cours de mutations de la société et à
ron d’incendie et de nouvelles l'année 2003 seront également l’évolution du paysage urbain.
bottes qui seront mises en ser- conduits des essais de matériels
La sollicitation est intense avec
vice dans un futur proche. portant sur l’emploi de ventila-
plus de 426 000 interventions en
Cette refonte complète de notre teurs haut débit dans le cadre
2002, soit près de 1200 par jour.
système de protection s’accom- d’un concept opérationnel d’em-
pagnera d’essais physiolo- ploi de la ventilation en surpres-
giques en collaboration avec un sion sur feu. D'autres sont En digne héritière, la Brigade ne
laboratoire de la Délégation encore prévus et destinés à reste jamais immobile. Elle sait
Générale pour l’armement, au l’amélioration des performances se remettre en question pour
centre d’études du Bouchet de lances à incendie, voire à coller aux réalités de la situation
dans l’Essonne. Ils auront pour l’adoption d’une nouvelle lance- socio-économique tout en main-
but de définir les capacités opé- canon. tenant à un haut niveau le
rationnelles des intervenants savoir-faire des ses personnels.
sous forme de temps maximum A terme, certains règlements Mutation technique, évolution
d’intervention, de temps de opérationnels comme le devoir des concepts opérationnels,
récupération, de période de du porte-lance et la Marche meilleure connaissance des
relève et de matériels de réserve Générale des Opérations (MGO) risques professionnels et du
respiratoire à mettre en place. seront refondus pour garantir la milieu urbain, que de chemin
Ces essais seront validés en meilleure sécurité des sapeurs- parcouru depuis notre création.
2004 lors d’exercices sur feux pompiers.
réels dans les « maisons du feu Si en 1811, la lutte contre l’in-
et de la manœuvre » du GINS. Mais l’adaptation permanente cendie était sa principale mis-
de la réponse opérationnelle ne sion, le spectre de ses interven-
Le développement d’un nou- peut se faire si le retour d’expé- tions s’est largement ouvert
veau concept de conduite, de rience n’a pas toute sa place au pour couvrir maintenant les
reconnaissance et d’extinction sein de notre réflexion. Formali- risques naturels, technolo-
d’un feu est également en cours. ser une véritable culture de
giques ou mouvants. Soldats du
Cela se traduit notamment par retour d’expérience à la Brigade
feu, les sapeurs-pompiers de
une expérimentation technique est du ressort de son bureau
Paris le sont toujours, mais ils
sur les détecteurs d’immobilité, études générales où un officier
sont également devenus des
un système de gestion des aura pour charge de collecter
reconnaissances, un système de professionnels du risque que
tous les enseignements dans le
transmission radio et vidéo domaine opérationnel. Ils se tra- représente une ville moderne.
entre les explorateurs et le duiront par des notes d’informa-
milieu extérieur mais aussi par tion opérationnelle et par des
la création d’un officier de sécu- études de cas présentés devant
rité, notion déjà existante dans les cadres de la Brigade au cours
les pays anglo-saxons et reprise de journées RETEX. Ils se
au niveau national. concrétiseront par des évolu-
tions des réglementations opé-
Cette notion est également très rationnelles et des matériels.
bien connue dans le Génie, en C'est ainsi que l’incendie du

- 42 -
S A P E U R

Général Aide au déploiement


Jean-Loup
CHINOUILH dans les villes
For tactical reasons, our forces may have to install themselves for a
long form stay in an urbanized terrain. As for the sappers, tackling
with such a mission means providing secured shelters for the troops
Le général de brigade Jean- and the logistics assets and also answering the typical needs of such
Loup CHINOUILH commande forces in matter of protection.
la brigade du génie depuis août
2001. Deploying troops in an urbanized terrain means coping with the par-
tition and narrowness of urban terrain, together with the intermin-
Entré à Saint-Cyr en 1969, il gling of civilian populations and warring factions. Committed units
sert comme chef de section au must also have from the beginning a good knowledge of the sewage
13 e r é g i m e n t d u g é n i e e t and underground communication systems. In order to assess the
commandant d'unité au 17 e régi- situation at its accurate level, French sappers will at first commit
ment du génie parachutiste, où their liaison and recce parties which will deliver as soon as possible
il revient en 1988 au poste de the first estimates. The first tasks of the engineer units will then
chef du bureau opérations-ins- consist in providing the essential force protection at this step of the
truction. deployment.

Il est chef de corps du 6 e régi- They will later on provide both the force and the population with
ment du génie de 1994 à 1997. electrical power and water supply, if required.

It is a mission for the engineer workforce to repair or refurbish the


main distribution systems. The local sources will bring their contri-
bution as a matter of means and personnel and, if needed, reserve
personnel will be called in.

To perform this mission, the French army nowadays relies on 6 spe-


cialized companies of the 1st and 2nd Engineers Regiments.

At a full combat strength, they are able to deliver a daily power sup-
ply to 15 000 soldiers and to purify enough water for 50 000 people.

Pour des raisons tactiques, une protection. Enfin le succès de


partie des forces engagées dans l’opération dans la durée,
une opération militaire peut être demande des conditions de vie
amenée à s’installer dans la et de travail satisfaisantes.
durée en zone urbaine. Cette
situation mérite une réflexion Tout en donnant priorité aux
approfondie en raison de ses composantes de la force d’inter-
particularités. vention, cette mission d’aide au
déploiement inclut parfois la
De façon générale, l’aide au prise en charge de prisonniers et
déploiement est une des mis- un soutien apporté à la popula-
sions principales du génie en tion locale et aux réfugiés.
début d’engagement. Il s’agit de
participer à l’installation de la
force sur le théâtre afin qu’elle INSTALLER DES TROUPES
puisse y vivre et agir. EN ZONE URBAINE

Le besoin d’infrastructure existe La création et le rétablissement


pour le personnel, mais aussi d’infrastructures se heurtent
pour les véhicules et moyens de aux problèmes de cloisonne-
combat, ainsi que pour les équi- ment et d’exiguïté des espaces
pements et stocks nécessaires à urbains, qui laissent rarement
la logistique. L’insécurité, tou- assez de place pour s’installer et
jours réelle, impose des de recul pour combattre. Ceci
est d’autant plus pénalisant que
mesures de sauvegarde et de

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les parties en présence (amis, • mise en sûreté des emprises • participation à la réalisation
ennemis, population plus ou face aux intrusions, par des de camps de réfugiés :
moins neutre) sont souvent obstacles passifs : Initialement, rechercher en périphérie les
imbriquées. De plus, une forte réseau de concertina ou de stades ou campus universi-
concentration accroît la menace barbelés, puis mur ou merlon taires bénéficiant déjà de clô-
d’attentats meurtriers comme d’enceinte avec éclairage. ture extérieure et d’installa-
celui qui avait frappé l’im- tions sanitaires. La responsa-
meuble Drakkar, occupé par une • réparation et adaptation des
bilité des camps incombe à
compagnie de parachutistes infrastructures des zones de l’UNHCR, en liaison avec les
français à Beyrouth, il y a vingt PC et vie, (rétablissement autorités et entreprises
ans. fonctionnel aux normes mili- civiles locales. En cas de
taires minimales, protection besoin, le génie peut appor-
contre les intempéries, assai- ter son concours en prenant
nissement), en classant par en charge certaines tâches
priorité d’urgence pour l’in- spécifiques (accès, terrasse-
tervention les points d’appli- ments …) ou encadrer des
cation suivants : 1. sanitaires, opérations de montage effec-
2. centre opérationnel, 3. cui- tuées par main d’œuvre
sines, 4. locaux de logement. civile.
• création de postes d’observa-
L’appui d’éléments de la géogra-
tion et de tir sur les immeu-
phie peut s’avérer utile en ces
bles tenus. Le dégagement
matières (reconnaissances, ana-
Le facteur « 3e dimension » est, des secteurs correspondants,
lyse et levers).
quant à lui, déterminant dans les par éboulement de maisons
études d’implantation : les sous- ou abattage d’arbres, relève
sols et réseaux souterrains plutôt du génie de combat
mais peut être pris en charge PERMETTRE DE VIVRE SUR
offrent des atouts comme abris
mais peuvent présenter des par les unités d’aide au PLACE
risques d’intrusion. En revan- déploiement.
La fourniture d’eau et d’électri-
che, la vulnérabilité des parties
• protection des bâtiments cité, tant pour les besoins d’en-
supérieures des immeubles
contre les tirs et menaces semble de la force que pour cer-
limite généralement leur occu-
adverses par la mise en place tains besoins vitaux de la popu-
pation, sauf pour l’observation
de remparts au rez-de-chaus- lation, peut bénéficier des
et le tir.
Les actions initiales du sapeur sée (bastion-walls …), et de ressources locales mais ne peut
pour aménager les emprises en boucliers devant les portes et reposer sur elles seules. En
ville commencent avec l’arrivée fenêtres (chicanes, plaques effet, dans tous les pays en
des éléments de tête, en s’ap- de blindage, sacs à terre crise, faute d’entretien, les
puyant sur ses DLRG, spéciali- etc.) ; renforcement des toits réseaux collectifs urbains sont
sés ou non : et planchers par des étais. hors d’usage ou délabrés : pro-
duction d’électricité défaillante,
• reconnaissance de la zone au • aménagement de parkings, fuites aux adductions d’eau,
plus tôt pour confirmer les aires de stockage, plots de ramassage des ordures inter-
études sur dossier et participer poser d’hélicoptères, en com- rompu, égouts bouchés etc.
de façon pertinente au choix plément des plates-formes
des implantations futures. existantes. Transformation Le rôle du génie consiste alors à
• inventaire des ressources des aires de végétation, vite les réactiver et les réparer ou
locales ; vérification des dégradées, en surfaces stabi- mettre en place des systèmes
capacités des réseaux (eau, lisées (plaques articulées ou militaires de remplacement. Les
électricité …) et récupération pierres concassées). actions à entreprendre sont les
de tous leurs plans. suivantes :

• transmission des devis pour • prise en tutelle par des offi-


l’obtention rapide des finan- ciers du génie de la direction
cements (matériaux…). des services de production et
transport d’énergie (centrale
électrique alimentant la ville,
Les travaux sont ensuite lancés réseau de lignes et transfor-
sans délai : mateurs), ainsi que de l’équi-
• déminage et dépollution pement urbain (engins de tra-
éventuels des accès et zones vaux publics et de collecte
à occuper dans la ville. des déchets, ateliers munici-
paux). Pour cela, il convient

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S A P E U R

de s’appuyer sur le brigade du génie comporte, au


personnel local de ces sein des 1er et 2e régiments du
services publics, dans génie, de 6 compagnies spéciali-
la mesure où il nous sées dans l’aide au déploiement, à
est favorable. Dans le raison de 2 unités pour chacune
cas contraire, ces ser- des composantes : infrastructure
vices peuvent être opérationnelle, énergie, eau. En
réquisitionnés ou leurs situation opérationnelle pour une
moyens mis en œuvre période donnée et avec leurs
par du personnel mili- dotations complètes, ces compa-
taire, éventuellement gnies peuvent alimenter 15 000
réserviste. Pour des raisons humanitaires, personnes en électricité et plus de
• production d’électricité et la fourniture d’eau traitée à la 50 000 en eau traitée.
d’eau potable ou sanitaire. Si population locale et aux réfugiés
les réseaux de distribution peut être envisagée temporaire- CONCLUSION
locaux ne fonctionnent pas ment, si les moyens militaires
ou manquent de fiabilité, sont suffisants. De la même Le génie militaire français pos-
l’électricité et l’eau sont four- façon, la fourniture d’électricité sède maintenant une bonne
nies par les moyens spéciali- peut être assurée par le génie, expérience de l’aide au déploie-
sés du génie (groupes élec- pour quelques hôpitaux et les ment. En zone urbaine où il a
trogènes de 80 et 400 KW, cuisines des camps de réfugiés. déjà été engagé, son efficacité
unités de traitement de l’eau profitera, d’une part, d’un com-
sur remorque ou en conte- Pour des raisons sanitaires mandement unique des moyens
neur). Pour l’alimentation en enfin, tant que le service civil de du génie déployés dans la ville,
eau, un système mixte peut ramassage des déchets n’est d’autre part, de la participation
être envisagé : utilisation du pas rétabli, les monceaux d’or- d’experts (brevetés et diplômés
réseau public afin de stocker dures périssables doivent être d’active, ou réservistes), pour la
l’eau dans de grands réser- dégagés hors de la ville et brû- prise en charge des réseaux
voirs tampons et retraite- lés. Toutes les unités du génie publics.
ment si nécessaire par dotées de tracto-chargeurs et
moyen militaire avant distri- camions bennes sont alors Si la mission de la force tend à
bution dans les bâtiments par mises à contribution pour cette se pérenniser, des équipements
le réseau interne. Les sites de tâche peu valorisante mais d’infrastructure servis par de la
captage et de stockage civils cependant indispensable, si l’on main d’œuvre locale devront
doivent alors être sous sur- veut éviter les épidémies et remplacer dès que possible les
veillance pour éviter leur des- favoriser le redémarrage de l’ac- moyens d’aide au déploiement
truction ou leur infection par tivité économique. pour que ceux-ci, du fait de la
agent biologique ou chi- ressource limitée, soient retirés
mique. La collaboration du Capacités du génie pour ce type et remis en condition en vue
service de santé et/ou de la de mission d’un engagement ultérieur.
défense NBC/risques techno- A côté des sections d’aide au
logiques prend ici son impor- déploiement des régiments du
tance. génie de brigade interarmes, la

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Colonel Ouvrir la route


François
VERNOUX

Despite the large spectrum of situations, to open the way, in every


sense of the word, is a mission which is well known by the engineers
troops.

Chef de section et commandant If civilian or military persons are buried under rubble, it will be neces-
de compagnie « Gillois » (3e, 2e sary to intervene on them with specialized rescue and medical teams
et 1er RG). before the dead line prescribed to open the route could be reached.
In this kind of operation, time and gravity of injury are the two deci-
Adjoint au chef des services sive factors.
techniques de la Direction des Therefore, rescuers must operate with meticulous care.
Travaux de Paris
The French civilian security units, after daily trainings, know how to
Professeur de mécanique des safeguard quickly the injured in those cases but during fierce street
sols et des milieux continus à fighting, the use of dogs or high tech equipment such as acoustic one
l’ESGM. will be certainly difficult or impossible.

Chargé de mission « technolo- Moreover, modern towns provide lot of dangers like explosive or
gies » à la Délégation des toxic gas fumes as well as laboratory with radioactive sources. These
Affaires Stratégiques. risks make life difficult for the rescue teams during the safeguarding
operations after earthquakes or urban fights ; « hazmat » teams,
Chef de corps du Bataillon combat engineers troops and civil engineers will obviously have to
Franco-Belge du Génie en help them to succeed in.
Bosnie - Herzegovine (KAKANJ).
This branch of service more and more often need the capabilities of
Chef de corps du 71e RG. all its components.

Colonel pilotage à la RTSE.


OUVRIR LA ROUTE, UNE
Colonel adjoint et chef d’état MISSION BIEN CONNUE DES
major de la Brigade du Génie.
SAPEURS.
Le Colonel François VERNOUX Ouvrir la route dans une ville
commande les formations mili- détruite par un bombardement
taires de la Sécurité Civile. aérien, par des tirs d’artillerie,
par le génie adverse ou les effets
collatéraux des combats
urbains, réclame des savoir faire
complexes mais maîtrisés par
Turquie - 1999
nos unités de combat du Génie.

Toutefois, si des soldats ou des et les conséquences des bles-


civils sont enfouis sous les sures mais également la minutie
décombres, il faudra faire appel des sauveteurs qui évite le « sur-
à des sauveteurs spécialisés et accident ».
au corps médical avant d’entre-
prendre les travaux d’ouverture Déjà, lors des sauvetages clas-
d’itinéraire. siques après un tremblement de
terre ou une explosion d’im-
Et si même les décombres ne meuble, ces deux facteurs, natu-
constituent pas un obstacle à la rellement antinomiques, contrai-
manœuvre interarmes, le sauve- gnent l’action des équipes.
tage des victimes devra être réa-
lisé au plus tôt. Les sapeurs des Unités
d’Instruction et d‘Intervention
En sauvetage déblaiement, deux de la Sécurité Civile, ont été
facteurs déterminent les chan- confrontés de nombreuses fois à
ces de survie des ensevelis : le ce type de catastrophes et ils
temps qui limite les souffrances connaissent bien ce dilemme.

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S A P E U R

Aller vite pour rechercher les optimiser les systèmes acous- pour circonscrire la source, au
victimes grâce aux équipes tiques de recherche des victimes. mieux stopper la fuite.
cynophiles sans négliger la
moindre piste et sans « gâcher » Il faudra prendre en compte les Les sauveteurs devront donc
le flair du chien ; aller vite pour impératifs de la manœuvre. Le attendre l’action des équipes
atteindre la victime sans occa- courage et la détermination du spécialisées dans les risques
sionner des blessures supplé- sauveteur, du médecin ou de technologiques, car il n’est pas
mentaires ; aller vite pour éva- l’infirmier, atteindront rapide- possible de s’équiper en protec-
cuer la victime sans occasionner ment les limites de l’humain. tion « NRBC » et s’infiltrer sous
de lésions fatales ; aller vite les décombres.
avant une réplique… De plus, nos villes modernes
concentrent tous les dangers :
canalisations de gaz, réservoirs
de carburants enterrés, réserves
de produits industriels toxiques,
laboratoires médicaux avec
sources radioactives, pour ne
citer que les plus habituels. Lors
des explosions, ces dangers
potentiels confinés deviendront
réels et diffus. Décontamination
Turquie - 1999 - Cyno Non seulement les ensevelis
seront exposés aux intoxica-
Alors, de toute évidence, en tions, empoisonnements ou irra- Le sauvetage déblaiement, un
combat urbain, la tâche sera diations, mais l’ensemble du savoir faire de l’extrême, récla-
encore plus difficile et délicate. Il personnel occupant le site ou mant courage, détermination,
faudra agir avec la même célé- voulant le traverser devra se haute technicité et dévouement,
rité tout en se protégeant contre protéger. relève bien des actions de la SAPE.
les projectiles.
Il faudra donc, avant d’entre- Le combat urbain réclame quant
Il ne faudra pas espérer obtenir prendre les sauvetages, réaliser à lui, l’action conjointe des trois
« le silence sur le chantier » pour « une restauration d’urgence » composantes de notre arme.

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S A P E U R

Colonel La composante combat


Jean-Michel
DESTRIBATS du génie
et la zone urbaine
Saint-Cyrien de la promotion In towns, engineers are and will be major actors. The reflections
capitaine de Cathelineau (76-78), conducted on the role of sappers show that a necessary adaptation is
le colonel DESTRIBATS est to be done. On the short term, the structure and the equipment of
directeur des études et de la the small units (companies, platoons) has been re-thought in order to
prospective à l’ESAG depuis le provide the best support to the infantry units. The reconnaissance
1 er août 2000. teams must extend their knowledge in fields as ABC risks, 3D carto-
graphy, residual solidity of engineering works. On the long term, the
Commandant d’unité au 32 e RG, future equipment must be adapted to the fight in urban zones. The
chef de BOI au 34 e RG puis au definition of a specialized vehicle is going on. Research on robots and
17 e RGP, commandant en second drones able to help or replace man in missions of reconnaissance or
au 17 e RGP, il commande le mobility and counter-mobility actions is another explored way. The
19 e RG de 1998 à 2000. true challenge for engineers is to bring a real increase to the combat
of infantry and to preserve its own areas of competence.
Le colonel DESTRIBATS est
ingénieur de l’École nationale
des ponts et chaussées et Si l’on exclut les zones périur- Les voies ouvertes sont de deux
breveté de l’enseignement mili- baines où le combat se rap- ordres : pour le court terme,
taire supérieur. proche de celui en terrain donner au génie les capacités
ouvert, caractérisé toutefois par d’un participation significative
Directeur de plongée, il a été le des champs d’observation plus au combat débarqué sans pour
chef du groupe des spécialistes réduits et une canalisation des autant délaisser le combat
d’aide au franchissement du mouvements accrue, le cœur embarqué, pour le long terme,
11 e RG au sein de la 5 e Division des villes est bien le secteur pri- inventorier les missions propres
blindée de 1980 à 1983. vilégié du combat débarqué, au sapeur que l’infanterie n’a
articulé prioritairement autour aucun intérêt à prendre à son
du binôme infanterie – génie. compte et en déduire les maté-
riels spécifiques nécessaires.
Le blindé peut constituer un
appui utile, à condition de ne
pas perdre de vue sa vulnérabi-
lité plus grande en raison de son
engagement dans des comparti-
ments de terrain accessibles aux
armes antichar de courte portée,
une perte importante de sa
mobilité et enfin la réduction de
sa capacité de feu et d’observa-
tion en site et azimut. Ces
aspects sont aussi réels dans le Mostar
cadre de la coercition que de la
maîtrise de la violence, dans un
combat symétrique ou asymé-
trique. LES ACTIONS A COURT
TERME
Partant de ce constat, la
réflexion a réellement pris corps Dans le cadre des actions à court
à la fois dans « génie 2015 » et terme, la mise sur un mode ter-
dans la revue de fonction naire des sections et compa-
« agencement de l’espace ter- gnies a permis de gagner
restre », documents parus en soixante quatre groupes de
2001, et s’est poursuivie depuis combat, soit une augmenta-
en continuant d’associer tous tion d e 4 2 % r a p p o r t é e a u x
les acteurs de l’évolution du 152 groupes existant précédem-
génie. ment.

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S A P E U R

Cette mesure permet d’envisa- LES PERSPECTIVES A PLUS br e m e n t d u c o m b a t t a n t


ger un détachement conséquent LONG TERME mérite d’être minimal. Dans
des unités au plus bas échelon le même ordre d’idée, il doit
qui pourrait dans l’avenir A plus long terme, se pose la être débarrassé des actions
s’étendre jusqu’au niveau de question de savoir quelle réelle demandant un équipement
l’escouade ou de l’engin isolé. plus-value peut apporter le lourd utilisé de façon ponc-
génie dans le combat débarqué. tuelle ;
C’est le retour, pour les sections • la mise en œuvre de chaque
de combat, à une liberté de En effet, certains pourraient
accessoire demande une for-
manœuvre perdue depuis de imaginer qu’il est peu de rôles
mation et l’entretien de la
longues années. spécifiques, et que les fantas-
compétence, même si une
sins pourraient eux-mêmes
simplification des procédures
accomplir une part des tâches
En accompagnement de cette est envisageable. Alors que
aujourd’hui dédiées au sapeur,
restructuration, une réflexion l’on a pris conscience des dif-
particulièrement dans le combat
complète menée à la fois en liai- ficultés de conduire une ins-
de contact.
son avec l’EMAT et la STAT mais truction et un entraînement
aussi avec les officiers du cours de qualité, doit-on multiplier
Les évolutions technologiques,
des futurs commandants les savoir-faire individuels et
récentes et à venir, mettent en
d’unité, a permis de redéfinir collectifs, au risque d’une
lumière l’automatisation des
l’ensemble des lots de groupe, connaissance approximative
tâches et la miniaturisation des
avec l’objectif d’abandonner de chacun d’entre eux ?
outils.
ceux qui sont devenus obso-
lètes, de moderniser les autres, • l’individu ne peut pas être
De là, il est facile de conclure concentré sur plusieurs
enfin de se doter de lots nou-
que le fantassin de demain, tâches simultanément. Si le
veaux soit pour répondre à des
bardé de tous les accessoires rôle du fantassin est le com-
besoins exprimés au travers des
indispensables, pourrait se dis- bat d’homme à homme, il
retours d’expérience soit pour
penser d’appui. doit être dégagé des soucis
répondre aux nécessités des
engagements modernes (cf annexes, mobilité, contre-
C’est, semble-t-il, oublier trois mobilité, afin de préserver sa
article du LCL LEMIRE).
aspects au moins qui méritent vigilance sur son objectif
d’être pris en considération : propre.
Parallèlement, des études sont
en cours pour redessiner les • la capacité d’emport de l’indi-
vidu n’est pas illimitée, Dans le combat dans l’infra-
contours de l’action des déta-
même si l’on peut admettre structure, le génie de demain
chements de liaison et de recon-
une réduction des volumes doit donc s’inscrire dans le cré-
naissance du génie qui doivent
ou des poids. Cet aspect neau d’une intégration au plus
réunir toutes les compétences
revêt un caractère tout parti- bas niveau (escouade, binôme)
nécessaires pour renseigner
culier dans le combat en zone capable d’apporter les solutions
complètement sur l’état de la
ville (plans 3D, solidité rési- urbaine exigeant sur le plan en terme de mobilité, ouverture
duelle des ouvrages et bâti- physique (courses, montées de passages horizontaux ou ver-
ments, évaluation des risques, d’escalier…) et où l’encom- ticaux, déminage et dépiégeage,
pollution par engins non explo-
sés, contamination potentielle
par agents NBC…) et des plon-
geurs de l’armée de terre qui
verront le centre de gravité de
leur action se déplacer du fran-
chissement autonome vers la
zone urbaine (connaissance des
réseaux accessibles à l’homme).

Enfin, la participation de la
direction des études et de la
prospective au groupe de travail
« centre d’entraînement au com-
bat en zone urbaine » devrait
permettre de définir une infra-
structure, des structures et des
scénarios conformes aux savoir-
faire à développer pour les
sapeurs.

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en terme de contre-mobilité, souhaitables. Le génie doit aussi resse à juste titre la plupart des
obstructions, neutralisation de être en mesure d’apporter un fonctions opérationnelles et il
pièces par arme à effets mul- appui lourd, autonome en éner- sera rapidement nécessaire de
tiples, en termes d’aide au gie et suffisamment protégé. définir les limites d’action des
déploiement et de durcissement unes et des autres pour éviter
d’infrastructures. Dans ce cadre, la réflexion une trop grande dispersion.
conduite sur un engin spécifique
La maîtrise de ce combat mixte adapté à la zone urbaine est en Dans cette perspective, il sem-
passe nécessairement par le cours (cf article du LCL
blerait judicieux que l’ensemble
développement d’un entraîne- FOUILLAND).
des robots dédiés à la recon-
ment commun poussé conforme
naissance du terrain et ceux sus-
à une doctrine d’emploi com- Cet engin alliera des capacités
mune, et par une compatibilité d’appui à la mobilité, lame de ceptibles d’action d’appui à la
complète des équipements, par- poussée, outillage déporté, mobilité soient mis sous le
ticulièrement dans les domaines nacelle d’accès aux étages, et contrôle des sapeurs, comme
de la protection, de la mobilité et des capacités de contre-mobi- éléments complémentaires de
des transmissions. lité, lanceur à effets multiples. leur savoir-faire traditionnel.

Dans le combat hors infrastruc- La robotisation constitue égale- Dans la zone urbaine, les
ture, l’appui reste plus classique ment une voie de recherche sapeurs de la composante com-
mais avec quelques spécificités intéressante : les domaines d’ac- bat ont un rôle majeur à jouer en
par rapport au terrain ouvert. tion possibles couvrent autant la étroite coopération avec leurs
reconnaissance que certaines camarades de l’infanterie.
Les actions de maîtrise de la vio- formes d’action.
lence seront prépondérantes et L’efficacité globale passe néan-
l’imbrication de combattants L’utilité des robots se conçoit moins par l’adaptation des
plus ou moins identifiés et de dès lors que ceux-ci peuvent savoir-faire à ce contexte parti-
populations civiles permanente. atteindre les zones inaccessibles culier et par un entraînement
à l’homme (structurellement ou
partagé jusqu’aux plus petits
L’apport du génie doit se tra- temporairement) ou permettent
échelons.
duire par la capacité à proposer d’économiser les vies humaines
des obstacles réversibles rapi- (actions à fort risque).
dement mis en œuvre, adaptés à Le génie doit par ailleurs veiller
la configuration de la zone Les recherches en cours cou- à préserver ses pôles de compé-
urbaine. vrent tant les drones (à voilure tences, à la fois en se situant en
fixe ou tournante) que les robots permanence dans la dynamique
Ils doivent à la fois permettre de terrestres, limités aujourd’hui de la plus-value à apporter au
canaliser les foules mais aussi dans leur mobilité verticale. combat interarmes, mais aussi
de neutraliser les secteurs per- en ne laissant pas les contours
mettant les débordements non Cette technologie d’avenir inté- de sa spécificité s’estomper.

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S A P E U R

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S A P E U R

Lt-Colonel Les officiers du génie,


Patrick
MARTIN des experts indispensables
dans le cadre de conflits
en zone urbaine
Le lieutenant-colonel MARTIN
est chef du bureau des infra-
structures protégées et opéra-
tionnelles au STBFT. The massive destructions brought by war in urban areas as, for
example in Dresde in 14th of february 1945, would be unacceptable
Saint-Cyrien de la promotion de nowadays. So to make inoperant of reduce the resistance of a city
Linarès, après avoir choisi one need to hit its structure at limited but vital targets. Water and
l'arme du Génie, il est affecté power facilities are examples of these privileg targets. As these ins-
successivement au 32 e RG, au tallations get more and more complex, it is necessary to have a high
5 e RG, à l'ESGM DT travaux, au technical qualification to produce a maximal effect with minimal
10e RG, et à la DT de Paris. engaged means. It is now impossible to master combat and engineer
technics as it was possible in past centuries. By this way, the civil
En 1988, il intègre pour la pre- engineers of the “Service du Génie” are the more likely to provide
mière fois le STBFT pour contri- experience about urban warfare because of their formation in engi-
buer dans un premier temps au neering and their combat training.
programme Hadès et rejoindre
deux ans après le groupe Les attentats du 11 septembre Depuis VAUBAN, dans le crade
nucléaire de protection. 2001 à New-york et l'utilisation d'actions en zone urbaine, les
croissante de matériels de officiers du génie ont eu à imagi-
Il intègre en 1994 la DCG pour guerre par le grand banditisme ner des modes d’attaque et de
servir successivement au sein ont entraîné une hausse des défense puis à les mettre en
de la sous-direction travaux et consultations du service tech- œuvre. Leur insigne de tradition
de la sous-direction opérations. niques des bâtiments, fortifica- composé de la citadelle de
tions et travaux (STBFT) par des Vauban, de la cuirasse et du
En 2000, il regagne le STBFT en ministères ou des organismes casque de sapeur (pot en tête)
qualité de chef de section pro- étatiques, voire des industriels, nous le rappelle encore.
tection effets des armes, puis de pour la réalisation d'études de
chef de bureau des infrastruc- vulnérabilité sur des ouvrages Leur formation à Charleville ou à
tures protégées et opération- Metz les y préparait.
sensibles dont la destruction ou
nelles.
l'endommagement pourrait
mettre en danger, à des degrés Aujourd’hui, les probabilités
Ses affectations successives, d’actions en zone urbaine,
divers, la sécurité de l'Etat.
conjuguées à sa solide expé- quelles soient défensives ou
rience terrain, notamment à offensives sont toujours impor-
Devant cette tendance grandis-
Sarajevo, Tirana ou Vucitrn, lui tantes.
sante, il m'a semblé opportun
ont permis de se spécialiser
dans les domaines de la protec- d'informer les militaires et civils
Pour ce qui concerne les actions
tion contre les effets des armes du génie sur la compétence avé-
défensives, tout laisse à penser
et la vulnérabilité des infrastruc- rée des experts du Service du
que des actions terroristes dont
tures face au terrorisme. génie en matière d'effets des
l’actualité n’est plus à démon-
armes en zone urbaine. trer, pourraient être menées sur
des centres urbains et plus parti-
Ainsi, spécialiste dans ce culièrement sur leurs points
domaine, le lieutenant-colonel névralgiques, ceux qui, à
MARTIN, chef du bureau des moindre coût, auraient un effet
infrastructures protégées et médiatique maximal.
opérationnelles du STBFT, a
mené une réflexion sur ce Dans le cas où nous serions
thème et vous expose sa teneur amenés à conduire des actions
au travers de cet article rédigé offensives, l’utilisation d’armes
par ses soins. classiques, comme le bombar-
Général de division Marcel KEIFLIN dement massif par exemple,
Directeur central du génie paraît exclu.

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S A P E U R

En effet : dispositifs de secours, ses instal- tionnement des adoucisseurs


lations de traitement des eaux … qui protégeaient les chau-
• à quoi servirait de détruire une
dières contre une eau parti-
ville qu’il faudrait par la suite
Par ailleurs, elle n’est pas circons- culièrement calcaire,
reconstruire aux frais de la
crite à des limites territoriales
communauté internationale ? • Des études récentes ont mon-
administratives ou culturelles :
• l’opinion mondiale ne risque- Paris commence dans l’Aube au tré que des ouvrages d’art,
rait-elle pas de se retourner lac du Der Chantecoq, avec un de pourtant réputés indestruc-
contre le responsable de ces ses réservoirs d’eau … tibles, étaient à la portée
destructions ? d’équipes réduites parfaite-
La ville est donc devenue une ment entraînées et rensei-
gnées …
La recherche de l’effet maximal machine complexe, et extrême-
avec le minimum de dégâts col- ment sensible. Cette complexité
Le service du génie, conseiller
latéraux apparaît comme le prin- a fait naître des spécialités,
« infrastructure » d’un comman-
cipe à retenir. Sur la base de ce comme celle d’architecte urba-
dement qui pourrait être amené
principe, est née la mission de niste par exemple. Que devien-
à exercer ses responsabilités en
« targeting » : quel objectif, dans drait une ville sans eau potable,
milieu urbain, doit donc désor-
quel but et avec quelle sans énergie, dans laquelle il
mais exercer ses compétences
munition ? serait impossible de se déplacer
dans le cadre de la ville au sens
faute de moyens de transport,
large. Il ne s’agit plus simple-
Concernant la ville, que ce soit ou dont les réseaux d’égouts
ment de connaître les techniques
pour la protéger ou pour l’agres- colmatés dissémineraient les
du combat urbain en s’entraînant
ser, il convient donc désormais, germes pathogènes qu’ils sont
dans des villes construites pour
que le commandement dispose sensés évacuer ?
l’instruction mais d’être en
d’experts capables de le mesure également :
conseiller sur la vulnérabilité et De surcroît, toutes ces installa-
la sensibilité des ouvrages qui la tions techniques sont fragiles • d’identifier tous les points
composent. Or, à l’évidence, faibles d’une ville dont il
• Il a suffi d’incendier une pourrait être tiré parti dans le
depuis Vauban, la ville connaît armoire électrique au bord
une évolution exponentielle. A cadre d’une action offensive,
d’une voie ferrée pour arrêter
l’origine, simple regroupement le trafic des TGV vers • de déterminer toutes les instal-
anarchique d’habitats indivi- Bordeaux pendant deux lations à protéger en priorité.
duels, puis juxtaposition d’im- jours,
meubles le long d’axes de circu- Les officiers et sous-officiers du
lation, elle est devenue aujour- • La chaufferie de l’hôpital de service du génie sont aptes à
d’hui une « machine » complexe Sarajevo a failli être arrêtée effectuer ce type de mission.
avec ses réseaux d’énergie, de en plein hiver, faute du sel Leur formation d’ingénieur ou
transport, d’informations, ses indispensable au bon fonc- de technicien du bâtiment
et des travaux publics les
prépare aux techniques de
la ville, ne serait-ce que
pour pouvoir concevoir
des villes militaires
comme les camps de
Canjuers ou Coëtquidan ou
les camps 1000 hommes du
Kosovo ou encore pour
insérer nos installations
dans le tissu urbain civil
environnant. Cette culture
de bâtisseur, alliée à celle
de sapeur, puisque la majo-
rité des cadres militaires du
service a débuté sa carrière
en unité de combat, les des-
tine à être des acteurs
incontournables.

Certaines techniques,
comme la gestion de l’eau
ou la distribution d’éner-
gie par exemple, nécessi-
Complexité de la ville

- 54 -
S A P E U R

tent une formation poussée que pont Doumer d’Haiphong au « targeting ». Il a ainsi contribué
ne possèdent pas nécessaire- VIETNAM est en cours. à l’identification ou à la détermi-
ment les personnels des direc- nation des capacités résiduelles
tions régionales et des établisse- Le service du génie participe d’installations sensibles civiles
ments du génie En revanche, le également à des missions de ou militaires étrangères. Enfin,
STBFT dispose de spécialistes devant la montée de la
dans des domaines variés menace de l’hyper-ter-
comme l'eau, l’énergie, les rorisme, le service du
effets des armes, la tenue des génie a été chargé de
structures aux sollicitations plusieurs études de
extrêmes, les systèmes de vulnérabilité sur des
détection etc… sites très sensibles et
confidentiels.
Certains organismes civils et
militaires connaissent ces pos- En conclusion, le ser-
sibilités. C’est ainsi que la mis- vice du génie est un
sion européenne d’étude pour la partenaire indispen-
reconstruction de la SERBIE sable pour la prépara-
s’est entourée des conseils du tion du combat en
Bureau des Infrastructures Pro- zone urbaine et la défi-
tégées et Opéra-tionnelles du nition des mesures de
STBFT pour étudier la recons- protection à pren-dre
truction du pont de Novi Sad. dans le cadre notam-
ment du terrorisme.
Malgré le caractère spectacu- Ses possibilités d’inter-
laire des destructions, une ana- vention, encore insuf-
lyse fine a permis de relativiser fisamment connues,
les dégâts et de diminuer ainsi demanderaient à être
très sensiblement le coût et la diffusées plus large-
durée de la remise en état. Une ment dans les milieux
étude similaire concernant le Capacités résiduelles civils et militaires.

- 55 -
S A P E U R

- 56 -
S A P E U R

Monsieur Enjeux urbains :


Jean-François
PERNOT percevoir et intégrer les
fondamentaux permanents
Maître de conférences/Histoire
de la Civilisation Moderne au A town, amain strake both for its topographic/strategical or its eco-
Collège de France à PARIS nomical functions, has to be under control, specially its population,
its productions exchanges and its health and medical measures.
Responsable du Séminaire Since antiquity, city’s regular drawings are still allowing its supervi-
BASTION « Génie, Fortifications, sion and urban battles.
Patrimoine urbain » - C.E.H.D. Agglomerations have grown in network systems (bastides, lignes en
(centre d’études d’histoire de la Flandres…) so that the defense’s means could answer against
défense) - Ministère de la roughly and short fights or long blockades in the countries.
Défense - Château de Vincennes
These realities were analysed in the French School, specially in the
second treaty written by Antoine de Ville De la Charge des gouver-
neurs des places (1639) which was still in use untill the end of the
XIXth century.

The European experience (Rhodes, Malte, venitian occupations…)


has been synthesized by the creation ex nihilo of Neuf-Brisach.

Former Yugoslavia is still an actual exemple of the fondamental rules


of the Engineer Corps. Valorization of the site with military contruc-
tions or attack’s proceedings, control of itineraries roads and urban
organization.

There is no split between the camp organised by the roman Legion


and the pattern of 1 000 soldiers by the French STBFT.

Vauban’s method is still actual : analysis/adaptation of solutions in


attack an defense.

The " Génie " is always in works cutting a passage at the beginning of
operations and to protecting the site after the settled up of the peace.

Dés l’Antiquité, l’impérative ticulier grec (Hippodamos de


nécessité fut à la fois d’assurer Milet, Thalès…) d’où le plan en
la défense des villes contre toute îlots orthogonaux.
agression extérieure et de main-
tenir en permanence l’ordre Les Byzantins poursuivirent leur
interne. Ceci supposait une maî- effort en tentant de se maintenir
trise coordonnée de la lutte malgré un Limes de plus en plus
contre les facteurs de désagré- submergé car conçu en système
gation interne (l’ennemi de l’in- défensif fixe et rigide, ne per-
mettant pas de réelles ma-
térieur), en particulier l’hygiène
nœuvres de contre-attaque.
d’où aqueducs, distribution de
l’eau la plus potable possible,
Il fallut la maturation durant les
latrines publiques et réseaux
dix siècles du Moyen-Age occi-
d’égouts bâtis avec grand soin
dental pour que les principes
selon des régIes et des normes
fondateurs dégagés pendant
de qualité.
l’Antiquité soient de nouveau
perçus et intégrés dans les
Les ingénieurs romains qui
démarches d’opérations mili-
mirent au point le castrum-type
taires. Les créations d’ouvrages
-du camp de campagne à la ville
nouveaux en Terre Sainte et des
nouvelle- assumèrent l’héritage
réseaux de bastides lors des
urbain méditerranéen et en par-

- 57 -
S A P E U R

affrontements franco-anglais, Les torrioni étaient reliés au vainqueur le potentiel écono-


permirent de retrouver peu à centre de la ville par des rues où mique et symbolique de la ville
peu les exigences rationnelles à mi-chemin se situaient les ainsi gagnée. La destruction
permettant d’envisager des places des paroisses, cadre des décidée et systématique fut rare
résultats avec une politique compagnies urbaines, comme afin de conserver son pouvoir
cohérente et suivie. En France, il l’évoquent des tableaux néer- de violence d’effroi (Montmélian
faut attendre Claude de Seyssel landais (La ronde de nuit). en 1691, les 3 ravages décidés et
et son Traité La Monarchie de Chaque compagnie avait en accomplis durant le règne de
France (1515) pour que le lien charge un huitième selon le Louis XIV en Palatinat). Le com-
entre vie politique, enjeux de modèle des Chevaliers Hospi- bat maison par maison fut
défense et conduite de la guerre taliers de Rhodes à Malte. Les exceptionnel. La France connut
soit clairement exposé et dis- différentes places étaient reliées de tels drames lors des Guerres
cuté afin de proposer des lignes directement afin de faire circuler de religions. Antoine de Ville
d’actions aux conséquences entre elles les produits et les en fit écho, les troupes de
évaluées. combattants par une rocade cir- Napoléon y furent confrontées
culaire interne. Les défenses en particulier à Saragosse en
Les Humanistes italiens du construites prenaient donc en 1808-9 (cf. le colloque Haxo,
XVe Siècle en se réappropriant compte chaque détail de la topo- Belfort 2001)
les grands textes de l’Antiquité graphie et chaque quartier était
réaffirmèrent les enjeux des responsable d’un secteur en En cette vallée du Rhin, la place
villes (De re aedificandi de coordination avec l’ensemble : de Neuf-Brisach, créée par
La Canée, Corfou, Dubrovnik Vauban après la perte de la rive
Leone Battista Alberti en 1450).
(adaptation à un site heurté en droite du fleuve, répond à ces
Le premier qui conçut une « ville
bord de mer) ou Palmanova objectifs : présence pour contrô-
idéale » tant en défense qu’en
(création vénitienne à 9 côtés ler un site de franchissement
organisation fonctionnelle fut le possible, défense avec profon-
car fondée sur la structure ter-
Filarete avec son projet deur par trois enceintes concen-
naire des 3 quartiers d’ori-
(Sforzinda) pour les ducs Sforza triques (ce qui ne sera réalisé
gine)… Valletta et les différentes
de Milan. Etoile à 8 pointes cor- citadelles sont aussi des regrou- que sous l’Empire dans la place
respondant à une défense pements de magasins, de silos, modèle déjà citée, Palmanova).
constituée par des tours d’ar- de dépôts, manutentions, arse- Les quartiers de maisons ou
tillerie, des « torrioni » battant naux assurant la logistique en boutiques, puits, fosses d’ai-
360° et couvrant les portes pla- paix, la défense et la mise sur sance seront réalisés selon les
cées au centre des angles ren- pied d’unités de complément en modèles mis au point dans les
trants formés par l’intersection temps de crise (Zeughaus de cités vénitiennes pour le com-
de 2 courtines. Par ces portes Gratz…). merce et de Valletta pour l’hy-
entraient et sortaient routes et giène. Les Directeurs du Génie
canaux pour le transport des C’est ainsi qu’il faut replacer la auront toujours un regard actif
pondéreux, mettant en relation naissance de l’École française sur les actions des Ediles et les
l’extérieur, le plat pays produc- avec les propositions de villes devoirs de villes (Brouage,
teur de ressources en vue des théoriques d’Errard-de-Bar-le- Besançon…). Ceci continuera
Duc (La fortification réduite en jusqu’au déclassement progres-
places de marché et le forum
art, 600). Y sont regroupés sif des places (La Rochelle après
central où se concentraient les
comme dans les Traités suivants l’entente cordiale, Paris après
centres de décisions civiques
de Jean Fabre, d’Antoine de 1918, Belfort après 1945…).
(politique, religieux, écono-
miques…). Ville, Biaise de Pagan, leurs
expériences au combat dans
toute l’Europe, les sièges qui
devinrent de plus en plus ration-
nels (Maastricht le modèle en
1673) en réponse à l’adversaire
ottoman qui utilisait les compé-
tences de renégats (cf. les 20 ans
de la défense de Candie/
Hiéraklion dont Vauban s’inspi-
rera tout comme les Autrichiens
Neuf Brisach
après 1683). La défense et les
combats pour des villes
demeurent un enjeu permanent Les rapports seront parfois très
et actuel. Pendant longtemps les conflictuels entre ingénieurs
assauts avec prise de force, militaires et municipalités mais
voire saccage, furent limités car ces dernières apprécient la sécu-
il convenait de conserver pour le rité et les revenus procurés par
Filarete

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S A P E U R

une garnison encasernée (Cf. les tions et ravitaillements d’eau, longtemps la finalité des régIes
travaux du Col. Dallemagne) d’électricité, la construction de d’engagement n’était que le suc-
d’où l’empressement de cons- pôles alimentaires, sanitaires, cès des armes quels qu’en
tructions depuis le XVIIe Siècle de dépôts de munitions dans les soient les moyens, l’Éthique de
afin de s’attacher un régiment et pays actuellement terrains d’in- la Défense, issue des conflits
ceci principalement dans le terventions extérieures, ne sont postérieurs à 1945 et depuis le
cadre du Système global de que la continuation de ces fon- Livre vert impose pour la crédi-
1872-1874 (Séré de Rivières). damentaux qui aux XVIIe- bilité des mesures de retour/
XIXe Siècles manifestèrent l’ex- maintien de la Paix le respect
Vauban porta toujours attention cellence du savoir-faire français. des principes d’efficacité dans le
aux bâtis afin d’imposer des Ce fut pour assurer la parfaite cadre du droit international et
règles préventives anti-incendie circulation interne de moyens humanitaire.
et une bonne qualité de l’eau de défense que l’urbanisme et
(citernes par exemple à en particulier l’alignement des Il n’y a pas de rupture entre le
Briançon). L’implantation de maisons fut parfois retouché légionnaire romain et l’actuel
corps de garde fonctionnels comme à Besançon (quartier de soldat dans le cadre de mission
(Lille puis dans toutes les places Chamars, de l’Intendance, de internationale avec mandat offi-
à la suite des recommandations Battant) ou à Paris avec le ciel. La paix suppose analyse
de Jean Fabre) où le piquet au Chemin de fer de Petite ceinture raisonnée et complète d’une
repos trouve abri et soupe interne puis par le grand cercle situation incluant toute l’évalua-
chaude en permanence, est de la Grande ceinture lorsque tion de l’impact de toute solu-
indispensable afin de maintenir l’allongement des portées tion proposée comme Vauban
des défenseurs dans la imposa les 3 positions avancées lui-même décrivait les consé-
meilleure forme physique et des forts de la nouvelle défense quences des actes français au
dans un éveil effectif. Ce sont les Séré de Rivières (1874-1918). XVIIe Siècle (révocation de l’Édit
expéditions externes déjà évo- de Nantes), formation des régi-
quées, qui permirent aux rédac- Le Génie doit toujours évaluer ments ou des officiers ou
teurs tant de Traités que de l’intérêt d’un pont, d’un passage défense d’une place, constitution
notes de service, les proposi- à niveau, d’un réseau de distri- d’une frontière reposant avec
tions de fonctionnement d’une bution afin de pouvoir le rétablir cohérence sur 4 lignes de villes
place forte, ce jusqu’à la en cas de rupture lors d’un constituant le « pré carré ». La
Seconde Guerre mondiale (cf. conflit comme de pouvoir le rationalité d’une décision coûte
De la charge de Gouverneur des détruire préventivement lors moins en vies humaines tant
places, A. de Ville, 1639 en d’une retraite dans le cadre de militaires que civiles, en destruc-
usage jusqu’au XXe Siècle). mesures de contre-mobilité tions limitées afin de hâter le
Vauban en construisant la cita- (près de 80 destructions dans le retour à une situation normale
delle de Lille concevait globale- cadre de la Ligne Chauvineau selon notre devise : « Parfois
ment tout le site d’un point de devant Paris en juin 1940). détruire, souvent construire,
résistance devant tenir dans l’at- toujours servir ».
tente d’une Armée de secours Avec l’urbanisation, fait majori-
(d’où le nom du front vers la taire maintenant, s’impose la Une ville est toujours le miroir et
campagne) venant anéantir le réalité : il n’y a plus de diffé- le centre d’un territoire, d’un
blocus, ce qui l’entraîna à réali- rence entre la valorisation d’un réseau ou maillon d’un
ser le quartier nouveau royal (ou terrain d’opération par créations ensemble plus vaste et que l’on
St-André) avec des rues battues d’axes programmés, de bases ne maîtrise qu’en intégrant
en enfilade sous les tirs pos- logistiques comme de tous dis- toutes les composantes même
sibles depuis les bastions du positifs destinés à bloquer une les plus complexes. L’espace
symbole de la souveraineté du zone. Dans le tissu des construc- urbain et celui qui lui fait suite
Roi, ultime résistance d’un site tions, la situation est identique, devenant de plus en plus
stratégique et contrôle d’une il faut interdire ou progresser continu, nécessite une planifica-
population frondeuse nouvelle- avec en plus la présence de tion minutieuse des phases afin
ment intégrée. Ainsi se com- populations civiles prises en de ne pas avoir derrière soi une
prend la mise à niveau d’une otage lors des affrontements. De population hostile. Les gouver-
place encore médiévale comme plus l’ambiguïté, le comporte- neurs romains, les généraux
Tournai avec l’ajout de dehors ment des différentes commu- d’Empire, les responsables d’oc-
« à la moderne » face aux nautés à l’intérieur des villes, la cupations ont toujours été
attaques pouvant venir du plat complexité des équipements confrontés à ces réalités récur-
pays et d’une citadelle, toujours nécessitent le savoir-faire des rentes. Le Sapeur moderne,
à 5 bastions depuis Turin 1567, Sapeurs à commencer par les combattant et technicien, per-
couvrant surtout la ville ! Pompiers tant ingénieurs que met de prendre en compte les
combattants assurant pour eux- composantes d’une zone. Nous
Les actuelles missions en ex- mêmes et l’environnement les ne sommes plus lors de la prise
Yougoslavie concernant adduc- normes de sécurité. Si pendant de Constantine. Napoléon III a

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S A P E U R

préféré la Paix négociée à se force et intelligence souple lieux et modes de vie : autres
confronter avec le camp retran- comme devant un problème défis à relever dans les villes
ché de Vérone (1859). Les villes informatique. La culture Génie pour rendre toujours réel notre
sont les « locaux » des tensions doit permettre d’être encore une démarche « à me suivre tu
et des explosions. Contrôler fois à la tête des actions. Il y passes ».
sans « retour » difficile une ville avait le terrain, il y a maintenant
demande une méthode qui allie les groupes sociaux avec leurs

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S A P E U R

For mation

Formation en infrastructure opérationnelle à la D.A. ...................................... LCL ISSAC ............................................ 63

Le certificat technique par validation de l’expérience .................................... LCL VERDIER ...................................... 67

La démarche qualité de l’E.S.A.G. ............................................................................................ CNE DELAPORTE .......................... 71

La filière sécurité civile ............................................................................................................................ CNE PIARROU .................................. 77

Le centre de simulation JANUS .................................................................................................. CBA POTIN .......................................... 81

L’ingénieur militaire en opérations extérieures ...................................................... LCL PERCHE ........................................ 83

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S A P E U R

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S A P E U R

Lt-Colonel Formation en infrastructure


Christophe
ISSAC opérationnelle à la DA.
The issue of this article is to present the evolution of the engineer
officer training to meet the requirements of commitment in built-up
Le lieutenant-colonel ISSAC est areas.
chef du département formation
opérationnelle à l’ESAG depuis Built-up areas concentrate the political, economic and human activi-
septembre 2001. ties. Consequently the urban terrain will increasingly become the
theatre of future engagements. Getting back to urban area warfare,
Saint-cyrien de la promotion the land forces will be confronted with a complex and diversified
LCL GAUCHER (83-86), il sert physical environment including town centers, suburbs, industrial
principalement dans la chaîne areas.
des forces, chef de section et
adjoint en CGDI au 31 e régiment As operation VULCAIN clearly demonstrated in KOSOVO, with the
du génie, commandant d’une seizure and shutdown of an industrial complex, the commitment of
compagnie de contre-mobilité troops in such areas requires a specific training. Lessons learned
du 71 e régiment du génie et during this operation underline the engineer responsability for the
chef de BOI du 13 e régiment du « terrain » analysis to the benefit of the whole forces.
génie.
This goal is now achieved as early as the junior officer course where,
De formation scientifique, le since 2002, a new specific training has been developed. This training
LCL ISSAC est ingénieur civil prepares engineer officers for a variety of tasks which are related to
des ponts et chaussées. built-up environments. It gives junior engineer officers the skills and
the construction engineering knowledge necessary to advise other
Il passe par l’ESGM pour le arms and services in the following different fields :
stage des techniques de base du - General organisation of built-up areas to identify key points of
service en 92-93 puis sert une movement and communication networks, of water and electric
année à l’établissement du power supply.
génie de Limoges avant d’inté-
- Tactical mobility support, including mobility through walls and
grer l’EMS2.
floors of a structure.
Avant de prendre le commande- - Survivability and defence from weapons effects and shell fire by
ment du DFO, il enseigne pen- reinforcing infrastructures.
dant une année la Résistance - Demolition by explosives using new methods in order to limit col-
des Matériaux au sein du Dépar- lateral damages.
tement Enseignement Scienti- - Force deployment.
fique et Technique de l’ESAG.

LA ZONE URBAINE entre une simple cloison et un


mur porteur. De même, ce sont
Les zones urbaines concentrent des accidents comme l’explo-
les activités humaines, poli- sion de l’usine AZF qui permet-
tiques, économiques et cultu- tent au plus grand nombre de
relles. En première approche, la prendre conscience des risques
ville apparaît comme un terri- technologiques liés à l’imbrica-
toire connu. Il semble naturel tion d’industries avec les zones
d’y vivre, de s’y déplacer, de résidentielles.
profiter de ses infrastructures
et de ses facilités. Pourtant,
nombre de questions simples
sur ce milieu restent sans
réponse pour la majorité. En
effet, la perception d’un bâti-
ment s’arrête souvent à sa
forme et à sa décoration. Peu de
personnes savent distinguer sa
structure et faire la différence

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S A P E U R

Comme un conducteur apprend milieu dont les conclusions sont


à lire une carte routière, le attendues par les autres fonc-
sapeur est formé aujourd’hui tions opérationnelles et auront
pour mieux intervenir en zone une incidence sur l’action entre-
urbaine que le regroupement de prise.
centres vitaux désigne comme
un milieu d’engagement privilé- Une compétence sur le milieu
gié pour tous les types de urbain est donc à acquérir dès le
conflits. niveau chef de section. Elle
devra être complétée tout au
long de la carrière d’officier du
génie pour couvrir, au niveau
IDENTIFICATION D’UN officier supérieur, toute l’éten- Les unités de combat du génie
BESOIN due du domaine AGESTER : et les équipes EOD sont enga-
génie combat, MINEX, NBC, gées en appui direct pour la sai-
Sur le plan physique, le milieu INFRA. sie de l’usine sur des missions
urbain est caractérisé par sa traditionnelles : ouverture d’iti-
densité et son hétérogénéité. Le néraires, réalisation de travaux
tissu d’infrastructures, verticales de protection, intervention sur
UN EXEMPLE D’OPÉRATION
et horizontales, de surface ou engins explosifs improvisés.
souterraines, se compose sui- EN ZONE URBANISÉE
vant les trois dimensions et L’engagement de moyens spé-
permet d’envisager un grand cialisés dans le sillage des uni-
L’opération VULCAIN de saisie
nombre d’actions d’agencement tés de mêlée couvre la mission
et de fermeture du complexe
de l’espace. Un peu de recul fait de fermeture technique du site :
industriel de ZVECAN au
apparaître la grande diversité de
KOSOVO donne un exemple du • L’équipe NBC reçoit pour mis-
l’urbanisation avec ses diffé-
rôle de sapeurs engagés en zone sion d’analyser les émana-
rentes zones : les approches, les
urbaine. Il est décrit sommaire- tions et de se prononcer sur
zones périphériques, le centre-
ment ici. la viabilité à l’intérieur des
ville, les zones industrielles dont
chacune présente ses propres bâtiments hauts fourneaux
caractéristiques. • La situation puis de marquer les zones
polluées et de stockage des
La saisie de l’usine polluante de produits chimiques.
ZVECAN, si besoin par la force,
• Les équipes mixtes, civiles et
doit s’accompagner de sa fer- militaires, composées d’ex-
meture technique consistant à perts industriels de l’UNMIK
éteindre les hauts fourneaux, à et d’électromécaniciens du
sécuriser les zones de stockage 2e régiment du génie, ont
de produits chimiques (acides pour mission de couper les
utilisés dans la production), à différentes alimentations de
mettre hors tension le site sans l’usine et de procéder par
endommager un réseau qui ali- étapes à la fermeture de la
mente l’ensemble de la zone. La chaîne de production dont
phase préparatoire demande l’extinction des hauts four-
La volonté de s’engager en zone
l’étude complète du site indus- neaux.
urbaine oriente le développe-
triel à partir de renseignements
ment de capacités pour le génie.
humains (d’anciens ouvriers du
Ces capacités ne relèvent pas de L’opération VULCAIN, limitée à
site), de renseignements photo-
nouvelles missions mais d’une un site industriel, met en
graphiques et de conseils d’ex-
adaptation au milieu portant sur exergue le besoin de préparer
perts pour définir précisément
les équipements, les matériels les officiers du génie à l’enga-
les différentes zones de l’usine
et les savoir-faire. gement en zone urbaine.
et le processus de fermeture
L’enseignement majeur de cette
technique à adopter. Ce travail
Dans le même temps, le renfor- opération est la nécessité de
est confié aux sapeurs.
cement des connaissances des donner aux sapeurs les connais-
futurs chefs génie sur cet envi- sances générales qui permet-
ronnement spécifique est néces- • Emploi des moyens : tront à une force de préparer et
saire. C’est en effet vers le de conduire son engagement en
sapeur que le chef interarmes se L’étude du site permet de propo- zone urbaine en sachant profiter
tournera, avant et pendant l’in- ser l’emploi des moyens de de tout le potentiel offert par les
tervention, pour bénéficier génie combat et d’équipes spé- infrastructures tout en maîtri-
d’une analyse complète du cialisées. sant les risques du milieu.

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S A P E U R

ACQUISITION DE COMPÉ- Composé de deux parties princi-


pales, le module « infrastructure
TENCES
opérationnelle » est centré sur
des connaissances bâtimen-
Les premières compétences
taires et ouvrages d’art. Il
sont apportées aux stagiaires de
apporte dans un premier temps
la division d’application. A ce
les acquis théoriques sur les
stade, la formation a pour but
matériaux et les techniques de
d’apprendre au lieutenant du
génie à tirer les conclusions construction, du torchis au
utiles à la force dans les béton armé, sur les structures,
domaines suivants : sur les descentes et les reports
• La détermination des caracté-
de charges, sur les méthodes
ristiques principales des
• l’analyse générale de la zone d’étaiement. Dans un deuxième
réseaux urbains : architecture
urbaine : la topographie temps, des visites de bâtiments et vulnérabilités.
urbaine, les et de friches industrielles don-
réseaux nent aux stagiaires la possibilité Restituées devant l’ensemble de
d’eau et de mettre en œuvre leurs la division d’application, ces
d’énergie, connaissances et d’appliquer études font l’objet de travaux
l’identifi- une méthodologie de reconnais- écrits rédigés sous la forme de
cation des sance et d’analyse des infra- mémentos directement exploi-
activités structures sur des cas concrets. tables par un chef de section en
industrielles.
opération.
• le déploiement en zone Cette formation est complétée et
urbaine, éventuellement valorisée par des études d’auto-
dans des bâtiments ayant formation réalisées par groupes CONCLUSION
subi des dommages. de stagiaires. Ces projets per-
mettent d’élargir les connais-
• les capacités et risques des L’analyse du facteur milieu est
sances en impliquant les sta-
réseaux souterrains. de la responsabilité du sapeur.
giaires dans leur formation au
S’appuyant sur de solides
• les mesures de protection et contact d’experts civils ou mili-
connaissances acquises pen-
de durcissement de maisons taires.
dant la formation, elle permettra
et d’immeubles contre les
au futur chef de section du génie
effets des armes. Pour le cycle en cours, trois
de conseiller son chef inter-
• la mobilité au travers d’une sujets ayant trait à l’engagement
armes, pour le déploiement, la
infrastructure. en zone urbaine vont alimenter sauvegarde et l’engagement de
la réflexion des lieutenants : la force en zone urbaine.
L’acquisition des connaissances • La mobilité au travers des
nécessaires à cette « expertise » structures : détermination de La base de connaissances
s’effectue au cours d’un module méthodes de création d’ou- apportées aux lieutenants de la
de formation à l’infrastructure vertures dans les murs et DA est reprise pour les futurs
opérationnelle, d’une trentaine planchers suivant les maté- commandants d’unité. Après
d’heures, mis en place depuis riaux de construction. l’acquisition d’un tronc commun
2002. Il s’adresse à tous les de connaissances bâtimentaires,
futurs chefs de section de la • La destruction temporisée la formation dispensée dans ce
composante combat, quelle que d’une infrastructure : utilisa- domaine au CFCU est différen-
soit leur origine, littéraire ou tion contrôlée des explosifs ciée pour tenir compte de la spé-
scientifique, et s’appuie non pas permettant de garder, en pré- cificité des interventions liée au
sur des connaissances acadé- sence de la population, une type d’unité commandée : de
miques mais sur les grands prin- capacité de destruction à l’ex- combat, de sécurité civile ou de
cipes de technologie du bâti- plosif tout en réduisant les sapeurs-pompiers de Paris.
ment, accessibles à tous. effets collatéraux.

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S A P E U R

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S A P E U R

Lt-Colonel Le certificat technique


Michel
VERDIER
par validation
de l’expérience CT1/VE
Saint-Cyrien de la promotion
« Lieutenant DARTHENAY » In compliance with the law of 2001 about social modernization, the
(1974-1976), le lieutenant-colo- French Army have had to modify the present organisation of the
nel VERDIER sert au 71 e RG de technical certificate of the first level. Up to now, soldiers that reached
1977 à 1980, successivement the rank of Chief-Corporal, had the opportunity to get this certificate,
comme chef de section de génie allowing them to get some financial and social advantages, sitting
de brigade et officier adjoint en for an exam more or less the same as the one designed for young
compagnie d’appui. NCOs.

De 1980 à 1983, il est chef de On one hand it was a real obstacle for a lot of good guys that were
section Gillois puis chef de sec- unable to succeed in that kind of exam, somewhat intellectual, depri-
tion EOR à l’EAG avant de ving the Army of many excellent professionals able to hold technical
prendre le commandement de la responsibilities
compagnie de combat motori-
sée et de travaux routiers And, on the other hand, the happy few that succeeded where placed
au10 e RG de 1983 à 1985. very close to the status of NCOs that many of them did not unders-
tand why they were not considered like NCOs.
Affecté à nouveau à l’EAG, il est
chef de brigade à la DA en1985- That is why the « Etat-major de l’armée de terre » (EMAT) decided to
1986 puis instructeur génie à la rebuilt this technical certificate taking account of the need of finan-
formation tactique de 1986 à cial and social advantages and the need of a clear status and career
1989. hopes for soldiers supposed to prolong over eleven years duty.

Après quatre années à la DCG Roughly speaking, a soldier will no more get the new certificate by
en qualité de chef de la section an exam but he will be followed during a certain lap of time (3 years),
organisation Arme, il rejoint le inside his Regiment, by a « guarantor », chosen among NCOs of his
1 er RG à STRASBOURG où il unit, being in charge of certifying the real acquisition of know-how
assure les fonctions de chef du corresponding to the desired certificate of the first level. At the end
BOI de 1993 à 1995 puis de com- of the period the soldier will be presented to a regimental committee
mandant en second en 1995- that will advise the « Chef de Corps » whether or not to deliver the
1996 certificate to the candidate or simply to refer him to the next session,
six months later. Now clearly the CCH that has been graduated with
Professeur de groupe à l’EEM à the CT1/VE will get better wages, the possibility of enlistments up to
COMPIEGNE de 1996 à 2000, il 22 years duty, but will never be considered as an NCO, that to say
est affecté à l’ESAG en 2000 et that he cannot be appointed for a position that requires an NCO,
assure aujourd’hui le rôle de even if he is supposed to have the same technical qualification.
pilote du domaine « combat et
Génie ». With this organisation, the regiment will be entirely responsible for
the appointment of its « long-life soldiers », relying essentially on
Le lieutenant-colonel VERDIER professional criteria and no more on their ability to write intelligent
est diplômé d’état-major, QL2 et answers on a sheet of paper.
UNSOC.

Conséquence directe de la loi de L’ESPRIT


modernisation sociale ratifiée
au cours de l’année 2001, l’ac- Pour qui ?
quisition du CT1 par validation Le CT1 par validation de l’expé-
de l’expérience préalable, a été rience (CT1/VE) est destiné aux
voulue par le chef d’état-major militaires du rang EVAT exclusi-
de l’armée de terre et devrait vement, titulaires du CTE, desti-
voir sa mise en place définitive à nés à tenir des emplois de
partir du deuxième semestre niveau 13 (chef d’équipe, adjoint
2003. au chef de groupe…) et orientés

- 67 -
S A P E U R

vers un parcours allant au delà LA LETTRE décision intervenant au plus


de 11 ans de service voire jus- tard en fin de 9e année de ser-
qu’à 22 ans de service pour cer- Où ? vice.
tains d’entre eux. L’attribution
de ce CT1/VE permettant aux La validation de l’expérience Comment ?
intéressés d’obtenir l’échelle 4 professionnelle des EVAT et l’at-
tribution du CT1/VE se font dans Le MdR suit préférentiellement
de solde.
l’unité d’affectation et relèvent le cursus (CP – CTE – CT1) du
Pourquoi ? de la responsabilité du chef de domaine et de la nature de
corps. filière dans laquelle il s’et
Ce CT1, qui doit bénéficier aux engagé. La mutation et la
militaires du rang, se démarque Quand ? réorientation ne doivent avoir
très nettement de l’actuel CT1 lieu qu’au titre de la satisfaction
des MdR, appelé à disparaître. Tout militaire du rang suscep- des besoins en compétences de
tible, du fait de sa manière de l’unité ou de la fidélisation de
Alors que l’ancienne formule servir et de ses compétences l’intéressé.
consistait à faire passer à cer- professionnelles, de se voir pro-
tains militaires du rang le même poser de prolonger son par- Au cours de sa 4 e année de
examen que les sous-officiers, le cours professionnel au delà de service, à l’issue des travaux
nouveau système s’appuie non 11 ans de service, peut entrer d’orientation, le MdR EVAT
plus sur la réussite à des dans le cursus de validation de retenu comme candidat au
épreuves notées, mais sur l’ac- son expérience en vue de l’ob- CT1/VE, se voit désigner un
quisition (vérifiée) de savoir- tention du CT1. « garant » qui est l’un de ses
faire au cours d’une période cadres de contact (chef de sec-
donnée. Ainsi, il n’est plus ques- Pour ce faire il lui faut être titu- tion ou SOA éventuellement
tion pour les militaires du rang laire du BMPE et avoir entre 3 et chef de groupe), voire un cadre
de préparer un examen souvent 6 ans de service. du régiment spécialement dési-
difficile et de nature assez théo- gné pour ses compétences et
rique mais ce CT1/VE repose sur Dès lors qu’il est inscrit en cur- qui sera chargé de le suivre et de
la reconnaissance des acquis de sus de validation de l’expé- certifier ses savoir-faire profes-
l’expérience. Les compétences rience, par décision du corps, le sionnels.
acquises sont capitalisées et cer- militaire du rang sera suivi pen-
tifiées dans un « passeport pro- dant une période donnée (3 ans L’appréciation et l’enregistre-
fessionnel ». Un jury régimen- pour le domaine combat et tech- ment des acquis professionnels,
taire émet un avis sur l’attribu- niques du génie), dans l’exercice dans le cadre de l’exercice du
tion du CT1, le chef de corps de son métier, qu’il soit au quar- métier ou lors de l’approfondis-
décidant de l’attribution, en der- tier ou en opération. A l’issue de sement de l’expérience en corps
nier ressort. De cette manière, la cette période et en fonction du de troupe, sont effectués sur le
porte du CT1 est plus largement nombre de savoir-faire validés « passeport professionnel » sur
ouverte et prend mieux en et de la manière de servir de l’in- le quel sont décrits tous les
compte l’expérience profession- téressé, le chef de corps décide, savoir-faire et savoir être que le
nelle. ou non d’accorder le CT1, cette candidat doit maîtriser dans le
cadre de son CT1, ainsi que la
manière de les valider.

A l’aide de ce document, le
« garant » va, avec le MdR, effec-
tuer un contrôle initial des com-
pétences maîtrisées et sa marge
de progrès. Ensuite, tout au long
de la période de validation, le
« garant » consignera sur le
« passeport profession-nel »
l’acquisition des compétences
suivant les différents modes
possibles : validation de l’expé-
rience (VE), travail personnel
(TP), approfondissement de l’ex-
périence (AE). Ainsi il sera pos-
sible, à l’issue de la période de
validation lors du bilan profes-
sionnel final, de faire un point de
situation fidèle de la maîtrise par

- 68 -
S A P E U R

le candidat des savoir-faire domaine ou pôle d’apparte- LA FORMATION COMPLÉ-


requis pour l’attribution du CT1. nance. MENTAIRE (FC)
Le « passeport professionnel » Ce jury est composé de Lorsque le CT1/VE leur a été attri-
est tenu à jour conjointement membres de droit : bué par décision du corps, les
par le « garant » et par le candi- MdR doivent suivre une forma-
• chef de corps ;
dat au CT1. Il est certifié par le tion complémentaire en école
commandant d’unité. Une copie • commandant en second ;
d’arme, destinée à compléter, à
électronique est effectuée par le • les commandants d’unité des affermir et à approfondir leurs
bureau de gestion des res- intéressés. connaissances militaires géné-
sources humaines du corps qui
rales, leur sens du commande-
est mise à jour régulièrement De membres désignés : ment d’une équipe ainsi que
par le « garant » et constitue l’ar-
chive du « passeport profession- • les chefs de service ; leurs connaissances en matière
nel » qui sera présentée à la de sécurité. La durée de cette FC
• le ou les experts du corps ou est variable suivant les natures
réunion du jury, après qu’on y des spécialités présentées (1) ;
ait reportées toutes les observa- de filières ; pour l’ensemble du
tions et signatures correspon- • le rapporteur (chef du BGRH). domaine GEN, elles ne dépasse-
dant à l’original détenu par le ront pas 3 semaines.
candidat. Le candidat, le « garant », Le jury (2) se prononce essentiel-
le commandant d’unité et le lement sur la valeur technique
chef du BGRH du corps en para- du candidat mais prend aussi
MESURES TRANSITOIRES
phant ce document attestent la connaissance des feuilles de
réalité des renseignements qui y notes et des résultats aux tests Ces mesures seront mises en
figurent. COVAPI de l’intéressé pour œuvre à compter du mois de
connaître la manière de servir
janvier 2003.
Pour le domaine GEN, il existe de l’intéressé et ses motivations.
5 types de « passeport profes- La dernière session du CAT2 se
sionnel » correspondant à cha- L’avis du jury régimentaire peut
tiendra en 2003, session de rat-
cune des natures de filières du être :
trapage comprise. La première
domaine. • favorable, s’il estime que le attribution de CT1/VE intervien-
MdR mérite de se voir attri- dra en 2004, avec une mise en
Par Qui ? buer le CT1 ; application du principe de vali-
• défavorable, s’il estime que le dation de l’expérience au 1er
Deux fois par an, les candidats
MdR ne mérite pas de se voir janvier 2003. Pour ce millésime,
arrivant à l’issue de la période
attribuer le CT1 ; l’ensemble des savoir-faire
de validation de l’expérience
acquis depuis l’attribution du
(VE) sont présentés à un jury • d’ajournement s’il estime que
régimentaire, dont le rôle est CTE sera pris en compte. Les
le MdR, bien que méritant de
d’éclairer la décision du chef de se voir attribuer le CT1, n’en premières formations complé-
corps et lui apporter les élé- remplit pas toutes les condi- mentaires débuteront égale-
ments complémentaires d’ap- tions. ment en 2004.
préciation et de l’aider à bien
situer les MdR candidats les uns La décision finale appartient au Tous les militaires du rang qui
par rapport aux autres. Ce jury chef de corps qui arrête définiti- auraient échoué au concours du
régimentaire est compétent vement la liste des attribution de CAT2 en 2003, sont autorisés à
pour tous les candidats du CT1/VE. Cette liste est inscrite en se présenter deux fois au
corps, quel que soit leur décision du corps. CT1/VE.

1) Le corps fait appel à la RT s’il ne dispose pas en son sein du ou des experts de spécialités recherchés.
2) Le rôle et les attributions des différents membres du jury sont décrits avec précision dans la «circulaire ministé-
rielle relative à la mise en œuvre du certificat technique du premier degré des engagés volontaires de l’armée de
terre» (à paraître sous timbre du CoFAT).

- 69 -
S A P E U R

- 70 -
S A P E U R

Capitaine La démarche qualité


Patrice
DELAPORTE de l’E.S.A.G.
et sa procédure d’évaluation
Officier issu des rangs de l’école
militaire interarmes en 1994, le The quality training courses requirement became currently like all
capitaine Patrice DELAPORTE the training organizations (public or private) the real challenge for
est officier traitant à la cellule any school.
qualité de l’ESAG depuis le 1er In this new battle, the privileged tool of questioning put up itself to
mars 2003. be the inevitable and a previous element before any improvement.
The assessment process introduced at the Engineer School is joined
Chef de section et officier CoFAT’s piloting procedure.
adjoint au 4 e régiment du génie
à LA VALBONNE, il a commandé Indeed, this methodology put on two kinds of assessments : one
une compagnie d’intervention à internal and one external valuation. Their objectives keeping :
l’UIISC n° 5 de CORTÉ. • to report on carried on and realized training actions,
• to improve the training actions on the teaching skills, organization
Formateur puis officier adjoint and method levels,
à la Division des sous-Officiers • to evolve the program’s contents.
de l’ESAG, il a assuré le poste The take in charge of such a process identify four stages in the proce-
d’officier traitant au sein de la dure which are allowing collation, data and estimation processing
cellule d’études-évaluations de set up the valuation unit. This had developed a special valuation
la Direction Générale de la directory structure within the general training management with
Formation. several documents :
• Assessment report from the trainees
• Assessment report and opinion from the trainers
• Synthesis assessment report from the specific training department
• Plenary assessment session
• Writing of working reports
In parallel, and as part of this process, on the Army level, CoFAT
developed an application software which is calling EPEE (i. e
Education and Environment Process Estimate). This software is
meant to do automated assessment. Its aim is to alert for the ineffi-
ciency or potential gaps from the training line.
Currently the Engineer school is resolutely committed in its trainings
optimisation. She has decided on the development of a quality
management system seeking the ISO (1) certification for its training
structure.
Finally prelude to a single piloting system, the setting up of specific
procedures collecting all the training actors (engineer field pilots -
employers i.e battalions – trainers and trainees) will express the
effectiveness of the training suitability research for a post within the
Engineer Corps.

Depuis le mois d’octobre 2002, A l’instar de tous les organismes


l’ESAG s’est engagée dans une de formation, qu’ils soient
démarche de mise en place d’un publics ou privés, et selon les
système de la qualité avec la méthodes et technologies nova-
trices, divergentes et/ou diffé-
volonté de le faire certifier à
rentes qui les caractérisent,
terme aux normes ISO 9001 ver- l’exigence de la qualité de la for-
sion 2000. mation est devenue le véritable
challenge de toute école.

ISO : International Standards Organization

- 71 -
S A P E U R

Les organismes militaires de troupe c’est à dire les La démarche, décrite ci-après,
n’échappent donc pas à cette employeurs. identifie quatre étapes prépon-
règle. Si bien que dans cette dérantes devant permettre le
nouvelle bataille, l’outil privilé- La méthodologie appliquée collationnement et le traitement
gié du questionnement d’éva- dans le processus d’évaluation des informations et apprécia-
luation s’affiche comme l’élé- interne de la formation fait état tions.
ment incontournable et préa- de 2 types d’évaluation, une dite
lable à toutes entreprises « lourde » (stages longs), l’autre Le tout a pour vocation confor-
d’amélioration de leurs actions dite « allégée » (stages courts). mément à la démarche de pilo-
de formation. L’ensemble de cette méthode tage du CoFAT de maintenir
est décrit dans un mémento l’adéquation formation emploi
L’amélioration permanente des relatif à la conduite des évalua- (c’est à dire pour l’ESAG de
formations dispensées au sein tions de la formation. répondre aux exigences des for-
de l’ESAG constitue la raison mations du génie en leur don-
d’être du processus d’évaluation Il est à noter qu’avant l’édition nant pleinement satisfaction).
de l’école. Dès lors, il apparaît de ce mémento (avril 2002),
tout à fait normal que la métho- l’évaluation de la formation était A titre d’exemple, le recueil des
dologie mise en œuvre reste déjà effective au sein de l’école informations via les évaluations
elle-même évolutive afin de et faisait état du recueil des s’intègre d’ailleurs parfaitement
maintenir son efficacité et sa informations relatives à l’envi- dans le « toilettage » des pro-
pertinence dans le dispositif mis ronnement des stagiaires, la grammes afin d’éviter les redon-
en place. conduite de leur enseignement dances dans les différentes pha-
et leurs satisfac- ses d’une formation de cursus.
tions, tout comme Si les enseignements concer-
celui des forma- nant l’environnement sont
teurs. exploités immédiatement en
liaison avec la direction géné-
Celle-ci avait pour rale du soutien et conduisent à
but de faire remon- des aménagements, ceux
ter l’information en concernant les contenus de pro-
provenance des grammes le sont avec plus de
stagiaires pour précautions car plusieurs éva-
mesurer l’impact luations sont nécessaires afin
de l’instruction dis- d’éviter les écueils des effets de
pensée afin d’ap- mode (dus à une tranche de
porter les correc- population, de période voire de
tifs, si cela était formateurs…).
nécessaire.
La méthode explicitée dans le
LA PROCÉDURE EN PLACE mémento guide décrit, à partir
des synthèses des réflexions
DESCRIPTIF DE LA PROCÉDURE
Inscrit dans la démarche de pilo- des stagiaires et des formateurs,
tage du CoFAT, le processus mis Les objectifs de ces évaluations une exploitation immédiate ou
en place au sein de l’ESAG cor- sont triples et ont pour but de : différée permettant de mener
respond en tous points aux les études appropriées.
directives fixées concernant • rendre compte des actions
l’évaluation de la formation en menées et
mettant en place un recueil d’ap- réalisées,
préciations auprès de tous les • améliorer
acteurs de la formation (forma- les actions
teurs, stagiaires et employeurs de forma-
« régiments et unités »). tion sur les
plans de
• Il met en œuvre une évalua- l’organisa-
tion dite « interne » réalisée tion, de la
au sein de l’école auprès des méthode et
stagiaires et des formateurs, de la péda-
gogie,
• Il met en œuvre une évalua-
tion dite « externe » réalisée • faire évoluer
auprès des anciens stagiaires les contenus
6 mois après leurs qualifica- des program-
tions obtenues et des corps mes.

- 72 -
S A P E U R

Mise en œuvre depuis la fin de  fiche de synthèse du chef de mation en fonction des ODF (4) et
l’année scolaire 2002, cette division ou de département selon leurs types de formations
méthodologie a permis une évo- (reprenant s’il y a lieu plu- dispensées.
lution notable des contenus de sieurs brigades).
formation de la division d’appli-  séance d’évaluation plénière ; Les informations transmises
cation, du cours des futurs com- présence des stagiaires, for- annuellement seront regrou-
mandants d’unité et des forma- mateurs, de la cellule évalua- pées selon les grand types d’ac-
tions de spécialité du 1er et 2e tion et du directeur de la for- tions de formation (CFCU, DA,
niveau combat du génie des mation ou son adjoint. BSTAT, BSAT, …)
sous-officiers (par exemple, le
renforcement des capacités de  rédaction de fiches de travail L’application informatique per-
management de la ressource et de correspondances au met, à partir de la saisie de diffé-
humaine et l’allongement des sein de la DGF ou vers le chef rents types de questionnement
phases d’adaptation de la for- de corps et
mation différenciée pour la DA – le pilote de
ou encore le renforcement des domaine ;
capacités de travail en interna- cellule éva-
tional pour le CFCU). luations.

La prise en compte de cette La procédure


démarche s’est donc concrétisée d’évaluation
par la création de la cellule externe met-
études - évaluations, le 1er août tant en œuvre
2002, au sein de l’état-major de uniquement les
la DGF (2). Celle-ci s’est pleine- points  et 
ment intégrée à l’arborescence (synthèses et
de l’évaluation au sein de études des
l’école, confortant par la même questionnaires
le suivi des évaluations et des écrits envoyés
études qu’elles initient au sein aux anciens
de l’école. stagiaires et à
leurs employeurs donnés (recueil de l’informa-
au sein des corps). tion) auprès d’une population,
d’effectuer une agrégation des
données en synthèses avec une
PROGRESSION mise en forme automatique et
l’adjonction d’un commentaire à
En parallèle à ce
ces données.
p r o c e s s u s ,
le CoFAT dans le
De manière fonctionnelle, le
cadre de l’évalua-
CoFAT laisse à l’école la respon-
tion globale de la
sabilité d’organiser les syn-
qualité de la for-
thèses d’évaluations à partir de
mation dispensée
son propre dispositif d’évalua-
dans l’armée de
tion pour lui founir les taux de
terre a développé
satisfaction relatif à la
une application
formation :
informatique
(EPEE (3)) destinée à exploiter et • au comportement militaire
effectuer des synthèses automa- (composante A)
La procédure décrite s’élabore
tisées des évaluations.
donc au travers de plusieurs • à la mission opérationnelle
documents : (composante B)
Cette application, dont l’étude
 fiches synthèses au niveau de remonte à la fin de l’année 2000, • physique et sportive (compo-
la brigade de stagiaires ; res- a été déployée au sein de l’école sante C)
ponsable président de bri- en mars 2002.
gade. • administrative et technique
Son but est de faire remonter les
(composante E)
 fiche et avis des formateurs ; insuffisances et les lacunes
responsable chef de brigade. éventuelles de la chaîne de for-

2) Direction Générale de la Formation

- 73 -
S A P E U R

Défini comme « la l’école,


vérité des prix »
• la confirmation des axes
par la démarche de
d’études menées lors des
pilotage du CoFAT,
évaluations internes.
la mesure de satis-
faction directement
auprès du « client »
SYSTEME DE MANAGE-
a tout naturelle-
ment conduit à MENT DE LA QUALITE
développer un
audit au sein des Finalement, puisque la raison
formations du d’être de l’école du génie est de
L’applicatif développé est à ce génie (UIISC n° 1, dispenser une formation de qua-
jour mis en place au sein de 13e RG, 17e RGP et 2e RG) afin de lité sans cesse améliorée et
l’ESAG pour toutes les forma- compléter et affiner les informa- adaptée, cette dernière impose
tions de cursus et d’adapation et tions recueillies par les ques- que le processus d’évaluation
s’intègre en complément du pro- tionnaires d’enquête mais sur- qui l’accompagne soit régi par
tout de susciter le dialogue en les mêmes règles d’évolution,
cessus précédemment évoqué.
vue de déterminer une défini- d’adaptation et d’amélioration.
tion claire des attentes et des
De même, à l’instar des évalua-
besoins. Pour ce faire, résolument enga-
tions externes réalisées auprès
des corps de troupe, le recueil gée dans l’optimisation de ses
L’audit adjoint au processus formations et à la manière des
d’informations à partir de ques-
d’évaluation devra permettre : grands organismes industriels,
tionnaires écrits, actuellement
réalisé au sein des formations du • la rédaction d’un rapport commerciaux ou de services,
service du génie, devrait per- d’évaluation externe visant à l’ESAG s’est orientée vers le
mettre la prise en compte de définir les axes d’effort de la développement d’un système de
nouvelles pistes d’amélioration formation à l’ESAG, management de la qualité en
de la formation au sein du DES (5). recherchant la certification ISO
• le développement de l’inter- 9001-version 2000 de son appa-
activité entre les corps et reil de formation.
ADAPTATION
L’adaptation à l’emploi est l’en-
jeu de ces évaluations et il s’agit
bien de répondre aux exigences
des employeurs.

A ce titre, l’application EPEE


est destinée principalement à
mesurer les taux de satisfac-
tion des « employeurs » et
des « formés ».

Conçue pour permettre la saisie


directe des données via INTRA-
TERRE (6), son utilisation déve-
loppée au cours du 1er semestre
2003 devrait permettre l’adéqua-
tion même de l’outil informa-
tique offert avec la méthodolo-
gie propre de l’ESAG afin de
garantir le maximum d’attrait et
de pertinence en s i m p l i f i a n t
l e s tâches administratives.

3) EPEE : Evaluation des Processus d’enseignement et de leur Environnement


4) ODF : Organisme De Formation
5) DES : département de l’Enseignement Scientifique
6) http//epee-esag.cofat.terre.def

- 74 -
S A P E U R

Ainsi, au prélude d’un pilotage Evaluation QUELQUES PISTES…


unique de ses spécialités, la • du stagiaire et de sa formation
mise en place d’un outil basé sur La poursuite annuellement des
• du formateur et de l’ensei- audits de la formation pour
l’identification et la mise en
gnement qu’il dispense
place de procédures mettant en prendre l’avis de toutes les uni-
œuvre tous les acteurs de la for- • de l’employeur sur l’adéqua- tés et formations et leur pleine
tion des compétences des intégration au futur dispositif.
mation (pilote de spécialités,
formés aux exigences de leur
employeurs, formateurs et sta- métier.
giaires) ne pourra que traduire L’extension du recueil d’infor-
l’efficacité de la recherche de Dans cette optique, l’évaluation mations et d’évaluations aux
l’adéquation de la formation à trouve sa plénitude en tant qu’ins- unités inter-armes, inter-armées
l’emploi au sein du génie. trument privilégié de mesures de et autres formations interminis-
satisfaction ou de contrôles. Sa térielles abonnées à une forma-
La pertinence de cet outil de place au sein de l’état-major de tion du génie (notamment par
mesure, d’analyse et d’amélio- l’ESAG, indépendante de la DGF exemple, celles concernant les
ration de la qualité de la forma- conforte l’impartialité qui lui filières TOI (7) et maintenance de
tion, impose que 3 axes d’éva- incombe en garantissant l’effi- l’infrastructure).
luation soient menés. cience d’un tel système.

7) TOI : Techniques d’Opérations d’Infrastructure

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S A P E U R

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S A P E U R

Capitaine La filière sécurité civile


Alain
PIARROU,
A career in civil protection.
With the advent of professionalization of the army, a new policy
opportunity arises for enlisted personals and NC0s to launch a career
in civil protection.
Officier de l’arme du génie, issu Integrated into military units, they will learn a full profession, choo-
du rang, occupe aujourd’hui le sing a field in natural or technological disaster.
poste de chargé de la formation
à l’état major des Formisc. The access to this new branch will have a twofold effect : it will faci-
litate direct NCO recruitment, thereby no longer detracting from
Entré en service en avril 1976 regular army recruitment efforts.
pour effectuer son service natio- Moreover human resource management should be easy due to inter-
nal, au 17 e régiment du génie est among young people in this branch and, despite the relatively
parachutiste de Montauban, Il small force, career opportunities are possible. Future reconversion
sert ensuite dans cette unité en represents no problem either towards the private sector or within in
tant qu’EVAT, puis après être the army branch (NRBC, Service Militaire Adapté, civil-military co-
passé par l’école nationale des operation for example).
sous-officiers de Saint-maixent,
comme sous-officier.
POURQUOI ? POUR QUI ? De nombreux jeunes souhaitant
En 1988, il rejoint le pôle sécu- servir dans les formations mili-
rité. Muté à l’Unité d’instruction Accompagnant la professionna- taires de la sécurité civile se ren-
et d’intervention de la sécurité lisation, la création d’un par- seignaient régulièrement sur le
civile n° 7 de Brignoles, puis à cours professionnel de la filière parcours professionnel proposé.
l’UIISC4 de Rochefort (unité dis- sécurité civile, sur le point d’être
soute aujourd’hui), il suit une concrétisé, permettra aux mi- Prêts à effectuer une carrière, ils
deuxième formation orientée litaires du rang et aux sous- ne trouvaient pas dans l’organi-
vers les missions de la sécurité officiers qui le désirent, de sation ancienne une réponse à
civile. suivre un déroulement de car- leur aspiration.
rière complet et valorisant dans
Pendant huit ans il acquiert dans cette composante tournée vers Le problème se posait d’une
ce milieu une solide expérience
une assistance aux populations autre manière aux jeunes sous-
en tant que chef de section puis
sinistrées à la suite de catas- officiers rejoignant les UIISC,
pendant un an en tant qu’officier
trophes d’origines naturelles, qui en complément de leur for-
logistique.
accidentelles ou terroristes. mation d’origine devaient,
Après, un retour dans le génie suivre une seconde formation
arme, au sein du 6 e régiment du La décision de cette création de au détriment de la capacité opé-
génie, il est muté en août 2002, à filière s’est imposée à tous. rationnelle de la sécurité civile.
l’état-major du commandement
des formation militaires à
Asnière/seine.

- 77 -
S A P E U R

En effet, les règles incontour- Ces stages, pour leur majorité, pompiers professionnels ou de
nables fixées par décrets impo- sont identifiés par des niveaux la reconversion. En effet, une
sent 4 à 5 mois de stages selon numérotés de un à cinq. Ils auto- des deux missions des UIISC
la spécialité pour tenir en inter- risent à intervenir dans un cadre désignée par le premier « I »
vention un poste de chef de juridique lors des différentes reste l’instruction.
groupe et 2 mois supplémen- opérations de secours.
taires pour un de chef de sec- Nombre de VDAT et d’EVAT
tion. Les niveaux 1 sont du niveau de sont pompiers volontaires. Une
l’équipier, le 2 du chef d’équipe bonne partie aspire à intégrer le
et du chef de groupe, le 3 du corps des professionnels où les
Pendant ce temps, ils ne pou-
chef de section, les autres places sont rares, ce qui induit
vaient donc pas tenir d’emploi niveaux étant réservés aux une sélection difficile.
opérationnel. De plus, la prépa- majors et officiers.
ration du CM2 et du CT2 de leur
Les meilleurs des EVAT peuvent
filière d’origine leur restait Les parcours « risques natu- ainsi, soit intégrer en semi-
imposée. rels » et « risques technolo- direct le corps des sous-officiers
giques » nécessitent l’acquisi- de l’armée de terre, soit par
La réussite devenait très aléa- tion de stages répartis par concours le corps des sapeurs
toire. domaines : feux de forêts (FDF), pompiers professionnels.
sauvetage déblaiement (SDE),
Déstabilisés, certains subis- secourisme (A F P S - C FA P S E -
Pour la reconversion des MDR et
saient alors, un retard dans leur MNPS), traitement EAU (EAU),
des sous-officiers, les métiers de
déroulement de carrière. risques chimiques (RCH) et
la sécurité offrent de nom-
risques radiologiques (RAD) …
breuses opportunités. Pour ceux
Cette création de filière était Mais la filière est unique. Un
qui désireront faire une carrière
tronc commun est dispensé à
aussi devenue urgente pour per- longue, il leur sera offert des
l’ensemble du personnel et des
mettre le recrutement semi- postes de responsabilités dans
U.V. sanctionnent le parcours
direct au sein de la sécurité l’encadrement des UIISC, dans
professionnel. Des formations
civile. d’adaptation permettent de pas- les états-majors de zones (en
ser d’une spécialité à l’autre. La métropole ou outre mer) et au
Paradoxalement, au moment formation directe à l’emploi a COGIC (centre opérationnel de
même où l’armée de terre été naturellement recherchée. gestion interministérielle des
manque de sous-officiers, le crises). Il leur sera aussi pos-
vivier de candidats potentiels sible de servir au sein d’autres
ET AU DELÀ ?
permettrait de satisfaire une formations où leur spécialité est
grande partie des besoins, éco- Comme explicitée supra, cette recherchée (ACM, SMA,
nomisant de façon non négli- filière présente l’avantage consi- écoles….).
geable le poids des formations. dérable de réduire des forma-
tions coûteuses financièrement Il n’y a donc pas de problème de
et en temps. fin de carrière pour ceux qui
COMMENT ? prendront cette filière. La
Même si la masse critique n’est seconde relève des liens étroits
Pour répondre à la diversité des pas encore atteinte, cette filière avec le domaine NBC.
missions et les domaines d’in- est d’ores et déjà viable et la
terventions lors des catas- gestion du personnel optimisée. Même si les conditions d’emploi
trophes, la filière offre deux spé- des équipes « risques technolo-
cialisations possibles. giques » des UIISC et celles des
détachements NRBC des armées
Ainsi, lors de leur orientation et diffèrent, l’environnement est le
en fonction de leurs aptitudes, même et les savoir-faire sont
les militaires du rang et les sous- très proches, voire souvent
officiers pourront opter pour un communs.
parcours tourné vers les
« risques naturels » ou les Un partenariat dans la formation
« risques technologiques ». du personnel est en cours de
finalisation. Des passerelles
Les intéressés devront satisfaire seront institutionnalisées. Cela
à des stages référencés dans le Deux raisons majeures permet- fera l’objet d’un prochain article.
milieu sapeurs-pompiers, qui tent une telle affirmation.
nécessitent d’être préparés avec
sérieux et dont l’acquisition ne La première relève de l’intégra-
se fait pas sans difficulté. tion dans le corps des sapeurs-

- 78 -
S A P E U R

Capitaine AVIS DU CAPITAINE LOPEZ


Denis
LOPEZ
PILOTE DU PÔLE DE COMPÉTENCE « SÉCURITÉ »

La sauvegarde des personnes et Une étroite collaboration entre


des biens est l’une des missions les grands services concernés et
régaliennes de l’Etat ; dans ce la pro activité du commande-
Le capitaine LOPEZ a 35 ans. domaine la France se singula- ment des formations militaires
Il est marié et père de deux rise par la diversité et la complé- de la sécurité civile (COMFOR-
enfants. mentarité de ses acteurs. MISC) ont permis la mise sur
pied d’un parcours profession-
Après des études de sciences Véritable quintessence des fac-
nel de sous-officier incluant les
économiques à l’université de teurs individuels de motivation,
la passion quasi sacerdotale du deux niveaux de formation qui
Montpellier, le capitaine LOPEZ
personnel, qu’il soit volontaire pourrait être effectif en sep-
s’engage à l’ENSOA au titre de
la branche de spécialité 04 com- ou professionnel dans une tembre 2003. Si ce dernier est
bat du génie en 1986. caserne provinciale ou bien mili- validé par les autorités de
taire dans une unité d’élite, a tutelle, il devrait marquer un
De 1987 à 1990, il est chef de « traditionnellement » permis tournant majeur pour le person-
groupe en compagnie de com- de faire face aux nécessaires nel des formations militaires de
bat au 4e régiment du génie à La évolutions de la gestion de la la sécurité civile (FORMISC).
Valbonne puis suit la scolarité à ressource humaine.
l’EMIA dans la filière économie L’analyse des facteurs histo-
gestion de 1990 à 1992. Confrontées à la réforme déci- riques structurants a permis de
dée par le chef de l’Etat, les uni- définir des critères objectifs de
Promu lieutenant en 1992, il tés militaires en général et celles
choix permettant d’aboutir à un
assure successivement les fonc- de la sécurité civile en particu-
parcours professionnel original
tions de chef de garde d’incen- lier o n t m e n é d e s é t u d e s
die et officier adjoint en compa- internes, tout en assurant les adapté aux besoins et résolu-
gnie d’incendie de la BSPP de missions de toute nature face ment orienté vers la logique de
1993 à 1997. aux récents aléas d’origine natu- métiers développée par notre
relle ou technologique dont la institution.
De 1997 à 2001, il est officier densité et la dangerosité ont été
adjoint puis commandant d’unité remarquables dans l’évolution Tout d’abord, le projet s’est ins-
de l’unité élémentaire spécialisée séculaire des risques. crit naturellement dans la conti-
détachée auprès du centre spa- nuité et la stricte suffisance qui
tial guyanais à Kourou. Au plan humain, les unités mili- doit prévaloir depuis le recrute-
taires de la sécurité civile se ment jusqu’à la reconversion tout
Affecté en 2001 à l’ESAG au devaient de réagir pour en conservant une progressivité
département formation opéra- répondre au double challenge
permettant l’épanouissement
tionnelle de l’ESAG, il rejoint la de la répartition de la ressource
direction des études et de la personnel à chacun des niveaux
dans leur organisation mais sur-
prospective l’année suivante rencontrés par le personnel.
tout de la gestion de la forma-
comme officier rédacteur chargé tion dépendante non seulement
du pilotage du pôle sécurité. des contraintes réglementaires Ensuite, la modularité procède
mais aussi de la nécessité de de la méthode d’obtention des
Le capitaine LOPEZ est titulaire proposer des parcours profes- niveaux statutaires (CT1 des
du diplôme d’état-major. sionnels complets et attractifs. militaires du rang, BSAT et
BSTAT). Ces derniers sont obte-
Initiée par le général inspecteur nus par une succession de quali-
de la fonction appui au cours du fications appartenant à la com-
premier semestre 2002, la posante B, judicieusement com-
réflexion s’est transformée en plétées par les connaissances
mandat d’étude pour le pilote de impératives en matière de com-
domaine de la direction des
mandement, d’anglais opéra-
études et de la prospective
tionnel, de connaissances du
(DEP) angevine sous l’impulsion
du général commandant l’ESAG milieu et des procédures spéci-
lors du comité de pilotage du fiques sans oublier la condition
pôle de compétence « sécurité » physique garante de l’équilibre
le 15 octobre 2002. du cadre en situation de « stress ».

- 79 -
S A P E U R

Enfin, la souplesse est obtenue Cette approche doit permettre la polyvalence du sapeur tout en
par la recherche permanente du formation d’experts qualifiés, y intégrant les qualifications
décloisonnement à tous les adaptables pouvant exploiter nécessaires et suffisantes à la
niveaux. Ceci implique d’utiliser toutes les potentialités offertes légitimité de l’action s’inscrivant
les concepts de tronc commun en matière d’avancement au dans un environnement opéra-
et de formation d’adaptation sein de notre institution et tionnel militaire ou civil.
tout en conservant des épreuves capables de s’adapter en retour
optionnelles pour les sous- aux besoins croissants de nos Il pourrait autoriser dans un ave-
matières risques naturels et armées dans les nombreuses nir proche des synergies signifi-
risques technologiques au sein situations et affectations où l’ap- catives et directes avec la filière
des parcours. A terme, ceci préhension et la gestion des « pompiers des forces terres-
devrait permettre une gestion risques devient une contrainte tres », les pompiers du domaine
aisée du personnel, des réorien- du moins importante sinon léga- « aéromobilité » et le domaine
tations internes et à l’instar des lement incontournable. « NBC » avec lesquels des
dispositions actuelles l’intégra- recherches sont déjà en cours.
tion de cadres expérimentés Le parcours prévu s’attache à
provenant d’autres spécialités. conserver les plus-values de la

- 80 -
S A P E U R

Chef de Le centre de simulation


bataillon
Philippe
POTIN
JANUS de l’E.S.A.G. :
développements
Created in 1997 to prepare the arrival of JANUS software the « cellule
Le chef de bataillon POTIN, chef informatique de commandement » is operational in 2000 after the
du Bureau Formation Assistée tactical center retrofit. This bureau is responsible for using JANUS,
par Ordinateur (BFAO) de but also the SIR « système d’information régimentaire » and some
l’ESAG est breveté technique de other software like GEOCONCEPT. The new BFAO « bureau de forma-
l’enseignement militaire supé- tion par ordinateur » is the point of contact for all the simulation
rieur (BTEMS) et ingénieur des tools. JANUS is a wargame of American origin. It enables the simula-
Ponts et Chaussées. tion of realistic tactical actions and movements from platoon to bri-
gade level in a combined environment. It’s very well adapted to high
Après Saint Cyr, il rejoint l’arme intensity conflicts. At the ESAG, the French engineer corps school,
du génie en 1989 et sert succes- captains from the advanced course and lieutenants from the basic
sivement au 9 e RG et au 6 e RG. course use this software. But it’s open now to the engineer regi-
ments, at company level and soon, in 2004, at regimental level. In
En 1997, il participe à la création parallel, the SIR is under development. Nowadays, the captains’
de la cellule informatique de course alone is involved. By 2004 or 2005, SIR should be integrated
commandement de l’ESAG, à into JANUS exercises for an always more realistic training for engi-
laquelle succédera le BFAO neer regiments.
(bureau formation assistée par
ordinateur).
Développée initialement par actuelle et repasse aux ordres
Ayant réussi le brevet tech- l’armée américaine, la simula- du D.F.O (département de la for-
nique, il suit la scolarité de tion tactique a vu le jour grâce mation opérationnel).
l’école des Ponts et Chaussées aux performances sans cesse
puis celle l’Institut Royal améliorées des ordinateurs. Au
Supérieur de Défense de début des années 90, les alliés
Bruxelles dont il sort breveté en ont profité. Les Etats-Unis ont
d’état major. ainsi fait cadeau à la France des
logiciels JANUS et BBS (Brigade
Affecté depuis juillet 2002 à Battle Simulation). Cela s’est tra-
l’ESAG, il y a pris le commande- duit par la création à Mailly du
ment du BFAO. CEPC (centre d’entraînement
des postes de commandement)
en 1994 et la diffusion de
JANUS dans les écoles d’arme UNE STRUCTURE LEGERE
en commençant par l’E.A.I dès
ET MODULABLE
1993.
Le B.F.A.O se compose d’une
L’E.S.A.G rejoint le club des utili- équipe de commandement et de
sateurs de JANUS en 1997 avec trois sections spécialisées. Le
la création d’une cellule infor- chef de bureau est également
matique de commandement au chef du centre JANUS et point
sein de la D.G.F chargée de de contact simulation de
préparer l’arrivée du logiciel. l’E.S.A.G pour le C.O.F.A.T. La
JANUS est installé au centre tac- section simulation est comman-
tique courant 1998 et est opéra- dée par un officier, administra-
tionnel fin 1999, tandis que d’im- teur JANUS, assisté de deux
portants travaux de remise en opérateurs permanents JANUS.
état de l’infrastructure et des La section systèmes informa-
réseaux sont effectués au centre tiques de commandement est
tactique jusqu’en 2000. A la dirigée par un officier adminis-
même date, le B.F.A.O (bureau trateur S.I.R (système d’informa-
formation assistée par ordina- tion régimentaire), assisté de
teur) prend sa physionomie deux sous-officiers. La section

- 81 -
S A P E U R

enseignement assisté par ordi- maux de commandement : carte pour les équipes de commande-
nateur (EAO) se compose de et radios. La simulation n’est ment des compagnies (4 exer-
deux personnels sous-officiers. mise en œuvre qu’au niveau de cices en 2002). Le 31e RG a suivi
l’animation : directeur d’exer- en avril 2003 (2 exercices plani-
Le B.F.A.O occupe les bureaux cices, unités interarmes et sec- fiés). Le centre JANUS est
autour du centre tactique. Il ne tions du génie, où l’animateur ouvert, sur demande, à toutes
se contente pas d’armer JANUS travaille en binôme avec un opé- les unités du génie désirant s’y
et le S.I.R, mais est aussi chargé, rateur JANUS avec lequel il entraîner.
entre autres, des cours informa- échange ordres et compte-
tique, transmission et de la ges- rendus. Seul le directeur de C’est aussi une manière pour le
tion de la cartographie de l’exercice à une vision globale centre de se roder avant de pas-
l’E.S.A.G. Cela est une autre his- de la situation. L’opérateur ne ser à l’étape suivante : l’accueil
toire et ne sera évoqué ici que la voit que ce que ses « pions » des PC des régiments à compter
simulation, c’est à dire JANUS peuvent observer en fonction de de 2004.
et les logiciels associés comme la configuration du terrain et des
GEOCONCEPT. moyens dont ils disposent.

Pour un exercice JANUS, il faut JANUS permet un apprentis-


en moyenne, une douzaine sage flexible de la manœuvre du
d’opérateurs. Le personnel du génie. En simulation il est tou-
B.F.A.O, bien qu’ayant la qualifi- jours possible de recommencer
cation d’opérateur JANUS, n’y et de corriger les erreurs. Sur le
suffit pas. On fait alors appel à terrain c’est plus délicat. Après
des personnels autres venant de une telle expérience de mise en
l’école, ayant la qualification de situation, le stagiaire sera
chef de section de génie com- davantage à l’aise en camp de UN AVENIR PROMETTEUR.
bat, qui renforcent ponctuelle- manœuvre ou en opération.
ment l’équipe permanente. En juillet 2002, le C.F.A.T et le
Depuis peu, le B.F.A.O forme En complément de JANUS, il C.O.F.A.T ont signé un protocole
également des réservistes à cet existe un logiciel, GEOCON- d’accord, mettant à la disposi-
emploi. CEPT, facilitant les reconnais- tion des régiments les centres
sances. Il permet d’intégrer sur JANUS des écoles. Pour prépa-
rer la montée en puissance
JANUS, UN LOGICIEL PER- un même support numérique
nécessaire à la tenue d’exercices
FORMANT INDISPENSABLE cartes, photos aériennes ou
du niveau régiment, les écoles
satellitaires, photos panora-
A LA FORMATION. doivent être alignées à 20
miques de sites, informations
consoles JANUS (1) et recevoir un
JANUS est un jeu de guerre per- graphiques ou écrites.
complément en personnels
mettant, dans un environne- issus de la réserve. Ainsi à
ment réaliste, de figurer les UNE CLIENTÈLE DIVERSIFIÉE. l’E.S.A.G 51 postes d’E.S.R ont
mouvements et les actions été créés pour armer le centre à
d’unités des armes de mêlée, JANUS est essentiellement uti-
l’occasion des exercices. Ils
d’appui et de soutien. Les délais lisé par la DA et le CFCU pour concerneront les régiments du
de déplacement et de mise en l’apprentissage des missions génie et quelques régiments
œuvre sont pris en compte, d’appui à la mobilité et à la d’infanterie de la 9e BLBIMA.
comme les résultats des tirs ou contre mobilité. Avant les exer-
des destructions. Ce logiciel est cices à Sissonne ou à Mailly la Cette charge supplémentaire
particulièrement adapté au com- DA effectue 3 exercices JANUS. s’accompagnera de la montée
bat haute intensité. Il met en en puissance du S.I.R. aujour-
œuvre un ennemi non stéréo- Chaque CFCU en joue égale- d’hui seul le C.F.C.U reçoit une
typé piloté par un opérateur en ment 3, plus spécialement desti- formation dans ce domaine.
fonction des objectifs du direc- nés à la composante combat. Bientôt avec l’arrivée du S.I.R
teur d’exercice. Sur un an 9 exercices sont effec- dans les unités (en 2003, le
tués au profit de la DFO en liai- 13e RG en sera doté), il faudra
Les exercices sont joués au son avec ses instructeurs génie envisager l’intégration du S.I.R
niveau du capitaine comman- et interarmes (infanterie, cavale- et de JANUS pour rendre les
dant d’unité ou du chef de sec- rie, artillerie). Depuis 2002, le exercices toujours plus réalistes.
tion, intégré au sein d’un grou- centre JANUS s’est ouvert vers C’est le défi que doit relever le
pement ou sous-groupement l’extérieur en travaillant au pro- B.F.A.O dans les prochaines
interarmes. Ainsi pour un exer- fit des régiments du génie. Le années, pour satisfaire les
cice du C.F.C.U, le capitaine 6e RG a expérimenté avec succès besoins de l’école et des régi-
joueur utilise ses moyens nor- ce nouveau type d’entraînement ments.
1) il faut un minimum de 10 consoles pour un exercice de compagnie et 17 pour un exercice régimentaire.

- 82 -
S A P E U R

Lt-Colonel L’ingénieur militaire


Ludovic
PERCHE en opération extérieure
On operations, the support and the survivability of the force as well
as the CIMIC organisation have a common challenge : « infrastruc-
ture ». Moreover, it appears that in low intensity conflict, infrastruc-
ture is one of the main concerns. That is why it is important to have
Le LCL PERCHE est Saint-cyrien officers who have a strong knowledge in this field and who are able
(85-88), breveté de l’enseigne- to solve quite every technical or contractual problems that could
ment militaire supérieur et ingé- confront an engineer on operations.
nieur de l’école supérieure
d’électricité. To provide these skills, engineer officers attend a specialised course
at the French Engineer School (ESAG) which is developing a master’s
Ayant commandé une unité élé- degree in infrastructure. This degree is one of the highest level of
mentaire au 71e RG, il a égale- academic studies. It is centred on classical infrastructure but a high
ment servi au STBFT et tenu le proportion of its teaching deals with damaged infrastructure as
poste de chef du bureau prépa- bridges, buildings, electrical or water supply systems…
ration opérationnelle en état-
major de brigade.

Il est actuellement chef de cours Depuis quatre ans, différentes dès la phase de conception et de
au département de l’enseigne- études doctrinales soulignent planification de l’opération, ne
ment scientifique de l’ESAG. l’interdépendance qu’il existe serait-ce que pour aider à la
entre les actions relevant de décision du commandement
l’aide au déploiement, du sou- lors de la détermination d’un
tien au stationnement voire des site de déploiement puis de sta-
affaires civilo-militaires. tionnement. Par la suite, il s’agit
par exemple, d’appuyer les élé-
L’infrastructure se trouvant au ments de reconnaissance génie
centre de ces différentes lors de missions relevant de
actions, il n’est pas surprenant l’appui à la mobilité (expertise
que les rapports des cellules sur la viabilité des axes et
« retour d’expérience » souli- ouvrages d’art) avant d’apporter
gnent la nécessité pour l’armée une expertise dans le domaine
de terre, de disposer d’officiers du bâtiment (solidité des ouvra-
possédant de solides connais- ges existants, approvisionne-
sances dans le domaine de l’in- ment en eau ou énergie, assai-
frastructure en opérations. nissement, dispositifs de protec-
tion des unités déployées…).
La situation actuelle ne répon-
dant pas de façon optimale à ce
besoin, l’ESAG développe une
formation de haut niveau per-
mettant de disposer d’officiers
maîtrisant les spécificités de l’in-
frastructure en opération. Cette
formation est dispensée au
cours de la scolarité du mastère
« travaux et opérations d’infra-
structure ».
Pont de Mitrovica
*
* *
A ces considérations tech-
Lors d’un engagement opéra- niques, il convient d’ajouter une
tionnel, l’armée de terre se doit expertise dans le domaine admi-
de disposer d’officiers compé- nistratif et juridique (passation
tents dans le domaine de l’infra- de marchés, baux…) qui fait par-
structure. Ce besoin se confirme fois défaut ainsi que la conduite

- 83 -
S A P E U R

d’actions au profit de la popula- pourrait paraître élevé mais on saires à leur mission seraient
tion civile (identification des res- s’aperçoit qu’il est parfaitement limités sur un théâtre, ils doivent
sources, secours aux popula- ciblé si l’on veut que les sta- être en mesure de relever in situ
tions, aide à la relance de la vie giaires puissent correctement les différentes données utiles
économique…). Enfin il ne faut comprendre, apprendre et appli- d’un problème (technique ou
pas négliger la phase de retrait quer la somme et la diversité administratif) afin de les com-
et de restitution des sites de sta- des connaissances qu’il faut muniquer rapidement à des
tionnement à la Nation hôte. posséder (conception de sys- experts en métropole.
tèmes, esprit de synthèse, com-
pétence technique…). Ces derniers peuvent alors s’ap-
A ce jour, il existe bien des offi- puyer sur leurs bureaux
ciers ou sous-officiers possé- Le cœur de son enseignement d’études pour apporter une
dant de nombreuses compé- est une formation classique, solution au problème qui leur
tences dans le domaine de l’in- centrée sur les parties tech- est posé sans être obligés de
frastructure mais peu sont niques et administratives d’opé- monter une mission d’expertise
capables de traiter l’ensemble rations d’infrastructure en sur le théâtre. Cela a pour consé-
des besoins décrits plus haut. métropole. quence de gagner des délais et
Par conséquent, lorsque sur un
théâtre d’opérations il n’existe
pas de personnel compétent
pour faire face à une difficulté
particulière concernant le
domaine de l’infrastructure, soit
une mission d’expertise prove-
nant de métropole est mandatée
(moyennant une perte de
délais), soit cette difficulté est
traitée de façon très approxima-
tive. Il faut alors en assumer les
éventuelles conséquences hu-
maines ou matérielles.

Cela n’est pas satisfaisant et


bien qu’à terme, une difficulté
relevant de l’infrastructure soit
toujours réglée, il est indéniable
que la situation actuelle mérite
d’être améliorée.

*
** surtout accroître la crédibilité
En vue de répondre à ce besoin Toutefois un important module des sapeurs en opération.
en personnels qualifiés dans le « infrastructure en opération »
domaine de l’infrastructure en est enseigné afin de traiter des Après huit mois de formation,
opération, l’ESAG a mis sur pied spécificités de l’infrastructure en les premiers enseignements sur
et poursuit le développement OPEX. la scolarité du mastère com-
d’une formation réalisant la Le but de cet enseignement est mencent à être tirés et quelques
synthèse des compétences énu- de disposer d’officiers polyva- aménagements du programme
mérées supra. Celle-ci est lents, sachant traiter un très sont prévus pour la rentrée pro-
dispensée au sein du mastère grand nombre de difficultés chaine, notamment le renforce-
« travaux et opérations d’infra- inhérentes au domaine de l’in- ment du module infrastructure
structure ». frastructure en opération telles en opération.
que l’évaluation d’infrastruc-
C’est ainsi que des travaux sont
Le mastère « travaux et opéra- tures endommagées, les procé-
en cours pour y incorporer des
tions d’infrastructure » est une dures multinationales, les passa-
formation nouvelle, ouverte à compétences toujours plus opé-
tions de marchés à l’étranger…
des stagiaires disposant d’un rationnelles dans les domaines
titre d’ingénieur. Ce niveau Au cas où les moyens néces- de l’appui direct (1), la protection

1) Il s’agit par exemple d’apporter une véritable plus value aux reconnaissances des DLRG en les renforçant, lorsque
cela est nécessaire, d’officiers ingénieurs disposant d’outils mathématiques et/ou informatiques dédiés, sachant
déterminer les classes résiduelles d’ouvrages d’art, évaluer la stabilité d’infrastructure endommagée, expliciter les
moyens de renforcer le niveau de protection des différents abris…

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S A P E U R

de la force, l’aide à la décision maîtriser les militaires ingé- L’expérience de l’ESAG dans le
lors des phases de conception nieurs sortant de la scolarité du domaine de la formation et sa
ou l’expertise des réseaux (2). mastère. volonté de s’inscrire dans une
* démarche de progrès à long
Par ailleurs, l’ESAG cherchant
* * terme l’amènent à poursuivre le
toujours à parfaire son instruc-
développement de son mastère
tion en liaison avec ses pilotes La formation complémentaire
de domaine, la division étude et « travaux et opérations d’infra-
d’officiers possédant un haut
prospective de l’ESAG envisage structure », ce qui permettra à
niveau d’études, spécialistes de
déjà de mener des travaux en l’infrastructure en opération au l’armée de terre de disposer
liaison avec le CDES afin de sens le plus large du terme est rapidement des officiers polyva-
développer de nouveaux pôles en cours ; les premiers résultats lents qui lui font défaut : les mili-
de compétence que devraient sont déjà prometteurs. taires ingénieurs du génie.

2) Le développement d’une formation sur les réseaux électriques haute tension d’une Nation hôte est en projet en
partenariat avec EDF, tout comme une étude sur les grands réseaux d’adduction ou d’évacuation d’eau.

- 85 -
S A P E U R

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S A P E U R

Str uctur es
et équipements

Le nouveau visage du génie : point de situation à l’été 2003 ................ LCL MARTIGNY .............................. 89

La modernisation des lots de groupe de combat .................................................. LCL LEMIRE ........................................ 93

Le S.I.R. Génie .................................................................................................................................................... LCL BERIARD .................................... 95

Le nouveau concept allemand de la « base interarmées

des forces » et son génie ...................................................................................................................... CBA BREHIER .................................... 99

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S A P E U R

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S A P E U R

Lt-Colonel Le nouveau visage


Serge
MARTIGNY
du génie : point
de situation à l’été 2003
Le lieutenant-colonel Serge
MARTIGNY est chef du bureau
doctrine de la direction des The lessons learned from the recent commitments in most theatres
études et de la prospective de have shown our relative weaknesses when talking about deploy-
l’ESAG depuis l’été 2002. ment support to our own forces, in terms of water and energy supply
and operational infrastructure building. Moreover, the few existing
Saint-Cyrien de la promotion units of the Engineer Brigade are over employed, leading to manpo-
Grande Armée (1981-1983), il wer problems. On the other hand, the growing tendency of mechani-
sert cinq ans au 71e RG puis zation of our combat engineer regiments has led to less and less sap-
commande une compagnie de pers for dismounted tasks and generate a heavy maintenance load.
combat au 11e RG. Facing also the future and probable commitments in built-up areas
and the new structure of the mechanized infantry regiments, the cur-
A l’issue de son temps de com- rent organization of our brigade engineer regiments has became
mandement et après une forma- inadequate.
tion à l’ESGM de Versailles, il
sert ensuite à l’EG de Limoges. The Army Chief of Staff decided therefore to implement a new orga-
nization for the engineer regiments. This restructuring has began last
Admis à l’EMSST, il est ingé- summer and will be achieved by summer 2004. What are the general
nieur diplômé de l’École natio- principles :
nale des ponts et chaussées en
1995. At the Engineer Brigade level (3 general support engineer regiments),
a new organization has been implemented in 2002. Two regiments
Breveté de l’enseignement mili- are now dedicated to force deployment general support (one regi-
taire supérieur après avoir suivi ment before), and encompass two water supply companies, two
les cours du CSEM (109e promo- energy supply companies and two operational infrastructure buil-
tion) et du CID (4e promotion), il ding companies. The former capabilities (river-crossing and counter-
occupe le poste de chef du BOI mining) still exist, but are reduced to two companies. The structure
du 19e RG de 1997 à 1999 et sert of the third regiment of the brigade (road and railways works)
également comme assistant remains unchanged.
militaire du général comman-
dant la DMNSE en Bosnie- The most significant change will occur in the brigade engineer regi-
Herzégovine. ments and will be implemented next summer. The eight regiments
will thereafter have the same structure, organized around one com-
Il est ensuite affecté jusqu’en mand and combat service support Coy, one combat support Coy and
2002 à l’État-major interarmées three identical combat engineer Coys. Each combat company will
de planification opérationnelle comprise one support platoon and three engineer platoons, with
de Creil, où il est l’officier de each three engineer squads (two squads before). The support provi-
marque des planifications et ded to the brigade (either heavy, intermediate or light brigade) will
engagements multinationaux be characterized by the assets of the support platoons at engineer
dans les Balkans, ainsi que pour Coy level and these of the support Coy at the engineer regiment
certains exercices interarmées level. The amount of heavy assets (CEV, AVLB) will be also reduced.
français et OTAN.
This restructuring will generate 64 more engineer squads, bringing
the amount of dismounted sappers squads to 27 per brigade engi-
neer regiment (from 14 to 24 today). It will also lead to a more
understandable and unique engineer structure at brigade level. The
employment of these new companies is now to be written, learned
and trained …

En juin 2001 et juin 2002 parais- le CEMAT a pris des décisions :


saient dans la revue SAPEUR les premières, relatives aux régi-
plusieurs articles décrivant les ments de la brigade du génie,
évolutions possibles des struc- sont entrées en application à
tures des régiments du génie. l’été 2002 ; les secondes qui
Les études ont depuis abouti et concernent les régiments des

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S A P E U R

brigades interarmes seront des brigades interarmes de combat et certains parcs de


mises en œuvre à partir de l’été (RGBIA) sont plus nombreuses. matériels seront réduits (EBG,
2003 « ternarisation ». En tout premier lieu, il fallait PAA et EFA).
Le visage de la composante bien reconnaître la faiblesse de
combat du génie est donc en l’effectif en sapeurs débarqués
train de changer et, si le bien (84 sapeurs à terre seulement LES NOUVELLES STRUC-
fondé de ces réorganisations est dans un RGBB, 120 dans un
généralement admis au sein de RGBLB). Outre un effet terrain
TURES : MISE EN APPLICA-
l’arme, il faut maintenant expéri- parfois peu significatif, cette fai- TION
menter les nouvelles structures, blesse structurelle était, pour
valider leurs capacités et codi- certains régiments, associée à Les régiments de la brigade du
fier leur emploi. A ce travail une mécanisation très impor- génie
interne, il faut ensuite ajouter un tante, induisant un ratio entraî-
Outre le 28e Groupe géogra-
travail pédagogique pour et nement/entretien des matériels
phique et le GDNBC (dont les
avec les unités interarmes peu satisfaisant. Enfin, cette
évolutions futures ne seront pas
appuyées, pour utiliser de façon situation s’accommodait mal
traitées dans cet article), trois
optimale le nouvel appui génie des nombreuses missions de
ainsi défini. régiments du génie composent
projections intérieures (et main-
la brigade d’appui spécialisée
tenant des missions communes
génie. Ils ont débuté leur
de l’armée de terre ou MICAT),
restructuration à l’été dernier ;
LES RAISONS DU CHANGE- qui nécessitaient de ré-articuler
les derniers mouvements
MENT : UN BREF RAPPEL en permanence les unités pour
s’achèveront avec le DUO 2003.
les adapter aux structures PRO-
Leur situation est rappelée ci-
Rappelons brièvement les prin- TERRE.
après.
cipales raisons qui ont motivé
ces restructurations, ainsi que Le génie est par ailleurs souvent
considéré comme une arme Le 1er RG dispose dorénavant
les contraintes auxquelles elles
compliquée. La diversité des d’une seule compagnie à 400 m
ont été soumises.
structures des régiments ne faci- de PFM et une section MATS
litait pas non plus leur lisibilité (contre deux compagnies à 300
Pour ce qui concerne les régi-
et leur compréhension de la part m auparavant), d’une compa-
ments de la brigade du génie,
de l’interarmes. Pour pouvoir gnie de contre-minage à six sec-
les études et le retour d’expé-
fonctionner efficacement, la tions (inchangée), d’une compa-
rience OPEX avaient montré
modularité – base de la généra- gnie infrastructure opération-
depuis plusieurs années l’insuf-
tion d’une force pour une opéra- nelle à trois sections (par
fisance des effectifs et des
moyens d’aide au déploiement tion – doit s’appuyer sur des transformation de la compagnie
dont disposait l’armée de terre briques simples à identifier. La de ponts fixes), et d’une compa-
pour ses opérations, quel que « ternarisation » visait aussi cet gnie électricité à quatre sections
soit le mode opératoire, coerci- objectif. (par transformation d’une com-
tion de forces ou maîtrise de la pagnie PFM).
violence. Pour certaines catégo- Mais c’est peut-être le cadre des
ries de personnel, cela se tradui- engagements futurs qui justifiait Pour le 2e RG, une seconde com-
sait également par un rythme le plus cette réorganisation. La pagnie eau (à deux sections) a
des projections OPEX trop probabilité croissante des enga- été créée par transformation de
élevé. gements en zone urbanisée et la compagnie sauvegarde-pro-
l’appui au combat débarqué tection et par le regroupement
La réorganisation des régiments d’une infanterie qui vient de des UMTE des RGBIA. Le choix
de la brigade du génie visait se « quaternariser » rendaient du regroupement de la spécia-
donc à doubler ses capacités nécessaire de modifier les struc- lité eau au 2e RG s’est fait au
d’aide au déploiement. La tures, afin de disposer d’un plus regard du petit nombre de
contrainte des effectifs a parallè- grand nombre de groupes de MATEM en service et des
lement imposé de réduire cer- combat pour appuyer au plus contraintes d’entraînement. Les
taines capacités comme le fran- près des unités de plus en plus autres compagnies restent
chissement logistique (PFM), dispersées et autonomes. inchangées (infrastructure opé-
d’en répartir certaines comme le rationnelle et électricité).
pontage fixe ou la sauvegarde- Toutes ces modifications vont
protection, et enfin de centrali- bien évidemment se faire à enve- Le 5e RG a vu la création de trois
ser la production d’eau (trans- loppe constante, et la « ternarisa- sections d’appui spécialisées au
fert des UMTE des régiments de tion » créera ainsi 64 groupes sein des trois compagnies de
génie des brigades interarmes). de combat supplémentaires sur travaux lourds ; l’harmonisation
l’ensemble des RGBIA. Paral- des structures de ces unités se
Les raisons qui ont conduit à la lèlement, trois régiments per- poursuivra à l’été 2003. La com-
« ternarisation » des régiments dront leur quatrième compagnie pagnie VF reste inchangée.

- 90 -
S A P E U R

Les capacités eau, infrastructure


opérationnelle et électricité de la
brigade du génie ont donc été
ainsi doublées. Permettant de
mieux répondre aux sollicita-
tions en terme de moyens, ces
aménagements permettent éga-
lement de mieux s’adapter au
rythme de projection de la bri-
gade (cycle à seize mois).

LES RÉGIMENTS DU GÉNIE


DES BRIGADES INTER-
ARMES
Les restructurations des RGBIA
débuteront à l’été 2003 (effort) et
devraient s’achever avec le DUO
2004. La structure retenue est
ternaire, différenciée seulement
suivant l’appartenance du régi-
ment à une brigade dite lourde
(BB ou BM) ou légère (BLB ou
BI). Il n’y aura dorénavant que
deux variantes de la compagnie
de combat du génie (CCG – voir
figure 1), elle-même articulée
autour de trois sections de com-
bat du génie à trois groupes Figure 2 : organisation des RGBIA
chacune, plus une section d’ap-
pui lourde ou standard suivant (11e BP) et 2e REG (27e BIM) s’ali- mises en œuvre.
le régiment. Le RGBIA « terna- gneront sur ces nouvelles struc-
risé » comportera trois DLRG tures. Pour le 17e RGP, cela se A l’été 2004, cette transforma-
renforcés, trois compagnies de traduira par la dissolution d’une tion portera la capacité de l’en-
combat identiques et une com- unité élémentaire et d’un DLRG ; semble des RGBIA à 216
pagnie d’appui (voir figure 2), les 6e RG (9e BLBMa) et 1e REG groupes de combat du génie
dont l’organisation et l’équipe- (6e BLB) perdront un DLRG cha- contre 152 aujourd’hui. Chaque
ment en matériel seront adaptés cun. A l’été 2004, le 6e RG et le RGBIA disposera alors de
à la brigade appuyée. La spécifi- 1er REG s’aligneront à leur tour 27 groupes de combat contre
cité de chaque régiment sera et perdront alors une unité élé- 14 à 24 aujourd’hui.
ainsi préservée. mentaire. Résultant de la dimi-
nution de certains parcs, des Pour ce qui touche aux équipe-
Ainsi à l’été 2003, les 13 RG e mesures d’ajustement et d’har- ments majeurs, l’essentiel des
(2e BB), 19e RG (7e BB), 3e RG monisation dans la fonction mouvements se fera à l’été
(1e BM), 31e RG (3e BM), 17e RGP maintenance seront également 2003. Le parc EBG sera réduit de
dix-huit engins qui constitueront
une réserve de maintenance
centralisée. Vingt PAA seront
retirés du service courant et
déclassés. Les UMTE des RGBIA
sont en cours de regroupement
au 2e RG. Chaque RG de brigade
lourde sera entre autres équipé
de douze EBG (dont trois desti-
nés à accueillir le futur système
de déminage pyrotechnique de
mines antichar), de quatorze
MPG et de quatre PAA. Les RG
de brigade légère resteront
équipés de vingt-six ou vingt-
sept MPG et de moyens spéci-
Figure 1 : structure des compagnies de combat du génie fiques.

- 91 -
S A P E U R

La répartition des EFA a quant à saire d’imaginer de nouveaux déploiement d’urgence, le trans-
elle fait l’objet d’une étude spé- modes opératoires rendus pos- fert des UMTE au 2e RG aura des
cifique tenant compte des capa- sibles par la présence d’un troi- conséquences sur la fourniture
cités des écoles de ponts, du sième groupe de combat au sein d’eau aux unités de premiers
binômage des brigades et du de la section du génie. échelons déployées sommaire-
prochain transfert du 13e RG au ment. La perte de savoir-faire
Valdahon. Ainsi les 19e RG, Par exemple en terme de partici- n’est pas à craindre, mais il faut
3e RG, 31e RG et 6e RG conserve- pation au combat de contact, aussi étudier les conditions de
ront chacun leur section à six l’appui au plus près des sections détachement de groupes UMTE.
EFA, tandis que le 13e RG et le d’infanterie quaternaires pour-
1er REG perdront la leur. Les RG rait se traduire par le détache- Ces quelques exemples mon-
des brigades légères conserve- ment d’un groupe de combat du trent bien l’étendue du champ à
ront leur matériel MLF au sein génie au sein de cette section. explorer et une étude sera pro-
d’une section organique. Les tâches qui pourraient lui être chainement lancée dans ce sens
confiées (appui à la progression, par la DEP de l’ESAG pour défi-
Le problème particulier de saisie de points-clés) nécessite- nir l’emploi et le commande-
l’équipement en VAB génie des ront des moyens nouveaux. Le ment de ces unités. Le but sera
nouveaux groupes de combat groupe de combat du génie de refondre totalement les
fait l’objet d’une étude par le pourrait aussi être séparé en manuels d’emploi de la compa-
CDES. Dans ce cadre et afin de deux escouades, quid alors des gnie et de la section de combat
doter ces groupes de leur véhi- moyens de commandement ? du génie (GEN 110 et 120). Les
cule de transport, la possibilité RG, dont certains possèdent des
d’équiper les chefs de section du Dans le domaine de l’appui à la savoir-faire spécifiques, seront
PVP (petit véhicule protégé) sera mobilité et dans le cas particu-
bien évidemment associés à
évaluée. lier du franchissement de cou-
cette étude. D’autres réflexions
pure humide, l’organisation
sur le plan des équipements
habituelle s’accommodait d’un
futurs viendront ensuite (EGA-
groupe de combat sur chaque
UNE NÉCESSAIRE RÉFLE- COD – engin génie d’aide au
rive, voire dans certain cas d’un
XION SUR L’EMPLOI DE CES combat débarqué notamment).
unique groupe. Cette organisa-
NOUVELLES UNITÉS tion est maintenant à revoir : la
Ce travail de réflexion et de pro-
section de combat à trois
Au-delà des mesures d’organi- duction documentaire devra
groupes pourrait-elle se voir
sation précédemment citées qui confier plusieurs points de fran- être doublé d’un travail de fond
seront mises en œuvre par la chissement ? Ou faudrait-il réor- de la part des RGBIA pour infor-
DPMAT, il est important mainte- ganiser la CCG pour une telle mer les régiments appuyés et
nant de prendre en compte ces opération ? les habituer au nouveau visage
nouvelles structures et de réflé- du génie. Ne nous y trompons
chir aux nouvelles possibilités En matière de contre-mobilité et pas, à l’heure où l’infanterie étu-
d’emploi. dans le cadre de la réalisation die comment faire remplir des
d’un plan d’obstacles, une sec- missions génie par ses sections
Il s’agira d’abord de quantifier tion de combat du génie se (franchissements verticaux, cir-
les capacités brutes des nou- voyait généralement attribuer culations horizontales, mise en
velles CCG à 9 groupes ; cette un unique itinéraire de œuvre de charges spéciales), ce
tâche sera aisée. Il s’agira manœuvre sur lequel elle réali- travail de sensibilisation est pri-
ensuite et surtout de balayer sait « traditionnellement » deux mordial. Les exercices AURIGE
l’ensemble des missions du obstacles de manœuvre. Faut-il (prise en compte des nouvelles
génie et de vérifier les tâches maintenant porter la norme à structures dans les ordres de
génie que nous connaissons trois obstacles de manœuvre bataille d’exercice) ou les pas-
pour se poser des questions en sur un itinéraire ou au contraire sages au CENTAC et bientôt au
terme d’articulation des unités, imaginer confier plusieurs itiné- CENZUB (centre d’entraînement
d’organisation du commande- raires de manœuvre à une au combat en zone urbanisée),
ment, de renforcements et même section ? tout comme la prise en compte
d’adéquation des moyens aux des MICAT, constitueront d’ex-
missions. Il sera aussi néces- Dans le domaine de l’aide au cellents moyens ou occasions.

- 92 -
S A P E U R

Lt-Colonel La modernisation des lots


Didier
LEMIRE de groupe de combat
The STAT/MOB undertook to modernize the equipments of the engi-
neer combat groups. The purpose of this operation is to put in cohe-
rence the means with the current nature of our engagements which
lead us to intervene within the framework of missions more varied
Origine – Diplôme mutch than formerly.

Saint Cyrien – BEMS/T Work results, on the one hand, re-examining the composition of
many batches in equipment and, on the other hand, in creating new
batches to carry out new missions (asistance with the populations,
control of crowd, etc.). The new needs will be validated by the EMAT
Affectations successives in the current for this summer. The objective is to set up the new
batches en 2004 – beginning 2005 within the framework of a market
1991-1995 : Scolarité EMS 2 to be passed by the DCMAT.

1995-1997 : Chef de BOI au


71e Régiment du génie
Étroitement liée à l'action et aux groupes de combat les moyens
1997-2001 : Officier traitant au dispositifs terrestres, la compo- leurs permettant :
Bureau Logistique de l’EMAT
sante « combat » du génie inter-
• d'appuyer les actions de sous-
vient principalement au profit
Depuis 2001 : Coordinateur tech- groupements interarmes
des forces pour participer au
nique et officier de programme engagés dans des opérations
combat de mêlée, pour organi-
au groupement mobilité de la de combat en zone urbaine ;
ser, installer et entretenir dans la
Section technique de l’armée de
durée leur zone de déploiement • de disposer d'une réelle
terre.
et pour participer aux actions capacité d'intervention en
civilo-militaires. milieu urbain grâce à la mise
en place de matériels
Les récentes projections inté- modernes, performants et
rieures ou extérieures ont mon- adaptés ;
tré le manque d'adéquation des
• de disposer d'une capacité
équipements mis en œuvre par
minimale d'intervention au
les groupes de combat et la profit de populations sinis-
nature actuelle des engagements trées.
en zone urbaine notamment. Par
ailleurs, la ternarisation des uni- Ces travaux sont menés de
tés du génie accentue encore les façon pragmatique en faisant
lacunes constatées. remonter très largement les
besoins des formations par le
Il est donc apparu indispensable biais du retour d'expérience.
de procéder, non seulement à C'est ainsi que les capitaines en
une modernisation des lots de stage au centre de formation
groupe et des sections de com- des commandants d'unité
bat dont la constitution répon- (CFCU) ont été mis à contribu-
dait aux besoins de l'engage- tion afin de cerner précisément
ment Centre-Europe, mais aussi les besoins des sections ; cette
d'en définir et développer de étude a été finalisée par le capi-
nouveaux, mieux adaptés aux taine RODRIGO (ESAG/DEP).
conditions d'engagements ac-
tuelles (OPEX et OPINT). Tout d'abord, il est apparu indis-
pensable de revoir la composi-
LES ETUDES tion de nombreux lots existants.
Sans être exhaustifs, les
Cette modernisation des lots a exemples suivants donnent
été entreprise dans un souci quelques idées sur la nature des
constant de procurer aux évolutions :

- 93 -
S A P E U R

• le lot d'apparaux pour ma- Succinctement, ces nouveaux équiperont les compagnies IO
nœuvre de force sera complété lots donnent des capacités : des RGBIA et, d'autre part, des
par des tripodes de levage systèmes d'atelier de campagne
• de fourniture d'énergie élec-
d'une capacité de 750 kg ; d'aide au déploiement opéra-
trique à partir d'un groupe
tionnel (SyACADO) qui équipe-
électrogène de 3,5 kW ;
ront les 1er et 2e RG à l'horizon
• d'éclairage de chantier ; 2004 - 2005.
• de débroussaillage ;
• de marquage de zone ;
• d'investigation verticale ;
• d'évacuation d'eau ;
• de traitement d'objets
suspects ;
• etc.

Syacado

Par ailleurs, dans cette période


de consolidation de la profes-
sionnalisation, il est apparu
important de mettre en place
des équipements individuels
Tripode spécifiques au profit des
sapeurs de combat afin d'amé-
Hook liorer leur efficacité. Ces der-
• le lot d'outils pour groupe de niers seront donc équipés d'une
combat disposera en plus Enfin, un état des lieux a montré trousse individuelle contenant,
d'un ensemble lance ther- que les dotations des forma- entre autre, un outil multifonc-
mique portable, d'un perfora- tions dans ce domaine étaient tions de type « GERBER », ce qui
teur sans fil et d'autres outils très disparates ce qui nécessite leur conférera la capacité d'exé-
électriques. S'y ajouteront d'harmoniser entre chaque for- cuter immédiatement des actes
également des moyens de mation les moyens mis à la dis- techniques simples.
débroussaillage ; position des groupes de combat.
• etc. L'ECHEANCIER
Le nombre de lots à mettre en
place dépasse largement les Cette opération en cours consti-
capacités d'emport du groupe tue l'une des priorités de l'EMAT
ou de la section de combat. Il qui a mis en place les finance-
sera donc indispensable d'opti- ments nécessaires. Cependant,
miser l'équipement de chaque toute nouvelle opération néces-
groupe de combat en prévision site des délais imposés par l'ap-
de ses missions. Ceci nécessi- plication du code des marchés
tera de grandes capacités publics. C'est ainsi que lorsque
d'adaptation pour les groupes les besoins auront été validés
de combat et d'anticipation pour par l'EMAT cet été, la DCMAT
les sections, les compagnies devra passer des marchés qui
voire les niveaux supérieurs. ne pourront se concrétiser au
Lance thermique mieux, qu'au début de l'année
Afin de conférer aux groupes de 2005.
Ensuite, les nouvelles missions combat leur pleine efficacité,
génèrent de nouveaux besoins seuls des matériels de qualité En attendant l'arrivée des nou-
que les moyens actuels ne peu- professionnelle entreront dans veaux lots, la DCMAT s'atta-
vent satisfaire. De nouveaux lots la composition des lots. De plus, chera à répartir et compléter les
ont donc été définis pour confé- pour des besoins de soutien, la lots existants conformément
rer aux groupes les capacités plus grande cohérence sera aux besoins qui auront été
d'intervention dans le cadre de recherchée entre les outils des exprimés.
l'aide aux populations (inonda- lots de groupe et ceux entrant
tion, etc.) ou pour d'autres dans la composition, d'une part,
actions comme le contrôle de des ateliers de campagne d'aide
foule par exemple. au déploiement (ACAD) qui

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S A P E U R

Lt-Colonel LE SIR GENIE


Jean-François
BERIARD
The SIR program is made up of a specific part dedicated to the « engineer » functiona-
lities that allows the engineer commander to propose the employment of its forma-
tion and to his subordinates to follow the implementation of all engineers means. The
SIR system is based on products and materials on the shelves, with a minimal adapta-
tion bound to constraints of environment of the battle field. The « engineer » SIR is the
Le Lieutenant-colonel Jean- result of a functional analysis whose objective was to study the flow and the content
François BERIARD est le chef of exchanges in accordance with engineer missions defined in the GEN 100. This finds
du Bureau Etudes Technico- expression in the creation of an operational document titled « engineer dual-purpose
Opérationnelles à la Direction plan » that covers information, structured in 3 particular plans of which each regroups
des Etudes et de la Prospective the major missions to do in a war time. No engineer functionality has been integrated
de l’ESAG depuis 1999. into the SIR version 1 because of the choice to be interoperable within NATO forces in
the framework of engineer Information Exchange Requirements (IER) and especially
Il a commandé le CM 115 de with stanag 2430 (AENGRP-2 (A) Land forces combat engineer messages).
Thorée les Pins en 1996. These principles and procedures enable now French engineers to carry out their role in
combined arms operations.
Précédemment il a été comman-
dant d’UEL au 3e RG, chef de BOI The « engineer » SIR software allows, for example, the engineer commander to disse-
du 32e RG puis commandant de minate information relating to task reconnaissance or execution, to disseminate infor-
division à l’ESAG (Capitaines et mation relating to existing friendly and enemy obstacles and future friendly obstacles,
sous-officiers). to order preliminary and/or reserved demolitions, to disseminate information relating
to all general engineer support, to disseminate information relating to mobility, coun-
ter-mobility, …..
Every battalion commanding post will be equipped with a couple of 2 Shelters. Each is
fitted with 2 SIR workstations, 3 PR4G radio stations. It will be able to provide 4 links
upwards and 2 downwards in data transmission and in radiotelegraphy. Every ele-
mentary unit commander will to have at one's disposal one SIR VAB.
The 2.1 version of the software, including engineer functionalities, has been delivered
to schools during the year 2002. Meanwhile an experimental brigade is testing it on
the field in order to improve it.
The SIR program is composed of a specific part dedicated to the « ENGINEER » func-
tionalities that allows the engineer commander to propose the employment of its for-
mation for the manœuvre and to his subordinates to follow the implementation of all
engineers means. The SIR system includes some specific versions especially for infan-
try, armoured weapon, ENGINEER, information, support…). The « ENGINEER » SIR is
the result of a functional analysis whose objective was to study the flow of exchanges
and the content of information to exchange in accordance with the engineer missions
which are defined in the GEN 100.
The basic operational document is titled « engineer dual-purpose pla » and covers all
the informations, structured in 3 particular plans. The number 1 of this software didn't
integrate any engineer functionalities because of the creation of stanag 2430 (engineer
NATO digitalized process).
The « ENGINEER » SIR is built around a simple function : within the « engineer dual-
purpose plan » you can create a special tracing with a thumbnail allowing to draw obs-
tacles. These obstacles are automatically geo-referred and calculated by comparison
with a memento.
This graphic interface allows to automatically set up messages such as a recce order,
an operational order or specific report.
Every battalion commanding post will be equipped with a couple of 2 Shelters. Each is
fitted with 2 workstations, 3 PR4G stations piloted by a communication service centre.
It will be able to provide 4 links upwards and 2 downwards in data transmission and in
phonie (radio of fight). Every elementary unit commander will have at one's disposal a
SIR VAB equipped with 1 workstation and 2 PR4G stations. The 2.1 version of the soft-
ware has been delivered in schools during the 2002 year. An experimental brigade tes-
ted it on the field. The SIR is part of the concept of digitalized of the battle space. The
« ENGINEER » SIR is a link that contributes by its performances to optimize the
employment of engineers units and to make easier the implementation of its means.

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S A P E U R

Successeur du SIRGEX (1), le pro- • l'appui direct (participation Il peut ensuite servir à :
gramme SIR génie (Système au combat de contact, appui
• rédiger l’ordre DU génie,
d’Information Régimentaire) per- à la mobilité, appui à la
mettra d’une part au conseiller contre mobilité, et aide au • suivre l’état d’avancement
génie de proposer un emploi opti- déploiement d'urgence). des travaux,
mal de ses unités et d’autre part • gérer les incidents éventuels
• l'appui général (aide au
aux commandants de formations et les conséquences sur la
déploiement, appui aux
engagées sur le terrain de suivre déplacements, rétablisse- planification retenue.
la mise en œuvre de leurs ment de zone)
moyens.
UN TEMPS D’AVANCE
Au sein du SIR « Génie », cela se
Le programme SIR est destiné à traduit par la création d’un docu- Contrairement à ce qui avait été
l'exercice du commandement du ment opérationnel intitulé « plan initialement envisagé, la version
régiment et des unités subordon- mixte génie » (voir encadré) qui 1 du SIR n’a intégré aucune
nées engagés dans un contexte regroupe les informations liées fonctionnalité génie, car le choix
interarmes au sein d'une grande à la mission générale du génie, a été fait de privilégier l’incorpo-
unité ou d'un groupement de structuré en 3 plans particuliers ration du contenu du stanag
forces. Il s'intègre dans le cadre dont chacun regroupe les mis- 2430 gérant l’ensemble de la
du système d'information de com- sions majeures à effectuer dans messagerie génie de l’OTAN. En
mandement de l'armée de terre un cadre espace-temps. effet, ce stanag tout à fait essen-
française. tiel en matière d’interopérabi-
lité, a dû faire l’objet d’une ana-
Le SIR permet le traitement PLAN MIXTE GÉNIE lyse détaillée pour adapter son
rationnel de l'information et sa contenu aux besoins spécifiques
valorisation, la réduction des Plan particulier d’appui à la mobilité du génie français. C’est ainsi
délais de transfert de l'informa- que les 52 messages initiaux ont
tion, l'allègement des tâches de Plan particulier d’appui à la contre-mobilité permis de constituer l’ossature
routine, la préparation de mis- des messages génie échangés
sions, de mise en œuvre de sys- Plan particulier d’appui à la l’aide au déploiement entre nos différents systèmes
tèmes d'armes et l'élaboration de d’information (numérotés de 1 à
synthèses tactiques et logistiques. 16) et décrits ci-dessous.
Ce document permet :
Le système SIR fait largement Cette opportunité a permis de
appel aux produits et matériels du • d’élaborer le plan des recon-
placer d’emblée l’outil génie du
commerce, avec une adaptation naissances terrain,
SIR au cœur des besoins recen-
minimale liée aux contraintes • de définir les travaux à exécu- sés dans le cadre de la numéri-
d'environnement du champ de ter, sation de l’espace de bataille.
bataille. Il comporte notamment
des versions spécifiques par arme • de concevoir une hypothèse
de planification de ces tra-
(infanterie, arme blindée, ALAT,
vaux,
GENIE, renseignement, sou-
tien…). • d’arrêter l'emploi des moyens
génie.
Le SIR « GENIE » est le résultat
d’une analyse fonctionnelle dont
l’objectif a été d’étudier, quels que
soient les niveaux et types d’uni-
tés, quelles que soient les posi-
tions opérationnelles (conservé
aux ordres, détaché), et quelle
que soit la phase de la manœuvre LE MEMENTO GENIE : UNE
(conception- élaboration d’ordres AIDE A LA DECISION
– conduite), l’ensemble des flux
d’échanges et leur contenu. Le mémento génie est un docu-
ment de référence qui décrit,
pour chaque obstacle et/ou
ARCHITECTURE GENERALE
ouvrage, les moyens et les
Les missions du génie définies délais nécessaires pour réaliser
dans le GEN 100, « concept un travail/tâche génie. Dans le
d’emploi du génie », comportent cadre de l’exécution de missions
deux volets : nécessitant la réalisation d’obs-

(1) SIRGEX : Système d’Information Régimentaire du Génie Expérimental

- 96 -
S A P E U R

D’AUTRES FONCTIONNALITES par un serveur de communica-


tion. Il pourra assurer 4 liaisons
A partir de cette interface gra-
phique le logiciel sert en plus à vers le haut et 2 vers le bas en
composer automatiquement les TD (transmission de données) et
messages d’ordre de reconnais- en phonie (radio de combat).
sance, à de pré renseigner les Chaque commandant d’unité
champs de l’ordre du génie, à
créer des tâches, à planifier des élémentaire sera équipé d’un
travaux au travers d’hypothèses VAB SIR ou d’un ATM (UCL).
de planification, à suivre l’état
d’avancement de chaque obs-
tacle/ouvrage, à faire des
comptes rendus d’incidents et
tacles, on peut obtenir de surtout à tenir à jour la situation
manière automatique, au pro- terrain de l’unité appuyée.
rata de la géométrie de l’obs-
tacle (linéaire ou surfacique), les ORGANISATION MATERIELLE
conditions de sa réalisation.
SUR LE TERRAIN
Cette opération se poursuit pour
l’ensemble du plan d’obstacles Chaque PC régimentaire du
et débouche sur un tableau de génie sera doté de 2 ensembles CONCLUSION
synthèse (le TESM : Tableau PC composés chacun de 2 ATM
d’Emploi et de Suivi des La version 2.1 du logiciel a été
15 (abri technique mobile). Il dis-
Moyens), qui permet de faire le livrée dans les écoles à l’au-
bilan du souhaitable par rapport posera de 2 stations de travail tomne 2002. Dans le même
au possible. SIR, de 3 postes PR4G pilotés temps, elle a fait l’objet d’une
validation opérationnelle lors
LE PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT d’un exercice à Mourmelon au
cours duquel la 2e brigade blin-
dée et une unité du 13e RG ont
Arrêtons nous un instant sur le mécanisme de fonctionnement du expérimenté l’ensemble du sys-
logiciel. tème (logiciel, véhicules,
La réception d’un OPO (2) de l’échelon supérieur et/ou d’un moyens de communication). Les
FRAGO (3) génère automatiquement un Plan mixte génie. enseignements tirés de cet exer-
cice doivent permettre d’amélio-
Ce plan mixte se traduit concrètement en IHM (interface homme rer le produit.
machine) par un calque spécifique.
Pour illustrer ce propos, admettons que nous ayons une mission
de contre mobilité à remplir.
Cette mission fixée par le supérieur (brigade par exemple), est
reprise par l’officier traitant du niveau PC régimentaire qui appelle
le calque correspondant au plan particulier de contre mobilité.
Il délimite alors sur son fond de carte une aire géographique qui
correspond à la zone dans laquelle cette mission devra être réali-
sée.
Celle-ci pourra elle-même être découpée en plusieurs zones et
affectée chacune à une unité élémentaire.
Pour ce faire, il dispose sur ce calque d’une palette d’icônes repré- Le SIR n’en est qu’à ses débuts.
sentant tous les symboles des obstacles de contre mobilité Sa composante génie est un
(champs de mines, fossé antichar, abattis, ….). maillon qui concourt, par ses
performances, à optimiser l’em-
Il lui suffit alors de choisir une icône, de dessiner sur la carte le
ploi du génie et la mise en
contour du ou des obstacles voulus. Leur fiche descriptive se rem-
œuvre de ses moyens.
plit automatiquement en reportant notamment les coordonnées.
Cette opération sert à définir la trame de l’ordre de reconnais-
sance qui sera donné à chaque unité élémentaire.

(2) OPO : Operation order : ordre d’opérations


(3) FRAGO : Fragmentation order : ordre de conduite

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Chef de Le nouveau concept allemand


bataillon
Xavier
BREHIER
de la Streitkräftebasis ou
« base interarmées des forces »
et son génie
The reform of the Bundeswehr is ongoing since 2000 with a theoreti-
Issu de l’EMIA, promotion LTN cal completion by 2005. One of the goals of the governments force
Bernard Delattre de Tassigny rationalisation plan was to strengthen the joint support, while main-
(1984-85), le CBA BREHIER sert taining the conscript system.
successivement au 3e régiment
du génie de CHARLEVILLE Thus the SKB was created as an entity equivalent to the Army, the
MEZIERES, au 13e régiment du Navy or the Air Force, even if they do not have their own uniform,
génie de TREVES où il prend le own formation system or own personnel management system. The
commandement de la 5e compa- strength of the SKB were taken from the Army (70 %), the Air Force
gnie de combat et d’appui de (22 %) and the Navy (8 %) building a force of roughly 50,500 soldiers
1992 à 95, puis à l’école supé- and 20,000 civilians under the command of Vice Admiral HEISE. Their
rieure et d’application du génie. joint missions are either on home territory or abroad. It includes joint
operations planing, joint logistic support, joint coordination for intel-
Affecté en 2000 comme officier ligence, electronic warfare, command support, military police, NBC
de liaison terre à la defence, CIMIC, infrastructure, training and education. All the territo-
Pionierschule de MUNICH, son rial staffs do not belong to the Army any more but to the SKB, which
accréditation couvre aussi could manage some 80,000 reservists, as compared to the 70,000
ENTEC (Euro Nato Training reserve soldiers of the Army.
Engineer Center ou centre d’in-
ter-opérabilité du génie de The German Engineers are also facing this reform. The branch now
l’OTAN en Europe) et l’ABCSeS has Engineers of the Army and Engineers of the SKB, who serve in
(école de défense NBC) de SON- staffs or units such as the 3 newly created “Spezialpionierbatallion”
THOFEN en ALLEMAGNE. which are in 2 SKBs’ Logistic Regiments. These battalions have
Camp Construction and Maintenance Companies dedicated to build
and support field camps of 1.800 soldiers, and pipe-line companies
dedicated to support the NATO pipe-line or to deploy abroad.
SKB or Army, the Engineers still have the same school and the same
combat development wing, but the future of this unity is not assured.
In any case, Engineers are more and more needed for force projections.

La Bundeswehr subit une La volonté d’interarmisation du


réforme depuis 2000, la plus soutien se traduit dans les faits
importante depuis sa création, et par la création en octobre 2000
qui court jusqu’en 2005. Cette d’une nouvelle entité compa-
réforme voulue par le gouverne- rable aux armées allemandes de
ment se place dans un cadre de terre, de mer et de l’air : la
rationalisation en vue d’amélio- Streitkräftebasis (SKB ou base
rer son fonctionnement et de interarmées des forces).
gagner en rentabilité.
Après avoir vu ce que représente
Elle se caractérise essentielle- la SKB et ses missions, nous
ment par 3 axes qui sont, outre nous arrêterons plus longue-
une réduction des effectifs des ment sur sa composante génie.
forces armées (de 340.000 à
282.000 personnes) tout en
pérennisant le service militaire,
l’externalisation de certaines
charges, une nouvelle politique
de développement des matériels
militaires et surtout une volonté
d’interarmisation du soutien.

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La SKB répond à une volonté de réservistes, devançant l’armée Nouvellement créé à partir du
recentrer les armées sur leurs de terre qui n’en compte plus génie de l’armée de terre, le
missions tout en économisant que 70.000 pour sa montée en génie du SKB a pour mission
des effectifs, en éliminant les puissance. l’appui opérationnel des forces
redondances de personnel et de la Bundeswehr ; cet appui se
d’installations dédiés aux La SKB comprend 2 commande- décline en construction et exploi-
mêmes types de missions essen- ments principaux avec : tation de camps de campagne,
tiellement de soutien, de forma- • le Streitkräfteunterstützungs- construction et exploitation de
tion, de commandements inter- kommando (commandement pipe-lines, organisation de ré-
armées et territoriaux. des troupes de la SKB) gérant seau pipe-line, autres missions
environ 42.000 militaires et territoriales (avec par exemples :
Tant en paix sur le territoire 13.000 civils le réseau pipe-line de l’OTAN en
national qu’en opération exté- • le Streitkräfteamt (office des ALLEMAGNE).
rieure, son champ d’action forces) chargé de la compo-
s’étend - pour tout ou partie - de sante organisationnelle, ins-
la planification à la conduite des truction et spécialisée avec
opérations interarmées, au sou- environ 51.00 militaires et
tien logistique interarmées des 2.000 civils.
unités, à la coordination de l’en-
semble des missions interar- La SKB a aussi en charge certains
mées dans les domaines du ren- organismes et commandements
seignement, de la guerre interarmées comme le nouvel
électronique, de l’aide au com- Einsatzführungskommando (centre La réforme voit donc pour le
mandement, de la police mili- opérationnel des forces armées) génie allemand à l’instar des
taire, de la défense NBC, de l’in- qui relève pour emploi directe- autres armes, certes une réduc-
formation opérationnelle, du ment du ministre de la défense tion de ses effectifs (de 15.500
soutien militaire géographique, mais qui est géré par la SKB, à 10.000 sapeurs), mais une
de la coopération civilo-militaire, l’école d’état-major et de la police augmentation de ses sapeurs
des infrastructures, du soutien à militaire, les deux universités de la « projetables » (de 5.500 car-
l’instruction, et de la formation. Bundeswehr ou les états-majors rières-contrats à 6.500 carrières-
territoriaux des WBK. contrats-VSL). Trois axes ma-
La SKB a aussi repris à son jeurs ont orienté la réforme de
compte la responsabilité territo- La variété et l’importance des
ses structures :
riale en Allemagne avec les domaines d’action relevant de la
SKB énumérés ci-dessus confir- • En appui général, création de
commandements territoriaux la Pionierbrigade 100 (brigade
des 4 Wehrbrereichskommando ment son rôle majeur au sein de
la Bundeswehr à égalité des du génie n° 100) en substitu-
(ou régions terre) sur les 7 WBK tion des 7 brigades du génie
existant avant la réforme, ainsi autres armées tant sur le terri-
toire fédéral qu’en OPEX puisque existant auparavant. Cette
que leurs unités activées et uni- nouvelle brigade est à 2
quelques 27.500 militaires sont
tés de réserve rattachées. bataillons types génie combat
classés comme Reaktionkräfte
Avec quelques 50.500 militaires (forces de réaction disponibles et 2 bataillons types appuis.
et 20.000 civils, le vice-amiral pour les OPEX), ce qui conforte • L’appui génie direct des bri-
d’escadre HEISE, Inspekteur le rôle de cette entité comme gades IA a été renforcé avec
(assimilable à chef d’état-major) force projetable. la création de bataillons du
de la SKB est bien à la tête d’une génie blindé en substitution
équivalente quatrième armée, des compagnies blindées du
aux côtés du service de santé, si génie de brigade.
l’on considère ses missions, ses • Enfin, mais définitivement en
effectifs et sa position dans l’or- dehors des structures de l’ar-
ganigramme de la Bundeswehr. mée de terre, trois
« Spezialpionierbataillon »
La SKB ne reste cependant (SpezPiBtl ou bataillons spé-
qu’une entité car elle ne possède ciaux du génie) ont été créés
pas en propre d’uniforme, ni au sein de la SKB.
d’organismes de formation ou
de gestion du personnel. Les missions générales du génie
du Heer (armée de terre alle-
Les effectifs de la SKB sont mande) sont l’appui génie direct
répartis entre 70 % venant de et l’appui génie général avec les
l’Armée de Terre, 22 % de 3 missions générales qui restent
l’Armée de l’Air et 8 % de la dans l’ordre l’appui à la mobilité,
Marine. En cas de mobilisation, l’aide au déploiement puis la
la SKB gère 80.000 postes de contre-mobilité.

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Le génie allemand est donc Le concept allemand de camp dommages dus aux forces,
maintenant partagé entre l’ar- prend en compte les fonctions répertoire et entretien des points
mée de terre et le SKB. Au sein logement, santé, alimentation, de passages, suivi du pipe-line
de cette entité, le génie, outre énergie, foyer / ordinaire, laverie, OTAN en Allemagne, participa-
tous les postes individuels d’in- bureaux et containeurs spécialisés tion à la protection de l’environ-
frastructure ou d’état-major, pos- types armurerie ou cabines de nement, etc.).
sèdera 3 SpezPiBtl inclus dans 2 téléphones. La Bundeswehr dis- Quelques sapeurs font évidem-
des 3 régiments logistiques des pose actuellement de conteneurs ment partie du bataillon CIMIC
WBK. La séparation pose des pour installer environ 4500 sol- de la Bundeswehr qui n’est pas
problèmes d’unicité de l’arme et dats, les orientations futures étant une unité génie, mais interar-
implique de facto le glissement de 7500 soldats en 2004, puis une mées et qui appartient au SKB.
d’une part de ses missions et « équivalent division » soit 16500 Enfin, en cas de menace
effectifs vers la fonction logis- soldats pour l’horizon 2011… majeure, les régions militaires
tique, puisque ces bataillons mettraient sur pied, à l’instar de
sont structurellement inclus au Les missions des unités de pipe- l’armée de terre, des bataillons
sein de régiments logistiques. lines sont le soutien à l’approvi- de réserve dont du génie, la
Cette confrontation génie – logis- sionnement en carburant au tra- réforme du concept de mobilisa-
tique/arme du matériel existe vers de : tion étant toujours en cours.
d’ailleurs déjà pour les spéciali-
a) construction jusqu’à un total
tés de déminage/dépollution/ L’école du génie allemand,
de 17.5 KM de pipe-line en
neutralisation d’engins explosifs implantée à MUNICH, reste pour
campagne - en utilisant les
stocks de la Bundeswehr -, l’instant le centre de formation et
L’ensemble de ces trois batail- d’études et prospectives unique
lons représente 2440 soldats de l’arme. La formation de tous
dont 2120 sapeurs originaires de les sapeurs cadres et spécialistes
l’AdT allemande, le reste appar- faisant partie du Heer ou du SKB
tenant à la Luftwaffe (armée de est donc du ressort de la
l’air) lui donnant une capacité Pionierschule, laquelle appar-
propre d’installation d’infrastruc- tient toujours à l’armée de terre
ture en conteneurs, mais non allemande. Sa DEP travaille au
d’aide au déploiement, faute de profit des deux composantes,
moyens d’organisation du ter- préparant l’avenir de l’arme
rain, par exemple, qui restent orienté actuellement fortement
spécifiques génie du Heer. b) entretien et intervention sur vers les forces moyennes de pro-
les installations d’approvion- jection.
nement de carburant en opé-
ration, SKB ou Heer, l’unicité de l’arme
c) interventions sur le réseau reste une volonté même si cet
pipe-line de l’OTAN en ALLE- avenir n’est pas assuré. Le géné-
MAGNE. ral KULACK, commandant la
Pionierschule et « inspecteur du
génie » définit le génie comme
force multiplicatrice en engage-
ment au profit d’autres armes ou
Un de ces SpezPiBtl sera unique- armées. Tout à la fois selon la
ment composé de quatre compa- définition allemande « soldat,
gnies de camps alors que les aide, pionnier et spécialiste », le
deux autres mixeront trois com- sapeur allemand qu’il soit de l’ar-
pagnies de camp et deux de mée de terre ou de la nouvelle
pipe-lines. Une « compagnie de base interarmées des forces, ser-
camp » est « taillée » pour vant des matériels adaptés et en
construire et entretenir un camp constante évolution, devient de
Chaque commandement de VBK
de 1800 hommes. plus en plus incontournable et
(Verteidigungsbezirkskommando
ou district de défense) au sein déterminant au sein de forces
des régions militaires (WBK) a projetées.
une cellule génie et un groupe
génie qui prennent en compte
les missions territoriales du
temps de paix, comme de crise
et du temps de guerre (liaison
avec les organismes civils, les
missions NEDEX, traitement des

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