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VIENT DE PARAÎTRE

Un ouvrage consacré aux démineurs

Ce superbe livre présente pour


la première fois tous les démi-
neurs français, qu’ils soient
militaires des groupes NEDEX,
du génie de l’armée de terre ou
plongeurs-démineurs de la
marine nationale, policiers de la
sécurité civile ou du laboratoire
central de la préfecture de
police de Paris ou encore civils
participant aux missions inter-
nationales de déminage humani-
taire. Au travers d’images
exceptionnelles, d’un texte
informatif très complet et de
récits vécus, vous découvrirez
dans cet ouvrage remarquable
le quotidien, les actions et les
matériels de ces spécialistes qui
exercent un métier à haut risque
où la moindre erreur peut être
fatale.

Un DVD présentant un repor-


tage exclusif sur les démineurs
est inséré dans cet ouvrage.
Format : 24,5 x 28 cm, 168 pages couleurs,
couverture rigide avec jaquette, DVD exclusif
inclus. Prix public à parution 49 €
Texte du commandant Patrice Ventura
Photographies de Bruno Bosilo, Éric Bouvet,
José Nicolas et Philippe Poulet
Vauban • la Lettre du génie
ÉDITORIAL

GÉNÉRAL DE BRIGADE
JEAN PIERRE TESAN
Commandant l’École supérieure et d’application du génie
Angers

2007, L’ANNÉE VAUBAN

C ette nouvelle année revêt une dimension particulière


pour notre arme, qui célèbre le tricentenaire de la mort de
Vauban. L’École supérieure et d’application du génie d’Angers,
maison-mère de l’institution, marquera d’une pierre blanche cet anniversaire, en participant à
l’organisation d’un colloque dédié au fondateur du génie les 25 et 26 janvier à l’école militaire. Une
journée Vauban aura lieu fin juin à Angers, en remplacement de la traditionnelle convention. L’édition
d’un timbre et la frappe d’une monnaie à l’effigie du maréchal marqueront également ce tricentenaire.

Le passage à la nouvelle année est l’occasion de vous soumettre, à travers ce troisième numéro de
la revue Vauban, la Lettre du génie, une maquette au goût du jour. La présentation, plus dynamique,
accordant une plus large place aux illustrations, concrétise notre volonté de transformer la revue en un
magazine d’actualité.

Cette modernisation de la maquette s’accompagne d’une refonte des rubriques, désormais classées
par thèmes, tout en préservant un équilibre entre les différentes spécialités de l’arme. L’actualité des
anciens du génie conserve également une place de choix.

Chaque numéro fera dorénavant l’objet d’un dossier spécial. Le premier est consacré au
Tadjikistan, pays d’Asie centrale où le génie est présent à titres divers, notamment dans le cadre d’une
mission de déminage qui a coûté la vie en avril 2006 à l’adjudant-chef Sarrazin, sous-officier de
l’ESAG. Nous voulons, à travers ce numéro, lui rendre hommage, ainsi qu’à tous les sapeurs qui
accomplissent dans ce pays une mission salutaire au service de la population locale.

Meilleurs vœux à tous.

–3–
Vauban • la Lettre du génie
MOT DE LA FNG

GÉNÉRAL DE CORPS D’ARMÉE (2S)


FRANÇOISE
président de la FNG

L’ année 2006 a été, pour notre Fédération, une année


riche en événements : rapprochement entre Vauban et la Lettre
du génie pour former Vauban-la Lettre du génie, refonte des
statuts et naissance de la Fédération nationale du génie, adhésion de la Fédération nationale des
anciens sapeurs-pompiers de Paris (FNASPP), création de la Réunion des associations nationales de
l’armée de terre (RANAT).

L’année 2007 ne sera pas moins dense. Outre les échéances électorales (élections présidentielles
et législatives), l’année 2007 est celle de notre congrès national à Besançon, les 21, 22 et
23 septembre, qui, en plus du renouvellement de notre Conseil d’administration, nous permettra de
montrer notre cohésion et de rencontrer les 13e et 19e RG et l’EG de Besançon mais également de nous
associer aux manifestations commémorant le tricentenaire de la mort de Vauban. Ces manifestations
lancées par un colloque à l’École militaire les 25 et 26 janvier sur le thème « Vauban, une intelligence
au service de la France » seront complétées par de nombreux événements un peu partout en France.

Bonne et heureuse année à tous ; pour vous, vos familles et vos proches, je formule le vœu que
notre Fédération continue à se développer avec l’arrivée de nombreux nouveaux adhérents afin de
garder son dynamisme.

J’ai une pensée particulière pour nos camarades en opérations extérieures qui ont passé les fêtes
de fin d’année loin de leur famille, je leur souhaite un retour rapide au milieu des leurs.

–4–
Vauban • la Lettre du génie
SOMMAIRE
N° 3 – DÉCEMBRE 2006

32 Dossier spécial sur le Tadjikistan,


pays fragile en quête de stabilité.
Retour sur les missions de déminage et
de coopération sous mandat OSCE ainsi
que sur le chantier de Douchanbe.

9 Dans le cadre de l’opération Baliste,


les sapeurs du 2e REG ont construit
des pont provisoires sur des grands axes
63 Les anciens du 1er RG ont visité
le pays de Gaspard Monge. Un
véritable circuit découverte pour
de circulation où l’aviation israélienne « sapeur », alliant histoire, géographie
avait bombardé des ouvrages d’art. et gastronomie.

3 Éditorial du général de brigade Tesan 50 Trois questions à…


LCL Potin, officier de liaison génie aux USA
4 Mot de la FNG, le général de corps  52 Focus
d’armée (2S) Françoise L’École du génie du corps des Marines

6 Vous avez la parole ! 56 La Fédération nationale du génie


• Pierre Para à l’honneur dans les Hautes-Alpes
8 Actualités du génie • Exploit d’un sapeur du génie en Bretagne
• Portrait du général Rodolphe Legrand
Pages « spécial Liban » : • Au pays de Gaspard Monge avec les anciens du 1er RG
Le 2e REG en opération Baliste • L’UAGIF au Musée du conservatoire des arts et métiers
Le 13e RG et la FINUL
Les « Aigles » de la 3 71 Nous avons lu et vu pour vous
• Nourrir l’humanité de Bruno Parmentier
• Le 19e RG à l’exercice Argonne • Vauban, ingénieur et homme de guerre du général Yves Barde
• Exposition de figurines de M. Fougeray
• Le STBFT : 60 années d’expertise et de savoir-faire
• Les fragments d’Antonin de Gabriel Le Bomin
• La BSPP au cœur de l’action
• Un sapeur aux commandes de la force multinationale sud- 74 Portrait
est de Bosnie
Émile François Marcille
• Le 17 s’entraîne au combat en zone urbaine
• Exercice Spring Volcanex 06 pour le 25
Vauban, la Lettre du génie
• RETEX : exercice Duc In Altum, le 19e RG au CENTAC est une publication de l’École supérieure et d’application du génie
106, rue Éblé - BP 34125 - 49041 ANGERS CEDEX 01

Rédaction :
Tél. : 02 41 24 82 85 - Fax : 02 41 24 83 16
32 DOSSIER Internet : oci@esag.terre.defense.gouv.fr
Les sapeurs au Tadjikistan Directeur de la publication :
Le Tadjikistan est en proie à de nombreux problèmes et la général de brigade Jean Pierre TESAN

paix y est toujours précaire. La France et nos sapeurs Rédacteur en chef :


CBA Jean-François PLANTEC - jean-françois.plantec@esag.terre.defense.gouv.fr
apportent ainsi leur concours à la demande d’assistance
Rédacteur en chef adjoint :
formulée par le Tadjikistan afin notamment de rendre ce pays SLT Solenn OLIVIER - solenn.olivier@esag.terre.defense.gouv.fr
autonome en termes d’identification, de transport, de
Conception PAO (PIR ESAG) :
stockage et de destruction de munitions. Mlle C. DOLO - M. F. GALISSON - Mme M. DUPONT
Impression et diffusion : Établissement de diffusion, d’impression et
d’archives du commissariat de l’armée de terre (EDIACAT) de Saint-Étienne

44 Histoire Tirage : 7500 exemplaires

• Honneur au 8 RG…
e
Photo couverture : Cne PIERSON - 6e RG
• Arrowhead, le sacrifice des sapeurs du bataillon français de Site Internet : www.genie-militaire.com
l’ONU
Commission paritaire : en cours
• Qui a inventé la météo ? Un sapeur bien entendu ! ISSN : 1779-2088
• Le drapeau du génie d’Extrême-Orient

–5–
Vauban • la Lettre du génie
VOUS AVEZ LA PAROLE !

J’ai reçu avec plaisir le n° 2 de votre revue Vauban, la Lettre du génie. J’ai pris connaissance de son contenu avec intérêt,
plaisir et satisfaction ; tout y est bien équilibré entre l’ESAG, les corps de troupe et la FNG.
J’ai été heureux de voir que mon article « La traversée du Rhin le 31 mars 1945 » a été retenu sans retard et réalisé avec
une très bonne présentation et une aussi bonne illustration. Je tiens à remercier chaleureusement la rédaction pour cette
décision.
Une seule petite remarque, sans méchanceté : page 41, tout en haut à gauche, quatrième ligne, on lit : « cette époque de
la traversée du Rhin… ». Ce n’est pas illogique mais j’avais écrit « épopée » !
Encore un chaleureux merci, avec tous mes confiants encouragements pour la rédaction des numéros à venir, et l’expression
de mes très cordiaux sentiments.
RICHARD Marcellin
LCL du génie (TH)
Président national honoraire de la Fédération nationale du génie

COMPLÉMENT À L’ANNUAIRE SIMPLIFIÉ DU GÉNIE


Dans le précédent numéro de Vauban-la Lettre du génie, l’encart central présentait l’annuaire des corps. Nous complétons
aujourd’hui cette liste en vous présentant les officiers du génie commandant les établissements du génie ainsi que les DTM
outre-mer.

Etablissements du génie EG de Lyon EG de Tours


Directeur : LCL BOYER Directeur : LCL GAUTHIER
dir-eglyon@wanadoo.fr bmg@eg-tours.terre.defense.gouv.fr
EG d’Angers F T : 04 37 27 23 48 F T : 02 47 77 20 52
Directeur : COL Guy RETAT
cdc@eg-angers.terre.defense.gouv.fr EG de Marseille EG de Versailles
F T : 02 41 68 75 15 Directeur : COL BOYER Directeur : COL FONTAN
dir@eg-marseille.terre.defense.gouv.fr bernard.fontan@eg-versailles.terre.defense.gouv.fr
EG de Besançon F T : 04 91 01 59 01
F T : 01 39 25 85 40
Directeur : LCL RIORDA
be2@eg-besancon.terre.defense.gouv.fr EG de Metz
F T : 03 81 87 27 44 Directeur : COL LEPILLEUR
direction.eg-metz@eg-metz.terre.defense.gouv.fr Direction des Travaux
F T : 03 87 15 56 11
EG de Bordeaux Antilles
Directeur : LCL (TA) POINOT EG de Montauban Directeur : COL LIMACHER
genie@eg-bordeaux.terre.defense.gouv.fr Directeur : LCL VASSEUR dt.antilles.dir@wanadoo.fr
F T : 05 57 85 15 64 da.eg-montauban@wanadoo.fr F T : 05 96 39 53 30
F T : 05 63 21 77 02
EG de Châlons-en-Champagne Djibouti
Directeur : LCL AYMARD EG de Montpellier Directeur : COL MOUGEL
etageni-chalons@wanadoo.fr Directrice : LCL OLIVAN dt.djibouti.dir@.intnet.dj
F T : 03 26 22 28 80 contact@eg-montpellier.terre.defense.gouv.fr F T : (00 253) 351 351
F T : 04 67 16 59 02
Guyane
EG de Grenoble EG de Nancy Directeur : COL GRIFOLL
Directeur : LCL SABOYA Directeur : LCL JOLLY bernard.grifoll@dt.fag.defense.gouv.fr
msi.eg-grenoble@eg-grenoble.terre.defense.gouv.fr eg@eg-nancy.terre.defense.gouv.fr
F T : 05 94 39 55 19
F T : 04 76 76 21 00 F T : 03 83 87 17 25
Nouvelle-Calédonie
EG de Lille EG de Paris
Directeur : COL MALAISE Directeur : COL HEMOUS
Directeur : LCL DEVALLAND laurent.hemous@dt.fanc.defense.gouv.fr
F T : 03 28 38 23 82 dir@eg-paris.terre.defense.gouv.fr
F T : 01 41 93 29 86 F T : 06 87 29 29 60

EG de Limoges EG de Strasbourg La Réunion


Directeur : LCL BOLARD Directeur : LCL GROSJEAN Directeur : COL FLEURY
bmg.eg-limoges@wanadoo.fr eg-strasbourg@wanadoo.fr directeur@dtzsoi.com
F T : 05 55 42 26 20 F T : 03 90 23 36 02 F T : 02 62 93 53 13

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Vauban • la Lettre du génie
VOUS AVEZ LA PAROLE !

Venant de recevoir, et donc de lire, le n° 2 de Vauban - la Lettre du génie, je ne manque pas de vous dire combien cette
revue me paraît intéressante et indispensable pour témoigner des multiples facettes de notre métier de sapeurs. Agréable à
lire, agrémentée de bonnes photos, elle permet à chacun de garder le contact avec les autres composantes que celle dans
laquelle il évolue, et est à ce titre un trait d'union tout à fait bienvenu. Le nécessaire lien entre l'active et les anciens est
bien mis en valeur et le fait que les deux revues aient fusionné me paraît une bonne chose.
À titre anecdotique, 2 petites remarques : dans le « retour sur la convention du génie » apparaît une photo de 6 officiers en
spencer, dont on peut se demander la raison d'être : il s'agit, et la légende ne le mentionne pas, de
la lignée (ou du moins d'une partie de la lignée !) des chefs de corps du célébrissime 2e RG de Metz. Au vu du nombre
d'anciens chefs de corps présents, nous avons sollicité le photographe de l'école pour immortaliser cette rencontre autour
des chefs de corps actuel (col. Coural, à ce moment-là) et futur (lcl Bay) et témoigner ainsi de la vivacité de cette lignée !
Ma 2e remarque porte sur l'annuaire des chefs de corps, censé tenir compte du PAM 2006, ce qui n'est pas tout à fait le cas
justement (en particulier 2e RG et UIISC 7).
Plus sérieusement, le général de division Chinouilh évoquait l'image de Vauban dans son éditorial, et le tricentenaire du
décès du maréchal est repris en p. 52 : ayant eu l'occasion de visiter l'an dernier le musée Vauban à St Léger et de participer
le 3 octobre dernier à la cérémonie organisée à la Monnaie de Paris pour la remise du diplôme à l'artiste lauréate du
concours organisé pour la réalisation d'une pièce de monnaie de collection à l'effigie du maréchal, j'ai pu découvrir
l'immense talent et de multiples aspects des travaux effectués par lui, dans des domaines tout autres que celui des
fortifications. La réalisation de cette pièce en euros est d'ailleurs un formidable clin d'oeil quand on apprend que Vauban
écrivit il y a donc plus de 3 siècles un traité sur la nécessité d'une « monnaie unique de la chrétienté » : précurseur génial,
en avance de 3 siècles sur son temps !
Ceci dit pour appuyer les dires du général de division Chinouilh et témoigner de la formidable modernité de Vauban, loin
de l'image surannée que d'aucuns semblent vouloir lui attribuer ! Je souhaite que 2007 permette à tous, et aux sapeurs en
particulier, de redécouvrir le personnage. Puisse la revue Vauban, la Lettre du génie contribuer à cette œuvre. Le président
de l'association Vauban, Alain Monferrand, et d'autres personnalités (dont par exemple Michèle Virol, professeur agrégé
d'histoire, spécialiste de Vauban), pourraient être sollicités à cette fin…
Merci donc pour votre contribution, au travers des revues, à la cohésion du génie.
Bien cordialement

Colonel Olivier CHARNIN


DCSID/sous-directeur SIC

Je viens de recevoir le dernier numéro de Vauban, la Lettre du génie et je ne peux m’empêcher de faire part de mes
remarques (… en me souvenant combien les 12 pages de Libération sur Angers avaient bien parlé de la spécificité mine de
l’ESAG (…).
(…) Je me félicite de voir réunir Vauban et La Lettre – et plus encore – de voir ce pour quoi je me suis battu : car c’est moi
qui ai voulu, porté et amené la 1re lettre du génie (…).
Je suis stupéfait – et même un peu vexé – de voir tant d’énergie et d’argent pour célébrer le 300e anniversaire de la mort de
Vauban, quand rien n’est fait pour dire l’engagement, la vie quotidienne, les valeurs des 1800 sapeurs qui œuvrent pour le
monde. On voit leur photo dans les journaux sous le titre « démineurs », « pompiers de Paris en action », etc. Et le mot
GÉNIE ????? Jamais !!!
Comment ne pas dire et répéter – et célébrer s’il le faut – les 250 premiers soldats partis au Liban, tous ou presque sapeurs ?
(…)
Pour revenir à ce numéro (de Vauban, la Lettre du génie, ndlr), il y a une impression de grand désordre dû à la fois à une
présentation trop lourde avec des couleurs fortes (…) et à un manque de hiérarchie dans le C.R. de la vie du génie. (…) De
même que le « génie construit », il faudrait différencier le SID des constructions opérationnelles faites par les unités. (…) Et
puis, pour aider à mettre de l’ordre, il serait bon d’avoir un « point fort » par numéro : un régiment, une spécificité, la Cité
du génie…
Voilà des critiques j’espère perçues comme apport et non comme démolition d’une action que vous menez et que je trouve
essentielle !

MOULY Jean
Général 2S

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Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

2E REG : OPÉRATION BALISTE AU LIBAN


La 1re compagnie de combat à l’œuvre
Envoyés fin mier. Il fut inauguré par M. © 2e REG

Dominique Perben, ministre des


août dans le Transports. Le pont d'Aarqua a été le
cadre de l'opération second. Quant au pont de Naamé, il
Baliste, les sapeurs du 2e REG a été inauguré par Michèle Alliot-
ont reçu pour mission de Marie, ministre de la Défense, le 18
septembre. Les légionnaires ont
construire des ponts provi- ensuite travaillé à Saoufar et Ouadi
soires sur des grands axes de Ez Zeni. Ils apportent ainsi leur
circulation, où l'aviation contribution à la reconstruction du
pays où se dressent les monumen-
israélienne avait bombardé tales colonnes de Baalbeck… Inauguration du pont Damour, baptisé pont
des ouvrages d'art. « sergent Bourgignon », par M. Perben, ministre
Les sapeurs légionnaires de la 1re com- des Transports.
Le pont de Damour, baptisé pont pagnie de combat ont ainsi touché
« sergent Bourgignon » a été le pre- le sol français lundi 9 octobre après
Tout le monde est attentif.
© 2e REG

–8–
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

un voyage de sion, ils ont néanmoins eu la fierté de sur place laissent durablement une
4 jours à bord recevoir les hommages du chef d'état- trace de leur passage. Leur montage
du Siroco de la major des armées, venu à bord à l'oc- a été aussi une occasion importante
marine nationale. casion de sa première visite officielle de renforcer la cohésion, puisqu'il
Sans triomphalisme, depuis sa prise de fonction. Les s'agissait véritablement d'un travail
par respect pour 10 ponts qu'ils ont d'équipe. Ce retour apporte un point
leur camarade qui montés final à l'opération Baliste. L'âme
a trouvé la mort légère et le cœur joyeux bien
en mis- entendu, les sapeurs
du 2e REG sont
prêts à repartir
pour d'autres mis-
sions !

© 2e REG

Les ponts sont terminés.

Depuis juillet, le 2e REG a mis en ligne


un site Internet,
www.legion-2reg.com
créé avec le soutien technique
de l’équipe informatique de Képi Blanc
située à Aubagne au 1er régiment étranger.

Il accueille entre 150 et 200 internautes


chaque jour et un livre d’or permet de
laisser ses remarques et suggestions.

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Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

UN DÉTACHEMENT DU 13E RG AU LIBAN


Voilà plusieurs semaines déjà du génie a été projeté au Liban pour de la zone du sud Liban dans le but
une mission d’urgence - mission qui d’approfondir sa connaissance du
que les sapeurs du génie de la
consiste à aménager et à dépolluer le théâtre et de trouver de nouvelles
2e brigade blindée ont débarqué terrain avant le déploiement, sur le ter- zones de stationnement.
du navire de guerre la Foudre ritoire, des unités venues renforcer la
pour rejoindre la FINUL (Force FINUL. Ainsi, le détachement du 13e De son côté, une équipe de démineurs
RG a d’ores et déjà réalisé trois chan- spécialisés procède aux opérations de
Intérimaire des Nations Unies
tiers au profit des unités de la force dépollution et de destruction de muni-
au Liban) stationnée sur le pour le stationnement et le déploie- tions. Jusqu’à présent, cette équipe a
camp de Naqoura. ment de leurs moyens. déjà neutralisé plus d’une vingtaine
d’obus de mortiers de 155 mm. Affaire
Composé de près de 200 soldats, ce Le DetGen (détachement génie) pro- à suivre…
détachement renforcé du 13e régiment cède également à la reconnaissance

© 13e RG

© 13e RG © 13e RG

Village de Marwahin. Des munitions précautionneusement déposées. Munitions déposées dans la remorque.

UN DÉPÔT DE MUNITIONS NEUTRALISÉ PAR LES DÉMINEURS DU DETGEN


Marwahin : un petit village perdu dans le sud du Liban, à moins d’1 km de la frontière israélienne. Deux véhicules
de l’avant blindés et une P4 s’engagent sur la route qui mène au village. Un village presque entièrement détruit par
les bombardements. Les survivants sortent de leur maison ou plutôt de ce qu’il en reste. Le sourire aux lèvres, ils
viennent accueillir ces soldats.
Quelques paroles, quelques gestes, puis la P4 s’engage dans un chemin creux et s’arrête devant une maison
entièrement détruite.
C’est là que se trouve le dépôt qui leur a été signalé quelques jours plus
tôt. © 13 RG e

Tout le monde descend. Les démineurs repèrent la zone à traiter. Un


périmètre de sécurité est immédiatement tracé. Tous enfilent leur tenue.
L’opération de dépollution peut maintenant commencer.
C’est avec minutie que l’équipe des EOD retire une à une les munitions
empilées dans la cache. Au total, près d’une vingtaine d’obus de mortiers
de 155 mm.
Toutes ces munitions ont été transportées pour être détruites quelques
kilomètres plus loin, dans une zone isolée.

Juste avant la dépollution.

– 10 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

Alertés inopinément le 17 juillet dans la soirée, suite aux événements survenus au Liban, et
mis en place sur court préavis, les légionnaires de la 3e compagnie du 1er REG ont embarqué
à Toulon à bord du bâtiment de projection et de commandement (BPC) Mistral le 18 juillet.

Après le ralliement des différents déta-


chements embarqués et leur rapide
départ de Toulon, le BPC Mistral tran-
site vers la Méditerranée orientale.
Profitant des 4 jours de traversée
nécessaire pour rejoindre la zone des
opérations et plus motivés que jamais,
les légionnaires se préparent aux mis-
sions qui pourraient leur être confiées
par le chef d’état-major des armées :
séances d’instruction, entretien du
matériel et perception des derniers
équipements s’enchaînent.

Le vendredi 21 juillet, le BPC Mistral


est en Méditerranée centrale. Les diffé-
rents détachements de l’armée de terre
constituent désormais le groupement
tactique embarqué (GTE). Celui-ci est
composé d’une compagnie du 2e RIMa,
d’un peloton d’AMX 10 RC du 1er régi-
ment de spahis, d’un DETALAT du
3e régiment d’hélicoptères de combat.

La 3e compagnie de combat du
1er REG, quant à elle, fournit un déta-
chement de liaison et de commande-
ment (DLC), 1 section de génie com-
bat, 1 groupe NTI1 et est renforcée
d’une équipe EOD du 2e REG.

Dans cette configuration, le détache-


ment de génie est particulièrement
apte à appuyer la mobilité lors d’un
débarquement sur plage, sur des itiné-
raires endommagés (aménager des

LES « AIGLES » DE LA 3 :
les légionnaires de l’opération Baliste
contournements aux endroits où les
axes et les ponts sont détruits), à amé-
nager une zone de déploiement (plate-
forme, ouvrages de protections, déga-
gement de champ de tir), et à mener
une action de dépollution ou de démi-
nage soit pour la progression ou l’ins-
tallation de la force, soit dans une
© 1er REG
action à caractère plus humanitaire.

– 11 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

Les premières missions sont claire- au départ. Les légion-


ment définies : soutien à l’évacuation naires ont répété les
de ressortissants, livraisons de fret gestes qui devront,
humanitaire et être en mesure de dans les jours à venir,
mener des missions de génie combat. permettre le bon
déroulement de l’opé-
La préparation se poursuit à tous les ration. Au-delà du
niveaux. Celle-ci se fait plus précise strict aspect procédu-
avec l’approche de la zone d’opéra- rier de cette dernière,
tions : l’équipage et les troupes ont, chacun a à cœur
cet après-midi, été rappelés au poste d’accueillir les res-
de combat. Ce dernier a été mis à sortissants dans les © 1er REG

profit pour instruire les légionnaires meilleures conditions


des dispositions à prendre sur un bâti- possibles.
ment en opérations. Autre signe, les bord du bâtiment. Pour eux, le fran-
briefings se sont multipliés à tous les Le dimanche 23 juillet, le BPC Mistral chissement de la coupée est syno-
échelons durant toute la a mouillé en baie de nyme de délivrance : les voilà sur une
journée. Larnaca (Chypre). Le parcelle du territoire français.
Enthousiasme
ministre de la Défense,
Le samedi 22 juillet, le
et dynamisme Mme Michèle Alliot- L’installation des passagers s’effectue
BPC Mistral arrive en fin comme credo Marie, vient assister à un partout avec convivialité et, à 14 h 30,
d’après-midi en zone exercice d’accueil de le Mistral quitte le port de Beyrouth,
d’opération Baliste. La journée a été passagers sur le pont d’envol et saluer cap sur Mersin en Turquie.
marquée par le déroulement, deux tous les légionnaires. Elle a pu
heures durant, d’un exercice visant à constater l’enthousiasme et le dyna- Les plus petits sont rapidement couvés
valider la procédure et le dispositif misme dont ils font preuve dans les par les légionnaires, la régie du bord
d’accueil des ressortissants candidats préparatifs. passe des dessins animés en boucle
tandis que l’aumônier célèbre une
La journée du 24 a été consa- émouvante messe au hangar aviation.
crée aux derniers préparatifs Tout est mis en œuvre pour que la tra-
de la mission : entre autres, versée se déroule dans les meilleures
l’installation des moyens conditions.
d’accueil dans tout le bord :
couvertures, lits, packs d’eau La mission sera renouvelée 2 fois : le
et infrastructure médicale, vendredi 28 juillet et le mardi 1er août.
etc.
C’est lors de ces 2 missions que les
Chaque légionnaire mobilise légionnaires vont participer à la plus
toute son énergie pour mettre grande opération d’évacuation de res-
en œuvre le dispositif éla- sortissants jamais réalisée par la
boré depuis France. En effet ce
le départ de La plus grande sont plus de 2000 res-
Toulon afin sortissants qui seront
opération d’évacuation
que tout se évacués le vendredi
de ressortissants
déroule pour 28 par les 3 bâtiments
le mieux.
jamais réalisée de la marine nationale
par la France vers Chypre ; 1380
Le mardi 25 exactement à bord du
juillet, à l’approche du port Mistral. 250 palettes de fret humani-
de Beyrouth, les « aigles » de taire seront aussi affrétées le 1er août
la 3 se préparent à déployer vers Beyrouth pour venir en aide à la
le dispositif d’accueil des population libanaise et 1300 ressortis-
ressortissants. À 7 h 30, le sants sont prévus d’être embarqués.
Mistral est à quai. De 9 h 30
à 14 heures, ce sont 1103 LTN Leroux
ressortissants français et Officier communication 1 REG
er

© 1er REG
étrangers qui embarquent à

– 12 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

La Marne et Mourmelon sont bien loin des glaces © 19e RG

de la Bérézina ou de la fureur de Gemersheim.


Néanmoins ces lieux ont en commun d’avoir vu les
sapeurs fouler leur sol et leurs berges pour faire
franchir dans toutes les conditions et par tous les
temps. Du 5 au 7 septembre 2006, la compagnie
d’appui du 19e régiment du génie a ainsi fait fran-
chir son régiment au cours de l’exercice
ARGONNE 2006, sur la Marne puis à Mourmelon
où, pour l’occasion, les sapeurs d’Afrique ont rou-
vert la brèche de franchissement Bailey du camp. Pont de bateaux

LE 19E RÉGIMENT DU GÉNIE À L’EXERCICE ARGONNE


L’art du franchissement : un métier de sapeur
© 19e RG La prouesse de ces SPRAT. Laissant une trace notable et
sapeurs tient à l’exécu- utile dans le paysage des camps de
tion des missions assi- Champagne ils ont continuellement
gnées à la compagnie fait preuve d’une implication remar-
dans des délais et avec quable.
des effectifs particuliè-
rement contraints. Malgré les difficultés et la fatigue, res-
pectant la devise 19e RG, les sapeurs
Ainsi, les implantations de la CA ont « entrepris et réussi » se
des chantiers furent sys- révélant ainsi dignes de leurs aînés
tématiquement réali- dans une mission difficile et exaltante
sées de nuit et la plu- où ils ont montré leur compétence et
part des montages leur savoir-faire.
Construction d’un pont Bailey également. Vingt sol-
dats ont monté le pont Capitaine MIGNOTTE
Bailey au lieu de qua-
Engagés sur un exercice aussi bref rante-huit selon la doctrine, après
qu’intense, les sapeurs de la CA ont, s’être « échauffés » avec
© 19e RG
en deux nuits et deux jours, réalisé un la réalisation du pont MLF la nuit
pont avec Moyens Léger de Franchis- précédente.
sement (MLF) de 35 m
de longueur sur la Leur tâche néan-
Marne, un pont Bailey Un travail de longue moins accomplie, les
« double simple », et haleine, principalement sapeurs de la compa-
les infrastructures de de nuit gnie d’appui ont
base d’un camp 150 poursuivi l’effort en
hommes à Mour- mettant en valeur la
melon. Toutes les sections de la com- brèche de franchissement du camp de
pagnie ont été engagées sur les diffé- Mourmelon redécouverte et rouverte
rentes missions que ce soit la section pour l’occasion. D’un layon d’à peine
franchissement renforcée de person- un mètre de largeur et d’un vague
nels de la section obstacle effectuant ruisseau asséché, les sapeurs ont
les pontages ou les sections organisa- réalisé un axe large de six mètres et
tion du terrain et aide au déploiement une brèche infranchissable sans
réalisant le camp et préparant les moyens génie spécialisés tels que le
berges. pont Bailey ou les travures PAA et Le pont Bailey

– 13 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

6E RÉGIMENT DU GÉNIE :
nouveaux
e
attributs pour les sapeurs
de la 9 brigade légère blindée de marine
Le 6 s’est vu remettre le 19 septembre
2006 de nouveaux attributs (fourreaux
d’épaule et losange d’unité). Tout en
conservant le velours, la cuirasse et le
pot en tête, ces nouveaux attributs
sont frappés de l’ancre d’or et mon-
trent symboliquement la spécificité de
sapeur du 6e RG. Une remise solen-
nelle a eu lieu lors d’une cérémonie
présidée par le général Charpentier,
commandant la 9e BLBMa, le général
Tesan, père de l’arme du génie et le
général Roisin, père de l’arme des
troupes de marine.

© 6e RG/cne Pierson
Cet événement illustre la cohésion qui
unit les différentes spécificités, mar-
souins, bigors et sapeurs, au sein de
leur brigade, la 9e BLBMa. Le général Tesan remet les nouveaux attributs

E
LE 13 RÉGIMENT DU GÉNIE © 13e RG

fait ses adieux au colonel Ravier


La passation de commande- domaines. Développant de fructueux
liens civilo-militaires avec la munici-
ment du 13e régiment du génie
palité, le 13e régiment du génie est
entre les colonels Éric Ravier devenu le régiment du Valdahon.
et Christophe Issac a eu lieu
mercredi 19 juillet dernier. Avec son amour-propre marqué par
les traditions, il a œuvré sans cesse au
Après avoir pris le commandement de renforcement des liens indispensables
son régiment alors que ce dernier était de solidarité entre les générations, en
déployé au Kosovo dans le cadre du agissant en parfaite symbiose avec les
BATFRA VI, en juillet 2004, le colonel « Anciens » du 13 et de la 2e division
Éric Ravier est resté deux ans à la tête blindée. Il est également à l’origine de
du « 13 ». Aujourd’hui, c’est avec la salle d’honneur, baptisée Maison
beaucoup d’émotion et sous les yeux des sapeurs de Leclerc, de la nouvelle
d’un public venu nombreux qu’il a place d’armes de Bir Hakeim, mais
cédé son drapeau à son successeur, le aussi du mémorial au pied duquel il a
colonel Issac. dispersé dernièrement les cendres du
lieutenant-colonel Gravier, premier
Chef humain et juste, animé d’une chef de corps du régiment.
volonté et d’un acharnement sans
faille, le colonel Ravier s’est dépensé Chevalier de la Légion d’honneur, le
sans compter pour obtenir le meilleur colonel Ravier s’en va pour une nou-
de chacun de ses soldats, dans tous les velle affectation, à Paris. Le colonel Ravier quitte le commandement du 13e RG

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Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

LE 13E RÉGIMENT DU GÉNIE SUR LES CHAMPS-ÉLYSÉES


Cette année, ils étaient bien étaient impatients de suivre leur chef © 13e RG

de corps, le colonel Ravier, pour des-


peu à défiler dans les rues de cendre les Champs-Élysées.
Valdahon et de Besançon, et
pour cause, près d’une cen- Ce fut un grand moment, très riche en
taine de sapeurs du 13e régi- émotion. Certains ont eu « la gorge
serrée », d’autres, « la larme à l’œil »,
ment du génie se sont rendus en passant devant le public qui les
à Paris pour le défilé du 14 acclamait. Mais tous étaient très fiers
Juillet. de défiler - une chance unique dans la
vie d’un soldat. Ce fut pour eux l’oc-
casion de montrer leur fierté d’appar-
Une trentaine de véhicules génie, tenir à la 2e brigade blindée, de culti-
flambant neufs, a été embarquée sur ver l’esprit « Leclerc » et surtout, de
les wagons les 6 et 7 juillet derniers servir la France.
pour rejoindre Paris. Parmi ces véhi-
cules, des blindés et d’autres plus Le défilé terminé, tous les véhicules
légers : véhicules de l’avant blindés du du 13e régiment du génie ont été Le véhicule de l’avant blindé
génie, engins blindés du génie, répartis dans les arrondissements et du chef de corps en tête
moyens polyvalents du génie, moyens banlieues parisiennes, dans le cadre
de forage rapide et de destruction, des opérations de relations publiques.
enfouisseurs de mines. parfois « C’est pour une photo, vous
Là, les soldats du 13 ont passé l’après-
pouvez venir à côté de moi ? »
midi au milieu des Franciliens. Il faut
C’est au rythme de trois à quatre répé- dire que jeunes et moins jeunes
titions par jour que ces sapeurs de C’est la tête pleine de souvenirs, fiers
s’étaient déplacés pour l’occasion ! Au
Leclerc se sont entraînés au défilé d’eux et de leur métier, que ces
programme : exposition de matériel,
motorisé, sur la base aérienne de sapeurs de Leclerc sont rentrés à
déjeuner avec une ration… et beau-
Villacoublay, à quelques kilomètres de Valdahon.
coup de questions. « C’est quoi cet
Paris. engin ? Ça sert à quoi ? Je peux mon-
Il faut dire que le dernier défilé du
ter ? » ou bien encore « C’est quoi
« 13 » sur les Champs-Élysées remonte
Les jours ont passé. Le 14 Juillet est exactement le métier de militaire ? Tu
à 1993.
arrivé. Et tous ces sapeurs de Leclerc t’entraînes tout le temps ? » et même

LE 31E RG A 60 ANS !
© 31e RG Le 3 juin dernier, le 31e régiment du génie a commémoré
le 60e anniversaire de sa création officielle, le 1er mars
1946 à Port-Lyautey au Maroc. Un son et lumière nocturne
présidé par le colonel Éric Schmitt, chef de corps, a été
présenté au grand public pour solenniser cet événement.

Cette cérémonie, sobre et émouvante, était articulée


autour d’une évocation historique des faits marquants de
ces soixante dernières années.

La réplique du portail de l’entrée du 31e RG à Port-Lyautey


en 1946 (camp Baudry) a été dévoilée aux spectateurs qui
ont ensuite apprécié un superbe feu d’artifice de clôture.
Le cadre du 31e RG

– 15 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

© STBFT
Prise d’armes célébrant le soixantième anniversaire
de la création du STBFT au couvent des Récollets (Versailles, le 22 juin 2006).

LE STBFT
60 années d’expertises et de savoir-faire
Créé en 1946, le Service Cet anniversaire a permis de retracer, Au cours de cette journée, une
par le biais d’un historique, les brillante conférence s’est également
technique des bâtiments, for- grandes étapes qui ont marqué ces tenue sur le thème : « Opérations exté-
tifications et travaux (STBFT) soixante années au service de l’infra- rieures : forces armées, sorties de
a célébré le 22 juin 2006 son structure et de présenter les activités crise et reconstruction », animée par
actuelles du STBFT. M. Xavier Guilhou, conseiller du com-
soixantième anniversaire, en
merce extérieur de la France et prési-
présence d’autorités civiles Au travers d’ateliers animés par ses dent du comité « coopération civilo-
et militaires des Yvelines et spécialistes, les projets majeurs du militaire et gestion des sorties de
moment ont été expliqués aux visi- crise » du MEDEF. Enfin, une prise
du nouveau Service d’infra-
teurs comme par exemple le com- d’armes a clôturé cette journée.
structure de la défense (SID). plexe de tir du centre d’entraînement
en zone urbaine (CENZUB), la réalisa- Cette célébration a permis de présen-
De nombreux anciens personnels du tion du nouveau centre de documen- ter les modes d'action originaux du
STBFT avaient également été invités à tation de la défense (CEDOC) ainsi STBFT, mêlant dans une grande syner-
cette occasion. que l’utilisation de la simulation gie, des méthodes de conception clas-
numérique que ce soit pour le dimen- sique, des capacités de simulation
Le STBFT est le bureau d'études spé- sionnement de structures particu- numérique développées et la possibi-
cialisé du Service d’infrastructure de lières ou pour la protection des lité de conduire sur un polygone d'ex-
la défense, sa vocation est d'agir dans bâtiments militaires, sans oublier le plosifs des expérimentations en vraie
le domaine de la conception de l'in- soutien spécialisé que le STBFT conti- grandeur, lui conférant un caractère
frastructure, dans tout ce qu'elle a nue d’apporter avec beaucoup de unique au service de la défense.
d’opérationnel, de technique et de réactivité aux forces en opérations
réglementaire. extérieures.

– 16 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

VA Y AVOIR DU SPORT !
s’effondrer à tout moment. Pour plus
de sécurité, les porte-lances se tien-
nent à distance, ce qui limite l’effica-
cité de leur action.

Le capitaine Corre prend le comman-


dement des opérations de secours et
demande deux fourgons supplémen-
taires. Le gymnase est isolé. Le feu ne
peut donc pas se propager à d’autres
bâtiments. Le rayon d’action autour
du sinistre est vaste, ce qui permet
© Pascal Burner

une circulation du personnel et des


engins sans difficulté. Les Faca sont
Feu de gymnase à la Courneuve dirigés par radio pour se positionner.

Six lignes de 110 mm sont établies.


Le vendredi 3 novembre en par le sergent Legal, chef de Les lances GP, en plus de leur mission
fin de soirée, les secours sont garde du CS La Courneuve, d’extinction, agissent de façon méca-
alertés pour un feu de gym- est nécessaire pour maîtriser nique pour pousser la structure en
nase, avenue Général-Leclerc le sinistre. bois vers l’intérieur du bâtiment.
L’action des lances sur échelles per-
à La Courneuve (93). Un met d’attendre directement le foyer. Le
épais panache de fumée se Le feu sévit au premier niveau du feu sera éteint au bout de cinq heures
dégage d’un complexe spor- complexe sportif, composé, au rez-de- au moyen de trois lances GP, dix GL et
chaussée, d’une piscine et d’un dojo. trois lances sur échelle.
tif d’environ 2 500 m2. Le bâti- Une structure en bois coiffe le gym-
ment est totalement embrasé. nase. Toutes les poutres sont en feu, Guillaume Guenot
Un renfort incendie, demandé elles sont affaiblies et menacent de

RETOUR SUR INTERVENTION…


Trois personnes décèdent dans un piège les habitants. Quatre lances sont découverts brûlés à l’intérieur. Il aura
incendie, le mardi 28 novembre à mises en œuvre, et, dans le même fallu plus de deux heures pour
Rueil-Malmaison (92). Vers 1 heure du temps, les équipes de reconnaissances éteindre l’incendie. Ce tragique évé-
matin, les flammes sortent par les sauvent douze personnes en contact nement rappelle que les incendies
fenêtres dans un appartement de direct avec les fumées toxiques, nocturnes sont les plus meurtriers. Ils
70 m2, situés au 6e étage d’un bâtiment vouées à une mort certaine sans leur surprennent souvent les gens dans leur
d’habitation qui en compte 9. Le feu intervention. Dix autres personnes sommeil.
se propage à un autre appartement et sont mises en sécurité. Au bilan, treize
poursuit sa course dans la cage d’es- victimes sont légè-
calier. Malgré l’action dynamique des rement intoxiquées Les incendies nocturnes sont les plus meurtriers…
secours, il atteint peu à peu le sep- et deux sont dans
tième, huitième et neuvième étage. un état grave. Les
Selon les témoins, le feu se serait plus atteintes sont
déclaré juste après une explosion. conduites à l’hôpi-
tal afin d’effectuer
© BSPP/rédaction Allo 18

Quatre-vingts pompiers venus de 23 un bilan médical.


casernes sont nécessaires pour maîtri- Le couple de retrai-
ser le sinistre et effectuer les recon- tés qui vivait dans
naissances. La fumée se répand dans l’appartement, ainsi
les appartements voisins prenant au que leur fils, sont

– 17 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

UN SAPEUR AUX COMMANDES


de la force multinationale sud-est de Bosnie
Depuis le 31 août 2006, la force multinationale sud-est de accomplit ses missions avec une
loyauté et un engagement à la hau-
l'Eufor en Bosnie-Herzégovine est commandée par le général teur des attentes de l'Union euro-
Daniel Daehn, gouverneur militaire de Strasbourg et péenne vis-à-vis de la Bosnie-Herzé-
commandant la brigade du génie et ce, pour une durée de govine. Car l'image que donneront les
6 mois. A la tête de près de 1 500 personnels de plusieurs soldats européens à la population
locale sera sans doute le meilleur
nations et de plusieurs armes, le général Daehn a donc quitté exemple pour les inciter à avancer
provisoirement l'Alsace pour la région de Mostar, dans la voie du progrès, vers une pos-
accompagné par les sapeurs de l'état-major de la brigade du sible adhésion.
génie et par des éléments des 1er, 2e, et 5e régiments du génie
C'est cette approche très européenne
et du 28e groupe géographique… qui est recherchée afin de donner une
cohérence aux actions menées par
Implanté à Mostar, au sud de Sarajevo, terme, mettre le pays en accord avec l'Europe en matière de collaboration
le quartier général de la force sud-est le processus de stabilisation et d'asso- politique et économique.
de l'Eufor accueille plusieurs nations ciation, première étape
de l'union (Allemagne, Belgique, vers l'adhésion à l'Union La force sud-est (ou Task
France, Espagne et Italie) et des pays européenne. Cette force Une approche Force South East, TFSE)
partenaires (Slovénie, Maroc, Macé- est actuellement com- européenne s'étend sur un territoire
doine) qui participent tous à la mis- mandée par le général important, incluant la
sion Althea. C'est-à-dire qu'ils contri- Daniel Daehn, gouver- région de Sarajevo. Elle
buent à maintenir un environnement neur militaire de Strasbourg et com- doit dans un premier temps veiller au
stable et sûr en Bosnie-Herzégovine mandant la brigade du génie. Forte de respect et à l'application du traité de
afin de permettre le développement près de 1 500 officiers, sous-officiers Dayton/Paris. Elle a également pour
économique, politique et social et, à et militaires du rang, la force sud-est mission la recherche et la détention

© Ltn Krebs
Le général Daehn lors d’une prise d’armes multinationale.

– 18 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

Le GBR Daehn lors d’une collecte d’armes, en compagnie d’un EOD du 6e RG,
la police navale espagnole et l’infanteria de marina espagnole.

© Ltn Krebs

de criminels de guerre et doit contri- contre de la population et des institu- Les autres nations présentes sur le
buer, par le maintien d'un environne- tions locales – et invitent ces dernières théâtre ne sont pas en reste, puisque les
ment stable et sûr, à porter assistance à venir à leur rencontre - afin de nouer femmes et hommes du génie allemand,
à la police locale dans sa lutte contre un lien fort et durable italien et espagnol sont
le crime organisé. Pour cela, la TFSE entre les Bosniens et très bien représentés sur
dispose de 6 compagnies qui agissent l'Eufor. Les L.O.T. per-
Une force la base de Mostar. La
sur son territoire (4 compagnies de mettent également de multinationale cohésion et la fraternité
combat - deux compagnies espa- faire remonter à l'éche- très génie… entre les sapeurs des dif-
gnoles, une allemande et une ita- lon supérieur des infor- férentes nations donnent
lienne), 1 compagnie mations pertinentes sur d'ailleurs lieu a une rencontre régu-
spécialisée dans la la situation générale en lière, pour échanger sur les différences
Un excellent maillage
recherche et le rensei- Bosnie. et les similitudes de l'arme dans un
gnement et 1 compa- du territoire cadre amical et convivial…
gnie multinationale de A ces missions princi-
soutien. pales s'en ajoutent LTN Benoit KREBS
Officier communication du 2 régiment du génie
e

d'autres comme le désarmement, le Officier presse de la force multinationale sud-est


Mais un des grands atouts de la TFSE, renseignement militaire, les opéra-
c'est son maillage du territoire par les tions de déminage, les relations exté- © Ltn Krebs

L.O.T., à savoir les Liaison and rieures, etc. Dans ces missions comme
Observation Team (équipes de liaison dans d'autres (administration, soutien,
et d'observation) réparties dans diffé- etc.), de nombreux officiers, sous-
rentes agglomérations. Au nombre de officiers et militaires du rang des 1er,
16 (l'Allemagne, l'Espagne, la France 2e, et 5e régiments du génie et du
et l'Italie en comptant chacune 4), les 28e groupe géographique sont pré-
L.O.T. louent des appartements ou des sents sur ce théâtre d'opérations pour
maisons en ville et, d'une manière apporter leur savoir-faire et leur
visible et identifiée, vont à la ren- expertise…

– 19 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

Le nouveau PC des formations d’élèves


de Saint-Cyr-Coëtquidan a été inauguré
le 19 juillet 2006 par le général de divi-
sion François-Pierre Joly, commandant
la région terre nord-ouest par sup-
pléance, et le général de division Jean
Coulloumme-Labarthe, commandant les
écoles.

COËTQUIDAN : LE NOUVEAU PC DES ÉCOLES INAUGURÉ


Le général Joly a adressé ses « vives
félicitations au SID et à son établisse-
ment du génie d’Angers ainsi qu’aux
entreprises qui ont réalisé les tra-
vaux ». Le colonel Hubert Trégou,
directeur des formations d’élèves de
Coëtquidan, a rendu un hommage
particulier au professionnalisme de
Mlle Karine Szczepanik, chargée d’af-
faires à l’EG d’Angers et responsable
du projet.

Le PC regroupe les cadres, les ensei-


gnants et le personnel administratif
dans un bâtiment unique dédié à l’en- Hall d’entrée du
bâtiment
cadrement et à la gestion administrative
inauguré, coiffé
des élèves formés à « la maison mère de sa verrière
des officiers de l’armée de terre ». pyramidale. © SID

« Sa vocation n’est pas d’être un


simple bâtiment de bureaux, a souli-
gné le colonel Trégou, mais un lieu
de vie, de passage et de rencontre,
un véritable port d’amarrage pour
les élèves. »

Séparé de la zone vie des élèves pour


leur donner plus d’autonomie, il est
implanté au sein de leur zone de tra-
vail mettant « les cadres de contact au
cœur de la formation militaire et aca-
démique des futurs officiers ».

Le PC est totalement opérationnel


Le général de division
François-Pierre Joly,
depuis la fin du mois d’août 2006.
commandant la région
terre nord-ouest
Philippe DI MEGLIO
par suppléance,
DCSID/COM
coupe symboliquement
le ruban tricolore
d’inauguration.

– 20 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

LE 19E RÉGIMENT DU GÉNIE


s’entraîne et prépare l’avenir
L’École supérieure et d’application du génie a accueilli du
2 au 6 octobre 2006 l’ensemble des acteurs de la fonction
commandement du 19e régiment du génie à l’occasion
d’un exercice à double action assisté par ordinateur.

L’objectif de cet exercice, baptisé au capitaine Échard, officier


BLOIS, était double : NEB (5) de l’ESAG, pour organi-
• entraîner le PCR (1) à concevoir, éla- ser et suivre les six demi-jour-
borer et diffuser les ordres tout en nées consacrées à cette forma-
rodant, voire en améliorant, les pro- tion « à la carte ».
cédures en vigueur,
• poursuivre la montée en puissance Ce premier contact avec le © ESAG/ADC Juteau

afférente à la numérisation du régi- SIR devrait se prolonger en


ment. début d’année 2007 afin que
tous les individus appelés à utiliser Face à ce nouvel outil, les comman-
Renforcé d’officiers d’active et de ce système soient formés avant le mois dants d’unité et les différents acteurs
réserve de l’état-major et des régi- de mars. du PCR se doivent d’ENTREPRENDRE
ments de la 7e brigade blindée, le 19e et RÉUSSIR afin de continuer à fournir
régiment du génie a ainsi pu travailler En effet, c’est à cette période que le l’appui génie attendu par l’ensemble
dans un environnement interarmes 19e régiment du génie sera engagé des régiments auprès desquels ils
qui a grandement contribué au réa- dans un nouvel exercice qui consti- seront amenés à intervenir.
lisme d’un exercice dont le thème tuera le premier entraînement du PCR
Capitaine Thierry SAGON
retenu était centré sur le franchisse- du régiment en « configuration numé- 19RG/BOI/OPS
ment de la Loire suivi d’une recon- risée ». pilote de l’exercice BLOIS
naissance offensive et d’une
manœuvre d’interdiction.
© ESAG/ADC Juteau

Pour ce faire, les deux bordées du


PCR, aux ordres du lieutenant-colonel
Rossi, ont été mises sur pied afin de
permettre aux officiers, sous-officiers
et militaires du rang de la bordée
inemployée de s’initier ou de complé-
ter leurs connaissances liées à la maî-
trise du SIR (2) en profitant des compé-
tences des cadres du BFAO (3), des
installations et du matériel mis à dis-
position par l’ESAG au cours de cette
semaine.
© ESAG/ADC Juteau
Le maréchal des logis-chef Jouarisse,
administrateur SIR de la section SIC (4)
du régiment, a ainsi prêté main-forte

(1) Poste de commandement régimentaire.


(2) Système d’information régimentaire.
(3) Bureau formation assistée par ordinateur.
(4) Système d’information et de commande-
ment.
(5) Numérisation de l’espace de bataille.

– 21 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

Du 10 au 22 septembre 2006, la 3e section de la


compagnie du capitaine Lamotte appartenant au LE 17 S’ENTRAÎNE
17e régiment du génie parachutiste a participé au au combat en zone urbaine
tout premier entraînement au combat en localité
organisé au Centre d’Entraînement aux actions
en Zone Urbaine (CENZUB) situé sur le camp de
Sissonne. Cette rotation, armée par la compa-
gnie du capitaine Vernaz du 1er régiment de chas-
seurs parachutistes, était indispensable à l’inté-
gration des unités d’appui et de la chaîne
logistique au sein d’un Sous-Groupement
Tactique InterArmes (SGTIA) à dominante infan-
terie dans le cadre d’un combat en milieu urbain.

Le SGTIA, composé d’une compagnie Le village de Beau-


d’infanterie, d’un peloton blindé, séjour du CENZUB a
d’une section du génie, d’un élément permis aux troupes
observation d’artillerie et d’une sec- engagées de s’entraî-
tion cynophile, nécessite un véritable ner sur un site qui pré-
travail d’équipe. L’insécurité perma- sente des infrastruc-
nente des soldats relative aux muni- tures aménagées dans
tions du champ de bataille et les un environnement réa-
contraintes d’un milieu très comparti- liste. Ce village a été
menté nécessitent l’intervention des modifié et amélioré
unités d’appui terrain. Les groupes du pour les futures rota- © 17e RGP
génie sont vivement sollicités pour tions, s’articulant autour
l’analyse de la menace mines et de zones d’habitation
pièges et pour leurs savoir-faire tech- très variées, comme un camp de tier flambant neuf. En attendant la
niques de franchissements verticaux. caravanes, un bidonville ou un quar- construction du village de Jeoffecourt
prévue pour 2008, il reçoit à la fois la
semaine d’instruction et l’exercice de
© 17e RGP

restitution.

UNE PRÉPARATION
NÉCESSAIRE
POUR OPTIMISER LE COMBAT
EN ZONE URBAINE
Pour répondre aux besoins immédiats
des unités de mêlée et compte tenu
des difficultés du milieu, les groupes
de combat du génie sont amenés à
être placés sous les ordres du chef de
section d’infanterie.

L’implication et la participation
directe des sapeurs au contact per-
mettent une analyse immédiate et un
avis technique des chefs de groupe et
des chefs d’équipe du génie. Le com-

– 22 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

© 17e RGP

bat en milieu urbain est optimisé


grâce à une notion de délai dans l’ac-
tion et à une forte économie des
potentiels engagés.

La section du génie renforcée par


deux Moyens Polyvalents du Génie
(MPG) s’est préparée pendant de
longues semaines à cet entraînement
en milieu urbain : en acquérant les
actes fondamentaux du combattant
dans un premier temps puis en s’ap-
propriant les nouveaux matériels pour
conjuguer le combat à pied et l’appui
génie.

VALORISER LE TRAVAIL DES


SAPEURS ET DÉVELOPPER LA
SYNERGIE
Les sapeurs ont eu à cœur de dévoiler
les multiples facettes de leur savoir-
faire souvent inconnu de l’interarmes.
Par exemple, pour l’attaque d’un
objectif, les MPG ont déplacé des bar-
ricades, les groupes de combat ont souples d’emploi qui facilitent la urbain et une préparation minutieuse
traité immédiatement les itinéraires défense périphérique d’une zone et la des matériels du groupe. Ensuite,
obstrués par des mines, la mise en mise en œuvre d’un check-point. Les l’étroite collaboration des chefs de
œuvre rapide d’échelles dépliables a techniques des sapeurs sont réellement groupe spécialistes génie et des chefs
facilité le franchissement des passages indispensables à la pose du concertina, de section d’infanterie qui condi-
en hauteur aux fantassins et aux à la réalisation de chevaux de frise et à tionne le bon déroulement de l’action
maîtres-chiens. Enfin, plusieurs solu- la mise en œuvre de pots éclairants. pour préserver la capacité opération-
tions ont été proposées pour franchir nelle des fantassins face aux dangers
des portes closes : l’emploi de gre- La parfaite intégration des sapeurs au des mines et des pièges. Enfin, le chef
nades à fusil de type « SIMON » pour sein du SGTIA a contribué à la réussite de section génie doit anticiper et agir
les portes piégées, le vérin pneuma- de la mission. Cette coopération comme une véritable force de propo-
tique « JOG » pour une ouverture en repose sur trois principes : tout sition auprès du chef interarmes.
souplesse et le fusil à pompe ou le d’abord l’implication totale des
bélier en acier pour les ouvertures sapeurs dans le rôle à jouer vis-à-vis LTN DOAN,
Chef de la 3e section de la 2e compagnie de
brutales. Les herses dépliables, livrées de l’unité appuyée qui requiert un combat du 17e régiment du génie parachutiste
dans les nouveaux centres ZUB, for- important travail de formation indivi-
ment des obstacles dissuasifs et duelle aux pré-requis du combat

– 23 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

À l’occasion de son séminaire de rentrée,


la direction centrale du SID a célébré le
premier anniversaire du service d’infra-
structure de la défense, le 21 septembre
2006, à Versailles-Satory dans la salle
Jayat, sous la présidence de M. Piotre,
secrétaire général pour l’administration.

Le directeur central du SID


arbore le nouvel insigne
de la DCSID
© SID
sur sa boutonnière.

LA DCSID CÉLÈBRE LE PREMIER ANNIVERSAIRE DU SID


« Nous devons relever ensemble tous nos défis »
En cadeau de ces festivités, le nouvel « La méthode employée est la bonne, centrés : « orienter, aider, être des faci-
insigne de la direction centrale a été elle est en train de faire ses preuves », litateurs », tout en s’appuyant sur les
dévoilé et remis officiellement à l’en- c’est en ces mots que M. Piotre a qua- autres services du SGA. Cette vocation
semble du personnel de la DCSID lifié l’ampleur des travaux engagés première de la DCSID, le directeur
ainsi qu’aux représentants du SGA. depuis la réunion du 9 mars 2006, central l’a réaffirmée : « faciliter le tra-
Les militaires ont pu l’arborer sur leur date du lancement
tenue de cérémonie, les civils l’ont des « chantiers de © SID
épinglé dans sa version pin’s. réflexion » sur la
montée en puissance
« Cet insigne donne à notre structure du SID.
une identité collective forte et réelle,
garante de la réalisation d’une mission À en croire le SGA,
comprise par l’ensemble du person- lors de ses déplace-
nel », a souligné le général de division ments en province
Addé. auprès des corps,
« un sentiment de
« Nous devons être unis, nous devons satisfaction » se fait
relever ensemble tous nos défis, au- ressentir quant à « la
delà de nos différences de statut, de continuité des rela-
corps et de spécialités », a-t-il ajouté. tions entre le com-
mandement et le
Ce séminaire se voulait aussi une jour- SID ».
née d’accueil des nouveaux arrivants
(47 personnes cette année à la direc- Il a rappelé la respon-
tion centrale), et l’occasion de faire le sabilité de la direc-
Le directeur central du SID remet un insigne numéroté
point sur les chantiers de la montée en tion centrale envers de la DCSID à M. Piotre,
puissance du SID. ses échelons décon- secrétaire général pour l’administration.

– 24 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

vail de nos forces vives sur le terrain


en leur donnant des moyens, des
outils et des méthodes ». Pour cela, il
a demandé aux nouveaux arrivants
« de garder l’œil ouvert pour apporter
une critique constructive et participer
ainsi à l’amélioration du fonctionne-
ment et de l’organisation interne de
l’échelon central ».

« Bon anniversaire, et à l’an


prochain pour mesurer
les progrès accomplis. »

(Phrase de clôture de M. Piotre)

Les militaires de la DCSID arborent


© SID
le nouvel insigne de la DCSID

DES DRAGONS INVESTISSENT LA RÉGION DE CHINON


Le 12 septembre à 11 heures, un héli- démarrer. Il s’agit pour ces équipes de le site ont été évalués, la zone sécuri-
coptère militaire de type Puma atterrit reconnaître le site. Une explosion s’y sée. Les équipes peuvent rentrer sur
près de l’usine Chimirec-PPM située à est produite et la situation à l’intérieur Fontevraud.
la Roche-Clermault près de Chinon. est confuse.
Cet exercice avait pour but l’évaluation
Aussitôt, une équipe de reconnais- Les incidents vont s’enchaîner toute la des capacités opérationnelles des ERE
sance et d’évaluation (ERE) du 2e journée : découverte d’un homme du régiment. L’occasion était aussi
régiment de dragons NBC débarque blessé par des produits chimiques, d’associer des éléments du 515e régi-
avec tout son matériel, puis se présence d’un colis inquiétant, déga- ment du train qui, en coopération avec
dirige quelques minutes plus tard gement de fumée toxique, découverte un escadron du régiment, ont assuré le
vers l’usine en tenue de protection de produits suspects. En début de bouclage de la zone autour de l’usine.
complète. L’exercice Herakles vient de soirée, mission réussie, les risques sur
Au total ce sont environ 200 militaires,
© 2e RD
24 P4 (véhicules tout terrain), 13 véhi-
cules lourds et 5 véhicules de l’avant
blindé (VAB) qui ont été déployés pour
mener à bien cette mission.

Ce genre d’entraînement sur un site


industriel en activité est une première
pour le 2e RD-NBC depuis sa création
à l’été 2005. Il a pu être réalisé grâce
la collaboration de la direction de
Chimirec-PPM qui n’a pas hésité à
mettre à la disposition du régiment, le
temps d’une journée, un terrain parti-
culièrement approprié pour ce genre
d’exercice.

– 25 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

Du 15 au 22 mai 2006, sur le détachement


air de Vouziers-Séchault, s’est déroulé l’exer-
cice multinational Spring Flag Volcanex
2006. Au total, huit nations ont pris part à EXERCICE SPRING FLAG VOLCA
cette manœuvre inédite engageant des
moyens conséquents (France, Italie, Grande-
pour le 25
Bretagne, Allemagne, Espagne, Norvège,
Pays-Bas, Belgique).

© 25e RGA

Abattage d’arbres

Cette activité, organisée par le groupe- « infrastructure opérationnelle » fut


ment aérien européen et pilotée par quant à lui français et sous les ordres
l’état-major opérationnel air, avait pour du capitaine Fayeaux, commandant la
finalité de tester un certain nombre de 4e compagnie du 25e régiment du
procédures d’interopérabilité dans les génie de l’air (25e RGA). Cette unité,
domaines « force protection » et renforcée pour l’occasion d’une ving-
« infrastructure opérationnelle ». taine de personnels des compagnies
d’infrastructure opérationnelle (CIO)
Le scénario de l’exercice, qui se vou- de Metz et Bordeaux, constituait en
lait le reflet des récentes opérations effet le détachement d’infrastructure
alliées, avait pour thème le déploie- opérationnelle de la base interalliée.
ment d’une base aérienne projetée
sur une surface aéronautique incon- Particulièrement sollicités durant tout
nue et délabrée, avec une menace ter- leur engagement, les personnels du
roriste de moyenne intensité. « 25 » et des CIO ont su démontrer, à
cette occasion, l’ensemble de leurs
Si le commandement de la base savoir-faire en termes de reconnais-
aérienne projetée fut confié aux sance et de dépollution d’une zone
Britanniques, celui de la composante aéroportuaire, de remise en état d’in-

– 26 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

© 25e RGA frastructures aéronautiques, de sauve-


garde protection par la création de
postes de tir et d’abris enterrés, ainsi
que de montage de camps avec pro-
NEX 06 duction et distribution d’eau et d’éner-
gie électrique. Cette activité aura éga-
lement permis aux sapeurs d’Avord de
valider la mission de création et d’im-
pression de plans à l’échelle à partir
de photos aériennes.

À l’heure des bilans, tous ont reconnu


que les sapeurs de l’air, par leur moti-
vation, leur professionnalisme et leur
engagement dans l’exercice, avaient
été au cœur de toutes les missions de
la base aérienne interalliée et avaient
constitué la véritable force de frappe
de cette dernière. Le 22 mai 2006,
après sept jours d’un investissement
total, leurs efforts ont été récompensés
par l’atterrissage de quatre avions de
transport tactique sur les réparations
de piste qu’ils avaient auparavant
effectuées.

Le capitaine FAYEAUX
Commandant la 4e compagnie opérationnelle
du 25e RGA
Le tapis RAPIDMAT
© 25e RGA

Intervention des EOD

© 25e RGA

© 25e RGA Contrôle de zone


Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE
RETEX
EXERCICE
e
« DUC IN ALTUM »
Le 19 régiment du génie au CENTAC
Du dimanche 17 septembre à 22 heures au jeudi 21 septembre à 12 heures, la 1re compagnie
de combat du 19e régiment du génie, commandée par le capitaine Julien, a été engagée sur
une rotation d’un nouveau genre au Centre d’ENTraînement Au Combat de Mailly-le-Camp.

Les enseignements retirés de cette combat d’infanterie à trois groupes de Effort génie : participer au combat de
rotation sont excessivement nom- voltige et un groupe ERYX sur AMX contact tout en valorisant les futures
breux. Ceux qui vous sont présentés 10P, d’une section d’appui compre- positions d’interdiction appuyées par
ici n’en sont qu’une fraction et n’ont nant un groupe MILAN, un groupe les XL puis couvrir une partie du dis-
en aucun cas vocation à se muer en MO 81 LLR et une équipe TP/FRF2, positif d’infanterie.
dogme. Au mieux doivent-ils être d’un TC1 avec VAB SAN et VAB ELI et
considérés comme des pistes de quelques véhicules de servitude. De J+3, 1500B à J+4 1300B : attaquer
réflexion pour les chefs de section en coordination avec le S/GTIA 1/35
génie ou pour les commandants En renforcement venaient un peloton un point d’appui de compagnie méca-
d’unité interarmes. de 4 XL, la section Génie renforcée nisée embossée afin de livrer deux
et l’EO. axes libres pour que le S/GTIA XL
débouche.
Des moyens engagés Effort génie : appuyer l’unité d’infante-
à la hauteur de l’objectif Le déroulement de la rotation rie de tête et reconnaître l’itinéraire de
débouché des XL et au besoin l’ouvrir
De J 2200B à J+1 1700B : mise en au plus vite.
Les moyens génie
place de nuit en colonne de GTIA puis
par colonne de S/GTIA pour adopter
146 sapeurs en tout, comprenant : le
un dispositif de contrôle de zone face
détachement de liaison au centre opé-
rations, une section de commande-
à un ennemi de type milice et en vue LES ENSEIGNEMENTS
de recueillir des réfugiés. Multiples
ment, trois sections de combat ter-
naires, chacune renforcée d’un engin
incidents en journée dans un contexte TACTIQUES DE LA PHASE
de basse intensité et avec application
blindé du génie, une section d’appui
de règles d’engagement strictes.
DE TERRAIN
mixte comptant 5 moyens polyvalents
Effort génie : mise en place des points
du génie, 1 engin blindé du génie, 1
de contrôle, ouverture des axes minés,
enfouisseur de mines PM12, 1 NX7 et
missions de couverture, opérations de
L’importance des actes réflexes
1 moyen de forage rapide et de des-
désengluement.
truction. Il ressort de cette rotation que si les
savoir-faire génie sont maîtrisés par la
Des moyens génie sans précédent De J+1 1700B à J+2 1500B : bascule grande majorité des sapeurs, les com-
encore sur une seule rotation dont la en posture haute intensité. Dispositif pétences de base du soldat leur
mission était d’appuyer la manœuvre de coup d’arrêt dans la profondeur échappent quelque peu. Des actes
de trois sous-groupements tactiques puis de freinage et rupture de contact simples, comme se poster ou se dépla-
articulés autour de la 1re compagnie jusqu’au recueil par le S/GTIA XL. cer, ont été oubliés depuis la phase de
du 152e régiment d’infanterie, du Effort génie : canaliser l’ennemi dans formation de base. Le sapeur semble
2e escadron du 1er chasseurs et de la la zone de destruction, couvrir les sec- souffrir du complexe des « 3S » :
1re compagnie du 35e RI. L’appui tions et mettre en place des butoirs en d’abord spécialiste, ensuite sapeur et
artillerie consistait en 1 observateur avant de la ligne de coup d’arrêt. enfin soldat. Les exigences de la
sur AMX 10 VOA. guerre, même simulée, vont dans
De J+2 1500B à J+2 1900B : montage l’ordre inverse. La sanction étant
L’exemple du S/GTIA 1/152 et protection du TC2 du GTIA. immédiate au CENTAC, l’apprentis-
sage a été rapide. Dès la fin de la rota-
La composante infanterie de ce De J+2 1900B à J+3 1500B : réduc- tion, chaque personnel débarqué avait
S/GTIA était fournie par la 1re compa- tion de résistance isolée puis interdic- le réflexe de se poster à l’abri, de por-
gnie des diables rouges aux ordres du tion du terrain conquis face à une ter son arme haute et d’observer dans
capitaine Paillet, soit trois sections de contre-attaque blindée. la direction de son arme.

– 28 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

Se déplacer et stationner gence l’exige auprès du fantassin, facile. Échelonner un groupe entre
décentralisant par là même le dia- deux sections ou pis encore au sein
en sûreté logue interarmes. d’une section, bien souvent par temps
brumeux et dans des délais restreints,
Les lacunes des sapeurs se sont égale- est une gageure.
ment retrouvées au niveau des chefs Le réseau radio : la clef
de groupe. Le réflexe de poster le VAB de la « conduite interarmes » L’emploi des obstacles de manœuvre
à chaque stationnement était déjà peut s’avérer extrêmement lourd à
acquis mais le souci de progresser en gérer aussi bien pour les sapeurs que
Dans l’intérêt de tous, il conviendrait
dehors des axes à couvert ou en lisère pour l’interarmes. Dans tous les cas,
que les chefs de groupes soient d’en-
ne l’était pas. À l’arrêt, la notion de tout obstacle miné mis en place dans
trée de jeu sur le réseau interarmes et
« défilement de tir » ou de « défile- le dos du premier échelon constitue
l’expérience l’a prouvé. Cela leur per-
ment d’observation » (propres au com- un atout pour une rupture de contact
met de « suivre la guerre » à leur
bat de contrepente) n’a été acquise (balisage mis en place par le sapeur et
niveau et d’entrer en rapport avec les
que durant la rotation. De la même détruit par le dernier véhicule de l’in-
sections au profit desquelles ils peu-
façon, les formations à adopter lors terarmes) ou un second coup d’arrêt
vent venir à être détachés. Qui plus
des déplacements n’étaient pas maîtri- mais aussi un danger pour lui en
est, l’encombrement du réseau inter-
sées (en bataille, en échelon refusé) et cas de mauvaise coordination, par
armes, s’il retarde quelque peu la
les distances adoptées entre les véhi- exemple en cas de minage hors fuseau
vitesse des comptes au chef de section
cules insuffisantes. par le sapeur du S/GTIA voisin.
génie, les contraint à aller à l’essentiel
dans leurs messages et force le chef de
Le réflexe très sain de « débarqué par- section à rester simple dans ses Des missions simples et une articula-
tiel » a été acquis durant la rotation ordres. À l’inverse, avec la section tion simple sont la clef d’une coordi-
grâce au travail conjoint avec l’infan- génie sur le réseau interarmes, tous les nation réussie.
terie, qui utilise ce procédé de manière acteurs du sous-groupement, du com-
tout à fait banale. Il s’agit simplement mandant d’unité au chef de groupe,
d’assurer la sûreté rapprochée du véhi- sont immédiatement au courant des Détacher ou conserver :
cule durant un stationnement supé-
rieur à cinq minutes en faisant débar-
actions du génie. une solution médiane
quer le tireur AT4 et un sapeur pour Dans ce même registre, il est indis-
prendre en compte la direction hors Détacher autant que possible ses
pensable de doter le chef de section
d’atteinte de la MIT.50 ou bien doubler groupes et ses moyens au profit de l’in-
d’un deuxième poste. L’intérêt en est
la capacité de feu dans la direction terarmes permet une plus grande réac-
double : il peut ainsi suivre le réseau
dangereuse si la menace est blindée. tivité du génie et de garantir la liberté
IA en permanence tout en suivant le
d’action des unités appuyées. Ce choix
réseau génie avec la même perma-
d’articulation empêche le chef de sec-
nence. Cela évite ainsi le système nui-
Les chefs de groupe tion de concentrer ses efforts sur l’effet
sible et peu fiable des vacations sur le
majeur que lui a assigné l’interarmes.
et le dialogue interarmes réseau génie pour rendre compte au
Qui plus est, le chef de section d’in-
commandant d’unité sapeur ou pour
fanterie se voit embarrassé d’un pion
recevoir ses messages de détachement
Les situations offensives comme supplémentaire à commander dont il
de moyens ou d’autorisation de pose
défensives exigeaient souvent soit le ne sait pas se servir et qui risque de
d’obstacles suite à l’envoi d’un GEN-
détachement des groupes génie dans nuire à sa manœuvre. Il le laisse donc
TER (message inconnu en sortie de DA
les sections d’infanterie soit que ces en retrait ou ne prend pas même la
mais simple et excessivement utile).
mêmes groupes travaillent sous la pro- peine de l’inclure dans sa manœuvre.
tection et au profit immédiat d’une La plus-value du détachement est par
section (cas du minage de couverture La réussite du dialogue passe conséquent nulle.
ou d’établissement d’un butoir pour la
seule section). Une telle situation par la simplicité Conserver l’ensemble de ses moyens
requiert du chef de groupe qu’il mène aux ordres permet une plus grande
à son niveau des reconnaissances et Durant la rotation, la coordination concentration des efforts sur l’effet
trouve lui-même dans certains cas des interarmes a souvent été probléma- majeur « génie ». En revanche, cela se
solutions aux problèmes tactiques tique par manque de simplicité dans fait au prix de la réactivité du sapeur.
propres à la section appuyée. Aussi se l’articulation de la section du génie. À Les délais d’intervention sont accrus
doit-il de devenir une force de propo- trop vouloir détacher ses groupes, on et entravent ainsi la liberté d’action
sition auprès de son chef de section les perd ! Insérer une section dans une du sous-groupement, pouvant faire
génie ou directement lorsque l’ur- colonne de compagnie est une chose échouer ainsi son action.

– 29 –
Vauban • la Lettre du génie
ACTUALITÉS DU GÉNIE

Le bon équilibre serait donc de déta- consistait à monter ces points de place grâce au matériel prêté par la
cher un groupe avec le sous-officier contrôle, à ouvrir les itinéraires néces- section pionniers et assemblé par les
adjoint au plus près des unités saires à la manœuvre, à baliser des soins de la section de combat.
appuyées sur l’axe d’effort « IA » contournements en cas d’urgence
du sous-groupement (composante et à désengluer des véhicules pris dans Les sections d’infanterie l’ont apprécié
liberté d’action) et que le chef de des zones minées ou polluées, même au plus haut point, bénéficiant des
section conserve le reste des moyens de nuit. herses, de chevaux de frise, de rou-
en 2e échelon sur l’axe d’effort leaux de concertina, de rails, de bar-
« génie » (composante concentration rières à foule et de panneaux stop.
des efforts). Une place pour l’OT et la SAD
À noter que l’usage des DHPM3A
Si cet éventail de missions consomme nous est demandé pour les fouilles
largement les groupes de combat, les de personnels féminins, sachant que
L’EMPLOI DU GENIE DANS capacités d’organisation du terrain du la fouille au DHPM3A est formel
LES NOUVELLES ROTATIONS génie sont sous-employées. En effet, le lement interdite dans son manuel
scénario comprend l’arrivée de réfu- d’emploi.
giés dans la zone du GTIA. Pourquoi
Un nouveau thème tactique alors ne pas proposer le montage d’un En conclusion, l’introduction de la
camp de réfugiés par la section appui basse intensité dans les rotations au
Les thèmes tactiques utilisés au CEN- ou la section OT ? De plus, la SAD CENTAC représente une opportunité
TAC ont connu une innovation pour pourrait améliorer grandement l’amé- formidable pour le génie.
cette rotation. Les 24 premières heures nagement des points de contrôle grâce
sont désormais consacrées au contrôle aux ACAD et à l’EMAD. Elles sollicitent désormais un éventail
de zone dans une situation de crise. plus large de ses capacités, encore
La posture adoptée et les savoir- trop souvent méconnues de l’inter-
faire employés correspondent à un L’appui aux points de contrôle armes, qui commence également à
contexte de combat de basse intensité. très bien prendre en compte ses
Les missions dévolues à l’interarmes Il serait également judicieux de faire appuis en haute intensité.
sont essentiellement d’armer des confectionner au niveau des compa-
points de contrôle et d’effectuer des gnies des lots d’équipement de point
patrouilles à pied. L’appui génie de contrôle. Cela a été possible sur Lieutenant TORRENT

SOUSCRIPTION • BON DE COMMANDE

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souhaite acquérir la brochure historique de la 75e CGAP

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(joindre le chèque à l’ordre de l’Amicale du 17 RGP) e

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– 30 –
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EN
VI

Le cinquantième anniversaire de la création de la 75e CGAP sera marqué


par la réalisation d’une brochure (couverture semi-rigide, 140 pages dont
24 pages de photographies en couleur en cahier central) relatant ce que fut
la 75e CGAP et comportant des témoignages.

Pour maintenir le prix à un niveau raisonnable (25 euros frais de port


compris), cette brochure sera réalisée par souscription et l’ouvrage ne sera
mis sous presse seulement si le nombre de 150 exemplaires est atteint.
Après souscription, le prix de vente sera de 40 euros.

Ce n’est pas en regardant par-dessus l’épaule d’un camarade en train


de feuilleter la brochure qu’il faudra se décider à la commander :
il sera trop tard !

– 31 –
Vauban • la Lettre du génie
DOSSIER

– 32 –
Vauban • la Lettre du génie
DOSSIER

Le Tadjikistan : un pays fragile


en quête de stabilité
Indépendant depuis l’implosion du bloc
soviétique, le Tadjikistan a été la proie d’une
guerre civile entre procommunistes et
démocrates islamistes de 1992 à 1997. Le retour à
la paix a permis la renaissance du pays, sur des
bases encore fragiles.
Ancienne province de l’URSS, le Tadjikistan a
acquis son indépendance en 1991. Enclavé au
cœur de l’Asie centrale, entre l’Afghanistan, la
Chine, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan, le
territoire tadjik est constitué à 93 % de
montagnes. Depuis la fin des années cinquante,
une forte croissance urbaine a été nourrie par
l’immigration issue des autres républiques d’Asie
centrale. Un peu plus de sept millions d’habitants
vivent dans ce petit état de 143 000 km2, 3,8 fois
plus petit que la France. Le Tadjikistan est un
pays multiethnique comptant près d’une
quarantaine de peuples aux origines très variées.
Les Tadjiks, majoritaires, représentent près de
62 % de la population totale. Peuple d’origine
iranienne, ils sont persanophones et de
confession musulmane sunnite (environ 80 %) ou
chiite (environ 5 %). Il existe aussi des minorités
importantes : les Ouzbeks (21,4 %), les Russes
(3,4 %). Suivent les Kirghiz, les Tatars, les Pamiri
et les Persans.
Le Tadjikistan était le pays le plus pauvre de
l’ancienne URSS. À la suite de la guerre civile, de
1992 à 1997, il est même devenu l’un des plus
pauvres au monde. Les sources de revenu, liées
à l’exportation du coton et de l’aluminium, sont
précaires et rendent l’économie vulnérable aux
cours du marché.

Résurgence de l’islamisme
Après la chute du régime soviétique, le pays
connut une résurgence de l’islamisme qui avait
été longtemps muselé. Des milliers de mosquées
furent construites et, à partir de 1992, des

– 33 –
DOSSIER

combats entre procommunistes et démocrates


islamistes déchirèrent le Tadjikistan. Les conflits
ont dégénéré en guerre civile lorsque des
factions régionales prirent les armes au nom du
communisme, de la démocratie ou de l’islam.
Approvisionnés en armes à partir de
l’Afghanistan, les démocrates islamistes prirent le
contrôle de la capitale Douchanbé. Aidés par les
forces russes et ouzbekes, les procommunistes
reprirent ensuite la ville, puis le contrôle du pays
et lancèrent une campagne d’élimination de
l’opposition, interdisant le Parti de la renaissance
islamique en 1992.
Contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres
anciennes républiques soviétiques, la guerre n’a
pas eu au Tadjikistan une dimension ethnique
significative, car les Tadjiks ont fourni les gros
bataillons des deux camps. Pendant ce temps,
suite à l’aggravation de la situation politique,
l’armée russe a pris le contrôle de la frontière du
pays, afin d’éviter les infiltrations depuis
l’Afghanistan. La guerre civile entre communistes
et islamistes, qui a provoqué l’exode d’au moins
100 000 russophones, a ravagé la société et
l’économie du Tadjikistan.

30 000 morts en cinq ans

Les pourparlers engagés en 1994 entre le régime


communiste et l’opposition islamiste en exil
aboutirent, en 1997, à la signature d’un accord de
paix qui prévoyait un partage des portefeuilles et
des élections législatives sous contrôle
international. L’accord de paix devait mettre un © Section géographique militaire

terme à quatre années d’une guerre civile alors


responsable de la mort de 30 000 personnes.
En 1999, le pouvoir était encore confronté à une en 1998. Fin 1999, le président sortant, Emomali
crise politique aggravée par la reprise des Rakhmonov, fut réélu pour sept ans avec
affrontements entre les troupes anti-islamistes et 96,99 % des voix, à l’issue d’un scrutin
les forces gouvernementales, mais aussi à une controversé. Le 27 novembre 2000, le processus
corruption qui s’étendait à l’ensemble des de paix prit fin officiellement lorsque le
institutions, à une croissance économique Parlement bicaméral, élu au printemps 2000,
stagnante à l’image du taux d’inflation qui n’était consacrant la victoire du Parti démocratique
pas descendu en dessous de la barre des 40 % populaire, progouvernemental, arrivé en tête

– 34 –
devant le Parti communiste et le Parti de la renaissance islamique, tint sa première session.
En août 2000, le directeur de l’Agence du programme alimentaire mondial au Tadjikistan lança un
appel d’urgence. La sécheresse, la plus grave depuis dix ans en Asie centrale, menaçait de famine la
moitié de la population du pays. Depuis, le Tadjikistan est resté en proie à de nombreux problèmes,
alors que la paix est demeurée précaire. Certains groupes armés n’ayant pas souhaité s’associer à
l’accord de paix, le gouvernement central n’a pas encore le contrôle de toutes les zones du pays et a
dû forger des alliances et des compromis avec certaines factions.
SLT HOUDEMONT
Officier de réserve ESR-ESAG

– 35 –
Vauban • la Lettre du génie
DOSSIER

La mission de déminage au Tadjikistan


mission de déminage, initiée en février 2004
ETTE • le contrôle de la qualité qui se traduit par des audits

C par la direction de Coopération militaire de


défense, s’inscrit dans le cadre des accords de
coopération bilatéraux qui lient la France et le
ayant pour objectif de vérifier la stricte application
des procédures opérationnelles standardisées (SOP).

Tadjikistan. Intégrée dans le plan national de lutte Les détachements désignés pour des périodes variant de
contre les mines terrestres et engins explosifs mis en deux à quatre mois ont une tâche particulièrement
œuvre sous couvert de l’ONU, cette mission à caractère difficile. Outre les difficultés habituelles, inhérentes au
pédagogique est conduite au sein de la Fondation Suisse travail de déminage, ces cadres doivent en effet
de Déminage (FSD). Elle a pour but de donner à ce supporter de surcroît les contraintes de la topographie
pays, au terme de l’année 2008, une autonomie complète (la moitié du pays est située à une altitude supérieure à
dans les domaines du déminage et de la dépollution. 3 000 mètres), du climat (les températures varient de
+ 48° C à - 63° C), des déplacements périlleux (sur un
La division de formation au déminage renforcée par du réseau routier archaïque) et de déplacement de la
personnel EOD des régiments s’acquitte de ce mandat pollution (suite à des glissements de terrain fréquents).
qui se décline en trois aspects principaux : Cette mission a été endeuillée par la disparition tragique
• la formation qui consiste à faire acquérir des savoirs et de l’adjudant-chef Sarazin le 19 avril 2006.
des savoir-faire techniques aux futurs acteurs du
déminage de ce pays ;
• l’accompagnement pédagogique, communément LCL BOUINIÈRE
appelé « mission de supervision » ; Commandant la division de formation au déminage de l’ESAG

© 6e RG/CNE Pierson

Concentration et prévision sont les atouts du démineur – 36 –


Vauban • la Lettre du génie
DOSSIER

Dans le cadre de l’application


du document de l’Organisation
pour la sécurité et la
coopération en Europe
(OSCE), relatif à la destruction
de stocks de munitions
conventionnelles en surplus, la
France a décidé d’apporter son
concours à la demande
d’assistance formulée par le
Tadjikistan. Un détachement
d’instruction
© 6e RG/CNE Pierson

opérationnelle/explosive
ordnance disposal (DIO/EOD)
a été mis à disposition du
centre de l’OSCE de
Douchanbe. Afin de rendre ce
pays autonome, en termes
d’identification, de transport,
Souvenir de l’ère communiste

Mission de coopération
sous mandat OSCE
de stockage et de destruction de
munitions, une première phase
de formation à la destruction a
été menée entre septembre et
novembre 2005. La seconde
phase qui vise à assister et
contrôler les Tadjiks dans les
destructions de munitions a été
l’objet de la mission du
Vendanges dans les jardins du diable
© ESAG/CNE Augé
DIO/EOD, d’avril à juin 2006.

– 37 –
Vauban • la Lettre du génie
DOSSIER

E détachement, composé du lieutenant (désormais Le contenu de la formation de remise à niveau a été basé

L capitaine) Augé (ESAG), de l’adjudant Lehérissey


(6e RG), de l’adjudant Billiotte (25e RGA) et du
sergent-chef (TA) Pirio (1er RG), a dans un premier
sur le programme effectué par le DIO précédent. Avec
une phase théorique d’environ trois semaines, l’effort a
été porté :
temps effectué une remise à niveau théorique des • sur les connaissances des munitions à détruire
militaires tadjiks précédemment formés et dans un susceptibles d’être rencontrées dans le pays ;
deuxième temps supervisé la destruction d’un stock • sur les règles de sécurité relatives à la mise en œuvre
d’environ seize tonnes de munitions. des explosifs et des destructions suivant la
réglementation française ;
Provenant du génie militaire tadjik, les stagiaires étaient • sur les moyens en soutien médical à mettre en œuvre ;
au nombre de huit, soit trois officiers et cinq militaires • sur le rôle de chacun (officier et soldat) dans les
du rang. Tout au long de la mission, ils se sont révélés opérations d’identification, de transport, de stockage
appliqués et sérieux, mesurant le privilège de travailler et de destruction sur place ou en fourneau de
avec des étrangers et de disposer de moyens matériels munitions.
qui font défaut à l’armée tadjike. Les infrastructures
réalisées dans le cadre du projet, à savoir un dépôt Une série de tests et de contrôles est venue sanctionner
intermédiaire de stockage de munitions, un polygone de cette remise à niveau théorique, avec en final, une
destruction, la réhabilitation d’un bâtiment (salles de journée de mise en œuvre d’explosifs réels permettant
cours, bureaux, dortoir, ordinaire, sanitaires, etc.) sur le ainsi de revalider la formation, pour les officiers, de
site du camp militaire de Lohur, à trente kilomètres de directeur de mise en œuvre d’explosifs (DMO) et, pour
Douchanbe, ont permis à l’équipe EOD tadjike d’y les soldats, les fondamentaux que le sapeur doit posséder
stationner et d’y travailler dans de très bonnes conditions. en vue d’une séance d’explosifs.

© ESAG/CNE Augé Une série d’explosions…

– 38 –
Maréchal DE FOURCROY 1715-1791
LE GÉNIE CONSTRUCTEUR 1776-2005

Les directeurs
Dans Vauban - la Lettre du génie n° 1, nous avons découvert la forme du Service d’infrastructure de la
défense (SID) né en 2005. Le général de division Alain Addé est le premier directeur de ce service
constructeur regroupant la DCG (terre), la DCIA (air) et le DCTIM (marine) sous le sigle DCSID
(Direction centrale du service d’infrastructure de la défense).

Pour nous, sapeurs constructeurs, nous venons de voir se tourner la dernière page d’une épopée
commencée en décembre 1776 sous Louis XVI avec la création du « corps royal du génie », c’était la
militarisation du corps des ingénieurs du roi et désormais les ingénieurs seront appelés par leur grade
d’officiers du génie.

Un premier directeur sera désigné pour siéger auprès du secrétaire d’État à la Guerre, ce sera le
maréchal de camp Charles-René de Fourcroy qui était jusqu’alors directeur des fortifications en
Roussillon.

De 1781 à 2005, soixante-et-un directeurs vont assurer cette responsabilité nationale. La liste ci-jointe
rappelle leurs noms. Le dernier est le général de corps d’armée Marcel Keiflin.

Un tableau en marbre avec tous ces noms est fixé dans le couloir d’accès du bureau du directeur
central du SID dans le bâtiment Carnot, 3, rue de l’Indépendance-Américaine à Versailles.

Un livre d’or sur ces directeurs est en cours d’élaboration. Actuellement, nous ne sommes en
possession que de 40 portraits exploitables pour cet ouvrage ; nous recherchons ceux des directeurs
suivants :

VAUCHELLE François né à Versailles en 1730 décédé à Versailles en 1813


De SAINT FIEF Charles né à Salmagne (Meuse) en 1752 décédé à Gorce (Charente) ?
ANDREOSSY Victor Antoine né à Venténéac (Aude) en 1747 décédé à Antibes (A.M.) en 1819
EVAIN Louis Auguste né à Angers en 1775 décédé à Bruxelles (B) en 1852
SCILLEMANS Jean né à Boulogne (PdeC) en 1769 décédé ?
HUZ Jean né à Mézières en 1783 décédé à Calais (PdeC) en 1842
MENGIN-LECREULX François né à Nancy en 1796 décédé à Nancy en 1881
DEJEAN Pierre-Charles né à Paris en 1807 décédé à Paris en 1892
ANSOUS Félix né à Versailles en 1819 décédé à Paris en 1903
COSSERON Louis né à Dunkerque en 1821 décédé à Paris en 1903
RICHARD Emile né à Rambervillers (Vosges) en 1836 décédé à Paris en 1883
MENSIER Joseph né à Paris en 1829 décédé à Boulogne/Seine en 1917
DE LAMBRE Alfred né à Paris en 1833 décédé à Paris en 1903
ROUX Edouard né à Paris en 1841 décédé à Marseille en 1920
BERTHIER Jean né à Bergerac en 1841 décédé à Versailles en 1922
CHEVALIER Louis né à Moulins (Allier) en 1854 décédé à Moulins en 1938
TISSIER Louis né à Saint Fargeau en 1863 décédé à Paris en 1947
DUMONT François né à Montpellier en 1890 décédé à Castelnau Le Lez en 1957

Tout lecteur pouvant nous aider par un document, une adresse ou un renseignement
est prié de contacter : monsieur Di Meglio – cellule communication de la DCSID
BP 221 – 00469 ARMÉES • Tél : 01 30 97 96 79
RELEVÉ DES INSCRIPTIONS
DU TABLEAU MURAL À VERSAILLES

Des directeurs du génie


1781 – 1789 de FOURCROY maréchal de camp 1919 – 1920 JULLIEN général de division
1792 VAUCELLE chef civil 1920 – 1925 TISSIER général de division
1793 SAINT FIEF adjudant général 1925 – 1927 TISON général de brigade
1797 MILET MUREAU général de brigade 1927 – 1929 NORMAND général de brigade
1800 ANDREOSSY général de brigade 1929 – 1933 LEFORT général de division
1802 GASSENDIE général de brigade 1934 – 1938 ALLEAU général de division
1806 DABADIE colonel 1938 – 1940 METROT général de brigade
1808 – 1809 de CAUX colonel 1940 COSSON général de brigade
1818 – 1821 EVAIN maréchal de camp 1941 – 1944 DUMONT ingénieur général
1823 SCHILLEMANS 1944 – 1945 JAUBERT général de division
1825 BAUDRAND maréchal de camp 1945 – 1955 PINSON général de division
1829 HUZ lieutenant-colonel 1955 – 1957 HOUSSAY général de brigade
1834 – 1847 BOQUET maréchal de camp 1958 – 1961 THUAIRE général de division
1849 COFFINIERES chef de bataillon 1961 – 1962 DUDELOU général de division
1851 MENGIN général de brigade 1962 – 1964 PRIEUR général de division
1853 – 1863 MENGIN LECREULX général de division 1964 – 1969 MONTAGNER général de division
1864 – 1866 DEJEAN (vicomte) général de brigade 1969 – 1972 GONON général de division
1867 DOUTRELAINE général de brigade 1973 GONON général de corps d’armée
1868 – 1871 DEJEAN (vicomte) général de division 1974 – 1977 BRUGE général de division
1872 – 1873 ANSOUS colonel 1977 – 1979 CHADAL général de division
1874 – 1879 SERE de RIVIERES général de division 1979 – 1980 CHADAL général de corps d’armée
1880 – 1881 COSSERON de VILLENOISY général de brigade 1980 – 1981 AGOSTINI général de division
1882 GILLON colonel 1983 AGOSTINI général de corps d’armée
1883 RICHARD colonel 1983 – 1986 BLESBOIS général de division
1884 GALLIMARD général de brigade 1988 BLESBOIS général de corps d’armée
1884 – 1885 CORRENSON colonel 1988 – 1991 DELORME général de division
1886 RICHARD général de brigade 1993 DELORME général de corps d’armée
1887 – 1893 MENSIER général de division 1993 – 1996 DEVAUX général de division
1893 – 1895 DELAMBRE général de division 1997 DEVAUX général de corps d’armée
1896 – 1900 LAURENT général de division 1997 – 2000 NOVELLO général de division
1900 – 1902 ROUX général de division 2000 NOVELLO général de corps d’armée
1902 – 1903 BERTHIER général de division 2000 – 2001 FRANCOISE général de division
1904 JOFFRE général de brigade 2001 FRANCOISE général de corps d’armée
1905 – 1910 ROQUES général de brigade 2002 – 2004 KEIFLIN général de division
1911 – 1919 CHEVALIER général de division 2005 KEIFLIN général de corps d’armée
Général de corps d’armée KEIFLIN DCG 2000-2005
Vauban • la Lettre du génie
DOSSIER

© ESAG/CNE Augé enrichissante, tant sur le plan professionnel qu’humain.


En outre, ce type de mission permet d’avoir accès à un
certain nombre de dépôts de munitions de l’ex-bloc
soviétique, ce qui pour la filière EOD, MINEX,
NEDEX est source d’enseignements et de renseigne-
ments sur les munitions rencontrées.

Enfin, le double objectif assigné a été atteint et dépassé,


à savoir, effectuer dans un premier temps une formation
de remise à niveau des artificiers de l’équipe EOD
tadjike puis, dans un deuxième temps, réaliser la
destruction de 16,191 tonnes de munitions. Avec les
8,5 tonnes de munitions détruites l’année dernière par la
précédente équipe, c’est un total de 24,691 tonnes de
munitions qui ont été détruites.

En remplissant sa mission au-delà de l’objectif à


atteindre, le DIO EOD a contribué à réaffirmer
l’excellence du savoir-faire du génie français dans les
opérations de destruction de munitions, de déminage et
de dépollution.

Ce séjour aura été marqué par la disparition du


camarade, de l’ami, du frère d’arme qu’était l’adjudant-
chef Gilles Sarrazin, mortellement blessé par l’explosion
d’une mine sur un chantier de déminage. Les sapeurs
présents au Tadjikistan remercient tous ceux qui les ont
… pour revalider… soutenus de près ou de loin dans ces instants difficiles et
n’oublient pas madame Pascale Sarrazin et ses deux
filles touchées par cette disparition brutale.
À l’issue de cette remise à niveau théorique, la phase
pratique de destruction de munitions a réellement Capitaine AUGÉ
démarré. Durant les trois premières semaines du mois de Chef de la cellule information-expertise - DFD/ESAG
mai, le DIO a porté son effort sur l’accompagnement
pédagogique des destructions sur place ou en fourneaux … la formation

© ESAG/CNE Augé
des munitions. Enfin, durant le mois de juin, l’équipe
française s’est petit à petit désengagée et s’est mise en
retrait afin de transmettre la conduite des opérations à
l’équipe EOD tadjike et l’amener ainsi à l’autonomie
souhaitée. Il a été détruit 16 191 kg de munitions dont
5 460 kg de matière active (explosifs, poudre…).

Au final, l’équipe EOD tadjike a acquis les savoir-faire


nécessaires à la réalisation de sa mission. Que ce soit en
termes d’identification, de transport, de stockage et de
destruction de munitions, elle est capable d’agir de façon
autonome et en toute sécurité. De plus, elle dispose des
infrastructures et des matériels adaptés à sa mission.

Évoluer dans un milieu international et participer à la


mise en œuvre d’un programme Small Arms and Light
Weapons/Conventional Ammunitions (SALW-CA) aura
été pour l’équipe française une expérience des plus

– 39 –
Vauban • la Lettre du génie
DOSSIER

Témoignage du capitaine Pierson


OUS sommes le 19 avril 2006, vers 16 heures,

N dans un petit hôpital de campagne situé dans le


sud du Tadjikistan, à quelques kilomètres de la
frontière avec l’Afghanistan dans le village de Panj
exactement, sous mes yeux impuissants, meurt
l’adjudant-chef Gilles Sarrazin à l’âge de 48 ans.
Marié et père de deux filles, il meurt le jour des treize
ans de sa seconde fille.

Depuis le 10 mars, nous étions lui et moi dans le


cadre de la coopération militaire, sous tutelle du
programme de développement des Nations Unies et
détachés au sein de la fondation suisse de déminage,
une organisation non-gouvernementale spécialisée
dans le domaine du déminage et présente au
Tadjikistan mais aussi en Irak, au Soudan et en
Afghanistan. Ce projet avait été initié en 2003 par la
direction de la Coopération militaire de défense et
était mis sur pied par le département de formation au
déminage de l’École supérieure et d’application du
génie. Notre mission consistait à superviser
l’instruction puis le travail sur les chantiers de
déminage des démineurs recrutés pour la plupart
dans les rangs de l’armée tadjike. C’est ce qu’effectuait
© 6e RG/cne Pierson
l’adjudant-chef Sarrazin lorsqu’un accident tragique
s’est produit, entraînant sa mort. Le chantier sur
lequel il travaillait avait commencé 10 jours plus tôt © 6e RG/cne Pierson

sur un terrain et dans un environnement très délicats,


certainement à l’origine de l’accident.

Particulièrement expérimenté, il avait déjà connu des


terrains difficiles, notamment au Liban, au Tchad, en
Irak, au Kosovo, en Afghanistan et en Bosnie. Ayant
servi au 17e RGP, au 19e RG, au 13e RDP, au 31e RG
et à la Réunion, il venait d’arriver comme instructeur
au département de formation au déminage de
l’ESAG. Ceux qui l’ont connu se souviennent de son
professionnalisme, de ses grandes compétences
techniques, de sa chaleur humaine et de sa profonde
humanité. Je n’oublierai jamais ce grand homme
qu’était l’adjudant-chef Gilles Sarrazin, je n’oublie
pas non plus sa femme et ses deux filles plongées
aussi subitement et précocement dans la douleur.

Capitaine PIERSON
L’adjudant-chef Sarrazin au cours de la mission EOD
6e RG

– 40 –
Vauban • la Lettre du génie
DOSSIER

Retour sur le chantier de Douchanbe (OPEX 2005)


Le génie de l’air en action

© 25e RGA

Dans le cadre de l’opération HERACLES, un détachement du 25e régiment du génie de l’air


composé d’une quarantaine de personnels de la 2e COGA aux ordres du lieutenant Gueganno
est projeté le 15 mars 2005 sur l’aéroport international de Douchanbe au Tadjikistan. Le site
accueille un détachement air dont la mission est d’assurer les missions de transit inter
théâtres et d’aérotransport intra théâtre au profit des différentes unités stationnées en
Afghanistan.

© 25e RGA

– 41 –
Vauban • la Lettre du génie
DOSSIER

missions confiées à ce
ES

L détachement sont mul-


tiples. Elles vont per-
mettre de mettre en œuvre
une grande partie des savoir-
faire techniques acquis et
entretenus en métropole.

La mission principale du
détachement est ainsi de
terminer pour la fin du mois
de juillet 2005 la réfection
de la piste de l’aéroport
international débutée en
2004. Le projet étudié
conjointement par la direc-
tion générale de l’aviation
civile et le service technique
des bases aériennes prévoit
la réfection de la piste et des
bandes anti-souffle par la Train de compactage
© 25 RGA
e

mise en œuvre d’un tapis


d’enrobé de type béton bitu-
mineux aéronautique (BBA) après reprofilage des sec- Dans le même temps, le DETAIR s’apprête à recevoir
teurs les plus endommagés. des renforts afin de sécuriser les élections en
Afghanistan. Le détachement reçoit alors quelques
La maîtrise d’ouvrage est assurée par l’État du missions supplémentaires :
Tadjikistan en la personne du directeur général de • effectuer les travaux de terrassement et la mise en
l’aéroport. Le génie de l’air est chargé d’effectuer de la œuvre de bastion-wall afin de réaliser un dépôt de
maîtrise d’œuvre et de poser les enrobés, leur production munitions temporaire permettant d’assurer le
étant confiée à une entreprise indienne. Les États-Unis stockage des différentes bombes et obus équipant les
financent en grande partie l’achat des matériaux avions de chasse. La livraison de ce site est également
nécessaires à la réalisation de ce chantier. prévue pour fin juillet ;

© 25e RGA/cne Gueganno Pose des enrobés © 25e RGA/cne Gueganno

– 42 –
Vauban • la Lettre du génie
DOSSIER

Réalisation d’un passage busé afin d’accéder au dépôt


© 25e RGA

Intégration du dépôt de munitions sur l’aéroport

© 25e RGA

• contribuer à la montée en puissance du DETAIR


en participant activement au durcissement de
l'infrastructure en collaboration avec les aviateurs de
la CIO (1) ;
• dans le cadre des opérations civilo-militaires,
participer à la réhabilitation d’un orphelinat.

Conformément aux engagements pris par la France vis-


à-vis des autorités tadjikes, la piste est livrée le 31 juillet,
ce qui permet la réouverture de cette dernière sans
aucune restriction. Le déploiement aérien français peut
commencer. L’échéance fixée est respectée.
© 25e RGA Sciage pour un portail

Le 1er août, l’arrivée sur le site de trois Mirage 2000 D et


de trois Mirage F1 marque le début de l'opération
« SERPENTAIRE ». Les avions de chasse doivent
participer à la sécurisation des élections parlementaires
en Afghanistan.

Cette mission particulière aura duré près de sept mois.


Elle aura été pour l’ensemble des personnels du
détachement une expérience des plus enrichissantes,
tant sur le plan humain que professionnel.
Capitaine GUEGANNO
25e RGA
© 25e RGA

Le trafic aérien n’était pas suspendu


(1) Compagnie d’Infrastructure en Opération (CIO). durant les travaux de réfection de la bretelle 4

– 43 –
© Ltn Marmey
Vauban • la Lettre du génie
HISTOIRE

Honneur au
8E RÉGIMENT
DU GÉNIE…
La compagnie de commandement et de
soutien du 8e régiment de transmissions
situé à la forteresse du Mont-Valérien à
Suresnes (92) est gardienne du fanion et
des traditions du détachement de
sapeurs télégraphistes du 8e régiment
du génie ayant servi au sein de la
38e division d’infanterie pendant la
Première Guerre mondiale.
© Ltn Marmey

Partie consacrée au 8e régiment du génie en salle d'honneur du 8e RT.

corps d’armée, lui conférant le droit Le 8e RT est l’héritier des traditions du


au port de la fourragère aux couleurs 8e RG. Il en conserve le souvenir à tra-
du ruban de la croix de guerre 1914- vers sa salle d’honneur et ses salles
1918. d’exposition. Par une décision minis-
térielle du 13 février 1978, sa CCL a
Le 1er janvier 1913, le commandement été autorisée à porter la fourragère aux
décide la mise sur pied d’un véritable couleurs de la croix de guerre 1914-
régiment de télégraphistes : le 1918 gagnée par le détachement de
8e régiment du génie dont la 38e DI sur les champs de
le drapeau sera remis le bataille de France.
14 juillet de cette même ©
Cn
e
année à son chef de Afin de pérenniser et
La
rt
ign

Insigne portée avec la fourragère par les corps, le colonel


e

renforcer cette filia-


personnes de la compagnie de commandement Linder, par le prési-
et de soutien du 8e régiment de transmissions. tion au moment où
dent de la Répu- les derniers poilus
blique, M. Poincaré. disparaissent, le 11
Ce détachement de sapeurs télégra- avril 2006, le ser-
phistes, aux ordres du lieutenant En 1947, cinq ans vice historique de la
Merlin, accomplit sa mission pendant après la création de défense a autorisé le
toute la durée de la guerre avec une l’arme des transmis- 8e RT à épingler l’in-
compétence rare et une grande abné- sions, le 8e RG devient le signe original du 8e RG
gation. Il obtient ainsi deux citations à 8e RT. au-dessus du ferret de sa four-
l’ordre de l’armée et une à l’ordre du ragère. Les transmetteurs du 8, succes-
Ayant connu les balbutiements de la seurs de leurs aînés sapeurs télégra-
télégraphie sans fil, il se trouve en phistes, en sont fiers.
2006 à la pointe des nouvelles tech-
Entrée de la forteresse du Mont-Valérien
abritant le 8e régiment de transmissions.
nologies de l’information et de la LTN MARMEY
Crédit photo LTN MARMEY communication. OCI du 8e RT

– 44 –
Vauban • la Lettre du génie
HISTOIRE

ARROWHEAD
Le sacrifice des sapeurs du bataillon français de l’ONU
Corée, octobre 1952

En octobre 1952, en Corée, chacun des deux camps s’efforce de marquer des points de manière
à être en position avantageuse dans les discussions à propos d’un éventuel armistice. Les
Américains font effort dans les airs et les Chinois à terre. Ainsi, ces derniers cherchent à lancer
de nouvelles offensives de grande ampleur avant que l’hiver ne vienne figer la ligne de front.

À cette époque, le bataillon français, terrant. Ils savent que le choc sera dur. rable. Les Chinois débordent les posi-
engagé dans la guerre de Corée avec En effet, depuis plusieurs jours les ren- tions françaises par la gauche. Ils arri-
les troupes de l’ONU et qui appartient seignements indiquent très clairement vent dans les tranchées françaises. Le
au 23e régiment d’infanterie de la 2e qu’une offensive de grande ampleur lieutenant Perron est blessé quatre fois
division d’infanterie US, revient de est imminente et qu’elle aura très cer- et disparaît dans l’enfer des bombarde-
l’arrière où il se trouvait depuis le 19 tainement comme objectif principal ments.
août pour se réorganiser et s’entraîner. Arrowhead. Les combattants français
Il monte en ligne le 3 octobre. vont se trouver une fois de plus au Un pionnier témoigne : « Un système
cœur de la tourmente. de sonnettes indiquait leur présence
Le régiment prend position sur une et, normalement, à ce signal les
crête que les Américains ont nommée Américains se repliaient. Nous, nous
Arrowhead, ce qui signifie « pointe de avons conservé nos positions. Cela
flèche ». En effet, c’est la forme que
PRÊTS À L’ATTAQUE surprit les Chinois et les désorganisa
dessinent les lignes de crête, et ce en […] Ca tombait, ça tombait et on avait
direction des positions amies. Le corps Dès le 4 octobre, la préparation d’ar- l’impression que c’était toujours les
de la flèche, lui, est constitué par une tillerie des troupes communistes mêmes qui montaient à l’assaut […] »
ligne de crête qui descend des posi- débute sur les positions françaises. (1). Le colonel Boreil (2) ordonne alors
tions chinoises. Arrowhead est l’une Elle est particulièrement intense le 6 le tir de l’artillerie et de toutes les
des deux positions qui, avec octobre et utilise aussi des chars et des armes lourdes d’infanterie en avant et
Whitehorse, interdisent l’accès d’un mortiers. Les sapeurs en arrière de la position
axe traditionnel d’invasion vers Séoul comprennent alors que des pionniers. Par trans-
empruntant la vallée de Chorwon. Le l’attaque est imminente « Ne vous en faites mission, il s’adresse à la
bataillon français prend position à et chacun se prépare pas, Mon Colonel, section et lui demande
l’extrémité ouest du dispositif régi- dans son trou de com- nous tiendrons. » de tenir coûte que
mentaire, sur la cote 281. bat à affronter les coûte. Le sergent-chef
hordes chinoises. Graviloff, qui a pris le
Le point le plus au nord des positions commandement, lance à ce moment-
françaises est un avant-poste tenu par L’assaut communiste débute au cré- là son ultime message radio et
les 47 pionniers de la section du lieu- puscule et c’est une véritable marée répond : « Ne vous en faites pas, Mon
tenant Perron. Ils ont pour mission de humaine, clairon en tête, à laquelle Colonel, nous tiendrons ». Mais les
guetter l’arrivée des forces ennemies doivent faire face les sapeurs. Ils résis- munitions viennent à manquer. Il ne
de manière à pouvoir alerter le gros du tent héroïquement, mais le rouleau reste d’abord que les pistolets puis
bataillon et de dissocier l’attaque compresseur communiste est inexo- uniquement les armes blanches et les
avant de se replier. Les sapeurs organi-
sent tout de suite leur position en s’en- © DR

(1) Témoignage recueilli par Olivier Maestrati,


in Le bataillon français en Corée, Olivier
Maestrati, auto-édition, 2003.
(2) Le lieutenant-colonel Boreil commande le
bataillon français de l’ONU du 06/12/1951
au 01/12/1952.

– 45 –
Vauban • la Lettre du génie
HISTOIRE

poings. Un témoin verra le sergent- position malgré l’intensité


chef Graviloff se débattre avec un des combats qui est com-
Chinois et rouler dans une pente puis parable à celle de la
remonter avec un poignard dans la Première Guerre mon-
main. diale, avec ses charges
furieuses, ses combats au
La position des pionniers, sous les corps à corps dans les
coups des obus, est devenue complè- tranchées et ses intenses
tement informe. Le matraquage chi- bombardements d’artille-
nois a défoncé les tranchées et les rie entre chaque assaut.
abris. Les combattants des deux
camps sont maintenant imbriqués et La section de sapeurs du
les sapeurs se battent héroïquement. bataillon français de
Finalement, submergée par le nombre, l’ONU reçoit pour cette
la position est prise par les Chinois. action une deuxième
citation à l’ordre de l’ar-
Le sacrifice des sapeurs n’aura pas été mée (3) : « Unité de valeur
vain. La cote 281 a tenu. La résistance exceptionnelle. Sous les
de la position des sapeurs et leur ordres du lieutenant
pugnacité ont surpris les Chinois. Roger depuis le 31 jan-
Ceux-ci ont donc affecté deux compa- vier 1952, a participé à
gnies de plus que prévu pour renforcer l'activité du bataillon plus
l’assaut du piton, allégeant ainsi d’au- comme une unité de
tant les effectifs consacrés à l’assaut de choc que comme une
la cote 281. Mais les pertes de la sec- section de pionniers du
tion du lieutenant Perron sont très type habituel. S'enfon-
sévères. Quelques sapeurs parvien- çant profondément dans
dront à rejoindre les positions de la les lignes ennemies, fai-
première compagnie conformément sant sauter les mines
aux ordres. Les survivants, quant à chinoises, déminant et
eux, retourneront sur la crête pour posant de nombreux
retrouver les corps de leurs cama- engins, occupant et orga-
rades. Ils en découvriront dix-neuf. Le nisant puissamment des
sergent-chef Graviloff, qui s’était battu avant-postes, s'est signa-
comme un lion, sera transporté vers lée en maintes occasions
les lignes françaises dans un parachute notamment le 13 mars
blanc trouvé sur la position : dernier 1952, le 22 avril à
hommage en forme de procession « Sugar Hill » (région de
pour ce combattant hors pair. Le lieu- Kumhwa) et du 25 juillet
tenant Perron qui avait disparu avait au 19 août à Yoke et
en réalité perdu connaissance ; il sera Uncle.
fait prisonnier puis s’échappera et
rejoindra les lignes françaises deux « Sous les ordres du lieu-
jours plus tard. tenant Perron le 3 octobre
1952 aux avant-postes © DR

La bataille pour Arrowhead durera jus- situés au nord-ouest de la Roméo Pigouche


qu’au 10 octobre mais le bataillon cote 281, a pris immédia-
français résistera grâce à un barrage tement en main sous un feu massif de
battre jusqu'à l'arme blanche. A perdu
d’artillerie incessant et surtout grâce l'artillerie ennemie l'organisation de
19 morts, 15 blessés, 4 disparus,
aux combattants. Ceux-ci ont tenu la cette nouvelle position : s'est dépen-
cependant que plus de 200 cadavres
sée sans compter pendant trois jours.
ennemis étaient dénombrés devant la
Le 6 octobre 1952 à la tombée de la
position. A donné un magnifique
nuit, après un tir de préparation d'une
exemple de l'esprit de sacrifice le plus
densité inconnue jusqu'alors en
(3) La section de pionniers du bataillon français total. »
de l’ONU a reçu une première citation à
Corée, a infligé de terribles pertes à
l’ordre de l’armée pour les combats de l'adversaire. Submergée, a, avec un Lieutenant HÉMEZ
Putchaetul le 17 mai 1951. héroïsme incroyable, continué à com- 3e RG

– 46 –
Vauban • la Lettre du génie
HISTOIRE

Émile Delcambre est né à Escaudin (Nord)


QUI A INVENTÉ LA MÉTÉO ? le 16 novembre 1871. Sorti de Polytech-
Un sapeur bien entendu ! nique en 1905, il est nommé au service de
topographie à l'École d'application de
l'artillerie et du génie à Fontainebleau, poste qu'il

© Général Delochre/Météo France Beaucouzé


occupa jusqu'à la guerre. Officier cartographe du
maréchal Foch, il fut appelé en 1915 au service
géographique pour y remplir les fonctions de chef du
bureau météorologique militaire. C'est là que furent
instituées grâce à lui les méthodes modernes de
prévisions du temps, ainsi que le sondage par le son.

On doit au général Delcambre la créa- la technique aéronautique française un réseau de stations climatologiques
tion de l'Office national météorolo- et de la météorologie, beaucoup plus dans le cadre du département.
gique devenu ensuite le Service météo- que celle de deux hommes. »
rologique de la métro- Elles sont au nombre de 36, réparties
pole et de l'Afrique du Très tôt, Delcambre a comme suit :
Nord. C'est également vu la nécessité, pour • 3 postes principaux ;
à Delcambre que l'on arriver à un résultat • 7 postes pluviothermométriques ;
doit, grâce à l'appui tangible en météorolo- • 26 postes pluviométriques.
de Dal Piaz, président gie, d'une coopération
© Général Delochre/Météo France Beaucouzé

de la Compagnie géné- internationale. Au début du siècle, leur domaine de


rale transatlantique, la
compétence et leur rayonnement se
création du premier En 1921, à la confé- situaient bien au-delà de celui que
navire d'observation : rence de Londres, et nous leur connaissons aujourd'hui.
le « Jacques-Cartier ». en 1926, à la confé- Animées en général par des scienti-
rence internationale fiques de haut niveau (astronomes,
Ainsi, dès 1928, des de Zurich, il expose géographes, physiciens), elles consti-
liaisons régulières par ses vues. Il est alors tuaient la seule structure de réflexion
radio sont réalisées nommé président de et de concertation régionale suscep-
entre la France et la Commission char- tible d'aborder et de traiter les pro-
l'Amérique. Celles-ci, Abri météo gée d'étudier l'organi- blèmes météorologiques de tous
associées aux rensei- sation des radio- ordres, de toute nature.
gnements fournis par le J.-Cartier, per- grammes météorologiques sur les
mettent d'établir des cartes donnant océans. Cette Commission se réunit à
une très bonne prévision des perturba- Paris en 1928 et trace les grandes
© Général Delochre/Météo France Beaucouzé

tions pour les jours à venir. lignes d'un plan mondial qui sera l'ar-
mature du réseau actuel.
Le résultat de tous ces travaux permit
tout d'abord pour le raid de Costes et Dans sa retraite de Denée (en Maine-
Bellonte de retenir une et-Loire, ndlr), il conti-
date où la tentative nue à rester à l'avant-
avait le plus de chance Une victoire garde de la météorolo-
de réussir ; ensuite technique avant tout gie, réorganise et fait
d'ouvrir aux aviateurs profiter de son expé-
la route la moins pertur- rience l'organisation
bée, tandis que des radiotélégrammes météorologique départementale.
leur étaient envoyés tout le long du
parcours. Partis de Paris le 1er sep- Il convient d’ailleurs de rappeler que,
tembre, Costes et Bellonte arrivèrent à sous l'égide du Conseil général,
New-York le 2 et ils expriment ainsi depuis longtemps, les commissions
leur satisfaction : « Nous aurions dû météorologiques ont eu pour mission
dire que notre victoire était celle de de gérer et si possible de développer

– 47 –
Vauban • la Lettre du génie
HISTOIRE

LE DRAPEAU DU GÉNIE D’EXTRÊME-ORIENT


FÊTE SON ANNIVERSAIRE

Camp général Chanson à Saïgon - 5 mars 1956

ADIEUX AU DRAPEAU DU GÉNIE


DES FORCES TERRESTRES D’EXTRÊME-ORIENT
Drapeau du génie en EO avec sa garde
du 31e bataillon de marche du génie :
lieutenant Calvez, 2 sous-officiers marocains
et 3 légionnaires.

Il y a 50 ans, en 1956, le drapeau du génie d’Extrême-Orient était remis à l’École du génie. À


l’heure de la construction de la Cité du génie à l’ESAG d’Angers, le général Riche revient sur
la mise en place de cet emblème.

En 1945, un corps expéditionnaire directeur central du génie, font créer pendant quelques mois. En effet, il a
français est créé sous les ordres du un drapeau pour le génie d’Extrême- été confié au 17e régiment du génie
général Leclerc et envoyé en Extrême- Orient pour l’arme et les services. aéroporté créé le 1er janvier 1963 en
Orient pour le rétablissement de la attendant son véritable drapeau qui
souveraineté française dans l’union Le 12 janvier 1952, il est remis solen- lui a été remis le 24 juin 1964. C’est le
indochinoise. De nombreuses unités nellement à Saigon au colonel Gazin chef de bataillon Fonget, commandant
du génie vont être employées pour commandant le génie en Indochine. le 17e RGAP, qui a reçu à Angers le
cette reconquête qui va se transfor- Il est confié en première garde au drapeau du génie en Extrême-Orient
mer en guerre par 71e bataillon colonial le 30 septembre 1963 des mains du
suite de l’emprise du génie pour une général de Nadaillec commandant
communiste sur ce période de 6 mois. La l’EAG.
« Symbole de l’honneur,
territoire. dernière garde sera
de l’abnégation
celle du 31e bataillon « Il sera, a dit le général Pinson, le
Ce génie est composé et du courage » de marche du génie symbole de l’honneur, de l’abnégation
de bataillons et de jusqu’en 1956. et du courage. Il restera aussi l’em-
compagnies auto- blème émouvant de cette admirable
nomes pour l’arme, d’établissements Le 26 mars 1956, le général Pinson union qui associait étroitement au sein
et de parcs pour le service du matériel devenu inspecteur du génie remettra du génie d’Extrême-Orient : légion-
du génie et pour le service des tra- ce drapeau à Angers au général naires, coloniaux, sapeurs vietna-
vaux. Il n’y avait donc pas de drapeau Mandaroux commandant l’École d’ap- miens, algériens, marocains et fran-
régimentaire. plication du génie. Cette dernière en çais. »
assurera désormais la garde. On
En 1951, le général Dromard, inspec- notera cependant que cet emblème a Ce drapeau recevra l’inscription
teur du génie, et le général Pinson, quitté l’École d’application du génie « Indochine 1945-1954 ».

– 48 –
Vauban • la Lettre du génie
HISTOIRE

À ma connaissance, c’est le seul dra- service historique de la défense ne Ce drapeau n’est plus à l’École du
peau qui porte une inscription de tient compte pour une inscription de génie, il est replié dans une réserve à
campagne à la fois pour l’arme et les campagnes que des unités qui possè- Paris depuis 1970.
services du génie. dent un drapeau.
À l’aube d’avoir un grand musée
Pour le service des travaux du génie Remercions encore le général Pinson national du génie à Angers, quelle
qui a participé à toutes les batailles et pour cette leçon de solidarité entre bonne nouvelle ce serait d’apprendre
expéditions de l’armée française, c’est tous les hommes qui ont œuvré sous le retour de cet emblème unificateur
donc la seule marque de reconnais- cet emblème du génie au cours d’une au sein de l’École unique du génie.
sance de son action au profit des campagne éprouvante à tous les
troupes engagées lors de conflits car le points de vue. Le général (2S) Bernard Riche

Général de corps d’armée Robert Pinson


Directeur central du génie 1945-1954
Inspecteur du génie 1954-1958

Général de brigade Jean Mandroux


Commandant l’EAG à Angers 1953-1957

– 49 –
Vauban • la Lettre du génie
TROIS QUESTIONS À…

LIEUTENANT-COLONEL POTIN
officier de liaison génie aux États-Unis
Le lieutenant-colonel Philippe Potin est né à Brest
le 28 avril 1965. Issu de la promotion général
Calliès de l’ESM Saint-Cyr (1986-1989), il intègre la
DA de l’EAG d’Angers. Ses affectations successives
aux 9e et 6e RG le conduisent à revenir à l’ESAG en
1997 pour y exercer en tant qu’adjoint à la cellule
simulation. Depuis 2005, il est officier de liaison auprès de l’US Army
Maneuver Support Center de Fort Leonard Wood (USA). Diplômé
d’état-major et ingénieur des Ponts et Chaussées, il est également
breveté d’état-major en Belgique. Véritable amateur d’histoire
militaire, il a été officier traditions des 9e RG et 6e RG, puis guide au
Musée du génie à l’ESAG.

Quelles sont vos missions à Fort Leonard Wood ?


À Fort Leonard Wood se trouve l’US Army Maneuver Support Center (centre d’appui à la manœuvre) qui regroupe les écoles
du génie, du NBC et de la police militaire. Je suis officier de liaison auprès de ces trois organismes. Aussi, en France, suis-
je bien sûr en contact, entre autres, avec l’ESAG, mais aussi le CDNBC de Draguignan et la direction de la gendarmerie
nationale à Paris. Je représente l’armée de terre auprès des autorités militaires américaines de Fort Leonard Wood.

Mon travail consiste à recueillir des informations ouvertes, à en exploiter le contenu et à le transmettre aux organismes
français compétents. De même, je suis chargé d’informer l’armée américaine sur ce qui se fait en France dans le domaine
militaire. Par exemple, je fais une présentation du génie français au cours des capitaines et diffuse la presse militaire
française. Je suis aussi chargé de faciliter les échanges : accueil des délégations en visite, soutien des stagiaires.
Malheureusement, ce volet est pour l’instant une coquille vide, puisqu’il n’y a pas eu de stagiaires français depuis 2003 et
que les visites se sont arrêtées à la même époque. Je ne désespère pas d’inverser la tendance, mais le principal obstacle est
financier, puisque, au plus haut niveau, les échanges ont repris avec la récente visite du CEMAT aux USA.

Mais Fort Leonard Wood n’est qu’un aspect de mon travail. J’ai aussi des relations avec l’école du génie du Marine Corps
située à Camp Lejeune à 2000 km à l’est de Fort Leonard Wood, avec les centres d’essais spécialisés du génie et avec le
Corps Of Engineers, qui est l’équivalent du SID. Je suis aussi amené à me déplacer fréquemment pour assister à des
conférences, sources complémentaires d’informations, car les industriels et les universitaires qui travaillent avec l’US Army
sont beaucoup moins réticents pour diffuser les informations.

Comment un officier de liaison français est-il perçu aux USA ?


Fort Leonard Wood, surnommé « lost in the woods » (perdu au fond des bois), est une base énorme : y vivent 25 000
militaires avec leurs familles. Là-dedans, le seul Français est un peu perdu. D’autant plus qu’autour c’est la campagne et
que la première ville est à 120 km !

L’armée américaine est en guerre, tous mes interlocuteurs à Fort Leonard Wood sont très occupés et bien sûr les questions
posées par l’officier de liaison ne sont guère prioritaires. De plus, la culture du secret est bien ancrée, il est difficile d’obtenir
des informations même quand leur caractère semble anodin et que la presse en a déjà fait état.

– 50 –
Vauban • la Lettre du génie
TROIS QUESTIONS À…

Enfin l’armée française est mal connue des jeunes officiers et sous-officiers car pour l’immense majorité ils n’ont jamais
travaillé avec nous. C’est pourquoi je milite pour que l’armée de terre envoie des stagiaires aux cours des capitaines. Tous
ceux, malheureusement peu nombreux, qui ont travaillé avec l’armée de terre française s’en félicitent.

Ce constat se retrouve pour moi. Le plus souvent, la présence d’un officier de liaison français est ignorée. Quand ils me
rencontrent, le contact est le plus souvent amical, même s’il reste une frange de personnes hostiles à la France sous prétexte
que nous ne les avons pas suivis dans le bourbier irakien. La situation peut varier suivant les bases : les Marines sont
beaucoup plus ouverts que leurs collègues de l’Army, car ils sont habitués à travailler à l’étranger.

À l’extérieur de la base, je n’ai jamais ressenti de difficulté du fait d’être Français. Même si je ne m’identifie pas en tant que
tel, mon accent est suffisamment marqué pour que je sois rapidement identifié comme Français. Là aussi, les gens marquent
une certaine sympathie ou au moins de l’intérêt. Il est si rare de voir un Européen au fin fond du Missouri.

En quoi le génie américain diffère-t-il du génie français ?


Le génie américain est une énorme machine (80 000 hommes dont la moitié issue de la garde nationale et de la réserve)
avec des moyens techniques impressionnants du moins en quantité. En qualité, c’est moins le cas car le génie n’a jamais
été prioritaire pour l’octroi des nouveaux équipements. Ainsi le groupe de combat est toujours sur M113, véhicule chenillé
conçu avant la guerre du Vietnam et ayant disparu des unités d’infanterie méca depuis plus de 20 ans. Cela est en train de
changer avec la priorité donnée à la lutte contre les EEI (engins explosifs improvisés) où le génie joue un rôle majeur. De
nouveaux véhicules blindés et des moyens de détection performants arrivent grâce à la pression exercée par la guerre en
Irak.

Le génie est en pleine restructuration : une conception modulaire des unités jusqu’au niveau compagnie se met en place,
bien qu’au contraire de son collègue français, le sapeur américain reste fortement spécialisé. À Fort Leonard Wood, l’école
du génie dispose d’un vaste camp de manœuvre (25 000 ha) et de nombreuses installations d’entraînement. Ce qui surprend
le plus, c’est la faible durée des actions de formation. Un lieutenant chef de section est formé (formation génie et interarmes)
en 4 mois, cela explique en partie la spécialisation excessive. En fait, un chef de section génie combat (= ici minage
obstacles et un peu d’aide au déploiement) n’a aucune idée de ce qu’est un franchissement. Cela leur a valu quelques
déboires lors de l’entrée en Irak…

BULLETIN D’ABONNEMENT 3 numéros par an + 1 hors-série


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Vauban, la Lettre du génie Fédération nationale du génie
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– 51 –
Vauban • la Lettre du génie
FOCUS

L’ÉCOLE DU GÉNIE DU CORPS DES MARINES


Située à Camp Lejeune en Caroline du Nord, la MCES (Marine
CE
S Corps Engineer School) est une structure de taille modeste si on
M

la compare à l’école du génie de l’US Army à Fort Leonard


©

Wood. J’ai eu l’occasion de la visiter les 27 et 28 mars 2006.


L’accueil chaleureux du colonel Flowers commandant
l’école et de son équipe, ainsi que toutes les facilités
offertes pendant ces deux jours, ne peuvent que m’inciter à
chaudement recommander un développement des relations
entre l’ESAG (École supérieure et d’application du génie)
d’Angers et la MCES, surtout si la frilosité en matière de
diffusion des informations, qui est aujourd’hui en vigueur à Fort
Leonard Wood, se poursuit.

Fortement engagé en Irak, le corps des Il regroupe 180 000 hommes de toutes LA MCES (MARINE CORPS
Marines doit s’adapter à une situation armes avec même des avions de
qui risque de durer. Le génie des chasse et des hélicoptères. La majorité ENGINEER SCHOOL, ÉCOLE DU
Marines est donc amené à changer ses des Marines sont cependant des fan- GÉNIE DES MARINES) ET SES
méthodes, passer d’une mentalité de tassins. Ses spécialités sont bien
corps expéditionnaire, qui ne reste entendu les opérations amphibies et RELATIONS AVEC L’ÉCOLE DU
que peu de temps sur un théâtre, à les entrées en premier sur un théâtre. GÉNIE DE L’US ARMY
celui d’une force présente sur le ter-
rain de façon permanente. Cela le rap- Traditionnellement, si les USA doivent Créée en 1941 et installée quasiment
proche du génie de l’US Army, dont rester sur un territoire, le corps des depuis l’origine à Camp Lejeune, la
les moyens sont autre- Marines est remplacé grande base des Marines de la côte est,
ment plus importants, par l’US Army. En Irak, la MCES, est une structure de taille
mais les besoins en for- Structure originale ce n’est pas ce qui se relativement modeste (13 officiers, 131
mation quasi identiques au sein des armées passe. La durée de la sous-officiers et soldats, 11 civils) com-
aujourd’hui. Structure américaines guerre et la nécessaire mandée par le colonel Flowers. Elle est
plus petite, plus facile- rotation des unités font organisée en trois compagnies (1 com-
ment adaptable, la que les Marines ont dû pagnie de commandement et des ser-
MCES joue un rôle précurseur dans la prendre une part du fardeau. vices et 2 compagnies d’instruction) et
mise en place de nouveaux stages un état-major. L’état-major possède en
adaptés à la réalité des opérations. Tous les Marines suivent d’abord une son sein un centre d’expertise, chargé
formation commune de fantassin de conseiller le corps en matière génie.
avant de suivre un enseignement de Ce centre est aussi en pointe pour
LE GÉNIE DES MARINES spécialité, comme le génie. Cette pré- adapter la formation aux réalités du
pondérance de l’infanterie se retrouve terrain et penser l’avenir.
dans les effectifs.
Le corps des Marines est une structure
Les relations avec le génie de l’US
originale au sein des armées améri-
Le génie de l’USMC (US Marine Army vont se développer, non seule-
caines. Dépendant officiellement de
Corps) ne représente que 2 à 3 % de la ment à cause de la guerre en Irak,
l’US Navy, il est en fait quasiment
force, soit environ 5 000 Marines mais aussi parce que les formations
indépendant.
regroupés dans 10 bataillons. 1 batail- sont de plus en plus souvent com-
lon de combat (Combat Engineer munes aux différentes armées. Les
Battalion) dans chacune des deux divi- problèmes sont les mêmes pour les
sions de Marines, 5 bataillons d’ap- deux entités. Si le génie des Marines
puis (Engineer Support Battalion), plus ne possède pas l’équivalent du Future
(1) Le Future Center peut être comparé à la DEP
lourdement équipés, et 3 Marine Wing Center (1) de fort Leonard Wood, il sait
(Direction des Études et de la Prospective)
génie de l’ESAG avec des moyens largement Support Squadron que l’on peut assi- s’adapter plus facilement. Ainsi, le
supérieurs mais des missions équivalentes. miler au génie de l’air. stage « urban breaching (entrée en

– 52 –
Vauban • la Lettre du génie
FOCUS

force dans les bâtiments) » créé il y a


plus d’un an à Camp Lejeune, suite
aux enseignements de l’Irak, est
depuis peu copié à Fort Leonard
Wood, après que quelques instruc-
teurs ont suivi la formation dispensée
à Camp Lejeune.

Le génie des Marines ne possède pas


de CEHC (Counter Explosive Hazard
Center) (2), aussi vient-il d’y détacher
un officier de liaison. Les rencontres
entre les commandants des deux
écoles ne sont pas institutionnelles
mais courantes. Ils ont souvent l’occa-
sion de se rencontrer lors de forums et
de conférences sur le génie. Les deux
écoles échangent souvent des sta-
giaires. Chaque cours des capitaines © MCES

du génie de Fort Leonard Wood


accueille au moins un Marine. Les for-
mations de spécialités sont mainte- Comme dans le génie français, il cours d’« urban breaching », très prisé
nant communes aux différentes existe plusieurs niveaux de formation : actuellement. L’Utilities Instruction
armées. L’US Air Force forme tous les la formation de base pour les jeunes Company se charge des formations
charpentiers, l’US Navy les plongeurs soldats, un deuxième niveau pour les plus techniques : électricité, épuration
et l’US Army, à Fort Leonard Wood, sergents et un niveau d’expertise pour des eaux, opérateurs de matériels
tous les enginistes. Ainsi, on trouve à les sous-officiers anciens. Mais, il ne d’hygiène (4).
Fort Leonard Wood le plus fort déta- m’a pas été possible par manque de
chement de Marines, parfois près de temps de comparer le détail des for-
1500 hommes avec les stagiaires, en mations. Je laisse ce soin aux cadres
dehors d’une base du Marine Corps. de l’ESAG qui auront, je l’espère, l’op-
portunité de se rendre à la MCES.

Les officiers suivent d’abord la forma-


LES FORMATIONS DISPENSÉES tion commune des officiers du Marine
À LA MCES Corps pendant 6 mois avant de se
consacrer à leur spécialité. Pour le
Après ses trois mois de formation ini- génie, cela dure trois mois. Cette
tiale comme fantassin, le jeune durée est considérée comme insuffi-
Marine destiné au génie suit deux sante par les instructeurs, mais un
semaines de formation de base de allongement de la scolarité n’est pas à
sapeur, puis suivant la spécialité (3) de l’ordre du jour. Contrairement à l’US
13 à 16 semaines d’instruction. Army, il n’existe par de cours des capi-
taines pour le génie. Ce niveau de for-
mation est centralisé et identique pour
tous les officiers du corps. Font excep-
tion les capitaines qui suivent le cours
(2) Ce centre se trouve au sein de l’école du
génie à Fort Leonard Wood, c’est l’équiva- des capitaines à Fort Leonard Wood.
lent de la DFD (Division de Formation au Mais il s’agit d’une minorité.
Déminage) de l’ESAG.
(3) 8 spécialités sont identifiées génie. Les
sapeurs de combat, les électriciens, les opé-
Deux compagnies se partagent les
rateurs de groupe électrogène, les opéra- stages. La Combat Engineer Instruc-
teurs de matériels d’hygiène (machines à tion Company se charge de la forma-
laver, douches de campagne…), les opéra- tion génie combat (appui à la mobilité
teurs d’appareils d’épuration des eaux sont
formés à Camp Lejeune.
et à la contre-mobilité, travaux de pro-
(4) En France c’est une responsabilité du com- tection, un peu d’infrastructure opéra-
missariat. tionnelle). C’est elle qui dispense le © MCES

– 53 –
Vauban • la Lettre du génie
FOCUS

© MCES

La formation théorique en salle est giaires s’entraînent à


réduite au minimum. La formation ouvrir portes et fenêtres
pratique se déroule en extérieur pour avec des charges limitées
confronter le Marine à des conditions d’explosifs ou à entrer
© MCES
atmosphériques le plus proche pos- dans une maison en
sible de la réalité (intempéries, découpant la toiture au
vent…). Il est vrai que le temps est cordeau détonant. l’Irak. Elle reste au maximum indiffé-
généralement clément à Camp renciée car le Marine Corps est pré-
Lejeune. Les matériels étudiés, tous À la fin de son stage, le Marine doit sent dans le monde entier. Cela n’ex-
ceux qui sont en service, sont regrou- être autonome, capable de réparer clut pas de s’adapter aux réalités. Tout
pés sur des aires spécialisées sous des seul un groupe électrogène par dernièrement les électriciens ont reçu
auvents. C’est là que se passe la exemple. En effet, les sapeurs ne sont un complément de formation sur la
majeure partie de l’instruction. La pas nombreux dans le Marine Corps. Il norme électrique que l’on trouve par-
composante combat ne fait pas excep- n’est donc pas rare qu’ils se retrouvent tout dans le monde sauf aux USA : le
tion. Divers parcours tout seuls au milieu de 220 volts. Cela s’inscrit dans l’évolu-
ont été créés dans le fantassins à des cen- tion des opérations.
camp avec un grand À la fin de son stage, taines de kilomètres de
souci de réalisme. le Marine son chef direct. Pour Désormais les Marines restent long-
Ainsi, l’IED trail, par- doit être autonome atteindre ce but, l’enca- temps sur un territoire, aux côtés de
cours EEI (Engins drement est important. leurs camarades de l’US Army. Il s’agit
Explosifs Improvisés), Il y a un instructeur donc de s’adapter aux conditions
amène la patrouille à détecter et à pour 30 stagiaires pour les cours théo- locales comme les standards élec-
réagir à ces engins dans un environne- riques, un pour 10 lors des démonstra- triques.
ment varié, non seulement dans la tions et un pour 5 lors des activités
campagne, mais aussi dans le camp pratiques. Il est également fait appel à
bâti au milieu de l’activité quoti- la simulation. Un intéressant système CONCLUSION
dienne. Pour urban breaching, un vil- électronique permet à l’instructeur de
lage de combat a été créé, où les sta- vérifier et de corriger l’utilisation du Cette courte étude ne reflète qu’im-
tout nouveau détecteur de mines, parfaitement la richesse des informa-
l’AN/PSS-14 (5), dont le maniement est tions dispensées lors d’une visite trop
fort délicat et nécessite un entraîne- courte, qui mérite d’être répétée et
(5) L’AN/PSS-14 combine en un seul appareil ment régulier. approfondie. L’attitude du génie des
un détecteur de métaux classique et un géo- Marines est en effet à l’opposé de ce
radar, détectant tout objet jusqu’à 30 cm de
profondeur et permettant de déterminer sa
La formation dispensée, contrairement que je rencontre tous les jours à Fort
forme, si du moins il est correctement uti- à ce qui se passe dans le génie de l’US Leonard Wood, où de pseudo-consi-
lisé. Army, n’est pas axée seulement sur dérations de sécurité ferment quasi-

– 54 –
Vauban • la Lettre du génie
FOCUS

© MCES m’accompagnait lors sapeurs est en constante évolution du


de cette visite. La fait des opérations en cours et de l’em-
France possède un ploi sur une grande échelle des EEI,
officier d’échange sur aujourd’hui en Irak, demain peut-être
place (7), qui n’est pas en Afghanistan.
spécifiquement déta-
ché auprès de la Il me semble alors qu’il serait judicieux
MCES, mais sera d’accentuer les échanges d’informa-
sûrement un relais tions non seulement avec le génie de
efficace pour toute l’US Army, mais aussi avec le génie du
demande ultérieure. Marine Corps, qui a l’avantage de ne
L’ouverture sur le pas s’encombrer de considérations
monde des Marines sécuritaires superflues et vise avant
en fait des interlocu- tout à l’efficacité opérationnelle.
teurs intéressants,
soucieux de partager LCL POTIN - officier de liaison
leurs informa-
tions, car par © MCES
expérience, ils
savent qu’un autre pays peut
ment l’accès à l’information. Même
détenir l’expertise qui leur fait
une nation favorisée comme
défaut. Ainsi, chose inenvisa-
l’Australie (6) envisage de détacher un
geable à Fort Leonard Wood,
officier à Camp Lejeune plutôt qu’à
j’ai pu assister au cours théo-
Fort Leonard Wood. C’est ce que m’a
rique dispensé aux lieutenants
affirmé mon collègue australien, qui
sur les EEI. Tout au long de ces
deux jours, les réponses aux
© MCES questions ont toujours été
franches et spontanées, sans
rien cacher des difficultés ren-
contrées, comme les lourdeurs
administratives ralentissant les
modifications des programmes
d’instruction (8).

Structure de faible dimension,


adaptée à la taille du génie
dans le Marine Corps, la MCES
est une école dispensant un
enseignement de qualité favori-
sant une formation pratique
immédiatement utile au sapeur.
Il semble toutefois que la for-
mation technique des officiers
soit un peu négligée, ce que
reconnaissent les instructeurs,
car le corps préfère posséder
des officiers polyvalents, plus
fantassins que sapeurs. La capa-
cité d’innovation de l’école, au
travers du stage d’urban brea-
(6) Elle participe à la coalition en Irak. ching par exemple, en fait une
(7) Le CBA Berry, des troupes de marine, est structure digne d’intérêt. L’école
officier d’échange auprès du 6th Marine du génie de Fort Leonard Wood
Regiment basé à Camp Lejeune.
(8) Il faut près d’un an pour prendre en compte en est bien consciente et favo-
officiellement un enseignement majeur tiré rise les échanges en y envoyant
des opérations en cours. des stagiaires. La formation des

– 55 –
Vauban • la Lettre du génie
LA FNG FNG - Boîte postale 111 - 00481 Armées • 01 41 93 38 60 • fng.siege@wanadoo.fr

PIERRE PARA, président de l’Amicale des Hautes-Alpes


À L’HONNEUR, DANS SA RÉGION
le 9 juillet 2005 par Louis-François Dupont

Il aurait été vraiment dommage de passer sous silence l’exploit de Pierre Para, président de
l’Amicale des anciens sapeurs du génie des Hautes-Alpes, puisque cet article avait été édité
dans le Vauban n° 153 qui n’a jamais vu le jour. Aussi, nous profitons des décisions des
généraux Chinouilh et Françoise concernant le renouvellement de nos éditions par Vauban,
la Lettre du génie, pour vous présenter l’exploit de Pierre Para.

Reconstruction du pylône du téléphérique forestier de Loubet


au col des Roux (1860 mètres) • La Roche-des-Arnauds (Hautes-Alpes)

Arrivée de Pierre Para au col des Roux


© FNG portant un gros aître qui va équiper la cabrette.

C’est un véritable exploit que vient hommage avec vigueur et de façon Il met en lumière le dévouement, la
d’accomplir Pierre Para. Il vient indéniable à tous les anciens sapeurs compétence et l’acharnement de tous
d’honorer l’ensemble de la Fédération téléphéristes du 4e régiment du génie les anciens bûcherons-câblistes qui
nationale des sapeurs du génie à juste dont firent partie son grand-père, son édifièrent un grand nombre de
titre et nous en sommes fiers. père et lui-même, instructeur à la pylônes en bois pour la construction
2e compagnie des électromécaniciens des téléphériques tri-câbles dits de
Quand on veut se replacer dans l’état téléphéristes (EMT) puis à la 6e com- « circonstance » depuis la création des
d’esprit qui anime l’auteur de cet pagnie de montagne du 4e régiment troupes de montagne en 1872 pour
exploit, on peut affirmer qu’il a rendu du génie dépendant de la 27e DIA. l’Italie et en 1888 pour la France.

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Vauban • la Lettre du génie
LA FNG

L’objectif moral que s’est fixé Pierre l’inauguration du pylône bois


Para est atteint. L’accomplissement de (cabrette) de l’ancien téléphé-
ses travaux est dédié à la mémoire et rique de Loubet, reconstruit
au respect de nos anciens sapeurs par M. Pierre Para, seul, au
téléphéristes dont la spécialité est col des Roux (1 860 m), dans
assez mal connue dans l’arme du le cadre de la sauvegarde du
génie en regard d’autres plus évi- patrimoine forestier commu-
dentes. nal et en hommage aux
anciens bûcherons-câblistes.
Le « héros du jour », le président
Pierre Para, vient d’accomplir un tra- Le rendez-vous était donné à
vail de titan. « Bon sang ne saurait 10 heures devant le monu-
mentir ». Son père, Élie, et son oncle, ment aux Morts, puis après la
Gilles Lombardi, l’avaient précédé. cérémonie d’usage très res-
pectueuse, les invités capa-
Il a reconstruit (seul), a acheminé bles d’entreprendre une
(seul) jusqu’au col des Roux (1 860 m) marche de 3/4 d’heure en
les matériaux et matériels de la montagne hors sentiers (déni-
cabrette n° 8 (H 8,50 m x L 5 m) du velé 180 m) suivaient les
téléphérique forestier de Loubet à La autorités guidées par Pierre
Roche-des-Arnauds (L 6 km) cons- Para. Il y avait foule, accom-
truite et équipée à l’identique, à l’em- pagnée de représentants des
placement de celle élevée en 1931 journaux Le Dauphiné Libéré,
par les chefs bûcherons-câblistes Alpes et Midi hebdomadaire
Lombardi Gilles et Para Élie et leur des Hautes-Alpes et de la
équipe, pour l’exploitation des forêts vallée de l’Ubaye, Le P’tit
de Loubet, Lescout et Chaudun. Rochois, bulletin semestriel
local. Nous vous donnons ci-
dessous le détail de cet
© FNG

CEREMONIE important rassemblement en


l’honneur de Pierre Para.
DU 9 JUILLET 2005
Nous tenons à le féliciter à la La cabrette n° 8 reconstruite à l’identique
par Pierre Para, équipée de ses accessoires métalliques.
En ce 9 juillet 2005, Monsieur le fois pour cet exploit sportif,
Maire de La Roche-des-Arnauds et son une véritable performance
Conseil municipal, conformément à (ne l’appelle-t-on pas « le titan des des cimes et leur pureté. Il est essentiel
leur invitation officielle, effectuaient cimes » ?), mais aussi pour cet abou- de le souligner et d’en parler autour
tissement moral à de soi.
la gloire de ses
prédécesseurs, Ce qui a été accompli l’a été dans la
mettant bien en pure tradition de la devise de l’arme
valeur son abné- du génie. Les adhérents de l’Amicale
gation, sa téna- des anciens sapeurs du génie des
cité, sa compé- Hautes-Alpes peuvent être fiers de
tence, jointes au leur président, ainsi que la population
respect du devoir des Hautes-Alpes. Nous leur souhai-
de mémoire dans tons qu’ils le gardent longtemps.
le plus bel état
d’esprit, avec un
élan et une gra-
tuité admirables. LE RÉCIT DE L’EXPLOIT
En ces temps
actuels où tout Pierre Para est une force de la nature.
est monnayé et Né à La Roche-des-Arnauds (canton
semble très fre- de Gap, arrondissement de Gap), il
laté, il est bon de avait déjà en tête, alors qu’il était ado-
© FNG

La cabrette n° 11 est à présent bonne pour le service.


sentir la fraîcheur lescent, ce projet qui lui tenait tant à

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Vauban • la
LA FNG
Lettre du génie

cœur : remettre en état le


téléphérique forestier de
Loubet implanté en 1931
pour satisfaire les besoins
d’une importante scierie
qui avait traité 7 000 arbres
de la forêt de Loubet. Puis
les 20 cabrettes sont
démontées en 1950.
Au col des Roux (1 860 m), panneaux fixés aux jambes
© FNG

et contrefiches amont et ouest de la cabrette n° 8.


Pierre Para, du contingent
63/1A, a accompli son ser-
vice militaire au 4e régiment du génie, Ce pylône était le but premier de Pierre t-il pas au terme de la cérémonie cette
2e cie EMT, puis à la 6e compagnie de Para. Dans la foulée, il a fait encore phrase prémonitoire due à François
montagne. Au retour, il est nommé mieux. Il a reconstruit la cabane des Arnaud : « Tout groupe humain,
garde forestier à 24 ans dans la vallée forestiers détruite depuis plusieurs famille, cité, ou nation, oublieuse de
de l’Ubaye, est muté pour avancement décennies, toute en pierres sèches de ses ancêtres et insoucieuse de son his-
quelque temps dans l’Allier, puis la région, en rondins de bois, avec toit toire, quelle qu’elle soit, n’est qu’un
revient à son cher pays en 1976 où il en tôles et poêle à bois. Ces cabanes troupeau passant et paissant ».
est chef de service foncier domanial à avaient l’avantage de constituer un
Gap pour compte de l’Office national endroit sûr aux bûcherons pour entre- Il faut posséder également beaucoup
des forêts (ONF), jusqu’à sa retraite poser leurs pièces de rechange et les de courage pour tenir cette affirma-
effective en 2003. lubrifiants nécessaires à l’entretien du tion. Je ne m’en étonne point de la
téléphérique. Elle peut servir à présent part du président Pierre Para. Chapeau
C’est alors qu’il se décide à réaliser aux chasseurs de passage et elle doit bas, Monsieur le Président, on a
son vœu le plus cher, à la mémoire de être respectée, comme le soulignait besoin d’exemples tels que vous.
son oncle et de son père. Il est égale- Pierre Para, « comme
ment soutenu moralement par son doivent l’être toutes les
cabanes forestières et Devant la cabane des câblistes,
épouse, bien sûr, mais aussi par M. Pierre Para avec Océane et Éloïne,
Claude Amouriq, maire de sa com- pastorales de nos belles
ses petites-filles.
mune, Geneviève Bermond, son Alpes ».
adjointe et M. Castan, chef d’agence
de l’Office national des forêts de Gap.
CONCLUSION
Cette reconstruction en trois chantiers
participe à la sauvegarde du patri- Le président de
moine forestier. Pierre Para n’a pas l’Amicale des anciens
hésité à porter des pièces très lourdes, sapeurs du génie des
à abattre de gros mélèzes qui, passés Hautes-Alpes a un
par ses mains, sont devenus les autre souhait. Il a fait
jambes de la cabrette, terme tech- consigner son désir
nique pour désigner le pylône. En 158 dans le journal local
heures de travail et 33 montées avec du 22 juillet 2005. Il
un dénivelé positif de 600 mètres souhaite, avant tout,
depuis le Forest de Tournosy et 6 mon- que son œuvre soit
tées depuis le col des Garcinels avec intégrée dans un par-
un dénivelé de 200 mètres, il a su cours de découverte
démontrer à la foule venue le rencon- destiné aussi bien aux
trer le 9 juillet 2005 qu’il avait par- scolaires, aux touristes
couru 17 400 mètres de dénivelé posi- qu’aux marcheurs pas-
tif, soit deux fois la hauteur de sant par le site. Tel que
l’Everest, et ceci en 43 heures de nous le connaissons, il
marche harassante, sans compter les a déjà conquis son
600 kilos de matériel portés à dos auditoire et les ins-
d’homme, lors de 39 montées, et 250 tances de l’Office natio-
kilos de câbles. nal des forêts. Ne lance- © FNG

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Vauban • la Lettre du génie
LA FNG

© FNG À présent, Vincent Moy se distingue par


une ténacité sans pareille avec son
épouse et pendant 14 ans il met sa com-
pétence dans les métiers du bâtiment, la
mécanique et l’architecture ! Le moulin
avait été ruiné pendant la Révolution
française en 1793 ? Eh ! bien, deux cents
ans après, on va le remettre debout. Pas
en deux mois, soyons sérieux, mais en
douze ans d’efforts et de goût très pro-
noncé pour « le bel ouvrage ».

Comme tous ces sapeurs sont d’une


modestie à vous faire pâlir, à croire
qu’ils sont passés par les arcanes
des services secrets, il faut se prendre
par la main et aller les dénicher dans
Le moulin ruiné. tous les coins de la France. On pour-
rait écrire
un livre et
EXPLOIT D’UN SAPEUR DU GÉNIE EN BRETAGNE ! le
publier
faire

Vincent Moy, sapeur du génie de l’Amicale des Côtes-d’Armor, dans l’arme


du génie,
fait renaître, avec son épouse Simone, avec
titre comme : « Originalités et carac-
un

le moulin de Doualan, ruiné en 1793 tères des sapeurs de France », tout


comme le faisait Pierre Bonte lorsqu’il
parcourait les villages de France en
Décidément, les sapeurs du génie, joie de nous le faire connaître… (voir interrogeant les maires et nos conci-
revue Vauban n° 151, pages 20 à 23). toyens.
par nature, sont des inventifs, des Admirez les prouesses du « téléphériste-
débrouillards, des touche-à-tout. bûcheron-ingénieur » Pierre Para dans Nous remercions le colonel Joseph
Rien ne les arrête, rien ne les sur- ses montagnes alpines du côté de Gap! Guillaume, président de l’Amicale des
Seul, je dis bien seul, il remet en état une anciens sapeurs du génie des Côtes-
prend, tant leur facilité d’adapta-
cabrette et une cabane à 1 860 mètres d’Armor de nous avoir fait part, dans
tion est grande! d’altitude. C’est tellement facile! Il a un exposé clair et bien illustré, de
hérité de la force de son père et de son cette découverte qui fait l’admiration
Voyez donc les frères Jacques et Chris- ingéniosité! Facile, facile!… (voir l’ar- de chacun.
tian Thiénard de Paris et de Vendôme ticle précédent dans la présente revue). L.- F. DUPONT
avec leur art consommé des maquettes, La salle des machines
des modèles réduits et de toutes leurs
© FNG
« machines », véritables bijoux de pré-
cision ! Ce sont des orfèvres en la
matière. Or ils nous disent que c’est à
la portée de tout le monde… (voir
revue Vauban n° 151, page 35). Allez
rendre visite à Gilles Denance, à
Ploufragan (Côtes d’Armor), c’est un
habitué des recherches historiques sur
le terrain et dans les archives. Grâce à
lui, le colonel du génie Gaspard,
René, Riollay (1783-1861) est sorti de
l’ombre. Nul doute que notre cama-
rade sapeur est à la recherche, chez
les antiquaires ou dans les brocantes,
d’un portrait du colonel et qu’il aura la

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Vauban • la Lettre du génie
LA FNG

© FNG
SITUATION DU MOULIN
DE DOUALAN

À présent, nous
retournons dans la
région du Trégor, en
Le bief
Bretagne, au pays de
Goëlo, très exactement
dans le village de
Lantic qui comprend Le parc
1 200 habitants. Vous
remarquerez que le
nom de ce village se
termine par IC. Il est
dû à la rivière l’Ic qui
prend sa source aux
environs de Plouvara du
côté de Châtelaudren
et vient se jeter dans la
mer à Binic, station
balnéaire réputée.
© FNG

© FNG
HISTOIRE auprès des agriculteurs et des épiciers l’appellation de minoterie et produit
par voiture à cheval. C’est l’époque du les pâtes « Marina ».
DU MOULIN DE DOUALAN travail bien fait, le temps ne compte
pas. La minoterie est détruite par un incen-
Créé avant la Révolution française, en die en novembre 1955, seule subsis-
Nivôse de l’An II, le moulin de Le moulin de Doualan entre dans l’ère tera la turbine immergée dans le bief
Doualan est doté de deux roues à de la modernité en 1930. Une turbine alimenté par la rivière de l’Ic. De 1955
aubes. Il transforme quotidiennement à eau remplace les deux roues à à 1992, la nature reprend progressive-
soixante-douze (72) quintaux de aubes, on installe des séchoirs, une ment ses droits, les murs ruinés se
céréales en aliments du bétail. Il pro- presse automatique et des magasins couvrent d’une épaisse végétation.
duit également de la farine de blé noir de farine et de semoule. Les meules en L’ensemble prend un aspect déso-
pour la préparation des galettes bre- grès d’époque sont remplacées par lant… C’est alors qu’interviennent
tonnes. Le minotier assure les liaisons des cylindres. De moulin, il prend Vincent Moy et son épouse Simone…

© FNG
Turbine au banc d’essai

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Vauban • la Lettre du génie
LA FNG

NOS AMIS
VINCENT ET SIMONE
Vincent et Simone Moy sont natifs des Côtes-
d’Armor. Ils sont originaires du canton de
Ploeuc-sur-Lié (environ 3 000 habitants) dans
l’arrondissement de Saint-Brieuc. Très attachés
à leur région, ils possèdent des attaches pro-
fondes avec le métier de meunier. Nul doute
que cette hérédité courait dans leurs veines,
puisqu’ils ont acquis en 1992, un moulin en
ruine situé sur un espace de sept hectares au
bord de la rivière de l’Ic.

Vincent est un technicien de haut niveau,


breveté de maîtrise en mécanique générale et
électricité, chef d’entreprise sur moteurs
marins et automobiles, éducateur et ensei-
gnant technique à temps partiel. Il n’hésite pas,
dès cette acquisition, à prendre en charge la
technique, les travaux lourds, les terrasse-
ments, les maçonneries, les charpentes et les
toitures.

Simone, son épouse, assume la gestion finan-


cière, le suivi de la reconstruction, les com-
mandes de matériaux, ainsi que l’aménagement
du parc et l’entretien d’arbres centenaires.

À force de ténacité jointe à la compétence,


Vincent et Simone ont fait de ce lieu un espace
rêvé… et visité. Vincent a découvert la turbine
en 1992, elle a subi un démontage complet puis
un sablage devenant entièrement rénovée, pas- © FNG
sée au banc d’essai dans la salle des machines
où se tient également le générateur avec trans-
mission par courroies. au mieux dans la nature avec accès sur le parc de loi-
sirs impeccablement tenu, où s’ébattent dans le silence
L’ensemble turbine générateur, inséré dans un bâtiment des cygnes blancs donnant le change à de grandes
qui a la belle allure d’une maison campagnarde, produit corolles de marguerites.
14 kW d’électricité en courant continu ; cette micro cen-
trale est très silencieuse, ce qui permet l’autonomie du C’est un endroit recherché de tous. Harmonie, beauté,
moulin, l’alimentation électrique et le chauffage de la silence. Au cours de l’année 2005, 800 élèves des Côtes-
maison d’habitation, le bien en eau ayant 425 mètres de d’Armor et autres départements ont franchi la grille
longueur. d’entrée, jetant un coup d’œil furtif mais mémorisé sur
le blason aux initiales de Vincent et de Simone Moy.
On pourrait s’étendre davantage sur les prouesses tech-
niques réalisées. Vincent s’y prête volontiers, en toute Comme le dit si bien M. le Président Joseph Guillaume,
modestie. Son épouse Simone a le même caractère : nous ne pouvons qu’être admiratifs devant une telle réa-
entreprenant et discret. Pourtant, quand on goûte au lisation, le résultat est à la mesure de l’engagement pris
charme de cette propriété, on ressent de l’imagination pour sauver ce patrimoine du XVIIIe siècle. Vincent et
et de la délicatesse féminine. La maison d’habitation est Simone Moy ont été fidèles à la devise de notre arme,
solide en pierres de Bretagne, entourée de fleurs, aux « Souvent construire, toujours servir ». La grande
fenêtres et aux alentours. Le gîte est coquet et s’intègre famille du génie leur dit toute sa reconnaissance.

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Vauban • la Lettre du génie
LA FNG

GÉNÉRAL RODOLPHE LEGRAND


Commandant et directeur des Forces françaises
en Allemagne (1901-1977)
Né à Saint-Vaast la Vallée (Nord) le du corps d’armée et sert à l’état- © FNG

12 février 1901, le général Rodolphe major du commandement supé-


Legrand est décédé à Nice le 3 novem- rieur des troupes d’occupation
bre 1977. en Allemagne en mai 1945, il est
promu colonel en juillet 1945.
Après sa réussite au concours d’en-
trée, Rodolphe Legrand est élève de Il prend le commandement du
l’École polytechnique de 1919 à 151e régiment du génie en
1921. Nommé sous-lieutenant en Allemagne puis devient direc-
1921, il devient officier élève à l’École teur technique du déminage et
militaire et d’application du génie à de la destruction des fortifica-
Versailles de 1921 à 1923. Il choisit de tions. En octobre 1946, il est
servir au 3e régiment du génie à Arras nommé à l’inspection technique
et en 1925 il part pour le Maroc au des bâtiments et travaux du
31e bataillon du génie. Il participe aux génie comme chef d’état-major
opérations et il est cité à l’ordre de la puis comme inspecteur. Il est
brigade puis à l’ordre de l’armée. Il promu officier de la Légion
rentre en France en 1927. d’honneur en 1948.

Affecté à la direction des travaux de En 1949, il est affecté comme


Strasbourg, il est promu capitaine en commandant et directeur du
1928. Il est fait chevalier de la Légion génie de la Xe région militaire à
d’honneur en 1933. Admis à l’École Alger. Il est promu général de
supérieure de guerre en 1934, il est brigade en 1951. Le général Rodolphe Legrand en 1952.
breveté d’état-major et breveté tech-
nique en 1935. En avril 1952, il est nommé comman- est maintenu à son poste alors que la
dant et directeur du génie des Forces division de Constantine devient corps
Il est promu chef de bataillon en 1938. françaises en Allemagne. Il a sous d’armée. Il est cité à l’ordre de l’armée.
Mobilisé en 1939, il sert au 4e bureau ses ordres les 7 unités du génie du
de la IVe armée. Il participe aux com- 1er corps d’armée, du 2e corps d’armée Rentré en France en décembre 1958,
bats contre l’Allemagne, il est cité à et de la 5e division blindée, les 6 direc- il devient inspecteur général du génie.
l’ordre de l’armée. En juillet 1940, il tions du service du génie et le service Il reçoit les rang et appellation de
est à l’état-major de la 13e division mili- du matériel génie. général de corps d’armée en 1960. Il
taire de l’armée d’armistice à Clermont- entre dans le cadre de réserve des offi-
Ferrand. En avril 1942, il prend le C’est dans cette fonction qu’il va sou- ciers généraux le 12 février 1961. Il est
commandement du 9e bataillon du tenir le projet de bac amphibie auto- décédé à Nice le 3 novembre 1977.
génie à Roanne. Il est promu lieute- moteur du chef de bataillon Gallois en
nant-colonel en septembre 1942. Il est obtenant la décision de construire les Le général Legrand, commandeur de
mis en congé d’armistice après l’occu- premiers bacs « GILLOIS-EWK » en la Légion d’honneur, était titulaire de
pation de la zone non occupée par les Allemagne. Le succès obtenu permet- la croix de guerre 1939-1945 avec
troupes allemandes. Il rejoint alors les tra de lancer la série des engins Gillois palme et étoile de vermeil, de la croix
Forces françaises de l’intérieur jusqu’à connus maintenant mondialement. de guerre TOE avec palme et étoile de
la Libération en septembre 1944. bronze, de la croix de la valeur mili-
Il est promu commandeur de la Légion taire avec palme, de la médaille colo-
Il est mis à la disposition du général d’honneur en 1955. En mars 1956, il est niale avec agrafe en vermeil « Maroc
Dromard, commandant le génie de la nommé adjoint au général comman- 1925 » et toutes les commémoratives
Ire armée française en janvier 1945. Il dant la division de Constantine et les de ces campagnes.
participe aux combats avec l’état- troupes de l’Est algérien. Il est promu
major au 1er bureau. Il est cité à l’ordre général de division en octobre 1956. Il Général Bernard RICHE

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Vauban • la Lettre du génie
LA FNG

AU PAYS DE GASPARD MONGEer


avec l’Amicale des anciens du 1 régiment du génie
Le jeudi 25 mai 2006, le président de l’Amicale des anciens du 1er régiment du génie avait
donné rendez-vous aux membres de la section Tradition du CSA du régiment pour un périple
de 4 jours en Bourgogne, au pays de Gaspard Monge. L’année dernière, c’était la découverte
du pays de Sébastien Le Prestre, maréchal de France, marquis de Vauban. Une fois de plus, le
président Pierre Guyot et son épouse, tous deux Bourguignons, natifs des environs de Beaune,
avaient concocté un circuit découverte pour « sapeur », alliant l’histoire, la géographie et la
gastronomie.

À 8 heures précises, la section exprès de l’Orléanais, nous attendait. la culture des Romains à nos jours
Tradition quittait le quartier Leclerc C’est ainsi que 47 touristes du génie alliant la viticulture et les moyens
pour rejoindre Saint-Loup-Geanges envahirent pacifiquement la maison de communication (voies ferrées,
aux environs de Beaune avec un cro- Guyot où un apéritif offert par le frère canaux, autoroutes).
chet à Ensisheim, non pas pour visiter du président donnait le coup d’envoi
la maison d’arrêt, mais pour récupérer des 4 journées bourguignonnes avec Enfin, à 19 h 45, le Campanile de
un couple d’anciens. Trajet sans his- quelques coupes de crémant de Montagny-lès-Beaune était en vue,
toire sur l’autoroute avec un soleil un Bourgogne, du Meursault et les gou- l’assistant de direction Richard
peu timide ; à Beaune un panneau iti- gères traditionnelles. accueillait les sapeurs, le car était soi-
néraire bis Lons-Le-Saunier bien gneusement rangé et chacun prenait
connu du président n’existait plus, À 13 h 30, le rendez-vous fixé au possession de sa chambre (nous occu-
l’itinéraire étant déclassé depuis peu ; relais Sainte-Marie à Sainte-Marie-la- pions la moitié de l’hôtel). À 20 h 15,
aussi étions-nous dans l’obligation de Blanche marquait le départ des festivi- dîner dans une ambiance de vacances.
visiter la campagne et sans GPS nous tés ; excellent repas dans une saine
arrivons à Saint-Loup-Geanges. ambiance qui permettait à tous de se
retrouver en famille « sapeur ». Le À LA DÉCOUVERTE
Rendez-vous avec le frère du prési- groupe des « joyeux Bourguignons »,
dent et Monsieur le Maire de la com- chorale bachique, animait ce déjeuner DES ENVIRONS DE BEAUNE
mune qui apprécie la compagnie des avec chansons et mimes pendant plus
sapeurs car, déjà en 2005, il était pré- d’une heure. Nos Alsaciens décou- Le vendredi 26 mai, direction le châ-
sent et le président Guyot lui avait vraient une culture folklorique bour- teau du Clos de Vougeot. La visite gui-
offert l’Historique du régiment. Un guignonne très typique et même dée débutait à 10 h 30. Elle nous
couple d’anciens sapeurs, venu tout Danièle, notre secrétaire, avait revêtu fit connaître ce haut lieu du vignoble,
son costume et sa l’architecture de ce monument typique
© ECRIVIN
coiffe « la layotte »; ainsi que les pressoirs en bois de
le ban bourgui- 6 tonnes. Puis, une balade afin de se
gnon remplaçait retrouver au pied du château chez
l’ordre serré. Pierre Laforest pour une dégustation
fort intéressante et instructive, circuit
À 18 h 15, le train pédestre dans les caves voûtées avec
touristique emme- commentaires. Le déjeuner avait lieu
nait les anciens sur place dans une ambiance joyeuse
pour une visite et décontractée, bans bourguignons
commentée de la comme il se doit, « tradition oblige »…
ville de Beaune
et des vignobles ; À 16 heures, repli sur la ville de
cette promenade Beaune et visite du musée de l’Hôtel-
sous le soleil leur Dieu, merveille de l’époque, palais
a permis de recon- pour les « pôvres », construit à la suite
naître les lieux et de la guerre de Cent Ans. Après la
Musée de l’Hôtel-Dieu à Beaune. de s’imprégner de visite de ce bijou du Moyen Âge, tout

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Vauban • la Lettre du génie
LA FNG

le groupe se dirigeait place Monge. À 19 h 30, dîner au Campanile (PC père Abbé entouré d’une quarantaine
Jacques Gradwohl avait déployé le arrière du 1er RG…), et toujours dans de moines en présence de plus de
drapeau de l’Amicale au pied de la sta- une ambiance sereine et conviviale 200 fidèles. Le père Abbé avait auto-
tue de Gaspard Monge, né à Beaune avec un divertissement, La Mascotte de risé la présence du drapeau de
en 1746. Puis, photo du groupe sous Edmond Audran, interprété toujours l’Amicale, ce qui excitait la curiosité
les yeux ébahis des touristes et des avec brio (bien sûr) par les anciens, des fidèles et annonça la présence de
habitants. C’est ainsi qu’un ancien Danièle Guyot dans le rôle de la ber- la délégation des anciens du 1er régi-
artilleur, président de l’Amicale des gère et Jean-Marie Honoré, le berger, le ment du génie de Strasbourg-Illkirch.
artilleurs de Belfort, liait conversation présentateur étant Patrick Meier. Surpris,
avec le président Pierre Guyot. les clients de Campanile demandèrent Les amateurs de chants grégoriens se
que l’on rejoue La Mascotte et L’ami délectèrent dans cette ambiance de
À 19 h 30, le dîner débutait au Frantz. Il fallait bien leur faire plaisir calme et de recueillement. Nous
Campanile où les artistes en herbe de d’autant plus que les anciens avaient avions une pensée à la mémoire de
l’Amicale se produisaient pour donner revêtu le maillot de l’Amicale. nos camarades décédés, croyants ou
de la gaieté à la soirée en interprétant non-croyants. À l’issue de l’office, une
L’ami Frantz de Guy Béart et Marie Le dimanche 28 mai, le départ était photo de groupe avec le drapeau a été
Laforêt, ce qui avait pour consé- fixé à 9 h 15 pour l’abbaye de Cîteaux, prise au pied de la sculpture symboli-
quence d’intriguer les clients de l’hô- haut lieu des Cisterciens, ordre reli- sant l’abbaye de Citeaux.
tel surpris de cette prestation. gieux de Saint-Bernard. Le président
présenta le groupe au frère hôtelier Vers 12 h 15, nous déjeunions à l’au-
qui accepta volontiers de donner de berge de l’abbaye à Auvillars-sur-
EN AVANT POUR DIJON, nombreuses précisions sur Cîteaux, Saône, toujours dans une joyeuse
son importance, son rayonnement à ambiance et à 14 h 30 départ pour
LA VILLE AUX CENT CLOCHERS travers l’Europe en particulier. Il fallait Saint-Loup-Geanges pour un dernier
à 10 h 30 rejoindre l’église pour assis- pot d’adieu offert par le frère du prési-
Samedi 27 mai, départ à 8 h 45 pour ter à l’office religieux célébré par le dent.
Dijon, capitale des ducs de Bour-
gogne, visite du musée des Beaux-Arts
avec deux guides, ce qui nous a permis
de posséder une information judicieuse
et un échange concret. Nous avons
photographié deux statues de sainte
Barbe et Le passage du Rhin à Tolhuis
en 1672 par Turenne (tableau de Van
der Meulen). Un déjeuner de classe à
la rôtisserie « Le Central » de l’hôtel Ibis
a redonné à tous des forces pour conti-
nuer la visite pédestre de Dijon.

De 14 h 30 à 18 heures, nos anciens,


toujours accompagnés de deux
guides, admiraient les réalisations des
ducs de Bourgogne, aussi bien en
demeures, palais, édifices religieux.
On a toujours affirmé que Dijon était
© FNG Le drapeau et l’amicale du 1er génie devant la statue de Monge à Beaune.
« la ville aux cent clochers ».

Eh oui !… Il nous faut rentrer en


© FNG

Alsace au quartier Leclerc où nous


sommes arrivés vers 21 h 30 après
avoir subi la pluie et des retards consé-
cutifs à un bouchon de 3 kilomètres
sur l’autoroute. Débarquement devant
le mess, récupération des bagages, des
véhicules et dispersion…
Le château du Clos de Vougeot
Danièle GUYOT

– 64 –
Vauban • la Lettre du génie
LA FNG

L’UAGIF
AU MUSÉE DU CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS
Le 24 février 2006 à
midi, 31 représentants
de l’UAGIF se retrouvent
devant l’entrée du musée
pour y effectuer une
visite guidée. Après un
repas très convivial pris
dans l’enceinte du
conservatoire, le groupe
est fin prêt pour la visite.
Le voici sur les traces
des inventeurs et des
aventuriers du progrès, à
la découverte d’un patri-
moine scientifique et
technique unique au
monde.

© CNAM/Musée des arts et métiers


© G. Kerbaol La chapelle du Conservatoire
La joueuse de tympanon

Créé en 1794 par l’abbé Grégoire, le dessins, descriptions et livres dans Champs, entre Marais, Temple et
CNAM, « dépôt de conservation des tous les genres d’arts et métiers car il Sentier, que fut installé à la fin du XVIIIe
inventions neuves et utiles », est le faut éclairer l’ignorance qui ne siècle le Conservatoire des arts et
musée de l’innovation technologique. connaît pas et la pauvreté qui n’a métiers dédié au progrès technique et
En effet, un prêtre jureur, qui s’est dis- pas le moyen de connaître. L’artisan à l’innovation industrielle.
tingué dès 1789 par sa tempérance qui n’a vu que son atelier, ne soup-
éclairée, soumet à la Convention un çonne pas la possibilité d’un mieux. Rénové en l’an 2000, le musée pré-
projet superbe : L’expérience seule en parlant aux sente, sur 10 000 m2, plus de 2 000
yeux aura droit à l’assentiment. » inventions (80 000 pièces en réserve).
« Il y aura à Paris, sous le nom de
Conservatoire des arts et métiers, un C’est dans un lieu chargé d’histoire, Dominique Ferriot, directrice du
dépôt de machines, modèles, outils, l’ancien prieuré de Saint-Martin-des- musée, explique l’organisation du

– 65 –
Vauban • la Lettre du génie
LA FNG

musée et le déroulement des visites : • les transports, c’est soulever une démonstrateur fait fonctionner des
« La cinquantaine de sections pré- charge pour la déplacer à l’aide objets de collection ou des modèles
existantes ont été restructurées en d’un véhicule et d’un espace de cir- pédagogiques.
sept grands domaines, où, à l’inté- culation, mer, voie d’eau, voie fer-
rieur de chacun d’eux, rée, air (le voilier, le far- La volonté de la Convention et de
il a été établi une dier de Cugnot, la l’abbé Grégoire était de réunir des
chronologie articulée 10 000 m 2 montgolfière, la loco- machines, neuves et utiles, pour per-
autour des trois dates pour 2 000 inventions motive de Stephenson, fectionner l’industrie nationale. L’abbé
clés (1750, 1850, au cœur de Paris l’avion de Clément Grégoire se rendait bien compte que
1950) qui déterminent Ader, la Ford T, le TGV). pour innover, il était nécessaire tout
quatre périodes. » d’abord de savoir regarder, observer
et donc de copier les bons modèles.
Le circuit de la visite débute par l’ins- Pour ce faire, encore fallait-il que ces
trumentation scientifique pour souli- DES MACHINES À CALCULER bons modèles soient exposés et donc
gner l’importance de la mesure dans ET DES HORLOGES MARINES rassemblés et préservés. C’est en effet
les avancées scientifiques et technolo- ce que les nombreux représentants de
giques (la pile de Charlemagne, le
COMME VEDETTES l’UAGIF à cette visite ont pu observer
gazomètre de Lavoisier, le kilogramme et apprécier.
en platine, le microscope électro- Sur ce parcours, on trouve un
nique). Il se poursuit par : certain nombre d’objets phares, ce B. ROZ, C. MAURIÈS, J.C. BOURGEOIS
sont les « vedettes » du musée,
• les matériaux, dont un certain tels : les machines à calculer de
nombre de pièces ont été exhumées Pascal, les horloges marines de Entrée du musée
des réserves (métier à tisser séné- Berthoud, le lion et
galais, mule de Jenny à filer le le serpent de
coton, fabrication du papier, fibres Lambourg en verre
optiques) ; filé, les avions
• la construction, qui est illustrée d’Ader, la caméra
abondamment par les remarquables des frères Lumière,
collections de maquettes et de les instruments de
modèles (panoplie d’outils de char- laboratoire de
pente, charpente de l’abbaye de Lavoisier, le pen-
Saint-Germain-des-Prés, cônes de dule de Foucault,
Cherbourg 1784-1788, chantier de l’avion de Blériot…
l’immeuble de la rue de Rivoli, le
Tunnelier) ; On trouve égale-
ment au centre de
• la communication, des arts gra- chaque domaine
phiques à l’informatique en passant un atelier où un © CNAM/Musée des arts et métiers

par la photo, la radio, le cinéma


(presse typographique à bras, télé-
graphe Chappe 1794, rotative de
© FNG

Marioni, Satellite Telstar) ;


• la transformation de l’énergie (la
machine de Marly 1684, la machine
à vapeur de Watt, la pile de Volta, la
dynamo de Gramme, le moteur de
Dion, la maison solaire) ;
• la mécanique, c’est le mouvement.
On la trouve partout, visible ou
cachée au cœur de toute machine
automate ou machine-outil (tour à
bois à perche, tour à charioter de
Vaucanson, atelier de fabrication de
roues de voitures, roulements à
billes, vérins hydrauliques, robots) ; Le groupe de l’UAGIF heureux, au terme de sa visite du Conservatoire national des arts et métiers de Paris.

– 66 –
Vauban • la Lettre du génie
LA FNG
Assemblées générales

Les sapeurs d’Ille-et-Vilaine à Rennes


L’Assemblée générale est l’un des nous ont quittés depuis la dernière Le nouveau bureau a élu le colonel
deux temps forts d’une amicale de assemblée générale : Guillaume Louis Gravrand président qui conserve
sapeurs avec la commémoration de la Marquet, Pierre Leguen, Yves Tanguy l’équipe mise en place initialement :
Sainte-Barbe. En Ille-et-Vilaine, la tra- et Pierre Perron. vice-président : sapeur Souhard - tré-
dition a été respectée puisque l’AG sorier : chef de bataillon Laine - secré-
s’est tenue au printemps dernier à Le rapport moral présenté par le prési- taire : lieutenant-colonel Legendre -
Rennes, à la Maison du Combattant dent et le rapport financier présenté porte-drapeau : caporal-chef Crochet -
sous la présidence du président en par le chef de bataillon Laine ont été équipe sociale : madame Aimard et
exercice, le colonel Eugène Limpalair. approuvés à l’unanimité. madame Tanguy.

Au début de cette manifestation, la Le point marquant est le fait que le Pour clôturer cette Assemblée géné-
101e année de sa création et la 61e colonel Eugène Limpalair quitte la rale, la transmission des pouvoirs s’est
depuis sa réactivation après l’occupa- présidence de l’Amicale au terme de manifestée par celle du drapeau de
tion, le président Eugène Limpalair a 18 années de bons et loyaux services. l’Amicale du colonel Limpalair au
remercié tous ceux qui ont fait part de Un brillant hommage lui a été rendu. colonel Gravrand.
leurs regrets de ne pas pouvoir être Son dévouement sans compter, son
des nôtres, notamment les généraux entière disponibilité, son ouverture De manière à terminer de façon fes-
en activité Bezacier, Joly, Addé, Tesan vers les autres et sa ténacité lorsque tive, un repas en commun a clôturé
et en 2e section Beaudrey, Duval, nécessaire ainsi que son humilité ont cette belle manifestation à la piscine
Mandra, Martin, Riquet et Waymel. bien été la marque de ses 18 années de Bréquigny.
Puis un moment de recueillement a de présidence. Qu’il soit ici publique-
été observé à l’intention de ceux qui ment remercié. Le président Louis GRAVRAND

L’Amicale des anciens du 2e RG


L’Amicale des anciens du 2e régiment ainsi que le quitus des réviseurs aux L’Amicale sera aussi début 2007, forte
du génie a tenu son assemblée comptes ont démontré la bonne de ses liens avec la Fédération natio-
générale, caserne Séré-de-Rivières, marche de l’amicale. nale des amicales de sapeurs (FNAS qui
avenue de Blida à Metz, le 23 avril est devenue FNG), au Congrès national
2006, en présence du général Pernel, Le président, après une minute de au camp de Valdahon (Doubs).
adjoint au gouverneur militaire de silence pour les personnes décédées
Metz, du colonel Coural, comman- qu’il a citées, aborde les questions Un dernier mot pour souligner que
dant le régiment, de M. André Duc, diverses et rappelle surtout aux partici- 2007 sera l’année de la commémora-
président national honoraire de la pants notre présence active à de nom- tion du tricentenaire de la mort du
FNG, de M. Raymond Dillenschnei- breux projets : prises d’armes, notam- maréchal de Vauban, père du génie, et
der, représentant la FLAG, du doyen ment celle de la passation de que notre amicale sera des plus
J.-P. Martin âgé de 98 ans avec son commandement en juillet 2006, jour- actives aux différentes manifestations
épouse, de son président M. François nées « portes ouvertes » du régiment qui seront organisées pour fêter cet
Pernodet. avec la tenue de notre stand, la jour- événement. En conclusion, le prési-
née de pèlerinage des Éparges en dent François Pernodet remercie l’as-
L’assistance des membres actifs et octobre 2006 suivie du repas tradi- sistance et signale que tout se déroule
bienfaiteurs était nombreuse. Les tra- tionnel de rentrée, les manifestations bien au sein de l’amicale dont la force
vaux statutaires, le rapport moral, le de Sainte-Barbe en décembre 2006 au et la cohésion résident de son devoir
rapport d’activité, le rapport financier régiment et à Paris. de mémoire.

– 67 –
VAUBAN
L’intelligence du territoire

Martin Barros, Nicole Salat


et Thierry Sarmant

préface de Jean Nouvel

Ouvrage coédité avec


le ministère de la Défense

format : 24 x 33 cm
176 pages reliées dos carré sous jaquette
170 illustrations couleur et noir et blanc
sortie en librairie : 17 novembre 2006

Trois siècles après sa mort, l’héritage de Vauban marque le territoire en profondeur. La « ceinture
de fer » semble embastionner pour l’éternité les avant-postes du « pré carré ». Non seulement
omniprésent, voilà Vauban immortel. Infatigable travailleur, il tire des plans sous le feu des assiégés,
les perfectionne dans la poussière des chantiers, la plume à la main toujours. Il s’entretient avec
Louis XIV, implore Colbert, harcèle Louvois, tout doit plier au nom de la sûreté des frontières.
Bâtisseur donc, autant que « preneur de murailles », mais encore administrateur ou réformateur,
Vauban incarne cette certitude « moderne » que l’État peut se faire démiurge, modeler le territoire,
façonner le paysage, et finalement transformer l’ordre social.
Ce portrait d’ingénieur au travail se fonde notamment sur l’insoupçonnable collection de plans et
de dessins conservés au château de Vincennes. La fraîcheur des coloris, la précision du trait servent
une incroyable intelligence du territoire ; Car si pour établir une citadelle, il faut en dresser les murs,
il faut aussi l’approvisionner en eau et en vivres, la doter de magasins, d’ateliers, d’arsenaux, d’un
hôpital, d’une église… Il faut encore lui ménager des accès à la fois faciles à ses usagers et funestes
à ses assaillants… Tous ces efforts resteraient vains sans une parfaite connaissance du terrain.
Outre les ressorts d’un véritable génie et quelques fleurons de l’architecture du Grand Siècle, ce
que ce livre donne à voir, c’est la France de Louis XIV à vol d’oiseau.

Auteurs
Martin Barros, chargé d’études au Service historique de la Défense, auteurs de nombreuses études
sur l’architecture militaire, a été rédacteur adjoint de la revue Fortifications et patrimoine.

Nicole Salat, responsable des archives techniques du SHD, a soutenu une thèse sur la défense
des côtes et fait paraître un grand nombre d’instruments de recherche dans les fonds du génie militaire.

Thierry Sarmant, conservateur en chef du patrimoine, adjoint au directeur du Cabinet des


médailles de la BNF, a publié plusieurs ouvrages consacrés à l’État sous l’Ancien Régime.
Vauban • la Lettre du génie
LA FNG
Nos peines

OBSÈQUES DE MAURICE LAFFIN


(13 avril 1910 - 20 avril 2006) Capitaine honoraire du génie
Bienvenue dans cette église Notre- D’abord, Papa, tu étais Ta générosité était aussi sans limite
Dame-des-Champs, paroisse de notre pour tes fils ; Bruno, Rémi et moi
famille, celle où papa avait ses
un homme bon et droit témoignons que tu as été un père
habitudes, celle où sa propre mère exceptionnel.
s’est mariée, il y a juste un siècle et où Tu avais le sens aigu
bien d’autres événements familiaux de l’honnêteté et du Tu es toujours resté
ont eu lieu depuis. devoir. très attentif à nos
vies et toujours dis-
Merci pour votre présence, pour dire Fonctionnaire scru- ponible, même
au revoir à papa qui nous a quittés il y puleux et travailleur, lorsque nous étions
a quelques jours au terme d’une belle passionné par son déjà adultes. Pré-
vie, bien remplie. travail, tu as œuvré occupé par nos sou-
pendant 47 ans, un cis, tu ne t’es pas
record de fidélité, au laissé isoler par tes
Papa, service des phares et contraintes d’audi-
balises, fier de ta tion, t’informant
Ces derniers mois, tu avais concentré tâche qui consistait sans cesse auprès

© M. Laffin
tes forces pour participer aux noces à sauver des vies de de maman de nos
d’or fêtées début avril. marins. vies.
Officier du génie,
La semaine dernière encore, tu as Tu savais nous donner courage, nous
pendant la guerre, tu avais réussi
vécu une journée inoubliable et inciter à la fois à l’ardeur et à la
pendant la déroute, par des
joyeuse, avec un dîner-croisière sur la prudence, récompenser nos efforts.
manœuvres ingénieuses, à sauver tous
Seine pour ton anniversaire (c’est de Mais tu le faisais toujours de façon
tes hommes de la captivité, renonçant
cette soirée que date ta dernière positive. Quand nous traversions un
à la facilité de la reddition, fidèle à la
photo, qui figure sur le programme de échec, tu nous consolais, nous
devise de ta région que tu aimais citer
cette cérémonie). redonnais confiance en nous ; sans
« Franc-Comtois rends-toi, nenni ma
nous critiquer. Tu avais au contraire
foi ».
Et puis, tes dernières forces épuisées, tu toujours un mot pour nous féliciter et
t’es endormi. La mission était remplie, nous dire que tu appréciais ce que
Tu as fait cela sans paillettes, avec
tu es parti sur la pointe des pieds sans nous faisions. Quel réconfort quand
l’humilité de celui qui considère que
déranger personne comme tu avais on te rendait visite, de savoir à
c’est simplement son devoir, sa
vécu. Car tu ne voulais pas être une l’avance que tu nous dirais des mots
mission.
charge ou une gêne pour les autres. gentils et encourageants.

Lucie a dit hier, « finalement la seule Papa, tu étais aussi indulgent et


chose moche qu’a faite grand-père Ensuite Papa, tu étais un mari tolérant avec nous. Tu t’effaçais et
dans sa vie, c’est de mourir ». et un père exceptionnel acceptais de renoncer à ta tranquillité
pour t’adapter à notre rythme :
Oui, mais, il faut partir un jour. Tu as Élevé à une époque où l’égalité dans accueillir tous nos amis, nos projets
tenu bon, papa, pour choisir un les couples n’était encore qu’un rêve, de voyages, et dans les années
moment qui laissera à tes proches un tu as été pour maman un mari récentes, bien que tu n’aimais pas
sentiment d’accomplissement. attentionné, respectueux, et généreux. être seul, tu acceptais toujours de
Votre couple fut une réussite rare, laisser maman venir s’occuper de
Papa avait beaucoup de qualités. basée sur la gentillesse et la confiance nos enfants.
Maman, Bruno, Rémi et moi vou- mutuelle. Inutile d’en dire plus, il suffit
drions en souligner trois. Ceux qui ont de relire les mots que tu as récemment Pour tes fils, quel modèle et quel défi
connu papa savent à quel point les prononcés pour maman lors des noces que d’essayer de faire aussi bien avec
mots qui suivent sont vrais. d’or. nos propres enfants.

– 69 –
Vauban • la Lettre du génie
LA FNG

Enfin Papa tu étais nous imposant rien. Quand nos vies Après avoir utilisé au mieux son corps
s’écartaient de l’Église, tu devais en et son esprit, il faut, à la fin de sa vie,
un croyant souffrir mais tu te contentais de prier rendre son âme à Dieu dans le
pour nous continuant à nous encoura- meilleur état possible et pourvoir se
Marcel Pagnol a écrit « Croire en Dieu ger sans contrainte dans le sens de la dire « j’ai fait ce que j’ai pu ».
est un don précieux qui ne m’a pas été foi.
accordé mais en aucun cas je ne
voudrais en priver les autres ». Papa, tu as fait ce que tu as pu.
Pour finir : papa gardait lui-même Souvent plus, Tu as fait beaucoup.
Dieu merci, ce don, Papa toi l’avais dans son portefeuille un petit carton
reçu et tu l’as cultivé. Ta foi fut ta sur lequel il avait soigneusement Merci pour ta générosité ta bien-
principale ligne de conduite, la valeur inscrit les mots suivants : (et ce carton veillance, ta gentillesse, ton indul-
essentielle tout au long de vie. n’est pas un parchemin retrouvé au gence.
fond d’un carton, il figurait en bonne
Ta foi, tu la partageais aussi. Tu place à portée de main, à côté de sa Au revoir Papa,
émaillais tes lettres de citations carte d’identité.)
pieuses pour nous inciter à médita- Repose en paix,
tion. Mais si tu souhaitais partager ta En venant au monde, Dieu nous a
foi, tu le faisais avec tolérance. Ne donné un corps un esprit et une âme, L’amour demeure.

Le colonel Rougeau, président de l’ANORSD-génie, nous informe du décès du colonel (er) Cyrille LEMAITRE dans
sa 87e année. Les obsèques religieuses, sans fleurs ni couronnes, ont eu lieu le 19 novembre 2006, en l’église Saint-
Étienne de Rennes.

Congrès de la FNG
Née administrativement il y a seule- maréchal de Vauban, se retrouveront découverte de la Franche-Comté. Le
ment quelques mois, la Fédération celles et ceux qui veulent manifester programme détaillé ainsi que les
nationale du génie n’en est pas moins leur appartenance à la fédération et conditions tarifaires sont dès mainte-
l’héritière des fédérations qui, sous leur fierté d’être ou d’avoir été nant disponibles auprès des amicales
différentes appellations, regroupent « sapeur ». affiliées (ou en cas de besoin auprès
depuis 1947 ceux qui servent ou ont de la fédération). Ne tardez pas à vous
servi dans les unités du génie. Elle Le programme qui est proposé com- renseigner, à vous décider et à ren-
pourra donc en septembre prochain prend, outre l’assemblée générale sta- voyer le bulletin d’inscription (date
souffler soixante bougies au cours du tutaire, des présentations militaires, limite : 31 janvier 2007).
35e congrès national. des cérémonies patriotiques, des acti-
vités de cohésion, une rencontre avec À bientôt… À Besançon !
Pendant trois jours, à Besançon, dans les élus, une visite de la ville de
le cadre des manifestations qui mar- Besançon et tout particulièrement de Général (2S) JJ RIGOUX
queront le tricentenaire de la mort du sa citadelle conçue par Vauban et Chargé de communication de la FNG

L’AIDESAG propose un voyage culturel de 6 jours de Trévise à Trieste du 6 au 11 septembre 2007


art et histoire des villes de la frontière austro-italienne.

Prix du voyage : de 770 à 860 euros suivant le nombre de participants.


Organisateur : colonel Jean Mègre – 5, rue Kennedy 31000 Toulouse – Tél. et Fax : 05 61 22 74 41
Conférencier : M. JF Pernot, professeur au collège de France

– 70 –
Vauban • la Lettre du génie
NOUS AVONS LU POUR VOUS

Nourrir les Français ? La tâche est relativement facile depuis qu’a disparu la
malédiction millénaire qui rendait chacun inquiet de sa subsistance quotidienne,
désormais remplacée par les angoisses de la « malbouffe » – obésité, allergies,
diabètes, cancers, etc. Nourrir l’humanité ? Un défi bien plus complexe, face au
scandale des 850 millions de personnes qui ne peuvent manger à leur faim. Et
demain, nourrir toute l’humanité, avec trois milliards de bouches de plus que les
six d’aujourd’hui ? Cela frise la mission impossible, alors que la planète va
manquer d’eau, de terre et d’énergie. Et qu’elle devra affronter les effets des
inconséquences actuelles : réchauffement de la planète, pollution, érosion, perte
de la biodiversité…
Dans ce livre, Bruno Parmentier présente toutes les facettes de ce gigantesque
défi, sans doute le plus important du XXIe siècle : l’agriculture, qui paraissait rin-
garde et dépassée, va revenir au premier plan des préoccupations de chacun. En
s’appuyant sur une foule d’exemples concrets, il expose de façon pédagogique les
ressorts des problèmes cruciaux les plus contemporains : OGM, commerce inter-
national des produits alimentaires, rapports du monde agricole avec l’agro-indus-
trie et la grande distribution, subventions agricoles, pénurie énergétique, pollu-
tion des eaux, crises sanitaires, irruption de la Chine et du Brésil, commerce
équitable, etc.
Un ouvrage aussi complet qu’accessible, qui passionnera agriculteurs et urbains,
citoyens et décideurs, et tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à
l’agriculture, ici et dans les pays qui connaissent encore la faim.

« Une analyse et une anticipation que devra consulter toute personne préoccupée par l’avenir du monde… Le livre le plus méthodique,
le plus honnête, le plus alerte de « vulgarisation » de tous les livres consacrés au problème. »
Extrait de la préface d’Edgard Pisani

Ingénieur des mines et économiste, Bruno Parmentier, après une carrière dans la presse et l’édition, a rejoint en 2001 le milieu agricole
en prenant la direction d’une École d’ingénieur en agriculture.

À paraître le 10 janvier 2007 aux éditions La Découverte

Dobropolié, Macédoine, 1918… Shah-i-Khot, Afghanistan, 2002. Quoi de commun


entre ces deux batailles, la première opposant deux armées classiques sur le front
d’Orient et l’opération Anaconda, un siècle plus tard, contre les terroristes d’Al-
Qaeda ?
La montagne, milieu d’une rare complexité, impitoyable pour les néophytes et qui
semble faire mentir les principes classiques de la guerre : il faut y penser autrement !
Pour répondre à ce besoin, fondant leurs analyses sur l’histoire et la pensée mili-
taires, les auteurs proposent des principes novateurs pour l’action de ceux qui
devront combattre dans cet espace hostile.
Guerre en montagne : renouveau tactique permet ainsi un regard original sur les
conflits contemporains en montagne, Cachemire, Caucase ou Afghanistan. Au-delà,
il participe à la réflexion sur les opérations militaires dans les environnements les
plus difficiles, ces « zones contestées » où le « faible » choisira systématiquement
d’affronter le « fort ».
Les lieutenants-colonels Hervé de Courrèges, Pierre-Joseph Givre et Nicolas Le nen
sont saint-cyriens et brevetés du collège interarmées de Défense. Tous trois diplô-
més de l’École militaire de haute montagne de Chamonix, ils ont successivement
occupé des fonctions opérationnelles dans les troupes de montagne puis de pros-
pective au sein de l’état-major de l’armée de terre.

Préface du général d’armée Henri Bentégeat. Éditions Economica, 29 €

– 71 –
Vauban • la Lettre du génie
NOUS AVONS LU POUR VOUS

Il est évident que cet ouvrage n’est pas le premier en ce qui concerne le maréchal Le Prestre de Vauban. L’auteur, en
publiant la bibliographie, fait appel à de grands noms d’écrivains spécialistes : Anne Blanchard (Vauban, Fayard, 1996),
Robert Bornecque (La France de Vauban, Arthaud, 1984), François Dallemagne (Les casernes françaises, Picard, 1990),
Charles Armand Klein (En Provence sur les pas de M. de Vauban, Mémoires du Sud 2001), Bernard Pujo (Vauban, Albin
Michel 1991) etc.
Le général Yves Barde publie là son 5e ouvrage. Il met à notre portée son expérience et son métier. Ses ouvrages précédents
ont traité de « Histoire de la fortification en France » (Que sais-je 1996), « La muraille de Normandie » (Citédis, 1999),
« Châteaux et forteresses de France » (Citédis, 2000), « Glières 44 », (Historic-one, 2004).
Cet ouvrage est préfacé par le marquis Hugues de Candolle, un descendant de Vauban par sa fille Charlotte qui épousa en
1679, Jacques Louis de Mesgrigny, comte d’Aunay. Ce dernier fit l’acquisition du château de Marcilly en 1710, demeure
du propriétaire actuel, le marquis de Candolle. Cette imposante bâtisse, située autour de Lormes (Nièvre), domine l’Yonne
entre Corbigny et Sardy-lès-Epiry (non loin de la « tour » Vauban à Epiry). Comme le souligne le marquis de Candolle dans
sa préface, il ne faut pas perdre de vue que Vauban a débuté à l’âge de 17 ans
et que, à 22 ans, il obtient son brevet d’ingénieur militaire.
« Il commence alors sa brillante carrière militaire marquée par la construction
de 33 places fortes, l’aménagement de 300 autres, la participation à 53 sièges et
à plus de 140 actions militaires au cours desquelles il fut blessé huit fois dont
une fois à la face, blessure que l’on distingue dans ses portraits. » … « Il était
très humain avec le souci constant d’épargner la vie de ses soldats, puisqu’il
aimait mieux dépenser la poudre que le sang. »
L’ouvrage du général Barde est très facile à lire, car il est clair, bien composé,
illustré de façon magistrale avec 60 photos couleur, une quarantaine de photos
noir et blanc, et une cinquantaine de plans en provenance du musée des Plans-
reliefs à l’hôtel national des Invalides à Paris.
Les chapitres déterminent bien la vie de Vauban, sans emphase, mais avec ses
réalités : les années d’appren-tissage, l’ingénieur du roi, au service de Louis XIV,
la construction des places fortes, (architecture, étapes de construction) puis les
projets, plans, dessins, adjudication des travaux, conduite des chantiers,
modèles de bâtiments, corps de garde, portes de ville, casernes, arsenaux,
magasins à poudre, hôpital, puits, échauguettes, etc.
Ensuite viennent les grandes inspections dans les places fortes du Nord et du
Nord-Est, les places de Lorraine et les places d’Alsace, suivies de voyages (n’a-t-il pas parcouru 180 600 kilomètres en litière
entre 1678 et 1698 comme l’a calculé Anne Blanchard dans son livre, Vauban ?) en Franche-Comté, dans les Alpes et le
Roussillon, en Bretagne, dans l’ouest les Pyrénées-Atlantiques Cherbourg, Saint-Malo, Brest, Belle-Ile, etc.
L’ouvrage se termine par une explication très claire de la « poliorcétique », l’art de prendre ou de défendre une place :
conduite des sièges, préliminaires, lignes de retranchement, ouverture des tranchées d’attaque, la première parallèle, la
poursuite de l’attaque, le contact avec le chemin couvert, l’ouverture de la brèche, l’assaut puis la reddition.
Ces textes sont très vivants et le descriptif des principaux sièges de Valenciennes, Montmédy, Lille, Maestricht, Besançon,
Cambrai, Luxembourg, Phillippsbourg, Mons, Namur, Ath, Landau est accessible à tous. Cet ouvrage complet est exempt
d’anecdotes. Il décrit parfaitement les manières du grand ingénieur « qui possède une personnalité complexe et situe
parfaitement l’immense œuvre de Vauban ». (« Sans une grande ambition, il n’y a pas de grands projets »). C’est un livre
structuré, méthodique, facile à consulter. Nous vous le conseillons sans hésitation.

Vauban ingénieur et homme de guerre par le général Yves Barde


Éditions de l’Armançon, 24, rue de l’Hôtel-de-Ville 21390 Précy-sous-Thil
Imprimeur : Nouvelle imprimerie Laballery à 585900 Clamecy
Dépôt légal juillet 2006
195 pages - 27,50 euros

– 72 –
Vauban • la Lettre du génie
NOUS AVONS VU POUR VOUS
© DR

UNE EXPOSITION DE FIGURINES A L’ESAG


Dans le cadre de la montée en puissance de la Cité du génie, celle-ci a pro-
posé au public angevin, du 28 novembre au 17 décembre 2006, de décou-
vrir le monde de la figurine historique au travers d’une exposition qui a
regroupé dix-sept collectionneurs de l’Anjou et près d’un millier de figu-
rines. L’ESAG a également profité de l’occasion pour présenter les figurines
et quelques pièces des collections du Musée. Le propos était de montrer au
public la diversité des figurines tant dans leur conception – de la figurine
jouet, nos soldats de plomb d’antan, à la figurine d’art, pièces uniques, véri-
tables œuvres de sculpture et de peinture – que dans la multiplicité de leur
taille. C’est ainsi qu’une légion romaine en marche à la taille de 6 mm riva-
lisait avec des figurines de la Seconde Guerre mondiale de 25 cm.
Tous les matériaux de fabrication, ou presque, étaient représentés : bois,
carton, acétate de cellulose, plomb, étain, plastiques divers et d’autres
matériaux qui permettent aux artisans de concevoir, sculpter, mouler et
peindre des figurines pour le plus grand bonheur des collectionneurs. Un Le capitaine du génie (futur général) Lejeune
à la bataille de Marengo.
des exposants a montré que les techniques actuelles pouvaient également Figurine plomb. Création originale Eric Lesellier (Namur).
servir les figurines puisqu’il conçoit et colorie ses figurines par ordinateur
avant de les coller sur du carton et de les découper. Les créateurs des soldats
de carte de Strasbourg du XIXe siècle auraient été bien étonnés de découvrir un tel successeur !
Un week-end de bourse a permis à quelques participants d’échanger non seulement des figurines, mais plus encore de
fouiller dans les cartons offerts à la convoitise de chacun pour y trouver la pièce détachée qui permettra de transformer un
fier sapeur de la garde en un élégant dandy des années romantiques.
Lors de cette bourse, deux amateurs angevins ont effectué devant un public admiratif des démonstrations de peinture de
très haut niveau. Une association des Deux-Sèvres s’était également déplacée pour présenter un ensemble de figurines
12 pouces (25 cm) entièrement habillées ainsi que, à la même échelle, un char Stuart M3 avec son équipage.
Le 6 décembre, dans l’amphithéâtre Adeline, Alain Fougeray, responsable du Centre de documentation et de recherches de
l’ESAG, et principal artisan de cette exposition, a présenté une conférence sur la figurine accompagnée de la présentation
de 200 diapositives.
Le succès public de cette opération, bien relayée par la presse locale, peut laisser à penser qu’il sera peut-être bon
d’envisager une réédition dans les années à venir.

LES FRAGMENTS D’ANTONIN


Film de GABRIEL LE BOMIN

Avec Grégori Derangère, Anouk Grinberg, Aurélien Recoing,


Niels Arestrup, Yann Collette, Pascal Demolon, Jean-Baptiste Iera
Durée : 1 h 30

SORTIE LE 8 NOVEMBRE 2006


Cinq prénoms inlassablement répétés. Cinq gestes obses-
sionnels. Cinq moments de guerre.
Antonin est revenu des combats sans blessure apparente.
La sienne est intime, intérieure, enfouie. Nous sommes en
1919 et le professeur Labrousse, pionnier dans le traitement
des chocs traumatiques de guerre, se passionne pour son cas.
Sa méthode, nouvelle et controversée, doit lui faire revivre les
moments les plus intenses de sa guerre afin de l’en libérer.
Les fragments d’Antonin est le premier long-métrage de
Gabriel le Bomin qui, afin de le réaliser, a longtemps plongé dans le monde de la guerre et des traumatisés. Après avoir
effectué son service militaire au cinéma des armées, il a ensuite réalisé plusieurs documentaires dont un pour le compte
du Musée de la médecine sur les traumatisés de guerre depuis la guerre 14-18 jusqu’à la guerre du Golfe.
En évitant les clichés, il offre ainsi un point de vue décalé par rapport aux codes du film de guerre, en privilégiant les
blessures enfouies de l’âme.

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Vauban • la Lettre du génie
PORTRAIT

ÉMILE FRANÇOIS MARCILLE


BIOGRAPHIE Émile François MARCILLE
Né à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 15 janvier 1839.
Décédé à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 30 mai 1921.

ÉTATS DE SERVICE

1857 (novembre) Élève à l'École polytechnique en novembre 1857.


1859 (1er octobre) Sous-lieutenant à l'École d'application de l'artillerie et du
génie à Metz en octobre 1859.
1861 (1er octobre) Lieutenant. Affecté au 3e régiment du génie. À partir de
février 1863, il sert à la division du génie de la Garde à
Versailles.
1864 (décembre) Capitaine. Aux îles d'Hyères en février 1865. En février
1867, il embarque pour l'Algérie où il participe à
l'organisation du territoire dans les régions de Tlemcen et
d'Oran. De retour en mars 1870, il est affecté à Lille.
1870 (août) Il prend part au conflit contre l'Allemagne. Au sein du
13e corps d'armée, il travaille à la défense de Paris en
particulier à la redoute de Charlebourg dans la plaine de
Gennevilliers. En déplacement sur Mézières et Laon, il
participe à la destruction de 6 ponts sur la Seine. Avec
l'armée de la Loire, il combat pour la défense des villages
de Chevilly et de Chambon. Il se fait remarquer aux
batailles de Chilleurs, d'Orléans et à la reprise de Vierzon.
Engagé à nouveau avec l'armée de l'Est, il rétablit le pont
de Clerval sur le Doubs (route de Pont-de-Roide à
Porrentruy) et c'est là sans doute - constatant la lenteur des
réparations - que naît son idée de pont démontable.
1871 (mars) Rentre en France et reprend une activité de temps de paix
à Lille : il devient aide de camp du général commandant
le génie du 1er corps d'armée (juin 1875).
1879 (avril) Chef de bataillon. Il commande le bataillon, rattaché au
1er génie, et formé avec chacune des compagnies
d’ouvriers de chemins de fer existant dans les quatre
régiments du génie. Pendant toute cette période à l'état-
major, il rédige de nombreux articles sur des ponts
démontables afin d'accélérer les reconstructions.
1879 (mai) Affecté au 1er régiment du génie à Versailles comme
adjoint au commandant de l'École régimentaire pour
l'instruction voie ferrée.
1881 (16 août) En Algérie, dans le sud Oranais où il dirige les travaux de
création de la ligne Sâda-Méchéria avec 2 compagnies du
bataillon d'ouvriers militaires de chemin de fer et participe
à la répression de mouvements insurrectionnels.
1882 (mars) Retour en France. Chef du génie des parcs des chemins de
fer. La construction officielle de 1800 mètres de ponts
métalliques démontables de son invention est réalisée par
les établissements Schneider au Petit Creusot ; le système
adopté comprend des tronçons interchangeables
facilement transportables par chemin de fer. Chef du génie
à Marseille (juillet 1885).

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Vauban • la Lettre du génie
PORTRAIT

1885 (octobre) Lieutenant-colonel. Directeur du génie à Brest en juin


1888. En août 1889, il prend le commandement du
5e régiment du génie qui vient d'être créé (11 juillet 1889).
1889 (octobre) Colonel.
1894 (février) Général de brigade. Commandant du génie de la
XVe région militaire. En juillet 1896, il est désigné comme
directeur du génie à Paris et membre du comité consultatif
des poudres et salpêtres. En avril 1898, il est inspecteur
technique du génie pour le 2e arrondissement puis, en
février 1899, pour le 1er arrondissement ainsi que membre
du comité de fortifications.
1899 (octobre) Général de division. Commandant supérieur de la défense
des places du groupe de Verdun et commandant de
subdivision.
1900 (mars) Inspecteur général pour le 7e arrondissement du génie.
1901 (octobre) Il cesse toute activité militaire.

Pendant la guerre de 1914-1918, il ne peut participer à ce conflit car il est trop


âgé mais son matériel sera présent ; en effet, plus de 1500 mètres de ponts
Marcille de différents types seront lancés au cours des opérations. Son
PUBLICATIONS invention avait permis de doter l'armée française d'un moyen de
franchissement moderne.
« Note sur le rétablissement du pont de
Clerval », Mémorial de l’officier du DISTINCTIONS HONORIFIQUES
Génie, n° 24, 1875, pp.
• Chevalier de la Légion d'honneur en octobre 1870 ; officier en juillet 1882 ;
Étude sur l'emploi des chemins de fer
commandeur en octobre 1900.
avant et pendant la guerre, entretien fait
• En 1876, il reçoit une médaille d'or ministérielle (d’une valeur de 1500 F)
à la réunion des officiers, le 23
et le premier prix d'encouragement du Comité des fortifications pour son
décembre 1873. Paris, C. Tanera, 1874,
étude sur la « création d'un matériel de réparations de ponts de chemin de
in-8°, 95 p.
fer ».

BIBLIOGRAPHIE
« Notice nécrologique du général Marcille », Revue du Génie militaire, 1921,
tome II, pages 186-190.

NOTES DIVERSES
Au cours de la guerre 1914-1918 et dans la période qui suivit immédiatement
l’armistice, le 5e régiment du génie a lancé :
• 451 m de pont Marcille, type I ;
• 228 m de pont Marcille, type III à voie supérieure et 63 m de pont type III
ICONOGRAPHIE à voie inférieure ;
• 518 m de pont Marcille type IV à voie supérieure et 186 m de pont type IV
Portrait photographique accompagnant à voie inférieure.
l’article de Pierre Fournier (voir infra).
Quelques-uns de ces ponts franchissaient des brèches importantes tels celui de
Villeneuve-lez-Soissons, de 75 m lancé sous le feu ennemi lors de l’offensive
de 1917. On peut encore mentionner les ponts de Trilport (50 m), Fargniers
(28 m), Etreux (27 m), Vecquemont (29 m), La Motte-Brebière (31 m) et
Germaine (35 m).

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Parfois détruire Souvent construire

Toujours servir