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LES ORGUES

À

COULEURS…

epuis que le philosophe Aristote a émis l’hypothèse d’une relation entre l’harmonie des couleurs et l’harmonie des sons, dans son ouvrage intitulé De Sensu, les musiciens et les artistes ont toujours tenté, dans de nombreux pays et à différentes périodes du développement de l’art et de la musique, de créer un instrument qui mettrait en évidence la synthèse psychologique des couleurs de la nature avec les sons de la nature. Au début du XVIe siècle, le peintre milanais Arcimboldo créa un système d’harmonie des couleurs fondé sur une échelle de couleur étroitement liée à l’échelle musicale, et il est certain que le Harmonia Mundi de Kepler produisit une vive impression sur Isaac Newton car lui-même, ainsi que de nombreux scientifiques et autant de philosophes croyaient en l’existence d’une mystérieuse relation fondamentale entre les couleurs et les sons et croyaient qu’il n’était peut-être pas invraisemblable de penser que l’on pouvait démontrer l’existence de la « Musique des Sphères ». Newton était fortement marqué par le fait qu’il y avait de toute évidence une relation entre les espaces respectifs occupés par les couleurs principales sur le spectre solaire et ceux occupés par les taux de fréquence des notes de musique de la gamme diatonique. Toutes les tentatives pour diviser arbitrairement le spectre solaire en sept
[1]

[2] . Ils s’efforçaient de choisir des éléments de son qui soient en accord avec les éléments de couleur composant l’image picturale du thème qu’ils avaient à l’esprit au moment où ils composaient. étaient convaincus que la musique pouvait affecter la conscience humaine. quel que soit son thème précis. ils privilégiaient dans les arrangements de notes ceux qui semblaient se fondre dans la conscience subtile du thème. éveillait dans la conscience humaine le reflet du thème pictural que le compositeur avait à l’esprit au moment de la composition. Les psychologues.couleurs principales pour en faire une octave échouèrent jusqu’à ce que la science détermine dans ses laboratoires expérimentaux qu’il y avait bien une relation définie entre les taux de vibration d’une note de musique et les taux de vibration de la couleur. et pas simplement sur un plan auditif. C’est d’ailleurs pour cette raison que de nombreux et éminents maîtres de musique ont parlé d’images tonales. agirait sur le fonctionnement de la conscience en produisant une empreinte mentale qui accompagnerait la stimulation provoquée par le son de la note. de symphonies de couleurs et de sons. réalisaient souvent que lorsqu’ils créaient un thème pour un passage ou un mouvement d’une composition. mais à la manière dont une vibration musicale par sa clé harmonique. semblable au taux vibratoire que produirait une couleur. dès la première heure. Les musiciens. et autres expressions similaires qui voulaient véhiculer l’idée qu’une composition musicale parfaite. et tout particulièrement ceux qui consacraient beaucoup de temps à la composition.

éminent mathématicien. Jusqu’à présent on n’a guère construit ni fait réellement fonctionner plus de dix à douze prototypes d’orgues à couleurs. Jameson publia en 1844 un fascicule sur la relation unissant la musique et les couleurs et par la suite mit au point un petit orgue. Il fallut attendre que le jésuite Louis Bertrand Castel. D. ont empêché toute commercialisation du concept de musique en couleurs et ont rendu la construction d’orgues à couleurs hors de la portée de ceux qui en avaient reconnu les possibilités fondamentales. Castel est indubitablement le pionnier des méthodes scientifiques visant à montrer les lois impliquées. Le coût colossal de la réalisation.e telles idées semblaient pour sûr bien vagues et assez mystiques. les nombreux mois et années de recherche expérimentale et l’ampleur des connaissances scientifiques et artistiques requises. six ans après sa mort. elles n’en éveillèrent pas moins la curiosité non seulement des musiciens et des artistes mais également celle des physiciens. Ses expériences furent éditées en 1720 dans un ouvrage intitulé La Musique En Couleurs et dans un autre ouvrage publié en 1763. simplement pour faire la preuve de [3] . se penche sur le sujet pour qu’une base de travail concrète et réaliste fut donnée en vue de la démonstration de ces différentes théories. S’il est juste de dire qu’Aristote est vraisemblablement le père de l’idée d’une musique en couleurs. Parmi les premiers expérimentateurs. Dans ses ouvrages il décrit un appareil qu’il a expérimenté et qu’il a appelé « clavecin oculaire ». un certain D.

suggérant de relier le clavier à des tubes à vide1. Parmi les autres expérimentateurs. En 1911 il publia le livre « The Art of Mobile Color2 » mais reconnut dans son texte n’avoir pas trouvé ni utilisé de loi ou principe mettant en relation précise les couleurs individuelles avec les notes de l’échelle musicale. M. M. En 1893 William Schooling publia un court article sur le sujet. Alexandrer Burnett Hector créa un orgue à couleurs utilisant des lampes incandescentes en association avec des tubes à vide. En Australie. Londres et Copenhague mais cela n’avait plus rien à voir avec la musique en couleurs. professeur des BeauxArts au Queen’s College de Londres. Claud Bragdon et Adrian Bernard Klein construisirent également des prototypes afin de tester les théories impliquées. Leonard C. ingénieur américain en éclairage. Plus récemment. explora lui aussi d’autres procédés similaires. Luckiesh. « L’Art de la Couleur Mobile » [4] . conçut l’idée d’un orgue à couleurs sur des lignes entièrement novatrices et en fit la présentation en 1895 au St James Hall à Londres. En Angleterre. citons Mary Hallock Greenewalt. tous deux français. indépendamment du son. pianiste américaine et autre expérimentatrice du champ de la musique en couleurs et le danois Thomas Wilfried qui finalisa en 1919 un instrument qui permettait de projeter des couleurs sur écran. citons MM. Taylor.ses potentialités. 1 tube à vide ou tube électronique 2 littéral. Il présenta son procédé en Amérique puis en 1925 à Paris. La même année le professeur Alexander Wallace Rimington. Carol-Berard et Valere Berneird.

de musiciens. à savoir que la musique en couleurs ouvre un territoire dont la beauté et la portée reste dans une très large mesure inexplorées.D’ÉTRANGES LOIS À L’ŒUVRE n grande majorité. » [5] . M. A. Harvey Spencer Lewis en 1916 dans la ville de New-York. une chose au moins est avérée. à l’exception d’un orgue à couleurs miniature que réalisa le Dr. tous ces pionniers échouèrent dans leurs expériences car il leur manquait la connaissance de la relation précise unissant les couleurs du spectre solaire avec les notes de l’échelle musicale. pour aller vers un système symphonique des sons et des couleurs précis. Tous ceux qui avaient écrit en théorie sur ce sujet reconnaissaient que si la véritable relation entre couleurs et sons était établie. Parmi les quatorze prototypes connus d’orgues à couleurs réalisés depuis qu’Aristote en suggéra l’idée. d’artistes et de personnalités. jouer un accord harmonieux sur l’orgue produirait alors un fondu harmonieux de couleurs à l’écran et jouer un accord disharmonieux produirait sur l’écran une projection de couleurs criardes en raison de leur relation disharmonieuse. Wallace Rimington déclara alors qu’il était professeur des Beaux-Arts au Queen’s College de Londres « Quelle que soit la divergence d’opinion qui existe pour savoir jusqu’où on peut étendre l’analogie entre couleurs et sons. aucun ne permit de tester ces deux intéressants aspects de la théorie. où il en fit la présentation pendant trois mois devant un parterre de scientifiques rosicruciens. comme prélude à l’étude complète des harmonies entre couleur et musique.

» [6] . d’où l’usage d’expressions qui leur sont communes. faisant apparaître à l’écran toutes les graduations possibles simultanément ou dans n’importe quelle suite.. faisant apparaître à volonté les plus délicates et les plus subtiles modulations de lumière et de couleur ou bien les accords de couleurs les plus fantastiques ou les plus contrastés ! Il me semble que nous tenons là une possibilité de rendre compte de toutes les sensations. et émotions de l’esprit humain au moins aussi exceptionnelle que dans l’art ancien.Sir Hubert Von Herkomer R. Michelson écrivit ce qui suit en 1903 : « En vérité. écrivit sur ce sujet : « certains ont pu nier que la couleur suggère des sons musicaux ou que les sons musicaux appellent la couleur. mais on peut affirmer sans risque que les artistes et les musiciens ressentent une affinité psychologique entre les sons et la couleur. humeurs. … Permettez-moi d’ajouter ici que la sensibilité à la couleur est de loin la plus sensible et la plus délicate de toutes les capacités qui contribuent à faire le cerveau d’un artiste. le Professeur Albert A. ce phénomène de la couleur me plaît tant que je m’aventure à prédire que dans un proche avenir il y aura peut-être un art de la couleur analogue à celui du son – une musique en couleurs où l’artiste assis devant une échelle chromatique littérale pourra jouer les couleurs du spectre dans n’importe quel ordre ou combinaison. Le peintre parle d’une note dans sa peinture et le musicien parle d’un ton pictural. une autorité en la matière. A. Le grand physicien.

Une chanson populaire. ou exprimant une atmosphère pastorale. jouée sur l’orgue produira des images suggérant des paysages sereins et paisibles. de douces brises ou des orages produiront des images similaires sur l’écran. d’expérimentation et de construction. inspirantes et stimulantes que l’est la musique. au fur et à mesure de son jeu il trouvera les tonalités musicales correspondant au thème et à l’humeur. Les images sont aussi revigorantes. L’harmonie. Quelle que soit son humeur et le thème que sa conscience intérieure visualise. [7] . le combat et la lutte. H. Si l’organiste joue une marche militaire. pendant que sur le grand écran de satin devant lui viendra s’inscrire la représentation picturale du thème exprimé par la musique. Le musicien assis au Luxatone devient un artiste en couleurs de même qu’en sons. Des thèmes musicaux évoquant des clapotis d’eau. les images peintes sur l’écran par les notes de musique sont celles que la conscience humaine reconnaît et associe de façon typique avec la guerre. nous tenons une pièce maîtresse vivante et vibrante de ce nouvel instrument de l’art. avec toute la magistrale inspiration d’un génie de l’art. le rythme et le mouvement avec toutes les nuances de la progression et du contrepoint sont rendus manifestes et visibles sur l’écran comme la technique d’un peintre. Spencer Lewis.MUSIQUE PICTURALE a citation précédente du Professeur Michelson résume la véritable quête et l’objectif de tous ceux qui se sont essayés à l’orgue à couleurs et avec le Luxatone tel qu’il a été amélioré par le Dr. mais il lui suffit de concentrer ses pensées sur les seules lois de la composition et de l’harmonie. au fil d’années de recherches. d’études.

qu’à la seule fin de démontrer les faits psychologiques qui s’appliquent à la relation de la couleur avec la musique. étant donné qu’il n’est pas à vendre et que le dupliquer n’est commercialement pas rentable. et si la même séquence se joue une deuxième fois d’une manière identique. dans lesquelles ils ont toujours soutenu que les taux de vibration de toute matière organisée de façon atomique sont liés par des cycles et des phases harmoniques et qu’en changeant le taux de vibration d’un élément ou d’une manifestation. avec des motifs symboliques et des éléments de forme et de couleur qui se déplacent en mesure avec le rythme. en accord avec la théorie enseignée par les rosicruciens. Il n’a été construit et perfectionné en y consacrant tant de temps et d’argent. comme l’enseignaient les rosicruciens au Moyen-Âge et à l’heure actuelle en liaison avec leurs enseignements sur la transmutation. les images produites seront identiques. PAS UNE OFFRE COMMERCIALE e Luxatone n’est pas une offre commerciale. La projection des couleurs s’effectue automatiquement par les notes de musique.Les images sont formées par des assemblages de couleurs fixes ou en mouvement. Les images à l’écran se succèdent en général au rythme de cinq à sept par minute. pendant que d’autres restent fixées plus longtemps avant de se fondre ou dissoudre dans les autres. Les évolutions récentes de la science dans le champ de la métallurgie ont prouvé que les éléments bruts pouvaient être transmués en or. l’élément ou la manifestation serait changé dans sa nature. [8] .

des images invisibles que nous percevons au moyen d’une faculté encore peu connue et qui peut être développée ou éveillée d’une certaine façon. [9] . De nombreux et éminents psychologues soulignent le fait que les ondes sonores créent.Mais ce procédé n’a aucun intérêt commercial en raison du coût colossal qu’il faudrait pour produire la moindre paillette. Ceux qui ont assisté aux démonstrations préliminaires de l’orgue à couleurs disent que les personnes sourdes reconnaissent facilement le thème d’une composition musicale grâce aux images produites à l’écran. Le Luxatone est aujourd’hui le prototype le plus récent et le plus élaboré pour mettre en évidence la transmutation du son en couleur. par l’interprétation correcte des images sonores obtenues par la couleur. dans une partie subjective de la conscience.