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Droit des obligations

Responsabilité délictuelle

La responsabilité délictuelle suppose un préjudice, un lien de causalité, un fait générateur.

Sur la notion de préjudice : ne constitue pas un préjudice l’exécution d’une charge légale.
Par exemple, dans un arrêt du 10/05/05, une convention instituant un droit réel pour l’usage et
l’habitation avait été conclue devant notaire, puis annulée. Les occupants demandaient le
remboursement des travaux qu’ils avaient réalisé. La question se posait de savoir si la demande en
remboursement pouvait constituer un préjudice. Non, l’exécution d’une charge légale ne constitue
jamais un préjudice.
Arrêt du 29/06/05 : la chambre des huissiers avait dû indemniser des victimes après détournement
de fonds réalisés par un de ses huissiers. Là encore, la chambre des huissiers considère qu’il s’agit
d’un préjudice. Là encore, la CC° considère que l’exécution d’une charge n’est jamais constitutive
d’un préjudice.
Autre exemple : l’arrêt de la 2ème chambre civile du 12/07/07 où la Q s’est posée de savoir si la
prise en charge financière d’un enfant non désiré était constitutive d’un préjudice. Le père à qui
était imposée cette paternité pour un enfant qu’il n’avait pas voulu tente d’engager la responsabilité
de la mère pour faute et notamment, selon lui, le préjudice consistait dans cette paternité non
désirée qui compromettait sa situation personnelle, financière, et familiale. Est-ce qu’une pension
alimentaire peut être constitutive d’un préjudice ? La CC° a considéré qu’il s’agissait de l’exécution
d’une charge légale, donc non constitutive d’un préjudice.
Une question différente : est-ce qu’un avantage illicite perdu peut être constitutif d’un préjudice ?
C’est un arrêt de la chambre crim. du 04/11/08 : il s’agit d’une commune qui avait autorisé
l’installation d’un bar restaurant sans permis de construire, sans autorisation sanitaire d’exploiter,
mais qui partageait le bénéfice tiré de ce bar-restaurant. Entre temps, il y avait eu un arrêté qui
condamnait le restaurateur à démolir. L’exploitant n’a rien fait. Mais lorsque vint l’époque du
renouvellement de la concession, la commune fit savoir qu’elle ne renouvellerait pas la concession.
L’exploitant décida de démolir lui-même son bar-restaurant. La commune, privée de cette manne
financière l’assigna en réparation pour perte de revenu. La CA d’Aix jugea que la déclaration
d’illégalité du permis de construire prononcée par le Conseil d’Etat ne permettait pas d’admettre
l’existence d’un préjudice économique de la commune. La CC° rajouta qu’une commune qui a
illégalement autorisé une construction immobilière ne saurait prétendre être indemnisée de sa perte
de revenu illicite. Il n’y a pas de préjudice dans la perte de l’avantage illicite.

Toujours sur ce préjudice : il y a le préjudice légitime, personnel, certain et direct.


Le préjudice légitime : cela suppose naturellement qu’il y ait un certain droit pour demander
réparation du préjudice. Ce préjudice n’est plus aussi légitime que ça puisque la concubine peut
demander réparation de la perte causée par la mort de son conjoint, y compris la concubine adultère
qui peut demander réparation de la perte causée par son amant.

Le préjudice licite : arrêt 24/01/02 : on s’est posé la question de savoir si la victime d’un accident
pouvait obtenir la réparation de la perte de ses rémunérations occultes ou illicites. En l’espèce
c’était une femme de ménage non déclarée qui après un accident de circulation ne pouvait plus
exercer son activité et avait demandé réparation pour la perte de ses rémunérations occultes. La CC°
a considéré que n’ouvre pas droit à réparation les rémunérations provenant du travail dissimulé. On
considère que la victime est indigne à demander réparation.

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D’autres exemples sur l’indignité de la victime : arrêt 1ère chbre civ. 23/05/06 : une commune
avait, par voie d’arrêté, obturé le raccordement d’un camping au service des eaux usées. Il a été
jugé que l’obturation constituait une voie de fait. Le propriétaire du camping avait demandé
l’indemnisation du préjudice subi (plus d’exploitation du camping). La commune dans son pouvoir
invoquait le fait que l’exploitation du camping était de toute façon illicite : son obturation ne faisait
que conforter une activité illicite, puisqu’exercée en violation des règles sanitaires. Pour l’auteur du
pourvoi, la victime était elle-même indigne. Mais le pourvoi de la commune est rejeté au motif que
la commune devait être condamnée à indemniser le préjudice sans que l’irrégularité de la situation
adverse ne puisse être invoquée. Donc indignité contre indignité : on remet les compteurs à zéro.
Un autre exemple sur l’indignité de la victime : arrêt du 22/02/07 : il s’agit d’un joueur qui avait pu
pénétrer dans un casino alors qu’il était frappé d’une interdiction de jeu. La chance lui avait sourit,
mais le casino refusé de lui verser ses gains après s’est aperçu de sa situation. Le joueur demanda
réparation du préjudice que lui avait causé le casino en le laissant fautivement, négligemment
entrer. Là encore, la CC° jugea qu’une victime ne pouvait obtenir la réparation de la perte de ses
avantages que s’ils sont licites. Il y avait une indignité de la victime dans la mesure où elle n
pouvait pas se prévaloir d’une interdiction de jeu.

Le préjudice personnel : arrêt 18/09/08 : admet qu’une association puisse agit au nom de l’intérêt
général et demander réparation. Selon la CC°, même en dehors d’une habilitation législative, et en
l’absence de prévisions statutaires quant à l’emprunt des voies judiciaires, une association peut agir
en justice au nom d’intérêts collectifs dès lors que ceux-ci entrent dans son objet social.

Le préjudice certain : il faut que le préjudice soit actuel ou qu’il soit futur, mais s’il est futur, il faut
néanmoins qu’il ait de grandes chances de ses réaliser. Il faut faire la distinction entre le probable et
l’aléatoire. Un étudiant de 1ère année empêché de passer un examen à cause d’un accident ne peut
pas de plaindre d’être empêché de réussir son examen. En revanche, un étudiant de Master II inscrit
à l’IEJ depuis 2 ans qui prépare depuis 2 ans ce concours pourra se plaindre d’avoir été empêché à
cause d’un accident de la circulation de passer son avocat (avait de grandes chances de réussir son
concours (préjudice futur et probable).
Le risque de préjudice : savoir si on peut demander réparation pour un simple risque de préjudice :
dans un arrêt du 26/09/02 la CC° admet la réparation du fait de la fermeture d’un établissement de
restauration exposé à un risque d’effondrement. Dans un arrêt du 17/12/02, la CC° admet la
réparation du risque d’inondation créé par le propriétaire d’un étang qui le maintient à un niveau
trop haut. Enfin, dans un arrêt du 24/02/05, il s’agit de l’indemnisation d’un risque d’incendie. Ce
sont des mottes de paille qui sont entreposées à côté d’une habitation et qui risquent à tout moment
l’embrasement.
Sur le risque de dommage pour la santé : antennes de téléphonie mobile. En général, les juges de
1ère instance considèrent qu’il y a un risque de dommage et condamnent à la démolition. Par
moment, les CA suivent ou non suivent pas : TGI Toulon, 23/03/06 a ordonné le démontage d’une
antenne de téléphonie mobile. Ce jugement est infirmé par la CA d’Aix, 15/09/08 au motif que les
études scientifiques ne mettent pas en évidence l’existence d’un danger pour l’homme.
TGI de Nanterre du 18/09/08 qui ordonne le démontage de l’antenne de téléphonie mobile au nom
du trouble anormal de voisinage. Cette fois le jugement est confirmé par la CA Versailles, 04/02/09
au motif que le préjudice moral résultant de l’angoisse ressentie par les voisins à raison de leurs
doutes raisonnables sur l’innocuité de l’installation doit être réparé.
TGI de Carpentras, 16/02/09 ordonne le démontage de l’antenne au nom du principe de précaution.
Il est frappé d’appel.

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Il faut distinguer le fondement de l’action : si l’action est fondée sur le trouble anormal de
voisinage, il est évident que c’est une gêne, un trouble esthétique. Mais avec un trouble anormal de
voisinage, on ne peut demander que la réparation (pas la démolition). En revanche, si le fondement
de l’action est le principe de précaution avec risque de dommage : malgré l’absence de
démonstration positive, normalement, le juge pourrait à la démolition. Mais il existe un problème
par rapport au risque de dommage. Tant qu’il n’y a pas de démonstration scientifique positive, le
risque de dommage est difficile à dégager, sauf que depuis quelques temps le doute semble profiter
à la victime. Cela peut être tenté.
Le risque de dommage : arrêt à contre-courant, 19/12/06 : des patients sur lesquels étaient
implantées des sondes cardiaques ont eu connaissance par le fabricant de la dangerosité du pdt. Ils
ont alors demandé réparation du préjudice moral consécutif à l’annonce de la dangerosité de la
sonde, et de la crainte de subir un mal plus grand. La CC° reconnaît qu’il n’y a qu’un risque de
dommage dans les mesure où la défectuosité du produit n’est pas véritablement affirmée et donc
que le préjudice invoqué n’avait qu’un caractère très éventuel. Le risque de dommage n’est pas pris
en considération (peut-être parce qu’il est trop hypothétique).

Le préjudice direct : la Q se pose de savoir jusqu’où s’étend le préjudice réparable puisqu’on exige
que le préjudice soit direct. Sous-entendu, l’auteur d’un accident doit-il réparer toutes les
conséquences dommageables ? Arrêt du 19/06/03 qui affirme que l’auteur d’un accident est tenu
d’en réparer toutes les conséquences dommageables et que la victime n’est pas tenue de limiter son
préjudice dans l’intérêt de son responsable. En l’espèce, c’est une personne victime d’un accident
de la circulation qui avait été indemnisée, à laquelle il avait été conseillé de suivre une rééducation
orthophonique et psychologique. Elle n’avait rien fait et se plaignait ensuite de l’aggravation de son
dommage : la victime, qui ne s’est pas soumise aux soins préconisés, peut-elle de plaindre de
l’aggravation de son dommage ? L’auteur du dommage est tenu de réparer toutes les conséquences
dommageables. Un autre arrêt de la même date : personne demande réparation, après indemnisation
d’un accident : somme due à l’impossibilité de poursuivre son commerce et de l’impossibilité pour
sa fille de récupérer un commerce prospère : CC° considère que l’auteur du dommage doit réparer
toutes les conséquences dommageables, même celles qui s’étendent bien au--delà du dommage.

Conclusion du préjudice : le préjudice spécifique de contamination.


Au départ, ce préjudice est prévu particulièrement pour les affaires de contamination par transfusion
résultant du virus HIV. Ce préjudice spécifique de contamination est intéressant dans la mesure où il
accorde une indemnisation en dehors de toute recherche de responsabilité. Ce préjudice est assez
généreux dans la mesure où il prend en considération la phase de séropositivité, avec la gestation de
la maladie, la souffrance physique, morale, la perturbation des conditions de vie, sociale, familiale,
et la phase de maladie déclarée. A partir de ce préjudice spécifique de contamination réservé aux
victimes du SIDA, la Q s’est posée de savoir s’il ne pouvait pas s’étendre à d’autres victimes.
Arrêt du 01/04/03 : Q de savoir si le préjudice de contamination est applicable à la suite de la
contamination par le virus de l’Hépatite C. La CC° a admis que la victime d’une contamination par
le virus de l’Hépatite C après transfusion pouvait invoquer le préjudice spécifique de
contamination : préjudice généreux sans rechercher de responsabilité.
Est-ce qu’il peut être envisagé dans d’autres contaminations non transfusionnelles ? Maladie de la
Vache Folle, amiante, contamination par la Grippe A. Risque fatal et maladie contractée entraîne de
graves perturbations de la vie familiale, professionnelle et sociale.

En conclusion, l’évolution du recours en contribution finale de la dette. Normalement, dans le cadre


des recours, le partage de la dette est organisé de la manière suivante : en présence d’une faute, la

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totalité de la dette est supportée par le fautif ou le coauteur fautif. En l’absence de faute, le partage
de la dette est opéré par parts viriles (parts égales). En présence de plusieurs fautes ou de fautes,
normalement, le partage est proportionnel à la gravité des fautes respectives.
Arrêt du 05/07/06 a semé le trouble : établissement français du sang, après avoir indemnisé la
victime pour préjudice spécifique de contamination s’est retourné contre le conducteur. La CC° a
retenu que le conducteur et l’établissement français du sang était tenu de contribuer pour moitié à la
réparation du dommage. Or, la trilogie précédemment présentée aurait supposé de dire qu’en
présence de coauteurs fautifs, le conducteur qui a occasionné l’accident et l’établissement français
du sang, il y aurait dû y avoir une répartition de la dette proportionnelle à la gravité de la faute
respective. Ici, il y a un partage par parts viriles.
Depuis, la 1ère chambre civile est revenue à une juste mesure : dans un arrêt 14/02/08 : revient sur
la répartition par parts viriles lorsqu’il y a des fautes. Elle renvoie à l’appréciation des juges du fond
en cas de fautes qui procéderont à une répartition en fonction de la gravité des fautes.

Lien de causalité : la CC° balance entre 2 considérations de la causalité :

• Soit la théorie de l’équivalence des conditions qui considère que tous les événements qui ont
conditionné le dommage sont équivalents.
Équivalence des conditions : arrêt 04/12/01 : les transfusions sanguines qui ont entraîné la maladie
ont été rendues nécessaires par l’accident de circulation ; arrêt Perruche, AP, 17/11/00 : les fautes
des médecins ayant empêché la mère d’exercer son libre choix d’interrompre sa grossesse afin
d’éviter la naissance d’un enfant handicapé sont la cause du dommage ; arrêt 22/10/05 : la victime
d’un accident de la circulation avait contracté le virus de l’Hépatite C à la suite d’une transfusion
sanguine puis était morte d’une syrrose. La CC° a considéré que les transfusions sanguines ont été
rendues nécessaires par l’accident ; arrêt du 07/04/05 où le client d’un magasin est renversé par une
tête de gondole. Il est hospitalisé et le médecin a prescrit un médicament qui a provoqué une crise
fatale. Le lien était distendu entre la rupture d’une vertèbre causé dans le supermarché et la
surcharge médicamenteuse : mais la CC° a considéré que la chute a rendu nécessaire
l’hospitalisation et le traitement au cours duquel le client du magasin est décédé ; arrêt du 02/06/05
où un éboueur manipule un sac de poubelle, se pique avec une seringue contaminée qui n’avait pas
été remise dans le bac prévu à cet effet : la CC°, a retenu tous les éléments dommageables pour
octroyer réparation.

Cela correspond à un relâchement de l’exigence de causalité : les présomptions de fait de causalité.


Il existe pour les choses en mouvement des présomptions de fait de causalité. Lorsque cette chose
en mouvement a eu un rôle actif dans le dommage, elle est présumée être la cause du dommage. Il
appartient à la victime du fait de la chose de rapporter la preuve de l’intervention de cette chose
pour que, du même coup, soit établie contre le gardien de la chose, le fait actif de sa chose. Cette
présomption de rôle actif de la chose ne valait que pour les choses animées.
Or, de manière incroyable, cette présomption de rôle actif des choses a été étendue aux choses
inertes. Avant cette extension, pour engager la responsabilité du gardien de la chose inerte, il fallait
démontrer soit la dangerosité de la chose inerte, soit sa position anormale. Or, pendant quelques
temps, la jurisprudence n’a plus exigé cette démonstration pour les choses inertes. Il suffisait que la
chose inerte soit intervenue dans le dommage pour demander réparation : 15/06/00 (baie vitrée)
25/10/01 (boîte aux lettres débordant du trottoir), 18/09/03 (plot en ciment dans un parking de
supermarché) : la CC° s’est contentée d’un simple contact entre la chose et la victime pour
reconnaître que la chose est l’instrument du dommage : gardien de la chose inerte responsable.

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Relâchement du lien de causalité : présomption de droit apparue dans l’affaire du sang contaminé
par le virus du SIDA puis de l’Hépatite C. Dans ces affaires, le lien de causalité est présumé dès lors
que sont prouvées la transfusion, la contamination et l’absence de mode de contamination propre.
En effet, en faveur pour la victime, la charge de la preuve est inversée. Il appartient seulement à la
victime de prouver la transfusion, la contamination et l’absence d’autres modes de contamination.
Donc il appartient à l’établissement français du sang de rapporter la preuve que le produit fournit
est exempt de vice. La difficulté probatoire pèse sur cet établissement. Il s’agit d’une présomption
de droit de causalité dont le rôle est d’opérer en faveur de la victime un déplacement de la charge de
la preuve. Normalement, ces présomptions de droit de causalité ne peuvent s’appuyer que sur un
très haut degré de probabilité, de vraisemblance.
Les juges du fond peuvent s’accommoder de cette exigence de haute probabilité : CA Versaille,
02/05/01 (condamné par CC°) : a reconnu l’existence d’un lien de causalité entre le vaccin contre
l’Hépatite B et l’apparition d’une sclérose en place : le lien entre les 2 n’était pas scientifiquement
exclu.
Ce relâchement du lien de causalité connaît une consécration légale avec la théorie de l’implication
du véhicule. On ne cherche pas à savoir quels sont les ≠ éléments dommageables : le seul fait qu’un
véhicule soit impliqué dans le dommage (même de loin) permet de rechercher la responsabilité de
son conducteur, avec l’implication : il est inutile de rechercher si l’intervention est cause du
dommage.

• Soit la théorie de la causalité adéquate qui considère que tous les événements qui ont conduit au
dommage ne sont pas équivalents : sélectionne l’événement qui est directement à l’origine du
dommage.
Cette hésitation entre ces théories correspond à l’état d’esprit de la CC°. Si elle a envie de propager
une politique du tout indemnisation, elle va utiliser la théorie de l’équivalence des conditions (Ø de
sélection : prend tous les événements dommageables et tous les auteurs pour que la victime puisse
obtenir plus sûrement réparation. Si elle est dans une politique plus neutre, elle utilise la théorie de
la causalité adéquate.
Rétablit la causalité : arrêt 04/12/01 : un commerçant s’est donné la mort devant une banque qui lui
avait notifié l’interdiction d’émettre des chèques sans préavis. Il y a une faute de la banque, dans
l’absence de préavis à cette interdiction. La CC° a considéré que l’absence de préavis n’avais pas
concouru de manière certaine à la commission du dommage.
Arrêt 20/11/03, la CC° a refusé de considérer que la mauvaise information sur les méfaits du tabac
n’avait pas de lien de causalité avec la maladie dont était décédé le fumeur. La CC° refuse d’ouvrir
le prétoire aux victimes du tabac.
Arrêt du 08/11/07 : une autre victime du tabac tente d’engager la responsabilité des fabricants de
tabac : CC° considère qu’il n’y a pas de lien de causalité entre la mauvaise information et le cancer
dont est décédé la victime. La cause du cancer est de fait de fumer et non pas le défaut
d’information.

Rejet des présomptions de fait de causalité étendu aux choses inertes. Désormais, les choses inertes
ne bénéficient plus d’une présomption de fait de causalité : arrêt 11/12/03 : une victime glisse sur
un sol ciré glissant. Il faut qu’elle démontre soit la dangerosité de la chose, soit sa position anormale
pour engager la responsabilité du gardien de la chose ; arrêt du 24/02/05 : bris d’une baie vitrée ;
24/02/05 : tremplin qui sert de plongeoir à une cyclomotoriste ; arrêt 17/02/05 : sol verglacé qui fait
chuter une cyclomotoriste : CC° a exigé pour les choses inertes que soient démontrées la normalité
de la chose, soit sa dangerosité pour pouvoir engager la responsabilité du gardien de la chose inerte.

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Il faut que les présomptions de droit de causalité reposent sur des très hauts degrés de
vraisemblance. Notamment, arrêt 23/09/03 : refuse de considérer qu’il y a un lien de causalité entre
le vaccin contre l’Hépatite B et l’apparition de sclérose en plaque.
La CC° a progressivement fixé les directives de son appréciation du lien de causalité entre ces
vaccins, médicaments et l’apparition de certaines maladies. Arrêt du 05/04/05 sur le médicament
Zyloric : il faut d’une part des indices positifs scientifiques rendant vraisemblable le lien entre le
médicament et la maladie et un indice négatif, cad l’absence d’autres causes de survenance de la
maladie. Dans l’arrêt du 24/01/06 sur l’Isomerid, là encore : pour établir le lien de causalité, il faut
un indice positif scientifique (démonstration scientifique du lien) et un indice négatif : l’absence de
tout autre motif chez la victime d’apparition de la maladie.
Arrêt du 24/01/06 sur les Hormones de croissance : indice positif scientifique et absence d’autres
explications à l’apparition de la maladie.

Dans un arrêt du 09/03/07, le CE a une approche différente du doute scientifique : jusqu’à présent,
puisqu’il fallait la démonstration scientifique positive, le doute scientifique ne pouvait pas profiter à
la victime. Or, le CE à propos de la vaccination contre l’Hépatite B retient qu’il n’y a pas de
présomption générale d’imputabilité, mais qu’il y a des présomptions spéciales de fait induites par
certains indices. Notamment, dans 2 espèces rendues le 09/03/07 : le CE admet l’existence d’un lien
de causalité entre la vaccination contre l’Hépatite et l’apparition de la sclérose dont souffrait la
victime, eu égard au bref délai ayant séparé l’injection de l’apparition des premiers symptômes eu
égard à la bonne santé, d’autre part, de la victime, et à l’absence chez elle de tout antécédent à cette
pathologie. Bien qu’il n’y ait pas de démonstration scientifique positive, les données personnelles
de la victimes (proximité dates), absence d’autres explications possibles établissent un lien de
causalité.
Suivant ce chemin, la CC°, par 6 arrêts rendus le 22/05/08 assouplit de manière considérable sa
jurisprudence relative à la responsabilité du fait des vaccins contre l’Hépatite B. Désormais, il faut
retenir que l’absence de consensus ou de certitude scientifique et les indices factuels propres à la
victime peuvent constituer des présomptions graves précises et concordantes du caractère
défectueux du vaccin et laisser établir un lien de causalité entre un éventuel défaut du produit et le
dommage subi.

Rupture de la cause et notamment la FM : arrêt du 14/04/06 : FM se caractérise simplement par 3


caractères : imprévisibilité, irrésistibilité, extériorité : Ø d’hésitation sur la seule irrésistibilité
comme constitutive de la FM.

Le fait générateur : il peut être fautif ou non fautif.

• S’il est fautif, il y a une prolifération des variétés de faute :


• Faute inexcusable de l’employeur
• Faute séparable des fonctions : 20/05/03 : rappelle qu’un dirigeant social peut engager sa
responsabilité personnelle lorsqu’il commet intentionnellement une faute d’une particulière
gravité incompatible avec l’exercice normal de ses fonctions : mais attention :
• 04/07/06 : considère que le vendeur d’immeuble à construire qui en souscrit pas une
assurance pour ses travaux ne commet pas de faute détachable de ses fonctions.
• 04/07/06 : gérant de société qui n’a pas assuré le véhicule de société utilisé par l’employé
qui a eu un accident : la CC° a considéré qu’il y avait une faute détachable des fonctions.
• Faute contractuelle dont un tiers peut se plaindre : 21/10/08 : un constructeur automobile
rompt abusivement un contrat de concession qui le lie à son distributeur qui fait faillite :

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est-ce la société mère peut se plaindre de cette rupture abusive : tiers à un contrat peut
invoquer un mqmt contractuel dès lors que ce mqmt lui cause un dommage.
• S’il est non fautif :
• Responsabilité du fait d’autrui : arrêt Blieck mais aujourd’hui 26/10/06 : un syndicat ne dirige
pas l’activité de ses membres et 11/09/08 : association de chasse n’est pas responsable du fait
de ses adhérents : c’est un chasseur qui avait été blessé au cours d’une partie de chasse et va
rechercher la responsabilité de l’association : or la CC° estime que l’association de chasse n’a
pas pour mission de contrôler, d’organiser, de diriger l’activité de ses membres et donc n’a pas
à répondre de ceuxi-ci.
• Responsabilité du fait des parents.
• Responsabilité du fait du commettant : on est toujours dans l’immunité du préposé.

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