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UNIVERSITÉ IBN TOFAIL FACULTÉ DES SCIENCES KÉNITRA UFR : GESTION & INGÉNIERIE DES RESSOURCES EN

UNIVERSITÉ IBN TOFAIL FACULTÉ DES SCIENCES KÉNITRA UFR : GESTION & INGÉNIERIE DES RESSOURCES EN EAUX (GIRE)

Mémoire

Pour l’obtention du Diplôme des Études Supérieures Spécialisées en Hydro-Informatique

11000011111 11000000111 00000001111 00000111111 Sous le thème: Modélisation Modélisation qualitative qualitative
11000011111
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Sous le thème:
Modélisation Modélisation qualitative qualitative de de l’érosion l’érosion hydrique hydrique : :
Cas Cas du du bassin bassin versant versant d’Oued d’Oued Beht Beht (en (en amont amont du du barrage barrage El El Kansera) Kansera)
Présenté par :
Bouchra EL MCABENI

Soutenu le 21 / 03 / 2007 Devant le Jury:

Mr. B. El Mansouri

Professeur à la Faculté des Sciences, Kénitra

Président

Mr. S. Chakiri

Professeur à la Faculté des Sciences, Kénitra

Encadrant

Mr. A. Er-raji

Docteur, Centre Royal de Télédétection Spatiale, Rabat

Examinateur

Mr. J. Ezzayani

Professeur à la Faculté des Sciences, Kénitra

Examinateur

Mr. A. Lefdaoui

Ingénieur d’état, Ministère de l’Énergie et des Mines, Rabat

Examinateur

RÉSUMÉ

L’érosion hydrique des sols constitue la forme de dégradation la plus menacente et la plus coûteuse au Maroc. Elle est responsable, d’une part, de la réduction de la fertilité des terres agricoles et, d’autre part, des dommages atteignant les infrastructures hydrauliques. L’objectif principal de cette étude consiste à réaliser une carte du risque de l’érosion des sols à l’échelle du bassin versant d’Oued Beht (NW du Maroc). La méthodologie proposée est basée sur l’intégration de multiples facteurs, selon un modèle simplifié, faisant intervenir plusieurs facteurs (climatique, morphologique, lithologique et cultural) dans un SIG. Le traitement numérique, par le biais de logiciels SIG et de traitement d’image satellitales des différentes données collectées, a permit de cartographier le risque d’érosion du bassin versant d’Oued Beht. Ce préambule à la modélisation de l’érosion hydrique permettra d’approfondir nos recherches dans ce domaine et d’aider les décideurs vers une meilleure gestion de ce bassin.

hydrique, bassin versant, Oued Beht, ABSTRACT
hydrique,
bassin
versant,
Oued
Beht,
ABSTRACT

Mots

Géographique, modélisation.

clés :

Érosion

Système

d’Information

modélisation. clés : Érosion Système d’Information The water erosion of soils constitutes the form of

The water erosion of soils constitutes the form of deterioration the most menacente and most expensive in Morocco. In one hand, it’s responsible of the reduction of agricultural soils fertility, in the other hand, it causes hydraulic infrastructures damages. The main objective of this study consists in achieving a risk map of soils erosion in Oued Beht pouring basin (NW of Morocco). The proposed methodology is based on the integration of multiple factors, according to a simplified model, utilizing several factors (climatic, morphological, lithological and farming) in a GIS. The numeric treatment, using the GIS software and satellitale picture treatment, of the different collected data have permitted mapping, the erosion risk in Oued Beht pouring basin. This preamble of modelling water erosion will permit deeping our research in this feild and helping the decision-makers toward a better management of this basin.

Key words: Water erosion, pouring basin, Oued Beht, Geographical Information System, modelling.

TABLE DES MATIÉRES

INTRODUCTION GÉNÉRALE

1

PARTIE 1 : GÉNÉRALITÉS SUR L’ÉROSION HYDRIQUE ET CADRE GÉNERAL DE

LA ZONE D’ÉTUDE

CHAPITRE I : GÉNÉRALITÉS SUR LE PHÉNOMENE DE L’ÉROSION HYDRIQUE DES SOLS

Définition II. Mécanismes et processus de l’érosion II.1. Phénomène de détachement II.2. Phénomène du transport des éléments par ruissellement

I.

Phénomène du transport des éléments par ruissellement I. III. Formes de l’érosion III.1. Érosion en nappe

III. Formes de l’érosion III.1. Érosion en nappe III.2. Érosion en rigole III.3. Érosion en ravines III.4. Solifluxion

IV. Facteurs de l’érosion

IV.1. Facteur topographique IV.2. Propriétés de l’horizon superficiel du sol IV.3. Couverture végétale IV.4. Agressivité climatique IV.5. Lithologie IV.6. Action anthropique V. Conséquences de l’érosion V.1. Perte du capital sol V.2. Envasement et colmatage de l’infrastructure CHAPITRE II : TÉLÉDÉTECTION SPATIALE ET SIG APPLIQUÉS À L’ÉTUDE DE L’ÉROSION

I. Télédétection spatiale I.1. Définition et principe I.2. Caractéristiques du satellite Landsat

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9

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10

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11

II.

Systèmes d’information géographique (SIG)

13

II.1. Définition

13

II.2. Intérêt de la télédétection pour les SIG

14

III. Apport de la télédétection et les SIG à l’érosion

14

 

III.

1. Apport de la télédétection à l’érosion du sol

14

III.

2. Apport des SIG à l’érosion du sol

15

CHAPITRE III : PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA ZONE D’ÉTUDE

16

 

I. Cadre géographique

16

II. Cadre climatique

17

 

17

III. Cadre géologique III.1. Paléozoïque III.2. Mésozoïque III.3. Cénozoïque III.4. Plio-Quaternaire III.5. Carte géologique IV. Cadre hydrogéologique V. Les eaux superficielles V.1. Barrage El Kansera V.2. Crues

Les eaux superficielles V.1. Barrage El Kansera V.2. Crues PARTIE 2 : MODÉLISATION QUALIT ATIVE DE

PARTIE 2 : MODÉLISATION QUALITATIVE DE L’ÉROSION HYDRIQUE

CHAPITRE I : MATÉRIELS ET MÉTODOLOGIE I. Logiciels utilisés

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II.

Acquisitions de données

25

II.1. Cartes topographiques

25

II.2. Cartes géologiques

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II.2. Données satellitaire

26

III. Méthodologie du travail

27

CHAPITRE II : RÉSULTATS ET ANALYSES

29

I. Modèle Numérique du Terrain (MNT)

29

I.1. Définition d’un MNT

29

I.2. Méthodologie pour la réalisation du MNT

30

I.2.1. Géoréférencement des cartes topographiques

30

I.2.2. Digitalisation des courbes de niveaux et des points côtés I.2.3. Création d’un Triangular Irregular Network (TIN) I.2.4. Élaboration du modèle numérique du terrain I.3. Produits générés à partir du MNT I.3.1. Extraction des pentes II- Modèle qualitatif de l’érosion hydrique II.1. Carte des précipitations II.2. Carte des pentes II.3. Carte géologique II.4. Carte d’occupation des sols II.5. Carte du risque d’érosion

d’occupation des sols II.5. Carte du risque d’érosion CONCLUSION GÉNÉRALE BIBLIOGRAPHIE LISTES DES FIGURES

CONCLUSION GÉNÉRALE BIBLIOGRAPHIE LISTES DES FIGURES LISTES DES TABLEAUX

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LISTE DES ABRÉVIATIONS

AEP

BV

BVOB

CRTS

E

Fig.

Landsat

Max

Météosat

Min

Mm 3

MNT

N

NE

NW

PNABV

S

SE

SIG

SW

Tab.

TIN

W

Alimentation en Eau Potable

Bassin Versant

Bassin Versant d’Oued Beht

Centre Royal de Télédétection Spatiale

Est Figure Land satellite Maximum Météo satellite Minimum Millions de mètres

Modèle Numérique de terrain Nord Nord-Est Nord-Ouest
Modèle Numérique de terrain
Nord
Nord-Est
Nord-Ouest

Sud Sud-Est Système d’Information Géographique Sud-Ouest Tableau

Plan National d’Aménagement des Bassins Versants

Triangular Irregular Network

Ouest

INTRODUCTION GÉNÉRALE

La dégradation des sols, la désertification et l’érosion font partie des préoccupations majeures des programmes internationaux d’observation des changements des écosystèmes terrestres. Le capital sol constitue, en effet, une ressource non renouvelable ou à renouvellement très lent à l’échelle des millénaires. Sa reconstitution est extrêmement lente, difficilement envisageable à l’échelle humaine. Le capital sol est donc un patrimoine unique qu’il faut conserver à tout prix, car il constitue la base physique de la vie sur les terres émergées (Bonn, 1996).

Le Maroc compte parmi les régions du monde les plus touchées par le phénomène de l’érosion hydrique des sols qui induit un grand nombre de problèmes tels que l’envasement des retenues des barrages, la dégradation du patrimoine agropédologique, la détérioration de la qualité d’eau, etc. (Anys et al., 1992). Ceci est due notamment à la nature de ses sols érodables, à sa situation subtropicale engendrant un climat marqué par l’opposition de deux saisons (un été chaud et sec et un hiver aux précipitations souvent brutales et érosives), à la nature du relief accidenté (chaînes rifaines et atlasiques) et en fin aux activités humaines.

rifaines et atlasiques) et en fin aux activités humaines. Les retenues des barrages construits sur l’ensemble

Les retenues des barrages construits sur l’ensemble du territoire marocain sont menacées par l’envasement. En effet, sur une capacité de stockage totale d’environ 14,26 milliard de m 3 d’eau, on estime que plus de 800 Mm 3 ont déjà été perdus par l’envasement (Foughali, 2003). Par ailleurs, le conseil supérieur de l’eau et du climat estime qu’après 2030, le maintien de la capacité installée exigera la construction d’un barrage de 150 Mm 3 chaque année pour compenser l’effet de l’envasement.

Aussi, il a été jugé urgent d’élaborer des schémas directeurs d’aménagements des bassins versant en amont des barrages les plus menacés. Les types de projets visent la réalisation d’opération spécifiques telles que : la restauration et la conservation des terres agricoles instables, la reforestation, la régulation hydrologique,…

D’après le PNABV, le bassin versant d’Oued Beht en amont du barrage El Kansera se place en huitième rang parmi les 22 BV prioritaires nécessitant un aménagement anti-érosif. La capacité du stockage du barrage d’El Kansera est de 265 Mm 3 et s’envase à un rythme de 1,40 Mm 3 /an. Presque 87 % de la superficie totale du BV présente un risque de dégradation nécessitant une intervention urgente pour remédier à la situation alarmante qui marque la zone (Foughali, 2003).

1

Dans la perspective de lutte anti-érosive, nous proposons une étude basée sur l’application des plus récentes techniques, de la télédétection et des systèmes d’information géographique, dont l’objectif est de proposer un modèle qualitatif de l’érosion hydrique dans le bassin versant d’Oued Beht en amont du barrage El Kansera. Le présent travail contribuera également à la création d’une série de bases de données numériques de la région nécessaires pour des études ultérieures.

Plan adopté pour le mémoire

Ce mémoire est subdivisé en deux parties. Dans la première partie on traite les généralités sur l’érosion hydrique, et le cadre général de la zone d’étude. La deuxième partie expose, dans le détail, les résultas de l’analyse des données et abouti à l’établissement d’un MNT et d’un modèle simplifié de cartographie de l’érosion hydrique.

et abouti à l’établisse ment d’un MNT et d’un modèle simplifié de cartographie de l’érosion hydrique.

2

PARTIE 1 :

Généralités sur l’érosion hydrique

Cadre général de la zone d’étude

3

CHAPITRE I : GÉNÉRALITÉS SUR LE PHÉNOMÈNE DE L’ÉROSION HYDRIQUE DES SOLS

I. Définition

L’érosion hydrique est définie comme étant le détachement et le transport hydrique, par des agents pluviométriques, des particules du sol.

Ce type d'érosion des sols se développe lorsque les eaux de pluie ne peuvent plus s'infiltrer dans le sol et ruissellent sur la parcelle en emportant les particules de terre (Le Bissonnais et al.,

2002).

les particules de terre (Le Bissonnais et al., 2002). II. Mécanismes et processus de l’érosion II.

II. Mécanismes et processus de l’érosion

II.

1. Phénomène de détachement

Le phénomène de détachement est provoqué par l’effet des gouttes de pluie qui choquent la surface du sol (fig. 1). Celles-ci, par leur impact, détachent les particules solides et les transportent par splash (Dumas, 1965).

La capacité de détachement des particules du sol par les précipitations est déterminée par : le diamètre des gouttes de pluie, leur distribution, leur vitesse de chute et leur masse totale (Chakour, 1992). Les particules ainsi détachées sont alors transportées dans le sens de la pente par les eaux de ruissellement.

II. 2. Phénomène du transport des éléments par ruissellement

Ce sont les particules mises en suspension qui seront entraînées par ruissellement. La quantité transportée dépend du temps d’apparition de ruissellement, de la texture du sol, du volume de ruissellement et de la capacité du transport.

Le ruissellement apparaît lorsque la vitesse d’apport de l’eau devient supérieure à la vitesse d’infiltration du sol (Chakour, 1992).

4

Fig. 1 : Processus de l’érosion III. Formes d’érosion Plusieurs types d’érosion se mani festent

Fig. 1 : Processus de l’érosion

III. Formes d’érosion

Fig. 1 : Processus de l’érosion III. Formes d’érosion Plusieurs types d’érosion se mani festent sur

Plusieurs types d’érosion se manifestent sur le terrain sous plusieurs formes ; les formes plus rencontrées sont :

III. 1. Érosion en nappe

Ce type d’érosion est observé en zone non couverte par la forêt. Il correspond à l’enlèvement de la partie superficielle du sol d’une façon plus ou moins uniformément répartie (fig. 2).

À l’amont d’un bassin versant et sur les pentes en générale, on assiste à la formation d’un réseau anastomosé de petits chenaux d’une profondeur d’ordre centimétrique qui s’élargissent à l’occasion des obstacles. Quand les averses sont intenses, ces chenaux débordent et donnent naissance à une nappe.

Quand les averses sont intenses, ces chenaux débordent et donnent naissance à une nappe. Fig. 2
Quand les averses sont intenses, ces chenaux débordent et donnent naissance à une nappe. Fig. 2

Fig. 2 : Érosion en nappe

5

III.

2. Érosion en rigole

Elle se manifeste par un réseau bien ramifié qui forme des voies d’écoulement suivant les lignes de moindre résistance (fig. 3). La densité des rigoles est en corrélation positive avec la pente du versant. Les dimensions des rigoles surtout la largeur, sont en rapport avec la pente, alors que la longueur est déterminée par l’érodabilité des sols; les plus courantes se trouvent dans des sols à granulométrie fine et à forte teneur en matière organique (Parson, 1987).

Fig. 3 : Érosion en rigole
Fig. 3 : Érosion en rigole

3. Érosion en ravines

1987). Fig. 3 : Érosion en rigole 3. Érosion en ravines III. Deux stades de ravinement

III.

Deux stades de ravinement se distinguent en fonction de l’agressivité climatique et l’ampleur de l’érosion (Ait Fora, 1995).

L’érosion en ravines de 20 à 30 cm de profondeur sur plusieurs dizaines de mètres de longueur est le résultat d’un ruissellement fort où la vitesse de la pluie, sa hauteur et sa durée sont importantes. Ceci provoque des entailles fortement courtes, souvent localisées dans des zones de pente moyenne à forte.

L’érosion en ravines de quelques mètres de profondeur apparaît quand les entailles précédentes s’approfondissent et prennent des dimensions plus importantes. Ce type d’érosion s’observe d’une façon extensive sur les terres de culture en pente où les labours mécanisés dans le sens de la pente sont appliqués.

L’érosion en ravines est spectaculaire aussi bien à la surface des terrains agricoles que le long des berges des rivières et des fleuves (fig. 4).

6

Fig. 4 : Érosion en ravines III. 4. Solifluxion La présence d’un sol argileux peut
Fig. 4 : Érosion en ravines III. 4. Solifluxion La présence d’un sol argileux peut

Fig. 4 : Érosion en ravines

III. 4. Solifluxion

La présence d’un sol argileux peut entraîner une absorption excessive d’eau ce qui favorise une perte de la consistance solide. Le sol devient ainsi plastique et la moindre poussée peut alors le rendre mobile. La masse qui se met en mouvement s’arrache progressivement de la partie amont du versant et descend en formant une coulée boueuse.

amont du versant et descend en formant une coulée boueuse. Ce phénomène s’observe dans les régions

Ce phénomène s’observe dans les régions humides où les précipitations sont relativement fortes et où l’atmosphère ne s’assèche pas excessivement en été (Heusch, 1970).

IV. Facteurs de l’érosion

IV.

1. Facteur topographique

Le relief est une donnée fondamentale pour l’étude de tous les phénomènes naturels régis par la gravité et qui obéissent aux lois physiques de l’écoulement (Maurizot et Delfau, 1995).

La pente a une grande influence puisqu’elle fournit son énergie érosive à l’eau. L’inclinaison de la pente agit directement sur la vitesse du ruissellement, accélérant le transport solide vers le bas et augmentant ainsi l’impact de l’ablation des matériaux détritiques (Dumas, 2004).

La pente intervient dans le phénomène de l’érosion par son degré d’inclinaison, sa longueur et sa forme. En effet, la perte du sol croit à mesure que la pente devient longue et escarpée, surtout si le sol est nu (Roose, 1973).

7

IV.

2. Propriétés de l’horizon superficiel du sol

La susceptibilité d’un sol à s’éroder varie en fonction de plusieurs facteurs (Ait Fora, 1995) :

la composition granulométrique qui joue un rôle déterminant lors du détachement des particules. En effet, les argiles sont difficilement emportées à cause de leur cohésion, tandis que la fraction sables fins et limons est facilement emportée en suspension, alors que les sables et surtout les plus grossiers exercent un effet protecteur ;

la matière organique qui maintient la cohésion et la stabilité des agrégats ce qui diminue la désagrégation des particules par les gouttes de pluie ;

la perméabilité qui rend les mouvements descendants de l’eau plus facile ce qui contribue à la diminution de l’érosion au profit du lessivage ;

à la diminution de l’érosion au profit du lessivage ; la structure et la disposition spatiale

la structure et la disposition spatiale des agrégats qui influent sur la perméabilité du sol. Quand le sol est compact, le ruissellement rapide est favorisé.

3. Couverture végétale

IV.

Les tiges et les racines de la végétation morte ou vivante créent des obstacles qui brisent les filets d’eau ce qui réduit la vitesse de ruissellement. La végétation protège les sols de l’ablation par la réduction de l’énergie des agents érosifs et le maintien les sols (Rey et al., 2004).

La couverture végétale joue un rôle dans la protection du sol. Les formations naturelles forestières ou herbacées offrent une protection quasi-totale. Les cultures offrent des protections très variables en fonction de l'espèce cultivé et des façons culturales adoptées (Roose, 1973).

IV. 4. Agressivité climatique

Le climat affecte également l’érosion d’une manière indirecte par son effet sur la production de la biomasse végétale et la décomposition des résidus (Abaoui et al., 2004).

La pluie est le principal facteur de l'érosion. Ce sont les fortes précipitations qui provoquent les dégâts érosifs les plus importants. L’érosivité de la pluie dépend essentiellement de sa hauteur et de son intensité (Le Bissonnais et al., 1998).

8

IV.

5. Lithologie

Les divers types de roches et leurs structures donnent une indication précieuse sur la capacité d’infiltration dans les zones occupées par ces roches, et en conséquence sur la qualité du sol susceptible d’être érodé. Une faible infiltration des roches affleurantes indique qu’une grande quantité d’eau ruisselle, par conséquent, une forte quantité de terre peut être emportée (Bou Kheir et al., 2001).

IV. 6. Action anthropique

L’homme qui, par maladresse et par des pratiques inadaptées sur les versants, est le facteur principal conditionnant l’intensité de l’érosion. Les défrichements qu’il opère sur les forêts et les parcours naturels, le surpâturage, la mise en culture sans précaution des terres tendres en pente, les labours mécanisés dans le sens des grandes pentes et la non restitution au sol de ses éléments nutritifs enlevés par les cultures, facilitent le ruissellement et par conséquent l’érosion et ses effets indésirables pour l’environnement et pour l’économie (Direction du Développement et de la Coopération, 1994).

(Direction du Développement et de la Coopération, 1994). V. Conséquences de l’érosion Les conséquences de

V. Conséquences de l’érosion

Les conséquences de l’érosion sont multiples et variées et elles se manifestent sous plusieurs aspects dont les plus graves sont la perte du capital sol, l’envasement et le colmatage de l’infrastructure (El-Ouellani, 2004).

V.

1. Perte du capital sol

La perte du sol se traduit par une réduction systématique de la fertilité des terres agricoles et une diminution de ses rendements. Les sols qui souffrent le plus de l’érosion hydrique sont ceux les plus riches en éléments fins, en fertilisants, en engrais, etc.

V. 2. Envasement et colmatage de l’infrastructure

L’érosion hydrique sous toutes ses formes (en nappe, ravines, rigoles,

et transporte leurs éléments vers l’aval, où ils seront déposés. Ces dépôts engendreront l’envasement des barrages, la réduction de leur volume de stockage et la diminution de leur durée de vie.

érode les sols à l’amont

)

9

CHAPITRE II : TÉLÉDÉTECTION SPATIALE ET SIG APPLIQUÉS À L’ÉTUDE DE L’ÉROSION

I. Télédétection spatiale

I. 1. Définition et principe

La télédétection est la technique qui, par l'acquisition d'images, permet d'obtenir de l'information sur la surface de la terre sans contact direct avec celle-ci. La télédétection englobe tout le processus qui consiste à capter, à enregistrer l'énergie d'un rayonnement électromagnétique émis ou réfléchi, à traiter et à analyser l'information, pour ensuite, mettre en application cette information.

pour ensuite, mettre en application cette information. Les principales étapes de la télédétection sont

Les principales étapes de la télédétection sont illustrées dans la figure qui suit :

télédétection sont illustrées dans la figure qui suit : Fig. 5 : Processus de télédétection (Canad

Fig. 5 : Processus de télédétection (Canada Center for Remonte Sensing, 1997)

Avec :

1- Source d'énergie ou d'illumination (A) : produit le rayon incident.

2- Rayonnement et atmosphère (B) : interaction du rayonnement incident et réfléchi avec l’atmosphère.

3- Interaction avec la cible (C) : l’interaction de l’énergie reçue avec la surface illuminée dépend des caractéristiques du rayonnement et des propriétés de la surface.

10

4- Enregistrement de l'énergie par le capteur (D) : l’énergie diffusée ou émise par la surface (cible) est captée à distance par un capteur (radiomètre) pour être enregistrée.

5- Transmission, réception et traitement (E) : l’énergie captée et enregistrée par le capteur est transmise à une station de réception où l’information est transformée en image (numérique ou photographique).

6- Interprétation et analyse (F) : interprétation visuelle et/ou numérique de l’image traitée pour l’extraction de l’information désirée.

7- Application (G) : utilisation de l’information extraite de l’image pour comprendre un phénomène donné, découvrir ses différents aspects et aider à résoudre un problème particulier.

Satellite Instruments Bandes spectrales Résolution Fauchée répétitivité Lancement 80 m 80 m Multispectral
Satellite
Instruments
Bandes spectrales
Résolution
Fauchée
répétitivité
Lancement
80
m
80
m
Multispectral
Landsat 1 à 3
MSS1 : 0.5-0.6
MSS2 : 0.6-0.7
MSS3 : 0.7-0 8
MSS4 : 0.8-1.1
Thermique : 10.4-12-6
80
m
185
Km
16
jours
Scanner (MSS)
80
m
Landsat 1: 1978
Landsat 2: 1982
Landsat 3: 1983
120
m
TM1: 0.45-0.52
30
m
TM2: 0.52-0.60
30
m
TM3: 0.63-0.69
30
m
Thematic Mapper
Landsat 4 à 6
TM4: 0.76-0.90
30
m
185
Km
16
jours
(TM)
TM5: 1.55-1.75
30
m
TM6: 10.4-12.5
120
m
TM7: 2.08-2.35
30
m
Bandes 1 2 3 4 5 7 idem
Landsat 4 – 6
6 : 10.4-12.5 (IRT)
Pan : 0.52-0.90
30
m
Landsat 7
E-TM +
185
Km
16
jours
1999
60
m
15
m

Parmi les différents systèmes d’observation de la terre, on distingue : Météosat, Spot, Landsat, etc. Dans notre étude, nous avons utilisée une image du satellite Landsat- TM à 8 canaux.

I. 2. Caractéristiques du satellite Landsat

Les multiples caractéristiques et les applications des bandes du satellite Landsat sont résumées dans les tableaux 1 et 2.

Tab. 1 : Principales caractéristiques du satellite Landsat

11

Le tableau 2 présente les différentes applications des bandes du capteur TM du satellite Landsat.

Bandes Domaine spectral (microns) Applications Discrimination entre le sol et la végétation, TM 1 0,45
Bandes
Domaine spectral
(microns)
Applications
Discrimination entre le sol et la végétation,
TM 1
0,45 - 0,52 (bleu)
bathymétrie/cartographie côtière; identification des
traits culturels et urbains
Cartographie de la végétation verte (mesure le sommet
TM 2
0,52 - 0,60 (vert)
de réflectance); identification des traits culturels et
urbains
Discrimination entre les espèces de plantes à feuilles
TM 3
0,63 - 0,69 (rouge)
ou sans feuilles; (absorption de chlorophylle);
identification des traits culturels et urbains
Identification des types de végétation et de plantes;
TM 4
0,76 - 0,90 (PIR)
santé et contenu de la masse biologique; délimitation
des étendues d'eau; humidité dans le sol
Sensible à l'humidité dans le sol et les plantes;
TM 5
1,55 - 1,75 (MIR)
discrimination entre la neige et les nuages
Discrimination du stress de la végétation et de
TM 6
10,4 - 12,5 (IRT)
l'humidité dans le sol relié au rayonnement thermique;
cartographie thermique
Discrimination entre les minéraux et les types de
TM 7
2,08 - 2,35 (SWIR)
roches, sensible au taux d'humidité dans la végétation

Tab. 2 : Les applications des bandes de Landsat (Girard et Girard, 1999)

L’avantage principal de l’imagerie Landsat est sa grande résolution spectrale avec une large

surface de couverture (fauché de 185 km), ce qui permettra aux bandes une meilleure

discrimination des matériaux de surface.

12

II. Systèmes d’information géographique (SIG)

II. 1. Définition

Un SIG, comme un système de gestion de base de données est conçu pour saisir, stocker, manipuler, analyser et afficher des données à référence spatiale en vue de résoudre des problèmes complexes de gestion et de planification (Serre, 2005).

Ce système inclut les composantes relatives (fig. 6) :

à l’acquisition des données d’entrée ;

au stockage, à la récupération et à la gestion de bases de données ;

la récupération et à la gestion de bases de données ; à la manipulation et à

à la manipulation et à l’analyse des données ;

à l’affichage et à la génération de produits ;

à une interface pour l’usager.

Intrants Extrants Données à Rapports partir des Système d’information géographique cartes Traitement
Intrants
Extrants
Données à
Rapports
partir des
Système d’information géographique
cartes
Traitement
Stockage des
données,
récupération
et gestion de
la base de
données
Manipulation
Affichage et
Cartes
des
des données
générateurs
Données de
données
et analyse
de produits
recensement
Produits
d’entrée
photographiques
Données de
terrain
Statistiques
Données de
télédétection
Autres SIG
Interface à
Données d’entrée
pour les modèles
l’usager
Statistiques extérieures au
système et ensemble de modèles
Autres
données

Fig. 6 : Les principales composantes d’un SIG (Serre, 2005)

13

II. 2. Intérêt de la télédétection pour les SIG

La télédétection a plusieurs avantages spécifiques aux SIG dont on peut citer :

elle assure des données facilement traitables, manipulables et réutilisables ;

elle couvre un spectre électromagnétique beaucoup plus large que l’œil humain ;

elle offre une meilleure résolution spatiale et décrit plus rapidement et plus facilement les objets qu’une prospection au sol ;

elle

permet

l’élaboration

et

la

mise

à

jour

des

cartes

thématiques

à

partir

de

l’interprétation d’image ;

thématiques à partir de l’interprétation d’image ; elle permet également l’analyse spatiale et le

elle permet également l’analyse spatiale et le traitement des données (vecteur, raster, attributaire) ;

elle offre l’application des fonctions topographiques à l’image : élaboration des spatio- carte à partir de l’image.

Les SIG constituent le cadre de la plupart des applications actuelles de la télédétection.

III. Apport de la télédétection et des SIG à l’érosion

III. 1. Apport de la télédétection à l’érosion du sol

La télédétection, par sa capacité de couvrir de vastes territoires et à fournir des images multispectrales et multidates, a permis de faciliter la mise à jour, minimiser le coût des investigations de terrain, s’affranchir du problème de disponibilité et d’homogénéité de l’information et d’élaborer des cartes délimitant les zones vulnérables et touchées par l’érosion (Bou Kheir et al., 2001).

Malgré le pouvoir de résolution limité des capteurs, l’exploitation des données de télédétection spatiale pour quantifier l’érosion est possible.

L’accès direct et récent aux sources de données provenant des images satellitaires et ses plans dérivés, permet l’obtention d’informations plus ou moins précises sur la répartition spatiale des zones touchées par l’érosion, ce qui favorise une extrapolation spatiale des informations à partir

14

de la connaissance de quelques données ponctuelles. La répétitivité temporelle des images offre la possibilité de suivre les changements dynamiques d’une zone donnée.

III. 2. Apport des SIG à l’érosion du sol

Les processus d’érosion et les différents facteurs impliqués changent aussi bien dans le temps et dans l’espace. Ce qui demande une mise à jour rapide et régulière des informations sur l’érosion (Chakour, 1992).

L’intégration des modèles d’érosion dans un SIG a permis de cerner le plus possible la variabilité spatiale des facteurs d’érosion, d’effectuer des analyses et des calculs, tout en permettant une cartographie précise assistée par ordinateur. En effet, à l’aide de cet outil très performant, on peut cartographie l’érosion sur des vastes étendues dans un délai rapide et un coût raisonnable (Tahri et al., 1993).

rapide et un coût raisonnable (Tahri et al., 1993). Le Système d’information géographique (SIG) permet de

Le Système d’information géographique (SIG) permet de croiser des cartes aux thèmes différents, de fusionner leurs bases de données et d’appliquer des équations mathématiques sur les valeurs numériques des facteurs d’érosion qui y sont rangées. L’intégration des cartes thématiques de ces facteurs dans le SIG a permis de cerner l’impact de chaque facteur dans les pertes en sol, de classer par importance relative les zones d’érosion, et de quantifier les pertes en sol.

Plusieurs études ont montré l’apport de l’intégration des différents facteurs d’un modèle dans un SIG pour quantifier et cartographier les risques d’érosion (Anys, 1991 ; Chakroun, 1993 ; El Bouqdaoui et al., 2005).

15

CHAPITRE III : PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA ZONE D’ÉTUDE

I. Cadre géographique

Le bassin versant d’Oued Beht (BVOB) en amont du barrage El Kansera est un sous bassin du grand bassin versant du Sebou. D’une superficie de 4500 km 2 , il se localise au NW du Maroc (fig. 7). Il s’allonge de l’amont vers l’aval sur deux domaines : le moyen Atlas à l’E et au S, le Plateau central à l’W et au N. Oued Beht est classé parmi les affluents les plus importants de la rive gauche du Sebou.

La zone d’étude recouvre 2789.90 km 2 du BVOB en amont d’El Kansera (presque la moitié) ; elle se situe dans une tranche d’altitude comprise entre 100 et 1398 m. Elle est localisée approximativement entre 5,30 et 6,10 degré de longitude ouest et entre 36,95 et 37,85 degré de latitude nord.

BV du Sebou Zone d’étude
BV du Sebou
Zone d’étude

Fig. 7 : Localisation de la zone d’étude au Maroc

16

II. Cadre climatique

Le climat régnant sur l'ensemble du bassin versant est de type océanique tempéré. Les

précipitations sont marquées par des irrégularités annuelles, avec une moyenne de 377 mm (fig.

8). Légende

À partir de la figure ci-dessous, on remarque que l’année 2003/2004 est une année pluvieuse et

vient à la suite de l’année également excédentaire 2002/2003.

la suite de l’année également excédentaire 2002/2003. 600 500 400 300 200 100 0 1999/2000 2000/2001
600 500 400 300 200 100 0 1999/2000 2000/2001 2001/2002 2002/2003 2003/2004 Années Fig. 8
600
500
400
300
200
100
0
1999/2000
2000/2001
2001/2002
2002/2003
2003/2004
Années
Fig. 8 : Précipitations annuelles enregistrées au niveau de la station d’Oueljat Sultane
(Agence Hydraulique du Bassin du Sebou, 2003/2004, modifiée)
III. Cadre géologique
Précipitations en mm

Les données du cadre géologique du BVOB en amont d’El Kansera sont basées sur les travaux

réalisés par : Allary et al. (1976), Faugeres (1978), Chakiri (1991), Et-touhami (1994) et

Direction Régionale des Eaux et Forêts du Nord Ouest (2003).

La stratigraphie et la lithologie du bassin versant d'Oued Beht sont assez diversifiées. En effet,

les plus anciens affleurements appartiennent aux étages inférieurs du Paléozoïque, plus

précisément à l'Ordovicien et au Silurien, tandis que les terrains les plus récentes appartiennent

au Villafranchien.

17

III. 1. Paléozoïque

Dans le bassin versant d'Oued Beht, les formations primaires occupent une grande partie (environ les 2/3 de sa superficie) :

Les terrains les plus anciens rencontrés dans le secteur sont datés de l’Ordovicien. Ils sont représentés par des schistes et des quartzites.

Les terrains d’âge silurien, sont représentés par des schistes noirs à graptolithes.

Au Dévonien, on trouve successivement du bas en haut : des calcaires noduleux, des schistes gris sombres à nodules gréso-calcaires et des calcaires récifaux assez massifs.

gréso-calcai res et des calcaires r écifaux assez massifs. La série d’âge viséen supérieur repose en

La série d’âge viséen supérieur repose en discordance très nette sur la série dévonienne. L’ensemble de la série peut se résumer par la succession suivante : des calcaires noirs souvent lenticulaires, une série de flyschs sombres alternant avec des bancs gréseux, des schistes gréseux et des calcaires gréseux, vient ensuite une puissante série de type flysch et souvent le sommet de la série du Viséen supérieur se termine par des niveaux conglomératiques.

Le Permien repose en discordance sur le Viséen supérieur. Il s’agit de dépôts volcano- détritiques à caractère continental.

III. 2. Mésozoïque

Discordant sur le socle Primaire, le Mésozoïque commence par le Trias qui affleure dans la vallée de Souk El Arbâa d'Oued Beht et tout au long de la bordure atlasique. Ce sont des dépôts argilo-gréseux rouges associés à des basaltes. À la surface, les grés se débitent en plaques tendres, tandis que les argiles s’organisent en petites masses prismatiques ou grumeleuses que les premières pluies transforment en boue.

Contrairement aux couches précédentes, Le Lias est formé de calcaires compacts, marneux ou dolomitiques de couleur blanche ou jaunâtre.

Le Secondaire se termine par le Dogger qui n'affleure qu'au Sud du bassin versant, sous forme d'une corniche très dure. Il s’agit d’une strate de calcaires noirs, surmontée d'une série marneuse et de calcaires.

18

III.

3. Cénozoïque

C'est au Nord du BV, dans la vallée de l'oued Beht qu'on rencontre les terrains qui datent du tertiaire, appartenant au Miocène supérieur et au Pliocène. Ce sont des formations de marnes sableuses et de grès coquilliers à bancs sableux et à bancs gréseux gris ou jaunâtres inégalement résistants.

III. 4. Plio-Quaternaire

Le Plio-Quaternaire est représenté par des couches sédimentaires d'origine fluviales et lacustres qui affleurent au NE du bassin versant.

Ces formations sont surmontées par des calcaires lacustres plus résistants que les sables fauves sous-jacentes, et dont le faciès change latéralement d'un calcaire compact au calcaire marneux et se terminant par un calcaire brechoïde.

marneux et se terminant par un calcaire brechoïde. Le Villafranchien est rencontré au NW du bassi

Le Villafranchien est rencontré au NW du bassin au niveau de la bordure avec le plateau de Zemmour. Ce sont des sables rouges continentaux mélangés à des galets, localement sablio- argileux surmontés à la surface par un manteau de sables rosâtres qui n'offrent aucune consistance.

Les roches volcaniques qui affleurent au SE du bassin sont attribuées au Quaternaire. Par endroits, on rencontre des intrusions et filons doloritiques ou microgranitiques.

III.

5. Carte géologique

La numérisation des cartes géologiques au 1/500000 (scannées et géoréférencées) intégrant la totalité de la zone d’étude permet d’obtenir un fichier numérique (fig. 9).

La carte numérisée (fig. 9) montre que les schistes représentent presque la moitié de la lithologie de la zone d’étude allant de la partie amont vers le centre du bassin, qui seront probablement des zones à potentiel érosif important avec la présence de quelques intrusions éruptives. Alors que la partie aval est caractérisée par une grande variété de roches à dominance marneuse.

19

Fig. 9 : Carte géologique de la zone d’étude numérisée IV. Cadre hydrogéologique D’un point

Fig. 9 : Carte géologique de la zone d’étude numérisée

IV. Cadre hydrogéologique

D’un point de vue hydrogéologique, la zone d’étude (fig. 10) est caractérisée par la présence de trois nappes phréatiques :

Nappe de Khémisset au NW

Nappe de Fès Meknès à l’E

Nappe du Causse d’Agourai au SE

20

Nappe de Nappe de Khémisset Fès Meknès
Nappe de
Nappe de
Khémisset
Fès Meknès

Nappe du

Causse d’Agourai

Fig. 10 : Situation des nappes phréatiques de la zone d’étude (Agence du Bassin Hydraulique de Sebou-Fès, 2006, modifiée)

V. Les eaux superficielles

V. 1. Barrage El Kansera

Le barrage El Kansera (fig. 11) se situe sur l’Oued Beht, à environ 20 km au Sud de Sidi

Slimane. C’est le plus ancien barrage d’accumulation au Maroc. Cet ouvrage fondé sur des

terrains marno-calcaires qui étaient à l'origine de grandes difficultés lors de la construction

(Secrétariat d’Etat Chargé de l’Eau, 2005).

21

Fig. 11 : Photo du barrage El Kansera Ce barrage assure l'irrigation d'un périmètre de

Fig. 11 : Photo du barrage El Kansera

Ce barrage assure l'irrigation d'un périmètre de 25000 ha près de Sidi Slimane, la protection contre les crues d'Oued Beht et la production de 15000 kwh annuels grâce à une usine hydro- électrique de pied.

Année de mise en service 1935 Cours d’eau Beht Ville la plus proche Sidi Slimane
Année de mise en service
1935
Cours d’eau
Beht
Ville la plus proche
Sidi Slimane
But
Energie, Irrigation, AEP
Volume de barrage
192000 m 3
Surface du bassin versant
4500 km 2

En 1968, cet ouvrage fut surélevé de 6 mètres, faisant passer le volume de la retenue de 227 à 297 Mm 3 . Ceci permettait non seulement de compenser la diminution du volume régularisé due à l'envasement mais aussi, d'accroître la superficie irriguée de 3700 ha tout en améliorant le laminage des crues et en faisant passer le productible électrique annuel à 33 millions de kwh.

Le tableau ci-dessous récapitule les caractéristiques et les données du barrage El Kansera.

Tab. 3 : Données et caractéristiques du barrage El Kansera

Apport d’eau au barrage :

L’apport d’eau au barrage El Kansera durant l’année 2002/2003 est très élevé (fig. 12), cet important apport est en relation étroite avec l’intensité pluviométrique enregistrée cette année (fig. 8).

La figure ci-dessous présente l’apport d’eau annuel d’Oued Beht au niveau d’El Kansera avec une moyenne de 185 Mm 3 , un max de 290 Mm 3 et un min de 85 Mm 3 .

22

350 300 250 200 150 100 50 0 1999/2000 2000/2001 2001/2002 2002/2003 2003/2004 Apports d'eau
350
300
250
200
150
100
50
0
1999/2000
2000/2001
2001/2002
2002/2003
2003/2004
Apports d'eau

Années

Fig. 12 : Apport d’eau (Mm 3 ) au barrage El Kansera enregistrées au niveau de la station d’Oueljat Sultane (Agence Hydraulique du Bassin du Sebou, 2003/2004, modifiée)

V. 2. Crues Le principal cours d’eau dans la zone d’étude est l’Oued Beht ;
V. 2. Crues
Le principal cours d’eau dans la zone d’étude est l’Oued Beht ; ce dernier qui est caractérisé par
un régime permanent. Le bassin du Beht a connu une crue importante au cours du mois de
décembre de l’année 2003/2004, notamment celle enregistrée au barrage El Kansera (1600 m 3 /s).
La crue enregistrée à la station Ouljet Sultane (tab. 4) est très importante par rapport à la crue
historique de 1996.
Crue maximale de l’année
Crue historique proche
2003/2004
Oued
station
Q max.
Date
Q max.
Date
Beht
Ouljet Sultane
699
Décembre
484
Janvier 1996

Tab. 4 : Débit maximum de crues (m 3 /s) de l’année 2003/2004 (Agence Hydraulique du Bassin du Sebou, 2003/2004, modifiée)

23

PARTIE 2 : Modélisation qualitative de l’érosion hydrique
PARTIE 2 :
Modélisation qualitative de
l’érosion hydrique

24

CHAPITRE I : MATÉRIELS ET MÉTODOLOGIE

I. Logiciels utilisés

Erdas Imagine (8.7) : C’est un logiciel très fort et puissant en matière de traitement d’images satellite et de la correction géométrique.

ArcGis (9.1) : C’est un outil permettant de visualiser, d'explorer et d'analyser des données géographiques.

II. Acquisitions de données

des données géographiques. II. Acquisitions de données II. 1. Cartes topographiques Pour la réalisation de ce

II. 1. Cartes topographiques

Pour la réalisation de ce travail, nous avons utilisé quatre cartes topographiques à l’échelle de 1/100000 (fig. 13).

Fig. 13: Cartes topographiques utilisées

25

II.

2. Cartes géologiques

Du fait de l’absence d’une couverture totale du bassin versant d’Oued Beht par des cartes géologiques au 1/100000, des cartes au 1/500000 couvrant l’ensemble de la zone d’étude seront utilisées, qui sont les cartes de Rabat et de Rif.

II. 3. Données satellitaire

L’image utilisée pour cette étude (fig. 14) est projetée dans le système cartographique Lambert Conique Conforme (Zone I, Maroc). Il s’agit d’une scène Landsat, à 30 m de résolution spatiale, qui couvre presque la totalité de la zone d’étude.

qui couvre presque la totalité de la zone d’étude. Fig. 14 : L’image satellite Landsat utilisée

Fig. 14 : L’image satellite Landsat utilisée (CRTS)

26

III. Méthodologie du travail

Généralement, pour estimer le taux ou l’état d’érosion, plusieurs méthodes sont adoptées ; les plus utilisées sont : l’équation universelle de perte du sol (USEL) et la version modifiée (MUSLE). Le choix du modèle dépend de la variabilité de la surface du bassin, des données ponctuelles et des précipitations. Ces modèles nécessitent un échantillonnage très précis à partir de mesures ponctuelles en parcelle et des cartes à échelle supérieure ou égale à 1/50000 (Abaoui et al., 2004).

Dans notre cas d’étude, nous ne disposons que des cartes topographiques au 1/100000 et des cartes géologiques au 1/500000. Pour palier à cet inconvénient, nous avons opté pour une méthode qualitative et simplifiée basée sur quatre facteurs (Rouzeau et al., 1992) :

basée su r quatre facteurs (Rouzeau et al., 1992) : Topographique (pente) Géologique (lithologie) Occupation

Topographique (pente)

Géologique (lithologie)

Occupation des sols

et la variation de la pluviométrie en fonction de l’altitude

Pour chacun de ces paramètres, un reclassement des données a été réalisé, grâce à l’utilisation des Systèmes d’Informations Géographiques et des méthodes de traitement d’images satellites, sous forme d’un indicateur de sensibilité à l’érosion. Les différentes couches d’informations, représentées au format Raster et à la même taille du pixel (30 m) ont ensuite été combinées dans un SIG dont le principe est d’additionner ces cartes pour aboutir à la carte de la sensibilité des sols à l’érosion.

27

Le diagramme suivant montre les étapes suivies pour l’établissement d’une carte de l’érosion hydrique des sols.

Cartes géologiques

Cartes topographiques

Image satellite

MNT Lithologie Pente SIG Carte du potentiel érosif
MNT
Lithologie
Pente
SIG
Carte du potentiel érosif
La pluviométrie en fonction de l’altitude Occupation des sols Fig. 15 : Méthodologie suivie pour
La pluviométrie en fonction
de l’altitude
Occupation des sols
Fig. 15 : Méthodologie suivie pour aboutir à la carte d’érosion des sols

28

CHAPITRE II : RÉSULTATS ET ANALYSES

I. Modèle Numérique du Terrain (MNT)

La représentation de relief a été longtemps matérialisée en deux dimensions par des cartes papier.

L’arrivée et les progrès importants de l’informatique ont permis d’évoluer vers une description

en trois dimensions. Ce document cartographique informatisée appelé Modèle Numérique de

Terrain (MNT) remonte aux années 50 (Miller et Laflamme, 1958), prend actuellement une place

stratégique dans la cartographie numérique.

Le MNT est un élément important dans la gestion d’une région notamment dans :

important dans la gestion d’une région notamment dans : l’extraction des plans d’information t opographique

l’extraction des plans d’information topographique (Jensen et Domingue, 1988) ;

l’étude des bassins versants ;

l’étude des bassins sédimentaires et exploration pétrolière (Chorowiez et al., 1991) ;

cartographie de l’érosion (Abaoui et al., 2004 ; Rouzeau et al., 1992) ;

modélisation géologique volumique et intérêt pour la problématique des ressources en

eau (Bachir Alami et al., 2005) ;

le choix de sites de barrages ou l’implantation de lignes électriques (Burrough, 1986) ;

et d’autres applications en génie militaire (Griffin, 1991).

I. 1. Définition d’un MNT

Le Modèle numérique de terrain est, comme son nom l’indique, une représentation numérique du

terrain en termes d’altitudes ; il fournit des renseignements sur la forme et la position de la

surface topographique pour une zone géographique donnée (Charleux–demargne, 2001).

Il existe plusieurs méthodes pour calculer et élaborer un MNT :

MNT calculés à partir de la numérisation et l’interpolation des courbes de niveau et points cotés des cartes topographiques

La restitution stéréoscopique

Les méthodes radar

29

I. 2. Méthodologie pour la réalisation du MNT

Dans cette étude, le MNT calculé a été créé à partir de la numérisation des courbes de niveau et

des points côtés à partir des cartes topographiques au 1/100000.

Le diagramme suivant montre les étapes suivies pour l’établissement d’un MNT.

Géoréférencement des cartes topographiques

d’un MNT. Géoréférencement des cartes topographiques Digitalisation des courbes de niveau et des points côtés

Digitalisation des courbes de niveau et des points côtés

Création d’un Triangular Irregular Network (TIN) Modèle Numérique du Terrain (MNT)
Création d’un Triangular Irregular
Network (TIN)
Modèle Numérique du Terrain
(MNT)

Fig. 16 : Étapes suivies pour l’élaboration d’un MNT

I.

2. 1. Géoréférencement des cartes topographiques

Une fois scannées, les cartes de la région doivent être géoréférenciées afin de les repérer dans le

système cartographique Lambert Conique Conforme (Zone I, Maroc). Ce traitement est réalisé à

l’aide du logiciel Erdas Imagine.

I. 2. 2. Digitalisation des courbes de niveau et des points cotés

Après le géoréférencement, les courbes de niveau et les points cotés doivent être numérisé (fig.

17 et 18) à partir des cartes topographiques à l’échelle de 1/100000. La numérisation a été

effectuée sous ArcGis, Avec une équidistance de 20 m entre les courbes de niveau.

30

Fig. 17 : Courbes de niveau numérisées à partir des cartes topographiques L’analyse de la

Fig. 17 : Courbes de niveau numérisées à partir des cartes topographiques

L’analyse de la carte (fig. 17) montre que plus de la moitié de la superficie est comprise entre

100 et 600 m d’altitude, alors que le reste est partagé entre des altitudes oscillant de 620 à 1380

m.

31

Fig. 18 : Points côtés numérisés à partir des cartes topographiques I. 2. 3. Création

Fig. 18 : Points côtés numérisés à partir des cartes topographiques

I. 2. 3. Création d’un Triangular Irregular Network (TIN)

Le TIN (fig. 19) est obtenue par l’interpolation des points appartenant aux courbes de niveau et des points cotés numérisées. Le résultat se présente sous forme d’une mosaïque triangulaire qui présente une surface à facettes continues permettant d’analyser et d’afficher le terrain (Environmental Systems Research Institue, 2002).

La création d’un TIN, est générée par l’utilisation de l’extension 3D Analyst d’ArcGis. Seule cette extension permet de créer, gérer et analyser les TIN.

32

Fig. 19 : Réseau de triangles irréguliers (TIN) de la zone d’étude I. 2. 4.

Fig. 19 : Réseau de triangles irréguliers (TIN) de la zone d’étude

I. 2. 4. Élaboration du modèle numérique du terrain (MNT)

Le modèle créé (fig. 20) est un fichier altimétrique, constitué par un réseau maillé régulier (format raster), c’est la structure de représentation la plus répandue. Chaque maille étant repérée par des coordonnées métriques de son centre (X, Y) et porte une valeur d’altitude moyenne Z. Plus l'espacement des points est serré, plus la résolution est grande, plus le MNT est fin, précis et riche en détails topographiques (Environmental Systems Research Institue, 2002).

33

Les différentes étapes nécessaires au calcul du MNT conduisent à un certain nombre d’erreurs d’extrapolation qu’il convient de corriger pour pouvoir extraire des informations hydrologiques correctes. Nous avons choisie donc la commande fill sinks d’extension Hydro de l’ArcGis. Cette extension permet de produire un MNT hydrologiquement correct en enlevant les fausses dépressions topographiques (micro cuvettes) et en générant des représentations correctes des talwegs et des crêtes.

des représentations correctes des talwegs et des crêtes. Fig. 20 : MNT de la zone d’étude

Fig. 20 : MNT de la zone d’étude après la correction des dépressions

34

I. 3. Produits générés à partir du MNT

À partir du MNT, plusieurs couches d’information peuvent être extraite. La figure 21 illustre les

plans d’information dérivés du MNT.

MNT

MNT corrigé hydrologiquement
MNT corrigé hydrologiquement
MNT corrigé hydrologiquement

MNT corrigé hydrologiquement

MNT corrigé hydrologiquement
MNT corrigé hydrologiquement
MNT corrigé hydrologiquement
MNT corrigé hydrologiquement
dérivés du MNT. MNT MNT corrigé hydrologiquement Estompage Orientation Pente Direction d’écoulement
dérivés du MNT. MNT MNT corrigé hydrologiquement Estompage Orientation Pente Direction d’écoulement
Estompage
Estompage
Orientation Pente Direction d’écoulement Délimitation des bassins
Orientation
Pente
Direction
d’écoulement
Délimitation
des bassins

Réseau

hydrographique

Fig. 21: Organigramme montrant les étapes de création des plans d’information dérivés

Dans cette étude, nous avons utilisé la carte des pentes parmi les plans d’information dérivés du

MNT dans la modélisation de l’érosion hydrique dans le BVOB.

I. 3. 1. Extraction des pentes

Parmi les plans d’information dérivé du MNT, la pente est certainement le paramètre le plus

important concernant les phénomènes d’érosion, par son action gravitaire et son impact sur les

matériaux détritiques (Dumas, 2004).

La carte des pentes a été obtenue grâce à la fonction Pente de l’extension 3D Analyst d’ArcGis.

Par convention, la pente exprime le taux de variation de l'élévation par rapport à la distance

horizontale. Dans le cas d'un MNT de type raster, cette distance représente la taille du pixel.

35

D’après la carte (fig. 22), les pentes sont plus raides dans la partie SW. Le Nord et l’Est de la zone correspondent principalement à une étendue tabulaire, en générale le bassin versant du Beht peut être considéré comme un bassin à faible pente puisque la plupart des cellule ont une pente de 0 à 22 degrés.

la plupart de s cellule ont une pente de 0 à 22 degrés. Fig. 22 :

Fig. 22 : Carte des pentes de la zone d’étude exprimées en degrés

36

II. Modèle qualitatif de l’érosion hydrique

Le modèle qualitatif de sensibilité à l’érosion hydrique est basé sur des paramètres simples représentant les principaux facteurs de l’érosion : friabilité de roches, le degré des pentes, la densité du couvert végétal et la variation de la pluviométrie en fonction de l’altitude.

Dans ce chapitre, nous avons tout d’abord analysé et cartographié ces facteurs d’érosion, en suite nous avons élaboré une carte du potentiel érosif par la somme d’indices attribués aux couches thématiques en utilisant un système d’information géographique.

II. 1. Carte des précipitations

En raison de l’absence de stations de mesure suffisamment rapprochées pour bien caractériser les variations locales de la pluviométrie, il est possible de créer une carte qui représente, qualitativement, les variations de la pluviométrie en fonction de l’altitude à partir du MNT (Rouzeau et al., 1992). Ce fichier est subdivisé en quatre classes (tab. 3) graduées de 1 à 4 (1 :

Altitude en m Intensité des précipitations Indices Entre 100 et 420 précipitations faibles 1 Entre
Altitude en m
Intensité des précipitations
Indices
Entre 100 et 420
précipitations faibles
1
Entre 440 et 740
précipitations moyennes
2
Entre 760 et 1060
précipitations fortes
3
Entre 1080 et 1398
précipitations très fortes
4

faible intensité de pluie ; 4 : fort intensité de pluie).

Tab. 5 : Classes de l’intensité des précipitations en fonction de l’altitude

L’hypsométrie joue un rôle très important dans l’érosion ; lorsque l’altitude augmente la pluie s’élève d’une façon générale, ce qui donne un écoulement important (Khentouche, 2004).

37

À partir de la carte (fig. 23) on note que des précipitations faibles à moyennes recouvrent plus de

la moitié de la zone, ainsi que le reste du bassin est couvert par des précipitations fortes à très

fortes.

est couvert par des précipitations fortes à très fortes. Fig. 23 : Carte de l’intensité de

Fig. 23 : Carte de l’intensité de précipitations en fonction de l’altitude. (1 : précipitations faibles, 2 : précipitations moyennes, 3 : précipitations fortes, précipitations très fortes)

38

Les précipitations fortes à très fortes représentent 37 %, et les précipitations moyennes et faibles

occupent respectivement 32 % et 30 % du terrain étudie (fig. 24).

Pente en degrés nature Indices Inférieur à 20 Peu pentée 1 Entre 20 et 40
Pente en degrés
nature
Indices
Inférieur à 20
Peu pentée
1
Entre 20 et 40
Moyennement pentée
2
Entre 40 et 50
Pentée
3
Supérieur à 50
Pente élevée
4

Fig. 24 : Proportion de la superficie des différentes classes de l’intensité de précipitations sur la surface totale

II. 2. Carte des pentes

La carte des pentes a été obtenue à partir du MNT. Ainsi chaque pixel de la carte des pentes

correspond à la valeur angulaire entre la pente et l’horizontale. Pour transformer cette carte de

pentes en carte de sensibilité de la pente à l’érosion des sols, on a procédé au découpage en

quatre classes (tab. 6) graduées de 1 à 4 (1 : pente faible; 4 : pente élevée).

Tab. 6 : Classes des pentes et les indices attribués

39

À partir de la carte (fig. 25), on remarque que la quasi-totalité du bassin versant présente des

pentes faibles qui ne dépassent pas 20°. Les pentes moyennes représente 20 % du bassin et se

localisent dans la partie SW. On note également la présence négligeable du terrain représentant

des pentes escarpées.

négligeable du terrain représentant des pentes escarpées. Fig. 25 : Carte des pentes du BV regroupée

Fig. 25 : Carte des pentes du BV regroupée en quatre classes. (1 : peu pentée, 2 : moyennement pentée, 3 : pentée, 4 : pente élevée)

40

À partir de la figure 26, on observe que 80% de la superficie du bassin présente des pentes faibles

et les pentes moyennes recouvrent environ 20 %. Alors que les pentes élevée à très élevée présentent des proportions négligeables.

Fig. 26 : Classes des pentes en pourcentage Lithologie Degré de friabilité Indices Roches magmatiques,
Fig. 26 : Classes des pentes en pourcentage
Lithologie
Degré de friabilité
Indices
Roches magmatiques, quartzites
Roches dures
1
Conglomérats, calcaires compacts, calcaires
lacustres, mollasses
Roches moyennement dures
2
Schistes, marnes, formation gypseux salifères,
Roches friables
3
travertins
Limons, formation sableux, terrasses
Roches très friables
4

II. 3. Carte géologique

À

basée sur la subdivision des formations qui le composent selon leur degré de friabilité en quatre classes (1 : roches dures ; 4 : roches très friables).

partir de la carte géologique numérisée (fig. 9), nous avons produit une carte de friabilité,

Tab. 7 : Classes de la friabilité de roches et les indices attribués

41

Comme les autres plans d’entrée de la modélisation sont au format raster, nous avons procédé à la rasterisation de la carte de friabilitée avec la même taille du pixel (30 m).

La zone d’étude s’étend sur des terrains variées allant des roches très résistantes comme les roches magmatiques et les quartzites jusqu’aux terrains très friables comme les limons et les formation sableuses. En général, la carte (fig. 27) montre bien la dominance des roches friables dans la quasi-totalité du bassin avec une concentration des roches moyennement friables et très friables dans la partie Est et NW.

friables et très friables dans la partie Est et NW. Fig. 27 : Carte de friabilité

Fig. 27 : Carte de friabilité de roches regroupée en quatre classes. (1 : roches dures, 2 : roches moyennement dures, 3 : roches friables, 4 : roches très friables)

42

Les formations à matériaux résistant représentent seulement 3 % et les formations à matériaux moyennement dures représentent 12 %. Alors que les matériaux friables et très friables occupent respectivement 70 % et 13 % du terrain étudie (fig. 28).

respectivement 70 % et 13 % du terrain étudie (fig. 28). Fig. 28 : Proportion de

Fig. 28 : Proportion de la superficie des différentes classes de friabilité sur la surface totale

II. 4. Carte d’occupation des sols

L’occupation du sol désigne les aspects biophysiques de la surface terrestre. Les objets de la surface se distinguent sur les images satellites par leur texture, leur forme et par leur signature spectrale.

La carte d’occupation des sols de la région d’étude a été crée à partir de classification de l’image satellite Landsat. Il s’agit d’une classification dirigée (supervisée) de l’image par la méthode du maximum de vraisemblance.

Dans l’absence d’une vérité de terrain, la définition des signatures spectrales et la nomenclature des classes retenues pour l’occupation du sol ont été basé essentiellement sur la photo- interprétation. Ce traitement est réalisé via Erdas Imagine.

43

Le schéma suivant (fig. 29) présente les principales étapes sur la classification d’images

satellitales.

Image

étapes sur la classification d’images satellitales. Image Numérisation des parcelles d’entraînement Définition

Numérisation des parcelles d’entraînement

Définition des signatures spectrales

Classification Carte d’occupation des sols
Classification
Carte d’occupation des sols

Fig. 29 : Étapes de la classification d’une image satellite

La nomenclature adoptée a été choisie suivant le comportement des différentes classes vis-à-vis

de l’érosion.

Le tableau suivant montre les différentes classes d’occupation des sols ainsi que les indices

attribués.

Occupation du sol

Indices

Eau + Forêts + Bâtiments

1

Cultures agricoles

2

Affleurement rocheux

3

Sols nus

4

Tab. 8 : Classes d’occupation des sols et les indices attribués

44

D’une manière générale, le couvert végétal protége la surface du sol contre l’impact de l’eau de pluie, réduit la vitesse de ruissellement et maintient une bonne porosité à la surface grâce aux racines en décomposition (Abaoui et al., 2004). Le facteur cultural tient en compte le fait que la pluie agit proportionnellement plus sur un sol nu que sur un sol couvert (Benmoussa et al., 1993).

À partir de la carte d’occupation des sols (fig. 30) et des résultats statistiques (tab. 9 et fig. 31), nous constatons que les sols nus et les affleurements rocheux présentent respectivement 31 % et 19 % de la surface de la zone. Les cultures occupent 30 % alors que la forêt ne constitue que 17 %. Ces dernières sont concentrés dans la partie Est et SW du bassin versant.

%. Ces dernières sont concentrés dans la partie Est et SW du bassin versant. Fig. 30

Fig. 30 : Carte d’occupation des sols

45

Statistiques de l’image

Classes

Superficie (ha)

Eau

412,2

Cultures

83072,79

Forêts

47000,34

Sols nus

86096,43

Affleurements rocheux

53059,14

Tab. 9 : Statistiques de la carte d’occupation des sols
Tab. 9 : Statistiques de la carte d’occupation des sols

Fig. 31 : Proportion de la superficie des différentes classes d’occupation des sols sur la surface totale

46

Comme le montre la figure 32, la zone d’étude est caractérisée par la prépondérance des sols nus

et des affleurements rocheux qui seront par conséquent les plus exposés à l’érosion hydrique.

par conséquent les plus exposés à l’érosion hydrique. Fig. 32 : Carte d’occupation des so ls

Fig. 32 : Carte d’occupation des sols regroupée en quatre classes. (1 : eau + forêts + bâtiments, 2 : cultures agricoles, 3 : affleurement rocheux, 4 : sols nus)

47

II. 5. Carte du risque d’érosion

Après avoir élaborer tous les plans d’information nécessaires pour le calcul des classes du potentiel érosif, nous avons procédé par la suite à un croisement par sommation de tous ces plans sous ArcGis à l’aide de la fonction Raster Calculator. En effet, la superposition se base sur des grilles d’information avec une même taille de cellule (30 m), chaque cellule contient une valeur de 1 à 4. Le résultat de la superposition est sous forme de 12 classes significatives (fig. 33) allant de la classe 5 (faible risque à l’érosion) à la classe 16 (fort risque à l’érosion).

à l’érosion) à la classe 16 (fort risque à l’érosion). Fig. 33 : Carte du risque

Fig. 33 : Carte du risque d’érosion hydrique

48

Par la suite, et pour faciliter l’interprétation des résultats, nous avons regroupées les 12 classes suscitées du risque à l’érosion en quatre classes, pour aboutir à la carte finale du risque d’érosion (fig. 34).

Le résultat obtenu est présenté sur la figure 34 ci-dessous. Cette carte permet d’avoir une vue d’ensemble sur la vulnérabilité à l’érosion des terrains et la localisation des zones les plus sensible à l’érosion.

localisa tion des zones les plus sensible à l’érosion. Fig. 34 : Carte finale du risque

Fig. 34 : Carte finale du risque d’érosion hydrique regroupée en quatre classes. (1 : risque faible, 2 : risque moyen, 3 : risque fort, 4 : risque très fort)

49

Fig. 35 : Proportion de la superfic ie des différents indices de ris que de

Fig. 35 : Proportion de la superficie des différents indices de risque de l'érosion hydrique sur la surface totale

de ris que de l'érosion hydrique sur la surface totale À partir de la carte finale

À partir de la carte finale du risque à l’érosion (fig. 34) et à partir des résultats de statistiques (fig. 35), nous constatons que la zone d’étude présente en générale une importante vulnérabilité à l’érosion.

La partie amont (SE) du bassin apparaît comme la plus sensible (risque très fort) à une érosion hydrique due principalement à la dominance des formations schisteuses à caractère friable et à l’absence relative du couvert végétal.

Le bassin versant se caractérise également par une très grande superficie à vulnérabilité fort (couleur bleu), étalée sur la quasi-totalité de la zone. Ce phénomène peut être expliquée, par endroit, par la prépondérance d’un facteur sur les autres. Par exemple l’intervention de l’érodabilité du sol dans la partie centrale du BV peut être à l’origine d’éventuelles tendances érosives.

En plus, on note l’affaiblissement de cette vulnérabilité (risque moyen) dans la zone centrale par la présence des forêts jouant le rôle protecteur contre l’agressivité de pluie lors des ruissellements.

On remarque également que la vulnérabilité diminue (risque faible) vers les parties N, NE et NW par la prépondérance des faibles pentes ainsi que des faibles précipitations.

50

CONCLUSION GÉNÉRALE

Le présent travail a visé l’étude de l’intensité de l’érosion hydrique et sa répartition spatiale dans le bassin versant d’Oued Beht en amont du barrage El Kansera.

Dans cet objectif, nous avons tout d’abord élaborer toutes les couches d’information (lithologie, pente, occupation des sols et pluviométrie) nécessaires pour établir la carte du risque d’érosion, par la suite nous avons procédé à une intégration par sommation de tous ces couches dans un système d’information géographique. L’utilisation de la méthode de la somme d’indices a permis de visualiser les différentes zones graduées en potentiel érosif : faible, moyen, fort et très fort. Ces derniers nous ont montrés les zones où il y a une intensification de l’érosion et par conséquent les endroits qui peuvent libérer facilement les sédiments qui sont par la suite la cause de l’envasement du barrage à l’aval. Le barrage El Kansera est considéré parmi les 22 barrages menacés par le colmatage, il s’envase à un rythme de 1,40 Mm 3 /an, ce qui nécessite un aménagement anti-érosif du bassin versant d‘Oued Beht.

aménagement anti-érosif du bassin versant d‘Oued Beht. À partir des résultats obtenus, nous constatons qu e

À partir des résultats obtenus, nous constatons que la partie SE du bassin versant apparaît comme la plus sensible (risque très fort) à l’érosion hydrique. Le reste du bassin se caractérise par une très grande superficie à vulnérabilité érosive forte à moyenne. On remarque également que le risque devient faible vers les parties N, NE et NW.

Grâce aux méthodes modernes fournies par l’informatique à l’interprétation des images satellitaires et les techniques des SIG, on découvre progressivement l’intérêt offert par la cartographie pour caractériser le degré d’évolution des paysages. Ainsi, il a été possible au cours des études effectuées d’élaborer des cartes des manifestations actuelles et ponctuelles de l’érosion (zones à risque), qui peuvent servir l’outil d’aide à la décision dans le cadre d’une politique d’aménagement des bassins versants visant à réduire le phénomène d’érosion.

L’approche qualitative de la modélisation de l’érosion hydrique, permis d’identifier les zones les plus sensibles à l’érosion hydrique afin d’avoir une idée claire sur la gestion du bassin versant d’Oued Beht et par conséquent de proposer quelques recommandations dans le cadre de la protection du barrage contre l’envasement.

51

Les actions de lutte contre l’érosion préconisées sont généralement :

cultiver dans le sens contraire de la pente : l'eau se mettra alors moins rapidement en mouvement et se verra contraint de se créer un chemin, demandant beaucoup plus de temps et d'énergie ;

des reboisements de protections ;

culture en bandes alternantes suivant les courbes de niveau.

Ces actions sont renforcées généralement par des techniques et des ouvrages anti-érosifs tels que :

les terrasses : construites le long d'une pente et servant à briser les pentes longues ;

d'une pent e et servant à briser les pentes longues ; bassin de retenue de l'eau

bassin de retenue de l'eau et des sédiments : fonctionne comme un petit barrage ;

structures de consolidation des berges.

Les perspectives du travail :

Les résultats obtenus au cours de ce mémoire représentent une initiative à traiter la problématique de l’érosion hydrique de la région sous un nouvel angle d’étude et de recherche. Le perfectionnement et la poursuite des travaux commencés dans cette étude seront pour les années à venir, dans un cadre plus spécialisé, une recherche sur le terrain pour valider les résultats obtenus et proposer des solutions favorables du terme technique et économique.

52

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57

LISTE DES FIGURES

Fig. 1: Processus de l’érosion

5

Fig.

2:

Érosion

en

nappe

5

Fig. 3: Érosion en rigole

6

Fig.

4:

Érosion

en

ravines

7

Fig. 5: Processus de télédétection Processus de télédétection (Canada Center for Remonte Sensing, 1997)

10

Fig. 6: Les principales Composantes d’un SIG (Serre, 2005)

13

Fig. 7: Localisation de la zone d’étude au Maroc

16

Fig. 8: Précipitations annuelles enregistrées au niveau de la station d’Oueljat Sultane (Agence Hydraulique du Bassin du Sebou, 2003/2004, modifiée)

17

Fig. 9: Carte géologique de la zone d’étude numérisée

20

Fig. 10: Situation des nappes phréatiques de la zone d’étude (Agence du Bassin Hydraulique de Sebou-Fès, 2006,

modifiée)

21

Fig. 11: Photo du barrage El Kansera

22

Fig. 12: Apport d’eau (Mm3) au barrage El Kansera enregistrées au niveau de la station d’Oueljat Sultane (Agence

Hydraulique du Bassin du Sebou, 2003/2004, modifiée) Fig. 13: Cartes topographiques utilisées Fig. 14: L’image satellite Landsat utilisée (CRTS) Fig. 15: Méthodologie suivie pour aboutir à la carte d’érosion des sols Fig. 16: Étapes suivies pour l’élaboration d’un MNT Fig. 17: Courbes de niveau numérisées à partir des cartes topographiques Fig. 18: Points côtés numérisés à partir des cartes topographiques Fig. 19: Réseau de triangles irréguliers (TIN) de la zone d’étude Fig. 20: MNT de la zone d’étude après la correction des dépressions Fig. 21: Organigramme montrant les étapes de création des plans d’information dérivés Fig. 22: Carte des pentes de la zone d’étude exprimées en degrés

23

25

26

28

30

31

32

33

34

35

36

exprimées en degrés 23 25 26 28 30 31 32 33 34 35 36 Fig. 23:

Fig. 23: Carte de l’intensité de précipitations en fonction de l’altitude. (1 : précipitations faibles, 2 : précipitations

38

39

40

41

moyennes, 3 : précipitations fortes, précipitations très fortes) Fig. 24: Proportion de la superficie des différentes classes de l’intensité de précipitations sur la surface totale

Fig. 25: Carte des pentes du BV regroupée en quatre classes. (1 : peu pentée, 2 : moyennement pentée, 3 : pentée, 4 :

pente élevée) Fig. 26: Classes des pentes en pourcentage

Fig. 27: Carte de friabilité de roches regroupée en quatre classes. (1 : roches dures, 2 : roches moyennement dures,

42

43

44

45

46

47

48

3 : roches friables, 4 : roches très friables) Fig. 28: proportion de la superficie des différentes classes de friabilité sur la surface totale Fig. 29: Étapes de la classification d’une image satellite Fig. 30: Carte d’occupation des sols Fig. 31: Proportion de la superficie des différentes classes d’occupation des sols sur la surface totale Fig. 32: Carte d’occupation des sols regroupée en quatre classes. (1 : Eau + Forêts + Bâtiments, 2 : Cultures agricoles, 3 : Affleurement rocheux, 4 : Sols nus) Fig. 33: Carte du risque d’érosion hydrique

Fig. 34: Carte finale du risque d’érosion hydrique regroupée en quatre classes. (1 : risque faible, 2 : risque moyen, 3 :

risque fort, 4 : risque très fort) Fig. 35: Proportion de la superficie des différents indices de risque de l'érosion hydrique sur la surface totale

49

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LISTE DES TABLEAUX

Tab. 1: Principales caractéristiques du satellite Landsat Tab. 2: Les applications des bandes de Landsat (Girard et Girard, 1999) Tab. 3: Données et caractéristiques du barrage El Kansera Tab. 4: Débit maximum de crues (m3/s) de l’année 2003/2004 (Agence Hydraulique du Bassin du Sebou, 2003/2004, modifiée) Tab. 5: Classes de l’intensité des précipitations en fonction de l’altitude Tab. 6: Classes des pentes et les indices attribués Tab. 7: Classes de la friabilité de roches et les indices attribués Tab. 8: Classes d’occupation des sols et les indices attribués Tab. 9: Statistiques de la carte d’occupation des sols

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