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CONVENTION DE KYOTO

DIRECTIVES RELATIVES A L'ANNEXE SPECIFIQUE J

Chapitre 4

PRODUITS D'AVITAILLEMENT

RELATIVES A L'ANNEXE SPECIFIQUE J Chapitre 4 PRODUITS D'AVITAILLEMENT ORGANISATION MONDIALE DES DOUANES

ORGANISATION MONDIALE DES DOUANES

Convention de Kyoto – Annexe spécifique J – Chapitre 4 Directives relatives aux produits d'avitaillement

Table des matières

1. Introduction

3

2. Définitions

3

3. Principes

4

4. Produits d'avitaillement se trouvant à bord des navires, des aéronefs ou des trains

5

4.1. Franchise des droits et taxes à l'importation

5

4.2. Document

7

4.2.1. Produits d'avitaillement se trouvant à bord des navires

7

4.2.2. Produits d'avitaillement se trouvant à bord des aéronefs

8

4.3. Livraison des produits d'avitaillement à consommer

8

4.3.1. Livraison des produits d'avitaillement se trouvant à bord des navires

8

4.3.2. Livraison de produits d'avitaillement se trouvant à bord des aéronefs

9

4.4. Contrôle douanier

9

5. Approvisionnement en produits d'avitaillement en franchise de droits et taxes

10

6. Départ

12

7. Autres destinations pouvant être données aux produits d'avitaillement

12

Convention de Kyoto – Annexe spécifique J – Chapitre 4 Directives relatives aux produits d'avitaillement

1. Introduction

La plupart des territoires douaniers prévoient la franchise des droits et taxes à l'importation en ce qui concerne les produits d'avitaillement transportés à bord des navires, des aéronefs et des trains qui arrivent sur le territoire douanier, et qui sont destinés à répondre aux besoins des voyageurs et des membres d'équipage, ainsi que du moyen de transport. La franchise est accordée car, en règle générale, ces produits demeurent à bord et peuvent être considérés comme importés temporairement en accomplissant un minimum de formalités douanières. Toutefois, pour des raisons évidentes, certains produits d'avitaillement peuvent être utilisés ou consommés pendant que le moyen de transport séjourne sur le territoire douanier.

De même, les produits d'avitaillement destinés aux navires et aux aéronefs qui partent pour une destination finale se trouvant à l'étranger sont généralement approvisionnés en franchise de tous les droits et de toutes les taxes éventuellement exigibles. Cette facilité est accordée car ces produits sont considérés comme exportés et bénéficient donc des mêmes avantages que les marchandises exportées directement.

L'ampleur des contrôles exercés par la douane à l'égard des produits d'avitaillement est d'ordinaire adaptée aux impératifs propres à chaque moyen de transport et dans certains cas à la situation fiscale des produits d'avitaillement. Les mesures généralement prises comprennent une surveillance générale, un contrôle des documents et la mise sous scellements douaniers de certains produits d'avitaillement.

Le Chapitre 4 de l'Annexe spécifique J couvre les produits d'avitaillement destinés aux navires, aux aéronefs et aux trains, qui sont utilisés, ou destinés à être utilisés, en trafic international pour le transport des personnes à titre onéreux, ou pour le transport industriel ou commercial des marchandises, à titre onéreux ou non. Il ne couvre pas les produits d'avitaillement destinés aux moyens de transport à usage privé, militaire ou gouvernemental qui ne se livrent pas à une activité commerciale. Il ne couvre pas non plus les moyens de transport à usage commercial utilisés pour le transport de marchandises par cabotage.

2. Définitions

F1/E2

"formalités douanières applicables aux produits d'avitaillement" :

l'ensemble des opérations à effectuer par la personne intéressée et par la douane à l'égard desdits produits;

F2/E4

"produits d'avitaillement" :

- les produits d'avitaillement à consommer et

- les produits d'avitaillement à emporter

F3/E5

"produits d'avitaillement à consommer" :

- les marchandises destinées à être consommées par les passagers et les membres d'équipage à bord des navires, des aéronefs ou des trains, qu'elles soient vendues ou non et

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- les marchandises nécessaires au fonctionnement et à l'entretien des navires, des aéronefs ou des trains, y compris les combustibles, les carburants et les lubrifiants, mais à l'exclusion des pièces de rechange et de l'équipement

qui se trouvent déjà à bord à l'arrivée, ou sont embarquées pendant le séjour dans le territoire douanier, des navires, des aéronefs ou des trains utilisés ou destinés à être utilisés en trafic international pour le transport des personnes à titre onéreux ou pour le transport industriel ou commercial des marchandises, à titre onéreux ou non.

F4/E6

"produits d'avitaillement à emporter" : les marchandises destinées à être vendues aux passagers et aux membres de l'équipage des navires et des aéronefs en vue d'être débarquées, et qui se trouvent déjà à bord à l'arrivée, ou sont embarquées pendant le séjour dans le territoire douanier, des navires ou des aéronefs utilisés ou destinés à être utilisés en trafic international pour le transport des personnes à titre onéreux ou pour le transport industriel ou commercial des marchandises, à titre onéreux ou non.

F5/E3

"traitement douanier des produits d'avitaillement" : l'ensemble des facilités à accorder et des facilités douanières applicables auxdits produits

F6/E1

"transporteur" : la personne qui transporte effectivement les marchandises ou qui a le commandement ou la responsabilité du moyen de transport

Toutes les définitions des termes nécessaires pour interpréter les dispositions de plusieurs des annexes à la Convention figurent dans l'Annexe générale. Les définitions des termes applicables uniquement à une pratique ou un régime particulier figurent dans l'Annexe spécifique ou le Chapitre correspondant.

3.

Principes

Norme 1

Le traitement douanier des produits d'avitaillement est régi par les dispositions du présent Chapitre et, dans la mesure où elles s'appliquent par les dispositions de l'Annexe générale.

La Convention de Kyoto révisée comporte un jeu de dispositions fondamentales revêtant un caractère obligatoire qui figurent dans l'Annexe générale. Cette Annexe tient compte des principales règles jugées indispensables pour harmoniser et simplifier l'ensemble des régimes et des pratiques que la douane applique dans l'exercice de ses activités quotidiennes.

Etant donné que les dispositions de base de l'Annexe générale s'appliquent à toutes les Annexes spécifiques et à l'ensemble des Chapitres, elles doivent être appliquées lorsqu'il y a lieu s'agissant des infractions douanières. Lorsque, dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions du présent Chapitre, une disposition spécifique n'est pas d'application, il convient de ne jamais perdre de vue les principes généraux de facilitation énoncés dans l'Annexe générale. Les dispositions du Chapitre 1 de l'Annexe générale relatif aux principes généraux, du Chapitre 3 relatif aux formalités de dédouanement et autres formalités douanières du Chapitre 8 relatif aux relations entre la douane et les tiers et du Chapitre 9 relatif aux renseignements et décisions communiqués par la douane sont notamment à lire conjointement aux dispositions du présent Chapitre relatif aux infractions douanières.

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Les Parties contractantes devraient prendre particulièrement acte de la norme 1.2 de l’Annexe générale et s’assurer que leur législation nationale définit les conditions à remplir et les formalités à accomplir concernant les produits d’avitaillement.

Conformément à l'Article 2 de la Convention, il est recommandé aux Parties contractantes d'accorder des facilités plus grandes que celles prévues dans le présent Chapitre.

Pratique recommandée 2

Le traitement douanier des produits d'avitaillement devrait être applicable dans les mêmes conditions, indépendamment du pays d'immatriculation ou de la nationalité du navire, de l'aéronef ou du train en cause.

La pratique recommandée 2 vise à garantir que les produits d'avitaillement soient traités de la même manière, quel que soit le territoire douanier d'immatriculation ou la nationalité du moyen de transport. Toutefois, l'ampleur des contrôles exercés par la douane peut varier en fonction de chaque cas d'espèce. Ainsi, des vérifications plus rigoureuses peuvent être opérées dans les moyens de transport qui sont plus vraisemblablement utilisés à des fins de contrebande, compte tenu de la liaison qu'ils assurent. Lorsqu'elle exerce des contrôles, la douane doit appliquer la technique de la gestion des risques dont il est question en détail au Chapitre 6 de l'Annexe générale et de ses Directives.

4. Produits d'avitaillement se trouvant à bord des navires, des aéronefs ou des trains

4.1. Franchise des droits et taxes à l'importation

Norme 3

Les produits d'avitaillement qui se trouvent à bord d'un navire ou d'un aéronef arrivant dans le territoire douanier sont admis en franchise des droits et taxes à l'importation, à condition qu'ils demeurent à bord.

La norme 3 couvre les produits d'avitaillement destinés à être consommés par les voyageurs et les membres d'équipage à bord des navires ou des aéronefs, ou à être vendus à ces personnes, ainsi que les produits nécessaires au fonctionnement et à l'entretien des navires ou des aéronefs. La présente norme a trait uniquement aux produits d'avitaillement se trouvant à bord de deux des types de moyens de transport couverts par la définition et exclut ceux qui se trouvent à bord des trains. En effet, le séjour des navires et des aéronefs sur le territoire douanier est généralement le plus bref possible et ces moyens de transport se trouvent dans un port ou un aéroport qui est un milieu placé sous la surveillance de la douane. Les produits d'avitaillement à bord des trains sont couverts par la pratique recommandée 4.

Les produits d'avitaillement qui sont vendus ou donnés à titre gracieux aux voyageurs ou aux membres d'équipage peuvent être frappés de droits et taxes lorsqu'ils quittent le navire ou l'aéronef.

Pratique recommandée 4

La franchise des droits et taxes à l'importation devrait être accordée pour les produits d'avitaillement à consommer par les passagers et l'équipage, importés comme provision de route pour les trains express internationaux, à condition :

a) que ces marchandises soient achetées exclusivement dans des pays traversés par le train international en question et

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b) que ces marchandises aient été soumises, dans le pays d'achat, aux droits et taxes dont elles pourraient être passibles.

La plupart des trains express internationaux prévoient, généralement à titre de service supplémentaire pour leurs voyageurs et leur personnel, des produits alimentaires, des boissons non alcoolisées, de la bière et du vin. La pratique recommandée 4 prévoit que ces marchandises peuvent être importées en franchise des droits et taxes si elles remplissent deux conditions. Elles doivent avoir été achetées dans les territoires douaniers traversés par le train international en question et les droits et taxes éventuellement exigibles dans le territoire douanier d'achat doivent avoir été acquittés.

Les produits d'avitaillement qui se trouvent à bord des trains internationaux bénéficient de la franchise parce que les droits et taxes dont ils sont passibles ont été acquittés dans le territoire douanier d'achat. Par conséquent, il est possible que l'exploitant de la ligne de chemin de fer ne bénéficie pas de la franchise intégrale des droits et taxes pour ces produits, mais des facilités lui sont accordées dans les autres territoires douaniers que lesdits produits traversent.

La douane n'exerce généralement pas de contrôles à l'égard de ces produits d'avitaillement destinés à être consommés. Toutefois, certaines administrations exercent un contrôle douanier normal à l'égard des boissons alcoolisées et des tabacs qui se trouvent à bord des trains.

Norme 5

La franchise des droits et taxes à l'importation est accordée pour les produits d'avitaillement à consommer nécessaires au fonctionnement et à l'entretien des navires, des aéronefs et des trains, et qui se trouvent déjà à bord de ces moyens de transport à l'arrivée dans le territoire douanier, à condition qu'ils soient maintenus à bord tant que ces moyens de transport demeurent sur le territoire douanier.

La norme 5 prévoit la franchise des droits et taxes pour les produits tels que combustibles et lubrifiants destinés au fonctionnement et à l'entretien des navires, des aéronefs et des trains. En général le carburant et les lubrifiants sont des produits qui sont destinés au fonctionnement du moyen de transport. Les autres produits considérés d'ordinaire comme des produits d'avitaillement à consommer nécessaires au fonctionnement et à l'entretien des navires sont les suivants :

produits pour chaudières, préparations pour le traitement du carburant et cartouches de filtres;

produits et matériel destinés au nettoyage

peintures, vernis, solvants, inhibiteurs de corrosion et de rouille

gaz utilisé pour le soudage

produits destinés à la conservation, au traitement ou à la préparation des marchandises transportées à bord

Le Chapitre 3 de l'Annexe spécifique J relatif aux moyens de transport à usage commercial porte sur le traitement douanier des pièces détachées et du matériel normal lors de l'arrivée sur le territoire douanier, ainsi que sur les pièces détachées et le matériel importé séparément.

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4.2.

Document

4.2.1.

Produits d'avitaillement se trouvant à bord des navires

Norme 6

Lorsque la douane exige une déclaration pour les produits d'avitaillement qui se trouvent à bord des navires arrivant dans le territoire douanier, les renseignements exigés sont limités au minimum nécessaire au contrôle de la douane.

La norme 6 porte uniquement sur les produits d'avitaillement se trouvant à bord des navires. La raison en est que, par rapport aux autres moyens de transport, le séjour de ces derniers dans les ports est plus long et qu'ils sont utilisés pour le transport des passagers ainsi que pour les croisières. Par conséquent, aux fins du contrôle, la douane peut exiger qu'une déclaration concernant les produits d'avitaillement soit établie. Toutefois, la norme 6 limite au minimum les renseignements à soumettre.

En général, seuls les produits qui sont frappés de droits à l'importation élevés, comme le tabac, la bière, les boissons spiritueuses et le vin, ainsi que les marchandises faisant l'objet de restrictions ou de prohibitions à l'importation comme les stupéfiants à usage médical ou les armes à feu, doivent figurer en détail sur cette déclaration. Par conséquent, la présente norme ne doit pas être interprétée comme justifiant l'obligation d'établir une déclaration énumérant en détail tout ce qui se trouve à bord d'un navire. Il est rappelé toutefois que l'octroi de facilités et l'exercice de contrôles adaptés à la situation doivent l'emporter sur toute autre considération.

Lorsqu'une déclaration est exigée, de nombreuses administrations utilisent celle prévue par la Convention FAL de l'Organisation maritime internationale (OMI).

Toutefois, il est fait observer qu'un grand nombre d'administrations renoncent à exiger une déclaration écrite s'agissant de tous les types de produits d'avitaillement.

Pratique recommandée 7

Les quantités de produits d'avitaillement prélevées avec l'autorisation de la douane sur les stocks existant à bord devraient être indiquées sur la déclaration relative aux produits d'avitaillement présentés à la douane lors de l'arrivée du navire dans le territoire douanier, et la douane ne devrait pas exiger le dépôt d'une formule distincte à leur égard.

La pratique recommandée 7 vise à réduire au minimum les exigences en matière de documents et à faciliter le prélèvement de produits d'avitaillement en utilisant uniquement la déclaration établie au moment de l'arrivée du navire pour enregistrer les quantités prélevées.

Pour faciliter la comptabilisation des produits d'avitaillement, certaines administrations des douanes sont convenues d'utiliser un document distinct sur lequel la douane enregistre toute modification de la quantité de produits d'avitaillement sur lesquels des scellements douaniers ont été placés. Ce document est établi par la douane dans le premier port d'escale, compte tenu de la déclaration relative aux produits d'avitaillement se trouvant à bord du navire. Le capitaine de ce dernier présente ce document à la douane dans les différents ports du territoire douanier où le navire fait ensuite escale .

Pratique recommandée 8

Les quantités de produits d'avitaillement qui sont fournies aux navires pendant leur séjour dans le territoire douanier devraient être indiquées sur la déclaration concernant les produits d'avitaillement qui a éventuellement été exigée par la douane.

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Lorsque des produits d'avitaillement sont fournis à un navire au cours de son séjour sur le territoire douanier, ces produits doivent être mentionnés dans la déclaration soumise au moment de l'arrivée. Aucun document distinct ne devrait être exigé, ce qui réduit au minimum le nombre de formules à fournir par l'exploitant du navire.

Comme le prévoit la norme 6, un certain nombre d'administrations ont renoncé à exiger cette déclaration écrite. De même, lorsqu'une déclaration est jugée nécessaire, seuls les produits d'avitaillement qui sont passibles de droits et taxes à l'importation élevés et/ou qui font l'objet de restrictions ou de prohibitions (stupéfiants à usage médical, tabac, bières, boissons spiritueuses et vin) doivent être mentionnés de manière détaillée.

4.2.2. Produits d'avitaillement se trouvant à bord des aéronefs

Norme 9

La douane n'exige pas de déclaration distincte pour les produits d'avitaillement qui restent à bord d'un aéronef.

Etant donné que le séjour des aéronefs dans les aéroports est généralement le plus bref possible, de plus larges facilités doivent être accordées en l'occurrence et les produits d'avitaillement doivent faire l'objet de contrôles moins stricts. La douane doit accepter une déclaration verbale s'agissant des quantités de produits de cette nature se trouvant à bord d'un aéronef à l'arrivée ou utiliser les documents internes de la compagnie aérienne.

La norme 9 prévoit donc que la douane ne doit pas exiger de déclaration distincte. Il est fait observer que l'Annexe 9 de la Convention relative à l'aviation civile internationale (Chicago 1944) contient une disposition correspondante dans le Chapitre 2 à la rubrique "description, objet et emploi des documents".

4.3.

Livraison des produits d'avitaillement à consommer

4.3.1.

Livraison des produits d'avitaillement se trouvant à bord des navires

Norme 10

La douane autorise la livraison des produits d'avitaillement à consommer qui se trouvent à bord du navire pendant le séjour de celui-ci dans le territoire douanier, jusqu'à concurrence des quantités qu'elle juge raisonnables, compte tenu du nombre de passagers et de membres d'équipage, ainsi que de la durée du séjour du navire dans le territoire douanier.

En général, les navires tendent à séjourner plus longtemps sur le territoire douanier que les aéronefs, car il faut un certain temps pour accoster, ainsi que pour charger et décharger les marchandises, et se ravitailler en carburant. Par conséquent, il importe que les passagers et les membres d'équipage disposent de suffisamment de produits d'avitaillement pendant ce séjour. La norme 10 fait obligation à la douane de livrer ces produits en quantités raisonnables et en tenant dûment compte des circonstances.

Dans la plupart des administrations, cette facilité est accordée sous réserve de ne pas embarquer des passagers ou charger des marchandises lors d'une escale sur le territoire douanier pour les débarquer ou les décharger dans un autre port de ce territoire. En effet, une telle opération rendrait les contrôles de la douane difficiles à exercer.

Dans certaines administrations, certaines quantités de boissons alcooliques et de tabac peuvent être livrées pour la consommation des voyageurs et des membres d'équipage se trouvant à bord pendant le séjour d'un navire sur le territoire douanier. Les tolérances journalières par personne peuvent être par exemple les suivantes :

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¼ de litre de boisson spiritueuse, ¾ de litre de vin et 1 litre de bière et

40 g de tabac ou l'équivalent en cigares et cigarettes.

Pour plus de facilité, la quantité totale de ces produits peut être livrée en une seule fois. A des fins de contrôle, ces quantités peuvent être limitées.

La douane doit également prévoir une livraison supplémentaire de produits d'avitaillement lorsque le départ du navire est retardé.

La douane autorise généralement la livraison d'une quantité supplémentaire de produits d'avitaillement à consommer afin qu'ils soient servis lors de réceptions organisées à bord, éventuellement avec paiement des droits et taxes lorsque des personnes autres que les passagers et les membres d'équipage y participent.

Pratique recommandée 11

La douane devrait autoriser la livraison aux membres de l'équipage des produits d'avitaillement à consommer qui se trouvent à bord d'un navire, lorsque celui-ci subit des réparations en cale sèche ou dans un chantier naval, à condition que la durée du séjour en cale sèche ou dans le chantier naval soit considérée comme raisonnable.

Lorsqu'un navire doit subir des réparations en cale sèche ou dans un chantier naval, les membres d'équipage ne sont pas censés demeurer à bord, sauf si ces réparations sont de courte durée. Comme il est raisonnable d'autoriser les membres d'équipage à disposer des mêmes quantités de produits d'avitaillement à consommer que celles qui leur seraient remises s'ils restaient à bord, la pratique recommandée 11 prévoit que la douane autorise en l'occurrence la livraison de ces produits.

4.3.2. Livraison de produits d'avitaillement se trouvant à bord des aéronefs

Pratique recommandée 12

Lorsqu'un aéronef doit faire escale dans un ou plusieurs aéroports situés dans le territoire douanier, la douane devrait autoriser la livraison des produits d'avitaillement à consommer qui se trouvent à bord de l'aéronef pendant le séjour de celui-ci dans ces aéroports intermédiaires et pendant le vol entre ces aéroports.

Compte tenu de l'augmentation du nombre de voyageurs en trafic aérien, un aéronef venant de l'étranger atterrit souvent dans un ou plusieurs aéroports situés sur le territoire douanier. La pratique recommandée 12 invite donc la douane à autoriser la consommation de produits d'avitaillement à bord, lors du séjour de l'aéronef et au cours de ses vols entre les aéroports situés sur le territoire douanier.

A ce sujet, l'Annexe 9 de la Convention relative à l'aviation civile internationale (Chicago 1944) contient une disposition correspondante dans le Chapitre 4 sous le titre "vente et consommation des provisions de commissariat à bord des aéronefs".

4.4. Contrôle douanier

Norme 13

La douane exige que le transporteur prenne toutes les mesures nécessaires afin de prévenir toute utilisation irrégulière des produits d'avitaillement, y compris la mise sous scellé de ces produits, le cas échéant.

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Conformément à la norme 13, le transporteur est chargé de prévenir toute utilisation irrégulière des produits d'avitaillement. Ainsi, il peut notamment inviter la douane à apposer des scellements sur ces produits.

Bien que le transporteur ait une responsabilité en la matière, la présente norme n'empêche pas la douane d'exercer tous les contrôles voulus pour protéger les intérêts du Trésor, lorsqu'elle le juge nécessaire. Il peut s'agir en l'occurrence d'établir périodiquement un inventaire des produits d'avitaillement se trouvant à bord ou d'y apposer des scellements douaniers après avoir autorisé la livraison de la quantité voulue. Toutefois il faut souligner qu'en général des scellements douaniers sont apposés sur les seules marchandises passibles de droits et taxes élevés à l'importation et susceptibles de faire l'objet d'un trafic de contrebande. Il s'agit en l'occurrence essentiellement de boissons alcoolisées et de tabac. Pour plus de précisions, il convient d'examiner dans l'Annexe générale le Chapitre 6 relatif au contrôle douanier et ses Directives.

Dans de nombreuses administrations des douanes, les scellements sont apposés uniquement à la demande du transporteur. La douane peut également renoncer à apposer des scellements sur les produits d'avitaillement se trouvant à bord des navires qui séjournent sur le territoire douanier seulement pendant une brève période et à bord des navires de croisière.

Norme 14

La douane exige que les produits d'avitaillement se trouvant à bord d'un navire, d'un aéronef ou d'un train soient retirés de ceux-ci pour être stockés ailleurs pendant le séjour de ces moyens de transport dans le territoire douanier, uniquement dans les cas où elle juge cette mesure nécessaire.

Il arrive que le séjour des aéronefs, des navires ou des trains sur le territoire douanier soit plus long que prévu, notamment en cas de panne ou de conditions météorologiques inhabituelles. La norme 14 stipule seulement que la douane exige le retrait des produits d'avitaillement afin qu'ils soient stockés ailleurs. Cette intervention de la douane est rare et se produit uniquement lorsqu'une utilisation irrégulière s'avère fortement probable. S'agissant des aéronefs, la douane exerce d'ordinaire à leur égard une surveillance générale. Autrement, lorsqu'ils séjournent longuement dans un aéroport, elle place sous scellements douaniers les produits d'avitaillement se trouvant à bord.

5. Approvisionnement en produits d'avitaillement en franchise de droits et taxes

Norme 15

Les navires et aéronefs qui partent pour une destination finale se trouvant à l'étranger sont autorisés à embarquer, en franchise des droits et taxes :

a) les produits d'avitaillement, jusqu'à concurrence des quantités jugées raisonnables par la douane compte tenu du nombre de passagers et de membres d'équipage, de la durée de la traversée ou du vol et des quantités déjà à bord et

b) les produits d'avitaillement à consommer nécessaires à leur fonctionnement et à leur entretien, jusqu'à concurrence des quantités jugées raisonnables pour le fonctionnement et l'entretien au cours de la traversée ou du vol, compte tenu également des quantités déjà à bord.

La norme 15 fait obligation à la douane d'autoriser les navires et les aéronefs qui partent pour une destination se trouvant à l'étranger de charger une quantité raisonnable de produits

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d'avitaillement nécessaires pour leur voyage, compte tenu des produits d'avitaillement se trouvant déjà à bord. Dans certains territoires douaniers, cette facilité est accordée aux navires et aux aéronefs qui quittent le territoire douanier, même si leur destination finale ne se trouve pas à l'étranger.

L'approvisionnement en produits d'avitaillement de cette nature pour la traversée ou le vol doit généralement tenir compte des voyages aller et retour. Par ailleurs, s'agissant des liaisons fréquentes et régulières sur courte distance, la douane doit envisager de fournir à tout moment, des quantités permettant de faire face aux besoins de plusieurs voyages. Il s'agit en l'occurrence d'une facilité qui permet à la douane de se dispenser de documents, de formalités et de surveillance supplémentaires.

A titre de facilité plus grande, la douane peut également accepter les demandes de fourniture de produits d'avitaillement pour les navires et les aéronefs effectuant une rotation rapide, avant leur arrivée dans le port ou l'aéroport.

Pour déterminer les quantités de boissons alcoolisées de boissons et de tabac à fournir, le nombre de passagers ne doit pas nécessairement correspondre au nombre exact de voyageurs se trouvant à bord du navire ou de l'aéronef. Ces quantités peuvent être déterminées compte tenu de la capacité du moyen de transport ou, dans le cas d'un navire, du nombre moyen de passagers transportés à tel ou tel moment de l'année.

La franchise des droits et taxes dont il est question dans la présente norme peut être accordée, selon le cas, sous forme de remise ou de remboursement.

Les produits d'avitaillement en franchise des droits et taxes représentent un risque pour le Trésor. C'est pourquoi la douane doit mettre en place des contrôles adaptés comme ceux dont il est question dans les Directives relatives à la norme 13 ci-dessus.

Norme 16

Le réapprovisionnement en produits d'avitaillement des navires et des aéronefs arrivés dans le territoire douanier et qui doivent se réapprovisionner pour le trajet qu'il leur reste à effectuer jusqu'au lieu de destination finale dans le territoire douanier est accordé en franchise des droits et taxes.

La norme 16 fait obligation à la douane d'autoriser le réapprovisionnement en produits d'avitaillement pour les navires et les aéronefs au cours de leur voyage. Ce réapprovisionnement peut couvrir non seulement les produits nécessaires pour le voyage jusqu'à la destination finale, mais également ceux qui rendront superflu tout nouvel approvisionnement lors d'une escale suivante avant le voyage de retour à l'étranger.

Ce réapprovisionnement doit également tenir compte du nombre de passagers et de membres d'équipage, ainsi que de la durée du voyage.

Norme 17

La douane permet que les produits d'avitaillement à consommer fournis aux navires et aux aéronefs durant leur séjour dans le territoire douanier soient livrés dans les mêmes conditions que celles qui sont prévues par le présent Chapitre en ce qui concerne les produits d'avitaillement à consommer se trouvant déjà à bord des navires et des aéronefs à l'arrivée.

La norme 17 stipule que si des conditions sont fixées par la douane s'agissant de la fourniture de produits d'avitaillement à consommer aux navires ou aux aéronefs, elles doivent être les mêmes que celles qui sont prévues pour les produits d'avitaillement se trouvant à bord. Des conditions supplémentaires ou différentes ne doivent pas être imposées. Les conditions ont généralement trait à la sécurité des produits d'avitaillement (scellements ou autres moyens

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de contrôle) et à la quantité qui peut être livrée ou vendue aux passagers et aux membres d'équipage.

6. Départ

Pratique recommandée 18

Aucune déclaration concernant les produits d'avitaillement ne devrait être exigée lors du départ des navires du territoire douanier.

Lorsqu'un navire quitte le territoire douanier, tous les renseignements nécessaires sur les produits d'avitaillement figurent généralement dans la déclaration présentée à l'arrivée, celle-ci étant complétée par les déclarations dont il est question dans les pratiques recommandées 7 et 8 et par tous les documents couvrant les produits d'avitaillement chargés à bord au cours du séjour dans le territoire douanier. La pratique recommandée 18 prévoit que l'établissement d'une déclaration distincte ne devrait pas être obligatoire.

Certains territoires douaniers ont établi un système reposant sur la réciprocité pour prévenir la contrebande de boissons alcoolisées et de tabac transportés à bord des navires en tant que produits d'avitaillement, lorsqu'ils assurent une liaison maritime entre ces territoires. Les quantités se trouvant à bord au moment du départ d'in territoire douanier sont enregistrées sur un document que la personne responsable du navire est tenue de présenter à la douane à l'arrivée dans l'autre territoire douanier. Cette formalité ne s'applique pas aux navires assurant le transport régulier des voyageurs.

Norme 19

Lorsqu'une déclaration est exigée en ce qui concerne les produits d'avitaillement chargés à bord d'un navire ou d'un aéronef quittant le territoire douanier, les renseignements exigés sont limités au minimum nécessaire au contrôle de la douane.

Comme en ce qui concerne les autres dispositions analogues relatives aux déclarations à effectuer au moment du départ, la norme 19 limite le volume des renseignements que la douane peut exiger et le motif de cette facilité. Un contrôle peut devoir être exercé lorsque notamment un navire ou un aéronef quitte initialement le territoire douanier avec l'intention de revenir avant que les produits d'avitaillement se trouvant à bord aient été consommés ou en l'absence de toute déclaration antérieure. Lorsqu'une déclaration est exigée, les renseignements doivent porter uniquement sur les produits frappés de droits et taxes élevés et faisant l'objet de restrictions ou de prohibitions.

7. Autres destinations pouvant être données aux produits d'avitaillement

Norme 20

Les produits d'avitaillement se trouvant à bord des navires, des aéronefs et des trains arrivés dans le territoire douanier peuvent :

a) être mis à la consommation ou être placés sous un autre régime douanier, sous réserve qu'il soit satisfait aux conditions et aux formalités applicables dans chaque cas ou

b) sous réserve de l'autorisation préalable de la douane, être transbordés respectivement sur d'autres navires, aéronefs ou trains en trafic international.

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La norme 20 prévoit des facilités supplémentaires qui autorisent plusieurs destinations en ce qui concerne les produits d'avitaillement arrivant sur le territoire douanier, sous réserve d'accomplir les formalités douanières prévues s'agissant du régime qui a été retenu.

La facilité dont il est question à l'alinéa b) ci-dessus peut être accordée notamment entre des moyens de transport appartenant à la même compagnie. Dans certaines administrations, ces transferts sont couverts par le régime de transbordement traité au Chapitre 2 de l'Annexe spécifique E.

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