Vous êtes sur la page 1sur 24
Les coprésidents du Club : Sophie AUCONIE Députée européenne, Présidente de l’intergroupe Sport Pascal DEGUILHEM

Les coprésidents du Club :

Sophie AUCONIE

Députée européenne, Présidente de l’intergroupe Sport

Pascal DEGUILHEM

Député de la Dordogne

Jean-Jacques LOZACH

Sénateur de la Creuse, Président du groupe d’étude Sport

Les coprésidents de l'Amicale des Parlementaires du Rugby :

Jacques VALAX

Député du Tarn

Philippe VITEL Député du Var

Club Parlementaire Sport Économie Cité

« Rugby, valeurs, territoires »

Mardi 26 novembre 2013

Gérard LECLERC , LCP-AN Mesdames, Messieurs, bonsoir et bienvenue à cette soirée au cours de

Gérard LECLERC, LCP-AN

Mesdames, Messieurs, bonsoir et bienvenue à cette soirée au cours de laquelle nous allons traiter du rugby au travers de ses valeurs et de ses territoires, mais aussi du rugby moderne ou « hyperrugby ». Nous réfléchirons à la manière de concilier ces différentes formes du rugby.

Pour commencer, je laisse la parole à Sophie AUCONIE, Députée européenne, Présidente de l’intergroupe Sport, et co-Présidente du Club Parlementaire Sport Économie Cité.

Sophie AUCONIE, Députée européenne, Présidente de l’intergroupe Sport, et co-Présidente du Club Parlementaire Sport Économie Cité

Pour rappel, cet événement n’est pas le premier que nous organisons au sujet du sport à l’Assemblée nationale. Je note également que, lorsqu’il s’agit de rugby, les voix se font plus fortes, l’accent du sud se fait entendre, et les « r » sont davantage roulés, ce qui est très agréable.

J’aimerais saluer mes collègues, coprésidents de ce club : Pascal DEGUILHEM et Jean-Jacques LOZACH. Je salue également Philippe VITEL, qui est co-Président de l’Amicale des Parlementaires du rugby, ainsi que nombre de personnes aujourd'hui présentes, et notamment Hakim KHELLAF, Conseiller sport auprès du Premier ministre.

Je salue encore ma collègue Marie-Thérèse SANCHEZ-SCHMID, qui est Députée européenne et Présidente du Rugby à XIII. Enfin, je salue tous les Parlementaires ici présents, et adresse mon affection à Damien ABAD, Député européen, que nous sommes heureux de retrouver.

En dehors de la convivialité inhérente au rugby, j’aimerais reprendre le slogan de la Fédération Française de Rugby, qui précise que le rugby est l’école de la vie. À ce titre, j’aime à rappeler que, dans nombre de pays, anglo-saxons notamment, le rugby est un outil d’éducation dans les collèges. Cela signifie que le rugby porte les valeurs de l’effort, de la solidarité, l’esprit d’équipe, et l’idée selon laquelle le rugby est une opposition frontale, mais qui s’effectue avec des partenaires.

Il s’agit de règles qui sont utiles au quotidien dans notre société, et qui disparaissent quelque peu aujourd'hui. C’est pourquoi il me semble qu’il est essentiel d’aborder cette thématique : « Rugby, valeurs, territoires ».

Enfin, le rugby incarne aussi un véritable sentiment d’appartenance. À ce titre, je pense que le rugby porte, plus que n’importe quel autre sport, le territoire. En effet, à l’inverse de certains sports, le rugby n’est pas basé sur les transferts entre les territoires, entre les États. Le monde actuel est mouvant, mais les rugbymen demeurent des hommes d’appartenance à une équipe et un territoire.

Enfin, j’aimerais saluer l’ensemble des experts qui participeront à ce débat, et passe la parole à Philippe VITEL, Député du Var, pour introduire cet événement.

VITEL, Député du Var, pour introduire cet événement. Philippe VITEL , Député du Var Je vous
VITEL, Député du Var, pour introduire cet événement. Philippe VITEL , Député du Var Je vous

Philippe VITEL, Député du Var

Je vous remercie au nom de l’Amicale Parlementaire de rugby, que j’ai le plaisir de présider avec Jacques VALAX, Député du Tarn. Ce dernier est absent aujourd'hui, mais je vous demande de l’applaudir.

C’est un bonheur d’accueillir à l’Assemblée nationale une réunion ayant pour thème « Rugby, valeurs, territoires », puisque nous traduisons l’existence et la philosophie de chacun des territoires français, au sein desquels le rugby occupe une importante place.

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

2

J’ajoute que, avec plus de cent membres, notre club est à ce jour l’un des plus importants de l’Assemblée nationale, et inclue aussi des Sénateurs et Députés européens.

Le rugby est une culture, ainsi qu’un vecteur majeur d’éducation et d’apprentissage de la vie pour nos enfants. Il est aussi un immense vecteur de cohésion sociale au sein des cités. Je pense que ces divers éléments composent sa valeur, au-delà de la valeur d’un sport de territoires ou de traditions. Le rugby s’étend du nord au sud, et d’est en ouest, couvre tout le territoire français de la métropole ainsi que les territoires d’outre-mer.

J’ai pratiqué ce sport durant ma jeunesse, et continue parfois encore, puisque je suis le médecin du XV Parlementaire, et veille donc à la santé de tous. Je suis fier d’affirmer que, grâce à mon attention et mes soins, notre équipe s’est hissée à la deuxième place de la Coupe du monde parlementaire de rugby, derrière les Néo-zélandais.

Merci à tous, et je passe la parole à Pascal DEGUILHEM, Député de la Dordogne.

la parole à Pascal DEGUILHEM, Député de la Dordogne. Pascal DEGUILHEM , Député de la Dordogne

Pascal DEGUILHEM, Député de la Dordogne

Nombre d’interlocuteurs de qualité sont présents aujourd'hui. Le ballon ovale est notre langage commun, puisque les histoires personnelles de beaucoup d’entre nous se fondent sur l’histoire du rugby, qui nous a fait grandir, et où nous avons partagé de nombreuses émotions.

Les amitiés entre les protagonistes de cette réunion sont ainsi réunies, souvent sur des propos excessifs, de mauvaise foi, mais c’est ce qui nous lie durablement dans le rugby. C’est pourquoi le thème de cette réunion porte une charge affective certaine, qui pourrait perturber notre analyse sur cette thématique.

Les participants de ce soir proviennent d’horizons divers, et assument des fonctions diverses en lien avec le rugby, au travers de l’entreprise, des clubs ou encore des médias. Les fonctions de chacun autorisent probablement des visions très différentes de l’évolution du rugby.

Je passe la parole à Gérard LECLERC, avant émérite du XV parlementaire qui participe à toutes les rencontres.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Je vous propose de revenir sur une finale mythique, qui s’est déroulée il y a exactement cinquante ans, en 1963. Elle était totalement landaise, et avait opposé Mont-de-Marsan à Dax.

À partir de cette rencontre, Olivier de BAILLENX a réalisé un ouvrage intitulé Finale 63 U.S. Dax – Stade montois. Nous vous avons présenté tout à l’heure quelques images de ce match, et il apparaît clairement que le rugby a grandement évolué en cinquante ans, puisque la façon de jouer à grandement changé.

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

3

Olivier de BAILLENX , Auteur de l’ouvrage Finale 63 U.S. Dax – Stade montois En

Olivier de BAILLENX, Auteur de l’ouvrage Finale 63 U.S. Dax – Stade montois

En 1963, les Landes étaient l’un des départements phares du rugby. Cette époque est celle de joueurs tels que Pierre ALBALADEJO, les frères BONIFACE ou encore Christian DARROUY. Je rappelle que cette même année, tous les points de l’équipe de France durant le Tournoi des cinq nations avaient été marqués par des joueurs landais.

Le finale de 1963 constituait donc une confrontation importante, entre deux villes séparées seulement de cinquante kilomètres, l’une étant la préfecture, l’autre la sous-préfecture des Landes. Durant le match, la rivalité était forte, et toutes les Landes se rencontraient alors.

Le meilleur exemple en est le village de Montfort-en-Chalosse, plus proche de Dax, mais qui est la patrie des frères BONIFACE, qui joueront finalement à Mont-de-Marsan. À l’époque, cette finale a attiré 40.000 spectateurs au Parc Lescure, depuis renommé Stade Jacques-Chaban-Delmas, à Bordeaux. La journée était particulièrement chaude, avec plus de 30 degrés, et de nombreux spectateurs s'étaient amassés le long de la ligne de touche puisque les tribunes étaient pleines. Il ne s’agissait pas d’un grand match, mais la passion était forte.

Deux séquences clefs de ce match sont à signaler. La première est celle où un joueur de première ligne de l’US Dax, le terrible Dédé Bérilhe, est descendu d’une manchette fatale, ce qui sera un moment crucial du match, puisque l’équipe de Dax en sera fortement diminuée. Mont-de-Marsan prendra dès lors l’ascendant sur son adversaire.

Ensuite, la seconde séquence clef se déroule à dix minutes de la fin de la rencontre, lorsqu’un terrible orage s’abat sur le stade. Tous les spectateurs se réfugient, et les joueurs de Mont-de-Marsan, sur une mêlée proche des buts, tapent un drop et gagnent le match.

Après le match, le bus qui ramène les joueurs montois à Mont-de-Marsan fait étape dans plusieurs villes des Landes, et ne parviendra à destination, sur la place de la mairie de Mont-de- Marsan, que vers minuit.

Ce jour, qui correspond à la Pentecôte 1963, est l’apogée d’une certaine forme de rugby : deux clubs, qui appartiennent à de petites villes, se disputent le titre de Champion de France.

Par la suite, le rugby et les clubs vont évoluer. Dax continuera longtemps à jouer les premiers rôles, mais Mont-de-Marsan commence à décliner. Aujourd'hui, ces clubs sont en Pro D2, effectuent parfois une incursion en Top 14, mais y restent rarement longtemps.

Pour de tels clubs, il est permis de s’interroger sur les moyens de revenir à leur niveau d’antan. C’est la raison pour laquelle la question de la création d’une grande équipe landaise se pose. Dans les Landes, une réunion intitulée Rugby Landes Entrepreneurs regroupe les deux clubs afin de trouver des sponsors. En premier lieu, une structure économique a donc été mise en place pour attirer des sponsors pour les deux clubs.

Par ailleurs, un exercice de fusion réussie dans un sport collectif landais est le basket, qui est le deuxième sport le plus important dans les Landes. D’un petit club de basket féminin, dans un village de moins de 400 habitants, a été créée une équipe départementale de basket féminin : l’équipe Basket Landes. Elle est aujourd'hui au premier plan du basket féminin professionnel.

Parfois, des forces peuvent se retrouver pour créer une entité commune. Il peut s’agir du chemin à emprunter pour que des villes de cette taille reviennent au meilleur niveau.

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

4

Gérard LECLERC, LCP-AN

Merci beaucoup. Nous allons maintenant réfléchir avec Xavier LACARCE, professeur agrégé d’histoire et auteur de l’ouvrage Vers l'hyperrugby – Triomphe du sport unidimensionnel, à l’évolution du rugby.

Ce sport est en effet passé de l’amateurisme ombrageux à l’hyperrugby, et nombre de questions au sujet des valeurs traditionnelles du rugby, ou les dangers de l’uniformisation d’un sport- spectacle, se posent.

de l’uniformisation d’un sport- spectacle, se posent. Xavier LACARCE , Auteur de l’ouvrage Vers

Xavier LACARCE, Auteur de l’ouvrage Vers l'hyperrugby – Triomphe du sport unidimensionnel

Bonsoir à tous. La raison pour laquelle je traite du rugby est que je suis intrigué et un peu gêné par le recours systématique au discours des valeurs lorsqu’il est question de ce sport. Or, mon âge et ma passion pour le rugby m’ont amené à constater, comme beaucoup, des changements considérables, particulièrement bien sûr à partir de 1995.

Néanmoins, et alors que le rugby ne cessait d'évoluer, le discours lié à ce sport demeurait continuellement le même, et je souhaitais donc connaître les raisons de ce hiatus. Je voulais savoir si nous pouvions continuer de nous prévaloir des mêmes valeurs, encore et toujours, alors que le rugby n’était plus le même.

J’étais finalement parvenu à la conclusion, discutable sans doute, que le rugby de l’après 1995 est très éloigné de celui qui précède. C’est la raison pour laquelle j’ai créé le néologisme « d’hyperrugby ». Je ne crois pas au final que celui-ci puisse revendiquer des valeurs qui sont celles, au demeurant discutables, du rugby d'avant.

Gérard LECLERC, LCP-AN

La question de la conciliation du rugby traditionnel, de ses valeurs et territoires, avec le rugby actuel de haut niveau se pose.

et territoires, avec le rugby actuel de haut niveau se pose. Paul GOZE , Président de

Paul GOZE, Président de la ligue nationale de rugby (LNR)

Il est vrai que les images du match de 1963 démontrent une différence évidente avec le rugby d’aujourd'hui. Toutefois, avant d’évoquer un problème des valeurs, il faut dissocier le rugby professionnel, qui constitue le haut de la pyramide, du reste du rugby, toujours attaché à ces fameuses valeurs.

Ainsi, en occultant la fédération professionnelle, il est possible de constater que les clubs partagent toujours les mêmes valeurs, la même volonté de remporter les matches, même si les enjeux financiers n’existent quasiment pas. Les joueurs continuent pourtant à défendre les valeurs de leurs clubs, de leurs territoires, souhaitent mettre leur ville en exergue, et finalement défendre leur région.

La motivation n’est pas du tout financière, et nous pouvons constater que ces valeurs sont toujours présentes dans le rugby.

Et, même dans le rugby professionnel, ces valeurs demeurent. Par exemple, dans le top 14 des clubs de rugby professionnels, douze sont centenaires, dont certains représentent des villes petites ou moyennes. Il apparaît donc que la professionnalisation du sport n’a pas changé la situation. En outre, en D2, quatorze équipes sont centenaires, et des villes de taille modeste sont présentes : ainsi Castres, champion de France l’an dernier, ou encore Biarritz, Bayonne, Brive, Oyonnax et Perpignan.

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

5

Aussi, le rugby reste ancré dans ces villes moyennes, avec des valeurs qui sont celles du rugby

d’antan.

Par ailleurs, même si l’effectif des équipes professionnelles est aujourd'hui moins ancré dans la région qu’il ne l’était autrefois, elles ont conservé le « rugby de toujours ». Le rugby toulonnais reste le rugby toulonnais, même si l’équipe compte peu de Toulonnais. La situation est identique pour Toulouse ou Perpignan, et les changements dus au professionnalisme n’ont pas altéré les valeurs des clubs, qui perdurent dans le temps.

À Perpignan, l’équipe comptait par le passé beaucoup de Catalans, ce qui n’est plus le cas aujourd'hui. À tel point que, lors du match Perpignan-Stade Français, qui s’est tenu à Perpignan, le Stade Français comptait deux Catalans, et l’équipe de Perpignan un seul. Malgré tout, le style de jeu de Perpignan est demeuré identique, et les valeurs du rugby ont perduré.

Afin que les valeurs du rugby professionnel demeurent et que les villes petites ou moyennes continuent d’exister dans le rugby professionnel, la Ligue a mis en place le « salary cap », qui est une limitation de la masse salariale. Il faut préciser que le rugby est le seul sport français qui a, à ce jour, agi de la sorte.

En outre, la répartition des droits de télévision est très équitable et égalitaire, puisqu’ils sont répartis à 60% pour le Top 14, et 40% pour la D2. Ainsi, l’équilibre financier entre les clubs est préservé. Ces efforts visent à faire vivre les villes petites et moyennes dans le rugby professionnel.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Nous passons la parole à Pierre ALBALADEJO, qui a fait aimer le rugby à nombre d’entre nous. Il a été joueur à Dax, dans l’Équipe de France de rugby, commentateur à Antenne 2 puis France 2, et travaille aujourd'hui pour Rugby Landes Entrepreneurs.

travaille aujourd'hui pour Rugby Landes Entrepreneurs. Pierre ALBALADEJO , ancien international, US Dax Bonsoir à

Pierre ALBALADEJO, ancien international, US Dax

Bonsoir à tous. Les séquences que vous avez pu voir tout à l’heure du match Mont-de-Marsan-Dax sont en effet sans lien avec la dernière finale de rugby, qui opposait des professionnels.

Autrefois, les joueurs étaient amateurs, mais une tendance financière s’est manifestée au travers d’un grand magnat de la presse, M. Rupert MURDOCH, qui souhaitait acheter les meilleurs joueurs et former une sorte de « Harlem Globetrotters » du rugby. L’objectif était de transformer le rugby en une importante entreprise privée.

L’International Rugby Board a réagi et a décidé en 1995 que le rugby deviendrait un sport professionnel. Il s’agit d’une initiative importante.

En effet, il est certain que le rugby méritait que son élite en soit tirée vers le haut. Autrefois, les rugbymen s’entraînaient deux fois par semaine, le mardi et le jeudi.

Lors d’un repas, Johnny WILKINSON m’a un jour demandé combien de temps je m’entraînais par jour à taper des drops et à jouer au pied. Je lui ai répondu qu’à l’époque, nous ne nous entraînions avec le ballon que le jeudi, et ne disposions que de deux ballons pour trois buteurs. Dans mon rôle de buteur je n'ai jamais dû m'entraîner plus de dix minutes par semaine. Cette réalité est celle de tous les joueurs de ma génération.

En revanche, il a fallu attendre la Coupe du Monde de rugby en 1995 en Afrique du Sud pour que l'International Rugby Board décide et annonce que le rugby, de ce jour, devenait professionnel.

Ensuite, la question de la mise en œuvre de cette mesure s’est posée. Certains pays de l’hémisphère sud sont régis par des Fédérations et disposent de championnats de province. Ils n’ont pas eu à donner de délégation pour le professionnalisme puisque la loi précise que, dans un sport

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

6

amateur subventionné, l’argent public ne doit pas servir aux pratiquants du sport. De fait, délégation doit être confiée à une commission chargée d'effectuer et de gérer ce professionnalisme.

Toutefois, il n’avait pas été précisé que la Fédération pouvait disposer d’une commission professionnelle en son sein.

La Fédération, elle, a donc donné une délégation, et les responsables du rugby professionnel ont agi à travers un statut qui les lie tous les deux, mais la relation demeure tendue et difficile à gérer.

Je demandais souvent, en plaisantant, à Serge BLANCO, qui était Président de la Ligue nationale de rugby avant Paul GOZE, à qui appartenaient ses joueurs. Il me répondait qu’ils

appartenaient à la Ligue nationale de rugby puisqu'ils étaient en outre payés mensuellement. Toutefois,

pour jouer, il leur fallait une licence qui leur était accordée par la Fédération d'un imbroglio.

Il apparaît évident que chaque partie souhaitait accaparer les responsabilités et il est clair que le rugby d’aujourd'hui est bien différent de celui d’autrefois pour une raison simple: ce qui était un jeu pour nous est devenu un labeur pour les joueurs professionnels actuels.

Il faut rappeler que les rugbymen s’entraînent environ dix fois par semaine, du lundi jusqu'au vendredi. Le rugby est devenu ce qu’il est aujourd'hui par le travail des joueurs et la gestion de ce sport. C’est pourquoi il ne faut pas comparer ces deux époques.

J’ajoute avoir joué avec des joueurs qui avaient au moins autant de talent que ceux d’aujourd'hui mais sans le travail acharné exigé actuellement. Le jeu est devenu très dur, très physique, mais il est pratiqué par de superbes athlètes.

Enfin, je précise nourrir de l’admiration pour les professionnels, puisqu’ils sont dotés d’un self-control qui nous faisait défaut en tant qu’amateurs. Malgré quelques échauffourées, les joueurs actuels sont de véritables professionnels, bien gérés, qui franchissent rarement la ligne jaune. Ce comportement n’est pas dû au fait qu’ils sont salariés mais au fait qu’ils ont été éduqués ainsi.

Cela prouve que le rugby est un sport d’exception qui peut former les hommes mieux que n’importe quel autre sport puisque c’est un sport où les hommes ne se croisent pas: ils se rencontrent. Il s’agit d’une phase essentielle du rugby et je suis convaincu que ce sport a sauvé beaucoup plus de voyous qu'il n’en a créés.

Les deux clubs de Mont-de-Marsan et Dax, dont a parlé Olivier de BAILLENX, me sont chers. Je conserve beaucoup d’estime et d’amitié pour les Montois bien qu’ils aient gagné ce fameux jour. Cette attitude est également constituante du rugby.

Le rugby est un sport dur, difficile, mais il n’attire pas moins de spectateurs pour autant. Le public aime l’engagement physique, mais aussi peut-être les joueurs qui parviennent à se contrôler, et le rugby est, après le football, le sport le plus médiatisé en France.

Ne faisons aucune comparaison entre le rugby d'antan et celui d'aujourd'hui. L'un était un jeu, l'autre, au niveau professionnel, est devenu un labeur. Les deux doivent continuer à exister avec des règles bien établies qui doivent différencier le monde amateur du monde professionnel. Le rugby dit de village doit rester le ferment inévitable et nécessaire à la réussite du rugby professionnel. C'est une affaire d'éducation fondamentale que l'on doit retrouver, un jour, chez chacun des pratiquants de ce jeu, fussent-ils amateur ou professionnel.

Le club de Dax n’a jamais été Champion de France de rugby mais il a sûrement été Champion de France des situations sociales. En effet, aucun autre club n’a sorti autant d’enfants de la rue pour en faire des hommes. Nombre de joueurs de Dax de ma génération ont pu pratiquer le rugby grâce aux dirigeants qui se souciaient de l’élévation sociale des joueurs avant toute chose.

Ce n'était que le début

À l’époque, ces bénévoles n’étaient pas confrontés aux soucis actuels liés à la recherche de financements pour s’occuper du professionnalisme. Aujourd'hui, même un dirigeant amateur doit faire preuve de professionnalisme pour diriger les professionnels. L’optique d’antan n’existe plus. Les dirigeants sont désormais tenus de raisonner en termes financiers, mais je répète qu’il ne faut pas l’entendre de manière péjorative.

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

7

Dax et Mont-de-Marsan sont en D2, et se battent chaque année pour ne pas se retrouver en Fédérale, ce qui signifie que ces clubs sont au maximum de leurs capacités financières.

Beaucoup de sponsors de Dax ne souhaitent pas financer Mont-de-Marsan, et d’autres ne souhaitent financer ni Mont-de-Marsan ni Dax. Fort de ce constat, l’idée de créer un pool financier dans le département a été émise. En outre, la question suivante serait posée à tous les acteurs et entreprises intéressés par le département: «Reconnaissez-vous que le rugby est le vecteur numéro un de ce département et tenez-vous au développement de celui-ci pour sa force médiatique incontestable que représente le rugby?»

À l’échelle du département, le rugby est une force réelle qu’il faut expliquer. J’ai réalisé un rapport à ce sujet et expliqué aux responsables de Mont-de-Marsan et Dax qu’un pourcentage important du pool devrait être directement injecté au bas de la pyramide, afin d’aider les quarante écoles de rugby du département.

Un chef d’entreprise qui ne donne aucun fonds pourrait changer d’avis s’il était sensibilisé par l’impact du rugby dans le département. C’est pourquoi il peut être intéressant de s’entretenir avec lui des écoles de rugby du département. En effet, savoir qu’une part de l’argent que sa société donne est reversée au bas de la pyramide encouragerait ce chef d’entreprise. Je suis persuadé qu’une telle attitude nous assurerait nombre de sponsors.

Si des talents nouveaux devaient naître et permettre de fournir à l'élite de bons éléments, nous en serions ravis. Mais l'essentiel des écoles de rugby est avant tout d'éduquer un maximum d'enfants à travers un sport exceptionnel, de rudesse, de finesse, de solidarité et de courage. C'est le seul sport au monde où le « jeu » interdit le « je ».

Je vous remercie de votre attention.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Je vous propose de continuer avec un autre grand joueur et grand commentateur : Serge SIMON, Président du syndicat des joueurs de rugby Provale.

SIMON, Président du syndicat des joueurs de rugby Provale. Serge SIMON , Président du syndicat des

Serge SIMON, Président du syndicat des joueurs de rugby Provale

Bonsoir à tous.

Je vais parler du rugby comme d’un sport, même si les rugbymen ont souvent tendance à considérer cette activité comme différente d’un simple sport, plus proche d’une culture.

Nous sommes très fiers de cette culture, et rentrons en rugby comme certains rentrent en religion. En outre, il existe en effet nombre de points communs avec la religion, tels que la générosité. Toutefois, une particularité du rugby est que, même lorsque les matchs sont très mauvais, nous parvenons à en faire un livre et un film.

Comme tous les sports, le rugby est avant tout un outil de politique publique, qui doit renforcer le pacte républicain qui nous anime tous.

Les moteurs de cette politique publique sont les suivants. Tout d’abord, le sport est un formidable élément de concorde nationale, et de patriotisme. Ainsi, récemment, l’Équipe de France a perdu deux matchs, notamment contre les All Blacks, mais nous avons pu entendre entonner à nombre de reprises La Marseillaise.

La société est aujourd'hui en crise et, le rugby semble la seule activité humaine qui parvienne à susciter spontanément une Marseillaise auprès de 80.000 spectateurs. Il s’agit d’un moment de concorde nationale, d’union nationale. L’émotion suscitée par le sport le propulse et le propage dans toute la société. Il s’agit d’un instant de communion.

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

8

De plus, le sport suscite aussi une émotion en tant que pratique, à travers le parcours de chacun. Il s’agit du deuxième point d’une politique sportive. La politique qui accompagne le développement d’un sport, et du rugby en particulier, doit disposer de points de repère très simples, évidents, qui méritent d’être rappelés et développés.

Le sport est un formidable facteur d’aménagement territorial et de santé. Il doit aussi être un facteur de contrôle de la puissance publique, sur des pratiques de sport intensives professionnelles qui doivent être encadrées.

Le rugby est un spectacle et une passion, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit aussi d’un sport de combat, extrêmement violent. Aussi, la puissance publique doit conserver un souci permanent d’agir afin que les dommages subis ne soient pas importants.

Ensuite, le rugby est aussi un facteur d’éducation. Il était tout à l’heure question du fait que le rugby est obligatoire dans certains lycées, et notamment dans les nations anglo-saxonnes. Le rugby est né ainsi, spontanément, dans les écoles de Grande-Bretagne, et était alors bien différent de ce qu’il est devenu.

Je rappelle d’ailleurs que le rugby est en fait une forme de football, originaire de la ville de Rugby, située au nord de Londres.

Lorsque les précepteurs anglais ont aperçu cette activité, inventée par les étudiants eux- mêmes, ils les ont laissé jouer. En effet, Thomas ARNOLD, qui a permis le développement du rugby, considérait préférable que les joueurs se battent sur le terrain que dans un pub. Par la suite, il a compris que l’autodiscipline que s’infligeaient les étudiants constituait un facteur pédagogique, et a intégré le rugby dans son collège avec un coefficient aussi important que les mathématiques.

Dans l’éducation d’un enfant anglais de l’époque, le rugby apparaissait comme structurant. Aussi, l’essence même du sport moderne anglais, dont le rugby est une émanation, est une essence pédagogique.

De nos jours, tout développement sportif sur notre territoire, qui est porté par une politique publique, doit conserver un tel repère. Le sport doit servir à la construction pédagogique de la nature humaine et des citoyens.

Ensuite, les valeurs d’un sport sont contenues dans ses règles et codes. Ainsi, l’essence même de la boxe génère une culture très particulière, que l’argent ou le sexe ne peuvent altérer. Tant que la règle n’est pas modifiée, la typologie des joueurs demeura sensiblement identique. La situation est identique pour le rugby.

Dans son ouvrage Les fondamentaux du rugby, Pierre Conquet a écrit que le sport n’est pas un sport de balle, mais un sport de combat collectif. Pour utiliser une métaphore, nous pourrions dire qu’il s’agit d’une armée. Et, pour une armée, comme pour une équipe de rugby ou une bande de copains qui affronterait une bande rivale, le plus important est la cohésion.

Les valeurs du rugby se résument ainsi : il s’agit d’un combat collectif. Tant que cette dimension de combat collectif n’est pas impactée, et si la pression économique et médiatique n’impacte pas cette essence, les valeurs perdureront.

Il est possible que les territoires changent mais, hier comme aujourd'hui, les joueurs de rugby doivent être en osmose pour affronter l’équipe adverse. Et l’objectif est identique, quelle que soit l’origine des joueurs. Lorsque les quinze joueurs entrent sur le terrain, la cohésion est indispensable.

Peut-être la cohésion est elle même plus importante aujourd'hui qu’elle ne l’était pas le passé, puisque chaque joueur est désormais soumis à un nombre de chocs et traumatismes incroyable.

Enfin, le troisième pôle de cette politique est l’économie. Je milite pour marquer le sport professionnel comme un secteur économique respectable, qui doit être encouragé, encadré, puisqu’il crée de l’emploi et des richesses. En outre, le rugby peut attirer des investisseurs étrangers.

Il s’agit donc d’un véritable secteur économique, qui ne concerne pas que le rugby professionnel, mais aussi le secteur des équipementiers par exemple. La puissance publique aide ce secteur à se développer, mais devrait se reconnaître comme un investisseur de ce secteur

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

9

professionnel. Elle pourrait être prégnante, contraignante, sur la solidarité entre le secteur professionnel et le secteur amateur.

Le secteur amateur cherche constamment des financements, et nous savons que les financements du ministère des Sports sont restreints. Puisque le secteur professionnel génère beaucoup de richesses, il faut davantage mutualiser.

Il serait logique et normal d’extraire du secteur professionnel des richesses pour renforcer le secteur amateur.

Pour conclure, je dirai que le secret du rugby réside dans ses règles. Si les dirigeants continuent à gérer de manière lucide ce sport, en réfléchissant à long terme, c'est-à-dire s’ils veillent à ce que le rugby ne devienne pas sujet d’une pression économique, le rugby continuera d’exister ainsi.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Nous allons maintenant nous tourner vers les Présidents de clubs, avec Thomas SAVARE, qui est Président du Stade Français.

avec Thomas SAVARE, qui est Président du Stade Français. Thomas SAVARE , Président du Stade Français

Thomas SAVARE, Président du Stade Français

Je suis entré dans le monde du rugby par hasard, il y a seulement deux ans, et conserve encore un œil innocent sur ce sport.

Comme l’a rappelé Pierre ALBALADEJO, le rugby a été décrété sport professionnel par l’International Rugby Board en 1995. Toutefois, je pense que le chemin vers le professionnalisme est loin d’être achevé à l’échelle mondiale, puisque seuls deux pays comptent aujourd'hui des ligues véritablement professionnelles : la France et l’Angleterre.

En France, le professionnalisme est loin d’être atteint, et les financements sont encore de type associatif. En outre, quasiment tous les clubs sont en déficit, et ne savent pas générer les revenus qui leur permettraient de rémunérer les joueurs. En fin d’année, les amis des clubs, les entreprises ou les pouvoirs publics aident en réalité à boucler le budget des clubs.

La situation est donc bien éloignée du professionnalisme, mais je pense que nous nous dirigeons vers une gestion plus saine.

S’il n’a pas trouvé son modèle économique, le rugby est en revanche parvenu à développer son public. Ainsi, le prochain match opposant le Stade Français à Toulon est quasiment complet, et devrait réunir 20.000 spectateurs. Il s’agit pourtant d’un match de Top 14 ordinaire.

À la télévision également, les audiences sont de plus en plus importantes, et les droits télévisés nous permettront de financer une partie des clubs, mais le but n’est pas encore atteint.

La Ligue œuvre en ce sens, et le rugby est en effet le premier sport en France soumis à un « salary cap ». Nous essayons d’organiser la Ligue afin que les salaires ne dérapent pas. Dans tous les territoires, les ressources sont limitées, et nous travaillons à les augmenter. Je pense que la Ligue travaille actuellement de façon responsable.

Ensuite, quant au rôle des pouvoirs publics dans le développement du rugby, mais aussi d’autres sports, nous constatons qu’ils interviennent au niveau des villes, des départements, des régions. Ils agissent souvent sous forme de subventions, parfois de façon très importantes, qui peuvent d’ailleurs déstabiliser l’échelle des salaires.

Il était question de bassin économique, de villes où les partenaires sont trop peu nombreux pour aider les clubs. Je suis Président d’un club à Paris, qui a été cinq fois Champion de France entre 1998 et 2007, et qui était pourtant en faillite en 2011. Il apparaît donc que le bassin économique n’est pas uniquement en cause : la capacité d’attirer des spectateurs, des entreprises et des partenaires, doit également être prise en compte.

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

10

Sur ce point, je pense que l’attitude adoptée par la Mairie de Paris est la bonne. Il ne faut pas verser d’importantes subventions, mais plutôt fortement investir dans un équipement public pour essayer d’offrir à un club les moyens de créer son écosystème, et ainsi gérer un modèle économique sain.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Nous allons maintenant écouter le troisième acteur du rugby : les partenaires ou sponsors. Je donne tout d’abord la parole à Katia LAZAREW, qui est responsable du sponsoring sportif à la Direction de la communication de la Société Générale.

la Direction de la communication de la Société Générale. Katia LAZAREW , Responsable du sponsoring sportif

Katia

LAZAREW,

Responsable

du

sponsoring

sportif

à

la

Direction de la communication de la Société Générale

Bonsoir à tous.

Depuis vingt-cinq ans, la Société Générale accompagne l’essor du rugby, tant au niveau national qu’international. Elle partage avec tous les passionnés de rugby, professionnels comme amateurs, les valeurs que nous avons évoquées ce soir : la convivialité, l’engagement, et surtout l’esprit d’équipe.

Nous avons d’ailleurs fait de ce dernier point notre signature de marque, « Développons ensemble l'esprit d'équipe », qui illustre le projet d’entreprise mais aussi la valeur universelle que nous retrouvons à travers le rugby.

Nous avons fait du rugby un vecteur de communication par l’obtention de droits dans plusieurs domaines : avec la FFR au niveau du XV de France, avec la Ligue nationale au niveau du Top 14 et de la Pro D2, mais aussi au niveau du rugby européen et du rugby amateur, puisque nous parrainons 450 clubs.

Nous sommes véritablement soucieux de participer à l’évolution et aux changements du rugby, avec notamment des opérations fortes et légitimes, telles que les Journées des ambassadeurs, organisées conjointement avec la Ligue nationale de rugby. Elles nous permettent de promouvoir la parole du rugby dans des régions ou des territoires non rugbystiques.

Nous accompagnons des enfants, des joueurs, allons à la rencontre de chefs d’entreprise et d’étudiants, et portons la bonne parole relative à la pratique du rugby.

Ce territoire est fondamental et légitime, et nous accompagne tout au long de notre communication, avec pour ouverture la Coupe du monde de rugby 2015, dont la Société Générale est également partenaire.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Merci, et je passe la parole à Philippe BOTTRIE, Directeur des affaires publiques d’EADS France, mais aussi partenaire de Toulouse et du XV Parlementaire.

mais aussi partenaire de Toulouse et du XV Parlementaire. Philippe BOTTRIE , Directeur des affaires publiques

Philippe BOTTRIE, Directeur des affaires publiques d’EADS France

Le partenariat entre EADS et Toulouse existe depuis plus de trente ans. Toulouse est la capitale européenne du rugby, et la capitale mondiale de l’aéronautique. C’est pourquoi il était logique qu’EADS et le club de Toulouse s’associent.

J’ajoute que, depuis qu’EADS est partenaire de Toulouse, le club a remporté douze Boucliers de Brennus sur dix-neuf, sans même évoquer les victoires en Championnat d’Europe. Ces succès illustrent la qualité du

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

11

partenariat.

Concernant les valeurs, j’insisterai sur le fait que, dans une équipe de rugby, il faut des petits joueurs, des gros joueurs, ou encore des grands joueurs. Chez EADS, il faut également divers types de métiers : des tôliers, des couvreurs, des mécaniciens ou encore des ingénieurs. C’est grâce à cette alchimie qu’EADS est aujourd'hui un champion mondial.

Il existe un esprit de conquête, qui correspond à la recherche de marchés. Ainsi que le soulignait Pierre ALBALADEJO, il n’est pas péjoratif de parler de business. En effet, il s’agit d’emplois, et il faut aller chercher le business dans un monde compétitif. Cette compétition évoque celle du rugby.

Pour ce faire, les élus sont nos meilleurs ambassadeurs, afin de promouvoir la qualité française, la qualité européenne, et nous comptons sur vous pour promouvoir la France et agir afin que nos produits partent à la conquête du monde.

Gérard LECLERC, LCP-AN

La GMF est un autre grand partenaire du rugby, et je donne la parole à Marie-Dominique BAROSO, qui est responsable information et relations extérieures de la GMF.

responsable information et relations extérieures de la GMF. et relations extérieures de la GMF Le premier

et

relations extérieures de la GMF

Le premier partenariat entre la GMF et le rugby est très ancien, puisqu’il a été signé avec la Fédération française en 1985. Nous sommes donc le premier partenaire du rugby, un peu avant la Société Générale. À l’époque, notre objectif était d'être présent sur le Tournoi des cinq nations.

Notre Président, originaire du sud-ouest de la France, aimait le rugby, et a insufflé le goût de ce sport dans l’entreprise. En outre, il existait à la GMF des valeurs mutualistes, d’engagement, de solidarité, que nous partagions avec ce sport, puisqu'il véhicule des valeurs identiques.

Nous avons choisi d’être uniquement partenaires des institutions. Nous sommes partenaires de la Fédération française depuis 1985 et, lorsque la Ligue a été créée en 1998, nous en sommes également devenus partenaires. Plus tard, nous sommes devenus partenaires du CNR, dès sa création.

Cependant, GMF n’est pour l’instant pas sponsor des clubs de Top 14 ou de Pro D2. Nous avons plutôt choisi d’accompagner tous les clubs au travers de la Ligue, et d’être ainsi présents sur l’ensemble du territoire.

Ceci étant, la GMF est présente auprès de clubs du service public, tels que le Rugby Club de la Marine, l’équipe de rugby du Centre national des sports de la Défense, ou encore le XV Parlementaire. J’ajoute que nous sommes aussi l’assureur de tous les licenciés.

Il faut également préciser que la GMF est devenue assureur après avoir été partenaire, à l’inverse du cheminement inverse dans le monde de l’assurance. Il s’agit donc d’une véritable volonté de présence dans le rugby.

J’ajoute que 90% des investissements en partenariat sportif de la GMF concernent le rugby. C’est pourquoi nous espérons pouvoir accompagner longtemps encore la Ligue et la Fédération de rugby.

Marie-Dominique

BAROSO,

Responsable

information

Gérard LECLERC, LCP-AN

Notre

l’événementiel et la communication d’Orange.

dernier

partenaire

est

représenté

par

Stéphane

TARDIVEL,

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

qui

travaille

12

à

Stéphane TARDIVEL , Directeur Sponsoring, partenariats et événementiel d’Orange Orange est présent dans le rugby

Stéphane TARDIVEL, Directeur Sponsoring, partenariats et événementiel d’Orange

Orange est présent dans le rugby depuis douze ans. Nous sommes partenaires de la Fédération, de la Ligue, mais aussi de tous les clubs du Top 14, excepté Brive. En outre, nous soutenons une partie importante des clubs de Pro D2.

Dans son intervention, Serge SIMON a évoqué la combativité. Actuellement, la compétition a atteint une agressivité hors normes, et les valeurs de combativité sont très importantes pour une entreprise de la dimension d’Orange.

Orange compte environ 100.000 collaborateurs. Lors du Tournoi des six nations, lorsque nous organisons une opération de communication interne autour des matchs du XV de France, près de 20.000 collaborateurs participent aux différents concours.

Nous ne regrettons nullement notre choix, et souhaitons poursuivre sur cette voie. La cohésion et les valeurs de combativité sont les plus importantes pour nous.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Merci de toutes ces interventions, et je vous propose maintenant à ceux qui le souhaitent de prendre la parole.

maintenant à ceux qui le souhaitent de prendre la parole. Alain CALMETTE , Député du Cantal

Alain CALMETTE, Député du Cantal

Bonsoir à tous. La ville d’Aurillac est identifiée à son club de rugby. En début de semaine, les clients des cafés discutent du match qui s’est déroulé le week-end précédent, et en fin de semaine du match à venir le week-end suivant. Le rugby est donc tout à fait prégnant dans la ville.

Toutefois, quelques questions se posent quant à l’avenir du « rugby terroir », qui est un phénomène identitaire par rapport à une ville ou un village. Aujourd'hui, Aurillac est en Pro D2, et si le constat actuel est plutôt optimiste, il ne peut que se lier à une prévision relativement pessimiste pour l’avenir.

Tout d’abord, lorsque le rugby est devenu professionnel en 1995, nous pensions qu’Aurillac ne pourrait résister longtemps face à des villes telles que Lyon, Marseille ou Lille. Néanmoins, en 2013, nous sommes toujours en Pro D2, bien que nous ne bénéficiions que du quatorzième budget sur les seize clubs que compte la Pro D2.

En effet le budget du Stade aurillacois s’élève à 3,5 millions d’euros, contre 35 millions pour le Stade toulousain. Il existe donc entre les deux divisions professionnelles un rapport de 1 à 10, qui m’apparaît comme un problème.

Si cette tendance se poursuit, le « rugby terroir », dont nous sommes pour l’instant parvenus à endiguer le recul, n’existera plus d’ici cinq, dix ou vingt ans. Je suis pessimiste quant à l’avenir.

À Aurillac, les collectivités, c'est-à-dire la ville, le département et la région, sont à bout. En outre, aucune grande entreprise n’est sponsor principal, et nous sommes soutenus par diverses petites entreprises. À la différence de grands clubs soutenus par EADS, l’équipe d’Aurillac est soutenue par le garagiste et le boulanger du coin. La situation est diamétralement opposée.

Je précise que, si une grande entreprise souhaite investir dans un club d’avenir, qui représente les valeurs du « rugby terroir », je la recevrais avec grand plaisir à Aurillac.

Quoi qu’il en soit, je pense qu’il faut trouver une solution si nous souhaitons contenir la dérive du rugby, afin d’éviter qu’il ne devienne un sport piloté par l’argent. Et, pour ce faire, nous devons

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

13

trouver des règles permettant de ne pas dépasser cet écart de 1 à 10 entre le seizième club de Pro D2 et le premier club du Top 14.

Sinon, l’intérêt sportif lui-même s’en trouvera amoindri. Si le classement des clubs est indexé sur le montant de leurs budgets respectifs, le passage d’une division à l’autre, et le classement au sein de ces divisions, n’auront plus aucun sens.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Merci à Alain CALMETTE, et je donne la parole à Lucette LOUSTEAU, Députée du Lot-et- Garonne.

la parole à Lucette LOUSTEAU, Députée du Lot-et- Garonne. Lucette LOUSTEAU , Députée du Lot-et-Garonne Pour

Lucette LOUSTEAU, Députée du Lot-et-Garonne

Pour ma part, je n’ai pas pratiqué le rugby. Toutefois, à Agen, il est impossible d’ignorer ce sport.

En écoutant Alain CALMETTE, je me retrouve beaucoup dans ces propos : même tradition, même histoire, même attachement, mais aussi mêmes difficultés. Aujourd'hui, bien qu’Agen constitue le premier budget de la Pro D2, ce club rencontre des difficultés dans sa structure, au niveau de l’école de rugby, du centre de formation, et de tout ce qui fonctionne pour alimenter l’intérêt du public pour l’équipe professionnelle.

Depuis que le professionnalisme est arrivé à Agen, l’inquiétude ne nous a pas quittés, et les problèmes se sont accrus ces dernières années. Nous craignons désormais non pour l’avenir de l’équipe elle-même, qui devrait conserver sa place en Pro D2, mais pour les éléments qui y sont liés.

Il faut parvenir à un équilibre pour que tout le monde puisse vivre, et s’autoalimenter. Nous arrivons au terme de nos possibilités.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Merci, et je donne la parole à Marie-Thérèse SANCHEZ-SCHMID, Députée européenne de la région Sud-ouest.

Députée européenne de la région Sud-ouest. Marie-Thérèse SANCHEZ-SCHMID , Députée européenne de la

Marie-Thérèse SANCHEZ-SCHMID, Députée européenne de la région Sud-ouest

Bonsoir à tous. En effet, je suis Députée européenne de la région Sud-ouest, et ma circonscription réunit probablement une majorité des présents, ainsi que des clubs et des joueurs de rugby français.

J’aimerais vous remercier tous pour vos propos, qui proviennent du cœur et me parlent personnellement. Je suis originaire de Perpignan, et notre club de rugby fait partie de l’identité culturelle des Catalans. Pour une collectivité telle que Perpignan, l’USAP est très important.

D’autre part, ces propos me parlent aussi en tant que Députée européenne. Je suis membre de la Commission parlementaire qui réunit éducation, culture, jeunesse et sport. C’est la raison pour laquelle les thèmes de l’éducation ou de la cohésion sociale sont majeurs pour moi.

Au Parlement européen, le sport est une compétence relativement jeune, puisqu’elle fait suite au Traité de Lisbonne, qui date du 1 er décembre 2009.

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

14

Nous sommes moins intéressés par le fait de supporter des clubs sportifs qui n’en ressentent pas le besoin, que de développer des valeurs telles que celles que vous avez évoquées, et travailler à des soucis de cohésion et d’intégration sociale.

La politique européenne du sport peine à démarrer, et nous luttons pour obtenir des crédits. C’est pourquoi il est intéressant de vous écouter. Nous sommes avant tout intéressés par les valeurs du sport, et élaborons actuellement une politique afin d’aider les sports qui développent ces valeurs, ces souhaits d’intégration à la société.

Mais, pour ce faire, il nous faut savoir comment vous aider, et les finances sont limitées, aussi bien au niveau européen qu’au niveau local, dans les collectivités.

Au-delà du fait sportif et de la professionnalisation du rugby, il s’agit d’un élément très important à l’échelle du territoire, et je rappelle que le territoire est aussi l’un des thèmes de cette rencontre.

Il est possible que nous nous dirigions vers un soutien du secteur privé, à l’image du mécénat culturel. Il est important de se mobiliser pour le territoire. Il s’agit d’un élément de cohésion sociale, de solidarité, qui est très important.

L’Europe semble souvent loin, aussi bien aux citoyens qu’aux partenaires privés, mais nous avons besoin de vous pour mettre en place les politiques publiques.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Merci à Marie-Thérèse SANCHEZ-SCHMID, et je donne la parole à Didier MAISTO, de Sud

radio.

et je donne la parole à Didier MAISTO, de Sud radio. Didier MAISTO , Fiducial /

Didier MAISTO, Fiducial / Sud radio

Je souhaite simplement vous annoncer que Sud Radio, qui est la radio du rugby, vient d’être rachetée par Fiducial.

Nous avons signé une convention avec le CSA pour couvrir le Top 14 tout au long de l’année, et allons ainsi renouer avec les fondamentaux de Sud Radio, en diffusant tous les matchs du Top 14, en direct, depuis tous les stades de France.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Il s’agit d’une très bonne nouvelle, dont nous vous remercions. Je transmets la parole à Pierre AYLAGAS, Député des Pyrénées orientales, qui souhaite intervenir.

Député des Pyrénées orientales, qui souhaite intervenir. Pierre AYLAGAS , Député des Pyrénées orientales Je

Pierre AYLAGAS, Député des Pyrénées orientales

Je connais Paul GOZE depuis longtemps, pour l’avoir vu jouer en cadet, et l’ai même entraîné. J’ai aussi arbitré Serge SIMON, ainsi que l’équipe de Dax, où Pierre ALBALADEJO était dirigeant. Par ailleurs, j’ai été entraîneur de l’équipe de France universitaire, pendant quatre ans.

à cette carrière. À l’origine, j’étais

enseignant dans mon village, et le rugby a fait de moi un maire, un conseiller régional, et finalement un député.

Je

ne

m’attendais

pas

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

15

En enseignant le rugby, j’ai également enseigné les mathématiques, parce que je suis persuadé que les deux disciplines sont très proches. Elles demandent toutes deux beaucoup de rigueur, d’esprit d’équipe et de dévouement.

Le rugby mène à tout. L’un de mes anciens joueurs est devenu curé. Récemment, il a organisé une réception dans son village, où j’ai été convié. Bien que je sois athée, lorsque je suis arrivé, il a annoncé à tous les présents qu’il était devenu curé grâce à moi, parce que je lui avais toujours demandé de se dévouer pour les autres, dans le cadre du rugby.

Je suis persuadé que le rugby possède des valeurs exceptionnelles, et est une activité très éducative.

Il faut ajouter que les deux rugbys, professionnel et amateur, sont complémentaires. Ils doivent tous les deux exister.

Ensuite, les clubs professionnels disposent de centres de formation. Toutefois, il est certain que, si un club professionnel existait dans les Landes, il ne pourrait pas exister quarante équipes de cadets, parce que les centres de formation choisissent très tôt les trois ou quatre meilleurs joueurs de l’équipe, dès l’âge des minimes ou des cadets, pour ne pas payer les droits de formation.

Il faut que le rugby professionnel ne dérange pas les clubs de formateurs, puisque le travail le plus important doit être effectué non pas à treize ou quatorze ans, mais plus tard, lorsque les joueurs sont juniors. Il serait donc important que les centres de formation ne s’occupent pas des minimes et des cadets.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Merci Pierre AYLAGAS, et nous allons demander à Paul GOZE de vous répondre.

et nous allons demander à Paul GOZE de vous répondre. Paul GOZE , Président de la

Paul GOZE, Président de la ligue nationale de rugby (LNR)

Il est certain que le fait de sélectionner quelques joueurs peut déstabiliser une équipe, mais l’objectif des centres de formation est de former les joueurs, et ce travail est très difficile passé un certain âge. C’est pourquoi le fait de les choisir à seize ou dix-sept ans me paraît indispensable.

Cependant, il me semble qu’il n’existe pas de véritable déstabilisation de club, à l’exception de la situation qui a été rencontrée à Argelès-sur-Mer. C’est pourquoi il ne faut pas opposer les centres de formation et les clubs de tailles moins importantes.

Au contraire, nous travaillons actuellement à la formation, puisqu’il existe en effet des problèmes à résoudre. L’un des défauts principaux que nous rencontrons est le manque de formation et de travail technique avec les jeunes.

Aussi, nous souhaitons que les indemnités de formation ne soient plus payées au dernier club qui s’occupe d’un joueur, avant qu’il n’intègre un centre de formation professionnelle, mais qu’elle soit payées au fur et à mesure, tout au long de la carrière du joueur. La somme serait répartie sur l’ensemble des clubs qui ont formé le joueur.

Jusqu’ici, certains clubs qui n’avaient encadré un joueur que pendant une à deux années, percevaient une indemnité, alors que le joueur avait été formé par divers clubs depuis l’âge de six ou sept ans.

Le système que nous souhaitons mettre en place a été suggéré par Thomas SAVARE. Cela prouve qu’il est possible de disposer de peu d’expérience dans le rugby, et de proposer de très intéressantes idées.

Ainsi, il serait possible d’éviter le versement de très importantes sommes, que certains clubs ne peuvent payer, et d’agir afin que l’ensemble des clubs en bénéficie. Il s’agirait d’une avancée

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

16

majeure entre les clubs amateurs, qui détectent et forment les joueurs, et les clubs professionnels, qui bénéficient de ces joueurs lorsqu’ils atteignent un haut niveau.

Ensuite, en ce qui concerne Aurillac et Agen, le problème est lié au fait que le système français est basé sur les clubs, qui constituent l’entité de base du rugby. Il est très difficile d’organiser un sauvetage des clubs des villes petites et moyennes.

La seule idée permettant de mettre sur un pied d’égalité les clubs, grands et petits, est le modèle du sport professionnel américain, c'est-à-dire des franchises qui partagent dans un même sport l’ensemble des recettes, à égalité. Ainsi, l’ensemble des clubs peut se hisser au même niveau, et il existe une égalité parfaite.

Toutefois, je ne suis pas persuadé que ce modèle réponde à la culture française. Un club représenterait un territoire, et un système avec des franchises partageant l’ensemble des produits à égalité, télévisuels et sponsoring, serait mis en place. Mais un tel système ne serait pas nécessairement écouté, ou apprécié, par les Français. Les mentalités françaises ont toujours été habituées au sport de club.

De fait, à ce jour, ce modèle est à écarter. Toutefois, je ne sais pas comment agir afin qu’Aurillac ou Agen perdurent dans le Top 14 si des villes telles que Strasbourg, Lille, Nantes ou Rennes intégraient le rugby professionnel.

Les collectivités locales ont atteint leur maximum, et il est vrai que toutes les villes ne bénéficient pas des mêmes partenaires. Ainsi, EADS par exemple n’est présent qu’à Toulouse, et il n’existe pas de partenaire équivalent à Aurillac. Dans les plus petites villes, les partenaires sont multiples mais ne disposent pas de moyens suffisants pour faire vivre le club au-delà d’un certain niveau d’engagement.

Il ne s’agit pas d’une réponse enthousiasmante, mais il me semble qu’il n’existe pas de solution.

Gérard LECLERC, LCP-AN

Je propose à Jean-Jacques LOZACH, Sénateur de la Creuse et co-Président du Club Parlementaire, de conclure cette rencontre.

du Club Parlementaire, de conclure cette rencontre. Jean-Jacques LOZACH , Sénateur de la Creuse et

Jean-Jacques LOZACH, Sénateur de la Creuse et co-Président du Club Parlementaire

J’espère que vous avez tous passé une agréable soirée, organisée par le Club Parlementaire. Toutefois, cette soirée n’aurait pu se dérouler ainsi si elle n’avait été portée et mise en œuvre par André STAUT. J’aimerais également mentionner sa collaboratrice, et remercier le syndicat SIMAVELEC, qui nous a permis de revoir ces images historiques de la finale de 1963.

Notre Club Parlementaire organise régulièrement des soirées. La dernière traitait du sport scolaire en Europe, et s’était déroulée à Bruxelles. Quelques mois plus tôt, nous avions parlé du sport-santé, et de la problématique de l’obésité.

Nous abordons divers sujets, invitons des interlocuteurs de nombreux milieux, et vous êtes chaleureusement invités à nous rejoindre lors des manifestations futures.

Notre prochaine réunion se déroulera le 30 janvier 2014, sous forme de petit-déjeuner, et abordera la question du sport féminin. Elle aura lieu au stade Pierre de Coubertin, à l’occasion de l’organisation de l’Open GDF Suez de tennis.

Ce soir, deux notions sont revenues de façon régulière : la notion de valeur, liée au partage, à l’humilité, la solidarité ou la rigueur, ainsi que la notion de rugby en tant qu’ascenseur social.

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

17

Aujourd'hui, le rugby connaît une phase de mutation, et l’objectif est de conserver les références, ou valeurs, et de les concilier avec la mondialisation.

Les entraînements sont désormais sans lien avec ceux d’autrefois, et l’argent joue un rôle bien plus important que par le passé. Le sport est maintenant très médiatisé, et la nature du jeu a profondément changé. La morphologie des joueurs elle-même a évolué. Quoi qu’il en soit, ces mutations sont porteuses d’espoir, mais aussi de craintes.

Un point qui n’a pas été évoqué ce soir est celui de l’arrivée des agents dans le rugby. D’autres sujets auraient pu être abordés, tels que les liens entre le rugby et les banlieues, puisqu'il est clair que le rugby peine à pénétrer cette jeunesse, même si des contre-exemples existent. D’autre part, la question du rugby dans sa relation avec les événements internationaux aurait également pu être citée.

Lors de la Coupe du monde de rugby organisée en France en 2007, les retombées économiques avaient été estimées à 8 milliards d’euros. En période de crise, une telle somme serait bénéfique à la France.

En outre, la question des équipements aurait également pu être traitée, de même que celle de la retransmission des droits télévisés, puisqu’un véritable fossé sépare encore ceux du football et ceux du rugby.

Il faut noter que le rugby est le deuxième sport préféré des Français. Peut-être le lien entre le rugby de 1963 et celui de 2013 est-il le rugby comme élément de pacte républicain, comme facteur de cohésion sociale et nationale, ainsi que le précisait Serge SIMON.

Le rugby continue de construire son histoire, et ne se limite pas aux frontières d'un terrain.

En 1993, c'est-à-dire avant l’arrivée du professionnalisme, Denis TILLINAC avait écrit un ouvrage intitulé Rugby blues. Je n’ai cependant pas senti dans les propos des intervenants, ce soir, de réel blues, de réelle nostalgie, mais plutôt une volonté de s’adapter aux évolutions de la société. Il existe en outre un souci très net de préservation d’un certain nombre de références.

net de préservation d’un certain nombre de références. Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs,

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

18

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013 19
Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013 19
Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013 19
Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013 19
Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013 19
Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013 19
Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013 19
Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013 19

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

19

LISTE DES PRESENTS

!

" #

$ % $ % # &'

# #

$ % $ % # &'

#

(

) %

* *

#+,

%

-

$

., #

%% $& *

#

# , "

%% $& *

/

0 12

#

%

3

4

5

$

,

'

5

$

-

# %% % 66

7.

 

.

8 $

% % $ %

, .

%

* *

$

#

9 %

* * . :

# #

-

* * %

# : : 0., #

* * ;<

$

* * 0

#

 

/

* * 0

$

#

:

* * 0 '

,

* * % %: $ %

# #4

-

* * % 9 % 0*

4

* * % ' * * %: %

#

* * % ' * * %: %

* *

-

* *

-

* *

$

., #

(

=

* * 0 %<

$

, ,

* *

$

,# ,

* * %: : %

#

8

$

#

-

-

 

## , ,

   

$

#

8

4

$

% 7

#

3 - '

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

20

7

# , #

# 6* * &'

$

## #

(

'

> #

> #

(

: %

;

4#

-

;

   

:

 

$

#

$ )

 

?

.

@ . %

, #

 

$ %

#

*

:

#

 

/

& 0 * %

"

# # &'

,

 

7

$

%

#

* -

,

 

4

-@ %

$

#,

-@ %

$

,

-

$ *

$

. ": .

: -* <%

$ *

# : ' % A % &'

"

$

 

*

$

*

 

*

" .

(

:( ) %

* %

#

* $$

", #

# -

* 0

, #

# '$

* 0.*

"

%

* % ' * * %: ) %

#, 4

9 %

*

.

#

$

$

$

" # B

 

7

* * * *

##

- &

3 ' *

$

,4

3 ' *

# 4

(

-

8

#

- $ %

9 %

$

# #

3 %% *%

$

# 4

3 %% *%

$

# , .

* )

3 %% *%

,

*

3 %% *%

(

,

C

# #

Club Parlementaire Sport Economie Cité Rugby, valeurs, territoires 26 novembre 2013

21

)&" )* +,-. )+* / 01/
)&"
)* +,-. )+* / 01/

2 $ / $ 3 & " % & & ' & 4 5 & & % & " & & & %$ % 3 & % $ ! / 3 & & % " 6 & 57 $ !

2 3 & / $ 3 & 7' % & " 6 & & ""3 & 8 & & 3' % 3 & & $ & " 3 & 3 6 "" 3 $ & 8 && % & " % ! 2 / 3 & / $ % & 3 3 3 3 && 3 & 6 & ' 0 3 3 9 '& 3& / 3 & ' 63 0 !

2 / $ 3 & & % & " % :& # 3$ ; 4 & 6 &&3 < 3 & & = & & 3 57% = 3 5 & 0 & 63 & % 3 3 & & % & " % ; 3> &

& '

$ & 3 & ! 0 & & 6 "" & & & & 6 & & % & ;. %$ 3 & & 03& < / $ 4 3 ' 3 6 & 57% 6 & & 3 3 " & " & & & 3 !

2 $ & 0 @ . 3 & / $ " & A & 91 )1,,1 3 & 65 && / 01/ 3 3' & 6 ' & & ' & / 01/ " 5 $ 3 4 " & & !

?< 4 % & 3 &

'' & % %$

! " " " • % & ; < • . % & & &&
! " " "
• % & ; <
• . % & & && 3 " 3 ; & &<
• 1& & & ' % & " && 3 &
" && " ' & % ; &<
& % & "
• ; & &<
& % & " • ; & &< !" # $ % & !$ ' !"

!" # $ % & !$ ' !" (((! !"

!

# $ % &' 93 3 B #C && # $ ( 93 3 * ' 93 3 =. 7' ) * ' 93 3 # #/ ) &' 93 3 & &' 93 3 0 %% %% 93 3 0 A 53 3%8 0 - & 93 3 - & 5 * &' 93 3 - (#+ ' 93 3 2 ' 93 3 . #- % & ( , 93 3 B #0

% ,' 03& * - ' 03& 0 5 % (( 03& * ' 03&
% ,' 03& *
- ' 03& 0 5
% (( 03& *
' 03& *
' 03& / 3 & ' 63 0
(& ' 03& 0 %%
$ ( ( ' 03& D & 3
' 03& 2 &
" ( , 03& 0 & - %
( ' 03& - $ 5 &
) . &( , 03& D
- & 03& 2
' 93 3 3 & 3 & 6 & ' 0
9E F F C9 0 G F 2 ' 7 H& % # 261
* 3 I # -H F 0 &
/*+0 # 0 F 0 @ / 8 && 3

F 0 & /*+0 # 0 F 0 @ / 8 && 3 !" # $

!" # $ % & !$ ' !" (((! !"

" $ !

/0 12// 3 9:& # 3$ " $ !4 /5 6 12// 9:& # 3$
/0 12// 3 9:& # 3$ " $ !4
/5 6 12// 9:& # 3$ & 3 & 5 .H,+J
E & *)K,) 5 8 +* )221
57% 7 " " " 8 " " 9
/: " ! 12// 9:& # 3$ & 3 & , 5 .,B.A
! 9 & A)2.2).* " # E &#
2 9H .,1 ! $ % ! !& ' 9 & -.001C2).
( 57% 7 " " #$ 4 &# #8 3 " 8 ;
" < 94 H& 3$ # & %3 & 3 & 1 && -+. ) & $ )
= $# ! 12// 9:& # 3$ &L ,H/J E &# &L D)2+ 1
!*+ & & 3 & /.-+H * /3 & /+B1* A & /+,*H ,
/3 & )*+* ! + & - 5 -+,1H)2 & 57% 7 8 > 6 > $
?# $ " 3 ? > $ " @ 94 H& 3$ # & %3 & 3 & 0 & &
/.00)*)
# )
A/ 6 8 12/1 9 & # 3$ A ' 91J9)1, # E & *)K,) &L
E.H ,1 # 2.0 .,CH1 - C $ J01,* # 57% 7 @ " "
" 8 $ > "#' # $ ? B " " 94
A 6 " 12/1 9 & # 3$ 3 3 0 5 .H/+*)1 E &#E
2+K./B & 3 & 9 & -.001C2). ( . 9 &
/+0 .* )*) ! . ( . + M21)* / ) $ 01D1,)*+ ( 57%
7 " % C D ' ) > > D $ $ 9!
/A 8 ! 12/1 3 9 & # 3$ 3 3 0 5 .H/+*)1 E &#E
2+K./B & 3 & &L .,A.H2 / %% & 1 3 && # .&&
A,.001H, 0 A & /+,*H , 1 9 & -.001C2). ( # 5 8 HE+2 + 0
0 ' 0)-+* 0 E &# &L D)2+ 1. !*+ & 0 C $ J01,* # 57% 7 " "
" @ 9!

1E 6 8 12/A 3 9 & # 3$ & 3 & ,3' EH.*)/+ &

E &# 910 ,10 2 * 0 2

3 - & 9H/2+0. ,0 4 4, ! 57% 7 " F "#4 ? !# "# 6 $ " ! 94

// 6 " 12/A 4 A 3 7 " G H# ' " 8 #
// 6 " 12/A 4 A 3 7 " G H# ' " 8
# 9
1= 8 ! 12/A 3 9:& # 3$ 7 ( +!D' 8 " " " 9 # ' & 3 6.%
% & , '$8 & %3 C3 21/21,/ & & 3 & .2A.2.91E+ , 5
F + 91 A.)221*N 67 , 50 F C+K1 & * F N
2./.,/1 "8 8 9 F 5 % 0.D.,1 : F0 ' 0)-+*
8 8 !
8 9 F 5 % 0.D.,1 : F0 ' 0)-+* 8 8 ! !" # $

!" # $ % & !$ ' !" (((! !"