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Université IBN TOFAÏL

Faculté des Sciences

Département de Mathématiques

Filière: SMP et SMC

Semestre S1

Cours d’Analyse I

Automne 2012

Chapitre 4: Continuité

Pr. Ch. Bensouda

Chapter 1 Continuité d’une fonction réelle d’une seule variable réelle:

1.1 Définitions:

Définition:

- Une fonction f ∈ F (R) est dite continue en a D f si elle admet une limite en a vérifiant

xa lim f(x)=f(a).

Ainsi; pour tout ε > 0, il existe η > 0 tels que pour tout x D f

si

|x a| ≤ η alors |f (x) f (a)| ≤ ε.

- Une fonction f ∈ F (R) est dite continue sur A D f si elle est continue en tout point a A. Remarques:

- Toute fonction polynôme

Exemple:

- La fonction

P(x)=

n

k=0

a k x k est continue sur R.

P(x)=x 5 3x 4 x 3 +x 2 +2x+7

est continue sur R. En représentation graphique; on a

10 5 -2 -1 0 1 x 2 3 0 -5 -10 -15 -20
10
5
-2
-1
0
1
x 2
3
0
-5
-10
-15
-20

y=x 5 3x 4 x 3 +x 2 +2x+7

- Les fonction exponentielle et logarithme sont continues sur leurs domaines

respectifs

- Les fonction circulaires sinus et cosinus sont continues sur R. En représenta- tion graphique; on a

2 1 -4 -2 0 0 2 4 x -1 -2
2
1
-4
-2
0
0
2
4
x
-1
-2

y = sin x et y = cos x

Définition (à gauche):

- Une fonction f ∈ F (R) est dite continue à gauche de a D f si elle admet une limite à gauche en a vérifiant

lim a f(x)=f(a).

x

<

- Ainsi; pour tout ε > 0, il existe η > 0 tels que pour tout

x D f

si 0 a x η alors |f (x) f (a)| ≤ ε.

Exemple:

- En tout point k Z, la fonction partie entière est continue à droite de k et discontinue à gauche. En représentation graphique; on a

4 2 -4 -2 0 0 2 4 x -2 -4
4
2
-4
-2
0
0
2
4
x
-2
-4

Proposition:

y=E(x)

- Une fonction f ∈ F (R) est continue en a D f si, et seulement si, elle est continue à droite et à gauche de a. Exemples:

- La fonction

est continue en 0.

- La fonction

f(x)=

x

3

2

E(x)1

x

3

+2

2+E(x)

si

si

x < 0 x 0

f(x)= ln (1 + x 2 ) 1 si x

1x 2

< 0

si x 0

est continue sur R et discontinue en 0.

1.1.1 Propriétés:

Soient f, g ∈ F (R) deux fonctions continues en

Alors:

a(D f D g ).

- La fonction somme (f + g) est continue en

aD (f+g) =(D f D g ).

- La fonction produit (f.g ) est continue en

aD (f.g) =(D f D g ).

- Si g (a) = 0 alors le quotient f est continue en

g

aD ( f ) ={a(D f D g ) / g(x) =0}.

g

Ainsi; toute fraction rationnelle

F(x)=

P(x)

Q(x)

est continue sur son domaine

Exemple:

- La fonction

est continue sur

D F ={xR / Q(x) =0}.

F(x)= x x 3 2 +x +x2 2 7

D F = R\ {−2, 1}

En représentation graphique; on a

20 10 -4 -2 0 2 x 4 0 -10 -20 -30 y= x 3
20
10
-4
-2
0
2
x 4
0
-10
-20
-30
y= x 3 +x 2 −7
x
2 +x−2

Fonctions composées:

Soient f, g ∈ F (R) deux fonctions réelles d’une variable réelle.

- Si la fonction f est continue en a D f et la fonction g est continue en b=f(a)D g alors la fonction (g f ) est continue en

Exemple:

- La fonction

a D (gf) .

f (x) = tan (sin (ln (1 + e x )))

est continue sur domaine R. En représentation graphique; on a

2 1 -2 -1 0 0 1 2 3 4 5 x -1 -2
2
1
-2
-1
0
0
1
2
3
4
5
x
-1
-2

y = tan (sin (ln (1 + e x )))

1.1.2 Suites récurrentes:

Définition:

- Une suite (U n ) n0 de nombres réels est dite suite récurrente s’il existe une fonction f ∈ F (R) telle que

Proposition:

U n D f

=f(U n ) ;n0.

U n+1

- Soit (U n ) n une suite récurrente définie par f ∈ F (R), une fonction croissante sur D D f avec

U n D;n0.

Alors la suite (U n ) n est monotone.

- La suite (U n ) n0 est croissante si

U 0 f(U 0 )=U 1 .

- La suite (U n ) n0 est décroissante si

U 0 f(U 0 )=U 1 .

- Si de plus; la fonction f est continue et la suite (U n ) n0 est convergente alors nécessairement la limite l R vérifie l’égalité

Exemples:

f (l) = l.

- La suite récurrente (U n ) n donnée par

U 0 =1

U n+1 = U n +6;n0

est définie par la fonction continue et croissante

f

:

R + −→R +

x

−→ x+6

 

- On a

U 1 = f (1) = 7>1=U 0 .

La suite (U n ) n est donc croissante.

- L’équation

f(x)= x + 6 = x ou encore x 2 x6=0

admet deux solutions

x 1 = 2 < 0 et x 2 =3>0.

- On démontre, par récurrence, que la suite croissante (U n ) n est majorée par 3. Il s’en suit que la suite (U n ) n est donc convergente et on a

lim U n =3.

n

- En représentation graphique, on a

4 3 2 1 -1 0 0 1 2 3 4 x -1
4
3
2
1
-1
0
0
1
2
3
4
x
-1

y= x+6

- La suite récurrente (V n ) n donnée par

V 0 =c>0 V n+1 =(V n + 1) 2 ;n0

est définie par la fonction continue et croissante

g

:

R + −→R +

x

−→

(x + 1) 2

- On a

V 1 = g (c) = (c + 1) 2 >c=V 0 .

La suite (V n ) n est donc croissante.

- L’équation

g (x) = (x + 1) 2 = x ou encore x 2 +x+1=0

n’a pas de solutions R.

- La suite croissante (V n ) n est divergente et on a

lim V n =+.

n

- En représentation graphique, on a

4 3 2 1 -1 0 0 1 2 3 4 x -1
4
3
2
1
-1
0
0
1
2
3
4
x
-1

y = (x + 1) 2

- Pour tout a > 0, la suite récurrente (W n ) n donnée par

W 0 =c>0

W n+1 =

2 W n +

1

W n ;n0

a

est à terme positifs et définie par la fonction continue

h a

x

:

]0, +[ −→ ]0, +[

−→ 1 2 x+

a

x

- L’équation

h a (x)= 2 x+ a = x ou encore 2x ax 2 =0

x

1

1

admet deux solutions

x 1 = a < 0

et x 2 = a>0.

- On a

W n+1 a= 2 W n + W n a= 2W n W n a 2

1

a

1

Il s’en suit que

W n+1 a ; n0.

- De plus pour tout x, y a; on a

h a (y)h a (x)

yx

= 1

2 1xy 0.

a

La fonction

1

h a (x)= 2 x+

a

x

est donc croissante sur [ a, +[. En représentation graphique, on a

6 5 4 3 2 1 -1 0 0 1 2 3 4 5 6
6
5
4
3
2
1
-1
0
0
1
2
3
4
5
6
x
-1
1
y= 2 x+
5
x

- On a

W 2 W 1 = 2 W 1 + W 1 W 1 = 2W 1 a(W 1 ) 2 <0.

1

a

1

La suite (W n ) n1 est décroissante minorée par a. Donc convergente et on a

lim W n = a.

n

1.2 Théorème des valeurs intermédiaires:

1.2.1 Théorème:

- Soit f ∈ F (R) une fonction continue sur [a, b]. - Si f (a) et f (b) sont de signe contraires alors il existe au moins un

c ]a, b[ tel que f

(c) = 0.

On écrit

f continue sur [a, b] (f (a)) . (f (b)) < 0

Exemple:

- La fonction

alors

c ]a, b[ tel que f (c) = 0 .

f(x)=1+x 2 +x 5 ;xR

est continue sur [2, 1] et vérifie

(f (1)) (f (2)) = 54 < 0.

D’après le théorème des valeurs intermédiaires; il existe

2 < c < 1 tel que 1 + c 2 +c 5 =0.

- En représentation graphique, on a

4 2 -3 -2 -1 0 0 1 2 3 x -2 -4
4
2
-3
-2
-1
0
0
1
2
3
x
-2
-4

y=1+x 2 +x 5

- Plus généralement; tout polynôme de degré impair admet au moins une solu- tion réelle. En effet:

Soit P (x) un polynôme de degré impair. On a

x P (x) = −∞ et lim

lim

x+ P(x)=+.

Pour A = 1, il existe B > 0 tel que

P (x) ≤ −1 ; x ≤ −B et que P (x) 1 ; x B.

D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe au moins

c R tel que P (c) = 0.

1.2.1.1 Conséquences:

- Une fonction continue sur un intervalle qui ne s’annule jamais garde un signe constant. Exemple:

- La fonction

et l’équation

f(x)= 1+x 2 x est continue sur R

f (x) = 0 n’a pas de solution

avec

donc la fonction

f (0) = 1 > 0

1+x 2 x>0 ; xR.

- En représentation graphique, on a

10 8 6 4 2 -4 -2 0 0 2 x 4
10
8
6
4
2
-4
-2
0 0
2
x 4

y= 1+x 2 x

- Une fonction continue sur un intervalle [a, b] prends toutes les valeurs com- prises entre

f (a) et f (b) .

En effet:

Soit f ∈ F (R) une fonction continue sur [a, b] et soit v R une valeur comprise strictement entre f (a) et f (b). La fonction

g (x) = f (x) v est continue sur [a, b]

et vérifie

(g (a)) . (g (b)) = (f (a) v) . (f

(b) v) < 0.

D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe

c ]a, b[ tel que g (c) = 0

ou encore

c ]a, b[ tel que f (c) = v.

1.2.2 Théorème:

- Tout fonction continue sur un intervalle [a, b] est bornée et atteint ses bornes. Plus précisément; soit f ∈ F (R) une fonction continue sur [a, b]. Alors; il existent α, β [a, b] tels que

En effet:

t[a,b] (f (t)) = f (α) V f et sup

inf

t[a,b] (f (t)) = f (β) V f .

- Nous admettons que toute fonction continue sur un intervalle [a, b] est bornée

et nous montrons que toute fonction continue sur un intervalle [a, b] atteint ses bornes.

- Soit f ∈ F (R) une fonction continue sur un intervalle [a, b]. Posons

t[a,b] (f (t)) := m R et sup

inf

t[a,b] (f (t)) := M R.

- D’une part; supposons que pour tout x [a, b]

f (x) > m = t[a,b] inf (f (t)) .

La fonction

1

g(x)= f(x)m ; x [a, b]

est continue donc bornée. Il existe alors γ > 0 tel que

ou encore

1

0< f(x)m γ

;

x [a, b]

1

f(x)m+ γ > m , impossible.

Il existerait alors α [a, b] tel que

t[a,b] (f (t)) = f (α) V f .

inf

- D’autre part; supposons que pour tout x [a, b]

f (x) < M = sup t[a,b] (f (t)) .

La fonction

1

h(x)= Mf(x) ; x [a, b]

est continue donc bornée. Il existe alors δ > 0 tel que

ou encore

1

0< Mf(x) δ ; x [a, b]

f(x)M1 δ < M , impossible.

Il existerait alors β [a, b] tel que

Exemple:

- La fonction

t[a,b] (f (t)) = f (β) V f .

sup

f(x)=13 1x 2

est continue sur son domaine [1, 1]. On a

t[1,1] inf (f (t)) = 2 = f (0) V f

et on a

t[1,1] sup (f (t)) = 1 = f (1) = f (1) V f

En représentation graphique, on a

3 2 1 -3 -2 -1 0 0 1 2 3 x -1 -2 -3
3
2
1
-3
-2
-1
0
0
1
2
3
x
-1
-2
-3

y=13 1x 2

1.3 Fonctions réciproques:

1.3.1 Théorème d’inversion:

- Toute fonction continue strictement monotone sur un intervalle [a, b] est injec- tive. - Soit

f

x −→

:

[a, b] −→ R f(x)

continue et strictement monotone. On pose

On a alors

f (α) = inf

t[a,b] (f (t)) R et f (β) = sup

t[a,b] (f (t)) R.

f ([a, b]) = {f (x) / x [a, b]} = [f (α) , f (β)]

et la fonction

[a, b] −→ [f (α) , f (β)] x −→ y=f(x)

f

:

est bijective. Elle admet une fonction réciproque

f 1

:

[f (α) , f (β)] −→ [a, b]

y −→ f 1 (y)=x

continue de même sens de variation que f définie par

f 1 (y) = x ssi

x [a, b]

y = f (x) f ([a, b]) .

1.3.1.1 Applications:

- La fonction carré

y=x 2 R + ; xR

est continue strictement croissante sur [0, +[ donc injective, bijective de [0, +[ sur [0, +[. Elle admet une fonction réciproque

:

y −→

[0, +[ −→ [0, +[

y

continue strictement croissante définie par

y = x ssi

x [0, +[ y=x 2 [0, +[ .

En représentation graphique, on a

7 6 5 4 3 2 1 0 0 1 2 3 5 6 7
7
6
5
4
3
2
1
0 0
1
2
3
5
6
7
x 4

y=x 2 et y = x

- La fonction exponentielle

y=e x R + ;xR

est continue strictement croissante sur R donc injective, bijective de R sur R Elle admet une fonction réciproque

ln

:

]0, +[ −→ R

y

−→

ln y

continue strictement croissante définie par

ln y = x ssi

xR y=e x R

+

.

En représentation graphique, on a

+

.

6 4 2 -4 -2 0 0 2 4 6 x -2 -4
6
4
2
-4
-2
0
0
2
4
6
x
-2
-4

y=e x et y = ln x

- La fonction sinus

y = sin x [1, 1] ; x

R

est continue strictement croissante sur π donc injective, bijective de π , π

sur [1, 1]. Elle admet une fonction réciproque

, π

2

2

2

2

arcsin

 

[1, 1] −→ π 2 , π 2

:

y

−→ arcsin y

 

continue strictement croissante définie par

arcsin y = x ssi

x π , π

2

2

y = sin x [1, 1] .

En représentation graphique, on a

2 1 -1 -0.5 0 0 0.5 x 1 -1 -2
2
1
-1
-0.5
0 0
0.5
x 1
-1
-2
2 1 -1 -0.5 0 0 0.5 1 x -1 -2
2
1
-1
-0.5
0
0
0.5
1
x
-1
-2

y = sin x

- La fonction cosinus

y = cos x [1, 1] ;

x R

y = arcsin x

est continue strictement décroissante sur [0, π] donc injective, bijective de [0, π] sur [1, 1]. Elle admet une fonction réciproque

arccos

:

[1, 1] −→ [0, π]

y

−→ arccos y

continue strictement décroissante définie par

arccos y = x ssi

En représentation graphique, on a 2 1 0 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
En représentation graphique, on a
2
1
0
0
0.5
1
1.5
2
2.5
3
x
-1
-2

x [0, π]

y = cos x [1, 1] .

3 2 1 -2 -1 0 0 1 2 x -1
3
2
1
-2
-1
0
0
1
2
x
-1

et

y = cos x

y = arccos x

- La fonction tangente

y = tan x R ; x D tan

est continue strictement croissante sur π , π donc injective, bijective de π , π sur R. Elle admet une fonction réciproque

2

2

2

2

arctan

:

R −→ π 2 , π 2

y −→ arctan y

continue strictement croissante définie par

arctan y = x ssi

x π , π y = tan x R .

2

2

En représentation graphique, on a

8 6 4 2 -1.5 -1 -0.5 0 0 0.5 1 1.5 x -2 -4
8
6
4
2
-1.5
-1
-0.5
0
0
0.5
1
1.5
x
-2
-4
-6
-8

y = tan x

1.5 1 0.5 -6 -4 -2 0 0 2 4 6 x -0.5 -1 -1.5
1.5
1
0.5
-6
-4
-2
0
0
2
4
6
x
-0.5
-1
-1.5

y = arctan x