NOTE

DE CONJONCTURE








REPRISE POUSSIVE





DÉCEMBRE 2013









I NSEE CONJONCTURE
SOUS EMBARGO JUSQU'AU 19 DÉCEMBRE 2013 A 22H00
NOTE DE
CONJONCTURE
Décembre 2013
© Insee 2013
Institut national de la statistique et des études économiques
Directeur général : Jean-Luc Tavernier
Direction générale : 18 boulevard Adolphe Pinard - 75 675 PARIS Cedex 14
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Secrétariat
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Les Notes de conjoncture ainsi qu’un lexique « Les mots
de la conjoncture » sont disponibles dès leur parution
sur le serveur internet de l’Insee dans la rubrique
Conjoncture - Analyse de la conjoncture à l’adresse :
www.insee.fr.
ISSN 0766-6268
Impression d’après documents fournis
JOUVE - PARIS
Rédaction achevée le 12 décembre 2013
REPRISE POUSSIVE
VUE D’ENSEMBLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
CONJONCTURE FRANÇAISE

Retour sur la précédente prévision. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

Production. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61

Environnement international de la France. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65

Échanges extérieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68

Emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

Chômage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77

Prix à la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

Salaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84

Revenus des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86

Consommation et investissement des ménages. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90

Résultats des entreprises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93

Investissement des entreprises et stocks . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
DÉVELOPPEMENTS INTERNATIONAUX

Pétrole et matières premières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101

Marchés financiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104

Zone euro. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111

Allemagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115

Italie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116

Espagne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117

Royaume-Uni . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118

États-Unis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119

Japon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120

Économies émergentes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
DOSSIERS

En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

À la recherche de la productivité britannique perdue. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
COMPTES DES PAYS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .124
COMPTE ASSOCIÉ DE LA FRANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
ÉCLAIRAGES

Quels effets attendre du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en 2014 ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74

Hausse des taux de TVA et effet du CICE : des impacts opposés sur l’inflation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82

Quantitative Easing : quels effets sur l’économie américaine ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106

Les écarts d’inflation au sein de la zone euro reviennent progressivement en ligne avec les fondamentaux . . . . . . . . . . 112
Reprise poussive
C
omme prévu dans le Point de conjoncture
d’octobre, l’activité au troisième trimestre
2013 est restée globalement décevante dans les
économies émergentes et dynamique dans les
économies avancées. La demande extérieure
adressée à la France a décéléré, notamment du fait
du net ralentissement des importations de nos
partenaires européens.
Au quatrième trimestre 2013, le climat des affaires
retracé dans les enquêtes de conjoncture continue
de s’améliorer dans l’ensemble des économies
avancées, ce qui laisse attendre une poursuite de
l’embellie. En particulier, l’activité dans la zone euro
devrait continuer de croître à l’horizon de la
prévision (+0,3 % chaque trimestre), grâce à une
modération de la consolidation budgétaire, un
redressement de l’investissement après un
ajustement très prononcé et à une baisse de
l’épargne de précaution des ménages. Dans les
économies émergentes, la situation est hétérogène,
mais de manière générale la croissance ne devrait
pas s’améliorer franchement.
La demande extérieure adressée à la France
retrouverait à l’horizon de la prévision un rythme de
progression soutenu et régulier d’ici mi-2014.
Cependant, le profil de l’activité en France serait
relativement marqué, avec une progression du PIB
de 0,4%au quatrième trimestre 2013, puis de 0,2%
aux premier et deuxième trimestres 2014.
Le dynamisme attendu au quatrième trimestre serait
dû à la conjonction de plusieurs effets. Tout d’abord,
des cont recoups favorabl es sont at t endus
concernant l’investissement des entreprises en
ser vi ces et l es expor t at i ons en pr odui t s
manufacturiers, qui ont chuté au troisième trimestre
bien au-delà de ce que laissent supposer leurs
déterminants. En outre, les ménages anticiperaient
certaines dépenses en raison du déblocage de
l ’ épar gne sal ar i al e, du dur ci ssement du
bonus/malus automobile au 1
er
janvier et de la
hausse des taux de TVA au 1
er
janvier 2014.
Ce rebond anticipé au quatrième trimestre est
confirmé par les données d’activité disponibles fin
octobre et les enquêtes de conjoncture : le climat
des affaires s’est fortement amélioré au troisième
trimestre, et ce dans tous les secteurs. En revanche,
la pause que les soldes d’opinion marquent depuis
deux mois, notamment du fait du fléchissement des
perspectives personnelles d’activité déclarées par
l es chef s d’ent repri se, l ai sse at t endre un
ralentissement début 2014, résultant du manque de
dynamisme des différents postes de demande :
- la progression de l’investissement serait freinée
par l’absence de reprise dans la construction, alors
qu’a contrario le redressement des perspectives
d’activité la soutiendrait.
- malgré l’amélioration sur le front de l’emploi en
2014, le pouvoir d’achat des ménages manquerait
d’impulsion. D’une part, la progression de l’emploi
total resterait faible : le CICE enrichirait la
croissance en emplois, mais le redressement de
l’activité serait insuffisant pour permettre une reprise
de l’emploi marchand. D’autre part, les gains de
salaires réels observés en 2013 du fait de la baisse
non anticipée de l’inflation s’estomperaient en
2014. Ainsi, la consommation des ménages
progresserait à peine au premier semestre 2014.
- les exportations seraient, au premier semestre
2014, moins dynamiques que la demande
extérieure, car elles seraient pénalisées par
l’appréciation passée de l’euro, ainsi que par les
pertes tendancielles de part de marché, certes
moindres depuis la crise.
Ce scénario est soumis à de nombreux aléas. Les
exportations françaises pourraient être plus
dynamiques, en particulier si le retour de la
confiance se confirme chez nos partenaires
d’Europe du Sud. A contrario, l’ampleur du
redémarrage de l’investissement des entreprises est
toujours très incertaine en phase de reprise. Plutôt
lent en France dans notre scénario, il pourrait même
être différé, du fait de la modestie des anticipations
de croissance.
Vue d’ensemble
Décembre 2013 7
L’activité est restée dynamique dans les économies avancées
au troisième trimestre 2013
L’activité est restée dynamique
dans les économies avancées
au troisième trimestre 2013
Au troisième trimestre 2013, la croissance des économies avancées a été
légèrement plus forte (+0,5 % après +0,6 %) que prévu dans le Point de
conjoncture d’octobre 2013 (+0,4 %). Le dynamisme de l’activité s’est confirmé
aux États-Unis (+0,9 % après +0,6 %) et au Royaume-Uni (+0,8 % après
+0,7 %). À l’inverse, l’activité a ralenti au Japon (+0,3 %après +0,9 %) et dans
la zone euro (+0,1 % après +0,3 %).
La sortie de récession se
confirme dans la zone euro
Au troisième trimestre 2013, le PIB de la zone euro a progressé de 0,1 %,
confirmant sa sortie de récession. Le ralentissement par rapport au deuxième
trimestre (+0,3 %) tient à une baisse des exportations touchant l’ensemble des
pays de la zone. La consommation privée s’est également tassée, notamment en
Allemagne.
Les économies émergentes ont
faiblement accéléré
Dans les économies émergentes, l’activité aurait accéléré, principalement en
Chine et dans les PECO. Le rythme de progression de l’activité des émergents
reste néanmoins très en deçà de son rythme d’avant-crise (+1,7 % en moyenne
de 2000 à 2008).
En France, l’activité a légèrement reculé au troisième
trimestre 2013
Le PIB français
a légèrement reculé
au troisième trimestre 2013
L’activité a légèrement reculé en France au troisième trimestre 2013 (-0,1 %
après +0,5 %). Le recul a été plus net dans l’industrie manufacturière (-1,0 %
après +2,0 %), du fait de la forte baisse de ses exportations (-1,9 % après
+2,8 %). La production des services marchands a également reculé (-0,1 %
après +0,7 %), notamment sous l’effet d’entraînement de la branche
manufacturière. De plus, par contrecoup du premier semestre où les
températures, inférieures aux normales saisonnières, avaient soutenu les
dépenses de chauffage des ménages, la production d’énergie a nettement reculé
au troisième trimestre (-1,5 %après +2,1 %). Enfin, l’activité dans la construction
a continué de se contracter (-0,5 % après -0,6 %), notamment la production de
nouveaux bâtiments, alors que l’entretien du logement s’est légèrement redressé.
Les échanges mondiaux seraient dynamiques et le cours du
pétrole élevé d’ici mi-2014
Le commerce mondial serait
dynamique d’ici mi-2014
Le commerce mondial de biens a fortement accéléré au troisième trimestre 2013
(+1,1 % après +0,3 %). Les échanges dans les pays avancés ont nettement
ralenti, notamment dans la zone euro, mais les échanges asiatiques se sont
redressés. D’ici mi-2014, les échanges progresseraient de 1,5 %par trimestre, se
rapprochant ainsi de leur croissance moyenne d’avant-crise, sous l’effet de
l’amélioration de la situation économique dans les économies avancées,
particulièrement dans la zone euro, tandis que les économies émergentes
retrouveraient un dynamisme suspendu au premier semestre 2013.
Malgré un marché physique
peu tendu, le prix du pétrole
resterait élevé
Au troisième trimestre 2013, le prix du pétrole s’est nettement accru, en raison
des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont culminé fin août. Ces
tensions se sont en grande partie résorbées et le prix du Brent est revenu à un
niveau proche du palier atteint au printemps (110$). Au quatrième trimestre, le
marché physique serait à nouveau peu tendu, car la demande déclinerait dans
les pays avancés. Au premier semestre 2014, malgré les difficultés rencontrées
par plusieurs pays de l’Opep, l’offre mondiale de pétrole serait dynamique,
portée par une production toujours soutenue aux États-Unis et un regain de
vigueur en Russie, en Asie Centrale et en Amérique Latine. L’augmentation
attendue de l’offre de pétrole (+1,3 Mbpj en glissement annuel) devrait donc
couvrir l’augmentation prévisible de la demande d’ici juin 2014. En prévision, le
prix du baril de pétrole est figé à 110$.
8 Note de conjoncture
Vue d'ensemble
Le climat conjoncturel resterait plus favorable dans les
économies avancées d’ici mi-2014
La reprise se prolongerait
dans les économies avancées
Dans les économies avancées, le climat conjoncturel global, qui s’était
nettement amélioré cet été, reste favorable en novembre et l’activité resterait
ainsi dynamique d’ici mi-2014 (+0,4 % au quatrième trimestre 2013, +0,5 %
au premier trimestre 2014 et +0,3 % au deuxième). Aux États-Unis, la
consommation des ménages et l’investissement des entreprises continueraient de
soutenir l’activité, même si la hausse des taux d’intérêt provoquerait un
ralentissement du marché immobilier et que la consommation publique se
contracterait au quatrième trimestre sous l’effet du « shutdown ». L’économie
japonaise croîtrait assez nettement fin 2103 et début 2014, mais ralentirait au
deuxième trimestre : la hausse de 3 points de la TVA au 1
er
avril 2014 ferait en
effet baisser la consommation au deuxième trimestre 2014, mais, à l’inverse,
inciterait les ménages à anticiper leurs achats aux trimestres précédents. Au
Royaume-Uni, la reprise resterait vigoureuse : l’investissement et la
consommation repartiraient nettement, grâce en particulier à la reprise du
marché immobilier. Dans la zone euro, la moindre consolidation budgétaire,
l’amélioration des anticipations, et la nécessité de renouveler les capacités
productives, après l’ajustement marqué de l’investissement, permettraient une
croissance modérée, malgré un marché du travail toujours dégradé.
La divergence entre économies
émergentes persisterait
Depuis août, selon les enquêtes dans les économies émergentes, l’activité
globale retrouverait un peu d’élan. Au-delà de ce constat d’ensemble, la
divergence observée au premier semestre 2013 se prolongerait
(cf. graphique 1). En Chine, la croissance se maintiendrait : le relâchement des
contraintes de crédit soutient, à court terme, la reprise du marché immobilier et
porte l’ensemble de l’activité. Les économies situées à l’est de la zone euro
bénéficieraient quant à elles de la reprise européenne. Àl’inverse, dans les autres
économies émergentes, selon les enquêtes, le climat conjoncturel s’est fortement
dégradé cet été et reste à un niveau bas, en particulier dans le secteur
manufacturier. Parallèlement, les resserrements monétaires couplés aux
importantes dépréciations des monnaies des pays à fort déficit courant (Inde,
Brésil, Indonésie, Turquie) pèseraient sur les débiteurs largement endettés en
dollars et l’activité marquerait le pas.
Décembre 2013 9
Vue d'ensemble
1 - Divergences au sein des pays émergents
Dernier point : novembre 2013
Sources : Markit, calculs Insee
La zone euro retrouverait la croissance
Les conditions financières
restent accommodantes
Les conditions financières restent accommodantes dans les économies
avancées. La hausse des taux longs observée durant l’été 2013, conséquence de
l’incertitude sur la poursuite de l’assouplissement monétaire américain, s’est
interrompue à partir de septembre, et a même été partiellement effacée. Tandis
que les pays perçus comme financièrement les plus solides continuent de profiter
d’excellentes conditions de financement de leur dette souveraine, les taux
d’intérêt refluent dans d’autres pays qui avaient connu plus de difficultés depuis le
début de la crise des dettes souveraines européennes (Irlande et, dans une
moindre mesure, Espagne et Italie).
La BCE continue de soutenir
le marché monétaire
Dans la zone euro, la politique monétaire reste expansionniste, avec le souci de
maintenir l’accès à la liquidité des banques européennes. Début novembre,
réagissant notamment à la faiblesse de l’inflation dans la zone euro (+0,7 % en
octobre), la BCE a décidé une baisse de 0,25 point de son principal taux
directeur, à 0,25 %. La BCE s’est également déclarée prête à intervenir si les
conditions de financement interbancaire venaient à se tendre, y compris par la
mise en place d’une nouvelle opération de refinancement à très long terme, sur
le modèle de celles effectuées en décembre 2011 et février 2012.
Les enquêtes de conjoncture
signalent une poursuite de
l’amélioration dans
la zone euro
Dans la zone euro, selon les enquêtes, le climat conjoncturel se redresse depuis
mi-2013. Le climat des affaires dans l’industrie est ainsi dans la zone d’expansion
depuis octobre (cf. graphique 2), pour la première fois depuis 2011. L’activité
dans la zone euro retrouverait donc un peu d’élan d’ici mi-2014 (+0,3 % par
trimestre), portée notamment par la demande intérieure dans un contexte de
moindre consolidation budgétaire. La divergence conjoncturelle au sein de la
zone euro se résorberait en partie : l’activité serait dynamique en Allemagne et,
dans une moindre mesure, en France, tandis que l’Espagne rejoindrait
progressivement leur rythme de croissance. En revanche, l’activité ne
progresserait que faiblement en Italie.
La consommation augmenterait
faiblement dans la zone euro
Dans la zone euro, la consolidation budgétaire perdrait en intensité, le recul de
l’emploi s’atténuerait et les salaires nominaux progresseraient de nouveau
modérément d’ici mi-2014, avec des hausses en Allemagne et une stabilité en
Italie et en Espagne (où la restauration du quatorzième mois dans la fonction
publique espagnole ferait cependant fortement augmenter les salaires fin 2013).
La baisse du pouvoir d’achat dans la zone euros’atténuerait donc d’ici mi-2014et,
comme les perspectives en termes d’activité et d’emploi s’amélioreraient, les
ménages diminueraient leur épargne de précaution. Au total, la consommation
augmenterait faiblement dans la zone euro.
10 Note de conjoncture
Vue d'ensemble
2 - Dans la zone euro, les enquêtes de conjoncture se redressent depuis mi-2013
Dernier point : octobre pour l’IPI et novembre pour le climat
Source : Commission Européenne
L’investissement des
entreprises accélérerait
dans la zone euro
Les conditions d’octroi de crédit ont cessé de se durcir dans la zone euro depuis
début 2013, sauf en Italie. En Espagne, elles se sont même assouplies pour la
première fois depuis 2010. Cette amélioration devrait se poursuivre, et gagner
l’Italie. Par ailleurs, l’accélération progressive de l’activité, telle qu’elle est
anticipée par les entrepreneurs dans leurs réponses aux enquêtes de
conjoncture, et le besoin de renouveler les capacités de production après une
phase marquée d’ajustement, soutiendraient l’accélération de l’investissement.
Progression modérée des exportations françaises
La reprise des économies
avancées soutiendrait les
exportations françaises
Le commerce mondial retrouverait d’ici mi-2014 un rythme de progression
proche de 1,5 % par trimestre. Soutenue par les économies avancées, la
demande mondiale adressée à la France serait également dynamique à +1,3 %
par trimestre en moyenne (cf. graphique 3). Après une forte augmentation fin
2013 (+2,3 %) liée au retour à la normale attendu des exportations
aéronautiques, les exportations françaises ne croîtraient toutefois que
modérément début 2014 (+0,7 % par trimestre), encore pénalisées par
l’appréciationpassée de l’euro, ainsi que par les pertes de marché tendancielles.
EnFrance, l’activitérebondirait fin2013et ralentirait début 2014
Le climat des affaires s’est
stabilisé depuis deux mois en
France et reste en dessous de
sa moyenne de longue période
Après un rebond marqué dans tous les secteurs, le climat des affaires en France
est stable en octobre et novembre (à 95), 11 points au-dessus de son niveau de
mai mais toujours inférieur à sa moyenne de longue période (cf. graphique 4).
Cette pause dans les enquêtes de conjoncture se retrouve dans l’industrie (à 98
depuis août), le bâtiment (94 en novembre, comme en octobre), le commerce de
gros (98 en novembre après 97 en septembre) et le commerce de détail où
l’indicateur synthétique s’est même dégradé à nouveau (95 en novembre contre
101 en septembre). En revanche, l’amélioration s’est poursuivie dans les services
(96 en novembre après 93 en octobre).
L’activité passée jugée mieux
orientée que les perspectives
Plus précisément, dans l’industrie manufacturière, les réponses sur les
perspectives d’activité s’améliorent nettement en octobre et novembre,
annonçant un rebond de la production au quatrième trimestre 2013. Ce
diagnostic est confirmé par la progression en octobre de l’indice de la production
manufacturière qui affiche un acquis de +0,4 % pour le quatrième trimestre
Décembre 2013 11
Vue d'ensemble
3 - La demande mondiale adressée à la France soutenue par les économies avancées
Source : Insee, Trésor, Centraal Plan Bureau
12 Note de conjoncture
Vue d'ensemble
2013. À l’inverse, les chefs d’entreprise indiquent un fléchissement de leurs
perspectives personnelles de production et leur opinion sur le niveau des carnets
de commandes demeure défavorable.
L’économie française
rebondirait au quatrième
trimestre 2013 et ralentirait
au premier semestre 2014
La production manufacturière rebondirait donc au quatrième trimestre 2013
(+0,8 % après -1,0 %), avant de ralentir au premier semestre 2014 (+0,2 % par
trimestre). L’activité dans les services marchands resterait relativement
dynamique (+0,5 % puis +0,3 % et +0,4 %), selon les chefs d’entreprises de
services interrogés en novembre. La production énergétique reculerait
légèrement au quatrième trimestre 2013 (-0,3 %), les dépenses de chauffage des
ménages ayant diminué en octobre du fait des températures élevées. Elle
rebondirait par contrecoup au premier trimestre 2014 (+1,0 %), avant de
retrouver une évolution moyenne au deuxième trimestre (+0,7 %), sous
l’hypothèse de températures conformes aux normales saisonnières. Enfin,
l’activité dans la construction se stabiliserait au quatrième trimestre 2013(0,0 %).
Les mises en chantier ont en effet fortement rebondi en début d’année, et
certaines dépenses d’entretien du logement seraient anticipées en amont de la
hausse de TVA au 1
er
janvier 2014. La tendance des autorisations de
constructions baisse toutefois depuis début 2013 et le nombre de mises en
chantier a rechuté au troisième trimestre, ce qui laisse anticiper une baisse de la
production au premier semestre 2014 (-0,3 % puis -0,5 %). Au total, l’économie
française rebondirait au quatrième trimestre (+0,4 %), avant de ralentir au
premier semestre (+0,2 % par trimestre).
Le PIB afficherait un acquis de
croissance de +0,7 % mi-2014
Mi-2014, le PIB afficherait un acquis de croissance de +0,7 %, après une
croissance annuelle de +0,2 % en 2013 et 0,0 % en 2012. L’accélération de
l’activité attendue en 2014 serait notamment portée par l’industrie manufacturière
(acquis de +1,0 % mi-2014 après +0,5 % en 2013 et -2,8 % en 2012).
L’emploi total progresserait et le chômage serait quasi stable
d’ici mi-2014
L’emploi marchand se
stabiliserait d’ici mi-2014
Du fait de la faiblesse passée de l’activité, l’emploi dans les secteurs marchands
non agricoles a de nouveau reculé au troisième trimestre (-16 000). Sous l’effet
du retour de la croissance et du crédit d’impôt compétitivité emploi, la baisse de
l’emploi marchand s’atténuerait progressivement d’ici mi-2014 (-7 000 au
quatrième trimestre 2013 puis -4 000 au premier semestre 2014,
cf. graphique 5).
4 - Le climat des affaires marque une pause en France
Dernier point : novembre 2013
Source : Insee
L’emploi total progresserait
d’ici mi-2014
du fait des emplois aidés
Après +80 000 postes en 2013, l’emploi non marchand continuerait de
progresser au premier semestre 2014 (+33 000 emplois), porté essentiellement
par les contrats aidés. En effet, malgré une baisse du nombre des nouveaux
contrats inscrits dans le projet de loi de finances pour 2014, l’augmentation de la
durée moyenne des contrats uniques d’insertion permettrait une nouvelle hausse
des bénéficiaires sur le premier semestre 2014 (+40 000, après +116 000 en
2013). L’emploi total progresserait ainsi au quatrième trimestre 2013
(+52 000), et de nouveau au premier semestre 2014 (+36 000).
Le chômage serait
quasi stable d’ici mi-2014
Le taux de chômage s’est établi à 10,9 % de la population active en moyenne au
troisième trimestre 2013 (10,5 % en France métropolitaine), en hausse de 0,1
point par rapport au trimestre précédent (revu à la baisse)
1
. D’ici mi-2014, le taux
de chômage augmenterait de 0,1 point, à 11,0 %. À l’horizon de la prévision, les
créations nettes d’emplois ne seraient en effet pas suffisantes pour absorber la
hausse de la population active (+113 000).
L’inflation serait en hausse d’ici mi-2014
L’inflation serait
en hausse d’ici mi-2014
L’inflation d’ensemble augmenterait progressivement d’ici mi-2014 sous l’effet
de plusieurs facteurs ponctuels. Le glissement annuel des prix à la consommation
s’établirait ainsi à +1,1 % en juin 2014, après +0,7 % en novembre 2013. La
hausse des taux de TVA au 1
er
janvier 2014, nette de l’effet du CICE,
contribuerait pour 0,2 point à cette accélération des prix. Le redressement des
prix des télécommunications, qui ont baissé de manière exceptionnellement forte
depuis 2012, y contribuerait pour 0,1point. Par ailleurs, le glissement annuel des
prix de l’énergie augmenterait par effet de base et contribuerait pour 0,2point.
Le pouvoir d’achat en légère augmentation début 2014
Les salaires réels ralentiraient
début 2014
Le salaire moyen par tête a ralenti au troisième trimestre (+0,4 %), après la forte
progression du trimestre précédent (+0,7 %). En moyenne en 2013, les salaires
réels progresseraient nettement (+1,1 %), du fait de la baisse non anticipée de
l’inflation. D’ici mi-2014, sous l’hypothèse d’une revalorisation du Smic sans
« coup de pouce » (+1,1 %), ces gains de salaires réels disparaîtraient avec la
hausse de l’inflation.
Décembre 2013 13
Vue d'ensemble
5 - Le recul de l’emploi marchand s’atténuerait
Source : Insee
(1) Le taux de chômage présenté ici est corrigé de l’effet du nouveau questionnaire de
l’enquête Emploi (cf. n° 203 d’Informations Rapides). On estime que celui-ci devrait
conduire à abaisser de 0,3 point le taux de chômage mesuré par l’enquête. En mars 2014,
de nouvelles séries seront publiées sur longue période.
Le pouvoir d’achat
progresserait faiblement
En 2013, malgré le ralentissement des revenus d’activité (+1,5 % après +1,9 %
en 2012), le pouvoir d’achat des ménages se sera redressé (+0,5%après -0,9%
en 2012), principalement grâce à la moindre inflation (+0,6 %après +1,9 %en
2012). Par ailleurs, les prélèvements sociaux et fiscaux auront été moins
dynamiques (+4,5 % après +7,4 % en 2012), notamment parce que le
ralentissement des revenus enregistré en 2012 se traduit dans l’impôt sur le
revenu acquitté en 2013. D’ici mi-2014, le profil d’évolution du pouvoir d’achat
serait heurté, principalement du fait du calendrier de perception des impôts. Il
baisserait ainsi au second semestre 2013, puis se redresserait au premier
semestre 2014. En effet, début 2014, les revenus d’activité progresseraient sur
un rythme stabilisé, mais les impôts, après les hausses fin 2013engendrées par la
régularisation de l’impôt sur le revenu, se replieraient par contrecoup en tout
début d’année. Mi-2014, le pouvoir d’achat serait 0,5 % plus élevé qu’un an
auparavant.
La consommation des ménages ralentirait au premier
semestre 2014
La consommation serait
dynamique fin 2013...
Au quatrième trimestre 2013, la consommation de produits manufacturés
resterait temporairement dynamique, soutenue par plusieurs facteurs ponctuels
(déblocage de l’épargne salariale, achats anticipés d’automobiles en amont du
durcissement du malus écologique au 1
er
janvier 2014). La consommation de
services accélérerait également, si bien que la consommation totale
augmenterait de 0,3 %.
... mais ralentirait
au premier semestre 2014
Au premier semestre 2014, la consommation des ménages serait davantage en
ligne avec la tendance du pouvoir d’achat et s’infléchirait à nouveau (+0,1 %par
trimestre).
Rechute dans la construction L’investissement des ménages se stabiliserait au quatrième trimestre 2013, après
sept trimestres de baisse. Puis, au premier semestre 2014, son recul
s’accentuerait à nouveau (-0,3 % et -0,6 %), du fait de la rechute des mises en
chantier mi-2013. Sur l’ensemble de l’année 2013, l’investissement des
ménages baisserait nettement (-3,7 %) et son acquis de croissance s’établirait à
-1,4 % mi-2014.
L’investissement des entreprises croîtrait faiblement
début 2014
Contrecoup de l’investissement
des entreprises en services
Sur les trois trimestres de prévision, l’investissement des entreprises hors
construction progresserait désormais, mais à un rythme modéré. L’activité ne se
redresserait que faiblement et le taux de marge des entreprises resterait proche
de son point bas. Le CICE représenterait l’équivalent d’une hausse de 1,1 point
du taux de marge.
Du fait du contrecoup anticipé sur les dépenses en services après la chute
inhabituelle du troisième trimestre (-2,8 %), l’investissement des entreprises serait
plus dynamique au quatrième trimestre 2013. Par ailleurs, les dépenses de
construction des entreprises reculeraient de nouveau d'ici mi-2014.
Au total, l’investissement des entreprises afficherait un acquis de croissance de
+0,7 % fin juin 2014.
14 Note de conjoncture
Vue d'ensemble
Principaux aléas : Dynamisme des exportations françaises,
comportement d’investissement des entreprises françaises et
prix du pétrole
Dynamisme
des exportations françaises...
Dans notre scénario, les exportations françaises progresseraient modérément
début 2014, à +0,7 % par trimestre. Elles pourraient être plus dynamiques,
notamment si le retour de la confiance se confirmait dans la zone euro et se
traduisait par un dégel plus fort de la consommation des ménages.
... comportement
d’investissement des
entreprises françaises...
Dans notre scénario, l’investissement des entreprises croîtrait modérément en
France. En particulier, sa résistance relative ces dernières années ne laisse pas
attendre un phénomène de rattrapage particulièrement marqué. Le redémarrage
de l’investissement des entreprises pourrait ainsi être encore plus poussif, compte
tenu de la modestie des anticipations de croissance.
... et prix du pétrole Notre scénario est construit sous l’hypothèse d’une stabilité du prix du pétrole
d’ici mi-2014, autour de 110$. Toute baisse supplémentaire de la production de
l’Opep, alors que ses capacités additionnelles ont été récemment réduites par
l’instabilité politique en Irak et en Libye, pourrait tendre à nouveau le marché. À
l’inverse, plusieurs économies émergentes, grandes consommatrices de produits
pétroliers, montrent des signes de fragilité qui, s’ils se confirmaient par une baisse
de l’activité, pourraient limiter leur demande de pétrole. ■
Décembre 2013 15
Vue d'ensemble
6 - Le graphique des risques associés à la note de conjoncture
Note de lecture : le graphique des risques retrace, autour de la prévision centrale (en trait bleu), 90 %des scénarios probables. La première bande,
la plus foncée, décrit les scénarios les plus probables autour du scénario central, l’ensemble de ces scénarios ayant une probabilité totale de 10 %.
La deuxième, un peu moins foncée, se décline en deux sous-bandes immédiatement au-dessus et immédiatement en dessous de la bande centrale ;
elle contient les scénarios qui suivent en termes de probabilité, de telle sorte que la probabilité totale des deux premières bandes atteigne 20 %; et
ainsi de suite, en allant du centre vers l’extérieur et de la bande la plus foncée à la bande la plus claire, jusqu’à atteindre 90 % (cf. la Note de
conjoncture de l’Insee de juin 2008, pages 15 à 18). On peut alors estimer que le premier résultat qui sera publié par les comptes trimestriels pour
le quatrième trimestre 2013 a 50 % de chances d’être compris entre +0,2 % (bas de la cinquième bande en partant du bas) et +0,6 % (limite
supérieure de la cinquième bande en partant du haut) et 90 % de chances d’être compris entre -0,1 % et +0,9 %. Au premier trimestre 2014,
l’intervalle de confiance à 90 % est [-0,3 % ; +0,8 %].
Source : Insee
16 Note de conjoncture
Vue d’ensemble
Chiffres-clés : la France et son environnement international
données cjo-cvs (à l’exception des prix), moyennes trimestrielles ou annuelles, en %
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Environnement international
PIB des économies avancées 0,6 0,0 0,2 0,0 0,3 0,6 0,5 0,4 0,5 0,3 1,4 1,2 1,5
PIB de la zone euro -0,1 -0,3 -0,1 -0,5 -0,2 0,3 0,1 0,3 0,3 0,3 -0,6 -0,4 0,9
Baril de Brent (en dollars) 118 110 109 110 113 103 110 109 110 110 112 109 110
Taux de change euro-dollar 1,31 1,28 1,25 1,30 1,32 1,31 1,32 1,36 1,35 1,35 1,29 1,33 1,35
Demande mondiale
adressée à la France
0,4 0,3 0,6 -0,6 -0,5 1,6 1,1 1,3 1,3 1,4 0,9 1,5 4,3
France
équilibre ressources-emplois
PIB 0,0 -0,3 0,2 -0,2 -0,1 0,5 -0,1 0,4 0,2 0,2 0,0 0,2 0,7
Importations 0,8 0,2 -0,1 -1,1 0,1 1,6 1,0 1,1 0,7 0,7 -0,9 1,2 2,9
Dépenses de consommation
des ménages
0,2 -0,5 0,1 0,1 -0,1 0,4 0,2 0,3 0,1 0,1 -0,4 0,4 0,6
Dépenses de consommation
des APU et des ISBLSM
0,5 0,3 0,3 0,3 0,3 0,8 0,1 0,3 0,3 0,3 1,4 1,5 1,0
FBCF totale -1,3 -0,4 -0,7 -0,6 -0,8 -0,4 -0,6 0,4 0,0 -0,1 -1,2 -2,2 -0,1
dont : ENF -1,7 -0,6 -0,9 -0,5 -0,8 0,1 -0,6 0,7 0,2 0,2 -1,9 -1,8 0,7
Ménages -0,7 -0,1 -0,4 -1,0 -1,3 -1,7 -0,6 0,0 -0,3 -0,6 -0,4 -3,7 -1,4
Exportations 0,4 0,3 0,2 -0,6 -0,4 1,9 -1,5 2,3 0,7 0,7 2,5 0,6 2,7
Contributions (en point)
Demande intérieure hors stocks* 0,0 -0,3 0,0 0,0 -0,1 0,4 0,0 0,3 0,2 0,2 -0,1 0,2 0,6
Variations de stocks* 0,1 -0,1 0,1 -0,4 0,2 0,1 0,5 -0,2 0,0 0,0 -0,8 0,2 0,2
Commerce extérieur -0,1 0,0 0,1 0,2 -0,1 0,0 -0,7 0,3 0,0 0,0 1,0 -0,2 -0,1
France - situation des
ménages
Emploi total 45 -21 -60 -22 -26 -16 5 52 26 10 -58 15 -
Salariés du secteur marchand non
agricole
3 -15 -48 -52 -27 -38 -16 -7 -3 -1 -112 -87 -
Taux de chômage BIT
France métropolitaine**
9,5 9,8 9,9 10,1 10,4 10,4 10,5 10,5 10,5 10,6 10,1 10,5 -
Taux de chômage BIT
France (y compris DOM)**
9,9 10,2 10,3 10,5 10,8 10,8 10,9 10,9 10,9 11,0 10,5 10,9 -
Indice des prix
à la consommation***
2,3 2,0 2,0 1,5 1,1 0,8 0,9 0,7 0,9 1,1 2,0 0,9 -
Inflation « sous-jacente »*** 1,6 1,4 1,4 0,8 0,7 0,4 0,6 0,8 0,6 0,8 1,3 0,6 -
Pouvoir d’achat des ménages -0,4 0,2 -0,3 -0,9 0,9 0,5 -0,1 -0,1 0,6 0,1 -0,9 0,5 0,6
Prévision
* Les variations de stocks sont y compris acquisitions nettes d’objets de valeur.
** Pour les données annuelles, le taux de chômage correspond au taux de chômage du dernier trimestre de l’année
*** Glissement annuel sur le dernier mois du trimestre et moyennes annuelles.
Note de lecture : Les volumes sont calculés aux prix de l’année précédente chaînés, données cvs-cjo, moyennes trimestrielles ou annuelles, en %.
Source : Insee
Dossiers
En France, l’investissement des
entreprises repartira-t-il en 2014 ?
Décembre 2013 19
P
our 2014, le rythme de la reprise économique qui semble s’annoncer,
dans la zone euro en général, et en France en particulier, dépendra
notamment de l’évolution de l’investissement des entreprises. En France, il a
toutefois diminué en 2013 pour la deuxième année consécutive (-1,8 %,
après -1,9 % en 2012). Certains analystes craignent que l’investissement ne
tarde à repartir en France pour plusieurs raisons : le « site France » ne serait
plus compétitif, les entreprises n’auraient pas les moyens d’investir du fait de
la baisse depuis 2008 de leur taux de marge et du resserrement du crédit
bancaire et enfin les entreprises seraient en mesure de satisfaire la demande
nouvelle avec les capacités déjà installées, aujourd’hui peu sollicitées.
L’objet de ce dossier est d’évaluer la pertinence de ces différents arguments,
au vu notamment de la performance de l’investissement des entreprises
françaises depuis le début des années 2000. Les éléments présentés
permettent de tirer les conclusions suivantes :
- en France, par-delà les fluctuations cycliques, le taux d’investissement des
entreprises croît légèrement depuis la fin des années quatre-vingt-dix. Ainsi, il
se situe aujourd’hui au-dessus de sa moyenne, alors qu’il s’agit
vraisemblablement du point bas de ce cycle. Cette tendance à la hausse, qui
est encore plus marquée en volume compte tenu de la baisse tendancielle du
prix relatif de l’investissement, peut être rapprochée de la forte baisse du coût
de financement des entreprises depuis le début des années quatre-vingt-dix ;
- en particulier, depuis 2008, l’investissement des entreprises semble en ligne
avec les seules évolutions de la demande, comme si les facteurs défavorables
(baisse du taux de marge, resserrement des conditions de crédit, incertitude
sur les perspectives d’activité à moyen terme) avaient été compensés par des
facteurs favorables tels que la faiblesse des coûts de financement des
entreprises et, à un moindre degré, les mesures de soutien à l’investissement
prises depuis 2008 (suppression de la taxe professionnelle, extension du
crédit d’impôt recherche, soutien de la trésorerie des entreprises au pic de la
crise, médiation du crédit) ;
- d’ailleurs, l’investissement des entreprises en France a connu depuis le
début des années 2000 une évolution favorable comparée à celle des autres
économies européennes. En Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie, en
Espagne, le taux d’investissement (rapporté à la valeur ajoutée) est
aujourd’hui entre 2 et 7,5 points inférieur à son niveau de 2000, alors qu’il est
au même niveau en France ;
Jean-François Eudeline
Yaëlle Gorin
Gabriel Sklénard
Adrien Zakhartchouk
Département de la
conjoncture
20 Note de conjoncture
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
- si l’on restreint le champ à l’investissement hors construction, la situation de
la France reste favorable. De 2000 à 2007, les évolutions sont comparables
entre les grandes économies européennes, excepté au Royaume-Uni, où la
baisse du taux d’investissement est marquée. Mais depuis 2007, l’ajustement
a été moins prononcé en France, la baisse dans les autres économies étant de
deux à quatre fois plus forte ;
- comment expliquer cette meilleure performance française depuis le début
de la Grande Récession ? Par rapport à l’Italie et l’Espagne, elle s’explique
naturellement par le fait que la crise y a été de moindre ampleur, en particulier
depuis 2011 : en effet, l’investissement sur-réagit à court terme aux évolutions
de l’activité, c’est l’effet « accélérateur ». Elle est plus surprenante par rapport
à l’Allemagne, qui a connu une conjoncture plus favorable, dont la
compétitivité extérieure, tant en niveau qu’en évolution, semble meilleure, et
dont les entreprises ont une situation financière préférable. L’évolution
divergente, depuis la fin des années quatre-vingt-dix, des coûts du travail
entre la France et l’Allemagne pourrait avoir induit des comportements de
substitution capital/travail en faveur du capital en France ;
- pour 2014, le scénario le plus probable semble être que l’investissement des
entreprises françaises repartira mais à un rythme voisin de celui du PIB. D’une
part, les dernières données disponibles, ainsi que l’analyse des reprises
précédentes, accréditent une reprise de l’investissement dans le sillage de
l’activité. D’autre part, la résistance relative de l’investissement hors
construction ces dernières années ne laisse pas attendre un phénomène de
rattrapage particulièrement marqué, et l’investissement en construction ne
donne toujours pas de signe de reprise durable.
En France, l’investissement des entreprises a plutôt bien résisté
depuis 2008
Pas de rupture à la baisse dans le taux d’investissement des
entreprises par rapport à sa moyenne d’avant-crise
Le taux d’investissement est
sur une tendance croissante
depuis la fin des années
quatre-vingt-dix
Le taux d’investissement des entreprises (c’est-à-dire l’investissement rapporté à
la valeur ajoutée
1
) a une dynamique cyclique : il augmente en phase
d’expansion, et diminue lors des ralentissements économiques. Mais, depuis
1997, cette dynamique cyclique s’accompagne d’une tendance légèrement
croissante : le taux d’investissement en creux de cycle augmente de 15,4 % en
1997 à 16,3 % en 2004 puis à 16,9 % en 2009. Ainsi, au troisième trimestre
2013, alors que la France est vraisemblablement proche du point bas du cycle, le
taux d’investissement des entreprises non financières (ENF), calculé comme le
ratio de la formation brute de capital fixe (FBCF) des ENF en valeur sur la valeur
ajoutée des ENF en valeur atteint 17,6 %, un niveau supérieur à sa moyenne
d’avant-crise
2
(cf. graphique 1).
Si l’on s’intéresse aux pics, en 2007, le taux d’investissement était 1,5 point
supérieur à son niveau de 2000, alors même que la croissance économique était
nettement moins dynamique en 2007 qu’à la fin des années quatre-vingt-dix. Si
le pic de 2011 est plus faible que celui de 2007, il reste supérieur de l’ordre de
0,5 point au pic de 2000.
Compte tenu de la baisse tendancielle du prix relatif de l’investissement, ce
dynamisme relatif de l’investissement par rapport à la valeur ajoutée depuis la fin
des années quatre-vingt-dix est encore plus marqué si l’on regarde les variables
en volume, déflatées des prix : l’investissement a crû de 52 % depuis 1997,
contre 37 % pour la valeur ajoutée. Mais l’analyse par produits est modifiée.
En valeur, cette tendance apparente peut être attribuée à l’augmentation des taux
d’investissement en construction et en services (respectivement +1,5 point et
+1,0 point depuis 1997). À l’inverse, le taux d’investissement en biens
manufacturés, très cyclique, est aujourd’hui légèrement plus faible qu’en 1997
(cf. graphique 2). En volume, a contrario, l’investissement en construction a crû
moins rapidement que la valeur ajoutée sur la période, et l’investissement en
biens manufacturés a progressé plus rapidement que la valeur ajoutée de 1997
à aujourd’hui. En services, l’investissement croît tendanciellement plus
rapidement que la valeur ajoutée, en volume comme en valeur.
Ce dynamisme de
l’investissement depuis 2000
s’observe particulièrement
dans les services
La hausse tendancielle du taux d’investissement des ENF observée depuis le
début des années 2000 peut également s’analyser au travers des branches
d’activité (cf. graphique 3) : elle a été ainsi portée par le dynamisme des taux
d’investissement en valeur dans les entreprises des branches manufacturière et
des services marchands (respectivement +0,6 point et +1,6 point entre 2000 et
2008), tandis que dans la branche construction, le taux d’investissement en
valeur y est remarquablement stable sur cette même période, fluctuant autour de
8 % (un niveau nettement plus faible que dans les deux autres branches). Pour
autant, cette analyse en valeur mérite d’être nuancée, eu égard aux évolutions
constatées des prix de la FBCF et de la valeur ajoutée dans chacune de ces
branches. Ainsi, compte tenu de la hausse du prix relatif de l’investissement par
rapport à la valeur ajoutée dans la branche construction depuis la fin des années
quatre-vingt-dix, le taux d’investissement en volume, au lieu d’être stable, s’avère
en fait dynamique depuis 2000. En outre, les prix relatifs dans les branches
manufacturière et des services connaissent des mouvements contraires sur cette
Décembre 2013 21
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
(1) Dans ce dossier le taux d’investissement est, par défaut, défini avec des variables en va-
leur.
(2)1980-2007
22 Note de conjoncture
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
2 - Taux d’investissement des ENF par type de produits
Source : Insee
1 - Évolution du taux d’investissement des ENF
Source : Insee
3 - Taux d’investissement par branche
Source : Insee
période. Le diagnostic sur ces deux branches s’en trouve alors légèrement
modifié : tandis que dans la branche des services marchands l’investissement en
volume a très nettement accéléré par rapport à la valeur ajoutée depuis 2000,
dans la branche manufacturière il apparaît, jusqu’en 2007, cyclique autour
d’un niveau au mieux stable. En 2012, il se situe toutefois à un niveau plus élevé
qu’en 2007(cf. Eudeline, Sklénard, Zakhartchouk, 2012).
La part du renouvellement
dans l’investissement est
également sur une tendance
croissante
Il n’y a pas de source statistique permettant de mesurer directement la part de
l’investissement dédiée au renouvellement du capital. Mais, plusieurs indices
laissent penser que celle-ci est sur une tendance croissante.
Tout d’abord, d’après l’enquête sur les investissements dans l’industrie, dans
laquelle l’Insee interroge chaque trimestre plusieurs milliers d’entreprises de la
branche manufacturière de plus de vingt salariés, le renouvellement est devenu
la première motivation pour investir, devant l’introduction de nouveaux produits
alors que c’était l’inverse en 2000 (cf. graphique 4).
L’analyse des réponses des entreprises permet de distinguer trois tendances. Tout
d’abord, la part du renouvellement dans les investissements des entreprises
industrielles croît régulièrement depuis 2000. Elle a progressé de 12 points, et est
désormais la première motivation pour investir. Ensuite, l’investissement lié à
l’introduction de nouveaux produits a diminué régulièrement de 2000 à 2008
(-6 points) et semble stabilisé depuis.
Les investissements de modernisation évoluent de manière cyclique : deux creux
ont été atteints en 2004 et 2010. Plus particulièrement, les investissements
d’automatisation des procédés de fabrication existants baissent légèrement au
profit des investissements pour des économies d’énergie. Ces tendances sont
assez homogènes suivant la taille des entreprises, et selon leur branche d’activité.
En théorie, cette augmentation de la part du renouvellement dans
l’investissement, si elle est imputable à un vieillissement accéléré du capital
productif des entreprises, à structure inchangée, peut conduire à un surcroît
d’investissement temporaire, et pourrait contribuer à expliquer la tendance
légèrement croissante du taux d’investissement depuis la fin des années
quatre-vingt-dix. Toutefois, les données manquent pour valider empiriquement
cette explication : en comptabilité nationale, l’âge moyen des actifs hors
construction (approximé par la différence entre l’amortissement et le
déclassement) ne présente pas de tendance depuis la fin des années
quatre-vingt-dix.
Décembre 2013 23
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
4 - Motivations de l’investissement d’après les entreprises interrogées dans
l’enquête investissement de l’Insee
Source : Insee
De plus en plus d’actifs à
durée de vie courte
En revanche, cette part croissante du renouvellement dans l’investissement peut
être rapprochée de la déformation depuis vingt ans de la structure du capital des
ENF en faveur des actifs à durée de vie courte (cf. graphique 5). En effet,
l’augmentation tendancielle du taux d’investissement dans les services provient de
la progression spectaculaire de l’investissement en informatique (+ 160 %) et en
logiciels (+140 %), dont la durée d’amortissement est estimée à cinq années.
À l’inverse, l’investissement en construction, dont la durée d’amortissement est
estimée entre vingt-cinq et trente ans, a crû modérément, comme la valeur ajoutée
(+33 %).
Est-ce que la diminution de la durée de vie moyenne des actifs peut expliquer la
tendance légèrement croissante du taux d’investissement ?
La réponse est plutôt négative. Certes, à stock de capital donné, une durée de vie
plus faible implique un investissement de renouvellement plus élevé. Mais à
l'inverse, la diminution de la durée de vie des actifs conduit à un renchérissement
du capital, et donc à modifier la fonction de production en défaveur du capital et,
in fine, diminuer la part de l'investissement dans la valeur ajoutée. D'ailleurs, la
déformation de la structure du capital des ENF en faveur des actifs à durée de vie
courte est également observée chez nos principaux partenaires (voire même
encore davantage au Royaume-Uni, qui est plus proche des États-Unis en termes
d’investissement en nouvelles technologies) alors que la dynamique du taux
d’investissement y a été moins favorable, comme on le verra par la suite.
L’évolution de l’investissement des entreprises depuis 2007 est
plus favorable en France que dans les autres grandes économies
européennes
C’est en France que l’évolution
récente de l’investissement
est la plus favorable
Le taux d’investissement des sociétés non financières
3
dans chacune des cinq
grandes économies européennes est gouverné en premier lieu par le cycle
économique (cf. graphique 6) : baisse au début des années 2000, puis
24 Note de conjoncture
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
5 - FBCF par type d’actif
Source : Insee
(3) Les données européennes ne sont disponibles que pour les sociétés non financières,
champ très proche de celui des entreprises non financières.
progression jusqu’en 2007, chute en 2008-2009, fugace remontée en 2010, et
nouvelle baisse jusqu’à aujourd’hui. On peut toutefois distinguer des
comportements idiosyncratiques : le taux d’investissement est quasi stable en
Italie de 2000 à 2007 ; la baisse du début des années 2000 est particulièrement
marquée en Allemagne, tout comme la remontée de 2004 à 2008 en Espagne ;
sa chute depuis 2008 est spectaculaire en Espagne, et dans une moindre mesure
en Italie et au Royaume-Uni.
Au total, de 2000 à aujourd’hui, la baisse du taux d’investissement est comprise
entre 2 et 7,5 points en Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Espagne ; elle est de
3 points dans la zone euro et nulle en F rance.
La situation de la France
depuis 2007 reste favorable
si l’on se restreint
aux investissements hors
construction
Le taux d’investissement étudié précédemment présente l’inconvénient d’inclure
l’investissement en construction qui est souvent jugé moins productif que les
autres actifs et donc moins pertinent dans les analyses sur l’investissement. Dans
cette partie, nous considérons donc l’investissement hors construction.
Décembre 2013 25
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
6 - Taux d’investissement des sociétés non financières
Note de lecture : l’investissement des sociétés non financières n’est disponible que sur données annuelles et en valeur.
Source : Eurostat
7 - Taux d’investissement hors construction
Note de lecture : les données européennes ne permettent pas d’isoler l’investissement hors construction des seules sociétés non financières.
Source : Eurostat
Le diagnostic reste globalement inchangé lorsque l’on s’intéresse au taux
d’investissement hors construction (cf. graphique 7). Au total, la baisse du taux
d’investissement depuis 2000 est de l’ordre de 1 point en France, contre plus de
2 points en Allemagne et en Espagne, plus de 3 points en Italie, et d’environ
4 points au R oyaume-Uni.
Le diagnostic est globalement identique si l’on considère les variables en volume.
Seule différence notable en Allemagne, la dynamique de l’investissement est plus
forte avant-crise (particulièrement l’actif « autres machines et équipements »), si
bien que de 2000 à aujourd’hui, les évolutions sont davantage concordantes
entre la France et l’Allemagne.
La modélisation économétrique confirme la résistance de
l’investissement des entreprises françaises ces dernières années.
D’après les conclusions de la première partie, l’investissement des entreprises,
rapporté à leur valeur ajoutée, semble sur une dynamique plutôt favorable
depuis quinze ans, comparé à nos principaux partenaires européens.
Pour établir la robustesse de ce diagnostic, les résultats des estimations
économétriques de l’investissement, qui modélisent sa dynamique sur le passé à
partir de ses principaux déterminants sont présentés dans cette partie.
L’investissement observé sur la période récente est ensuite comparé aux
simulations du modèle, et ce afin d’estimer s’il s’agit d’un « surinvestissement »,
ou « sous-investissement » des entreprises. Le même exercice est ensuite fait à titre
de comparaison avec la zone euro.
Plusieurs déterminants
théoriques de l’investissement :
la rentabilité des
investissements
Lorsque les entreprises ne sont contraintes ni si leurs débouchés, ni sur leur
financement, le coût d’usage du capital constitue le déterminant ultime de leur
ratio de capital, c’est-à-dire le rapport entre leur stock de capital et leur valeur
ajoutée : lorsque le rendement de l’investissement supplémentaire excède le coût
du capital, alors il est rentable pour l’entreprise d’investir une unité supplémentaire
de capital.
Une autre manière d’évaluer la rentabilité de l’investissement est d’utiliser le
Qde Tobin, introduit par James Tobin. Le Qde Tobin est le rapport entre la valeur
boursière des entreprises et la valeur de leur capital : si le Qde Tobin est supérieur
à 1, alors les bénéfices qu’apporte l’investissement sont supérieurs à son coût, et
il devient opportun d’investir. Cet indicateur reste toutefois très imparfait : il
suppose que la valorisation boursière mesure bien la rentabilité intrinsèque des
entreprises, ce qui n’est pas toujours le cas, notamment en présence de « bulle »
sur le prix des actions, et il suppose également que la rentabilité de
l’investissement supplémentaire est bien mesurée par celle des investissements
passés. Pour ces raisons, sa corrélation avec le niveau d’investissement est en
général empiriquement faible.
... les débouchés... À court terme, lorsque les entreprises sont contraintes par leurs débouchés, le
déterminant principal de l’investissement est la demande : plus cette dernière est
forte et plus les entreprises doivent investir pour adapter leur capacité de
production. Or, comme le capital représente un multiple important de
l’investissement, si les entreprises veulent augmenter de 1 % leur niveau de
capital, elles doivent accroître leur investissement de nettement plus que 1 %. Cet
effet est appelé l’effet accélérateur et implique qu’une faible variation de la
demande entraîne une variation plus importante de l’investissement.
26 Note de conjoncture
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
... les contraintes de
financement...
L’investissement des entreprises peut dépendre également des contraintes
d’accès au financement. Si ses ressources propres ne sont pas suffisantes, une
entreprise empruntera pour investir. Parce qu’elles courent un risque significatif
de ne pas être remboursées, mais également parce qu’elles n’ont pas toute
l’information pour évaluer le risque de ne pas être remboursées, les banques
pourront refuser de prêter ou prêteront à des taux très élevés aux entreprises déjà
fortement endettées, ou dont le niveau de profit est très faible. Différentes
caractéristiques renseignant sur la santé financière des entreprises influent sur
leur accès au financement, aucune n’étant pleinement satisfaisante : niveau
d’endettement, niveau d’autofinancement, niveau des profits, niveau du taux de
marge.
Dans l’équation estimée, c’est le taux de marge des entreprises (rapport entre leur
excédent brut d’exploitation et leur valeur ajoutée) qui est utilisé. Il présente
l’avantage d’être un «proxy » à la fois pour les contraintes de financement, et pour
la rentabilité moyenne des investissements
4
. Certes le choix d’investir dépend de la
rentabilité marginale, et non de la rentabilité moyenne du capital installé. En outre,
un faible taux de marge peut également dans certains cas, inciter les entreprises à
faire un effort accru d’investissement. Par exemple, elles peuvent développer
l’automatisation de leur production, afin de diminuer la rémunération du travail.
Mais empiriquement, il ressort qu’une baisse du taux de marge pénalise
l’investissement en France, sur la période d’estimation.
... l’incertitude L’investissement dépend donc de nombreuses contraintes qui concernent à la fois
le secteur financier, la demande et la santé des entreprises. L’incertitude qui existe
quant à l’évolution de ces facteurs fait aussi partie des déterminants potentiels de
l’investissement. En effet, une fois la décision d’investir prise, il est souvent
coûteux pour une entreprise de revenir en arrière si les conditions économiques
changent et rendent l’investissement non rentable. Ainsi, il peut y avoir
sous-investissement si la demande est très volatile ou incertaine par exemple. Ce
dernier déterminant de l’investissement est très difficilement mesurable, c’est
pourquoi il n’a pas été testé ici.
L’investissement en France est
aujourd’hui légèrement
supérieur à ce que prévoient
ses déterminants...
La modélisation macroéconomique de l’investissement s’appuie sur une
équation à correction d’erreur qui rend compte de la dynamique d’ajustement à
court-terme vers une cible de long terme (cf. encadré 1). L’idée est que les
déterminants de l’investissement mentionnés précédemment peuvent avoir un
effet différent à court terme (au bout de un ou plusieurs trimestres) et à long terme
(plusieurs années). Par exemple, l’effet accélérateur implique une élasticité de
l’investissement à la demande très supérieure à un à court terme, alors qu’elle est
unitaire à long terme.
En se concentrant sur le champ des produits « hors construction », la résistance de
l’investissement identifiée dans la première partie est confirmée : le niveau
d’investissement paraît aujourd’hui globalement en ligne avec ses déterminants, et
un surcroît d’investissement significatif a même été observé de 2010 à 2012, il n’est
pas complètement résorbé
5
(cf. graphique 8). Ce résultat peut sembler surprenant
car, dans notre modélisation, manquent des variables clefs qui devraient avoir
affecté l’investissement ces dernières années, telles que le resserrement des
conditions de crédit bancaire et l’incertitude extrême sur les perspectives
économiques, voire même sur lapérennité de lazone eurodans saforme actuelle.
Décembre 2013 27
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
(4) En outre, c’est une variable moins fragile que les variables de bas de bilan.
(5) Rappelons toutefois que les données 2011 (respectivement 2012) ne seront
définitives qu’en mai 2014 (mai 2015), avec la publication du compte définitif.
Par ailleurs, l’analyse du taux d’investissement des entreprises menée en
première partie révélait une tendance apparente à la hausse depuis les années
quatre-vingt-dix, qui peut sembler contradictoire avec le résultat selon lequel
l’investissement est aujourd’hui conforme à ses déterminants. La réponse est
en fait à trouver dans les déterminants de long terme de l’investissement. Si
l’on réécrit la relation de long terme de l’équation (cf. fin encadré 1), alors
l’investissement n’est en fait pas censé évoluer comme la seule valeur ajoutée.
Il dépend aussi négativement du coût réel du capital et positivement du taux
de marge des entreprises. Enfin, il dépend positivement ou négativement,
selon que l’on considère l’investissement en valeur ou en volume, du prix
relatif de l’investissement par rapport à la valeur ajoutée. L’évolution de la
cible de long terme du taux d’investissement, en valeur et en volume, est
représentée ci-après (cf. graphique 9).
La baisse du coût de
financement des entreprises
a stimulé l’investissement
Du début des années quatre-vingt-dix jusqu’au milieu des années 2000, le coût
de financement des entreprises a fortement baissé, de même que le prix relatif
de l’investissement, tandis que le taux de marge était globalement stable. Par
conséquent, la cible de long terme de l’investissement en volume a une
28 Note de conjoncture
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
8 - Investissement en produits hors construction
Sources : Insee, Banque de France
9 - Cible de long-terme de l’investissement hors construction
Source : Insee
Décembre 2013 29
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
Encadré 1 - Estimation de l’équation de l’investissement hors construction
Nous choisissons de modéliser l’investissement des entreprises
hors produits de construction, choix effectué dans d’autres études
1
,
car le cycle de l’investissement en construction (30 % de
l’investissement total) est atypique par rapport au cycle
macroéconomique global. Le comportement de l’investissement
en construction se distingue des autres composantes de
l’investissement, en particulier dans les années quatre-vingt-dix
(cf. graphique 2). Ainsi, il perturbe l’estimation du comportement
d’investissement des entreprises, si bien que la prévision de
l’investissement est meilleure quand elle distingue d’une part
l’investissement hors construction, et d’autre part l’investissement
en construction.
L’équilibre de long terme de l’investissement résulte d’un
comportement de maximisation du profit des producteurs. On se
place dans le cadre néo-classique avec deux facteurs de
production (capital et travail), et une fonction de production de
type CES (élasticité de substitution entre les facteurs constante).
Le programme de maximisation du profit intertemporel s’écrit :
( )
Max
p Y L p I
K I
t
y
t t t t
l
t
i
I
t
t
t t
.
− −
+

¸

1
]
1
1
1

+∞


ω
β 1
0
0
( )
( ) [ ]
( )
1
− +
+ −
+
sous contra es
K K I
Y aK a L
t t t t
t t
r
t
r r
int :
1
1
1
δ
1
où :
- I
t
et Y
t
sont l’investissement et la production en volume,
- p
X
est le prix de la grandeur X,
- ω
t t
L est le coût de la masse salariale, K
t
le capital,
- δ
t
est le taux d’amortissement du capital et β est le taux
d’actualisation,
- r − 1
1
σ
où σ est l’élasticité de substitution capital travail.
En posant
( )
C p p
t
K
t
l
t
t
t
I


+
+
¸
¸

_
,



1
1
1
1
1
1
δ
β
& , le coût d’usage du
capital, la résolution du programme permet d’aboutir à
l’équation :
InK InY In
C
p
t t
t
K
t
y

¸
¸

_
,

σ
ou
( )
InI InY In
C
p
f K
t t
t
K
t
y
t t

¸
¸

_
,

+ σ δ ,
&
On vérifie que le dernier terme de l’expression précédente est
stationnaire, il n’influe donc pas sur l’investissement à long terme.
On suppose en outre que les contraintes de financement, qu’on
approxime par le taux de marge, influent sur le comportement
d’investissement y compris à long terme
2
. À court terme
3
, les
variations de l’investissement réagissent à celles de la valeur
ajoutée, c’est l’effet accélérateur, et à l’écart à sa cible de long
terme (force de rappel).
Formellement, cette modélisation est estimée grâce à un modèle
à correction d’erreur (MCE) estimé en deux étapes en estimant
par DOLS l’équation de long terme (Stock et Watson 1993), ce
qui permet d’obtenir une estimation moins biaisée à distance
finie. Comme l’investissement est une composante de la
demande, il existe une relation comptable entre l’investissement
et la valeur ajoutée. Une estimation par variables instrumentales
permet de corriger le biais d’endogénéité. Les instruments utilisés
sont la consommation des ménages et les exportations en
produits des branches marchandes non agricoles (SMNA).
L’équation, estimée sur la période 1989T4-2010T4, s’écrit
4
:
( ) ( )
( )
∆ ∆ InI InY
InI InY
t t
t t
− +
− −
− −
0 3 21
0 07
0 15 0 36
0 03
1 1
, , .
,
, ,
, ( ) ( )
+
¸
¸

_
,

¸
¸

_
,




0 6 3 6
1
1
1
, . , . _ arg
* *
In
C
p
Tx m e
t
k
t
y t
( )

+ +

0 3
0 08
1
, .
,
∆InY
t t
ε
où :
- I
t
est l’investissement hors construction des ENF en volume,
- Y
t
est la valeur ajoutée des branches SMNA en volume,
- C
t
K
est le coût d’usage du capital :
( )
C p p
t
K
t
l
t t t
l
≈ + − δ β & ,
- p
t
l
est le déflateur de la FBCF hors construction, & p
t
I
son
glissement annuel et δ
t
le taux d’amortissement des ENF
5
.
- p
t
Y
le déflateur de la valeur ajoutée,
- Tx m e _ arg
t
est le taux de marge des ENF;
Les variables entrant dans l’équation de long terme étant toutes
intégrées d’ordre 1, nous avons vérifié l’existence d’une unique
relation de cointégration entre elles. Le test de Johansen valide
cette hypothèse. En outre, le test de Shin valide notre relation de
long terme au seuil de 5 %.
On notera que la relation de long terme de l’équation peut se
réécrire ainsi, selon que l’on s’intéresse à l’investissement en
valeur ou en volume :
( ) ( )
In p I In p Y In
p
p
In
t
l
t t
Y
t
t
l
t
Y
. . , , .
, .
− +
¸
¸

_
,


4 81 0 41
0 59
C
p
Tx m e
t
K
t
l
t
¸
¸

_
,

+ 3 65 , . _ arg
( ) ( )
In I In Y In
p
p
In
C
p
t t
t
l
t
Y
t
K
t
l
− −
¸
¸

_
,


¸
¸
4 81 0 59 0 59 , , . , .

_
,

+3 65 , . _ arg Tx m e
t

(1) cf. par exemple Bardaji et alii (2006)
(2) Puisque le taux de marge est non stationnaire, son niveau ne peut pas,
empiriquement, affecter l’investissement uniquement à court terme.
(3) Le coût du capital et le taux de marge ne sont pas significatifs à court
terme dans nos estimations.
(4) Les écarts-types sont entre parenthèses.
(5) L’amortissement des ENF n’étant pas disponible, on agrège l’amortissement
des branches marchandes hors services immobiliers et financiers.
tendance croissante sur la période, tandis que cette tendance est à peine
perceptible en valeur, du fait de la baisse du prix relatif de l’investissement. La
cible de long terme s’est stabilisée depuis le milieu des années 2000, en valeur
comme en volume, car la poursuite de la baisse des taux d’intérêt a compensé la
chute du taux de marge, tandis que le prix relatif de l’investissement se stabilisait.
Aujourd’hui, la cible de long terme de l’investissement en volume reste 1,5 point
supérieure à celle du milieu des années quatre-vingt-dix, ce qui explique que le
taux d’investissement soit plus élevé qu’au début des années 2000. Ainsi, la
tendance apparente à la hausse du taux d’investissement s’interprète simplement
comme la convergence vers un nouveau régime d’intensité capitalistique plus
élevée, induite par la baisse du coût de financement des entreprises.
Tout se passe comme si,
depuis 2007, l’investissement
avait réagi aux seules
évolutions de la demande
La dégradation du taux de marge des entreprises depuis 2007 aurait été
compensée par la poursuite de la baisse du coût de financement. Ce résultat est
a priori surprenant. La forte baisse ces dernières années du taux de marge en
France, qui s’est accompagnée d’une baisse du taux d’épargne équivalente, est
révélatrice d’une dégradation de la situation financière des entreprises et de leur
rentabilité. Celle-ci devrait se répercuter sur le volume d’investissement.
Ce résultat, pour surprenant qu’il soit, est en tous cas cohérent avec les réponses
des entreprises à l’enquête sur les investissements dans l’industrie, déjà
mentionnée dans la première partie. Chaque année en octobre, elles sont
interrogées sur les facteurs influençant leur décision d’investir : pour l’année en
cours, elles doivent les qualifier de stimulant ou limitant. Le solde relatif à la
demande intérieure est en 2013 de l’ordre de 23 points inférieurs à son niveau
de 2004 (l’écart étant deux fois plus faible pour la demande étrangère). Mais les
soldes des réponses concernant l’autofinancement, les conditions globales de
financement et les perspectives de profit ne paraissent pas, au premier ordre, plus
limitants aujourd’hui qu’avant la crise (cf. graphique 10).
Ce résultat s’explique peut-être, sans qu’il soit possible de quantifier leur
contribution, par les nombreuses mesures de politiques publiques destinées à
soutenir, directement ou indirectement, l’investissement des entreprises.
30 Note de conjoncture
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
10 - Facteurs influençant l’investissement
(6) Lataxe professionnelle avait déjàété allégée en 2006, avec larefonte du dégrèvement pour
investissements nouveaux et du plafonnement en fonction de la valeur ajoutée.
Note de lecture : Le point 2014 correspond aux prévisions des industriels interrogés en octobre 2013.
Source : Enquête de conjoncture Insee
D’abord, la taxe professionnelle, qui pesait uniquement sur la capital, a été
supprimée en 2010, et remplacée par un impôt sur la valeur ajoutée, qui affecte
donc autant le capital que l’emploi
6
. En outre, le crédit d’impôt recherche a été
considérablement étendu en 2008 (suppression du plafond, hausse des taux de
crédit, suppression de la part calculée sur l’accroissement des dépenses), son
coût progressant en quelques années de 5 milliards d’euros
7
. Par ailleurs, les
investissements d’avenir ont été lancés en 2010, et les montants contractualisés
atteignaient 19 milliards d’euros au premier trimestre 2013
8
.
Le resserrement du crédit
semble avoir eu un rôle
secondaire en France
Enfin, au plus fort de la crise financière fin 2008, alors que les banques
durcissaient leurs conditions d’accès au crédit, plusieurs mesures ont été prises
pour soutenir la trésorerie des entreprises (soutien d’Oséo, remboursement des
créances fiscales, médiation du crédit...), ce qui peut être considéré comme une
aide indirecte à l’investissement. D’ailleurs, les études disponibles sur données
françaises indiquent que les contraintes de crédit auraient joué un rôle
relativement mineur en France, et n’auraient que peu affecté l’investissement
(cf. Guinouard, Kremp et Randriamisaina ainsi que Kremp et Sevestre). En
particulier, les filiales des groupes ont connu une baisse d’activité en 2008 et
2009plus forte que les entreprises indépendantes, notamment dans le secteur de
l’industrie manufacturière. Ce sont les entreprises les moins susceptibles d’être
contraintes financièrement qui ont le plus ajusté leur volume de production à court
terme, ainsi que leurs niveaux d’emploi et d’investissement. Ces éléments suggèrent
qu’en France les entreprises ont davantage pâti d’un choc de demande que d’un
choc de crédit (cf . graphique 11).
Décembre 2013 31
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
(7) Certes, la recherche et développement (R&D) n’est pas comptabilisée en investissement en
comptabilité nationale, mais une augmentation des dépenses en R&D déclenche des
investissements supplémentaires.
(8) Rapport annuel relatif à la mise en œuvre du programme d’investissements d’avenir de
2012-2013
11 - Évolution de l’investissement dans l’industrie manufacturière
Champ : unités légales ( UL) reportant une liasse fiscale au titre des BRN dans l’industrie manufacturière.
Définition : sont définies comme indépendantes, les entreprises qui ne font partie d'aucun groupe au cours de la période d'observation.
Note de lecture : en 2009, dans l’industrie manufacturière, l’investissement a décru de 28 % en moyenne parmi les unités légales filiales de
groupes, contre 24 % parmi les unités légales indépendantes. Lorsque les zones délimitées par les tirets sont disjointes, ces deux moyennes
peuvent être considérées comme significativement différentes. Les taux de croissance sont définis comme dans Davis et Haltiwanger comme
(x-x
-1
)/(0.5*(x + x
-1
)).
Source : Insee, BRN (2004-2007), Ésane (2008-2011).
Dans la zone euro,
l’investissement est plutôt plus
faible que ne le prévoient ses
déterminants
La modélisation économétrique menée sur la zone euro conduit à des
conclusions un peu plus nuancées que le diagnostic établi en première partie.
L’existence d’un sous-investissement ces dernières années dans la zone euro est
sensible à la spécification et à la période d’estimation retenues, le
sous-investissement variant de 0 à 6 % (cf . graphique 12 et annexe).
L’ampleur du sous-investissement est atténuée quand on estime l’équation
jusqu’à fin 2010, car la faiblesse prolongée de l’investissement à partir de 2008
conduit à amoindrir la force de rappel vers les déterminants de long terme, et
donc à différer le retour à la cible de long terme. Cet écart apparaît donc
temporaire. De toutes les façons, quelles que soient la spécification et la période
d’estimation retenues, on observe donc un sous-investissement pour la zone euro
ces dernières années, alors qu’on constate le contraire pour la France. Ce
résultat provient principalement, comme on l’a vu dans la première partie, de
l’Allemagne, dont l’investissement a davantage chuté qu’en France, alors que la
conjoncture y a été moins dégradée (cf. Goldman Sachs Global Economics).
Conclusion : quel investissement pour 2014 ?
D’après les résultats présentés dans ce dossier, le taux d’investissement des
entreprises semble sur une tendance croissante depuis les années
quatre-vingt-dix. Celle-ci s’explique par la baisse continue du coût de
financement. En particulier, depuis la crise, l’investissement en France est plus
résistant que celui de ses partenaires européens.
Aujourd’hui, l’activité économique semble se redresser, en France comme dans
la zone euro : le climat des affaires s’est fortement amélioré depuis le début de
l’année ; et le glissement annuel du PIB fin 2013 s’établirait à +0,7 %, contre
-0,3 % fin 2012. L’investissement des entreprises est également mieux orienté
(-0,7 % attendu en glissement annuel fin 2013, contre -3,1 % fin 2012), mais
continue à contribuer négativement à la croissance.
Pour 2014, le rythme de la reprise économique dépendra notamment du devenir
de l’investissement des entreprises. Trois scénarii sont possibles : un
investissement « freineur », qui continue à baisser ; un investissement « suiveur »,
qui progresse, mais modérément, dans le sillage de la reprise, et un
investissement « moteur », dont le rebond marqué permet d’intensifier la reprise
économique. Le scénario de l’investissement « suiveur » paraît le plus probable.
L’équation prévoit une reprise
modérée de l’investissement
Avec le scénario de la Note de conjoncture, l’équation estimée dans la partie
précédente prévoit une reprise, mais modérée, de l’investissement hors
construction, à l’horizon de la prévision (+0,8 % puis +0,6 % et +0,3 %). Cette
dynamique serait essentiellement gouvernée par l’effet accélérateur : tout comme
le PIB, l’investissement rebondirait au quatrième trimestre avant de ralentir.
32 Note de conjoncture
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
12 - Investissements en actifs hors construction dans la zone euro
Source : Insee
Décembre 2013 33
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
Encadré 2 - Le comportement d’investissement lors des reprises passées
Sur les deux dernières décennies, l’économie française a été affectée
par trois épisodes récessifs : la Récession de 1993, le ralentissement
consécutif à l’éclatement de la bulle internet de 2001 et la Grande
Récession de 2008-2009. Chacun d’entre eux peut être découpé en
deux phases : une première phase durant laquelle l’activité se replie
brutalement (l’ensemble des composantes de la demande se
contracte) puis rebondit (mais ce rebond demeure partiel et fragile
dans la mesure où l’investissement ne redémarre pas véritablement),
suivi d’une deuxième phase plus diffuse pendant laquelle l’activité
connaît ànouveau une dégradation mais de moindre ampleur que la
première. Àl’issue de cette seconde phase, une reprise plus robuste et
plus durable apparaît, accompagnée d’un redémarrage notable de
l’investissement des entreprises non financières.
L’investissement des entreprises, composante très cyclique de la
demande, amplifie les fluctuations conjoncturelles de la valeur
ajoutée, en vertu du principe de l’accélérateur. En phase de
récession, la baisse de l’investissement est plus ample que celle
de la demande. En phase de reprise, l’investissement rebondit,
répondant à la fois au surajustement passé et à l’amélioration de
la demande anticipée. À l’aune des trois derniers épisodes
récessifs qui ont affecté l’économie française, l’investissement
des entreprises a tendance à s’ajuster avec retard aux variations
de la demande, si bien que la reprise de l’investissement est
décalée par rapport à celle de la valeur ajoutée. Aussi,
l’investissement a t-il été rarement le moteur de la reprise en
France. D’autres composantes de la demande, à l’instar des
exportations, ont eu un rôle véritablement moteur dans les
phases de reprise de l’activité. Le fait que l’investissement soit
davantage suiveur que moteur du cycle pourrait tenir au fait que
la décision d’investissement est lourde de conséquence pour
celui qui la prend : celle-ci génère en effet des coûts d’installation
(voire de formation, d’organisation et d’adaptation), une prise de
risque en univers incertain, un engagement financier souvent
important vis-à-vis du prêteur (banquier, actionnaire...) et de
l’irréversibilité. Autant d’éléments contraignants qui font de
l’investissement une variable devenant dynamique seulement
une fois le redémarrage de l’activité confirmé.
Au cours des deux épisodes récessifs complets (c’est-à-dire avec
l’observation des deux phases décrites ci-dessus), le taux
d’investissement en première phase de la reprise demeure terne
voire même continue de se dégrader après la date de reprise de
l’activité (notée T) avant de se stabiliser : en 1993, il est de nouveau
en hausse deux trimestres après le creux, mais ce mouvement
s’interrompt rapidement et le taux d’investissement se dégrade à
nouveau avant de se stabiliser à huit trimestres après la reprise de
l’activité (cf. graphique 1) ; en 2001, il continue de baisser durant
près de trois trimestres après la date de redémarrage de l’activité
avant de se stabiliser à un niveau bas (cf. graphique 2). Au cours de
cette première phase, taux d’utilisation des capacités comme taux
de marge ne connaissent pas de réelle amélioration : ils sont au
mieux stables, voire continuent de se dégrader. Au cours de la
deuxième phase, l’accélération de l’investissement est nette sur ces
deux épisodes récessifs (cf. graphiques 3 et 4) : le taux
d’investissement croît nettement dès les premiers trimestres après
la reprise de l'activité. En 1997, taux d’utilisation des capacités et
taux de marge se sont sensiblement améliorés, tandis qu’en 2003
ces deux variables restent mal orientées.
Le dernier épisode récessif connu (2008-2009) apparaît
singulier au regard des deux précédents : en effet, cet épisode
apparaît remarquable du fait de la réactivité inhabituelle de
l’investissement au redémarrage de la valeur ajoutée au
t roi si ème t ri mest re de l ’ année 2009. Ai nsi l e t aux
d’investissement croît rapidement dès les premiers trimestres de
reprise, tout comme le taux d’utilisation des capacités et le taux
de marge (cf. graphique 5).
Les deux phases de la récession de 1993
1 - Phase 1 de reprise au trimestre T
(T=1993T2)
2 - Phase 2 de reprise au trimestre T
(T=1997T1)
Source : Insee
34 Note de conjoncture
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
Les deux phases du ralentissement post-bulle internet
3 - Phase 1 de reprise au trimestre T
(T=2002T1)
4 - Phase 2 de reprise au trimestre T
(T=2003T3)
La Grande Récession de 2008
5 - Phase 1 de reprise au trimestre T (T=2009T3)
Source : Insee
Note de lecture
Pour les cinq graphiques ci-dessus, les trois séries sont en base 100 au trimestre T (T étant le premier trimestre de taux de croissance
du PIB positif après chaque épisode récessif).
Source : Insee
Lors des reprises précédentes,
l’investissement a été en
général « suiveur »
Les points de retournement conjoncturel peuvent être particuliers, notamment car
les comportements sont moins « mécaniques » et obéissent davantage aux
anticipations des agents. Pour tracer les perspectives de reprise de
l’investissement, il peut donc être utile d’examiner également les reprises des
vingt dernières années (cf. encadré 2). Schématiquement, il y a eu trois phases
récessives (1993, 2001, 2008), suivies chacune d’une reprise avortée, avant
une phase de reprise plus franche et plus durablement installée (1997, 2003, et
donc potentiellement 2013). Il en ressort les conclusions suivantes :
- le taux d’investissement ne se redresse en général pas durant les trimestres qui
suivent la reprise, c’est-à-dire que l’investissement au mieux progresse
modérément, comme le PIB. Seule exception, la reprise de 2009-2010, où la
reprise de l’investissement a été très forte et plus rapide qu’attendu au vu de ses
déterminants (cf. partie 2). L’idée selon laquelle le rebond de l’investissement est
en général le moteur des reprises économiques n’est pas vérifiée en France.
- contrairement à une idée répandue, un niveau faible de taux d’utilisation des
capacités (TUC) n’empêche pas le redémarrage de l’investissement (cf. Forestier).
En effet, lors des récessions passées, systématiquement, les reprises sont
intervenues avant que le TUCne se relève, et en général les redressements du TUC
et du taux d’investissement sont concomitants. C’est en particulier vrai fin 2009 : la
forte reprise de l’investissement est intervenue alors que le TUC était encore à son
point bas. Ce résultat contraire à l’intuition peut a priori avoir plusieurs explications
non exclusives. Tout d’abord, évidemment, le TUC est une moyenne : un faible
niveau du TUC n’empêche pas des sous-capacités par endroits. Ensuite, lors des
récessions, labaisse de l’investissement est telle que sonrebondpeut être nécessaire,
juste pour maintenir les capacités productives nettes de l’amortissement. Et comme
le capital est par nature beaucoup plus inerte que l’investissement, un fort rebond de
ce dernier peut s’accompagner d’un redressement du TUC.
Ainsi, l’analyse des récessions passées enseigne d’une part que
l’investissement est en général « suiveur », et d’autre part qu’un redressement
du TUC n’est pas une condition nécessaire à la reprise de l’investissement.
Pour cette reprise, un
investissement « freineur »?
D’autres facteurs, difficiles à quantifier, pourraient peser sur les décisions
d’investissement, tels que la poursuite de la perte d’attractivité de la France qui
ressort des classements internationaux, au moment où la baisse des coûts
salariaux dans des pays comme l’Espagne ou l’Irlande en restaure l’attractivité
aux yeux des investisseurs internationaux. Ces facteurs ne semblent pas avoir
joué jusqu’à présent, puisque l’investissement des entreprises françaises semble,
on l’a vu, en ligne avec ses déterminants habituels (demande ; taux de marge ;
coût d’usage du capital hors fiscalité). Si on ne peut pas exclure qu’ils
commencent à jouer à l’horizon de la prévision, la poursuite des mesures en
faveur de l’investissement, telles que celles contenues dans le pacte national pour
la compétitivité et l’emploi, joue en sens inverse. En tout cas, les enquêtes de
conjoncture ne laissent pas attendre de décrochage de l’investissement à court
terme. A contrario, les données les plus récentes accréditent à court-terme une
reprise de l’investissement.
Les données les plus récentes
accréditent une reprise de
l’investissement
D’après les conclusions de la première partie, l’investissement des entreprises
peut être décomposé en investissement en produits manufacturés, dont la
dynamique est très cyclique, en investissement en services, dont la dynamique est
davantage tendancielle, et en investissement en construction, qui obéit aussi à
des cycles, mais a priori distincts des cycles du PIB.
Décembre 2013 35
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
Sur la période récente, l’investissement en produits manufacturés s’est redressé
fortement, après six trimestres de baisse marquée, et contribue désormais
positivement à l’activité (+0,4 % attendu en glissement annuel fin 2013, après
-7,4 % fin 2012). Il s’agit d’un signe positif pour 2014, car cette variable connaît
habituellement des cycles réguliers. A contrario, l’investissement en services, qui a
très bien résisté durant la crise, était plus faible en 2013, faiblesse qui devrait être
ponctuelle (-1,6 % attendu en glissement annuel fin 2013, après +1,9 %). Enfin,
l’investissement en construction reculerait moins fortement en 2013(-0,8%attendu,
après -3,3%), mais l’orientation des mises en chantier et des permis de construire ne
permettent pas d’envisager une contribution positive au premier semestre 2014.
Par ailleurs, les données d’enquêtes sont toutes cohérentes avec une
amélioration à court terme des perspectives d’investissement, même si une
contribution positive sur l’année 2014 n’est pas certaine : selon l’enquête sur les
investissements dans l’industrie, les dépenses d’investissement baisseraient de
2 % en 2014. Toutefois, en interprétant ces résultats en tendance, ce qui est plus
raisonnable compte tenu de l’imprécision inhérente aux enquêtes, l’amélioration
est notable, car les mêmes chefs d’entreprise évaluent à -7 % la baisse de leurs
investissements en 2013. Dans les services, l’enquête est qualitative, et les
questions sur les perspectives d’investissements ne portent que sur les trois mois à
venir. Toutefois, le solde moyen au second semestre 2013 est 5 points plus élevé
que sa moyenne du premier semestre 2013.
Selon lamodélisation présentée
dans ce dossier, l’investissement
des entreprises devrait croître àun
rythme voisin de celui
du PIBen 2014
Au total, pour la prévision retenue dans cette Note de conjoncture, le choix a été fait
de suivre les simulations de l’équation économétrique (cf. partie 2) . Tout d’abord, le
niveau d’investissement simulé par l’équation correspond aujourd’hui au niveau
d’investissement observé. Ensuite, la prévision de l’équation pour le quatrième
trimestre 2013 est cohérente avec ce qu’annoncent les étalonnages à partir des
données d’enquête. Enfin, les facteurs évoqués précédemment (incertitude sur
l’avenir de la zone euro, resserrement des conditions de crédit), qui ne figurent pas
comme variables explicatives de l’équation, semblent beaucoup moins prégnants
aujourd’hui qu’ils ne l’étaient en 2011 ou 2012, ce qui n’incite pas à inscrire une
prévision inférieure à celle de l’équation.
L’investissement des entreprises progresserait ainsi modérément pour les
trois prochains trimestres (+0,7 %, +0,2 % et +0,2 % inscrits en prévision), ce
qui se traduirait par un acquis à mi-2014 de +0,7 % (comme pour le PIB). La
dynamique de l’investissement serait toutefois très hétérogène, entre
l’investissement en produits manufacturés, relativement dynamique (+2,4 %
d’acquis), l’investissement en services, quasi stable (+0,4 % d’acquis), et
l’investissement en construction, qui continuerait de baisser (acquis à -1,3 %), et
limiterait ainsi la croissance globale de l’investissement.■
36 Note de conjoncture
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
Décembre 2013 37
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
Annexe - Estimation de l’équation de l’investissement sur la zone euro et l’Allemagne
Estimer une équation d’investissement dans la zone euro est plus
complexe que pour la France, du fait de la disponibilité des
données. D’abord, la période d’estimation est forcément réduite,
car les données commencent en 1995 (de fait, même si elles
commençaient plus tôt, le début des années quatre-vingt-dix
avec la réunification de l’Allemagne est une période atypique qui
perturberait les estimations). Ensuite, la construction d’un coût du
capital, qui est déjà fragile pour la France, le serait encore
davantage pour la zone euro, notamment du fait de l’absence de
séries homogènes de taux d’amortissement. Enfin, pour la zone
euro, l’investissement des entreprises n’est pas disponible à
fréquence trimestrielle et la nomenclature n’est pas en produits,
mais en actifs. Ainsi, le champ sur lequel nous faisons
l’estimation zone euro (investissement tous agents en actifs
corporels hors construction) est proche mais pas équivalent à
celui de l’estimation France.
Pour ces raisons, nous avons retenu deux spécifications
différentes. La première est proche de celle retenue pour la
France en remplaçant le coût d’usage du capital par le prix de
l’investissement. Cette spécification risquant de souffrir d’un biais
de variable omise, nous confortons nos résultats par un second
modèl e du t ype accél érat eur si mpl e. À l ong t erme,
l’investissement en valeur s’ajuste à la valeur ajoutée avec une
élasticité unitaire, soit une cible de taux d’investissement en
valeur, qui correspond à une fonction de production de type
Cobb-Douglas. Pour ces deux spécifications, le taux de marge
n’est significatif ni à long-terme, ni à court-terme.
Pour chacune des deux spécifications, nous avons retenu deux
est i mat i ons, di f f i ci l es à départ ager, et qui di f f èrent
principalement par leur période d’estimation. La première
estimation s’arrête en 2007T4, ce qui est à la fois un avantage
(l’écart entre observé et simulé sur les dernières années peut alors
s’interpréter comme un comportement différent d’avant-crise) et
un inconvénient (l’estimation se fait alors sur une période
réduite). La seconde estimation s’arrête en 2010T4. Par rapport à
l’estimation précédente, la force de rappel vers la cible de
long-terme est plus faible, aussi l’investissement simulé est moins
élevé depuis le début de la crise.
Selon la spécification et la période d’estimation retenue,
l’investissement prévu est supérieur de 0 %à 6 %à l’investissement
réellement observé.
Spécification Cobb-Douglas :
( ) ( ) ( )
∆ ∆ InI InY InI InY
t t t
− + − −

0 25 2 66 0 09
0 08 0 45 0 03
1
, , . , .
, , ,
( )
t
t
I
t
Y
t t
In
p
p
InY




+
¸
¸

_
,

¸
¸

_
,

+ +
1
1
1
0 47
2
178 , .
,
∆ ε
L’équation, estimée sur la période 1995T1-2007T4, s’écrit :
( ) ( ) ( )
∆ ∆ InI InY InI InY
t t t
− + − −

014 313 0 05
0 06 0 45 0 02
1
, , . , .
, , ,
( )
t
t
I
t
Y
t t
In
p
p
InI




+
¸
¸

_
,

¸
¸

_
,

+ +
1
1
1
0 07
1
0 21 , .
,
∆ ε
Spécification CES
L’équation, estimée sur la période 1995T1-2007T4, s’écrit :
( ) ( ) ( )
∆ ∆ InI InY InI InY
t t t
− + − −

0 24 2 61 0 09
0 09 0 45 0 03
1
, , . , .
, , , ( )
( )
t
t
I
t
Y
In
p
p
InY



+
¸
¸

_
,

¸
¸

_
,

+
1
1
1
0 60
0 75
118
, .
, .
*
,

t t −
+
2
ε
L’équation, estimée sur la période 1995T1-2010T4, s’écrit :
( ) ( ) ( )
∆ ∆ InI InY InI InY
t t t
− + − −

018 2 80 0 06
0 08 0 36 0 03
1
, , . , .
, , , ( )
( )
t
t
I
t
Y
In
p
p
InY



+
¸
¸

_
,

¸
¸

_
,

+
1
1
1
0 47
0 70
1 26
, .
, .
*
,

t t −
+
1
ε
où :
- I
t
est l’investissement en actifs équipement et matériels de
transport en volume,
- Y
t
est le produit intérieur brut de la zone euro,
- p
t
Y
et p
t
I
les déflateurs de la valeur ajoutée et de l’investissement
Pour chacun des modèles, le test d’Elliott-Rothenberg-Stock
rejette l’hypothèse de non stationnarité du résidu du long terme
au seuil de 5 %, et confirme que les variables I
t
et Y
t
sont
intégrées d’ordre un.
Nos modèles d’investissement sur la zone euro nous permettent
donc de penser que la zone est en léger sous-investissement
depuis 2011. Ce sous-investissement serait en particulier dû au
faible investissement en Allemagne comme le montre les
modèles présentés ci-après.
Sur données allemandes, le coût du capital ne ressort pas
significativement dans les estimations, nous le remplaçons donc
par le prix de l’investissement, comme pour les estimations zone
euro. L’estimation du long terme non contraint fait ressortir un
coefficient du ratio de prix non significativement différent de 1,
c’est-à-dire que la fonction de production serait de type
Cobb-Douglas. Contrairement à la zone euro dans son
ensemble, les modèles ainsi estimés jusqu’en 2007 ou 2010
amènent à une estimation identique de l’ampleur du
sous-investissement (14 %). Celle-ci est d’autant plus élevée que
le coefficient accélérateur est relativement faible (1,45, contre
plus de 2 pour la France, et 3 pour la zone euro), si bien que le
simulé est donc moins affecté par la dégradation conjoncturelle
de ces dernières années.
L’équation, estimée sur la période 1995T1-2007T4, s’écrit :
( ) ( ) ( )
∆ ∆ InI InY InI InY
t t t
− + − −

016 1 45 0 08
0 09 0 36 0 05
1
, , . , .
, , , ( )
( )
t
t
I
t
Y
In
p
p
InI



+
¸
¸

_
,

¸
¸

_
,

+
1
1
1
0 13
0 88
013
, .
, .
*
,

t t −
+
1
ε
L’équation, estimée sur la période 1995T1-2010T4, s’écrit :
( ) ( ) ( )
∆ ∆ InI InY InI InY
t t t
− + − −

016 145 0 08
0 09 0 36 0 05
1
, , . , .
, , , ( )
( )
t
t
I
t
Y
t
In
p
p
InI



+
¸
¸

_
,

¸
¸

_
,

+
1
1
1
0 10
106
0 2
, .
, .
*
,


+
1
ε
t

38 Note de conjoncture
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
FBCF en actifs équipements et matériaux de transports : zone euro
FBCF en équipements et matériaux de transports : Allemagne
Décembre 2013 39
En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?
Bibliographie
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À la recherche de la productivité
britannique perdue
Décembre 2013 41
A
lors que l’économie britannique connaissait une croissance régulière et
stable de la productivité depuis une quarantaine d’années au rythme
moyen de 2,4 % par an, la production moyenne par travailleur a chuté en
2008 et ne s’est que très faiblement redressée depuis. La productivité
britannique est aujourd’hui inférieure de 16 %à sa tendance d’avant-crise. Si
ce phénomène se retrouve dans de nombreux pays européens, dont la
France et l’Allemagne, il est nettement plus marqué au Royaume-Uni.
Comme en France et en Allemagne, ce coup d’arrêt de la productivité au
Royaume-Uni ne peut s’expliquer que marginalement par le cycle de
productivité habituel : la crise économique date désormais de cinq ans, ce qui
est très supérieur aux délais habituels d’ajustement de l’emploi. Il ne provient
pas plus des effets de structure : calculée en décomposant l’économie en neuf
secteurs, la contribution aux gains de productivité de la réallocation
sectorielle des emplois est négligeable. L’augmentation de l’emploi
indépendant et des contrats à temps partiel n’a, en outre, qu’un effet marginal
sur le choc de productivité.
Trois raisons peuvent être isolées et, cumulées, elles expliquent de 50 à 75 %
du ralentissement de la productivité au Royaume-Uni :
- si le ralentissement de la productivité est observé dans chacun des neuf
secteurs de l’économie, il est particulièrement marqué dans les secteurs
pétrolier (en raison de l’extinction progressive des réserves) et financier (en
lien avec l’explosion de la bulle) ;
- l’investissement des entreprises, en particulier en biens d’équipement,
paraît particulièrement faible depuis le début des années 2000, ce qui a
vraisemblablement pesé sur la productivité du travail ;
- l’ajustement des salaires a été très rapide et très fort depuis 2008, si bien que
les salaires réels ont baissé en cinq ans de 7 %, alors qu’ils ont crû en France et
en Allemagne. Cet ajustement a été favorisé par une augmentation de la
population active, induite par des modifications des règles de départ à la
retraite et d’éligibilité aux minima sociaux ; il peut avoir orienté les choix des
entreprises vers des processus plus économes en capital et moins en travail.
Noémie Jess
Julien Pramil
Dorian Roucher
Département de la
conjoncture
42 Note de conjoncture
À la recherche de la productivité britannique perdue
Une quatrième raison est parfois avancée : le capital se serait insuffisamment
réalloué depuis la crise. En effet, d’une part, le soutien massif aux entreprises
en difficulté aurait réduit les faillites, et d’autre part le financement des
secteurs en croissance aurait été insuffisant. Cette explication est séduisante
théoriquement, mais n’a pas reçu à ce jour de validation empirique. En outre,
elle n’est pas a priori spécifique au Royaume-Uni, alors que la baisse de la
productivité y est singulièrement importante.
Certains de ces facteurs sont par nature temporaires et ne devraient pas
affecter la productivité britannique à long terme (c’est le cas de l’effet habituel
du cycle de productivité). À l’inverse, d’autres chocs affectent à la fois le
niveau et les gains tendanciels de productivité : la productivité britannique a
ainsi été dopée par le secteur pétrolier dans les années quatre-vingt-dix puis
par le secteur financier dans les années 2000 sur fond de bulle de crédit et ces
facteurs ne joueront plus dans les années qui viennent. Cependant,
l’essentiel des explications (hausse des taux d’activité, sous-investissement,
mauvaise allocation du capital) invite à penser que le choc de productivité est
principalement une perte sèche en niveau mais que le ralentissement marqué
des gains de productivité pourrait être en grande partie temporaire.
D’ailleurs, la reprise de l’activité depuis début 2013 s’est traduite par un net
redressement de la productivité (+0,4 % en moyenne par trimestre).
La productivité britannique a décroché depuis la crise
Forte baisse de la productivité
britannique depuis 2008
L’économie britannique a enregistré des gains de productivité du travail
(augmentation de la quantité produite par employé ou par heure travaillée)
importants depuis plusieurs décennies : en effet, de 1971 à 2007, la productivité
a augmenté d’environ 2,4 % par an. Ce rythme était particulièrement soutenu
comparativement aux autres économies développées. Cette tendance est
relativement linéaire de 1971à 2007(cf. graphique 1) si bien que l’estimation de
la tendance de productivité dépend peu de la sous-période retenue.
Du quatrième trimestre 2007 au premier trimestre 2009, la productivité du
travail a chuté de 6 % et, malgré la reprise de l’activité, elle stagne depuis lors
(+0,4 % par an en moyenne). Aujourd’hui, la productivité britannique est donc
inférieure de 4 % à son niveau d’avant-crise, et de 16 % à sa tendance
d’avant-crise.
Une baisse plus marquée
qu’ailleurs en Europe
L’atonie de la productivité se retrouve dans de nombreux pays européens. Ainsi, la
productivité en France (respectivement en Allemagne) est 2 % supérieure
(respectivement 1,5 % inférieure) à son niveau d’avant-crise (cf. graphique 2).
Comme les gains de productivité étaient nettement plus dynamiques avant-crise
qu’en France et en Allemagne, l’ampleur de l’écart par rapport àlatendance est plus
importante au Royaume-Uni (16 % contre 8 % en Allemagne et 6 % en France).
Décembre 2013 43
À la recherche de la productivité britannique perdue
1 - La productivité britannique décroche depuis 2008
Sources : ONS, calculs Insee
2 - Comparaison internationale des productivités
Sources : Instituts statistiques nationaux
Reprise molle de l’activité... La croissance de l’activité s’est révélée particulièrement faible ces cinq dernières
années, notamment en comparaison avec les sorties de crises de 1973, 1980 et
1990. Lors des précédentes récessions, l’économie britannique était parvenue à
retrouver son niveau d’avant-récession en une, deux et trois années
respectivement pour les récessions de 1990, 1980 et 1973. Au deuxième
trimestre 2013, cinq ans après la récession de 2008, le PIB était toujours 3,3 %
en deçà de son niveau du premier trimestre 2008. Même si les comptes des trois
dernières années ne sont pas encore définitifs et peuvent dont être révisés,
l’hypothèse d’une chute de la productivité s’expliquant principalement par des
erreurs de mesure paraît peu probable au regard de l’ampleur du phénomène
(cf. encadré 1).
... alors que l’emploi est
dynamique
Parallèlement, l’emploi s’est rapidement redressé (cf. graphique 3). Après avoir
chuté de 2,4 % en l’espace de deux ans, deux phases de reprises dynamiques de
l’emploi se sont succédées, l’une début 2010, l’autre en 2011. L’emploi est
aujourd’hui supérieur de près de 1,5 % à son pic d’avant-crise. L’inflexion à la
baisse de la tendance de productivité est donc la conjonction d’une croissance
modeste et d’une surprenante progression de l’emploi.
Le phénomène classique
de rétention d’emploi...
Classiquement, un recul de la productivité peut s’expliquer par le « cycle de
productivité » : autour d’une tendance stable, la productivité recule pendant la
phase de crise (les employeurs conservant leurs salariés) et repart
vigoureusement pendant la phase de reprise (les entreprises utilisant leurs
capacités inutilisées pour répondre à la demande avant de réembaucher). À
court terme, les coûts d’embauche et de licenciement, ainsi que les effets
d’apprentissage, incitent les chefs d’entreprise à lisser l’effet des chocs de
demande sur leur offre de travail.
... n’explique pas
l’ampleur du choc
de productivité
Pourtant, ce phénomène n’explique pas la situation britannique actuelle. Tout
d’abord, la rétention d’emploi est un phénomène de court terme et cinq années
après la récession, il semble peu probable que les chefs d’entreprise n’aient pas
ajusté leurs effectifs. Lors des précédentes récessions, la productivité du travail
avait retrouvé sa tendance d’avant-crise après quatre ans. Au total, selon la
modélisation économétrique, le cycle de productivité mesuré par l’écart du
simulé de court terme à la cible de long terme est d’environ 3 points au deuxième
trimestre 2013 (cf. encadré 2).
Par ailleurs, le niveau des licenciements n’est pas particulièrement bas depuis la
crise : le dynamisme de l’emploi semble être lié au dynamisme des embauches et
non pas à la faiblesse du niveau de licenciement. L’argument de la rétention
d’emploi n’explique donc pas le dynamisme des embauches.
44 Note de conjoncture
À la recherche de la productivité britannique perdue
3 - Reprise de l’emploi à la suite des différentes récessions
Sources : ONS, calculs Insee
Décembre 2013 45
À la recherche de la productivité britannique perdue
Encadré 1 - Les difficultés de mesures ne peuvent expliquer que marginalement
le choc de productivité
Le PIB britannique calculé par l’institut national des statistiques
(ONS) repose, comme dans le cas français, sur des hypothèses
méthodologiques. En outre, les données postérieures à 2010 ne
sont pas encore définitives, et sont donc sujettes à des révisions
potentielles. Toutefois, une éventuelle sous-estimation du PIB ne
pourrait a priori expliquer que très partiellement le choc de
productivité britannique puisqu’entre 1993 et 2009, la révision
annuelle moyenne du PIB était de 0,6 %.
La difficulté àmesurer la valeur ajoutée du secteur
bancaire influe certainement
En 2012, le secteur bancaire représente environ 8 % de la valeur
ajoutée au Royaume-Uni et emploie plus de 1,1 million de
personnes. En comptabilité nationale, la valeur ajoutée du
secteur bancaire est en grande partie enregistrée comme un
Service d’Intermédiation Financière Indirectement Mesuré
(SIFIM). Les SIFIM et le partage volume-prix sont calculés comme
suit :
( )
SIFIM
M
P
i i P
volume déflateur
t
t
t
t t
ssrisque
t
= _
12 4 3 4 12 4 3 4
avec M
t,
le montant total des prêts accordés,
P
t
, les prix du PIB en t,
i
t
, le taux d’intérêt moyen sur les prêts accordés,
i
t
ssrisque
, le taux d’intérêt sans risque dans l’économie.
Dès lors, la valeur ajoutée du secteur financier en volume
contribue très positivement à la croissance du PIB réel pendant la
constitution d’une bulle immobilière et très négativement
pendant son éclatement (Oulton, 2013). Par ailleurs, Haldane et
al. (2010) relèvent que l’utilisation du taux d’intérêt non corrigé
des risques relatifs à l’activité de prêt conduit à majorer la
production réelle quand les risques pris par les banques
augmentent.
Enfin, une troisième source de désalignement possible provient
des données. La production du secteur bancaire britannique est
établie à partir des comptes des banques dans lesquels figurent
les opérations en capital qui ne doivent pas figurer dans le PIB.
Or, il semblerait que les données issues de la collecte statistique
de la Banque d’Angleterre aient conduit à intégrer par erreur
certaines opérations en capital dans la production du secteur
financier dans les années 2000 (Weale, 2009).
La non-prise en compte des investissements
immatérielsexpliquerait également unepartieduchoc
En dehors des logiciels et des brevets, les investissements
immatériels ne sont actuellement pas pris en compte dans
l’investissement des entreprises. Ces investissements immatériels
ont fortement progressé depuis 2008 après avoir été relativement
peu dynamiques depuis le début des années 2000, selon
Goodridge et al. (2013). Leur prise en compte conduirait ainsi à
minorer le PIB avant 2008 et à le majorer depuis : Goodridge
soutient que cette absence de prise en compte expliquerait 5 des
16 points de décrochage de la productivité par rapport à sa
tendance de long terme. Cet effet n’a pas été mis en évidence
pour la R&D : selon Eurostat, le taux de R&D est extrêmement
stable au Royaume-Uni de 1996 à 2011 autour de 1,8 %du PIB.
Les enquêtes captent pourtant bien la baisse de la
productivité
Malgré ces différentes erreurs de mesures potentielles, leur
contribution réelle à l’explication du choc de productivité est
probablement modeste. En effet, la chute de la productivité est
fidèlement retracée par les enquêtes de conjoncture qui sont très
peu révisées et dont la construction est orthogonale à celle des
Comptes nationaux : les composantes « emploi » des enquêtes
(du CBI comme les PMI de Markit, aussi bien dans l’industrie que
dans l es ser vi ces) se sont si t uées à des ni veaux
exceptionnellement élevés relativement aux composantes
« activité » depuis 2008 (cf. graphiques 1 et 2).■
1 - Productivité et enquêtes Markit
Secteur Manufacturier
2 - Productivité et enquêtes CBI
Services
Sources : Markit, ONS, calculs Insee Sources : CBI, ONS, calculs Insee
46 Note de conjoncture
À la recherche de la productivité britannique perdue
Encadré 2 - Modélisation de l’emploi au Royaume-Uni
Une modélisation simple rendait compte de
l’évolution de l’emploi jusqu’à mi-2009
Jusqu’à la crise, la tendance linéaire des gains de productivité de
l’économie britannique permettait de modéliser l’évolution de
l’emploi de façon simple avec un modèle à correction d’erreur, à
l’aide uniquement du PIB, d’une tendance et des retards d’emploi et
d’activité (cf. tableau 1) .
Cependant si le modèle rend correctement compte des
destructions d’emploi jusqu’à mi-2009, il n’explique pas la
reprise de l’emploi depuis (cf. graphique). Mi-2013, l’écart entre
le simulé et l’observé atteint ainsi 14,6 %. Néanmoins, ce modèle
peut être utilisé pour avoir une première estimation du cycle de
productivité. L’écart entre la cible de long terme et le simulé
donne ainsi une approximation de la contribution du cycle de
productivité à l’évolution récente de l’emploi. Au deuxième
trimestre 2013, cet écart représente environ 3 points.
Environ les deux tiers de l’écart de productivité
peut être expliqué
Parmi les différentes explications avancées dans ce dossier,
certaines ne peuvent pas faire l’objet d’une intégration dans la
modélisation faute de données sur période longue ou de
variables clairement identifiables : c’est notamment le cas de
l’argument relatif à la mauvaise allocation du capital. Pour
capter les autres arguments avancés, plusieurs variables
explicatives ont été ajoutées à l’équation : la valeur ajoutée réelle
dans les secteurs miniers et financiers, le taux d’activité, le taux de
temps partiel et la capacité manufacturière mesurée par le
rapport de la production industrielle et du Taux d’utilistion des
capacités. Étant donné le faible nombre d’observations, le test de
Johansen sur le nombre de relations de cointégration n’est pas
concluant. La statistique de test d’Ericsson MacKinnon conclut à
l’existence d’au moins une relation de cointégration (au seuil de
1 %) mais la valeur des coefficients des variables en niveau ne
peut être i nterprétée ai sément car l e modèl e esti me
potentiellement une combinaison linéaire de plusieurs relations
de cointégration (cf. tableau 2). Au total, cette modélisation,
estimée sur la période 1990-2007, réduit à environ 6,5 %l’écart
de productivité inexpliquée au deuxième trimestre 2013 (cf
graphique).■
Emploi observé et simulé selon les deux modèles
Modéles estimés 1990-2007
Sources : ONS, CBI, calculs Insee
Tableau 1
Variable expliquée : variation trimestrielle (vt) de l’emploi en %
Période d’estimation : 1990 T1-2007 T4
coefficient estimé T de Student
Constante -0,1736 -5,70
Emploi (-1) -0,1149 -5,50*
PIB (-1) 0,1149 5,50
Tendance (-1) -0,0007
Vt du PIB (en %) 0,1379 2,80
Vt de l’emploi (-2) (en %) 0,2200 2,40
* Valeur seuil du test de cointégration
Ericsson MacKinnon (2002) à 5 % : -3,8
R² ajusté = 0,70 RMSE = 0,20 %
Source : calculs Insee
Faible lissage par
les heures travaillées
Traditionnellement, une partie de la baisse de la productivité durant une phase de
crise tient au recul du temps de travail par tête : les entreprises préfèrent réduire le
temps de travail de leurs salariés (chômage partiel, réduction des heures
supplémentaires) plutôt que licencier.
Ainsi, la part des salariés à temps partiel est passé de 25,5 %à environ 27,0 %de
l’emploi total entre 2008 et 2012 (cf. graphique 4). Pourtant, le nombre moyen
d’heures travaillées par personne est aujourd’hui revenu à son niveau
d’avant-crise (environ 32 heures par semaine) malgré le développement des
temps partiels. En effet, le temps de travail des actifs à temps complet comme à
temps partiel augmente fortement depuis 2008.
Décembre 2013 47
À la recherche de la productivité britannique perdue
4 - Part des temps partiels et nombre d’heures travaillées
Source : ONS
Tableau 2
Variable expliquée : variation trimestrielle (vt) de l’emploi en %
Période d’estimation : 1990 T1-2007 T4
coefficient estimé T de Student
Constante -0,4042 -3,84
Emploi (-1) -0,1787 -5,36*
PIB (-1) 0,1787 5,36
Capacité manufacturière (-1) -0,0068
Tendance (-1) -0,0007
VA Finances et Assurance (-1) -0,0263
VA Industries extractives (-1) -0,0075
Taux d’activité (-1) 0,2968
Taux de temps partiel (-1) 0,0639
Vt du taux d’activité (en point) 1,0926 5,41
Vt du PIB (en %) 0,1155 2,31
Vt du taux de temps partiel (en point) -0,2202 -1,42
* Valeur seuil du test de cointégration
Ericsson MacKinnon (2002) à 5 % : -4,6
R² ajusté = 0,79 RMSE = 0,17 %
Source : calculs Insee
La productivité par heure
travaillée suit une évolution
parallèle à celle de la
productivité par tête
Ainsi, la productivité par heure travaillée a nettement reculé depuis la crise de
2008. Sur la période de 1993 à 2007, la productivité par heure travaillée
augmentait à un rythme de +2,6 % par an en moyenne (+2,4 % pour la
productivité par tête). Depuis la crise, sa croissance est quasi nulle.
Pour autant, ces contrats à temps partiel pourraient conduire à une productivité
plus faible, liée au désapprentissage, au besoin de formation ou bien à de la
démotivation. Le développement de ces contrats expliquerait ainsi une partie de
la baisse de la productivité par tête, non via une baisse quantitative du nombre
d’heures travaillées mais parce que la productivité horaire des personnes à
temps partiel serait plus faible. Mais cet effet, s’il existe, est vraisemblablement
marginal : l’augmentation de la part des contrats à temps partiel n’étant de que
1,5 point depuis le début de la crise, même à supposer une productivité moitié
moindre, elle n’expliquerait que 0,9 point de moindre productivité.
La hausse de la proportion
des non-salariés est
antérieure à la crise
Une autre explication souvent avancée est la forte hausse des créations
d’emplois non-salariés au Royaume-Uni depuis la crise (cf. Dezeure et Sobaihi,
2012). En effet, la création d’emplois non-salariés a été particulièrement
dynamique, notamment de mi-2011 à mi-2012 (entre juin 2011 et juin 2012
l’économie britannique a créé 253 000 emplois de non-salariés soit 60 % des
emplois créés sur la période) avec le programme gouvernemental New
Enterprise Allowance dont l’objectif était d’aider les chômeurs à créer leur propre
emploi. Cependant, si ce facteur peut expliquer une partie de la baisse de la
productivité durant cette période, il ne semble pas en mesure de rendre compte
du coup d’arrêt de la productivité depuis 2008. En effet, la part des non-salariés
progresse régulièrement depuis 2000 (elle est passée de 11,8 % en 2000 à
13,0 % en 2007 et 14,0 % en 2013) sans que cela ne se traduise par un
ralentissement significatif de la productivité avant 2007
1
.
Une chute de la productivité particulièrement marquée dans
l’industrie extractive et le secteur financier
L’hétérogénéité sectorielle peut
doublement affecter
la productivité
Au niveau des secteurs d’activité, deux effets distincts pèsent sur la productivité
totale : la productivité dans chacun des secteurs et la réallocation du travail entre
secteurs. Concrètement, un choc négatif sur la productivité peut s’expliquer à la
fois par une baisse de la productivité au sein de certains secteurs mais aussi par
un mouvement de réallocation de la main-d’œuvre vers des activités à faible
niveau de productivité.
La réallocation sectorielle a
toutefois des effets marginaux
sur la productivité
La réallocation sectorielle n’a pas contribué au coup d’arrêt de la productivité
depuis fin 2007. Sa contribution est même très légèrement positive (+0,1 % de
croissance annuelle). En effet, l’emploi a été très dynamique dans l’industrie non
manufacturière (+21 % entre 2007 et 2012) où la productivité par tête est
particulièrement élevée et s’est repliée dans la construction où la productivité par
tête est inférieure à la moyenne. L’emploi s’est également contracté dans les
services financiers, secteur à fort niveau de productivité. Au total, les évolutions
de l’emploi se compensent entre secteurs à forte et faible productivité.
48 Note de conjoncture
À la recherche de la productivité britannique perdue
(1) De plus, comme pour les temps partiels, même à supposer une productivité moitié
moindre des non-salariés, la hausse de 13 % à 14 % de leur part dans l’emploi
n’expliquerait que 0,5 point de moindre productivité globale.
Le ralentissement de la
productivité est
particulièrement fort dans
l’industrie extractive et
le secteur financier
Depuis la crise, la productivité a fortement ralenti dans la totalité des neuf
secteurs d’activité (cf. graphique 5). Elle a même baissé dans la plupart d’entre
eux (seule la construction et l’industrie manufacturière font exception). Le
ralentissement est particulièrement marqué dans l’industrie extractive et les
services financiers, qui ont connu des périodes de croissance importantes avant
la crise de 2008, et ont ainsi successivement soutenu la croissance de la
productivité depuis les années 1990.
L’industrie extractive a dopé la
productivité jusqu’en 1999
En effet, l’industrie extractive britannique est soumise à la raréfaction des réserves
pétrolières en mer du Nord
2
depuis la fin des années 1990. Les quantités extraites
diminuent mais la main-d’œuvre nécessaire sur les unités de production est
incompressible, voire augmente avec la multiplication des travaux de
maintenance. La productivité chute ainsi nettement depuis 1999. Dans l’industrie
non manufacturière dans son ensemble, les gains de productivité annuels
atteignaient 7,7 % en moyenne pendant les années 1990. De 1999 à 2007, les
gains de productivité disparaissent (cf. tableau 1). Depuis la crise, l’épuisement
rapide des ressources pétrolières en mer du Nord fait chuter la productivité
(-8,6 % par an, en moyenne, depuis 2009).
Le secteur financier a pris
le relais jusqu’en 2007
La valeur ajoutée du secteur financier a explosé de 2000 à 2007 (+55 % du
premier trimestre 2000 au quatrième trimestre 2007), en lien d’une part avec la
bulle immobilière (cf. encadré 1) et d’autre part avec la forte hausse des
exportations de services financiers. Ainsi, entre 2000 et 2007, leur part dans les
exportations britanniques a augmenté de 6,3 % à 12,5 %. La crise financière et
Décembre 2013 49
À la recherche de la productivité britannique perdue
5 - Contributions sectorielles aux gains de productivité annuels
Sources : ONS, calculs Insee
(2) cf. « AuRoyaume-Uni, l’or noir ne coule plus àflot », NotedeConjoncturedejuin2012.
Tableau 1
Croissance de la productivité anuelle moyenne
En %
1990-1999 1999-2007 2007-2009 2009-2012
Ensemble de l’économie (1) 3,0 2,0 -2,6 0,4
dont : Industrie non manufacturière 7,7 -0,4 -9,3 -8,6
Secteur financier et assurances 3,7 5,4 -1,5 -0,4
Reste de l’économie (2) 2,6 1,7 -2,2 0,8
(1)-(2) 0,4 0,4 -0,4 -0,4
Sources : ONS, calculs Insee
immobilière a provoqué une forte baisse de la demande des ménages et de
l’extérieur : la valeur ajoutée du secteur financier s’est effondrée (-15 % du
quatrième trimestre 2008 au deuxième trimestre 2013). Après avoir enregistré
des gains de productivité de 5,4 % par an en moyenne entre 1999 et 2007, la
productivité recule ainsi depuis la crise.
L’industrie extractive a cessé de soutenir la productivité britannique dès 1999 mais
de nouveaux gains de productivité ont été apportés par le secteur financier. Ce
soutien s’est interrompu en 2008 et la productivité due à l’industrie extractive s’est
effondrée en lien avec l’épuisement des ressources. Les gains de productivité ont
donc été accrus d’environ 0,4 point par an de 1990 à 2007 en raison des
dynamismes successifs de ces deux secteurs atypiques. À l’inverse, ils seraient
minorés d’environ 0,4 point par an depuis la crise pour les mêmes raisons.
Le recul des industries
extractive et financière
explique 4 points du choc
de productivité
En conclusion, la prise en compte de la spécificité de l’industrie non manufacturière
et des services financiers expliquerait environ 4 points du choc négatif enregistré par
la productivité de l’économie britannique depuis le début de la crise. Pour autant, la
productivité a tout de même baissé dans le reste de l’économie britannique alors
qu’elle était dynamique avant la crise, notamment dans les secteurs de services tels
que la distribution ou les transports (cf graphique 6).
Le sous-investissement a contribué à l’affaiblissement de la
productivité
L’atonie de l’investissement
des entreprises depuis 2000...
Le taux d’investissement des entreprises britanniques recule de façon très
marquée depuis le début des années 2000. Alors qu’il s’établissait autour de
12 % du PIB dans les années quatre-vingt-dix, il a reculé continûment de 2000 à
2005 pour s’établir à 8,4 % en moyenne entre 2005 et 2013 (cf. graphique 7).
Entre 2000 et 2007, ce recul ne s’est pas traduit par une baisse du taux
d’investissement global, l’emballement du marché immobilier compensant le
recul de l’investissement productif. En revanche, l’éclatement de la bulle
immobilière en 2008a induit une diminution de 4 points du taux d’investissement
global (de 18 % à 14 % du PIB).
... en particulier
dans l’industrie...
Cette baisse est particulièrement marquée en ce qui concerne l’investissement en
biens d’équipement. Celui-ci ne représente plus que 5,5 % du PIB depuis 2009
contre 8,6 % en moyenne dans les années quatre-vingt-dix. Alors qu’elle
progressait vigoureusement depuis le début des années quatre-vingt, la capacité
50 Note de conjoncture
À la recherche de la productivité britannique perdue
6 - Productivité par secteur dans les services
Sources : ONS, calculs Insee
manufacturière de l’économie britannique (calculée
3
comme le rapport entre la
production manufacturière et le taux d’utilisation des capacités) a ainsi reculé
d’environ 10 % depuis 2000 (cf. graphique 8).
... a un impact de l’ordre de
3 points sur la productivité,...
L’ordre de grandeur de la perte de ce sous-investissement en termes de stock de
capital peut être évalué à 12 % du stock de capital total des entreprises
(cf. encadré 3). Au total, le sous-investissement des entreprises britanniques
depuis 2000 expliquerait ainsi 2,8 points du choc de productivité.
... impact qui
devrait s’atténuer à l’avenir
Un moindre investissement explique à la fois le choc de productivité en niveau et
le ralentissement des gains de productivité. Cependant, plusieurs indices
signalent que les entreprises britanniques, notamment industrielles, développent
à nouveau leurs capacités de production. L’enquête du CBI sur les intentions
d’investissement des industriels retrace ainsi correctement le sous-investissement
des années 2000, le solde de réponse étant nettement négatif sur cette période
(cf. graphique 9). À l’inverse, le solde s’est nettement redressé depuis 2010, ce
qui suggère que la capacité manufacturière pourrait croître à nouveau.
Décembre 2013 51
À la recherche de la productivité britannique perdue
7 - Taux d’investissement au Royaume-Uni
Note : moyenne du premier semestre pour 2013
Source : ONS
(3) Cette mesure donne une estimation imparfaite de la capacité manufacturière car la
mesure du taux d’utilisation des capacités est soumise aux aléas des enquêtes.
8 - Capacité manufacturière
(Production manufacturière/
Taux d’utilisation des capacités)
Sources : ONS, CBI
9 - Enquête sur les intentions
d’investissement dans l’industrie
Source : CBI
Choc d’offre sur le marché du travail
Un choc d’offre sur le marché
du travail...
À la suite de la crise de 2008, le taux d’activité a baissé d’environ 0,7 point, les
effets de flexion étant traditionnellement forts au Royaume-Uni. Cependant, le
taux d’activité est de nouveau en hausse depuis mi-2011 alors même que le taux
de chômage est resté stable autour de 8 %(cf. graphique 10). Le taux d’activité se
trouve ainsi aujourd’hui à un niveau particulièrement élevé (77,7 % de la
population en âge de travailler au deuxième trimestre 2013). Pourtant, cet effet
ne peut expliquer qu’au maximum 0,8 point de la baisse de la productivité
4
.
... en lien avec les
changements de législation
Ce choc sur l’offre de travail est directement lié aux changements de législation. La
réforme des retraites de 2007 prévoit en effet une hausse progressive de l’âge de
départ à la retraite à taux plein (de 60 ans en 2010 à 65 ans en 2020 pour les
femmes). Par ailleurs, en 2010, le gouvernement a supprimé la possibilité offerte
aux entreprises de départ à la retraite d’office de leurs employés de 65 ans. Ces
mesures ont conduit à une augmentation de l’âge moyen de départ en retraite (62
ans en 2000, 64 en 2013), et donc à une participation accrue des plus de 60 ans
au marché du travail. Par ailleurs, les conditions d’accès aux revenus d’assistance
ont été considérablement durcies en termes d’obligations de recherche d’emploi :
l’âge des enfants à partir duquel les parents célibataires ont une obligation de
recherche d’emploi a été progressivement abaissé de 16ans à 5ans entre 2008et
2012. Le taux d’activité de ces personnes a augmenté significativement (+10
points environ pour les personnes seules ayant un enfant entre 7 et 11 ans). Enfin,
le Welfare ReformAct de 2012 a de nouveau durci les conditions d’indemnisation
des chômeurs en termes de recherche active d’emploi.
52 Note de conjoncture
À la recherche de la productivité britannique perdue
Encadré 3 - Chiffrages de la perte de productivité liée à l’offre de travail et au stock de
capital
Si l’on représente l’économie à l’aide d’une fonction de
production de type « Cobb-Douglas » :
VA K L = ∗
− α α 1
avec α représentant la part de la rémunération du capital dans le
PIB soit environ 1/3.
Alors la productivité apparente du travail s’écrit :
PDT
VA
L
K
L
= =






1
3
Et le taux de variation de la productivité vaut:
Pdt
Pdt
K
K
L
L
. . .
= ∗ − ∗
1
3
1
3
Pour le stock de capital, on se restreint à l’analyse de la seule
valeur ajoutée des sociétés qui représente 2/3 du PIB en 2012.
L’ONS fournit des séries de stocks de capital et de valeurs
ajoutées pour les sociétés depuis 1990. L’écart au stock de
capital tendanciel est défini comme :
( ) ( ) ( )
K K s s T t VA
T
Tendenciel
T
observé
t
t T
T
t
− = − − −
= −

1
1
δ
δ
où s
Inv
VA
t
t
t
= représente le taux d’investissement l’année t,
s représente le taux d’investissement moyen entre 1990 et 2005
et δ représente le coefficient de déclassement évalué à 5 %
1
.
Le sous-investissement depuis le début des années 2000 se
traduirait ainsi par une perte de l’ordre de 12,4 % sur le stock de
capital des entreprises. La contribution de ce facteur à la chute de
la productivité serait donc de -2,8 points :
( )
Pdt
Pdt
po s
.
, , int = ∗ ∗ − =−
1
3
2
3
12 4 2 8 ■
(1) Les résultats ne sont pas très sensibles à ce paramètre. En retenant un
taux de 10 % plutôt que 5 %, la contribution du sous-investissement au
choc de productivité passe exactement de -2,8 points à -2,1 points.
(4) Le taux d’activité est passé environ de 76,5 % au premier trimestre 2010 à 77,7 % au
deuxième trimestre 2013, alors que le taux de chômage est stable entre ces deux
périodes. En supposant que les nouveaux entrants sont deux fois moins productifs que les
autres et en normalisant à 1 la productivité avant le choc d’offre de travail, la productivité
baisse de 1 à 77,1/77,7 soit une baisse de 0,8 point.
Ajustement spectaculaire des salaires réels
Baisse de 7 % des
salaires réels...
L’inertie de la productivité ne s’est pas traduite pas une chute du taux de marge
des entreprises qui atteint aujourd’hui un niveau très proche de celui de 2007. En
effet, le salaire réel des salariés britanniques a baissé de près de 7 %en cinq ans :
l’ajustement du marché du travail au choc de productivité a ainsi été
extrêmement rapide et important. Cette situation est très différente de celle
observée en France, en Allemagne ou aux États-Unis, où le salaire réel a
progressé sur la même période (entre +2,4 % et 5,0 %, cf. graphique 11).
... à la fois cause et
conséquence du choc de
productivité
Cette baisse s’expliquerait ainsi en partie, d’une part par l’affaiblissement du
pouvoir de négociation des salariés avec la hausse du taux d’activité, et d’autre
part par le sous-investissement qui a diminué le capital par tête. L’effet du salaire
sur l’emploi est difficile à déterminer car la causalité est double : en effet, si la
baisse du coût du travail favorise naturellement l’emploi, toute baisse de la
productivité, due par exemple à un choc technologique, se traduit in fine par une
baisse de salaires. S’agissant du sous-investissement, celui-ci étant nettement
antérieur au recul des salaires, le sens de la causalité paraît néanmoins robuste.
Dans les modèles intégrant une boucle productivité-salaires-emploi, l’effet d’une
baisse exogène des salaires de 1 % se traduit par une hausse de l’emploi
Décembre 2013 53
À la recherche de la productivité britannique perdue
10 - Taux d’activité et taux de chômage au Royaume-Uni
Source : ONS
11 - Comparaison internationale des salaires réels
Sources : Instituts statistiques nationaux, calculs Insee
d’environ 0,5 %. C’est le cas pour la France dans le modèle Mésange ou du
Royaume-Uni dans le modèle international Nigem. Au Royaume-Uni, le salaire
moyen par tête rapporté au prix du PIB a décroché d’environ 14 % par rapport à
sa tendance d’avant-crise soit une contribution théorique maximale de l’ordre de
7 points.
Mauvaise réallocation du capital
Le faible taux de
renouvellement du tissu
productif...
La productivité britannique aurait été temporairement affaiblie par une mauvaise
allocation du capital depuis la récession selon Broadbent (2012, 2013). Les
difficultés rencontrées par les banques britanniques pourraient avoir entraîné des
réticences dans le financement des créations d’entreprises et, a contrario, certaines
entreprises à faible productivité continueraient de recevoir des financements. Le
système financier ne percevrait pas correctement les risques de crédit. Un premier
indice de cette erreur d’appréciation réside dans la relative faiblesse des taux de
création et de défaillance d’entreprises depuis la crise (cf.graphique 12).
... qu’indiquerait la hausse
de la dispersion de rendement
du capital entre secteurs...
Par ailleurs, la dispersion des taux de rendement entre les différents secteurs
d’activité augmente depuis la crise, selon Broadbent (2012, 2013). Avec une
mobilité parfaite du capital, ces taux devraient uniquement révéler les risques sur
les crédits car le capital aurait tendance à se réallouer rapidement vers les
secteurs à fort rendement. En d’autres termes, la dispersion des taux de
rendement indique que le capital ne se réalloue pas correctement. Cependant,
comme les taux de rendement à un niveau agrégé (15 secteurs) utilisés par
Broadbent (2012, 2013) sont très dispersés
5
, l’auteur calcule donc la dispersion
des taux de rendement centrés réduits. La mise en évidence de la hausse de la
dispersion dépend très fortement de la période de référence pendant laquelle
l’auteur considère que le capital s’allouait correctement (2000-2007).
Notamment, on ne peut pas mettre en évidence de hausse de la dispersion
directement à partir des données non centrées réduites. Toutefois, dans le détail,
on constate une hausse des taux de rendement dans le secteur manufacturier et
une baisse dans les secteurs de la construction et de l’immobilier, signe que le
capital ne parviendrait pas à se réallouer des seconds vers le premier.
... pourrait occasionné
une perte de productivité
de 3 à 4 points.
À un niveau microéconomique, d’après l’ONS (Field et Franklin, 2013), la
dispersion de la productivité du travail augmente également fortement entre les
firmes d’un même secteur entre 2006 et 2010. Au total, selon la Banque
d’Angleterre (cf. Broadbent, 2013), la perte de productivité liée à cette mauvaise
allocation du capital est évaluée de 3 à 4 points. Cet effet est en grande partie
54 Note de conjoncture
À la recherche de la productivité britannique perdue
12 - Taux de création et de faillite d’entreprises
Source : ONS
(5) En termes bruts, deux secteurs présentent des rendements du capital négatifs de façon
continue depuis 15 ans.
temporaire : une fois les canaux de financement usuels rétablis, les réallocations
devraient reprendre et la perte liée à cette mauvaise réallocation devrait disparaître
progressivement et donc la productivité augmenterait plus rapidement que son
potentiel pendant quelques périodes. Des effets d’hystérèse sont toutefois
susceptibles de se manifester si les réallocations sont différées trop longtemps, les
créations d’entreprises qui auront été découragées n’ayant in fine jamais lieu.
Conclusion : un choc principalement en niveau
Alors que l’économie britannique connaissait une croissance régulière et stable
de la productivité depuis la Seconde Guerre mondiale, celle-ci s’est effondrée en
2008 sans se redresser depuis et se situe aujourd’hui environ 16 % en deçà de sa
tendance d’avant-crise. Même si les effets ne sont pas parfaitement sommables,
les différentes explications avancées par la littérature retracées ici expliquent de
la moitié aux trois quarts du choc (cf. tableau 2). Alternativement, les effets des
variables du cycle de productivité, de sous-investissement, de choc d’offre de
travail et de la spécificité des secteurs financier et pétrolier ont pu être identifiés
dans le cadre d’une équation d’emploi estimée sur la période 1990-2007.
Conjointement, elles expliqueraient environ les 2/3 du choc de productivité
britannique survenue entre 2008 et 2013.
Lanature des chocs retracés permet de penser que laproductivité britannique devrait
à nouveau être dynamique dans les prochaines années : en effet, à la faveur de la
reprise de l’activité, les 3 points de recul imputables au cycle de productivité
devraient se résorber et même s’inverser à moyen terme, avec l’intensification de la
reprise économique. Par ailleurs, la hausse du taux d’activité et le sous-financement
des entreprises innovantes ne se poursuivront pas indéfiniment et l’investissement
donne des signes de redémarrage dans l’industrie, ce qui favoriserait le retour des
gains de productivité même si la perte en niveau ne serait pas compensée. Au total,
seules les spécificités liées au soutien des secteurs pétrolier et financier se traduiraient
non seulement par une perte en niveau de 4 points mais aussi par un ralentissement
sensible des gains de productivité de l’ordre de 0,4 % par an.■
Décembre 2013 55
À la recherche de la productivité britannique perdue
Tableau 2
Synthèses des résultats
Estimations partielles
(non sommables)
Estimation économétrique
en une étape
Références bibliographiques
Écart à la tendance de long terme 16 %
Cycle de productivité ≈ 3 points
1,2point secteur financier uniquement
(Disney et al., 2013)
Fin du soutien des secteurs
financiers et de l’industrie extractive
≈ 4 points
≈ 7,5 points
3 points
(FMI, 2013)
4-5 points
(Daly et al., 2013)
Ajustement des salaires réels par tête < 7 points
dont sous-investissement ≈ 3 points
dont hausse du temps partiel < 1 point
dont hausse du taux d’activité < 1 point
Hausse des non salariés < 1 point
Entre 0,2 et 0,5 point
(Disney et al., 2013)
Mauvaise allocation du capital et
sous-financement
Entre 3 et 4 points
(Broadbent, 2013)
Erreurs de mesure Marginal hors services financiers
5 points
(Goodridge et al., 2013)
4 points
(Daly, 2012)
56 Note de conjoncture
À la recherche de la productivité britannique perdue
Bibliographie
Broadbent B., 2012, "Productivity and the allocation of ressources", Bank of England.
Broadbent B., 2013, "Conditional guidance as a response to supply uncertainty", Bank of England.
Daly K. et Benito A., 2013, "Labour Market strength is due to increase labour supply", UK Economics Analyst,
Goldman Sachs.
Daly K., 2012, "Deciphening the UK's productivity puzzle", UK Economics Analyst, Goldman Sachs.
Dezeure N. et Sobaihi H., 2012, « Royaume-Uni : l’étrange reprise de l’emploi », Note mensuelle, septembre
2012 n° 8, Natixis.
Disney R., Jin W. et Miller H., 2013, "The productivity puzzle", Institute For Fiscal Studies.
Ericsson N. et MacKinnon J., 2002, "Distributions of error tests for cointegretion", Econometrics Journal, vol.5,
pp.285-318.
FMI, 2013, "The productivity Puzzle in the UK", Article 4, United Kingdom.
Franklin M. et Field S., 2013, "Micro-data Perspectives on the UK Productivity Conundrum", Office for National
Statistics.
Goodridge P., Haskel J. et Wallis G., 2013, "The contribution of the internet and telecommunications capital to UK
market sector growth, forthcoming and available on request", National Institute Economic Review, mai 2013,
National Institute of Economic and Social Research.
Haldane A., Brennan S. et Madouros V., 2010, "What is the contribution of the financial sector: miracle or
mirage?", The future of Finance: the LSE report.
Insee, 2012, « Au Royaume-Uni, l’or noir ne coule plus à flots », Note de Conjoncture de juin 2012.
Oulton N., 2013, "Has the Growth of Real GDP in the UK Been Overstated Because of Mismeasurement of Banking
Output ?", National Institut Economic Review, mai 2013, National Institute of Economic and Social Research.
Weale M., 2009, "Commentary : growth prospects and financial services", National Institute Economic Review,
janvier 2009, National Institute of Economic and Social Research.■
Conjoncture
française
Décembre 2013 59
Conjoncture française
Au troisième trimestre 2013, l’activité a
légèrement reculé, de 0,1 %, alors que nous
prévoyions une stabilisation lors du Point de
conjoncture d’octobre 2013. La contribution de
la demande intérieure finale hors stocks à la
croissance du PIB est nulle au troisième
trimestre, contre +0,1 point prévu.
La contribution des échanges extérieurs a été
quant à elle très dégradée (-0,7 point contre
-0,1 point prévu). Cette évolution est à mettre en
regard de la contribution positive des stocks au
troisième trimestre (+0,5 point contre 0,0 point
prévu). Les matériels de transport concourent
notamment pour 0,3 point de PIB à cette
contribution des stocks, compensant en grande
partie la contribution négative du solde
commercial de ces biens (-0,4 point).
Malgré une activité un peu plus faible que prévu,
les pertes d’emploi ont été moindres qu’attendu
au troisième trimestre (-16 000 emplois contre
-24 000 prévu). Pour le quatrième trimestre,
notre prévision est quasi inchangée : le PIB
croîtrait de 0,4 % et la baisse de l’emploi
marchand s’atténuerait de nouveau.
L’activité a reculé au troisième
t ri mest re, al ors que nous l a
prévoyions stable
Après un deuxième trimestre en forte progression
(+0,5 %), l’activité a légèrement reculé au
troisième trimestre (-0,1 %) alors que, lors du Point
de conjoncture d’octobre, nous prévoyions qu’elle
serait stable (cf. graphique 1). En premier lieu, la
production manufacturière a surpris en ne
progressant que faiblement en août après une
forte baisse en juillet. Elle a ainsi nettement
diminué sur l’ensemble du troisième trimestre
(-1,0 %) alors que nous prévoyions une baisse plus
modérée (-0,4 %). Tandis que l’ensemble des
grandes branches manufacturières avait crû au
deuxième trimestre, elles se sont toutes repliées au
troisième trimestre, en dehors de la branche
« matériels de transport » qui est resté stable après
son envolée du deuxième trimestre. La branche
cokéfaction-raffinage recule fortement (-8,8 %).
La baisse de la production manufacturière a
contribué, via une baisse de la demande des
entreprises, à la baisse de l’activité dans les
services marchands (-0,1 %contre +0,2 %prévu).
Retour
sur la précédente prévision
1- Graphique des risques associé à la Note de conjoncture de décembre 2013
et croissance réalisée
Source : Insee
Comme attendu, la production d’énergie a reculé
au troisième trimestre 2013 (-1,5 % contre -0,8 %
prévu) traduisant un retour à la normale après
deux trimestres de températures inférieures aux
normales saisonnières. Dans la construction,
l’activité a reculé davantage que prévu (-0,5 %
contre -0,1 % attendu). Enfin, la production de la
branche non marchande a ralenti comme prévu
par contrecoup du trimestre précédent où le
recours aux soins avait été dynamique.
Les exportations manufacturières
ont chuté
Au troisième trimestre 2013, la demande
intérieure finale hors stocks a été légèrement plus
faible qu’attendu : sa contribution à la croissance
de l’activité a été nulle, contre +0,1 point prévu en
octobre. Cet écart est principalement imputable à
l’investissement, en baisse de 0,6 % contre 0,2 %
prévu. Alors que l’investissement en produits
manufacturés a rebondi (+0,9 % après 6
trimestres de baisse), l’investissement des
entreprises en services a nettement reculé (-2,8 %)
tandis que nous l’attendions en hausse. En outre,
l’investissement en construction s’est replié
légèrement plus que prévu.
Comme prévu en octobre, les importations ont été
dynamiques au troisième trimestre (+1,0 % contre
+0,7 % prévu). A contrario, les exportations ont
reculé de 1,5 %, alors que nous attendions une
hausse de 0,6 %. En particulier, les exportations de
matériels de transport ont fortement reculé (-5,7 %)
du fait de la chute des exportations de matériel
aéronautique. Au total, la contribution des
échanges extérieurs à la croissance de l’activité a
été de -0,7 point, contre -0,1 point prévu. Cette
contribution est à mettre en lien avec celle de la
variation des stocks : ces derniers ont contribué à
hauteur de +0,5 point à la croissance de l’activité,
contre 0,0 point prévu. Bien que l’activité ait
surpris à la baisse, les pertes d’emplois des
branches marchandes non agricoles ont été plus
faibles qu'attendu , -16 000 postes contre -24 000
prévu en octobre.
Notre prévision de croissance pour le
quat ri ème t ri mest re 2013 est
inchangée
Notre prévision de croissance de l’activité pour le
quatrième trimestre 2013 est maintenue à +0,4 %.
En novembre, le climat des affaires mesuré par les
enquêtes de conjoncture est globalement à son
niveau de septembre. Côté offre, nos prévisions de
production manufacturière, d’énergie et de
services marchands hors commerce sont ainsi
quasi inchangées. Dans la construction, nous
révisons cependant notre prévision d’activité à la
baisse (0,0 %contre +0,3 %prévu), en lien avec le
repli des mises en chantier ces derniers mois. La
croissance de la demande intérieure hors stocks est
inchangée.
Le commerce extérieur contribuerait positivement
à la croissance au quatrième trimestre (+0,3 point)
en raison du fort redressement attendu des
exportations (+2,3 % contre +0,9 % prévu en
octobre) par contrecoup de la baisse
exceptionnelle du troisième trimestre, notamment
dans l’aéronautique. De même qu’au troisième
trimestre 2013, les variations de stocks
compenseraient en partie les mouvements des
exportations, notamment dans la branche
matériels de transport. Ainsi, la contribution de la
variation de stocks serait au quatrième trimestre de
-0,2 point, contre +0,1 prévu en octobre. L’emploi
marchand non agricole serait en ligne avec notre
scénario d’octobre : baisse de 7 000 postes au
quatrième trimestre comme anticipé.
Enfin, l’inflation fin 2013 serait moins élevée que
prévu lors du Point d’octobre (+0,8 % contre
+1,1 % anticipé), l’écart étant concentré sur les
prix des carburants et des produits frais. ■
60 Note de conjoncture
Conjoncture française
Décembre 2013 61
Conjoncture française
La production de biens et services a baissé au
troisième trimestre 2013 (-0,3 %) après avoir
rebondi au deuxième trimestre (+0,9 %). Le recul
du PIB a été un peu moins marqué (-0,1 % après
+0, 5 %). L’ act i vi t é dans l ’ i ndust ri e
manufacturière s’est repliée (-1,0 % après
+0,5 % et +2,0 % lors des deux premiers
trimestres de 2013). La production dans les
services marchands a stagné (-0,1 % après
+0,7 %) et l’activité dans la construction a
continué de se replier (-0,5 % après -0,7 % et
-0,6%aux premier et deuxième trimestres 2013).
En novembre, l’amélioration du climat des
affaires observée depuis la fin de l’été 2013
marque une pause. La production rebondirait au
quatrième trimestre (+0,5 %) mais ralentirait par
la suite (+0,2 % puis +0,3 % aux premier et
deuxième trimestres 2014), en raison de la
progression modérée de la demande.
La production augmenterait à un
rythme modéré d’ici mi-2014
Au troisième trimestre 2013, la production de biens
et services s’est contractée (-0,3 %après +0,9 %au
deuxième trimestre 2013). Le recul du PIB a été un
peu moins marqué (-0,1 % après +0,5 %).
L’indicateur de climat des affaires en France, issu
des enquêtes de conjoncture auprès des chefs
d’entreprise, après s’être fortement amélioré de mai
à septembre en augmentant de 11 points, s’est
stabilisé en octobre et novembre à 95 points
(cf. graphique 1). La production de biens et services
se redresserait donc au quatrième trimestre
(+0,5 %, cf. graphique 2) puis ralentirait au
premier semestre 2014 (+0,2 % puis +0,3 % aux
premier et deuxième trimestres 2014), en raison
d’une demande peu dynamique.
L’acquis de croissance de la production pour 2014
serait de +0,9 % à l’issue du premier semestre
(+0,7 % pour le PIB), après une hausse de 0,6 %
en 2013 (+0,2 % pour le PIB).
La production manufacturière
rebondirait au quatrième trimestre
2013
La production manufacturière s’est repliée au
troisième trimestre 2013 (-1,0 %), après avoir
fortement rebondi au deuxième trimestre
(+2,0 %). Toutes les grandes branches de
l’industrie manufacturière ont contribué à ce recul,
à l’exception de la branche des matériels de
transport qui a été quasi stable (+0,4 % après
+8,1 %). Le repli a été particulièrement marqué
dans la branche cokéfaction-raffinage (-8,8 %),
après deux trimestres très dynamiques. Dans les
industries agroalimentaires, les biens d’équipement
et les autres branches industrielles, la baisse a été
homogène (-0,6 %).
Les industriels interrogés en novembre 2013
(cf. graphique 3) font état d’une amélioration
sensible de leur activité passée, laissant augurer un
rebond de la production manufacturière au
quatrième trimestre 2013 (+0,8 %). En revanche,
les perspectives générales et personnelles de
production se sont légèrement détériorées à
Production
1 - Indicateurs synthétiques en France :
tous secteurs, dans l’industrie, les services et le bâtiment
Dernier point : novembre 2013
Source : Insee
nouveau et l’opinion des industriels sur le niveau
des carnets de commandes demeure dégradée,
indiquant que ce rebond devrait nettement
s’atténuer (+0,2 % aux premier et deuxième
trimestres 2014).
L’activité manufacturière progresserait de 0,5 % en
2013, et l’acquis de croissance annuelle pour 2014
s’établirait à +1,0%à l’issue du premier semestre.
Dans la construction, l’activité se
stabiliserait fin 2013 avant de se
replier début 2014
Au troisième trimestre 2013, la production dans le
secteur de la construction a continué de se
dégrader (-0,5 %, après -0,6 % au deuxième
trimestre 2013), du fait du repli de l’activité dans le
bâtiment neuf. L’activité dans les travaux publics
s’est quant à elle améliorée.
La production dans le secteur de la construction
serait stable au quatrième trimestre 2013 (0,0 %).
Les mises en chantier ont rebondi en début
d’année et certaines dépenses d’entretien du
logement devraient être anticipées avant la hausse
du taux de TVA au 1
er
janvier. De fait, l’opinion sur
l’activité prévue des entrepreneurs du bâtiment
s’améliore légèrement depuis septembre 2013, en
particulier dans l’entretien du logement
(cf. graphique 4). La tendance des autorisations de
constructions est toutefois à la baisse depuis le
début de l’année et le nombre de mises en chantier
diminue au troisième trimestre, ce qui laisse
anticiper un recul de la production au premier
semestre 2014 (-0,3 % puis -0,5 % aux premier et
deuxième trimestres).
Sur l’ensemble de l’année 2013, la production
dans le secteur de la construction reculerait de
2,3 %. Mi-2014, son acquis de croissance serait
de -1,0 %.
62 Note de conjoncture
Conjoncture française
2 - Contributions sectorielles à la croissance de la production totale
Source : Insee
3 - Opinion relative à la production dans l’industrie manufacturière
Dernier point : novembre 2013
Source : Insee
Services marchands hors commerce :
l’activité rebondirait au quatrième
trimestre 2013
La production de services marchands hors
commerce a légèrement fléchi au troisième
trimestre (-0,1 %), après avoir rebondi au
deuxième trimestre (+0,7 %). Ce repli de l’activité
concerne notamment les services aux entreprises
(-0,5 % après +1,4 %), qui ont pâti du recul de la
production manufacturière, et l’information-
communication (-0,4 % après +0,7 %) du fait de la
baisse de l’investissement en services. L’activité a
ralenti dans les services financiers (+0,4 % après
+0,9 %) et dans l’hébergement-restauration (0,0 %
après +0,7 %). Les services immobiliers ont
progressé à un rythme proche de celui du trimestre
précédent (+0,2 % après +0,3 %).
Au quatrième trimestre 2013, l’activité se
redresserait dans les services marchands hors
commerce (+0,5 % après -0,1 %), en lien avec les
rebonds de l’investissement en services (+1,0 %
après -2,9 %) et de la production manufacturière
(+0,8 % après -1,0 %). Les chefs d’entreprises de
services interrogés en novembre font ainsi état
d’une amélioration de la conjoncture. L’indicateur
synthétique du climat des affaires gagne trois
points en novembre, à 96 (et 13 points par rapport
à mai), même s’il reste en dessous de sa moyenne
de long terme (100).
L’activité continuerait de progresser au cours du
premier semestre 2014 (+0,3 % au premier
trimestre et +0,4 % au deuxième), à un rythme
ralenti notamment du fait du manque de
dynamisme de la consommation des ménages.
Sur l’ensemble de l’année 2013, la production de
services marchands hors commerce croîtrait de
1,0 %, après une hausse de 0,4 %en 2012. À la fin
du deuxième trimestre 2014, l’acquis de
croissance serait de +1,1 %.
Servi ces pri nci pal ement non
marchands : la progression de
l’activité resterait modérée
Dans les services principalement non marchands,
la production a ralenti au troisième trimestre 2013
(+0,2 % ) par contrecoup du trimestre précédent
(+0,7 %) où le recours aux soins avait été
particulièrement dynamique. La croissance
resterait modérée au quatrième trimestre 2013 et
au premier semestre 2014 (+0,3 % au quatrième
trimestre 2013 puis +0,2 %et +0,3 %aux premier
et deuxième trimestres 2013).
La production de ce secteur augmenterait de 1,5 %
en 2013, après une hausse de 1,2 %en 2012. À la
fin du deuxième trimestre 2014, l’acquis de
croissance serait de +0,9 %.
Après un quatrième trimestre très
dynamique, l’activité commerciale
augmenterait légèrement début 2014
L’activité commerciale a été stable au troisième
trimestre 2013 (0,0 % après +0,4 % au deuxième
trimestre).
Elle se redresserait nettement au quatrième
trimestre 2013 (+0,8 %), portée par la
consommation des ménages.
Dans le commerce de gros, l’indicateur
synthétique du climat des affaires continue de se
redresser en novembre. Les soldes d’opinion
relatifs aux ventes passées et aux exportations sont
mieux orientés qu’en septembre. Les soldes relatifs
aux intentions de commandes globales restent à
des niveaux proches de leur moyenne, tandis que
celui relatif aux commandes à livrer à l’étranger se
relève nettement.
Décembre 2013 63
Conjoncture française
4 - Activité prévue dans la construction
Dernier point : novembre 2013
Source : Insee
Dans le commerce de détail et le commerce et la
réparation automobiles, les chefs d’entreprise
déclarent être de moins en moins pessimistes, en
ce qui concerne leur activité passée ou leurs
prévisions : la tendance générale des soldes
d’opinions est à la hausse depuis le premier
semestre 2013 et ils sont, en novembre, proches
de leurs moyennes de long terme. L’amélioration
du climat conjoncturel est visible tant dans le
commerce de détail que dans le commerce
automobile, en lien avec la croissance attendue de
la consommation des ménages en produits
manufacturés au quatrième trimestre (+0,5 %).
L’activité commerciale ralentirait fortement au
premier semestre 2014 (+0,1 % au premier
trimestre 2014 et +0,2 % au deuxième trimestre
2014), du fait notamment de l’atonie de la
consommation en produits manufacturés.
Au total, l’acquis de croissance de la production
dans le commerce à la fin du premier semestre
2014 s’établirait à +1,0 % après une croissance
de +0,1 % enregistrée en 2013.
La production d’énergie serait quasi
stable au quatrième trimestre 2013
La production d’énergie a reculé au troisième
trimestre 2013 (-1,5 %), du fait d’un retour des
températures aux normales saisonnières après
un premier semestre particulièrement froid. La
production d’énergie baisserait au quatrième
trimestre 2013 (-0,3 %), le rebond de l’activité
industrielle étant compensé par les températures
plus clémentes du mois d’octobre. Sous
l’hypothèse d’une météorologie conforme aux
normales saisonnières, la production d’énergie
augmenterait au premier semestre 2014
(+1,0 % puis +0,7 % aux premier et deuxième
trimestres). Mi-2014, l’acquis de croissance de
la production d’énergie s’établirait à +1,1 %
après une hausse de 1,8 % enregistrée en
2013.■
64 Note de conjoncture
Conjoncture française
Au troisième trimestre 2013, l’activité est restée
dynamique dans les économies avancées
(+0,5 % après +0,6 %), un peu plus que prévu
dans le Point de conjoncture d’octobre. Dans les
économies émergentes, l’activité a retrouvé un
peu d’élan.
Dans les économies avancées, les enquêtes de
conjoncture, qui se sont nettement redressées
cet été, demeurent à un niveau élevé en
novembre et l ’act i vi t é y rest erai t ai nsi
dynamique d’ici début 2014 (+0,4 %, +0,5 %
puis +0,3 %). Le profil trimestriel serait
imputable à la hausse de TVAau Japon en avril.
Au sein des économies émergentes, des
divergences persistent : l’activité progresserait
de nouveau en Chine, entraînée par la hausse du
crédit, et dans les PECO, soutenus par la reprise
européenne. À l’inverse, dans les autres
économies émergentes, les banques centrales
ont resserré leur politique monétaire et l’activité
conserverait un rythme ralenti. La croissance du
commerce mondial serait ainsi soutenue (+1,5%
par trimestre), quoique légèrement inférieure à sa
moyenne d’avant-crise.
Sortie de « Quantitative Easing »
annoncée
Les banques centrales des économies avancées
ont des marges de manœuvre réduites, leurs taux
directeurs se situant depuis 2009 au plus bas. Elles
mobilisent ainsi depuis plusieurs années les
instruments non conventionnels : aux États-Unis, la
Fed achète 85 Mds $ de titres mensuellement, et
au Japon, la banque centrale a pour objectif de
doubler la base monétaire en deux ans.
Cependant, la Fed ralentirait le rythme de ses
achats probablement au premier semestre 2014.
Cette perspective a d’ores et déjà provoqué une
hausse des taux d’intérêt aux États-Unis cet été et
une brusque dépréciation des monnaies
émergentes, en particulier dans les pays à fort
déficit courant. Confrontées à cette glissade, les
banques centrales de ces pays ont resserré leur
politique monétaire, sur fond de tensions
inflationnistes.
La consol i dat i on budgét ai re
ralentirait de part et d’autre de
l’Atlantique
Aux États-Unis, la politique budgétaire a été très
restrictive en 2013 : hausse des impôts depuis
janvier, coupes automatiques depuis mars et
fermeture pendant 16 jours des services fédéraux
en octobre. Cependant, sous réserve d’un accord
au début de l’année entre le Congrès et le
Président, l’impulsion budgétaire serait nettement
moins restrictive en 2014. Dans la zone euro, la
politique budgétaire contribue très négativement à
l’activité depuis 2011, mais les mesures nouvelles
pour 2014 sont d’ampleur plus limitée qu’en
2013. En revanche, après avoir fortement soutenu
l’activité depuis un an, la politique budgétaire
prendrait un tour restrictif au Japon : les plans de
relance budgétaire perdraient en intensité et le taux
de TVA augmenterait de 3 points en avril 2014.
Décembre 2013 65
Conjoncture française
Environnement international
de la France
1 - L’inflation resterait faible dans les économies avancées
Sources : Instituts statistiques nationaux, calculs et prévisions Insee
L’inflation resterait faible dans les
économies avancées
Depuis fin2011, l’inflationse modère grâce aureflux
des prix des matières premières. Au troisième
trimestre 2013, la hausse des prix à la
consommation dans les pays avancés s’est établie à
+1,4 %en glissement annuel. La stabilisation du prix
du pétrole autour de 110 $ contribuerait, compte
tenu des baisses intervenues au premier semestre
2013, à la remontée de l’inflation en glissement
annuel, de même que la hausse de la TVA au Japon
au deuxième trimestre. L’inflation s’établirait ainsi à
+1,6 % en glissement annuel au deuxième
trimestre 2014 (cf. graphique 1).
La hausse des prix des matières premières
industrielles et énergétiques en 2010 s’est
transmise avec délai en 2011 à l’inflation
sous-jacente. Mais, depuis début 2012, l’inflation
sous-jacente recule car les prix des matières
premières cessent d’augmenter et le niveau
toujours élevé du chômage pèse sur le pouvoir de
négociation des salariés. L’indice sous-jacent s’est
établi à +1,2 % au troisième trimestre 2013 et
resterait à ce niveau à l’horizon de la prévision,
hors effet de la hausse de TVA au Japon.
Les économies émergentes en ordre
dispersé
Le climat des affaires s’est nettement détérioré de
janvier à juillet dans les économies émergentes
(cf. graphique 2) et l’activité a progressé
modestement au premier semestre 2013. Depuis
août, les enquêtes se redressent légèrement et
l’activité a accéléré au troisième trimestre dans les
PECO et en Chine, mais a conservé un rythme
ralenti en Asie émergente et en Amérique latine.
D’ici mi-2014, la divergence se prolongerait. La
hausse continue de l’encours de crédit doperait, à
court terme, le secteur immobilier chinois et la
croissance chinoise, sur fond de hausse
vigoureuse du prix des logements. L’Europe de l’Est
et, dans une moindre mesure, la Turquie,
bénéficieraient de l’amélioration de la demande
en provenance d’Europe. À l’inverse, au Brésil et
dans l’ensemble de l’Asie émergente, les
resserrements monétaires couplés à la
dépréciation forte des monnaies pèseraient sur les
débiteurs largement endettés en dollars et la
croissance y serait modeste.
La reprise se confirme dans les
économies avancées
Au troisième trimestre 2013, l’activité est restée
solide dans les économies avancées (+0,5 %)
comme au trimestre précédent. Le climat
conjoncturel global s’était nettement amélioré cet
été et reste à un niveau élevé en novembre : dans
les services comme dans l’industrie, il retrouve les
niveaux du début 2011 (cf. graphique 2). L’activité
resterait dynamique jusqu’au début de l’année
2014, portée notamment par la consommation
des ménages (+0,4 % au quatrième trimestre puis
+0,5 %au premier trimestre 2014). Sous l’effet de
la hausse de TVA au Japon, elle ralentirait au
deuxième trimestre 2014 (+0,3 %).
La zone euro retrouve la croissance
Cette situation d’ensemble recouvre des situations
conjoncturelles différentes. Dans la zone euro, la
moindre consolidation budgétaire, l’amélioration
des anticipations, et la nécessité de renouveler les
capacités productives, après l’ajustement marqué
de l’investissement, permettraient une croissance
modérée, malgré un marché du travail toujours
dégradé. Au Royaume-Uni, la reprise resterait
particulièrement vigoureuse : l’investissement et la
consommation repartiraient nettement, grâce
notamment à la reprise du marché immobilier. Aux
États-Unis, la consommation des ménages et
l’investissement des entreprises continueraient de
soutenir l’activité, mais la hausse passée des taux
66 Note de conjoncture
Conjoncture française
2 - Le climat des affaires reste bien orienté dans les économies avancées
Dernier point : novembre 2013
Sources : Markit, Institute for Supply Management
d’intérêt provoquerait un ralentissement du
marché immobilier et la consommation publique
se contracterait au quatrième trimestre sous l’effet
du « shutdown ». L’économie japonaise serait dopée
par des achats anticipés pendant six mois mais se
contracterait par contrecoup au deuxième trimestre
avec la hausse de la TVA au 1
er
avril 2014.
Accél érat i on de l a demande
mondiale adressée à la France
Au troisième trimestre 2013, le commerce mondial
a accéléré (+1,1 %). Les importations des biens
des économies émergentes ont progressé de 1,6 %
et celles des économies avancées de 0,9 %
(cf. tableau).
Pour l’ensemble de l’économie mondiale, la
composante des nouvelles commandes à
l’exportation des enquêtes PMI se redresse
nettement depuis le point bas atteint au mois de
juillet 2012 et s’établit à 52,8 en novembre, au
plus haut depuis début 2011 (cf. graphique 3). Le
commerce mondial accélérerait ainsi à l’horizon
de la prévision (+1,5 % par trimestre).
L’accélération des importations des pays avancés,
notamment européens, a permis, dès le deuxième
trimestre 2013, un net rebond de la demande
mondiale adressée à la France. Celle-ci
continuerait de progresser à un rythme proche du
commerce mondial d’ici mi-2014 (+1,3 %, puis
+1,3 % et +1,4 %). ■
Décembre 2013 67
Conjoncture française
3 - Le commerce mondial accélérerait d’ici la mi-2014
Sources : Markit, Centraal PlanBureau, prévisions Insee
Synthèse du scénario international
Variations trimestrielles en % Variations annuelles en %
2012 2013 2014
2011 2012 2013
2014
acq.
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
PIB des économies avancées 0,6 0,0 0,2 0,0 0,3 0,6 0,5 0,4 0,5 0,3 1,7 1,4 1,2 1,5
Commerce mondial 0,5 0,5 -0,3 0,8 0,9 0,3 1,1 1,5 1,5 1,5 6,2 1,9 2,6 4,4
Importations des économies avancées 0,0 0,0 -0,1 -1,4 -0,3 0,5 0,9 1,3 1,4 1,1 3,6 -0,3 -0,3 3,8
Importations des économies émergentes 0,9 0,4 -0,2 4,2 1,6 -0,1 1,6 1,7 1,6 1,9 9,2 4,6 6,1 5,2
Prévision
Note de lecture: les données d’importations, d’exportations et de commerce mondial concernent les seuls biens
Sources : Instituts statistiques nationaux, Centraal PlanBureau, Fonds monétaire international, prévisions Insee
68 Note de conjoncture
Conjoncture française
D’ici mi-2014, la demande extérieure adressée
à la France serait relativement dynamique
(+1,3 %, puis +1,3 % et +1,4 %), après le
ralentissement du troisième trimestre (+1,1 %).
Cependant, l’appréciation passée de l’euro
(près de 10 % en termes effectifs depuis l’été
2012) pèserait sur la compétitivité, et les pertes
tendancielles de parts de marché, quoique
atténuées depuis 2008, subsisteraient. Après un
retour à la normale attendu des exportations
aéronautiques au quatrième trimestre, les
exportations progresseraient modérément au
premier semestre 2014, de +0,7 % par
trimestre.
Sous l’effet du rebond de la demande finale, les
importations de la France progresseraient de
+1,1 % au quatrième trimestre, puis de +0,7 %
par trimestre au premier semestre.
Au total, la contribution des échanges extérieurs
à la croissance de l’activité serait positive au
quatrième trimestre (+0,3 point), avec pour
contrepartie un mouvement de déstockage
équivalent, puis neutre à l’horizon de la
prévision.
Les exportations rebondiraient au
quatrième trimestre 2013
Au troisième trimestre 2013, les exportations
françaises de biens et services se sont contractées
(-1,5 %après +1,9 %, cf. tableau). Cette baisse est
principalement imputable d’une part au
ralentissement de la demande adressée à la
France (+1,1 %après +1,6 %, cf. graphique 1), et
d’autre part à la chute ponctuelle des exportations
en matériel aéronautique, dont la contrepartie se
situe dans un mouvement de stockage équivalent à
1,1 point d’exportations.
Les ventes de matériel de transport ont ainsi fortement
baissé auquatrième trimestre (-5,7%après +4,2%).
Comme les exportations des autres produits
(cokéfaction et raffinage, biens d’équipement et
produits de l’industrie agro-alimentaire) se sont
également contractées, les exportations de biens
manufacturés ont nettement reculé au troisième
trimestre (-1,9 % après +2,8 %). En outre, les
exportations de services ont stagné après deux
trimestres de hausse (+0,9 % par trimestre).
A contrario, les exportations d’énergie-eau-
déchets ont accéléré (+9,1 %après +7,2 %), et les
ventes de produits agricoles ont nettement moins
reculé que le trimestre précédent (-1,5 % après
-8,3 %).
Au quatrième trimestre 2013, le commerce
mondial accélérerait quelque peu (cf. graphique 2),
autant du fait des économies avancées, et
notamment de la zone euro, que des économies
émergentes. Du fait de la répartition géographique
des exportations françaises, ce seraient les pays
avancés qui soutiendraient le plus la demande
adressée à la France (cf. graphique 1).
Échanges extérieurs
Prévision de croissance des échanges extérieurs
évolutions en % aux prix de l’année précédente chaînés, contributions en points
Variations trimestrielles Variations annuelles
2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2
Exportations
Ensemble des biens et services -0,4 1,9 -1,5 2,3 0,7 0,7 2,5 0,6 2,7
Produits manufacturés (75 %*) -0,6 2,8 -1,9 3,1 0,9 0,9 3,0 0,7 3,6
Importations
Ensemble des biens et services 0,1 1,6 1,0 1,1 0,7 0,7 -0,9 1,2 2,9
Produits manufacturés (77 %*) 0,0 1,6 1,6 1,5 0,8 0,8 0,3 1,0 3,7
Contribution du commerce
extérieur à la croissance du PIB
-0,1 0,0 -0,7 0,3 0,0 0,0 1,0 -0,2 -0,1
Prévision
*Part des exportations (respectivement, importations) de produits manufacturés dans les exportations (respectivement, importations) totales, en
2012
Source : Insee
De plus, les exportations totales progresseraient
nettement plus vite (+2,3 %) que la demande
adressée à la France, du fait du retour à la normale
attendu des exportations aéronautiques.
Au premier semestre 2014, les
export at i ons progresserai ent
modérément
Début 2014, les exportations progresseraient de
0,7 % par trimestre, soit un rythme inférieur à la
hausse de la demande extérieure. En effet,
l’appréciation de l’euro (près de 10 % depuis
mi-2012) pénaliserait de nouveau les
exportations, et les pertes tendancielles de parts de
marché, quoique atténuées depuis 2008,
subsisteraient. Les exportations croîtraient ainsi
modérément, pour les produits manufacturés
(+0,9 % par trimestre) comme pour les services
(+0,3 % puis +0,8 %).
En moyenne en 2013, les exportations croîtraient
de 0,6 %, après +2,5 % en 2012. L’acquis de
croissance pour l’année 2014 serait de +2,7 % à
la fin du premier semestre. La part de marché de la
France baisserait légèrement début 2014 après les
à-coups du second semestre 2013
(cf. graphique 3) en ligne avec sa tendance à la
baisse, certes atténuée depuis la crise (cf. dossier
de la Note de conjoncture de juin 2013
« Comment s’explique le rééquilibrage des
balances commerciales en Europe ? »).
Les importations ralentiraient au
premier semestre 2014
Au troisième trimestre 2013, les importations de
biens et services ont légèrement ralenti (+1,0 %
après +1,6 %). Les achats de biens manufacturés
se sont maintenus (+1,6 % de hausse aux deux
derniers trimestres). Ils ont ralenti pour les biens
d’équipement, les produits agro-alimentaires et les
« autres produits industriels ». Cependant, la
Décembre 2013 69
Conjoncture française
1- Demande mondiale adressée à la France et contributions des principaux partenaires
Sources : Insee, Trésor, Centraal PlanBureau
2 - Demande mondiale adressée à la France et commerce mondial
Sources : Insee, Trésor, Centraal PlanBureau
relative bonne tenue des importations provient de
l’accélération des achats de matériels de transport
et du redressement des achats de cokéfaction-
raffinage. Les achats d’énergie brute se sont
légèrement contractés (-2,9 % après +1,1 %),
tandis que ceux de produits agricoles ont accéléré
(+6,8 % après +4,9 %).
Au quatrième trimestre 2013, d’après les enquêtes
de conjoncture, les importations resteraient
dynamiques (+1,1 %), en lien avec le rebond de la
demande finale.
À l’horizon de mi-2014, les importations
ralentiraient (+0,7 % par trimestre), suivant le
profil de la demande finale (cf. graphique 4).
En moyenne en 2013, les importations
progresseraient de seulement 1,2 %, après -0,9 %
en 2012. L’acquis de croissance des importations
pour 2014 à l’issue du premier semestre s’élèverait
à +2,9 %.
Au total, la contribution du commerce extérieur à
la croissance serait positive au quatrième trimestre
2013, avec pour contrepartie un mouvement de
déstockage équivalent mais serait négative sur
l’ensemble de l’année 2013 (-0,2 point). Elle serait
neutre au premier semestre 2014. ■
70 Note de conjoncture
Conjoncture française
3 - Part de marché de la France
Sources : Insee, Trésor
4 - Équation d'importations (biens et services) et contributions économétriques
Source : Insee
L’emploi marchand a continué de reculer au
troisième trimestre 2013 (-16 000 emplois), en
particulier dans le secteur industriel. À l’horizon
de la prévision, le redressement de l’activité et
les effets du CICE permettraient à l’emploi
marchand de se stabiliser (-4 000 emplois au
premier semestre 2014).
Sur l’ensemble de l’année 2013, la baisse de
l’emploi dans le secteur marchand non agricole
(-87 000 postes) serait nettement plus faible
qu’en 2012 (-112 000). Elle serait concentrée
dans l’industrie (-54 000 postes) et dans la
construction (-23 000 postes).
Dans les secteurs non marchands, l’emploi
continuerait d’augmenter d’ici mi-2014,
notamment du fait de la progression du nombre
des bénéficiaires de contrats aidés. Après une
augmentation de 20 000 postes en 2012,
l’emploi dans les secteurs non marchands
progresserait de 80 000 en 2013 et de 33 000
au premier semestre 2014.
Au total, 14 000 emplois seraient créés dans
l’ensemble de l’économie en 2013 (après une
baisse de 58 000 en 2012) et 36 000 au
premier semestre 2014.
Le nombre de salariés dans les
secteurs marchands se stabiliserait à
l’horizon de la prévision
En 2012, l’emploi marchand a fortement diminué
(de 112 000 postes), alors qu’il était en hausse en
2011. Le profil de l’emploi en cours d’année a été
très marqué : les effectifs ont légèrement diminué
au premier semestre 2012 (-12 000 personnes)
puis ont chuté au second semestre (-100 000). En
2013, les pertes d’emploi semblent s’atténuer
(-80 000 sur les trois premiers trimestres).
Cette évolution a été relativement conforme à ce que
laissaient attendre les déterminants usuels de
l’emploi (cf. graphique 1). Le ralentissement de
l’activité depuis début 2011, qui s’est accentué en
2012, s’est ainsi transmis progressivement à
l’emploi. A contrario, l’amélioration observée depuis
début 2013 est imputable au redressement de
l’activité.
D’ici juin 2014, la poursuite de cette reprise, et les
effets du CICE (cf. éclairage), permettraient une
quasi-stabilisation de l’emploi marchand : 7 000
postes seraient perdus au quatrième trimestre
2013 puis 4 000 au premier semestre 2014
(cf. graphique 2).cf. graphique 2).
Décembre 2013 71
Conjoncture française
Emploi
1 - Emploi observé dans le secteur marchand non agricole, emploi simulé et résidu
Note de lecture : Le résidu de l’équation d’emploi est l’écart entre l’emploi observé et l’emploi simulé à partir des évolutions d’emploi et
d’activité passées et courantes et des effets des politiques de l’emploi. Un résidu positif, comme début 2012, indique que l’emploi
observé s’est comporté de façon plus favorable que ne laissaient attendre les comportements passés.
Source : Insee
72 Note de conjoncture
Conjoncture française
Tableau 1
Évolution de l’emploi
Créations d’emploi sur la période
(en milliers) CVS
Évolution de l’emploi sur la période
(en %) CVS
*
2013 2014
2013
2014
S1
2013 2014
2013
2014
S1
2012
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Salariés dusecteur
concurrentiel
=(1) +(2)
-28 -33 -11 6 3 5 -66 8 -0,2 -0,2 -0,1 0,0 0,0 0,0 -0,4 0,0 17924
Secteurs principalement non
marchands (1) (établisse-
ments privés seulement)
-1 5 4 13 6 6 21 12 0,0 0,2 0,2 0,7 0,3 0,3 1,1 0,6 1956
Secteurs principale-
ment marchands non
agricoles (2) dont :
-27 -38 -16 -7 -3 -1 -87 -4 -0,2 -0,2 -0,1 0,0 0,0 0,0 -0,5 0,0 15968
Industrie -12 -19 -15 -9 -13 -6 -54 -19 -0,4 -0,6 -0,5 -0,3 -0,4 -0,2 -1,7 -0,6 3242
dont :
Industrie manufacturière
-12 -19 -14 -8 -12 -5 -53 -17 -0,4 -0,7 -0,5 -0,3 -0,4 -0,2 -1,8 -0,6 2871
Construction -9 -4 -7 -4 -5 -3 -23 -8 -0,6 -0,3 -0,5 -0,3 -0,3 -0,3 -1,7 -0,6 1417
Tertiaire essentiellement
marchand
-6 -15 6 6 15 8 -10 23 -0,1 -0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 -0,1 0,2 11308
dont :
Commerce
-6 -14 -8 1 2 3 -27 4 -0,2 -0,5 -0,3 0,0 0,1 0,1 -0,9 0,1 3018
Services marchands
(y compris intérim)
0 -1 14 5 14 5 18 19 0,0 0,0 0,2 0,1 0,2 0,1 0,2 0,2 8290
* Niveau fin 2012 (en milliers)
Créations d’emploi sur la période
(en milliers)
Évolution de l’emploi sur la période
(en %)
2013 2014
2013
2014
S1
2013 2014
2013
2104
S1
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Secteurs principale-
ment marchands
-27 -38 -16 -7 -3 -1 -87 -4 -0,2 -0,2 -0,1 0,0 0,0 0,0 -0,5 0,0
Tertiaire principale-
ment non marchand
(y compris établisse-
ments privés)
-6 17 15 54 25 8 80 33 -0,1 0,2 0,2 0,7 0,3 0,1 1,1 0,4
Non-salariés 5 5 5 5 4 4 20 8 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,1 0,8 0,3
EMPLOI TOTAL -27 -16 5 52 26 10 14 36 -0,1 -0,1 0,0 0,2 0,1 0,0 0,1 0,1
Prévision
Note de lecture : 8 000 emplois seraient crées dans le secteur concurrentiel durant le premier semestre 2014. Cela correspond à une
évolution de 0,0 % sur le semestre. Ce secteur comprendrait, au 31décembre 2012, 17 924 000 salariés.
(1) Secteur OQ privé
(2) Secteurs DE à MN + RU
Source : Insee
Tableau 2
Variation du nombre de bénéficiaires de contrats aidés dans le secteur non marchand
en milliers
2012 2013 2014
2011 2012 2013
2014
S1
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Emplois d’Avenir 0 0 0 1 8 13 19 38 11 10 0 1 79 22
CUI-CAE (remplace CAE+CAV au 01/01/10) 18 7 -23 -4 0 0 0 38 27 -8 -37 -2 37 18
Contrats d’Accompagnement vers l’Emploi 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 -8 0 0 0
Contrats d’Avenir 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 -5 0 0 0
Contrats Emploi-jeunes 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Total 18 7 -23 -3 8 13 19 76 38 2 -50 -1 116 40
Prévision
Champ : France métropolitaine
Note : Y compris avenants de reconduction
Sources : Dares, tableau de bord des politiques de l’emploi, calculs Insee
L’intérim augmenterait légèrement,
tout comme l’emploi tertiaire hors
intérim
Dans les statistiques d’emploi, l’emploi intérimaire est
comptabilisé dans le secteur tertiaire quel que soit le
secteur dans lequel sont effectuées les missions. Dans
tous les secteurs, le taux de recours à l’intérim se
redresse depuis le premier trimestre 2013
(cf. graphique 3). Il continuerait d’augmenter à
l’horizon de la prévision : l’emploi intérimaire
progresserait de 8 000 postes au premier semestre
2014.
L’emploi dans le tertiaire marchand hors intérim a
diminuéaupremier semestre2013(- 27000postes). Il
augmenterait faiblement au second semestre 2013
(+4 000 postes), et bénéficierait ensuite du regain
modéré de l’activité au premier semestre 2014
(+15 000 postes).
Au total, l’emploi dans le tertiaire y compris intérim
augmenterait légèrement au second semestre
2013 (+11 000 emplois), puis plus fortement au
premier semestre 2014 (+23 000 postes).
L’emploi industriel continuerait de
baisser en 2013
Depuis mi-2012, les suppressions d’emplois dans
l’industrie se sont progressivement intensifiées.
Celles-ci se poursuivraient à l’horizon de la
prévision, sur un rythme toutefois moins marqué.
L’emploi industriel (hors intérim) baisserait de
9 000 postes au quatrième trimestre 2013 (le
secteur perd en moyenne 13 000 postes par
trimestre depuis mi-2012) puis de 19 000 au
premier semestre 2014 (cf. graphique 4).
Au total, l’emploi industriel y compris la correction
pour l’intérim utilisé dans le secteur baisserait de
20 000 emplois au second semestre 2013, puis de
16 000 au premier semestre 2014. Ce recul serait
comparable à celui observé en moyenne depuis le
début des années 2000, malgré un environnement
conjoncturel aujourd’hui plus dégradé qu’au
milieu de la précédente décennie. Ceci traduirait
une certaine résistance de l’emploi manufacturier,
visible depuis début 2009.
Décembre 2013 73
Conjoncture française
2 - Évolution de l’emploi salarié dans les secteurs marchands non agricoles
Source : Insee
3 - Taux de recours à l’intérim selon les secteurs
Source : Insee
L’ empl oi dans l a const ruct i on
reculerait de nouveau en 2013
L’emploi salarié dans la construction décroît
presque continûment depuis 2008. Le secteur a
ainsi perdu 13 000 emplois au premier semestre
2013. À l’horizon de la prévision, ce recul
s’intensifierait :10 000 postes seraient perdus au
second semestre 2013 puis 8 000 au premier
semestre 2014.
L’emploi non marchand progresserait
grâce aux contrats aidés
L’emploi non marchand croîtrait de 80 000 postes
en 2013. Il continuerait de progresser à un rythme
soutenu au premier semestre 2014 (+33 000
emplois).
Hors contrats aidés, l’emploi non marchand
serait légèrement décroissant du fait de la baisse
de l’emploi public. Ainsi, le rebond de l’emploi
non marchand proviendrait essentiellement de
la hausse des contrats aidés. D’une part, les
entrées dans les dispositifs de contrats aidés
accéléreraient en 2013 par rapport à 2012 du
fait des contrats prévus en loi de finances et des
contrats supplémentaires annoncés par le
gouvernement en juin (465 000 contrats seraient
signés en 2013, après 403 000 en 2012).
D’autre part, malgré une baisse du nombre des
nouveaux contrats prévus dans le PLF 2014,
l’augmentation de la durée moyenne des
contrats permettrait une nouvelle hausse des
bénéficiaires sur le premier semestre 2014. Au
total, le nombre de bénéficiaires augmenterait
de 116 000 en 2013, puis de 40 000 au premier
semestre 2014.■
74 Note de conjoncture
Conjoncture française
4 - Évolution de l’emploi dans les secteurs marchands non agricoles
Source : Insee
Quels effets attendre du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en 2014 ?
Le CICE est un crédit d’impôt qui s’apparente à
un allègement des cotisations sociales
Le CICE est un crédit d’impot qui peut par certains
côtés être assimilé à un allégement des cotisations
sociales sur les bas et moyens salaires...
Le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), annoncé en
novembre 2012 et voté le mois suivant
1
, est un crédit d’impôt
dont bénéf i ci e l ’ ensembl e des ent repri ses ( hors
micro-entreprises et auto-entrepreneurs), quels que soient
leur forme juridique, leur secteur d’activité ou le régime
d’imposition de leur résultat
2
.
L’assiette du CICE est constituée par les salaires bruts versés
au cours de l’année dans la limite de 2,5 fois le Smic. Sur
cette assiette, la subvention est de 4 % pour les
rémunérations versées au titre de 2013 et de 6 % pour les
rémunérations versées les années suivantes (ce qui
représente respectivement 13 et 20 Mds€).
... mais il s’en distingue par plusieurs aspects
À partir du 1
er
janvier 2013, le CICE équivaut à baisser le
coût du travail moyen des entreprises de 1,8 %, et cette
baisse atteindra 2,7 % au 1
er
janvier 2014. Par rapport à un
allègement de cotisations sociales, le CICE se distingue par
deux aspects : ce n’est pas une baisse des cotisations, mais
une baisse d’impôt proportionnelle à la masse salariale, qui
(1) Article 66 de la loi n° 2012-1510 du 29 décembre 2012 de finan-
ces rectificative pour 2012.
(2) L’essentiel du montant du CICE concerne les entreprises assujetties
à l’impôt sur les sociétés. Mais les entreprises assujetties à l’impôt sur
le revenu sont également bénéficiaires du CICE.
Décembre 2013 75
Conjoncture française
transite par une baisse de l’impôt sur les sociétés ou sur le
revenu
3
; il n’est pas perçu simultanément aux rémunérations
versées, mais avec retard. Sauf demande de préfinancement
par les entreprises (qui ne devrait représenter que de l’ordre
de 1 Md€ en 2013, soit 7 %du montant éligible
4
), le CICE au
titre des rémunérations de 2013 ne commencera à être versé
qu’en 2014. En effet, le CICE calculé au titre des
rémunérations 2013 doit être imputé sur le solde de l’impôt
dû au titre de l’exercice 2013, qui sera acquitté en 2014. Le
montant de crédit d’impôt au titre de l’année écoulée ne peut
toutefois être remboursé immédiatement qu’à hauteur de
l’impôt à acquitter au titre de cette même année et le CICE au
titre des rémunérations de 2013 ne sera en fait intégralement
versé que d’ici 2016 (cf. tableau de l’échéancier du coût
budgétaire du CICE).
L’estimation des effets du CICE sur l’emploi en
2014 est très incertaine
Des incertitudes sur la perception de la mesure par
les entreprises et donc sur son impact effectif
Les mécanismes à l’œuvre sont nombreux (cf. graphique). En
premier lieu, le CICE améliore la situation financière des
entreprises. 20 Mds€ représentent de l’ordre de 1,8 point
d’équivalent taux de marge, soit la moitié de la baisse du taux
de marge qui aura été enregistrée entre 2007 et 2013.
Cette amélioration de leur situation financière peut ensuite
influer sur le comportement des entreprises, lesquelles
peuvent diminuer leurs prix
5
augmenter leur masse salariale,
via plus d’emploi ou des salaires plus élevés, ou leurs
dépenses d’investissement. En pratique, le comportement
des entreprises sera évidemment hétérogène, mais on peut
s’attendre à retrouver, au niveau macroéconomique, ces
quatre canaux de transmission du CICE.
Si on simule une baisse de cotisations uniforme dans le
modèle macroéconométrique Mésange
6
, il ressort qu’une
baisse du coût du travail de 2,7 %se traduirait par un surcroît
d’emplois de l’ordre de 250 000.
Cette simulation n’intègre toutefois pas le fait que le CICE est
ciblé sur les salaires inférieurs à 2,5 SMIC. Or, les effets
emploi d’un allégement de cotisations sociales sont d’autant
plus élevés que cet allégement est ciblé pour les bas salaires,
notamment parce que la demande de travail de la part des
entreprises est davantage sensible à son coût pour les bas
salaires
7
. D’après les évaluations existantes sur la distribution
de l’élasticité de la demande de travail en fonction du niveau
de salaire
8
, on peut alors estimer que du fait du ciblage sur
les salaires inférieurs à 2,5 SMIC, les créations d’emploi
seraient comprises entre 300 000 et 400 000, les
simulations réalisées avec le modèle Mésange se situant
dans le bas de la fourchette
9
.
Comme le laissent attendre les résultats de simulation tels
que ceux présentés ici, les pleins effets du CICE ne se
produiront que progressivement. D’après le modèle
Mésange, il faudra attendre cinq ans pour avoir l’essentiel
des effets sur l’emploi.
Ainsi, en moyenne annuelle 2014, d’après le modèle
Mésange, 100 000 emplois supplémentaires seraient créés
(après 50 000 en 2013). Ce chiffrage inclut, outre
l’enrichissement de la croissance en emplois, l’effet
supplémentaire dû au surcroît d’activité économique,
occasionné par le CICE. Il suppose que les entreprises
agissent comme si le CICE était versé dès 2013, à l’instar
d’un allégement de cotisations. En pratique, l’effet du CICE
sera plus faible pour plusieurs raisons.
D’abord, le CICE intervient en 2013 dans un contexte où le
taux de marge est à son point bas, notamment car l’emploi
s’est moins ajusté qu’attendu depuis 2008 ; la contrainte
financière peut donc jouer plus fortement qu’au cours des
années d’avant-crise et conduire les entreprises à davantage
utiliser le CICE pour améliorer leur situation financière que
ce que les évaluations portant sur les décennies 1990 ou
2000 peuvent laisser attendre. Ensuite, le fait que son
paiement soit différé peut conduire certaines entreprises à
différer également les décisions d’embauches, parce qu’elles
sont contraintes sur leur trésorerie ou ont des difficultés ou
des réticences à accroître leur endettement. Enfin, en
comptabilité d’entreprise, l’effet du CICE sur les entreprises
pourra être enregistré dans le bas de leur bilan et donc ne
pas être visible dans leur compte d’exploitation ; pour les
entreprises qui auront choisi ce mode d’enregistrement
Montée en charge du CICE (en Md€)
2013 2014 2015 2016 2017 2018
Rattaché aux rémunérations qui font l’objet du crédit d’impôt -13 -20 -20 -20 -20 -20
Pour la trésorerie des entreprises -1 -9 -16 -17 -19 -20
Note de lecture : Pour faciliter la lecture, l'assiette du CICE est supposée constante
Source : Insee
(3) Les chiffres concernant la situation financière des entreprises pré-
sentés dans cette Note de conjoncture sont donc construits sous
l’hypothèse conventionnelle que le CICE sera imputé comme les autres
crédits d’impôt aux entreprises (crédit impôt recherche par exemple),
c’est-à-dire sur l’impôt versé par les entreprises en 2014 ; ni la rémuné-
ration du travail ni le taux de marge affichés n’en sont donc affectés.
(4) CGSP (2013). Rapport du Comité de suivi du Crédit d’impôt pour
la compétitivité et l’emploi
(5) dans certains cas cette baisse découle de contrats d’indexation de
leurs prix de vente sur leurs coûts.
(6) C. Klein, O. Simon (2010) : Le modèle Mésange réestimé en base
2000. Tome 1 - Version avec volumes à prix constants.
(7) Malinvaud (1998) : Les cotisations sociales à la charge des em-
ployeurs : analyse économique. Rapport au CAE.
(8) Conseil d’orientation pour l’emploi (2006) : Rapport au premier
ministre relatif aux aides publiques.
(9) Ces chiffres tiennent compte du fait que le CICE est un crédit d’im-
pôt et qu’ il ne vient donc pas accroître l’assiette de l’impôt ce qui,
toutes choses égales par ailleurs, amplifie ses effets sur l’activité par
rapport à l’allégement de cotisation.
76 Note de conjoncture
Conjoncture française
comptable du CICE, son lien avec la rémunération des
salaires risque ainsi de ne pas être repéré aisément : de ce
fait, les choix d’investissement et d’embauche des entreprises
pourraient ne pas intégrer, à tout le moins pas immédiatement,
l’impact du CICE
10
. Ces effets, qui réduisent l’impact sur
l’emploi du CICE, devraient moins jouer à plus long terme. En
effet, les entreprises qui tiendront compte du fait que,
désormais, embaucher un salarié en dessous de 2,5 SMIC
coûte in fine moins cher qu’avant bénéficieront, toutes choses
égales d’ailleurs, d’un avantage compétitif par rapport à celles
qui n’en tiendront pas compte. À terme, la plupart des
entreprises devraient donc ajuster leur comportement pour ne
pas perdre de compétitivité par rapport à leurs concurrentes.
Pour le premier semestre 2014, 15 000 emplois sup-
plémentaires par trimestre, hors effet de bouclage
Au total, il parait vraisemblable qu’à long terme, les effets du
CICE sur l’emploi s’élèvent à moins de 300 000.
Pour la prévision de la Note de conjoncture, nous faisons
l’hypothèse que l’enrichissement de la croissance en emplois
se traduit au premier semestre 2014 par un surcroît
d’emplois de 15 000 par trimestre (après 30 000 au total en
2013). Nous n’intégrons pas explicitement, en revanche
l’effet supplémentaire dû au surcroît d’activité économique
occasionné par le CICE, qui, s’il existe, est capté par les
enquêtes de conjoncture sur lesquelles s’appuie en grande
partie notre prévision. Mais, nous intégrons explicitement son
effet sur les prix, qui compenserait en partie, à hauteur de 0,2
point à l’horizon de la prévision, l’effet de la hausse de la TVA. ■
Schéma reprenant les différents mécanismes économiques attendus
d’une baisse du coût salarial unitaire (CSU)
(10) Ce pourrait notamment être le cas de certaines entreprises étran-
gères qui désirent s’implanter en France et qui ont un désavantage en
termes d’information par rapport aux entreprises déjà implantées en
France.
Au troisième trimestre 2013, le taux de chômage
s’est établi à 10,9 % de la population active
(10,5 %en France métropolitaine), en hausse de
0,1 point par rapport au deuxième trimestre
( cf. encadr é pour l es pr écaut i ons
méthodologiques). Depuis mi-2011, le taux de
chômage a augment é de 1,4 poi nt . I l
augmenterait légèrement à l’horizon de la
prévision, de 0,1 point. Mi-2014, il s’élèverait à
11,0 % (10,6 % en France métropolitaine).
Au troisième trimestre 2013, le taux
de chômage s’est établi à 10,9 % de
la population active
Au troisième trimestre 2013, le nombre de
chômeurs a augmenté de 31 000 après une
quasi-stabilisation au deuxième trimestre
(+4 000)
1
. En effet, l’emploi a moins baissé au
troisième trimestre (-6 000 après -21 000), la
population active a crû à un rythme soutenu au
troisième trimestre 2013 (+26 000) après une
baisse ponctuelle au deuxième trimestre (-17 000)
(cf. tableau). Le taux de chômage a ainsi augmenté
de 0,1 point au troisième trimestre après une
stabilité au deuxième trimestre 2013
(cf. graphique 1).
Le taux de chômage des jeunes a
légèrement baissé en 2013...
Fin 2012, le taux de chômage des 15-24 ans avait
dépassé 25 % des actifs. Il a ensuite baissé d’un
point jusqu’au troisième trimestre 2013 pour
atteindre 24,5 %. D’une part, une partie de la
baisse du chômage des jeunes, de l’ordre d’un
dixième de point par trimestre depuis le début de
l’année, est due à la mise en place, fin 2012, des
emplois d’avenir destinés à permettre à des jeunes
sans qualification ou peu diplômés d’accéder à un
emploi. D’autre part, dans une moindre mesure, la
création d’emplois en intérim a pu également
bénéficier aux jeunes actifs, qui occupent plus
souvent des emplois temporaires que leurs aînés.
Le taux de chômage des jeunes est très élevé, mais
cette population a un comportement d’activité très
spécifique. Un grand nombre de jeunes de moins
de 25 ans poursuivent leurs études sans travailler
parallèlement et sont de ce fait inactifs. Ainsi, en
rapportant le nombre de jeunes chômeurs à la
population des 15-24 ans, la mesure obtenue
indique une part de chômeurs de 15 à 24 ans de
9,0 %, soit seulement 0,6 point au-dessus de la part
des chômeurs dans la population des 25-49 ans.
Décembre 2013 77
Conjoncture française
Chômage
1 - Taux de chômage au sens du BIT
France = France métropolitaine +Dom
Champ : Population des ménages, personnes de 15 ans ou plus
Source : Insee, enquête Emploi
(1) Ces chiffres sont issus de l’enquête Emploi en continu
et ne concernent donc que la métropole.
... alors que celui des 50 ans ou plus
a nettement augmenté
Le taux de chômage des actifs de 50 ans ou plus
s’est accru de près d’un point depuis fin 2012 pour
s’établir à 8,0 % au troisième trimestre 2013. Le
taux de chômage des seniors a ainsi augmenté
deux fois plus vite que celui des 25-49 ans
(+0,4 point depuis fin 2012, à 9,5 %au troisième
trimestre 2013).
À l’horizon de la prévision, le
chômage augmenterai t très
faiblement
Entre le troisième trimestre 2013 et le deuxième
trimestre 2014, le taux de chômage augmenterait
de 0,1 point, pour se situer à 11,0 % à la fin du
premier semestre 2014 (10,6 % en France
métropolitaine). Sur les trois trimestres de
prévision, les créations nettes d’emplois
(+76 000) ne seraient en effet pas suffisantes pour
absorber la hausse anticipée de la population
active (+113 000).
La population active tendancielle
2
continuerait en
effet sa croissance à un rythme soutenu (+68 000
personnes au premier semestre 2014, après
+60 000 au deuxième semestre 2013),
essentiellement du fait de la hausse des taux
d’activité, alors que la démographie contribuerait
de nouveau : depuis 2011, les générations qui
entrent dans la tranche des 15-64 ans sont moins
nombreuses que celles qui en sortent.
En outre, la population active serait légèrement
plus dynamique que son rythme tendanciel, car
l’augmentation du nombre d’emplois aidés
permet à des personnes hors du marché du travail
de l’intégrer. En revanche, on estime que l’effet net
des réformes des retraites postérieures aux
projections de population active tendancielle
3
est
négligeable à l’horizon de la projection.■
78 Note de conjoncture
Conjoncture française
(3) L’une permettant à partir de novembre 2012 le départ à
la retraite à 60 ans pour les carrières longues, l’autre
décalant d’un mois l’âge d’ouverture du droit à la pension
de retraite pour les personnes nées après le 1
er
janvier
1952, à partir du second semestre 2012.
Encadré - La rénovation de l’enquête Emploi utilisée pour la mesure du chômage
au sens du BIT
Au 1
er
trimestre 2013, le questionnaire de l’enquête Emploi a
été rénové, en particulier pour faciliter le déroulement de
l’enquête sur le terrain. Par ailleurs, de nouvelles conditions
d’emploi des enquêteurs ont été mises en place au 1
er
janvier
2013, ce qui a entraîné des difficultés d’organisation du
réseau des enquêteurs et, à ce stade, une baisse du taux de
réponse à l’enquête. Une expertise méthodologique a été
conduite pour quantifier les incidences de ces changements
sur les estimations issues des données de l’enquête Emploi.
Ainsi, certaines reformulations du nouveau questionnaire ont
pesé sur la teneur des réponses pour une proportion limitée
de la population enquêtée. Ceci a un impact sur la mesure en
niveau des principaux indicateurs. Les effets du changement
de questionnaire et de protocole d’enquête ont été
neutralisés pour que les résultats présentés dans cette fiche
soient directement comparables à ceux du quatrième
trimestre 2012 et aux séries longues actuellement
disponibles. Ce traitement assure que les évolutions des
indicateurs sont pertinentes du point de vue de l’analyse
conjoncturelle. L’impact détaillé des reformulations sur les
résultats de l’enquête est présenté dans le document
« Compléments méthodologiques » associé à l’Informations
Rapides du 5 septembre 2013 présentant les résultats de
l’enquête Emploi du deuxième trimestre 2013.
À partir des résultats du quatrième trimestre 2013 qui seront
publiés en mars 2014, les principaux indicateurs d’activité,
d’emploi et de chômage au sens du BIT intégreront l’impact
de la rénovation du questionnaire et de nouvelles séries
longues rétropolées (dont les valeurs seront donc légèrement
revues à la baisse) seront produites.■
(2) La population active tendancielle correspond à la
population active estimée dans les projections de
population active. Pour plus d’information sur les
projections de population active : Insee Première n°1345,
avril 2011, O. Filatriau.
Décembre 2013 79
Conjoncture française
Évolutions de la population active, de l’emploi et du chômage en France métropolitaine
Variations trimestrielles Variations annuelles
2012
T1
2012
T2
2012
T3
2012
T4
2013
T1
2013
T2
2013
T3
2013
T4
2014
T1
2014
T2
2010 2011 2012 2013
2014
S1
Population des 15-64 ans -20 -22 -21 -21 -21 -21 -21 -21 -12 -11 131 20 -84 -83 -24
Population des 15-59 ans -12 -14 -16 -19 -20 -20 -20 -19 -5 -6 -117 -70 -61 -79 -11
Population active 81 82 2 46 37 -17 25 37 38 38 79 158 211 83 76
dont :
(a) Contribution de la population et du taux
d’activité tendanciel
36 36 36 36 30 30 30 30 34 34 160 165 146 120 68
(b) Effets estimés des politiques publiques 9 2 1 2 -4 5 5 7 4 4 -66 -6 14 13 8
(c) Autres fluctuations de court terme (résidu) 36 44 -36 7 11 -52 -9 0 0 0 -15 -2 51 -50 0
Emploi 23 12 -41 -41 -24 -21 -6 29 30 18 169 117 -47 -22 48
Rappel : Emploi en fin de période (cf. fiche « Emploi ») 45 -21 -60 -22 -26 -16 5 52 26 10 132 100 -58 15 36
Chômage BIT 58 70 42 87 61 4 31 9 9 20 -89 40 258 106 28
Moyenne trimestrielle
Moyenne au dernier
trimestre de la période
Taux dechômage BIT (%)
France métropolitaine 9,5 9,8 9,9 10,1 10,4 10,4 10,5 10,5 10,5 10,6 9,2 9,3 10,1 10,5 10,6
France (y compris Dom) 9,9 10,2 10,3 10,5 10,8 10,8 10,9 10,9 10,9 11,0 9,7 9,8 10,5 10,9 11,0
Prévisions
Notes de lecture :
- la ligne Emploi présente les variations du nombre de personnes en emploi en moyenne trimestrielle en cohérence avec les autres données du
tableau.
- emploi et chômage ne sont pas ici estimés sur des champs strictement équivalents : population totale pour l’emploi, population des ménages
(hors collectivités) pour le chômage. L’impact de cette différence de champ étant très faible (la population hors ménages représente moins de 1%
de la population active), elle est négligée ici pour l’exercice de prévision du chômage.
Source : Insee
80 Note de conjoncture
Conjoncture française
L’ i nf l at i on d’ ensembl e augment er ai t
progressivement de 0,7 %en novembre 2013 à
1,1 % en juin 2014, sous l’effet de plusieurs
facteurs ponctuels. Le redressement des prix des
télécommunications y contribuerait notamment
pour +0,1 point, et les hausses des taux de TVA
au 1
er
janvier 2014 (nettes de l’effet du CICE)
pour +0,2 point. Par ailleurs, le glissement
annuel des prix de l’énergie augmenterait par
effet de base
1
, et contribuerait pour +0,2 point.
Hausse de l’inflation d’ensemble
À l’horizon de la prévision, l’inflation d’ensemble
augmenterait de 0,7 % fin novembre 2013 à
1,1 % fin juin 2014 (cf graphique 1). L’inflation
« sous-jacente »
2
augmenterait légèrement à
+0,8 % en glissement annuel. Cette divergence
provient pour l’essentiel de la hausse des taux de
TVA au 1
er
janvier 2014 : elle contribuerait (nette
de l’effet du CICE) pour +0,2 point à
l’augmentation de l’inflation d’ensemble, et pour
-0,4 point à l’inflation sous-jacente qui est
calculée par l’Insee hors taxes (cf. éclairage). Dans
une moindre mesure, l’augmentation de 20
centimes du prix du tabac, qui n’est que
partiellement due à la hausse de TVA, et
l’augmentation de l’inflation énergétique, par effet
de base, contribueraient également à la
divergence d’évolution entre inflation d’ensemble
et inflation « sous-jacente ».
Par ailleurs, l’inflation augmenterait par effet de
base, après les baisses exceptionnelles de 2013
des prix des services de communication (+0,1point
sur l’inflation d’ensemble, +0,2 point sur l’ inflation
« sous-jacente »).
L’inflation des produits manufacturés
faiblement négative
Le glissement annuel des prix des produits
manufacturés, à -0,5 % en novembre,
augmenterait jusqu’à -0,3 % en juin 2014. Les
modifications des taux de TVA au 1
er
janvier 2014
auraient, à l’horizon de la prévision, un impact de
+0,2 point sur le glissement annuel des prix des
produits manufacturés (cf. encadré) et
l’instauration du CICE aurait, dans ce secteur, un
impact de -0,3 point. Le faible niveau du taux
d’utilisation des capacités, l’atonie des prix
d’importations, le niveau élevé du taux de
chômage, ainsi que les meilleurs gains de
productivité, continueraient de limiter les pressions
inflationnistes dans le secteur manufacturier.
Néanmoins, le glissement annuel des prix de
l ’habi l l ement-chaussures augmenterai t à
+1,0 %, après +0,8 % en novembre, sous l’effet
du redressement des prix du coton depuis début
2012. Par ailleurs, le glissement annuel des
produits de santé, à -3,2 % en novembre serait
quasi stable à l’horizon de la prévision, car,
comme en 2013, de fortes baisses sont à prévoir
comme inscrit dans le projet de loi de finances de
la sécurité sociale 2014.
Prix à la consommation
Source : Insee
1 - Prix à la consommation en France
(1) Le prix de l’énergie est supposé stable à l’horizon de la
prévision, mais du fait de sa baisse au 1
er
semestre 2013,
le glissement annuel fin juin 2014 sera plus élevé que le
glissement fin 2013.
(2) cf. « Les mots de la conjoncture »
L'inflation des services croîtrait
Le glissement annuel des prix des services, à
+1,5 % en novembre, augmenterait à +2,1 % en
juin 2014. La hausse des prix des services serait
entraînée par la hausse du taux de TVA (0,4 point
net du CICE) et la stabilisation des prix des services
de télécommunications, après les fortes baisses à
la suite de l’arrivée en janvier 2012 d’un nouvel
opérateur de téléphonie mobile.
Les prix de l’énergie augmenteraient
par effet de base
Après +0,1 % en novembre, le glissement annuel
des prix de l’énergie augmenterait pour s’établir à
+2,7 % en juin 2014. Sous l’hypothèse d’une
stabilisation du prix du baril de Brent à 81,5 €
(110 $) à l’horizon de la prévision, les sorties de
glissement des fortes baisses constatées au
printemps 2013 contribueraient mécaniquement à
la hausse de l’inflation énergétique. Les
changements des taux de TVA de janvier 2014 ne
contribueraient quant à eux qu’à +0,2 point à la
hausse des prix de l’énergie. Globalement,
l’énergie contribuerait pour 0,2 point à la hausse
de l’inflation totale d’ici juin 2014
(cf. graphique 2).
Les prix des produits alimentaires
diminuerait en2014par effet de base
En l’absence de choc sur la production des
produits frais, le glissement annuel des prix dans le
secteur de l’alimentation diminuerait à l’horizon de
la prévision à -0,8 % (cf. tableau) en raison des
fortes hausses des prix des produits frais au premier
semestre 2013 et de l’impact très limité des
hausses de TVA dans ce secteur.■
Décembre 2013 81
Conjoncture française
Les prix à la consommation
évolutions en %
Regroupements IPC*
(pondérations 2012)
Juin 2013 Novembre 2013 Décembre 2013 Juin 2014
Moyennes
annuelles
ga cga ga cga ga cga ga cga 2012 2013
Alimentation (16,6 %) 1,8 0,3 0,3 0,0 0,4 0,1 -0,8 -0,1 3,0 1,3
dont :
produits frais (2,1 %) 7,3 0,2 -1,2 0,0 -0,7 0,0 -7,7 -0,2 5,2 4,3
hors produits frais (14,5 %) 1,0 0,1 0,5 0,1 0,5 0,1 0,3 0,0 2,7 0,9
Tabac (2,1 %) 7,0 0,1 3,5 0,1 3,5 0,1 6,4 0,1 6,2 6,8
Produits manufacturés (27,4 %) -0,4 -0,1 -0,5 -0,1 -0,4 -0,1 -0,3 -0,1 0,7 -0,4
Énergie (8,2 %) 1,7 0,1 0,1 0,0 1,2 0,1 2,7 0,2 5,2 0,8
dont :
produits pétroliers (5,0 %) -0,9 0,0 -3,4 -0,2 -1,4 -0,1 1,6 0,1 5,8 -2,3
Services (45,8 %) 1,0 0,5 1,5 0,7 1,5 0,7 2,1 1,0 1,6 1,2
dont :
loyers-eau (7,5 %) 1,7 0,1 1,5 0,1 1,5 0,1 1,7 0,1 2,0 1,8
santé (5,4 %) 1,1 0,1 0,4 0,0 0,3 0,0 0,4 0,0 0,9 0,8
transports-communications (5,2 %) -5,8 -0,3 0,5 0,0 -0,2 0,0 3,5 0,2 -3,7 -4,2
autres services (27,8 %) 2,1 0,6 1,9 0,5 2,0 0,6 2,4 0,7 2,7 2,1
Ensemble (100 %) 0,9 0,9 0,7 0,7 0,8 0,8 1,1 1,1 2,0 0,9
Ensemble hors énergie (91,8 %) 0,8 0,8 0,7 0,7 0,8 0,7 1,0 0,9 1,6 0,9
Ensemble hors tabac (97,9 %) 0,8 0,8 0,6 0,6 0,7 0,7 1,0 1,0 1,9 0,8
Inflation « sous-jacente » (60,8 %)
1
0,3 0,2 0,8 0,5 0,8 0,5 0,8 0,5 1,3 0,6
Prévision
ga : glissement annuel.
cga : contribution au glissement annuel.
* Indice des prix à la consommation (IPC).
(1) Indice hors tarifs publics et produits à prix volatils, corrigé des mesures fiscales.
Source : Insee
82 Note de conjoncture
Conjoncture française
2 - L’inflation en France : contributions des postes les plus volatils
Source : Insee
Hausse des taux de TVA et effet du CICE : des impacts opposés sur l’inflation
Le 1
er
janvier 2014, le taux normal de TVA augmentera de
19,6 %à 20 %et le taux intermédiaire de 7 %à 10 %. Le taux
réduit (5,5 %), le taux super réduit (2,1 %) et le taux nul ne
seraient pas modifiés. Enfin, le taux applicable en Corse
croîtra de 8 à 10 %. Les prix des services seront donc les plus
affectés : hébergement, cafés et restauration, entretien du
logement
1
, services culturels, transports (cf. tableau).
Si la hausse de la TVA était intégralement répercutée, les prix
des produits au taux normal de TVA augmenterait de 0,3 %
et les prix des produits au taux intermédiaire de 2,8 %, soit
une hausse de 0,5 point de l’inflation d’ensemble.
En pratique, d’après les expériences passées de variation des
taux de TVA, l’ajustement des prix se fait progressivement, si
bien qu’un impact de l’ordre de 0,4 %serait attendu à fin juin
2014 (cf. graphique). Économiquement, ce délai de
transmission traduit des comportements de marge de
certaines entreprises, qui ne répercutent pas immédiatement
la hausse de la TVA dans les prix à la consommation. À court
terme, certaines entreprises baissent alors leurs prix hors
taxe, impliquant un effort sur leurs marges, pour ne pas
amputer leurs prix TTC. Ces comportements sont pourtant
transitoires : en observant des hausses ou des baisses
passées de TVA, en France comme à l’étranger, les
changements de législation de la fiscalité indirecte se
transmettent aux prix à la consommation (TTC) au bout d’un
certain délai, suggérant qu’elles n’ont finalement pas d’effet
sur le niveau des prix hors taxe.
En outre, comme la hausse du taux de TVA se fera en 2014
concomitamment à la mise en place du CICE, la diffusion
serait de fait plus faible que pour les hausses passées de taux
de TVA, et l’effet sur l’inflation en glissement annuel à fin juin
2014 ne serait que +0,2 point (cf. tableau).
L’inflation « sous jacente » est, quant à elle, corrigée des mesures
fiscales. L’impact théorique des hausses de TVA contribuent
négativement à l’inflation « sous-jacente », dès janvier 2014
(pour 0,6 point). Comme les variations de TVA ne se
répercutent en pratique que progressivement sur les prix, la
hausse au 1
er
janvier 2014 réduira comptablement l’inflation
« sous-jacente ». ■
(1) L’essentiel des dépenses d’entretien du logement est toutefois
considéré en comptabilité nationale en investissement des ménages.
Décembre 2013 83
Conjoncture française
Impact sur les indices des prix à la consommation des hausses de TVA du 1
er
janvier 2014 et
de l’instauration du CICE
Secteur Poids du secteur
Impact des
changements des taux
de TVA aux prix à la
consommation
Impact du CICE sur les
glissements annuels
des prix à la
consommation
Impact total
Alimentation 1658 0,0 -0,1 -0,1
Produits frais 210 0,0 0,0 0,0
Alimentation hors produit frais 1448 0,0 -0,2 -0,1
Tabac 206 1,5 0,0 1,5
Produits manufacturés 2738 0,2 -0,3 0,0
Habillement chaussures 458 0,2 -0,3 -0,1
Produits de santé 455 0,2 0,0 0,2
Autres produits manufacturés 1825 0,3 -0,3 -0,1
Énergie 822 0,2 0,0 0,2
Produits pétroliers 495 0,2 0,0 0,2
Services 4576 0,6 -0,2 0,4
Loyer, eau, ordures 748 0,1 0,0 0,1
Services santé 542 0,0 0,0 0,0
Transports et communication 506 1,3 -0,3 1,0
Autres services 2780 0,7 -0,3 0,4
Ensemble 10000 0,4 -0,2 0,2
Ensemble « sous- jacent » 6085 -0,1 -0,3 -0,4
Impact de la hausse de la TVA sur le glissement annuel de l’inflation d’ensemble
entre janvier et juin 2014
Source : Insee
84 Note de conjoncture
Conjoncture française
En 2013, le salaire mensuel de base (SMB) et le
salaire moyen par tête (SMPT) auront augmenté
environ au même rythme qu’en 2012. Malgré une
moindre revalorisation du Smic au 1
er
janvier
2013, l’inflation, proche de 2,0 % en 2012, a
soutenu les salaires nominaux. En l’absence de
« coup de pouce », la hausse du Smic serait limitée
en janvier 2014 (+1,1 %), en raison de la faible
inflation observée depuis plus d’un an. Comme le
niveau élevé du taux de chômage continuerait de
peser sur le pouvoir de négociation des salariés,
les salaires nominaux conserveraient un rythme de
croissance modéré au premier semestre 2014
(+0,5 % puis +0,4 % par trimestre).
En termes réels, grâce à la baisse de l’inflation , les
salaires en euros constants auront accéléré en
2013 : le SMB augmenterait de 1,1 % après
+0,3 % en 2012 et le SMPT augmenterait de
1,3 %après avoir stagné en 2012. Début 2014,
en revanche, la hausse de l’inflation rognerait
les gains de salaires nominaux : le SMPT réel ne
progresserait pas au premier semestre.
Dans les administrations publiques, la baisse de
l’inflation se serait également traduite en 2013par
une accélération temporaire des salaires en euros
constants (+0,7 % après +0,1 % en 2012).
En 2013, le SMB ralentit tandis que le
SMPT accélère légèrement
En 2013, le salaire mensuel de base (SMB)
1
nominal serait légèrement moins dynamique qu’en
2012 (+1,7 %après +2,1 %). La hausse du taux de
chômage continuerait de peser sur le pouvoir de
négociation des salariés et limiterait l’augmentation
globale des salaires. En outre, la revalorisation du
Smic a été moindre en 2013 (+0,3 %au 1
er
janvier,
soit +1,3 % en moyenne annuelle) qu’en 2012
(+0,3 % le 1
er
janvier 2012 et +2,0 % le 1
er
juillet
2012, après +2,1 % le 1
er
décembre 2011, soit
+3,2 % en moyenne annuelle en 2012).
Le salaire moyen par tête nominal (SMPT), qui
comprend les primes, l’intéressement et la
rémunération des heures supplémentaires,
accélérerait légèrement en 2013 (+2,0 % après
+1,8 %), principalement sous l’effet du versement
ponctuel de primes au deuxième trimestre.
Lafortebaissedel’inflationen2013aura
occasionné des gains de salaires réels
La forte baisse de l’inflation en 2013 (+0,6 % après
+1,9 %) s’est peu transmise aux salaires nominaux
probablement parce qu’elle n’avait pas été anticipée
(pour mémoire, l’hypothèse d’inflation dans le PLF
2013 était de +1,8 %). Dès lors, le SMB en euros
constants accélérerait sur l’année (+1,1 % après
+0,3 %). Le SMPT réel accélérerait plus nettement
que le SMB (+1,3 % après 0,0 %) car les primes ont
été plus dynamiques (cf. graphique).
Salaires
Évolution du salaire moyen par tête (SMPT), nominal et réel
Champ : Secteur marchand non agricole
Sources : Dares, Insee
(1) Pour une définition des termes SMB et SMPT, cf. lexique
sur le site insee.fr « Les mots de la conjoncture ».
Décembre 2013 85
Conjoncture française
Début 2014, la hausse de l’inflation
rognerait intégralement les gains de
salaires nominaux
Au 1
er
janvier 2014, la revalorisation du Smic, en
l’absence de « coup de pouce » serait modérée
(+1,1 %) en raison de la faible inflation observée en
2013. Les négociations salariales commenceraient
à intégrer la baisse de l’inflation de 2013 et le
marché du travail resterait dégradé ; les salaires
augmenteraient donc à un rythme modéré, en
termes nominaux et les acquis de croissance pour
l’année 2014 à l’issue du deuxième trimestre
seraient de +1,3 % pour le SMB et +1,5 % pour le
SMPT.
L’inflation, plus soutenue qu’en 2013, rognerait
intégralement ces gains de salaires nominaux.
Ainsi, en termes réels, le SMB baisserait légèrement
tandis que le SMPT stagnerait (cf. tableau). Les
acquis de croissance pour l’année 2014 à l’issue
du deuxième trimestre seraient de +0,4 % pour le
SMB et de +0,6 % pour le SMPT.
Les sal ai res réel s accél èrent
temporairement en 2013 dans les
administrations publiques
Les salaires nominaux ralentiraient dans la fonction
publique en 2013 (+1,3 % après +2,0 % en
2012). En effet, dans la fonction publique, le point
d’indice, gelé depuis le 1
er
juillet 2010, n’a pas été
revalorisé en 2013. De plus, l’indice minimum de
la Fonction publique n’a été revalorisé que de
0,3 % au 1
er
janvier 2013, suivant l’évolution du
Smic. Les salariés de la fonction publique
continueraient toutefois de bénéficier du dispositif
de garantie individuelle du pouvoir d’achat
(GIPA)
2
qui a été reconduit en 2013 selon les
mêmes modalités qu’en 2012. Comme dans le
secteur marchand, la forte baisse de l’inflation
permettrait une hausse des salaires réels de 0,7 %,
après +0,1 % en 2012.
Début 2014, sous l’hypothèse d’un nouveau gel
du point d’indice et de la reconduction du dispositif
GIPA, le SMPT nominal des administrations
publiques ralentirait. L’acquis de croissance à
l’issue du deuxième trimestre serait de +0,8 %
(-0,1 % en termes réels). ■
(2) La garantie individuelle du pouvoir d’achat 2013 est une
indemnité qui concerne les fonctionnaires et certains agents de
l’État qui ont subi une perte de pouvoir d’achat entre 2008 et
2012.
Évolution du salaire mensuel de base (SMB) et du salaire moyen par tête (SMPT)
dans le secteur marchand non agricole et dans les administrations publiques
évolutions en %
Données CVS
Taux de croissance trimestriels Moyennes annuelles
2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2
Salaire mensuel de base (SMB) 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 2,1 1,7 1,3
Salaire moyen par tête (SMPT) dans le secteur
marchand non agricole (SMNA)
0,6 0,7 0,4 0,4 0,5 0,4 1,8 2,0 1,5
Salaire moyen par tête dans les administrations
publiques (APU)
2,0 1,3 0,8
Prix de la consommation des ménages
(Comptes nationaux trimestriels)
0,3 -0,1 0,2 0,1 0,5 0,3 1,9 0,6 0,9
SMB réel 0,1 0,5 0,1 0,3 -0,1 0,1 0,3 1,1 0,4
SMPT réel (SMNA) 0,3 0,8 0,2 0,3 0,0 0,1 0,0 1,3 0,6
SMPT réel (APU) 0,1 0,7 -0,1
Prévision
Source : Insee
86 Note de conjoncture
En 2013, le pouvoir d’achat des ménages se
redresserait (+0,5 % après -0,9 % en 2012),
principalement grâce à la décélération des prix
de la consommation (+0,6 % après +1,9 % en
2012). L’augmentation du revenu disponible brut
des ménages serait également légèrement plus
soutenue (+1,1 %après +0,9 %en 2012) du fait
du moindre dynamisme des prélèvements
obligatoires (+4,5 % après +7,4 % en 2012) et
malgré le ralentissement des revenus d’activité
(+1,3 % après +1,8 % en 2012).
À l’horizon de la prévision, le profil semestriel
d’évolution du pouvoir d’achat serait heurté,
principalement du fait du calendrier de
perception des impôts. Il baisserait ainsi au
second semestre 2013, puis se redresserait au
premier semestre 2014. En effet, début 2014,
les revenus d’activité progresseraient sur un
rythme stabilisé, mais les impôts, après les
hausses fin 2013 générées par la régularisation
de l’impôt sur le revenu, se replieraient par
contrecoup en tout début d’année.
Après un ralentissement en 2013, les
revenus d’activité progresseraient
sur un rythme stabilisé début 2014
Les revenus d’activité ralentiraient en 2013 (+1,3 %
après +1,8 %en 2012, cf. tableau 1). La croissance
de la masse salariale reçue par les ménages serait
moins forte (+1,5 % après +1,9 % en 2012, cf.
tableau 2), du fait notamment du recul de l’emploi,
qui s’accentuerait dans les branches marchandes
non agricoles (-0,7 %après -0,1 %, cf. graphique)
1
.
En outre, l’excédent brut d’exploitation des
entrepreneurs individuels décélérerait sensiblement
(-0,2 % après +1,7 % en 2012), du fait d’une
dégradation des revenus d’activité dans l’agriculture
et la construction. Par ailleurs, les revenus de la
propriété ralentiraient nettement en 2013 (-0,2 %
après +0,6 % en 2012), principalement sous l’effet
d’une baisse des taux d’épargne réglementée. Enfin,
l’excédent brut d’exploitation des ménages purs,
freiné en 2012 par la baisse des taux d’intérêt,
accélérerait (+2,2 % après +1,4 % en 2012)
2
.
Au premier semestre 2014, la croissance des
revenus d’activité se stabiliserait (+0,4 % aux deux
premiers trimestres 2014 après +0,3 % au
quatrième trimestre 2013), à l’image de la masse
salariale reçue par les ménages. De même,
l’excédent brut d’exploitation des entrepreneurs
individuels renouerait avec la croissance au
quatrième trimestre (+0,2 % après -0,2 %) et
continuerait de progresser à ce rythme au premier
semestre 2014.
Revenus des ménages
Décomposition de la masse salariale des ménages sur le champ concurrentiel non agricole
Source : Insee
(1) Pour mémoire, le recul de l’emploi en glissement
annuel serait a contrario deux fois plus faible en 2013
qu’en 2012 (cf. fiche Emploi).
(2) L’EBE des ménages purs correspond à la production de
services de logement, déduction faite des consommations
intermédiaires nécessaires à cette production (notamment
les services d’intermédiation financière, SIFIM, liés aux
emprunts) et des impôts (taxe foncière). La production
correspond aux loyers que les particuliers propriétaires du
logement perçoivent de leurs locataires ou pourraient
recevoir s’ils mettaient leur bien en location (« loyers
imputés »). En 2012, les taux d’intérêt auxquels se
financent les banques ont davantage baissé que les taux
des crédits immobiliers, les services d’intermédiation
financière ont donc renchéri.
Les prest at i ons soci al es
continueraient de ralentir
En 2013, les prestations sociales en espèces
seraient moins dynamiques qu’en 2012 (+3,3 %
après +4,0 %, cf. tableau 3). En effet, les
prestations de sécurité sociale ralentiraient
(+3,2 % après +4,2 %). D’une part, les retraites
complémentaires versées par l’Agirc-Arrco
seraient moins revalorisées, à la suite de l’accord
de mars 2013. D’autre part, les prestations
familiales progresseraient à nouveau à un rythme
habituel, après une année 2012 soutenue par la
forte revalorisation de l’allocation de rentrée
scolaire. En revanche, les prestations d’assistance
sociale continueraient d’accélérer en 2013
(+5,5 % après +4,2 % en 2012) : malgré le
ralentissement de l’allocation aux adultes
handicapés (AAH), elles resteraient soutenues par
le dynamisme du revenu de solidarité active (RSA),
notamment en raison de sa revalorisation au
1
er
janvier, et de l’allocation de solidarité
spécifique (ASS).
Les prestations sociales en espèces ralentiraient de
nouveau au premier semestre 2014. En effet, les
prestations de sécurité sociale décélèreraient
(+0,8 % et +0,9 % aux deux derniers trimestres
2013 puis +0,7 % et +0,0 % aux deux premiers
trimestres 2014). Notamment, en 2014, la
revalorisation des retraites des régimes de base (à
l’exception de l’Allocation de Solidarité aux
Personnes Âgées (ASPA) et des pensions d’invalidité)
ne s’effectuerait plus comme les années
précédentes au 1
er
avril, mais serait reportée au 1
er
octobre. Par ailleurs, à la suite de l’accord de mars
2013, la revalorisation des pensions de
l’Agirc-Arrco serait moindre au 1
er
avril 2014. En
outre, les prestations d’assistance sociale
ralentiraient légèrement, notamment parce que le
dynamisme du revenu de solidarité active (RSA)
s’estomperait au premier semestre 2014 en lien
avec la moindre dégradation du marché du travail.
Décembre 2013 87
Conjoncture française
Tableau 1
Revenu disponible brut des ménages
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Revenu disponible brut (RDB) (100 %) 0,3 0,4 -0,2 -0,7 1,2 0,4 0,1 0,0 1,1 0,4 0,9 1,1 1,5
dont :
Revenus d’activité (69 %) 0,6 0,3 0,5 0,1 0,3 0,5 0,2 0,3 0,4 0,4 1,8 1,3 1,2
Masse salariale brute (60 %) 0,6 0,3 0,5 0,2 0,4 0,5 0,3 0,4 0,5 0,4 1,9 1,5 1,3
EBE des entrepreneurs individuels
1
(9 %) 0,5 0,4 0,2 -0,4 -0,4 0,5 -0,2 0,2 0,0 0,3 1,7 -0,2 0,4
Prestations sociales en espèces (33 %) 1,2 1,1 1,0 0,8 0,6 0,8 0,8 0,9 0,7 0,2 4,0 3,3 2,2
EBE des ménages purs (12 %) 0,2 0,3 0,2 0,6 0,6 0,6 0,5 0,7 0,8 0,5 1,4 2,2 2,2
Revenus de la propriété (10 %) -0,6 -0,3 0,1 0,7 -0,1 -0,4 -0,6 0,1 1,0 1,0 0,6 -0,2 1,5
Prélèvements sociaux et fiscaux (-25 %) 1,6 0,6 3,4 4,7 -2,8 1,0 1,3 2,7 -1,4 0,6 7,4 4,5 1,8
Cotisations des salariés (-8 %) 1,1 0,5 0,9 2,0 0,5 0,6 0,4 0,4 0,5 0,4 3,4 3,3 1,3
Cotisations des non-salariés (-2 %) 4,7 1,5 1,7 2,4 -0,5 0,6 1,7 0,5 0,5 0,5 5,9 4,0 2,3
Impôts sur le revenu et le patrimoine
(y compris CSG et CRDS) (-14 %)
1,5 0,5 5,1 6,6 -5,0 1,3 1,8 4,3 -2,8 0,7 10,2 5,3 2,1
Revenus hors impôts 0,5 0,4 0,5 0,2 0,4 0,5 0,3 0,5 0,6 0,4 2,0 1,6 1,6
Prix de la consommation des ménages
(comptes nationaux trimestriels)
0,8 0,2 0,1 0,2 0,3 -0,1 0,2 0,1 0,5 0,3 1,9 0,6 0,9
Pouvoir d’achat du RDB -0,4 0,2 -0,3 -0,9 0,9 0,5 -0,1 -0,1 0,6 0,1 -0,9 0,5 0,6
Pouvoir d’achat par unité de
consommation
-0,6 0,0 -0,4 -1,0 0,8 0,3 -0,3 -0,3 0,5 -0,2 -1,5 -0,1 0,0
Prévision
Note de lecture : Les chiffres entre parenthèses donnent la structure de l’année 2012.
(1) L’excédent brut d’exploitation (EBE) des entrepreneurs individuels est le solde du compte d’exploitation des entreprises individuelles. Il
s’agit d’un revenu mixte puisqu’il rémunère le travail effectué par le propriétaire de l’entreprise individuelle, et éventuellement les
membres de sa famille, mais contient également le profit réalisé en tant qu’entrepreneur.
Source : Insee
88 Note de conjoncture
Conjoncture française
Les prélèvements obligatoires,
toujours dynamiques en 2013,
ralentiraient début 2014
Sur l’ensemble de l’année 2013, les prélèvements
obligatoires versés par les ménages croîtraient moins
qu’en 2012 (+4,5 % après +7,4 %). Les mesures
nouvelles seraient d’un montant comparable à celles
de 2012, mais la croissance spontanée des
prélèvements obligatoires serait plus faible que l’an
dernier, du fait du ralentissement des revenus
d’activité en 2012. En particulier, les recettes des
impôts sur le revenu et le patrimoine ralentiraient sur
l’ensemble de l’année (+5,3 %après +10,2 %). Les
cotisations salariales augmenteraient en 2013 au
même rythme qu’en 2012 (+3,3 % après +3,4 %).
Les cotisations des non-salariés continueraient de
croître à un rythme soutenu (+4,0 % en 2013 après
+5,9 %), notamment du fait du déplafonnement des
cotisations maladie et de la suppression de
l’abattement forfaitaire pour frais professionnels
prévus par la loi de financement de la sécurité sociale
pour 2013.
Les mesures nouvelles d’impôts sur le revenu et le
patrimoine prévues pour 2013 (notamment la
non-indexation du barème de l’impôt sur le
revenu, la création de la tranche à 45 %et la baisse
du plafond du quotient familial) interviennent
principalement au second semestre, lors de la
réception des avis d’imposition. Le profil des
impôts est ainsi heurté, comme chaque année,
avec une hausse attendue au troisième trimestre
(+1,8 %) puis une accélération au quatrième
trimestre (+4,3 %), et par contrecoup une baisse
au premier trimestre 2014 (-2,8 %). Par ailleurs, les
cotisations versées par les ménages accéléreraient
légèrement au cours du premier semestre 2014.
Au total, les prélèvements obligatoires baisseraient
au premier trimestre (-1,4 %), puis augmenteraient
légèrement au deuxième (+0,6 %).
Le pouvoir d’achat renouerait avec la
croissance en 2013
Le revenu disponible brut (RDB) nominal des
ménages accélérerait légèrement en 2013 (+1,1 %
après +0,9 % en 2012). Dans le même temps, les
prix à la consommation ralentiraient nettement
(+0,6 %contre +1,9 %). Le pouvoir d’achat du RDB
accélérerait donc sensiblement, progressant de
0,5 % en 2013, après -0,9 % en 2012. Le pouvoir
d’achat par unité de consommation, qui tient
notamment compte des évolutions démographiques,
serait quasi stable en 2013 (-0,1%) après un recul en
2012 (-1,5 %, cf. encadré).
Début 2014, à la faveur du profil spécifique des
impôts, le RDB des ménages se redresserait
(+1,1 % au premier trimestre puis +0,4 % au
deuxième), alors qu’il serait quasi stable fin 2013
(+0,1 % au troisième trimestre puis 0,0 % au
quatrième). Le pouvoir d’achat se redresserait
moins fortement (+0,6 % puis 0,1 % début 2014
après -0,1%aux deux derniers trimestres 2013), en
raison de l’accélération attendue des prix.
Mi-2004, le pouvoir d’achat serait 0,5 % plus
élevé qu’un an auparavant
Tableau 2
De la masse salariale des entreprises non financières à celle reçue par les ménages
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Entreprises non financières (ENF) (67 %)
0,5 0,2 0,4 0,1 0,4 0,6 0,3 0,3 0,5 0,4 1,8 1,3 1,3
dont :
Salaire moyen par tête 0,5 0,3 0,6 0,4 0,5 0,7 0,4 0,4 0,5 0,4 1,9 2,0 1,5
Entreprises financières (5 %) 1,0 0,3 0,3 -0,5 1,2 0,3 0,5 0,5 0,6 0,5 1,2 1,7 1,7
Administrations publiques (22 %) 0,4 0,5 0,4 0,4 0,3 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 1,4 1,3 0,9
Ménages hors EI (2 %) -0,2 0,0 1,9 0,3 -0,8 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 1,6 0,9 1,2
Masse salariale brute reçue par
les ménages (100 %)
0,6 0,3 0,5 0,2 0,4 0,5 0,3 0,4 0,5 0,4 1,9 1,5 1,3
dont :
Secteurs concurrentiels non agricoles 0,6 0,2 0,4 0,0 0,4 0,6 0,2 0,3 0,5 0,4 1,7 1,3 1,3
Prévision
Note de lecture : Les chiffres entre parenthèses donnent la structure de l’année 2012
Source : Insee
Décembre 2013 89
Conjoncture française
Tableau 3
Les transferts sociaux reçus et versés par les ménages
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Prestations sociales en espèces
reçues par les ménages (100 %)
1,2 1,1 1,0 0,8 0,6 0,8 0,8 0,9 0,7 0,2 4,0 3,3 2,2
Prestations de Sécurité sociale (72 %) 1,2 1,2 1,1 0,9 0,6 0,6 0,8 0,9 0,7 0,0 4,2 3,2 2,0
Prestations de régimes privés (7 %) 1,2 0,0 0,6 0,4 0,2 1,9 0,0 1,0 0,5 0,4 2,2 2,5 2,0
Prestations directes d'employeur (13 %) 1,0 0,9 0,8 0,6 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 0,6 3,7 2,8 2,2
Prestations d'assistance sociale (8 %) 1,5 1,6 1,3 1,2 1,4 1,2 1,8 1,2 0,8 0,8 4,2 5,5 3,6
Total des prélèvements sociaux 0,9 0,6 0,7 1,1 0,2 0,7 0,4 0,5 0,5 0,5 3,1 2,4 1,6
Cotisations sociales effectives versées
par les ménages (100 %)
0,9 0,5 0,7 1,2 0,1 0,7 0,4 0,4 0,5 0,4 3,0 2,4 1,6
dont :
Cotisations des employeurs
1
(63 %) 0,4 0,4 0,5 0,7 0,0 0,7 0,3 0,5 0,5 0,5 2,5 1,7 1,6
Cotisations des salariés (29 %) 1,1 0,5 0,9 2,0 0,5 0,6 0,4 0,4 0,5 0,4 3,4 3,3 1,3
Cotisations des non-salariés (8 %) 4,7 1,5 1,7 2,4 -0,5 0,6 1,7 0,5 0,5 0,5 5,9 4,0 2,3
Prévision
Note de lecture : Les chiffres entre parenthèses donnent la structure de l’année 2012
(1) Les cotisations employeurs sont à la fois reçues et versées par les ménages en comptabilité nationale : elles n’ont donc pas d’effet sur le
revenu disponible brut.
Source : Insee
Encadré - Différentes mesures du pouvoir d’achat
Le revenu des ménages présenté et analysé dans la Note de
conjoncture représente l’ensemble des revenus perçus par la
totalité des ménages. C’est en effet cette grandeur qui est
pertinente au niveau macroéconomique, par exemple pour
construire l’équilibre entre ressources (PIB et importations) et
emplois (consommation, investissement, exportations...) ou
pour prévoir le PIB. Le pouvoir d’achat de l’ensemble des
ménages, qui représente la quantité de biens et services que
les ménages peuvent acheter avec leur revenu, est calculé
comme le revenu corrigé de l’accroissement du prix de la
consommation. Si on souhaite mesurer le pouvoir d’achat
moyen des Français, cette grandeur doit être corrigée de
manière à tenir compte à la fois de la croissance du nombre
de ménages et de l’évolution de leur composition. La
correction la plus pertinente de ce point de vue consiste à
diviser le pouvoir d’achat par le nombre d’unités de
consommation en France. Ce concept permet de tenir
compte de la croissance démographique, mais aussi du fait
que certaines consommations peuvent être partagées au sein
d’un ménage (les appareils ménagers par exemple). Un
ménage de taille importante réalise donc certaines
« économies d’échelle » par rapport à un ménage de taille
plus réduite. En 2012, la croissance du nombre d’unités de
consommation est estimée à +0,6 % (par comparaison, la
croissance du nombre d’habitants est de 0,5 % et la
croissance du nombre de ménages est de 1,0 %).
Ai nsi , en 2013, l e pouvoi r d’achat par uni té de
consommation reculerait de 0,1 % (après -1,5 % en 2012) ;
par ménage, sa baisse serait de 0,5 % et par habitant, le
pouvoir d’achat serait stable. ■
90 Note de conjoncture
Conjoncture française
Au troisième trimestre 2013, la consommation
des ménages a légèrement ralenti (+0,2 %
après +0,4 %). En particulier, les dépenses
d’énergie se sont nettement repliées et la
consommation de services a ralenti. En
revanche, les dépenses en produits alimentaires
ont rebondi et celles en biens fabriqués ont été
de nouveau dynamiques.
Au quatrième trimestre 2013, en raison
notamment de l’anticipation par les ménages du
durcissement du malus automobile début 2014
et du déblocage de l’épargne salariale, la
consommation de produits fabriqués resterait
dynami que. La consommati on de bi ens
rebondirait donc. Le profil de la consommation
de services d’entretien du logement pourrait être
également affecté par les anticipations de
hausse de TVA de janvier 2014. Ainsi, la
consommation de services augmenterait
également, si bien que la consommation totale
augmenterait de 0,3 %. Au premier semestre
2014, compte tenu des perspectives sur leur
pouvoir d’achat, la consommation des ménages
s’infléchirait à nouveau (+0,1 % par trimestre).
Les ménages lisseraient les à-coups de leur
pouvoir d’achat et le taux d’épargne aurait ainsi
un profil heurté (15,7 % au troisième trimestre
2013 puis 15,3 % au quatrième, avant de
légèrement rebondir au premier semestre 2014
pour s’établir à 15,6 % mi-2014).
Au troisième trimestre 2013, les
dépenses en énergi e se sont
nettement repliées
Au troisième trimestre 2013, la consommation des
ménages a légèrement ralenti (+0,2 % après
+0,4 %, cf. tableau), en raison de la chute des
dépenses en énergie (-3,0 %, cf. graphique 1),
traduisant un retour à la normale après deux
trimestres dynamiques (+2,0 % puis +2,5 %) en
raison de températures inférieures aux normales
saisonnières. Les dépenses alimentaires ont
retrouvé une croissance plus proche de leur
tendance (+0,4 %), après le recul au printemps
(-1,1 %) qui s’expliquait notamment par le
contrecoup d’un week-end de Pâques plus
précoce que d’habitude.
Les dépenses en produits fabriqués sont restées
dynamiques. D’une part, les achats d’automobiles
ont continué de progresser (+1,1 %après +2,1 %)
après une chute en début d’année (-5,5 %), du
fait du durcissement du malus au 1
er
janvier
2013. D’autre part, la consommation de
textile-habillement-cuir arebondi (+1,6%) après deux
trimestres consécutifs de baisse. Enfin, la
consommation de services a ralenti (+0,2 %
après +0,4 %). En particulier, les dépenses
d’hébergement-restauration, en hausse au
printemps, ont été quasiment stables cet été.
Consommationet
investissement des ménages
1 - Contributions des différents postes à la consommation trimestrielle des ménages
Source : Insee
Au quatrième trimestre 2013, la
consommation en produits fabriqués
resterait dynamique
La consommation totale des ménages
augmenterait de nouveau au quatrième trimestre
2013, à un rythme similaire au troisième trimestre
(+0,3 % après +0,2 %). Sous l’hypothèse de
températures proches des normales saisonnières
en décembre, et après un mois d’octobre plus
doux que la moyenne, la consommation d’énergie
baisserait fortement sur l’ensemble du quatrième
trimestre (-2,2 % après -3,0 %). Par ailleurs, la
consommation en produits fabriqués resterait
dynamique (+1,2 %), soutenue notamment par le
déblocage de la participation à l’épargne salariale
et par les achats anticipés d’automobiles en amont
du durcissement du malus écologique au 1
er
janvier 2014. En revanche, les dépenses en
textile-habillement-cuir baisseraient à nouveau
suivant la tendance depuis 2006. De même, la
consommation alimentaire retrouverait une
évolution plus modérée au quatrième trimestre
2013 (+0,2 % après +0,4 %). Enfin, la
consommation en services continuerait de
progresser au quatrième trimestre 2013 à un
rythme proche de celui du troisième trimestre
(+0,3 % après +0,2 %), en raison de l’anticipation
de la hausse de la TVA dans la construction à
compter de janvier 2014, qui dynamiserait la
consommation de services d’entretien du logement.
Au premier semestre 2014, la
consommation ralentirait
Via les hausses progressives de prix qu’elles
généreraient, les hausses de taux de TVA entrant
en vigueur au 1
er
janvier 2014 contribueraient à
limiter l’augmentation de la consommation des
ménages au premier semestre 2014, qui
ralentirait à +0,1 % par trimestre (après +0,3 %
au quatrième trimestre 2013).
La consommation en biens serait en outre
affectée par le durcissement du malus
automobile qui ferait reculer les achats
d’automobiles neuves. Au deuxième trimestre
2014, la baisse des dépenses en biens
fabriqués se poursuivrait en raison de la baisse
des dépenses d’habillement, mais serait limitée
du fait du rebond des ventes de téléviseurs lié à
la Coupe du monde de football (cf. éclairage
Note de Conjoncture, juin 2010). Pour les
services, les postes les plus affectés par la
hausse de la TVA, l’hébergement-restauration,
le transport et le petit entretien du logement,
s’infléchiraient plus nettement. La
consommation totale de services augmenterait
ainsi de 0,2 % aux premier et deuxième
trimestres 2014, après +0,3 % au quatrième
trimestre 2013.
Décembre 2013 91
Conjoncture française
Dépenses de consommation et investissement des ménages
Évolutions trimestrielles en %
Évolutions annuelles
en%
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Dépenses totales de
consommation des ménages
(B+S)
0,2 -0,5 0,1 0,1 -0,1 0,4 0,2 0,3 0,1 0,1 -0,4 0,4 0,6
Services (S) 0,2 -0,2 0,2 0,2 -0,1 0,4 0,2 0,3 0,2 0,2 0,4 0,6 0,8
Biens (B) 0,4 -0,7 0,1 -0,1 -0,1 0,3 -0,1 0,2 0,0 0,0 -0,5 -0,1 0,2
dont
Alimentaire (AZ-C1) 1,0 -0,7 0,5 -0,9 1,0 -1,1 0,4 0,2 0,1 0,1 0,2 -0,2 0,3
Produits agricoles (AZ) 1,3 -0,8 0,2 -0,5 1,2 -2,3 0,4 0,2 0,1 0,1 0,9 -0,7 -0,1
Produits agro-alimentaires (C1) 0,9 -0,7 0,5 -1,0 1,0 -0,9 0,4 0,2 0,1 0,1 0,0 -0,1 0,3
Énergie (DE-C2) 3,3 1,1 -1,3 0,0 2,0 2,5 -3,0 -2,2 0,8 -0,2 1,5 1,4 -2,0
Énergie, eau, déchets (DE) 6,4 1,7 -1,7 -0,7 5,6 0,9 -4,3 -3,0 2,0 0,0 5,2 2,3 -2,3
Cokéfaction et raffinage (C2) 0,5 0,5 -0,8 0,6 -1,4 4,1 -1,8 -1,4 -0,3 -0,5 -1,8 0,5 -1,6
Produits fabriqués
(C3 à C5)
-1,1 -1,3 0,4 0,5 -2,0 0,6 0,8 1,2 -0,4 0,0 -1,9 -0,7 1,0
Produits manufacturés
(C1 à C5)
-0,3 -0,9 0,3 0,0 -0,9 0,4 0,4 0,5 -0,2 0,0 -1,2 -0,3 0,5
Investissement des ménages -0,7 -0,1 -0,4 -1,0 -1,3 -1,7 -0,6 0,0 -0,3 -0,6 -0,4 -3,7 -1,4
Prévision
Source : Insee
92 Note de conjoncture
Conjoncture française
Mi -2014, l e t aux d’ épargne
s’établirait 0,3 point en dessous de
son niveau mi-2013
Au total, la consommation des ménages
augmenterait en 2013 (+0,4 %), légèrement moins
que leur pouvoir d’achat (+0,5 %). Le taux
d’épargne atteindrait 15,7 % en moyenne sur l’année,
après 15,6 % en 2012 (cf. graphique 2). Cette
quasi-stabilité masque un profil trimestriel heurté.
En effet, les ménages tendent à lisser les à-coups
trimestriels de leur pouvoir d’achat en ajustant leur
épargne. Compte tenu des baisses attendues du
pouvoir d’achat au second semestre 2013, liées
aux nouvelles mesures affectant l’impôt 2013 des
ménages, le taux d’épargne diminuerait légèrement
au troisième trimestre (15,7 % après 15,9 % mi
2013), puis plus fortement au quatrième (15,3 %).
Pour les mêmes raisons, le rebond du pouvoir
d’achat au premier trimestre 2014 entraînerait celui
du taux d’épargne de 0,4 point, avant qu’il ne
diminue à nouveau pour s’établir à 15,6 %
mi-2014, soit 0,3 point en dessous de son niveau
mi-2013. Cette baisse serait imputable à la
diminution de l’épargne de précaution des
ménages, du fait des perspectives d’activité plus
favorables.
L’investissement des ménages se
stabiliserait au quatrième trimestre,
avant de baisser à nouveau
L’investissement des ménages a diminué moins
fortement au troisième trimestre 2013 (-0,6 %)
qu’aux trimestres précédents, et il se stabiliserait
au quatrième trimestre 2013. En effet, les mises en
chantier ont rebondi en début d’année
(cf. graphique 3) et, par ailleurs, certaines
dépenses d’entretien du logement seraient
anticipées avant la hausse de TVA au 1
er
janvier
2014.
Les mises en chantier ont chuté au troisième trimestre
2013, et les premières données disponibles sur le
quatrième trimestre ne laissent pas attendre
d’amélioration à court terme. Par conséquent, au
premier semestre 2014, l’investissement des
ménages reculerait de nouveau (-0,3 % et -0,6 %),
pénalisé également, dans une moindre mesure, par
la hausse de TVA dans l’entretien du logement. Sur
l’ensemble de l’année 2013, l’investissement des
ménages baisserait nettement (-3,7 %) après une
quasi-stabilité en 2012 (-0,4 %). L’acquis de
croissance de l’investissement des ménages
s’établirait à -1,4 % mi-2014. ■
3 - Mises en chantier de l’ensemble des logements par trimestre
Source : SOeS
2 - Taux d’épargne et taux de croissance de la consommation et du pouvoir d'achat du revenu
disponible brut
Source : Insee
Décembre 2013 93
Conjoncture française
En 2013, le taux de marge des sociétés non
financières continuerait de se dégrader : il
atteindrait son plus bas niveau depuis 1985, soit
28,1 % en moyenne sur l’année après 28,3 % en
2012. En effet, la hausse du salaire par tête en
termes réels et l’augmentation des cotisations
sociales ne seraient que partiellement compensées
par la hausse des gains de productivité et
l’amélioration des termes de l’échange.
À la fin du premier semestre 2014, le taux de
marge s’établirait à 28,1 % (29,2 % si on le
corrige pour intégrer l’impact comptable du
CICE).
Le taux de marge atteindrait son plus
bas niveau depuis 1985
En baisse continue depuis mi-2010, le taux de
marge des sociétés non financières s’est
légèrement redressé au premier semestre 2013
pour atteindre 28,2 %mi-2013 (cf. graphique 1), à
la faveur du recul des prix des importations et,
partant, d’une contribution plus favorable des
termes de l’échange (+0,2 point).
Le taux de marge ne se dégraderait
plus au second semestre 2013
Au troisième trimestre 2013, le taux de marge
aurait baissé (-0,3 point) et il se redresserait au
quatrième pour atteindre 28,2 %fin 2013. Le profil
trimestriel du taux de marge refléterait principalement
le profil de l’activité des sociétés non financières : les
gains de productivité contribueraient pour
+0,3 point au quatrième trimestre après -0,2 point
au troisième (cf. graphique 2). Sur l’ensemble du
semestre, ces effets seraient entièrement compensés
par une hausse des salaires par tête réels :
contribution de -0,2 point au quatrième trimestre
après -0,1 point au troisième.
Letaux demargeserait affectéen2014
par le CICE et la hausse de TVA
Au premier semestre 2014, la progression des
gains de productivité spontanés, alors que les
salaires réels stagneraient, contribuerait à
redresser le taux de marge. Mais celui-ci serait
également affecté par l’instauration du CICE et la
hausse de la TVAau 1
er
janvier. D’une part, le CICE
freinerait le redressement des gains de productivité
(à hauteur de -0,2 point au premier semestre, cf.
éclairage de la fiche emploi). D’autre part, il
contribuerait à différer la répercussion dans les prix
de la hausse de la TVA au 1
er
janvier : les
entreprises en absorberaient 60% d’ici fin juin, soit
une contribution de -0,3 point sur leur taux de
marge.
Au total, le taux de marge s’établirait à 28,1 % au
deuxième trimestre 2014, après 28,2 % au
quatrième trimestre 2013 (cf.tableau). Corrigé
pour intégrer l’impact comptable du CICE, le taux
de marge s’établirait à 29,2 % au deuxième
trimestre 2014, en progression de 1,0 point par
rapport à fin 2013.■
Résultats des entreprises
1 - Taux de marge des sociétés non financières (SNF)
Source : Insee
94 Note de conjoncture
Conjoncture française
Décomposition du taux de marge des sociétés non financières (SNF)
en % et en points
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Taux de marge (en niveau)
1
28,5 28,3 28,5 28,0 28,1 28,2 27,9 28,2 28,0 28,1 28,3 28,1 28,1
Variation du taux de marge -0,2 -0,3 0,2 -0,5 0,0 0,2 -0,3 0,3 -0,2 0,1 -0,7 -0,2 0,0
Contributions à la variation du
taux de marge
des gains de productivité 0,2 -0,2 0,3 -0,1 0,0 0,5 -0,2 0,3 0,2 0,2 0,3 0,4 0,6
du salaire par tête réel 0,2 0,0 -0,3 -0,1 -0,1 -0,6 -0,1 -0,2 0,0 -0,1 -0,1 -0,9 -0,4
du taux de cotisation em-
ployeur
0,0 0,0 0,0 -0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -0,1 0,1 -0,1
du ratio du prix de la valeur
ajoutée et du prix de la
consommation
-0,6 0,0 0,3 0,0 0,1 0,2 -0,1 0,2 -0,3 0,1 -0,6 0,4 -0,1
d’autres facteurs 0,0 0,0 0,0 -0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -0,2 -0,2 -0,1
Taux de marge corrigé pour
intégrer l’effet CICE (en niveau)
28,5 28,3 28,5 28,0 28,1 28,2 27,9 28,2 29,1 29,2 28,3 28,1 29,2
Variation du taux de marge
corrigé pour intégrer l’effet CICE
-0,2 -0,3 0,2 -0,5 0,0 0,2 -0,3 0,3 0,9 0,1 -0,7 -0,2 1,1
Prévision
(1) Le taux de marge TMmesure la part de la valeur ajoutée qui rémunère le capital. Sa variation se décompose de façon comptable entre :
- les évolutions de la productivité (Y/L), avec Y la valeur ajoutée et L l’emploi, et du ratio du prix de la valeur ajoutée au prix de la consomma-
tion, ou termes de l’échange (Pva/Pc), qui jouent positivement ;
- les évolutions du salaire moyen par tête réel (SMPT/Pc) et du taux de cotisation employeur (W/SMPT, où Wreprésente l’ensemble des rému-
nérations), qui jouent négativement.
- d’autres facteurs : il s’agit notamment des impôts sur la production nets des subventions.
Cette décomposition est synthétisée dans l’équation suivante :
TM
EBE
VA
autresfacteurs
W L
Y P
L
Y
W
SMPT
SMPT
P
va c
= + ≈ − = − 1 1
.
.
P
P
autresfacteurs
c
va
+
Source : Insee
2 - Contributions à la variation du taux de marge des sociétés non financières (SNF)
Source : Insee
Au troisième trimestre 2013, l’investissement des
entreprises a baissé de 0,6 % (après +0,1 % au
deuxième trimestre). L’investissement en produits
manufacturés a progressé (+0,9 %), après six
trimestres consécutifs de baisse. A contrario, les
dépenses des entreprises en construction ont à
nouveau diminué (-0,5 %) et l’investissement en
services a chuté avec une ampleur inhabituelle
(-2,8 %). Du fait du contrecoup anticipé sur ce
post e, l ’ i nvest i ssement des ent repri ses
rebondirait au quatrième trimestre 2013. Cette
hausse se poursuivrait au premier semestre 2014
à un rythme plus faible, en lien avec le profil de
l’activité.
Au premier semestre 2014, l’investissement des
entreprises afficherait un acquis de croissance
de +0,7 % fin juin.
Au troisième trimestre 2013, le déstockage s’est
fortement atténué (à hauteur de 0,5 point de
PIB). Un fort mouvement de stockage dans
l’aéronautique en est la principale origine (à
hauteur de +0,3 point), et il aurait une
contrepartie au quatrième trimestre 2013 : le
déstockage s’accentuerait à nouveau (pour une
cont ri but i on au PI B de -0,2 poi nt ). La
contribution des stocks serait nulle au premier
semestre 2014.
Au t roi si ème t ri mest re 2013,
l’investissement des entreprises a
baissé à nouveau
L’investissement des entreprises non financières
(ENF) a fléchi au troisième trimestre 2013 de 0,6 %
(cf. tableau 1), après une stabilisation au deuxième
trimestre (+0,1 %). Cette baisse tient principalement
à la chute de l’investissement dans les services, d’une
ampleur inhabituelle (-2,8 %). La baisse des
dépenses en construction, ininterrompue depuis fin
2011 mais qui avait cessé au deuxième trimestre
2013 (0,0 %), a repris au troisième trimestre
(-0,5 %). En revanche, l’investissement en produits
manufacturés a progressé de 0,9 %, principalement
dans les matériels de transport (+2,4 %). Les
dépenses en biens d’équipement se sont accrues
(+0,6 %). Au total, le taux d’investissement est resté
stable à 17,6 % au troisième trimestre 2013 (cf.
graphique 1).
Au quatri ème tri mestre 2013,
l’investissement repartirait
Les enquêtes de conjoncture suggèrent une hausse
de l’investissement pour la fin d’année. Les
industriels, interrogés en octobre 2013, prévoient
une augmentation de leurs investissements au
deuxième semestre 2013. Dans les services, les
chefs d’entreprises jugent que leurs dépenses
d’investissement ont progressé durant les derniers
Décembre 2013 95
Conjoncture française
Investissement des entreprises
et stocks
Tableau 1
Investissement des entreprises non financières (ENF)
variations aux prix chaînés de l’année précédente, en %
Variations trimestrielles
Variations
annuelles
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Produits manufacturés (41%) -3,9 -1,1 -1,5 -1,1 -1,1 -0,4 0,9 1,2 0,6 0,6 -3,7 -2,5 2,4
Construction (31%) -1,4 -0,3 -0,8 -0,8 -0,5 0,0 -0,5 -0,2 -0,4 -0,6 -2,2 -1,9 -1,3
Autres (28%) 1,4 -0,1 -0,2 0,8 -0,7 0,9 -2,8 1,0 0,5 0,5 1,2 -0,7 0,4
Ensemble des ENF (100 %) -1,7 -0,6 -0,9 -0,5 -0,8 0,1 -0,6 0,7 0,2 0,2 -1,9 -1,8 0,7
Prévision
Source : Insee
96 Note de conjoncture
Conjoncture française
mois. Ils sont en revanche moins optimistes sur leurs
investissements futurs. D’ailleurs, les tensions sur
l’appareil productif (cf. graphique 2) restent faibles.
En octobre, le taux d’utilisation des capacités
productives de l’industrie manufacturière s’est établi
à 81 %, sensiblement en dessous de la moyenne de
longue période de 85 %.
Les conditions de financement devraient
s’améliorer à l’horizon de la prévision. Tout
d’abord, le taux de marge des sociétés non
financières qui avait encore baissé au troisième
trimestre 2013 remonterait au quatrième trimestre
2013 puis se stabiliserait au premier semestre
2014, et la trésorerie des entreprises bénéficierait
de l’effet favorable du CICE. Le taux d’emprunt
réel, après avoir fortement augmenté en 2013,
sous l’effet de l’importante baisse de l’inflation
devrait à nouveau diminuer à l’horizon de la
prévision. En outre, d’après les données
disponibles, les conditions d’octroi bancaires
auraient cessé de se durcir (cf. graphique 3).
La hausse de l’investissement des ENF s’accentuerait
au quatrième trimestre 2013 (+0,7 %) avec un
rebond de l’investissement dans le secteur des
services, par contrecoup de la chute du troisième
trimestre. Elle faiblirait au premier semestre 2014
(+0,2 % par trimestre), en lien avec le
ralentissement de l’activité. Le taux d’investissement,
en légère baisse depuis début 2011, se stabiliserait
autour de 17,6 % d’ici mi-2014.
Les investissements en produits
manufacturés continueraient de
croître
Après un troisième trimestre en hausse (+0,9 %),
l’investissement des ENF en produits manufacturés
accélèrerait au quatrième trimestre 2013
(+1,2 %), puis ralentirait les trimestres suivants
(+0,6 % et +0,6 %). Les données
d’immatriculations des véhicules d’entreprises
jusqu’en novembre laissent en effet attendre une
nette progression des achats d’automobiles au
quatrième trimestre. La hausse des dépenses en
biens d’équipement, qui représentent près de 40 %
des investissements en produits manufacturés, se
poursuivrait : en novembre, les grossistes
interrogés dans l’enquête de conjoncture signalent
que les ventes et les intentions de commande en
biens d’équipement progressent.
Dans la construction, l’investissement
se replierait de nouveau
Dans le secteur du bâtiment, les entrepreneurs
interrogés en novembre anticipent une poursuite
de la contraction de leur activité pour les prochains
mois. Compte tenu de la chute des permis de
construire depuis le deuxième trimestre 2013, les
mises en chantier devraient rester sur une tendance
décroissante. Ainsi, les dépenses en construction
des entreprises reculeraient jusqu’au deuxième
trimestre 2014 (-0,2 % au quatrième trimestre
2013, -0,4 % au premier trimestre 2014 et -0,6 %
au deuxième trimestre 2014).
1 - Taux d’investissement* et taux de marge
* Entreprises non financières (ENF) = sociétés non financières (SNF) et entreprises individuelles (EI)
Sources : Insee, comptes trimestriels
Décembre 2013 97
Conjoncture française
Les investissements en services
rebondi rai ent au quat ri ème
trimestre 2013
Les autres investissements, essentiellement en
services informatiques et en activités spécialisées,
scientifiques et techniques, augmenteraient de
1,0 % au quatrième trimestre 2013. Interrogés en
novembre, les chefs d’entreprises de ces secteurs
prévoient une stabilisation de leur activité, mais la
baisse inhabituelle des investissements en services
au troisième trimestre 2013 laisse présager une
correction en fin d’année, suivie d’une progression
plus modérée les trimestres suivants (+0,5 % aux
premier et deuxième trimestres 2014).
La baisse du taux d’investissement
s’interromprait
Sur l’année 2013, les dépenses d’investissement
des ENF seraient inférieures à celles de 2012
(-1,8 %). Le repli des investissements en produits
manufacturés (-2,5 %) serait atténué par une
moindre baisse des dépenses en services
(-0,7 %) et en construction (-0,8 %). L e taux
d’investissement des ENF atteindrait 17,6 % fin
2013 et resterait à ce niveau à l’horizon de la
prévision.
2 - Taux d’utilisation des capacités de production de l’industrie manufacturière (TUC)
Source : Insee, enquête trimestrielle sur l’activité dans l’industrie
Tableau 2
Contribution des variations de stocks à la croissance
en point de PIB
Variations trimestrielles
Variations
annuelles
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Produits agricoles 0,1 0,0 0,1 -0,1 -0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1
Produits manufacturés -0,1 0,1 -0,2 -0,4 0,4 0,1 0,4 -0,2 0,0 0,0 -1,0 0,3 0,1
dont :
Produits agro-alimentaires -0,1 0,0 0,0 0,2 -0,1 0,1 0,0
Cokéfaction et raffinage -0,1 0,1 0,1 -0,3 0,3 -0,1 0,0
Biens d’équipement -0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 -0,1 0,0
Matériel de transport 0,1 0,1 -0,3 -0,1 0,1 0,2 0,3
Autres branches industrielles 0,0 0,0 0,1 -0,2 0,1 0,0 0,0
Énergie, eau, déchets 0,1 -0,2 0,1 0,1 -0,2 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 -0,1 0,1
Autres (construction, services) 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
TOTAL
1
0,1 -0,1 0,1 -0,4 0,2 0,1 0,5 -0,2 0,0 0,0 -0,8 0,2 0,2
Prévision
(1) Les variations de stocks sont y compris les acquisitions nettes d’objets de valeur.
Source : Insee
98 Note de conjoncture
Conjoncture française
Le dést ockage en produi t s
manuf act urés s’ est net t ement
atténué au troisième trimestre 2013
Au troisième trimestre 2013, le déstockage en
produits manufacturés s’est nettement atténué, si
bien que la contribution des stocks a été de +0,5
point de PIB, après +0,1 point au trimestre
précédent (cf. tableau 2). Au moindre déstockage
de produits manufacturés (+0,4 point) s’ajoute
celui en produits de l’énergie, eaux, déchets (+0,1
point) et l’accélération du stockage de produits
agricoles (+0,1 point)
1
.
Dans les matériels de transport, les entreprises ont
très fortement stocké au troisième trimestre 2013,
du fait notamment de la forte baisse des
exportations aéronautiques. Les livraisons
aéronautiques reculent par rapport au deuxième
trimestre et, dans l’enquête de conjoncture dans
l’industrie, les industriels du secteur des autres
matériels de transports signalent que leurs stocks
sont importants.
Au quatrième trimestre 2013, la
contributiondes stocks serait négative, du
fait du déstockage dans l’aéronautique
Au quatrième trimestre 2013, la contribution des
stocks à la croissance serait négative (-0,2 point) :
en effet les exportations aéronautiques
bénéficieraient d’un contrecoup positif après le
creux du troisième trimestre, ce qui conduirait à un
stockage moins élevé.
Au premier semestre 2014, le rythme de stockage
se stabiliserait (contributions à la croissance nulle
aux premier et deuxième trimestres). ■
3 - Critère d’octroi des crédits aux entreprises
1
et taux d’emprunts réels à long terme
2
(1) Les critères d’octroi des crédits : solde net des réponses pondérées = durcissement – assouplissement.
(2) Le taux réel désigne ici le taux d’intérêt des crédits nouveaux aux entreprises non financières dont le taux est soit révisable
selon une périodicité supérieure à l’année, soit à taux fixe d’une durée initiale supérieure à 1 an. Ce taux est déflaté par l’in-
dice des prix à la production de l’ensemble des biens et services.
Sources : Insee, comptes trimestriels et Banque de France
(1) En pratique, comme les carburants stockés sont impor-
tés, et non produits, et comme l’estimation dans les
comptes trimestriels de la production agricole suit une pré-
vision annuelle, les variations de stocks mesurées dans ces
deux secteurs n’ont pas d’effet sur le PIB.
Développements
internationaux
Au troisième trimestre 2013, le prix du pétrole a
augmenté nettement, du fait des tensions
géopolitiques au Moyen-Orient. Ces tensions se
sont en partie résorbées et le prix du Brent est
aujourd’hui autour de 110$.
Au premier semestre 2014, l’offre mondiale de
pétrole serait dynamique, portée par une
production toujours soutenue aux États-Unis, et
un regain de vigueur dans les pays émergents
hors Opep. De son côt é, l a demande
marquerait le pas au premier trimestre, mais
s’accroîtrait dès le deuxième trimestre, soutenue
par les économies émergentes.
Au total, l’augmentation spontanée de l’offre de
pétrol e d’i ci j ui n 2014 (+1,3 Mbpj en
glissement annuel) devrait suffire pour faire face
à l’augmentation prévisible de la demande.
Ainsi, le prix du baril de pétrole devrait fluctuer à
l’horizon de la prévision autour de son niveau
actuel (110$). Toutefois, l’apaisement récent
des tensions géopolitiques, tandis que le niveau
des stocks OCDE est élevé, pourrait faire baisser
les prix du pétrole à l’horizon de la prévision. À
l' inverse, toute baisse supplémentaire de
production de l’Opep pourrait faire monter très
vite le prix du pétrole, compte tenu de la
faiblesse récente des capacités additionnelles
du Cartel.
Au troisième trimestre 2013, les
t ensi ons géopol i t i ques ont
occasionné unehausseduprix dubrut
Le cours du Brent a augmenté au troisième
trimestre 2013, sur fond d’intensification des
tensions géopolitiques au Moyen-Orient
(cf. graphique 1). Il a atteint un point haut fin août
2013 (115,8 $ par baril), alors que les craintes
d’une intervention militaire occidentale en Syrie
étaient fortes, avant de retrouver un niveau plus
faible au cours du mois de septembre avec la
résolution partielle de ces tensions.
La demande mondiale de pétrole a crû nettement
au troisième trimestre (+1,2 Mbpj), portée par la
hausse de la demande en provenance des pays
émergents (+700 000 bpj, dont +500 000 au
Moyen-Orient, où la consommation augmente en
été avec l’usage accru des climatiseurs). La hausse
de consommation des pays de l’OCDE a
également été soutenue (+400 000 bpj), d’une
part en Europe (+ 200 000 bpj) où l’activité
s’améliore depuis le deuxième trimestre, d’autre
part aux États-Unis (+200 000 bpj), où la
consommation de l’industrie manufacturière s’est
montrée dynamique.
L’offre de pétrole a crû de 530 000 bpj, du fait de
l’augmentation de la production des pays membres
de l’OCDE (+600 000 bpj), en particulier des
Décembre 2013 101
Développements internationaux
Pétrole et matières premières
Prix soutenu, offre et demande en augmentation
1 - Prix du Brent en € et en $
Dernier point : 6 décembre 2013
Source : Financial Times
102 Note de conjoncture
Développements internationaux
États-Unis. La production européenne a en
revanche légèrement reflué (-100 000 bpj) en
raison des maintenances saisonnières. À rebours
du dynamisme observé dans l’OCDE, la
production des pays de l’Opep a nettement baissé
(-270 000 bpj), les difficultés rencontrées par
plusieurs de ses membres (Libye, Irak, Iran) n’étant
que partiellement compensées par la hausse de la
production de l’Arabie Saoudite (cf. graphique 2).
Au quatrième trimestre, le marché
physique se détendrait
Au quatrième trimestre 2013, le prix du baril du
Brent aura été quasi stable autour de110 $. Sur le
marché physique, la demande mondiale baisserait
(-140 000 bpj), essentiellement du fait des pays
membres de l’OCDE à l’exception du Japon où la
consommation croîtrait avec l’arrivée de l’hiver.
La demande diminuerait en Europe (-470 000 bpj)
ainsi qu’aux États-Unis (-210 000 bpj), où le
« shutdown » a eu un impact négatif sur la
consommation. De même, la demande baisserait
de manière saisonnière au Moyen-Orient
(-600 000 bpj). En revanche, la consommation
chinoise serait dynamique (+330 000 bpj).
L’offre serait stable par rapport au trimestre
précédent. Elle augmenterait dans les pays
non-membres de l’Opep (+600 00 bpj), en
particulier en Amérique du Nord (+ 600 000 bpj).
En revanche, la production diminuerait fortement
dans les pays membres de l’Opep (-600 000 bpj),
notamment en raison de la baisse saisonnière de
l’offre saoudienne (-370000bpj entre septembre et
octobre).
Au premi er semest re 2014,
demande et offre gagneraient en
dynamisme
Au premier trimestre 2014, l’offre serait à nouveau
dynamique (+400 000 bpj) grâce à une
production toujours forte aux États-Unis
(+300 000 bpj) et à une hausse de la production
des pays émergents hors Opep. La production de
l’Opep resterait autour du niveau bas observé en
octobre, car la production libyenne ne reprendrait
que lentement, alors que la hausse de la
production iranienne resterait dépendante de la
levée éventuelle des sanctions internationales. Au
deuxième trimestre, le dynamisme de l’offre serait
porté par la production mondiale de biocarburants
(+400 000 bpj), alors que la production de
pétrole brut des pays de l’Opep resterait à un
niveau bas.
La demande de pétrole baisserait au premier
trimestre 2014 selon un profil saisonnier habituel
en Europe. La demande mondiale augmenterait
dès le deuxième trimestre (+ 500 000 bpj), portée
par les pays émergents (+1,2 Mbpj) et par
l’Europe (+270 000 bpj). Acontrario, la demande
baisserait fortement dans les pays de l’OCDE
(-700 000 bpj), essentiellement en raison des
baisses saisonnières de la consommation au
Japon (-900 000 bpj).
2 - Production de pétrole de l’Arabie Saoudite et de la Libye, de l’Iran et de l’Irak
Dernier point : octobre 2013
Source : AIE
Décembre 2013 103
Développements internationaux
Le prix du baril de pétrole fluctuerait
autour de 110$le baril d’ici mi-2014
À l’horizon de la prévision, les évolutions parallèles
de l’offre et de la demande sont compatibles avec
une stabilité du prix du pétrole autour de 110$ par
baril. Ce niveau serait compatible avec un
environnement géopolitique tendu qui pourrait
peser sur la production de l’Opep, alors que ses
capacités additionnelles sont déjà faibles.
Les cours des matières premières
industrielles baissent
Les cours des métaux industriels ont renchéri au
troisième trimestre, alors qu’ils baissaient fortement
au deuxième trimestre. Les cours du cuivre ont
rebondi (cf. graphique 3), bénéficiant en particulier
du rétablissement de la demande chinoise, tandis
que les cours de l’aluminium se sont stabilisés. La
hausse de production chinoise et les incertitudes
entourant la poursuite du soutien de la Fed à
l’économie américaine, deuxième consommateur
mondial de cuivre, ont cependant entraîné une
rechute des cours au quatrième trimestre.
Les fluctuations sur le volume de l’offre mondiale
de plusieurs matières premières ont généré des
mouvements d’amplitude dans les cours,
notamment dans ceux des céréales. En particulier,
des conditions climatiques favorables,
annonciatrices d’une récolte particulièrement
abondante de maïs, ont occasionné une forte
baisse du cours au mois de juillet. ■
3 - Cours des métaux industriels
Dernier point : 6 décembre 2013
Source : London Metal Market
104 Note de conjoncture
Développements internationaux
Alors que le marché des dettes souveraines ne
présente plus de signes de tension, les autorités
monétaires des pays avancés continuent d’apporter
un fort soutien au financement de l’économie réelle
en maintenant leurs taux directeurs très bas, mais
aussi par l e bi ai s de stratégi es non
conventionnelles. Tandis que la Banque Centrale
Européenne (BCE) a baissé en novembre son taux
directeur pour accentuer son soutien à l’économie,
la Réserve fédérale (Fed) évoque depuis le
deuxième trimestre 2013 une prochaine diminution
de ses achats mensuels de titres, à mesure que
l’économie américaine se rétablit.
Sur le marché monétaire, le rôle des banques
centrales reste important, en particulier dans la
zone euro, où les banques des pays d’Europe du
sud réalisent toujours une large part de leur
refinancement grâce aux prêts de long terme
octroyés par la BCE. Le marché interbancaire reste
fragmenté et les taux d’intérêt accordés par les
banques restent nettement moins favorables dans
ces pays.
La hausse des taux longs obligataires observée
durant l’été 2013 s’est enrayée à partir de
septembre. Les États-Unis, l’Allemagne et la
France, pays perçus comme financièrement les
plus solides, profitent toujours d’excellentes
conditions de financement de leurs dettes
souveraines, et certains pays qui avaient connu
plus de difficultés (l’Irlande et, dans une moindre
mesure, l’Espagne et l’Italie) renouent au
quatrième trimestre avec des taux d’intérêt bas.
Sur le marché des actions, les indices boursiers
des pays avancés ont maintenu leur hausse au
troisième trimestre 2013, profitant toujours du
bas niveau des taux obligataires et monétaires.
Après une chute au troisième trimestre, les indices
boursiers des pays émergents ont globalement
retrouvé leur niveau de début d’année,
bénéficiant d’un retour de capitaux étrangers.
Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié
par rapport au dollar à partir du mois de
septembre 2013, notamment en raison de la
poursuite de l’assouplissement monétaire
américain. À l’horizon de la prévision, les
hypothèses conventionnelles retenues pour les
taux de change sont de 1,35 dollar, 137 yens et
0,85 livre pour un euro.
Les pol i t i ques monét ai res
soutiennent toujours l’économie
Les banques centrales des pays avancés continuent
de pratiquer des politiques monétaires
accommodantes, mais avec des perspectives
divergentes. Dans un contexte de repli persistant
du marché du crédit et de faible inflation, la BCE a
baissé début novembre son principal taux directeur
de 25 points de base, à 0,25 %. Par ailleurs, elle se
déclare prête à intervenir si les taux du marché
interbancaire venaient à remonter, y compris à
travers une opération de refinancement de très
long terme.
Aux États-Unis, la Fed pratique toujours un taux
directeur de 0,25 %. Elle maintient le programme
d’achat de titres qui l’amène à acquérir
mensuellement 85 Mds $ de titres. Cependant
l’amélioration des perspectives d’activité l’ont
conduite à esquisser depuis le deuxième trimestre
2013 une stratégie d’arrêt progressif de ses achats
(cf. éclairage). Avant fin 2014, mais plus
probablement au premier semestre 2014, la Fed
pourrait ainsi commencer à réduire le niveau de
ses achats.
Dans la lignée du programme d’assouplissement
quantitatif qu’elle a initié début 2013, la Banque
du Japon pratique toujours une politique
monétaire agressive, procédant à l’expansion de
la base monétaire à un rythme annuel d’environ
15 % du PIB.
Les déséquilibres persistent sur le
marché monétaire européen
Le fonctionnement du marché interbancaire de la
zone euro reste marqué par le rôle important de la
BCE, qui fournit aux banques un accès au
refinancement à faible coût, via la baisse de son
taux directeur et le maintien de sa procédure
d’appel d’offres à taux fixe pour les opérations
principales de refinancement. En conséquence, les
taux du marché interbancaire restent bas et peu
volatils, mais les volumes qui s’y négocient au
jour-le-jour sont faibles. Le marché n’a donc pas
retrouvé un fonctionnement normal, et les banques
des pays périphériques conservent une part
substantielle des liquidités que la BCE leur a
fournies lors des deux opérations de refinancement
à très long terme de décembre 2011 et février
2012.
Marchés financiers
Ledurcissement despolitiquesmonétairesattendra
Le crédit continue de se replier dans
la zone euro
Dans la zone euro, les conditions de financement
par le crédit bancaire sont restées dégradées au
troisième trimestre 2013 et au début du quatrième,
et les encours de crédit bancaire aux sociétés non
financières se sont repliés dans tous les pays de la
zone euro, à l’exception de la France où ils ont
progressé légèrement (cf. graphique 1). Cette
mauvaise orientation est visible dans les enquêtes,
qui indiquent un léger durcissement des conditions
d’accès au crédit pour les entreprises, et un
nouveau recul de la demande adressée aux
banques. Au quatrième trimestre, ces conditions
devraient s’assouplir.
En France, l’encours de crédit aux sociétés non
financières s’est stabilisé à la fin du troisième
trimestre 2013 avec un glissement annuel de -0,1%
au mois d’octobre. Les crédits à l’investissement
continuent de croître (+1,9 % en octobre) et sont
plus dynamiques que les crédits de trésorerie de
courte maturité, qui reculent de nouveau (-6,1%).
Pour les ménages, l’encours de crédit à la
consommation s’est lui aussi replié en rythme
annuel en octobre pour le 16
ème
mois consécutif.
Ce repli masque toutefois un certain dynamisme
des crédits nouveaux à la consommation. En ce qui
concerne le crédit immobilier, le rythme de
croissance des crédits nouveaux reste soutenu en
octobre.
La normal i sat i on du marché
obligataire se poursuit
Les déclarations du Président de la Fed portant sur
une éventuelle diminution des achats de titres
mensuels opérés par l’institution avant la fin 2013
avaient entraîné avant l’été une hausse de
l’incertitude et une remontée des taux souverains.
À la fin du troisième trimestre 2013, ces
inquiétudes se sont dissipées avec les discours plus
accommodants de la Fed, matérialisés par la
décision, qui a surpris les marchés, de ne pas
diminuer ses achats lors de la réunion de
septembre. Les conditions de financement de la
dette souveraine des États financièrement les plus
solides (États-Unis, Allemagne et France) restent
très avantageuses. Par ailleurs, les conditions de
financement des dettes souveraines espagnole et
italienne s’améliorent. En Grèce, les taux d’intérêt
sur le marché secondaire de la dette publique ont
nettement baissé, mais le pays n’émet toujours pas
de dette souveraine de long terme. Les taux
d’intérêt ne baissent en revanche plus guère au
Portugal au quatrième trimestre 2013. Ainsi, la
sortie du programme d’aide de la Troïka dont il
bénéficiait depuis 2011, et qui arrive à échéance
en 2014, semble incertaine.
Décembre 2013 105
Développements internationaux
1 - Glissement annuel des encours de crédit bancaire aux sociétés non financières
dans la zone euro
Dernier point : octobre 2013
Source : Banque Centrale Européenne
106 Note de conjoncture
Développements internationaux
Le prix des actions reste élevé dans
les pays avancés
Portés par des perspectives de croissance
renforcées aux États-Unis et dans la zone euro, les
indices boursiers des économies avancées
progressent de nouveau au second semestre.
Ce rythme s’est toutefois atténué, en raison de
l’incertitude sur l’attitude de la Fed dans les
mois à venir.
Les indices boursiers des pays émergents avaient
fortement baissé au troisième trimestre 2013, mais
l’annonce du maintien de l’assouplissement
monétaire américain a conduit à une hausse
boursière à partir de septembre.
L’euroàunniveauélevéfaceaudollar
La poursuite de l’assouplissement monétaire américain
annoncée dès le mois de septembre, conjuguée à
l’impact du « shutdown », a renforcé l’euro par rapport
au dollar à partir du mois de septembre. Au début du
mois d’octobre, le taux de change a atteint 1,38 dollar
pour 1 euro, son plus haut niveau depuis novembre
2011. Début décembre, l’euro s’établit à 1,36 dollar
(cf. graphique 2). ■
2 - Taux de change de l’euro en 2013
Dernier point : 9 décembre 2013
Source : Banque Centrale Européenne
Quantitative Easing : quels effets sur l’économie américaine ?
La Fed a mis en œuvre depuis 2008 des
politiques monétaires inédites aux États-Unis
En réaction à la crise de 2008, la Fed a fortement réduit son
taux directeur entre août 2007 et décembre 2008, de 5,25 %
à 0,25 %. Dès lors, pour continuer à assouplir sa politique
monétaire, elle a mené une politique jusque-là inédite aux
États-Unis : l’achat de titres à grande échelle, nommé
Quantitative Easing (QE) (assouplissement quantitatif). Ces
opérations successives, qui ont consisté essentiellement à
acheter des bons du Trésor américain et des titres adossés à
des créances hypothécaires (Mortgage-backed securities -
MBS), sont résumées ici (cf. tableau).
Au total, la Fed détient aujourd’hui de l’ordre de 3 500 Mds $
de titres à son actif (dont près de 40 % de titres adossés à des
créances hypothécaires, cf. graphique 1), contre moins de
800 Mds $ en 2007 (uniquement des bons du Trésor
américain). Par ailleurs, la maturité moyenne des titres
détenus a fortement augmenté : alors que les titres de
maturité résiduelle supérieure à 5 ans représentaient 20 %
du portefeuille de titres de la Fed en 2007, ils en représentent
68 % aujourd’hui.
Ces achats de titres à grande échelle ont
contribué à la diminution des taux d’intérêt
L’objectif de la Fed est de maintenir bas les taux d’intérêt à
l ong t erme afi n de sout eni r l a consommat i on et
l'investissement. Alors que le taux directeur, outil traditionnel
des banques centrales, influe d’abord sur les taux d’intérêt de
court terme, l’assouplissement quantitatif agit directement
sur la formation des taux d’intérêt de long terme, via deux
canaux mutuellement non exclusifs, ainsi que directement sur
le marché hypothécaire.
Baisse des taux d’intérêt via le canal du portefeuille
L’achat de titres est financé par la Fed par l’augmentation des
réserves que les banques détiennent en monnaie banque
centrale, laquelle ne peut être utilisée que dans les relations
interbancaires. Contrairement à une idée répandue, le
Quantitative Easing ne correspond donc pas à une création
monétaire sans contrepartie : il n’y a pas d’augmentation
immédiate du volume des actifs financiers des agents privés,
mais seulement une modification de structure.
Le Quantitative Easing a, en revanche, un effet mécanique
sur le rendement des titres achetés : comme la quantité de
bons du Trésor et de MBS sur les marchés a diminué, leur prix
Décembre 2013 107
Développements internationaux
augmente et, de manière équivalente, leur rendement
baisse. De plus, certains investisseurs peuvent chercher à
rééquilibrer leurs portefeuilles par l’acquisition d’autres
titres, dont les prix se mettent alors à augmenter à leur tour.
En outre, la Fed, du fait de son intervention, endosse une
partie des divers risques auxquels sont soumis les détenteurs
de titres, ce qui amplifie la baisse du rendement via la
diminution de la prime de terme (prime que les agents
exigent en contrepartie de l’incertitude sur le rendement réel
des titres de longue maturité). Cet effet additionnel est faible,
par définition, pour les actifs sans risque que sont les bons du
Trésor, mais est potentiellement important dans le cas des
MBS en 2009, qui étaient très peu liquides.
Baisse des taux d’intérêt via le canal du signal de
politique monétaire
Les achats de titres à grande échelle renforcent la crédibilité
de la politique de taux bas de la Fed pour une période
prolongée. Tout d’abord, ceux-ci agissent auprès des
investisseurs comme un révélateur de l’opinion de
l’institution sur la situation de l’économie. De plus, un
relèvement du taux directeur se traduirait à la fois par une
diminution de la valeur des titres que détient la Fed et par une
hausse de la rémunération des réserves des banques,
aujourd’hui très élevées.
Une baisse de 15 à 25 points de base pour 600 Mds$
d’achats de titres lors du QE2
Les taux d’intérêt à long terme, que ce soit ceux des bons du
Trésor, des titres adossés à des créances hypothécaires
(MBS), ou même des obligations d’entreprises, ont
nettement diminué depuis fin 2008 (cf. graphique 2), alors
que le taux directeur de la Fed est resté inchangé, à 0,25 %.
De nombreux chercheurs ont tenté de quantifier la
contribution du Quantitative Easing à cette baisse observée
des taux d’intérêt de long terme, et à distinguer le rôle
respectif des deux canaux mentionnés précédemment. Ces
travaux portent surtout sur le QE1 et le QE2, car le QE3 est
encore trop récent. Plusieurs travaux empiriques concluent à
l’existence du canal du signal de politique monétaire et
utilisent une méthodologie dite « d’event studies » : ils
mesurent l’évolution des taux immédiatement après
l’annonce d’un évènement de politique monétaire, alors que
celle-ci n’a pas encore été mise en œuvre (cf. par exemple,
Bauer et Rudebusch (2013) et Kri shnamurt hy et
Vissing-Jorgensen (2011)). Par ailleurs, les mouvements de
taux d’intérêt observés (à la hausse) en mai 2013 lors de
l’annonce par la Fed d’une prochaine réduction du rythme
d’acquisition de titres, puis (à la baisse) en septembre 2013
lors de l’annonce de la poursuite à un rythme inchangé des
acquisitions de titres, confirment l’importance du canal du
signal de politique monétaire. L’importance du canal du
portefeuille dans la baisse des taux d’intérêt est plus discutée.
D’une part, aussi importants soient-ils, les achats de titres
souverains effectués par la Fed ne représentent en effet
qu’une faible proportion de la totalité de la dette émise par
l’État fédéral sur le marché américain des titres obligataires,
qui a fortement augmenté pendant la crise. D’autre part, ces
achats ont porté sur des segments très spécifiques du
marché, sur l esquel s l a Fed a ét é un acquéreur
prépondérant.
1 - Montant des titres détenus fermement par la Réserve fédérale
Source : Board of Federal Reserve
Opération Période effective Titres achetés par la Fed
QE1 De décembre 2008 à mars 2010
- MBS (1 250 Mds $) + dette d'agences gouvernementales
(175 Mds $) + Bons du Trésor (300 Mds $)
QE2 De novembre 2010 à juin 2011
- Bons du Trésor de longue maturité
uniquement (600 Mds $)
MEP (opération twist) De septembre 2011 à décembre 2012
- Échange (667 Mds $) de bons du Trésor afin d'augmenter
la maturité résiduelle des titres détenus
QE3 Depuis septembre 2012 - MBS (40 Mds $ par mois, toujours en cours)
QE3 étendu Depuis janvier 2013 - Bons du Trésor (45 Mds $ par mois, toujours en cours)
108 Note de conjoncture
Développements internationaux
Au total, l’impact à la baisse de l’assouplissement quantitatif
sur les taux de long terme ne fait guère de doute, mais il
semble avoir été plus marqué à ses débuts, lorsqu’il
s’agissait de contrer la forte détérioration des conditions de
financement. Si le consensus des travaux effectués sur le
premier programme d’achat de titres estime que celui-ci a
permis une baisse des taux longs d’environ 50 points de
base, Williams (2013) estime, à partir d’une synthèse de
l’ensemble des études collectées sur le sujet, que l’achat de
600 Mds$ de titres lors de la seconde opération a conduit à
une baisse du taux d’intérêt à long terme de 15 à 25 points
de base, ce qui correspond à l’effet généré habituellement
par une baisse de 75 à 100 points de base du taux directeur.
Son effet sur l’économie réelle est discuté
La plupart des travaux de recherche, au stade actuel, se sont
concentrés sur l’impact de l’assouplissement quantitatif sur
les taux d’intérêt, et peu d’entre eux se sont focalisés sur
l’impact de ces mesures sur l’économie réelle et ce pour
plusieurs raisons : par manque de recul temporel pour des
phénomènes susceptibles de diffuser l entement à
l’économie, et aussi parce qu’il est difficile de construire la
trajectoire qu’aurait eue l’économie sans ces mesures (un
« scénario contrefactuel ») notamment en l’absence de
précédents historiques permettant d’extraire des régularités
statistiques.
Baisse du coût de financement des entreprises, mais
quel impact sur leur investissement ?
La baisse des taux d’intérêt a permis de réduire le coût de
financement des entreprises, et ce d’autant plus qu’aux
États-Unis la part de l’endettement obligataire dans le
financement est plus élevée qu’en Europe. Les entreprises
plus petites ayant moins accès aux marchés de capitaux ont
pu en bénéficier par un effet de deuxième tour, c’est-à-dire
soit par une hausse de la demande qui leur est adressée par
les grandes entreprises, si elles en sont les fournisseurs, soit
par une hausse du crédit commercial, si elles se fournissent
auprès d’elles.
Cette réduction du coût de financement est toutefois
intervenue dans un contexte où la situation financière des
entreprises américaines est globalement excellente, qu’elle
soit mesurée par le taux de marge, le taux de profit, ou la
trésorerie disponible. La baisse des taux d’intérêt générée par
le Quantitative Easing a donc vraisemblablement peu
contribué au redémarrage de l’investissement des
3 - Impact de l’assouplissement quantitatif sur le prix des actions
Sources : Board of Federal Reserve, Standard and Poor’s
2 - Impact des politiques d’assouplissement quantitatif sur les taux longs publics et privés
aux États-Unis
Source : Board of Federal Reserve
Décembre 2013 109
Développements internationaux
entreprises, lequel reste d’ailleurs poussif. Le taux
d’investissement n’a pas progressé depuis mi-2011, et reste
inférieur à sa moyenne de long terme.
Le pri x des act i ons a ét é sout enu par
l’assouplissement quantitatif
La baisse des taux d’intérêt sur les obligations a rendu
comparativement les actions plus rentables, ce qui a
augmenté la demande des investisseurs pour celles-ci. En
conséquence, leur prix a augmenté simultanément aux
achat s de t i t r es opér és par l a banque cent r al e
(cf. graphique 3). Il reste cependant difficile de quantifier
l’impact du Quantitative Easing sur la hausse observée.
D’une part, le price-to-earnings ratio
1
moyen des entreprises
américaines ne semble pas à un niveau particulièrement
élevé, même s’il a augmenté depuis le point bas de la crise : il
est aujourd’hui à son niveau moyen de 2004-2006. D’autre
part, la hausse des taux obligataires consécutive à l’annonce
de la stratégie de sortie de la Fed en mai et juin 2013 n’a pas
entraîné de correction à la baisse du prix des actions, ce qui
relativise l’impact de la politique menée par la banque
centrale sur celui-ci.
La baisse des taux hypothécaires a contribué au
redémarrage de l’immobilier
Les achats de titres hypothécaires ont entraîné une baisse des
taux de crédit immobilier. Celle-ci ne s'est pas traduite
immédiatement sur l’activité, car la crise immobilière a
entraîné l’apparition d’un fort stock de logements à vendre
provenant de la saisie des maisons des ménages ayant fait
défaut sur leurs prêts, ce qui a différé à fin 2011 le rebond
des prix. Ce redressement coïncide avec celui des mises en
chantier (après une baisse de 59 %entre 2007 et 2009, puis
une stabilisation, elles ont crû de 28 % en 2012) et avec la
reprise de la signature de nouveaux contrats hypothécaires
(cf.graphique 4). L’impact du Quantitative Easing sur la
reprise du marché immobilier semble d’autant plus avéré
que la hausse des taux hypothécaires à l’été 2013 s’est
accompagnée d’une baisse des mises en chantier.
5 - Patrimoine et taux d’épargne des ménages américains
Source : Mortgage Bankers Association, Board of Federal Reserve, Census Bureau, Standart and Poor’s
(1)Le price-to-earnings ratio (ratio cours sur bénéfices) est égal à la
capitalisation boursière d’une entreprise divisée par son résultat net. Il
est une mesure du taux d’actualisation des profits futurs par les
investisseurs.
4 - Le marché hypothécaire américain
Source : BEA
110 Note de conjoncture
Développements internationaux
La hausse du prix des actifs semble avoir contribué à
la baisse des taux d’épargne des ménages
Aux États-Unis, contrairement aux pays d’Europe continentale,
un lien causal sur le passé entre variation du prix des actifs et
taux d’épargne des ménages ressort empiriquement ; c’est ce
qu’on appelle « l’effet richesse ». Et force est de constater que
l’augmentation du patrimoine net des ménages depuis 2009
s’est bien accompagnée d’une baisse tendancielle du taux
d’épargne des ménages américains (cf. graphique 5).
Quel impact macroéconomique global ?
Les seuls travaux évaluant l’impact global sur l’économie
américaine de l’assouplissement quantitatif sont davantage
des si mul at i ons, r éal i sées à par t i r de modèl es
macroéconomiques, que des évaluations. Chung et al.
(2012), à l’aide du modèle de prévision utilisé par la Fed
modifié pour inclure la possibilité d’une transmission par le
canal du portefeuille, estiment ainsi l’impact du premier
programme à une hausse de 2 points de PIB et le cumul des
deux premiers programmes à une hausse de 3 points de PIB.
D’après Chen et al. (2012), les 600 Mds$ d’achats de titres
effectués lors du second programme auraient conduit à une
hausse du niveau du PIB américain comprise entre 0,2 et
1,0 % selon la méthode utilisée, par rapport à une situation
où la Fed n’aurait pas conduit ces opérations. De plus, leur
modèle trouve un impact bien plus faible des achats de titres
si la Fed ne s’était pas engagée à long terme à maintenir les
taux de court terme à un niveau bas, ce qu’illustre
l’importance du canal du signal de politique monétaire. Le
fait que ces modèles supposent dans leurs spécifications le
bon fonctionnement des canaux de transmission du
Quantitative Easing incite cependant à lire prudemment leurs
conclusions.
Conclusion : des effets difficiles à mesurer, une
sortie périlleuse
Des effets sur l’économie réelle mal mesurés et en
tout état de cause limités
D’après les études empiriques, le Quantitative Easing semble
donc avoir eu un impact baissier sur les taux d’intérêt. L’effet
resterait toutefois limité, compris entre 15 et 25 points de
base pour 600 Mds$ d’achats de titres.
Il est difficile d’estimer un effet de cette baisse du coût de
financement sur l’investissement des entreprises ; en
revanche, l ’ ef f et sur l es dépenses des ménages
(consommation, via l’effet richesse, et logement, via la baisse
des taux) semble plus visible.
Par ailleurs, l’augmentation du prix de l’ensemble des actifs
générée par le Quantitative Easing a eu des effets
anti-redistributifs majeurs, ceux-ci étant très majoritairement
possédés par les ménages les plus aisés (cf. le rapport de la
Banque d’Angleterre (2012)).
Et une sortie complexe à gérer
Le Quantitative Easing a été mis en place dans un contexte de
crise économique aiguë et de préoccupations de déflation.
Avec la reprise qui se confirme et la hausse du crédit qui
devrait en résulter se fait jour également le besoin de
modérer l’expansion de la base monétaire, sous peine de
désancrer les anticipations des prix des actifs (immobiliers,
financiers).
Par une série de communications successives depuis le
deuxième trimestre 2013, la Fed a tenté de donner des
éléments sur sa « stratégie de sortie ». Le 22 mai 2013, la Fed
a précisé sa doctrine :
- étape 1 : si la situation économique le permet, la Fed
pourrait commencer à diminuer le volume mensuel de ses
achats avant la fin de l’année 2013,
- étape 2 : les achats mensuels de titres prendraient fin autour
de mi-2014,
- étape 3 : le taux directeur restera à un bas niveau
« longtemps » après la fin des achats mensuels.
Ces échéances sont toutefois depuis lors devenues plus
incertaines et ont été probablement retardées. En effet,
l’annonce de cette stratégie a conduit à une hausse marquée
des taux souverains et hypothécaires, de près de 100 points
de base, alors même que seule avait été envisagée
l’extinction progressive des achats de titres, et non une
réduction du stock de titres possédés. De fait, il est très
probable que les marchés interprètent l’inflexion du QE
comme un rapprochement de la date de relèvement des taux
courts. La sortie de ce dispositif restera donc périlleuse, tant
que la Fed n’aura pas réussi à découpler les anticipations de
long terme des agents sur le niveau des taux directeurs des
flux mensuels d’achats de titres.
La forward guidance semble générer des résultats
conséquents
Afin de peser à la baisse sur les taux d’intérêt, la Fed a
également donné des indications prospectives sur sa politique
future de taux directeur (forward guidance). Cette nouvelle
communication semble avoir eu des effets marqués
immédiats. Ainsi, en août 2011, lorsque la Fed a annoncé
qu’elle allait « probablement garantir de bas niveaux pour les
taux directeurs au moins jusqu’à mi-2013 », les taux d’intérêt
ont immédiatement baissé de 20 points de base, et le délai
attendu par les marchés avant toute modification de taux est
passé de 4 à 7 trimestres. Ce type d’effets a une nouvelle fois
été observé en janvier 2012 et septembre 2012 (lorsque
l’horizon a été porté respectivement à fin 2014 et
mi-2015).■
Au troisième trimestre 2013, l’activité dans la
zone euro a ralenti (+0,1 % après +0,3 % au
deuxième trimestre). Les exportations ont
fortement ralenti dans l’ensemble des pays de la
zone euro.
Les enquêtes de conjoncture continuent de se
redresser, et le climat des affaires dans
l ’i ndust ri e est désormai s dans l a zone
d’expansion. L’activité dans la zone euro croîtrait
donc de nouveau modérément à partir du
quatri ème t ri mestre 2013 (+0,3 % par
t ri mest re). Le recul du pouvoi r d’achat
s’atténuerait du fait d’un moindre repli de
l’emploi. Les perspectives en termes d’activité et
d’ empl oi s’ amél i or ant , l es ménages
diminueraient leur épargne de précaution et la
consommation augmenterait donc faiblement.
L’accélération progressive de l’activité et le
besoi n de renouvel er l es capaci t és de
pr oduct i on apr ès une phase mar quée
d’ajustement soutiendraient le redémarrage de
l’investissement en équipement. Dans la
construction, la baisse de l’investissement
s’atténuerait. La contribution des échanges
extérieurs à la croissance deviendrait quasiment
nulle, la reprise des importations compensant la
hausse des exportations.
Au total, en 2013, l’activité reculerait de 0,4 %,
après -0,6 % en 2012. L’acquis de croissance
pour 2014 fin juin serait en revanche nettement
positif à +0,9 %.
Croissance faible au troisième
trimestre 2013
Au troisième trimestre 2013, le PIB a progressé de
0,1 %, confirmant la sortie de récession de la zone
euro. Ce ralentissement par rapport au deuxième
trimestre (+0,3 %) tient à une très forte décélération
des exportations dans l’ensemble des pays de lazone
euro(+0,2 % après +2,1 %). La contribution des
échanges extérieurs a été de -0,3 % contre +0,3 %
au deuxième trimestre 2013.
Reprise modérée de l’activité
Les enquêtes de conjoncture se redressent depuis
mi-2013, malgré un repli au mois d’octobre. Le
climat des affaires est ainsi dans la zone
d’expansion pour la première fois depuis 2011.
L’activité dans la zone euro progresserait de
nouveau modérément d’ici mi-2014 (+0,3 % par
trimestre), portée notamment par la demande
intérieure dans un contexte de moindre
consolidation budgétaire.
La divergence conjoncturelle dans la zone euro se
résorberait en partie. L’activité serait dynamique en
Allemagne et, dans une moindre mesure, en
France, tandis que l’Espagne rejoindrait à l’horizon
de prévision le rythme de croissance de ces deux
pays. En revanche, en Italie, l’activité progresserait
à peine au premier semestre 2014.
Décembre 2013 111
Développements internationaux
Zone Euro
Reprise, mais modérée
1 - L’épargne de précaution se réduirait et permettrait à la consommation de progresser légèrement
Sources : Eurostat, calculs Insee
112 Note de conjoncture
Développements internationaux
Une consommation poussive
L’emploi baisserait à un rythme de plus en plus
modéré, et se stabiliserait au deuxième trimestre
2014. Après avoir stagné en 2011 et 2012, la
productivité continuerait de se redresser, comme
c’est le cas depuis début 2013. Le taux de
chômage augmenterait de nouveau légèrement et
atteindrait 12,4 % au deuxième trimestre 2014,
contre 12,1 % en octobre 2013.
Les salaires nominaux progresseraient de nouveau
modérément à l’horizon de la prévision, avec des
hausses marquées en Allemagne et une stabilité en
Espagne et en Italie. Au quatrième trimestre 2013,
la restauration du quatorzième mois dans la
fonction publique espagnole ferait fortement
progresser les salaires qui reculeraient au trimestre
suivant. Au total, la baisse du pouvoir d’achat
s’atténuerait à l’horizon de la prévision (en
glissement annuel, 0,0 % au deuxième trimestre
2014 après -1,3 % au deuxième trimestre 2013).
Les perspectives en termes d’activité et d’emploi
s’améliorant, les ménages diminueraient leur épargne
de précaution. La consommation augmenterait donc
faiblement (+0,2 % par trimestre).
L’investissement en équipement
repartirait
Les conditions d’octroi de crédit ont cessé de se
durcir dans la zone eurodepuis début 2013, sauf en
Italie. En Espagne, elles se sont même assouplies
pour la première fois depuis 2010. Cette
amélioration devrait se poursuivre, et gagner
l’Italie. Par ailleurs, l’accélération progressive de
l’activité, telle qu’elle est anticipée aujourd’hui par
les entrepreneurs dans leurs réponses aux enquêtes
de conjoncture, et le besoin de renouveler les
capacités de production après une phase marquée
d’ajustement soutiendraient la reprise de
l’investissement productif, qui serait marquée en
Espagne et dans une moindre mesure en Italie.
Dans la construction, la baisse de l’investissement
s’atténuerait. La confiance dans le secteur
s’améliore quelque peu, tout en restant à un
niveau très bas.
Les échanges extérieurs soutiendraient
plus modestement la croissance d’ici
mi-2014
Les exportations continueraient à croître à l’horizon
de la prévision, soutenues par la hausse de la
demande adressée à la zone euro. Les
importations augmenteraient de manière
soutenue, en lien avec le dynamisme des
exportations et le redressement de la demande
intérieure.
La contribution des échanges extérieurs resterait
donc légèrement positive jusqu’à fin 2013 et au
premier trimestre 2014 avant de devenir neutre au
deuxième trimestre 2014. La croissance de la zone
euro se rééquilibrerait ainsi progressivement.
L’inflation resterait faible
En novembre, l’inflation d’ensemble s’établit à
+0,9 %. Elle progresserait à +1,1 %en glissement
annuel d’ici juin 2014, soutenue par les prix de
l’énergie. Sous l’hypothèse d’un baril de Brent
stable en prévision à 110$ et sous l’effet des sorties
de glissement de la baisse du printemps 2013, le
glissement annuel des prix des produits
énergétiques augmenterait en effet jusqu’à
+2,3 % en juin 2014.
Par ailleurs, en l’absence de pressions
inflationnistes, limitées par un taux de chômage
élevé dans la plupart des pays de la zone euro,
l’inflation « sous-jacente » diminuerait légèrement
à +0,8 %.■
Les écarts d’inflation au sein de la zone euro reviennent progressivement en ligne
avec les fondamentaux
De 2009 à2012, les écarts d’inflationau seinde
l a zone euro étai ent contrai res aux
fondamentaux économiques
Les principales économies de la zone euro ont connu des
trajectoires divergentes depuis 2009 : alors que la reprise a
été durable, quoique modérée, en Allemagne, la croissance a
été quasi nulle en France de mi-2011 à mi-2013, tandis que
l’Italie et l’Espagne ont été, à partir de 2011, en récession
marquée. De même, la situation sur le marché du travail a été
contrastée selon les pays de la zone, tant en termes de niveau
(faible en Allemagne, très élevé en Espagne) que d’évolution
du chômage. Pour autant, cette divergence des économies
européennes ne s’est pas retrouvée dans l’inflation en 2011 et
2012, avec une augmentation annuelle des prix plus élevée
en Italie et en Espagne (entre 2,5 et 3 %) qu’en France et en
Allemagne
1
(inférieure à 2,5 %).
(1) cf. dossier de la Note de conjoncture de mars 2013, « Pourquoi,
dans la zone euro, l’inflation n’est-elle pas plus faible dans les pays les
plus affectés par la crise ?».
Décembre 2013 113
Développements internationaux
En 2013, les écarts d’inflation reviennent
progressivement en ligne avec l’activité
économique
Les écarts deconjoncturesesont poursuivis en2013dans lazone
euro. Même si les taux de chômage sont à peu près en voie de
stabilisation, àdes niveaux très différents, le taux de croissance de
l’activité en Allemagne serait toujours plus fort qu’en France, et
l’activité en Italie et Espagne serait toujours très faible. En
revanche, les écarts d’inflation entre les quatre économies sont
nettement plus conformes aux positions respectives des
économies dans le cycle conjoncturel, en 2013, que les quatre
années précédentes. Comme prévu
1
, les effets temporaires des
hausses de la fiscalité indirecte et de la forte inflation
énergétique ont cessé de nourrir l’inflation. L’Espagne aurait
ainsi une inflation d’ensemble proche de zéro fin 2013 et
l’inflation d’ensemble diminuerait plus en Italie et en
Espagne qu’en France et qu’en Allemagne (cf. graphique 1).
Cette baisse de l’inflation peut être décomposée par produits
(cf. tableau 1)
2
.
La baisse des prix de l’énergie a contribué pour tous les pays
à la baisse de l’inflation, mais de manière plus marquée en
Italie et en Espagne. Dans ce dernier pays, la sortie de
glissement de la hausse de TVA du 1
er
septembre 2012 a eu
un effet encore plus important.
En 2011 et 2012, l’inflation alimentaire était plus élevée en
Allemagne et en France qu’en Italie et en Espagne. En
octobre 2013, les prix de l’alimentation diminuent plus
fortement en France qu’en Italie, tandis qu’ils croissent
légèrement en Espagne et en Allemagne, le glissement
annuel de l’inflation alimentaire contribue pour 0,1 point à la
progression de l’inflation entre octobre 2012 et octobre
2013.
En octobre 2013, les prix de l’énergie seraient plus faibles
qu’un an auparavant dans chacun des pays considérés,
particulièrement en Espagne et en Italie. Ainsi, le secteur de
l’énergie contribuerait le plus aux baisses de prix, sa
contribution s’élevant à -1,2 point dans ces deux pays.
L’inflation dans les services diminuerait en Espagne et en Italie,
contribuant ainsi pour 0,2 point à la baisse de l’inflation
d’ensemble dans ces deux pays. Elle serait davantage conforme
aux positions dans le cycle d’activité des économies espagnole
et italienne.
Enfin, l’inflation des produits manufacturés baisse
tendanciellement depuis début 2012 dans les quatre pays.
En glissement annuel à fin octobre, elle est toutefois stable en
Espagne car elle avait davantage baissé auparavant
(cf. graphique 2).
1 - Glissement annuel de l’inflation d’ensemble dans les quatre principales économies européennes
Sources : Eurostat, calculs Insee
Tableau 1
Contributions des différents secteurs aux variations des glissements annuels des prix en Allemagne,
Espagne, France et Italie (écart entre octobre 2012 et octobre 2013)
Pays
Ensemble (taxe
non-constante)
Produits
manufacturés
(à taxation constante)
Énergie
(à taxation
constante)
Alimentation
(à taxation
constante)
Services
(à taxation
constante)
Effet taxes
Allemagne -0,9 -0,2 -0,7 0,1 0,0 -0,1
Espagne -3,5 0,0 -1,2 0,1 -0,2 -2,3
France -1,4 -0,3 -0,6 -0,6 0,2 -0,1
Italie -2,0 -0,3 -1,2 -0,3 -0,2 0,0
Source : Insee
(2) Cette décomposition des prix est faite à taux de taxation constant
ou corrigée le cas échéant des variations à taux de fiscalité indirecte
114 Note de conjoncture
Développements internationaux
Le mécanisme de formation des prix dans les
différents pays continue de limiter les
divergences d’inflation entre pays
En moyenne annuelle, les inflations sous-jacentes de
l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie seraient quasiment les
mêmes en 2013 ( de l’ordre de +1,0 %), tandis que celle de
la France serait significativement plus faible (+0,6 %)
3
. Pour
mémoire, en moyenne 2011-2012, l’Italie se distinguait par
une inflation sous-jacente nettement plus élevée, tandis que
celle de la France était identique à celle de l’Espagne et de
l’Allemagne.
Tout d’abord, les divergences persistantes de situation des
marchés du travail entre l’Allemagne et l’Espagne continuent
de se traduire dans les coûts salariaux : ceux-ci ont nettement
ralenti en 2013 par rapport à 2011-2012 dans les deux
pays, mais l’écart de taux de croissance reste de 2 % (+1,9 %
contre -0,1 %). Alors que le ralentissement est également
marqué en France (de +2,6 % en 2011-2012 à +1,7 % en
2013), l’Italie se distingue avec une légère accélération des
coûts salariaux (de +1,0 % à +1,3 %).
La divergence des coûts salariaux entre l’Allemagne et
l’Espagne se conjugue à la divergence des gains de
productivité, négatifs en Allemagne en 2013 (-0,3 %), et
toujours aussi dynamiques en Espagne (+2,9 %), si bien que
les coûts salariaux unitaires ont des trajectoires polaires dans
ces deux pays : +2,2 % contre -2,9 %. A contrario, leur
progression est modérée en France (+1,1 %) et en Italie
(+1,2 %) où la productivité a cessé de décroître.
En Italie, en France et en Allemagne, le taux de marge
4
des
entreprises se stabilise en 2013 après la baisse des deux
dernières années. En Espagne, a contrario, le taux de marge
continue d’augmenter fortement, si bien que l’inflation
sous-jacente croît encore légèrement malgré la chute des
coûts salariaux unitaires.
Dans les quatre pays, la baisse du prix des importations en
2013 a contribué à ralentir l’inflation sous-jacente
5,
par
rapport aux prix de valeur ajoutée. En Espagne, et dans une
moindre mesure en Italie, cet effet est compensé par
l’augmentation des taxes indirectes.■
2 - Glissement annuel des prix des produits manufacturés à taux de taxation constant
dans les quatre principales économies européennes.
Sources : Eurostat, calculs Insee
Tableau 2
Inflation sous-jacente et contributions des différents déterminants macroéconomiques
Pays Allemagne Espagne France Italie
Période
1997-
2007
2011-
2012
2013
1997-
2007
2011-
2012
2013
1997-
2007
2011-
2012
2013
1997-
2007
2011-
2012
2013
Inflation sous-jacente 1,0 1,3 1,0 2,7 1,2 1,1 1,3 1,3 0,6 2,2 2,0 1,1
Variation du rapport entre indice
des prix sous-jacents et prix de la
valeur ajoutée
0,7 0,4 -1,2 -0,9 0,9 0,4 -0,2 0,4 -0,7 -0,1 0,6 -0,2
Variation du rapport entre prix de
VA et coût salarial unitaire
1,1 -1,0 0,0 0,1 2,8 3,7 0,2 -0,5 0,2 0,0 -0,8 0,0
Variation du coût salarial unitaire -0,7 1,9 2,2 3,5 -2,4 -2,9 1,3 1,4 1,1 2,3 2,3 1,2
dont contribution :
du coût du travail par tête 1,0 2,9 1,9 2,7 1,4 -0,1 2,5 2,6 1,7 1,8 1,0 1,3
des gains de productivité -1,7 -1,0 0,3 0,8 -3,9 -2,9 -1,2 -1,1 -0,6 0,4 1,2 -0,1
Champ : secteurs marchands non agricoles
Source : Insee
(3) L’inflation sous-jacente, harmonisée par Eurostat au niveau de la
zone euro, source des chiffres mentionnés ici pour les quatre pays
considérés, n’est pas corrigée des mesures fiscales, contrairement à la
définition retenue en France par l’Insee dans ses publications.
(4) Les variations du taux de marge correspondent dans le tableau à
l’écart entre les variations du prix de valeur ajoutée et celles des coûts
salariaux unitaires.
(5) Et encore davantage l’inflation d’ensemble, compte tenu de la
baisse du prix du pétrole.
Décembre 2013 115
Développements internationaux
Au troisième trimestre 2013, l’activité a ralenti en
Allemagne (+0,3 % après +0,7 %). En effet, la
consommationdes ménages n’aquefaiblement crû
(+0,1 %) après un deuxième trimestre très
dynamique. De plus, les exportations ont stagné,
alors que les importations ont résisté, et le
commerce a contribué négativement à la
croissance. A contrario, l’investissement a soutenu
lacroissancepour ledeuxièmetrimestreconsécutif.
L’activité progresserait au même rythme au
quatrième trimestre (+0,3 %) et accélérerait au
premier semestre 2014 (+0,4 % au premier
trimestre, +0,5 % au deuxième). En effet, la
consommation des ménages gagnerait en
vigueur, en ligne avec le dynamisme du pouvoir
d’achat, et l’investissement continuerait de se
redresser. Enfin, les exportations resteraient
dynami ques et l es échanges ext ér i eur s
contribueraient de nouveau positivement à la
croissance, quoique faiblement.
La consommation des ménages
accélérerait
La situation du marché du travail reste très favorable
aux ménages allemands : il n’y a jamais eu autant
de personnes en emploi en Allemagne, et le taux de
chômage a atteint 5,2 % au mois d’octobre. À
l’horizon de la prévision, l’emploi progresserait de
nouveau et le chômage se stabiliserait. De même,
les hausses de salaires contribueraient
favorablement au pouvoir d’achat des ménages,
qui augmenteraient leurs dépenses de
consommation (+0,3 % au quatrième trimestre
2013 et +0,4 % par trimestre au premier semestre
2014). Le taux d’épargne des ménages baisserait
légèrement, dans un contexte de moindres
incertitudes dans la zone euro.
Timide reprise de l’investissement
en biens d’équipement
Le taux d’investissement en biens d’équipement
est aujourd’hui très faible en Allemagne, à son
point bas de 2009 (cf. graphique). Après avoir
diminué six trimestres de suite, il s’est redressé
modestement aux deuxième et troisième trimestres
2013 (+1,2 % puis +0,5 %). À l’horizon de la
prévision, il continuerait de croître modérément
(+0,6 %au quatrième trimestre 2013, +0,7 %au
premier et +0,9 % au deuxième trimestres 2014),
en ligne avec la reprise de l’activité, sous
l’hypothèse que le sous-investissement observé
depuis 2011 ne serait pas rattrapé.
Dans la construction, l’investissement se
redresserait durablement au premier semestre
2014, du fait de nouveaux investissement publics
et du dynamisme de la construction résidentielle,
en ligne avec la hausse des permis de construire
depuis 2011.
Les exportations rebondiraient
Au troisième trimestre 2013, du fait de l’atonie des
exportations (+0,1 %), les échanges extérieurs ont
contribué négativement à la croissance, à hauteur
de 0,4 point de PIB. Toutefois, du fait du rebond de
la demande extérieure adressée aux entreprises
allemandes, les exportations retrouveraient une
croissance plus élevée au quatrième trimestre
(+1,6 %). Les importations gagneraient
également en dynamisme, du fait de la robustesse
de la demande intérieure, si bien que le
commerce ne constituerait plus le principal
moteur de la croissance allemande, comme il
avait pu l’être avant 2013. ■
Le niveau du taux d’investissement en biens d’équipement à son point bas de 2009
Source : Destatis
Allemagne
Rééquilibrage de lacroissance
116 Note de conjoncture
Développements internationaux
Au troisième trimestre 2013, l’activité italienne
s’est stabilisée (0,0 %). L’activité resterait stable
avant de redémarrer lentement à l’horizon de la
prévision. Alors que les échanges extérieurs
avaient soutenu l’activité au cours des deux
dernières années, la demande intérieure
prendrait le relais, soutenue par la reprise
progressive de l’investissement en équipement.
La f ranche amél i orati on des
enquêtes de conjoncture...
Les enquêtes de conjoncture se redressent depuis
plusieurs mois et laissent attendre une lente
reprise de l’activité à l’horizon de la prévision
(0,0 % au quatrième trimestre 2013 et au
premier trimestre 2014, puis +0,1 % au
deuxième trimestre 2014). Le climat des affaires
issu des enquêtes nationales s’améliore
fortement dans l’industrie manufacturière depuis
plusieurs mois. L’indicateur composite auprès
des directeurs d’achat (PMI) est également dans
la zone d’expansion. Dans la construction, bien
que les enquêtes s’améliorent, les indicateurs
restent à un point bas.
... annoncerait la reprise de
l’investissement enbiensd’équipement
Outre la franche amélioration des perspectives
d’activité et des carnets de commandes dans
l’industrie manufacturière, les taux d’intérêt
offerts aux grandes entreprises sont revenus,
depuis 2012, à un niveau bas et les taux
accordés aux petites entreprises continuent de
diminuer. De surcroît, le taux d’utilisation des
capacités de production se redresse depuis le début de
l’été et se rapproche maintenant du niveau observé
avant l’entrée en récession du pays (cf. graphique). Les
entreprises, pour reconstituer leurs capacités
productives, développeraient donc fortement leurs
investissements (+0,8 % au quatrième trimestre puis
+1,4 % par trimestre au premier semestre 2014). En
revanche, les exportations seraient nettement moins
dynamiques que la demande mondiale adressée à
l’Italie, alors que les importations augmenteraient,
dans le sillage du redressement de la demande
intérieure.
Laconsommationprivéeserait quasi stable
La situation du marché du travail reste dégradée en
Italie. Le taux de chômage s’établit à 12,3 % au
troisième trimestre 2013 et pèse toujours sur le
pouvoir de négociation des salariés. La baisse du
pouvoir d’achat s’est toutefois atténuée (-2,5 % en
glissement annuel au deuxième trimestre 2013,
après -5,3 % un an auparavant) sous l’effet de la
chute de l’inflation. À l’horizon de la prévision, du
fait de la faiblesse de l’activité et de la poursuite du
redressement des gains de productivité, l’emploi
reculerait de nouveau. La baisse du pouvoir d’achat
continuerait toutefois de s’atténuer (-0,8 % en
glissement annuel au deuxième trimestre 2014),
sous l’effet notamment de la pause fiscale, tandis
que la hausse de la TVA au quatrième trimestre
2013 n’aurait qu’un impact marginal sur l’inflation,
qui resterait faible. Au final, les ménages réduiraient
toujours leurs dépenses de consommation mais de
façon moins marquée qu’auparavant.■
Taux d’utilisation des capacités de production et investissement productif
Sources : Commission européenne, Istat, calculs Insee
Italie
Un redémarrage piano, piano
Décembre 2013 117
Développements internationaux
L’Espagne est sortie de récession au troisième
t r i mest r e 2013. L’ act i vi t é espagnol e
progresserait de nouveau à l’horizon de
prévision : +0,2 % au quatrième trimestre 2013
puis +0,2 % et +0,3 % aux deux premiers
trimestres 2014. Les exportations continueraient
de soutenir l’activité. Mais la stabilisation du
marché de l’emploi et du pouvoir d’achat des
ménages permet t rai t égal ement à l a
consommation des ménages de se redresser à
l’horizon de prévision. L’investissement en biens
d’équipement augmenterait de nouveau,
net t ement sout enu par l e besoi n de
renouvellement des capacités de production
après une phase marquée d’ajustement. Au total,
la demande intérieure contribuerait positivement
à la croissance espagnole dès 2014.
La consommation frémit
Le pouvoir d’achat des ménages se stabiliserait à
l’horizon de prévision, dans un contexte de recul
de l’inflation. Il bénéficierait de la moindre baisse
de l’emploi et du ralentissement du rythme de
consolidation budgétaire, avec notamment le
rétablissement du quatorzième mois de salaire
dans la fonction publique. L’amélioration
progressive des perspectives en termes d’activité et
d’emploi inciterait en outre les ménages espagnols
à réduire leur épargne de précaution. Le taux
d’épargne diminuerait donc, quoique faiblement,
à l’horizon de la prévision et la consommation
privée progresserait légèrement jusqu’à mi-2014
(cf. graphique).
Les exportations espagnoles se
maintiennent
Les exportations espagnoles continueraient de
soutenir l’activité avec une progression de 1,2 %
par trimestre d’ici mi-2014, l’Espagne profitant du
dynamisme retrouvé du commerce mondial et de
l’amélioration de la conjoncture dans la zone
euro. Les importations rebondiraient également à
l’horizon de prévision, portées par la bonne tenue
des exportations et le rebond de la demande
intérieure. Au total, la contribution du commerce
extérieur à la croissance diminuerait, même si elle
reste positive.
L’investissement en équipement se
redresserait
Le secteur de la construction continuerait de pâtir
de l’ajustement du marché immobilier et des
mesures de réduction de l’investissement public.
Cependant, d’après les indicateurs conjoncturels,
la baisse de la production dans ce secteur serait
moins forte.
L’investissement en biens d’équipement
progresserait nettement, soutenu par un besoin de
renouvellement des capacités de production après
une phase marquée d’ajustement depuis 2008.
Cet effort d’investissement serait en outre favorisé
par le redressement continu des marges des
entrepreneurs espagnols depuis plusieurs années
et par l’apaisement des tensions financières en
Espagne. ■
Espagne
Consolidation de lareprise
Consommation des ménages (observé et simulé)
Sources : Ine, calculs Insee
118 Note de conjoncture
Développements internationaux
Au Royaume- Uni , l ’ act i vi t é pr ogr esse
vigoureusement depuis le début de l’année et la
croissance atteindrait +1,4 % en 2013. D’ici
mi-2014, l’activité resterait solide, portée par
l’ensemble des secteurs, et notamment celui de
la construction. L’investissement serait dynamisé
par l es programmes publ i cs et par l es
perspectives favorables d’activité. Les effets de
richesse et la baisse du chômage favoriseraient
une baisse du taux d’épargne, même si le
soutien de la consommation se modèrerait début
2014. Au total, la croissance serait de +0,8 %au
quatrième trimestre 2013 puis +0,5 % par
trimestre au premier semestre 2014.
L’embellie se confirme
Au troisième trimestre 2013, l’activité britannique a
accéléré : +0,8 % après +0,7 % au deuxième
trimestre. Elle resterait très dynamique au
quatrième trimestre 2013 (+0,8 %). En effet,
l’indicateur composite des enquêtes européennes
et l’indicateur composite des PMI se sont envolés
cet été et restent à des niveaux très élevés en
novembre (cf. graphique). L’activité resterait très
dynamique dans la construction, favorisée par le
redémarrage du crédit, le programme
gouvernemental « Help to buy » et la relance de
l’investissement public. De plus, les taux
hypothécaires se maintiendraient à un niveau très
bas. Au total, le PIB britannique croîtrait de 1,4 %sur
l’année 2013. Au premier semestre 2014, l’activité
ralentirait légèrement (+0,5 % par trimestre) : les
gains de pouvoir d’achat resteraient modestes et la
consommation faiblirait quelque peu.
Le soutien de la consommation se
modérerait aupremier semestre2014
Au troisième trimestre, la consommation des
ménages a accéléré, soutenue par la forte
progression de l’emploi (+0,6 %) et la reprise du
marché immobilier qui génère des effets de
richesse. Au quatrième trimestre, la baisse du taux
de chômage (7,3 % après 7,6 %) et la hausse des
prix immobiliers se poursuivraient, si bien que la
consommation resterait dynamique. Cependant,
les prestations sociales seraient pénalisées par la
consolidation budgétaire et les salaires réels, s’ils
ne baisseraient plus, resteraient peu dynamiques :
au premier semestre 2014, la consommation
ralentirait. Au total, la baisse du taux de chômage
et les effets de richesse expliqueraient un recul du
taux d’épargne de 5,5 % au troisième trimestre
2013 à 5,1 % mi-2014.
Rebond des export at i ons et
investissement des entreprises
dynamique
Après avoir reculé cet été, les exportations
britanniques rebondiraient à partir du quatrième
trimestre, portées par l’accélération de la
demande mondiale, notamment en provenance
d’Europe. Les commandes des entreprises se
situent à un niveau élevé et des contraintes de
capacité commencent à réapparaître, notamment
dans l’industrie, si bien que leurs dépenses
d’investissement resteraient dynamiques. ■
Royaume-Uni
Le Royaume-Uni aremis les gaz
Les indicateurs des enquêtes s’envolent au Royaume-Uni
Sources : ONS, Markit, Commission européenne
Décembre 2013 119
Développements internationaux
Aux États-Unis, l’activité a été très dynamique au
troisième trimestre (+0,9 % dont 0,4 point de
contribution des stocks). Elle ralentirait au
quatrième trimestre 2013 : le marché immobilier
cal er ai t et l es dépenses publ i ques se
contracteraient en raison de la fermeture des
services fédéraux en octobre. Au premier
semestre 2014, l’activité retrouverait de l’élan :
sous réserve de la validation de l’accord
bipartisan de décembre, l’impulsion budgétaire
serait en effet nettement moins défavorable en
2014.
Malgré les coupes budgétaires,
l’activité résiste
L’année 2013 a été marquée par une politique
budgétaire très restrictive : les hausses de
prélèvements ont représenté environ 1,6 point de
RDB, les coupes automatiques sont entrées en
application au 1
er
mars et, en octobre, les services
fédéraux ont fermé durant 16 jours (« shutdown »).
Cependant, sous réserve de la validation de
l’accord bipartisan de décembre, la
politique budgétaire serait nettement moins
restrictive en 2014 qu’en 2013.
Les enquêtes de conjoncture restent très bien
orientées en octobre, ce qui suggère que l’activité
du secteur privé resterait solide. Les dépenses
fédérales se replieraient nettement au quatrième
trimestre 2013 sous l’effet du « shutdown » et
rebondiraient par contrecoup début 2014.
L’activité progresserait ainsi de 0,4 %au quatrième
trimestre, puis de 0,6 % par trimestre au premier
semestre 2014.
L’emploi resterait dynamique
Le dynamisme de la création d’emplois se
poursuivrait à l’horizon de la prévision et le taux de
chômage (7,0 % en novembre) reculerait de
nouveau légèrement d’ici mi-2014. Les salaires
accéléreraient légèrement, même si le niveau du
chômage continuerait de peser sur le pouvoir de
négociation des salariés. Enfin, l’inflation resterait
faible à 1,4 % en glissement annuel au deuxième
trimestre 2014. Au total, le pouvoir d’achat des
ménages augmenterait nettement. Laconsommation
des ménages n’accélérerait pas aussi fortement,
car elle continuerait de s’ajuster à l’effet du choc
fiscal du début d’année : ainsi, le taux d’épargne
se redresserait pour atteindre 5,2 % mi-2014.
Pause dans la reprise de l’immobilier
résidentiel
Depuis l’été 2011, le secteur de la construction
connaît une reprise vigoureuse. Les stocks de
logements invendus ont fortement diminué et les
permis de construire se sont redressés.
Néanmoins, depuis quelques mois, les mises en
chantier et les permis de construire stagnent
(cf. graphique). La nette hausse des taux d’intérêt,
liée à l’annonce de la modération du soutien
monétaire mis en place par la Fed, freinerait ainsi
la reprise en cours.
Les exportations américaines sont restées
dynamiques au troisième trimestre 2013 et
continueraient de progresser au même rythme que
les échanges mondiaux d’ici mi-2014. Enfin, dans
un contexte où les perspectives d’activité restent
positives, les entreprises profiteraient du haut
niveau de leurs marges et de conditions de
financement favorable, pour développer leurs
capacités productives.■
L’investissement résidentiel marque le pas (Dernier point : octobre 2013)
Source : US Census Bureau
États-Unis
L’activité résiste aux incertitudes budgétaire et
monétaire
120 Note de conjoncture
Développements internationaux
Au Japon, l’activité a ralenti au troisième trimestre
2013 (+0,3 % après +0,9 %), sous l’effet de la
stagnation de la consommation et du repli des
exportations. L’activité a été néanmoins soutenue
par le dynamisme de l’investissement public. À
l’horizon de la prévision, la politique budgétaire
prendrait un tour restrictif : les plans de relance
budgétaire perdraient en intensité et la TVA doit
augmenter de 5 % à 8 % au 1
er
avril 2014,
suscitant des achats anticipés de biens durables.
L’activité accélèrerait ainsi au quatrième trimestre
2013 (+0,7 %) et au premier trimestre 2014
(+0,8 %), avant de se contracter fortement au
deuxième trimestre (-0,8 %).
Au quatrième trimestre 2013, le
cl i mat des af f ai res rest e t rès
favorable
Arrivé au pouvoir fin 2012, le gouvernement de
Shinzo Abe a engagé une politique de relance
macroéconomique en jouant sur trois leviers : une
politique monétaire très expansionniste afin de
mettre un terme à la déflation, une nouvelle
relance budgétaire et un programme de réformes
structurelles visant à améliorer la croissance
potentielle. L’annonce de ces mesures a provoqué
une nette amélioration du climat des affaires et
l’activité a fortement rebondi depuis trois
trimestres. Par ailleurs, la dépréciation du yen a
permis une hausse des prix et l’inflation japonaise
a atteint +1,1 % en octobre, au plus haut depuis 4
ans (cf. graphique). Pour le quatrième trimestre
2013, les enquêtes de conjoncture disponibles
jusqu’en novembre restent très bien orientées et
l’activité conserverait un rythme soutenu (+0,7 %).
Hausse de TVA en 2014
À l’horizon de la prévision, la politique budgétaire
prendrait cependant un tour restrictif. D’une part, les
plans de relance budgétaire perdraient en intensité
et l’investissement public diminuerait. D’autre part,
la TVA doit augmenter de 5 % à 8 % au 1
er
avril
2014, ce qui conduirait certains ménages à
anticiper leurs achats de biens durables et leurs
investissements immobiliers. L’activité aurait ainsi
un profil heurté au premier semestre. L’effet de la
hausse de la TVA sur la consommation serait
néanmoins moins marqué que lors de la
précédente hausse en 1997 (de 2 % à 5 %). En
effet, le gouvernement a voté des mesures de
compensation pour les ménages les plus modestes
(0,2 point de RDB) et, surtout, la part dans la
consommation des biens durables, davantage
susceptibles de faire l’objet d’achats anticipés,
s’est considérablement réduite depuis 1997.
L’investissement des entreprises et
les exportations rebondiraient
Malgré la reprise de l’activité, l’investissement des
entreprises croît faiblement depuis le début de
l’année. D’ici mi-2014, l’investissement devrait
rebondir nettement, porté à la fois par
l’amélioration des perspectives d’activité et par
l’augmentation des crédits d’impôt, comme le
suggère le redressement des commandes privées
en biens d’équipement depuis 6 mois (+4,9 % au
troisième trimestre après +5,0 % au deuxième).
Les exportations japonaises augmenteraient d’ici
mi-2014, toujours soutenues par la forte
dépréciation du yen de début 2013 et portées par
la demande en provenance d’Asie. ■
Inflation à nouveau positive
Source : Statistics Bureau of Japan
Japon
Consommation anticipée
Après un premier semestre très décevant,
l’activité aurait accéléré dans les économies
émergentes au troisième trimestre 2013. Cette
situation d’ensemble masque des divergences
importantes : l’activité a accéléré en Chine et
dans les PECO mais reste globalement atone
dans les autres économies émergentes.
Cette divergence se poursuivrait à l’horizon de
la prévision. Les monnaies des pays à fort déficit
courant (Inde, Brésil, Indonésie, Turquie) se sont
fortement dépréciées cet été, en lien avec la
sortie anticipée du « Quantitative Easing »
américain, et leurs banques centrales ont
resserré leur politique monétaire. La Chine,
dopée par la hausse du crédit, et l’Europe de
l’Est, tirée par le redémarrage européen,
conserveraient un certain dynamisme à l’horizon
de la prévision. Au total, les importations
retrouveraient un comportement habituel au
regard de l’activité, et contribueraient à hauteur
de 0,4 point par trimestre à la progression de la
demande mondiale adressée à la France.
Accélération de l’activité en Chine
Au troisième trimestre 2013, l’activité a accéléré en
Chine (+2,2 % après +1,9 %). Selon les enquêtes
de conjoncture (cf. graphique 1) et les données de
production industrielle d’octobre (+10,3 % sur un
an), l’activité resterait relativement dynamique au
quatrième trimestre 2013. L’encours de crédit
continue d’augmenter ce qui, à court terme,
favorise la reprise du marché immobilier
(cf. graphique 2) avec notamment des prix des
logements en hausse : en octobre, les prix des
logements anciens croissent de 19,0 % sur un an à
Pékin et de 13,2 % à Shanghai (respectivement
16,4 % et 17,8 % pour les logements neufs). Par
ailleurs, les nouvelles mesures de relance
annoncées fin juillet (baisses d’impôts pour les PME
et subventions aux entreprises exportatrices)
produiraient des effets favorables sur
l’investissement. À l’horizon de la prévision, la
contribution du commerce extérieur resterait donc
négative en Chine, comme le suggèrent les
données douanières disponibles jusqu’en octobre,
tout comme les enquêtes sur les
approvisionnements qui indiquent que les
importations continueraient de progresser
vigoureusement.
Faible croissance pour les autres
grandes économies émergentes
La perspective d’une diminution de la création
monétaire aux États-Unis a provoqué un
rapatriement des capitaux investis par les
investisseurs privés, une baisse des bourses dans la
plupart des pays émergents et une brusque
dépréciation des monnaies cet été, en particulier
dans les pays à fort déficit courant (Inde, Brésil,
Indonésie, Turquie). Le real brésilien et la roupie
indienne ont respectivement perdu 17 % et 22 %
vis-à-vis du dollar d’avril à septembre. Confrontées
à cette glissade, les banques centrales sont parfois
intervenues sur le marché des changes (notamment
en Inde et au Brésil) et ont resserré leurs politiques
monétaires (Turquie, Indonésie, Russie, Brésil, Inde),
sur fond de tensions inflationnistes.
Décembre 2013 121
Développements internationaux
1 - L’activité marque le pas dans les économies émergentes, sauf en Chine
Dernier point novembre 2013, Inde T4 2013
Sources : Enquêtes nationales
Économies émergentes
En ordre dispersé
122 Note de conjoncture
Développements internationaux
Ainsi, après s’être nettement amélioré jusqu’au
début de l’année 2013, le climat des affaires dans
ces économies s’est détérioré cet été, en particulier
dans le secteur manufacturier, et se situe toujours à
un niveau très bas, comparativement au niveau
moyen des années 2000 (cf. graphique 1). En Inde
et au Brésil, le ralentissement de l’activité serait
particulièrement marqué, les resserrements
monétaires couplés à la dépréciation forte des
monnaies pesant sur les débiteurs largement
endettés en dollars.
L’Europe de l ’ Est ti rée par l e
redémarrage de la zone euro
En Russie, le glissement annuel du PIB est au plus
bas depuis trois ans, à +1,2 % au troisième
trimestre 2013, et la production industrielle a
stagné. De façon générale, l’activité est atone
depuis un an et les enquêtes ne montrent pas de
signe d’accélération notable. Malgré les mesures
de soutien budgétaire annoncées, la croissance
de l’économie russe resterait d’ici la fin de l’année
très en deçà de son rythme d’avant-crise (+1,5 %
par trimestre), même si l’accélération de
l’économie chinoise et notamment de ses
importations en matières premières soutiendraient
quelque peu l’activité.
L’Europe de l’Est redémarrerait, tirée par la reprise
de l’activité dans la zone euro. Selon les enquêtes
de la Commission européenne, le climat des
affaires est à nouveau favorable, au-dessus de sa
moyenne de long terme en Hongrie et en nette
augmentation en Pologne et en République
tchèque (cf. graphique 3). En Turquie, après le coup
de frein de mi-2012, l’activité a nettement accéléré
depuis le quatrième trimestre 2012. Malgré un
tassement depuis le début de l’année lié aux
resserrements monétaires et aux manifestations de
cet été, le climat des affaires se situe toujours
au-dessus de sa moyenne de long terme. Ainsi, la
dépréciation de la livre turque et l’amélioration de
la demande européenne stimuleraient les
exportations et, au total, l’activité résisterait en
Turquie d’ici mi-2014. ■
2 - Le marché immobilier chinois dopé par la progression du crédit
Source : National Bureau of Statistics of China
3 - L’Europe de l’Est et la Turquie tirées par la reprise de la zone euro
Dernier point : novembre 2013
Source : DG EcFin
Comptes
des pays
124 Note de conjoncture
Zone Euro
Variations trimestrielles en %
Variations
annuelles en %
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES
PIB -0,1 -0,3 -0,1 -0,5 -0,2 0,3 0,1 0,3 0,3 0,3 -0,6 -0,4 0,9
Consommation privée (58 %) -0,3 -0,5 -0,1 -0,5 -0,1 0,1 0,1 0,2 0,2 0,2 -1,4 -0,5 0,6
Investissement (18 %) -1,1 -2,0 -0,6 -1,2 -1,9 0,2 0,4 0,2 0,3 0,4 -3,9 -3,2 1,1
Consommation publique (21 %) -0,3 -0,3 -0,2 0,0 0,3 0,0 0,2 0,1 0,1 0,1 -0,6 0,3 0,4
Exportations (46 %) 0,8 0,9 0,7 -0,5 -1,0 2,1 0,2 1,6 1,4 1,4 2,7 1,3 4,3
Importations (43 %) 0,0 -0,2 0,3 -0,9 -1,2 1,6 1,0 1,4 1,2 1,4 -0,8 0,2 4,2
Contributions :
Demande intérieure hors stocks -0,5 -0,7 -0,2 -0,5 -0,4 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 -1,7 -0,8 0,6
Variations de stocks 0,1 0,0 -0,1 -0,2 0,1 -0,1 0,3 0,1 0,0 0,0 -0,5 -0,1 0,1
Commerce extérieur 0,3 0,5 0,2 0,2 0,1 0,3 -0,3 0,1 0,1 0,0 1,6 0,5 0,1
France (21 %)
1
Variations trimestrielles en %
Variations
annuelles en %
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES
PIB 0,0 -0,3 0,2 -0,2 -0,1 0,5 -0,1 0,4 0,2 0,2 0,0 0,2 0,7
Consommation privée (56 %) 0,2 -0,5 0,1 0,1 -0,1 0,4 0,2 0,3 0,1 0,1 -0,4 0,4 0,6
Investissement (20 %) -1,3 -0,4 -0,7 -0,6 -0,8 -0,4 -0,6 0,4 0,0 -0,1 -1,2 -2,2 -0,1
Consommation publique (27 %) 0,5 0,4 0,4 0,4 0,4 0,7 0,2 0,3 0,3 0,3 1,5 1,7 1,0
Exportations (27 %) 0,4 0,3 0,2 -0,6 -0,4 1,9 -1,5 2,3 0,7 0,7 2,5 0,6 2,7
Importations (30 %) 0,8 0,2 -0,1 -1,1 0,1 1,6 1,0 1,1 0,7 0,7 -0,9 1,2 2,9
Contributions
Demande intérieure hors stocks 0,0 -0,3 0,0 0,0 -0,1 0,4 0,0 0,3 0,2 0,2 -0,1 0,2 0,6
Variations de stocks 0,1 -0,1 0,1 -0,4 0,2 0,1 0,5 -0,2 0,0 0,0 -0,8 0,2 0,2
Commerce extérieur -0,1 0,0 0,1 0,2 -0,1 0,0 -0,7 0,3 0,0 0,0 1,0 -0,2 -0,1
Prévision
Note : Les % entre parenthèses représentent le poids dans le PIB en valeur en 2012.
ga : glissement annuel
cga : contributions au glissement annuel de l’indice d’ensemble
(1) Part dans le PIB de la zone euro en 2012
Sources : Eurostat, prévisions Insee
Inflation de la zone euro
variations en %, contributions en points
Juin
2013
Novembre
2013
Décembre
2013
Juin
2014
Moyennes
annuelles
Secteurs (poids dans l’indice en 2013)
ga cga ga cga ga cga ga cga 2012 2013
Ensemble (100,0 %) 1,6 1,6 0,9 0,9 1,0 1,0 1,1 1,1 2,5 1,4
Alimentation (alcools et tabac inclus)
(19,4 %)
3,2 0,6 1,6 0,3 1,5 0,3 1,4 0,3 3,1 2,7
dont : produits alimentaires (15,4 %) 3,2 0,5 1,1 0,2 0,9 0,1 0,7 0,1 2,8 2,4
boissons alcoolisées et tabac (4,0 %) 3,4 0,1 3,7 0,1 3,9 0,2 3,9 0,2 4,3 3,8
Énergie (11,0 %) 1,6 0,2 -1,1 -0,1 0,1 0,0 2,3 0,2 7,6 0,6
Inflation sous-jacente (69,7 %) 1,2 0,8 1,0 0,7 1,0 0,7 0,8 0,6 1,5 1,1
dont : produits manufacturés (27,4 %) 0,7 0,2 0,3 0,1 0,3 0,1 0,2 0,1 1,2 0,6
services (42,3 %) 1,4 0,6 1,5 0,6 1,4 0,6 1,2 0,5 1,8 1,4
Décembre 2013 125
Allemagne (28 %)
1
Variations trimestrielles en %
Variations
annuelles en %
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES
PIB 0,7 -0,1 0,2 -0,5 0,0 0,7 0,3 0,3 0,4 0,5 0,9 0,5 1,4
Consommation privée (57 %) 0,0 0,0 0,3 0,1 0,3 0,6 0,1 0,3 0,4 0,4 0,7 1,0 1,1
Investissement (18 %) -0,4 -1,9 0,1 -0,6 -1,9 1,6 1,6 0,1 0,8 0,9 -1,3 -0,8 2,8
Consommation publique (19 %) 0,4 -0,5 0,6 0,1 0,1 -0,2 0,5 0,2 0,2 0,2 1,0 0,5 0,6
Exportations (52 %) 1,7 1,4 0,5 -1,6 -1,0 2,4 0,1 1,6 1,2 1,4 3,8 0,6 4,1
Importations (46 %) 0,1 0,7 0,1 -0,9 -0,6 1,9 0,8 1,4 1,2 1,3 1,8 1,2 4,2
Contributions
Demande intérieure hors stocks 0,0 -0,4 0,3 -0,1 -0,2 0,6 0,4 0,2 0,4 0,4 0,4 0,6 1,3
Variations de stocks -0,1 -0,1 -0,3 0,1 0,4 -0,3 0,2 -0,1 0,0 0,0 -0,6 0,2 -0,1
Commerce extérieur 0,8 0,4 0,3 -0,5 -0,2 0,3 -0,4 0,2 0,1 0,1 1,1 -0,2 0,2
Italie (17 %)
1
Variations trimestrielles en %
Variations
annuelles en %
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES
PIB -1,1 -0,6 -0,5 -0,9 -0,6 -0,3 0,0 0,0 0,0 0,1 -2,6 -1,9 -0,1
Consommation privée (61 %) -1,8 -0,5 -1,5 -0,8 -0,5 -0,5 -0,2 -0,2 -0,1 -0,1 -4,2 -2,5 -0,6
Investissement (18 %) -3,8 -1,6 -1,3 -1,7 -2,9 0,0 -0,6 0,2 0,4 0,4 -8,4 -5,4 0,5
Consommation publique (21 %) -2,0 -0,5 -0,3 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -2,6 -0,2 0,0
Exportations (30 %) 0,2 -0,1 0,8 -0,1 -1,2 0,7 0,7 1,0 0,7 0,8 1,9 0,2 2,6
Importations (29 %) -2,7 -0,8 -1,6 -2,0 -0,5 -0,7 2,0 1,0 1,1 1,1 -7,5 -2,3 3,5
Contributions
Demande intérieure hors stocks -2,2 -0,7 -1,2 -0,8 -0,8 -0,3 -0,2 -0,1 0,0 0,0 -4,7 -2,5 -0,3
Variations de stocks 0,2 -0,1 0,0 -0,7 0,5 -0,4 0,6 0,0 0,0 0,1 -0,7 -0,1 0,3
Commerce extérieur 0,9 0,2 0,7 0,6 -0,2 0,4 -0,4 0,0 -0,1 -0,1 2,8 0,7 -0,2
Espagne (11 %)
1
Variations trimestrielles en %
Variations
annuelles en %
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES
PIB -0,4 -0,5 -0,4 -0,8 -0,4 -0,1 0,1 0,2 0,2 0,3 -1,6 -1,3 0,5
Consommation privée (59 %) 0,3 -1,2 -0,7 -2,0 -0,6 -0,1 0,4 0,1 0,2 0,3 -2,8 -2,5 0,7
Investissement (19 %) -1,7 -3,3 0,2 -3,0 -1,6 -2,0 0,2 0,0 0,3 0,3 -7,0 -5,9 0,1
Consommation publique (20 %) -1,8 0,0 -3,0 -0,3 1,3 -0,9 0,1 -0,8 -0,5 -0,5 -4,8 -1,2 -1,6
Exportations (32 %) -3,1 0,6 6,5 0,6 -4,3 6,4 2,2 1,2 1,2 1,2 2,1 5,5 5,7
Importations (31 %) -3,3 -2,2 4,6 -2,6 -4,5 5,2 2,8 0,5 0,9 1,0 -5,7 0,6 4,7
Contributions
Demande intérieure hors stocks -0,6 -1,4 -1,0 -1,8 -0,4 -0,6 0,3 -0,1 0,1 0,1 -4,1 -2,9 0,1
Variations de stocks 0,1 0,0 0,1 0,1 -0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1
Commerce extérieur 0,1 0,9 0,5 1,0 0,1 0,4 -0,2 0,2 0,1 0,1 2,5 1,6 0,4
Prévision
Note : Les % entre parenthèses représentent le poids dans le PIB en valeur en 2012.
Sources : Eurostat, prévisions Insee
126 Note de conjoncture
États-Unis
Variations trimestrielles en %
Variations
annuelles en %
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES
PIB 0,9 0,3 0,7 0,0 0,3 0,6 0,9 0,4 0,6 0,6 2,8 1,7 1,9
Consommation privée (69 %) 0,7 0,5 0,4 0,4 0,6 0,5 0,3 0,5 0,5 0,5 2,2 1,8 1,5
Investissement privé (15 %) 2,1 1,2 0,7 2,8 -0,4 1,6 1,3 1,0 1,3 1,6 8,3 4,5 4,3
Dépenses gouvernementales (19 %) -0,3 0,1 0,9 -1,7 -1,1 -0,1 0,1 -0,7 0,4 0,0 -1,0 -2,1 0,0
Exportations (13 %) 1,0 0,9 0,1 0,3 -0,3 1,9 0,9 1,3 1,3 1,3 3,5 2,4 4,3
Importations (17 %) 0,2 0,6 0,1 -0,8 0,2 1,7 0,7 1,2 1,2 1,2 2,2 1,7 3,8
Contributions
Demande intérieure hors stocks 0,7 0,5 0,6 0,3 0,1 0,5 0,5 0,4 0,6 0,6 2,5 1,5 1,7
Variations de stocks 0,1 -0,2 0,2 -0,5 0,2 0,1 0,4 0,0 0,0 0,0 0,2 0,2 0,3
Commerce extérieur 0,1 0,0 0,0 0,2 -0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 -0,1
Royaume-Uni
Variations trimestrielles en %
Variations
annuelles en %
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES
PIB 0,0 -0,5 0,6 -0,3 0,4 0,7 0,8 0,8 0,5 0,5 0,1 1,4 2,0
Consommation privée (63 %) 0,4 0,2 0,2 0,7 0,6 0,3 0,8 0,6 0,4 0,4 1,2 2,0 1,6
Investissement (14 %) 3,6 -0,8 -2,4 -3,8 0,1 0,8 1,4 1,3 1,3 1,0 0,9 -2,6 4,0
Consommation publique (24 %) 2,0 -0,7 0,0 -0,1 -0,2 0,5 0,6 0,3 0,3 0,3 1,6 0,3 1,2
Exportations (32 %) -1,8 -0,4 2,0 -1,7 0,1 3,0 -2,4 0,5 0,8 0,8 1,0 0,8 1,3
Importations (34 %) 0,6 1,4 0,8 -0,9 -0,8 2,9 0,4 0,5 0,7 0,7 3,1 1,7 2,5
Contributions
Demande intérieure hors stocks 1,2 -0,1 -0,2 -0,1 0,3 0,4 0,8 0,7 0,5 0,5 1,3 0,9 2,0
Variations de stocks -0,4 0,3 0,5 0,1 -0,2 0,3 0,9 0,1 0,0 0,0 -0,5 0,9 0,5
Commerce extérieur -0,8 -0,6 0,4 -0,2 0,3 0,0 -0,9 0,0 0,0 0,0 -0,7 -0,3 -0,4
Japon
Variations trimestrielles en %
Variations
annuelles en %
2012 2013 2014
2012 2013
2014
acquis
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
ÉQUILIBRE EMPLOIS-RESSOURCES
PIB 0,9 -0,5 -0,8 0,1 1,1 0,9 0,3 0,7 0,8 -0,8 1,4 1,6 1,1
Consommation privée (61 %) 0,4 0,4 -0,5 0,6 1,0 0,7 0,2 0,6 1,4 -2,2 2,1 2,0 0,4
Investissement (21 %) -0,3 0,2 -1,7 0,6 -0,1 2,0 1,8 1,1 1,0 0,2 3,2 2,3 3,5
Consommation publique (20 %) 1,3 -0,5 0,4 0,7 0,7 0,6 0,2 0,3 0,3 0,3 1,7 2,0 1,0
Exportations (15 %) 2,7 -0,5 -3,8 -3,0 3,9 2,9 -0,6 2,4 2,0 1,6 -0,1 1,9 5,5
Importations (17 %) 1,9 1,4 -0,4 -1,7 1,0 1,7 2,2 2,0 3,0 0,0 5,4 2,8 6,1
Contributions
Demande intérieure hors stocks 0,4 0,2 -0,6 0,6 0,7 1,0 0,6 0,7 1,1 -1,2 2,2 2,1 1,2
Variations de stocks 0,3 -0,3 0,3 -0,3 0,0 -0,2 0,2 0,0 -0,2 0,2 0,1 -0,3 0,0
Commerce extérieur 0,1 -0,3 -0,5 -0,1 0,4 0,1 -0,5 0,0 -0,3 0,3 -0,9 -0,2 -0,3
Prévision
Note : Les % entre parenthèses représentent le poids dans le PIB en valeur en 2012.
Sources : Eurostat, prévisions Insee
Compte associé
de la France
128 Note de conjoncture
Décembre 2013 129
130 Note de conjoncture
Décembre 2013 131
132 Note de conjoncture
Décembre 2013 133
134 Note de conjoncture

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