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CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE LYON ENTERPRISE EUROPE NETWORK/CCI DE LYON COMMISSION INTERNATIONALE DU

CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE LYON

CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE LYON ENTERPRISE EUROPE NETWORK/CCI DE LYON COMMISSION INTERNATIONALE DU BARREAU

ENTERPRISE EUROPE NETWORK/CCI DE LYON

D’INDUSTRIE DE LYON ENTERPRISE EUROPE NETWORK/CCI DE LYON COMMISSION INTERNATIONALE DU BARREAU DE LYON (CIBLY) CAHIER

COMMISSION INTERNATIONALE DU BARREAU DE LYON (CIBLY)

CAHIER LYONNAIS DE DROIT INTERNATIONAL

TRANSPORT INTERNATIONAL DE MARCHANDISES PAR ROUTE ET PAR VOIE FLUVIALE

Maître Frédéric BLANC, Avocat Associé BCF & ASSOCIES – LYON Membre de la CIBLY Arbitre ICC Membre de la Commission Française du Transport d’ICC FRANCE

Maître Séverine LAVIE, Avocat UNILAW – LYON Membre de la CIBLY

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AVANT PROPOS

L'essor considérable du commerce international qui a marqué l'évolution des vingt dernières années a entraîné un développement corrélatif des échanges ainsi qu'une diversification des origines et destinations des marchandises transportées.

Le transport international a permis et accompagné cette évolution.

Dans ce contexte, deux modes de transport international méritent un examen particulier :

- le transport international par route, qui joue un rôle essentiel dans les transports intra européens et dans les transports de pré ou de post-acheminement liés à un transport maritime transcontinental,

- le transport international fluvial, qui constitue, pour certaines catégories de marchandises, une

alternative au transport international par route dont le développement se heurte à des limites en termes

d'infrastructures et de contraintes environnementales.

Ces deux modes de transport sont chacun régis par une convention internationale qui définit la responsabilité des parties au contrat de transport :

- la Convention relative au contrat de transport international par route (CMR),

- la Convention de Budapest relative au contrat de transport de marchandises en navigation intérieure (CMNI).

Au regard de l’actualité de ces thèmes, il est apparu opportun de présenter aux membres du Club JEVI, dans le cadre de ce Cahier Lyonnais de Droit International, les principales dispositions de ces textes qui constituent une avancée significative dans le domaine de l'unification et de l'harmonisation du droit.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la coopération entre la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon et la Commission internationale du Barreau de Lyon (CIBLY).

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LE TRANSPORT INTERNATIONAL DE MARCHANDISES PAR ROUTE

LA CONVENTION RELATIVE AU CONTRAT DE TRANSPORT INTERNATIONAL DE MARCHANDISES PAR ROUTE (CMR)

INTRODUCTION

Il est inutile de souligner le caractère essentiel du transport routier international de marchandises dans le développement économique et les échanges.

En dépit des problèmes d’infrastructure et des contraintes environnementales, le transport international par route ne cesse de se développer et aucune solution alternative ne semble pouvoir infléchir de manière significative cette tendance.

Les transports routiers internationaux de marchandise relèvent de la Convention relative au contrat de transport international de marchandise par route (CMR) signée le 18 mai 1956 à Genève.

Le cinquantième anniversaire de cette convention a été célébré à l’occasion d’un symposium tenu à Deauville les 18 et 19 mai 2006.

Cette manifestation a été l’occasion de souligner la vitalité de la CMR qui est souvent citée comme exemple de réussite en matière d’unification du droit des transports.

La CMR a été élaborée sous les auspices de la CEE-ONU, grâce aux efforts conjugués de l’Institut international pour l’unification du droit privé (UNIDROIT), de la Chambre de Commerce Internationale (ICC) et de l’Union Internationale des Transports Routiers (IRU)

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Lors de son cinquantième anniversaire, la convention CMR était en application dans les quarante sept états suivants : Allemagne, Autriche, Béla Russe, Belgique, Bosnie Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Fédération de Russie, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Hongrie, Irlande, Iran (République islamique d’), Italie, Kasagstan, Kirghizstan, Lettonie, Liban, Lituanie, Luxembourg, ex République Yougoslave de Macédoine, Maroc, Moldavie, Mongolie, Norvège, Ouzbékistan, Pays Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Serbie et Monténégro, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tadjikistan, Tunisie, Turkménistan et Turquie.

La présente étude ne se propose pas de procéder à une étude exhaustive de la CMR.

Elle vise à présenter à l’intention des opérateurs du commerce international les principales dispositions de la convention relatives à la responsabilité du transporteur routier international de marchandises.

1 – LE CHAMP D’APPLICATION DE LA CMR

1 - La CMR s’applique à tous les transports au départ ou à destination d’un pays l’ayant ratifié (article 1 er , alinéa 1), même si le pays expéditeur ou destinataire n’y est pas partie.

Les dispositions de la CMR sont d’ordre public et excluent l’application des droits nationaux, sauf lorsqu’elles la prévoient expressément, ce qui est le cas, par exemple, en matière d’interruption et de suspension de la prescription (article 32, alinéa 3).

De même, les droits nationaux s’appliquent lorsqu’il s’agit de trancher une question que la CMR ne règle pas, ce qui est le cas, par exemple, des opérations de chargement et de déchargement, ou de la capitalisation des intérêts.

Il en résulte que les droits nationaux ne peuvent plus jouer qu’un rôle supplétif en matière de transport routier international.

2 - La CMR s’applique obligatoirement à tout contrat de transport routier de marchandise à titre onéreux, exécuté entre deux pays différents et dont l’un, au moins, est un pays contactant.

Les transports postaux, les transports funéraires et les déménagements sont exclus du champ d’application de la CMR.

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La CMR régit uniquement les rapports entre les parties au contrat de transport international, ce qui inclut les rapports entre le commissionnaire de transport et le transporteur (voiturier), même lorsque le commissionnaire de transport ne figure pas comme expéditeur sur la lettre de voiture.

La CMR ne s’applique donc pas dans les rapports entre le commissionnaire de transport et le chargeur / expéditeur, lesquels restent régis par le droit national, à défaut de stipulation contraire.

2 – LA LETTRE INTERNATIONALE DE VOITURE TYPE CMR

1 - L’article 4, § 1, de la CMR dispose que le contrat de transport est constaté par une lettre de voiture.

Cette rédaction consacre le caractère consensuel du contrat de transporteur routier international de marchandises qui se forme par simple échange des consentements.

L’article 4 de la CMR précise que « l’absence, l’irrégularité ou la perte de la lettre de voiture n’affecte ni l’existence, ni la validité du contrat de transport qui reste soumis aux dispositions de la présente convention ».

A défaut de lettre de voiture, l’existence et les modalités du contrat de transport peuvent être prouvés par

tout moyen.

Afin de faciliter l’établissement et la circulation de la lettre de voiture, la CMR réglemente avec précision

la

rédaction et le contenu de ce titre de transport.

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- L’article 6 de la CMR précise les mentions qui doivent figurer sur la lettre de voiture.

Certaines mentions sont obligatoires : lieu et date d’établissement, nom et adresse de l’expéditeur, nom et adresse du transporteur, lieu et date de prise en charge de la marchandise et lieu prévu pour la livraison, dénomination courante de la marchandise et mode d’emballage, nombre des colis et marques particulières, poids brut ou la quantité autrement exprimée, etc.

D’autres mentions sont facultatives : interdiction de transbordement, frais à la charge de l’expéditeur, montant du remboursement à percevoir lors de la livraison de la marchandise, valeur déclarée de la marchandise et somme représentant l’intérêt spécial à la livraison, instructions de l’expéditeur en ce qui concerne l’assurance de la marchandise, délai convenu pour le transport et liste des documents remis au transporteur.

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3 - L’article 9 de la CMR dispose que « la lettre voiture fait foi jusqu’à preuve du contraire des conditions du contrat et de la réception de la marchandise par le transporteur ».

La CMR n’impose pas de forme particulière ou un formulaire spécial pour la lettre de voiture.

Il importe de préciser ici que l’Union Internationale des Transports Routiers (IRU) a établi un modèle de lettre de voiture qui répond aux exigences de fond posées par la CMR et est généralement utilisé par les transporteurs.

3 - L’EXECUTION DU CONTRAT DE TRANSPORT

3.1 – LA PRISE EN CHARGE DES MARCHANDISES PAR LE TRANSPORTEUR

1 - La CMR ne règle pas les modalités d’exécution des opérations de chargement et de déchargement.

En l’absence de dispositions contractuelles sur ce point, la solution sera donnée par la loi nationale applicable (voir infra).

Lors de la prise en charge des marchandises, le transporteur est tenu de vérifier l’exactitude des mentions de la lettre de voiture relative au nombre, marque et numéro de colis, ainsi que l’état apparent de la marchandise et de son emballage.

2 - En cas d’anomalie quant à l’exactitude des mentions de la lettre de voiture ou l’état apparent des marchandises, le transporteur doit prendre des réserves sur la lettre de voiture.

Ces réserves doivent être motivées et acceptées par l’expéditeur.

L’article 8 de la CMR précise que ces réserves n’engagent pas l’expéditeur, si celui-ci ne les a pas expressément acceptées sur la lettre de voiture.

En l’absence de réserves, le transporteur est réputé avoir pris la marchandise telle qu’elle est décrite dans la lettre de voiture (nature, poids, quantité, nombre de colis…etc.)

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3 - Les réserves prises par le transporteur lors de la prise en charge des marchandises et acceptées expressément sur la lettre de voiture par l’expéditeur n’ont pas pour effet d’exonérer le transporteur de toute responsabilité ou de renverser la charge de la preuve.

De telles réserves ont simplement pour objet d’établir que certaines anomalies existaient antérieurement à la prise en charge des marchandises et qu’elles ne pourront être, par la suite, imputées au transporteur.

Cela étant, le transporteur ne pourra être exonéré que s’il fait la preuve que le dommage constaté a pour origine les défectuosités pour lesquelles il a pris les réserves à l’enlèvement des marchandises

3.2 - LES TRANSPORTS COMBINES

Il résulte de l’article 2 de la CMR que les transports combinés route / mer et route / fer sont soumis à la convention lorsqu’ils ne s’accompagnent pas d’une rupture de charge.

En d’autres termes, lorsqu’un transport régi par la CMR donne lieu à un transport combiné route / mer ou route / fer sans rupture de charge, la CMR régit le transport de bout en bout.

L’expéditeur et le destinataire ont pour seul interlocuteur le transporteur routier et n’ont aucun lien contractuel avec le transporteur maritime ou le transporteur ferroviaire substitué.

Ce principe supporte toutefois une dérogation.

En effet, si un dommage se produit au cours de la partie maritime ou ferroviaire du trajet, indépendamment de tout « acte ou omission » du transporteur routier, celui-ci reste tenu de répondre des conséquences de ce dommage vis à vis du chargeur mais ce, uniquement dans le cadre du droit applicable au mode de transport en cause et non plus dans le cadre des dispositions de la CMR.

Il en résulte que si un dommage se produit au cours d’une traversée maritime ou d’un transport ferroviaire, la responsabilité du transporteur routier sera régie par la législation applicable qui sera soit les Règles de LA HAYE-VISBY (Convention de Bruxelles) ou la convention CIM-COTIF, soit une loi nationale.

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3.3 - LES TRANSPORTS SUCCESSIFS

La CMR prévoit des dispositions particulières pour les transports effectués par transporteurs successifs (article 34 à 40).

Il est prévu que lorsque la marchandise est acheminée de bout en bout par le même véhicule routier, sans rupture de charge, la CMR s’applique à l’ensemble du transport, même si aucune lettre de voiture n’a été établie.

En revanche, lorsque le déplacement est effectué par plusieurs transporteurs successifs, l’article 34 de la CMR dispose qu’un titre unique de transport doit avoir été établi pour l’ensemble des opérations.

Dans cette hypothèse, c’est le caractère unique du titre de transport qui conditionne l’unité de l’opération.

Chacun des transporteurs successif intervient en effet sous le couvert de la lettre de voiture établie au départ et sur laquelle doit figurer son nom et son adresse.

Lorsque le transport est effectué par plusieurs transporteurs successifs, la rédaction d’une lettre de voiture est une condition nécessaire pour permettre l’application de la CMR à l’ensemble du transport international.

3.4 - LES OBLIGATIONS DE L’EXPEDITEUR

1 - L’obligation essentielle de l’expéditeur consiste à payer le prix du transport.

L’expéditeur a également pour obligation de joindre à la lettre de voiture ou de tenir à la disposition du transporteur, les documents nécessaires à l’accomplissement des formalités de douane, ainsi que les renseignements éventuellement exigés par les autorités administratives des pays traversés.

L’article 6, § 1 et 2, prévoit la liste des documents remis au transporteur, ainsi que les instructions qui doivent figurer sur la lettre de voiture.

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L’article 11 de la CMR dispose que l’expéditeur a l’obligation de joindre à la lettre de voiture ou de mettre à la disposition du transporteur les documents nécessaires à l’accomplissement des formalités de douane et autres à remplir avant la livraison de la marchandise et à lui fournir tous renseignements voulus.

L’article 11, alinéa 2, dispose que l’expéditeur est responsable envers le transporteur de tout dommage qui pourrait résulter de l’absence, de l’insuffisance ou de l’irrégularité de ces documents et renseignements, sauf en cas de faute du transporteur.

Lors de la livraison des marchandises, le destinataire doit vérifier que celles-ci sont conformes aux mentions figurant sur la lettre de voiture et les documents qui l’accompagnent.

2 - L’article 10 de la CMR prévoit que l’expéditeur est responsable envers le transporteur des dommages

aux personnes, au matériel ou à d’autres marchandises, ainsi que des frais qui auraient pour origine la défectuosité de l’emballage de la marchandise, à moins que le transporteur n’ait pas fait de réserves lors de la prise en charge des marchandises, alors que cette défectuosité était apparente.

3 - Il a déjà été précisé (voir supra) que la CMR ne prévoyait aucune disposition relative aux opérations de chargement, de déchargement et d’arrimage de la marchandise au départ.

Il convient donc de se reporter à la convention des parties ou de se référer à la loi nationale applicable au contrat.

En France, les dispositions des contrats types mettent à la charge du transporteur les chargements pour les envois de détail de moins de trois tonnes et à l’expéditeur pour les envois de trois tonnes et plus.

3.5 – LES MARCHANDISES DANGEREUSES

Les transports internationaux de marchandises dangereuses sont réglementés par l’accord européen ADR signé à Genève le 30 septembre 1957 et entré en vigueur le 23 janvier 1968, dont les dispositions ont été introduites dans le droit français.

La lettre de voiture doit comporter une mention certifiant que les marchandises sont admises au transport par route et que les prescriptions du règlement relatives au conditionnement, à l’emballage et à l’étiquetage ont été respectées.

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L’article 22 de la CMR dispose que l’expéditeur doit signaler au transporteur la nature réelle du danger présenté par la marchandise et lui indiquer, le cas échéant, les précautions à prendre.

A défaut, le transporteur est en droit de décharger à tout moment la marchandise, de la détruire ou de la

rendre inoffensive, sans aucune indemnité.

4 – LA REPARATION DES DOMMAGES

4.1 – LA CONSTATATION DES DOMMAGES

1 - En cas de perte, d’avarie ou de retard de la marchandise à l’arrivée, le signataire est tenu de faire constater ces dommages.

L’article 30 de la CMR dispose que le destinataire doit prendre des réserves contradictoirement avec le transporteur, au plus tard au moment de la livraison s’il s’agit de pertes ou avaries apparentes, ou dans les sept jours à dater de la livraison, dimanches et jours fériés non compris, lorsqu’il s’agit de pertes ou avaries non apparentes.

Le texte opère une distinction entre les dommages apparents et les dommages non apparents.

Lorsque le destinataire constate un manquant ou une avarie, qui sont apparents au moment de la livraison de la marchandise, il peut constater le dommage soit au moyen d’un contrat contradictoire avec

le transporteur, soit en prenant des réserves unilatérales.

2 - En pratique, les réserves sont le plus souvent prises sur l’exemplaire de la lettre de voiture qui reste en la possession du transporteur.

En l’absence de constat contradictoire ou de réserves valablement formulées, le destinataire est présumé avoir reçu les marchandises dans l’état décrit par la lettre de voiture, jusqu’à preuve du contraire.

Le constat contradictoire peut consister en l’apposition d’une mention sur la lettre de voiture ou tout autre document.

Pour revêtir un caractère contradictoire, cette mention doit impérativement être contresignée par les deux parties, afin que sa réalité et son caractère contradictoire ne puissent être contestés.

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Le constat contradictoire a pour effet d’écarter la présomption de livraison conforme.

Il ne constitue pas une reconnaissance de responsabilité de la part du transporteur des manquants ou des avaries mentionnés.

Lorsque les pertes ou avaries ne sont pas apparentes, l’article 30 de la CMR dispose que le destinataire doit prendre des réserves dans les sept jours à dater de la livraison, dimanches et jours fériés non compris.

Il en résulte que les pertes ou avaries non apparentes constatées à l’intérieur de ce délai de sept jours sont présumées s’être produites pendant le transport.

4.2 – L’ETENDUE DE LA RESPONSABILITE DU TRANSPORTEUR ROUTIER INTERNATIONAL

1 - L’article 17, alinéa 1 er , de la CMR dispose que le transporteur routier international est tenu responsable des pertes, avaries ou retards des marchandises à l’arrivée qui ont été constatés dans les conditions de l’article 30 de la convention.

Le texte fait peser sur le transporteur routier international une présomption de responsabilité et prévoit la possibilité pour le transporteur, d’invoquer des causes d’exonération de responsabilité (article 17, § 2 et

4)

La présomption de responsabilité qui pèse sur le transporteur routier international concerne les actes et omissions de sa part qui ont eu pour conséquence une perte, une avarie ou un retard, ainsi que les défaillances applicables soit au matériel, soit au personnel de l’entreprise.

2 - L’article 17, § 2, de la CMR permet au transporteur routier international de s’exonérer de sa responsabilité en invoquant l’une des causes générales d’exonération énumérées par le texte :

- faute de l’ayant droit,

- ordre de l’ayant droit,

- vice propre de la chose,

- circonstances que le transporteur ne pouvait pas éviter et aux conséquences desquelles il ne pouvait obvier.

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La notion de « circonstances que le transporteur ne pouvait pas éviter et aux conséquences desquelles il ne pouvait obvier » correspond à une notion plus étendue que celle de la force majeure du droit français.

En effet, cette notion n’exige pas le caractère imprévisible de l’événement pour exonérer le transporteur.

Une des applications pratiques les plus caractéristique de cette notion a été illustrée par la jurisprudence relative aux vols de cargaisons.

3 - L’article 17, § 4, de la convention énonce des causes spécifiques d’exonération du transporteur routier international qui sont au nombre de six :

- emploi de véhicules ouverts et non bâchés,

- absence ou défectuosité de l’emballage,

- manutention, chargement, arrimage ou déchargement de la marchandise par l’expéditeur ou le destinataire,

- nature particulière de certaines marchandises, rendant leur transport très délicat,

- Insuffisance ou imperfection des marques ou des numéros de colis,

- transport d’animaux vivants.

4 - L’originalité du système prévu par la CMR réside dans le mode d’administration de la preuve de la cause spécifique d’exonération qui est très favorable au transporteur.

Les modalités d’administration de la preuve sont prévues par l’article 18, § 2, de la CMR.

Il résulte de ces dispositions que le transporteur qui invoque une cause privilégiée d’exonération doit tout d’abord établir que le transport concerné entre bien dans l’un des six cas énumérés à l’article 17, § 4.

Le transporteur doit ensuite seulement établir que les circonstances de fait dans lesquelles s’est déroulé le transport et s’est produit le dommage permettent raisonnablement de penser que le dommage a pu provenir de la cause invoquée.

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En d’autres termes, le transporteur routier international n’est pas tenu de rapporter la preuve que le risque invoqué constitue la cause effective du dommage.

Il importe de préciser que l’ayant droit conserve toutefois la possibilité d’apporter la preuve contraire.

4.3 - L’INDEMNISATION DES PREJUDICES

1 - A la différence du droit français qui permet la réparation de tous les éléments du préjudice, pour

autant qu’ils soient prévisibles et justifiés (article 1150 du Code Civl), l’article 23 § 4 de la CMR limite la réparation au seul préjudice matériel subi du fait de la perte ou de la détérioration de la marchandise.

La CMR écarte la réparation d’un préjudice économique, commercial ou financier.

L’indemnisation est assise sur la valeur « départ » de la marchandise.

L’indemnité comprend en outre le prix du transport, les droits de douane et les autres frais encourus à l’occasion du transport litigieux.

2 - L’article 23, § 3, de la CMR institue une limitation d’indemnité destinée à réparer une perte ou une avarie.

Ce texte avait fait l’objet d’un protocole en date du 5 juillet 1978, destiné à introduire les DTS (Droits de Tirage Spéciaux)

C’est ainsi que le texte dispose que l’indemnité ne peut dépasser 8,33 DTS par kilogramme de poids brut manquant ou avarié.

3 - L’article 23, § 5, dispose que l’indemnité destinée à réparer le dommage résultant le retard ne peut dépasser le prix du transport.

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Il est possible de souscrire une déclaration de valeur (article 24) ou une déclaration d’intérêt spécial à la livraison (article 26) pour échapper à la limitation d’indemnité.

4 - A l’instar de la jurisprudence française qui prive le transporteur du bénéfice des limitations d’indemnité en cas de faute lourde, l’article 29 de la CMR dispose que le transporteur ne peut se prévaloir des dispositions qui excluent ou limitent sa responsabilité, lorsque le dommage est imputable à son dol ou à une faute qui, d’après la loi du tribunal saisi, est considérée comme équivalente au dol.

Le dol constitue un manquement particulièrement grave du transporteur à ses obligations contractuelles en ce qu’il s’agit d’un acte commis avec la volonté de nuire ou dans l’intention de tromper son cocontractant.

La faute lourde se distingue du dol en ce qu’elle ne comporte pas chez son auteur, l’intention de causer le dommage.

En France, la Cour de Cassation a défini la faute lourde comme étant « une faute qui suppose une négligence grossière confinant au dol et dénotant l’inaptitude du transporteur, maître de son action, à l’accomplissement de la mission contractuelle qu’il a acceptée » (Cass. com., 17/12/51,BT 1952, page 254).

La jurisprudence française assimile la faute lourde au dol.

La faute lourde doit être prouvée et elle se déduit des circonstances objectives de l’événement.

Il appartient, en conséquence, au juge de préciser sur quel manquement particulièrement grave du transporteur ou de ses préposés il se fonde pour lui imputer une faute lourde.

L’article 32 de la CMR dispose que le délai de prescription de l’action en responsabilité contre le transporteur est porté d’un an à trois ans en cas de dol ou faute lourde.

L’article 27 de la CMR dispose que l’indemnité allouée amiablement ou judiciairement à l’ayant droit est productive d’intérêts au taux de 5%.

Ces intérêts courent du jour où la réclamation écrite a été envoyée au transporteur.

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4.4 – RECLAMATIONS ET ACTIONS

1 - L’article 32 de la CMR dispose que les actions auxquelles peuvent donner lieu les transports soumis à la convention se prescrivent dans le délai d’un an.

Il convient de souligner que l’article 32, § 2, prévoit qu’une réclamation écrite suspend la prescription jusqu’au jour où le transporteur la repousse par écrit et restitue les pièces qui y étaient jointes.

Par rapport au droit français, ce régime est favorable à l’ayant droit qui peut suspendre la prescription ce qui lui permet d’éviter d’avoir à l’interrompre au moyen d’une assignation devant le tribunal.

2 - Si le contrat de transport ne comporte aucune clause attributive de juridiction, l’article 31 de la CMR prévoit que le demandeur peut saisir au choix les juridictions du pays sur le territoire duquel :

- le défendeur a sa résidence habituelle, son siège principal ou la succursale ou l’agence par l’intermédiaire de laquelle a été conclu le contrat de transport,

- sont situés le lieu de prise en charge ou celui prévu pour la livraison.

3 – L’article 33 de la CMR prévoit la possibilité pour les parties d’inclure dans le contrat de transport une clause d’arbitrage qui attribuera compétence à un tribunal arbitral.

La validité d’une telle clause est soumise à la condition qu’elle prévoit que le tribunal arbitral appliquera les dispositions de la CMR.

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LE TRANSPORT INTERNATIONAL DE MARCHANDISES PAR VOIE FLUVIALE

LA CONVENTION DE BUDAPEST RELATIVE AU CONTRAT DE TRANSPORT DE MARCHANDISES EN NAVIGATION INTÉRIEURE (CMNI)

INTRODUCTION

Après ces plusieurs tentatives infructueuses pour tenter d'élaborer une réglementation internationale uniforme, les États riverains du Rhin et du Danube ont finalement réussi à trouver un compromis, suite à une discussion entre plusieurs instances internationales :

1 - la Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR),

2 - la Commission du Danube,

3 - la Commission économique des Nations unies pour l'Europe

C’est ainsi que ces 3 commissions ont pu élaborer lors de

la réunion tenue à Budapest du

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septembre au 3 octobre 2000, la convention dite CMNI.

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États européens l’ont signée le 22 juin 2001 et elle est entrée en vigueur le 1er avril 2005.

Par la loi du 5 mars 2007, la France a autorisé la ratification de la Convention de Budapest.

Les pays qui l’ont adoptée sont, à l’heure actuelle : la Hongrie, la Suisse, la Roumanie, le Luxembourg, la Croatie, la République tchèque, la Bulgarie, les Pays-Bas, la Russie, l’Allemagne, , la Slovaquie.

La convention vise à instituer un régime juridique propre aux transports de marchandises par voie fluviale afin que les pays européens, qui en sont parties, disposent de règles communes dans ce domaine.

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1 - CHAMP D'APPLICATION DE LA CONVENTION CMNI

Ce texte concerne les contrats de transports fluviaux internationaux, plus exactement “tout contrat de transport lorsque le port de chargement ou le lieu de prise en charge et le port de déchargement ou le lieu de livraison prévus au contrat sont situés dans deux Etats différents dont au moins l’un est un Etat partie à la présente Convention”. (CMNI, art. 2).

Elle concerne aussi les transports fluvio-maritimes, à la condition cependant qu’un connaissement maritime n’ait pas été émis ou que la distance à parcourir en mer ne soit pas supérieure à celle des eaux intérieures.

On peut constater qu’il s’agit d’un champ d’application extensif, puisque la Convention CMNI s'applique à tout contrat de transport fluvial international, indépendamment de la nationalité du transporteur, de l’expéditeur, du destinataire ou du pavillon du bateau.

Elle s’appliquera si le port de chargement ou le lieu de prise en charge et le port de déchargement ou le lieu de livraison sont situés dans deux États différents, dont au moins l'un est un État partie à la Convention.

Ce champ d’application extensif, commun dans les instruments relatifs aux transports, vise à favoriser une large application de la convention.

Par ailleurs, la convention précise, en son article 2 § 1 que si le contrat prévoit un choix de plusieurs ports de déchargement ou de lieux de livraison, alors seul le port de déchargement ou le lieu de livraison effectif sera déterminant.

La convention ne vise pas les transports intérieurs de marchandises dans la mesure où le cabotage, c’est à dire le transport entre deux points situés dans un même État, est exclu de son champ d’application.

Toutefois, l’article 31 prévoit que les États parties peuvent déclarer la Convention applicable aux contrats de transport intérieurs réalisés sur leur propre territoire ou à l’inverse exclure l’application de la convention pour les contrats relatifs à des transports internationaux dont le trajet empruntera certaines voies navigables strictement nationales (art.30 § 1).

Cependant, la France n’envisage aucune de ces deux possibilités et s’en tiendra au champ d’application de “droit commun” de la convention tel qu’il est défini dans son article 2.

Pour les contrats de transport entrant dans son champ d'application, toutes les questions qui ne sont pas réglées par la Convention sont régies par la loi de l'État que les parties ont choisi.

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À défaut de choix, le droit applicable est celui de l'État avec lequel le contrat de transport présente les liens les plus étroits.

Il est présumé que le contrat de transport présente les liens les plus étroits avec l'État dans lequel se trouve l'établissement principal du transporteur au moment de la conclusion du contrat, si le port de chargement ou le lieu de prise en charge, ou le port de déchargement ou le lieu de livraison ou encore l'établissement principal de l'expéditeur se trouve également dans cet État.

Si le transporteur n'a pas d'établissement à terre et s'il a conclu le contrat de transport à bord de son bateau, il est présumé que le contrat présente les liens les plus étroits avec l'État dans lequel le bateau est enregistré ou dont il bat le pavillon, si le port de chargement ou le lieu de prise en charge, ou le port de déchargement ou le lieu de livraison ou encore l'établissement principal de l'expéditeur se trouve également dans cet État (CMNI, art. 29).

En revanche, la convention ne s’appliquera pas dans les cas suivants :

- limitation de responsabilité des propriétaires de bateaux ou navires : art. 27, al. 1 er ,

- transport à titre gratuit, sauf déclaration contraire de l’Etat partie : art. 31-b,

- bateaux remorqués ou poussés : art. 1er, § 7,

- responsabilité du transporteur avant le chargement et après le déchargement : art. 16, § 2.

2 - DOCUMENT DE TRANSPORT

Le document faisant preuve du contrat de transport et constatant la prise en charge ou la mise à bord des marchandises par un transporteur peut être établi sous la forme d'un connaissement ou d'une lettre de voiture, ou de tout autre document en usage dans le commerce (CMNI, art. 1er, § 6).

Le contrat est consensuel : l'absence du document de transport ou le fait qu'il soit incomplet n'affecte pas la validité du contrat de transport (CMNI, art. 11, § 1er).

Le document de transport fait foi, jusqu'à preuve du contraire, de la conclusion et du contenu du contrat de transport, ainsi que de la prise en charge des marchandises par le transporteur telles qu'elles y sont décrites (CMNI, art. 11, § 3).

Lorsque le document de transport est un connaissement et qu'il a été transmis à un tiers, la preuve contraire ne peut lui être opposée (CMNI, art. 13, §4).

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Seul le connaissement fait foi dans les relations entre le transporteur et le destinataire.

Les conditions du contrat de transport restent déterminantes dans les relations entre le transporteur et l'expéditeur (CMNI, art. 11, §4).

Le connaissement n'est établi qu'à la demande de l'expéditeur (CMNI, art. 11, § 1er).

Les exemplaires originaux du connaissement constituent des titres de valeur émis au nom du destinataire, à ordre ou au porteur (CMNI, art. 13, §1er).

Au lieu de livraison, les marchandises ne sont livrées que contre remise de l'exemplaire original présenté en premier lieu. Par la suite, elle ne peut plus être exigée contre remise des autres exemplaires originaux (art. 13 § 2).

2.1 - INDICATIONS A FOURNIR PAR L'EXPEDITEUR

L'expéditeur doit fournir au transporteur, avant la remise des marchandises et par écrit, les indications suivantes relatives aux marchandises:

- dimensions, nombre ou poids et coefficient d'arrimage des marchandises,

- marques qui sont nécessaires à l'identification des marchandises,

- nature, caractéristiques et propriétés des marchandises,

- instructions relatives au traitement douanier ou administratif des marchandises,

- autres indications nécessaires devant figurer dans le document de transport.

Il doit, en outre, remettre au transporteur tous les documents d'accompagnement prescrits (CMNI, art. 6, § 2).

Le transporteur est en droit de résilier le contrat de transport si l'expéditeur a manqué à ces obligations (CMNI, art. 9, § 1er).

Il faut entendre par “écrit” la situation dans laquelle l'information est transmise par un moyen électronique, optique ou tout autre moyen de communication similaire, y compris, mais non exclusivement, par télégramme, télécopie, télex, courrier électronique ou par échange électronique de données (EDI), pour autant que l'information reste accessible pour être utilisée ultérieurement comme référence (CMNI, art. 1er, §8).

- 19 -

2.2. - MENTIONS DU DOCUMENT DE TRANSPORT

Le document de transport doit contenir, outre sa dénomination, les indications suivantes:

- les noms, domiciles, sièges ou lieux de résidence du transporteur et de l'expéditeur,

- le destinataire des marchandises,

- le nom ou le numéro du bateau, si les marchandises sont prises à bord, ou la mention que les

marchandises ont été prises en charge par le transporteur, mais n'ont pas encore été chargées à bord

du bateau,

- le port de chargement ou le lieu de prise en charge et le port de déchargement ou le lieu de livraison,

- la désignation usuelle du type de marchandises et de leur emballage et, pour les marchandises

dangereuses ou polluantes, leur désignation conformément aux prescriptions en vigueur ou, à défaut,

leur désignation générale,

- les dimensions, le nombre ou le poids, ainsi que les marques d'identification des marchandises prises à bord ou prises en charge en vue du transport,

- l'indication, le cas échéant, que les marchandises peuvent ou doivent être transportées en pontée ou en cales ouvertes,

- les dispositions convenues relatives au fret,

- pour les lettres de voiture, la précision qu'il s'agit d'un original ou d'une copie,

- pour les connaissements, le nombre d'exemplaires originaux,

- le lieu et le jour de l'émission (CMNI, art. 11, § 5).

2.3. - MARCHANDISES DANGEREUSES OU POLLUANTES

Si des marchandises dangereuses ou polluantes doivent être transportées, l'expéditeur doit préciser par écrit au transporteur le danger et les risques de pollution inhérents à ces marchandises, ainsi que les précautions à prendre. Si le transport requiert une autorisation, il doit remettre les documents nécessaires au plus tard lors de la remise des marchandises (CMNI, art. 7, § 1er, et 7, § 2).

Le transporteur est en droit de résilier le contrat de transport si l'expéditeur a manqué à ces obligations (CMNI, art. 9, § 1er).

- 20 -

Lorsque la poursuite du transport, le déchargement ou la livraison des marchandises dangereuses ou polluantes sont rendus impossibles par l'absence d'une autorisation administrative, les frais occasionnés par le retour au port de chargement ou à un lieu plus proche, où les marchandises peuvent être déchargées et livrées ou éliminées, sont à la charge de l'expéditeur (CMNI, art. 7 § 3).

2.4.- RESPONSABILITE DE L'EXPEDITEUR

L'expéditeur répond de tous les dommages et dépenses occasionnés au transporteur du fait d'un manquement à son obligation d'information découlant des articles 6 § 2 et 7 § 1er de la Convention de Budapest.

Il en répond également en cas d'absence ou d'inexactitude des documents d'accompagnement (CMNI, art. 8 § 1er).

Le transporteur peut également résilier le contrat de transport, débarquer les marchandises aux frais de l'expéditeur et prétendre à une indemnisation selon les modalités fixées à l'article 9 § 2 de la Convention.

3 - EXÉCUTION DU CONTRAT

3.1. - PRISE EN CHARGE DE LA MARCHANDISE

Sauf s'il en a été convenu autrement, la prise en charge des marchandises a lieu à bord du bateau (CMNI, art. 3 § 2).

3.1.1. - Remise de la marchandise au transport

3.1.1.1. - Préparation de la marchandise

L'expéditeur doit, si la nature des marchandises l'exige et, compte tenu du transport convenu, emballer les marchandises, de sorte à prévenir leur perte ou avarie depuis la prise en charge jusqu'à la livraison par le transporteur et de sorte qu'elles ne puissent causer de dommages au bateau ou aux autres marchandises.

L'expéditeur doit, en outre, prévoir un marquage approprié conforme à la réglementation internationale ou nationale applicable ou, en l'absence de telles réglementations, suivant les règles et usages généralement reconnus en navigation intérieure (CMNI, art. 6 § 3).

- 21 -

3.1.1.2. - Réserves

Le transporteur est en droit d'inscrire des réserves sur le document de transport concernant les dimensions, le nombre ou le poids des marchandises, s'il a des raisons de soupçonner que les indications de l'expéditeur sont inexactes ou s'il n'a pas eu de moyens suffisants pour contrôler ces indications, notamment parce que les marchandises n'ont pas été comptées, mesurées ou pesées en sa présence, ou encore parce que, sans accord exprès, les dimensions ou le poids ont été déterminés par jaugeage (CMNI art. 12 § 1er - a).

Des réserves peuvent également être prises à l'égard des marques d'identification qui n'ont pas été apposées clairement et durablement sur les marchandises (CMNI art. 12 § 1er - b).

Enfin des réserves peuvent être prises sur l'état apparent des marchandises (CMNI, art.12 § 1 - c).

À défaut, le transporteur est réputé avoir mentionné dans le document de transport que les marchandises étaient en bon état (CMNI art. 12 § 2).

3.1.2. - Mise à disposition du bateau

3.1.2.1. - Bateau transporteur

Le transporteur décide du bateau à utiliser.

Il est tenu, avant et au départ du voyage, de faire preuve de la diligence requise afin que, compte tenu des marchandises à transporter, le bateau soit en état de recevoir la cargaison, en état de navigabilité, pourvu du gréement et de l'équipage prescrits par la réglementation en vigueur et muni des autorisations nationales et internationales nécessaires pour le transport des marchandises concernées (CMNI, art. 3, §3).

Lorsqu'il a été convenu d'effectuer le transport avec un bateau ou un type de bateau déterminé, le transporteur ne peut déroger à cette condition, sans l'accord de l'expéditeur, que dans des circonstances particulières énumérées par l'article 3 § 4 de la Convention de Budapest, à savoir des circonstances imprévisibles ou usages du port dans lequel se trouve le bateau.

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3.1.2.2. - Chargement

L'expéditeur doit charger les marchandises, les arrimer et les caler conformément aux usages de la navigation intérieure, à moins que le contrat de transport n'en dispose autrement (CMNI, art. 6 § 4).

Quant au transporteur, il doit garantir que le chargement, l'arrimage et le calage des marchandises n'affectent pas la sécurité du bateau (CMNI art. 3 § 5).

3.2. - DEPLACEMENT DE LA MARCHANDISE

3.2.1. - Sous-traitance

Toute personne à laquelle l'exécution du transport ou d'une partie du transport a été confiée par le transporteur est un transporteur substitué au sens de la Convention CMNI. Il ne s'agit ni du préposé ni du mandataire du transporteur (CMNI, art. 1er § 3).

Celui-ci doit informer l'expéditeur lorsqu'il confie l'exécution de toute ou partie du transport à un transporteur substitué (CMNI, art. 4 § 3).

3.2.1.1. - Relation expéditeur/transporteur

Le transporteur demeure responsable de la totalité du transport, conformément aux dispositions de la Convention CMNI (CMNI, art. 4, § 2 alinéa 1).

Il répond des actes et omissions du transporteur substitué et des préposés et mandataires de ce dernier, lorsqu'ils ont agi dans l'accomplissement de leurs fonctions (CMNI, art. 17 §2).

3.2.1.2. - Relation transporteur/transporteur substitué

Le transporteur se voit appliquer toutes les dispositions de la Convention CMNI relatives à l'expéditeur. Quant au transporteur substitué, il se voit appliquer toutes les dispositions relatives au transporteur pour le transport qu'il a effectué (CMNI, art. 4 § 2 alinéa 2).

En cas de faute dolosive ou inexcusable, il ne peut se prévaloir des exonérations et des limites de responsabilité prévues par la Convention (CMNI, art. 21 § 1er).

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3.2.2. - Soins aux marchandises

3.2.2.1. - Transport en pontée ou en cales ouvertes

Le transporteur ne peut transporter les marchandises en pontée ou en cales ouvertes que si cela a été convenu avec l'expéditeur ou est conforme aux usages du commerce considéré ou est exigé par les prescriptions en vigueur (CMNI, art. 3 §6).

3.2.2.2. - Marchandises dangereuses ou polluantes

En cas de danger immédiat pour les personnes, les choses ou l'environnement, le transporteur est en droit de débarquer, de rendre inoffensives les marchandises ou, à condition qu'une telle mesure ne soit pas disproportionnée au regard du danger qu'elles représentent, de détruire celles-ci même si, avant leur prise en charge, il a été informé ou a eu connaissance par d'autres moyens de la nature du danger ou des risques de pollution inhérents à ces marchandises (CMNI art. 7 § 4).

3.2.3. - Modification du contrat

La convention reconnaît à l'expéditeur d’une marchandise le droit d’en disposer. Dans ces conditions, il peut exiger du transporteur qu’il ne poursuive pas le transport, qu'il modifie le lieu de livraison ou livre les marchandises à un destinataire autre que celui indiqué dans le document de transport (CMNI art. 14 § 1er).

Ce droit de disposer s'éteint dès que le destinataire, après l'arrivée des marchandises au lieu de livraison prévu, aura demandé la livraison des marchandises (CMNI, art. 14 § 2).

Par une mention correspondante dans la lettre de voiture, l'expéditeur peut, au moment de rémission de celle-ci, renoncer à son droit de disposer au bénéfice du destinataire (CMNI art. 14 § 3).

S'il veut exercer son droit de disposer, l'expéditeur - ou le destinataire - doit, s'agissant d'un connaissement, en présenter tous les exemplaires originaux avant l'arrivée des marchandises au lieu de livraison prévu, ou, s'agissant d'un document de transport autre qu'un connaissement, présenter ce document dans lequel doivent être inscrites les nouvelles instructions données au transporteur (CMNI art. 15 a et b).

- 24 -

Il doit rembourser au transporteur tous les frais et tous les dégâts occasionnés par l'exécution des instructions et payer, dans le cas d'un déchargement des marchandises avant l'arrivée au lieu de livraison prévu, la totalité du fret convenu, à moins qu'il en ait été disposé autrement dans le contrat de transport (CMNI art. 15 c et d).

3.2.4. - Livraison

3.2.4.1. - Définition

La livraison est la mise à disposition des marchandises au destinataire conformément au contrat de transport ou aux usages du commerce considéré ou aux prescriptions en vigueur au port de déchargement. Est également considérée comme livraison la remise imposée à une autorité ou à un tiers (CMNI art. 10 § 2).

3.2.4.2. - Livraison à un tiers

La livraison à une autre personne qu'un ayant droit est considérée comme une perte (CMNI art. 19 § 1er).

3.2.4.3. - Délai

Le transporteur doit livrer les marchandises dans le délai convenu dans le contrat de transport ou, s'il n'a pas été convenu de délai, dans le délai qu'il serait raisonnable d'exiger d'un transporteur diligent, compte tenu des circonstances du voyage et d'une navigation sans entraves (CMNI art. 5).

3.2.4.4. - Lieu

Sauf s'il en a été convenu autrement, la livraison des marchandises a lieu à bord du bateau (CMNI art. 3 § 2).

3.2.4.5. - Obligations du destinataire

Le destinataire qui veut prendre livraison d'une marchandise voyageant sous couvert d'un connaissement doit en présenter l'original (CMNI art. 13 § 2).

- 25 -

3.3. - PAIEMENT DU PRIX

Le droit au fret est acquis à tout événement : les éventuels dommages ou pertes ne peuvent affecter le droit du transporteur à recevoir paiement de son fret (CMNI art. 19 § 5).

Si l'expéditeur est tenu au paiement des sommes dues en vertu du contrat de transport (CMNI art. 6 § 1er), le destinataire qui, après l'arrivée des marchandises sur le lieu de livraison, en demande la livraison, répond, conformément au contrat de transport, du fret et des autres créances pesant sur les marchandises, ainsi que de sa contribution en cas d'avarie commune.

En l'absence d'un document de transport ou si celui-ci n'a pas été présenté, le destinataire répond du fret convenu avec l'expéditeur si celui-ci correspond à la pratique du marché (CMNI, art. 10 § 1er).

La garantie réelle dont bénéficie le transporteur pour les créances visées à l'article 10 § 1er est régie par le droit de l'État dans lequel les marchandises se trouvent (CMNI art. 29 § 4).

4. - RÉPARATION DES DOMMAGES

4.1. - CONSTATATION DES DOMMAGES

L'acceptation sans réserve des marchandises constitue une présomption que le transporteur a livré les marchandises dans l'état et dans la quantité tels qu'elles lui ont été remises en vue du transport (CMNI art. 23 § 1er).

4.1.1. - Dommages apparents

Si les pertes ou les dommages aux marchandises sont apparents, toute réserve du destinataire doit être formulée par écrit en indiquant la nature générale du dommage, au plus tard au moment de la livraison.

Des réserves ne sont pas nécessaires si le destinataire et le transporteur ont constaté contradictoirement l'état des marchandises (CMNI art. 23 § 2 et 3).

4.1.2. - Dommages non apparents

Si les pertes ou les dommages aux marchandises ne sont pas apparents, toute réserve du destinataire doit être formulée par écrit en indiquant la nature générale du dommage, au plus tard dans un délai de sept jours consécutifs à compter du moment de la livraison, la personne lésée devant prouver, dans ce cas, que le dommage a été causé pendant que ces marchandises étaient sous la garde du transporteur (CMNI art. 23, § 4).

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4.1.3. - Retard

Le destinataire doit informer le transporteur du retard dans un délai de vingt et un jours consécutifs suivant la livraison des marchandises et doit être en mesure de prouver que ce dernier a bien reçu cet avis (CMNI art. 23, § 5).

4.1.4. - Marchandises transportées en conteneur ou en cales scellées

Lorsque, conformément aux indications figurant dans le document de transport, les marchandises ont été placées dans un conteneur ou dans des cales du bateau scellées par des personnes autres que le transporteur, ses préposés ou mandataires et lorsque ni le conteneur ni les scellés ne sont endommagés ou brisés jusqu'au port de déchargement ou au lieu de livraison, il est présumé que la perte des marchandises ou les dommages n'ont pas été occasionnés pendant le transport (CMNI art. 12, § 3).

4.2. - ÉTENDUE DE LA RESPONSABILITE

Comme les autres conventions internationales relatives au contrat de transport, qu'il soit routier, ferroviaire ou même maritime, la Convention de Budapest fixe de façon précise l'étendue de la responsabilité du transporteur fluvial international en faisant peser sur lui une présomption de responsabilité dont il ne peut s'exonérer que par la preuve d'une des causes d'exonération limitativement énumérées par la Convention.

En contrepartie de cette lourde responsabilité, le transporteur bénéficie de limitations d’indemnisation qui ne peuvent être écartées qu'en cas de déclaration de valeur ou d'intérêt spécial à la livraison, de faute dolosive ou inexcusable, cette faute lui interdisant, d'ailleurs, d'invoquer l'une des causes d'exonération prévues par la Convention (art. 21, § 1 er ).

Toute stipulation contractuelle qui viserait à exclure ou à atténuer la responsabilité du transporteur ou du transporteur substitué telle qu'elle est décrite ci-dessous est frappée de nullité par la Convention (art. 25, § 1 er ).

Ainsi, la convention prévoit des règles impérative en matière de responsabilité du transporteur.

Toute personne morale intervenant dans le contrat de transport est visée par cette convention.

Quant au destinataire, il dispose d’un certain nombre de droits et pèsent sur lui certaines obligations, sans pour autant être considéré comme formellement partie au contrat de transport.

- 27 -

4.2.1. - Présomption de responsabilité

Aux termes de l'article 16, § 1er de la Convention de Budapest, le transporteur fluvial est responsable du préjudice résultant des pertes ou dommages subis par les marchandises depuis leur prise en charge en vue du transport jusqu'à leur livraison ou résultant d'un dépassement du délai de livraison.

Présumé responsable des pertes, dommages ou retard régulièrement constatés et dénoncés, le transporteur assume donc une obligation de résultat et il n'y a pas lieu d'établir une quelconque faute de sa part.

4.2.2. - Causes exonératoires

4.2.2.1. - Causes générales d'exonération

Le transporteur s'exonère de sa responsabilité en prouvant que le préjudice résulte de circonstances qu'un transporteur diligent n'aurait pu éviter et aux conséquences desquelles il n'aurait pu obvier (CMNI, art. 16, § 1er).

Cette formule est similaire à celle inscrite dans la Convention CMR.

Cette cause générale d’exonération fait que la Convention de Budapest s’éloigne de la Convention de Bruxelles relative au transport maritime qui prévoit 17 cas exceptés, mais elle se rapproche des Règles de Hambourg.

Les Règles de Hambourg, tout comme la Convention de Budapest, face à ce cas excepté général, maintient deux cas exceptés particuliers : l’incendie (art. 5 § 4) et l’assistance ou la tentative d’assistance en mer (art. 5, § 6) avec un autre cas qui n’est pas prévu en revanche dans la convention de Budapest qui est relatif au transport d’animaux vivants (art. 5, § 5).

4.2.2.2. - Causes particulières d'exonération

Alain Sériaux explique que « les cas exceptés sont des causes objectives de dommage auxquelles le législateur confère une vertu exonératoire. Leur liste peut être plus ou moins longue, mais leur nature ne change pas. En dehors des cas exceptés, le transporteur est automatiquement responsable et ne peut s’exonérer. » (la faute du transporteur, A. Sériaux, Aix en Provence, thèse1981, p. 12).

- 28 -

L'article 18 de la Convention de Budapest ajoute une liste d'exonérations particulières de responsabilité”, dont le mécanisme s'inspire du système des « causes privilégiées » de libération ou « risques particuliers », posé par la CMR.

La Convention CMNI prévoit, tout d'abord que, le transporteur est exonéré de sa responsabilité lorsque la perte, les dommages ou le retard résultent de l'une de ces circonstances ou de l'un de ces risques énumérés à l’article 18, § 1 er de la convention de Budapest.

La Convention CMNI ajoute ensuite que le dommage est présumé avoir été causé par l'une de ces circonstances ou l'un de ces risques lorsque le transporteur démontre que, eu égard aux circonstances de fait, ce dommage a pu être causé par cette circonstance ou ce risque (CMNI, art. 18, § 2).

La preuve à apporter ici par le transporteur est plus légère que celle qui pèse sur lui sous l'empire de l'article 16 de la Convention, dans le cadre de la cause générale d’exonération.

Ainsi, pour les causes particulières d’exonération, le fardeau de la preuve est alors renversé et c'est à la victime de prouver que le préjudice ne résulte pas, ou pas exclusivement, de l'une de ces causes (CMNI, art. 18, § 2).

Ces causes particulières sont les suivantes:

- actes ou omissions de l'expéditeur, du destinataire ou de la personne habilitée à disposer,

- manutention, chargement, arrimage ou déchargement des marchandises par l'expéditeur ou le destinataire ou par des tiers agissant pour leur compte,

- transport des marchandises en pontée ou en cales ouvertes, si cela a été convenu avec l'expéditeur ou est conforme aux usages du commerce considéré ou est exigé par les prescriptions en vigueur,

- nature des marchandises exposées en totalité ou partiellement à la perte ou l'avarie, notamment par

bris, rouille détérioration interne, dessiccation, coulage, freinte de route normale - en volume ou en poids - ou par action de la vermine ou de rongeurs,

- absence ou défectuosité de l'emballage, lorsque les marchandises de par leur nature sont exposées à des pertes ou avaries en l'absence d'emballage ou en cas d'emballage défectueux,

- insuffisance ou imperfection des marques d'identification des marchandises,

- opérations ou tentatives d'opérations de secours ou de sauvetage sur les voies navigables,

- transport d'animaux vivants, sauf si le transporteur n'a pas pris les mesures ou observé les instructions convenues dans le contrat de transport.

- 29 -

Le transporteur fluvial a aussi la faculté, en cas de retard, d’invoquer toutes les causes particulières d'exonération énoncées ci-dessus, à la condition toutefois qu'il démontre précisément leur existence, ainsi que le lien de causalité avec le retard.

Alors que, en ce qui les concerne, les transporteurs routiers ne peuvent les invoquer que dans les seuls cas de perte ou d'avarie.

En revanche, et contrairement à la CMR, la Convention de Budapest ne prévoit pas expressément le vice propre comme cause d'exonération.

Mais, on peut supposer que, s'agissant d'une cause classique d'exonération du transporteur, le vice propre de la marchandise sera retenu par le juge comme “circonstances qu'un transporteur diligent n'aurait pu éviter et aux conséquences desquelles il ne pouvait obvier” (CMNI, art. 16 § 1er).

4-2-2-3- Causes conventionnelles d'exonération

La Convention de Budapest prévoit trois causes d'exonération particulières liées à la navigation fluviale et empruntées au droit maritime.

Elles ne figurent pas dans la liste des cas exceptés et doivent, en conséquence, avoir été prévues au contrat, ce qui les distingue des causes d'exonération décrites ci-dessus, lesquelles peuvent être invoquées dans tous les cas (Conv. CMNI, art. 25 § 2).

Ces causes de libération n'existent pas en droit français et le transporteur fluvial qui exécute un transport interne ne peut s'en prévaloir.

Elles ont été intégrées dans la Convention sous l'influence d'autres États rhénans, comme la Belgique, qui connaissent de telles causes d'exonération. Ces trois causes conventionnelles d'exonération sont les suivantes :

a - La faute nautique : art. 25 § 2 - a

b - L’incendie ou explosion : art. 25 § 2-b

c - La défectuosité ou innavigabilité du bateau

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4.2.3. - Indemnisation

4.2.3.1.- Calcul de l'indemnité

Lorsque le transporteur est responsable de la perte totale des marchandises, l'indemnité due par lui est égale à la valeur des marchandises au lieu et au jour de livraison selon le contrat de transport (CMNI, art. 19 § 1er).

Lors d'une perte partielle ou d'un dommage aux marchandises, le transporteur ne répond qu'à hauteur de la perte de valeur (CMNI, art. 19 § 2).

La valeur des marchandises est déterminée selon la valeur en bourse, à défaut de celle-ci, selon le prix du marché et, à défaut de l'une et de l'autre, selon la valeur usuelle de marchandises de même nature et qualité au lieu de livraison (CMNI, art. 19 § 3).

Seul le préjudice matériel sera indemnisé.

Pour les marchandises qui, par leur nature même, sont exposées à une freinte de route, le transporteur n'est tenu pour responsable, quelle que soit la durée du transport, que pour la part de freinte qui dépasse la freinte de route normale telle qu'elle est fixée par les parties au contrat de transport ou, à défaut, par les règlements ou usages en vigueur au lieu de destination (CMNI, art. 19 § 4).

4.2.3.2. - Limites maximales d’indemnisation

Des plafonds d’indemnisation ont été fixés et ce quelles que soient les marchandises transportées.

Cependant, les parties au contrat peuvent convenir d’un déplafonnement d’indemnisation lorsque la valeur des marchandises le justifie.

Pour les pertes et avaries et quelle que soit l'action menée contre lui, le transporteur ne répond en aucun cas de montants excédant 666,67 DTS pour chaque colis ou autre unité de chargement ou 2 DTS pour chaque kilogramme du poids de marchandises perdues ou endommagées, selon le montant le plus élevé (CMNI, art. 20 § 1 er ).

En cas de marchandises transportées en conteneur ou dispositif similaire, tout colis ou unité de chargement dont il est indiqué dans le document de transport qu'il se trouve dans ou sur ce dispositif est considéré comme un colis ou une autre unité de chargement.

- 31 -

Le plafond d'indemnisation est fixé à 1 500 DTS pour le seul conteneur et à 25 000 DTS pour les marchandises qu'il contient (CMNI, art. 20 § 1er).

En cas de préjudice dû à un retard de livraison, le transporteur ne répond que jusqu'à concurrence du montant du fret.

Lorsque des avaries sont consécutives au retard, il y a cumul des deux indemnités, mais ce cumul ne peut excéder la limite qui serait applicable en cas de perte totale des marchandises (CMNI, art. 20 § 3).

Les plafonds de réparation énoncés ci-dessus ne s'appliquent pas lorsque la nature et la valeur plus élevée des marchandises ou des dispositifs de transport ont été expressément mentionnées dans le document de transport et que le transporteur n'a pas réfuté ces précisions, ou bien encore lorsque les parties sont convenues expressément de limites maximales de responsabilité supérieures (CMNI, art. 20 § 4).

Sous réserve des dispositions de l'article 20 § 4 de la Convention de Budapest, toute stipulation contractuelle prévoyant des plafonds d'indemnisation inférieurs ou supérieurs à ceux décrits ci-dessus est frappée de nullité (CMNI, art. 25 § 1er).

En revanche, le transporteur ne pourra pas se prévaloir de ces exonérations ou limitations s'il est prouvé qu'il a lui-même causé le dommage par un acte ou une omission commis, soit avec l'intention de provoquer un tel dommage, soit témérairement et avec conscience qu'un tel dommage en résulterait probablement (CMNI art. 21 § 1er).

4.3. - PREPOSES ET MANDATAIRES DU TRANSPORTEUR

Le transporteur répond des actes et omissions de ses préposés et mandataires, ainsi que de ceux des préposés et mandataires du transporteur substitué, lorsque ces personnes ont agi dans l'accomplissement de leurs fonctions (CMNI, art. 17 § 1er et 2).

Un pilote désigné par une autorité et ne pouvant être choisi librement n'est pas considéré comme un préposé ou un mandataire du transporteur (CMNI, art. 17 § 4).

Lorsqu'une action est engagée contre eux, les préposés et mandataires du transporteur ou du transporteur substitué peuvent se prévaloir des mêmes exonérations et des mêmes limitations de responsabilité que celles prévues par la Convention CMNI en faveur du transporteur, sauf en cas de faute dolosive ou inexcusable (CMNI, art. 17 § 3 et 21 § 2).

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ANNEXES

- Convention relative au contrat de transport international par route (CMR)

- Convention de Budapest relative au contrat de transport de marchandises en navigation intérieure (CMNI)

5. - CONTENTIEUX

La convention ne prévoit pas de règles extensives relatives à la procédure.

Elle ne prévoit aucune disposition relative à la compétence juridictionnelle et à l’arbitrage. Les parties ont donc la faculté de choisir leur juridiction ou de soumettre leurs litiges à un arbitrage.

La convention ne fait que prévoir un délai de prescription.

En effet, toutes les actions nées d'un contrat régi par la Convention de Budapest se prescrivent dans le délai d'un an à compter du jour où les marchandises ont été ou auraient dû être livrées au destinataire.

Le jour du départ de la prescription n'est pas compris dans le délai (CMNI, art. 24 § 1er).

La suspension et l'interruption de la prescription sont régies par la loi de l'État applicable au contrat de transport (CMNI, art. 24 § 3).

- 33 -

La Convention de Budapest ne prévoit pas, contrairement à la Convention CMR, la possibilité de suspendre la prescription au moyen d'une réclamation écrite adressée au transporteur (CMNI, art. 32 § 2).

L'action récursoire d’une personne tenue pour responsable en vertu de la présente convention pourra être exercée dans un délai de 90 jours à compter de la date à laquelle le transporteur a fait droit à la réclamation ou a été assigné, ou bien encore si une procédure est engagée dans un délai plus long prévu par la loi de l'État où la procédure est engagée (CMNI, art. 24 § 4).

Toute stipulation contractuelle visant à réduire le délai de prescription est frappée de nullité (CMNI, art. 25 § 1er).

La Convention de Budapest ne contient aucune disposition relative à la compétence.

- 34 -

E/ECE/253

E/ECE/TRANS/489

CONVENTION ON THE CONTRACT FOR THE INTERNATIONAL CARRIAGE OF GOODS BY ROAD

(C M

and

R)

PROTOCOL OF SIGNATURE

done at Geneva on 19 May 1956

UNITED NATIONS

OF SIGNATURE done at Geneva on 19 May 1956 UNITED NATIONS NATIONS UNIES CONVENTION RELATIVE AU

NATIONS UNIES

CONVENTION RELATIVE AU CONTRAT DE TRANSPORT INTERNATIONAL DE MARCHANDISES PAR ROUTE

(C M

et

R)

PROTOCOLE DE SIGNATURE

en date, à Genève, du 19 mai 1956

CONVENTION RELATIVE AU CONTRAT DE TRANSPORT INTERNATIONAL DE MARCHANDISES PAR ROUTE (CMR)

Préambule

LES PARTIES CONTRACTANTES

AYANT RECONNU l’utilité de régler d’une manière uniforme les conditions du contrat de transport international de marchandises par route, particulièrement en ce qui concerne les documents utilisés pour ce transport et la responsabilité du transporteur,

SONT CONVENUES de ce qui suit:

Chapitre I

CHAMP D’APPLICATION

Article 1

1. La présente Convention s’applique à tout contrat de transport de marchandises par route à

titre onéreux au moyen de véhicules, lorsque le lieu de la prise en charge de la marchandise et le lieu prévu pour la livraison, tels qu’ils sont indiqués au contrat, sont situés dans deux pays différents dont l’un au moins est un pays contractant. Il en est ainsi quels que soient le domicile et la nationalité des parties.

2. Pour l’application de la présente Convention, il faut entendre par «véhicules» les

automobiles, les véhicules articulés, les remorques et les semi-remorques, tels qu’ils sont définis

par l’article 4 de la Convention sur la circulation routière en date du 19 septembre 1949.

3. La présente Convention s’applique même si les transports rentrant dans son champ

d’application sont effectués par des États ou par des institutions ou organisations

gouvernementales.

4. La présente Convention ne s’applique pas:

a) Aux transports effectués sous l’emp ire de conventions postales internationales;

b) Aux transports funéraires;

c) Aux transports de déménagement.

5. Les Parties contractantes s’interdisent d’apporter par voie d’accords particuliers conclus

entre deux ou plusieurs d’entre elles toute modification à la présente Convention, sauf pour soustraire à son empire leur trafic frontalier ou pour autoriser dans les transports empruntant exclusivement leur territoire l’emploi de la lettre de voiture représentative de la marchandise.

Article 2

1. Si le véhicule contenant les marchandises est transporté par mer, chemin de fer, voie

navigable intérieure ou air sur une partie du parcours, sans rupture de charge sauf, éventuellement, pour l’application des dispositions de l’article 14, la présente Convention s’applique, néanmoins, pour l’ensemble du transport. Cependant, dans la mesure où il est prouvé qu’une perte, une avarie ou un retard à la livraison de la marchandise qui est survenu au cours du transport par l’un des modes de transport autre que la route n’a pas été causé par un acte ou une omission du transporteur routier et qu’il provient d’un fait qui n’a pu se produire qu’au cours et en raison du transport non routier, la responsabilité du transporteur routier est déterminée non par la présente Convention, mais de la façon dont la responsabilité du transporteur non routier eût été déterminée si un contrat de transport avait été conclu entre l’expéditeur et le transporteur non routier pour le seul transport de la marchandise conformément aux dispositions impératives de la loi concernant le transport de marchandises par le mode de transport autre que la route. Toutefois, en l’absence de telles dispositions, la responsabilité du transporteur par route sera déterminée par la présente Convention.

2. Si le transporteur routier est en même temps le transporteur non routier, sa responsabilité

est également déterminée par le paragraphe 1 comme si sa fonction de transporteur routier et sa fonction de transporteur non routier étaient exercées par deux personnes différentes.

Chapitre II

PERSONNES DONT RÉPOND LE TRANSPORTEUR

Article 3

Pour l’application de la présente Convention, le transporteur répond, comme de ses propres actes et omissions, des actes et omissions de ses préposés et de toutes autres personnes aux services desquelles il recourt pour l’exécution du transporteur lorsque ces préposés ou ces personnes agissent dans l’exercice de leurs fonctions.

Chapitre III

CONCLUSION ET EXÉCUTION DU CONTRAT DE TRANSPORT

Article 4

Le contrat de transport est constaté par une lettre de voiture. L’absence, l’irrégularité ou la perte de la lettre de voiture n’affecte ni l’existence ni la validité du contrat de transport qui reste soumis aux dispositions de la présente Convention.

Article 5

1. La lettre de voiture est établie en trois exemplaires originaux signés par l’expéditeur et par

le transporteur, ces signatures pouvant être imprimées ou remplacées par les timbres de l’expéditeur et du transporteur si la législation du pays où la lettre de voiture est établie le permet. Le premier exemplaire est remis à l’expéditeur, le deuxième accompagne la marchandise et le troisième est retenu par le transporteur.

- 3 -

2.

Lorsque la marchandise à transporter doit être chargée dans des véhicules différents, ou

lorsqu’il s’agit de différentes espèces de marchandises ou de lots distincts, l’expéditeur ou le transporteur a le droit d’exiger l’établissement d’autant de lettres de voiture qu’il doit être utilisé

de véhicules ou qu’il y a d’espèces ou de lots de marchandises.

Article 6

1. La le ttre de voiture doit contenir les indications suivantes:

a) Le lieu et la date de son établissement;

b) Le nom et l’adresse de l’expéditeur;

c) Le nom et l’adresse du transporteur;

d) Le lieu et la date de la prise en charge de la marchandise et le lieu prévu pour la livraison;

e) Le nom et l’adresse du destinataire;

f) La dénomination courante de la nature de la marchandise et le mode d’emballage, et, pour les marchandises dangereuses, leur dénomination généralement reconnue;

g) Le nombre des colis, leurs marques particulières et leurs numéros;

h) Le poids brut ou la quantité autrement exprimée de la marchandise;

i) Les frais afférents au transport (prix de transport, frais accessoires, droits de douane et autres frais survenant à partir de la conc lusion du contrat jusqu’à la livraison);

j) Les instructions requises pour les formalités de douane et autres;

k) L’indication que le transport est soumis, nonobstant toute clause contraire, au régime établi par la présente Convention.

2. Le cas échéant, la lettre de voiture doit contenir, en outre, les indications suivantes:

a) L’interdiction de transbordement;

b) Les frais que l’expéditeur prend à sa charge;

c) Le montant du remboursement à percevoir lors de la livraison de la marchandise;

d) La valeur déclarée de la marchandise et la somme représentant l’intérêt spécial à la livraison;

e) Les instructions de l’expéditeur au transporteur en ce qui concerne l’assurance de la marchandise;

f) Le délai convenu dans lequel le transport doit être effectué;

g) La liste des documents remis au transporteur.

- 4 -

3.

Les parties peuvent porter sur la lettre de voiture toute autre indication qu’elles jugent

utile.

Article 7

1. L’expéditeur répond de tous frais et dommages que supporterait le transporteur en raison

de l’inexactitude ou de l’insuffisance:

a) Des indications mentionnées à l’article 6, paragraphes 1 b, d, e, f, g, h et j;

b) Des indications mentionnées à l’article 6, paragraphe 2;

c) De toutes autres indications ou instructions qu’il donne pour l’établissement de la lettre de voiture ou pour y être reportées.

2. Si, à la demande de l’expéditeur, le transporteur inscrit sur la lettre de voiture les mentions

visées au paragraphe 1 du présent article, il est considéré, jusqu’à preuve du contraire, comme agissant pour le compte de l’expéditeur.

3. Si la lettre de voiture ne contient pas la mention prévue à l’article 6, paragraphe 1 k,

le transporteur est responsable de tous frais et dommages que subirait l’ayant droit à la marchandise en raison de cette omission.

Article 8

1. Lors de la prise en charge de la marchandise, le transporteur est tenu de vérifier:

a) L’exactitude des mentions de la lettre de voiture relatives au nombre de colis, ainsi qu’à leurs marques et numéros;

b) L’état apparent de la marchandise et de son emballage.

2. Si le transporteur n’a pas de moyens raisonnables de vérifier l’exactitude des mentions

visées au paragraphe 1 a du présent article, il inscrit sur la lettre de voiture des réserves qui doivent être motivées. Il doit de même motiver toutes les réserves qu’il fait au sujet de l’état

apparent de la marchandise et de son emballage. Ces réserves n’engagent pas l’expéditeur, si celui-ci ne les a pas expressément acceptées sur la lettre de voiture.

3. L’expéditeur a le droit d’exiger la vérification par le transporteur du poids brut ou de la

quantité autrement exprimée de la marchandise. Il peut aussi exiger la vérification du contenu des colis. Le transporteur peut réclamer le paiement des frais de vérification. Le résultat des

vérifications est consigné sur la lettre de voiture.

Article 9

1. La lettre de voiture fait foi, jusqu’à preuve du contraire, des conditions du contrat et de la

réception de la marchandise par le transporteur.

2. En l’absence d’inscription sur la lettre de voiture de réserves motivées du transporteur, il y

a présomption que la marchandise et son emballage étaient en bon état apparent au moment de la prise en charge par le transporteur et que le nombre des colis, ainsi que leurs marques et numéros, étaient conformes aux énonciations de la lettre de voiture.

- 5 -

Article 10

L’expéditeur est responsable envers le transporteur des dommages aux personnes, au matériel ou à d’autres marchandises, ainsi que des frais, qui auraient pour origine la défectuosité de l’emballage de la marchandise, à moins que, la défectuosité étant apparente ou connue du transporteur au moment de la prise en charge, le transporteur n’ait pas fait de réserves à son sujet.

Article 11

1. En vue de l’accomplissement des formalités de douane et autres à remplir avant la

livraison de la marchandise, l’expéditeur doit joindre à la lettre de voiture ou mettre à la disposition du transporteur les documents nécessaires et lui fournir tous renseignements voulus.

2. Le transporteur n’est pas tenu d’examiner si ces documents et renseignements sont exacts

ou suffisants. L’expéditeur est responsable envers le transporteur de tous dommages qui pourraient résulter de l’absence, de l’insuffisance ou de l’irrégularité de ces documents et

renseignements, sauf en cas de faute du transporteur.

3. Le transporteur est responsable au même titre qu’un commissionnaire des conséquences de

la perte ou de l’utilisation inexacte des documents mentionnés sur la lettre de voiture et qui accompagnent celle-ci ou qui sont déposés entre ses mains; toutefois, l’indemnité à sa charge ne dépassera pas celle qui serait due en cas de perte de la marchandise.

Article 12

1. L’expéditeur a le droit de disposer de la marchandise, notamment en demandant au

transporteur d’en arrêter le transport, de modifier le lieu prévu pour la livraison ou de livrer la marchandise à un destinataire différent de celui indiqué sur la lettre de voiture.

2. Ce droit s’éteint lorsque le deuxième exemplaire de la lettre de voiture est remis au

destinataire ou que celui-ci fait valoir le droit prévu à l’article 13, paragraphe 1; à partir de ce moment, le transporteur doit se conformer aux ordres du destinataire.

3. Le droit de disposition appartient toutefois au destinataire dès l’établissement de la lettre

de voiture si une mention dans ce sens est faite par l’expéditeur sur cette lettre.

4. Si, en exerçant son droit de disposition, le destinataire ordonne de livrer la marchandise à

une autre personne, celle-ci ne peut pas désigner d’autres destinataires.

5. L’exercice du droit de disposition est subordonné aux conditions suivantes:

a) L’expéditeur ou, dans le cas visé au paragraphe 3 du présent article, le destinataire qui veut exercer ce droit doit présenter le premier exemplaire de la lettre de voiture, sur lequel doivent être inscrites les nouvelles instructions données au transporteur, et dédommager le transporteur des frais et du préjudice qu’entraîne l’exécution de ces instructions;

b) Cette exécution doit être possible au moment où les instructions parviennent à la personne qui doit les exécuter et elle ne doit ni entraver l’exploitation normale de l’entreprise du transporteur, ni porter préjudice aux expéditeurs ou destinataires d’autres envois.

- 6 -

c)

Les instructions ne doivent jamais avoir pour effet de diviser l’envoi.

6. Lorsque, en raison des dispositions prévues au paragraphe 5 b du présent article,

le transporteur ne peut exécuter les instructions qu’il reçoit, il doit en aviser immédiatement la

personne dont émanent ces instructions.

7. Le transporteur qui n’aura pas exécuté les instructions données dans les conditions prévues

au présent article ou qui se sera conformé à de telles instructions sans avoir exigé la présentation du premier exemplaire de la lettre de voiture sera responsable envers l’ayant droit du préjudice causé par ce fait.

Article 13

1. Après l’arrivée de la marchandise au lieu prévu pour la livraison, le destinataire a le droit

de demander que le deuxième exemplaire de la lettre de voiture lui soit remis et que la marchandise lui soit livrée, le tout contre décharge. Si la perte de la marchandise est établie, ou si la marchandise n’est pas arrivée à l’expiration du délai prévu à l’article 19, le destinataire est autorisé à faire valoir en son propre nom vis-à-vis du transporteur les droits qui résultent du contrat de transport.

2. Le destinataire qui se prévaut des droits qui lui sont accordés aux termes du paragraphe 1

du présent article est tenu de payer le montant des créances résultant de la lettre de voiture. En cas de contestation à ce sujet, le transporteur n’est obligé d’effectuer la livraison de la

marchandise que si une caution lui est fournie par le destinataire.

Article 14

1. Si, pour un motif quelconque, l’exécution du contrat dans les conditions prévues à la lettre

de voiture est ou devient impossible avant l’arrivée de la marchandise au lieu prévu pour la livraison, le transporteur est tenu de demander des instructions à la personne qui a le droit de

disposer de la marchandise conformément à l’article 12.

2. Toutefois, si les circonstances permettent l’exécution du transport dans des conditions

différentes de celles prévues à la lettre de voiture et si le transporteur n’a pu obtenir en temps utile les instructions de la personne qui a le droit de disposer de la marchandise confo rmément à l’article 12, il prend les mesures qui lui paraissent les meilleures dans l’intérêt de la personne ayant le droit de disposer de la marchandise.

Article 15

1. Lorsque, après l’arrivée de la marchandise au lieu de destination, il se présente des

empêchements à la livraison, le transporteur demande des instructions à l’expéditeur. Si le destinataire refuse la marchandise, l’expéditeur a le droit de disposer de celle-ci sans avoir à

produire le premier exemplaire de la lettre de voiture.

2. Même s’il a refusé la marchandise, le destinataire peut toujours en demander la livraison

tant que le transporteur n’a pas reçu d’instructions contraires de l’expéditeur.

3. Si l’empêchement à la livraison se présente après que, conformément au droit qu’il détient

en vertu de l’article 12, paragraphe 3, le destinataire a donné l’ordre de livrer la marchandise à

une autre personne, le destinataire est substitué à l’expéditeur, et cette autre personne au destinataire, pour l’application des paragraphes 1 et 2 ci-dessus.

- 7 -

Article 16

1. Le transporteur a droit au remboursement des frais que lui cause sa demande

d’instructions, ou qu’entraîne pour lui l’exécution des instructions reçues, à moins que ces frais

ne soient la conséquence de sa faute.

2. Dans les cas visés à l’article 14, paragraphe 1, et à l’article 15, le transporteur peut

décharger immédiatement la marchandise pour le compte de l’ayant droit; après ce déchargement, le transport est réputé terminé. Le transporteur assume alors la garde de la marchandise. Il peut toutefois confier la marchandise à un tiers et n’est alors responsable que du choix judicieux de ce tiers. La marchandise reste grevée des créances résultant de la lettre de voiture et de tous autres frais.

3. Le transporteur peut faire procéder à la ve nte de la marchandise sans attendre

d’instructions de l’ayant droit lorsque la nature périssable ou l’état de la marchandise le justifie ou lorsque les frais de garde sont hors de proportion avec la valeur de la marchandise. Dans les

autres cas, il peut également faire procéder à la vente lorsque, dans un délai raisonnable, il n’a pas reçu de l’ayant droit d’instructions contraires dont l’exécution puisse équitablement être exigée.

4. Si la marchandise a été vendue en application du présent article, le produit de la vente doit

être mis à la disposition de l’ayant droit, déduction faite des frais grevant la marchandise. Si ces

frais sont supérieurs au produit de la vente, le transporteur a droit à la différence.

5. La façon de procéder en cas de vente est déterminée par la loi ou les usages du lieu où se

trouve la marchandise.

Chapitre IV

RESPONSABILITÉ DU TRANSPORTEUR

Article 17

1. Le transporteur est responsable de la perte totale ou partielle, ou de l’avarie, qui se produit

entre le moment de la prise en charge de la marchandise et celui de la livraison, ainsi que du retard à la livraison.

2. Le transporteur est déchargé de cette responsabilité si la perte, l’avarie ou le retard a eu

pour cause une faute de l’ayant droit, un ordre de celui-ci ne résultant pas d’une faute du transporteur, un vice propre de la marchandise, ou des circonstances que le transporteur ne pouvait pas éviter et aux conséquences desquelles il ne pouvait pas obvier.

3. Le transporteur ne peut exciper, pour se décharger de sa responsabilité, ni des

défectuosités du véhicule dont il se sert pour effectuer le transport, ni de fautes de la personne

dont il aurait loué le véhicule ou des préposés de celle-ci.

4. Compte tenu de l’article 18, paragraphes 2 à 5, le transporteur est déchargé de sa

responsabilité lorsque la perte ou l’avarie résulte des risques particuliers inhérents à l’un des faits suivants ou à plusieurs d’entre eux:

a) Emploi de véhicules ouverts et non bâchés, lorsque cet emploi a été convenu d’une manière expresse et mentionné dans la lettre de voiture;

- 8 -

b) Absence ou défectuosité de l’emballage pour les marchandises exposées par leur nature à des déchets ou avaries quand elles ne sont pas emballées ou sont mal emballées;

c) Manutention, chargement, arrimage ou déchargement de la marchandise par l’expéditeur ou le destinataire ou des personnes agissant pour le compte de l’expéditeur ou du destinataire;

d) Nature de certaines marchandises exposées, par des causes inhérentes à cette nature même, soit à perte totale ou partielle, soit à avarie, notamment par bris, rouille, détérioration interne et spontanée, dessiccation, coulage, déchet normal ou action de la vermine et des rongeurs;

e) Insuffisance ou imperfection des marques ou des numéros de colis;

f) Transport d’animaux vivants.

5. Si, en vertu du présent article, le transporteur ne répond pas de certains des facteurs qui ont

causé le dommage, sa responsabilité n’est engagée que dans la proportion où les facteurs dont il répond en vertu du présent article ont contribué au dommage.

Article 18

1. La preuve que la perte, l’avarie ou le retard a eu pour cause un des faits prévus à

l’article 17, paragraphe 2, incombe au transporteur.

2. Lorsque le transporteur établit que, eu égard aux circonstances de fait, la perte ou l’avarie

a pu résulter d’un ou de plusieurs des risques particuliers prévus à l’article 17, paragraphe 4, il y

a présomption qu’elle en résulte. L’ayant droit peut toutefois faire la preuve que le dommage n’a

pas eu l’un de ces risques pour cause totale ou partielle.

3. La présomption visée ci-dessus n’est pas applicable dans le cas prévu à l’article 17,

paragraphe 4 a, s’il y a manquant d’une importance anormale ou perte de colis.

4. Si le transport est effectué au moyen d’un véhicule aménagé en vue de soustraire les

marchandises à l’influence de la chaleur, du froid, des variations de température ou de l’humidité de l’air, le transporteur ne peut invoquer le bénéfice de l’article 17, paragraphe 4 d, que s’il fournit la preuve que toutes les mesures lui incombant, compte tenu des circonstances, ont été prises en ce qui concerne le choix, l’entretien et l’emploi de ces aménagements et qu’il s’est conformé aux instructions spéciales qui ont pu lui être données.

5. Le transporteur ne peut invoquer le bénéfice de l’article 17, paragraphe 4 f, que s’il fournit

la preuve que toutes les mesures lui incombant normalement, compte tenu des circonstances, ont été prises et qu’il s’est conformé aux instructions spéciales qui ont pu lui être données.

Article 19

Il y a retard à la livraison lorsque la marchandise n’a pas été livrée dans le délai convenu, ou s’il n’a pas été convenu de délai, lorsque la durée effective du transport dépasse, compte tenu des circonstances et, notamment, dans le cas d’un chargement partiel, du temps voulu pour assembler un chargement complet dans des conditions normales, le temps qu’il est raisonnable d’allouer à des transporteurs diligents.

- 9 -

Article 20

1. L’ayant droit peut, sans avoir à fournir d’autres preuves, considérer la marchandise comme

perdue quand elle n’a pas été livrée dans les 30 jours qui suivent l’expiration du délai convenu

ou, s’il n’a pas été convenu de délai, dans les 60 jours qui suivent la prise en charge de la marchandise par le transporteur.

2. L’ayant droit peut, en recevant le paiement de l’indemnité pour la marchandise perdue,

demander, par écrit, à être avisé immédiatement dans le cas où la marchandise serait retrouvée au cours de l’année qui suivra le paiement de l’indemnité. Il lui est donné par écrit acte de cette

demande.

3. Dans les 30 jours qui suivent la réception de cet avis, l’ayant droit peut exiger que la

marchandise lui soit livrée contre paiement des créances résultant de la lettre de voiture et contre restitution de l’indemnité qu’il a reçue, déduction faite éventuellement des frais qui auraient été compris dans cette indemnité, et sous réserve de tous droits à l’indemnité pour retard à la livraison prévue à l’article 23 et, s’il y a lieu, à l’article 26.

4. À défaut soit de la demande prévue au paragraphe 2, soit d’instructions données dans le

délai de 30 jours prévu au paragraphe 3, ou encore si la marchandise n’a été retrouvée que plus d’un an après le paiement de l’indemnité, le transporteur en dispose conformément à la loi du lieu où se trouve la marchandise.

Article 21

Si la marchandise est livrée au destinataire sans encaissement du remboursement qui aurait dû être perçu par le transporteur en vertu des dispositions du contrat de transport, le transporteur est tenu d’indemniser l’expéditeur à concurrence du montant du remboursement, sauf son recours contre le destinataire.

Article 22

1. Si l’expéditeur remet au transporteur des marchandises dangereuses, il lui signale la nature

exacte du danger qu’elles présentent et lui indique éventuellement les précautions à prendre. Au cas où cet avis n’a pas été consigné sur la lettre de voiture, il appartient à l’expéditeur ou au destinataire de faire la preuve, par tous autres moyens, que le transporteur a eu connaissance de la nature exacte du danger que présentait le transport desdites marchandises.

2. Les marchandises dangereuses qui n’auraient pas été connues comme telles par le

transporteur dans les conditions prévues au paragraphe 1 du présent article, peuvent à tout moment et en tout lieu être déchargées, détruites, ou rendues inoffensives par le transporteur, et ce sans aucune indemnité; l’expéditeur est en outre responsable de tous frais et dommages résultant de leur remise au transport ou de leur transport.

Article 23

1. Quand, en vertu des dispositions de la présente Convention, une indemnité pour perte

totale ou partielle de la marchandise est mise à la charge du transporteur, cette indemnité est calculée d’après la valeur de la marchandise au lieu et à l’époque de la prise en charge.

- 10 -

2.

La valeur de la marchandise est déterminée d’après le cours en bourse ou, à défaut, d’après

le prix courant sur le marché ou, à défaut de l’un et de l’autre, d’après la valeur usuelle des marchandises de même nature et qualité.

3. Toutefois, l’indemnité ne peut dépasser 25 francs par kilogramme du poids brut manquant.

Le franc s’entend du franc-or, d’un poids de 10/31 de gramme au titre de 0,900.

4. Sont en outre remboursés le prix du transport, les droits de douane et les autres frais

encourus à l’occasion du transport de la marchandise, en totalité en cas de perte totale, et au prorata en cas de perte partielle; d’autres dommages- intérêts ne sont pas dus.

5. En cas de retard, si l’ayant droit prouve qu’un préjudice en est résulté, le transporteur est

tenu de payer pour ce préjudice une indemnité qui ne peut pas dépasser le prix du transport.

6. Des indemnités plus élevées ne peuvent être réclamées qu’en cas de déclaration de la

valeur de la marchandise ou de déclaration d’intérêt spécial à la livraison, conformément aux articles 24 et 26.

Article 24

L’expéditeur peut déclarer dans la lettre de voiture, contre paiement d’un supplément de prix à convenir, une valeur de la marchandise excédant la limite mentionnée au paragraphe 3 de l’article 23 et, dans ce cas, le montant déclaré se substitue à cette limite.

Article 25

1. En cas d’avarie, le transporteur paie le montant de la dépréciation calculée d’après la

valeur de la marchandise fixée conformément à l’article 23, paragraphes 1, 2 et 4.

2. Toutefois, l’indemnité ne peut dépasser:

a) Si la totalité de l’expédition est dépréciée par l’avarie, le chiffre qu’elle aurait atteint en cas de perte totale;

b) Si une partie seulement de l’expédition est dépréciée par l’avarie, le chiffre qu’elle aurait atteint en cas de perte de la partie dépréciée.

Article 26

1. L’expéditeur peut fixer, en l’inscrivant à la lettre de voiture, et contre paiement d’un

supplément de prix à convenir, le montant d’un intérêt spécial à la livraison, pour le cas de perte ou d’avarie et pour celui de dépassement du délai convenu.

2. S’il y a eu déclaration d’intérêt spécial à la livraison, il peut être réclamé, indépendamment

des indemnités prévues aux articles 23, 24 et 25, et à concurrence du montant de l’intérêt déclaré, une indemnité égale au dommage supplémentaire dont la preuve est apportée.

Article 27

1. L’ayant droit peut demander les intérêts de l’indemnité. Ces intérêts, calculés à raison de

5 % l’an, courent du jour de la réclamation adressée par écrit au transporteur ou, s’il n’y a pas eu

de réclamation, du jour de la demande en justice.

- 11 -

2.

Lorsque les éléments qui servent de base au calcul de l’indemnité ne sont pas exprimés

dans la monnaie du pays où le paiement est réclamé, la conversion est faite d’après le cours du jour et du lieu du paiement de l’indemnité.

Article 28

1. Lorsque, d’après la loi applicable, la perte, l’avarie ou le retard survenu au cours d’un

transport soumis à la présente Convention peut donner lieu à une réclamation extra-contractuelle, le transporteur peut se prévaloir des dispositions de la présente Convention qui excluent sa

responsabilité ou qui déterminent ou limitent les indemnités dues.

2. Lorsque la responsabilité extra-contractuelle pour perte, avarie ou retard d’une des

personnes dont le transporteur répond aux termes de l’article 3 est mise en cause, cette personne

peut également se prévaloir des dispositions de la présente Convention qui excluent la responsabilité du transporteur ou qui déterminent ou limitent les indemnités dues.

Article 29

1. Le transporteur n’a pas le droit de se prévaloir des dispositions du présent chapitre qui

excluent ou limitent sa responsabilité ou qui renversent le fardeau de la preuve, si le dommage provient de son dol ou d’une faute qui lui est imputable et qui, d’après la loi de la juridiction saisie, est considérée comme équivalente au dol.

2. Il en est de même si le dol ou la faute est le fait des préposés du transporteur ou de toutes

autres personnes aux services desquelles il recourt pour l’exécution du transport lorsque ces préposés ou ces autres personnes agissent dans l’exercice de leurs fonctions. Dans ce cas, ces préposés ou ces autres personnes n’ont pas davantage le droit de se prévaloir, en ce qui concerne leur responsabilité personnelle, des dispositions du présent chapitre visées au paragraphe 1.

Chapitre V

RÉCLAMATIONS ET ACTIONS

Article 30

1. Si le destinataire a pris livraison de la marchandise sans qu’il en ait constaté l’état

contradictoirement avec le transporteur ou sans qu’il ait, au plus tard au moment de la livraison s’il s’agit de pertes ou avaries apparentes, ou dans les sept jours à dater de la livraison, dimanche et jours fériés non compris, lorsqu’il s’agit de pertes ou avaries non apparentes, adressé des réserves au transporteur indiquant la nature générale de la perte ou de l’avarie, il est présumé jusqu’à preuve contraire, avoir reçu la marchandise dans l’état décrit dans la lettre de voiture. Les réserves visées ci-dessus doivent être faites par écrit lorsqu’il s’agit de pertes ou avaries non apparentes.

2. Lorsque l’état de la marchandise a été constaté contradictoirement par le destinataire et le

transporteur, la preuve contraire au résultat de cette constatation ne peut être faite que s’il s’agit de pertes ou avaries non apparentes et si le destinataire a adressé des réserves écrites au transporteur dans les sept jours, dimanche et jours fériés non compris, à dater de cette constatation.

- 12 -

3.

Un retard à la livraison ne peut donner lieu à indemnité que si une réserve a été adressée

par écrit dans le délai de 21 jours à dater de la mise de la marchandise à disposition du destinataire.

4. La date de livraison ou, selon le cas, celle de la constatation ou celle de la mise à

disposition n’est pas comptée dans les délais prévus au présent article.

5. Le transporteur et le destinataire se donnent réciproquement toutes facilités raisonnables

pour les constatations et vérifications utiles.

Article 31

1. Pour tous litiges auxquels donnent lieu les transports soumis à la présente Convention,

le demandeur peut saisir, en dehors des juridictions des pays contractants désignées d’un

commun accord par les parties, les juridictions du pays sur le territoire duquel:

a) Le défendeur a sa résidence habituelle, son siège principal ou la succursale ou l’agence par l’intermédiaire de laquelle le contrat de transport a été conclu, ou

b) Le lieu de la prise en charge de la marchandise ou celui prévu pour la livraison est situé,

et ne peut saisir que ces juridictions.

2. Lorsque dans un litige visé au paragraphe premier du présent article une action est en

instance devant une juridiction compétente aux termes de ce paragraphe, ou lorsque dans un tel litige un jugement a été prononcé par une telle juridiction, il ne peut être intenté aucune nouvelle action pour la même cause entre les mêmes parties à moins que la décision de la juridiction devant laquelle la première action a été intentée ne soit pas susceptible d’être exécutée dans le pays où la nouvelle action est intentée.

3. Lorsque dans un litige visé au paragraphe 1 du présent article un jugement rendu par une

juridiction d’un pays contractant est devenu exécutoire dans ce pays, il devient également exécutoire dans chacun des autres pays contractants aussitôt après accomplissement des formalités prescrites à cet effet dans le pays intéressé. Ces formalités ne peuvent comporter aucune révision de l’affaire.

4. Les dispositions du paragraphe 3 du présent article s’appliquent aux jugements

contradictoires, aux jugements par défaut et aux transactions judiciaires mais ne s’appliquent ni

aux jugements qui ne sont exécutoires que par provision, ni aux condamnations en dommages et intérêts qui seraient prononcées en sus des dépens contre un demandeur en raison du rejet total ou partiel de sa demande.

5. Il ne peut être exigé de caution de ressortissants de pays contractants, ayant leur domicile

ou un établissement dans un de ces pays, pour assurer le paiement des dépens à l’occasion des actions en justice auxquelles donnent lieu les transports soumis à la présente Convention.

Article 32

1. Les actio ns auxquelles peuvent donner lieu les transports soumis à la présente Convention

sont prescrites dans le délai d’un an. Toutefois, dans le cas de dol ou de faute considérée, d’après la loi de la juridiction saisie, comme équivalente au dol, la prescription est de trois ans.

La prescription court:

- 13 -

a) Dans le cas de perte partielle, d’avarie ou de retard, à partir du jour où la

marchandise a été livrée;

b) Dans le cas de perte totale, à partir du trentième jour après l’expiration du délai

convenu ou, s’il n’a pas été convenu de délai, à partir du soixantième jour après la prise en

charge de la marchandise par le transporteur;

c) Dans tous les autres cas, à partir de l’expiration d’un délai de trois mois à dater de

la conclusion du contrat de transport.

Le jour indiqué ci-dessus comme point de départ de la prescription n’est pas compris dans le délai.

2. Une réclamation écrite suspend la prescription jusqu’au jour où le transporteur repousse

la réclamation par écrit et restitue les pièces qui y étaient jointes. En cas d’acceptation partielle de la réclamation, la prescription ne reprend son cours que pour la partie de la réclamation qui

reste litigieuse. La preuve de la réception de la réclamation ou de la réponse et de la restitution des pièces est à la charge de la partie qui invoque ce fait. Les réclamations ultérieures ayant le même objet ne suspendent pas la prescription.

3. Sous réserve des dispositions du paragraphe 2 ci-dessus, la suspension de la prescription

est régie par la loi de la juridiction saisie. Il en est de même en ce qui concerne l’interruption de

la prescription.

4. L’action prescrite ne peut plus être exercée, même sous forme de demande

reconventionnelle ou d’exception.

Article 33

Le contrat de transport peut contenir une clause attribuant compétence à un tribunal arbitral à condition que cette clause prévoie que le tribunal arbitral appliquera la présente Convention.

Chapitre VI

DISPOSITIONS RELATIVES AU TRANSPORT EFFECTUÉ PAR TRANSPORTEURS SUCCESSIFS

Article 34

Si un transport régi par un contrat unique est exécuté par des transporteurs routiers successifs, chacun de ceux-ci assume la responsabilité de l’exécution du transport total, le second transporteur et chacun des transporteurs suivants devenant, de par leur acceptation de la marchandise et de la lettre de voiture, parties au contrat, aux conditions de la lettre de voiture.

Article 35

1. Le transporteur qui accepte la marchandise du transporteur précédent remet à celui-ci un

reçu daté et signé. Il doit porter son nom et son adresse sur le deuxième exemplaire de la lettre de voiture. S’il y a lieu, il appose sur cet exemplaire, ainsi que sur le reçu, des réserves analogues à celles qui sont prévues à l’article 8, paragraphe 2.

2. Les dispositions de l’article 9 s’appliquent aux relations entre transporteurs successifs.

- 14 -

Article 36

À moins qu’il ne s’agisse d’une demande reconventionnelle ou d’une exception formulée dans une instance relative à une demande fondée sur le même contrat de transport, l’action en responsabilité pour perte, avarie ou retard ne peut être dirigée que contre le premier transporteur, le dernier transporteur, ou le transporteur qui exécutait la partie du transport au cours de laquelle s’est produit le fait ayant causé la perte, l’avarie ou le retard; l’action peut être dirigée à la fois contre plusieurs de ces transporteurs.

Article 37

Le transporteur qui a payé une indemnité en vertu des dispositions de la présente Convention a le droit d’exercer un recours en principal, intérêt et frais contre les transporteurs qui ont participé à l’exécution du contrat de transport, conformément aux dispositions suivantes:

a) Le transporteur par le fait duquel le dommage a été causé doit seul supporter l’indemnité, qu’il l’ait payée lui- même ou qu’elle ait été payée par un autre transporteur;

b) Lorsque le dommage a été causé par le fait de deux ou plusieurs transporteurs, chacun d’eux doit payer un montant proportionnel à sa part de responsabilité; si l’évaluation des parts de responsabilité est impossible, chacun d’eux est responsable proportionnellement à la part de rémunération du transport qui lui revient;

c) Si l’on ne peut déterminer quels sont ceux des transporteurs auxquels la responsabilité est imputable, la charge de l’indemnité due est répartie, dans la proportion fixée en b, entre tous les transporteurs.

Article 38

Si l’un des transporteurs est insolvable, la part lui incombant et qu’il n’a pas payée est répartie entre tous les autres transporteurs proportionnellement à leur rémunération.

Article 39

1. Le transporteur contre lequel est exercé un des recours prévus aux articles 37 et 38 n’est

pas recevable à contester le bien-fondé du paiement effectué par le transporteur exerçant le recours, lorsque l’indemnité a été fixée par décision de justice, pourvu qu’il ait été dûment informé du procès et qu’il ait été à même d’y intervenir.

2. Le transporteur qui veut exercer son recours peut le former devant le tribunal compétent

du pays dans lequel l’un des transporteurs intéressés a sa résidence habituelle, son siège principal ou la succursale ou l’agence par l’entremise de laquelle le contrat de transport a été conclu.

Le recours peut être dirigé dans une seule et même instance contre tous les transporteurs intéressés.

3. Les dispositions de l’article 31, paragraphes 3 et 4, s’appliquent aux jugements rendus sur

les recours prévus aux articles 37 et 38.

4. Les dispositions de l’article 32 sont applicables aux recours entre transporteurs.

La prescription court, toutefois, soit à partir du jour d’une décision de justice définitive fixant

- 15 -

l’indemnité à payer en vertu des dispositions de la présente Convention, soit, au cas où il n’y aurait pas eu de telle décision, à partir du jour du paiement effectif.

Article 40

Les transporteurs sont libres de convenir entre eux de dispositions dérogeant aux articles 37 et 38.

Chapitre VII

NULLITÉ DES STIPULATIONS CONTRAIRES À LA CONVENTION

Article 41

1. Sous réserves des dispositions de l’article 40, est nulle et de nul effet toute stipulation qui,

directement ou indirectement, dérogerait aux dispositions de la présente Convention. La nullité

de telles stipulations n’entraîne pas la nullité des autres dispositions du contrat.

2. En particulier, seraient nulles toute clause par laquelle le transporteur se ferait céder le

bénéfice de l’assurance de la marchandise ou toute autre clause analogue, ainsi que toute clause

déplaçant le fardeau de la preuve.

Chapitre VIII

DISPOSITIONS FINALES

Article 42

1. La présente Convention est ouverte à la signature ou à l’adhésion des pays membres de

la Commission économique pour l’Europe et des pays admis à la Commission à titre consultatif conformément au paragraphe 8 du mandat de cette commission.

2. Les pays susceptibles de participer à certains travaux de la Commission économique pour

l’Europe en application du paragraphe 11 du mandat de cette commission peuvent devenir Parties contractantes à la présente Convention en y adhérant après son entrée en vigueur.

3. La Convention sera ouverte à la signature jusqu’au 31 août 1956 inclus. Après cette date,

elle sera ouverte à l’adhésion.

4. La présente Convention sera ratifiée.

5. La ratification ou l’adhésion sera effectuée par le dépôt d’un instrument auprès

du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

Article 43

1. La présente Convention entrera en vigueur le quatre-vingt-dixième jour après que cinq des

pays mentionnés au paragraphe 1 de l’article 42 auront déposé leur instrument de ratification ou d’adhésion.

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2.

Pour chaque pays qui la ratifiera ou y adhérera après que cinq pays auront déposé

leur instrument de ratification ou d’adhésion, la présente Convention entrera en vigueur le quatre-vingt-dixième jour qui suivra le dépôt de l’instrument de ratification ou d’adhésion

dudit pays.

Article 44

1. Chaque partie contractante pourra dénoncer la présente Convention par notification

adressée au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

2. La dénonciation prendra effet douze mois après la date à laquelle le Secrétaire général en

aura reçu notification.

Article 45

Si, après l’entrée en vigueur de la présente Convention, le nombre de Parties contractantes se trouve, par suite de dénonciations, ramené à moins de cinq, la présente Convention cessera d’être en vigueur à partir de la date à laquelle la dernière de ces dénonciations prendra effet.

Article 46

1. Tout pays pourra, lors du dépôt de son instrument de ratification ou d’adhésion ou à tout

moment ultérieur, déclarer, par notification adressée au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, que la présente Convention sera applicable à tout ou partie des territoires qu’il représente sur le plan international. La Convention sera applicable au territoire ou aux territoires mentionnés dans la notification à dater du quatre-vingt-dixième jour après réception de cette notification par le Secrétaire général ou, si à ce jour la Convention n’est pas encore entrée en vigueur, à dater de son entrée en vigueur.

2. Tout pays qui aura fait, conformément au paragraphe précédent, une déclaration ayant

pour effet de rendre la présente Convention applicable à un territoire qu’il représente sur le plan

international pourra, conformément à l’article 44, dénoncer la Convention en ce qui concerne ledit territoire.

Article 47

Tout différend entre deux ou plusieurs Parties contractantes touchant l’interprétation ou l’application de la présente Convention que les Parties n’auraient pu régler par voie de négociations ou par un autre mode de règlement pourra être porté, à la requête d’une quelconque des Parties contractantes intéressées, devant la Cour interna tionale de Justice, pour être tranché par elle.

Article 48

1. Chaque Partie contractante pourra, au moment où elle signera ou ratifiera la présente

Convention ou y adhérera, déclarer qu’elle ne se considère pas liée par l’article 47 de la Convention. Les autres Parties contractantes ne seront pas liées par l’article 47 envers toute Partie contractante qui aura formulé une telle réserve.

2. Toute partie contractante qui aura formulé une réserve conformément au paragraphe 1

pourra à tout moment lever cette réserve par une notification adressée au Secrétaire général de

l’Organisation des Nations Unies.

- 17 -

3.

Aucune autre réserve à la présente Convention ne sera admise.

Article 49

1. Après que la présente Convention aura été en vigueur pendant trois ans, toute Partie

contractante pourra, par notification adressée au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, demander la convocation d’une conférence à l’effet de réviser la présente Convention. Le Secrétaire général notifiera cette demande à toutes les Parties contractantes et convoquera une conférence de révision si, dans un délai de quatre mois à dater de la notification adressée par lui, le quart au moins des Parties contractantes lui signifient leur assentiment à cette demande.

2. Si une conférence est convoquée conformément au paragraphe précédent, le Secrétaire

général en avisera toutes les parties contractantes et les invitera à présenter, dans un délai de trois mois, les propositions qu’elles souhaiteraient voir examiner par la conférence. Le Secrétaire général communiquera à toutes les parties contractantes l’ordre du jour provisoire de la conférence, ainsi que le texte de ces propositions, trois mois au moins avant la date d’ouverture de la conférence.

3. Le Secrétaire général invitera à toute conférence convoquée conformément au présent

article tous les pays visés au paragraphe 1 de l’article 42, ainsi que les pays devenus Parties contractantes en application du paragraphe 2 de l’article 42.

Article 50

Outre les notifications prévues à l’article 49, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies notifiera aux pays visés au paragraphe 1 de l’article 42, ainsi qu’aux pays devenus Parties contractantes en application du paragraphe 2 de l’article 42:

a) Les ratifications et adhésions en vertu de l’article 42;

b) Les dates auxquelles la présente Convention entrera en vigueur conformément à l’article 43;

c) Les dénonciations en vertu de l’article 44;

d) L’abrogation de la présente Convention conformément à l’article 45;

e) Les notifications reçues conformément à l’article 46;

f) Les déclarations et notifications reçues conformément aux paragraphes 1 et 2 de l’article 48.

Article 51

Après le 31 août 1956, l’original de la présente Convention sera déposé auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, qui en transmettra des copies certifiées conformes à chacun des pays visés aux paragraphes 1 et 2 de l’article 42.

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EN FOI DE QUOI, les soussignés, à ce dûment autorisés, ont signé la présente Convention.

FAIT à Genève, le dix- neuf mai mil neuf cent cinquante-six, en un seul exemplaire, en langues anglaise et française, les deux textes faisant également foi.

PROTOCOLE DE SIGNATURE

Au moment de procéder à la signature de la Convention relative au contrat de transport international de marchandises par route, les soussignés, dûment autorisés, sont convenus des déclaration et précision suivantes:

1. La présente Convention ne s’applique pas aux transports entre le Royaume-Uni de

Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et la Répub lique d’Irlande.

2. Ad article premier, paragraphe 4

Les soussignés s’engagent à négocier les conventions sur le contrat de déménagement et le contrat de transport combiné.

EN FOI DE QUOI, les soussignés, à ce dûment autorisés, ont signé le présent Protocole.

FAIT à Genève, le dix- neuf mai mil neuf cent cinquante-six, en un seul exemplaire, en langues anglaise et française, les deux textes faisant également foi.

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Texte original

Convention de Budapest relative au contrat de transport de marchandises en navigation intérieure (CMNI)

Conclue à Budapest le 22 juin 2001 Approuvée par l’Assemblée fédérale le 19 décembre 2003 1 Instrument de ratification déposé par la Suisse le 13 mai 2004 Entrée en vigueur pour la Suisse le 1 er avril 2005

(Etat le 2

mars 2007)

Les Etats Contractants à la présente Convention,

considérant les recommandations de l’Acte final de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe du 1 er août 1975 en vue de l’harmonisation des régimes juridiques dans l’intérêt du développement des transports par les Etats membres de la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin et de la Commission du Danube en collaboration avec la Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe,

conscients de la nécessité et de l’utilité de fixer des règles uniformes en matière de contrat de transport de marchandises par navigation intérieure, ont décidé de conclure une Convention à cet effet et sont par conséquent convenus de ce qui suit:

Chapitre I Dispositions générales

Art. 1

Au sens de la présente Convention,

Définitions

1. «contrat de transport» désigne tout contrat, quelle que soit sa dénomination, par lequel un transporteur s’engage contre paiement d’un fret, à transporter des marchandises par voies d’eau intérieures;

2. «transporteur» désigne toute personne par laquelle ou au nom de laquelle un contrat de transport a été conclu avec un expéditeur;

3. «transporteur substitué» désigne toute personne, autre que le préposé ou le mandataire du transporteur, à laquelle l’exécution du transport ou d’une par- tie du transport a été confiée par le transporteur;

4. «expéditeur» désigne toute personne par laquelle ou au nom de laquelle ou pour le compte de laquelle un contrat de transport a été conclu avec un transporteur;

RO 2005 1269; FF 2003 3563

1 RO 2005 1267

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Droit des obligations

5. «destinataire» désigne la personne habilitée à prendre livraison des marchan- dises;

6. «document de transport» désigne un document faisant preuve d’un contrat de transport et constatant la prise en charge ou la mise à bord des marchan- dises par un transporteur, établi sous la forme d’un connaissement ou d’une lettre de voiture ou de tout autre document en usage dans le commerce;

7. «marchandises» ne comprend ni les bateaux remorqués ou poussés ni les bagages et véhicules des passagers; lorsque les marchandises sont réunies dans un conteneur, sur une palette ou dans ou sur un dispositif de transport similaire ou lorsqu’elles sont emballées, le terme «marchandises» s’entend également dudit dispositif de transport ou dudit emballage s’il est fourni par l’expéditeur;

8. l’expression «par écrit», à moins que les personnes concernées n’en dispo- sent autrement, comprend la situation dans laquelle l’information est trans- mise par un moyen électronique, optique ou tout autre moyen de communi- cation similaire, y compris mais non exclusivement, par télégramme, télécopie, télex, courrier électronique ou par échange de données informati- sées (EDI), pour autant que l’information reste accessible pour être utilisée ultérieurement comme référence;

9. la loi d’un Etat applicable conformément à la présente Convention désigne les règles de droit en vigueur dans ledit Etat à l’exclusion des règles du droit international privé.

Art. 2 Champ d’application

(1) La présente Convention est applicable à tout contrat de transport selon lequel le port de chargement ou le lieu de prise en charge et le port de déchargement ou le lieu de livraison sont situés dans deux Etats différents dont au moins l’un est un Etat Partie à la présente Convention. Si le contrat prévoit un choix de plusieurs ports de déchargement ou de lieux de livraison, le port de déchargement ou le lieu de livrai- son dans lequel les marchandises ont été effectivement livrées sera déterminant.

(2) Si le contrat de transport a pour objet un transport de marchandises sans trans- bordement effectué à la fois sur des voies d’eau intérieures et sur des eaux soumises à une réglementation maritime, la présente Convention est également applicable à ce contrat dans les conditions visées au par. 1, sauf si

a) un connaissement maritime a été établi conformément au droit maritime applicable, ou si

b) la distance à parcourir sur les eaux soumises à une réglementation maritime est la plus longue.

(3) La présente Convention est applicable quels que soient la nationalité, le lieu d’immatriculation, le port d’attache ou l’appartenance du bateau à la navigation maritime ou à la navigation intérieure et quels que soient la nationalité, le domicile, le siège ou le lieu de séjour du transporteur, de l’expéditeur ou du destinataire.

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Chapitre II Droits et obligations des parties contractantes

Art. 3 Prise en charge, transport et livraison des marchandises

(1) Le transporteur doit transporter les marchandises au lieu de livraison dans les délais impartis et les livrer au destinataire dans l’état dans lequel elles lui ont été confiées.

(2) Sauf s’il en a été convenu autrement, la prise en charge des marchandises et leur livraison ont lieu à bord du bateau.

(3) Le transporteur décide du bateau à utiliser. Il est tenu, avant le voyage et au départ de celui-ci, de faire preuve de la diligence requise afin que, compte tenu des marchandises à transporter, le bateau soit en état de recevoir la cargaison, en état de navigabilité, pourvu du gréement et de l’équipage prescrits par les réglementations en vigueur et muni des autorisations nationales et internationales nécessaires pour le transport des marchandises concernées.

(4) Lorsqu’il a été convenu d’effectuer le transport avec un bateau ou type de bateau déterminé, le transporteur ne peut charger ou transborder les marchandises en tout ou en partie sur un autre bateau ou type de bateau sans l’accord de l’expéditeur:

a) qu’en présence de circonstances telles que des basses eaux, abordages ou autres obstacles à la navigation qui étaient imprévisibles au moment de la conclusion du contrat de transport et qui exigent le chargement ou le trans- bordement des marchandises pour l’exécution du contrat de transport et si le transporteur ne peut, dans un délai approprié, obtenir des instructions de l’expéditeur, ou

b) si cela est conforme aux usages du port dans lequel se trouve le bateau.

(5) Sous réserve des obligations incombant à l’expéditeur, le transporteur doit garantir que le chargement, l’arrimage et le calage des marchandises n’affectent pas la sécurité du bateau.

(6) Le transporteur ne peut transporter les marchandises en pontée ou en cales ouvertes que si cela a été convenu avec l’expéditeur ou est conforme aux usages du commerce considéré ou est exigé par les prescriptions en vigueur.

Art. 4 Transporteur substitué

(1) Le contrat répondant à la définition de l’art. 1, par. 1, conclu entre un transpor- teur et un transporteur substitué constitue un contrat de transport au sens de la pré- sente Convention. Dans le cadre de ce contrat, toutes les dispositions de la présente Convention relatives à l’expéditeur s’appliquent au transporteur et celles relatives au transporteur au transporteur substitué.

(2) Lorsque le transporteur a confié l’exécution du transport ou d’une partie du transport à un transporteur substitué, que ce soit ou non dans l’exercice d’un droit qui lui est reconnu dans le contrat de transport, le transporteur demeure responsable de la totalité du transport, conformément aux dispositions de la présente Convention. Toutes les dispositions de la présente Convention régissant la responsabilité du

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Droit des obligations

transporteur s’appliquent également à la responsabilité du transporteur substitué pour le transport effectué par ce dernier.

(3) Le transporteur est tenu, dans tous les cas, d’informer l’expéditeur lorsqu’il confie l’exécution du transport ou d’une partie du transport à un transporteur substi- tué.

(4) Tout accord avec l’expéditeur ou le destinataire étendant la responsabilité du transporteur conformément aux dispositions de la présente Convention ne lie le transporteur substitué que dans la mesure où ce dernier l’a accepté expressément et par écrit. Le transporteur substitué peut faire valoir toutes les objections opposables par le transporteur en vertu du contrat de transport.

(5) Lorsque et dans la mesure où le transporteur et le transporteur substitué répon- dent, ils répondent solidairement. Aucune disposition du présent article ne porte atteinte aux droits de recours entre eux.

Art. 5 Délai de livraison

Le transporteur doit livrer les marchandises dans le délai convenu dans le contrat de transport ou, s’il n’a pas été convenu de délai, dans le délai qu’il serait raisonnable d’exiger d’un transporteur diligent, compte tenu des circonstances du voyage et d’une navigation sans entraves.

Art. 6 Obligations de l’expéditeur

(1) L’expéditeur est tenu au paiement des sommes dues en vertu du contrat de transport.

(2) L’expéditeur doit fournir au transporteur, avant la remise des marchandises et par écrit, les indications suivantes relatives aux marchandises à transporter:

a) dimensions, nombre ou poids et coefficient d’arrimage des marchandises;

b) marques qui sont nécessaires à l’identification des marchandises;

c) nature, caractéristiques et propriétés des marchandises;

d) instructions relatives au traitement douanier ou administratif des marchandi- ses;

e) autres indications nécessaires devant figurer dans le document de transport.

L’expéditeur doit en outre remettre au transporteur, lors de la remise des marchan- dises, tous les documents d’accompagnement prescrits.

(3) L’expéditeur doit, si la nature des marchandises l’exige, compte tenu du trans- port convenu, emballer les marchandises de sorte à prévenir leur perte ou avarie depuis la prise en charge jusqu’à la livraison par le transporteur et de sorte qu’elles ne puissent causer de dommages au bateau ou aux autres marchandises. L’expé- diteur doit, en outre, compte tenu du transport convenu, prévoir un marquage approprié conforme à la réglementation internationale ou nationale applicable ou, en l’absence de telles réglementations, suivant les règles et usages généralement recon- nus en navigation intérieure.

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(4) Sous réserve des obligations incombant au transporteur, l’expéditeur doit char- ger les marchandises, les arrimer et les caler conformément aux usages de la naviga- tion intérieure à moins que le contrat de transport n’en dispose autrement.

Art. 7 Marchandises dangereuses ou polluantes

(1) Si des marchandises dangereuses ou polluantes doivent être transportées, l’expé- diteur doit, avant la remise des marchandises, et en plus des indications prévues à l’art. 6, par. 2, préciser par écrit au transporteur le danger et les risques de pollution inhérents aux marchandises ainsi que les précautions à prendre.

(2) Si le transport des marchandises dangereuses ou polluantes requiert une auto- risation, l’expéditeur doit remettre les documents nécessaires au plus tard lors de la remise des marchandises.

(3) Lorsque la poursuite du transport, le déchargement ou la livraison des marchan- dises dangereuses ou polluantes sont rendus impossibles par l’absence d’une auto- risation administrative, les frais occasionnés par le retour des marchandises au port de chargement ou à un lieu plus proche où elles peuvent être déchargées et livrées ou éliminées, sont à la charge de l’expéditeur.

(4) En cas de danger immédiat pour les personnes, les biens ou l’environnement, le transporteur est en droit de débarquer, de rendre inoffensives les marchandises ou, à condition qu’une telle mesure ne soit pas disproportionnée au regard du danger qu’elles représentent, de détruire celles-ci même si, avant leur prise en charge, il a été informé ou a eu connaissance par d’autres moyens de la nature du danger ou des risques de pollution inhérents à ces marchandises.

(5) Le transporteur peut prétendre au dédommagement du préjudice subi s’il est en droit de prendre les mesures visées au par. 3 ou 4 ci-dessus.

Art. 8 Responsabilité de l’expéditeur

(1) L’expéditeur, même si aucune faute ne peut lui être imputée, répond de tous les dommages et dépenses occasionnés au transporteur ou au transporteur substitué par le fait que

a) les indications ou précisions visées à l’art. 6, par. 2, ou à l’art. 7, par. 1, sont manquantes, inexactes ou incomplètes,

b) les marchandises dangereuses ou polluantes ne sont pas marquées ou étique- tées conformément à la réglementation internationale ou nationale applicable ou, en l’absence de telles réglementations, suivant les règles et usages géné- ralement reconnus en navigation intérieure,

c) les documents d’accompagnement nécessaires sont manquants, inexacts ou incomplets.

Le transporteur ne peut invoquer la responsabilité de l’expéditeur s’il est démontré que la faute est imputable à lui-même, à ses préposés ou mandataires. Il en est de même pour le transporteur substitué.

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Droit des obligations

(2) L’expéditeur répond des actes et omissions des personnes auxquelles il a recours pour assurer les tâches et satisfaire aux obligations visées aux art. 6 et 7, comme s’il s’agissait de ses propres actes et omissions pour autant que ces personnes agissent dans l’accomplissement de leurs fonctions.

Art. 9 Résiliation du contrat de transport par le transporteur

(1) Le transporteur peut résilier le contrat de transport si l’expéditeur a manqué à ses obligations visées à l’art. 6, par. 2, ou à l’art. 7, par. 1 et 2.

(2) Si le transporteur fait usage de son droit de résiliation, il peut débarquer les marchandises aux frais de l’expéditeur et prétendre, au choix, au paiement des montants suivants:

a) un tiers du fret convenu, ou

b) en plus des surestaries éventuelles, une indemnisation égale au montant des frais engagés et du préjudice causé, ainsi que, lorsque le voyage a débuté, un fret proportionnel pour la partie du voyage déjà effectuée.

Art. 10 Livraison des marchandises

(1) Nonobstant l’obligation de l’expéditeur visée à l’art. 6, par. 1, le destinataire qui, après l’arrivée des marchandises sur le lieu de livraison, en demande la livraison, répond, conformément au contrat de transport, du fret et des autres créances pesant sur les marchandises ainsi que de sa contribution en cas d’avarie commune. En l’absence d’un document de transport ou si celui-ci n’a pas été présenté, le destina- taire répond du fret convenu avec l’expéditeur si celui-ci correspond à la pratique du marché.

(2) Est considérée comme livraison, la mise à disposition des marchandises au destinataire conformément au contrat de transport ou aux usages du commerce considéré ou aux prescriptions en vigueur au port de déchargement. Est également considérée comme livraison la remise imposée à une autorité ou à un tiers.

Chapitre III Documents de transport

Art. 11 Nature et contenu

(1) Le transporteur doit établir pour chaque transport de marchandises régi par la présente Convention un document de transport; il ne devra établir un connaissement que si l’expéditeur le demande et s’il en a été convenu ainsi avant le chargement des marchandises ou avant leur prise en charge en vue du transport. L’absence d’un document de transport ou le fait que celui-ci soit incomplet n’affecte pas la validité du contrat de transport.

(2) L’exemplaire original du document de transport doit être signé par le transpor- teur, le conducteur du bateau ou une personne habilitée par le transporteur. Le trans- porteur peut exiger que l’expéditeur contresigne l’original ou une copie. La signa-

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ture apposée peut être manuscrite, imprimée en fac-similé, appliquée par perforation ou par tampon, se présenter sous forme de symboles ou être reproduite par tout autre moyen mécanique ou électronique si ceci n’est pas interdit par la loi de l’Etat où le document de transport est émis.

(3) Le document de transport fait foi, jusqu’à preuve du contraire, de la conclusion et du contenu du contrat de transport ainsi que de la prise en charge des marchandi- ses par le transporteur. Il fonde notamment la présomption que les marchandises ont été prises en charge en vue du transport telles qu’elles sont décrites dans le docu- ment de transport.

(4) Lorsque le document de transport est un connaissement, seul celui-ci fait foi dans les relations entre le transporteur et le destinataire. Les conditions du contrat de transport restent déterminantes dans les relations entre le transporteur et l’expé- diteur.

(5) Le document de transport contient, outre sa dénomination, les indications sui- vantes:

a) les noms, domiciles, sièges ou lieux de résidence du transporteur et de l’expéditeur;

b) le destinataire des marchandises;

c) le nom ou le numéro du bateau, si les marchandises sont prises à bord, ou la mention, dans le document de transport, que les marchandises ont été prises en charge par le transporteur mais n’ont pas encore été chargées à bord du bateau;

d) le port de chargement ou le lieu de prise en charge et le port de décharge- ment ou le lieu de livraison;

e) la désignation usuelle du type de marchandises et de leur emballage et, pour les marchandises dangereuses ou polluantes, leur désignation conformément aux prescriptions en vigueur ou, à défaut, leur désignation générale;

f) les dimensions, le nombre ou le poids ainsi que les marques d’identification des marchandises prises à bord ou prises en charge en vue du transport;

g) l’indication, le cas échéant, que les marchandises peuvent ou doivent être transportées en pontée ou en cales ouvertes;

h) les dispositions convenues relatives au fret;

i) s’agissant d’une lettre de voiture, la précision qu’il s’agit d’un original ou d’une copie; s’agissant d’un connaissement, le nombre d’exemplaires origi- naux;

j) le lieu et le jour de l’émission.

La nature juridique d’un document de transport au sens de l’art. 1, par. 6, de la présente Convention n’est pas affectée par le défaut d’une ou plusieurs des indica- tions visées par le présent paragraphe.

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Droit des obligations

Art. 12 Inscription de réserves sur les documents de transport

(1) Le transporteur est en droit d’inscrire des réserves sur le document de transport

a) concernant les dimensions, le nombre ou le poids des marchandises, s’il a des raisons de soupçonner que les indications de l’expéditeur sont inexactes ou s’il n’a pas eu de moyens suffisants pour contrôler ces indications, notamment parce que les marchandises n’ont pas été comptées, mesurées ou pesées en sa présence, de même que parce que, sans accord exprès, les dimensions ou le poids ont été déterminés par jaugeage;

b) concernant les marques d’identification qui n’ont pas été apposées claire- ment et durablement sur les marchandises mêmes ou, si elles sont emballées, sur les récipients ou emballages;

c) concernant l’état apparent des marchandises.

(2) Lorsque le transporteur ne fait pas mention de l’état apparent des marchandises ou n’émet pas de réserves à ce sujet, il est réputé avoir mentionné dans le document de transport que les marchandises étaient en bon état apparent.

(3) Lorsque, conformément aux indications figurant dans le document de transport, les marchandises ont été placées dans un conteneur ou dans des cales du bateau scellées par des personnes autres que le transporteur, ses préposés ou mandataires, et lorsque ni le conteneur ni les scellés ne sont endommagé ou brisés jusqu’au port de déchargement ou au lieu de livraison, il est présumé que la perte de marchandises ou les dommages n’ont pas été occasionnés pendant le transport.

Art. 13 Connaissement

(1) Les exemplaires originaux d’un connaissement constituent des titres de valeur émis au nom du destinataire, à ordre ou au porteur.

(2) Au lieu de livraison, les marchandises ne sont livrées que contre remise de l’exemplaire original du connaissement présenté en premier lieu; par la suite, la livraison ne peut plus être exigée contre remise des autres exemplaires originaux.

(3) Lorsque les marchandises sont prises en charge par le transporteur, la remise du connaissement à une personne habilitée en vertu de celui-ci à recevoir les marchan- dises, produit les mêmes effets que la remise des marchandises pour ce qui concerne l’acquisition de droits sur celles-ci.

(4) Lorsque le connaissement a été transmis à un tiers, y compris le destinataire, qui a agi de bonne foi en se fondant sur la description des marchandises contenue dans le connaissement, il ne peut lui être opposé la preuve contraire à la présomption de l’art. 11, par. 3, et de l’art. 12, par. 2.

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Chapitre IV Droit de disposer des marchandises

Art. 14 Titulaire du droit de disposer

(1) L’expéditeur est autorisé à disposer des marchandises; il peut exiger notamment que le transporteur ne poursuive pas le transport des marchandises, qu’il modifie le lieu de livraison ou livre les marchandises à un destinataire autre que celui indiqué dans le document de transport.

(2) Le droit de disposer dont bénéficie l’expéditeur s’éteint dès que le destinataire, après l’arrivée des marchandises au lieu de livraison prévu, aura demandé la livrai- son des marchandises et,

a) s’agissant d’un transport sous couvert d’une lettre de voiture, dès que l’ori- ginal aura été remis au destinataire,

b) s’agissant d’un transport sous couvert d’un connaissement, dès que l’expé- diteur se sera dessaisi de tous les exemplaires originaux en sa possession en les remettant à une autre personne.

(3) Par une mention correspondante dans la lettre de voiture, l’expéditeur peut, au moment de l’émission de celle-ci, renoncer à son droit de disposer au bénéfice du destinataire.

Art. 15 Conditions de l’exercice du droit de disposer

L’expéditeur ou, dans les cas de l’art. 14, par. 2 et 3, le destinataire soit, s’il veut exercer son droit de disposer:

a) s’agissant d’un connaissement, en présenter tous les exemplaires originaux avant l’arrivée des marchandises au lieu de livraison prévu;

b) s’agissant d’un document de transport autre qu’un connaissement, présenter ce document dans lequel doivent être inscrites les nouvelles instructions données au transporteur;

c) rembourser au transporteur tous les frais et compenser tous les dommages occasionnés par l’exécution des instructions;

d) payer, dans le cas d’un déchargement des marchandises avant l’arrivée au lieu de livraison prévu, la totalité du fret convenu, à moins qu’il en ait été disposé autrement dans le contrat de transport.

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Chapitre V Responsabilité du transporteur

Art. 16 Responsabilité pour préjudice

(1) Le transporteur est responsable du préjudice résultant des pertes ou dommages subis par les marchandises depuis leur prise en charge en vue du transport jusqu’à leur livraison ou résultant d’un dépassement du délai de livraison, à moins qu’il ne prouve que le préjudice résulte de circonstances qu’un transporteur diligent n’aurait pu éviter et aux conséquences desquelles il n’aurait pu obvier.

(2) Le responsabilité du transporteur pour préjudice résultant des pertes ou domma- ges subis par les marchandises causés pendant la période avant leur chargement à bord du bateau ou après leur déchargement est régie par la loi de l’Etat applicable au contrat de transport.

Art. 17 Préposés et mandataires

(1) Le transporteur répond des actes et omissions de ses préposés et mandataires auxquels il recourt lors de l’exécution du contrat de transport, de la même manière que de ses propres actes et omissions, lorsque ces personnes ont agi dans l’accom- plissement de leurs fonctions.

(2) Lorsque le transport est effectué par un transporteur substitué selon l’art. 4, le transporteur répond également des actes et omissions du transporteur substitué et des préposés et mandataires du transporteur substitué, lorsque ces personnes ont agi dans l’accomplissement de leurs fonctions.

(3) Lorsqu’une action est engagée contre les préposés et mandataires du transpor- teur ou du transporteur substitué, ces personnes peuvent, si elles apportent la preuve qu’elles ont agi dans l’accomplissement de leurs fonctions, se prévaloir des mêmes exonérations et des mêmes limitations de responsabilité que celles dont le transpor- teur ou le transporteur substitué peut se prévaloir en vertu de la présente Convention.

(4) Un pilote désigné par une autorité et ne pouvant être choisi librement n’est pas considéré comme un préposé ou un mandataire au sens du par. 1.

Art. 18 Exonérations particulières de responsabilité

(1) Le transporteur et le transporteur substitué sont exonérés de leur responsabilité lorsque la perte, les dommages ou le retard résultent de l’une des circonstances ou risques énumérés ci-après:

a) actes ou omissions de l’expéditeur, du destinataire ou de la personne habili- tée à disposer;

b) manutention, chargement, arrimage ou déchargement des marchandises par l’expéditeur ou le destinataire ou par des tiers agissant pour le compte de l’expéditeur ou du destinataire;

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c) transport des marchandises en pontée ou en cales ouvertes, si cela a été convenu avec l’expéditeur ou est conforme aux usages du commerce consi- déré ou est exigé par les prescriptions en vigueur;

d) nature des marchandises exposées en totalité ou partiellement à la perte ou l’avarie, notamment par bris, rouille, détérioration interne, dessiccation, cou- lage, freinte de route normale (en volume ou en poids) ou par action de la vermine ou de rongeurs;

e) absence ou défectuosité de l’emballage, lorsque les marchandises de par leur nature sont exposées à des pertes ou avaries en l’absence d’emballage ou en cas d’emballages défectueux;

f) insuffisance ou imperfection des marques d’identification des marchandises;

g) opérations ou tentatives d’opération de secours ou de sauvetage sur les voies navigables;

h) transport d’animaux vivants, sauf si le transporteur n’a pas pris les mesures ou observé les instructions convenues dans le contrat de transport.

(2) Lorsque, eu égard aux circonstances de fait, un dommage a pu être causé par l’une des circonstances ou l’un des risques énumérés au par. 1 du présent article, il est présumé avoir été causé par cette circonstance ou par ce risque. Cette présomp- tion disparaît, si la victime prouve que le préjudice ne résulte pas ou pas exclusive- ment de l’une des circonstances ou de l’un des risques énumérés au par. 1 du présent article.

Art. 19 Calcul de l’indemnité

(1) Lorsque le transporteur est responsable de la perte totale des marchandises, l’indemnité due par lui est égale à la valeur des marchandises au lieu et au jour de livraison selon le contrat de transport. La livraison à une personne autre qu’un ayant droit est considérée comme une perte.

(2) Lors d’une perte partielle ou d’un dommage aux marchandises, le transporteur ne répond qu’à hauteur de la perte de valeur.

(3) La valeur des marchandises est déterminée selon la valeur en bourse, à défaut de celle-ci, selon le prix du marché et, à défaut de l’une et de l’autre, selon la valeur usuelle de marchandises de même nature et qualité au lieu de livraison.

(4) Pour les marchandises qui, par leur nature même, sont exposées à une freinte de route, le transporteur n’est tenu pour responsable, quelle que soit la durée du trans- port, que pour la part de freinte qui dépasse la freinte de route normale (en volume ou en poids) telle qu’elle est fixée par les parties au contrat de transport ou, à défaut, par les règlements ou usages en vigueur au lieu de destination.

(5) Les dispositions du présent article n’affectent pas le droit du transporteur concernant le fret tel que prévu par le contrat de transport ou, à défaut d’accords particuliers sur ce point, par les réglementations nationales ou les usages applicables.

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Art. 20 Limites maximales de responsabilité

(1) Sous réserve de l’art. 21 et du par. 4 du présent article et quelle que soit l’action menée contre lui, le transporteur ne répond en aucun cas de montants excédant 666,67 unités de compte pour chaque colis ou autre unité de chargement ou 2 unités de compte pour chaque kilogramme du poids mentionné dans le document de trans- port, des marchandises perdues ou endommagées, selon le montant le plus élevé. Si le colis ou l’autre unité de chargement est un conteneur et s’il n’est pas fait mention dans le document de transport d’autre colis ou unité de chargement réunis dans le conteneur, le montant de 666,67 unités de compte est remplacé par le montant de 1500 unités de compte pour le conteneur sans les marchandises qu’il contient et, en plus, le montant de 25 000 unités de compte pour les marchandises y contenues.

(2) Lorsqu’un conteneur, une palette ou tout dispositif de transport similaire est utilisé pour réunir des marchandises, tout colis ou unité de chargement dont il est indiqué dans le document de transport qu’il se trouve dans ou sur ce dispositif est considéré comme un colis ou une autre unité de chargement. Dans les autres cas, les marchandises se trouvant dans ou sur un tel dispositif sont considérées comme une seule unité de chargement. Lorsque ce dispositif lui-même a été perdu ou endomma- gé, ledit dispositif est considéré, s’il n’appartient pas au transporteur ou n’est pas fourni par lui, comme une unité de chargement distincte.

(3) En cas de préjudice dû à un retard de livraison, le transporteur ne répond que jusqu’à concurrence du montant du fret. Toutefois, le cumul des indemnités dues en vertu du par. 1 et de la première phrase du présent paragraphe, ne peut excéder la limite qui serait applicable en vertu du par. 1 en cas de perte totale des marchandises pour lesquelles la responsabilité est engagée.

(4) Les limites maximales de responsabilité visées au par. 1 ne s’appliquent pas:

a) lorsque la nature et la valeur plus élevée des marchandises ou des dispositifs de transport ont été expressément mentionnées dans le document de trans- port et que le transporteur n’a pas réfuté ces précisions, ou

b) lorsque les parties sont convenues expressément de limites maximales de responsabilité supérieures.

(5) Le montant total des indemnités dues pour le même préjudice par le transpor- teur, le transporteur substitué et leurs préposés et mandataires ne peut excéder au total les limites de responsabilité prévues par le présent article.

Art. 21 Déchéance du droit de limiter la responsabilité

(1) Le transporteur ou le transporteur substitué ne peut pas se prévaloir des exonéra- tions et des limites de responsabilité prévues par la présente Convention ou dans le contrat de transport s’il est prouvé qu’il a lui-même causé le dommage par un acte ou une omission commis, soit avec l’intention de provoquer un tel dommage, soit témérairement et avec conscience qu’un tel dommage en résulterait probablement.

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(2) De même, les préposés et mandataires agissant pour le compte du transporteur ou du transporteur substitué ne peuvent pas se prévaloir des exonérations et des limites de responsabilité prévues par la présente Convention ou dans le contrat de transport, s’il est prouvé qu’ils ont causé le dommage de la manière décrite au par. 1.

Art. 22 Application des exonérations et des limites de responsabilité

Les exonérations et limites de responsabilité prévues par la présente Convention ou au contrat de transport sont applicables pour toute action pour perte, dommages ou livraison tardive des marchandises faisant l’objet du contrat de transport que l’action soit fondée sur la responsabilité délictuelle ou contractuelle ou sur tout autre fonde- ment.

Chapitre VI Délais de réclamation

Art. 23 Avis de dommage

(1) L’acceptation sans réserve des marchandises par le destinataire constitue une présomption que le transporteur a livré les marchandises dans l’état et dans la quan- tité tels qu’elles lui ont été remises en vue du transport.

(2) Le transporteur et le destinataire peuvent exiger que l’état et la quantité des marchandises soient constatés au moment de la livraison en présence des deux parties.

(3) Si les pertes ou les dommages aux marchandises sont apparents, toute réserve du destinataire doit, à moins que le destinataire et le transporteur n’aient constaté contradictoirement l’état des marchandises, être formulée par écrit en indiquant la nature générale du dommage, au plus tard au moment de la livraison.

(4) Si les pertes ou les dommages aux marchandises ne sont pas apparents, toute réserve du destinataire doit être émise par écrit en indiquant la nature générale du dommage, au plus tard dans un délai de 7 jours consécutifs à compter du moment de la livraison, la personne lésée devant prouver dans ce cas que le dommage a été causé pendant que ces marchandises étaient sous la garde du transporteur.

(5) Aucune réparation n’est due pour les dommages causés par un retard à la livrai- son, à moins que le destinataire ne prouve avoir informé le transporteur du retard dans un délai de 21 jours consécutifs suivant la livraison des marchandises et que l’avis en est parvenu au transporteur.

Art. 24 Prescription

(1) Toutes les actions nées d’un contrat régi par le présente Convention se prescri- vent dans le délai d’un an à compter du jour où les marchandises ont été ou auraient dû être livrées au destinataire. Le jour du départ de la prescription n’est pas compris dans le délai.

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(2) La personne contre laquelle une action a été engagée peut à tout moment, pen- dant le délai de prescription, prolonger ce délai par une déclaration adressée par écrit à la personne lésée. Ce délai peut être de nouveau prolongé par une ou plusieurs autres déclarations.

(3) La suspension et l’interruption de la prescription sont régies par la loi de l’Etat applicable au contrat de transport. L’introduction d’un recours, lors d’une procédure de répartition en vue de la mise en oeuvre de la responsabilité limitée pour toutes créances résultant d’un événement ayant entraîné des dommages, interrompt la prescription.

(4) Une action récursoire d’une personne tenue pour responsable en vertu de la présente Convention pourra être exercée même après l’expiration du délai de pres- cription prévu aux par. 1 et 2 du présent article, si une procédure est engagée dans un délai de 90 jours à compter du jour où la personne qui exerce l’action récursoire a fait droit à la réclamation ou a été assignée ou si une procédure est engagée dans un délai plus long prévu par la loi de l’Etat où la procédure est engagée.

(5) L’action prescrite ne peut pas être exercée sous forme de demande reconven- tionnelle ou d’exception.

Chapitre VII Limites de la liberté contractuelle

Art. 25 Clauses frappées de nullité

(1) Toute stipulation contractuelle visant à exclure ou à limiter ou, sous réserve des dispositions de l’art. 20, par. 4, à aggraver la responsabilité, au sens de la présente Convention, du transporteur, du transporteur substitué ou de leurs préposés ou mandataires, à renverser la charge de la preuve ou à réduire les délais de réclamation et de prescription visés aux art. 23 et 24 est nulle. Est nulle également toute clause visant à céder au transporteur le bénéfice de l’assurance des marchandises.

(2) Nonobstant les dispositions du par. 1 du présent article, et sans préjudice de l’art. 21, sont licites les clauses contractuelles stipulant que le transporteur ou le transporteur substitué ne répond pas des préjudices causés:

a) par un acte ou une omission commis par le conducteur du bateau, le pilote ou toute autre personne au service du bateau ou du pousseur ou du remor- queur lors de la conduite nautique ou lors de la formation ou de la dissolu- tion d’un convoi poussé ou d’un convoi remorqué, à condition que le trans- porteur ait rempli les obligations relatives à l’équipage prévues à l’art. 3, par. 3, à moins que l’acte ou l’omission ne résulte d’une intention de provo- quer le dommage ou d’un comportement téméraire avec conscience qu’un tel dommage en résulterait probablement;

b) par le feu ou une explosion à bord du bateau sans qu’il soit possible de prou- ver que le feu ou l’explosion résulte de la faute du transporteur, du transpor- teur substitué ou de leurs préposés et mandataires ou d’une défectuosité du bateau;

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c) par des défectuosités de son bateau ou d’un bateau loué ou affrété existant antérieurement au voyage s’il prouve que ces défectuosités n’ont pu être décelées avant le début du voyage en dépit de la due diligence.

Chapitre VIII Dispositions supplétives

Art. 26 Avaries communes

La présente Convention n’affecte pas l’application des dispositions du contrat de transport ou du droit interne relatives au calcul du montant des dommages et des contributions obligatoires dans le cas d’une avarie commune.

Art. 27 Autres dispositions applicables et dommages nucléaires

(1) La présente Convention n’affecte pas les droits et obligations du transporteur résultant des conventions internationales ou de dispositions de droit interne concer- nant la limitation de la responsabilité des propriétaires de bateaux ou navires.

(2) Le transporteur est dégagé de la responsabilité en vertu de la présente Conven- tion à raison d’un dommage causé par un accident nucléaire si l’exploitant d’une installation nucléaire ou une autre personne autorisée répond de ce dommage en vertu des lois et règlements d’un Etat régissant la responsabilité dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Art. 28 Unité de compte

L’unité de compte visée à l’art. 20 de la présente Convention est le droit de tirage spécial fixé par le Fonds monétaire international. Les montants mentionnés à l’art. 20 sont à convertir dans la monnaie nationale d’un Etat suivant la valeur de cette monnaie à la date du jugement ou à une date convenue par les parties. La valeur, en droits de tirage spéciaux, de la monnaie nationale d’un Etat Partie est calculée selon la méthode d’évaluation appliquée effectivement par le Fonds moné- taire international à la date en question pour ses propres opérations et transactions.

Art. 29 Dispositions nationales supplémentaires

(1) En l’absence de dispositions de la présente Convention, le contrat de transport est régi par la loi de l’Etat que les parties ont choisi.

(2) A défaut de choix, le droit applicable est celui de l’Etat avec lequel le contrat de transport présente les liens les plus étroits.

(3) Il est présumé que le contrat de transport présente les liens les plus étroits avec l’Etat dans lequel se trouve l’établissement principal du transporteur au moment de la conclusion du contrat, si le port de chargement ou le lieu de prise en charge, ou le port de déchargement ou le lieu de livraison ou l’établissement principal de l’expéditeur se trouve également dans cet Etat. Si le transporteur n’a pas d’établissement à terre et s’il a conclu le contrat de transport à bord de son bateau, il

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est présumé que le contrat présente les liens les plus étroits avec l’Etat dans lequel le bateau est enregistré ou dont il bat le pavillon, si le port de chargement ou le lieu de prise en charge, ou le port de déchargement ou le lieu de livraison ou l’établissement principal de l’expéditeur se trouve également dans cet Etat.

(4) Le droit de l’Etat dans lequel les marchandises se trouvent régit la garantie réelle dont bénéficie le transporteur pour les créances visées à l’art. 10, par. 1.

Chapitre IX Déclarations relatives au champ d’application

Art. 30 Transports sur certaines voies navigables

(1) Tout Etat peut, au moment de la signature de la présente Convention, de sa ratification, de son acceptation, de son approbation ou de son adhésion, déclarer qu’il n’appliquera pas la présente Convention aux contrats relatifs à des transports dont le trajet emprunte certaines voies navigables situées sur son territoire, non soumises à un régime international relatif à la navigation et ne constituant pas une liaison entre de telles voies navigables internationales. Toutefois, une telle déclara- tion ne peut mentionner la totalité des voies navigables principales de cet Etat.

(2) Si le contrat de transport a pour objet le transport de marchandises sans trans- bordement effectué à la fois sur des voies navigables non mentionnées dans la décla- ration visée au par. 1 du présent article et sur des voies navigables mentionnées dans cette déclaration, la présente Convention est également applicable à ce contrat sauf si la distance à parcourir sur ces dernières voies est la plus longue.

(3) Lorsqu’une déclaration a été faite conformément au par. 1 du présent article, tout autre Etat contractant peut déclarer qu’il n’appliquera pas non plus les disposi- tions de la présente Convention aux contrats visés dans cette déclaration. La déclara- tion faite conformément au présent paragraphe sera effective au moment de l’entrée en vigueur de la Convention pour l’Etat qui a fait une déclaration conformément au par. 1, mais au plus tôt au moment de l’entrée en vigueur de la Convention pour l’Etat qui a fait une déclaration conformément au présent paragraphe.

(4) Les déclarations visées aux par. 1 et 3 du présent article peuvent être retirées, en tout ou en partie, à tout moment, par une notification à cet effet au dépositaire, en indiquant la date à laquelle la réserve cessera d’avoir effet. Le retrait de ces déclara- tions n’a pas d’effet sur les contrats déjà conclus.

Art. 31 Transports nationaux ou gratuits

Tout Etat peut, au moment de la signature de la présente Convention, de sa ratifica- tion, de son acceptation, de son approbation, de son adhésion ou à tout moment ultérieur, déclarer qu’il appliquera également la présente Convention

a) aux contrats de transport selon lesquels le port de chargement ou le lieu de prise en charge et le port de déchargement ou le lieu de livraison sont situés sur son propre territoire;

b) en dérogation à l’art. 1, par. 1, à des transports gratuits.

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Art. 32 Réglementations régionales relatives à la responsabilité

(1) Tout Etat peut, au moment de la signature de la présente Convention, de sa ratification, de son acceptation, de son approbation, de son adhésion ou à tout moment ultérieur, déclarer que pour les transports de marchandises effectués entre des ports de chargement ou des lieux de prise en charge et des ports de décharge- ment ou des lieux de livraison situés soit tous deux sur son propre territoire soit sur son territoire et sur le territoire d’un Etat ayant fait la même déclaration, le transpor- teur ne répond pas des préjudices causés par un acte ou une omission commis par le conducteur du bateau, le pilote ou toute autre personne au service du bateau ou d’un pousseur ou remorqueur lors de la conduite nautique ou lors de la formation ou de la dissolution d’un convoi poussé ou remorqué, à condition que le transporteur ait rempli les obligations relatives à l’équipage prévues à l’art. 3, par. 3, à moins que l’acte ou l’omission ne résulte d’une intention de provoquer le dommage ou d’un comportement téméraire avec conscience qu’un tel dommage en résulterait proba- blement.

(2) La réglementation relative à la responsabilité visée au par. 1 entre en vigueur entre deux Etats contractants au moment de l’entrée en vigueur de la présente Con- vention dans le deuxième Etat ayant fait la même déclaration. Si un Etat fait cette déclaration après que la Convention est entrée en vigueur pour lui, la réglementation relative à la responsabilité visée au par. 1 entre en vigueur le premier jour du mois suivant l’expiration d’un délai de trois mois à compter de la notification de la décla- ration au dépositaire. La réglementation relative à la responsabilité est uniquement applicable aux contrats de transport signés après son entrée en vigueur.

(3) Une déclaration faite conformément au par. 1 peut être retirée à tout moment par une notification au dépositaire. En cas de retrait, la réglementation relative à la responsabilité visée au par. 1 cessera d’avoir effet au premier jour du mois suivant la notification ou à un moment ultérieur indiqué dans la notification. Le retrait ne s’applique pas aux contrats de transport signés avant que la réglementation relative à la responsabilité ait cessé d’avoir effet.

Chapitre X Dispositions finales

Art. 33 Signature, ratification, acceptation, approbation, adhésion

(1) La présente Convention est ouverte pendant un an à la signature de tous les Etats au siège du dépositaire. Le délai de signature débute à la date à laquelle le déposi- taire constate que tous les textes authentiques de la présente Convention sont dispo- nibles.

(2) Les Etats peuvent devenir Parties à la présente Convention,

a) en la signant sans réserve de ratification, d’acceptation ou d’approbation,

b) en la signant sous réserve de ratification, d’acceptation ou d’approbation ultérieure, puis en la ratifiant, l’acceptant ou l’approuvant,

c) en y adhérant au-delà de la date limite de la signature.

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(3) Les instruments de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion sont déposés auprès du dépositaire.

Art. 34 Entrée en vigueur

(1) La présente Convention entrera en vigueur le premier jour du mois suivant l’expiration d’un délai de trois mois à compter de la date à laquelle cinq Etats auront signé la présente Convention sans réserve de ratification, d’acceptation ou d’appro- bation ou bien déposé leurs instruments de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion auprès du dépositaire.

(2) Pour l’Etat qui signerait la présente Convention sans réserve de ratification, d’acceptation ou d’approbation ou bien déposerait les instruments de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion auprès du dépositaire après l’entrée en vigueur de la présente Convention, celle-ci entrera en vigueur le premier jour du mois suivant l’expiration d’un délai de trois mois à compter de la signature sans réserve de ratification, d’acceptation ou d’approbation ou bien du dépôt des instru- ments de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion.

Art. 35 Dénonciation

(1) La présente Convention peut être dénoncée par un Etat Partie à l’expiration du délai d’un an à compter de la date à laquelle elle est entrée en vigueur pour cet Etat.

(2) La notification de dénonciation est déposée auprès du dépositaire.

(3) La dénonciation prendra effet le premier jour du mois suivant l’expiration d’un délai d’un an à compter de la date de dépôt de la notification de dénonciation ou après un délai plus long mentionné dans la notification de dénonciation.

Art. 36 Révision et amendement

A la demande d’un tiers au moins des Etats contractants à la présente Convention, le dépositaire convoque une conférence des Etats contractants ayant pour objet de réviser ou d’amender la présente Convention.

Art. 37 Révision des montants des limites et de l’unité de compte

(1) Nonobstant les dispositions de l’art. 36, lorsqu’une révision des montants fixés à l’art. 20, par. 1, ou le remplacement de l’unité définie à l’art. 28 par une autre unité sont proposés, le dépositaire, à la demande d’un quart au moins des Etats Parties à la présente Convention, soumet la proposition à tous les membres de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe, de la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin et de la Commission du Danube, ainsi qu’à tous les Etats contractants et convoque une conférence ayant pour seul objet de réviser les mon- tants fixés à l’art. 20, par. 1, ou de remplacer l’unité définie à l’art. 28 par une autre unité.

(2) La conférence est convoquée au plus tôt après un délai de six mois à compter du jour de la transmission de la proposition.

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(3) Tous les Etats contractants à la Convention sont en droit de participer à la confé- rence, qu’ils soient membres des organisations mentionnées au par. 1 ou non.

(4) Les amendements sont adoptés à la majorité des deux tiers des Etats contractants à la Convention représentés à la conférence et participant au vote, sous réserve que la moitié au moins des Etats contractants à la Convention soient représentés lors du vote.

(5) Lors de la consultation relative à l’amendement des montants fixés à l’art. 20, par. 1, la conférence tient compte des enseignements tirés des événements ayant entraîné des dommages et notamment de l’ampleur des dommages ainsi occasion- nés, des modifications de la valeur monétaire et de l’incidence de l’amendement envisagé sur les frais d’assurance.

(6) a) La modification des montants conformément au présent article peut inter- venir au plus tôt après un délai de cinq ans à compter du jour de l’ouverture de la présente Convention à la signature et au plus tôt après un délai de cinq ans à compter du jour de l’entrée en vigueur d’une modification intervenue antérieurement, conformément au présent article.

b) Un montant ne peut être augmenté au point de dépasser le montant corres- pondant aux limites maximales de responsabilité fixées par la présente Con- vention, majorées de 6 pour cent par an, calculés suivant le principe des inté- rêts composés à partir du jour de l’ouverture de la présente Convention à la signature.

c) Un montant ne peut être augmenté au point de dépasser le montant corres- pondant au triple des limites maximales de responsabilité fixées par la pré- sente Convention.

(7) Le dépositaire notifie à tous les Etats contractants tout amendement adopté conformément au par. 4. L’amendement est réputé accepté après un délai de dix-huit mois suivant le jour de la notification, à moins que durant ce délai un quart au moins des Etats qui étaient Etats contractants au moment de la décision relative à l’amen- dement aient informé le dépositaire qu’ils n’acceptent pas cet amendement; dans ce cas, l’amendement est rejeté et n’entre pas en vigueur.

(8) Un amendement réputé accepté conformément au par. 7 entre en vigueur dix-huit mois après son acceptation.

(9) Tous les Etats contractants sont liés par l’amendement à moins qu’ils ne dénon- cent la présente Convention conformément à l’art. 35 au plus tard six mois avant l’entrée en vigueur de l’amendement. La dénonciation prend effet à l’entrée en vigueur de l’amendement.

(10) Lorsqu’un amendement a été adopté mais que le délai de dix-huit mois prévu pour l’acceptation n’est pas écoulé, un Etat qui devient Etat contractant au cours de ce délai est lié par l’amendement si celui-ci entre en vigueur. Un Etat qui devient Etat contractant après ce délai est lié par un amendement accepté conformément au par. 7. Dans les cas cités au présent paragraphe, un Etat est lié par un amendement dès son entrée en vigueur ou dès que la présente Convention entre en vigueur pour cet Etat si celle-ci intervient ultérieurement.

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Art. 38

(1) La présente Convention sera déposée auprès du Gouvernement de la République de Hongrie.

(2) Le dépositaire

Dépositaire

a) communiquera à tous les Etats qui ont participé à la Conférence diplomati- que d’adoption de la Convention de Budapest relative au contrat de transport de marchandises en navigation intérieure la présente Convention dans la ver- sion linguistique officielle qui n’était pas encore disponible lors de la Confé- rence en vue de sa vérification;

b) informera tous les Etats visés à la let. a) de toute proposition d’amendement au texte communiqué conformément à la let. a);

c) constatera la date à laquelle toutes les versions linguistiques officielles de la présente Convention ont été mises en conformité et sont à considérer comme authentiques;

d) communiquera à tous les Etats visés à la let. a) la date constatée conformé- ment à la let. c);

e) remettra à tous les Etats ayant été invités à la Conférence diplomatique d’adoption de la Convention de Budapest relative au contrat de transport de marchandises en navigation intérieure et à ceux ayant signé la présente Con- vention ou y ayant adhéré, des copies certifiées conformes de la présente Convention;

f) informe tous les Etats qui ont signé la présente Convention ou y ont adhéré,

i) de toute signature nouvelle, de toute notification ainsi que de toute déclaration, avec indication de la date de la signature, de la notification ou de la déclaration;

ii) de la date d’entrée en vigueur de la présente Convention;

iii) de toute dénonciation de la présente Convention avec indication de la date à laquelle celle-ci prend effet;

iv) de tout amendement décidé conformément aux art. 36 et 37 de la pré- sente Convention avec indication de la date d’entrée en vigueur;

v) de toute communication requise par une disposition de la présente Convention.

(3) Après l’entrée en vigueur de la présente Convention, le dépositaire transmet au Secrétariat des Nations Unies une copie certifiée conforme de la présente Conven- tion en vue de l’enregistrement et de la publication conformément à l’art. 102 de la Charte des Nations Unies 2 .

2 RS 0.120

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0.221.222.32

En foi de quoi, les plénipotentiaires soussignés, dûment autorisés à cet effet par leurs gouvernements, ont signé la présente Convention.

Fait à Budapest le vingt-deux juin 2001 en un exemplaire original dont chacun des textes en allemand, anglais, français, néerlandais et russe font également foi.

(Suivent les signatures)

0.221.222.32

Droit des obligations

Champ d'application le 2 mars 2007 3

Etats parties

Ratification

Entrée en vigueur

Bulgarie

19 mars

2006

1 er août 1 er avril 1 er avril 1 er avril 1 er octobre 1 er mars 1 er avril 1 er avril

2006

Croatie

7 décembre

2004

2005

Hongrie *

7 mai

2002

2005

Luxembourg

25 mai

2004

2005

Pays-Bas

20 juin

2006

2006

République tchèque

7 novembre

2005

2006

Roumanie

3 avril

2004

2005

Suisse *

13 mai

2004

2005

* Réserves et déclarations Les réserves et déclarations, à l’exception de celles de la Suisse, ne sont pas publiées au RO. Les textes en allemand, français et italien pourront être obtenus à la Direction du droit international public (DDIP), Section des traités internationaux, 3003 Berne.

Déclarations

Suisse

Déclaration relative à l’art. 30 al. 1

La Suisse n’applique pas la Convention à ses voies navigables nationales, eaux frontalières y comprises à l’exception du Rhin, de la frontière suisse à Rheinfelden.

Déclaration relative à l’art. 31 let. a

La Suisse applique également la Convention aux transports de marchandises sur le Rhin entre la frontière suisse et Rheinfelden.

3 Une version du champ d’application mise à jour est publiée sur le site web du DFAE (http://www.eda.admin.ch/eda/fr/home/topics/intla/intrea/dbstv.html).