Vous êtes sur la page 1sur 707
Les notions fondamentales du droit privé : essai critique, pour servir d'introduction à l'étude des
Les notions fondamentales du droit privé : essai critique, pour servir d'introduction à l'étude des

Les notions fondamentales du droit privé : essai critique, pour servir d'introduction à l'étude des obligations / par [

]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Demogue, René. Les notions fondamentales du droit privé : essai critique, pour servir d'introduction à
Demogue, René. Les notions fondamentales du droit privé : essai critique, pour servir d'introduction à

Demogue, René. Les notions fondamentales du droit privé : essai critique, pour servir d'introduction à l'étude des obligations / par René Demogue,

1911.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :

*La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service.

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit :

*des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits.

*des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque

municipale de

(ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.

iLÉLè

NOTIONSFONllilMLES

DU DROITPRIVÉ

ESSAI

CRITIQUE

m

MSMisAurmm

De la réparation

oivile

des

délits.

Ouvrogo couronné pur la faculté

do droit do Pfti'is ot l'Académie do législation de Arthur Uoussoau,éditoiuv 1898,

Essai

d'une

théorie

: Piolion, éditeur, 1904.

Des droits

éventuels.

générale

de

Hypothèses

la

subrogation

où ils prennent

Toulouse,

Paris,

réelle.

Paris,

naissance.

Na*

ture

et effets,

Paris, Mbralrio du Sirey, 1906,

Des modifications

aux contrats

brairie du Siroy, 1007.

Obligations

et contrats

spéolaux.

droit oivit, do 1902h 1910),

par volonté

unilatérale.

Etude do jurisprudence

Paris, Li-

(Revue de

Rapport

au Congrès comme

l'amende

pénitentiaire

international

peine

complémentaire.

1905,

de Budapest

sur

Rapport

La

au Congrès

et

pénitentiaire de la peine

la

international

de Washington

1910,

sur l'application

nationalité

de mort en France,

des

dénationalisation

sociétés.

Rapport au

Congrès des sociétés,Bruxelles, 1910,

La criminalité Hoims, 1910.

ot la répression

en Champagne

au XVÏII

0 siècle,

LES

Notions FoncjamentalesduDroit privé

PltOPtiBSRUH

MUIMHUt:

ESSAI

RENÉ

A

LA

l'ACUMIJ

CRITIQUE

Pour

servir

d'Introduction

Pétude des Obligations,

PAU

DEMOGUE

DR

DHOIT

DK

I,'UWVEH81TK

DK

MM.K

14,

PARIS

NOUVWXfc

Arthur

DB

RUE

SOUPPLOT

DBO.IT

KT

DIS.

JtJHISPHtJDKNCk

ROUSSEAU

RDITKim

RT

1011

RUE

ToULLIRRT

|3

h

En

me chargeant,

dàs mon

entrée

dans

l'enseignement

dos Facultés» d'étudier la jurisprudence

dans la Revue dedroit cwlt los membres du Comité Piroo-

tout' do cette lievue

sur les Obligations

à me suggère!*

oni

par la contribué

les

réflexions

leur

dont

est sorti

en faire

hommage.

co livre.

Qu'ils

me permettent

de

AVKHTISSKMBNT

Ce livre

n'est

pas une étude do droit positif,

lo droit

privé

positif

on rendent

un nouvel

placé a un

point

tes

principes ont été étudiés

M, Gapitant

pou utilo,

pour

et les

droit

aux

généraux qui dominont

dans ces dernières années par M. Pianioiet

dans despagesx(ui

,lo

montrer

(Contradictions qui sans Joute agiteront toujours

examen

suis

surtout

de vue

me

critique les conflits

le

suggérer

sans chorcheH

but

serait

mieux

en rien dissimuler

atteint

si je

civil

étudiants déjà sortis des études élémentaires quelques ré-

lloxions faisant

la

transformation

eh apparence si lente a changer, dos Obligations, Elle peut

et mon

pouvais

le fond

dos institutions,

conscience

pénétrer

Ainsi

on peut

prendre

mieux

do

espérer

qui s'opère sous nos yeux dans cette matière,

se concevoir injoux si l'on se garde d'oublier

tions et los conséquences provenant d'une même cause assu-

rent

ressemblance,

élégance ttvec cet horizon

que les imita"

une

certaine

la môriiç

a toutes

les

d'une

La

productions un certain

époque

mônie

clarté,

stylo. un pou limité

se trouve

dans

retrouvent

dans

qui

l'art

de Triànon

ot la musique

dé Glttckso

les constructions

une partie

du

correspondu

xiX'

tout

juridiques

siècle,

et

àune

le

stylo

de potiiier.

Pendant

décoration

raide et lourde

Unt esprit

juridique

d'une netteté et d'une

a

force

peu commune

cadres.

dont l'idéal

très

mais

excluant

rëmarquabloi

ce

qui

avec

une

rigueur

rentrait

pas direct

s'est

ne

De nos jours,

un art nouveau

fait

une

p|aco

est do produire

un charme

fait do la souplesse

VIII

AVMVT188KMKNT

do sos formes,

poino

de

réalités

à

son emprunt d'une

du tomps

no

aux

journalières

aux

produit

besoins

stylisôos, lo rocul

muslquo

Est-il

fassent

adaptation

aura

pratiques, une cor-

de ces

son oflot,

fjorsquo

laine

mémo

étonnant

paraîtra quo toutes

uno

pas trop

los productions

éloignée

données.

esprit ces données

do notre

avoc

actuellement

tond-il

sorte

do

symphonie

un

art

PNe

pas a se former

juridique

juridiquos un droit

dans ses théories, étant

aujourd'hui

pratiques,

les constructions

plus souple

rigides

assez critiquées,

plus

trop

près dos

do l'économie

plus

réalités

aux

la jurispru- vie ot traduit

données

empruntant

voisinant

politique, dos erreurs

plus

avec

dence qui,

est la

malgré

possiblos,

inconsciemment

co quo nous

les besoins

cherché

les plus

tout

on

forts,

nous

C'est

effor-

divers

pratiques

à dégager,

avons

au milieu

do cos transformations,

de ces stylos

çant;

du droit,de

voir ou pouvait do notre

être lo permanent

qui correspond

aux aspirations

esprit.

PRlSMI.ËHic;PAliï-lK

NOTION

ET

BASES

DU

DROIT

GliAHTfiË

LA

NOTION

PUKM1EH

DE

DROIT

« Sonitor.la

profondeur do Tublnjo

n'est

donuo

u personne, niais

on l'ait

preuve

d'un esprit bien superficiel, si on ne cède

d'y plonger parfois lo 10*

ù

la

gnrd.

p, VU.

tentation

» fiiwVN, Dialogues philosophiques,

Avoir

ou n'avoir

pus

toi droit

est une

idée qui

répond

évidem-

ment

a uno

préoccupation se demaudo

d'avenir.

ce qui

Celui

qui

se passera,

tiou

pas telle

ses intérêts.

à ce sujet

chose et si, on ce cas, los événements

se pose une

s'il

fait

ou

qtios-

ne

l'ait

seront

conformes

à

A ce point

de vue les droits

se présentent

comme

d'être

étant

dont

on peut

lui

los intérêts

parler, très divers

immeuble,

avoir

qu'il

peut

lui apparaissent

cile,

apparaît

à lui comme

d'une

en degrés.

Ils

plus ou moins diffi-

d'un

meuble

cas,

il

est

protection

d'un

Ainsi

lofait

comme

propriétaire

en

dans lo premier

avantageux

ce que

matériellement

possible

do

même

si los autres

hommes

se mettre

en possession

de ce

bien,

ne le veulent

pus, si le possesseur

1

s'y

à

l»REMIK«N

l'AIVNK»

G|1À|>ITHR

.ÏMlRNIRA

oppose. On peut y pénétrer do force et s'y installer, Lu propriété d'un moublo est déjà moins féconde on résultats certains, car si

on pout le cacher pour lo protéger, il pout copondant être volé et no plus être retrouvé. Au contraire lo droit'a'l'honneur est d'une

protection moins saro, car on no peut empêcher absolument un

individu d'être diffamé, on noie

et incomplète. Non seulement,

pout que de manière indirocto

pas quant ii la protec-

los intérêts

no so valent

tion préventive qu'on pout leur accorder, mais au point de vue

du titulaire

sont susceptibles. Certains intérêts étant lésés, on pout remettre

tout dans l'état

ils ne so valent

antérieur,

à la

dont

ils

pas quant

réparation

si

on a démoli

un mur,

endommagé

un

immeuble,

co fait pout être effacé par un rétablissement

direct

do l'état

antérieur.

Dans d'autres cas, on pout obtenir

un équiva-

lent plus ou moins complet : une somme d'argent peut équivaloir

u pou près, a la destruction

bien la

d'un

moublo,

elle compense

moins

il

perte du

tableau

d'un

mattro

décédé, Au contraire,

a pas d'indemnité

membre,

n'y

perte d'un

nieuses contre une personne.

qui

celle

do

puisse

la

vie,

suffisamment

.compenser

la

ou des imputations

calom-

Les intérêts sont donc inégalement susceptibles, d'être protégés

soit préventivement, soit par réparation. Tout homme qui consi- dère ces intérêts voit donc que les uns sont plus fragiles que les

autres,

événements contraires. Une seconde choso est aussi importante pour los intérêts de

sont inégalement

menacés d'entraves

par des

parce qu'ils

toute personne : pouvoir compter sur quoique chose de durable,

en ce qui

concerne leur

ou môme leur lésion. Les faits

protection

qui favorisent nos intérêts ou leur nuisent ont une valeur pro-

portionnée grêle qui détruisent

récoltes futures, un retard dans un paiement, un préjudice causé

de

caractère

la

durable

de leurs

au

effets. Un orage,

une

récolte d'une

année laissent

l'espoir

dans un cas où il y a responsabilité laissent au créancier l'espoir d'une compensation obtenue h l'amiable ou judiciairement et

U

NOTION

DR

DHOtt

.j

si une contrée

est habituellement dévastée par la grêle, les orages, s'il y a dans

n'ont

secondaire, Au contrairo

qu'une importance

toi pays une maison de commerce solidement

dovoir garder longtemps sa cliontôlo,

établie qui paratt

s'il y a dos bandes do mal-

faiteurs qui dévastent régulièrement

telle région sans être inquié-

tés,

catégorie

d'entreprises, h favoriser telle autre, ce sont des faits durablos

qui ont une grande importance,

quoique Los maisons

les plus réputées peuvent disparaître, les partis au pouvoir être

mosuro:

tains, destructibles,

si des fonctionnaires

cherchent à entraver

tello

Sans doute ils sont encore incer-

dans

susceptibles de changement

rien en ce monde n'est certain ot éternel.

ronversés, los administrateurs

peuvent être remplacés pas d'autres

d'un esprit différent, Il y a cependant des probabilités que, faute

de mioux, on doit tenir pratiquement pour des certitudos.Parmi ces probabilités dont l'observation s'imposo, puisque d'olles dé-

pondent la sauvegarde des intérêts ou los atteintes qu'ils subi-

ront, figurent connues, qui

conformes a ce qui so passera. J'y ferai rentrer los lois du monde

psychologique bien que beaucoup plus incertaines,

cependant dos suppositions souvent

en premier lieu les lois naturelles,

nous donnent

imparfaitement

plus vagues.

Parmi ces probabilités

importantes

à connaître,

il

faut

faire

rentrer

les actions des autorités organisées et fortes. Comprenant

des groupes d'hommes, ces dernières sont plus puissantes que des individus isolés, plus susceptibles aussi de maintenir les

décisions qu'elles ont prises, ou quo leurs agents et représentants ont pris on leur nom. Kilos ont donc h la fois la force et la conti- nuité.

Los habitudes qu'elles ont prises ot auxquelles

no peut se

soustraire, sont importantes à connaître pour la protection des intérêts. Elles peuvent s'exprimer de différentes façons, être un

simple usage, une coutume ou uno règle qu'elles ont établies pour l'avenir et qu'elles observent,

on

Quand il

y a ainsi

un fait,

une

situation

durable

ot probable,

qu'elle provienne d'une bande organisée et puissante, d'un Elat>

4

l'IlKMlfcllK

PAUTIK.~

OUAPirUK

ÎUUSMIKU

de la force ou de la rusé, de la menace, du mauvais vouloir ou de

y a une certaine suite dans les évé-

la corruption des individus,il

nements qu'on no peut négliger. C'est dans cette zone des faits qui pourront se produire, parce qu'il y a des probabilités fortes pour cela, que se trouve le droit, cette nation vague et fuyante que nous allons essayer de déter-

miner au point de vue de l'observation, l'idéal. Nous nous placerons dans cet examen

puis au point

surtout

à

un

de vue

point

de

do

vue critique et sciemment

toute leur ampleur

éloignant en cela d'un grand nombre d'autours, qui se plaçant au

nous

montrerons

les difficultés

nous

dans

et les nécessités des

contradictions,

de vue de l'action,

des idées forces, ont bâti des théories qui

et se sont rapidement

point

n'ont guère résisté à un examen pénétrant

démodées,

Que faut-il

entendre par droit au point do vue do l'observation

seule ? Quand le droit oxisto-t-il

? Cela est droit

qui

est imposé

par une force organisée contre laquelle il n'y a pus de recours,. Droit est pratiquement synonyme de fuit social imposé au besoin

par lu -contrainte (I ). Quand un jugement

régulier

en

la

forme,

non susceptible de recours, décide une chose, cela

prend

est droit» de

ne

même quand une administration

peut attaquer ou quo l'on a attaqué en vain. De mémo lorsqu'une

une décision qu'on

loi a décidé une chose, cette loi étant inattaquable

dans nos idées

françaises, h la différence dos idées américaines, ce qu'elle décide est le droit, Voilà la notion la plus simple et la plus réaliste du

droit, colle quo nous donne l'observation,Elle élimine déjà du do-

maine

du droit

les simples faits contre lesquels

une force

orga-

nisée supérieure pout nous prémunir

cor directement ou par équivalent,

ou qu'elle s'efforcera d'effa-

un

individu

Quand

assassine

(I) Cf. Picard,

Le droit

purt

p. 40. Connue

lo

dit

exactement

M. Sehttlz,

tMndividualisine

Ceonomii/ue et social^ p,

1118;. li\ où II

n'y

n'y'a.pUH p. KM-lul.

de droit.

V.

lo moine.

StuuH Mill.

t/tilitarismet

u pus do force,

il

!)' éd.,

ehup.

V,

T,A

NOTION

l)K

DROIT

«)

au coin

mora môme,

d'un

fùt-il

à une bande

le punir,

la meilleure,

la plus

à une

y

a

<?«•

une

bois,

affilié

qui

n'est

organisée,

son acte n'est

supérieure

fort

pas conforme

peut

au droit,

le

car

il

à réparer,

force organisée La raison

quo si elle est celle définitivement

forcer

du plus

no peut

se dire

droit

forte,

cello qui

droit

qui

doit

res-

bien

dos

aurait

pu

supérieure

trop

de

ro-

ter victorieuse en dernier lieu.

Ces idées placent nclcsdo violence,

être attaqué en faisant

ne l'a

au delà

que dire

appel

à

négligence,

pour

la

est

loi,

dos frontières

des cas

une

force

soit

que l'état

contraire

par

un

du

déjà

Mais

par

l'acte

organisée

pas été, soit

do frais

Ici

y avait

parce qu'il

illicite

difficultés,

dressé,

à l'aire

l'acte

et que

puisse être

Bien

droit.

encore,

au

qu'en

fait

il reste irréparé

délaide

prescription

ou

de déchéance

jours

le droit

arrive

pour

finalement

à le consacrer,

elle, c'est-à-dire

la possibilité

la

victime

de

faire

a

tou-

effacer

le fait

sa

le germe

d'un

redressement

que son droit,

de

s'il

l'état

existe,

do fuit

accompli,

en

faveur,

notons

Cependant

est déjà a fonc-

extrêmement entravé, donc affaibli.,Si

tionné contre telle personne victime d'un acte contraire au droit,

par'erreur,ou parcorruption,ou

à moins

la force

organisée

par mauvaise

ne soit

volonté,

cela est droit

de so réfor-

que cotte

force

organisée

susceptible

mer elle-même,

de redresser

ses propres ou l'auteur

en

le

torts,

déni

putiissunt

fonctionnaire prévaricateur

si cette force organiséo

qui l'a intentée

du

cette

la

do

Mais

si celui

justice.

ou

n'admet

procédure

lui.

(1)

réaliste

pas le droit

simple

y succombe,

est contre

plus

Telle est la notion

la plus

et

quo l'expé-

rîonce

nous donne

du

droit

finalement

rire

exact

la plus forle,lu

le veut

le droit

bien,

comme

que

do dire

(2).C'est,

peut-on

forco

de celui qui

dire,lu

peut rire

forco qui

est

le dernier

et

le proverbe.

Par

conséquent,

prime

la force

ou que,

la force

il

est peu le

prime

(1) Cf. Iliorlng,'/week On tleeht> trml. Moulonuero, p. 217.

(2) Itnpprochoz sur des point» voisins les développements sur lu non om-

nipotence dos lois par M, Omet, /,« rie du droit,

p,13, et

môme

oiivirtgOj

p. 203, ceux sur los privées

des élussessocialement prépondérantes,

6

PREMIERE

PARTIE.

—•CHAPITRE

PREMIER

droit, puisque celui-ci sans la force n'est pas le droit, au point de

vue pratique auquel nous nous plaçons exclusivement pour l'ins- tant (1).

De même dans les rapports

internationaux,

cela est droit

qui

est soutenu par

armées, mais cette force indirecte et finalement puissante résul-

tant do pressions morales : sous forme d'observations,

tations, actes diplomatiques

lesquels on voit luire l'éclair des baïonnettes ou poindre los coa-

une force organisée,

non seulement la force des

moins

de protes- derrière

solennels

plus

ou

litions (2).

Bien entendu il n'est pas nécessaire, pour qu'une prétention soit

que la contrainte

se soit en fait

exercée. Il

suffit

qualifiée droit,

qu'il y ait possibilité

pour réaliser sa prétention (3). D'ailleurs,

de cette contrainte si on en avait besoin

comme le remarque très

Korkounov

justement mal que la contrainte répété de la contrainte

(4), l'ordre juridique s'exerce plus rarement.

est d'autant

plus nor-

Et au fond, l'usage

est souvent

une preuve de faiblosso pour,,

celui qui l'emploie (b), et il arrive un moment où le droit ne peut plus se maintenir s'il n'est ratifié par l'accord des consciences (6),

(1)

ce qui

« Ainsi est fort

no pouvant

fol

juste

l'alro

dit

» a

quo

eo

Pascal

qui

est juste

(Pensées, ed,

fut

fort,

on

u

Hrunscliwigg,

fuit

que

fragm,

fragm,

208).

(2) Cf. mémo l'Etat.

/week

im tleeht,

une

trait.

p. 217, Nous jugeons

contraint

doit

être

lo droit,

et

41

p.

de

44.

(llechts

lliering,

Moulonuore, lu forco

dlfllclle

le

iniililo

do compliquer

obscurcir

on disant

notion

quo

si

qui i\ oclalrcir, droit

p.

avec

Pourquoi

l'idée'd'Etat

(3) Nous

si complexe. nous refusons

V>eontrà,

donc

Picard,

pur,

Berolzheimer

do reconnaître

undWirtscha/ls do puroment

philosophie,

IV, p. DO) lu contrainte

extérieur

au droit,

V.

dans lésons

comme

chose

op.

quelque

do cet auteur,

Tanon,

cil,,

(4) Théorie générale eoercltlvo.

(5) Les supplices'sont dit J.-J. Uotisseau. Cf,

140.

p

du droit,

107. Lu dellnitlon

du droit,

p,

comme

norme

à déjà

une prouve do faiblesse

liindlng

Norinon,

des gouvernements,

p, 403, qui parle do l'unlngonlsino

contenu

la contrainte

dans lu violence

deviendra est douteux.

lu droit,

On peut espérer que

qu'elle

disparaî-

du droit

et

la

employée

pour protégor M, Picard

p,

plus

raie,

V.

Droit

pense môme

ce qui (0) Cf.

433.

tra,

pur, p. 4b,

Bougie,

Solidarisme,

Tanon,

L'évolution

conscience sociale,

p.

147.

LA

NOTION

DE

DROIT

.7

peut être n'étant

d'ailleurs souvent quo l'avant-coureur de celle là et démontrant qu'en cas d'inexécution un inconvénient inévitable d'une sorto ou d'une autre se produira. Kn un sens, la force du droit est plus grande dans les civilisa- tions avancées où on a besoin de moins de contrainte physique.

Mais alors, le droit n'est plus l'objet du mémo culte religieux. On

l'apprécie d'après

contrainte étant plus nécessaire lorsque les gens n'ont pas cons- ciencedo leurs intérêts (2), elle est moins employée lorsque les gens

Bien entendu aussi la contrainte

qui peut s'exercer

non -seulement physique,

mais encore morale.

Celle-ci

la valeur

do son. contenu (1).

D'autre

part la

sont plus éclairés.

Il faut cependant

encore nous expliquer

sur

un

autre

point

n'est

point vrai quo la force et lo droit soient la même chose,parce que

pour donner une vue complète. D'après M. llauriott

(3), « il

dans le droit

il y a un élément sacrificiel

de l'esprit.

Il n'est

donc pas vrai quo la

qui

procède du monde

force engendre le droit,

mais il est vrai cependant que souvent ce sont les mômes organi-

sations qui, engendrées pur la forco pure, sont ensuite instituées

par l'esprit et deviennent juridiques, de nature entre la force et le droit,

11 n'y a donc point

identité

niais il y a succession histori-

que d'une situation juridique à une situation do fait dans le mémo

objet ». Cotte

certain sens, correspond à une apparence plutôt qu'à la réalité, à

un point

acte de

succession do

l'élut

de droit

à l'état

de fait,

en

un

do vue subjectif

plutôt

qu'objectif.

Quand un

force so produit

contre lui, cela est fait durable,

l'expression quo nous avons adoptée *.il n'est donc pas nécessaire que ce fuit ait déjà une certuine durée dans le passé. Mais s'il en est ainsi

dans de telles circonslances cjuè l'on pourra réagir

cela est droit

pour

employer

objectivement,

une force-n'apparaîtra

subjectivement

comme invincible

qu'à la suite de circonstances spéciales, de ton*

il) V. Tanon, Hwlittion

(2) V. llierlng, /week tin Hecht,p.

du droit, p. 184

374.

'(!!)

La'science soeiale traditionnelle t p. tl»o,

8

.

"'

PREMIERE

PARTIE.—

CHAPITRE

PREMIER

tatives infructueuses pour la combaltro, de la terrour qu'elle aura

inspirée et qui so sera propagée, C'est on général à l'usage qu'une force apparaît comme un fait avec lequel on doit définitivement

compter ; et par suite c'esl au bout d'un certain

que ce caractère lui sera reconnu.

seulement

temps

Le droit

a donc presque tou-

jours

pour lui une certaine anciennoté quand on le reconnaît

toi.

D'ailleurs

souvent avec le tomps les oppositions

qu'il

rencontrait

s'émotissent, sans compter los courtisans qui se multiplient, et font

la théorie, proposent la justification

de ce qui a été fait. Tout gou-

vernement

ses actes, môme les plus abominables. Les idées quo nous défendons ici se trouvent

a trouvé do prétondus philosophes

pour légitimer

tous

d'ailleurs

pouvoir

s'abriter

de la

haute

existe pour

se réaliser,

autorité

d'ihering La réalisation

est

(1).

la

« Le droit,

dit-il,

vie

et la réalité

du

droit

;

réalité,

qu'un

elle

est

ce qui

le

droit

n'existo

fantôme de droit,

lui-même,

Ce qui no passe point dans la

n'est

dans les

lois et

lo papier

sur

quo ce ne sont

que des mots, Au contraire,

ce qui retrouve

pas encore acquis la conscience » (2).

se réalise

comme droit

est droit,

pas dans los lois et quo lo peuple

même

no le

lorsqu'on et la science n'en ont

Ces constatations

uniquement

empruntées à l'observation

nous

présentent

habituelle.

le droit

d'une

Obéissant aux

façon un peu différente

do la

tendances de notre

esprit qui

manière

incline

aux catégories simples, aux frontières bien marquées, qui cherche

inconsciemment la sécurité avec une force sur laquelle nous reviendrons, on so représente volontiers deux camps bien distincts,

où viendraient so classer les actes conformes au droit et les actes contraires au droit, sauf à hésiter ensuite beaucoup pour savoir

dans quel camp tel ou tel acto peut so ranger et aboutir

finale-

ment à des incertitudes.

(1) iïsprit do

(2>V.

du droit

moine,

romain,

romain,

1,1,

p.

t,

III,

30 et

30 et

p.

sulv.

dans cette dernière.phrase

un

embryon

le droit

doit

se réaliser

comme

droit.

18,

lliorlng do notion

ajoute

toutefois

pctil-ôlro

subjective

on disant

que

liA

NOTION

DE

DOOIT

0

Si nous

nous contontons

d'observer

les faits,

si nous cherchons

moins

h suivre

et

les tendances

objectif(

de notre

purement

simplement chose de plus

esprit qu'à présenter quelque

vons des impressions tout autres. Les faits réels ou possibles

nous éprou-

nous apparaissent

entre

doux

ront

d'autant

comme

lo

so rangeant

et