DECEMBRE 2013 / n°191 / 1,70 €

DES VŒUX POUR LES ÉCOLOGISTES DE FRANCHE-COMTÉ Même si nous ne sommes pas encore entrés dans la saison des vœux, nous en avons pourtant à formuler après le Congrès régional et le Congrès national décentralisé qui se sont tenus à Besançon les 16 et 17 novembre, et avant le Congrès fédéral du 30 novembre à Caen (1). Ce sont bien des vœux de réussite, d’ouverture et de rassemblement que nous souhaitons adresser aux adhérents et coopérateurs franccomtois, aux lecteurs de La Feuille Verte et à tous ceux qui, au niveau local ou régional, ont des responsabilités dans notre mouvement. Un congrès, c’est un moment où on renouvelle les instances du mouvement (CPR, BER, délégués au Conseil fédéral). Le BER sort renforcé, avec une équipe de 9 personnes. Formulons le vœu que ces instances fonctionnent efficacement, au service du mouvement ! Un congrès, c’est aussi un moment de débat, où chacun développe ses idées, ses analyses. C’est un moment où l’on rappelle nos « fondamentaux » communs, mais aussi nos différences. Pour être efficace, l’après-congrès devra, sans oublier ces différences, mettre l’accent sur nos « fondamentaux ». Un vœu de rassemblement et de sérénité donc ! Un congrès, c’est encore un moment de questionnement, où le mouvement s’interroge sur ses valeurs, ses orientations, ses projets. L’après-congrès, sans abandonner la réflexion interne, devra s’ouvrir encore plus largement à la société civile, au monde associatif et syndical. Un vœu d’ouverture donc ! Un congrès, c’est un moment de maturation, où on rédige des textes, des orientations, où on est dans le monde des idées. L’après-congrès devra mettre en œuvre des actions concrètes, organiser la présence des écologistes partout sur notre territoire, renforcer nos groupes locaux. Un vœu d’efficacité concrète donc !

Corinne Tissier et Bernard Lachambre
Cosecrétaires (1) Ces lignes, vous, vous les lirez après...

Sommaire
P 1: Edito P 2 : Rapport moral du Bureau Exécutif Régional P 5 :Composition du Conseil Politique Régional P 6 : Le Bureau Exécutif Régional P 9 : Résultats des votes : congrès national décentralisé P 11 : Science et écologie : spécial hydrogène-énergie P 13 : Réforme des rythmes scolaires : ça patine ! P 14 : 14-18 : vous avez dit « héroïsme »? P 15 : Communiqué du GL du Grand Besançon P 16 : Glacis : fin du campement, mais pas du problème P 17 : Immigration et vocabulaire P 20 : Réforme fiscale : le début d’un frémissement P 22 : Primaires européennes : pourquoi je soutiens Ska Keller et José Bové P 24 : Montreuil : lettre à Dom P 26 : Ephéméride : échotidiens P 28 : Photos des congrès

Congrès régional des 16 et 17 novembre

RAPPORT MORAL DU BUREAU EXÉCUTIF RÉGIONAL
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Le contexte
L’histoire des Verts est déjà longue, mais celle d’EÉLV est encore jeune. Sa naissance en Franche-Comté, au printemps 2011, a suivi celle de sa grande sœur nationale, à Lyon, à l’automne 2010. La jeunesse, c’est une période magnifique, mais c’est aussi une période où on apprend, on se trompe, on recommence en acquérant de l’expérience. C’est un peu ce qui est arrivé à EÉLV Franche-Comté. L’équipe élue au printemps 2011 a posé les premiers jalons, a mis en place les fondations, et en même temps a assumé le calendrier chargé de 2012, élections présidentielles et législatives en particulier. Pour des raisons multiples, elle a passé la main au cours de l’Assemblée générale convoquée à l’automne 2012. C’est de cette AG qu’est sorti le Bureau Exécutif Régional actuel. Au cours de cette AG, Claude Mercier, au nom de l’équipe précédente, avait esquissé le bilan des 18 premiers mois d’EÉLV Franche-Comté. Nous ne reviendrons pas dessus. Nous retiendrons que la tâche était vaste, complexe et pleine d’inconnu, que l’équipe qui nous a précédés n’a pas démérité, bien au contraire.

Le fonctionnement Notre nouvelle équipe, par manque de volontaires, s’est trouvée d’emblée réduite à seulement 6 personnes. En conformité avec les statuts et le règlement intérieur, nous avons différencié les fonctions de cosecrétaires et de porte-parole. Ainsi, le bureau intermédiaire a été composé de : - deux cosecrétaires, Brigitte et Bernard, - un porte-parole, Philippe, - une trésorière, Catherine, - une déléguée aux groupes locaux, Marie-Claire, - une trésorière de l’Association de financement, Antoinette (qui a quitté le bureau quelques mois après son élection). Pas de parité : 4 femmes et 2 hommes - mais qui s’en plaindra ? Comme nous n’étions pas en période électorale, la fonction de délégué aux élections a été assurée par le BER et plus formellement par Bernard, mais il sera nécessaire, dans le prochain Bureau, d’en avoir un à part entière. Il faut noter que la charge de travail pour une équipe réduite a été très dense.

Le Conseil Politique Régional (CPR), parlement au niveau régional de notre mouvement, s’est réuni 5 fois depuis notre AG du 20 octobre 2012, sans compter la séance de début juillet annulée parce que prévue le même jour que la réunion organisée par Éric Alauzet pour dresser un bilan de sa première année à l’Assemblée.
Une des difficultés rencontrées concerne le nombre de personnes présentes au CPR. Il est arrivé que le quorum (50 %) ne soit pas atteint. Dans ce cas, le CPR s’est malgré tout réuni, a travaillé sur les sujets à l’ordre du jour, mais a repoussé les décisions qui devaient être prises. Nous reparlerons de cette question de quorum puisqu’une modification des statuts vous sera proposée. Outre les questions d’ordre politique, le CPR a discuté et validé le règlement intérieur, dont une première rédaction avait été faite par le BER, avec l’aide de Claude Mercier. Il vous sera proposé de le valider à votre tour tout à l’heure. Nous n’avions pas jusqu’alors de règlement intérieur, il fallait préciser certains points du RI national, qui étaient laissés au libre arbitre des CPR, et formaliser nos règles de fonctionnement interne, celles du congrès par exemple. Les comptes rendus du CPR ont systématiquement été envoyés à l’ensemble des adhérents et des coopérateurs.

Notons cependant que Suzy a pris en charge de façon très volontariste la réalisation de La Feuille Verte depuis le début de 2013, Feuille Verte qui a poursuivi sa parution régulière et qui maintenant vit très bien. On peut remercier tous les militants qui mettent la main à la pâte (ou plutôt au clavier et au stylo). Le Comité de lecture de La Feuille Verte en parlera plus longuement. En conclusion, notre équipe salariée a été bien mobilisée. Leurs tâches ont été extrêmement variées et de nouveaux outils ont été créés grâce à eux, comme le livret d’accueil pour nos nouveaux adhérents et coopérateurs et la carte d’adhérent envoyée désormais annuellement, deux outils qui ont été fort appréciés. On peut les remercier pour leur travail et leur implication dans la bonne marche du mouvement.

La vie du mouvement, le travail du BER au cours de cette partie de mandat.
Dès notre arrivée, nous avons souhaité, en accord avec le CPR, changer de fournisseur d’électricité et choisir

Enercoop, en accord avec nos valeurs. Si nous avons évoqué la recherche d’un nouveau local, nos forces ne nous ont pas permis de la mener à bien. Cela devrait être une priorité de la prochaine équipe, notre local doit devenir accessible. Nous recevons des cartons et des cartons de documents que nos salariés transportent dans des escaliers pas faciles et nous devons avoir le souci de leurs conditions de travail.

Le BER, quant à lui, s’est réuni à Besançon tous les 15 jours, hors périodes de vacances scolaires. Les réunions en présence ont été privilégiées dans la mesure du possible ; ceux qui ne pouvaient se déplacer à Besançon ont assez régulièrement participé à ces réunions via le téléphone. Cette organisation a mobilisé du temps dans la mesure où seule la trésorière est bisontine, mais le constat est positif : la participation est plus facile quand les gens sont présents, la qualité des échanges est meilleure, et puis ces réunions sont aussi l’occasion d’une rencontre avec nos salariés. L’éloignement de Besançon a été une des causes de la démission d’Antoinette, début 2013. Nous regrettons sa démission, mais nous comprenons que la charge des déplacements devenait trop lourde.
Les comptes rendus du BER sont envoyés à tous les membres du CPR et aux responsables des groupes locaux.

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Des conventions. Le Conseil fédéral a décidé de mettre cette année à profit pour travailler sur nos fondamentaux en organisant des conventions thématiques. La région Franche-Comté s’est pleinement engagée dans cette démarche en organisant deux conventions.

Nos salariés.
Rappelons qu’ils effectuent à eux deux 1,25 temps plein, Suzy pour un mi-temps et Gilles pour un mi-temps complété par un quart de temps pour le groupe local de Besançon. La répartition du travail n’a pas notablement changé entre eux, Suzy assurant en priorité les tâches administratives et Gilles les tâches à caractère politique (revue de presse, communiqués de presse, listes de diffusion et de discussion…). La première, sur la thématique de l’énergie, le samedi 16 mars à Morre, convention ayant reçu le label DNTE (Débat national sur la Transition énergétique) avec une bonne visibilité sur les réseaux, notamment celui du DNTE. Des débats riches dans les ateliers, les plénières et de nombreux intervenants extérieurs de grande qualité. Une

occasion d’inviter, de rencontrer nos partenaires ordinaires associatifs, syndicaux et politiques, mais aussi les professions du bâtiment, du transport, des énergies renouvelables, etc. Un franc succès avec une centaine de personnes présentes. La seconde convention, intitulée « Et si l’écologie

D’autres temps forts ou actions de longue haleine sont venus ponctuer l’année 2012-2013. Un vrai catalogue à la Prévert, dont on ne citera que quelques événements : - les manifestations organisées un peu partout en Franche-Comté contre l’aéroport de Notre-Dame-desLandes, - la participation aux actions contre l’aéroport de Tavaux, contre l’exploitation des gaz de schiste (à SaintClaude), pour la défense du Mont-d’Or, en soutien aux étrangers expulsés ou menacés d’expulsion, - la participation à la chaîne humaine contre le nucléaire à Paris, le 9 mars, - le groupe Loup avec nos amis du Haut-Doubs, - une présence notable à Vesoul, à l’invitation de Cécile Duflot qui venait présenter le rapport sur l’égalité des territoires, - des communiqués et la participation à des émissions télévisées, la dernière en date étant celle sur l’écotaxe avec notre cosecrétaire. Enfin, je ne voudrais sous aucun prétexte manquer de vous annoncer que le groupe local du Pays de Montbéliard a depuis quelques jours pignon sur rue avec son local dans une rue passante, 33 avenue des Alliés.

était l’avenir de l’industrie », s’est déroulée en soirée, le
jeudi 6 juin, à Montbéliard, avec comme invité Christophe Porquier, délégué Industrie de la commission nationale Économie d'EÉLV. L’affluence fut moindre, sans doute à cause du calendrier, mais aussi parce que les partenaires syndicaux que nous avions conviés ont décliné notre invitation. Est-il si difficile de venir parler d’écologie dans le berceau de l’entreprise Peugeot ? Il n’en reste pas moins que les échanges ont été très intéressants et pertinents sur cette partie de la Franche-Comté qui va et qui doit se reconvertir.

Parlement européen à Bruxelles. C’est sur l’invitation de Sandrine Bélier, députée écologiste européenne
du Grand Est, que 25 Franc-Comtois sont allés découvrir le Parlement européens les 24 et 25 juin 2013. Une grande leçon pratique d’éducation civique, une soirée passée avec Sandrine et son équipe à Bruxelles, la participation à une réunion de travail du groupe parlementaire écologiste au Parlement européen. Une initiative à reproduire !

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Au point de vue électoral, cette année a été un
peu plus calme, au moins jusqu'au début de septembre. Depuis quelques semaines, les municipales notamment et les européennes de 2014 se profilent à l’horizon. Ces élections ne sont pas de la responsabilité régionale. Malgré tout, la région se met au service des groupes locaux, en fonction de leurs demandes, pour les accompagner. Et puisque l’on parle élections, n’oublions pas que depuis l’automne, le Conseil général du Jura a une nouvelle élue, une écologiste, en la personne de Marie-Odile Mainguet. Nous lui souhaitons plein de réussite et surtout beaucoup de courage dans une collectivité où elle est la seule élue écologiste.

Ce bilan est bien celui du niveau régional et n’a pas listé l’ensemble des actions menées au plus près de la population par nos groupes locaux. Il marque les moments importants de la vie du BER et du CPR, sachant qu’avec le renforcement du BER, nous pourrons amplifier nos actions et gagner en efficacité.

Le BER
Philippe Chatelain, Bernard Lachambre, Brigitte Monnet, Marie-Claire Thomas, Catherine Thiebaut

Composition du Conseil Politique Régional (CPR)

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Le Bureau Exécutif Régional (BER)
Suite aux élections qui se sont déroulées lors du congrès régional d’EELV -Franche-Comté les16 et 17 novembre 2013 au Centre International de Séjour à Besançon, voici la composition du nouveau bureau. Ses membres sont au nombre de 9. Rappelons qu’ils peuvent être jusqu’à 11. Nous leur adressons nos félicitations pour leur élection et leur souhaitons de pouvoir travailler en cohérence et dans la sérénité, afin de mener à bien les tâches qui ne manqueront pas de se présenter tout au long de leurs 3 années de mandat. Nom des candidat-es Bernard Lachambre Corinne Tissier Philippe Chatelain Brigitte Monnet Marie-Agnès Chalumeaux Benoît Cypriani Alain Ropion Marie Claire Thomas Catherine Thiébaut Nombre de voix 69 65 70 69 70 68 70 68 69 résultat Elu au poste de cosecrétaire régional Elue au poste de cosecrétaire régionale Elu au poste de coporte-parole régional Elue au poste de coporte-parole régional Elue au poste de déléguée à la communication Elu au poste de délégué aux groupes locaux Elu au poste de trésorier régional Elue au poste de déléguée à la parité et la diversité Elue au poste de trésorière de l’association de financement Je termine mon deuxième mandat d’élue (ville de Besançon et Grand Besançon) en mars 2014 et je ne me représente pas. Je suis engagée depuis de nombreuses années dans le milieu associatif dans le domaine social, culturel et environnemental. Je participe depuis 1999 à la vie de notre parti au niveau local, régional et national (2 mandats au conseil fédéral). J’aimerais contribuer à notre ouverture sur la société pour que nos idées y progressent. Et tout cela dans la bonne humeur et la convivialité !

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Corinne Tissier, cosecrétaire régionale - âge : 60 ans profession : enseignante - GL du Grand Besançonconseillère municipale et communautaire

Bernard

Lachambre,

cosecrétaire régional 62 ans - profession : professeur de maths retraité GL de Montbéliard - conseiller municipal et communautaire

Eh oui, j’ai démarré ma participation au BER sur le chapeau des roues, suite à l’AG d’octobre 2012. Engagé de longue date dans le milieu associatif, social, syndical, je suis persuadé que notre mouvement doit, marcher sur ses deux jambes : l'action politique des élus doit s'appuyer sur la réflexion et les propositions des militants d’EELV et du tissu associatif. De mes motivations multiples, s’il fallait n’en retenir qu’une, ce serait de donner envie de s’investir pour faire avancer concrètement nos idées. Nous avons besoin d’adhérents certes, mais surtout, d’adhérents engagés motivés. J’en ajouterai une seconde : tout faire pour que EELV soit un lieu de débat et d’échanges.

Brigitte Monnet, coporteparole régionale âge : quelques printemps - profession : infirmière conseillère technique mais j’ai cessé de travailler pour me consacrer à mes mandats de Conseillère régionale et de Maire de Vincelles GL du Jura-Sud

Porter la parole de notre mouvement, des militant(e)s qui le constituent. J’étais engagée depuis de longues années tout d’abord dans le milieu associatif puis syndical où j’ai eu de nombreuses responsabilités ; ces engagements m’ont conduite à me tourner vers ce mouvement politique qu’est EELV, car il porte un autre modèle de société, un modèle respectueux de l’homme et de son environnement. Grâce à notre mouvement nos idées progressent, pas suffisamment certes, mais continuons énergiquement et positivement.

Philippe
âge : 53 ans

Chatelain,

co-

porte-parole régional

- profession : directeur d’établissement social - GL de Vesoul-Gray - conseiller municipal et communautaire

Sur le plan collectif je me refuse à voir ce mouvement auquel je continue de croire se déliter et succomber à la sinistrose ambiante. Je continue d’y croire parce que le réel est têtu et que chaque jour le bien fondé de nos idées est confirmé par les faits (liens santé/environnement, énergie…) Je sais bien qu’en politique il ne suffit pas d’avoir raison…mais quand même ça aide. Je continue d’y croire parce que comme il a été dit lors de notre congrès si l’Europe est le problème (dumping social, projet d’accord UE/USA) l’Europe est aussi la solution (paix, stabilité, exigence environnementale..) seul notre parti aussi chaotique soit il est vraiment ancré dans la perspective d’une construction démocratique à l’échelle du continent au travers notamment du Parti Vert Européen. Sur le plan personnel je me refuse à basculer dans le camp des « y’a qu’a » « faut qu’on » ou de m’éloigner en ricanant de nos (nombreuses) incohérences. J’ai donc l’ambition d’apporter ma contribution qui sera, je le sais d’avance, imparfaite et critiquable (comme dirait une amie verte qui se reconnaitra je fais selon mes moyens et mes capacités J).

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Alain Ropion, trésorier régional
âge : 65 ans - profession : ingénieur retraité - GL de Vesoul-Gray

Au-delà des motivations politiques de renforcement et diffusion des idéaux et valeurs de l’écologie politique, je souhaite aider la structure et la transparence dans notre parti-mouvement. C’est pourquoi j’adhère à l’obligation de distinguer la fonction de gestion et planification charges (dépenses), que je propose d’assumer, de celle de collecte et gestion des produits (recettes) que Catherine va conserver.

Catherine Thiébaut,
trésorière de l’association de financement Age : 56 Ans - Profession : Contrôleuse Des Finances Publiques - GL du grand Besançon - conseillère municipale et communautaire Après avoir dépensé les recettes du parti en tenant la comptabilité du parti pendant 6 ans, je suis motivée maintenant pour m'occuper des recettes (rires) puisque telle est la fonction de la trésorière de l'association de financement et, bien sûr, participer à la gestion et aux décisions politiques de notre région!

Benoît Cypriani, délégué aux groupes locaux 59 ans enseignant hospitalouniversitaire - GL du grand Besançon - conseiller municipal et communautaire Après 13 ans comme élu municipal et conseiller d'agglo à la ville de Besançon, et comme président du groupe des élus EELV, j'ai décidé de passer à autre chose sans quitter mon engagement politique. En entrant au BER, je change d'angle de vue. La facette régionale de notre parti, c'est une autre façon d'agir, plus loin du terrain mais plus propice à la réflexion de fond.

Marie-Claire Thomas,

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déléguée à la parité et à la diversité âge : 52 ans - profession : retraitée - GL des Vosges Saônoises - conseillère municipale

Femme, employée de base, handicapée, vivant dans un milieu rural, c'était pas gagné pour la politique. Etrangement, ce qui aurait pu être considéré comme des freins a été mon moteur. Je sais qu'à EELV, au delà des mots, tout le monde, avec ses singularités peut agir et militer et peut être un apport dans notre mouvement. Contre l'invisibilité des minorités dans une société qui tend à normaliser, je suis engagée dans la lutte contre toutes les discriminations, mais plus spécialisée dans celles liées au handicap et aux femmes. Co-secrétaire du groupe des Vosges Saônoises, je milite aussi quotidiennement dans des associations environnementales. Marc Twain a dit, « ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait ». Une société écologique, bien sûr que c'est possible, d'ailleurs nous sommes entrain de la créer. Vingt ans bientôt que je me satisfais d’une participation discrète et finalement très confortable à notre mouvement politique récemment autoproclamé Europe Ecologie /Les Verts. Merci Hubert de me dire que j’ai pris le temps de mûrir ‘en politique’, je n’aurai donc pas pris tout ce temps que pour gagner trois dan à ma ceinture d’aïkido - art martial non violentUn mandat municipal plus loin, j’emprunte à mon grand-père son art de la synthèse : ‘Ah !! on a travaillé, va !’ (vous ajoutez un fort accent du Jura) Nous sommes le parti de ‘l’agir’ localement et collectivement, nous n’avons pas démérité, et j’ai la pré-

Marie Agnès Chalumeaux,
déléguée à la communication âge : 53 ans profession : professeur d’arts plastiques - GL du Pays Dolois - conseillère municipale et communautaire

Congrès national décentralisé : 16 novembre 2013

RESULTATS DES VOTES
Inscrit-e-s : 170 adhérents-e-s Résultats des votes : 1. Motions d’orientation générale : Nombre de suffrages exprimés : 84 Ont obtenu : N° Motion A Motion B Motion C Motion D Motion E Motion F Motion G Bulletins blancs Titre « Pour un cap écologiste » « Là où vit l’écologie » « Objectif Terre » « Via Écologica » « Avenir Ecolo » « LMP – La motion participative » « Déterminé-es » Franche-Comté 48 voix 19 voix 7 voix 2 voix 1 voix 4 voix 0 voix 3 En % 57,14% 22,62% 8,33% 2,38% 1,19% 4,76% 0% 3,57% National 38,30% 8,76% 3,47% 17,07% 6,30% 20,58% 4,12% 1,4%

9
2. Délégué-e-s au congrès fédéral national du 30 novembre à Caen : Nombre de postes à pourvoir : 9 Nombre de suffrages exprimés : 84 Ont obtenu : Liste A Liste B Bulletins blancs « Pour un cap écologiste » « Là où vit l’écologie » 49 voix – 5 délégué-e-s 32 voix – 4 délégué-e-s 3

Listes de candidat-e-s : Liste A : « Pour un cap écologiste » Cyrielle Chatelain Catherine Thiébaut Bernard Lachambre Corinne Tissier Claude Mercier Eric Morgen Marie-Claire Thomas Philippe Chatelain Brigitte Monnet Déléguée titulaire Déléguée titulaire Délégué titulaire Déléguée titulaire Délégué titulaire Délégué suppléant Déléguée suppléante Délégué suppléant Déléguée suppléante

Liste B : « Autre liste » Cécile Prudhomme François Mandil Alexandra Hunold Nicolas Gonthier Déléguée titulaire Délégué titulaire Déléguée titulaire Délégué titulaire

3. Membres du conseil fédéral (4/5e régional) Nombre des sièges à pourvoir : 2 Nombre de suffrages exprimés : 84 Ont obtenu : Liste A Autre liste Bulletins blancs « Pour un cap écologiste » « Là où vit l’écologie » et « LMP » 51 voix – 1 délégué 32 voix – 1 délégué 1

Liste A : « Pour un cap écologiste » ELU Non élue Philippe Chatelain (titulaire) Catherine Thiébaut (titulaire) Eric Morgen (suppléant) Marie-Agnès Chalumeaux (suppléante)

« Autre liste »

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ELUE Non élu

Alexandra Hunold (titulaire) Michel Boutanquoi (titulaire)

Cécile Prudhomme (suppléante) François Mandil (suppléant)

4. Motions ponctuelles : N° 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Titre Coopér « Action » Imaginer une économie écologiste Rendre plus efficace le travail d’EELV sur le nucléaire Pour un revenu d’existence universel Non au stockage en couche profonde des déchets nucléaires Projet CIGEO Pour la création d’une commission thématique « Innovation démocratique » Réformer notre démocratie interne Pour une écologie politique à la pointe des combats sociaux et sociétaux Réformes statutaires L’urgence rurale commande une action forte des écologistes Les périphéries – renouveler par les marges pour prendre le large La disparition Pour 39 23 65 73 70 20 57 54 54 71 38 15 Contre 4 35 0 0 0 38 8 3 12 0 5 30 Blancs 36 21 14 6 9 21 14 22 13 8 36 34 Résultat national Rejetée Validée Validée Validée Validée Validée Validée Validée Rejetée* Validée Rejetée Rejetée

* Cette motion a obtenu 62 % de « Pour » au niveau national. Mais pour être adoptée, elle doit réaliser un score de 66 % car elle concerne les statuts. Elle est donc rejetée.

Science et écologie

SPECIAL HYDROGÈNE-ÉNERGIE
La science pour éclairer les choix de l'écologie politique. La réflexion politique pour développer la critique de la science.
Le numéro de novembre 2013 de La Recherche fait le point sur les utilisations possibles de l’hydrogène, mais aussi sur les différentes méthodes de production et de stockage. Un dossier réalisé en partenariat avec l’ADEME, AFHYPAC, AIR LIQUIDE ET GDF SUEZ. (La Recherche n° 481, novembre 2013, pp. 91 à 106) la taille des installations, entre 5 et 30 € le kg, avec de l’électricité à 40 € le MWh. Les progrès pourraient provenir de l’électrolyse haute température, qui a un meilleur rendement, avec des installations de grande taille. Il serait peut-être possible d’arriver à des coûts de production de 3 ou 2,5 € le kg. Mais il faut poursuivre les recherches pour mettre au point des matériaux bon marché qui résistent à des températures de 700 à 800°C.

2. Stockage
Pour conserver de l’hydrogène à l’état liquide à la pression atmosphérique, il faut le maintenir à la température de -252°C. Très compliqué et coûteux. Restent le stockage sous forte pression, un nouveau procédé appelé « éponges à hydrogène » et la fabrication de méthane de synthèse.

1. Production
On vient seulement de découvrir de l’hydrogène d’origine naturelle qui émane de certaines roches, mais rien de dit qu’il s’avèrera exploitable. Actuellement, il y a deux principales méthodes de production d’hydrogène industriel : le reformage et l’électrolyse.

Réservoirs sous pression : pour maintenir l’hydrogène à une pression qui atteint 700 bars, on utilise des matériaux composites, mais le poids du réservoir reste important (100 kg pour stocker 6 kg d’hydrogène), et la compression consomme beaucoup d’énergie.

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Le reformage : c’est actuellement la
forme quasi exclusive de production de l’hydrogène. On fait réagir du méthane (gaz naturel) avec de la vapeur d’eau, ce qui donne un mélange de CO2 et d’hydrogène. On extrait ensuite l’hydrogène du mélange. Par cette méthode, les industriels arrivent à produire de l’hydrogène à 1,5 € le kg. On peut obtenir aussi le méthane utilisé dans le reformage par des réactions chimiques à partir du pétrole. Dans ce cas, l’hydrogène s’inscrit complètement dans l’économie des énergies fossiles et n’apporte aucune solution au réchauffement climatique.

Les éponges à hydrogène : c’est un procédé qui utilise la capacité de certains matériaux, les hydrures métalliques, à absorber puis à restituer de l’hydrogène, de manière réversible. Avantage : la pression est seulement de 10 bars. Inconvénient : le poids élevé des réservoirs, qui contiennent des poudres métalliques. Cela ne pose pas trop de problèmes pour les installations fixes mais en pose pour les installations embarquées (véhicules).

L'électrolyse : avec un courant électrique,
on peut scinder la molécule d’eau en oxygène et hydrogène, que l’on recueille séparément. C’est une réaction classique connue depuis longtemps. Mais il y a deux difficultés : le stockage (abordé plus loin) et surtout le prix de revient. Avec l’électrolyse classique (basse température), le prix de revient de l’hydrogène est situé, en fonction de

Méthane de synthèse : on fait réagir l’hydrogène
avec du CO et du CO2 pour fabriquer du méthane de synthèse, équivalent du gaz naturel. Ce procédé est appelé méthanation, à ne pas confondre avec la méthanisation. Ce gaz est ensuite facilement stocké et utilisé exactement comme le gaz naturel.

100 kg d’hydrogène. - Un prolongateur d’autonomie (pile à combustible en plus de la batterie) pour permettre à un Renault Kangoo entièrement électrique de passer de 160 à 320 km. - Un vélo électrique Gitane à pile à combustible, fonctionnant avec une cartouche d’hydrogène de 300 g, annoncé pour 2015 au prix d’environ 2500 €.

3. Utilisation
L’hydrogène peut être utilisé directement comme carburant, mélangé en petite proportion au gaz naturel, ou servir à fabriquer de l’électricité avec une pile à combustible.

Commentaire : il ne faut pas trop s’enthousiasmer sur la possibilité d’utiliser un jour les émanations naturelles d’hydrogène. Rien ne dit que les quantités sont importantes et que les conditions de captage seront un jour rentables. L’hydrogène est donc une forme de stockage de l’énergie, beaucoup moins pratique que le gaz naturel ou le pétrole, mais qui présente un avantage certain : sa combustion ou son utilisation, dans une pile à combustible, ne donne que de l’eau (2), sans aucune émission de dioxyde de carbone. N’étant pas une énergie primaire, l’hydrogène est une énergie « propre » seulement s’il est produit à partir d’énergies renouvelables comme le solaire, l’éolien ou le biogaz. Actuellement, 1 % seulement de l’hydrogène est produit par électrolyse, et encore, en France, c’est avec de l’électricité d’origine nucléaire. Le reste est produit par reformage, à partir d’hydrocarbures d’origine fossile. Pour le moment, si on considère la totalité de son cycle, l’hydrogène n’est donc absolument pas une énergie renouvelable ou propre. L’hydrogène ne représente aucune solution miracle. Mais dans le cadre des filières de stockage des énergies intermittentes, éolienne et solaire, l’hydrogène pourrait jouer un rôle intéressant, soit directement avec les piles à combustible, si les chercheurs progressent encore dans la fabrication des « éponges à hydrogène », soit combiné avec du CO2 pour synthétiser du méthane, qui a le même usage que le gaz naturel. Cette dernière solution, la méthanation, est déjà en cours de développement en Allemagne.

Adjonction au gaz naturel : il y a un projet pilote
dans ce sens à Dunkerque. 6 à 20 % d’hydrogène d’origine renouvelable seront ajoutés au gaz naturel et le mélange servira de carburant à la flotte de bus. Par ailleurs, de l’hydrogène « vert » sera aussi injecté dans le réseau de gaz naturel de la ville. À énergie constante, le mélange émet moins de CO2 que le gaz naturel.

La pile à combustible : c’est une technique qui
utilise la réaction inverse de l’électrolyse ; elle fabrique directement de l’électricité en recombinant de l’hydrogène avec de l’oxygène (sans combustion). Avantages : la réaction n’émet que de la chaleur et de la vapeur d’eau et a un meilleur rendement que la combustion. Avec ce système, une voiture ne consomme qu’un kg d’hydrogène aux 100 km (1) et on peut envisager des autonomies qui atteignent 500 km, contre 150 avec des batteries, pour des voitures entièrement électriques.

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Le Japon a développé des piles à combustible en installation fixe en appliquant la cogénération : production simultanée d’électricité et de chaleur. Cette dernière est utilisée pour le chauffage des bâtiments. Le projet européen Ene.Field prévoit 1 000 installations de ce type à l’horizon 2015.

Gérard Mamet

4. Quelques réalisations originales
- Un dispositif de 11,5 tonnes, de type « conteneur », développé par McPhy Energy pour stocker de l’énergie d’origine photovoltaïque sous la forme de

L’hydrogène a une forte densité énergétique. 1 kg d’hydrogène équivaut, en énergie, à 2,5 kg de gaz naturel et 3 kg de gazole. (2) Rappelons l’étymologie du mot : hydrogène signifie « qui produit de l’eau ».

Réforme des rythmes scolaires

ÇA PATINE !
Vingt-cinq ans de recherches sur les rythmes de vie des enfants n’ont pas eu raison du scepticisme et des intérêts particuliers des différents acteurs de l'éducation, qu’ils soient parents, enseignants ou élus. Pourtant, les chercheurs, les chronobiologistes, les pédagogues nous alertent depuis un quart de siècle sur le rythme infernal que nous faisons subir à nos enfants et qui entraîne des difficultés d’apprentissage et de comportement à l’école. En 2008, le passage aux quatre jours d’école n’avait pas suscité autant d’insatisfaction. Et pour cause, le monde des adultes s’était allègrement entendu sur le dos du monde des enfants : les parents avaient gagné une organisation du week-end plus en adéquation avec leurs propres rythmes familiaux, les enseignants avaient enfin bénéficié d’un vrai week-end, les élus avaient diminué les charges de leurs collectivités (transport, chauffage des écoles, heures ATSEM [Agent territorial spécialisé des Écoles maternelles], etc.). l’écotaxe, , que les adultes cherchent à protéger leurs avantages, leur organisation quotidienne, bref à refuser le changement de rythme de vie des enfants au bénéfice du leur ! Il est bien dommage de voir se profiler une surenchère politique sur un sujet qui touche l’éducation et le bien -être de nos enfants !

Pourtant, là où des villes et des villages ont permis la concertation, où élus, parents et enseignants,
tous moins rétifs que les autres, ont orchestré une réforme intelligente, sans excès d'activités, de réels résultats sont observés. Allez voir du côté de Saint-Lothain et Passenans, dans le Jura. Vous rencontrerez des enseignants satisfaits de récupérer des enfants totalement requinqués après une pause de 2 heures 45. Les enfants ont rechargé les accus par l’organisation de temps paisibles, de temps de repos, de lieux où « ne rien faire », de jeux calmes, etc. Une journée moins dense et des temps d’apprentissage placés au bon moment dans la journée. Quand les bonnes décisions sont prises à l’échelon local, la réforme, qui sur le fond va dans le bon sens, permet à nos enfants, souvent les plus démunis, d’être les grands bénéficiaires ! De la même manière que nous devons remettre à nos descendants une planète propre, que nous avons le devoir de ne pas leur laisser une dette qui aura payé nos dépenses courantes, nous nous devons de leur assurer un service d’éducation à la mesure de leurs besoins.

Alors oui, le ministre a décentralisé trop largement le choix des
horaires scolaires à des élus mal informés des enjeux des rythmes chronobiologiques. Alors oui, le ministre fait supporter le coût de la réforme aux collectivités locales. Alors oui, le ministre n’a pas mesuré l’impact du changement des horaires scolaires sur les autres temps de vie des enfants : le temps familial et le périscolaire. Alors oui, le ministre a communiqué très largement sur la mise en œuvre d’ « activités », au nom de l’égalité des chances, sans envisager un seul instant que nos enfants avaient surtout besoin de respirer, de se poser, de se reposer dans une journée passée en collectivité.

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André Barbarin

Avec la réforme Peillon, la droite en profite
pour surfer sur le mécontentement de certains parents, sur l’hostilité de nombreux enseignants et sur les demandes répétées des élus de pérenniser les subventions de l’État (le fonds d’amorçage). Partout en France comme dans notre région, les médias communiquent sur les problèmes de logistique, l’urgence de la mise en œuvre de la réforme, le manque de moyens concédés par l’État… Même si tout n’est pas faux, à y regarder de plus près, on distingue très vite, à l’image de la fronde contre

14-18

VOUS AVEZ DIT « HÉROÏSME » ?

Le 25 septembre 1915, le 21e Régiment d'infanterie coloniale se lance à la conquête de la Main de Massiges (Marne). Le journal de ce régiment, que l'on peut consulter sur le site Mémoires des hommes (1), décrit presque minutieusement l'assaut : « À 9 h 15, la première vague sort de la parallèle de départ et se porte franchement en avant, la deuxième vague la suit à 80 mètres environ... » Le récit se veut sobre, détaillé, comme détaché : « La troisième vague du bataillon Le Boulanger, dont la marche est déjà ralentie par les pertes subies (…), a son élan également brisé. » Dans ce langage tout militaire, on comprend bien qu'il s'agit d'une boucherie, mais les mots sont comme vidés de leur épaisseur, de leur sang. Toutefois le rédacteur, dans le récit de la journée, laisse entrevoir un court instant ce qu'il en est du réel : « Un combat corps à corps ou à coups de grenade continue avec violence sur tout le front. » Et vient la conclusion du jour : « La journée se termine à notre avantage : nous avons conquis de haute lutte la formidable position du 191, mais le régiment a éprouvé de lourdes pertes : 35 officiers tués ou blessés et plus de 1 500 hommes hors de combat. » On le note : les officiers sont tués ou blessés, les simples soldats sont seulement mis « hors de combat » ; à chacun selon son rang, sa dignité. Parmi ces 1 500 hommes se trouvait mon grand-père : « Tué à l'ennemi », est-il écrit sur sa fiche individuelle, à la ligne « Genre de mort ». Il avait 28 ans, laissait deux orphelins dont l'un même pas encore né, et une femme qui emportera dans la tombe, 70 ans plus tard, son souvenir, les lettres qu'il lui avait écrites depuis le front, et à jamais la peine jamais éteinte d'une vie et d'une promesse mortes sur un champ de bataille.

Pourquoi faire référence à cette histoire si
tristement banale pour tant de familles ? Peut-être parce que je crains que les commémorations du centenaire de la « Grande Guerre », comme on dit, ne cherchent à écrire un nouveau roman, celui des héros simples et courageux qui ont su affronter la boue, la mitraille et les rats dans des tranchées ouvertes comme des tombeaux. Parce que je crains qu'on oublie les larmes et la détresse qu'elle a laissées s'épancher, s'épuiser sur les visages défaits, ruinés par le chagrin et le ciel si lourd, si insupportable, de la folie des hommes. Parce que je crains qu'on ne s'efforce de nous vendre une Europe gage de paix, alors qu'enflent les grondements sourds d'oiseaux noirs de misère, qui réveillent une abjecte langue nationalo-populiste, alors que son idéal apparaît mité par les insectes de la finance et de l'austérité.

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Bien sûr, l'accès aux archives que permet ce site, l'accès à des moments d'histoire, représente une initiative qui ne manque pas d'intérêt, même si je me demande ce que je suis finalement allé y chercher... Une trace de celui dont personne ne parlait ?...
Mais les archives ne sont rien, rien que des papiers, qui ne nous disent rien de la souffrance qu'ont endurée les simples soldats, les veuves et les orphelins (2). Alors, si on veut dire quelque chose de 14-18, il faut relire Giono (3), pour que la guerre vous étreigne de son horreur jusqu'à la nausée, pour entendre son fracas monstrueux : « Un obus éclate sur la batterie, on ne l'a pas entendu venir. Barnous penche la tête. Il essaie de toucher sa tête avec sa main, son bras ne va pas plus

haut que l'épaule et retombe doucement. Un jet de sang fuse de sa tête étoilée. » « La route est comme un ruisseau mort. Elle est sous la pourriture de voitures, de chevaux crevés et d'hommes. »

Il faut relire Camus (4), pour entendre la souffrance qui suinte d'une blessure secrète. Jacques Cormery (c'est-à-dire Camus lui-même) est venu sur la tombe de son père : « Il n'avait jamais pensé à l'homme qui dormait là comme un être vivant mais comme un inconnu ». Plus tard, « seul dans le vent et le faubourg désert », il se dit : « Il y en moi un vide affreux, une indifférence qui me fait mal... [...] J'ai essayé de me trouver moi-même, dès le début, tout enfant, ce qui était bien, ce qui était mal puisque personne autour de moi ne pouvait me le dire . Et puis je reconnais maintenant que tout m'abandonne, j'ai besoin de quelqu'un qui me montre la voie (…) j'ai besoin de mon père ». Les guerres ne sont que l'horizon toujours renouvelé de la désolation et en rien une page héroïque de l'histoire.

Je ne sais si mon grand-père partit, comme tant d'autres, sûr de la victoire, s'il fut ravagé par la peur ou gagné par l'euphorie patriotique lorsqu’il sortit de la tranchée, ce 25 septembre 1915. Peu m'importe et peu importe. La folie des hommes, cette envie de haine, cet instinct de mort n'ont laissé de lui, et de tant d'autres innombrables, à jamais, que l'absence et le silence, ces brumes glacées qui envelopperont plus tard Auschwitz et Srebrenica.

Michel Boutanquoi

(1) http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (2) La collecte des documents conservés par les familles permettra, je l'espère, de parler de ces aspects. (3) Le grand troupeau (4) Le premier homme

Groupe local EÉLV du Grand Besançon
Lors de l'AG du 5 novembre, les militants ont décidé de participer aux élections municipales de 2014 dans le cadre d'une liste commune avec le PS et le PC (Cf. communiqué sur le site EÉLV Franche-Comté) Ils ont désigné comme chefs de file Anne Vignot et Cyril Devesa. Ils ont par ailleurs procédé au renouvellement de leurs instances en élisant deux cosecrétaires, Cécile Prudhomme et

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Michel Boutanquoi, et deux représentants au CPR, Sylvie Meyer et Christophe Moyse.

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Glacis

FIN DU CAMPEMENT, MAIS PAS DU PROBLÈME
Je crains que la satisfaction municipale affichée depuis la fermeture du campement des Glacis à Besançon ne cache une hypocrisie qui ne devrait pourtant échapper à personne. Si, depuis vendredi 15 novembre, les familles et personnes isolées de ce campement (28 personnes, en majorité des demandeurs d’asile) ont été mises à l'abri, elles restent nombreuses à vivre à la rue, soit qu'elles n'aient pas eu l'opportunité d'être sous les tentes à Battant au moment de l’évacuation du campement, soit parce qu’elles sont arrivées après le 15 novembre à Besançon. Il faut préciser que la mise à l'abri n'est pas un hébergement. Il y a abri de nuit et abri de jour. Le premier ouvre à 20 h et ferme à 8 h, les seconds prennent le relais entre 8 h et 19 h 30. Or certains vont fermer, d'autres ne sont qu'en projet. Si les CADA (Centres d'accueil de demandeurs d'asile) vont ouvrir des places dans le département du Doubs, il s'agit d'une amélioration du dispositif permanent annuel de veille sociale. D'une manière générale, le « plan hiver », critiqué pour sa gestion au thermomètre de l'accueil, a disparu et est remplacé par une approche de la « période hivernale ». Or à Besançon, seul l'hôtel est pressenti en cas de grand froid. On n'a proposé aucune modalité ni procédure, en dépit du cadre législatif imposé à l'État par le Code de l'action sociale et des familles. («Toute personne en détresse, quelle que soit sa situation administrative, doit pouvoir être accueillie sans discrimination. ») de fortune, dans le froid, et sont ainsi exposées à la maladie, à l’affaiblissement, et donc mises en danger. Va-t-on continuer à parler d'« appel d'air » ? Cette situation impose que des mesures d’accueil d’urgence soient prises sur le territoire de la commune pour que, dès le premier jour de leur arrivée, les personnes soient prises en charge et qu’ainsi leur soient évités des problèmes de santé grave, pouvant entraîner également un problème de santé publique. Bien que les demandeurs d'asile relèvent de la Préfecture, il se trouve qu'ils arrivent sur la municipalité. Il y a risque de non assistance à personne en danger.

Des questions qui dépassent certes la ville, mais qui déterminent la situation actuelle, devraient être posées aux niveaux municipal, national et européen. Qu'en est il de la lutte contre les passeurs ? Sur ce sujet, c'est le profond silence des autorités qui pose problème. Que fera l'Europe du voisinage avec un pays mafieux comme le Kosovo, dont la monnaie est l'euro et où de nombreuses entreprises savent faire des bénéfices énormes (BTP, constructions d'autoroutes) alors que sa population n'en peut plus et s'enfuit ? Qu'en est-il du codéveloppement, quand on sait que les fonds initialement prévus par l'État pour l'aide au développement servent à payer les chambres d'hôtel affectées le cas échéant à l'hébergement d'urgence ?

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Le campement posait problème avant tout parce qu'il se voyait. Comme la Mairie recevait des
courriers critiques, elle a sans doute fait pression sur la Préfecture pour que cette verrue disparaisse. Le problème est-il réglé pour autant ? En date du 21 novembre, le Collectif À la rue ! dénombre 44 personnes à la rue, dont 18 enfants et 3 jeunes femmes enceintes – l’une de 6 mois et demi, sortie le 19 de l'hôpital, une autre de 3 mois et la troisième de 4 mois. Nous savons qu’il y a d’autres personnes, par exemple des Roumains, qui n’ont aucune chance d’être pris en charge par le SAAS (Service d'accueil et d'accompagnement social). Alors que la rigueur de l’hiver est là, toutes ces personnes dorment dehors, dans les voitures ou des abris

Nous défendons :
- le principe d’accueil inconditionnel sur tous les territoires et l'hébergement en continu, sans fermeture en journée ; - un accompagnement social de qualité. L'hébergement peut être assuré par la mobilisation du parc locatif social et du parc privé et par la réquisition de terrains et de locaux vides. À la municipalité d'agir de concert avec la Préfecture.

Thierry Lebeaupin

Immigration et vocabulaire

UN JARGON TECHNOCRATIQUE DÉSHUMANISANT
« Si nous voulons changer la réalité – et il est urgent de la changer –, nous devons nous aussi changer les représentations, et pour cela changer les mots qui leur donnent corps. » (Emmanuel Terray)

Certaines expressions technocratiques ou certaines analogies en vogue dans l'administration concernant l'immigration permettent de dissimuler la réalité vécue par l'immigré en ayant recours à l’abstraction et à l’opacité d'un discours juridico-administratif. Ces mots réduisent l'immigré à l'état d'objet et facilitent l'application, sans culpabilisation, de directives conçues sur le rejet de personnes à qui on fait perdre toute réalité. Par exemple, on lit ou entend qu'il faut réduire l'accueil des demandeurs d'asile afin de ne pas « créer d'appel d'air » et de mieux « maîtriser les flux migratoires ». Les déboutés de l'asile doivent être éloignés du territoire de façon à « éviter l'embolisation des dispositif d'accueil » et à « fluidifier ces dispositifs ». Les immigrés ont en définitive « vocation à » rentrer chez eux. Il ne s'agit plus d'humains, mais de dossiers. Regardons de plus près ce vocabulaire.

pays d'origine et pour qui tout vaut mieux plutôt que d'y retourner. En clair, il s'agit d'un déni de réalité.

Contrôle ou maîtrise des flux migratoires.
En France, l’instrumentalisation de la question des migrants est de mise et il faut absolument en « réduire les flux ». Le sentiment d'invasion est diffus et on s'en tient là, avec la peur au ventre. Après les courants d'air, les vagues ou les marées. La réalité est pourtant plus complexe que cette image réductrice, car pour étudier les variations de population, on doit comparer solde naturel et solde migratoire, et non s'en tenir à des impressions. Le solde naturel représente la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès. Si ce chiffre est connu, en revanche le solde migratoire, soit la différence entre le nombre de personnes entrées sur le territoire et le nombre de personnes sorties au cours de la même année, reste une énigme dans notre pays. En effet, pour les entrées, on ne connaît que le nombre de titres de séjour accordés, ce qui exclut les entrées illégales ; on ne connaît pas non plus le nombre des sorties, qu'il s'agisse d'étrangers qui rentrent chez eux ou de Français qui partent vivre à l'étranger. (Nos administrations oublient les données sur l’émigration de Français : pensant qu'ils ne quittent jamais définitivement leur pays et qu'ils reviennent après une période d'expatriation, elles ne les comptent pas. Or ces Français partant définitivement sont plus nombreux qu'il n'y paraît.) Ainsi, on ne dispose pas, sur le solde migratoire, de chiffres fiables permettant de l'analyser sérieusement, ce qui favorise tout débordement tendancieux martelant, comme pour l'appel d'air, qu'il nous faut fermer nos frontières. À quoi et à qui servent ces discours qui distillent la peur ?

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Il ne faut pas créer d'appel d'air.
Dans les discours de peur tenus par les adversaires de l'immigration, qu'ils considèrent comme un fléau, l' « appel d'air » devient un vent maléfique, contre lequel il faudrait se protéger en fermant toutes les portes, bien qu'on ne sache pas exactement en quoi consiste ce mal mystérieux et dévastateur venu d'ailleurs. En clair, pour lutter contre ce mal, il ne faut pas créer de nouvelles places d'hébergement, qui pourraient attirer de nouveaux arrivants et constituer ce tourbillon qui les aspirerait immanquablement vers les places libres. Bien sûr, la réalité contredit tous les jours cette image, puisque les demandeurs d'asile affluent bien qu'il n'y ait plus de places, mais on n'a de cesse de nous la resservir. « Appel d'air » signifie donc invasion ; mais pour ne pas prononcer ce mot, on évoque un phénomène naturel ravageur. Sauf que, dans ce cas, ce phénomène n'a de réalité que pour celui qui le fantasme, et l'Autre, réduit à un coup de vent destructeur, perd sa réalité d'humain en détresse, qui fuit de façon déterminée un vécu dramatique qu'il ne peut plus supporter dans son

Le dispositif d'hébergement est embolisé.
Encore une expression technocratique, empruntée à la médecine et signifiant que le système d'hébergement est engorgé, tout en sous-entendant que la cause du « manque de fluidité du dispositif » serait un « flux » excessif de migrants. Façon d'avouer que ces migrants affluent bien qu'il n'y ait plus de places, ce qui dans les

faits met à mal le mythe de l'appel d'air. « Créer de la fluidité » signifie par ailleurs expulser davantage. Il faut préciser au passage qu'une embolisation (qui n'est pas une embolie) est une technique médicale ayant pour but d'obstruer volontairement une artère par injection d'un produit pour ne plus alimenter une tumeur et la nécroser. L'arrivée d'étrangers demandeurs d'asile serait-elle ainsi vue comme un cancer ? En tout état de cause, l'intention des services de limiter l'accès à l'hébergement en espérant ainsi décourager les arrivants crée bel et bien un engorgement du dispositif, qui résulte d'un acte volontaire aggravant ainsi la situation au lieu d'y mettre fin. Cette fois-ci, non seulement on réifie un problème humain, mais de plus on inverse les causes et les effets dans une intention culpabilisante.

sans frein ? En effet, on ne cherche pas du tout à maîtriser ces « flux », convergeant vers des paradis fiscaux qui constituent, eux, de véritables « appels d'air » en faveur de l'activité spéculative. Il n'y a pas de FRONTEX pour les capitaux et ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'étude approfondie sur la pénétration des fonds mafieux dans l'économie globale qu'elle n'existe pas (1). Dans quelle mystification est-on en train de s'enliser ? Déconstruire les idées reçues contenues dans ces mots anesthésiants et ne plus alimenter les peurs qu'elles engendrent, voilà qui nous permettrait pourtant de percevoir combien ces tournures technocratiques manipulent la réalité et réduisent des humains au rang d'objets pour ne pas troubler les exécutants dans l'efficacité froide de leur action. Tournures qui nourrissent une rhétorique idéologique mensongère, acceptée de facto bien que chacun sache que l'isolement et le repli ne sont pas des solutions humainement viables sur cette planète et qu'ils empêchent le développement d'un nécessaire « vivre ensemble ».

Avoir vocation à.... quitter le territoire
« Avoir vocation à... » apparaît habituellement dans des actes juridiques, pour exprimer positivement que la personne dont il est question réunit l'ensemble des conditions pour faire valoir un droit déterminé. De manière plus générale, il s'agit de mettre en avant un point positif caractérisant quelque chose ou quelqu'un.

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Cette sorte d'euphémisme, en vogue dans le monde économico-politique depuis l'ère sarkoguainesque, vise désormais au contraire à faire valoir un jugement négatif doublé d'une tournure impérative. Un étranger « ayant vocation à quitter le territoire » est donc simplement quelqu'un qui n'a rien faire en France et qui doit être expulsé manu militari. Pourtant, aucun être humain n'a d'emblée « vocation à » faire ou non quoi que ce soit d'autorité ; il n'est ni conçu, ni qualifié, ni destiné à... par ordonnance. Cette expression le réduit simplement à un statut d'objet à déplacer.

Selon Emmanuel Terray, anthropologue et militant, « toute politique de restriction et de fermeture aux flux migratoires entraîne avec elle, inévitablement, son cortège d’arbitraire, de mesures illégales. En réalité, l’immigration est un phénomène incontournable, au cœur même de notre système économique et social. Et, puisqu’on ne l’endiguera pas avec des mesures administratives et policières, nous n’avons pas le choix, il faut aller vers le rétablissement de la liberté de circulation. Une liberté organisée au mieux des intérêts de chacun et de tous. La bascule entre le légitime et l’arbitraire se situe dans la décision politique même d’empêcher ce qui, de fait, ne peut l’être. » Cela signifie qu'à la place de mesures isolées sur la fermeture des frontières, il faudrait construire d'autres relations internationales visant à améliorer les conditions de travail et de vie dans un grand nombre de pays. Que fait-on du côté de l'aide au développement des pays d'origine de ces immigrés qui préféreraient à n'en pas douter vivre chez eux ? On apprend par ailleurs que la facture - très élevée - de l'hébergement d'urgence en hôtels est prélevée par l'État sur des fonds initialement prévus justement à cette aide

Un jargon obscur pour quelle politique ?
Que signifie ce manque de courage politique à aller à l'encontre des idées reçues, alors qu'il n'aura échappé à personne que la fermeture des frontières et le rejet ne concernent aucunement la circulation des flux financiers, lesquels doivent au contraire pouvoir circuler

au développement.

Or nous percevons chaque jour que l’immigration est une nécessité économique pour la France.
Nous avons tous remarqué qui construit le tram à Besançon et nous savons bien que 90 % des autoroutes ont été construites et sont entretenues par de la main-d’œuvre étrangère. Bien d'autres arguments pourraient venir étayer des positions d'ouverture, mais ce n'est pas l'esprit du temps et l'idéologie semble plus forte que l'analyse du réel, qui contredit l’impact négatif des flux migratoires sur l’économie française.

La rhétorique xénophobe visant à stigmatiser les populations issues de la diversité ethnique de la planète ne résiste donc pas à une analyse sérieuse. L’immigration, loin d’être un fléau pour la société française, est au contraire une nécessité économique vitale. Bien que le dynamisme de la France se soit toujours construit sur les migrations, le dogme actuel selon lequel l’immigration constituerait un problème économique et sécuritaire cherche à nous contraindre à une fermeture d'esprit par de petits renoncements critiques quotidiens, entre autres en nous faisant adopter malgré nous le vocabulaire du « fascisme ordinaire », construit sur le rejet de l'Autre. À nous d'être vigilants. (3)

Thierry Lebeaupin

Une étude du ministère des Affaires sociales, portant sur le coût de l’immigration pour l’économie nationale, révèle pourtant que les immigrés, loin de plomber le budget des prestations sociales, rapportent chaque année aux finances publiques la somme de 12,4 milliards d’euros. Les professeurs Xavier Chojnicki et Lionel Ragot, auteurs en 2012 d'une étude à ce sujet, se montrent même favorables à une « politique migratoire plus ambitieuse », laquelle « contribuerait à une réduction du fardeau fiscal du vieillissement démographique». De plus, selon cette étude, les 5,3 millions de résidents étrangers établis en France (11 % de la population) occupent dans leur immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas. (2)

(1) Lire Le combat continue : résister à la mafia et à la corruption, de Roberto Saviano (l'auteur de Gomorra), Robert Laffont, 2010. (2) L'immigration, ça coûte cher à la France. Qu'en pensent les économistes ? », de Xavier Chojnicki et Lionel Ragot, Les Echos éditions, 2012 (3) Bien que cela n'ait rien à voir avec l'immigration, m'autorisera-t-on (puisqu'il est question de manipulation du langage) à mettre mon grain de sel en demandant instamment aux écolos de cesser de singer les technocrates et les chasseurs ? Non, on ne « prélève » pas des loups : on les tue, on les abat, on les massacre, on les flingue, on les descend, on les élimine, on les liquide, etc. Ce qui est tout de suite moins sympa, hein ?... [Gérard Roy]

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Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté (14, rue de la République, 25000 Besançon) Directeur de publication : Gérard Roy Comité de lecture : Michel Boutanquoi, Gérard Mamet, Gérard Roy, Suzy Antoine CPPAP: 0518 P 11003 Maquette : Corinne Salvi Mise en page : Suzy Antoine

Réforme fiscale

LE DÉBUT D'UN FRÉMISSEMENT
Un article de La Feuille Verte du mois de novembre, qui critiquait les choix budgétaires de la Loi de finance 2014, se terminait par ce questionnement : « Où est donc passée la grande réforme fiscale annoncée et promise par François Hollande pendant sa campagne électorale ? » Sans qu'on puisse assurer qu'il y a une relation de cause à effet (nous n'avons pas la certitude que Jean-Marc Ayrault lit La Feuille Verte...), le premier ministre annonçait le 19 novembre, dans le journal Les Échos , « une remise à plat, en toute transparence, de notre système fiscal ».

Matignon contre Bercy
D'après Mediapart, l'annonce faite par Jean-Marc Ayrault a été une sorte de coup de force contre le ministre de l'économie et des finances Pierre Moscovici. C'est contre Mosco que la députée PS Karine Berger et Éric Alauzet avaient dû mener une bataille d'amendements pour obtenir des améliorations de la loi bancaire. Ce sont aussi Mosco et Cahuzac qui se sont opposés à une réforme d'ampleur du système fiscal. On apprend maintenant que le ministre de l'Économie avait tenu à garder deux très importants responsables de Bercy nommés par Sarkozy : Ramon Fernandez à la direction du Trésor et Julien Dubertet au Budget, « pour rassurer les marchés financiers ». Tous les deux, d'orientation très libérale, avaient été les maîtres d'œuvre de la politique économique de Sarkozy. Mediapart montre aussi la « perméabilité » entre les banques, les milieux d'affaires et l'administration de Bercy. On comprend mieux pourquoi les changements ont été si difficiles et de si faible ampleur en matière de lutte contre les paradis fiscaux ou de réforme bancaire. On dit même que c'est Fernandez qui aurait inspiré à son ministre sa fameuse sortie sur le « ras-le-bol fiscal ». La gauche du PS et EÉLV saluent donc le départ annoncé de ces responsables qui, visiblement, contribuaient à bloquer toute réforme d'importance en matière de politique bancaire ou de fiscalité, et souhaitent maintenant que la remise à plat fiscale avance. Quant à Fernandez et Dubertet, ils n'auront aucun problème de reclassement...

Une fiscalité plus progressive et plus juste
Le premier ministre précise : « L'objectif, c'est de parvenir à des règles plus justes, plus efficaces et plus lisibles » et précise : « À prélèvements obligatoires constants ». Rappelons ce que disait le candidat Hollande : «La contribution de chacun sera rendue plus équitable par une grande réforme permettant la fusion à terme de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR). Une part de cet impôt sera affectée aux organismes de sécurité sociale. Les revenus du capital seront imposés comme ceux du travail. »(1) Actuellement, la CSG représente 90,3 milliards d'euros, contre 74,9 pour l'impôt sur le revenu, 185,6 pour la TVA, 63 pour l'impôt sur les sociétés et 18,9 d'impôts et taxes divers (2). L'impôt sur le revenu est progressif, c'est-à-dire que plus on s'élève dans les tranches de revenus, plus le taux est élevé. La CSG est seulement proportionnelle : son taux ne varie pas avec la hauteur des revenus. Fusionner l'impôt sur le revenu et la CSG permettrait de rendre cette dernière progressive et de taxer davantage les revenus du capital. On comprend aussi, à la lumière des chiffres, que l'augmentation de la TVA, qui va intervenir au 1er janvier 2014 et qui était combattue par la gauche du temps de Sarkozy, est une solution de facilité, une sorte de « paresse fiscale », alors que c'est l'impôt le plus injuste, puisqu'il est payé de la même façon par tous, y compris par les plus pauvres.

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Ne pas se réjouir trop vite
Certes, la déclaration du Premier ministre va dans le bon sens. Mais il reste encore des points de désaccord majeurs. Dans le même temps, le gouvernement maintient l'injuste hausse de la TVA au premier janvier 2014 et annonce la poursuite de la baisse des dépenses publiques à hauteur de 15 milliards par an. De fait, ce sont des mesures d'austérité

qui sont défavorables aux plus modestes et qui ne peuvent qu'aggraver encore la situation de l'emploi. Il n'y a pas non plus de remise en question du CISE, le Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi. S'il profite uniquement aux grandes entreprises, s'il n'est pas versé sous condition de créations effectives d'emplois et, si possible, du respect de règles environnementales, le CISE sera totalement inefficace. Ce sera seulement une niche fiscale de plus au moment où, au contraire, on doit les supprimer. Le dernier point concerne ce que Viviane Forrester, l'auteure de L'horreur économique, a appelé, peu de temps avant sa mort, « la Crise, la Dette, et la Crise de la Dette » dans un opuscule intitulé La promesse du pire. La crise et la dette sont, certes, des réalités. Mais ce sont surtout des prétextes qui « tétanisent, enserrent sans palabres, mettent en condition les nations sidérées, accoutument les peuples à la soumission » (3).

La dette, c'est le leurre utilisé pour détourner l'attention de l'évasion fiscale et des dividendes extravagants distribués aux actionnaires. La dette, c'est l'instrument utilisé, pour le plus grand profit du système financier mondialisé, pour parachever la dépouille des États régulateurs et redistributeurs, mise en place après la crise de 1929 et la Deuxième Guerre mondiale. Il n'y aura pas de solution viable sans une remise en cause, au moins partielle, de la dette. La campagne des Européennes en 2014 devrait être l'occasion de mettre enfin cette question sur la table, comme le refus du Traité transatlantique de libreéchange et l'urgence d'une harmonisation fiscale, au niveau de l'ensemble de l'Union européenne.

Gérard Mamet

La dette, vraiment ?
Il est temps d'interroger la légitimité de la dette, sa validité, et de vérifier le bien-fondé des sacrifices qu'elle exige, son cortège de chômage, de précarité, de misère, d'augmentation des inégalités qu'elle entraîne partout dans le monde.

(1) Extrait du programme du candidat François Hollande, proposition 14. (2) Montant des principales recettes fiscales attendues en 2013, lemonde.fr, 19/11/2013. (3) Viviane Forrester, La Promesse du pire, août 2013, Seuil.

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Vous reprendrez bien un peu de Charlie Hebdo...

Primaires européennes

POURQUOI JE SOUTIENS SKA KELLER ET JOSÉ BOVÉ
À l’occasion des Élections européennes de 2014, les écologistes européens organisent des primaires à l’échelle de l'UE pour désigner leurs deux chefs de file. Du 10 novembre 2013 au 28 janvier 2014, tous les habitants de l’Union européenne âgés de 16 ans et plus, désireux de faire vivre en Europe les valeurs portées par l’écologie, sont invités par le Parti Vert européen à choisir les deux têtes de liste de la campagne verte (1). Elle s’intéresse tout particulièrement aux questions migratoires et au droit d’asile, aux libertés civiles (droits des femmes et des minorités, protection des données…), ainsi qu’à tout ce qui tourne autour du commerce international (coopération, développement, commerce équitable plutôt que libre-échange).

Quatre candidats sont en lice, tous députés européens sortants : le Français José Bové, l’Italienne
Monica Frassoni et les Allemandes Rebecca Harms et Ska Keller.

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À cette primaire, j’ai décidé de voter pour José Bové et Ska Keller. Je ne présenterai pas José, qui est assez connu en France, mais aussi en Europe, et plus particulièrement en Europe du Sud. Ska est peu connue chez nous. Je voudrais la présenter et dire en quelques mots ce qu’elle pourrait apporter à la campagne écologiste des Européennes 2014.

Au Parlement européen (3), après avoir été membre de la commission du Développement, Ska Keller l'est maintenant de la Commission du commerce international et de la délégation à la commission parlementaire mixte UE-Turquie. Elle est aussi membre suppléante de la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures, et de la délégation à la commission parlementaire mixte UEMexique. Elle était auparavant membre suppléante de la délégation à l'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée. Elle a été rapporteure du rapport sur la cohérence des politiques européennes pour le développement et l'aide publique au développement plus (APD-plus).

Ska - ou plutôt Fransiska - Keller a passé son enfance en Allemagne de l’Est, près de la frontière polonaise. Elle avait 8 ans à la chute du Mur de Berlin. Elle a étudié les sciences islamiques, la turcologie (2) et la judaïstique. Elle parle six langues. En 2001, à 20 ans, elle adhère et prend des responsabilités chez les Jeunes Verts allemands, puis chez les Grünen. De 2005 à 2007, elle est présidente des Jeunes Verts européens. Et, en 2009, à 27 ans, elle est élue députée européenne et siège au sein du Groupe des Verts / Alliance libre européenne.

Récemment, elle est intervenue sur :
- l'état d'avancement du programme de Doha pour le développement, - la question des réfugiés et des migrations (Lampedusa, Syrie, surveillance aux frontières), - la montée de l’extrême droite en Europe, - la zone de libre-échange transatlantique (TAFTA), - l’appel pour la réduction de l’utilisation du papier, - et bien d’autres sujets.

Ska Keller met en pratique ses convictions. Ainsi, elle utilise le plus souvent possible le train dans ses déplacements. Le trajet Bruxelles-Strasbourg dure cinq heures, Bruxelles-Berlin sept heures ; mais il lui arrive aussi de relier Bruxelles ou Berlin à Barcelone, Copenhague ou Budapest : elle peut passer, certaines semaines, une vingtaine d’heures dans le train. Elle n’utilise l’avion que si les distances et les temps sont vraiment trop longs. À quand l’obligation pour tous les députés européens de prendre le train ? Ska Keller est intervenue au Conseil fédéral d’EÉLV le 15 septembre dernier. Elle a impressionné très positivement une grande majorité des présents par sa connaissance des dossiers, son aisance et sa simplicité. José et Ska, par leur complémentarité, sont capables de mobiliser bien au-delà des écologistes. Et puis, Ska est sans doute un atout pour remobiliser et donner de l’espoir à une jeunesse européenne de plus en plus désabusée par l’Europe (4). En tout cas, votez aux primaires européennes, faites voter vos amis, les sympathisants ! La réussite de cette primaire, c’est bon pour l’Europe et c’est bon pour les écologistes !

(1) Comment voter par internet (pas d’autres modalités de vote possible) ? C’est assez simple et bien expliqué : - il faut disposer d’une adresse mail et d’un n° de mobile et se connecter sur https:// www.greenprimary.eu/party12-splashPage.html ; le vote se fait en 4 étapes : d’abord l’inscription (on remplit un formulaire), ensuite la confirmation (réception d’un lien par mail et d’un code par SMS), puis la connexion (grâce aux informations reçues à l’étape précédente) et enfin le vote. (2) Science qui s'occupe de l'étude de la langue turque et de sa grammaire, dans un contexte historique et comparatif (d’après Wikipedia). (3) voir http://www.europarl.europa.eu/meps/ fr/96734/FRANZISKA_KELLER_home.ht (4) La profession de foi de Ska Keller (restituée ici telle qu'on peut la lire sur le site d'EÉLV) : J’ai grandi dans le Bloc de l’Est, mais je me suis sentie toujours européenne. L’internationalisme et la lutte contre le racisme ont été mes principes quand j’œuvrais pour la solidarité transfrontalière chez moi, à la frontière polonaise. Les Jeunes Verts et les partis Verts d’Europe ont toujours défendu ces idées, qui m’interpellent encore aujourd’hui. Pour un environnement à tous, une Europe unie, pacifique et libre, capable de relever les défis sociaux, économiques et internationaux, pour défendre ce que nous avons en commun. Une Europe solidaire entre les générations et les régions ; pour tous, contre l’austérité. Avec votre appui, je ferai campagne partout en Europe en faveur du vote vert.

Bernard Lachambre Cosecrétaire régional

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Montreuil

CHÈRE DOM
Chère Dom,

D'abord, je l'ai entendu sur France Inter, ce mardi 26 novembre, dès potron-minet, le nez dans mon café. Puis tu l'as confirmé sur la même radio, un peu avant 8 heures. Et toute la matinée, j'ai vu défiler des courriels qui ne parlaient que de ça. Ainsi donc, Dominique, tu jettes l'éponge : tu annonces que tu ne te représenteras pas à la prochaine élection municipale de Montreuil, ville dont tu es maire depuis cinq ans. Sur le coup, je dois l'avouer, cette nouvelle m'a laissé un peu sceptique. Te connaissant plutôt bien, je me suis dit que, avec ce que les médias appellent ton « sale caractère », tu n'étais pas du genre à renoncer et que les coups à venir ne te faisaient pas plus peur que ceux déjà reçus à satiété. De toute façon, tu avais encore le temps de changer d'avis, et tes copains de Montreuil et d'ailleurs allaient s'employer à t'en convaincre. Mais au fur et à mesure que les choses se précisaient dans la matinée, que je lisais tes déclarations et ce qu'en écrivaient les uns et les autres, j'ai bien dû me rendre à l'évidence : au printemps 2014, c'est quelqu'un d'autre que toi qui s'assoira dans le fauteuil du maire.

La politique autrement
Ne nous voilons pas la face : ce renoncement, c'est bien une forme d'échec. Un échec pour toi - puisque tu ne pourras pas poursuivre la tâche à laquelle tu te seras donnée à fond pendant toutes ces années - et un échec pour l'écologie - puisque s'achèvera ainsi l'expérience unique en France de la gestion d'une grande ville par les écologistes. J'aurais dû le préciser tout de suite, pour que tu ne m'en veuilles pas en lisant les lignes qui précèdent : si échec il y a, ce n'est pas celui d'une mandature (ton blog est suffisamment éloquent, qui dresse la liste impressionnante des réalisations de ta municipalité), et c'en est un dont il n'y a pas le moins du monde à avoir honte. Je dirai même plus : tu peux en être fière, car son unique cause est, comme tu l'expliques longuement, ta conception de la « politique autrement ». Ah ! la « politicôtrement » ! Zeus sait si, à force d'être mise à toutes les sauces et galvaudée par les Verts, puis par EÉLV, qui l'ont popularisée mais en ont eu parfois une pratique assez fantaisiste, cette expression me sort par les yeux et les oreilles ! Et pourtant, dans le cas précis qui nous occupe, voilà qu'elle reprend tout son sens, voilà que peut-être, si ta démarche, comme tu l'espères, provoque un électrochoc, on va pouvoir de nouveau l'employer sans guillemets.

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Une affaire de valeurs et de convictions
Il faut dire que, ces derniers jours, tu as mis - et avec quelle virulence ! les pieds dans le plat. Foin de la diplomatie et des minauderies de gosses bien élevés, mais hypocrites, qui sont trop souvent de mise en politique, voilà que tu attaques bille en tête, et que certains (l'un que tu nommes - le sinistre Brard -, les autres qu'on reconnaît et qui se reconnaissent) en prennent pour leur grade : je te laisse imaginer quelle jubilation est la mienne en te (ré)écoutant ou te lisant ! Refus des coups bas et des poignards dans le dos, des clans et des cliques, des mensonges éhontés et des mesquineries gratuites, des services rendus contre services à rendre, des politesses mielleuses et des vacheries qui tuent, du stalinisme éculé et du clientélisme assumé, des petites ambitions et des guéguerres intestines, des rumeurs et des menaces, des violences et des insultes, des trahisons et des calomnies, des fiefs et des mafias, des passe-droits et des anneaux à baiser... Le tout appuyé sur des exemples trop précis et trop parlants pour qu'on puisse les balayer d'un revers de main méprisant (ou d'un coup de boule ?)... Je ne vais pas citer toutes les raisons sur lesquelles s'appuie ton refus de rempiler. Qu'il suffise de les résumer d'une phrase : « Pour être réélue, dis-tu, je devrais me résoudre à des compromis, à des alliances, à des prises de position qui bousculent mes valeurs et mes convictions et me conduiraient à ne plus me ressembler. » Bon dieu (sans majuscule, bien sûr), si ça

fait plaisir, si ça réconforte, de lire ça (et le reste) à l'heure où bat son plein la grande foire aux renoncements , à la démagogie, à l'opportunisme, aux tripatouillages, aux haines recuites comme aux copinages de circonstance ! Et cela à droite (normal !) comme à gauche (consternant !) Au fait, elle est où, la gauche ? Brard est-il un mec de gauche ? Et Hammadi, et Bartolone, et tant d'autres de nos si bons amis « socialistes », dont les magouilles politicardes, les petites lâchetés et les grandes ambitions personnelles, sans parler de la nullité crasse d'un bon nombre, écœurent même les mieux disposés et nourrissent – comme s'il en avait besoin ! - le poujadisme ambiant ?

Cons, salauds, schizos
Allez, ne nous cachons pas derrière un vocabulaire en cul de poule : avec ton retrait de la course montreuilloise, qui a gagné (au moins provisoirement), sinon les cons et les salauds ? Les cons qui - pour ne citer que deux exemples - se répandent sur la toile sur le thème « Il lui reste au moins le Sénat » (pauvre type qui ne sait pas que tu n'y es plus depuis deux ans !) ou « Bon débarras : elle nous a privés de l'autoroute Grenoble-Gap ». Les salauds (suivez mon regard) qui proclament qu'à Montreuil, « les ouvriers de la voirie sont dans la souffrance depuis six ans ». Mais ces imbéciles et ces malfaisants (version soft pour les âmes sensibles), les Français votent bien pour eux, non ? (Ils s'apprêtent même à faire encore bien pire, si l'on en croit les sondages.) Ce pays complètement schizophrène est contre les cumulards, mais les élit et réélit joyeusement ; il clame sa défiance envers les politiques, mais choisit 4 fois sur 5 ce qu'on fait de pire dans ce domaine ; il leur reproche de n'avoir en vue que leur propre intérêt, mais, de bonnets rouges en dindons et de sacrifiés en bonnets orange, il se recroqueville sur son moi-d'abord et sa convivialité facebookienne... Tu le dis toi-même : comment s'y retrouver « dans une vie politique dans laquelle les élus qui refusent le cumul des mandats sont traités par les citoyens avec autant de suspicion et de distance que ceux qui cumulent ; dans laquelle il n’y a pas de valeur ajoutée pour les élus qui refusent la corruption, le clientélisme, le communautarisme et le «câlinage» des intérêts particuliers dans le sens du poil » ?

Pour un optimisme... tempéré...
Ton geste « n'est pas une désertion » : cela va sans dire. Tu espères qu'il aura dans l'opinion un écho suffisant pour au moins faire réfléchir et casser le cercle vicieux du « Tous les mêmes, tous pourris ». Je te reconnais bien là : toujours optimiste, toujours battante, malgré tout. Tu me permettras de faire preuve d'un peu plus de pessimisme... En tout cas, pour ta sortie, bravo et merci : il est trop tôt pour dire si elle sera à l'origine d'une prise de conscience que tu appelles de tes vœux, mais elle aura au moins permis à tes amis d'avoir la confirmation que le pouvoir (une ville comme Montreuil, ce n'est quand même pas rien) ne t'avait pas changée et qu'ils avaient raison de te faire confiance. Et puis (terminons sur une note moins morose) on peut toujours se dire que quand tu auras raccroché les gants, on te verra, ma foi, un peu plus souvent !...

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Affectueusement.

GG

Éphéméride

ÉCHOTIDIENS
28.10. - Attentat ouïgour ou pas, place Tiananmen ? En tout cas, des gens qui brûlent un 4x4 ne peuvent pas être fondamentalement mauvais.

07.11. - Le Bayrou candidat aux municipales à
Pau. Il a déjà perdu deux fois - manque de pau !

08.11. - Marion Maréchal-Le Pen porte plainte
contre L'Express, qui a dévoilé l'identité de son père biologique. C'est plutôt ce dernier qui devrait se plaindre : maintenant, on sait qu'il a pondu ça.

29.10. - Frijide Barjot virée de son logement
social, un duplex de 173 m dans le 15e. Pas de bol : juste deux jours avant la trêve hivernale des expulsions !
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09.11. - Deux cosmonautes russes sortent de la
station spatiale, à 350 km d'altitude, avec la torche olympique : ils voulaient lui faire prendre l'air !

30.10. - Les cadavres de 92 migrants retrouvés
dans le désert nigérien. De toute façon, ils n'avaient pas vocation à s'intég... Ah ! zut, je l'ai déjà faite, cellelà !

10.11. - Ségolène Royal juge « totalement absurde » l'écotaxe, « citoyenne » la révolte des Bonnets rouges et « réconfortante » la fronde en question. Allo le service psychiatrique, c'est pour une urgence...

31.10. - Des députées voilées pour la première fois au Parlement d'Ankara. C'est ce qu'on appelle l'islamisme modéré.

11.11. - Le président de la République hué par des dizaines d'excités sur les Champs-Élysées. Ces abrutis nous feraient presque aimer Hollande. 12.11. - En présence d'un tas de nucléocrates,
Montebourg et Nicole Bricq lancent l'Association des industriels français exportateurs de nucléaire... Si Al Qaida n'a rien de spécial à faire aujourd'hui...

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13.11. - Enlèvement d'un prêtre français au Cameroun. Voilà qu'on nous fauche nos curés, maintenant ! Déjà qu'on n'en a plus beaucoup.

01.11. - Il y a exactement 676 ans commençait la Guerre de Cent Ans... Oui, je sais, on s'en fout, mais j'ai rien trouvé d'autre. 02.11. - Manifestation des bonnets rouges à Quimper. Question perso à mon ami Domi : toujours « fier d'être breton » ? 03.11. - La SNCF revoit son offre de restauration dans les TGV. Désormais, on pourra attendre l'arrivée en gare pour aller vomir son sandwich.

04.11. - À Toulouse, une candidate FN d'origine
algérienne dénonce le racisme de son parti. Elle ne s'était rendu compte de rien avant, l'andouille !

05.11. - Borloo et Bayrou lancent leur
« Alternative ». Le Grand Soir, enfin !

14.11. - Deux mois avec sursis requis contre Le Pen pour son jeu de mots sur les Rom qui, « comme les oiseaux », voleraient « naturellement ». Vraiment pire que ce que balance Manuel Valls ? 15.11. - Confirmation d'une série de réformes en
Chine, dont l'assouplissement de la règle de l'enfant unique. Comme si y avait déjà pas assez de gosses !

06.11. - Ouverture d'une enquête préliminaire contre les Balkany pour blanchiment de fraude fiscale. Ce genre de nouvelle, ça met de bonne humeur pour la journée !

16.11. - L'otage français au Nigeria s'enfuit pendant que ses ravisseurs prient. L'efficacité de la prière démontrée par l'absurde.

23.11. - Les jeunes de Forza Italia acclament
Berlusconi. Comment on dit « jeunes cons », en italien ?

24.11. - Les Suisses refusent de limiter les hauts
salaires : ils ont peur que leurs riches se réfugient en France.

25.11. - Charb dénonce le couplet d'un rappeur
qui « réclame un autodafé contre ces chiens de Charlie Hebdo ». Les intellos qui font la fine bouche devant Charlie, qu'est-ce qu'ils pensent de cette « bêtise au front de taureau » (1) ?

26.11. - Mort de Lucien Neuwirth, le « père » 17.11. - Affluence de fidèles dans les églises aux
Philippines. Faut dire que le Ciel a quand même été super sympa avec les Philippins. de la pilule. C'est bien la première fois qu'on peut regretter un mec de droite !

27.11. - Crèche Baby Loup : licenciement confirmé de la salariée voilée, qui affirme : « Je ne lâcherai jamais », n'ayant « rien à perdre ». Surtout pas ses neurones : c'est déjà fait.

18.11. - Le fils Tiberi se lance en dissident dans
la bataille des municipales dans le 5e arrondissement de la capitale. Ce serait d'un triste, Paris, sans les Tiberi !

28.11. - Recul du chômage. Pour une fois que
c'est pas le gouvernement qui recule !

29.11. Aujourd'hui aurait dû débuter un « week
-end sans match » de foot. Ça nous aurait fait des vacances...

30.11. - Les Motards en colère (y a-t-il des motards pas en colère ?) manifestent contre... la limitation à 90 km/h sur l'axe Lyon-Saint-Étienne. Le casque intégral, encore plus nul que le bonnet rouge ?

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Gérard ROY
(1) Charles Baudelaire, L'Examen de minuit.

19.11. - Il paraît que« toute la France se sent
regonflée » par la victoire des Bleus contre l'Ukraine. Ben moi, c'est gonflé que je me sens.

20.11. - Plus belle la vie : Babeth ne supporte
plus la complicité de Sandrine et Patrick, qui n’est pas rentré de la nuit et essaie de se justifier. Elle demande à Jean-François d’espionner Patrick et Sandrine au commissariat...

21.11. - Manif des pôvres céréaliers de la FDSEA
d'Ile-de-France. Hélas ! pas de tornade, pas de tsunami en vue...

22.11. - Microsoft vend, dès le jour de son lancement, plus d'un million d'exemplaires de sa dernière console de jeux vidéo. Quand on n'aura plus de panem, il nous restera toujours les circenses.

Congrès des 16 et 17 novembre 2013 Centre International de Séjour Besançon

14, rue de la République 25000 Besançon / 03 81 81 06 66 / http://franchecomte.eelv.fr/

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