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Atelier d'écriture

:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

:: L'amour, en vérité...

:: L'amour, en vérité !

Notes de lecture
L'Atelier d'écriture

Septembre 2009
Paco Alpi

:: paco alpi -1 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

● Avant-propos

:: Etrange idée, en vérité, assez farfelue, que d'aller chercher benoîtement ce que la
religion chrétienne, sous la plume avisée de son actuel pontife souverain et catholique,
pourrait bien vouloir enseigner au bon peuple à propos de « l'amour, en vérité »...

Certes, le message chrétien ne se résume sans doute pas au précepte biblique, « aimez-vous
les uns les autres », ni à ses variantes, - aimons-nous les uns les autres, - deux formules à
l'impératif putatif. Ou une forme d'injonction paradoxale, vain bon conseil.

Ce serait pourtant une belle utopie, une société humaine de bienveillance mutuelle,
souriante et attentive à chacun, accueillante et respectueuse pour tous, libérée de
l'injustice, de la violence, des guerres, débarrassée de la haine, de la misère, et tutti quanti.

Bonnes paroles, bien communes, triviales, même, les religions de tout poil n'en manquent
pas, elles dépensent et dispensent des trésors de vertu, produisent des montagnes de
sermons, distribuent à foison des leçons de morale, forcément bien-pensantes, et se
rangent, par définition, du bon côté, tout pesé, - le leur.

Qu'il y ait là un séduisant leurre, en effet, ponctué çà et là d'atrocités, de mensonge ou de


banale hypocrisie, devrait induire quelque question : à quoi et à qui ce leurre sert-il ?
Comment cela fonctionne-t-il, ou plutôt, pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas, en fait ?
Comment se fait-il que ce flot verbeux d'idéologie vertueuse n'obtienne que des résultats si
calamiteux ?

Quelque vers dans le trop beau fruit, peut-être ?

Une si vieille histoire...

● Note de lecture

:: L'amour, en vérité, notes de lecture, commentaire d'une circulaire papale et pontificale.


Le discours bien pensant, sa structure, sa logique, la rhétorique redondante, et ses visées
sociétales, exploration préliminaire.

http://www.scribd.com/doc/19466977/Encyclique-Caritas-in-Veritate-Benoit-XVI

:: paco alpi -2 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

● Introduction

:: Comment peut-on parler d'amour ? Sans mentir, - vraiment ?


Sans lancer dans l'espace quelques magnifiques rêves, splendides, parfaitement
utopiques, pluriels ou singuliers, mais aussi peu crédibles que ces bonnes vieilles histoires à
raconter aux enfants, et qui ne finissent jamais sans que le prince, charmant, bien sûr,
épouse la princesse, fort jolie, évidemment, sans qu'ils aient beaucoup de bonheur, - oui ! ,
et plein d'enfants, ou réciproquement, - ce qui constitue au bout du conte, la morale et la
fin de l'histoire, comme on dit.

Ainsi, l'amour se présente comme un chapitre des contes et légendes, comme une fable ou
une farce, une histoire destinée à éblouir les enfants, un thème récurrent et séduisant, dont
le charme opère dans la sphère enfantine, ou dans les esprits infantiles, - pour les induire à
croire qu'il existe un destin, un ordre naturel des choses, et des êtres qui parviennent à s'y
conformer, à la fin de l'histoire et même après. Pure propagande ?

Beaucoup de bonheur, c'est-à-dire plein d'enfants, charmante équation, légèrement


démodée, ou simple parabole pour le bien des familles, et qu'elles soient nombreuses et
productives, de main d'oeuvre abondante, et de cohortes utiles et corvéables, à merci.
Ah ! Merci pour le joli rêve, qui prend la population humaine pour une ressource.

Peut-on vraiment parler d'amour, sans explorer, par précaution, ce qui peut bien
se cacher derrière ce sentiment, finalement assez courant, pour ne pas dire banal,
fatalement. Au revers de la belle médaille, en effet, quelques failles. Cet amour, - magique, -
dont on chante les mérites ou les drames, les heurs et les malheurs, sur tous les tons,
apporterait-il le bonheur, en retour ? Vraiment ?

Ou n'est-il, dans la réalité du quotidien, qu'une histoire à dormir debout, pleine de


mirifiques illusions, temporaires, promises à de durables désillusions, et amères
déconvenues ? Sauf exception ?

Passagère euphorie, douce assuétude, le coeur a ses raisons, dit-on, étrangères à la


commune raison. C'est donc une forme de douce folie, qui cherche sa mesure, ou son
souffle, sur l'étrange territoire essentiel et vital des sentiments, sans lesquelles nous serions
aussi insensés que gravillons, simples cailloux, vague poussière.

D'étoiles, certes.

:: paco alpi -3 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

:: Y aurait-il, définitivement, un léger malentendu, à propos d'amour ?


Ce n'est pas certes, qu'il soit si difficile d'imaginer à tout propos quelque occasion
de discussion, de débat ou de querelle, la dissension est par nature constitutive des
relations humaines, et même de la moindre réflexion, depuis l'hypothèse qu'il peut y avoir,
à peu près sur tout, un autre point de vue.

Dès la naissance, et même avant, nous vivons sous le signe de la polarité sexuée, qui nous
fait de genre masculin ou féminin, et comme aimanté par l'autre, ce qui peut s'appeler
l'aimance, si l'on veut bien. Aimant, amant, ami, amoureux, aimable, et les mêmes au
féminin, - en regard de leurs évidents antonymes, au contraire.

D'emblée, nous percevons l'autre humain comme différent, antagoniste, complémentaire et


désirable, ou non. Dans la réalité du vécu, les choses ne sont pas aussi naïves qu'une simple
aimantation bipolaire, attirer ou repousser, être ou non attiré par l'autre être, par
reconnaissance de la polarité sexuelle de l'autre, et de la sienne propre. Quelques nuances,
et quelques détails, agrémentent le schéma, antagonistes ou synergiques, selon.

Il se greffe sur ce descriptif simpliste bien d'autres histoires, individuelles, personnelles,


singulières. Quelques mots d'amour, toujours ou presque, et quelques secrets, sans doute,
oubliés, bientôt, qui sait. Et de génération en générations, une histoire se trame,
s'enchaîne, se poursuit, qui forme sans doute des phrases entremêlées de promesses
oubliées, de secrets tenaces, d'histoires ordinaires, d'abandons inopinés, de destins
invraisemblables, où la romance devient roman, pas toujours à l'eau de rose. Quelques
drames forment destin, parfois, et se débarrasser d'un méchant fantôme peut prendre du
temps, et de la peine, si l'on y tient.

De ce flot ininterrompu de paroles et d'histoires, de romances et de légendes, de


promesses et de secrets perdus, nous n'apercevons jamais que quelques bribes, éparses,
parcellaires, fragments disparates et inaudibles pour la plupart, d'une polyphonie
inimaginable : le discours amoureux, au fil de son décours.

Fragmentaire, mensonger, illusoire, incertain, et pourtant nécessaire, le discours d'amour


promet tout simplement qu'il y aura de l'avenir, et quelques liens souriants et relations
plaisantes entre les humains. C'est un jeu, un espace entre deux êtres, où parfois ils
deviennent, échangent, et produisent une histoire, et sinon des histoires, des chiffres, des
lettres, quelques souvenirs, mémorables, ou non.
Un antidote à l'hostilité ordinaire, peut-être.
Est-ce grave, Docteur, cette courante maladie de l'esprit, qui fournit toutes les
raisons possibles pour adopter des stratégies stupides, parfois efficaces, pour construire
une famille, élever des enfants, en nombre suffisant, et fabriquer un couple, de préférence
durable, jusqu'à total désenchantement, comme c'est quand même assez souvent le cas,
semble-t-il ?

:: paco alpi -4 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

● Autopsie d'un discours parfaitement fabuleux

:: L'amour, en vérité... Une encyclique papale, motu proprio.


C'est probablement un exercice de style, que ce texte intitulé en latin, s'il vous
plaît, « CARITAS IN VERITATE ». Ce qui ne veut pas dire « La charité dans la vérité »,
mais plutôt « L'amour, en vérité », - ça peut se discuter, sans doute.

De la difficulté de bien traduire, nous ne discuterons pas ici, ni même du choix de


s'exprimer dans une vénérable langue morte, ou moribonde, dans l'intention délibérée de
n'être bien compris que par quelques-uns, doctes lettrés et clercs initiés.

C'est une lettre « encyclique », autrement dit une circulaire, destinée au clergé,
aux fidèles, et aux autres, désignés comme « tous les hommes de bonne volonté », et son
objet n'est rien moins que « le développement humain intégral dans la charité et dans la
vérité ».
Elle est signée du Souverain Pontife Benoît XVI, datée du 29 juin 2009. La presse
l'a reçue comme une nouvelle doctrine sociale de l'Eglise catholique, apostolique et
romaine, qui est l'une des branches de l'une des trois grandes religions monothéistes, ces
institutions concurrentes qui tentent de se faire entendre du vaste monde.

Dans le texte en français distribué par le service de presse du Vatican, sur la page de garde,
cette lettre présente, dans l'ordre, son titre, son auteur, ses destinataires, et son objet, déjà
cité, - le développement humain intégral dans la charité et dans la vérité.

C'est une présentation hiérarchisée, qui se termine par une répétition du motif, Caritas in
veritate, avec une nuance due à la traduction : L'amour en vérité, devient Dans la charité et
dans la vérité. Redondance délibérée, et modèle rhétorique, sur quoi se questionner...

Ce jeu des positions respectives des termes signale d'emblée une éventuelle ambiguïté,
quant aux priorités, ou quant au sens, et à la visée du scripteur : va-t-il en vérité, nous
parler d'amour, de charité, ou de quelque ineffable vérité ? Va-t-il plutôt nous proposer une
nouvelle idéologie du développement humain, « intégral », une sorte de réchauffement
global des esprits, ou une doctrine sociale universelle, charitable et véritable ?

Dans le doute, on peut toujours s'interroger, sur ce que devront en penser les lecteurs, les
destinataires. Ce sont des hommes, il est vrai, principalement du sexe masculin, si l'on peut
dire, - des évêques et des prêtres, des diacres, des fidèles laïcs, et quelques personnes
consacrées des deux sexes, - et des hommes de bonne volonté, de même sans doute.
Comme dans toute enquête, chercher la femme...

:: paco alpi -5 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

:: L'amour, en vérité, ça peut se discuter, sans doute.


Quand un homme, fût-il d'église, se propose de parler d'amour, on peut sans
doute aucun s'attendre à quelques pieux mensonges, euphémismes, palabres et contre-
vérités, le tout orné de belles paroles fleuries, d'alléchantes promesses, qui visent
d'évidence à séduire l'audience, féminine de préférence, et l'interlocuteur interloqué.
Eh bien, non, pas vraiment.

L'amour, en vérité, nous dit-on, c'est une force dynamique essentielle, qui pousse à
s'engager, avec courage et générosité, dans la voie de la justice et de la paix.
Audacieux théorème, plein de charmantes promesses. Telle est la force essentielle au
développement de chaque personne, et de l'humanité tout entière. Cette force
extraordinaire a son origine en Dieu, qui justement est Amour éternel, et Vérité absolue.
D'emblée, l'éternité, interminable, idéale et totale, absolument.

Quand un homme, fût-il membre éminent du clergé, se propose de parler de Dieu,


on peut sans doute aucun s'attendre à quelques douces supercheries, agrémentées de jolies
superstitions, ce qui vise d'évidence à manipuler élégamment les esprits des croyants, et si
possible des non-croyants. Embarquement immédiat pour Cythère l'enchanteresse.

Imparable manipulation, la preuve en est donnée textuellement, puisque :


« Chacun trouve son bien en adhérant, pour le réaliser pleinement, au projet que Dieu a
sur lui : en effet, il trouve dans ce projet sa propre vérité et c'est en adhérant à cette vérité
qu'il devient libre. »

Résumons le sophisme, ou la tautologie, comme on voudra.


La charité, ou l'amour, en vérité, ou dans la vérité, c'est une force essentielle et
extraordinaire, qui vient de Dieu, qui est précisément Amour et Vérité, et même amour
éternel et vérité absolue, et qui donne à ceux ou celles qui adhèrent à ce projet de Dieu pour
eux, leur liberté et leur vérité, - avec amour, évidemment.
Avec un peu de courage et de générosité, et même de charité, osons le mot, ce
serait bien le diable si la justice et la paix ne finissaient pas par triompher, in fine.
Et comme la charité « trouve sa joie dans la vérité », nous connaîtrons bientôt le vrai
bonheur, la vraie vie, le vrai visage de Dieu..., la joie, en vérité !

Nous voilà bien, non ? C'est une boucle sémantique inépuisable, une ronde des mots, qui
tournent en ritournelle sur eux-mêmes, pour revenir à leur source, et recommencer
inlassablement, jusqu'à saturation de l'esprit de l'auditeur, envahi d'un léger vertige
euphorisant, sous l'effet des endorphines.

Le paradis, pardi !

:: paco alpi -6 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

:: Sur ces bases, on ne peut plus encourageantes, puisque fondées sur la vérité
absolue, et l'amour éternel, à savoir Dieu, précisément, refrain, comme référence, et donc
évidence, le texte aborde, assez allègrement, la doctrine sociale de l'Eglise en ces termes :
« La charité est la voie maîtresse de la doctrine sociale de l'Église ».

Autrement dit, l'amour, en vérité, mais les traducteurs astucieux ont préféré le vocable
charité, exactement, sans doute pour varier les plaisirs de la lecture, grâce au vocabulaire.
D'ailleurs, c'est l'amour qui imprègne tout, dans ce beau discours, forcément, et les
responsabilités, les engagements, la doctrine de l'Eglise, l'enseignement du Christ, la Loi.
L'amour, toujours l'amour qui donne substance à « la relation personnelle avec Dieu et
avec le prochain ». Ce qui s'appelle un voeu pieux, ou une bonne intention, comme on veut.

Si comme le suppose le texte, nous baignons dans un immense flux énergétique


dont la substance extraordinaire est faite d'amour divin, il faut quand même reconnaître
que ce don mirifique s'avère une simple promesse, une maigre consolation, sans doute une
pauvre espérance, et pour tout dire, une hypothèse, sans doute aucun.

A bien regarder, précise-t-on, la charité, mal comprise, « exclue à tort de la vie


morale », aurait bien besoin d'une « juste mise en valeur », qui permettrait de conjuguer
l'amour avec la vérité, et la vérité avec l'amour, bien sûr !

Quand il s'agit « d'interpréter et d'orienter les responsabilités », entendez les consciences,


il va falloir, donc, chercher, découvrir, exprimer la vérité dans « l'économie » de l'amour, et
inversement, comprendre, vérifier, pratiquer l'amour à la lumière de la vérité...
Pur charabia légèrement délirant, givré mais planant, allègrement.

:: Que dire de ce galimatias abscons, de ces affirmations embrouillées et confuses,


sinon que les malheureux traducteurs ont souffert, ou qu'ils ont maltraité le texte originel,
tant et si bien qu'il est devenu parfaitement incompréhensible, tant pis pour le vulgus
servum pecus, vulgum pecus en latin de cuisine.

On aperçoit bien que l'utilisation alternante des mots amour et charité permet de
contourner quelques scabreuses difficultés, et l'on peut deviner que le Pape Benoît XVI,
quand il utilise le mot vérité, entend en fait parler de sa foi, de sa croyance, de sa
conviction, avec un V majuscule comme dans vérité.

C'est une bonne vieille technique de l'ordre de la propagande, parler d'amour pour
demander la charité, parler de vérité, pour propager ses croyances, embrouiller le client
pour mieux l'éclairer, et lui vendre une marchandise toute parfaite, évidemment.

A vot' bon coeur, M'sieurs Dames !

:: paco alpi -7 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

:: Mécanique bien huilée, enrichie par des siècles d'expérience, certes.


Deux exemples.
Remplacez vérité par foi dans les citations authentiques ci-dessous, ou encore inversez
amour et vérité, charité et foi, et comme par miracle, le sens restera inaltérable et tout aussi
« lumineux » :
« Ce n’est que dans la vérité que l’amour resplendit » (...)
« La vérité est une lumière qui donne sens et valeur à l'amour. »
Et réciproquement, certes.

L'auteur illuminé par la vérité jubile, sur son élan, et va jusqu'à divulguer ses
ambitions très vertueuses. Il s'agit de rendre « crédible » ce discours édifiant, de
l'authentifier, - s'il était besoin, - et même de faire oeuvre de persuasion, jusque dans le
concret de la vie sociale.
« Nous aurons ainsi non seulement rendu service à l‟amour, illuminé par la vérité, mais
nous aurons aussi contribué à rendre crédible la vérité en en montrant le pouvoir
d‟authentification et de persuasion dans le concret de la vie sociale. »

Est-ce crédible ? Une « vérité » pour laquelle il faudrait user d'un grand pouvoir pour s'en
persuader, ou pour y croire, ou pour la rendre crédible, - ne serait-elle pas par hasard
quelque peu douteuse, simple croyance frappée d'un doute aussi puissant que le pouvoir
supposé nécessaire pour convaincre et persuader ?

Si la vérité dont on nous vante les ineffables mérites manque quelque peu, hélas !, de
réalité, de substance, d'évidence, il en va, hélas !, de même pour l'ineffable amour, qui sans
la dite vérité, peut basculer dans le sentimentalisme, et devenir une coquille vide, ouverte à
tous les vents... Trois fois hélas !

A n'en pas douter, l'auteur parle d'expérience, et fait autorité, dans la fonction qu'il occupe.
Suivons son syllogisme : Sans la foi (chrétienne), Dieu est une coquille vide, « susceptible
d‟être arbitrairement remplie »...
C'est une intéressante hypothèse.

Fatigué des limites intrinsèques de la langue latine, ou soucieux de démontrer sa grande


culture et connaissance des langues, le voilà qui utilise les charmes de la langue grecque
antique, pour évoquer le « Dieu biblique qui est à la fois « Agapè » et « Lógos »: Charité et
Vérité, Amour et Parole ».

Ce qui fait quand même beaucoup de « traductions » possibles pour une coquille vide.
Et autant d'erreurs potentielles, auxquelles s'ajoute l'usage ou non de majuscules, pour
manifester un sens supplémentaire caché ou sous-entendu, - divin peut-être.

:: paco alpi -8 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

:: Parler indifféremment d'amour ou de charité, grâce au latin caritas, appeler sans


hésiter une croyance veritas, et mélanger sous ces deux vocables, l'amour, la foi, la vérité, la
liberté, la morale, confondre sous l'appellation Logos, la parole et la vérité, sans hésiter,
fonder ces divers concepts sur une image divine qui en garantirait le principe indissociable,
fait d'amour éternel et de vérité absolue, c'est sans doute une audacieuse manière de
remplir une coque vide, certainement accueillante.

Pour enrichir l'image ainsi formée, un peu de grec antique, et voici Agapè et Logos, qui sont
censés signifier aussi, du même coup, « Charité et Vérité, Amour et Parole ».
Nous ne relèverons pas les libertés que prend le traducteur, pour nous raconter son
histoire, - sous chaque image, plusieurs légendes, dans chaque tiroir un autre tiroir,
plusieurs, parfois, - c'est une technique narrative, un exercice rhétorique, classique, en
somme.

C'est une litanie, une suite d'invocations, et sans doute un réconfort pour le
scripteur, qui réaffirme son assurance d'avoir placé son discours sous d'excellents auspices.
Mais si vous attendiez une doctrine sociale, la voici, dans la foulée.

Puisque nous avons un logos, sans majuscule, cette fois, pourquoi n'aurions-nous
pas un dialogos, un dialogue, et même une communication, et donc une communion,
autour de la valeur des choses.
Ainsi, il serait temps de négocier ?

Autour de la table, où se prépare un festin, quelques tractations, en vérité, et quelques


suppositions. Une hypothèse, en fait : comprendre les valeurs chrétiennes et y adhérer,
c'est utile et même indispensable à la fois à l'édification d'une bonne société, et au
développement humain intégral et véritable. D'envergure universelle.

Nous voici à nouveau avec un « réservoir de bons sentiments », en quantité inépuisable,


avec des valeurs spirituelles et chrétiennes de haute volée, en substance, pour qui en
percevra la « grâce ».

Mais dans le champ en contre-bas, une volée d'oisillons s'agace bruyamment de n'avoir pas
grand chose à becqueter. De noirs corbeaux tournoient aux alentours, alertés par les
pépiements des affamés, quelques moinillons effarés en restent coi.

Une source invisible d'amour jaillissant directement de Dieu dans le coeur des humains
suffira-t-elle ou non à calmer les esprits, à défaut des estomacs ?

Voilà quelque deux millénaires que nous connaissons la réponse, en vérité.

:: paco alpi -9 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

:: Donc une doctrine sociale de l'Eglise, si elle existait, aurait dû et devrait permettre
la réalisation concrète et présente d'une société en harmonie, en accord, ou en voie de
l'être, avec la vision pleine d'amour, de charité, pleine de grâce et de générosité, que l'Eglise
représente, par sa présence dans le monde, et au sein de l'humanité. Sans rire.
Mais dans le flux de l'histoire, dans la succession permanente d'évènements toujours
nouveaux, que font les humains ? On se le demande... avec raison.

Il leur faudrait, nous dit-on, « une solution adaptée aux graves problèmes socio-
économiques qui affligent l‟humanité », - sans oublier le développement, le bien-être
social. Sans oublier la mondialisation, ni « la force de libération de la charité dans la
vérité », ni la potion magique qu'il ne reste plus qu'à avaler, avec un peu de confiance,
d'amour du vrai, de conscience et de responsabilité sociale...

:: Que nous dit le Souverain Pontife, Benoît, de la société, telle qu'il la perçoit ?
Il la décrit comme parcourue de projets, de processus de construction d'un développement
humain, mais aussi secouée par les évènements de l'histoire, et affligée de graves
problèmes socio-économiques.

Elle est aussi la proie des intérêts privés, et des logiques de pouvoir, au risque de la
désagrégation sociale. Comme la potion magique n'a pas suffi, trop visiblement, autant en
préciser la composition, sous une forme opératoire, grâce à des critères d'orientation de
l'action morale :
La justice, d'abord, sans laquelle la charité n'existe pas, en actes et en vérité, qui
« exige le respect et la reconnaissance des droits légitimes des individus et des peuples ».
Ensuite le bien commun, à prendre en grande considération, qui est propre à la
communauté sociale, constituée d'individus, de familles, et de groupes intermédiaires.
A travers « l‟ensemble des institutions qui structurent juridiquement, civilement,
et culturellement la vie sociale » et qui forment la « polis », la cité. Un mot grec, pour
introduire l'idée d'une perspective politique de la doctrine, au moins sous la forme de la
recherche du bien commun.

Trois étages dans la société, selon Benoît.


- La cité de l'homme, où règnent les droits et les devoirs, mais aussi la gratuité, la
miséricorde, et la communion. En réalité, un bourbier innommable pour les trois-quarts de
l'humanité, comme chacun sait.
- La cité des hommes, qui comprend la communauté des peuples et des nations, la famille
de l'humanité tout entière, rêve de paix et d'unité, et relève d'une joyeuse utopie.
- La cité de Dieu, universelle, où l'amour divin prépare l'éternité, en résumé.

Youpie ! Enfin une utopie doublée d'une uchronie.

:: paco alpi - 10 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

:: Pure idéologie, rhétorique circulaire, discours ordinaire, simple propagande et


pensée carrément pyramidale, - fallait-il s'attendre à autre chose ?

Déjà Paul VI, il y a plus de quarante ans, déjà, Jean-Paul II, vingt ans plus tard,
imaginaient une doctrine sociale, un progrès de la condition humaine, une sollicitude pour
les choses sociales, et quelques voeux généreux pour « éclairer le chemin de l'humanité »...
Les résultats n'ont pas manqué d'être, au choix : insuffisants, médiocres, invisibles,
inexistants, inconsistants, maigres, pour ne pas dire déplorables et nuls.

Que manquait-il à ces trop belles paroles ? Ah ! Oui ?


Quelques actes, mon bon apôtre ? Quelques excellences exemplaires ?
Un peu de courage, d'intelligence, et de coeur, peut-être ? Quelques lumières ?
Mais n'est-ce pas grande naïveté qu'escompter que les bons voeux soient autre chose que
de bonnes paroles, bien intentionnées, et sans lendemain ?

Autant en emporte le vent, qui souffle là où il veut, dit-on.


Une pierre dans le jardin de quelques-uns ?
Chacun peut bien rêver d'un développement économique et social harmonieux,
d'une société un peu plus équitable, d'une humanité un peu plus humaine, et ainsi de suite.
C'est probablement un rêve universel, transversal, et un socle commun à toutes les
croyances, religieuses ou non, et même une base commune à tous les groupes humains,
dont chacun vise à maintenir les conditions locales et le niveau de vie, voire à améliorer le
sort commun.

Rien de plus banal en somme, l'attente d'un développement humain vraiment humain, et
même humanisant.
Rien de plus banal que de prôner un partage équitable des biens et des ressources, et
l'ouverture réciproque des consciences et des libertés.
Rien de plus banal, que d'invoquer la liberté, la vérité, le développement humain.

Ce qui ne serait pas banal, serait évidemment un simple début de réalisation, un exemple
suffisamment probant pour entraîner une suite, une généralisation. Rien de ceci.

Pas de chance, l'église catholique n'a pas de solution à proposer, ni technique, ni politique,
elle ne va d'ailleurs pas s'immiscer dans la vie des Etats, aucunement, prétend le document.

Il reste un humanisme bon teint, garanti entièrement théorique, et honnêtement, ça sonne


creux.

:: paco alpi - 11 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

● Commentaire sans amertume

:: Nous n'irons pas beaucoup plus loin, dans l'exégèse d'un discours convenu,
adressé aux rouages internes de l'Eglise catholique, et dont la forme magistrale concerne
sans doute le clergé, mais pas vraiment le grand public.

Que l'Eglise romaine oeuvre dans la charité, qu'elle tende à promouvoir, dit-elle, le
développement humain, qu'elle déploie ses énergies au service de la fraternité universelle,
voilà qui peut sans doute donner bonne conscience aux belles âmes, qui auront certes la vie
éternelle pour mesurer tout le travail accompli, et l'étendue du chantier.

Que les prélats prennent plaisir à imaginer et à propager ce que Dieu peut bien désirer des
humains, et son supposé projet pour les humains, c'est sans aucun doute leur gagne-pain,
mais vite fastidieux.

Deux discours forment système.

L'un circulaire, - le dieu est dieu, donc il ne peut pas être autre que dieu, puis qu'il
est tout, absolu et transcendant, et même tout amour, toute vérité, puissance, sagesse,
miséricorde, etc, qui viennent de dieu, justement, - ad libitum.

L'autre est vertical, - il met les hommes dans la galère bien connue, mais s'ils
suivaient le bon chemin indiqué par les bonnes leçons des bons prélats, ils connaîtraient
dans l'au-delà, le bonheur parfait, fait d'amour et de vérité, comme promis juré par le
même dieu.

Depuis que les humains ont inventé l'idée d'une déité, ils lui donnent la parole,
évidemment, et, par miracle, devinez quoi, c'est une parole divine, et donc absolument
vraie, par définition de celui qui s'en fait le porte-parole.

Immenses paroles, certes, pleines de vide et d'ennui profond, toutes les religions ont des
légendes, des mythes, des doctrines, à n'en plus finir, et d'ineffables mystères,
indéchiffrables au commun des mortels, là encore, par définition.

Certes, nous aimons les belles histoires, celles qui font rêver, et c'est déjà un réconfort d'en
avoir formé le rêve, enchanteur. L'imaginaire sert, comme un masque, à cacher le réel, et le
sort commun des mortels, inimaginable.

:: paco alpi - 12 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

Nous n'irons point chercher plus loin ce que peuvent bien signifier les « sub-
divisions abstraites de la doctrine sociale » de l'Eglise, celles qui ne contribuent pas à
« clarifier les choses », parce que la politique interne de l'Eglise, la théorie de l'Homme
nouveau, la mission prophétique des souverains pontifes, et le corps doctrinal de la
tradition, l'humanisme transcendant, - tout ce fatras bien pensant s'avère bien vite pesant.

Bien dommage, ni l'amour, ni la vérité n'étaient au rendez-vous.


C'est sans doute que personne n'est parfait, fort heureusement, et qu'il était vain d'attendre
autre chose qu'un discours convenu de plus, dans le flot incessant des fariboles.
Autant de vide finirait par donner le vertige, jusqu'à la nausée.
Bien dommage.

De cette lecture rapide, décevante, de ce texte plein de bonne volonté, d'assertions bien
pensantes, et de lieux communs, on retiendra ce qu'on voudra, c'est un discours
stratégique, ou un catalogue de banalités, au choix.

L'idée la plus amusante, c'est celle d'un concept de dieu, tout amour et vérité, certes, mais
aussi coquille vide, prête à accueillir n'importe quelle hypothèse, construction ou idéologie,
et pur fantasme, évidemment.

Qu'en est-il de l'amour, selon la pensée chrétienne, si ce n'est un voeu pieux ?

Partir de l'hypothèse que le seul désir valide, c'est celui que la déité supposée formule, le
désir de dieu, dont le contenu manifeste relève de la croyance, c'est sans doute une manière
de gérer le désir humain, en l'évacuant, allègrement, ou peut-être en le sacralisant, ce qui
revient au même.

Quant à la vérité, éblouissante et aveuglante, il se pourrait bien qu'elle soit aussi


totalement, absolument, et véritablement absente.

Une pure absurdité, inaudible et vide, voilà une idée qui nous manquait, in fine.

Étonnant, non ?

:: paco alpi - 13 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

● Epilogue provisoire

:: L'amour, en vérité, ça fait vendre, ça, coco !


Les gazettes adorent, mariages princiers, divorces bruyants, rumeurs salaces, la
presse people s'en porte plutôt bien, de ces histoires qui ne finissent pas toujours comme
des contes de fées, mais dévoilent quelques pans de la nature humaine.

Quand un souverain, un notable, un grand de ce monde, se décide à parler publiquement


d'amour, le bon peuple tend l'oreille, - va-t-il déclarer sa flamme, dévoiler le nom de
l'heureuse élue, produire quelque croustillant aveu, annoncer un évènement fastueux, ou
même quelque désastre amoureux ? Aussitôt les visages s'éclairent, et les bonnes âmes se
lèchent les babines...

Que le souverain soit Pontife de son état, et s'appelle Benoît, n'enlève rien à la curiosité,
pourvu qu'il parle vraiment d'amour, - après tout, c'est un homme, et d'expérience, non ?
Peut-être y aura-t-il dans son discours quelque pépite, des informations utiles,
savoureuses, neuves, ou quelque enseignement à tirer, du même coup.

L'amour, bien sûr, ça rime avec toujours, comme chacun sait, on connaît la
chanson, mais ça peut toujours réserver des surprises, en vérité. Paroles, paroles, on se
demande bien ce qu'elles cachent, et même comment ça fonctionne, pour toujours nous y
prendre, nous y attraper, et nous séduire, malgré tout. On se prend à rêver d'y comprendre
quelque chose en lisant la prose d'un spécialiste chevronné, d'une autorité reconnue, au
moins parmi ses ouailles.

De plus, les religions, qu'on le veuille ou non, sous toutes leurs formes, occupent une
certaine place dans la société, et même une place non négligeable dans l'espace public.
Si elles se mettaient à parler d'amour, au lieu de leurs éternelles querelles de clocher, de
leurs rivalités toujours acharnées et meurtrières, peut-être l'avenir en serait-il plus léger ?

Aussi objectivement que possible, essayer d'examiner le texte, et voir ce qu'il dit, en vérité,
pourquoi pas ? Sa construction, son vocabulaire et son langage, son contenu formel et
implicite apporteront peut-être quelques lumières. Ces quelques notes pour prendre acte
de cette tentative, parfaitement subjective, finalement.

:: Un homme qui parle d'amour, même un prélat, c'est toujours émouvant, pensait
Margot. Que de jolis mots d'amour, vraiment ! Hélas, l'histoire se termine comme dans les
chansons, - une fois qu'elle fut couchée, - non, pas sur le papier...

Pauvre Margoton !

:: paco alpi - 14 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

:: Eros, bien sûr, n'est qu'un tout petit dieu, une simple déité, parmi toutes les
divinités du mythique panthéon de la culture grecque antique. Il fait pourtant partie des
déités primordiales, avec Gaïa, et Chaos. Et il a quelques qualités remarquables, outre
l'immortalité, bien sûr.
La légende lui prête la beauté, l'intelligence, la sagesse. Eros est le désir et le plaisir des
sens, l'attirance naturelle des corps, la polarité de l'attraction universelle, l'affinité ou
l'affection, l'aimance.

De lui proviennent la sympathie, l'amitié, la tendresse et l'amour, et parfois le


bonheur, si rare. Androgyne, il aime les enfants, les petits lapins ou les lièvres, le tir à l'arc,
les jeux de l'amour et du désir, la lyre et sa musique, la nuit et son mystère.
Il est le mouvement naturel qui tend à rapprocher les êtres, les corps et les esprits, il
représente l'unité dans la dualité, l'union qui donne et engendre la vie. Vigoureuse pulsion
de vie, élan vital et naturel, joyeuse propension à la création, cette divinité dispose d'une
indéniable séduction.

Charmant, ce petit dieu sème autour de lui le désir et les plaisirs, l'union et la jouissance,
l'extase parfois, et les réjouissances festives, ludiques, qui éclairent le chemin, et
adoucissent la vie.
D'autres légendes en font le messager des dieux, le rejeton doué d'Abondance et
de Pauvreté, le compagnon d'Aphrodite, ou son enfant, peut-être. Et il aurait une soeur,
Harmonie, et un frère, Antéros, la fraternité, ou l'amour mutuel, réfléchi, ou parfois sans
retour.

Aristophane prétend qu'il engendra, avec le Chaos, la race des humains, avant même qu'il
n'y ait des dieux immortels. Et Platon lui attribue plusieurs images bénéfiques, l'une est
populaire, marquée par la quête de la jouissance, l'autre est masculine et homosexuelle, en
quête de la vertu et de la beauté.

Une double image, donc, ou deux facettes, l'une triviale ou vulgaire, désir
ordinaire, l'autre idéale et vertueuse, platonique mais aussi homosexuelle, voilà qui ne
pouvait que fournir aux idéologues chrétiens matière à réflexion, et de quoi s'arracher les
cheveux. Si le Dieu chrétien est amour, comment se débarrasser d'Eros ?

Est-ce seulement possible, ou pensable ? A quel prix ? Héroïque désir d'ordre, ou sacrée
ambition d'instaurer un discours évidemment divin, aseptisé et pur.
Anti-érotique, de fait. Parfaite hypocrisie, certes.

Car inventer, au lieu de l'Eros, Agapè, pour signifier l'amour divin, la bienveillance infinie,
ne suffit pas à évacuer la question du désir, du désordre amoureux, sans lesquels la vie
disparaît.

:: paco alpi - 15 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

● Eloge d'Eros, et de l'aura d'un dieu d'amour, en vérité !

Eros dormait tranquille, l'esprit léger,


et le coeur débordant de douce félicité.
Songe d'un beau soir d'été, sous les étoiles,
exactement, des chants, des rires, des danses,
et de tendres caresses, de joyeuse libations,
simplement d'amour joliment partagé.

Eros en songe explore le petit village,


mais son regard n'y voit qu'un jardin
charmant, cultivé, des fleurs, des fruits,
quelques herbes savoureuses, un rosier sauvage,
une source murmurante, et sa fontaine, Dulcinée,
et la table commune, chargée de victuailles.

Festin d'agapes, compagnes et compagnons,


les convives ont répondu à l'invitation, présent.
L'une est danseuse, l'autre musicien, ou le contraire,
au son aigrelet d'une flûte, d'un simple tambourin,
un habile conteur narre une autre légende fabuleuse,
une histoire pleine de charmes, de satyres et de nymphes.

Pour quelques temps, chaque instant


n'est qu'enchantement, réjouissance,
invitation renouvelée du désir à tous les plaisirs,
et comme renaissance émerveillée de tous les sens.
Présent d'un présent souriant, offert librement,
comme un don magique et perpétuel, justement.

A l'heure où l'horizon émerge de la brume,


comme s'achève le spectacle, et s'éteignent les étoiles,
s'estompe le songe d'Eros, à moins qu'il ne commence,
comme chaque jour, à chaque instant, qui sait...
Ainsi vivons-nous comme dans le songe d'un songe,
ou peut-être un énorme mensonge, qui sait.

Sous le soleil, au milieu du désert,


quelques milliers d'esclaves affairés bâtissent
une majestueuse pyramide de pierres, de sable et d'argile,
éternel mausolée pour un certain Pharaon,
très divin souverain, et dévoué serviteur de Dieu,
Ô Râaah ! Mais pas le moindre village à l'horizon.

:: paco alpi - 16 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

● Annotations

□ Latin, quelques mots


http://www.locutio.net/index.php
http://la.wikipedia.org/wiki/Pagina_prima

□ caritas, atis, f. : - 1 - cherté, prix élevé.


- 2 - haute estime, respect, tendresse, amour, affection.
- 3 - au plur. objets de l'affection, les personnes aimées.

□ veritas, atis, f. : vérité, sincérité, réalité

□ vulgus (volgus), us, n. (qqf. m. à l'acc. sing.) : le public, foule, multitude, masse, le
vulgaire, populace.
□ pecus, pecoris, n. : - 1 - troupeau, bétail. - 2 - petit bétail, menu bétail (brebis, chèvres,
moutons, porcs). - 3 - animal. - 4 - troupe, troupeau (d’hommes).

□ Utopie : définition
http://www.cnrtl.fr/definition/utopie
□ Eros : la légende
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eros
□ Kâma, une autre légende
http://fr.wikipedia.org/wiki/K%C3%A2ma
□ Désir, définition
http://www.cnrtl.fr/definition/d%C3%A9sir

□ Référence : Caritas in Veritate, un texte signé Benoît XVI, et présenté comme l'actuelle
doctrine sociale de l'église catholique. Une encyclique qui n'a pas fait grand bruit, alors
qu'elle parle d'amour, et même d'amour en vérité !

On peut trouver dans ce texte traduit en français, soit l'édifiant catalogue du vademecum
bien-pensant intégral, autrement dit un florilège de lieux communs, soit une réflexion
politique et conservatrice de stratégie religieuse, appliquée et symptomatique de l'état du
monde.
Texte intégral, et gratuit...

http://www.scribd.com/doc/19466977/Encyclique-Caritas-in-Veritate-Benoit-XVI

:: paco alpi - 17 -
Atelier d'écriture
:: L'amour, en vérité !
Septembre 2009

:: Quelques mots clés

aimance crédibilité histoire malentendu propagande supercherie


amour croyance idéologie mensonge redondance superstition
arnaque désillusion injonction message rhétorique traduction
attirance discours légende modèle romance utopie
authenticité éternité leurre origine société vérité
bonheur euphorie litanie parole sophisme ...

:: L'amour, en vérité...

□ Table des matières

● Avant-propos
● Introduction

● Autopsie d'un discours parfaitement fabuleux


● Commentaire sans amertume
● Epilogue provisoire

● Annotations

°°°

:: L'amour, en vérité !

Notes de lecture
L'Atelier d'écriture

Septembre 2009
Paco Alpi

http://pacoalpi.blogspot.com/

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