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La problématique du transfert culturel

Lect.univ.dr. Georgiana LUNGU BADEA Universitatea « Politehnica » din Timisoara Le processus de traduction est conçu comme une opération par laquelle le traducteur fait revivre un texte dans un contexte culturel cible. Remarquons que l’approche relationnelle des phénomènes culturels –fortement résistants à la traduction— est abordée par la théorie du pol s stème !"erman# $ordonnier# %eschonic&# mais aussi par la théorie des interférences !développée par les représentants de l’école de 'el()viv# 'our # *ven(+ohar&. ,ous nous intéressons aux conditions de !re(& production du sens et de production des traductions# à la situation de traduction# puisque au niveau du texte# les choix des straté-ies de traduction ne sont .amais innocents# .amais dépourvus de toute trace de sub.ectivité. La difficulté d’établir une correspondance entre la situation de production de sens !de communication& et la situation de traduction détermine le traducteur à recourir à des solutions qui respectent partiellement les normes# maintenant l’écart culturel# en tirant profit ou le neutralisant. ,ous partons de l’idée que toute théorie de la traduction se fonde sur une approche spécifique du phénomène de traduction !qualité# processus et produit / fini 0& et# par conséquent# elle envisa-e une problématique certaine de la traduction. 'out en souscrivant au point de vue de L. ,anni !1221& conformément auquel l’intention de la culture diri-e les trois autres intentions de l’auteur# de l’3uvre# du lecteur# nous constatons que la culture influe sur l’interprétation du texte à traduire. ,ous utilisons le terme culturème pour dési-ner un énoncé porteur d’information culturelle ou une unité culturelle de taille variable# identifié dans le texte source !'4& et identifiable dans le texte cible !'$&. )u centre de notre approche que nous considérons culturaliste se situe le culturème !Lun-u "adea# 5667&. 4elon Luciano ,anni# l’intention culturelle diri-e les trois autres intentions de l’auteur# de l’3uvre# du lecteur. 8onc# la culture influe sur l’interprétation du texte à traduire. ,ous définissons le terme culturème comme étant un énoncé porteur d’information culturelle ou comme l’unité culturelle minimale. L’approche interculturelle des chercheurs allemands# *ls 9:saar !12;;&# <ermeer et =itte !1221& sur le m>me su.et nous a permis de développer notre démarche tout en établissant des oppositions binaires ? culturème(traductème !cornecul histoires des cornecul&# culturème(cultisme !aux sens de mots savants# péricope exemplative# st le en littérature# h percorrectitude&# culturème( néolo-isme !o!timisme che@ <oltaire et o!timisme# l’emploi courant&# afin de rendre clair la définition de ce terme !exemples tirés de Lun-u "adea# 5667&. Les traits des culturèmes# découverts à la suite des anal ses détaillées !Lun-u "adea# 5667&# sont la monoculturalit"# la relativit" du statut de culturème et l#autonomie du culturème par rapport à la traduction. Le culturème appartient à une culture# par suite# ce qui est culturème pour l’usa-er de la lan-ue source ne l’est pas pour le destinataire de la traduction A le statut relati$ de la marque culturelle varie à l’intérieur d’une m>me lan-ue d’une caté-orie d’usa-ers à l’autre. Le culturème n’est pas dépendent de la manifestation du processus de traduction A la traduction l’anéantit le plus souvent# elle ne le conserve !v. infra# grandes "coles&.

El est parfois indispensable de modifier la conception et la mise en pa-e dBun document afin quBil corresponde aux préférences dBun public culturellement différent.l (oac. 'G !I&? De asemenea+ acest lucru !ermite .l (oac. academiile de înalte studii .n-elegerea rolului !e care . 'G !5&? De asemenea+ acest lucru !ermite .n-elegerea rolului !e care .l (oac. La monoculturalité et la relativité du statut de culturème !ce qui est culturème pour un usa-er de la lan-ue ne l’est pas forcément pour un autre& se constituent comme des obstacles dans le déroulement de la traduction. $ependant# dans nombre de cas# on rencontre dans le texte traduit des culturèmes nouveaux. 9n observe que par la traduction# les culturèmes disparaissent# car leur si-nificance !atmosphère ou entoura-e culturel!le&& disparaHt. L’adaptation ou l’équivalence pra-matique accompa-née d’une note oJ le traducteur mentionne de façon succincte les caractéristiques de l’ensei-nement français d’élite est l’une des solutions les plus inspirées de point de vue sémantique. academiile de înalte studii1. 5 Le m>me contenu que la note antérieure. Nn texte traduit est parfois plus lon. /colile de elit. .1!ermit intrarea . El est nécessaire de se montrer réceptif afin de satisfaire les exi-ences de la lan-ue cible. %ais la problématique de l’explicitation du culturel est envisa-ée aussi en termes de lecture et de visée ou de finalité traductive. El est fait des mots# mais aussi de culture c’est pourquoi la traduction lin-uistique doit coexister avec la traduction culturelle.que son ori-inal et nécessite une composition différente. L’équivalence pra-matique est fréquemment rencontrée dans les traductions communicatives centrées sur le destinataire# mais elle entraHne des pertes informative# sémantique et st listique. Luelle straté-ie de traduction choisirM $omment franchir le fossé culturel# pour diminuer l’écart culturel M Droduites pour répondre aux demandes d’une culture ou –le plus souvent— de divers -roupes à l’intérieur de cette culture !à a.. academiile de studii .L’adaptation culturelle se réalise par la modification d’un messa-e ou d’un concept afin quBils correspondent aux préférences et aux -oCts d’un public cible spécifique# souvent défini par un hérita-e culturel# une lan-ue ou une ethnie.+ Grandes Ecoles. 8’Eribarne# La logi'ue de l#honneur# 1227? EF&. Les cinq solutions de traduction ont des conséquences directes sur l’appréhension du sens... 'G !K&? De asemenea+ acest lucru !ermite ..n societatea $rance0.l (oac.outer ici la manifestation des contraintes économiques# éditoriales# politiques# etc.n-elegerea rolului !e care .n-elegerea rolului !e care . 'G !1&? De asemenea+ acest lucru !ermite .nalte+ Grandes Ecoles2.l (oac. La traduction culturelle et l’explication dans une note conviennentt le mieux dans le transfert culturel parce qu’elles préservent le droit à l’identité de chacune des cultures en relation des traduction. Grandes Ecoles /i concursurile care $acilitea0... L’insertion explicative dans le texte mène à la confusion des voix de l’auteur et du traducteur# sans refaire pour autant la si-nifiance source concernant l’infrastructure de l’ensei-nement universitaire français. La difficulté de traduire la culture due à la résistance de la culture cible face à la culture de l’autre existe. La traduction qui anéantit l’écart culturel# détruit la résistance des actes culturels du texte d’ori-ine est vivement critiquée par les adversaires de l’ethnocentrisme !"erman# %eschonic&.. .. Le transcoda-e ne refait point l’atmosphère culturelle source.&# les traductions privilé-ient soit la culture source soit la culture cible. 'G !7&? De asemenea+ acest lucru !ermite . Drenons l’exemple suivant ? '4? De m%me cela !ermet de com!rendre le r&le si !articulier 'ue (ouent les Grandes Ecoles et les concours 'ui !ermettent d#) acc"der dans la soci"t" $ran*aise !Dh.n-elegerea rolului !e care ..ous ne nions pas l’existence des contacts culturels entre le français et le roumain# 1 8ans la note du traducteur nous pourrions lire ? On PranQa# Grandes Ecoles sunt instituQii de HnvRQRmSnt superior# mai presti-ioase decSt universitRQile !Hn care orice absolvent de liceu posesor al unei diplome de bacalaureat se poate Hnscrie pe ba@R de dosar&# aici fiind pre-RtiQi viitori -uvernanQi# directori Ti responsabili de mari societRQi comerciale.

ca!riciilor unui !re/edinte ubuesc !).rin-ii um$la-i . 'randem# 5666&.. a3ia su3 stadiul ini-ial al con/tiin-ei na-ionale+ cum se .mais les interférences interculturelles –plutUt unilatérales que bilatérales— qui en résultent ne résolvent que partiellement le transfert lin-uistique et culturel.n Belarus+ -ar.i invidie0 !e !.n vreo /coal. 'G !1&? 8odi$icarea tari$elor medicilor din !atru . 'G ? 29t :de mult. La traduction sémantique a une visée pra-maticiste différente de la traduction communicative# déterminée aussi bien par la correspondance des donnés de production de sens et de restitution de sens que par le destinataire présumé des textes source et cible. su!us..out&# to-i . 'raduire le s nta-me Grandes Ecoles par !vreo. Dour saisir ce sens# il est moins important de connaHtre l’infrastructure de l’ensei-nement universitaire de Prance. Drenons un autre exemple !tiré d’un roman et cité par 'randem# 5666& pour illustrer la monoculturalité# la relativité du statut de culturème et son autonomie par rapport à la traduction ? '4 ? 2omme (#envie les !arents gon$l"s d#orgueil 'ui !lastronnent !arce 'ue leur $ille "!ouse un (eune homme 3ien sous tous les ra!!orts ou 'ue leur $ils vient d#%tre re*u 4 tel concours des Grandes Ecoles 5 « comme son grand6!ère et son !ère+ dans notre $amille tous les a.lui s. 4elon la finalité du texte à traduire le culturème est différemment traduit# donc les intentions de l’auteur et du traducteur chan-eront? '4? 8odi$ier tous les 'uatre mois les tari$s des m"decins est un !ro(et ubuesque !intervieW de Xean(%arie 4paeth# Le 8onde# le 5Y octobre1222&.nt9m!l. L’histoire de la compréhension scientifique du culturel se résume à un enchaHnement de modèles de transfert culturel !pol s stémique# d’interférences ou interculturel& de plus en plus complexe. 6 asemenea 3unicului /i tat.u !a.n"s sont 71Ponts !$. .n !atru luni este un !roiect absurd şi grotesc. $ie c. Dour observer les transformations et les entropies des faits culturels à la suite d’une / transposition 0 d’une culture à l’autre nous avons choisi un exemple tiré d’un texte littéraire ? '4 @ Au#a!!ele06vous un « folliculaire » B dit 2andide. Zheor-hiu# %. /coal. 'G? $e HnseamnR un pamfletarM OntreabR $andid? ( Nnul care scrie tot felul de fiQuici Ti le rRspSndeTte Hn toate pRrQile !<oltaire# $andid# traduit par )l. !din toate !unctele de vedere& sau c. $iul lor tocmai a $ost admis .. $ollan-e# 8oi+ ta mère# 12. 'raduction éffectuée par les étudaints.nainta/ii $amiliei noastre sunt mari <ntelectuali 1ingineri 1HnvRQaQiVabsolvenQi ai acestei Tcoli !explication&. DarRu in Poucher# ?e!u3lica euro!ean. li s6a c.ustifier l’intention de l’auteur et du texte source# c’est à dire transmettre l’indi-nation d’une mère déçue par l’attitude des ses enfants à son é-ard. de elit. 5 2#est+ dit l#a33"+ un $aiseur de $euilles+ un Fréron !<oltaire# 2andide# 122I? 562&.K? I1# exemple tire de ".. 'G@ :. La traduction(explicitation détermine une entropie st listiqueA cependant# la traduction communicative centrée sur le destinataire vise plutUt le transfert d’information que sa forme. care se m9ndresc :laud. de elit. c’est . . Dlus les théoriciens avancent# plus les choses se compliquent et des corrélations variées s’imposent !la corrélation de la finalité du texte cible à l’intention de l’auteur# mais non pas nécessairement à la finalité du texte source et ainsi de suite& alors qu’il serait souhaitable de les simplifier.+ soit en$in+ en sont encore au stade initial de la conscience nationale+ comme on le voit en Bi"lorussie+ soumise au= ca!rices d#un !r"sident ubuesque !%. '4? De m%me+ les latents !rocessus de $ormation nationale !euvent suivre la m%me « translation »+ de!uis les anciens Etats6nations de l#ouest du continent vers ceu= 'ui+ soit renouent avec une souverainet" !erdue :>.s.n !ene1!lini de m9ndrie :orgoliu.torit $iica cu un t9n.# 5665? 161&. c. se a$l. Poucher# ?"!u3li'ue euro!"enne# Daris# 5666? 22&. .r 3ine situat1cu situa-ie 3un. Dhilippide# 1227? 1KY&.

n traducerea culturemelor.N. *<4**<# Evan# Proiectul unei grile valorice a te=tului lecturat in 2ultur.Vbeate trandemVtransfert culturel# 5666. 1K(75. LN. "*R%).ncercare de de$inire a conce!tului de culturem in Analele Universit.'# 12. La question qui doit se poser désormais est de savoir comment / participer 0 dans une édification commune du savoir humain au lieu de se fixer sur la qu>te narcissique d’une ori-inalité exclusiveA impossible d’ailleurs en dehors de son contexte de communication et de rapport à l’altérité. LN. 2a0ul lim3ilor $rance0. .+ model+ educa-ie !ermanent. 9]4))R# *ls# Eulturemtheorie.ZN(")8*)# Zeor-iana# 2ulturemele ..]^# 9tto# 2ulturema+ !unct $inalB # in Elemente de teoria /i !ractica in$orma-iei /i comunic. Ein Beitrag 0ur F!rachverGendungs$orschun-. 'oute prétention de ce -enre condamnerait l’esprit à l’atomisation et à la monadisation# les deux privées de communication et de rapport à l’)utre. 1K1(1K2.ours par un prisme con. RE$b)R8# X. 2ulture et traduction dans lCAllemagne romanti'ue # Daris# Zallimard# 12. "erman# 12.). 11# p..8*%# "eate# Le trans$ert culturel# http?VV.# )ntoine# LCE!reuve de lC"tranger. Les lois traductives fondamentales pourraient émer-er de la comparaison des solutions de traduction différentes# en fonction des facteurs qui conditionnent les choix du traducteur.. Dar la traduction bien des culturèmes disparaissent# mais nous rencontrons aussi des cas oJ dans le texte traduit apparaissent de nouveaux culturèmes. La problématique de l’explicitation du culturel s’envisa-e é-alement en termes de lecture de l’3uvre et de visée traductive puisque les traductions sont souvent produites pour répondre aux demandes d’une culture ou de divers -roupes à l’intérieur de cette culture.oncturel et reste évidemment partiel. . Le problème qui attend une solution concerne la création des dictionnaires de culturèmes et la contribution de ces nouveaux outils au perfectionnement du travail du traducteur.I(12\.2# p. Eleana 9ancea# Nniversitatea de <est din 'imiToara# 5667. univ. )insi# par la traduction# le contact qui se réalise entre les cultures n’est .ntre conota-ii /i alu0ii culturale.I.E# Luciano# Tesi di Estetica !a Nmberto *co in forma di risposta&# "olo-na# "oo: *ditore# 1221. 1. El serait préférable# pour la survie des cultures# de briser leur ri-idité par la nomadisation des idées# tout en -arantissant le contact des cultures source et cible.E*R# Xean(Louis.# te@R de doctorat# $oordonator prof.(D.. 'R). .dr.# '. $9R89. Bibliographie "*. Les culturèmes sont un formidable outil d’étude de la complexité du transfert culturel.ZN(")8*)# Zeor-iana# 2onte=tul e=tralingvistic . Z`ttin-en? Xoachim Xun-ius(Zesellschaft der =issenschaften Hn ]ommission beim <erla<andenhoec:aRuprecht# 12.7.K# p.I ? 1\&. Traduction et culture# Daris# 8idier# 122K. /i rom9n.)utre problème dans la traduction des culturèmes est le chemin ardu –à partir d’un phénomène ou d’un acte de culture— de retrouver les rè-les sous(.rii# 'imiToara# 12. -oo-le. 7\2(7. El s’a-it d’instaurer une norme et de ne pas prétendre détenir une ori-inalité qui serait inconditionnelle et irréversible.-ii de Dest din TimiToara# 4eria _tiinQe Pilolo-ice# )N'# FFFEF# 5661# p. Dar conséquent# le traducteur# qu’il traduise à l’écrit ou à l’oral# qu’il traduise un poème ou le mode d’emploi d’une machine# est confronté à l’écart culturel et doit le prendre en compte# parce que? /la visée m>me de la traduction — ouvrir au niveau de l’écrit un certain rapport à l’)utre# féconder le propre par la médiation de l’[tran-er — heurte de front la structure ethnocentrique de toute culture ou cette espèce de narcissisme qui fait que toute société voudrait >tre un 'out pur et non mélan-é 0 !).amais de façon totale# il passe tou.+ Traduire l#ignorance culturelle# Palim!sestes# nr.acentes qui lui ont donné naissance# la si-nifiance source ou l’atmosphère culturelle.co.