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Université Lumière Lyon 2, U.F.R.

Géographie Histoire Histoire de l’Art et Tourisme (GHHAT),


Ecole doctorale 483 ScSO (Histoire, géographie, aménagement, urbanisme, archéologie, science politique,
sociologie, anthropologie)
Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA -UMR 5190)

Muriel SALLE soutiendra sa Thèse de Doctorat d’Histoire contemporaine,


préparée sous la direction de la Madame la Professeur Michelle ZANCARINI-FOURNEL
(Université Claude Bernard Lyon 1, UMR LARHRA)

consacrée à

L’avers d’une Belle Époque.


Genre et altérité dans les pratiques et les discours d’Alexandre
Lacassagne, médecin lyonnais (1843-1924)

le Vendredi 18 septembre 2009, à 14 heures 30,


à l’ Institut des Sciences de l’Homme.

Le jury sera composé de :


- Philippe ARTIERES, Chargé de recherches au CNRS
- Olivier FAURE, Professeur à l’Université Jean Moulin – Lyon 3
- Agnès FINE, Directrice d’études à l’EHESS
- Dominique KALIFA, Professeur à l’Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
- Marc RENNEVILLE, Maître de conférence habilité, chargé d’études et de recherche
à la direction de l'administration pénitentiaire

Un verre de l’amitié sera servi à l’issue de la soutenance.


Institut des Sciences de l’Homme – 14, avenue Berthelot, 69007 Lyon – 04.72.72.64.64
Salle Élise Rivet (4e étage) – Accès : Tram T2, arrêt « Centre Berthelot »

Contact : Muriel Salle – 37, rue de la Thibaudière 69007 Lyon – muriel.salle@laposte.net


L’avers d’une Belle Époque.
Genre et altérité dans les pratiques et les discours d’Alexandre Lacassagne
(1843-1924), médecin lyonnais.
Muriel SALLE
On retrace ici le parcours du docteur Alexandre Lacassagne (1843-1924), médecin lyonnais, trajectoire
personnelle et scientifique d’un savant de la fin du XIXe siècle, fondateur de l’anthropologie criminelle
et d’une école de criminologie passée à la postérité sous le nom d’ « école lyonnaise ». Formé à l’école
de santé militaire, il est de cette génération d’hommes et de républicains forgés au feu de la guerre
franco-prussienne, de la chute de l’Empire et des débuts de l’aventure coloniale et républicaine. La
reconstitution de ses réseaux professionnels, l’étude de ses prises de positions intellectuelles, permet de
montrer qu’il est un savant emblématique de son temps. Sa bibliothèque révèle ses états d’âme.
L’analyse des ouvrages fait émerger une angoisse récurrente, celle de l’altérité : des criminels bien sûr,
mais aussi des femmes, des fous, des invertis, des « primitifs », dont les inquiétantes figures contrastent
avec l’image de légèreté et de foi inconditionnelle dans le Progrès qui est habituellement celle de la
Belle Époque. L’anthropologie et l’anthropométrie se mettent au service d’une frénésie taxinomique
qui trahit l’inquiétude générée par toute indétermination, désormais intolérable. Un double processus
d’essentialisation et de hiérarchisation se trouve aux fondements des discours justifiant l’exclusion
persistante de certaines catégories de populations, rejetées en deçà de l’Universel. Lacassagne nous sert
d’œilleton pour examiner les enjeux biopolitiques de cette exclusion. C’est l’avers, cette face de la
médaille qui porte une effigie – et qui serait frappée à celle de l’Autre en cette fin de siècle – et le
portrait d’un homme et de son temps par l’inventaire de ses aversions, qu’on a voulu reconstituer.
Mots-clés : Alexandre Lacassagne, Histoire de Lyon, Médecine légale, Criminologie, Anthropologie,
Femmes, Folie, Homosexualité, Intersexué, Genre, Altérité, XIXe siècle.

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The avers of a Belle Epoque.


Gender and alterity in the practices and the speeches of Alexandre Lacassagne
(1843-1924 ), doctor of Lyon.
The following pages will retrace the personal and professional path of the Lyonnais doctor Alexandre
Lacassagne (1843-1924), an intellectual from the end of the 19th century who founded anthropological
criminology and the school of criminology that would go down in history known as the “école
lyonnaise”. Having done his studies at a military school he belonged to that generation of men and
Republicans who had been forged by the fires of the Franco-Prussian war, the fall of the Empire and
the beginnings of colonial and Republican adventures. The reconstitution of his professional networks
and the study of his intellectual positions show that he was an emblematic scholar of his time. His
library reveals his true feelings : the analysis of the works shows an ongoing anguish, that of alterity. Of
course of criminals, but also of women, of the insane, homosexuals and the “primitive” whose
troubling figures contrast with the image of the carefree and unconditional faith in Progress that was
quintessential of the “Belle Epoque”. Anthropology and anthropometry are at the service of a
taxonomic frenzy that betrays the concern generated by all disinclination that had become intolerable.
A process at the same time of essentialism and hierarchism are the foundations of a discourse justifying
the ongoing exclusion of certain categories of populations rejected below the “Universel”. Lacassagne
serves as a peephole to examine the “biopolitical” stakes of this exclusion. It is the obverse, the side of
the coin showing the effigy- and that will be struck with the Other at the end of the century- and the
portrait of a man and his time by the inventory of his aversions, which we wished to reconstruct.
Key Words : Alexandre Lacassagne, History of Lyon, Forensic medicine, Criminology, Anthropology,
Women, Insanity, Homosexuality, Intersexed, Gender, Alterity, 19th century.

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