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AVRIL 2009

Rapport d'activité
2008

L’Institut, une agence sanitaire


et scientifique dédiée au cancer
L’action de l’Institut en 2008 :
- Prévention
- Observation des cancers
- Dépistage et détection
- précoce des cancers
- Accompagner les évolutions
- des métiers de la cancérologie
- Améliorer la qualité des soins
- pour tous les patients
- Information des publics
- Recherche

www.e-cancer.fr
2 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

L’Institut National du Cancer est l’agence sanitaire


et scientifique dédiée aux cancers. Il est chargé de coordonner
la politique de lutte contre le cancer en France.

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52, avenue André Morizet – 92100 Boulogne-Billancourt
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© 2009. Institut National du Cancer (INCa)
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rapport d’activité 2008

ÉDITORIAL

E n 2008, l’Institut National du Cancer a poursuivi sa contri-


bution au renforcement des politiques de prévention, au
déploiement des politiques de dépistage, à la publication
de critères d’agrément pour les établissements de santé pour
les traitements des cancers, à la gestion anticipée de l’accès
aux thérapies ciblées mais aussi à la gestion de la crise qui a
secoué la radiothérapie et à la mise en place d’une politique d’amélioration
de la qualité et de la sécurité de cette discipline.

Il a continué d’informer et de sensibiliser ses différents publics sur les can-


cers, en rendant accessible sur son site internet www.e-cancer.fr, un espace
pratique et pédagogique, "Cancers : il y a des moyens pour agir", visant à
améliorer les connaissances sur la maladie.

L’INCa a également participé à l’impulsion et à l’animation scientifique de


la recherche en cancérologie en augmentant la sélection et la qualité des
projets financés et en organisant plusieurs symposiums internationaux sur les
sujets en pointe. Selon les recommandations de son conseil scientifique inter-
national, il a réaffirmé son engagement dans la recherche translationnelle,
en participant notamment au consortium international sur la génomique.

Une année dernière charnière


entre deux plans cancer
L’année a également été marquée par la publication des rapports d’évalua-
tion du Plan cancer 2003-2007 réalisés par diverses institutions (Cour des
comptes et Haut conseil de santé publique). Parallèlement, des travaux de
bilan du Plan cancer menés avec les administrations concernées (ministères
de la Santé et de la Recherche, agences sanitaires), puis avec les instances
gouvernantes et consultatives de l’INCa (CA, CMPU, CCPS, CS) ont permis
d’ouvrir de nouvelles perspectives d’action pour les années à venir et de
contribuer à la préparation du futur Plan cancer.
Enfin, dans le cadre de la réorganisation du paysage de la recherche biomé-
dicale en France, l’année 2008 a été celle de la nouvelle articulation entre
l’INCa et l’Inserm pour une approche mieux coordonnée et plus efficace de
la recherche en cancérologie.

Pr Dominique Maraninchi
Président de l’Institut National du Cancer
4 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

sommaire

PREMIÈRE PARTIE : L’Institut National du Cancer : une agence sanitaire


et scientifique dédiée au cancer
I. L'Institut National du Cancer.............................................................................................13
II. L’activité des instances gouvernantes de l'INCa en 2008.....................................................16
III. Le Plan Cancer..................................................................................................................21
IV. Une nouvelle articulation entre l'INCa et l'Inserm..............................................................24

SECONDE PARTIE : L’action de l’Institut National du Cancer en 2008


1. Prévention.........................................................................................................................29
1.1 Prévention des facteurs de risques................................................................................. 29
1.1.1 Tabagisme et risques de cancer............................................................................ 29
1.1.2 Alcool et cancers................................................................................................. 31
1.1.3 Nutrition et cancers............................................................................................. 32
1.2 Prévention des expositions liées aux milieux de vie et de travai........................................ 33
1.3 Prévention auprès de populations "vulnérables"............................................................ 34
1.4 Prévention des cancers : approche transversale.............................................................. 35

2. Observation des cancers.....................................................................................................37

3. Dépistage et détection précoce des cancers.........................................................................41


3.1 Le dépistage organisé du cancer du sein........................................................................ 42
3.2 Le dépistage organisé du cancer colorectal.................................................................... 43
3.3 Le dépistage du cancer du col de l’utérus...................................................................... 45
3.4 Assurance qualité dans les programmes nationaux de dépistage..................................... 46
3.5 Les cancers de la peau.................................................................................................. 47
3.6 Les cancers de la cavité buccale.................................................................................... 48
3.7 Soutenir les actions des associations et la recherche en santé publique........................... 49

4. Accompagner les évolutions des métiers de la cancérologie..................................................51


4.1 Publication du premier rapport sur les métiers de la cancérologie................................... 51
4.2 Soutien aux internes en formation................................................................................. 52

5. Améliorer la qualité des soins pour tous les patients............................................................55


5.1 Actions sur les organisations sanitaires.......................................................................... 56
5.1.1 Le suivi et l’accompagnement du dispositif d’autorisation pour la pratique
de la cancérologie au sein des établissements de santé......................................... 56
5.1.2 L’animation nationale des réseaux régionaux de cancérologie (RRC)...................... 62
5.2 Amélioration de l’accès aux soins hyperspécialisés et innovants...................................... 65
institut national du cancer 5
rapport d’activité 2008

5.2.1 Les actions menées pour optimiser la prise en charge des cancers
des enfants et adolescents................................................................................... 65
5.2.2 La structuration de la prise en charge des cancers les plus rares............................. 66
5.3.3 Les actions pour développer l’oncogériatrie.......................................................... 67
5.2.4 L’oncogénétique : le suivi du dispositif et l’importance d’une réflexion prospective....... 68
5.2.5 Le développement des plateformes de génétique moléculaire................................. 71
5.3 Actions d’amélioration des pratiques de prise en charge des malades............................. 72
5.3.1 Production de recommandations de bonnes pratiques en cancérologie.................. 72
5.3.2 Production et publication de référentiels de bon usage (RBU)............................... 78
5.4 Actions relatives à la radiothérapie................................................................................ 80
5.4.1 Les mesures nationales de suivi de la radiothérapie............................................... 80
5.4.2 Les mesures de la feuille de route pilotées par l’INCa............................................ 81
5.4.3 Une cellule nationale d’appui............................................................................... 86
5.4.4 Un Comité national de suivi pour la radiothérapie................................................ 87
5.4.5 Un engagement stratégique et financier de l’INCa dans le projet DOSEO............... 87
5.5 Actions relatives à l’anatomopathologie........................................................................ 88
5.6 Promotion d’actions innovantes d’aide aux malades...................................................... 89
5.7 Amélioration de la qualité de vie des personnes pendant les traitements......................... 90
5.8 Une implication croissante dans l’accompagnement social des malades......................... 91

6. Information des publics......................................................................................................93


6.1 Modifier l’image sociale du cancer : des "héros ordinaires" aux "moyens pour agir"........... 94
6.2 Rendre accessible aux personnes malades et aux proches une information
de référence sur les cancers........................................................................................... 97
6.2.1 Un espace internet dédié aux malades et aux proches sur www.e-cancer.fr............. 98
6.2.2 Des guides d’information de référence.................................................................. 98
6.2.3 Des espaces d’information dans les établissements de soins.................................. 99
6.2.4 Le développement de la ligne téléphonique Cancer Info Service (CIS)................... 100
6.2.5 Les kiosques cancer........................................................................................... 100
6.3 Prévenir le risque de mélanome................................................................................... 102
6.4 Promouvoir le dépistage des cancers auprès des populations cibles
et des professionnels de santé..................................................................................... 104
6.4.1 Dépistage organisé du cancer du sein................................................................. 104
6.4.2 Dépistage individuel du cancer du col de l’utérus................................................ 106
6.4.3 Dépistage organisé du cancer colorectal............................................................. 106
6.4.4 Dépistage précoce des cancers de la cavité buccale............................................. 110
6.4.5 Détection précoce du mélanome........................................................................ 110
6.5 Contribuer à la feuille de route radiothérapie.............................................................. 111
6.6 Renforcer la visibilité des thématiques cancer : relations presse, site internet, publications..... 111

7. Recherche........................................................................................................................ 117

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sommaire

7.1 Les appels à projets.................................................................................................... 119


7.1.1 Recherche translationnelle................................................................................. 119
7.1.2 Génomique du cancer et valorisation des ressources biologiques......................... 120
7.1.3 Projets libres en biologie.................................................................................... 121
7.1.4 Programmes d’action intégrée de recherche (PAIR)............................................. 122
7.1.5 Appels à projets de recherche clinique : PHRC et STIC........................................ 124
7.1.6 Appels à projets en sciences humaines, économiques et sociales,
épidémiologie et santé publique........................................................................ 127
7.1.7 Appels à projets en partenariat avec la Ligue nationale contre le cancer :
Carte d’Identité des Tumeurs (CIT).................................................................... 128
7.1.8 Appels à projets en partenariat avec l’Agence nationale de la recherche............... 129
7.1.9 Appels à projets en partenariat avec l’Inserm et le CNRS..................................... 129
7.2 Les grands programmes nationaux.............................................................................. 130
7.2.1 Les programmes nationaux d’excellence spécialisés............................................. 130
7.2.2 Le programme PHARE et son extension SIGNAL................................................. 130
7.3 Les ressources biologiques et tumorothèques.............................................................. 132
7.4 Le renforcement des structures.................................................................................... 133
7.4.1 Le soutien aux cancéropôles............................................................................... 133
7.4.2 Les centres de traitement des données................................................................ 134
7.4.3 Les structures de recherche clinique.................................................................... 135
7.4.4 Les groupes de recherche clinique....................................................................... 136
7.4.5 Le registre des essais cliniques............................................................................ 138
7.5 Bilan et évaluation des projets PHRC 2003 et 2004..................................................... 140
7.6 Les actions internationales.......................................................................................... 142
7.6.1 Les actions bilatérales........................................................................................ 142
7.6.2 La participation aux programmes communautaires............................................. 143
7.6.3 Le consortium international ICGC (International Cancer Genome Consortium)...... 144
7.6.4 Les programmes de coopération........................................................................ 144
7.7 Les événements scientifiques de l’INCa........................................................................ 144
7.7.1 Les séminaires nationaux.................................................................................... 144
7.7.2 Les colloques internationaux.............................................................................. 146
7.7.3 Une exposition scientifique grand public............................................................. 147
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rapport d’activité 2008

table des tableaux

TABLEAU 1 : Montant des dépenses 2008 par chapitre et programme................................... 14


TABLEAU 2 : Calendrier de mise œuvre des points principaux du plan d'action
de l'INCa en 2008........................................................................................... 22
TABLEAU 3 : Projet sélectionnés en 2008 dans le cadre de l'appel à projets MILDT/Inserm/INCa....... 32
TABLEAU 4 : Projets retenus dans le cadre de l'appel à projets "Soutien aux actions menées par
les associations pour améliorer le dépistage et la détection précoce des cancers"........ 48
TABLEAU 5 : Projets retenus dans le cadre de l'appel à projets "Recherche
en épidémiologie et santé publique" portant sur le dépistage............................ 49
TABLEAU 6 : Recensement des effectifs d'études spécialisées complémentaires (DESC)
validés auprès des coordonnateurs régionaux.................................................... 52
TABLEAU 7 : Nombre de patients pris en charge pour un cancer dans les établissements
de santé en 2006 et 2007................................................................................. 56
TABLEAU 8 : Résultats des études d'impact en chirurgie sur la moyenne des années 2005,
2006 et 2007................................................................................................... 57
TABLEAU 9 : Résultats des études d'impact en chimiothérapie sur la moyenne des années
2005, 2006 et 2007......................................................................................... 59
TABLEAU 10 : Tumeurs rares ciblées par les appels à projets 2006 et 2007.............................. 67
TABLEAU 11 : Recommandations professionnelles de pratiques cliniques labellisées HAS-INCa......73
TABLEAU 12 : Recommandations à destination des médecins spécialistes en cancérologie
publiées en 2008............................................................................................. 74
TABLEAU 13 : Guides ALD destinés aux médecins traitants publiés en 2008............................. 75
TABLEAU 14 : Guides ALD destinés aux médecins traitants à paraître en 2009......................... 75
TABLEAU 15 : Calendrier de production des RBU................................................................... 78
TABLEAU 16 : Montant alloué aux molécules onéreuses de 2004 à 2007................................. 79
TABLEAU 17 : Répartition des dépenses des molécules pour chaque classe d'anticancéreux...... 79
TABLEAU 18 : état d'avancement des actions de la feuille de route radiothérapie..................... 82
TABLEAU 19 : Centres de radiothérapie accompagnés dans l'intégration de la démarche
qualité et sécurité en 2008............................................................................... 85
TABLEAU 20 : Projets retenus dans le cadre de l'appel à projets "Aide à la qualité de vie
des malades"................................................................................................... 90
TABLEAU 21 : Nombre de tests au gaïac® lus dans le cadre du dépistage organisé du cancer
colorectal en 2008......................................................................................... 109
TABLEAU 22 : Répartition par cancéropôle des 174 projets financés...................................... 118
TABLEAU 23 : Synthèse de l'appel à projets "Recherche translationnelle"............................... 119
TABLEAU 24 : Synthèse de l'appel à projets "Formation recherche translationnelle" 2008...... 120
TABLEAU 25 : Synthèse de l'appel à projets "Génomique du cancer" 2008............................ 121
TABLEAU 26 : Synthèse de l'appel à projets "Biologie du cancer" 2007.................................. 121
TABLEAU 27 : Analyse typologique des projets financés......................................................... 121
TABLEAU 28 : Projets de biologie du cancer soutenus par l'INCa depuis 2005....................... 122
TABLEAU 29 : Synthèse de l'appel à projets "PAIR Lymphomes" 2008................................... 122
TABLEAU 30 : Synthèse de l'appel à projets "Hépatocarcinome" 2008................................... 123

>>>
TABLEAU 31 : Synthèse du PHRC 2008................................................................................ 124
TABLEAU 32 : Répartition par cancéropôle des projets PHRC cancer..................................... 124
TABLEAU 33 : Analyse typologique des projets PHRC cancer financés.................................... 124
TABLEAU 34 : Objectif principal des projets PHRC cancer financés........................................ 124
TABLEAU 35 : Approche thérapeutique et technologique des projets PHRC cancer financés...... 125
8 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

TABLEAU 36 : Répartition par organe financés des projets PHRC cancer de 2003 à 2008....... 125
TABLEAU 37 : Nombre de projets PHRC cancer de 2003 à 2008 .......................................... 125
TABLEAU 38 : Synthèse du STIC 2008.................................................................................. 125
TABLEAU 39 : Thématiques STIC proposées en 2008............................................................ 126
TABLEAU 40 : Répartition par cancéropôle des projets soumis à expertise et sélectionnés....... 126
TABLEAU 41 : Nombre de projets STIC d'excellence et financement....................................... 126
TABLEAU 42 : Synthèse "Projets libres" 2008........................................................................ 128
TABLEAU 43 : Synthèse "Qualité de vie" 2008...................................................................... 128
TABLEAU 44 : Analyse typologique des projets SHES financés............................................... 128
TABLEAU 45 : évolution des financements attribués aux appels à projets entre 2005 et 2008.... 128
TABLEAU 46 : Répartition par cancéropôle des projets sélectionnés dans le programme CIT 2008.. 129
TABLEAU 47 : Axes thématiques des plateformes technologiques........................................... 129
TABLEAU 48 : Répartition par cancéropôle des plateformes technologiques soutenues par l'INCa... 129
TABLEAU 49 : Synthèse des avancées du PNES poumon........................................................ 130
TABLEAU 50 : Synthèse des avancées du PNES Rein.............................................................. 130
TABLEAU 51 : Rapport d'activité des tumorothèques............................................................ 132
TABLEAU 52 : Annuaire national des thumorothèques.......................................................... 132
TABLEAU 53 : Tumorothèque virtuelle nationale (TVN)......................................................... 132
TABLEAU 54 : Typologie des essais cliniques en ligne au 31/12/2008.................................... 139
Tableau 55 : Ratios de succès des projets par organe.......................................................... 140
Tableau 56 : Fréquentation de l’espace dédié aux essais cliniques en 2007 et 2008............. 141
Tableau 57 : Ratios de succès par type de recherche........................................................... 141
Tableau 58 : Répartition par cancéropôle des projets de l’AAP DAAD de 2006 à 2008 ........ 142
Tableau 59 : Répartition des axes prioritaires du séminaire national PAIR hépatocarcinome.... 145

table des cartes


carte 1 : Taux standardisés de mortalité par cancer à l'échelle départementale
en France métropolitaine (2002-2004).................................................................. 38
carte 2 : Ratios standardisés de mortalité par cancer des hommes à l'échelle
des cantons en France métropolitaine................................................................... 39
carte 3 : Date d'entrée dans le dispositif du dépistage organisé du cancer colorectal............ 43
carte 4 : Taux de participation au dépistage du cancer colorectal - 1ere campagne
(situation au 01/11/2007)................................................................................... 44
carte 5 : Chirurgie digestive : situation des établissements de santé au regard des seuils....... 58
carte 6 : Chirurgie digestive : activité régionale et part des séjours à redéployer.................... 58
carte 7 : Chimiothérapie : activité des établissements.......................................................... 59
carte 8 : Dates de création des réseaux régionaux de cancérologie....................................... 61
carte 9 : État d’avancement du déploiement des fiches RCP informatisées au 30/06/2008... 64
carte 10 : Cartographie des centres spécialisés en cancérologie prédiatrique.......................... 66
carte 11 : Répartition sur le territoire des plateformes hospitalières de génétique moléculaires
des cancers en 2008............................................................................................. 71
carte 12 : Nombre de référentiels diffusés en 2007 par les RRC sur 4 localisations
(sein, côlon, poumon et prostate)........................................................................ 76
carte 13 : Répartition géographique des centres de traitement des données......................... 134
carte 14 : Répartition géographique des établissements bénéficiaires d'EMRC..................... 136
carte 15 : Nombre de centres de soins participant aux essais cliniques affichés
sur le registre en ligne au 31/12/2008................................................................. 140
institut national du cancer 9
rapport d’activité 2008

table des figures

figure 1 : Ventilation par nature de dépenses...................................................................... 14


figure 2 : Ventilation par programme................................................................................. 14
figure 3 : Ventes de cigarettes (en millions d'unités) et prix annuel moyen des cigarettes
de la classe la plus vendue................................................................................... 29
figure 4 : Incidence et mortalité du taux de participation au dépistage organisé
du cancer du sein................................................................................................ 42
figure 5 : évolution du taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein.......... 43
figure 6 : Pourcentage de femmes ayant reçu la prescription d'au moins une dose de Gardasil®
parmi la population totale, par âge (Novembre 2008 : cumul depuis lancement)........ 46
figure 7 : Mélanome : incidence et mortalité estimées chez l'homme (1980-2005)............... 47
figure 8 : Mélanome : incidence et mortalité estimées chez la femme (1980-2005).............. 47
figure 9 : Couverture de la pluridisciplinarité : évolution 2005, 2006 et 2007...................... 60
figure 10 : évolution du nombre de 3C par région de 2006 à 2007....................................... 63
figure 11 : évolution du nombre annuel de consultations d'oncogénétique........................... 69
figure 12 : Nombre de tests KRAS effectués en 2007 et 2008................................................ 72
figure 13 : Classement des molécules les plus consommées en 2007..................................... 80
figure 14 : Cancer Info Service : appels traités en 2008....................................................... 100
figure 15 : Fréquentation du site www.e-cancer.fr en 2007 et 2008 (visites et pages vues).... 112
figure 16 : Appel à projets "Recherche translationnelle" financés à partir de 2009............... 120
figure 17 : Appel à projets "Formation recherche translationnelle" 2008............................. 121
figure 18 : Appel à projets "Génomique du cancer" 2008................................................... 121
figure 19 : Appel à projets "Projets libres" financés à partir de 2009................................... 122
figure 20 : Appel à projets "PAIR Lymphomes" 2008.......................................................... 123
figure 21 : Nombre de projets par domaine CSO................................................................ 123
figure 22 : Répartition des projets STIC 2003-2008 par grande thématique......................... 127
figure 23 : Répartition du financement des projets STIC 2003-2008.................................... 127
figure 24 : état d'avancement de l'essai Phare par type de structure.................................... 131
figure 25 : état d'avancement de l'essai Phare : courbe des inclusions................................. 131
figure 26 : étude SIGNAL.................................................................................................. 131
figure 27 : PNES poumon : évolution du nombre d'échantillons recensés et mis à disposition.... 133
Figure 28 : Évolution du nombre de promoteurs et d’essais figurant dans le registre............. 138
Figure 29 : Évolution de la fréquentation du registre des essais cliniques.............................. 140
Figure 30 : Résultats de l’enquête de satisfaction menée à l’occasion du symposium
international "cellules souches et cancer"........................................................... 147
10 institut national du cancer
rapport d’activité 2008
institut national du cancer 11
rapport d’activité 2008

Première partie

L’Institut National
du Cancer :
une agence sanitaire
et scientifique
dédiée au cancer
12 institut national du cancer
rapport d’activité 2008
institut national du cancer 13
rapport d’activité 2008

L'institut National
du Cancer

i. Les missions de l'INCa

Les missions de l’INCa


Juridiquement, l’INCa est un groupement d’intérêt public, créé par la loi
relative à la santé publique d’août 2004 et constitué en juillet 2005.
C’est un opérateur de l’État, chargé de "coordonner les actions de lutte
contre le cancer"1. Il est en fait le "spécialiste" des pathologies cancéreuses
au sein des entités publiques de l’État ou relevant de l’État. Il doit donc être
leur référent en la matière, à ce titre apporter son expertise en cancérologie
tant aux administrations de l’État, aux caisses d’Assurance maladie, qu’aux
autres agences ou aux établissements publics à caractère scientifique
et technologique (EPST). Pour ce faire, il s’appuie sur ses instances de
gouvernance et consultatives (notamment sur son conseil scientifique,
composé pour un tiers de scientifiques étrangers), sur les experts extérieurs
qu’il sollicite tout au long de l’année de manière ponctuelle ou récurrente, et
sur ses salariés. Sa principale valeur ajoutée est donc sa capacité à fournir une
connaissance la plus fiable et actualisée possible, transversale ("intégrée"),
sur les cancers. À ce titre, l’INCa exerce deux métiers de base :
zz le développement d’expertises dans le domaine des cancers ;
zz la programmation scientifique, l’évaluation et le financement de projets.

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L’INCa intervient dans quatre grands domaines d’activité :
zz la santé publique ;
zz l’amélioration de la qualité des soins ;
zz l’information des publics (population générale, malades, professionnels
de santé) ;
zz la recherche médicale et scientifique.

1.
La loi de santé publique du 9 août 2004 fixe notamment à l’INCa les missions suivantes :
- Observation et évaluation du dispositif de lutte contre le cancer.
- Définition de référentiels, ainsi que des critères d’agrément des établissements et des professionnels de santé ;
- Information des professionnels et du public.
- Participation à la mise en place et à la validation d’actions de formation.
- Mise en œuvre, financement, coordination d’actions de recherche et développement et désignation d’entités de recherche en
cancérologie répondant à des critères qualité, en liaison avec les organismes de recherche concernés.
- Développement et suivi d’actions communes entre opérateurs publics et privés dans les domaines de la prévention, de
l’épidémiologie, du dépistage, de la recherche, de l’enseignement, des soins et de l’évaluation.
- Participation au développement d’actions européennes et internationales.
- Réalisation, à la demande des ministres intéressés, de toute expertise relative à la lutte contre le cancer.
14 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 FIGURE 1 : v
 entilation par nature de dépenses  FIGURE 2 : ventilation par programme

Sources : INCa Sources : INCa

L’INCa travaille en partenariat avec les autres entités publiques Le budget de l’INCa en 2008
et privées dans le domaine de la lutte contre le cancer. Il L’EPRD 2008 a été voté par le conseil d’administration lors de
signe à ce titre des conventions et accords-cadres avec celles sa séance du 20 décembre 2007. Il a fait l’objet d’un ajustement
auxquelles il apporte son concours, accords déclinés chaque via une décision modificative présentée et validée lors du conseil
année sous forme de programme de travail annuel. Plus de 200 d’administration du 16 mai 2008.
nouvelles conventions de financement ont été signées en 2008 Les recettes de l’INCa pour 2008 ont atteint 92 M€, elles se composent
avec des partenaires extérieurs, principalement dans le cadre essentiellement des dotations de l’État (ministère de la Santé et Agence
des appels à projets. Parallèlement, plus 1  200 conventions nationale de recherche) qui représentent 80  M€. Par ailleurs, cinq
de subventions signées les années précédentes et en cours conventions ont été signées en 2008 avec la CNAMTS, l’ANRS, l’InVS,
d’exécution en 2008 ont nécessité la validation de rapports la Fondation Singer Polignac et Amgen.
financiers intermédiaires et finaux tout au long de l’année. Les dépenses réalisées se sont établies à 87 M€ pour l’année 2008.
Au titre de l’exercice 2008, les principaux bénéficiaires de
subventions de l’INCa ont été : l’Inserm pour 9,1 M€, le CEA Quelques faits marquants du fonctionnement interne
pour 7,6  M€, le cancéropôle Ile-de-France pour 6,5  M€, le de l’INCa en 2008
CNRS pour 3,2 M€, l’INRA pour 2,9 M€, l’InVS pour 1,9 M€ − L’élaboration du schéma directeur des systèmes d’information
et la Fondation J. Dausset pour 1,9 M€. En 2008, l’INCa a défini son schéma directeur des systèmes

Tableau 1 : mONTANT DES DÉPENSES 2008 PAR CHAPITRE ET PROGRAMME


FONCTION- interven- investis-
PROGRAMME PERSONNEL total
NEMENT tions sements
Qualité des soins 1 958 580 € 1 323 278 € 9 118 171 € - 12 400 029 €
Santé publique 2 412 572 € 564 732 € 4 106 519 € 42 255 € 7 126 078 €
Information de publics 843 269 € 10 989 832 € 46 500 € - 11 879 601 €
Recherche 3 037 988 € 676 059 € 40 594 721 € 4 030 € 44 312 798 €
Fonctions support 4 222 145 € 6 951 511 € 125 723 € 113 290 € 11 412 668 €
TOTAL 12 474 553 € 20 505 412 € 53 991 633 € 159 575 € 87 131 172 €
institut national du cancer 15
rapport d’activité 2008

 organigramme de l’institut national du cancer, avril 2009

d’information (SDSI) et étudié les conditions d’infogérance l’acte d’achat par l’établissement de procédures transparentes
des systèmes d’information et leur sécurisation. Il a fondé un et conformes aux principes réglementaires de la commande
plan d’action pour atteindre les exigences de performance et de publique. Près de 20 marchés (procédures formalisées et
sécurité qui s’étalera sur trois ans. procédures adaptées) ont été notifiés courant 2008.
Il se décompose en trois grands programmes :
zz les outils décisionnels d’analyse et de suivi  : ces outils − L’élaboration d’une grille de classification des emplois et des
permettront la récupération, le stockage et l’analyse de rémunérations
données (entrepôt de données, suivi du Plan cancer) ; En matière de ressources humaines, l’INCa s’est fortement investi en
zz les outils de gestion  : ces outils permettront la gestion des 2008 dans un double processus d’identification des emplois et de
fonctions support et de pilotage liées au suivi des projets ; détermination de minima salariaux de référence.
zz les outils documentaires et transversaux  : ces outils Ce processus s’est traduit par une description normalisée et exhaustive
permettront la capitalisation et la gestion des flux (gestion des emplois et l’élaboration d’une grille de classification. Il a abouti en
documentaire, portail intranet/extranet, outil de workflow). outre à la mise en place d’un système de minima salariaux équitable et
reconnu par tous. Le conseil d’administration du 27 février 2009 a voté
− La refonte des procédures administratives et financières la mise en place de ce dispositif.
En 2008, l’INCa a procédé à la refonte de ses procédures administratives
et financières. Cette action a concerné les processus de la commande Les équipes en 2008

>>>
publique, des subventions à verser, des frais de mission pour les Dominique Maraninchi est président du conseil d’administration
agents de l’INCa et les intervenants extérieurs, de la rémunération, des de l’INCa depuis septembre 2006 (décret du président de la
opérations de fin d’exercice et de l’inventaire comptable avec également République du 27 septembre 2006).
la mise en place d’un contrôle interne comptable. Pascale Flamant occupe la fonction de directrice générale de
Pour la commande publique, un service achat-marchés publics l’INCa depuis février 2007 (décret du président de la République
a été créé courant 2008 avec pour principal objectif de sécuriser du 6 février 2007) (cf. organigramme ci-dessus).
16 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 COMPOSITION DU CONSEIL D'ADMINISTRATION DE L'INCA EN 2008

Institutions membres du GIP Administrateurs titulaires Administrateurs suppléants


Ministère de la Santé - DGS  M. Didier Houssin
Ministère de la Santé - DH.OS  Mme Annie Podeur
Ministère de la Santé - DSS  M. Dominique Libault
Ministère de la Recherche - DGRI  M. Gilles Bloch  M. Eric Postaire
Ministère de la Recherche - DGRI  Mme Carine Giovannangeli

Président du CA  M. Dominique Maraninchi


Inserm  M. André Syrota  M. Thierry Damerval
CNRS  Mme Urszula Hibner  Mme Martine Defais
CNAMTS  Mme Catherine Bismuth  Mme Marie-Christine Keters
CCMSA  M. François Gin  M. Hervé Treppoz
RSI  M. Dominique Liger  Mme Claudine Blum-Boisgard
LNCC - 1er représentant  M. Francis Larra  M. Schneider
LNCC - 2e représentant  M. Jean-Louis Wuyts  M. Bastien
ARC  M. Jacques Raynaud  Mme Axelle Davezac
FHF - 1er représentant  M. Didier Delmotte  M. Denis Guirand
FHF - 2e représentant  M. Norbert Ifrah  Mme Véronique Trillet-Lenoir
FHP  M. Bernard Couderc
FNCLCC  M. Thomas Tursz  M. Dominique Maigne
FEHAP  M. Yves-Jean Dupuis  M. Jérôme Antonini
Personne qualifiée  M Pascale Briand
me

Personne qualifiée  M. François Delafosse


Personne qualifiée  Mme Françoise Bonniol
Personne qualifiée  M. Victor Izraël
Personne qualifiée  M. Laurent Cals
Personne qualifiée  Mme Nicole Renody

II. L’activité des instances


gouvernantes de l’INCa en 2008
Les instances gouvernantes de l’INCa ont été fortement sollicitées séminaires s’est tenue en juin 2008, puis une seconde série d’ateliers
en 2008 par les travaux menés autour du bilan du précédent Plan en fin d’année en présence du Pr Jean-Pierre Grünfeld, chargé par
cancer et des perspectives d’action dans tous les domaines de le président de la République de proposer un rapport d’orientation
la lutte contre le cancer. C’est ainsi qu’une première vague de pour un nouvel élan du Plan cancer qui sera lancé en 2009.
institut national du cancer 17
rapport d’activité 2008

 Le nombre de voix attribuées aux membres  COMPOSITION DU COmité D'Audit


du groupement est proportionnel DE L'INCA EN 2008
à leurs droits statutaires, soit :
Président
L’État, à savoir : 25 voix :  M. François Delafosse
 Ministère chargé de la santé 3 x 4 voix
 Ministère chargé de la recherche 2 x 6 voix  Mme Catherine Bismuth CNAMTS
 Président du conseil d’administration 1 voix  M. Didier Delmotte FHF

Ligue nationale contre le cancer 2 x 1 voix

Fédération hospitalière de France 2 x 1 voix


Chacun des 9 autres membres 1 voix
Total 38 voix

Le conseil d’administration (CA) Le comité d’audit du conseil d’administration


Le conseil d’administration fixe les orientations générales de Le comité d’audit est composé de trois administrateurs élus
l’Institut National du Cancer. par le conseil d’administration pour une durée de deux ans,
renouvelable.
Il délibère en outre sur : Le comité a pour missions :
zz l’organisation générale de l’Institut ; zz d’examiner les projets de budgets et de comptes annuels de
zz le programme annuel de travail de l’Institut ; l’INCa ;
zz le rapport annuel d’activité de l’Institut ; zz de contribuer à la définition des normes comptables et
zz le budget de l’Institut et ses modifications éventuelles, les financières ;
emprunts, le compte financier et l’affectation des résultats ; zz de s’assurer de la pertinence et de l’efficacité de ces normes ;
zz les acquisitions, aliénations et échanges d’immeubles, ainsi zz de s’assurer de la pertinence et de l’efficacité des procédures
que les baux et locations les concernant. internes ;
zz de donner un avis sur les conclusions des rapports d’audit
Un bureau appuie les travaux du CA. Il est composé de six et de contrôle et des suites qui leurs sont données ainsi que
membres : le président du conseil d’administration, deux repré- sur les suites données aux observations des commissaires aux
sentants des ministères de la Santé et de la Recherche, les deux comptes ;
vice-présidents et un administrateur élu par le conseil d’admi- zz de réaliser des études ponctuelles à la demande du conseil.
nistration.
En 2008, le comité s’est réuni trois fois, le 24 avril, le 8 octobre
En 2008, le conseil d’administration de l’INCa s’est réuni à et le 9 décembre et a travaillé sur les dossiers suivants :

>>>
quatre reprises, le 29  février, le 16  mai, le 17  octobre et le zz le compte financier 2007 ;
17 décembre ; Le bureau, le 22 janvier, le 15 avril, le 9 septembre zz l’EPRD 2009 ;
et le 12  novembre. Les membres du conseil d’administration zz la mise en place de procédures financières et comptables ;
ont également participé à deux séminaires le 6  juin et le zz la mise en place d’un audit interne ;
19 novembre. zz les locaux de l’Institut National du Cancer.
18 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 COMPOSITION DU COMITÉ DES MALADES, DE LEURS PROCHES ET DES USAGERS EN 2008 de l'inca

 Anne Barrère Présidente de l’association Cent pour Sang la Vie


 Françoise Bettevy Bénévole de la Ligue 35
 Francis Cruypenninck Jardinier Jusqu’au 08/06/2008
 Laure Darcos Vice-présidente nationale de la Fédération nationale des comités féminins
pour le dépistage des cancers
 Damien Dubois Président de l’association Jeunes Solidarité Cancer Jusqu’au 08/06/2008
 Jean-Pierre Escande Membre du comité des patients de la Ligue nationale contre le cancer
 Patrick Ferrer Porte-parole du réseau des malades et des proches de la Ligue nationale contre le cancer
 Guy Gatignol Président de la Fédération des stomisés de France Jusqu’au 08/06/2008
 Régine Goinère Fondatrice de Vivre avec
 Marcel Humbert Président de la Fédération des stomisés de France À partir du 09/06/2008
 Jean-Louis Kervern Financier
 Marianick Lambert Vice-président du CISS À partir du 09/06/2008
 Doïna Laroque Association La Maison du Bonheur
 Marcel Le Failler Membre de la FNATH À partir du 09/06/2008
 Estelle Lecointe Présidente Ensemble contre le GIST
 Jean-Claude Lefèvre Vice-président du Comité de la Haute-Marne de la Ligue nationale À partir du 09/06/2008
contre le cancer
 Laurence Le Hire Trésorière de l’association Garin À partir du 09/06/2008
 Christiane Letulle-Joly Notaire, membre de l’APREC et de l’IVS Jusqu’au 08/06/2008
 Christiane Liandier Administrateur de la Ligue nationale contre le cancer
 Marie Marcat Paysagiste Jusqu’au 08/06/2008
 Yann Pivet Directeur de l’association Lourdes Cancer Espérance À partir du 09/06/2008
 Marie-Aude Sevaux Présidente de l’association Jeunes Solidarité Cancer À partir du 09/06/2008
 Mirjam Sidler Porte-parole du CMPU Jusqu’au 08/06/2008
 Myriam Ullens Présidente de la fondation Mimi contre le cancer Jusqu’au 08/06/2008
 Philippe Unwin Membre du CA de l’UNAPECLE

Le comité de déontologie pour une durée de deux ans renouvelable.


Le comité de déontologie veille au respect de la charte de déonto- En 2008, le comité de déontologie de l’INCa s’est réuni à deux
logie établie par le conseil d’administration. Il s’assure tout parti- reprises, le 2 avril et le 10 septembre et a étudié les rapports qui
culièrement de l’indépendance de l’Institut vis-à-vis des possibles lui ont été soumis, notamment :
pressions industrielles, administratives et professionnelles. zz le rapport diagnostic prénatal (DPI) et formes héréditaires
de cancers ;
Il est composé de trois membres : Édouard Couty, Jacques-Louis zz les relations de l’INCa avec l’industrie pharmaceutique ;
Binet et le Pr Maurice Tubiana, désignés par le conseil d’adminis- zz les mesures nationales de la radiothérapie ;
tration sur proposition du président du conseil d’administration, zz les travaux sur les tests moléculaires à visée diagnostique.
institut national du cancer 19
rapport d’activité 2008

 composition du comité consultatif des professionnels de santé 2008 de l'inca

 Isabelle Adenot Professionnel de la pharmacie


 Thierry André Oncologue médical
 Nicole Athéa Médecin gynécologue
 José Clavero Médecin généraliste
 Dominique Delfieu Médecin généraliste
 Michel Duret Infirmier libéral
 Françoise Ellien Oncopsychologue
 Gilles Errieau Médecin généraliste
 Gérard Ganem Radiothérapeute
 Maryse Gey Assistante sociale CNAF
 Thierry Godet Directeur Réseau de santé Arcade
 Frédérique Penault-Lorca Biologiste
 Elisabeth Rousselot-Marche Médecin généraliste
 Sergio Salmeron Pneumologue
 Florian Scotte Oncologue médical
 Daniel Serin Radiothérapeute
 Sylvie Soler Service social CRAMIF
 Roselyne Vasseur Directrice des Soins infirmiers
 Richard Villet Chirurgien

Le comité des malades, de leurs proches et des usagers un séminaire en juin sur le thème "Plan cancer 2003/2007 : Partage
(CMPU) des constats et ouverture sur le futur", ainsi qu’à une journée atelier
Il est composé de personnes de la société civile et de représentants conjointe CMPU / CCPS en novembre sur les orientations nécessaires
d’associations de personnes atteintes de cancer désignés par le pour renforcer dans les prochaines années la lutte contre le cancer.
président de l’INCa et rapportant au conseil d’administration. Les membres du CMPU ont également, pour la troisième année
consécutive, participé à l’expertise des projets reçus dans le cadre
Le comité a vocation à représenter les malades, leurs proches et les de l’appel à projets annuel tourné vers les associations d’aide aux
usagers du système de soins auprès des instances décisionnaires de malades. Enfin, plusieurs membres du comité ont participé aux cam-
l’Institut. Ses membres ont été renouvelés en 2008, conformément pagnes d’information et à la rédaction de documents spécifiques.
au règlement intérieur.
Le comité consultatif des professionnels de santé (CCPS)

>>>
En 2008, le CMPU a tenu plusieurs réunions : une réunion du bureau Ce comité, installé en 2008, a vocation à représenter l’ensemble
du CMPU (25 mars), quatre réunions du comité plénier (1er avril, 24 des acteurs de la prise en charge des malades auprès des ins-
juin, 18 septembre, 28 octobre), un séminaire (4 juin), une "journée tances décisionnaires de l’INCa. À ce titre, il est composé de
atelier" conjointe CMPU / CCPS (18 novembre). 18 professionnels de santé hospitaliers et libéraux, médicaux
Le CMPU a été sollicité très régulièrement sur de nombreux travaux et non médicaux, spécialistes et généralistes désignés par le
de l’Institut, dont le plan d’actions 2009 de l’INCa, et a participé à président du conseil d’administration :
20 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 recommandations du conseil scientifique internation de l'inca– SEPTEMBRE 2008

Le conseil scientifique international :


 approuve les rapports d’activité et scientifique de l’INCa ;
 se réjouit de voir que les recommandations de l’année précédente ont toutes été prises en compte ;
 souhaiterait voir plus d’indicateurs clés de performance, particulièrement pour les essais cliniques, et le management de ces essais
cliniques devrait être clarifié ;
 précise que le choix de poursuivre ou non un projet doit être basé sur l’atteinte des objectifs fixés par des indicateurs clés de performance (KPI) ;
 appuie la décision de continuer à investir dans les équipes et les domaines scientifiques d’expertises reconnues ;
 suggère de continuer à privilégier le financement intégral des meilleurs projets ;
 précise que la priorité doit être donnée aux projets de recherche qui incluent ou prévoient des collaborations européennes ;
 soutient l’engagement réel de l’INCa dans la recherche translationnelle ;
 recommande que le financement des tumorothèques doit être restreint aux collections de tissus cliniquement annotés, mises à jour et
comprenant des informations sur le suivi des patients ;
 se réjouit des décisions adoptées pour l’autorisation des établissements de soins, fondée sur le volume d’activité et recommande for-
tement la poursuite de ce type d’actions ainsi que la mise en place de mesures portant sur la qualité des résultats ;
 soutient la réalisation de plans d’activité (business plan) pour toute nouvelle initiative ;
 précise qu’il est indispensable de développer des instruments de travail efficaces en collaboration avec l’industrie pharmaceutique ;
 appuie et soutient le rôle clé joué par l’INCa dans la coordination des actions de prévention, de soin et de recherche dans le domaine du cancer.

L’INCa doit :
 promouvoir des symposiums internationaux ;
 poursuivre ses actions d’information et d’éducation du public ;
 jouer un rôle prépondérant dans les domaines concernant les patients ayant eu un cancer.

zz 6 médecins hospitaliers représentant plusieurs disciplines ; Dès sa création en juillet 2008, le comité a été consulté sur le
zz 6 médecins de ville, dont 4 médecins généralistes, 1 médecin plan d’actions 2009 de l’Institut et a contribué à enrichir la
coordonnateur de réseau, 1 gynécologue ; réflexion menée au sein de l’INCa sur les orientations nécessaires
zz 1 pharmacien d’officine ; pour renforcer dans les prochaines années la lutte contre le
zz 3 paramédicaux : oncopsychologue, infirmier libéral, cancer ; c’est dans ce cadre qu’il a participé à la journée atelier
infirmière hospitalière ; conjointe CCPS / CMPU organisée en novembre en présence
zz 2 travailleurs sociaux. du Professeur Jean-Pierre Grünfeld.
Organe de concertation pluriprofessionnel et interdisciplinaire,
il contribue à alimenter la réflexion et les actions menées par Le conseil scientifique international
l’Institut tant par ses avis que par ses recommandations, pro- Le conseil scientifique international de l’INCa est présidé par le
positions et retour d’expériences. Pr Jacques Pouyssegur, depuis le 5 novembre 2007 (nommé par
En 2008, le comité consultatif des professionnels de santé s’est réuni décret du président de la République). Il s’est tenu à l’INCa le
à trois reprises, le 1er juillet, le 17 septembre et le 29 octobre et a par- 22 septembre 2008 et a approuvé le rapport d’activité 2007 et
ticipé à une "journée atelier", conjointe avec le CCPS, le 18 novembre. le rapport scientifique 2007-2008 de l’INCa.
institut national du cancer 21
rapport d’activité 2008

 COMPOSITION DU Conseil scientifique international de l'inca

Président
 Jacques Pouyssegur Centre Antoine Lacassagne France, Nice

Vice-présidents
 Daniel Louvard Institut Curie France, Paris
 James Armitage University of Nebraska États-Unis, Omaha
 Jean-Pierre Bizzari Sanofi-Synthelabo Research États-Unis, Malvern
 Gilles Favre Institut Claudius REGAUD France, Toulouse
 Daniel Haller University of Pennsylvania États-Unis, Philadelphia
 Jean-Luc Harousseau Hôtel-Dieu France, Nantes
 Peter Harper Guy’s and St Thomas’ Cancer Centre Grande-Bretagne,
Londres
 Denis Hemon Hôpital Paul Brousse France, Villejuif
 Jean-Marie Lehn Université Libre de Strasbourg France, Strasbourg
 Michel Marty Hôpital Saint-Louis France, Paris
 Claude Mawas Institut de Cancérologie France, Marseille
 Jacques Samarut Laboratoire de Biologie Moléculaire France, Lyon
 Bruno Varet Hôpital Necker-Enfants Malades France, Paris
 Robert Weinberg Massachusetts Institute of Technology États-Unis, Cambridge
 Harald zur Hausen Deutsches Krebsforschungszentrum Allemagne, Heidelberg

III. Le Plan cancer pour analyser les acquis et faiblesses ressentis par les acteurs et
Le Plan cancer 2003-2007 s’est terminé fin 2007 et l’année 2008 contribué à proposer des pistes de réflexion et d’amélioration
a été largement consacrée à son évaluation et à la préparation pour le futur. Les résultats de ces différents travaux ont été mis
d’un nouvel élan pour la lutte contre le cancer. en ligne sur le site internet de l’INCa : www.e-cancer.fr.
L’évaluation du Plan cancer a été réalisée par plusieurs institutions :
la Cour des comptes et le Haut conseil de la santé publique. Le Pr Grünfeld a été chargé le 15 octobre 2008 par le président de
La Cour des comptes a établi un rapport thématique sur le Plan la République de constituer une commission composée de person-
cancer qui a été rendu public le 12 juin 2008 2 . nalités issues de la recherche, du système de santé, du secteur médi-

>>>
Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a publié en février cosocial, d’associations de patients et de l’entreprise pour préparer
2009 son rapport final 3 après un bilan d’étape diffusé en juin 2008. des recommandations pour le futur Plan cancer. Il a pu rencontrer
les instances de l’INCa lors de séminaires dédiés à l’analyse des
Pour sa part, l’INCa a produit des éléments et indicateurs pour priorités pour l’avenir. L’INCa a ouvert un espace de contributions
les organismes missionnés pour l’évaluation de ce plan. Il a orga- qui a recueilli 5 800 témoignages, réflexions et suggestions pour la
nisé plusieurs groupes de travail et séminaires avec ses instances préparation du prochain Plan cancer 2009-2013.

2.
www.ccomptes.fr
3.
www.hcsp.fr
22 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

TABLEAU 2 : CALENDRIER DE MISE EN ŒUVRE DES POINTS PRINCIPAUX DU PLAN D'ACTION DE L'INCA EN 2
Janvier Février Mars Avril Mai
Administration 22 janvier 29 février 1 avril
er
16 mai
Gouvernance Réunion du bureau du CA Réunion du CA : Suivi Réunion du CMPU Réunion du CA :
du plan national de 2 avril approbation du rapport
radiothérapie Réunion du comité de d’activité et du compte
déontologie financier 2007
24 avril Adoption de la nouvelle
Réunion du comité d’audit articulation entre l’INCa et
l’Inserm

Information 24-30 mars Avril-Juillet 15 mai


des publics Semaine nationale contre Campagne sur le dépistage Journée nationale de
le cancer colorectal organisé du cancer du sein prévention et de dépistage
des cancers de la peau

Soins 26 mars Avril Mai


Méthodologie de calcul des Procédure d’attribution Intégration de l'équipe
activités de cancérologie d’un label conjoint SOR mise à disposition par
soumises à seuils. HAS/INCa à des la FNCLCC
Circulaire DHOS/INCa recommandations en
cancérologie élaborées par
des sociétés savantes

Santé publique 30 janvier 5 février 15 avril


Signature d’une convention Publication de l’arrêté Signature du programme
de partenariat pour portant introduction de partenariat scientifique
le financement du de la mammographie 2008-2010 InVS/INCa/
fonctionnement des numérique dans le réseau Francim
registres des cancers programme de dépistage Mise en place d'une cellule
généraux et spécialisés organisé du cancer du sein nationale d'appui pour la
InVS/INCa radiothérapie

Recherche Février Mars Avril 5 mai


Lancement des APP : PAIR Mise en ligne des essais Participation de l’INCa au Réunion du conseil
lymphomes, génomique industriels en cancérologie Consortium international d'orientation scientifique
du cancer dans le registre de l’INCa génomique du cancer
6 février 4 mars (ICGC)
Symposium "Apport Réunion du conseil
des technologies de scientifique (membres
génomique à la prise français)
en charge des patients 27 mars
atteints de cancer" Colloque "La vie deux ans
(ICACT) après le diagnostic d’un
cancer" DRESS/Inserm/
INCa

* rapport global sur le chimiothérapie des cancers


institut national du cancer 23
rapport d’activité 2008

2008
Juin Juillet / Août Septembre Octobre Novembre Décembre
4 et 6 juin 1 juillet
er
10 sept 8 octobre 12 novembre 5 décembre
Séminaires du CMPU et 1ère réunion du comité des Réunion du comité de Réunion du comité Réunion du bureau du Journée d’échange :
du CA : Plan cancer 2003- professionnels de santé déontologie d’audit CA l’INCa et les associations
2007, bilan et pistes pour (CCPS) 17 sept 17 octobre 18 novembre 9 décembre
l’avenir Réunion du CCPS Réunion du CA : Séminaires (Plan cancer) Réunion du comité
24 juin approbation du volet du CMPU et du CCPS d’audit
Réunion du CMPU budgétaire du R.I. 19 novembre
28 octobre Séminaire du CA : les
Réunion du CMPU nouveaux enjeux de la
29 octobre lutte contre le cancer
Réunion du CCPS
5-30 juin Juillet-Août 13 sept -14 octobre Octobre rose Novembre
Campagne "Cancers, il y Animations sur les 1ère campagne nationale Mois du dépistage du Publication du guide
a des moyens pour agir" plages du littoral pour la de dépistage du cancer cancer du sein SOR Comprendre la
18 juin prévention du mélanome colorectal 7-17 octobre chimiothérapie
Lancement de la Août 30 septembre Exposition au Parlement
campagne contre le Nouvelle campagne Lancement d’un AAP européen "Cancer du
mélanome d’information sur Cancer pour implanter des sein, faites-vous dépister"
Info Service "Cancer Info Relais"
16 Juin Juillet Septembre 8 octobre Décembre
Mise en ligne des Lancement d’une enquête Création de la mission Création du comité Publication du RBU
critères d’agrément auprès des établissements Anatomopathologie national de suivi des pour les cancers
pour la pratique de la de santé sur la mise et génétique au sein de mesures nationales pour hématologiques de
cancérologie en place du dispositif l’INCa la radiothérapie l’adulte INCa/AFSSAPS/
d’annonce du cancer 24 octobre HAS
INCa/DHOS Journée nationale 15 décembre
Août d’échanges sur la Installation du comité
Publication du RBU pour coopération CHU/ national de suivi des
les cancers du sein CLCC/Pôles régionaux de mesures nationales
INCa/AFSSAPS/HAS cancérologie radiothérapie, présidé par
l’INCa*
Adoption des critères
d’agrément pour
la pratique de la
cancérologie pédiatrique
Juin 11 juillet Octobre 27 novembre Décembre
Publication du tome 4 Signature de l’accord Lancement d’un appel à Mise en ligne du Généralisation du
du rapport 2006-2007 cadre InVS/INCa projets libres module de formation dispositif de dépistage
ONDPS Les métiers de la 31 octobre à destination des organisé du cancer
cancérologie Signature d’une professionnels de santé colorectal à tout le
23 juin convention de pour la détection précoce territoire
Accord cadre INPES/ collaboration InVS/HCL/ des cancers de la cavité 5 décembre
INCa Francim/ buccale Lancement d’une
INCa étude sur le coût de
fonctionnement des
registres des cancers en
partenariat avec l’InVS
31 décembre
Parution de l’Atlas de la
mortalité par cancer en
France
Juin 4 juillet Septembre 6 octobre 14-16 novembre Décembre
Évaluation des projets Séminaire PAIR CHC Lancement des APP : 2000e patiente incluse L’INCa à l’Exposition Article sur le registre
PHRC 2003-2004 10 juillet PHRC, STIC, recherche dans l’essai PHARE Ville Européenne des INCa des essais cliniques
Lancement des Séminaire du Conseil translationnelle 15 octobre Sciences au Grand Palais Liste des essais cliniques
APP : partenariats scientifique 22 septembre Colloque "International priorisés par groupes
internationaux (membres français) Réunion du conseil Stem cells and cancer" cliniques de l’INCa
19 juin Publication des résultats scientifique international 8 décembre
Début des travaux des du PAIR Lymphome 29 septembre Colloque
groupes de recherche "Immunotherapy and
1st symposium INCa/
clinique Leem "International cancer"
cancer translational Lancement de l’APP :
research" essais cliniques précoces
30 septembre
Lancement de 4 AAP
recherche
24 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

IV. Une nouvelle articulation Le Pr Fabien Calvo, directeur général adjoint en charge de la
entre l’INCa et l’Inserm recherche à l’INCa a donc participé, tout au long de l’année 2008,
Fin 2007, le directeur général de l’Inserm a été chargé par la ministre au conseil de direction de l’Inserm qui assure la coordination de
de l’Enseignement supérieur et de la recherche, d’une mission de l’ensemble des programmes de recherche biomédicale.
coordination de la recherche biomédicale française afin d’abou-
tir à une meilleure efficacité et une meilleure lisibilité. Ce schéma, L’importance de cette articulation sera renforcée par le prochain
approuvé par le conseil d’administration de l’Inserm le 27 mars Plan cancer selon les termes de la lettre de mission du 15 octobre
2008 4 , prévoit la création de huit instituts thématiques de recherche, du président de la République 5 au Pr Jean-Pierre Grünfeld : "La
dont l’un concerne le cancer. Le directeur général adjoint en charge position de la France dans la recherche d’excellence au plan mon-
de recherche à l’INCa a été nommé directeur de l’Institut théma- dial s’est fragilisée au cours des dernières années. Pour améliorer la
tique cancer de l’Inserm, articulation fonctionnelle approuvée par performance de la recherche française, l’articulation entre l’Inserm
délibération du conseil d’administration de l’INCa du 16 mai 2008. et l’INCa est décisive".

4.
Décret du 11 mars 2009 modifiant le décret n° 83-975 du 10 novembre 1983 relatif à l’organisation et au fonctionnement de l’Institut national de la santé et
de la recherche médicale. JO du 13 mars 2009.
5.
www.elysee.fr
institut national du cancer 25
rapport d’activité 2008
26 institut national du cancer
rapport d’activité 2008
institut national du cancer 27
rapport d’activité 2008

seconde partie

L’action de l’Institut
National du Cancer
en 2008
28 institut national du cancer
rapport d’activité 2008
institut national du cancer 29
rapport d’activité 2008

1. P
 révention
 4nouveaux projets financés en santé publique
 13 projets suivis en santé publique

 6 documents produits sur l’état des connaissances


concernant les facteurs de risque des cancers

>>>
1.1 − Prévention des facteurs de risques
1.1.1 − Tabagisme et risques de cancer
Éléments de contexte
En 2008, la lutte contre le tabagisme a été marquée par l’application du
deuxième volet de l’interdiction de fumer dans les cafés, hôtels, restaurants,
discothèques et casinos (CHRDC).

 Figure 3 : Ventes de cigarettes (en millions d’unités) et


prix annuel moyen des cigarettes
de la classe la plus vendue

Sources : Altadis/DGGGI ; OFDT


30 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

La vente de tabac a diminué de 2 % par rapport à 2007. Les Des fiches sous forme de questions-réponses, destinées à tous
cigarettes ont enregistré une diminution de 2,5 % en 2008, les publics ont également été réalisées sur les cigarettes électro-
tandis que les ventes de tabac à rouler ont augmenté de 4,3 % niques, la chicha et le cannabis.
par rapport à l’année précédente 6.
Après une année 2007 très active en termes d’actions et d’outils L’accompagnement des politiques publiques
de contrôle du tabac, aucune mesure particulière n’a été mise en L’INCa a participé à l’évaluation des politiques publiques de lutte
place au niveau national en 2008 sur le tabagisme actif. Dans antitabac en développant avec l’Institut national de prévention et
ce contexte, le bilan de l’année 2008 effectué par l’OFDT  7 à d’éducation pour la santé (Inpes) le volet français d’International
partir du tableau de bord mensuel des indicateurs tabac "fait Tobacco Control Policy Evaluation Project (projet ITC) et le modèle
apparaître une stabilité globale des indicateurs de ventes de de simulation SimSmoke France. Ces outils ont fait l’objet de deux
tabac et même un recul relatif des chiffres des indicateurs de publications dans le numéro 21-22 du Bulletin épidémiologique heb-
sortie du tabagisme". domadaire du 27 mai 2008  8. Ces outils d’évaluation de l’efficacité des
mesures de contrôle du tabac sont destinés à produire, dès 2009, des
Les ventes annuelles en 2008 ont été réduites de 33,45 % par éléments d’appréciation et d’aide pour les politiques de contrôle du
rapport à 2002 et dans le même temps, le prix du paquet de tabagisme. L’INCa a également participé au groupe de travail de suivi
cigarettes de la classe la plus vendue a augmenté de 47,2 % de la mise en œuvre du décret sur l’interdiction de fumer piloté par le
(OFDT, 2009). Comité national contre le tabac (CNCT), et au groupe de travail sur
les indicateurs des données sur le tabac, piloté par l’OFDT.
L’activité de l’INCa L’INCa a financé en 2008 le projet du réseau associatif français
La production de documents d’expertise pour le suivi et l’application des politiques de contrôle du tabac et
L’INCa a développé et mis à disposition des décideurs et des dans les Dom-Com (projets retenus dans l’AAP 2007).
partenaires des documents de synthèse d’expertises en matière
de cancers et tabac, en produisant trois fiches repère : état des Le bilan et le suivi des travaux de recherche
connaissances sur le cancer et le tabac, le tabac dans le monde L’INCa a réalisé le bilan des projets de recherche qui se sont
et le tabagisme passif. terminés en 2008 : "Tabac et grossesse" et du projet PESCE sur

6.
 FDT : Tabagisme et arrêt du tabac en 2008, tableau de bord mensuel des indicateurs tabac, bilan de l’année 2008 à partir des données de ventes d’Altadis et de la DGDDI.
O
7.
Ibid
8.
http://www.invs.sante.fr/beh/2008/21_22/beh_21_22_2008.pdf
institut national du cancer 31
rapport d’activité 2008

l’évaluation des pratiques professionnelles des omnipraticiens et


des formations envisageables pour améliorer leur intervention. Faits marquants 2OO8
Il a également suivi des études de recherches devant s’achever en
2009 : "l’efficacité des avertissements sanitaires et les paquets > Production de documents grand public sur l’état des connais-
génériques dans la lutte contre le tabagisme" et l’évaluation d’un sances sur le cancer et le tabac, le tabac dans le monde, le
programme d’aide au sevrage tabagique pour les adolescents tabagisme passif, la chicha, les cigarettes électroniques et le
au centre de formation des apprentis. cannabis.
> Élaboration d’outils d’aide aux politiques de contrôle du
L’action internationale tabagisme.
En réponse à la globalisation de l’épidémie du tabac, l’INCa,
sous la tutelle du ministère de la Santé, a participé au suivi des
avancées de la Convention cadre de la lutte antitabac (CCLAT) 1.1.2 − Alcool et cancers
de l’OMS et a contribué à financer son secrétariat permanent. Éléments de contexte
En 2008, l’INCa a également soutenu plusieurs projets interna- La consommation de boissons alcoolisées bien qu’encore très
tionaux qui ont pour but d’améliorer la coopération dans les élevée en France (sixième rang mondial) tend à diminuer depuis
domaines scientifiques, techniques et juridiques avec les pays plusieurs décennies. L’alcool est néanmoins la deuxième cause
européens et les pays en développement. Cette coopération évitable de mortalité par cancers, après le tabac. 10,8 % des
permet de renforcer les stratégies, les plans et les programmes décès par cancers chez l’homme et 4,5 % chez la femme sont
nationaux de lutte antitabac des pays francophones : attribuables à la consommation d’alcool.

>>>
 Society for research on nicotine and tobacco via "treatobacco" ;
 Framework convention alliance ; L’activité de l’INCa
 L’union internationale contre le cancer via "globalink" ; La production de documents d’expertise
 L’observatoire du tabac d’Afrique francophone ; Une synthèse des connaissances sur les risques de cancers liés à
 Smoke free partnership (partenariat entre l’European Respiratory l’alcool a été réalisée pour la brochure "Alimentation, nutrition et
Society, Cancer Research UK et l’Institut National du Cancer). cancers" en s’appuyant sur le rapport international d’expertises du
32 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Tableau 3 : Projets sélectionnés en 2008 dans le cadre de l’appel à projets Mild/Inserm/INCa

Projets Équipes
Impact d’un programme d’éducation des patients porteurs d’une
maladie chronique du foie (Alcool, VHC, VHB) sur les conduites
Service d’hépato gastrœntérologie
addictives : étude prospective randomisée menée en centre
d’addictologie hospitalier
Groupe hospitalier Pitié Salpêtrière

Fêtes locales, alcoolisation et déviances en milieu rural CERP Toulouse


Déterminants individuels et familiaux des consommations abusives
Inserm U 687
de produits psychoactifs chez les jeunes
Évaluation de l’efficacité et du coût de différentes méthodes de
relance systématisée des rendez-vous (par courrier et SMS) pour des Unité de traitement ambulatoire des maladies addictives, Clichy
patients suivis dans un service d’addictologie

WCRF et le rapport "Alcool et risque de cancers", INCa-NACRE L’activité de l’INCa


2007 9. L’actualisation des connaissances scientifiques sur les liens entre
L’INCa a participé au groupe de travail sur les coûts liés à l’al- nutrition et cancers
cool coordonné par l’Inserm à la demande de la ministre de Dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS),
la Santé, ainsi qu’à la commission addictions pilotée par la à la demande du ministère de la Santé, l’Institut National du
Direction générale de la santé et la Direction de l’hospitalisation Cancer a coordonné le travail d’actualisation de la brochure
et l’organisation des soins. "Alimentation, nutrition et cancer : vérités, hypothèses et idées
fausses" parue en 2003 dans la collection "Les synthèses du
Le soutien aux travaux de recherche PNNS", qui a intégré les conclusions du rapport précité.
L’INCa a financé avec la DGS le projet de l’Institut Gustave L’élaboration du document a été effectuée avec l’appui scien-
Roussy "Historique de la consommation d’alcool en France", tifique du réseau National Alimentation Cancer Recherche
qui a été achevé en 2008. (NACRe) et en partenariat avec l’Agence française de sécurité
L’Institut a soutenu dans le cadre de l’appel à projets Mildt- sanitaire des aliments (Afssa), l’Institut national de prévention
Inserm-INCa, récurrent depuis 2006, quatre nouveaux projets et d’éducation pour la santé (Inpes) et l’Institut de veille sani-
pour un financement total de 67 000 € en 2008. taire (InVS).

1.1.3 − Nutrition et cancers La brochure actualisée intitulée "Nutrition et prévention des can-
Éléments de contexte cers : des connaissances scientifiques aux recommandations" a été
Les données du rapport du World Cancer Research Fund (WCRF) finalisée et validée fin 2008. Elle fournit aux professionnels de santé
et de l’American Institute of Cancer Research 10 concernant les des recommandations nutritionnelles pour la prévention primaire
liens entre alimentation, nutrition et activité physique et can- des cancers, basées sur des informations scientifiquement validées.
cer, paru en novembre 2007, nécessitaient une adaptation à la La brochure a été rendue publique à l’occasion d’une conférence
situation française. de presse au ministère de la Santé, le 17 février 2009.

9
. INCa/NACRe. Alcool et risque de cancers. État des lieux des données scientifiques et recommandations de santé publique. Collection Rapports et synthèses. INCa, 2007, 58 p.
10.
WCRF/AICR. Food, Nutrition, Physical Activity and the Prevention of Cancer: a Global Perspective. 2007 (http://www.rapportalimentationetcancer.fr)
institut national du cancer 33
rapport d’activité 2008

Soutien à la recherche L’activité de l’INCa


L’INCa a suivi et financé 7 projets de recherche en santé publique Le développement d’une expertise interne en matière "d’environ­
sur la thématique nutrition, initiés en 2006 et 2007, pour un nements et cancers" (lieux de vie et de travail).
financement total de 351 820 € en 2008. Cette action s’est traduite notamment par l’établissement de
trois fiches repère, de trois notes techniques et de synthèse (ana-
1.2 – Prévention des expositions liées lyse de la réglementation concernant les cancers professionnels,
aux milieux de vie et de travail état des lieux de la réglementation nationale et européenne
Éléments de contexte sur les substances chimiques). Les principaux thèmes étudiés
L’année 2008 a vu se confirmer la montée en puissance de la concernent les cancers professionnels, le mésothéliome pleural
thématique environnementale (lieux de vie et de travail) ainsi et les cancers liés à l’environnement. En outre, une synthèse des
qu’un accroissement des connaissances dans un contexte où connaissances (en attente des résultats de l’étude interphone)
des données restent encore insuffisantes. a été effectuée et publiée sur le site de l’INCa
Deux éléments marquants ont caractérisé l’année : sur l’usage de la téléphonie mobile et les risques des ondes
 les actions mises en œuvre à la suite du Grenelle de l’environ- électromagnétiques sur la santé.
nement qui s’est tenu en octobre 2007, et notamment l’éla-
boration du PNSE 2, dont l’objectif principal est la réduction Un renforcement du processus de partenariat
des inégalités environnementales ; L’INCa a engagé des partenariats avec :

>>>
 le règlement européen REACH (Registration, Evaluation and  la DGS pour la contribution, pour les mesures concernées, au
Authorisation of CHemicals), d’application obligatoire depuis le bilan du Plan cancer 2003-2007 et à la proposition d’axes à
1er juin 2008. Cette réglementation prévoit notamment l’enregis- développer dans le prochain plan ;
trement, avant leur mise sur le marché, de toutes les substances  la DGS et le ministère de l’Environnement, dans le cadre de la
chimiques produites ou importées à plus d’une tonne/an et participation aux groupes de travail interinstitutionnels pour
l’autorisation des CMR 1 et 2 avant leur mise sur le marché. l’élaboration du PNSE 2, en cours de finalisation ;
34 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 la HAS avec l’inscription d’une thématique "prévention" dans Le soutien à la recherche sur les cancers professionnels
les programmes de travail (amiante) ; L’INCa a suivi en 2008 les projets sélectionnés à la suite des appels
 l’Afsset pour le soutien d’une étude réalisée par l’Afsset et à projets lancés en 2006 (3 projets) et 2007, en partenariat avec
finalisée en 2008 concernant la contamination des milieux l’ARC (7 projets), sur les cancers professionnels et les a financés
par les molécules anticancéreuses provenant des rejets hos- à hauteur de 309 000 € en 2008.
pitaliers. Cette étude a donné lieu à plusieurs publications
dans la presse scientifique. L’INCa a, par ailleurs, soutenu à hauteur de 45 000  € en 2008,
deux projets lancés en 2007 portant sur les facteurs de risques
D’autres partenariats ont été engagés, en particulier avec la SPLF environnementaux (cohorte pronostique prospective des lym-
(Société de pneumologie de langue française) sous forme de phomes cutanés en Aquitaine  ; recherche sur facteurs risques
subvention pour la diffusion du questionnaire de repérage des environnementaux des cancers du sein).
expositions professionnelle à des cancérogènes ou la participa- Pour sa part, le projet "Vivre avec le soleil à l’école" de l’association
tion à l’expertise et la sélection de projets lancés par le Conseil Sécurité Solaire, a été soutenu par l’INCa à hauteur de 8 600  €
régional Nord Pas-de-Calais. en 2008, et est arrivé à son terme.

1.3 − Prévention auprès de populations


Faits marquants 2OO8 "vulnérables "
En 2008, la prévention auprès des populations "vulnérables" a
> Contribution à l’élaboration du PNSE 2 ; concerné principalement les patients atteints de cancer dans le
> Publication de 3 fiches repère, 3 notes techniques et synthèse cadre de la prévention des cancers multiples.
(sur les cancers professionnels et sur la réglementation des
substances chimiques). Éléments de contexte
> Finalisation de l’étude sur la contamination des milieux par La commission d’orientation sur le cancer a estimé, en 2003,
les molécules anticancéreuses provenant des rejets hospitaliers que plus de deux millions de personnes vivaient avec une his-
(étude Afsset financée par l’INCa). toire de cancer en France. Cette population augmente du fait
institut national du cancer 35
rapport d’activité 2008

d’une progression globale de l’incidence des cancers et d’une La promotion du rôle du médecin généraliste en matière de
diminution du taux standardisé de mortalité due aux cancers. prévention
Pour limiter la morbidité et la mortalité des patients dits "en L’INCa a mis en place un groupe de travail avec les médecins géné-
rémission de cancer", l’INCa a réalisé en 2008 des premiers ralistes (MG) pour promouvoir un "plan individuel de prévention et
travaux d’analyse sur la prévention des seconds cancers. de suivi par le MG" : proposition sur les modalités de l’intervention
du MG dans la prévention auprès des patients atteints de cancer
L’activité de l’INCa dans le cadre de l’élaboration du Plan cancer II.
Une synthèse bibliographique sur les cancers multiples
Une investigation bibliographique de la presse scientifique inter- 1.4 − Prévention des cancers :
nationale et des rapports circonstanciés ont permis de rassembler approche transversale
les connaissances existantes sur l’épidémiologie des seconds L’INCa a développé une expertise sur les stratégies de prévention
cancers, de décrire les différentes situations à risque ainsi que des cancers en France à partir d’un travail bibliographique. Outre
les principales pistes de prévention envisagées. Une réunion, en différents états des lieux de la situation générale de la prévention des
décembre 2008, rassemblant des experts et des représentants cancers en France (volets institutionnels et associatifs, dimensions
de l’INCa, a conclu qu’il était nécessaire de : éducation à la santé, stratégies publiques, dimensions comporte-
 développer et de valider cette expertise en se basant sur des mentales et environnementales, etc.), une attention particulière a été
groupes experts en 2009 ; portée aux facteurs de risques synergiques, dans l’optique d’étayer des
 former un groupe de travail INCa pour coordonner les actions actions futures interinstitutionnelles et transversales. Ces travaux vont
à venir relatives à la problématique plus globale "du suivi et notamment se traduire par la publication de plusieurs fiches repère en
de la surveillance du patient atteint de cancer". 2009, qui dresseront l’état des connaissances sur des thèmes précis.
36 institut national du cancer
rapport d’activité 2008
institut national du cancer 37
rapport d’activité 2008

2. O
 bservation
des cancers
 1,8 M€ pour soutenir le fonctionnement des registres
des cancers
 Un atlas de la mortalité par cancer en France métropolitaine
publié

Le soutien aux registres des cancers


Au début de l’année 2008, l’InVS et l’INCa ont signé une convention de
partenariat pour le financement des registres des cancers. L’INCa a financé
les registres à hauteur de 1 809 960 € en 2008. Afin de poursuivre l’amé-
lioration et une meilleure adéquation des moyens dédiés aux registres, une
étude sur leur coût de fonctionnement a été mise en œuvre en décembre
2008. L’INCa est associé aux travaux du comité de pilotage de la base de
données Francim, qui réunit les données issues de l’ensemble des registres
et participe, dans le cadre d’une convention, au financement de cette base
de données gérée par les Hospices civils de Lyon à hauteur de 30 000 €.

Faits marquants 2OO8


> Signature d’une convention de partenariat entre l’INCa et l’InVS pour
le financement du fonctionnement des registres des cancers généraux et
spécialisés.
> Publication de l’atlas de la mortalité par cancer en France métropolitaine.

Le soutien à l’épidémiologie
Dans le cadre de l’appel à projets lancé en octobre 2008 par l’INCa,
21 projets en épidémiologie ont été reçus et sont en cours d’expertise.

>>>
Suivi de la situation du cancer en France
En juillet 2007, l’INCa a publié un rapport sur "La situation du cancer en France".
Au cours de l’année 2008, la préparation d’un nouveau rapport sur la situation
du cancer en France en 2008 a été engagée, en partenariat avec l’InVS et le réseau
Francim. Ce rapport sera publié en 2009.
38 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Carte 1 : Taux standardisés de mortalité par cancer à l’échelle


départementale en France métropolitaine (2002 – 2004)

Publication de l’Atlas de la mortalité par cancer Développement de la veille bibliographique


L’Atlas de la mortalité par cancers en France métropolitaine L’INCa édite, deux fois par mois, une note de veille bibliogra-
(Évolution 1970–2004), réalisé en étroite collaboration avec phique portant sur les domaines d’intérêt scientifique de la
l’Inserm, a été finalisé et édité en décembre 2008. L’un des santé publique : "Nota Bene". Cette note de veille, initialement
traits caractéristiques de la géographie sanitaire française reste interne à l’INCa, a vu son périmètre de diffusion élargi à des
l’importance de la composante régionale dans la distribution partenaires extérieurs. Les domaines traités ont progressivement
des faits de santé. Cet atlas vise à la fois à établir un état des couvert tous les champs de la cancérologie (santé publique et
lieux récent des disparités spatiales de mortalité par cancer, ainsi recherche). Cette note de veille sera, en 2009, mise à disposition
qu’une analyse des changements intervenus dans la distribution de l’ensemble de la communauté scientifique et des publics
géographique de la mortalité par cancer. intéressés sur le site de l’INCa.
L’ouvrage met particulièrement l’accent sur trois thématiques :
 l’évolution de l’ampleur des disparités inter- et infrarégionales ; Contribution au réseau R 21 de l’Afsset
 l’évolution de l’organisation spatiale des disparités permettant L’INCa fait partie du réseau des 21 partenaires de l’Afsset, défini
de repérer d’éventuelles recompositions par l’article R 1336-2 du Code de la santé
régionales ou locales ; publique. Dans le cadre de ce réseau, une
 la comparaison systématique de la mor- réflexion a été engagée au cours de l’année
talité entre les hommes et les femmes, 2008 pour mettre en place une mutualisa-
les profils de cancers étant très diffé- tion de la veille scientifique. Des échanges
rents pour les deux sexes. d’informations scientifiques et bibliogra-
phiques ont été mis en place avec l’Afsset
et ses partenaires, ainsi qu’avec d’autres
organismes nationaux et internationaux.
L’INCa est associé à la rédaction du bul-
letin de veille scientifique de l’Afsset, ainsi
qu’au comité éditorial de ce bulletin.
institut national du cancer 39
rapport d’activité 2008

 Carte 2 : Ratios standardisés de mortalité par cancer des hommes à l’échelle des cantons
en France Métropolitaine
40 institut national du cancer
rapport d’activité 2008
institut national du cancer 41
rapport d’activité 2008

3. D
 épistage
et détection précoce
des cancers
 14 nouveaux projets financés (1,4 M€) pour l’amélioration
des dépistages
 Un groupe national de suivi du dépistage organisé
du cancer du sein
 Une étude de faisabilité technique et évaluation
de la numérisation de l’ensemble de la chaîne
mammographique entre la 1ère et la seconde lecture
 L’évaluation organisationnelle du programme de dépistage
organisé du cancer du sein
 Un groupe national de suivi du cancer colorectal
(32 experts) : élaboration de recommandations, de
référentiels d’assurance qualité, de guides
 150 acteurs du dépistage du cancer colorectal formés
(médecins coordonnateurs, techniciens des centres
de lecture)
 Une politique d’assurance qualité des dépistages
nationaux : optimisation des systèmes d’information,
groupe de travail juridique, problématique du surdiagnostic
et du surtraitement
 Un module de formation à la détection précoce des cancers
de la cavité buccale pour les professionnels de santé

>>>
42 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Figure 4 : Incidence et mortalité par âge en 2005

programme de dépistage organisé du cancer du


sein, les experts du groupe national de suivi ont
Champ : France métropolitaine, femmes tous âges. Sources : Hospices civils de Lyon – Francim – InVS.
élaboré une fiche technique synthétisant les carac-
téristiques du matériel devant être vérifiées par les
structures de dépistage et les radiologues, com-
3.1 − Le dépistage organisé plémentaires des contrôles qualité.
du cancer du sein Le groupe national de suivi, qui s’est réuni à trois reprises en
éléments de contexte séance plénière en 2008, a suivi la montée en charge de cette
 Augmentation régulière de l’incidence : près de 50 000 nouveaux technologie, qui était estimée à près de 30 % du parc des installa-
cas de cancers invasifs estimés pour l’année 2005, soit 36,7 % tions de mammographies fin 2008. L’étape suivante correspond
de l’ensemble des nouveaux cas de cancers chez la femme, chez à la numérisation de l’ensemble de la chaîne mammographique
qui il est le premier cancer en termes d’incidence. En Europe, entre première et seconde lecture, avec transmission numérique,
la France est un pays à fort taux d’incidence du cancer du sein. et non plus imprimée, des dossiers entre les différents profession-
 En 2005, 11 308 femmes sont décédées en France d’un can- nels. L’INCa a lancé, en octobre 2008, un appel d’offre pour une
cer du sein, ce qui fait de cette maladie la première cause de étude de faisabilité technique et organisationnelle de ce scenario,
mortalité par cancer chez la femme. Cependant, le taux de et financé une première évaluation de cette "dématérialisation"
mortalité décroît doucement depuis les années 1998-2000 : dans la Vienne en 2008.
-1,3 % en moyenne.
 Le dépistage organisé concerne les femmes de 50 à 74 ans, Évaluation organisationnelle du programme
soit près de 9 millions de femmes. Le programme de dépistage organisé est généralisé à l’en-
semble du territoire français depuis 4 ans. Afin d’en réaliser
L’activité de l’INCa un bilan plus complet et de définir des pistes d’amélioration
Accompagnement de l’introduction de la mammographie numérique pour l’avenir, l’INCa a mis en place une étude qui analysera
Suite à la publication de l’arrêté du 24 janvier 2008 portant les relations existantes entre l’organisation actuelle du dispo-
sur l’introduction de la mammographie numérique dans le sitif d’une part, et les objectifs de ce dispositif d’autre part
institut national du cancer 43
rapport d’activité 2008

 Figure 5 : Évolution du taux de participation  Carte 3 : Date d’entrée dans le dispositif
au dépistage organisé du cancer du sein du dépistage organisé du cancer colorectal

(participation, qualité et accessibilité optimales). Les résultats


seront connus fin 2009.

Faits marquants 2OO8


> Augmentation de la participation des femmes au dépistage
organisé : 52,5 % en 2008.
> Introduction et montée en charge de la mammographie numé-
rique dans le dépistage organisé.

3.2 − Le dépistage organisé


du cancer colorectal
éléments de contexte
Avec plus de 37 400 nouveaux cas estimés en 2005 en France,
le cancer colorectal se situe au troisième rang des cancers dans
la population et au deuxième rang des décès par cancer avec
près de 17 000 décès. n’a pas encore débuté la mise en place du dispositif au niveau

>>>
du département.
Le programme national de dépistage organisé du cancer colorec-
tal a été généralisé à l’ensemble du territoire français en 2008 L’évaluation épidémiologique du programme pilote en 2007
après une phase pilote dans 23 départements. 29 départements indique un taux de participation moyen qui s’élève à 42 % et
ont reçu un avis favorable en 2008. Ce programme cible une varie selon les départements de 31,1 % à 54,2 %. Il est plus élevé
population de 16 millions de personnes. À ce jour, seul l’Indre chez les femmes (47 %) que chez les hommes (40 %).
44 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Carte 4 : Taux de participation au dépistage


organisé du cancer colorectal
1ère campagne (situation au 01/11/2007)

l’activité de l’INCa
Assurance qualité du programme
Le groupe national de suivi du cancer colorectal, composé de 32
experts scientifiques et institutionnels, s’est réuni quatre fois au
cours de l’année afin de suivre principalement la généralisation
du dispositif de dépistage organisé. Ce groupe d’experts a égale-
ment élaboré des recommandations sur les critères d’exclusion, la
relance des personnes ayant eu un test de dépistage positif mais
n’ayant pas réalisé de coloscopie, l’évaluation épidémiologique
du programme, et sur l’ensemble des documents d’invitation et
d’information relatifs du dépistage organisé. L’accompagnement des professionnels
Dans le cadre de la généralisation du dépistage organisé du
Afin d’améliorer la qualité du programme, les biologistes des cancer colorectal, l’INCa a organisé, les 9 et 14 janvier 2008,
centres de lecture des tests de recherche de sang occulte dans les deux séminaires de formation d’une journée destinés aux for-
selles se sont réunis afin de finaliser le référentiel d’assurance qualité mateurs du dépistage organisé du cancer colorectal (médecins
des centres de lecture qu’ils avaient commencé à élaborer en 2007. coordonnateurs des structures de gestion, accompagnés de
médecins généralistes et gastroentérologues). 102 acteurs du
Dans la même optique, un guide destiné à toutes les structures dépistage ont bénéficié de cette formation.
de gestion a été élaboré par un groupe de travail piloté par
l’InVS. Ce document a pour objectif de décrire le format unique Un séminaire à destination des structures de gestion portant sur
d’extraction (FUE) pour les données nécessaires à l’évaluation, différents points (budgets, évaluation épidémiologique, assu-
ainsi que les procédures d’échange et de validation entre l’InVS rance qualité, procédures…) a été co-organisé en avril 2008 par
et les structures de gestion, et de définir les indicateurs calculés l’INCa, la Direction générale de la santé et l’Institut national
à partir de ces données, ainsi que leur objectif. de veille sanitaire.
institut national du cancer 45
rapport d’activité 2008

Deux sessions de formation théorique ont été mises en place,


fin 2008, à destination des techniciens des centres de lecture Faits marquants 2OO8
afin d’échanger avec eux sur différentes thématiques  : épidé-
miologie des cancers, organisation pratique de la campagne de > Généralisation du dispositif à l’ensemble du territoire français.
dépistage, tests de dépistage et les évolutions et organisation > Un pas vers le test immunologique.
pratique de la lecture des tests. 30 techniciens ont participé,
représentant environ la moitié des centres de lecture agréés pour
le programme national. 3.3 − le dépistage du cancer
du col de l’utérus
La place des nouvelles technologies : expertise et information éléments de contexte
L’INCa a participé à un groupe de travail qui a permis à la Avec 3  068 nouveaux cas estimés en 2005, le cancer du col
HAS de rendre son avis le 19 décembre 2008, recommandant utérin se situe en France, au 22e rang des cancers et au 10e
l’utilisation des tests immunologiques dans le cadre du pro- rang des cancers chez la femme. Avec 1 067 décès, ce cancer
gramme national de dépistage organisé du cancer colorectal, se situe au 21e rang des décès par cancer (15e rang des décès
en apportant son expertise sur différents points : performance par cancer chez la femme). Le taux de mortalité standardisé est
des tests, méthodologie, modalités organisationnelles à l’éche- de 1,9 pour 100 000. Deux vaccins prophylactiques contre les
lon national. HPV, agents carcinogènes avérés du cancer du col, ont obtenu

>>>
une autorisation de mise sur le marché en France en 2007 et
L’INCa s’est associé aux sociétés savantes de gastroentérologie 2008. Ils font l’objet d’une recommandation du Haut conseil
(SFED, SNFGE) et de radiologie (SFR) afin d’informer la com- de la santé publique (HCSP) (vaccination des jeunes filles de 14
munauté médicale sur le positionnement de la technique du ans et de celles de 15 à 23 ans au cours de la première année
coloscanner par rapport aux examens de dépistage notamment d’activité sexuelle) et d’un remboursement. Ils n’ont pas donné
la coloscopie. lieu à ce jour à des campagnes de vaccination systématique, en
46 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Figure 6 : Pourcentage de femmes ayant


reçu la prescription d’au moins une dose
de Gardasil® parmi la population totale,
par âge (Novembre 2008 : cumul depuis
lancement)

Articulation entre les actions de prévention et de dépistage


Afin de tenir compte de l’arrivée du vaccin HPV dans le contexte
dans lequel s’inscrit le dépistage du cancer du col, une réflexion s’est
milieu scolaire par exemple. Cette vaccination ne protégeant pas engagée sur l’articulation des actions de prévention et de dépistage,
contre l’ensemble de cancers, le dépistage par frottis doit être notamment par la définition d’un programme intégré de lutte contre
poursuivi, y compris dans la population vaccinée. le cancer du col de l’utérus, portant sur les notions de prévention,
d’éducation à la santé, de dépistage et d’accès à la filière de soins.
l’activité de l’INCa Pour mieux saisir l’enjeu de l’évolution de l’environnement
Pérennisation et extension de l’expérimentation nationale virologique, un séminaire national de réflexion sur l’évolution
Le groupe de suivi du dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, de la place des différents examens biologiques, virologiques et
qui s’est réuni à quatre reprises en 2008, a défini les conditions de cytologiques dans le dépistage, la détection précoce et le dia-
poursuite et d’extension des expériences pilotes de dépistage organisé gnostic des lésions du col de l’utérus, a été organisé par l’INCa
du cancer du col utérin, dans le cadre du prochain appel à candi- en septembre 2008, en présence de 5 experts européens de ces
datures lancé par la Direction générale de la santé en coordination thématiques. Il a notamment permis de définir la place du test
avec l’INCa. Une réunion des trois sites de dépistage expérimentaux HPV au sein de la problématique de dépistage et de discuter
en fonctionnement s’est tenue en novembre 2008, dans l’objectif des conséquences de la mise en place de la vaccination sur le
d’une homogénéisation des stratégies et des pratiques sur la base dépistage cytologique.
du cahier des charges national. Il a réuni plusieurs représentants de
chacun des sites, en présence de la DGS, de l’InVS et de l’Assurance 3.4 − Assurance qualité dans les programmes
maladie. Le cahier des charges de l’évaluation du dispositif a été nationaux de dépistage
discuté et devrait permettre une nouvelle extraction commune de Une politique d’assurance qualité est engagée par l’INCa dans
données en 2009. Des outils d’information en direction des méde- le cadre de ses programmes de dépistage, ayant pour objectif
cins généralistes rappelant le positionnement du dépistage et du d’améliorer de façon continue le dispositif et de proposer un
vaccin HPV ont été produits en coopération avec la DGS et l’Inpes. dépistage de qualité aux populations ciblées par ces campagnes.
institut national du cancer 47
rapport d’activité 2008

 Figure 7 : Mélanome, incidence et mortalité  Figure 8 : Mélanome, Incidence et mortalité
estimées chez l’homme (1980–2005) estimées chez la femme (1980-2005)

Institut national de veille sanitaire (InVS), Hospices civils de Lyon, Francim, Inserm, INCa 2008. Institut national de veille sanitaire (InVS), Hospices civils de Lyon, Francim, Inserm, INCa 2008.

Cette démarche concerne différents aspects du dispositif : col utérin en Isère", projet porté par l’ODLC, a pour objectif
 l’optimisation des systèmes d’information : par la mobilisation d’évaluer l’application des recommandations de la HAS dans
de trois groupes de travail pour avancer sur les questions de la prescription des tests HPV après un frottis et comparer les
normes d’échange, de mise en place de tableaux de bord (et taux de détection des lésions dysplasiques du col de l’utérus
la définition d’indicateurs de pilotage) et de normalisation selon les différentes indications.
des fonctionnalités des logiciels métier ;
 la réflexion sur les obligations réglementaires auxquelles sont 3.5 − les cancers de la peau
soumis les acteurs : par la mobilisation d’un groupe de travail éléments de contexte
juridique, bénéficiant de l’expertise juridique des partenaires  7 401 nouveaux cas de mélanome en 2005.
de l’INCa, mais aussi par la sollicitation d’expertise extérieure ;  1 440 décès par mélanome en 2005.
 la prise en compte de la problématique du surdiagnostic et du
surtraitement : par la mise en place d’un groupe de travail sur L'activité de l'INCa
les risques de surtraitement dans les différents programmes de Avis sur le dépistage du mélanome de la peau
dépistage (sein ; côlon ; col ; prostate) et afin de déterminer Une réflexion sur l’impact du parcours de soin sur le diagnostic du
les points de sensibilité dans la chaîne de dépistage. mélanome de la peau a été engagée. Un document préliminaire a
déjà été transmis au ministre en charge de la Santé. L’INCa a réuni
En 2008, deux projets s’inscrivant dans cette démarche qualité un comité de pilotage en fin d’année 2008 afin d’émettre un avis
ont été financés : circonstancié sur la place respective du médecin généraliste et du
 L’ "étude sur la double lecture des polypes colorectaux pTis dermatologue, de faire des propositions d’amélioration des condi-

>>>
et pT1", projet porté par l’ADECA 68, qui a pour objectif tions de détection précoce des cancers de la peau et d’identifier les
d’obtenir une meilleure précision diagnostique par une double risques de retard au diagnostic des mélanomes.
lecture systématique des adénomes pTis et pT1 et de faciliter
la prise en charge par l’utilisation d’un compte rendu fiche Soutenir et évaluer les initiatives des professionnels
standardisée (CRFS). Afin de soutenir l’organisation de la Journée annuelle de dépis-
 L’"étude du surdiagnostic et du surtraitement des cancers du tage des cancers de la peau organisée par le Syndicat national des
48 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Tableau 4 : Projets retenus dans le cadre de l’appel à projets "Soutien aux actions menées par les
associations pour améliorer le dépistage et la détection précoce des cancers"
Titre Noms du porteur

Participation et compliance au dépistage du cancer du col de l’utérus des personnes en situation de précarité Association EVE

Le cancre "à la rencontre des publics en marge" Compagnies paroles

Évaluation de la faisabilité d’un dépistage ciblé du mélanome Réseau mélanome Ouest

Projet de détection précoce des cancers des voies aérodigestives supérieures sur le territoire de l’Artois Association Prevart
Promotion du dépistage du cancer du col de l’utérus auprès des populations défavorisées de Gironde, par la
Ligue contre le cancer 33
formation, en milieu scolaire, de personnes-relais, futurs professionnels des métiers sanitaires et sociaux
Mise en œuvre d’une sensibilisation au dépistage auprès de la population précarisée Comité féminin 35

Dépistage des cancers du col utérin par recherche d’HPV-hr chez les femmes refusant le dépistage par frottis cervical ARCA

Du temps pour sa santé Ligue contre le cancer 69

Incitation au diagnostic précoce des cancers chez les plus de 75 ans Mutualité française 38
Développement du rôle du pharmacien comme acteur de prévention : sensibilisation et incitation au dépistage
Association VIVRE
organisé du cancer du sein
Ensemble, pour le dépistage du cancer du sein Comité féminin 24

dermato-vénérologues (SNDV), l’INCa a développé un partena- détection précoce des cancers de la peau. Cet accord cadre pré-
riat avec ses représentants. En 2008, dans la continuité de ce qui voit notamment l’élaboration conjointe d’articles d’information
s’est passé au cours des années précédentes, l’INCa a contribué à destination de la profession, ainsi que l’élaboration d’outils de
à la mise en place de cette journée et a également participé à son formation, la communication sur le partenariat existant, la mobi-
évaluation. Ainsi, 18 434 personnes se sont présentées pour un lisation des masseurs kinésithérapeutes pour diffuser les outils
examen de dépistage effectué par 817 dermatologues bénévoles disponibles et participer aux formations sur la détection précoce
dans 334 centres répartis sur l’ensemble du territoire. À cette des cancers de la peau.
occasion, 4 146 porteurs de lésions suspectes ont été identifiés
et 6 483 lésions suspectes ont été dépistées. 3.6 − les cancers de la cavité buccale
éléments de contexte
Formation et sensibilisation des professionnels de santé En 2005, le nombre de nouveaux cas de cancers de la cavité
Dans le cadre du renforcement de la détection précoce des cancers buccale est estimé à 6 600, dont trois quarts surviennent chez
de la peau, l’INCa a prévu de réaliser un module de formation (ini- des hommes, et 1 510 décès sont constatés.
tiale et continue) à l’attention des médecins généralistes, masseurs Globalement en régression (baisse de 11 % pour l’incidence et de 28 %
kinésithérapeutes, infirmiers. Pour ce faire, un comité de pilotage pour la mortalité depuis 15 ans en raison de la baisse de la consomma-
s’est réuni en fin d’année 2008. tion d’alcool), ces cancers restent
Les travaux vont se poursuivre redoutables avec un taux de survie
en 2009. Parallèlement, un par- à 5 ans autour de 40 %. À noter
tenariat a été formalisé entre cependant une augmentation
l’INCa et le Conseil national de de l’incidence chez les femmes,
l’ordre des masseurs kinésithé- en raison de leur consommation
rapeutes (CNOMK) relatif à la croissante de tabac.
institut national du cancer 49
rapport d’activité 2008

Tableau 5 : Projets retenus dans le cadre de l’appel à projets "Recherche en épidémiologie
et santé publique" portant sur le dépistage
Titre Équipe projet
Comparaison des performances de deux tests immunologiques de recherche de sang dans les
CHU de Caen – Pr Guy Launoy
selles à lecture automatisée pour le dépistage du cancer colorectal
Centre hospitalier régional
Détection de papillomavirus humains oncogènes par autoprélèvement vaginal : une alternative
et universitaire de Tours
pour les femmes ne participant pas au dépistage cytologique du cancer du col de l’utérus ?
Dr Ken Haguenoer
Inserm U590, Centre Léon Bérard & UJOMM
Molecular epidemiology of sarcomas in the Rhône-Alpes region : 2005-2006
Hôpital Édouard Herriot Lyon, Dr Jean Blay

L'activité de l'INCa Actions ciblées auprès de populations à risque


Formation des professionnels de santé à la détection précoce Des projets d’actions de détection précoce des cancers de la
des cancers de la cavité buccale cavité buccale auprès de populations à risque ont été retenus,
Dans le cadre de la campagne de sensibilisation des chirurgiens- notamment dans le Nord de la France (association Prevart) ou
dentistes à la détection précoce des cancers de la cavité buccale, auprès de personnes fréquentant des centres d’alcoologie en
l’INCa a réalisé et lancé en novembre 2008 un outil multimé- Ile-de-France (UFSBD-ANPAA).
dia de formation destiné aux 40  300 chirurgiens-dentistes de
France. Ce module de formation s’adresse également à tous les 3.7 − soutenir les actions des associations
professionnels de santé pratiquant un examen buccal. Cet outil et la recherche en santé publique
est le résultat d’une collaboration entre les experts des sociétés En 2008, deux appels à projets ont porté sur l’amélioration du
savantes (ORL, stomatologie, médecine buccale et chirurgie dépistage et de la détection précoce des cancers. Le premier
buccale), les représentants de la profession et les institutionnels. avait pour objectif de soutenir les actions menées par les asso-
Il a été présenté, avec le ministère de la Santé, au congrès de ciations. 11 projets ont été retenus pour un montant total de
l’Association dentaire française en novembre 2008. Il est acces- 330 807 € (Tableau 4).
sible sur le site de l’INCa. Un cédérom sera envoyé en 2009 à
tous les chirurgiens-dentistes par la Lettre de l’Ordre et présenté Le deuxième appel à projets visait à promouvoir les recherches
aux autres professionnels à l’occasion de salons et événements. en épidémiologie et santé publique. Trois projets ont été retenus
pour un financement total de 1 050 000 € (Tableau 5).

Faits marquants 2OO8


> Mise en ligne sur le site de l’INCa, du module de formation à
la détection précoce des cancers de la cavité buccale pour les
professionnels de santé.
50 institut national du cancer
rapport d’activité 2008
institut national du cancer 51
rapport d’activité 2008

4. A
 ccompagner
les évolutions
des métiers
de la cancérologie
 Un rapport sur "Les métiers de la cancérologie" publié
avec l’ONDPS

4.1 − Publication du premier rapport


sur les métiers de la cancérologie
L’INCa et l’ONDPS ont engagé en 2007 une coopération afin de dresser un
état des lieux national et régional des métiers de la cancérologie. Après la
livraison d’un état des lieux sur les métiers de la radiothérapie, en décembre
2007, le rapport sur "Les métiers de la cancérologie" a été publié en juin
2008. Il constituait le tome 4 du rapport annuel de l’ONDPS. Ce rapport
s’appuie sur les données des effectifs en activité et en formation.

Parmi les métiers étudiés, deux grandes catégories ont été distinguées :
 les métiers médicaux au cœur de la prise en charge des patients (l’oncologie
médicale, l’oncoradiothérapie, l’oncohématologie, le radiodiagnostic, la
médecine nucléaire et l’anatomopathologie) ;
 les métiers qui contribuent à cette prise en charge (médecins spécialistes
et chirurgiens).

Cette photographie générale de la situation sert de point d’appui pour identifier


les métiers et les territoires qui pourraient constituer des maillons faibles dans

>>>
la prise en charge des patients. Outre la situation démographique régionale,
une prise en compte de l’état de santé des populations, les données sur la
prévalence du cancer, ainsi qu’une réflexion sur l’organisation locale de l’offre
de soins constituent des compléments d’information pertinents.
Ce rapport est également composé de 24 "fiches métiers" qui présentent
successivement les professions intervenant dans le domaine du cancer.
52 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Tableau 6 : Recensement des effectifs d’études spécialisées complémentaires (DESC)


validés auprès des coordonnateurs régionaux
DESC validés

Régions 2007 2008

Ile-de-France 8 5

Ouest 32 39

Est 22 33

4.2 − Soutien aux internes en formation


Faits marquants 2OO8 Cours annuels nationaux du DES, "options oncologie"
médicale et radiothérapie
> Publication du rapport sur "Les métiers de la cancérologie" L’INCa soutient l’organisation pédagogique des cours annuels
(tome 4 du rapport 2006-2007 de l’ONDPS). de l’internat du Diplôme d’études spécialisées (DES), option
"oncologie médicale" et option "radiothérapie" et a élaboré,
avec les représentants des associations d’internes, un question-
L’INCa et l’ONDPS ont poursuivi tout au long de l’année 2008 naire distribué aux 80 participants de chaque cours.
leur collaboration en vue de la publication d’un rapport sur les Ce questionnaire a pour objectif de recenser des informations
métiers du biodiagnostic en 2009. relatives à l’attractivité de la discipline, la formation pratique
et théorique et l’évaluation de la formation.

Enquête sur les flux du DESC de cancérologie


Dans le cadre des réunions internes-enseignants, l’INCa a lancé
une enquête de recensement des effectifs d’études spécialisées
complémentaires (DESC) validés auprès des coordonnateurs
régionaux : Ile-de-France, Ouest et Est. Les premiers résultats
indiquent une tendance globale à l’augmentation des effectifs.
institut national du cancer 53
rapport d’activité 2008
54 institut national du cancer
rapport d’activité 2008
institut national du cancer 55
rapport d’activité 2008

5. Améliorer la qualité
des soins pour tous
les patients
y Publication des critères d’agrément pour la pratique de la cancérologie
y 228 centres de coordination en cancérologie en 2007 (105 en 2006)
y Prises en charges spécifiques
 12 projets financés pour structurer la prise en charge des cancers rares de l’adulte
 15 unités pilotes de coordination en oncogériatrie (UPCOG)
 Plus de 200 inclusions dans l’étude de validation d'un outil de dépistage gériatrique
en oncologie Oncodage
 26 000 consultations d’oncogénétique en 2007 (12 700 en 2003)
 7 500 personnes porteuses d’une mutation identifiées depuis 2003
 29 plateformes hospitalières de génétique moléculaire des cancers financées
 9 500 tests KRAS effectués en 2008, un financement exceptionnel de l’INCa de 2,5 M€
y Recommandtions de bonnes pratiques
 8 recommandations (INCa) à destination des médecins spécialistes, publiées
 1 recommandation de société savante nationale labellisée INCa/HAS
 3 guides ALD, médecins traitants, publiés
y Médicaments anticancéreux
 2 nouveaux référentiels de bon usage des médicaments
y Radiothérapie
 168 739 patients traités en 2007
 33 mesures nationales pour mieux garantir qualité et sécurité des actes, dont 20 réalisées
à fin 2008
 40 centres de radiothérapie accompagnés en 2008 pour améliorer l’organisation
 27 centres de radiothérapie, en situation difficile, suivis et accompagnés en 2008
y Anatomopathologie

>>>
 Définition des déonnées devant figurer dans un compte-rendu anatomopatho-
logique pour 7 localisations de cancers.
y Qualité de vie
 11 projets associatifs, en faveur de l’accompagnement des malades en situation de
précarité, financés en 2008
56 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

tableau 7 : Nombre de patients pris en charge pour un cancer dans les établissements de santé
en 2006 et 2007
Nombre de patients
2006 2007 Évolution 2006-2007
Tous cancers(1) 1 038 500 1 055 500 1,6 %
dont répartition pour les
principales localisations :
 sein 124 400 130 200 4,7 %
 prostate 105 600 104 900 -0,7 %
 côlon, rectum, anus 128 800 137 700 6,9 %
 trachée, bronches et 81 600 85 200 4,4 %
poumon
Sources : PMSI MCO 2006 et 2007
Réalisation : INCa 2008
(1)
Un patient n’est compté qu’une seule fois même s’il a été pris en charge pour différentes localisations anatomiques

Éléments de contexte 5.1 − Actions sur les organisations


y Un million de personnes soignées et suivies pour leur cancer. sanitaires
y Quatre localisations touchent 44 % des patients hospitalisés 5.1.1 − Le suivi et l’accompagnement du dispositif
pour cancer : d’autorisation pour la pratique de la cancérologie
 cancer colorectal : 13 % au sein des établissements de santé
 cancer du sein : 13 %
 cancer de la prostate : 10 %
 cancer du poumon : 8 % Faits marquants 2OO8
y La prise en charge des personnes atteintes de cancer se fait,
en sus des prises en charge à domicile, à travers un parcours > Mars 2008 : publication de la méthodologie de calcul des
thérapeutique hospitalier, de plus en plus ambulatoire. activités de cancérologie soumises à seuils (circulaire conjointe
y 30 % de l’activité des établissements de santé concernent la DHOS/INCa/2008/101 du 26 mars 2008).
cancérologie. > Juin 2008 : publication en ligne des critères d’agrément pour la
Pour améliorer les soins apportés aux malades et à leurs proches, pratique de la cancérologie (www.e-cancer.fr : critères d’agré-
les actions de l’INCa ont porté en 2008 sur les organisations ment pour les établissements de santé).
sanitaires, sur l’accès aux soins hyperspécialisés et innovants, > Décembre 2008 : adoption par le conseil d’administration des cri-
sur les recommandations et référentiels de bon usage, sur la tères d’agrément pour la pratique de la cancérologie pédiatrique.
radiothérapie et l’anatomocytopathologie.
Entre mai et novembre 2008, les Agences régionales de l’hospi-
talisation (ARH) ont adopté les volets cancer des schémas régio-
naux d’organisation sanitaire (SROS), ouvrant la voie juridique
aux dépôts des demandes pour les établissements de santé qui
souhaitent obtenir l’autorisation de traiter les malades atteints
de cancer.
institut national du cancer 57
rapport d’activité 2008

Tableau 8 : Résultats des études d’impact en chirurgie sur la moyenne des années 2005, 2006 et 2007
Nb de séjours Nb étabts Nb étabts ≥ 80 % Nb étabts < 80 % Séjours à
Pathologies (moyenne sur la concernés* du seuil* du seuil* redéployer*
période 2005-2007)*

Mammaires 73 698 891 543 348 3 733


61 % 39 % 5 %

Digestives 58 360 896 677 219 2 894


76 % 24 % 5 %

Urologiques 48 304 701 466 235 2 383


66 % 34 % 5 %

Thoraciques 17 901 396 139 257 2 095


35 % 65 % 12 %

Gynécologiques 17 536 844 370 474 3 751


44 % 56 % 21 %

ORL et MF 23 402 736 327 409 3 049


44 % 56 % 13 %

Sources : bases PMSI MCO 2005-2006-2007


* Les chiffres s’entendent hors activité isolée, c’est-à-dire que les établissements réalisant un ou deux séjours par an ne sont pas comptabilisés.

Ce dispositif, qui vise à garantir à tous les malades du cancer 2008, repose sur l’analyse de l’activité moyenne des trois der-
une prise en charge de qualité sur l’ensemble du territoire, repose nières années à partir des données du PMSI MCO.
sur trois piliers :
1. un niveau d’activité au moins égal à un seuil fixé par arrêté L’activité étudiée correspond aux séjours et séances des patients
ministériel pour six spécialités chirurgicales, pour la chimio- âgés de 18 ans et plus. En chirurgie, pour chacune des six spécia-
thérapie et la radiothérapie. Les seuils, définis a minima, lités, la méthode consiste à retenir les séjours chirurgicaux, ayant
constituent avant tout un point d’entrée dans le dispositif ; un diagnostic principal de cancer, de la spécialité étudiée. L’activité
2. des conditions transversales de qualité applicables à toute de chaque établissement est alors comparée au seuil (30 inter-
prise en charge de malades atteints de cancer  : annonce, ventions par an pour les chirurgies carcinologiques mammaire,
pluridisciplinarité, travail en réseau, application des référen- digestive, urologique, thoracique ; 20 interventions par an pour
tiels de bonne pratique, accès aux soins de support et à la les chirurgies carcinologiques gynécologique et ORL).
recherche clinique ;
3. des critères de qualité spécifiques à chacune des principales La publication de la méthode a permis de finaliser les études
thérapeutiques du cancer : radiothérapie, chimiothérapie et d’impact des seuils d’activité.
chirurgie (critères d’agrément INCa).
En moyenne, sur la période 2005-2007, pour les chirurgies diges-
La méthodologie de mesure de l’activité de cancérologie sou- tive, urologique et mammaire, respectivement 76 %, 66  % et
mise à seuil a été diffusée en mars 2008 par voie de circulaire 61 % des établissements ont une activité moyenne supérieure ou

>>>
conjointe DHOS/INCa égale à 80 % du seuil (soit 24 interventions par an). La part de
L’INCa, avec l’appui d’un groupe d’experts et de l’Agence tech- l’activité à redéployer n’est que de 5 % pour ces trois spécialités.
nique de l’information hospitalière (ATIH), a élaboré les outils
méthodologiques nécessaires à la mesure des activités des trois Pour les chirurgies thoracique, gynécologique et ORL, seuls
thérapeutiques soumises à seuils en cancérologie. La méthode, 35 % à 44 % de leurs établissements ont une activité moyenne
diffusée par la circulaire DHOS/INCa/2008/101 du 26 mars supérieure ou égale à 80  % du seuil et la part de l’activité à
58 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Carte 5 : chirurgie digestiVE : situation des  Carte 6 : chiRURGIE DIGESTIVE : ACTIVITÉ
établissements de santé au regard des seuils RÉGIONALE ET PART DES SÉJOURS À REDÉPLOYER

Sur cette deuxième carte, à chaque région correspond un carré et


Cette première carte représente la couverture nationale des une couleur. La taille du carré représente l’activité moyenne (en
établissements ayant pratiqué la chirurgie carcinologique digestive termes de séjours) des établissements de la région pratiquant la
au cours de la période 2005-2007. Les points bleus correspondent chirurgie carcinologique digestive au cours de la période 2005-
aux établissements dont l’activité moyenne sur cette période était 2007. La couleur, quant à elle, correspond à la part des séjours à
supérieure à 24 interventions par an (80 % du seuil). On observe une redéployer dans la région. On observe que, dans les régions Picardie et
bonne couverture au niveau national des établissements qui seront Champagne-Ardenne, ainsi que dans trois départements d’Outre-mer
susceptibles de demander une autorisation pour cette pratique. sur quatre, la part des séjours à redéployer est supérieure à 10 %.

redéployer est plus importante (en particulier pour la chirurgie chimiothérapie dans chaque établissement est alors comparé au
gynécologique : elle atteint 21 %). seuil (80 patients par an dont au moins 50 en ambulatoire). Les
résultats des études d’impact en chimiothérapie sur la moyenne
Deux cartes nationales ainsi que des cartes interrégionales ont été des années 2005, 2006 et 2007 sont présentés dans le tableau 9.
réalisées pour chacune des six spécialités. Les deux cartes nationales En moyenne, sur la période 2005-2007, 70  % des établisse-
concernant la chirurgie digestive sont données ici à titre d’exemple. ments ayant une activité de chimiothérapie traitent au moins
64 patients par an. La part de l’activité à redéployer est très
En chimiothérapie, la méthode consiste dans un premier temps faible puisqu’elle ne représente que 2 % des séjours et séances.
à retenir les séjours et séances ayant un diagnostic principal de
chimiothérapie et un diagnostic relié ou associé significatif de Les critères d’agrément, adoptés par le conseil d’administra-
cancer, afin de comptabiliser dans un deuxième temps le nombre tion de l’INCa ont été officiellement publiés et mis en ligne le
de patients correspondant. Le nombre de patients traités en 16 juin 2008.
institut national du cancer 59
rapport d’activité 2008

 Carte 7 : chimiothérapie : activité des établissements

Cette carte représente la


couverture nationale des
établissements ayant pratiqué
la chimiothérapie au cours
de la période 2005-2007. Les
points bleus correspondent
aux établissements dont
l’activité moyenne sur cette
période était supérieure à
80 % du seuil et qui seront
susceptibles de demander
une autorisation pour
cette pratique. Les points
rouges qui correspondent
aux établissements n’ayant
pas une activité suffisante
pourront éventuellement
devenir établissements
associés (démarche de
proximité).

Cette publication a permis de les rendre opposables dans le cadre indispensables dans un compte rendu d’anatomopathologie
de la mise en œuvre par les ARH de l’ensemble du dispositif. et dans un compte rendu opératoire de chirurgie carcinolo-
Des travaux sont en cours pour élaborer les documents qualité gique, indicateurs d’autoévaluation des pratiques et des réu-
complémentaires, prévus par les critères d’agrément : recom- nions de morbimortalité. Ils seront diffusés à la fin du premier
mandations pour les établissements de santé associés, éléments semestre 2009.

Tableau 9 : Résultats des études d’impact en chimiothérapie sur la moyenne des années 2005, 2006 et 2007

Séjours et séances étabts


Séjours et séances Patients* Nbre Nbre
Nbre < 80 % du seuil
étabts étabts
étabts % %
Dont ≥ 80 % < 80 %
Séjours Séances Total patients en
concernés Séjours % Séances %
du seuil du seuil
ambulatoire
Chimiothérapie

Moyenne sur
163 171 1 625 769 235 891 208 244 711 501 70 % 210 30 % 3 868 2 % 28 631 2 %
les 3 années

Sources : PMSI MCO 2005-2006-2007


*Les patients qui ont été pris en charge dans plusieurs établissements et/ou plusieurs régions sont comptés plusieurs fois.
60 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 figure 9 : couverture de la pluridisciplinarité :


évolution 2005, 2006 et 2007

Sources : Tableau de bord des Réseaux régionaux de cancérologie d’organisations hospitalières interrégionales de recours en
oncologie pédiatrique.
Des critères d’agrément spécifiques à la pratique de la cancéro-
logie pédiatrique ont été adoptés par le conseil d’administration Parmi les mesures qualité transversales à toute prise en charge
le 17 décembre 2008. en cancérologie, deux sont ici développées : l’annonce du cancer
Les critères d’agrément pour la prise en charge des patients de et la pluridisciplinarité
moins de 18 ans répondent à une demande forte des associations
de patients, de leurs parents et des professionnels. Ils visent à Le suivi du déploiement du dispositif d’annonce
garantir une prise en charge, dans des conditions optimales, En 2008, soit deux ans après le début de la généralisation du
des enfants et des adolescents atteints de cancer. dispositif d’annonce, l’INCa et la Ligue nationale contre le
cancer ont souhaité réaliser un bilan de sa mise en œuvre dans
Les fondements principaux des critères sont : les établissements de santé (tant sur le plan de l’effectivité que
y Une prise en charge des enfants et adolescents atteints de sur le suivi des crédits délégués à cette mesure). L’INCa a donc
cancer, en priorité au sein des centres spécialisés ou réfé- lancé une enquête nationale en collaboration avec la Direction
rents identifiés par les schémas régionaux d’organisation de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (plus parti-
sanitaire ;  culièrement la sous-direction de l’organisation du système de
y La nécessité d’un environnement spécifique adapté, intégrant les soins) et les agences régionales de l’hospitalisation.
dimensions familiale, psychologique, sociale et scolaire, spéci-
fiques à cette population ;
y La coordination globale du parcours du patient. Faits marquants 2OO8
Ces critères garantissent plus d’égalité dans l’accès à l’ex- Lancement en juillet 2008 d’une enquête conjointe INCa – DHOS
pertise pour tous les patients et vont assurer plus de cohé- auprès de 859 établissements de santé sur la mise en place du
rence dans les parcours de soins, grâce à la mise en place dispositif d’annonce du cancer.
institut national du cancer 61
rapport d’activité 2008

  arte 8 : dates de création des réseaux


c régions noms des RRC
régionaux de cancérologie Coordination Alsacienne des Réseaux
Alsace
oncologiques Locaux (CAROL)
Aquitaine Réseau de cancérologie d’Aquitaine (RCA)
Nord Pas
de Calais Auvergne Oncauvergne
Basse-Normandie Ancelot
Hte Picardie
Normandie Bourgogne Oncobourgogne
Basse Lorraine
Bretagne Oncobretagne
Normandie Ile de Centre Oncocentre
France Champagne Alsace
Bretagne Ardenne Champagne-Ardenne Oncocha
Franche-Comté Oncolie
Pays de Centre
la Loire Bourgogne Franche Guadeloupe Karukea Onco
Comté Guyane Onco Guyanne
Haute-Normandie Onconormand
Poitou Limousin Ile-de-France Oncorif
Charentes
Rhône Ile de La Réunion Oncorun
Auvergne Alpes
Languedoc-Roussillon Onco LR
Aquitaine
Limousin Oncolim
Lorraine Oncolor
Midi
Pyrénées Martinique ROM
PACA & Corse Midi-Pyrénées Oncomip
Languedoc
Roussillon Nord-Pas-de-Calais Onco Nord Pas de Calais
Pays-de-la Loire Onco Pays-de-la-Loire
Picardie Oncopic
Poitou-charentes Onco-Poitou-Charentes
Provence-Alpes Côte-d’Azur Oncopaca
Corse
Convergence des 3 RRC : ARC Alpin,
Rhône-Alpes
Concorde et Oncora en cours

Sources : Tableau de bord des Réseaux régionaux de cancérologie

Cette enquête, lancée en juillet 2008, a été adressée à 859 éta- si, 10 ans après les premiers États généraux des malades atteints
blissements de santé publics, PSPH et privés, prenant en charge de cancer, le dispositif d’annonce a répondu à leurs attentes.
régulièrement des patients atteints de cancer et identifiés
comme susceptibles de demander l’autorisation à pratiquer La pluridisciplinarité
la cancérologie pour au moins une des trois thérapeutiques La réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) est un élément
(chimiothérapie, radiothérapie et chirurgie des cancers pour les central de la qualité en cancérologie.

>>>
six spécialités concernées). Le recueil des données s’est effectué Le nombre de dossiers patients enregistrés en RCP augmente
jusqu’en octobre 2008, le taux de réponse à cette enquête n’a régulièrement : +107 % de dossiers enregistrés en RCP entre 2005
été que de 54 %. Les résultats feront l’objet d’un rapport qui et 2007 pour atteindre 498  810 dossiers de malades, qui ont
sera mis en ligne en 2009. fait l’objet d’un abord pluridisciplinaire. Ces très bons résultats
Cette étude sera suivie d’une enquête directement auprès des quantitatifs ouvrent désormais la voie à un abord plus qualitatif,
malades sur les conditions de l’annonce du cancer, afin de savoir qu’il sera nécessaire de développer à compter de 2009/2010.
62 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

5.1.2 − L’animation nationale des réseaux régionaux de  Interfaces RRC et INCa


cancérologie (RRC) y À l’INCa, réunions d’échanges avec
les RRC :
 14/02/2008
Faits marquants 2OO8  20/05/2008
RRC INCa    03/07/2008 (séminaire sur les recom-
> Initialisation de la procédure de reconnaissance des réseaux mandations nationales et les référentiels
régionaux de cancérologie. régionaux)
> Rapport national d’activité des réseaux régionaux de cancé-  15/12/2008
rologie.  Participation aux 4e assises nationales des
réseaux de cancérologie des 18 et 19  septembre
Le référentiel national des RRC (circulaire du 25 septembre 2007) 2008 à Lyon
inscrit ces réseaux dans le rôle d’animation et de coordination Depuis la création des Assises nationales des
opérationnelle des acteurs régionaux de la cancérologie. Les RRC réseaux de cancérologie, l’INCa toujours été
se sont constitués progressivement et ce référentiel constitue le présent.
socle commun de leurs missions qui sont au nombre de cinq
et couvrent le champ de la qualité des soins en cancérologie : La procédure de reconnaissance des réseaux régionaux a été lancée
y les référentiels de pratiques cliniques ; Les trois parties signataires de la circulaire du 25 septembre
y la communication entre professionnels de santé ; 2007 (DHOS/ CNAMTS/ INCa) ont continué leurs travaux pour
y le partage de l’information (public et professionnels) ; finaliser les modalités concrètes de mise en œuvre de cette pro-
y l’aide à la formation continue ; cédure de reconnaissance. Début avril 2008, l’adossement à une
y l’observation et l’évaluation des pratiques professionnelles. convention tripartite INCa/MRS/RRC a été acté.

En 2008, l’Institut National du Cancer a maintenu son engage- Afin de finaliser la convention en 2008, l’INCa a été en interface,
ment dans la coordination et l’animation nationale des RRC. d’une part avec la DHOS et la CNAMTS (cf. schéma ci-après)
institut national du cancer 63
rapport d’activité 2008

 figure 10 : évolution du nombre de 3c par région de 2006 à 2007

Sources : Tableaux de bord des Réseaux réfionaux de cancérologie

et d’autre part, avec les MRS (missions régionales de santé) et  Interfaces régionales MRS, RRC et INCa
les RRC dans six régions (cf. schéma ci-après) pour lesquelles y En régions, rencontres des MRS et des
la procédure de reconnaissance a été initiée. La procédure de RRC afin d’échanger sur les objectifs spé-
reconnaissance, engagée en 2008, prendra effet en 2009. cifiques des RRC :
 PACA & Corse (INCa/MRS : 28/04/2008
 Interfaces nationales DHOS, CNAMTS et INCa/RRC : 9/05/2008).
RRC
et INCa  Basse-Normandie (INCa/MRS :
y Réunion de cadrage de la procédure de 23/05/2008 et INCa/RRC : 13/06/2008).
DHOS
reconnaissance entre la DHOS et l’INCa INCa  Midi-Pyrénées (INCa/MRS et RRC :
(03/04/2008) et communication à la 12/09/2008).

>>>
INCa CNAMTS.  Champagne-Ardenne (INCa/MRS
y Points réguliers d’informations principaux MRC et RRC : 22/09/2008).
(7/05/2008, 4/06/2008, 21/07/2008,  Languedoc-Roussillon (INCa/MRS
CNAMTS 24/11/2008, 16/12/2008). et RRC : 17/10/2008).
y Circuit de validation DHOS et CNAMTS  Bourgogne (INCa/MRS et RRC :
(25 et 27/11/2008). 27/10/2008).
64 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 cARTE 9 : état d’avancement du déploiement des fiches rcp informatisées au 30 juin 2008

Sources : Questionnaire DCC 2008

Le rapport d’activité des réseaux régionaux de cancérologie du 22 février 2005 et par le Plan cancer 2003-2007, continue
poursuit sa structuration en intégrant les données des centres à se mettre en place.
de coordination en cancérologie
Autre outil développé par les RRC et facilitant les RCP, le dossier
En 2008, le tableau de bord standardisé des RRC a évolué pour communicant de cancérologie (DCC), qui permet la transmission des
intégrer les données d’activité des centres de coordination en données cancérologiques du patient et le partage de l’information
cancérologie (3C). Grâce aux données recueillies par chacune entre les équipes médicales impliquées, si les patients l’autorisent.
des régions, une synthèse nationale peut ainsi être élaborée
permettant de disposer de l’évolution des résultats. Une enquête réalisée en juin 2008 auprès des RRC permet de
disposer d’une photographie réelle de l’état d’avancement du
Les résultats de la pluridisciplinarité, via notamment l’évolution dossier communicant de cancérologie dans chaque région.
du nombre de 3C entre 2006 (105) et 2007 (228), montrent Le point le plus avancé concerne le déploiement des fiches RCP
que l’organisation de la cancérologie, préconisée par la circulaire informatisées, qui progresse.
institut national du cancer 65
rapport d’activité 2008

5.2 − Amélioration de l’accès aux soins Focus sur cinq missions des pôles régionaux de cancérologie :
hyperspécialisés et innovants y la cancérologie pédiatrique ;
Ce sont les établissements des pôles régionaux de cancérologie y l’expertise sur les cancers rares ;
qui assurent ces missions, d’accès aux soins de cancérologie y l’oncogériatrie ;
complexes, hyperspécialisés et aux techniques innovantes dia- y l’oncogénétique ;
gnostiques et thérapeutiques. y les plateformes de génétique moléculaire.

5.2.1 − Les actions menées pour optimiser la prise en


Faits marquants 2OO8 charge des cancers des enfants et adolescents
En sus des textes existants et des critères d’agrément spécifiques,
24 octobre 2008 : Journée nationale d’échanges sur les coopé- et afin d’assurer l’égalité d’accès à la meilleure expertise, les
rations entre CHU et CLCC – Pôles Régionaux de cancérologie, établissements devront également appartenir à une organisation
organisée par l’INCa et la DHOS. interrégionale de recours en oncologie pédiatrique, reconnue par
l’INCa. Un appel à projets sera lancé en 2009 à cet effet. L’une
des missions, affectée à ces organisations de recours, sera la
L’INCa a missionné la Fédération de cancérologie des CHU et mise en place d’une réunion de concertation pluridisciplinaire
la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer interrégionale. L’ensemble des dossiers de patients de moins de

>>>
(FNCLCC) afin qu’elles élaborent un rapport sur les coopérations 18 ans y seront discutés.
développées par les établissements socles des pôles régionaux
de cancérologie que constituent les CHU et les CLCC. Dans le même temps, l’INCa a poursuivi en 2008 l’état des lieux
Ce rapport vise à identifier les facteurs de réussite et les causes de des centres spécialisés en cancérologie pédiatrique ; cette action
blocages éventuels, afin d’élaborer des recommandations pour s’est concrétisée par la réalisation de visites sur 18 sites en 2008,
le cahier des charges du Pôle régional de cancérologie (PRC). qui ont toujours lieu avec un membre d’associations de parents.
66 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 cARTE 10 : cartographie des centres


spécialisés en cancérologie pédiatrique

Les critères suivants ont été retenus dans ces AAP :


y taux d’incidence inférieur à trois cas sur 100 000 personnes
par an ;
Sources : Enquête INCa-DHOS 2007 et 2008
y diagnostic difficile nécessitant une relecture systématique
des prélèvements anatomopathologiques ;
Un groupe de travail piloté conjointement par l’INCa et l’Agence y accessibilité nécessaire à une plateforme technique spéci-
de biomédecine sur la thématique de "préservation de la ferti- fique (biologie moléculaire, cytogénétique) ;
lité et cancer" a été lancé en décembre 2008 afin, notamment, y absence de consensus d’experts pour la prise en charge
d’améliorer le niveau de connaissance du public et des équipes thérapeutique, efficacité faible ou aléatoire des traitements
soignantes sur cette thématique. disponibles, importance de l’accès potentiel aux traitements
très innovants, l’ensemble de ces critères nécessitant une
Une réflexion s’est également engagée avec les cancéropédiatres prise en charge multidisciplinaire d’experts.
et les associations de jeunes patients, sur les actions à mettre
en œuvre pour la population des 15 à 25 ans, notamment en Sept des 12 projets retenus en 2006 sont finalisés à ce jour. Trois ont
termes d’environnement thérapeutique et d’information. atteint les objectifs visés : c’est le cas des tumeurs rares du péritoine,
des tumeurs trophoblastiques et de leur diagnostic précoce, et de
L’ensemble est conduit en collaboration avec les associations l’organisation d’un réseau anatomopathologique des sarcomes. Le
de parents et de jeunes patients. bilan 2008 des 4 autres projets montre des filières de recours interré-
gionales non encore abouties pour les sarcomes des tissus mous et
5.2.2 − La structuration de la prise en charge les mélanomes muqueux, une relecture anatomopathologique pour
des cancers les plus rares les tumeurs neuroendocrines incomplètement structurée, et enfin
Deux appels à projets (AAP), l’un en 2006, l’autre en 2007, ont eu un recensement encore parcellaire des tumeurs rares thoraciques.
pour but de soutenir la structuration de la prise en charge des can- Le bilan de cette première étape sera complètement finalisé à la fin
cers rares de l’adulte, afin d’assurer aux patients une meilleure égalité 2009, quand toutes les équipes retenues dans l’AAP 2007 auront
d’accès aux filières de recours diagnostiques et/ou thérapeutiques. rendu leurs travaux et rapports.
institut national du cancer 67
rapport d’activité 2008

Tableau 10 : tumeurs rares ciblées par les appels à projets 2006 et 2007

Cerveau  Oligodendrogliomes
 Médulloblastomes

Peau  Cancers cutanés rares


 Lymphomes cutanés
Thyroïde  T thyroïdes réfractaires
ORL  Localisations rares et K non épidermoïdes
 Sarcomes pulmonaires
 T vasculaires pulmonaires
Thorax  T thymiques
 T cardiaques
 Polyposes digestives
Tube digestif  Lymphomes/mal coeliaque
 T NE digestives
 T rares
Rein  Von Hippel Lindau
 Corticosurrénalomes
Surrénale  Phéochromocytomes
 Paragangliomes malins
 Pseudomyxomes
Péritoine  Mésothéliomes
 Carcinomes séreux, …
Ovaire  T rares
 T Trophoblastiques
K/grossesse  K/grossesse
 Anatomopathologie
Sarcomes  Sarcomes des tissus mous
 Sarcomes des tissus mous et sarcomes osseux
 Uvée
Mélanomes  Type muqueux
T Neuroendocrines  Sporadiques et héréditaires

Cette première étape, comme annoncé, va être poursuivie et Un rapport d’expertise en oncogériatrie, qui fera référence sur
pérennisée en 2009 par la labellisation des centres de référence la situation de la discipline, est en cours d’élaboration.
cancers rares, en complémentarité du travail réalisé par la DHOS L’INCa a coordonné en 2008 l’élaboration d’un rapport d’ex-
sur les maladies rares, labellisation qui devrait être réalisée en pertise en oncogériatrie qui aborde toutes les problématiques
deux à trois phases jusqu’en 2011. concernant la prise en charge des personnes âgées atteintes
de cancer dans leurs dimensions médicales, scientifiques mais

>>>
5.3.3 − Les actions pour développer l’oncogériatrie aussi sociales, économiques et culturelles. Elles sont déclinées
dans 10 chapitres qui font le point de la situation actuelle et
Faits marquants 2OO8 des perspectives à envisager. Grâce aux contributions d’experts
gériatres et oncologues souvent impliqués dans les UPCOG,
> Rapport d’expertise en oncogériatrie. ce rapport, disponible début 2009, a pour vocation d’être un
> Démarrage de l’étude Oncodage. véritable outil d’aide à la décision pour les tutelles.
68 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Le suivi des actions menées par les 15 unités pilotes de coordi- en place d’une évaluation gériatrique approfondie, la mise en
nation en oncogériatrie (UPCOG) se poursuit. place d’une équipe mobile de gériatrie, l’organisation de RCP
En 2008, 13 des 15 UPCOG ont détaillé dans un rapport final le pour ces patients âgés, l’élaboration et la diffusion de référen-
bilan de leurs activités au terme de deux ans de fonctionnement. tiels de prise en charge des personnes âgées atteintes de cancer.
Un rapport de synthèse de toutes les actions menées avec une
On constate que toutes ces UPCOG ont organisé des forma- évaluation des premiers indicateurs sera publié en 2009.
tions pour le personnel soignant (médical et paramédical) des
équipes d’oncologie et de gériatrie, les médecins généralistes, L’étude Oncodage a démarré
mais aussi parfois les pharmaciens d’officine. Plusieurs supports Cette étude, coordonnée par l’UPCOG de Bordeaux, avec la
ont été développés comme des DVD, un site internet, etc. Des participation des équipes de toutes les unités d’oncogériatrie,
réunions d’informations aux patients et à leur entourage ont vise à valider un outil de dépistage gériatrique en oncologie
également été organisées, ainsi que dans certaines UPCOG des pour permettre d’évaluer l’état général des patients âgés de
informations grand public. plus de 70 ans atteints de cancer et leur proposer une prise en
charge appropriée. Les inclusions ont débuté en août 2008 et
Un DIU d’oncogériatrie a été mis en place dans deux UPCOG en décembre 2008, le nombre de patients inclus dépassait 200.
(Lyon, avec la participation de Clermont-Ferrand, Dijon, Genève, Le rythme soutenu du recrutement des patients dans l’étude
Montpellier, Saint-Étienne et Bordeaux, et l’Ouest Parisien), un Oncodage doit continuer pour aboutir à l’élaboration d’une
DU d’oncogériatrie créé à l’Université de Nantes, l’enseignement fiche commune d’évaluation, qui pourra être généralisée sur
d’oncogériatrie inclus dans le cursus des études médicales (Lyon, l’ensemble du territoire.
Ouest Parisien), des EPU organisées régulièrement. Concernant
la recherche, des protocoles spécifiquement dédiés aux per- 5.2.4 − L’oncogénétique : le suivi du dispositif et
sonnes âgées atteintes de cancer ont émergé. Quelques études l’importance d’une réflexion prospective
originales ont été menées, qui sont en cours de publication. L’identification de gènes de prédisposition au cancer a permis le
La mission soins a comporté l’organisation d’une consultation développement de tests biologiques destinés aux familles suppo-
d’oncogériatrie associant un binôme oncologue-gériatre, la mise sées à haut risque. Ces tests concernent à la fois des personnes
institut national du cancer 69
rapport d’activité 2008

 figure11 : évolution du nombre annuel de consultations


d’oncogénétique

malades (cas index) et des


membres non malades de
leur famille (apparentés). Ils
sont prescrits, dans le cadre
Sources : "L’activité d’oncogénétique 2003-2007, consultations et laboratoires", INCa, collection Études et expertises, décembre 2008
de consultations d’oncogé-
nétique, selon le risque éva-
lué par l’oncogénéticien, et
sont effectués au sein d’un réseau de laboratoires référents. Les consultations et les laboratoires d’oncogénétique soutenus
par la DHOS et l’INCa transmettent un rapport d’activité annuel,
Travaux d’expertise menés en 2008 permettant de suivre l’évolution du dispositif d’oncogénétique.
y Actualisation des recommandations sur la chirurgie prophy- Le bilan réalisé en 2008 du dispositif d’oncogénétique sur l’ac-
lactique  : 6 réunions en 2008 - un groupe de travail de 21 tivité 2007 et sur l’évolution 2003-2007, à partir des rapports
membres. d’activité des consultations et laboratoires d’oncogénétique,
y Évaluation des besoins de la population dans les 10  pro- confirme des acquis majeurs en termes de structuration de l’offre
chaines années en termes d’accès aux consultations et aux de soins (cf. rapports mis en ligne sur www.e-cancer.fr).
tests d’oncogénétique  : 5 réunions en 2008 et un groupe
de 13 experts. Le rapport a été remis à l’INCa le 15 octobre Le nombre de consultations d’oncogénétique effectuées entre
2008 et est actuellement en ligne sur www.e-cancer.fr. 2003 et 2007 a plus que doublé pour atteindre un peu plus de
y Comité technique de suivi de l’activité d’oncogénétique 26 000 en 2007 (Figure 11). Les consultations liées aux cancers

>>>
(validation des rapports d’activité 2007 et 2003-2007)  : du sein et/ou de l’ovaire et aux cancers digestifs (syndrome
2 réunions en 2008 et un groupe de 14 experts. HNPCC/Lynch et polypose adénomateuse familiale) représen-
y Comité d’oncogénétique  : une réunion en 2008 et tent 70 à 80 % des consultations d’oncogénétique. Le nombre
11  membres. Ce comité a été mis en place en 2008, en de consultations liées aux cancers du sein et/ou de l’ovaire a for-
renouvellement du précédent Board d’oncogénétique de tement augmenté entre 2003 et 2007 (+146,3 %) pour atteindre
l’INCa. 14 972 consultations en 2007. Le nombre de consultations pour
70 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

les cancers digestifs a également augmenté de manière sensible Élaboration du rapport sur les besoins de la population pour les 10
entre 2003 et 2007 (+117,3 %) avec 6 435 consultations en prochaines années, en termes d’accès aux consultations et aux tests
2007. Il existe cependant un retard des consultations pour d’oncogénétique, coordonné par le Dr Catherine Bonaïti-Pellié, à
les cancers digestifs. En effet, les experts estiment qu’étant la demande de l’Institut National du Cancer.
donné leur incidence et le pourcentage de ces cancers liés
à une prédisposition génétique, le nombre de consultations Pour mieux appréhender les besoins futurs posés par l’évolution
pour les cancers digestifs devrait être comparable à celui des de l’activité d’oncogénétique, le groupe de travail a cherché à
consultations liées aux cancers du sein et/ou de l’ovaire. répondre à cinq questions :
12 000 personnes, cas index et apparentés, se sont vu prescrire y Quelle est l’utilité clinique des consultations et des tests ?
un test génétique en 2007. y Les recommandations actuelles sur l’identification et la prise
La recherche de mutations se fait essentiellement sur les gènes en charge des personnes prédisposées ont-elles bien diffusé ?
BRCA1 et BRCA2 pour les tests de prédisposition au cancer y Doit-on modifier les critères d’accès aux consultations et aux
du sein et/ou de l’ovaire. Pour les tests de prédisposition au tests ?
syndrome de Lynch, l’analyse porte essentiellement sur les gènes y Quel serait l’impact de telles modifications ?
MLH1, MSH2 et MSH6 (MMR). L’analyse du gène MYH (pour y Faut-il modifier l’organisation de l’oncogénétique ?
certaines formes de polyposes coliques) a débuté en 2004 et
a connu un développement très important. Dans le cadre des prédispositions aux cancers du sein et de
l’ovaire, le groupe de travail préconise un élargissement des
Grâce au dispositif d’oncogénétique, environ 5 000 personnes critères d’accès aux consultations et tests d’oncogénétique (can-
porteuses d’une mutation BRCA et 2 500 personnes porteuses cers de l’ovaire isolés survenant avant l’âge de 70 ans et can-
d’une mutation MMR ont été identifiées depuis 2003. Ces cers de l’ovaire apparaissant après 70 ans en cas d’antécédent
personnes se voient proposer une stratégie de prise en charge familial de cancer du sein et de l’ovaire chez un apparenté du
et de suivi adaptée, ainsi que des mesures de prévention et/ premier degré). Pour les prédispositions aux cancers colorectaux
ou de détection précoce, selon les pathologies potentiellement (plus particulièrement le syndrome HNPCC/Lynch), plusieurs
induites par l’altération génétique. pistes d’amélioration sont proposées afin de mieux appliquer
institut national du cancer 71
rapport d’activité 2008

 carte 11 : répartition sur le territoire des plateformes


hospitalières de génétique moléculaire des cancers en 2008

les recommandations actuelles d’indication de


tests génétiques, et la mise en place d’expertises
spécifiques est fortement recommandée.

Ces différentes propositions devraient conduire à


une augmentation des besoins en matière de tests
et de consultations d’oncogénétique, notamment
pour les prédispositions aux cancers colorectaux. Sources : INCa-DHOS

Face à cette montée en charge, le groupe de travail


propose d’une part de maintenir et de renforcer le
dispositif d’oncogénétique et d’autre part, d’optimiser son organisa- L’INCa a donc mis en place, en collaboration avec la DHOS,
tion afin de faire bénéficier d’une prévention un plus grand nombre un programme spécifique. À cet effet, deux appels à projets
de personnes et d’être capables de faire face à l’identification de nationaux ont été réalisés en 2006 et 2007 pour soutenir le
nouveaux gènes de prédisposition à l’avenir. développement de plateformes hospitalières de génétique molé-
culaire des cancers. Ils s’inscrivent dans une démarche d’inven-
5.2.5 − Le développement des plateformes de génétique taire et de reconnaissance de la discipline et visent à favoriser
moléculaire une structuration de ce dispositif en cancérologie. Dans une
La génétique moléculaire est maintenant un outil indispensable deuxième phase et pour permettre un meilleur fonctionnement,
pour le diagnostic, la classification, le choix et la surveillance du des crédits Assurance maladie ont été attribués en 2007 et

>>>
traitement de certaines hémopathies et de nombreuses tumeurs en 2008 : au final, 29 plateformes hospitalières de génétique
malignes. Ceci est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit d’utili- moléculaire des cancers reçoivent des financements DHOS et/
ser les nouvelles thérapeutiques ciblées que sont les anticorps ou INCa (Carte 11).
monoclonaux ou les petites molécules faisant obstacle à une
signalisation induite par les anomalies génétiques des cellules Ces plateformes remettent à l’INCa des données d’activité
cancéreuses ou de leur environnement. annuelles, ce qui permet de suivre la structuration du dispositif.
72 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 figure 12 : nombre de tests kras effectués en 2007 et 2008

Sources : Rapport d’activité des plateformes de biologie moléculaire – données 2007 (actualisation 2008) économique. En effet, le test KRAS n’est pas inscrit
à la nomenclature et engendre des coûts de réalisa-
tion et de désarchivage des lames qui ne sont pas
Subvention spécifique pour diffuser l’accès à la recherche de la entièrement couverts par les financements alloués par la DHOS.
mutation KRAS dans le cancer colorectal métastatique : À cet effet, l’INCa a débloqué un budget exceptionnel de 2,5 M€
L’Agence européenne du médicament a autorisé en 2008 l’utili- à la fin de l’année 2008 afin de faciliter l’accès des patients à ces
sation de deux anticorps anti-REGF dans le traitement du cancer thérapies ciblées. Cette action concerne l’ensemble des plateformes
colorectal métastatique, le cetuximab® et le panitumumab®, hospitalières de génétique moléculaire reconnues par le programme
uniquement pour les patients dont la tumeur porte la forme INCa\DHOS 2006-2008. En contrepartie, les plateformes se sont
non mutée du gène KRAS. Cela rend désormais la recherche de engagées, dans le cadre d’une convention avec l’INCa, à réaliser
mutation du gène KRAS indispensable avant toute prescription les tests KRAS pour l’ensemble des patients de leur région sans
de ces deux traitements antitumoraux. Si le test doit être pres- contrepartie financière et à dédommager les laboratoires ou les
crit à l’ensemble des patients atteints d’un cancer colorectal cabinets d’anatomopathologie qui leur adressent les prélèvements.
métastatique, 20 000 examens devront être effectués par an.
5.3 − Actions d’amélioration des
1 100 examens ont été réalisés en 2007. Une nouvelle enquête pratiques de prise en charge des
auprès des plateformes en août 2008 a montré une très forte malades
augmentation d’activité pour ce test : 3 823 tests KRAS ont été 5.3.1 − Production de recommandations de bonnes
effectués entre janvier et août 2008 et 5 724 tests sont prévus entre pratiques en cancérologie
septembre et décembre 2008, soit un total de 9 547 tests en 2008 Dans le cadre des missions que lui confère la loi, l’INCa définit des
(Figure 12). Cela représente une augmentation de plus de 8 fois "référentiels de bonnes pratiques et de prise en charge en cancérolo-
de l’activité pour ce test entre 2007 et 2008. gie" (cf. article L.1415-2 du code de la santé publique). L’INCa a par
Les plateformes sont donc amenées à augmenter leur capacité ailleurs un rôle de coordination des acteurs produisant ou diffusant
de manière très rapide et très significative, ce qui engendre non des recommandations pour impulser des choix stratégiques et éviter
seulement des problèmes d’ordre organisationnel mais aussi la duplication et les incohérences.
institut national du cancer 73
rapport d’activité 2008

tableau 11 : Recommandations profeSsionnelles de pratique clinique labellisées HAS-INCa

Promoteur Titre Date de publication

Pratiques chirurgicales dans le traitement


Société française de chirurgie thoracique
du cancer du poumon non à petites Décembre 2008
et cardiovasculaire
cellules

Société française de chirurgie digestive et


Pratiques chirurgicales en cancérologie Mars 2009 (label en 2008 sous
association française de chirurgie hépatobiliaire
digestive réserve de modifications de forme)
et de transplantation hépatique

et non de l’INCa ou de la HAS. Les objectifs pour l’INCa et la


Faits marquants 2OO8 HAS sont :
y une plus large couverture de situations cliniques et de
> Attribution des premiers labels conjoints Haute Autorité de stratégies de prise en charge en cancérologie par des
Santé (HAS) et INCa à des recommandations en cancérologie Recommandations de Bonne Pratique (RBP), répondant à
élaborées par des sociétés savantes. une bonne qualité méthodologique, tout en veillant à leur
> Production de recommandations à destination des médecins cohérence ;
spécialistes grâce au renforcement des effectifs internes et à y l’appropriation professionnelle et la mise en œuvre de
des partenariats avec des sociétés savantes. recommandations de qualité reconnue.
> Production de guides ALD pour les médecins traitants en
partenariat avec la HAS. Faisant suite à la publication de cette procédure en avril 2008,
> Meilleure interaction avec les réseaux régionaux de cancéro- deux guides de recommandations professionnelles de pratique
logie, chargés de diffuser les recommandations nationales. clinique ont reçu le label conjoint HAS-INCa. Ces recommanda-
tions concernent les pratiques chirurgicales dans le traitement du
cancer du poumon non à petites cellules élaborées par la Société
Publication d’une procédure d’attribution d’un label conjoint française de chirurgie thoracique et cardiovasculaire (SFCTCV)
par l’INCa et la Haute Autorité de Santé (HAS) en avril 2008 et et les pratiques chirurgicales en cancérologie digestives élabo-
d’une première recommandation nationale labellisée en 2008 rées par la Société française de chirurgie digestive (SFCD) en
collaboration avec l’Association de chirurgie hépatobiliaire et

>>>
Ce label conjoint 11, prévu dans l’accord cadre entre les deux de transplantation hépatique (ACHBT) (Tableau 11).
institutions, reconnaît la qualité du processus de développe-
ment des recommandations réalisées par des sociétés savantes Les recommandations ayant reçu le label sont publiées sur les
après une évaluation de la méthodologie employée. La teneur sites internet des deux institutions. Plusieurs sociétés savantes
de l’analyse bibliographique et des recommandations ainsi que ou groupes professionnels se sont engagés en 2008 dans une
leur actualisation restent de la responsabilité du promoteur, démarche prospective pour une attribution de label en 2009.

11.
Téléchargeable sur www.e-cancer.fr
74 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

tableau 12 : Recommandations à destination des médecins spécialistes en cancérologie en cours


ou publiées en 2008
Localisation Titre Date de publication
Veille : Prise en charge thérapeutique des cancers du poumon non à petites cellules Publié en octobre 2008
Cancers Recommandation : Prise en charge thérapeutique des formes non opérables du Publication prévue
bronchopulmonaires cancer du poumon non à petites cellules en juillet 2009
et pleuraux
Rapport de synthèse : Valeur pronostique et apport pronostique de la TEP-FDG dans Publication prévue en avril 2009
la prise en charge des cancers bronchopulmonaires et pleuraux
Rapport d’état des lieux : Utilisation des biomarqueurs dans la prise en charge du
cancer du sein (uPA/PAI1, oncotype DX et MammaPrint) en partenariat avec la Publication prévue en avril 2009
SFSPM
Cancers du sein Recommandation : Prise en charge du cancer du sein in situ, en partenariat avec la Publication prévue
SFSPM en octobre 2009
Recommandation : Indications de la radiothérapie dans le cancer du sein Publié en décembre 2008
Synthèse : Intérêt de la chimioradiothérapie dans la prise en charge des Publié en mai 2008
adénocarcinomes du pancréas de stade localement avancé
Cancers digestifs Synthèse : Intérêt de la chimiothérapie périopératoire dans la prise en charge des Publié en février 2008
patients atteints d’un adénocarcinome du rectum résécable d’emblée
Recommandation : Indications de la radiothérapie dans le cancer du rectum Publication prévue en avril 2009
Recommandation : Tumeurs épithéliales malignes de l’ovaire, traitement médical de
Cancers gynécologiques Publié en avril 2008
première ligne et traitement de consolidation

Cancers des voies Recommandation : Prise en charge thérapeutique des tumeurs malignes des glandes Publié en avril 2008
aérodigestives salivaires
supérieures Recommandation : Indications de la radiothérapie dans les cancers ORL Publication prévue en avril 2009
Cancers hématologiques Recommandation : Indication de la radiothérapie dans les lymphomes de l’adulte Publié en décembre 2008
Cancers de la prostate Recommandation : Indication de la radiothérapie dans le cancer de la prostate Publication prévue en avril 2009
Recommandation : Traitement de la maladie thromboembolique veineuse,
traitement préventif et curatif de la maladie thromboembolique sur cathéter chez les Publié en avril 2008
patients atteints de cancer.
Thèmes transversaux
Recommandation : chirurgie prophylactique dans la prise en charge des cancers avec
prédisposition génétique (cancers du sein, de l’ovaire, de l’estomac, du côlon, du Publication prévue en avril 2009
rectum et de la thyroïde)

Production de recommandations spécialistes en développe- riats comme cela a été le cas en 2008 avec la Société française
ment grâce, en particulier, à l’intégration du programme SOR de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM). Ainsi, des
au sein de l’INCa partenariats avec la Société française d’oncologie gynécologique
(SFOG) et la Société de pneumologie de langue française (SPLF)
La production propre de recommandations à destination des ont été mis en place en 2008 pour des productions de recom-
médecins spécialistes en cancérologie a été possible grâce au mandations en 2009.
renforcement des effectifs internes, à la mise à disposition, à
partir de mai 2008, de l’équipe SOR par la FNCLCC et à la 16 projets ont été conduits en 2008 : 11 recommandations, 4 syn-
collaboration de 16 sociétés savantes. Ces collaborations seront thèses méthodiques et une veille sur des recommandations. 8 de
de plus en plus souvent formalisées dans le cadre de partena- ces projets ont donné lieu à une publication en 2008 (Tableau 12).
institut national du cancer 75
rapport d’activité 2008

tableau 13 : guides ald destinés aux médecins traitants publiés en 2008

Localisation Titre Date de publication


Cancers digestifs Guide médecin traitant ALD 30 − Cancer colorectal 4 avril 2008
Cancers dermatologiques Guide médecin traitant ALD 30 − Mélanome cutané 4 avril 2008
Cancers urologiques Guide médecin traitant ALD 30 − Cancer de la prostate 16 décembre 2008

tableau 14 : guides ald destinés aux médecins traitants en cours et à publier en 2009

Localisation Titre
Cancers gynécologiques Guide médecin traitant ALD 30 − Cancer du sein
Cancers hématologiques Guide médecin traitant ALD 30 − Lymphomes malins non hodgkiniens
Cancers bronchopulmonaires Guide médecin traitant ALD 30 − Cancer bronchique et mésothéliome pleural malin

Publication de trois guides de prise en charge des cancers en La synthèse, réalisée en 2008, de l’activité des réseaux régionaux
ALD 30 destinés aux médecins traitants : cancers colorectaux, en 2007, dresse un état des lieux sur la production, la diffu-
cancer de la prostate et mélanomes cutanés sion et l’implémentation de leurs propres référentiels régionaux.
L’analyse des moyens de diffusion et d’implémentation actuels
En 2008, dans le cadre de la collaboration HAS-INCa, 3 guides permet d’anticiper la capacité de mise en œuvre d’actions d’ap-
ALD à destination des médecins traitants ont été publiés propriation des recommandations nationales et d’évaluation de
en ligne sur les sites internet de l’INCa et de la HAS. Pour leur impact sur les pratiques.
ces travaux, l’Institut s’est appuyé sur 30  professionnels de
santé, représentant 14  sociétés savantes, et 4  représentants Pour une grande majorité des réseaux, les résultats ont confirmé la
de patients. Plus de 100 experts ont participé aux relectures dynamique en place pour mettre à disposition des professionnels
nationales (Tableau 13). de leur région des référentiels de pratiques cliniques, notamment
sur les thématiques "cancer du sein" et "cancer du côlon", chacune
Trois autres guides ALD à destination des médecins traitants couverte par près de 80 % des régions.
étaient en cours d’élaboration en 2008 et paraîtront en 2009 Par ailleurs, plus de la moitié des réseaux (55 %) disposent d’un
(Tableau 14). référentiel pour l’ensemble des quatre cancers les plus fréquents
en France : sein, poumon, côlon et prostate.
Une meilleure connaissance réciproque entre réseaux régio-
naux de cancérologie et INCa pour une meilleure cohérence de L’analyse montre cependant des disparités régionales. En 2007, si
l’implémentation des recommandations de pratique clinique six régions (Bretagne, Pays de Loire, Centre, Auvergne, Midi Pyré-

>>>
nées, Guadeloupe) ont diffusé, pour l’ensemble des quatre localisa-
Pour favoriser l’implémentation des recommandations, l’INCa tions, des référentiels à jour depuis moins de trois ans, trois autres
s’appuie sur les réseaux régionaux de cancérologie (RRC) dont régions ne disposent d’aucun de ces quatre référentiels (Picardie,
il assure la coordination nationale. Différentes actions menées PACA-Corse, Ile-de-France). Ce contraste est notamment expliqué
en 2008 ont permis de consolider cette articulation entre l’INCa par une mise en place des réseaux très variable selon les régions :
et les RRC. ces trois derniers, créés en 2006, étant les plus récents en France.
76 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 CARTE 12 : nombre de référentiels diffusés en 2007 par les


rrc sur 4 localisations (sein, côlon, poumon et prostate)

veau référentiel et/ou par la mise à jour d’un


référentiel existant, quelle que soit la théma-
tique. La cible de diffusion concerne a minima
et quasi systématiquement leur 3C (lorsqu’ils
sont constitués) et/ou leurs responsables de
RCP concernés.

Selon les régions, d’autres acteurs sont également


activement informés par leur RRC : les réseaux
territoriaux, les médecins de ville libéraux (trai-
tants ou spécialistes). Les principaux moyens
d’information sont des mailings électroniques
(12/18) et papier (11/18) et les communications
Sources : Tableaux de bord des RRC – Données
faites à l’occasion de rencontres régionales de
professionnels organisées par le réseau (10/18).
La diffusion récente par l’INCa de ses recommandations natio-
nales devrait, à terme, amener à l’homogénéisation de la cou- Toujours en 2007, 18 RRC disposent d’un site internet. Pour
verture nationale. l’ensemble de ces réseaux, les référentiels sont alors systéma-
Le nouvel enjeu pour les réseaux s’inscrit désormais dans la mise en tiquement disponibles en ligne, l’accès pouvant pour certains
œuvre d’actions d’appropriation des recommandations nationales être sécurisé par un mot de passe (7/18).
et d’évaluation de leur impact sur les pratiques.
Ces résultats soulignent les dynamiques régionales en place
L’analyse des tableaux de bord a permis d’évaluer les modalités de autour de la thématique "recommandations de pratiques cli-
diffusion déjà déployées par les RRC pour leurs propres référentiels. niques", et valident la place du RRC comme acteur clé dans
En 2007, 18 RRC sur 22 sont concernés par la diffusion d’un nou- l’implémentation régionale des recommandations nationales.
institut national du cancer 77
rapport d’activité 2008

Clarification et mise en œuvre des interfaces entre l’INCa et les et curatif de la maladie thromboembolique sur cathéter chez
RRC en matière de recommandations les patients atteints de cancer".
Trois rencontres nationales, organisées à l’INCa avec les RRC, ont
fait l’objet d’échanges sur les interfaces INCa-RRC en matière de Coordination du projet européen CoCanCPG
recommandations, en particulier un séminaire spécifique d’une L’INCa est coordonnateur, en lien avec la Fédération nationale des
journée organisée autour d’ateliers de travail en juillet 2008. Ces centres de lutte contre le cancer, depuis 2006 du projet européen
rencontres ont permis de clarifier les missions de chacun des CoCanCPG (Coordination of cancer clinical practice guidelines in
acteurs dans le dispositif. europe). Ce projet rassemble 18 partenaires impliqués dans le finan-
Les réseaux régionaux de cancérologie diffusent aux profession- cement ou la production de recommandations de pratique clinique en
nels concernés les recommandations nationales produites ou cancérologie. 11 pays y sont représentés : France, Belgique, Canada,
labellisées par l’INCa, en assurent leur appropriation régionale Allemagne, Pays-Bas, Hongrie, Italie, Israël, Lituanie, Espagne et
(éventuellement à travers une déclinaison en référentiels régio- Royaume-Uni. Le projet est financé en partie par l’Union européenne.
naux), et en évaluent l’utilisation dans les pratiques cliniques. L’objectif du projet est de poser et de tester d’ici à 2010 les
Ces échanges ont également permis d’identifier des interfaces bases d’une coopération pour mutualiser les efforts de recherche
nécessaires entre l’INCa et les RRC, depuis l’élaboration d’une et de production de recommandations à l’échelle européenne
recommandation nationale, notamment dans le cadre de la afin d’améliorer la rapidité et l’efficience de la translation des
relecture nationale, jusqu’à son implémentation dans la pra- résultats de la recherche vers la pratique clinique.
tique clinique.
Différentes actions de communication ont eu lieu sur le projet

>>>
Les réseaux régionaux ont ainsi été sollicités par leurs correspon- en 2008. Il s’agit notamment d’un article paru dans le journal
dants au sein des établissements dans le cadre des relectures Tumori en mai 2008 à l’occasion du congrès annuel de l’OECI
nationales des trois guides ALD médecin : cancer de la prostate, ainsi que de présentations lors des congrès suivants : Journées
cancer du sein et lymphomes non hodgkiniens de l’adulte et scientifiques du CLARA, Union Internationale contre le cancer
pour la diffusion de la recommandation nationale "Traitement (UICC), Guidelines International Network (GIN), International
de la maladie thromboembolique veineuse, traitement préventif Society for Quality in Health Care (ISQua).
78 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

tableau 15 : calendrier de production des rbu

Référentiel de bon usage Date de publication Date de mise à jour


Cancers digestifs Janvier 2007 1er trimestre 2009
Cancers pulmonaires et mésothéliomes Juillet 2007 1er trimestre 2009
Cancers du sein Août 2008 3e trimestre 2009
Cancers hématologiques de l’adulte Décembre 2008 4e trimestre 2009
Cancers gynécologiques Mars 2009 Au moins annuelle
Cancers urologiques 2 trimestre 2009
e
Au moins annuelle
Cancers ORL 2e trimestre 2009 Au moins annuelle
Cancers pédiatriques 3e trimestre 2009 Au moins annuelle
Tumeurs rares 3e trimestre 2009 Au moins annuelle

5.3.2 − Production et publication de référentiels médicopharmaceutique, les différents sous-groupes thématiques


de bon usage (RBU) qui le constituent, et des experts relecteurs des projets RBU sol-
Les référentiels nationaux de bon usage s’inscrivent dans le cadre licités. Une nouvelle maquette de présentation des référentiels a
du décret n° 2005-1023 de 24 août 2005 modifié par le décret été choisie et le contenu des pages internet du site de l’INCa a
n°2008-1121 du 31 octobre 2008. La modification principale également été actualisé.
de ce décret porte sur la signature du contrat de bon usage qui
devient tripartite entre l’établissement hospitalier, l’ARH et le Deux référentiels ont été publiés pour les cancers du sein et les
médecin conseil régional de l’Assurance maladie. cancers hématologiques de l’adulte. Une mise à jour des réfé-
rentiels déjà publiés en 2007 a porté sur les AMM et le format
du document.
Faits marquants 2OO8
Institutions impliquées aux côtés de l’INCa dans la démarche
> Publication de deux nouveaux référentiels : d’élaboration des RBU en cancérologie :
− RBU cancers du sein (août 2008) : avec 6 PTT définis ; y Afssaps :
− RBU cancers hématologiques de l’adulte (décembre 2008) :  GTOH (groupe de travail sur les médicaments utilisés en
avec 10 PTT définis. oncologie et hématologie).
> Mises à jour des AMM en décembre 2008 des référentiels déjà  Comité de qualification des protocoles thérapeutiques.
parus :  Commission d'AMM (mentionnés à l'article 6 du décret du
− RBU cancers digestifs ; 24 août 2005)
− RBU cancers pulmonaires et mésothéliomes. y HAS : Commission de transparence.
> Rapport sur la situation de la chimiothérapie des cancers en 2007.
L’INCa participe au dispositif d’évaluation des pratiques de pres-
L’année 2008 a été marquée par la reprise des travaux de pro- cription pour certains des médicaments et produits de la liste hors
duction des référentiels de bon usage (RBU). Les groupes de GHS (travail en collaboration avec la HAS, l’Afssaps, la DHOS, et
travail INCa des RBU ont été réactivés  : le groupe d’expertise les Omedit) via le système E-Omedit, dont l’INCa assure la maîtrise
institut national du cancer 79
rapport d’activité 2008

tableau 16 : Montant allOué aux molécules onéreuses de 2004 et 2007


Année 2004 Année 2005 Année 2006 Année 2007
Euros % Euros % Euros % Euros %
Cytostatiques 340 183 869,1 72,2 % 382 505 576,7 62,9 % 398 362 999,2 54,1 % 405 164 990,6 47,8 %
Biothérapies 123 421 504,8 26,2 % 201 353 360,1 33,1 % 316 255 406,9 42,9 % 394 231 216,9 46,5 %
Autres anticancéreux 9 401 621,2 2 % 24 640 667,1 4 % 35 523 263,2 3 % 47 606 761,1 5,6 %
Autres anticancéreux 473 006 995,1 100 % 608 499 603,8 100 % 750 141 669,3 100 % 847 002 968,6 100 %
Total général
906 465 943,1 1 090 325 908,8 1 299 239 093,8 1 446 004 362,8
molécules onéreuses

tableau 17 : Répartition des dépenses des molécules pour chaque classe d’anticancéreux
Dépenses %
Taxanes 134 796 769,4 33,3 %
Cytostatiques Eloxatine ®
64 426 162,5 15,9 %
Autres 205 942 058,7 50,8 %
Total cytostatiques 405 164 990,6 100 %
Mabthera® 135 958 345,0 34,5 %
Herceptine® 128 119 132,0 32,5 %
Biothérapies
Erbitux ®
52 583 735,7 13,3 %
Autres 77 570 004,2 19,7 %
Total biothérapie 394 231 216,9 100 %
Velcade ®
43 302 564,0 91 %
Autres anticancéreux
Autres 4 304 197,1 9 %
Total autres anticancéreux 47 606 761,1 100 %
Total anticancéreux 847 002 968,6

d’ouvrage, par délégation de la DHOS. Une phase d’expéri- 2009 des dépenses d’Assurance maladie, afférentes aux spé-
mentation du système E-Omedit a été mise en place : elle a été cialités pharmaceutiques, produits et prestations de la liste
menée au niveau de chaque région entre juillet et décembre 2008. hors GHS. Ce taux sera de 10 %. En cas de dépassement du
En vue de cette expérimentation, les fiches de saisie E-Omedit taux prévisionnel, un plan d’action d’une durée d’un an est
pour le suivi qualitatif des produits ciblés ont été actualisées et conclu entre les signataires du contrat de bon usage visant
simplifiées. Le comité de pilotage pluri-institutionnel E-Omedit à maîtriser les dépenses.
s’est réuni à deux reprises au cours de l’année 2008.
L’analyse nationale de cette évolution se fonde sur les référen-

>>>
Par ailleurs, la loi de financement de la Sécurité sociale tiels élaborés par la Haute Autorité de Santé, l’Institut National
de 2009, votée le 17 décembre 2008, a renforcé le rôle du de Cancer et l’Afssaps. Dans cette perspective, l’INCa a mené un
contrat de bon usage signé entre l’établissement hospitalier, travail d’analyse sur les consommations 2007 des médicaments
l’ARH et le médecin conseil régional de l’Assurance mala- anticancéreux de la liste hors GHS dans le secteur public. Ce
die. L’article 47 de la loi, via son arrêté du 18 février 2009, travail été intégré à un rapport global sur la chimiothérapie
fixe désormais un taux prévisionnel d’évolution pour l’année des cancers, publié en décembre 2008.
80 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 figure
13 : classement des molécules les plus
consommées en 2007

Rapport sur la situation de la chimiothérapie des cancers en 2007 5.4 − Actions relatives à la radiothérapie
Ce rapport, disponible sur le site de l’INCa, apporte en particulier
les informations suivantes : Faits marquants 2OO8
y les molécules anticancéreuses de la liste hors GHS repré-
sentent plus de 55  % (847  002  968  € des dépenses du > Mise en place de la cellule nationale de suivi pilotée par l’INCa.
montant total alloué aux molécules onéreuses, qui s’élève à > Rapport sur la situation de la radiothérapie en 2007.
1 446 004 362 € en 2007 > Mise en place du comité national de suivi des mesures natio-
y les dépenses en cytotoxiques sont équivalentes à celles des nales pour la radiothérapie, présidé par l’INCa.
thérapies ciblées (47,8 % contre 46,5 % respectivement) ; > Soutien stratégique et financier au projet DOSEO.
y 6 molécules ou classe (taxanes) représentent à elles seules
66 % des consommations en anticancéreux. 5.4.1 − Les mesures nationales de suivi de la radiothérapie
y le classement des molécules représentant les dépenses les plus Ces mesures ont constitué le fil conducteur des actions conduites
importantes dans le secteur hospitalier public, est le suivant : en 2008. En novembre 2007, la ministre de la Santé a décidé,
 Mabthera® ; à la suite des accidents de radiothérapie d’Épinal, la mise en
 Classe des Taxanes (Taxol® et Taxotère®) ; place de 33 mesures nationales pour mieux garantir la sécurité
 Herceptin®, Eloxatine® ; et la qualité des actes de radiothérapie.
 Erbitux® ;
 Velcade®. Ces mesures, coordonnées par l’INCa, sont réparties en 7 axes :
y 7 mesures priorisent des actions relatives à la qualité et à la
L’utilisation de ces six molécules ou classe concerne principa- sécurité des pratiques, dont trois pilotées par l’INCa ;
lement trois types de cancer : cancer colorectal, cancer héma- y 4 mesures concernent la mise en place d’un système de vigi-
tologique et cancer du sein. lance en radiothérapie ;
institut national du cancer 81
rapport d’activité 2008

y 7  mesures ciblent les ressources humaines et la formation, radiophysiciens. Finalisé au dernier trimestre 2008, il sera
dont une pilotée par l’INCa ; publié en mai 2009.
y 5 mesures renforcent la sécurité des installations ; Ce plan d’actions s’inscrit dans la durée. Le tableau  18
y 4 mesures visent l’amélioration de la relation avec les patients montre l’état d’avancement de l’ensemble de ces mesures au
et le public, dont trois pilotées ou copilotées par l’INCa ; 31 décembre 2008.
y une mesure systématise les inspections et les contrôles ;
y la nécessité de mieux suivre et connaître la discipline à travers Établir des recommandations cliniques en cancérologie intégrant
un bilan annuel et un suivi régulier fait l’objet de 4 mesures, les indications de la radiothérapie et leur place dans les stratégies
dont 2 pilotées par l’INCa. de prise en charge des malades (Mesure 1.4)
En 2008, l’INCa a publié :
5.4.2 − Les mesures de la feuille de route pilotées par l’INCa y les indications de la radiothérapie dans le cancer du sein,
Élaborer, diffuser et évaluer l’implémentation des critères en partenariat avec la Société française de radiothérapie
d’agrément en radiothérapie, y compris la dosimétrie in vivo oncologique (SFRO) et la Société française de sénologie et
(Mesure 1.2) de pathologie mammaire (SFSPM) ;
Au nombre de 18, ces critères permettront de garantir un niveau y les indications de la radiothérapie dans les lymphomes de
de qualité et de sécurité lors de la prise en charge des patients. l’adulte (hodgkiniens et non hodgkiniens), en partenariat
Ils ont été publiés au Bulletin officiel le 15 août 2008. avec la SFRO et la Société française d’hématologie (SFH).

>>>
L’obligation de pratiquer la dosimétrie in vivo, au début du Ces documents sont disponibles sur le site de l’INCa.
traitement pour chaque patient, lorsque cela est techni-
quement réalisable, constitue désormais un critère néces- Les indications de la radiothérapie des cancers du rectum, des
saire à l’agrément des structures de radiothérapie. Un guide voies aérodigestives supérieures et de la prostate, en cours de
technique de mise en œuvre a été élaboré avec l’appui de finalisation fin 2008, seront publiées en mai 2009.
82 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

TABLEAU 18 : état d’avancement des actions de la feuille de route radiothérapie (31 dECEMBRE 2008)

Actions
Partie 1 : Qualité et sécurité des pratiques – assurance qualité
1.1 – Publier un référentiel d’assurance qualité en radiothérapie de type ISO 9000
1.2 – Élaborer, diffuser et évaluer l’implémentation des critères d’agrément en radiothérapie, y compris la dosimétrie in vivo
1.3 – Élaborer les critères d’évaluation des services autorisés : arrêté ministériel à partir des indicateurs qualité INCa
1.4 – Établir des recommandations cliniques en cancérologie intégrant les indications de la radiothérapie et leur place dans les stratégies de prise en charge des malades
1.5 – Établir un guide de procédures de radiothérapie externe
1.6 – Intégrer dans la certification des établissements des critères sur la démarche qualité en radiothérapie
1.7 – Soutenir les centres de radiothérapie dans l’intégration de la démarche qualité et sécurité
1.8 – Établir un guide de bonnes pratiques en physique médicale
Partie 2 : Mettre en place un système de vigilance en radiothérapie
2.1 – Établir des procédures qui garantissent la cohérence de l’ensemble des procédures de radiovigilance en radiothérapie et élaborer un guide des obligations
réglementaires de déclaration
2.2 – Diffuser un guide à l’usage des professionnels sur la déclaration des évènements de radioprotection
2.3 – Établir une échelle de classement des incidents pour les besoins de la communication vers le public
2.4 – Mettre en place l’expérimentation de déclaration des évènements indésirables graves liés aux soins, qui concerne toutes les spécialités médicales, et dont un volet
porte sur la radiothérapie
Partie 3 : Ressources humaines/formation
3.1 – Réaliser une mission sur la démographie des professionnels de la radiothérapie (radiothérapeutes, radiophysiciens et manipulateurs)
3.2 – Établir la reconnaissance des cabinets de radiothérapie libérale sur un statut similaire à celui des établissements de santé
3.3 – Publier un décret et un arrêté visant à mieux reconnaître les radiophysiciens dans les établissements publics
3.4 – Augmenter le nombre de radiophysiciens en formation (année de diplôme de qualification en physique radiologique et médicale)
3.5 – Améliorer la place accordée aux manipulateurs d’électroradiologie en radiothérapie
3.6 – Élaborer un programme de formation continue et un module pour l’analyse et à la gestion des risques en radiothérapie pour les professionnels de santé
3.7 – Mettre à jour le référentiel de formation initiale des radiophysiciens et renforcer la formation continue
Partie 4 : Sécurité des installations
4.1 – Améliorer la sécurité des logiciels
4.2 – Renforcer les contrôles des dispositifs irradiants mis sur le marché (appareils et logiciels), en particulier renforcer les contrôles de la langue des logiciels et des manuels
4.3 – Renforcer le contrôle de qualité externe
4.4 – Étendre le contrôle interne aux collimateurs multilames, à l’imagerie portale, aux systèmes de panification de traitement, aux systèmes de vérification et
d’enregistrement des données
4.5 – Améliorer les conditions de recette des installations de radiothérapie
Partie 5 : Relation avec les patients et le public
5.1 – Informer le public : élaborer un document d’information à destination du grand public
5.2 – Informer les médecins généralistes
5.3 – Établir des recommandations sur la communication de l’établissement et des autorités auprès des patients concernés et des publics (ou public) –
communication de gestion des crises (recommandations IGAS/ASN)
5.4 – Groupe de réflexion à mettre en place concernant les réponses à apporter aux patients, familles, associations sur les conséquences des traitements par radiothérapie
Partie 6 : Inspections et contrôles
6.1 – Renforcer le programme de l’ASN
Partie 7 : Connaissance de la discipline : rapport annuel documenté à partir de différentes sources
7.1 – Bilan des inspections ASN
7.2 – Observatoire de la radiothérapie
7.3 – Enquête sur les pratiques de radiothérapie
7.4 – Bilan des déclarations au titre de la radiovigilance
Sources : INCa
Légende : EC = En cours ; T = Terminé ; AV = À venir ; NC = Non communiqué
institut national du cancer 83
rapport d’activité 2008

état Avril 08 Mai 08 Juin 08 Juillet 08 Août 08 Sept. 08 Oct. 08 Nov. 08 Déc. 08

EC
T
AV
EC
T
T
T
NC

EC

T
T

EC

T
EC
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EC
EC

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T

EC

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T
EC
EC
84 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

La situation de la
radiothérapie en 2007 :
Chiffres clés issus des
données de l’observatoire
2006 et 2007

Soutenir les centres de radiothérapie dans l’intégration de la La situation de la radiothérapie en 2007 : chiffres clés issus des
démarche qualité et sécurité (Mesure 1.7) données de l’observatoire 2006 et 2007
En 2008, l’INCa a financé à hauteur de 1,6 M€ l’accompagne- Quelques chiffres clés
ment de 40 centres de radiothérapie. y 176 centres de radiothérapie : 52 % de statut privé et 48 % de
Ces centres ont été sélectionnés sur une base de candidatures statut public.
volontaires. L’objectif de ce projet est d’améliorer l’organisation y Un parc composé de 384  accélérateurs de particules, dont
et la sécurité des pratiques au sein des centres de radiothérapie presque la moitié a moins de 5  ans, confirmant la moder-
en s’appuyant sur des actions de formation et d’appui-conseil nisation effective du parc mais aussi sa complexification,
sur site pendant une année. Débuté en mai 2008, ce projet se puisque ces machines de dernière génération nécessitent un
terminera en septembre 2009. encadrement beaucoup plus technique, en particulier pour
la radiophysique médicale.
Observatoire de la radiothérapie et situation de la radiothérapie y 12 cobalts encore en fonctionnement, malgré la suppression
(Mesure 7.2) annoncée de ces machines.
L’Institut National du Cancer pilote, en partenariat avec la y 77 % des centres de radiothérapie disposent de deux machines
SFRO, l’Observatoire de la radiothérapie depuis 2007. Les et plus.
deux années de recueil, depuis 2006, ont permis de mesurer y Tous les centres, sauf un, ont accès à un scanner et ont l’équi-
l’évolution de la situation des 176 centres de radiothérapie pement permettant de réaliser des traitements en mode confor-

>>>
française en termes d’équipements, de niveau d’activité et de mationnel mais 40 % seulement des centres de radiothérapie
ressources humaines dédiées. 90  % des centres français ont réalisent la majorité de leurs traitements en conformationnel et
participé au recueil de données de l’observatoire en 2008 dont 14 % en conformationnel avec modulation d’intensité (RCMI).
la publication est prévue en juin 2009. y 168  739 patients ont été traités en 2007 par des équipes
Dans l’attente de cette publication, un premier état des lieux composées de 537  radiothérapeutes, 378  radiophysiciens,
de la situation a été publié en décembre 2008. 173 dosimétristes et 2 000 manipulateurs d’électroradiologie.
institut national du cancer 85
rapport d’activité 2008

tableau 19 : Centres de radiothérapie accompagnés dans l’intégraton de la démarche qualité


et sécurité en 2008

Statut Centres de radiothérapie accompagnés en 2008


Centre hospitalier BRETAGNE-SUD
Centre hospitalier BEAUVAIS
Centre hospitalier BOURG-EN-BRESSE
Centre hospitalier BRIVE-LA-GAILLARDE
Centre hospitalier CARCASSONNE
Centre hospitalier de LAGNY-MARNE-LA-VALLÉE
Centre hospitalier (CH)
Centre hospitalier de NIORT
Centre hospitalier de SAINT-QUENTIN
Centre hospitalier départemental de CASTELLUCCIO
Centre hospitalier d’ÉPINAL
Centre hospitalier intercommunal des ALPES du SUD
Centre hospitalier intercommunal LE RAINCY-MONTFERMEIL
APHP - Hôpital HENRI MONDOR
APHP - Hôpital SAINT-LOUIS
Centre hospitalier universitaire (CHU) CHU de BORDEAUX - Groupe hospitalier SAINT-ANDRÉ
CHU de BREST
CHU de NÎMES
Centre ALEXIS VAUTRIN (Nancy)
Centre PAUL STRAUSS (Strasbourg)
Centre de lutte contre le cancer (CLCC)
Institut BERGONIE (Bordeaux)
Institut JEAN GODINOT (Reims)
Cabinet de radiologie des DENTELLIERES (VALENCIENNES)
Centre de cancérologie CHENIEUX (LIMOGES)
Centre de la BAIE (AVRANCHES)
Centre de radiothérapie de CROIX (CROIX)
Centre de radiothérapie du PAYS D’AIX (AIX-EN-PROVENCE)
Centre de radiothérapie et d’oncologie médicale SAINT-JEAN (BOURGES)
Centre de radiothérapie MARIE CURIE - SCP de radiologie et d’imagerie médicale (ARRAS)
Centre d’oncologie et de radiothérapie du PARC (CHALON-SUR-SAÔNE)
Centre d’oncologie médicale – Polyclinique de BORDEAUX NORD (BORDEAUX)
Privé
Centre d’oncologie radiothérapie d’EURE et LOIRE - SCM JUPITER/PLUTON (CHARTRES)
Centre d’oncologie SAINT-YVES (VANNES)
Centre FRÉDÉRIC JOLIOT (ROUEN)
Centre GRAY (MAUBEUGE)
Centre JEAN BERNARD - SCM JUPITER/PLUTON (LE MANS 2)
Centre libéral de radiothérapie et d’oncologie médicale - ONCODOC (BÉZIERS)
Centre SAINT-MICHEL (LA ROCHELLE)
Groupe de radiothérapie et d’oncologie des Pyrénées (PAU)
Groupe de radiothérapie et d’oncologie des Pyrénées (TARBES)
PSPH Pôle hospitalier mutualiste de SAINT-NAZAIRE - Centre ÉTIENNE DOLET (SAINT-NAZAIRE)
86 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Enquête pluriannuelle sur les pratiques de radiothérapie centres de radiothérapie, inscrites dans le cadre des mesures
(mesure 7.3) nationales, ont identifié 27 centres de radiothérapie qui nécessi-
Une enquête sur les pratiques en radiothérapie, copilotée avec taient un suivi spécifique en termes d’effectifs de radiophysiciens
la SFRO et la SFPM, est en cours de réalisation ; sa publication et de référentiels qualité. La cellule nationale d’appui a été mise
est prévue en mai 2009. L’objectif est de disposer d’une photo- en place par la ministre de la Santé en avril 2008. Pilotée par
graphie de l’état des pratiques à partir des données présentes le président de l’INCa, la cellule est constituée de la DHOS, de
dans les dossiers patients. Cette enquête permettra à la fois un l’ASN, de l’Afssaps, des sociétés savantes SFRO et SFPM, des
prétest des éléments utiles à l’autoévaluation des pratiques, fédérations hospitalières publiques et privées.
prévues par les critères d’agrément, et la photographie des pra-
tiques actuelles. Elle devrait être reconduite en 2009 et 2010. La cellule a réalisé un travail d’analyse à court terme de l’évolution
de la situation de ces centres et proposé des actions correctrices
Par ailleurs, l’INCa s’est également beaucoup impliqué dans immédiates pour garantir la qualité et la sécurité des traitements.
deux mesures en tant que partenaire associé : Ces travaux ont été partagés avec les ARH concernées. Après
y modification de l’arrêté du 19 novembre 2004 concernant une réactualisation entre avril et juin 2008 de la situation de ces
la formation initiale des radiophysiciens et les autorisations centres en termes d’effectifs, d’organisation, de contrôle interne
d’exercice de la profession ; des équipements, la cellule nationale d’appui a rendu le 17 juin
y élaboration des recommandations sur la communication de 2008 à la ministre les résultats de ses analyses, à l’issue desquels
l’établissement et des autorités auprès des patients et des 9 centres présentaient encore des difficultés.
publics – communication de gestion de crise.
Dans les semaines qui ont suivi, 8 d’entre eux ont conclu des
5.4.3 − Une cellule nationale d’appui conventions de partenariats avec d’autres établissements et ont
Une cellule nationale d’appui a été mise en place en avril 2008 ainsi pu assurer la continuité de la prise en charge des patients,
pour accompagner 27  centres de radiothérapie en situation tout en garantissant la qualité et la sécurité des pratiques. Ces
difficile, principalement en termes d’effectifs de radiophysique mesures ont été mises en œuvre par les établissements avec le
médicale. Les inspections réalisées par l’ASN en 2007 dans les concours des ARH.
institut national du cancer 87
rapport d’activité 2008

L’ensemble des 27 centres a fait l’objet d’un suivi régulier, et en ayant suivi un traitement par radiothérapie). Les fédérations
particulier ceux qui présentaient les situations les plus fragiles, hospitalières participent aux travaux du comité.
par le cabinet de la ministre, la DHOS, l’INCa et les ARH jusqu’à
la fin de l’année 2008. Cinq sous-groupes ont été constitués  : les métiers de la
radiothérapie, la coopération entre les centres, l’appui aux
5.4.4 − Un comité national de suivi pour la radiothérapie centres en difficulté, la radiovigilance et la recherche déve-
Défini par arrêté du 8 juillet 2008 paru au JO du 8 octobre 2008, loppement. Un premier rapport sera remis à la ministre en
le Comité national de suivi pour la radiothérapie a pour mission mars 2009.
d’évaluer l’efficacité des mesures nationales de radiothérapie à
l’aune de leurs réalisations et de proposer des actions nouvelles 5.4.5 − Un engagement stratégique et financier
à mettre en œuvre à court et à moyen terme dans un schéma de l’INCa dans le projet DOSEO
d’organisation pérenne. Le projet de plateforme DOSEO, porté par le Commissariat à
l’énergie atomique (CEA) sur le site de Saclay, s’inscrit dans la
Constitué auprès de la ministre en charge de la Santé, il est logique du soutien de l’INCa en radiothérapie, sur les volets de
composé de 12 membres : le président de l’Institut National du recherche/innovations et de soins. Ce projet permettra en effet
Cancer qui est également président du comité, les directeurs de de cibler deux axes importants pour l’amélioration de la sécurité
la Direction générale de la santé, de la Direction de l’hospita- des pratiques en radiothérapie :
lisation et de l’organisation des soins et de l’Agence française y la promotion d’une recherche française en métrologie, de haute
de sécurité sanitaire des produits de santé, les présidents de la compétitivité médicale et scientifique, et portant sur l’analyse

>>>
Haute autorité de santé, de l’Autorité de sûreté nucléaire, de la des doses émises autant que sur celle des doses reçues par les
Société française de radiothérapie oncologique, de la Société volumes tumoraux cibles et les tissus ;
française de physique médicale et du Collectif interassociatif sur y  l’accès des radiophysiciens en formation à une plateforme
la santé, ainsi que trois personnalités qualifiées désignées par nationale de référence, utilisant les nouvelles technologies et
la ministre en charge de la Santé (un radiothérapeute exerçant garantissant l’accès à la recherche dans la discipline avec un
en privé, un manipulateur en électroradiologie et une personne encadrement adéquat.
88 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

En disposant d’une métrologie adaptée au parc français actuel 5.5 − Actions relatives
et à venir, de matériels et de logiciels de dosimétrie plus perfor- à L’anatomopathologie
mants et plus fiables, d’une meilleure intégration des systèmes Une mission "anatomopathologie et génétique" a été créée à
et d’une offre de formation adaptée aux nouveaux outils, les l’INCa en septembre 2008.
bénéfices attendus de cette nouvelle plateforme sont : L’anatomopathologie est indispensable pour affirmer le diagnos-
y une contribution aux efforts engagés par tous les acteurs pour tic des 340 000 nouveaux cas de cancers en France par an. Ces
éviter tout accident de radiothérapie ; spécialistes sont aussi impliqués dans la santé publique puisqu’ils
y de plus grandes chances de guérison pour les patients en contribuent au suivi épidémiologique des cancers et jouent un rôle
exploitant au maximum et en toute sécurité le potentiel des important dans les programmes de dépistage. Enfin, ils participent
nouvelles technologies de radiothérapie ; à des projets de recherche en constituant des banques de ressources
y la création de nouvelles connaissances technologiques et biologiques. Par ailleurs, cette profession est confrontée à des enjeux
scientifiques, et en corollaire celle de potentielles activités démographiques, économiques et doit faire face à des mutations
industrielles ; technologiques et à des innovations thérapeutiques qui la conduisent
y une ambition de leadership, cette plateforme n’ayant pas à devoir évoluer. L’anatomopathologie représente donc un enjeu
pour l’instant d’équivalent européen. majeur de la lutte contre le cancer.

Le projet devrait être opérationnel à partir de 2010. Le soutien La mission "anatomopathologie et génétique" est chargée de coor-
financier de l’INCa a été de 2 M€. donner les actions de l’INCa relatives à l’anatomopathologie. Elle
a commencé son action en 2008 par un travail sur les comptes
Le baromètre 2008, réalisé par l’Institut de radioprotection et rendus d’anatomopathologie. En effet, l’accès aux données qu’ils
de sûreté nucléaire (IRSN), confirme l’importance pour l’INCa contiennent est aujourd’hui nécessaire à plusieurs titres :
de continuer à être très présent sur la radiothérapie. L’INCa est y l’adéquation aux critères d’agrément, assurant la qualité de la
en effet identifié par une majorité de la population comme un prise en charge des patients ;
organisme de référence sur ce sujet (rapport IRSN sur la per- y le partage de l’information diagnostique entre médecins en lien
ception des risques et de la sécurité par les Français). avec le dossier communiquant de cancérologie (DCC) ;
institut national du cancer 89
rapport d’activité 2008

y l’observation continue du nombre de cas, de leur répartition et L’INCa a souhaité les définir en concertation et en accord avec les
de leur typologie, permettant de disposer de données actualisées représentants des professionnels impliqués. Les représentants de
récentes pour le pilotage de la lutte contre le cancer ; la SFP, de l’Association française d’assurance qualité en anatomie
y le fonctionnement du système de surveillance des cancers et des pathologique (AFAQAP) et du Syndicat des médecins pathologistes
registres ; français (SMPF) ont transmis à l’INCa, en novembre 2008, un
y l’évaluation de l’impact des programmes de dépistage. document générique décrivant les éléments minimum des comptes
rendus d’anatomopathologie communs à toutes les pathologies.
Les comptes rendus d’anatomopathologie constituent un élément Celui-ci s’appuie sur les CRFS qui sont considérées par les patho-
clé de la construction et la réussite de ce dispositif d’ensemble. Les logistes comme les référentiels et les recommandations nationales
comptes rendus fiches standardisés (CRFS) ont été élaborés avec la pour l’anatomopathologie. Il doit ensuite être décliné par patho-
Société française de pathologie (SFP) pour 24 localisations cancéreuses logie tumorale.
et sont en ligne sur les sites de l’INCa et de la SFP. Ils comportent à la
fois des items indispensables pour la prise en charge des patients et Des fiches ont été élaborées à partir de ce document générique,
d’autres relevant plus d’un avis expert. en concertation avec les professionnels, pour sept pathologies
La définition d’un contenu minimum des comptes rendus anatomo- au début de l’année 2009 et ont été présentées au conseil d’ad-
pathologiques s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement du dispo- ministration de l’INCa du 27 février 2009.
sitif d’autorisation des établissements de santé pour les traitements
du cancer, et plus précisément au sein du troisième point des critères 5.6 − Promotion d’actions innovantes
d’agrément pour la pratique de la chirurgie des cancers. Ce critère de d’aide aux malades

>>>
qualité précise en effet que : "le dossier du patient contient nécessaire- Soucieux d’encourager et de promouvoir la mise en place d’ac-
ment le compte rendu de la réunion de concertation pluridisciplinaire, tions diversifiées et si possible innovantes menées par les asso-
ainsi qu’un compte rendu anatomopathologique et un compte-rendu ciations, l’INCa mène une politique de soutien aux associations
opératoire contenant au moins les éléments définis par l’Institut Natio- d’aide aux malades. Dans ce cadre, et pour la troisième année
nal du Cancer". Ces éléments minimum correspondent aux données consécutive, l’Institut National du Cancer a lancé en février
d’anatomopathologie essentielles à la prise en charge des malades. 2008 des appels à projets compétitifs qui ont permis de sou-
90 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

TABLEAU 20 : projets retenus dans le cadre de l’appel à projets "aide à la qualité de vie des malades"
Association Projet
1 Hop’Art Projet pédagogique audiovisuel pour le service de pédiatrie oncologique de l’Institut Curie
Accompagnement des malades atteints de cancer et de leurs proches en situation de
2 Ligue Aisne
fragilité dans le nord de l’Aisne, en aidant les "aidants"
Escale bien-être-réintégration dans une dynamique positive des malades fragilisés par le
3 Ligue Ardèche
cancer
4 Ligue Paris Dispositif achillée, aide au maintien à domicile
Organiser la garde et la rencontre patient/animal domestique des personnes hospitalisées
5 SPDA
atteintes de cancer
Aide et soutien aux malades alcooliques atteints d’un cancer des voies aérodigestives
6 Amis de la santé
supérieures et à leur entourage
Soutien et accompagnement des personnes concernées par la maladie du cancer, ainsi que
7 Étincelle
leurs proches
8 Les p’tits cracks Les p’tits cracks, tous en selle pour la vie !
9 Ligue Bouches du Rhône Accompagnement amical du patient à domicile
Programme d’éducation nutritionnelle destiné aux patients en situation de fragilité traités
10 Ligue Seine Saint-Denis
pour un cancer localisé en Seine Saint-Denis
11 Tribu cancer Mail de nuit pour les plus démunis

tenir 11 projets en faveur de l’accompagnement des malades une très grande stabilité du nombre d’adhérents : 439 en 2008
atteints de cancer et de leurs proches en situation de précarité contre 437 en 2007. Moins de deux ans après sa mise en place,
et de fragilité (240 106 €). le fort taux d’adhésion (près de 63 % des professionnels) traduit
le succès de cette démarche qui a été accompagnée en 2008
Favoriser le partage d’expériences entre les associations d’une enquête nationale menée auprès des patients concernés
L’INCa a organisé le 5 décembre 2008 une journée d’informa- afin d’évaluer leur niveau d’information, leur comportement et
tion inter associative sur le thème "les associations d’aide aux leur satisfaction par rapport aux professionnels et à la charte.
malades et l’INCa : une dynamique de projets" qui a rassem- Il apparaît que, moins de deux ans après sa diffusion, 23 % des
blé une centaine d’associations afin de leur apporter une aide répondants déclarent connaître la charte proposée par l’Institut
méthodologique pour mieux répondre aux appels à projets com- et 91 % des malades déclarent qu’elle tient compte de l’ensemble
pétitifs de l’INCa et pour partager des expériences très diverses des difficultés qui peuvent être rencontrées lors de l’achat.
et souvent originales.
La satisfaction globale des personnes interrogées sur leur expé-
5.7 − Amélioration de la qualité rience d’achat est très forte : 95 % d’entre elles déclarent les
de vie des personnes pendant conditions d’achat "très" et "plutôt satisfaisantes". Ce taux de
les traitements satisfaction s’accompagne logiquement d’une faible demande
En 2006, une charte des droits du client et devoirs du vendeur a en termes d’amélioration des modalités d’achat. Seuls 15 %
été rédigée avec les représentants des professionnels et adressée des répondants suggèrent une amélioration en citant alors
à l’ensemble des perruquiers avec proposition d’adhésion. La principalement le prix des modèles (34  %) et la gamme de
procédure de renouvellement, lancée fin 2007, s’est traduite par produits (21 %).
institut national du cancer 91
rapport d’activité 2008

Ces résultats ont permis de nourrir une démarche similaire des pouvoirs publics (État, Assurance maladie), aux groupes
envers les professionnels et d’élaborer une enquête qui sera de travail institutionnels relatifs à la vie des malades et leur
réalisée en 2009. accompagnement social. En particulier :
À l’issue de ces deux recueils de données, et en lien avec les y participation aux groupes de travail du comité de suivi
comités départementaux de la Ligue nationale contre le can- du Plan maladies chroniques (accompagnement social,
cer, un groupe de travail sur l’applicabilité de la charte et les approche régionale et proximité avec le terrain, rôle des
propositions d’améliorations sera mis en place, intégrant les aidants et acteurs de santé, programme d’accompagnement
professionnels désireux de s’impliquer. personnalisé des patients et éducation thérapeutique) ;
y rédaction de recommandations relatives à la création de
5.8 − Une implication croissante comités patients dans les établissements en cancérologie ;
dans l’accompagnement social y participation au comité de pilotage du dispositif d’accompa-
des malades gnement des personnes atteintes de Cancer (DAPAC) mis en
L’INCa a collaboré aux expertises nationales, aux repérages et place en 2006 à l’initiative de la DRASS des Pays-de-Loire, du
évaluations des actions expérimentales menées, à la coordination service social de la CRAM et du comité départemental de la
des propositions, à la production de recommandations auprès Ligue contre le cancer de Loire-Atlantique.
92 institut national du cancer
rapport d’activité 2008
institut national du cancer 93
rapport d’activité 2008

6. Information
des publics
 Un nouvel espace d’information "Cancers, il y a des moyens
pour agir" sur www.e-cancer.fr :
 107 216 visites entre le 5 juin et le 15 juillet 2008

 20 457 appels reçus sur la ligne Cancer info service

 Campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du


sein (avril-juillet 2008)
 84 % des femmes de 50-74 ans se déclarent incitées à

participer au dépistage organisé


 Deuxième édition de la semaine nationale contre le cancer
colorectal (24-30 mars 2008)
 Première campagne de communication nationale sur
le cancer colorectal et son dépistage : la notoriété du
dépistage colorectal progresse de 8 points depuis 2005
pour s’établir à 90 %
 L’INCa présent sur 14 salons professionnels et grand public

 Soutien scientifique à 16 événements professionnels

 48 communiqués de presse

>>>
 20 dossiers de presse

 15 conférences ou points presse

 1 142 562 visite sur le site www.e-cancer.fr

 64 documents d’expertise publiés


94 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Espace internet "Cancers,


il y a des moyens pour agir"

6.1 − Modifier l’image sociale aujourd’hui des moyens d’agir face aux cancers. Le dispositif de
du cancer : des "héros ordinaires" communication s’articule autour de quatre actions phares :
aux "moyens pour agir"  Un nouvel espace d’information sur www.e-cancer.fr : "Cancers,
Le programme de communication sur l’image sociale du can- il y a des moyens pour agir". En partant des questions telles
cer vise à changer le regard que l’opinion publique porte sur qu’elles se posent pour le grand public dans la vie de tous les
cette maladie et à permettre au grand public d’appréhender de jours, ce nouvel espace d’information rassemble en un seul lieu
manière plus juste la réalité des cancers aujourd’hui, tant sur le toutes les composantes d’une compréhension transversale des
plan du vécu que sur celui de la connaissance. cancers organisée autour des différents moyens à disposition
du public, tant au plan individuel que collectif, pour faire face
L’activité de l’INCa à cette maladie : prévenir, détecter tôt, soigner, chercher.
Deux axes stratégiques de communication ont été identifiés
au service du changement du regard de l’opinion publique sur Ouverture de l’espace sur le site de l’Institut le 5 juin 2008 et
cette maladie : disponibilité d’une version répondant aux normes d’accessibilité
 rendre sensible la réalité de la vie avec et après un cancer. pour les personnes mal voyantes.
C’était l’ambition notamment de la campagne lancée en 2007
qui replaçait le cancer dans le champ de la vie à travers des Campagne de promotion de cette nouvelle partie du site  :
portraits et des témoignages de "héros ordinaires" ; campagne de bannières du 8 juin au 15 juillet 2008 sur une
 améliorer au long cours la connaissance des cancers pour en large sélection de sites et campagne de référencement effective
avoir moins peur. C’est l’objet du dispositif mis en place en juin jusqu’au 17 août 2008.
2008 sous l’accroche "Cancers, il y a des moyens pour agir".
 Une campagne télévisée du 9 au 29 juin 2008
Lancé le 5 juin 2008, ce second volet du programme vise à réduire la Quatre films de 25 secondes redonnent la parole à quatre "héros
part irrationnelle d’angoisse et le sentiment d’impuissance associés ordinaires" : cette fois, ils ne racontent pas leur vécu de la mala-
aux cancers en donnant plus de prise sur la maladie par la pédagogie die, mais forts de leur expérience personnelle, ils mettent chacun
et par l’amélioration des connaissances autour de l’idée qu’il y a en avant un moyen d’agir face aux cancers (la prévention, le
institut national du cancer 95
rapport d’activité 2008

dépistage du cancer du sein, le dépistage du campagne presse de promotion dans les


cancer colorectal et les progrès effectifs des titres phares de la presse senior, en octobre-
traitements). Chaque film s’achève en don- novembre 2008.
nant rendez-vous sur le site www.e-cancer.fr.
Diffusion de cette campagne  : du 9 au 29 Un bilan très encourageant qui contribue
juin 2008 sur les chaînes hertziennes, sur une à modifier en profondeur l’image sociale
sélection des chaînes de la TNT, du câble et du cancer.
du satellite et sur les chaînes des DOM.
 n nombre de visites sur www.e-cancer.fr
U

  ne exposition au Parc de la Villette du
U qui a plus que doublé pendant la campagne
5 au 30 juin 2008 107 216 visites, soit 2 382 visites par jour en
Objet de l’exposition  : présentation d’une moyenne sur l’espace "les moyens pour agir"
trentaine de portraits de héros ordinaires. du site www.e-cancer.fr sur toute la période de
Légendé d’un témoignage, chaque portrait la campagne, du 5 juin au 15 juillet 2008. Le
donne rendez-vous sur le site www.e-cancer.fr. nombre de visites sur le site a ainsi été multiplié
par 2,4 : de 81 063 en mai, le nombre de visites
Exposition de plein air dans le Parc de la sur l’ensemble du site est passé à 173 792 en
Villette, inaugurée lors du lancement presse juin et 136 860 en juillet. Forte progression
du dispositif et pendant plus de trois semaines. du nombre moyen de visites : 2 833 par jour avant la campagne à

>>>
6 875 par jour pendant la campagne.
Exposition Parc de La Vilette
 La diffusion d’un DVD et une campagne presse en octobre-  Une forte visibilité dans les médias en ligne
novembre 2008 Les messages de la campagne ont été abordés positivement dans
Réalisation d’un DVD-Rom adaptant les contenus du site à des- des supports de qualité même s’ils n’ont pas bénéficié d’une
tination des non internautes et des acteurs relais de pédagogie ; reprise massive par les médias traditionnels. La grande nouveauté
96 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

a été le relais des messages via les différents sites internet et blogs
qui se sont emparé des "moyens pour agir" et qui ont ainsi permis Faits marquants 2OO8
une large diffusion des messages avec des renvois quasi systéma-
tiques vers l’espace "Cancers, il y a des moyens pour agir" du site Une opinion toujours ambivalente sur le cancer, mais qui a évo-
www.e-cancer.fr. L’amplitude de ce relais est d’autant plus lué au contact de la campagne.
importante qu’internet est devenu le média le plus lu et le plus > 83 % des Français interrogés expriment leur accord sur l’idée
regardé. que "les cancers se soignent de mieux en mieux".
> Mais parallèlement, l’opinion reste angoissée et fataliste  :
  ne campagne télévisée appréciée et comprise par le public.
U 66 % "préfèrent ne pas y penser" ; 57 % estiment que le cancer
Un bon impact de la campagne télévisée au regard de l’in- "frappe au hasard et qu’on ne peut rien faire pour l’éviter" ;
vestissement limité (donc de la puissance moyenne) sur ce 40 % pensent que "moins on en entend parler, mieux on se
média : 59 % 12 des Français reconnaissent au moins un des porte".
quatre films de la campagne. > Cependant, on note une évolution positive de ces perceptions
La restitution des intentions de la campagne montre que les ambivalentes auprès des personnes ayant vu la campagne et
messages ont été bien compris et assimilés et souligne un qui sont dès lors moins dans le déni  : 62  % des personnes
bilan d’image de la campagne très positif : exposées aux films de la campagne s’accordent sur l’idée que
 4 7  % des sondés (soit un sur deux) retiennent l’idée de "le cancer, on préfère ne pas y penser" contre 71 % des non
l’importance de faire attention à leur santé pour prévenir exposées. Elles sont seulement 32 % à considérer que "le can-
les cancers ; cer, moins on en entend parler, mieux on se porte" contre
 3 2  % citent le message "il y a des moyens pour agir face 51 % des non exposées.
aux cancers" ;
 8 3 % des personnes interrogées considèrent que cette cam-
pagne est novatrice dans sa manière de parler du cancer ;
  9 % trouvent que cette campagne incite à porter un nou-
 7
veau regard sur la maladie.

12.
 tude post-test de la campagne télévisée réalisée par l’Institut BVA du 9 au 15 juillet 2008 auprès d’un échantillon représentatif de la population française constitué de 995
É
personnes âgées de 15 ans et plus.
institut national du cancer 97
rapport d’activité 2008

6.2 − Rendre accessible aux personnes de bonne pratique en cancérologie, des référentiels de bon
malades et aux proches usage des médicaments et des textes réglementaires en
une information de référence vigueur ;
sur les cancers  s’inscrit en complément et non en remplacement de la relation
Dans le cadre de la "démocratisation sanitaire" du système de patient-soignant ;
soins français, l’INCa, dont l’information sur les cancers est  est pensée pour ses utilisateurs et s’adapte à leurs besoins,
une des missions définies par la loi, a tout au long de l’année lesquels varient d’une personne à l’autre et se modifient pour
2008, conçu, construit et commencé à développer une plate- chaque individu au fil de son parcours dans la maladie.
forme multicanal intitulée Cancer info, en partenariat avec les
associations de lutte contre le cancer. Les différents outils de la plateforme Cancer info
Fondée sur une base de connaissances unique, cette plateforme La plateforme regroupera les dispositifs suivants :
vise à mettre à disposition des personnes malades et de leurs  un espace internet dédié à l’information des malades et de
proches, et plus largement de tous ceux qui sont à la recherche leurs proches ;
d’informations sur les cancers, une information de référence,  des guides d’information de référence ;
accessible à tous, répondant aux besoins des usagers.  des lieux d’information Cancer Info Relais dans les établisse-
ments de soins ;
La plateforme d’information de référence Cancer info  un service téléphonique : 0810  810 821 ;
 est une source d’information fiable sur les cancers, différente  des kiosques cancer.
des autres sources existantes, accessible par tous les vecteurs

>>>
possibles, et agencée autour du concept clé d’information L’année 2008 a été celle de la conception et de la construction
de référence. L’information de référence est une informa- de la plateforme au niveau technique et du contenu avec un
tion actualisée et complète, dans les domaines médical, début d’alimentation de la base de connaissances. La mise en
social, juridique et pratique sur les différents types de cancer. place de la plateforme et sa montée en puissance se fera pro-
On entend donc par information de référence une infor- gressivement tout au long de l’année 2009 et son lancement
mation valide et à jour au regard des recommandations officiel et médiatique est prévu pour début 2010.
98 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Espace internet
Cancer info

Aussi, signalons la concertation avec les associations élaborant L’activité de l’INCa


ou relayant de l’information médicale. Une réunion s’est déroulée La conception, la construction et le montage de l’espace inter-
le 13 mars 2008 en présence de nombreuses associations (Cent net Cancer info
pour sang la vie, Collectif inter associatif sur la santé, Europa  état des lieux de l’offre d’information existante à destination
Donna France, Ligue nationale contre le cancer, HNPCC France, des personnes malades et des familles (brochures, livrets, sites
JALMALV, centre de ressources national soins palliatifs François- internet, lieux d’information…) ;
Xavier Bagnoud, association François Aupetit, FNCLCC, UR.IL.  réflexion à propos de la méthodologie d’élaboration des conte-
CO, Conticanet, AFPG "Ensemble contre le GIST", etc.) réunies nus, en accord avec les recommandations de la HAS concernant
autour de l’INCa pour fédérer les expériences, les approches les documents écrits d’information à destination des usagers du
et étudier les modalités de coopération autour du projet de la système de soins, intégrant des professionnels et des usagers ;
plateforme Cancer info.  conception technique et éditoriale de l’espace internet Cancer
info : définition de la ligne éditoriale et conception de l’archi-
6.2.1 − Un espace internet dédié aux malades tecture du site.
et aux proches sur www.e-cancer.fr  Démarrage du travail rédactionnel pour alimenter la base de
Cancer info sera l’espace du site internet de l’INCa spécifi- connaissances.
quement dédié aux personnes confrontées à la maladie : les
personnes malades elles-mêmes, leurs proches, mais aussi les 6.2.2 – Des guides d’information de référence
professionnels de santé et de l’information santé, ou encore En complémentarité de l’information disponible sur le web,
les bénévoles associatifs qui les accompagnent. Il a vocation l’INCa a décidé de développer une collection de guides papier
à délivrer une information de référence sur les différents can- ayant vocation à apporter les éléments d’une compréhension
cers et à regrouper une information médicale et transversale précise et active de la maladie et de ses modalités de prise en
(administrative, sociale, juridique, pratique, etc.) organisée charge, à des temps clés de l’histoire du patient.
selon l’évolution des besoins des malades, en fonction de la
trajectoire de la maladie (phases diagnostiques, phases de L’activité de l’INCa
traitement, phases post-traitement). L’intégration en mai de l’équipe des SOR Savoir Patient afin
institut national du cancer 99
rapport d’activité 2008

Diffusion de ce guide dans les


sacoches de la 1ère convention de la
société face au cancer, organisée par
la Ligue nationale contre le cancer le
23 novembre 2008 à Paris.

de mettre toutes les compétences en matière d’élaboration de malades (espaces de rencontre et d’information, espace Ligue
recommandations et d’information des patients au service des information, etc.) et téléchargeables sur internet.
missions de l’INCa, et en particulier de contribuer activement
au développement de la plateforme Cancer info. Faits marquants 2OO8
La réflexion et la redéfinition des guides SOR Savoir Patient. > Publication en novembre 2008 d’un guide SOR, ancienne
L’année 2008 a posé les bases d’une nouvelle structuration des génération, déjà finalisé au moment de l’intégration de l’équipe
guides d’information. Les anciens guides SOR Savoir Patient ont des SOR : Comprendre la chimiothérapie.
été refondus et des guides d’information nouvelle génération
sont pensés et redéfinis autour de trois axes :
 la complémentarité avec les guides ALD patient qui seront 6.2.3 − Des espaces d’information
réalisés en collaboration avec la HAS ; dans les établissements de soins
 l’adaptation aux besoins des patients aux différents moments Les établissements de soins étant des lieux privilégiés pour l’in-
clés de leurs parcours. La collection comprendra quatre types formation des personnes malades et de leurs proches, l’INCa
de guides : des guides s’inscrivant au moment de l’entrée de souhaite y encourager l’accès libre à la plateforme Cancer info,
la maladie et portant sur les traitements pour les principales notamment à l’espace internet développé sur www.e-cancer.fr
localisations de cancers ; des guides se situant à l’issue des et aux guides d’information de référence.
phases aiguës des traitements pour les principales localisations
de cancers avec des informations sur les modalités de suivi et L’activité de l’INCa

>>>
la vie après ; des guides transversaux consacrés aux principales Le lancement en septembre 2008 de l’appel à projets "Cancer
modalités de traitements ; des guides transversaux sur la vie info Relais" pour soutenir l’implantation d’espaces d’informa-
quotidienne pendant et après la maladie ; tion en accès libre sur la base de Cancer info dans les centres/
 la diffusion : en priorité dans le cadre du dispositif d’annonce services de radiothérapie volontaires. Environ une cinquantaine
en consultation médicale ou paramédicale, dans les services d’espaces Cancer info répartis sur le territoire national seront
et tous les lieux de rencontre et d’information destinés aux mis en place en 2009 et constitueront des expériences pilotes,
100 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Figure 14 : Cancer info service : appels traités en 2008

appelées à être développées après évaluation si les retours sont Un renforcement de la visibilité de la ligne et une amélioration
positifs. de sa fréquentation : campagne de bannières sur internet du 1er
septembre au 31 décembre 2008 sur toutes les pages des dossiers
6.2.4 − Le développement de la ligne téléphonique cancer et des forums de cinq sites spécialisés ; référencement de la
Cancer Info Service (CIS) ligne sur Google du 15 août au 15 septembre et du 7 novembre
Le service de la ligne téléphonique proposé par l’INCa en par- au 31 décembre 2008. Une augmentation de trafic de l’ordre de
tenariat avec la Ligue nationale contre le cancer vise à répondre 39 % pour les mois concernés par la campagne est constatée.
aux questions et attentes de la population sur tous les thèmes
relatifs aux cancers. Sa mission est triple  : informer, orienter L’amélioration de la collaboration entre les équipes des niveaux
et soutenir. Le premier niveau d’appels (informations) est géré 1 et 2  : organisation de deux rencontres, mise en place d’un
par l’INCa, le second niveau (écoute) est assuré par la Ligue forum d’échange, création d’un modèle de fiche facilitant le
nationale contre le cancer. transfert d’appel du niveau 1 vers le niveau 2.

L’activité de l’INCa La participation au groupe international de réflexion des Cancer


Une montée en compétence de l’équipe  : 32 formations dis- info service, l’International cancer info service group (ICISG) :
pensées aux membres de l’équipe par des médecins et des pro- échange d’expériences lors de congrès et de réunions de travail ;
fessionnels de la sphère sociale et juridique  ; mise en place présentation de l’expérience française lors du colloque annuel de
d’une supervision psychologique mensuelle ; instauration d’une l’association ICISG et visite de la plateforme par des représentants
réunion mensuelle de réflexion en équipe  ; mise en œuvre de des lignes canadienne et suisse.
débriefs hebdomadaires sur appels effectués avec chaque télé-
conseiller ; validation des connaissances des téléconseillers par 6.2.5 − Les kiosques cancer
des quizz d’évaluation des connaissances après les formations. Le premier Plan cancer prévoyait, dans le cadre de la mesure 39,
institut national du cancer 101
rapport d’activité 2008

la création de structures locales de proximité en ville pour infor- localisations variées (cinq kiosques sont situés en dehors et loin
mer sur le cancer et accompagner sur le plan psychologique des structures hospitalières sauf celui de Saint-Cloud, adossé
et social les malades et leurs proches. L’INCa a favorisé cette au centre de lutte René Huguenin) ; signalétiques diverses (le
démarche : il a ainsi aidé les initiatives locales au montage de logo de l’INCa est globalement peu mis en avant) ; partena-
ces structures en accordant une subvention de création pour la riats variés (municipalités, partenaires privés pour des actions
mise en place de Kiosques accueil cancer (KAC) ou de Kiosques ponctuelles, quelques comités départementaux…) ; des bud-
information cancer (KIC). gets d’investissement, des budgets de fonctionnement et des
moyens humains très hétérogènes, etc.
L’activité de l’INCa  Une faible fréquentation de ces kiosques qui ne remet en aucun
Une évaluation qualitative de 6 kiosques cancer cas en cause l’utilité de ces structures. Sur le plan quantitatif, on
L’INCa a décidé de mener une évaluation qualitative des six kiosques note une faible fréquentation même si elle varie d’un kiosque à
ouverts avec son soutien financier initial : la Maison des patients l’autre du fait de l’hétérogénéité des structures (emplacement,
et des proches à Saint-Cloud, le point solidarité cancer à Saint- nombre de jours d’ouverture dans la semaine, etc.). Seule excep-
Quentin, le kiosque info cancer de la ville de Lyon, la Maison de tion : le kiosque de Saint-Cloud où la fréquentation importante
la prévention à Montpellier, le Kiosque info cancer de la ville de peut être expliquée par un public captif adressé majoritairement
Saint-Sulpice, l’Accueil écoute cancer Somme à Amiens. Méthode par le centre de lutte contre le cancer René Huguenin. Sur plan
choisie : visites et rencontres entre mars et mai 2008 dans chacun qualitatif, on constate un réel investissement du personnel des
des six kiosques et collecte des informations sur la base d’une même kiosques dans la prise en charge informationnelle, sociale et
grille d’interviews. Objectif de l’évaluation : comprendre la réalité psychologique des personnes malades.

>>>
du terrain et analyser le fonctionnement quotidien des kiosques.  Le bilan tiré de cette évaluation : l’INCa a décidé d’intégrer
la possibilité de l’octroi de subvention aux kiosques dans le
Le diagnostic de l’évaluation cadre de la procédure de droit commun d’appel à projet auprès
 Une très forte disparité des structures : appellations disparates d’associations que l’INCa lance une fois par an. Les créations
(seuls deux lieux s’appellent kiosques info cancer, ceux de Lyon de kiosques ou des projets portés par des kiosques existants
et Saint-Sulpice, les autres ont des appellations diverses)  ; devront donc être soumis à cette procédure.
102 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

La lettre du cercle des


partenaires pour la
prévention solaire

6.3 − Prévenir le risque de mélanome  Le rappel aux parents que la crème solaire ne suffit pas et
Dans la continuité des actions menées depuis 2006, l’Institut que c’est la protection vestimentaire qui fait le mieux barrière
National du Cancer a poursuivi en 2008 sa mobilisation pour aux rayons ultraviolets. C’est pourquoi l’accroche "Contre la
la prévention des cancers de la peau avec le déploiement d’un toast attitude, tee-shirt, chapeau, lunettes" a été associée au
programme de communication destiné à favoriser la mémori- "mode d’emploi du soleil" sur les supports de la campagne.
sation et l’appropriation des cinq gestes de protection solaire  Le choix de privilégier la proximité et les rencontres avec le
recommandés. public pour mettre les conseils entre les mains du public et
À compter de 2009, l’Institut national de prévention et d’édu- maximiser la présence à l’esprit du "mode d’emploi du soleil"
cation pour la santé (Inpes) prendra le relais de l’INCa dans la au plus près des moments d’exposition solaire.
mise en œuvre du programme de prévention des risques solaires.
L’Inpes a en effet vocation à intervenir sur tous les thèmes de Le dispositif de communication mis en œuvre
prévention primaire et développe notamment un programme  Un événement original pour aller à la rencontre du jeune
santé environnement, dans lequel s’inscriront désormais les public  : l’opération "Gare au soleil !" organisée le 18 juin
campagnes de prévention des risques solaires. 2008 sur le parvis de la gare Montparnasse. En lancement
de campagne, l’INCa innove en reprenant les techniques du
L’activité de l’INCA théâtre de rue pour mettre en scène les gestes de la protection
La stratégie de communication s’articule autour de quatre thé- solaire dans des saynètes ludiques et pédagogiques.
matiques  La mise en place ou l’encouragement d’actions de proximité
 La reprise du message autour du "soleil : mode d’emploi" et du tout au long de l’été sur une centaine de plages du littoral
concept créatif de la "toast attitude" qui ont réussi à s’ancrer (animations et diffusion d’outils de communication en juillet -
dans les esprits et à se faire apprécier du public. août 2008 : cartes postales, stylos, jeux de cartes des 7 familles,
 Le recentrage de la campagne sur le message de protection tee-shirts. Renforcement du dispositif par rapport à 2007) ;
des enfants, ces derniers étant les plus fragiles face au soleil plusieurs péages d’autoroutes (distribution de 300 000 jeux
et les parents encore nombreux à ne pas adopter toutes les de cartes des 7 familles lors des week-ends du 10 au 13 juillet
précautions essentielles. 2008 et du 31 juillet au 3 août 2008) ; et dans de nombreuses
institut national du cancer 103
rapport d’activité 2008

Article Marie-Claire

Pictogramme
"Soleil : mode
Article Le Parisien TV Hebdo d'emploi"

villes (actions en direction des enfants dans les centres aérés, populaire, la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM),
les équipements municipaux de plein air et lors des opérations Avène, Garnier Ambre solaire, Kaloo solaires, La Roche-Posay,
"ville plage"). ROC, Vichy, Club Med, Petit Bateau, Tribord, la Française des
 Des médias ciblés pour diffuser le message dans des contextes Jeux, France 2, France 3, TF1, Okapi, Play Bac, voyages-sncf.com.
adaptés  : des bannières sur une sélection de sites internet
en affinité avec la thématique et la cible enfants (voyages- Un bilan très positif
sncf.com, meteo.fr, magicmaman.com et momes.net)  ; un  Des médias mobilisés et fidèles au message : 235 retombées
relais gracieux et quotidien, pendant tout l’été, des conseils en presse écrite, online et audiovisuelle entre avril et septembre
de protection associés aux pictogrammes du "soleil : mode 2008 ; un attrait persistant des journalistes pour le concept
d’emploi" par les programmes de "météo des plages" de TF1, de "toast attitude" ; un très bon taux de reprise des conseils
France 2 et France 3. de prévention illustrés par le "soleil : mode d’emploi" (cités
 Une diffusion large et une promotion de supports informatifs par 64 % des retombées).
et pédagogiques : site internet dédié avec deux tests interac-  Le site internet dédié fréquenté sur la période estivale : une
tifs ("Testez votre risque au soleil" et "Quiz toast attitude"), fréquentation totale de 97 846 pages vues sur la période d’avril
dépliants d’information, affichettes, cartes postales, jeux de à septembre 2008 ; une augmentation logique et significative
cartes des 7 familles, etc. du nombre de pages vues pendant les mois de juin, juillet et
 Une mobilisation durable et encore renforcée du cercle des août (respectivement 21 094, 21 207 et 37 160 pages vues).
partenaires pour la prévention solaire.  Une stratégie partenariale solide et durable  : une hausse
constante du nombre de partenaires : de 6 en 2006 à 22 en

>>>
Le cercle des partenaires pour la prévention solaire 2007 et 26 en 2008.
Les membres aux côtés de l’INCa en 2008 : le Cespharm (Ordre  La diffusion de nombreux outils porteurs du "soleil mode
des pharmaciens), le Syndicat national des dermato-vénéréologues d’emploi" dans le cadre des actions de proximité pour sensi-
(SNDV), la Ligue nationale contre le cancer, le réseau français des biliser et mobiliser : 427 000 jeux de cartes des 7  familles ;
villes santé de l’OMS, la mairie de Paris, Météo France, l’associa- 650 000 cartes postales ; 372 000 dépliants d’information ;
tion sécurité solaire, la fédération française de voile, le Secours 80 000 affiches ; 10 000 stylos ; 5 000 tee-shirts enfants.
104 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Carte postale recto

Affichette Carte postale verso

 Spots radio de sensibilisation diffusés sur des radios natio-


nales pour combattre les idées reçues sur le dépistage
6.4 − Promouvoir le dépistage des organisé. Près de 1 000 spots diffusés sur RTL, Nostalgie,
cancers auprès des populations Europe 1, France Inter, RMC, France Bleu, Sud Radio, Chérie
cibles et des professionnels FM et MFM du 19 avril au 20 mai 2008. Développement de
de santé trois idées fortes : la double lecture de la mammographie, la
La stratégie développée en 2008 s’est axée sur la promotion des possibilité de choisir son cabinet de radiologie, la régularité
dépistages organisés avec une priorité donnée à l’accompagne- du dépistage organisé.
ment et à la généralisation du dépistage du cancer colorectal.  Affichage : affiches (en grand format 4 x 3) "4 millions de
femmes l’ont choisi. Et vous  ?". Diffusion du 21  avril au
6.4.1 − Dépistage organisé du cancer du sein 12 mai et du 26 mai au 6 juillet 2008 dans les 125 villes et 37
L’objectif de communication est de contribuer à l’augmentation départements où les femmes de plus de 50 ans sont surrepré-
du taux de participation des femmes de 50 à 74 ans au dépis- sentées et où le taux de participation était inférieur à 50 %.
tage organisé du cancer du sein (50,7 % en 2007). La stratégie
retenue s’articule autour de deux axes principaux  : valoriser Bilan : une campagne impactante et bien comprise 13
les qualités spécifiques du dépistage organisé et insister sur la  83 % des femmes âgées de 50 ans et plus ont mémorisé la
régularité du dépistage. campagne et 69 % ont entendu au moins un spot ;
 82 % des femmes interrogées ont compris le message fonda-
L’activité de l’INCa mental de la campagne (importance de se faire dépister) ;
Une campagne de sensibilisation d’avril à juillet 2008  90 % des femmes ayant reconnu au moins un élément de la
Dans la continuité des actions d’incitation au dépistage menées campagne l’ont aimé. Les trois dimensions clés appréciées
en 2005 et 2006, et 2007, l’objectif de cette campagne média- sont : son pouvoir informatif (36 % pour son contenu), son
tique est de souligner les qualités spécifiques du dépistage orga- principe (34 % citent l’utilité/l’importance d’une campagne
nisé et prendre appui sur la dynamique de participation. de prévention), son caractère incitatif (29 %) ;

13.
 tude post-test de la campagne radio d’incitation au dépistage organisé du cancer du sein, réalisée par l’Institut BVA opinion du 23 au 31 mai 2008, auprès d’un échantillon
É
représentatif de la population féminine française constituée de 404 femmes âgées de 50 ans et plus.
institut national du cancer 105
rapport d’activité 2008

Exposition incitant les femmes à


participer au dépistage présentée
au Parlement européen "Cancer du
sein, faites-vous dépister" du 7 au
17 octobre 2008.

  5 % des femmes interrogées jugent la campagne utile et claire


9   ne communication adaptée aux spécificités des départe-
U
et elles sont 60 % à considérer que la campagne leur apprend ments d’outre-mer. Afin de prendre en compte la spécificité
des choses nouvelles sur la manière de dépister le cancer du sein. de ces départements, l’INCa a travaillé avec les structures de
gestion de la Guyane et de la Guadeloupe pour proposer des
Un dispositif de communication terrain à l’occasion d’Octobre communications adaptées.
rose
Cette quatrième édition est plus particulièrement centrée sur
l’importance d’une pratique régulière du dépistage. Faits marquants 2OO8
 Une affichette de mobilisation (30 x 40) renouvelée "Dépistage
organisé du cancer du sein, dès 50 ans, c’est tous les deux ans" > Un impact élevé 14 de la campagne en termes de sensibilisation
 Une carte postale renouvelée. à l’égard du dépistage du cancer du sein en général : 83 % des
 Un badge. femmes de 50-74 ans indiquent que la campagne les incite à
 Une exposition incitant les femmes à participer au dépistage participer au dépistage du cancer du sein.
présentée au Parlement européen "Cancer du sein, faites-vous
dépister" du 7 au 17 octobre 2008. Réalisée en collaboration

>>>
avec le ministère en charge de la Santé, elle a été proposée aux Un impact encore plus élevé de la campagne quant au fait
acteurs de terrain pour leurs animations locales. d’aller se faire dépister dans le cadre du dépistage organisé :
 Des relations presse nationale et locales.  83 % des femmes interrogées considèrent que la campagne les
informe sur la qualité du dépistage organisé du cancer du sein ;
Bilan : une mobilisation largement relayée par la presse natio-  91 % considèrent que la campagne donne une image positive
nale et régionale. de ce dépistage ;

14.
 tude post-test de la campagne radio d’incitation au dépistage organisé du cancer du sein, réalisée par l’Institut BVA opinion du 23 au 31 mai 2008, auprès d’un échantillon
É
représentatif de la population féminine française constituée de 404 femmes âgées de 50 ans et plus.
106 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Brochure "dépistage
organisé du cancer
Dépliant colorectal"
d'information, à l’attention des
col de l’utérus professionnels de santé

  9 % des sondées disent que la campagne a changé leur manière


5 suivi gynécologique et ne se font pas dépister à le faire. Moyens
de voir le dépistage organisé du cancer du sein ; mis en œuvre :
 84 % disent que la campagne les incite à se faire dépister du  Diffusion d’un dépliant et d’une affichette auprès des structures

cancer du sein dans le cadre du dispositif du dépistage organisé. de gestion concernées, des comités régionaux et départementaux
d’éducation pour la santé (CRES et CO), ainsi que des mater-
6.4.2 − Dépistage individuel du cancer nités, centres de planning familial, médecins généralistes, etc.
du col de l’utérus  Poursuite de la valorisation du module d’information en ligne

La communication vise à sensibiliser les professionnels de santé "cancer du col de l’utérus, méfiez-vous des idées qui circulent",
sur cette problématique, à réaffirmer l’importance et l’intérêt qui reprend l’idée que le frottis reste le meilleur moyen de lut-
du dépistage du cancer du col de l’utérus et à mettre en avant ter contre le cancer du col de l’utérus et demeure nécessaire,
son articulation avec le vaccin. malgré l’arrivée du vaccin.

L’activité de l’INCa 6.4.3 − Dépistage organisé du cancer colorectal


 Une sensibilisation des professionnels de santé  : diffusion Priorité de l’année 2008, un programme de communication
d’un document synthétique de référence sur le dépistage du d’envergure de promotion du dépistage organisé du cancer
col du cancer de l’utérus "Repères pour votre pratique", en colorectal a été mené à la faveur de la généralisation du dépis-
collaboration avec l’Inpes et la HAS (mailing aux médecins tage sur l’ensemble du territoire national. Deux temps forts ont
traitants, gynécologues, sages-femmes, etc.) ; envoi simultané été privilégiés pour informer sur les bénéfices du dépistage et
du dépliant de l’INCa ; sollicitation de la presse. les modalités pratiques de sa réalisation : la semaine nationale
 Une incitation des femmes à participer au dépistage. Il s’agit contre le cancer colorectal en mars 2008 et le lancement d’une
d’une part, de conforter les femmes qui se font déjà dépister grande campagne nationale sur le sujet en septembre-octobre
pour qu’elles continuent à le faire et qu’elles adoptent si possible 2008. Par ailleurs, un dispositif d’information des médecins
les bonnes pratiques en la matière, notamment sur le rythme généralistes a été mis en place ainsi qu’un travail de soutien et
du dépistage et, d’autre part, d’inciter celles qui n’ont pas de d’appui aux structures de gestion.
institut national du cancer 107
rapport d’activité 2008

Carte postale recto

Affichette Carte postale verso

les connaissances disponibles. Mailing à 58 000 médecins


généralistes, 3 800 gastroentérologues.
 Envoi sur DVD à toutes les structures de gestion, d’un mode

L’activité de l’INCa d’emploi animé du test de recherche de sang dans les selles
La semaine nationale contre le cancer colorectal - 2e édition à destination des professionnels de santé et consultable à
(24-30 mars 2008) partir de www.e-cancer.fr.
Coup d’envoi d’une importante mobilisation nationale et locale,  L’organisation d’une conférence de presse de lancement le
ce rendez-vous annuel poursuit un double objectif  : créer un 18 mars 2008 dans le cadre du salon du MEDEC. Présence
temps de parole et de sensibilisation nationale et encourager de l’ensemble des acteurs nationaux du dépistage : ministère
les actions de terrain pour faire connaître le dépistage du cancer de la Santé, Direction générale de la santé, Institut de veille
colorectal. Cette semaine nationale du cancer colorectal s’inscrit sanitaire et Ligue nationale contre le cancer, réunis autour
dans une dynamique de mobilisation internationale dont elle de l’INCa.
reprend d’ailleurs la symbolique : le ruban bleu.  Un soutien des actions de terrain par la mise à disposition
des structures de gestion du dépistage et des associations,
Un dispositif de communication à destination du grand public et d’outils d’informations à destination du grand public : affi-
des professionnels de santé pour accompagner la généralisation chette annonçant la semaine contre le cancer colorectal ; carte
du dépistage organisé du cancer colorectal : d’information explicitant le message en valorisant l’importance

>>>
 Une information en amont des professionnels de santé pour du dépistage organisé du cancer colorectal, son intérêt et
les impliquer dans la mobilisation ses modalités  ; outils traditionnels (dépliant d’information
 Envoi d’un courrier personnalisé les informant des diffé- trois volets notamment). L’affichette et la carte d’informa-
rentes actions et accompagné d’un document sur le cancer tion ont été développées autour de l’accroche commune "Le
colorectal et son dépistage "Le dépistage organisé du cancer plus souvent dépisté à temps, un cancer colorectal n’est pas
colorectal". Conçu à leur attention, ce document actualise méchant !".
108 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Image extraite du spot TV

Lettre
de relance
type

 La conception et la tournée d’une exposition itinérante dans télévisé, des spots radio et des outils de proximité résume
11  villes de France pour faire la pédagogie du dépistage à cette conception : "Le plus souvent, dépisté à temps un cancer
travers un bus spécialement aménagé pour créér l’événement, colorectal n’est pas méchant".
lancer la campagne d’invitation ou redynamiser la participa-
tion dans les départements pilotes, et permettre aux struc- Un dispositif de communication autour de trois temps forts :
tures chargées localement du dépistage de fédérer les acteurs  Une information en amont des professionnels de santé. Au regard
institutionnels et médicaux locaux. Tournée dans 11 villes : du rôle déterminant des médecins généralistes dans le dispositif
Paris, Boulogne, Lyon, Saint-Nazaire, Strasbourg, Montpel- (les messages TV et radio renvoyant systématiquement au dia-
lier, Bourg-en-Bresse, Aurillac, Béthune-Opaline, Toulouse logue avec eux), un courrier de sensibilisation et d’information a
et Toulon. Forte mobilisation des partenaires institutionnels été envoyé, en amont du démarrage de la campagne, à plus de
et associatifs. 58 000 médecins généralistes et près de 4 000 gastroentérologues.
 Un petit déjeuner presse de lancement de la campagne orga-
Première campagne de communication nationale sur le can- nisé le 9 septembre 2008 et animé par le Président de l’INCa.
cer colorectal et son dépistage (13 septembre au 14 octobre  Une campagne TV et radio à l’adresse du grand public.
2008)  Une campagne télévisée qui a pour vocation première d’im-
À partir de septembre 2008, la communication relative au pliquer le public sur l’enjeu de santé majeur que constitue le
dépistage organisé du cancer colorectal a pu être plus large dépistage du cancer colorectal. Diffusion du film du 14 sep-
car elle a accompagné la généralisation effective à l’ensemble tembre au 8 octobre 2008, sur les chaînes hertziennes (TF1,
du territoire de l’offre de ce dépistage organisé. Ainsi, cette France 2, France 3, Canal+ et M6), et sur une sélection de
campagne médiatique d’envergure nationale a poursuivi un chaînes de la TNT, du câble, du satellite, et des DOM, les
double objectif  : faire connaître largement les bénéfices du plus en adéquation avec la cible des 50-74 ans (TMC, TV
dépistage et ses modalités pratiques et dédramatiser un sujet Breizh, RTL 9, Planète Thalassa, Arte, Vivolta, Paris Première,
anxiogène, difficile à évoquer. La signature commune du film France 4, LCI, National Géographic, Voyage, TF6).
institut national du cancer 109
rapport d’activité 2008

Tableau 21 : Nombre de tests au Gaïac® lus dans le cadre du dépistage organisé
du cancer colorectal en 2008
NOMBRE DE TEST LUS EN 2008
Démarrage
de la campagne média
Structure de gestion Département Janv. Févr. Mars Avril Mai Juin Juillet Août Sept. Oct. Nov. Déc.

A.D.CA 84 Vaucluse - - - - 2 83 285 1299 2000 1972 1884
449
ADECA 75 Paris 991 1419 1349 1701 1882 2536 2156 737 2413 4736 4258 4647
AIDEC Yonne 3874 4655 3837 2632 2777 2598 1356 563 846 3091 2025 565
DECADE Eure - - - - - 1 710 633 1361 2773 1651 1670
PSVO Val d’Oise - - - - - 2 46 162 326 615 1428 2766
ADEMA 80 Somme 1879 2416 2232 1981 1759 1843 2560 1487 2150 3631 3597 6
AMODEMACES Moselle - 4983 4491 4544 3312 3477 2982 2468 3987 5411 5000 3976
GIP Dépistage
Ariège - - - - - 40 117 111 323 663 518 757
des cancers
Réseau pour le dépistage
Haute Savoie - - - 9 54 107 199 168 414 1498 1614 1327
des cancers 74
Pyrénées
PYRADEC - - - - - - - - - 108 629 837
Atlantiques
ADECA 52 Haute-Marne - - - - - - - - - 5 26 173

 Une campagne radio (deux spots) qui a pour vocation d’infor-  L a première campagne nationale sur le dépistage du can-
mer sur les modalités pratiques du test de dépistage : un test cer colorectal. Une augmentation significative des tests au
recherche de sang dans les selles, à faire chez soi, dès 50 ans. gaïac® lus 15 dans le cadre du dépistage du cancer colorectal
C’est l’objet de deux spots qui valorisent ce message sur le dans les départements ayant répondu à notre questionnaire
mode humoristique. Diffusion des spots : du 13 septembre au (Vaucluse, Paris, Yonne, Eure, Val d’Oise, Somme, Moselle,
14 octobre 2008 sur une sélection de 10 stations publiques Ariège). Entre août 2008 et octobre 2008, le nombre de
et privées nationales : France Info, France Inter, France Bleu, tests de dépistage lus a ainsi augmenté de 345  % dans le
Chérie FM, Europe 1, Nostalgie, RMC, RTL et Sud Radio. Vaucluse, de 543 % à Paris, de 449 % dans l’Yonne, de 338 %
dans l’Eure, de 280 % dans le Val d’Oise, de 144 % dans la
Un bilan très encourageant du programme de communication d’en- Somme, de 119 % en Moselle, de 497 % en Ariège et 792 %

>>>
vergure de promotion du dépistage organisé du cancer colorectal. en Haute Savoie.
 La semaine nationale contre le cancer colorectal  La mise à disposition de documents spécifiques pour
 20 000 affichettes diffusées ; répondre aux besoins des structures de gestion  : courrier
 200 000 cartes d’information diffusées ; de relance type créé en concertation avec les experts et les
 41 parutions presse, des sujets sur les six chaînes de télévision instances nationales, diaporama de formation des médecins
hertziennes et des sujets sur huit stations de radio (France Info, généralistes.
Europe 1, RTL, RMC, RCF, France Bleue, Chérie FM, Nostalgie).

15.
Données issues des structures de gestion.
110 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Brochure d’information
"Médecin traitant et patient
en radiothérapie : conseils
pratiques"

6.4.4 − Dépistage précoce des cancers


Faits marquants 2OO8 de la cavité buccale
Une détection précoce des cancers de la cavité buccale étant
Ce qui a changé 16 en matière de dépistage du cancer colorectal : à la fois possible, accessible et efficace, l’INCa a poursuivi le
> Une progression de la notoriété du dépistage colorectal  : programme de sensibilisation et de formation des chirurgiens-
+8 points depuis 2005 pour s’établir à 90 %. dentistes lancé en 2007.
> Les modalités pratiques en matière de dépistage du cancer colorec-
tal ne sont pas encore totalement assimilées : 46 % des sondés Activité de l’INCa
connaissent la tranche d’âge à partir de laquelle il est conseillé Réalisation d’un dépliant en trois volets pour inciter les chirurgiens
de se faire dépister. Il est mieux connu des personnes de cette dentistes à consulter l’outil de formation multimédia accessible
tranche d’âge (59 % des 45-54 ans la connaissent contre 46 % depuis le site internet de l’INCa. 15 000 exemplaires diffusés en
en moyenne), ainsi que des personnes ayant déjà eu recours à ce décembre 2008 lors du Congrès de l’Association Dentaire Française.
dépistage (53 % contre 43 % pour les personnes n’ayant jamais
fait ce test). 6.4.5 − Détection précoce du mélanome
> Concernant le contenu de l’examen du dépistage du cancer L’INCa cherche à développer une information plus précise et
colorectal : on note une forte augmentation de la connaissance plus ciblée sur la nécessité d’une meilleure détection précoce
du test Hemoccult® (analyse des selles/test de recherche de sang du mélanome.
dans les selles) qui passe de 19 % en 2005 à 38,9 % en 2009.
> Une image du dépistage du cancer colorectal qui devient plus Activité de l’INCa
positive depuis 2005 : 3 points sur le côté angoissant, -10 points  Le soutien de l’INCa à la Journée nationale de dépistage des
sur le côté désagréable et -12 points sur le caractère douloureux. cancers de la peau organisée par le Syndicat national des
> Le message d’incitation au dépistage a été entendu : même si une dermato-vénérologues (SNDV) le 15 mai 2008. Diffusion lors
prescription est toujours majoritairement initiée par un profes- de cet évènement du dépliant d’information grand public
sionnel de santé, 30 % des personnes qui se sont fait dépister l’ont "Grain de beauté ou cancer de la peau ? Comment faire la
demandé elles-mêmes directement à un professionnel de santé. différence" à 50 000 exemplaires.

16.
L es Français face au dépistage des cancers, point 2, 2009, échantillon représentatif des Français âgés de 25 ans et plus. INCa/Ipsos. Cette étude barométrique constitue le point 2
et fait suite à une première enquête constituant le point 1 réalisée en décembre 2005.
institut national du cancer 111
rapport d’activité 2008

Dépliant d’information
"Cancers et génétique :
la diversité des tumeurs
et des individus"
(VES – novembre 2008) Le laboratoire de recherche biomédicale (stand INCa – Inserm – ANRS)

6.5 − Contribuer à la feuille des chercheurs, des professionnels de santé, de la presse et


de route radiothérapie du grand public, à travers l’organisation d’événements scienti-
Dans le cadre de la réalisation des objectifs de la feuille de route fiques, la participation aux principaux rendez-vous des acteurs
radiothérapie, l’INCa a collaboré à la rédaction d’un document de la cancérologie, des rendez-vous presse, des publications et
d’information. l’enrichissement de son site www.e-cancer.fr.

L’activité de l’INCa Une présence active auprès des publics


 L’édition et la diffusion d’un guide sur la radiothérapie en par- L’INCa a favorisé les échanges de la communauté des chercheurs
tenariat avec la Société française de radiothérapie oncologique en cancérologie par l’organisation de cinq colloques scientifiques
(SFRO) dans le cadre de la feuille de route ministérielle. Cette internationaux, qui ont permis aux experts de faire le point sur des
brochure d’information intitulée "Médecin traitant et patient sujets innovants et de mettre en commun les dernières avancées de
en radiothérapie : conseils pratiques" synthétise des conseils la recherche. L’INCa a également rassemblé les associations inter-
pratiques visant à aider les médecins traitants à accompa- venant dans le domaine de la lutte contre le cancer en décembre
gner leurs patients avant, pendant et après un traitement par 2008, pour un partage d’expériences sur le thème "Les associations
radiothérapie et est complémentaire du document réalisé en d’aide aux malades et l’INCa : une dynamique de projets".
juin 2007 pour le grand public. Cette brochure est disponible
en format imprimé ainsi que sur le site de l’Institut et de la Allant à la rencontre de ses différents publics, l’INCa a eu une
SFRO, enrichie de quatre fiches complémentaires. présence active sur 14 salons et événements professionnels ou
grand public, tels que le Medec, Eurocancer, les Journées de

>>>
6.6 − Renforcer la visibilité des médecine générale ou le Salon infirmier.
thématiques cancer : relations
presse, site internet, publications Dans le cadre de la fête de la Science en novembre 2008, l’INCa
Une visibilité accrue des thématiques cancer et de l’Institut a participé dans un espace commun intitulé "Le laboratoire de
Durant l’année 2008, l’Institut a amplifié la visibilité de ses recherche biomédicale" avec l’Inserm et l’ANRS, à l’exposition
actions et de la thématique cancer auprès de la communauté "Ville européenne des sciences" qui a reçu 42 600 visiteurs sous
112 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Figure 15 : Fréquentation du site www.e-cancer.fr en


2007 et 2008 (visites et pages vues)

Synthèse nationale : évolution de


l’activité d’oncogénétique de 2003
à 2007

la nef du Grand Palais à Paris. Ce fut l’occasion de délivrer à un Des relations approfondies avec la presse
public divers mais très réceptif des messages simples sur l’impor- En matière de relations presse, l’INCa a diffusé 48 communiqués de
tance de la prévention, du dépistage, et sur les nouvelles pistes presse et 20 dossiers de presse en 2008 et organisé ou co-organisé
de recherche en cancérologie. Deux dépliants d’information 15 conférences ou points presse. Entre 8 et 30 journalistes prennent
"Cancers et génétique : la diversité des tumeurs et des indivi- contact quotidiennement avec l’INCa. Ces différentes actions se
dus" et "Le cancer : un véritable défi de santé publique" ont été sont traduites par près de 6 000 articles et plus de 8 000 interviews
réalisés à l’occasion et distribués à 2 000 exemplaires chacun. radio ou TV autour du cancer, dont plus d’un tiers consacrées aux
actions de sensibilisation au dépistage organisé du cancer colorectal
En 2008, l’INCa a également apporté son soutien scientifique en mars 2008, à la mise à disposition de l’espace d’information
à 16 congrès ou journées, comme par exemple les Rencontres sur internet "Cancers : il y a des moyens pour agir" en juin 2008,
parlementaires sur le cancer, le Congrès de la Société française à la ligne téléphonique Cancer info service ou encore aux actions
de sénologie et de pathologie mammaire, la Journée mondiale du d’information sur le dépistage du cancer du col de l’utérus.
lymphome ou encore les Journées de soins de support. L’INCa a
également organisé trois expositions nationales et internationales Les grandes thématiques sur lesquelles travaille l’INCa (soins,
sur les dépistages : recherche, santé publique) ont été largement relayées et déve-
 exposition mobile sur le dépistage du cancer colorectal en loppées par la presse.
mars 2008 dans plusieurs villes de France ;
 exposition sur les dépistages du cancer du sein en Europe au Le site www.e-cancer.fr : une année de consolidation
Parlement européen à l’occasion d’Octobre rose ; La fréquentation du site internet de l’INCa a poursuivi sa pro-
 exposition au Parc de La Villette en juin 2008 lors du lance- gression tout au long de l’année 2008 avec un nombre de visites
ment de l’espace d’information "Cancers, il y a des moyens et de pages vues en augmentation de 60 % par rapport à 2007,
pour agir". soit 1 142 562 visites et 17 995 449 pages vues en 2008.
institut national du cancer 113
rapport d’activité 2008

Observatoire national de la
Rapport d’activité d’oncogénétique radiothérapie : rapport d’enquête Situation de la chimiothérapie des Situation de la radiothérapie
2007 situation fin 2006 cancers en 2007 en 2007

Une activité soutenue de publication et de diffusion d’expertises


Fait marquant 2OO8 En 2008, l’INCa a renforcé son activité éditoriale en augmentant
de 25 % le nombre de ses publications (64 en 2008 contre 40 en
> La mise en ligne en juin 2008 sur le site www.e-cancer.fr, 2007). Il a notamment produit 7 nouveaux documents d’expertise.
de l’espace "Cancers, il y a des moyens pour agir" destiné à
informer le grand public et les acteurs relais de pédagogie, a Les expertises publiées en 2008 :
considérablement augmenté le nombre de visites mensuelles  Synthèse nationale : évolution de l’activité d’oncogénétique
sur le site qui est passé de 81 063 en mai à 173 792 en juin de 2003 à 2006.
et 136 860 en juillet.  Rapport d’activité d’oncogénétique 2007.
 Observatoire national de la radiothérapie : rapport d’enquête
situation fin 2006.
Après ce pic, la fréquentation s’est stabilisée à un niveau élevé,  Situation de la chimiothérapie des cancers en 2007.
grâce :  Situation de la radiothérapie en 2007.
 à l’enrichissement des dossiers (radiothérapie, prévention,  Atlas de la mortalité par cancer en France métropolitaine
référentiels de bon usage, symposiums et colloques INCa,  Rapport scientifique 2007-2008.
Plan cancer, etc.) ;

>>>
 la mise en ligne de nouveaux outils (module de formation L’année 2008 s’est traduite par la création de trois nouvelles
multimédia à la détection précoce des cancers de la cavité buc- collections éditoriales :
cale, module de contribution au prochain Plan cancer, etc.) ;  les fiches repère, qui font le point des connaissances dans un
 la mise en ligne d’éléments d’information liés aux campagnes domaine de prévention spécifique, soit par facteurs de risque,
sur les dépistages du cancer colorectal et du cancer du sein soit par milieux (cancer et environnement ; tabac et cancer ;
(septembre et octobre 2008). cancers professionnels, etc.) ;
114 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Atlas de la mortalité par cancer


en France métropolitaine Rapport scientifique 2007-2008

  es documents synthétiques d’aide à la pratique des médecins


d professionnels de santé et de la communauté scientifique, à
traitants (dépistage organisé du cancer colorectal, calendrier travers notamment des e-mailing très ciblés, la distribution de
des dépistages, médecin traitant et patient en radiothérapie : ses publications sur les salons professionnels, la valorisation
conseils pratiques) ; auprès de la presse et la mise à disposition de celles-ci sur son
 une série d’"indications pour la radiothérapie" au sein des site internet.
recommandations  : ces documents destinés aux médecins Le nombre de demandes d’outils de proximité s’est considérable-
spécialistes s’inscrivent dans la feuille de route fixée par le ment accru en 2008, surtout dans le cadre des actions en faveur
ministère de la Santé pour ce qui concerne la radiothérapie. du dépistage du cancer du sein et du cancer colorectal qui ont
été fortement relayées par les professionnels de terrain. Ce sont
L’année 2008 a également été marquée par l’intégration au sein près de 70 000 affiches, 650 000 dépliants et 400 000 cartes
de l’INCa de l’équipe éditoriale en charge de la production de qui ont été distribués pendant et après la semaine nationale
recommandations pour la pratique clinique SOR (Standards, contre le cancer colorectal. Des acteurs comme les associations,
Options : Recommandations). les cancéropôles, les caisses primaires d’Assurance maladie,
les groupements régionaux de santé publique, mais aussi les
L’Institut a renforcé la visibilité et la diffusion de ses publica- collectivités locales ou les enseignants se font de plus en plus
tions auprès des différents publics et en particulier auprès des le relais des publications et des actions de l’INCa.
institut national du cancer 115
rapport d’activité 2008
116 institut national du cancer
rapport d’activité 2008
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rapport d’activité 2008

7. R
 echerche
  lus de 3 000 expertises sollicitées
P
 1 167 projets de recherche soumis

 174 nouveaux projets financés

 Plus de 2 000 patientes incluses dans l’essai PHARE

 9 groupes de recherche clinique créés

 620 essais répertoriés dans le registre français des essais


cliniques
 Engagement de l’INCa pour la France dans le Consortium
international génomique du cancer (15 M€ sur 5 ans)
 3 colloques internationaux organisés

 2 séminaires nationaux

Éléments de contexte
L’Institut National du Cancer a pour objectif de financer des projets originaux
dans tous les domaines en relation avec le cancer afin de :
 mieux comprendre les pathologies cancéreuses ;
 mieux traiter les patients ;
 répondre aux questions de la société.

Pour ces objectifs, l’INCa propose des appels à projets libres pour environ
50  % de ses budgets de recherche  : les projets sont retenus sur une base
compétitive où sont privilégiées l’originalité des hypothèses, la faisabilité
du programme et la mise à contribution d’équipes provenant de disciplines
diverses. En complément de ces projets de recherche fondamentale en bio-
logie ou dans les domaines des sciences humaines, de l’épidémiologie et
de la santé publique, l’INCa assure la gestion du Programme hospitalier
de recherche clinique, dont l’objectif est de financer des essais cliniques et
thérapeutiques en privilégiant la pertinence clinique des questions posées
pour une meilleure prise en charge des patients. Les essais de stratégie

>>>
concernent tous les types de tumeurs, fréquentes ou plus rares. À l’interface
entre ces approches fondamentales et cliniques, un troisième type d’appels
à projets est proposé à la communauté scientifique et médicale portant sur
la recherche de transfert ou recherche translationnelle, financés par l’INCa
et la DHOS. Ces projets portent sur des domaines applicatifs de la recherche
dont la recherche sur le médicament, les essais cliniques précoces, les inter-
118 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Tableau 22 : Répartition par cancéropôle des 174 projets financés

Cancéropôle Nombre de projets 2008

Ile-de-France (IDF) 63

Grand-Sud-Ouest (GSO) 24

PACA 20

CLARA 19

Grand-Est (GE) 18

Grand-Ouest (GO) 18

Nord-Ouest NO 12

Total 174

ventions sur l’immunité, l’identification de biomarqueurs Les procédures d’évaluation des projets de recherche (publiées
diagnostiques, thérapeutiques ou pronostiques, des travaux sur le site de l’INCa) sont gérées par la plateforme des appels
sur des technologies interventionnelles (imagerie, chirurgie, à projets de l’INCa qui assure le respect des procédures depuis
procédés diagnostiques ou thérapeutiques) et sur des essais la publication de l’appel jusqu’au rendu des résultats.
cliniques d’intervention sur le mode de vie et la supplémen- En 2008, plus de 3 000 expertises ont été sollicitées sur l’ensemble
tation médicamenteuse susceptibles de modifier la survenue des processus d’évaluation des 1 167 projets de recherche sou-
ou l’évolution tumorale. mis à l’INCa. Au total, pour les deux séries d’appels à projets
Outre ces programmes récurrents, l’INCa a intégré depuis (février et septembre 2008), 145 nouveaux projets de recherche
4  ans un appel à projets annuel centré sur une pathologie ont été financés dans le domaine du cancer. L’INCa a également
(successivement  : formes précoces des cancers colorectaux, participé à des appels à projets de l’ANR, de l’Inserm, du CNRS
lymphomes malins, hépatocarcinomes, cancer de la prostate en et de la Ligue nationale contre le cancer, dans le cadre desquels
2010), pour laquelle il existe une interrogation de prévention, 29 projets dans le domaine du cancer ont été soutenus.
de dépistage ou d’épidémiologie.
Pour chacun de ces grands programmes, le conseil scientifique
international de l’INCa est consulté chaque année. Faits marquants 2OO8
L’activité de l’INCa en 2008 dans le domaine de la recherche se > En 2008, l’Institut a participé au financement de 174 nouveaux
concentre autour de trois actions majeures : projets de recherche en cancérologie sur le territoire français
 mise en œuvre et gestion de 9 appels à projets, participation pour un budget de près de 51 M€ (Tableau 22).
à 5 appels à projets en partenariat avec les organismes de
recherche et les associations de malades ;
 développement de nouvelles actions internationales et mise Sur l’ensemble des projets financés, les pathologies principalement
en place d’appels à projets avec des partenaires européens ; concernées sont le cancer du sein (12 %), le cancer du poumon ou les
 suivi et évaluation des grands programmes et projets de lymphomes pour 8 %, le cancer colorectal pour 5 % puis les leucémies,
recherche lancés dans les années antérieures. myélomes, tumeurs du système nerveux central ou tête et cou pour 4 %.
institut national du cancer 119
rapport d’activité 2008

Tableau 23 : Synthèse de l’appel à projets


"Recherche translationnelle"
Date de lancement Septembre 2008 en association avec la DHOS
Contribuer à l’émergence d’une recherche
translationnelle de haut niveau dans tous
Objectifs les domaines de la cancérologie et favoriser
les interactions entre les chercheurs et les
cliniciens

8 M€ (4 M€ apportés par l’INCa et 4 M€ par


Financement prévu
la DHOS)

  47 lettres d’intention soumises


1
en novembre 2008
 Présélection de 43 lettres d’intention
Résultats
 Taux de présélection : 29,5 %
 Évaluation et publication des résultats :
avril 2009

Pour les appels à projets qui, généralement, concernent un grand didatures pour la formation à la recherche translationnelle de
nombre de projets (recherche clinique et projets libres en bio- médecins ou d’étudiants en médecine.
logie du cancer), une nouvelle procédure d’évaluation en deux
étapes a été mise en place au second semestre 2008. La première Appel à projets "Recherche translationnelle"
phase consiste en l’évaluation par les rapporteurs du comité Cet appel à projets associe l’INCa et la DHOS et sera proposé
d’évaluation de lettres d’intention soumises par les investigateurs de manière récurrente ; il couvre tous les champs de la recherche
principaux des projets, la deuxième phase concerne l’évaluation translationnelle en cancérologie incluant la prévention, le dia-
de dossiers complets pour les projets éligibles. Selon cette pro- gnostic précoce, le développement de thérapies et prenant aussi
cédure, la période séparant la publication de l’appel et le rendu en compte les aspects humains et sociaux liés au cancer.
des résultats est généralement comprise entre six et sept mois. La présélection des projets sur lettres d’intention s’est déroulée
en octobre 2008. L’évaluation finale des projets préselectionnés
7.1 − Les appels à projets sera réalisée sur expertise des dossiers complets et les résultats
7.1.1 − Recherche translationnelle seront publiés en avril 2009 (Tableau 23).
En accord avec les recommandations du conseil scientifique
international de l’INCa, la recherche translationnelle est depuis Le comité d’évaluation de présélection des projets sur lettres
2007 très largement encouragée dans la programmation de la d’intention comprend 21 rapporteurs (dont 9 rapporteurs inter-
recherche de l’INCa. Ce type de recherche doit permettre la nationaux). Le comité d’évaluation des 43 dossiers présélectionnés
transformation des découvertes issues des laboratoires, de la est constitué de 18 rapporteurs (dont 8 internationaux). Confor-
clinique ou de l’analyse des populations en nouveaux outils de mément aux procédures de l’INCa, chaque dossier est évalué par

>>>
diagnostic et de traitement performants. Il implique une étroite deux experts indépendants et deux rapporteurs du comité.
collaboration entre chercheurs et cliniciens.
À l’issue de la présélection, la répartition des dossiers soumis
En 2008, l’INCa a apporté son soutien à la recherche transla- par cancéropôle est indiquée figure 16 :
tionnelle en cancérologie à travers un appel à projets impliquant La typologie des projets soumis indique que, majoritairement, les
des équipes de cliniciens et de chercheurs, et un appel à can- projets concernent l’étude de procédures de détection précoce
120 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Figure 16 : Appel à projets "Recherche Tableau 24 : Synthèse de l’appel à projets
translationnelle" FINANCÉS À PARTIR DE 2009 "Formation recherche translationnelle" 2008
Date de lancement Février 2008
Permettre à de jeunes médecins, en cours
de formation, ou à ceux qui souhaitent
préparer un doctorat ou effectuer un stage
Objectifs
postdoctoral, de participer à des travaux
de recherche translationnelle au sein d’un
laboratoire de recherche
Financement 1,3 M€
  1 candidatures évaluées (45 bourses
6
Master 2 Recherche (M2R) ; 9 thèses
et 7 stages postdoctoraux)
Résultats  76 expertises réalisées
 Taux de sélection : 39 %
 23 candidatures financées (17 M2R ;
5 thèses et 1 stage postdoctoral)

ou diagnostic des tumeurs et l’ensemble des 43 dossiers couvre inférieur puisque seulement 23 candidatures ont été soumises.
les tumeurs de 20 organes différents. La réduction du nombre de candidatures en comparaison à la
session de février 2008 d’un facteur 2,6 peut s’expliquer par la
En 2007, l’INCa a lancé un appel à projets pour la recherche différence de calendrier de l’appel.
translationnelle en cancérologie qui a conduit à l’évaluation
de 56 projets, puis au financement de 14 d’entre eux. On note 7.1.2 − Génomique du cancer et valorisation
donc une augmentation de la soumission des projets de plus de des ressources biologiques
60 %. Ce taux élevé de soumission peut s’expliquer par l’annonce Les analyses à grande échelle de génomique ont permis d’identi-
du budget deux fois supérieur à celui qui a été alloué en 2007 fier des gènes potentiellement impliqués dans le développement
(3,7 M€ en 2007, 8 M€ prévus en 2008 grâce au partenariat de différents types de cancers et des variants associés à la pré-
avec la DHOS). On peut également envisager que la nouvelle disposition à certains cancers. L’enjeu est désormais :
procédure de soumission en deux étapes a séduit les investiga-  de caractériser la fonction précise des gènes et leurs variants,
teurs des projets s’engageant plus volontiers dans la prépara- et la régulation de leur expression dans la cellule ;
tion sur un temps court de dossiers succincts avant l’éventuelle  d’étudier les interactions moléculaires dans l’homéostasie
présélection de leur projet. cellulaire et les pathologies (Tableau 25).

Appel à candidatures "Soutien à la formation à la recherche L’analyse des études génétiques et génomiques sélectionnées
translationnelle en cancérologie d’étudiants en médecine et de indique que les projets s’attachent à :
jeunes médecins"  mieux comprendre l’hétérogénéité ou les gènes de prédispo-
Lancé en février 2008, cet appel à projets a été évalué en juin sition des cancers du sein ;
2008 (Tableau 24 et Figure 17).  analyser un nouveau gène suppresseur de tumeur dans les
hémopathies malignes ;
En septembre 2008, un nouvel appel a été lancé pour soutenir  corréler les profils d’expression génique ou les polymorphismes
les médecins ou étudiants en médecine à la formation à la sanguins et les anomalies chromosomiques avec la toxicité ou
recherche translationnelle. Le taux de réponse est nettement la réponse à un traitement couplées généralement à l’analyse
institut national du cancer 121
rapport d’activité 2008

 Figure 17 : Appel à projets "FORMATION Tableau 25 : Synthèse de l’appel à projets
Recherche translationnelle" 2008 "Génomique du cancer" 2008
Date de lancement Février 2008
Soutenir les travaux de recherche dans tous les
domaines de la génomique fonctionnelle dans une
démarche translationnelle basée sur l’exploitation
de collections biologiques ou ayant pour objectif
Objectifs la constitution de nouvelles collectes d’échantillons
en accord avec les règles juridiques et éthiques
actuelles, dans le but de répondre à une question
issue de l’épidémiologie, de l’observation clinique,
ou de la recherche fondamentale
Financement 5,3 M€
  4 projets évalués / 8 projets sélectionnés
5
 137 expertises réalisées par 110 experts
Résultats
dont un tiers de spécialistes internationaux
 Taux de sélection : 14 %

 Figure 18 : Appel à projets "Génomique


fonctionnelle des gènes étudiés (comme par exemple le rôle des du cancer" 2008
gènes de prédisposition identifiés dans le cancer du poumon).

La moitié des projets porte sur les cancers du sein (les échan-
tillons provenant de collectes prospectives pour trois projets
sur quatre). Sur les quatre projets financés, deux utilisent des
échantillons déjà collectés (cohortes rétrospectives).

La répartition des projets par cancéropôle est indiquée dans

>>>
la figure 18.

7.1.3 − Projets libres en biologie


L’appel à projets libres de l’INCa est récurrent, et chaque année
il représente de 30 à 40 % du budget total des appels à projets
de l’Institut (Tableau 26).

Tableau 26 : Synthèse de l’appel à projets Tableau 27 : Analyse typologique des projets
"Biologie du cancer" 2008 financés en biologie
Date de lancement Février 2008 Nombre
de projets
Typologie des projets
Permettre la réalisation de projets (% par rapport
coopératifs originaux (avec une approche au total)
Objectifs
multidisciplinaire) dans les différents Mécanismes cellulaires de la transformation 10 (33 %)
domaines de la recherche en cancérologie
Cibles thérapeutiques et développement
9 (30 %)
Financement 13,5 M€ de nouveaux traitements
  44 projets soumis à l’évaluation / 30 projets
1 Mécanismes génétiques de la transformation 5 (16,5 %)
sélectionnés
Résultats Immunothérapie 2 (6,6 %)
 249 expertises réalisées par 176 experts
 Taux de sélection : 21 %
Modèles de pathologies 2 (6,6 %)

Protéomique et dépistage (cancer colorectal) 1 (3,3 %)


Résistance aux traitements
1 (3,3 %)
(cancer bronchique)
122 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Figure 19 : Appel à projets Tableau 28 : Projets de biologie du cancer


"Projets libres" FINANCÉS À PARTIR DE 2009 soutenus par l’INCa depuis 2005
2005 2006 2007 2008 Total

Projets de biologie
44 44 40 30 158
du cancer sélectionnés

Budget (M€) 14,247 16,83 14,4 15,3 60,777

Tableau 29 : Synthèse de l’appel à projets


"PAIR lymphomes" 2008
Date de lancement Février 2008
  ermettre une compréhension approfondie
P
de l’éthiopathologie et de la pathogénèse
Objectifs des lymphomes
 Favoriser le développement d’innovations
diagnostiques et thérapeutiques
Financement 5,2 M€

L’analyse de la typologie des projets retenus (Tableau 27) indique   3 projets évalués, 7 projets sélectionnés
3
Résultats
qu’un tiers des projets s’intéresse aux mécanismes cellulaires de la  Taux de sélection : 21 %
transformation incluant des études portant sur les voies de signa-
lisation intracellulaire, les interactions avec le microenvironnement
ou encore les caractéristiques des cellules souches tumorales. Près d’un nombre plus faible de projets (taux de sélection de 37 %
d’un tiers des projets recherchent de nouvelles cibles thérapeutiques en 2007, 21 % en 2008). Le budget global alloué aux projets
et développent de nouveaux agents thérapeutiques. L’amélioration libres de biologie en 2008 (15,3 M€) est légèrement supérieur
des méthodes de dépistage pour le cancer colorectal sera également à celui de 2007 (14,4 M€).
étudiée au travers de la signature moléculaire.
Depuis 2005, 158 projets de biologie du cancer ont été soute-
Dans la majorité des cas, les études seront définies pour un type nus par l’INCa pour un budget de plus de 60 M€ (Tableau 28).
de cancer donné, avec principalement les leucémies aiguës et le
SNC. Cependant, 35 % des projets libres portent sur l’analyse des 7.1.4 − Programmes d’action intégrée de recherche
mécanismes fondamentaux de la tumorigenèse non spécifiques (PAIR)
d’un type tumoral (étude de la transcription et de la régula- Ces Programmes d’action intégrée de recherche (PAIR) ont pour
tion du splicing ; mécanismes de l’angiogenèse ; mécanismes ambition de soutenir l’ensemble des dimensions et questions de
moléculaires impliqués dans la production d’exosomes actifs ; recherche (biologie fondamentale, recherche clinique, épidémiolo-
biogenèse des ribosomes ; rôle du télosome dans l’oncogenèse). gie, technologies innovantes, prévention, dépistage, diagnostic, trai-
tement et aspect humains sociaux) dans le cadre d’une pathologie.
La répartition des projets par cancéropôle est indiquée dans Après le cancer colorectal soutenu en 2007, en 2008 le PAIR a
la figure 19. ciblé les lymphomes (Tableau 29).

Le nombre total de projets soumis en 2008 est supérieur à La répartition des projets par cancéropôle est indiquée dans
celui de 2007 de 35 % et la sélection a conduit au financement la figure 20.
institut national du cancer 123
rapport d’activité 2008

 Figure 20 : appel à projets Tableau 30 : Synthèse de l’appel à projets


"PAIR lymphomes" 2008 "Hépatocarcinome" 2008
Septembre 2008 en partenariat avec l’ANRS
Date de lancement
et l’ARC
  ermettre une meilleure compréhension des
P
mécanismes concourant au développement
Objectifs des carcinomes hépatocellulaires
  Favoriser le développement d’innovations
diagnostiques et thérapeutiques
Financement 5 M€

 41 projets soumis à l’évaluation


 142 experts internationaux sollicités
Résultats  Comité d’évaluation composé de 15
rapporteurs européens
 Évaluation mai 2009

L’analyse de la typologie des projets indique que différentes des lymphomes folliculaires de faible risque, en agissant sur ces
études génomiques et fonctionnelles ont été financées avec différents mécanismes d’action ou de connaître avec précision
pour objectifs de : l’incidence et les caractéristiques épidémiologiques des diffé-
 sélectionner des patients (atteints de lymphomes diffus à rentes entités d’hémopathies lymphoïdes en France, pendant
grandes cellules et traités par des chimiothérapies associées les années 2006-2008.
à un anticorps anti-CD20) de pronostic favorable ; Un programme, multidisciplinaire et intégré, a pour objectif
 d’identifier une signature moléculaire afin de proposer une de comprendre l’épidémiologie, l’oncogenèse des lymphomes
classification des lymphomes T/NK et ; du manteau et d’améliorer les outils précliniques et cliniques
 d’identifier des marqueurs diagnostiques phénotypiques et pour sélectionner les meilleures stratégies thérapeutiques. Enfin
génétiques spécifiques des différents lymphomes dérivés de une étude, plus fondamentale, utilisant des modèles murins et
la zone marginale. humains permettra une meilleure compréhension du proces-
sus multiétapes de progression tumorale et des interactions
Des projets, plus ciblés, permettront d’améliorer l’efficacité mutuelles entre cellules prétumorales et microenvironnement,
du rituximab, anticorps monoclonal dirigé contre l’antigène dans le cas des lymphomes folliculaires.
CD20 et largement utilisé en monothérapie dans le traitement
Un nouveau PAIR a été lancé en septembre ; il concerne le car-
cinome hépatocellulaire (Tableau 30). Les pistes de recherche
 Figure 21 : Nombre de projets par domaine CSO à développer ou à renforcer ont été discutées lors du séminaire
national qui s’est tenu en juillet 2008. Les objectifs du programme

>>>
ont ainsi pu être définis par le comité scientifique de ce PAIR. Ce
programme est proposé en partenariat avec l’ANRS et l’ARC.

L’analyse typologique réalisée selon la classification internationale CSO


(Common Scientific Outline) (sur l’ensemble des projets présentés)
révèle des champs thématiques plus représentés (Figure 21) : le traite-
124 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Tableau 31 : Synthèse du PHRC 2008 Tableau 33 : Analyse typologique des projets
PHRC cancer financés
Date de lancement 17 septembre 2007 avec la DHOS
Axes de la circulaire PHRC Nombre
% total
Soutenir les essais cliniques thérapeutiques, cancer 2008 de projets
enquêtes épidémiologiques et de pratique Essais cliniques coopératifs
Objectifs 30 60 %
médicale, programmes de recherche de multicentriques
facteurs prédictifs ou pronostiques
Thérapeutiques instrumentales
Financement 15,684 M€ et techniques de radiologie 9 18 %
interventionnelle
 170 projets soumis à l’évaluation Méta-analyses 3 6 %
 50 projets sélectionnés
Résultats  480 expertises réalisées Projets de recherche clinique intégrant
par 345 experts français des aspects liés aux sciences humaines 3 6 %
 Taux de sélection : 29 % et sociales

Tableau 32 : Répartition par cancéropôle Tableau 34 : Objectif principal des projets PHRC
des projets PHRC cancer cancer financés
CLARA 4 8 % Nombre
Objectif principal % total
de projets
Grand-Est (GE) 3 6 %
Nouvelles stratégies thérapeutiques 28 56 %
Grand-Ouest (GO) 8 16 %
Recherche de transfert 9 18 %
Grand-Sud-Ouest (GSO) 8 16 % Diagnostic / Dépistage 5 10 %
Ile-de-France (IDF) 17 34 % Sciences humaines et sociales 3 6 %
Nord-Ouest (NO) 6 12 % Divers 5 10 %
PACA 4 8 % Total 50 100 %

Total 50 100 % Sur la totalité des projets PHRC cancer retenus, 85 % du budget
demandé a été accordé. En moyenne, les projets ont reçu 90 %
ment, le dépistage/diagnostic/pronostic, la biologie et la surveillance du financement demandé ; en médiane 100 % ; 80 % des projets
des cancers/survie/résultats de recherche (près de 15 % des projets ont reçu de 80 % à 100 % du budget demandé. L’investigateur
correspondent à l’étude de l’étiologie des cancers ; 10 % concernent principal provient pour 27 des projets (54  %) d’un CLCC et
les hépatites virales). Il est à noter que plusieurs projets possèdent pour 23 projets (46 %) d’un CHU.
plusieurs codifications (plusieurs thèmes développés, en accord La répartition par cancéropôle des projets PHRC est indiquée
avec les objectifs de ce type de programme) : 26 projets ont un dans le tableau 32 et l’analyse typologique dans le tableau 33.
domaine thématique, 14 en ont deux et un projet souhaite déve-
lopper des recherches dans trois domaines différents. Le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques
concerne plus de la moitié des projets retenus (56 %). L’objectif
7.1.5 − Appels à projets de recherche clinique : principal des projets est présenté dans le tableau 34.
PHRC et STIC
La recherche clinique en cancérologie est soutenue par les pro- L’approche thérapeutique médicamenteuse reste majoritaire dans
grammes PHRC cancer et STIC financés par la DHOS  ; ces les études (32 %), la radiothérapie concerne 16 % des projets
appels à projets sont gérés par l’INCa depuis 2004 (Tableau 31). (Tableau 35).
institut national du cancer 125
rapport d’activité 2008

Tableau 35 : Approche thérapeutique et Tableau 37 : Evolution du nombre de projets


technologique des projets PHRC cancer financés PHRC cancer de 2003 à 2008
Nombre Projets PHRC 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Total
% total
de projets
Nombre de
Stratégie médicamenteuse 16 32 % 141 116 212 230 213 170 1 082
projets déposés
Radiothérapie 8 16 % Nombre de
52 33 65 63 76 50 338
projets financés
Imagerie 7 14 %
Chirurgie 5 10 % Budget (M€) 12,7 8,9 15,3 15 14,1 15,6 81,6
Immunothérapie 2 4 %
Thérapie cellulaire 2 4 % Tableau 38 : Synthèse du STIC 2008
Circulaire N°DHOS/INCA/MOPRC/
Date de lancement
2007/380 du 22 octobre 2007
Tableau 36 : répartition par organe des projets  S outenir les innovations validées par une
PHRC cancer financés étape préalable de recherche clinique et
pouvant présenter un impact important sur
Système digestif 9 Objectifs
18 % le système de soins
 Apporter une évaluation médico-
Hématopathies malignes 7 14 %
économique
Poumon 6 12 %
Financement 2,25 M€
Divers 6 12 %
 30 projets reçus
ORL 5 10 %  14 projets soumis à l’expertise externe
 5 projets financés
Sein 5 10 % Résultats
 48 expertises réalisées par 45 experts

SNC 5 10 % français et francophones


 Taux de sélection : 35 %
Cancers de l’enfant 2 4 %
Sarcomes 2 4 % Pour le programme de soutien aux techniques innovantes et coûteuses,
Système urogénital 2 4 % la commission STIC a considéré que 16 projets sur 30 reçus ne cor-
respondaient pas aux attentes du programme (8 projets relevant du
Tumeurs endocrines 1 2 % PHRC ou n’ayant pas le niveau de validation suffisant, 7 projets hors
Total 50 100 % champ, un projet incomplet). Elle a renouvelé à cette occasion son
souhait de faire évoluer la procédure vers un système de présélection
sur lettre d’intention, rejoignant ainsi les préoccupations du CNR2C.
Sur l’ensemble des projets retenus, différents types de cancer Cette innovation procédurale a été intégrée au programme STIC
sont étudiés : les cancers du système digestif représentent 18 % 2009 (cf. paragraphe page suivante).

>>>
des études. La répartition selon les organes est indiquée dans
le tableau 36. La typologie des projets retenus montre que (Tableau 39) :
 4 projets parmi les 5 financés relèvent de la génomique
Pour la période 2003-2008, parmi les 1 082 projets du PHRC moléculaire comme facteur prédictif d’une action théra-
soumis à l’évaluation, 338 projets d’excellence ont été financés peutique ou comme élément du diagnostic. Les domaines
pour un budget de près de 82 M€ (Tableau 37). pathologiques concernés sont le cancer colorectal, les glio-
126 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Tableau 39 : Thématiques STIC proposées en 2008 Tableau 41 : Évolution du nombre de projets STIC
cancer de 2003 à 2008
Nombre Nombre
de projets de projets Projets STIC 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Total
évalués financés
Nombre de
5 5 6 6 10 5 37
Évaluation (comparative) des tests projets financés
moléculaires et génétiques dans
Budget (M€) 7,325 7,538 5,382 5,986 5,52 2,25 34
le diagnostic et dans la décision
8 4
thérapeutique des pathologies
tumorales (tumeurs solides et
hématologiques)
Évaluation (comparative) des
technologies permettant d’optimiser
l’exérèse chirurgicale (incluant la
6 1
chirurgie robotisée dans ses indications
validées, les techniques peropératoires
appréciant les limites d’exérèse)
Total 14 5

Tableau 40 : Répartition par cancéropôle des projets STIC soumis à expertise et sélectionnés
IDF CLARA GO NO GSO PACA GE Total
Nombre de projets soumis
4 (29 %) 3 (21 %) 2 (14 %) 1 (7 %) 1 (7 %) 2 (14 %) 1 (7 %) 14 (100 %)
à expertise externe
Nombre de projets financés 1 (20 %) 1 (20 %) 1 (20 %) - 1 (20 %) 1 (20 %) - 5 (100 %)

blastomes, les sarcomes et les allogreffes de cellules souches  e n biologie innovante, il s’agit de discriminer les patients répon-
hématopoïétiques ; deurs aux thérapeutiques ciblées par la mise en évidence du profil
 le projet de chirurgie concerne la technique du ganglion sentinelle génomique de leur tumeur. La qualité et la reproductibilité des
dans les cancers du col utérin. analyses est un deuxième axe fort des projets financés ;
 plusieurs projets d’imagerie concourent à l’objectif de ciblage des
La répartition par cancéropôle des projets STIC financés est reportée patients répondeurs, telle l’évaluation précoce de la réponse aux
dans le tableau 40. antiangiogéniques ;
Pour la période 2003-2008, 37 projets d’excellence ont été financés  concernant les techniques instrumentales, il s’agit de promou-
pour un budget de 34 M€ (Tableau 41). voir des techniques moins invasives (cœliochirurgie, radiologie
interventionnelle) ou moins mutilantes (ganglion sentinelle
Pour l’ensemble des projets STIC développés depuis 2003 plutôt que curage ganglionnaire d’emblée). D’autres projets
(Figures 22 et 23), il est possible de dégager un dénominateur visent la chirurgie d’exérèse avec reconstruction immédiate pour
commun au niveau des aspects médicaux des projets : améliorer la qualité de vie des patients.
 en radiothérapie, il s’agit essentiellement de préciser les volumes Une nouvelle procédure d’évaluation en deux étapes a été adoptée
à irradier de manière à préserver les tissus sains (radiothérapie par l’INCa et la DHOS pour la session 2009 des programmes
avec modulation d’intensité, en condition stéréotaxique, guidée gérés en commun (PHRC, STIC et recherche translationnelle) : la
par l’image, avec asservissement à la respiration, etc.) ; première phase d’évaluation s’est déroulée fin 2008 et a permis la
institut national du cancer 127
rapport d’activité 2008

 Figure 22 : Répartition des projets STIC 2003-  Figure 23 : Répartition du financement
2008 par grande thématique des projets STIC 2003-2008

présélection des projets sur la base de lettres d’intention soumises 7.1.6 − Appels à projets en sciences humaines,
par les coordinateurs ; la seconde phase sera réalisée en 2009 économiques et sociales en épidémiologie
pour l’évaluation des projets complets. et en santé publique
La mission générale du département est de stimuler une recherche
Chiffres clés PHRC 2009 compétitive en SHES et en épidémiologie et santé publique
 218 lettres d’intention, soumises à l’évaluation, 87 projets pré- appliquées au cancer par :
sélectionnés à l’issue de cette première phase.  le développement et l’animation de la recherche ;
 Plus de 400 expertises ont été sollicitées pour 261 attendues.  la valorisation et le transfert, à des fins d’expertise, des résul-
tats des recherches vers les autres acteurs de la lutte contre
Chiffres clés STIC 2009 la maladie.
 22 lettres d’intention, soumises à l’évaluation, 11 projets présé-
lectionnés à l’issue de cette première phase. En 2008, un Conseil d’orientation scientifique (COS) a été mis
 Près de 60 expertises ont été sollicitées pour 33 attendues. en place, composé de 14 membres couvrant les spécialités de
sociologie, anthropologie, psychologie, économie de la santé
On note une augmentation de 16 % du nombre de projets PHRC et épidémiologie.
soumis et de près de 60 % de projets STIC. Cette augmentation du Deux séries d’appels à projets ont été lancées, l’une concerne

>>>
nombre de projets PHRC cancer peut s’expliquer par la procédure les projets libres (Tableau 42), l’autre des projets de recherche
de soumission de lettres d’intention et par le contenu de la circulaire autour de la qualité de vie des malades (Tableau 43).
qui, pour 2009, présente un éventail plus large des champs éligibles
à cet appel. En ce qui concerne les projets STIC, ce programme, qui Au total en 2008 :
restait jusqu’à présent peu connu, semble aujourd’hui intéresser de 13 projets sélectionnés
plus en plus les investigateurs. Budget de 2,34 M€
128 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Tableau 42 : Synthèse "Projets libres" 2008 Tableau 44 : Analyse typologique
des projets SHES financés
Date de lancement Février 2008
2005 2006 2007 2008 Total
Renforcer l’implication des équipes de Conditions de vie des malades
recherche en sciences humaines, économiques 9 7 11 4 31
Objectifs et expérience de la maladie
et sociales et en épidémiologie dans la lutte
Évolution de la biomédecine
contre le cancer - 15 6 3 24
et rapport au système de soins
Financement 2,34 M€ Cancer et société - - 7 - 7
  6 projets de SHES soumis à l’évaluation,
1 Épidémiologie - - - 6 6
3 projets sélectionnés Total 9 22 24 13 68
  0 projets d’épidémiologie et santé
3
publique soumis à l’évaluation,
Résultats 6 projets retenus Tableau 45 : Évolution des financements
attribués aux appels à projets entre 2005 et 2008
 Au total : 9 projets sélectionnés
 Taux de sélection : 25 % Année 2005 (€) 2006 (€) 2007 (€) 2008 (€) Total
 48 expertises réalisées par 45 experts français AAP 549 952 1 988 826 2 284 390 2 787 266 7 610 434

tants plus importants alloués par projet.


Tableau 43 : Synthèse "Qualité de vie" 2008
Depuis sa création en 2005, l’INCa a lancé 16 appels à projets
Date de lancement Février 2008 qui ont donné lieu au financement de 68 projets (Tableau 44).
  ieux comprendre le retentissement
M
psychosocial de la maladie et des Les financements attribués aux appels à projets entre 2005 et
traitements sur la vie quotidienne et le bien- 2008 sont d’environ 7,6 M€ (Tableau 45).
être des patients
Objectifs  Prendre en compte l’expérience subjective 7.1.7 − Appels à projets en partenariat avec la Ligue
du patient et son inscription dans une nationale contre le cancer : Carte d’identité
trajectoire biographique des tumeurs (CIT)
 Contribuer à faire évoluer les outils utilisés
Ce programme CIT annuel est mené en partenariat avec la Ligue
pour saisir la qualité de vie
depuis 2005. Il a pour objectif de définir la signature moléculaire
Financement 0,47 M€ des tumeurs à partir de l’analyse couplée du transcriptome et
  8 projets soumis à l’évaluation, 4 projets
1 de la structure du génome par CGH-array en vue de répondre
sélectionnés à des questions cliniques.
Résultats
 Taux de sélection : 22 % En 2008, 7 projets ont été sélectionnés et l’INCa a soutenu ce
l 36 expertises réalisées programme avec un budget de 0,4 M€ (Tableau 46). Le coût
total du programme n’est pas connu à cette date mais devrait
Les projets sélectionnés (Tableau 44) s’inscrivent dans les axes être comparable au coût 2007.
suivants : En 2007, le budget INCa de 0,4 M€ alloué au programme CIT
 évolution de la biomédecine et rapport au système de soins avait couvert 15 % du budget total.
(3 projets) ;
 épidémiologie (6 projets). Les 7 projets sélectionnés dans le programme CIT 2008 concer-
Si le nombre de projets financés est inférieur à celui des années nent les tumeurs desmoïdes, du sein, du rectum, les glioblas-
antérieures, le budget global est en hausse, reflétant des mon- tomes et les lymphomes.
institut national du cancer 129
rapport d’activité 2008

Tableau 46 : Répartition par cancéropôle des Tableau 48 : Répartition par cancéropôle des
projets sélectionnés dans le programme CIT 2008 plateformes technologiques soutenues par l’INCa
Nombre Nombre de plateformes
CLARA Cancéropôle
de projets retenus technologiques

Ile-de-France (IDF) 4 Ile-de-France (IDF) 4

CLARA 1 PACA 3

Grand-Ouest (GO) 1 Grand-Est (GE) 2

PACA 1 Grand-Ouest (GO) 2

Total 7 Grand-Sud-Ouest (GSO) 2

Nord-Ouest (NO) 2

Tableau 47 : Axes thématiques des plateformes CLARA 1


technologiques Total 16
Nombre
de plateformes
financées
Screening et banque chimique 4

Génomique et transcriptomique 3
En 2008, l’INCa a financé 2 projets multidiscplinaires "Physique-
Proteomique 2
Chimie du Vivant" pour un budget de 0,7 M€ et l’équipement
Imagerie in vivo 2 de 16 plateformes technologiques pour un budget de 3,03 M€
(Tableau 47 et 48).
Imagerie cellulaire 2

Animalerie, exploration fonctionnelle 1 7.1.9 − Appels à projets en partenariat


avec l’Inserm et le CNRS
Immunomonitoring 1 L’Inserm et CNRS proposent chaque année des programmes
Cellules souches et vectorisation 1 favorisant le retour ou le recrutement de chercheurs de haut
niveau effectuant leurs travaux de recherche à l’étranger. L’INCa
est partenaire de ces programmes et finance la totalité du
budget d’équipes sélectionnées et travaillant dans le domaine
du cancer.
7.1.8 − Appels à projets en partenariat
avec l’Agence nationale de la recherche En 2008, l’INCa a soutenu 2 équipes Avenir de l’Inserm (bud-
Deux appels à projets communs ont été lancés avec l’Agence get global 0,6 M€) et 2 équipes ATIP du CNRS (budget global
nationale de la recherche ; l’un porte sur les projets de physique- apporté par l’INCa 0,6 M€).

>>>
chimie du vivant dont l’objectif est de soutenir les approches Depuis 2007, l’INCa a ainsi soutenu 6 équipes AVENIR Inserm.
multidisciplinaires rapprochant les communautés de physiciens,
chimistes, biologistes et cliniciens autour de programmes scien- En 2008, l’INCa a participé à l’appel à projets permanent de
tifiques conjoints, l’autre apporte son soutien aux plateformes l’Inserm pour les chercheurs de haut niveau et financé un pro-
technologiques des sciences du vivant (plateformes IBiSA). jet. Depuis 2007, l’INCa a ainsi soutenu 3 chercheurs de haut
L’INCa finance les projets dans le domaine du cancer. niveau en cancérologie.
130 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Tableau 49 : Synthèse des avancées du PNES Tableau 50 : Synthèse des avancées du PNES rein
poumon (budget total : 1,8 M€ ; durée : 2 ans) (budget total : 1,4 M€ ; durée : 3 ans)
Acteurs 24 équipes, 6 tumorothèques, 3 essais cliniques Acteurs et
et structures nationaux coordonnés par l’Intergroupe structures 36 équipes
impliquées Francophone de Cancérologie Thoracique (IFCT) impliquées
Identifier, valider et utiliser des biomarqueurs Créer un réseau centré sur le développement,
Objectifs moléculaires de risque, diagnostic précoce, l’évaluation et une meilleure compréhension
pronostic et prédiction des réponses thérapeutiques Objectifs
des mécanismes d’action des thérapies
antiangiogéniques
 Identification de deux nouveaux locus
de susceptibilité pour le cancer du poumon   ôle de l’ADN mitochondrial dans la déficience
R
(Hung et al. Nature 2008 / programme national du complexe I de la chaîne respiratoire dans
de génomique des cancers avec le CNG) l’oncocytome rénal (G. Gasparre et al. Hum Mol
Avancées  Études relatives aux relations gènes et statut genet 2008)
principales fumeur (G. Mountzios et al. Clin Canc Res  Rôle du microenvironnement hypoxique
2008 ; A. Bernheim et al. Lab Invest 2008 ; et survie des cellules tumorales (articles soumis)
G. Mountzios et al. Nat Clin Prat Oncol 2008)  Caractérisations cliniques et génétiques
 Étude épidémiologique portant sur les facteurs Avancées des carcinomes rénaux familiaux non VHL.
de risques professionnels (soumis) principales Recommandation pour une analyse des
mutations du gène FLNC en plus de celle
 S éminaire de bilan final du programme et
du gène VHL et de l’analyse cytogénétique
perspectives
constitutionnelle (E.R Woodward
 Validation fonctionnelle des gènes de
et al. Clin Can Res 2008)
susceptibilité identifiés (identifications des
 Création de modèles animaux de xénogreffes
Perspective mécanismes impliqués dans la carcinogénèse,
de carcinomes rénaux humain pour le criblage
2009 analyse de leur signification comme
et l’évaluation de l’efficacité des traitements
biomarqueurs / projet financé dans le cadre de
l’appel à projet 2008 : "génomique et fonction Poursuite de l’inclusion des malades dans le cadre
Perspective
des gènes dans les cancers : valorisation des des essais cliniques
ressources biologiques")

niques devrait permettre la collecte des échantillons et l’inves-


7.2 − Les grands programmes tigation des questions de recherche associées (rôle des traite-
nationaux ments antiangiogéniques en phase adjuvante ; identification
7.2.1 − Les programmes nationaux des facteurs biologiques à la réponse aux antiangiogéniques ;
d’excellence spécialisés étude des mécanismes de résistance aux traitements anti-
Des "programmes nationaux d’excellence spécialisés" (PNES), dédiés angiogéniques…)
à la recherche sur le cancer du poumon et du rein, ont été lancés
en 2006. Ces programmes avaient pour objectif de développer des 7.2.2 − Le programme PHARE et son extension SIGNAL
programmes intégrés de recherche avec un fort aspect translation- L’essai PHARE (NCT00381901) a été mis en place en mai 2006
nel et structurant (fédérant équipes de chercheurs et de cliniciens). et continue à recruter des patientes avec un rythme soutenu. Cet
Le PNES poumon est aujourd’hui terminé et de nombreux résul- essai randomisé, comparant 6 à 12 mois de traitement chez les
tats ont été obtenus dans le cadre de ce programme, créant une patientes atteintes d’un cancer du sein de type HER2+ recevant le
synergie entre les équipes (Tableau 49) ; le PNES rein s’achèvera trastuzumab en situation adjuvante est promu par l’Institut Natio-
début 2009 (Tableau 50). nal du Cancer. Plus de 450 cliniciens et une centaine d’attachés
de recherche clinique sont impliqués, près de 180 établissements
Quelques résultats expérimentaux et la constitution de modèles de tout type, public ou privé, y participent. Un millier de patientes
ont pu être obtenus et réalisés. Le démarrage des essais cli- est recruté annuellement (Figures 24 et 25) ; le taux de patientes
institut national du cancer 131
rapport d’activité 2008

 Figure 24 : État d’avancement de l’essai  Figure 25 : État d’avancement de l’essai
Phare par type de structure PHARE : courbe des inclusions

recrutées représente 20 à 25  % des patientes éligibles pour ce


 Figure 26 : étude SIGNAL traitement en adjuvant.

Vers une recherche intégrée d’excellence : l’étude SIGNAL


L’INCa souhaite élargir le succès de cet essai en lui associant
une nouvelle étude génétique, SIGNAL (Figure 26). Le but
est d’étudier des facteurs génétiques de sensibilité, tels que
la résistance au trastuzumab®, facteurs de prédisposition à
la survenue d’un cancer du sein HER2+ et de prédisposition
au cancer du sein, etc.) dans une population homogène de
patientes HER2+ (2 000 patientes), en comparaison avec une
population HER2- (4 000 patientes). Des données cliniques,
biologiques et épidémiologiques seront recueillies et exploitées

>>>
de façon intégrée dans le cadre de cette étude. Cette étude per-
mettra à tous les établissements de participer à une recherche
clinique innovante, associée à une recherche cognitive et de
transfert. Les avis de l’Afssaps et du Comité de protection de
personnes ayant été obtenus, l’inclusion des patientes dans
l’étude débutera en 2009.
132 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Tableau 51 : Rapport d’activité Tableau 53 : Tumorothèque virtuelle nationale


des tumorothèques (TVN)
Envoi d’un questionnaire à remplir (actualisé et
Actions 2008 Établir une base de données nationale
validé) aux 60 tumorothèques sanitaires
permettant d’identifier et de localiser, par
Recensement selon la Codification Objectifs le réseau des tumorothèques françaises, des
Internationale des Maladies (CIM 10) des échantillons biologiques associés à des données
prélèvements tumoraux cryopréservés, la cliniques de qualité
Contenu du liste des projets de recherche, la liste des
questionnaire publications auxquelles chaque tumorothèque a   dition de la charte
É
contribué, des données concernant les systèmes  Suivi des projets cancéropôle
d’information de gestion des données et de mise Actions 2008
 Analyse et bilan du projet pilote (dans le
aux normes cadre du PNES poumon)
Mesurer l’évolution de l’activité (et notamment
les flux de ressources biologiques à des fins   uverture de la TVN (1er semestre 2009)
O
Objectifs  Intégration ou mise en place des données
de recherche) et la qualité intrinsèque des
tumorothèques Actions 2009 (TV PACA et GSO ; réseaux thématiques)
 Communication auprès du consortium
Une analyse des questionnaires sera effectuée européen du BBMRI
Résultats en 2009 (production d’un rapport : juin 2009).
attendus Le rapport d’activité 2009 sera proposé en
formulaire web-service (télédéclaration)
Les tumorothèques
Depuis 1999, de nombreuses actions institutionnelles ont été
Tableau 52 : Annuaire national réalisées, principalement sous l’égide de la DHOS, de l’Inserm
des tumorothèques puis en partenariat avec l’INCa depuis 2005, pour développer,
  fficher les capacités techniques et
A structurer, pérenniser et améliorer la qualité des centres de res-
fonctionnelles mais aussi l’ensemble des sources biologiques et tumorothèques. Il est désormais nécessaire
collections de ressources biologiques avec des
Objectifs d’encourager le suivi et l’affichage des activités des tumorothèques
critères quantitatifs
 Constituer une base de données consultable
et des collections. C’est pourquoi l’INCa a développé différents
sur le site internet de l’INCa outils : les rapports d’activité des tumorothèques, l’annuaire des
tumorothèques et la Tumorothèque Virtuelle Nationale (TVN).
  nvoi du questionnaire
E
Actions 2008  Définition du cahier des charges de la base de
Un rapport d’audit réalisé en 2007 sur le bilan de la politique
données (marché à procédures adaptées)
publique d’aide au renforcement des tumorothèques a permis
Résultats Annuaire accessible et informatif, actualisable en d’établir que près d’un million d’échantillons étaient stockés dans
attendus fonction web-service (juin 2009) les tumorothèques et que 2,9 % de ces échantillons avaient été
utilisés dans des programmes de recherche entre 2001 et 2006.
En 2008, les tumorothèques ont actualisé leur rapport d’activité
7.3 − Les ressources biologiques et l’analyse sera effectuée en 2009 (Tableau 51). Un annuaire
et tumorothèques des tumorothèques sera accessible dès juin 2008 (Tableau 52).
Afin de permettre des travaux de concertation et de réflexion,
l’INCa a constitué, en juin 2008, un "groupe de travail ressources Dans le cadre du PNES poumon, le concept de la TVN a été
biologiques "composé de médecins, de pathologistes, de clini- testé avec pour objectif de :
ciens et chercheurs, représentants des différents cancéropôles.  valider les procédures d’alimentation et de mise à jour de la
Il a permis l’aboutissement de nombreuses actions (rédaction base de données ;
de rapports et de recommandations).  mettre en œuvre le catalogue national dans les 6 tumoro-
institut national du cancer 133
rapport d’activité 2008

 Figure 27 : PNES poumon : évolution du nombre


d’échantillons recensés et mis à disposition

thèques impliquées et établir avec leurs responsables des Pour cela, il a réalisé différentes actions :
recommandations techniques selon les systèmes d’informa-  imposition, dans les textes des appels à projets, de contraintes
tion utilisés localement, pour l’extraction et le transfert des qualité pour tous les projets liés aux ressources biologiques, avec
données vers la base de l’INCa ; notamment le respect de la charte éthique des tumorothèques ;
 mettre en œuvre et tester le module de consultation des don-  appels à projets dédiés spécifiquement à encourager l’utilisation
nées et recherche de ressources biologiques sur le site internet des ressources biologiques à des fins de recherche (ex : appel à
de l’INCa ; projets "génomique et valorisation des ressources biologiques") ;
 assurer et contrôler la qualité des ressources biologiques et  définition de l’estimation des coûts de fonctionnement liés à
des données associées ; la valorisation scientifique des ressources biologiques (publi-
 assurer et contrôler la traçabilité des mises à disposition des cation de recommandations en 2009) ;
ressources biologiques ;  engagement de l’INCa dans différents consortiums ou réseaux
 établir des recommandations pour l’utilisation de la TVN. (BBMRI et ICGC) (cf. chapitre 7.6 Actions internationales).
Cette base de données a donc servi de support d’organisation
pour faciliter le recensement, le ciblage et la mise à disposition 7.4 − Le renforcement des structures
des ressources biologiques nécessaires aux différents programmes 7.4.1 − Le soutien aux cancéropôles
de recherche du PNES. Ainsi, de juillet 2007 à décembre 2008, Conformément aux objectifs du premier Plan cancer, 7 cancéropôles
3 512 prélèvements ont été enregistrés et 2 059 ciblés pour un ont été créés en 2003 (Appel à projets émergence des cancéropôles).
projet de recherche du PNES (Figure 27). C’est un outil de structuration et d’animation interrégional et de mise
en œuvre de la politique de soutien à la recherche de l’Institut National

>>>
Valorisation des ressources biologiques du Cancer. Au printemps 2007, l’INCa a lancé un appel à projets dit de
L’INCa s’est fortement engagé pour permettre (a) l’obtention "refondation" des cancéropôles baptisé PROCAN (financement global
de ressources biologiques de haute qualité, assorties de don- de 26,5 M€ afin de poursuivre et de conforter l’élan de 2003, remise
nées cliniques exhaustives et standardisées correspondant aux à jour de la stratégie scientifique des cancéropôles pour la période
critères d’inclusion des projets de recherche et (b) l’exploitation 2007-2010, renfort de leurs moyens technologiques et définition de
des collections biologiques. nouvelles actions de structuration et d’animation scientifique).
134 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Carte 13 : Répartition géographique


des centres de traitement des données

Au cours de l’année 2008, 3 cancéropôles (IDF, GO et GSO) se


sont constitués en GIP avec une gestion publique pour IDF et
privée pour les deux autres (avec un changement des équipes gou-
vernantes dans ces deux cancéropôles), la région PACA devant
le réaliser en 2009.

Au-delà des actions individuelles de chacun des cancéropôles


pour coordonner la recherche et dans le respect des objectifs
définis dans le programme PROCAN (animation de groupes de 7.4.2 − Les centres de traitement des données
travail, valorisation des équipes, des expertises et des projets ; En 2007, l’INCa a labellisé 11 centres de traitement de données
organisation de colloques et séminaires ; gestion des appels à (CTD) (Carte 13) pour remplir tout ou partie des missions suivantes :
projets, du suivi financier et scientifique des projets  ; renfort  fournir l’aide logistique informatique permettant de garantir la
du dialogue entre les communautés scientifiques et médicales ; qualité des données recueillies (données à jour, non entachées
coordination des plateformes…), des efforts ont été développés d’erreurs) : aide à la conception des cahiers d’observations,
en 2008 pour : saisie et contrôle de saisie des données, traçabilité et sécurité
 renforcer les partenariats industriels au plan régional et national ; des données, gel de base de données, suivi à long terme des
 se rapprocher d’autres structures de l’interrégion (pôles de données des patients ;
compétitivité, fondations et RTRS ou RTRA) ;  apporter une expertise pour la gestion des projets : assurer
 engager des actions intercancéropôles (colloques, mises en l’attribution du bras de traitement par randomisation, coor-
commun d’expériences : exemple des tumorothèques virtuelles donner la collecte, la vérification et les corrections éventuelles
nationales…) ; des données ;
 améliorer la visibilité et développer une stratégie de commu-  apporter une expertise méthodologique pour la conception
nication (rénovation des sites internet) ; des protocoles, des cahiers d’observations et des formats de
 monter des partenariats européens et apporter une aide aux données et une expertise statistique pour l’analyse des résultats
équipes pour répondre aux appels d’offres européens. et la rédaction de la publication.
institut national du cancer 135
rapport d’activité 2008

Depuis 2008, le financement des CTD est pérenne, assuré par Le financement obtenu à suite de la labellisation a été princi-
la DHOS, à travers les fonds MIGAC. palement utilisé pour du personnel affecté au projet (recrute-
ment de biostatisticien, "data manager", attaché de recherche
Concernant l’activité en rapport avec la labellisation en tant clinique, médecin, ingénieur, technicien, ou formation), pour le
que centre de traitement de données, chaque CTD, en 2007 soutien aux études prises en charge, le matériel et équipement
et 2008, a eu la charge de plusieurs études, mono- ou multi- informatique, le fonctionnement courant du CTD et les frais de
centriques, pour certaines d’entre elles depuis leur conception gestion, à des niveaux variables selon les CTD.
jusqu’à la rédaction de l’article scientifique, en passant par
la réalisation des démarches administratives, la promotion, Deux CTD (GERCOR et FFCD) ont mis en route une coopé-
l’inclusion des sujets, le "data management", l’analyse et le ration dans plusieurs études avec pour but de mettre en place
suivi après fermeture des inclusions. Au cours de cette période, un CTD conjoint.
le nombre d’études prises en charge a été variable selon les
CTD, avec un nombre maximal rapporté de 201 études. Il En 2008, l’INCa a réuni tous les représentants des CTD et initié
s’agissait de : une coordination de ces centres visant principalement à mettre
 essais cliniques de phases I à IV ; en place un réseau des CTD, le partage des données, l’accès
 études observationnelles ou de bases de données prospectives, rétrospectif aux données de recherche et des analyses groupées.
notamment en sciences humaines et sociales ;
 études diagnostiques ; 7.4.3 − Les structures de recherche clinique
 études pronostiques ; L’Institut a financé, en 2007, par l’intermédiaire d’un appel à

>>>
 méta-analyses ; projets la mise en place de 26 Équipes mobiles de recherche cli-
 études épidémiologiques, principalement des cohortes ; nique (EMRC) réparties sur l’ensemble du territoire (Carte 14). Le
 études d’impact ; financement de ces équipes a été intégré dans les crédits Assurance
 études de faisabilité ; maladie à partir de 2008. L’Institut continuera à assurer son rôle
 études biologiques, génomiques, du transcriptome ; de coordination et d’évaluation de ces équipes et, à ce titre, a
 recherche méthodologique. effectué en 2008 le bilan de la première activité.
136 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Carte 14 : Répartition géographique des établissements bénéficiaires d’EMRC

Ce bilan indique en quelques chiffres que : 7.4.4 − Les groupes de recherche clinique
 78 personnes ont été recrutées soit 63 ETP dont 80 % en CDD ; En 2008, l’INCa a créé 9 groupes de recherche clinique (GRC)
 le recrutement a été fait pour 40  % dans le secteur libéral dont la mission est de participer au développement d’actions
et 60 % dans le secteur public (en nombre de sites investi- de recherche clinique. Les GRC ont pour vocation de :
gateurs) ;  faire émerger des projets de recherche cliniques originaux,
 les postes ont été attribués pour 40 % à des techniciens d’essais novateurs et fédérateurs, notamment axés sur l’élaboration de
cliniques et 60 % des attachés de recherche clinique remplissant nouveaux traitements, ainsi que sur la prévention et le dépis-
une mission d’aide à l’investigateur ; tage précoce des cancers. La sélection des projets à financer
 les postes mobiles ont été affectés pour plus de 150 villes se fera par appel à projets compétitifs. Des études, portant sur
(200 établissements). des questions de biologie du cancer, de sociologie et d’éco-
nomie de la santé seront également financées ;
Un an après la mise à disposition du budget, il reste à pourvoir  proposer des thèmes pour les appels à projets annuels de
8 postes ETP (11 % du budget). recherche clinique (PHRC cancer) ;
 jouer un rôle clé dans la coordination des grands domaines
Le processus de mise en place des équipes a débuté fin 2007 de la cancérologie (système digestif, hématologie, cancer du
et s’est poursuivi en 2008. Les retombées réelles en termes de sein, cancer du poumon, etc.) ;
patients inclus dans des essais cliniques pourront être évaluées  fédérer des équipes de chercheurs en recherche clinique (biolo-
à partir de 2009 quand la mise en place de l’ensemble des gistes, chirurgiens, radiologues, oncologues…), pour permettre
équipes sera effective. d’une part la mise en place d’essais coopératifs, notamment
institut national du cancer 137
rapport d’activité 2008

en recherche translationnelle, et d’autre part d’accroître la d’équipes de recherche et conception et structuration en réseau
reconnaissance internationale des chercheurs français en d’équipes de recherche, coordination des activités de recherche
cancérologie ; et collaboration avec les groupes pharmaceutiques privés.
 apporter des réponses individuelles ou collectives, en tant Les 9 GRC ont été créés autour des organes, maladies et spé-
qu’experts, aux questions touchant aux soins, à l’innovation, cialités suivants : cancers digestifs, cancers gynécologiques, leu-
à la prévention et au diagnostic précoce, à la demande de cémies aiguës et hémopathies myéloïdes, cancers de la peau
l’INCa ou des autorités sanitaires ou de la recherche ; et des tissus conjonctifs, cancers du sein, cancers urologiques,
 agir en collaboration avec l’INCa et les institutions interna- cancers lymphoïdes, cancers du poumon et ORL, tumeurs du
tionales telles le NCI (États-Unis), le NCRI (Royaume-Uni) et système nerveux central et tumeurs endocrines.
le DKFZ (Allemagne), auprès de l’industrie pharmaceutique Chaque GRC est composé d’un coordinateur et de 10 à 20
pour faciliter l’accès aux nouvelles molécules. Dans le cas du experts. Les GRC ont été conçus pour être représentatifs des
NCI, l’objectif est de renforcer le partenariat afin d’inclure des spécialités, des affiliations des établissements et des régions
patients français dans des essais cliniques promus par le NCI administratives. Leurs membres ont également été sélectionnés
ou l’INCa, y compris lors du test de médicaments hors plan en fonction de leurs activités de recherche, du volume et de la
de développement des groupes pharmaceutiques ; qualité de leurs publications scientifiques.
 poursuivre la labellisation des essais cliniques qui seront inté-
grés dans le registre des essais cliniques de l’INCa. Ceci permet Les GRC se réunissent une fois par trimestre et ont été consti-
de fournir des informations fiables aux professionnels de santé, tués pour une durée de 4  ans. Chaque groupe s’est réuni au
aux chercheurs et aux patients, et d’accroître la participation moins une fois en 2008 et a élaboré son programme de travail.

>>>
de ces derniers aux essais cliniques. À titre d’exemple, la préparation de la fédération des groupes
coopérateurs dans le domaine de l’hématologie lymphoïde ou
À travers leurs missions, les GRC jouent un rôle essentiel dans la participation à la conception de l’étude SIGNAL peuvent
les activités de l’INCa, en particulier pour l’organisation, la être cités. Des projets de symposiums dans les domaines de
programmation et la stimulation de la recherche clinique sur le la gynécologie, des cancers digestifs ou urologiques, initiés en
cancer en France : innovation en matière de recherche, fédération 2008, verront le jour en 2009.
138 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Figure 28 : évolution du nombre de promoteurs et d’essais figurant dans le registre

7.4.5 − Le registre des essais cliniques


Le registre français des essais cliniques en cancérologie a pour
objectif de permettre aux patients, aux professionnels de santé,
et plus largement au public, de disposer d’une information
exhaustive, actualisée et de qualité concernant les essais cli-
niques réalisés en France dans le domaine de la cancérologie.
Il est disponible depuis avril 2007.
Un réel effort, notamment de recherche, collecte, validation,
traduction le cas échéant, sélection, rédaction, saisie, actualisa-
tion et suivi des données de la part notamment des chargés de
mission, a permis d’atteindre en 2008 un niveau d’exhaustivité
important des informations contenues dans le registre. Entre
décembre 2007 et décembre 2008, le nombre d’essais cliniques
affichés dans le registre, et donc accessibles à la consultation,
a augmenté de plus de 100 % (Figure 28).

Par ailleurs, les essais cliniques à promotion industrielle y sont


à présent affichés (200 en décembre 2008).

>>>
Le registre permet une recherche des essais cliniques selon leur
statut, ouverts ou clos aux inclusions, les sites géographiques
dans lesquels ils sont conduits (Carte 15), les organes concer-
nés, la phase des essais cliniques, la nature de l’intervention,
l’origine du financement et, donc, le caractère, académique ou
industriel du promoteur (Tableau 54).
institut national du cancer 139
rapport d’activité 2008

Tableau 54 : Typologie des essais cliniques en ligne au 31/12/2008

Total 620 (270) Intervention*

Dont académiques 396 270  Médicament** 581 (191)

 En attente d’ouverture 22 (10)  Radiothérapie 77 (47)

 Ouverts 422 (233)  Imagerie 33 (25)

 Clos 176 (27)  Chirurgie 27 (16)

 Greffe 20 (15)

 Pharmacologie – Recherche de transfert 43 (33)

Classement anatomique*

 Sein 110 (35)

 Prostate 33 (16)

 Appareil respiratoire 75 (34) Phase

 Côlon et rectum 57 (36)  I 43 (9)

 Voie aérodigestives supérieures (VADS) et ORL 43 (17)  I-II 30 (10)

 Foie et voies biliaires 28 (15)  II 270 (107)

 Appareil urinaire 27 (8)  II-III 15 (5)

 Appareil génital féminin 31 (20)  III 179 (67)

 Appareil digestif (autre que côlon et rectum) 38 (17)  IV 20 (14)

 Peau – Mélanomes 15 (4)  Sans 86 (58)

 Sang – Hématologie 109 (36)

 Système nerveux 30 (18)

 Sarcomes 19 (10) Financement***

 Appareil génital masculin 5 (5)  Public 74 (47)

 Système endocrinien 8 (5)  Industriel 144 (101)

 Métastases 41 (19)  Mixte 40 (23)

 Autres 58 (34)  Non précisé 138 (99)


* La somme peut être supérieure au total, certains essais présentant plusieurs catégories de classification
** Comporte également les vaccins
*** Uniquement pour les essais à promotion non industrielle
140 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

 Carte 15 : Nombre de centres de soins  Figure 29 : évolution de la fréquentation


participant aux essais cliniques affichés du registre des essais cliniques
sur le registre en ligne au 31/12/2008

Tableau 55 : Ratios de succès des projets


par organe
Nombre Intermé-
Organe Succès Échec
projets diaire

La fréquence de consultation du registre est en constante aug- Hématologie 20 15 2 3


mentation depuis l’ouverture du registre à la consultation, quelle Système digestif 16 8 2 6
que soit l’information recherchée (Figure 29 et Tableau 56).
Sein 11 5 1 5
7.5 − Bilan et évaluation Système urogénital 13 8 0 5
des projets PHRC 2003 et 2004
Tissus conjonctifs et peau 6 3 2 1
En 2008, l’INCa, en étroite collaboration avec le Comité natio-
nal de recherche clinique en cancérologie (CNR2C), a organisé Tête et cou + Poumon 6 4 2 0
pour la première fois une évaluation des projets financés par
Système nerveux central 1 1 0 0
le Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC cancer)
pour les années 2003 et 2004. Un questionnaire a été adressé Autres 12 8 0 4
aux 85 investigateurs principaux. L’analyse des réponses est
Total 85 52 9 24
rapportée ci-dessous. Les projets ont été classés selon les défi-
nitions suivantes : i) Succès (étude en cours et en bonne voie
ou close) ; ii) Intermédiaire (étude en cours et taux d’inclusion donc de 28 % (27 % du budget global alloué). Parmi les projets
inférieur aux prévisions) ; iii) Échec (donnée manquante, étude classés en succès, 31 sont finis et 21 sont encore en cours.
non débutée, en cours avec très peu d’inclusions, close sans Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer les retards ou les
atteindre les objectifs d’inclusions). échecs, mais leur principale cause est liée aux difficultés de recrute-
Sur 85 projets financés, 52 ont été classés en succès, 9 en inter- ment des patients (un tiers de projets) du fait de critères d’inclusion
médiaire et 24 en échec (Tableau 55). Le taux global d’échec est trop restrictifs ou de la surestimation du potentiel d’inclusion.
institut national du cancer 141
rapport d’activité 2008

Tableau 56 : Fréquentation de l’espace dédié aux essais cliniques en 2007 et 2008

2007
Avr 07* Mai 07 Juin 07 Juil 07 Aout 07 Sept 07 Oct 07 Nov 07 Dec 07
Page d’accueil 804 1203 1791 1801 1258 1798 1955 1972 1434
Consultation familles
946 2477 3053 2421 2456 2392 3432 3239 2844
anatomiques
Liste des essais par organe 1809 5972 6875 6850 8222 7783 11282 10330 10242
Consultation d’un essai 1474 9617 8371 11658 12879 13058 15894 16512 15698
Consultation
764 5469 4820 6659 7150 1249 8964 8549 8056
d’un établissement
Consultation
47 1636 1773 1454 2165 1759 3316 2348 2079
d’une fiche contact
2008
Janv-08 Fév-08 Mars- 08 Avr-08 Mai- 08 Juin-08 Juill-08 Août-08 Sept- 08 Oct-08 Nov-08 Dec-08
Page d’accueil 2193 3280 3430 2960 3055 3334 2502 3066 2846 2954 2605 2443
Consultation familles
5093 3955 3913 3431 3037 4445 3608 10832 3718 4707 3671 3467
anatomiques
Liste des essais par organe 16396 10173 12322 11434 9568 15133 15502 59036 16168 21530 17457 17525
Consultation d’un essai 10998 6989 28747 11607 10036 16272 15939 108051 17153 23797 15982 13746
Consultation
11303 8083 14901 9849 7693 13537 13170 80758 15347 21176 13224 11388
d’un établissement
Consultation
2077 1168 6174 1448 1205 1964 1716 31885 1907 3411 2096 1593
d’une fiche contact

Tableau 57 : Ratios de succès par type de recherche


Nombre % de succès et
Type de recherche Succès Intermédiaire Échec
de projets d’intermédiaires
Recherche translationnelle 34 24 4 6 82 %
Essais cliniques avec médicaments 31 20 4 7 77 %
Thérapie cellulaire et immunothérapie 15 6 1 8 47 %

>>>
Cette analyse préliminaire est fondée sur des données une large diffusion de ces résultats, les projets évalués sont
déclaratives. Une analyse complémentaire sera effectuée présentés oralement lors de conférences nationales. De plus,
par bibliométrie et un rapport complet devra être réalisé les comités d’évaluation et les investigateurs seront infor-
par les porteurs de projets dans les six années qui suivent més de ces résultats et invités à fournir des analyses a priori
l’acceptation des financements. En outre, afin de permettre plus strictes.
142 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Tableau 58 : Répartition par cancéropôle des projets


de l’AAP DAAD de 2006 à 2008
Nombre Nombre Nombre TOTAL
Cancéropôle de projets de projets de projets projets
2006 2007 2008 2006-2008
Ile-de-France (IDF) 2 1 3 6

CLARA 1 1 1 3

Grand-Est (GE) - 2 - 2

Grand-Sud-Ouest (GSO) 1 1 - 2

Grand-Ouest (GO) - - 1 1

PACA 1 - - 1

Nord-Ouest (NO) - - - -

Total 5 5 5 15

7.6 − Les actions internationales   esure des foyers gamma-H2AX avec l’Institut Curie ;
m
7.6.1 − Les actions bilatérales  l’hémato-immunologie avec l’hôpital Saint-Louis ;
National Cancer Institute (États-Unis)  une collaboration sur la prostate avec l’IGR ;
À la demande de l’INCa, une mission a été organisée auprès du  échange de chercheurs et formation – INCa.
NCI/NIH en janvier 2008, afin de pouvoir donner un nouvel élan aux
relations et aux échanges entre l’INCa et le NCI. Plusieurs domaines En lien avec le National Cancer Research Institute (Royaume-
ont alors été identifiés pour une potentielle collaboration : la géno- Uni), participation à la réunion annuelle de l’International Can-
mique, la recherche clinique et la recherche translationnelle. cer Research Partners et décision d’utiliser à l’INCa la classifi-
cation CSO (Common Scientific Outline).
Dans le cadre de la recherche clinique, la collaboration avec
le CTEP (Cancer Therapy Evaluation Program) du NCI vise à Japon : une mission en mai 2008 a permis d’identifier plusieurs
améliorer l’accès aux molécules innovantes dans le traitement points de collaboration notamment sur la génomique avec le
du cancer dont les patients français pourraient bénéficier. Ce National Cancer Centre et l’Institut RIKEN et sur la recherche
projet est axé, dans un premier temps, sur les essais cliniques de translationnelle avec l’Institute of Medical Science of the Uni-
phases précoces (phase I et II). En décembre 2008, une équipe a versity of Tokyo.
été spécifiquement constituée afin d’assurer la mise en place de
cette collaboration. Une des premières actions entreprises a été DAAD (Allemagne) : renouvellement de l’AAP "Joint Trans-
de coordonner et de motiver les cliniciens français autour d’un national Research Programme on Cancer" ; 5 projets ont été
premier appel à projets du NCI concernant un produit spécifique. sélectionnés (sur 14 projets soumis) pour un montant total de
Six projets ont été reçus puis soumis au NCI pour évaluation. 113 943  € sur deux ans (2009-2010). Dix projets avaient été
sélectionnés pour cet appel à projets sur la période 2006-2007
À la suite d’une visite en octobre de représentants du CCR - Centre et financés au total pour 231 K€ (Tableau 58).
for Cancer Research (branche de la recherche intramurale du
NCI) - des axes de collaboration sont en cours d’élaboration, Pologne : un accord cadre tripartite (ministère des Sciences et de
en coordination avec l’INCa : l’Enseignement supérieur polonais, CNRS, INCa) a été signé en
institut national du cancer 143
rapport d’activité 2008

juin 2008 pour la mise en place d’appels à projets communs ; 7.6.2 − La participation aux programmes
le premier, lancé en juin 2008, a permis à l’INCa de soutenir communautaires
4  projets (sur 11  soumis) à hauteur de 450  K€ sur trois ans  S eptième PCRD  : troisième AAP clos en décembre 2008  :
(2009-2011). Parmi les 4 projets retenus, 2 sont coordonnés participation de l’INCa à deux candidatures, une sur le cancer
par des laboratoires de recherche du cancéropôle Ile-de-France, du sein coordonnée par le Royaume-Uni (Wellcome Trust,
un projet par Grand-Est et un projet par Grand-Ouest. Sanger Institute) et une sur le lymphome coordonnée par
l’Espagne (CNIO).
Les jumelages : sur les 8 projets de jumelages entre cancéropôles  Préparation d’un réseau pour la recherche translationnelle en
et instituts de recherche européens lancés en 2006 et 2007, cancérologie : projet ERANET mené par cinq pays - institutions
2 projets de jumelages se sont terminés fin 2008 : dont le NCRI (UK), le ministère de Recherche allemand, Ins-
 CLARA, Institut Albert Bonniot – Istituto Nazionale di Tumori tituto de Salud Carlos III (Espagne), l’ISS et l’ACC (Italie) et
Milan ; l’INCa qui devraient être rejoints par d’autres pays intéressés.
 Nord-Ouest, CHRU Lille – Université de Bruxelles. La première réunion élargie s’est tenue à Rome en octobre
afin d’en poser les premiers jalons.
Les projets Grand-Est – DKFZ (Allemagne) et Grand-Sud-Ouest  BBMRI (Biobanking and Biomolecular Resources Research) :
– CNIO (Espagne) devraient se terminer normalement en 2009. créé dans le cadre du septième PCRD (programme "capacités"
Les projets PACA Institut Paoli Calmettes – Institut Pédiatrique infrastructures de recherche) de la Commission européenne.
Giannina Gaslini Gênes et Ile-de-France, IGR et le Karolinska L’INCa participe au projet et est impliqué dans les groupe de
Institutet, Stockholm, ont chacun été prolongés d’un an, soit travail WP3 disease-oriented biobank (sous-groupe cancer)

>>>
jusqu’en janvier 2010. et WP7 "financement".
 CoCAN CPG (Coordination de recommandations pour la
Le projet initial d’un an entre CLARA, Centre Léon Bérard et pratique clinique en cancérologie). Ce projet a été financé
l’Université de Lausanne a été soutenu par l’INCa pour une dans le cadre du sixième PCRD, pour une durée de 4  ans
année supplémentaire (soit jusqu’en août 2009) à hauteur (2006-2010). Ce projet est coordonné par l’INCa (cf. 5.3.1
de 75 k€. page 77).
144 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

7.6.3 − Le consortium international ICGC 7.6.4 − Les programmes de coopération


(International Cancer Genome Consortium)   éseau Cancer de coopération internationale (RCCI) : la coor-
R
Lancé en avril 2008, l’ICGC est un forum de collaboration qui dination du réseau par l’INCa s’est terminée en novembre
vise à apporter une description exhaustive des modifications 2008. Ce réseau rassemble les structures suivantes : ministère
génomiques, transcriptomiques et épigénomiques de 50 types des Affaires étrangères, ministère de la Santé, Cancérologues
et/ou sous types de tumeurs différents qui revêtent une impor- sans frontières, Ligue nationale contre le cancer, PMSF, AMCC
tance clinique et sociétale dans le monde. L’analyse de chaque et UICC.
type de tumeur devrait impliquer des échantillons tumoraux  Palestine : en octobre 2008, fin des stages de formation des 5
provenant d’environ 500 patients pour un coût estimé de 15 M€ médecins palestiniens en radiothérapie, radiophysique, radio-
(sur 5  ans). L’ICGC rendra ses données accessibles gratuite- logie conventionnelle, IRM, CT Scan.
ment et dans un bref délai à l’ensemble de la communauté de  Tunisie : dans le cadre du volet formation, interventions d’ex-
chercheurs. perts français au sein du master de physique médicale de l’Ins-
Douze pays et l’Union européenne sont membres de ce consor- titut Salah Azaiez à Tunis, et préparation de l’accueil de 8 sta-
tium. L’INCa est le représentant français et est impliqué, en giaires issus de ce master dans des centres français pour 2009.
tant que membre fondateur, au sein du Comité exécutif. Des
représentants français font partie de différents comités de l’ICGC 7.7 − Les événements scientifiques
(Comité de pilotage scientifique, comité d’éthique, comité des de l’INCa
ressources biologiques). 7.7.1 − Les séminaires nationaux
L’INCa organise chaque année des séminaires nationaux qui ont
L’INCa a exprimé son intérêt pour coordonner les études de géno- pour objectif, soit de préparer les programmes scientifiques des
miques de cinq types de tumeurs : cancer du sein HER2+, car- appels à projets, soit de présenter les résultats des travaux scien-
cinome hépatocellulaire, cancer du poumon, sarcome d’Ewing tifiques soutenus par des appels à projets de l’INCa.
et un sous-type spécifique de lymphome. En 2008, l’INCa a organisé un séminaire national de préparation
Deux projets pilotes sur les cancers du foie et du sein ont été lan- d’appels à projets (PAIR Hépatocarcinome) et un séminaire de pré-
cés en décembre 2008 (sélection des échantillons de tumeurs). sentation des travaux menés dans le domaine "Cancer et emploi".
institut national du cancer 145
rapport d’activité 2008

Tableau 59 : Répartition des axes prioritaires du séminaire national PAIR Hépatocarcinome

Thématiques Pilotes

Épidémiologie/prévention/dépistage/diagnostic Pr Jean-Claude Trinchet (Hôpital Jean Verdier, Bobigny)

Thérapeutique Pr Julien Taïeb (HEGP, Paris)

Recherche cognitive et translationnelle Dr Jessica Zucman (Inserm Hôpital Saint-Louis, Paris)

Séminaire national PAIR Hépatocarcinome   es propositions visant à améliorer la situation actuelle. Les
d
Dans le contexte d’augmentation globale de l’incidence du solutions proposées devaient répondre à des problématiques
carcinome hépatocellulaire (CHC) et eu égard à sa mission spécifiques et ciblées pouvant conduire dans un délai de deux
générale d’organisation de la lutte contre le cancer en France, à trois ans maximum à des résultats mesurables. Les approches
l’INCa a organisé en 2008 un séminaire national sur le multidisciplinaires ont été favorisées.
carcinome hépatocellulaire.
Ce séminaire s’est tenu le 2 juillet 2008 au pôle multimédia Quatre réunions plénières organisées à l’INCa ont permis des
de l’Espace Landowski, à Boulogne-Billancourt, en partenariat échanges entre les experts, la finalisation de trois rapports et
avec l’ARC et l’ANRS. Il avait pour objectif de mener à bien l’identification des axes prioritaires du Programme d’actions
un programme scientifique transversal de haut niveau, en intégrées sur le carcinome hépatocellulaire (PAIR-CHC). Avant
prenant en considération l’ensemble des dimensions et le séminaire, chaque participant a eu la possibilité d’adresser des
des problématiques (d’épidémiologie, de prévention, de questions aux organisateurs sur le CHC via internet.
dépistage, de prise en charge des patients et des sciences Ce sont les informations contenues dans les rapports fournis par
humaines et sociales), ainsi que les questions de recherche le groupe de travail, enrichies des débats survenus lors du sémi-
(cognitive, clinique et translationnelle) liées au carcinome naire, qui ont constitué le socle sur lequel l’Institut s’est fondé
hépatocellulaire. pour la rédaction puis la mise un œuvre d’un appel à projets
Un groupe multidisciplinaire de 14 experts a été constitué en national, l’objectif étant de favoriser l’excellence scientifique.
concertation avec l’ARC et l’ANRS. Le Pr Dominique Franco,
chef du service de chirurgie digestive à l’hôpital Antoine Béclère, Le séminaire a réuni 136 participants représentant les commu-

>>>
en a assuré l’animation (Tableau 59). nautés de chercheurs, des anatomopathologistes, des hépatolo-
gues, des chirurgiens et des oncologues médicaux. 41 % d’entre
Chaque pilote a fourni un document de synthèse structuré de eux ont répondu au questionnaire de satisfaction (56 réponses).
la manière suivante : L’enquête montre que 98 % des interviewés ont été satisfaits des
 une présentation de l’existant ; exposés, les débats ayant contribué pour 93 % d’entre eux à bien
 une analyse critique ; cerner les objectifs du Programme intégré CHC.
146 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

Séminaire national de restitution de travaux en sciences Ce symposium a permis de réunir des responsables de la recherche
humaines et sociales et développement "international" des principaux groupes phar-
Les avancées des 5 projets soutenus par l’appel à projets "can- maceutiques mondiaux et des chercheurs académiques français
cer et emploi" lancé en 2006 en partenariat avec l’ARC ont été dans ce domaine de la recherche translationnelle, avec comme
présentés à l’Institut le 12  décembre 2008 en présence d’un objectifs de :
comité de spécialistes (sociologues, médecins du travail, etc.).  favoriser les échanges entre les laboratoires académiques et les
Cette réunion a non seulement permis aux coordinateurs des grands laboratoires de l’industrie pharmaceutique mondiale
projets de présenter les résultats de leurs travaux et de les et initier des collaborations au plus haut niveau ;
soumettre à la discussion collective, mais aussi à l’Institut de  offrir aux équipes académiques françaises l’occasion de pré-
recueillir les questions en suspens, en vue d’un éventuel renou- senter leurs succès dans ce domaine de la recherche transla-
vellement de cet appel à projets. Ce séminaire a également tionnelle, leurs objectifs et les grands équipements d’analyse
été l’occasion de préparer l’atelier consacré à la réinsertion et d’imagerie qui ont permis ces travaux ;
professionnelle des malades dans le cadre d’un colloque de  donner l’occasion aux industriels d’exposer leurs besoins en
restitution des résultats des recherches en SHS depuis 2005, matière de collaboration avec le monde académique pour faire
prévu à l’automne 2009. avancer le progrès thérapeutique dans le domaine du cancer.

7.7.2 − Les colloques internationaux Ce séminaire a également été l’occasion de présenter aux indus-
Recherche translationnelle en cancérologie triels du médicament les atouts des 7 cancéropôles en matière de
L’INCa et le Leem-Recherche se sont associés pour organiser recherche translationnelle en cancérologie à travers une brochure.
le 29  septembre 2008, à la Cité Internationale Universitaire
de Paris, le premier symposium international sur la recherche Le symposium, introduit par le Directeur général de la santé,
translationnelle en cancérologie. Cette recherche initiée à partir Didier Houssin, a été couronné de succès, et a réuni 220 parti-
de la recherche fondamentale ou à partir d’observations cli- cipants ; sur les 77 participants ayant retourné le questionnaire
niques ou épidémiologiques a pour objectif de se traduire le plus de satisfaction, 97  % ont exprimé leur pleine satisfaction de
rapidement possible en progrès diagnostique et thérapeutique. l’organisation et du contenu des débats.
institut national du cancer 147
rapport d’activité 2008

 Figure 30 : Résultats de l’enquête de


satisfaction menée à l’occasion du symposium
international "Cellules souches et cancer"

Cellules souches et cancer  l’élaboration de nouvelles stratégies immunothérapeutiques


L’INCa et la Fondation Singer Polignac se sont associés pour fondées sur l’administration de cellules immunes, de facteurs
organiser le 15 octobre 2008, à la Fondation Singer Polignac à immunostimulants ou de vaccins thérapeutiques ;
Paris, un symposium international sur les cellules souches et le  les contributions possibles du système immunitaire à l’effi-
cancer. Parmi les 8 orateurs, 6 sont des experts internationaux cacité de certaines thérapies antitumorales conventionnelles
du domaine des cellules souches. et ciblées.
Ce symposium a réuni 160 participants. 66  % d’entre eux
ont répondu à l’enquête de satisfaction réalisée à l’issue Ce symposium a réuni 171 participants, seuls 18 % ont répondu
de la manifestation scientifique, dont 25  % d’étudiants et à l’enquête de satisfaction réalisée à l’issue de la manifestation
postdoctorants (Figure 30). scientifique. Ce faible taux de réponse ne permet pas d’évaluer de
91 % des participants ont jugé le colloque très bon ou bon. manière optimale la satisfaction des participants, mais retenons
que la très bonne qualité du symposium a été exprimée dans la
Immunothérapie et cancer totalité des réponses.
L’INCa et l’Institut Inserm Cancer se sont associés pour organiser
le 8 décembre 2008, à la Cité internationale universitaire de Paris, 7.7.3 − Une exposition scientifique grand public
un symposium international sur l’immunothérapie et le cancer. À l’occasion du lancement de la fête de la sciences 2008 et
L’objectif de ce symposium était de dresser un état des lieux dans le contexte de la présidence française de la communauté
des stratégies immunothérapeutiques qui font l’objet d’études européenne, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la
précliniques et cliniques dans le domaine du cancer et dont recherche a organisé une exposition grand public du 14 au
l’élaboration repose sur une connaissance de plus en plus fine 16 novembre 2008 au Grand palais de Paris "Ville européenne
des modalités du contrôle immunitaire des cellules tumorales. des Sciences". L’INCa s’est associé à l’Inserm et à l’ANRS pour
Le symposium a ainsi présenté : présenter au public le laboratoire de recherche biomédicale.
 l’identification de nouveaux marqueurs immunitaires corrélant La Direction de la recherche de l’INCa a ainsi illustré l’apport
avec l’évolution clinique de certaines tumeurs et la réponse de la génétique pour la prise en charge des patients atteints
thérapeutique ; de cancer.
148 institut national du cancer
rapport d’activité 2008

NOTES

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150 institut national du cancer
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AVRIL 2009

Édité par l’Institut National du Cancer


Tous droits réservés – Siren : 185 512 777 – ISSN. : 1760-7728
Crédits photos : DR

Dépôt légal avril 2009


Site internet  de l’Institut National du Cancer
www.e-cancer.fr

Réf. RAPACTFR08

www.e-cancer.fr