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De Bucarest à Lisbonne : un jumelage entre propriétaires et entrepreneurs ruraux

portugais et roumains, en présence d’un représentant luxembourgeois, dans le cadre du


programme « ELO Conference Series »

Au premier mai dernier, l’UE s’est élargie ; elle devrait étendre de nouveau ses frontières en
2007 en intégrant la Bulgarie et la Roumanie. ELO participe à ce processus en contribuant au
rapprochement des acteurs de la société civile, notamment des propriétaires et entrepreneurs
en milieu rural des anciens et nouveaux pays membres.

De fait le réseau tissé par ELO à l’échelle européenne lui a permis de soumettre à la
Commission un projet global de communication et d’échange d’information dont la première
phase a été lancée les 6 et 7 novembre 2003 par la conférence « Réforme de la PAC :
opportunités entrepreneuriales dans l’Europe élargie ».
Qu’en est-il aujourd’hui du projet ? A quel degré d’achèvement ELO est-elle parvenue alors
que ce programme doit être clos en octobre prochain ?

Au-delà de la conférence de Bruxelles, 13 séminaires nationaux (le Luxembourg étant présent


au cours du jumelage Portugal/Roumanie) ont été planifiés sur l’année 2004. La France (20-
24 avril) et l’Espagne (14-15 mai) ont ouvert le cycle en accueillant la Pologne et l’Estonie
pour des débats portant particulièrement sur l’agriculture et la foresterie. Les 27 et 28 mai, la
Grande-Bretagne recevait Malte et la République Tchèque pour des travaux centrés sur la
gestion du territoire et les contrainte environnementales. Enfin le Portugal et la Roumanie se
rencontraient en présence du Luxembourg les 7 et 8 juin autour des questions forestières et de
gestion des territoires de chasse.

Les séminaires organisés avec les membres d’ELO en Suède, Danemark, Finlande, Allemagne
et Irlande sont déjà programmés et peuvent être suivis sur le site www.elo.org/cs. Les Pays-
Bas, l’Autriche, l’Italie et la Grèce doivent encore préciser les dates et les thèmes qui seront
abordés.

Par delà les rencontres institutionnelles qui permettent de faire vivre et de renforcer un réseau
comme ELO à l’échelle du continent, les rencontres ont déjà, à ce stade, permis de créer des
opportunités entrepreneuriales : évaluation d’un projet « puits de carbone » en Estonie par
l’intermédiaire d’Eco-Carbone, partenaire français d’ELO ou encore le développement de
produits de chasse entre le Portugal et la Roumanie.

Ce dernier jumelage a été principalement centré sur trois axes :


- Statut de la propriété privée et problèmes liés à la restitution des terres confisquées ;
- Développement de l’activité forestière en fonction des conditions climatiques locales. Ce
volet intégrait une visite sur place de forêts produisant du bois, du liège et des pignons de
pin ;
- Développement de l’activité cynégétique comme source de revenu alternatif
complémentaire.

Il est souvent demandé aux représentants d’ELO dans quelle mesure les différentes
composantes de l’organisation parviennent à élaborer une dynamique commune. Il est en effet
difficile pour les personnes extérieures au réseau d’appréhender les éléments qui font d’ELO
et de Friends of the Countryside un réseau cohérent. Certes les membres participent à la
construction européenne avec un patrimoine culturel, naturel, juridique, économique et
politique différent. Toutefois les thèmes de convergence que sont le statut de la propriété
privée, la volonté de dégager un mode de gestion du territoire véritablement durable, la vision
d’un monde rural dynamique contribuant à l’aménagement du territoire sont plus forts.

La rencontre à Lisbonne, sous l’égide d’ELO, des présidents de l’ANPC, Eduardo OLIVEIRA
e SOUSA et de l’UNAC, José Miguel LUPI CAETANO, de leur secrétaires généraux
respectifs, Joao CARVALHO et Carlos JULIO, avec Florin IONESCU et le Professeur
Cicéron ROTARU de Roumanie, en présence de François de RADIGUES pour le
Luxembourg, démontrent à quel point les déterminismes locaux peuvent être transcendés. Le
déclic s’est produit à l’occasion de la conférence de novembre 2003 au Palais d’Egmont.
Chaque membre d’ELO était appelé à plus particulièrement se rapprocher d’une ou deux
délégations des pays candidats afin de choisir les acteurs des séminaires à venir.

La Roumanie et le Portugal se sont retrouvés autour d’expériences communes :


- la confiscation puis la restitution de terres. Les séquelles du communisme n’ont pas
encore été éliminées en Europe de l’Est alors que le Portugal a achevé le processus de
restitution ;
- la gestion de forêts dans des conditions certes différentes mais dans des conditions
climatiques et géographiques souvent difficiles ;
- enfin le souhait de trouver des sources de revenus ruraux complémentaires.

Les différentes rencontres organisées par ANPC et UNAC ont permis des échanges avec des
investisseurs, des gestionnaires de chasses, des industriels de la pâte à papier et des
responsables de scieries.

Dans le même temps avec l’élargissement de l’Union Européenne, l’ensemble des pays du
continent sont de plus en plus soumis à une égale pression environnementale qui ne prend pas
toujours en compte les risques qu’elle fait peser sur les activités humaines. Or pour un pays
comme la Roumanie, la création et le maintien d’activités en zone rural sont cruciaux.
Comme tous les pays de l’ex-bloc soviétique, elle risque de subir de plein fouet un exode rural
qui créerait un déséquilibre territorial, un engorgement des villes et plus généralement un
handicap au développement.

Les séminaires et conférences organisés par ELO contribuent au contraire à favoriser un


élargissement le plus harmonieux possible prenant en compte toutes les composantes du
territoire.

François de RADIGUES
BNP Paribas Luxembourg

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