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Jacques Morel

le Tutsi, ennemi
de la France
La France s’est opposée à l’incursion armée du FPR en arguant qu’il
s’agissait d’une agression venant de l’extérieur contre un régime
légal reconnu par la communauté des nations. Cependant dans de
nombreux documents non rendus publics, le qualificatif tutsi est
associé au FPR dès 1990. Le FPR étant l’ennemi de la France1,
puisqu’elle soutient une armée en lutte contre lui, le Tutsi, assimilé au
FPR, est par conséquent l’ennemi de la France et ceci dès le début
des affrontements entre le FPR et les FAR. Tous les responsables poli-
tiques français réduisent ainsi les combats au Rwanda à un affron-
tement entre « l’armée tutsie » et « l’armée hutue », transformant un
conflit politique en conflit ethnique ou racial dans lequel les Tutsi de
l’intérieur se retrouvent impliqués malgré eux, en tant que Tutsi.
Cette assimilation du Tutsi à l’ennemi va être faite par les militaires
français sur le terrain, au Rwanda.

1. Dès 1990, la France Fait la guerre non pas


contre le Fpr mais contre les tutsi

Au début de l’attaque du FPR, le 11 octobre 1990, l’amiral Lanxade,


alors chef d’état-major particulier, écrit au Président de la République,
François Mitterrand : « Les forces tutsies maintiennent leur pression dans le
Nord-Est du pays. [...] L’aide zaïroise devrait permettre de contenir la poussée tut-
sie si des renforts substantiels notamment d’origine ougandaise ne remettent pas en
cause l’équilibre actuel. »2

LA Nuit RwANdAise N°3 1


Au conseil des ministres du 17 octobre 1990 :
Le Président de la République précise que l’intervention de nos
troupes au Rwanda n’avait d’autre objet que d’assurer la protection de
nos compatriotes. La France n’a pas à se mêler des combats d’origine
ethnique qui se déroulent dans ce pays même si objectivement, il n’y
a pas d’intérêt à ce qu’une petite minorité tutsi qui se révolte l’em-
porte sur la majorité de la population hutu. si en effet la rébellion
venait à l’emporter, les Hutus du Rwanda et des États voisins cherche-
raient immédiatement à organiser un coup d’État en sens inverse.
Nous entretenons des relations amicales avec le gouvernement du
Rwanda qui s’est rapproché de la France après avoir constaté la rela-
tive indifférence de la Belgique à l’égard de son ancienne colonie.3
Claude Arnaud, chargé de mission auprès du Président de la
République, parle le 18 octobre 1990 de « rebelles Tutsi » :
Au plan politique, il est remarquable de constater que l’attaque des
rebelles tutsi n’a pas amené de personnalités Hutus à se dissocier du
gouvernement.4
Le 24 octobre 1990, l’ambassadeur Martres analyse ainsi le conflit :
Les CLivAges idÉoLogiques et CLANiques soNt goMMÉs PAR L’oPPosi-
tioN tRAditioNNeLLe eNtRe Les deux etHNies du RwANdA : d’uN
Côte Les tutsis qui CHeRCHeNt à ReCoNquÉRiR PAR LA FoRCe ARMÉe
Le PouvoiR PeRdu dePuis 30 ANs, de L’AutRe Les Hutus qui se BAt-
teNt PouR CoNseRveR LeuR LiBeRtÉ.
5

Le 24 octobre 1990 le colonel galinié, attaché de défense, parle des


envahisseurs tutsi :
Ces deux CoMPoRteMeNts [CeLui des MediAs et de LA BeLgique]
soNt de NAtuRe à dÉCouRAgeR Les AutoRitÉs gouveRNeMeNtALes
disPosÉes à FAiRe d’iMPoRtANtes CoNCessioNs, eLLes Ne PeuveNt
AdMettRe eN PARtiCuLieR que LeuR soit iMPosÉ uN ABANdoN teRRi-
toRiAL, Au MotiF d’ÉtABLiR uN Cessez-Le-Feu, au proFit D’envahis-
seurs tutsis Désireux De reprenDre le pouvoir perDu en 1959.
6

Le 2 janvier 1991, l’amiral Lanxade parle des « incursions tutsies» et de « forces


tutsies » :
La situation est calme à l’intérieur du RwANdA, mais les incursions
tutsies se poursuivent sur la frontière Nord à partir du territoire
ougandais.[...]
de même si l’appui direct de l’ougANdA aux forces tutsies devait
se confirmer, une nouvelle démarche auprès du président Muse-
veNi pourrait être de nature à dissiper toute ambiguïté sur notre
volonté de privilégier une solution pacifique et négociée de ce conflit.7

2 LA Nuit RwANdAise N°3 • JACques MoReL, LE TuTsi, ENNEmi dE La FraNcE


A la réunion du 23 janvier 1991 à 18 h où le ministre de la défense Jean-
Pierre Chevènement note que « certains Européens se sont réinstallés à
ruhengeri8 qui est une ville très dangereuse», François Mitterrand laisse claire-
ment entendre que les tutsi sont nos ennemis : « les Tutsis ougandais se
déplacent po ur conquérir le rwanda, c’est inquiétant. [...] On n’a pas inté-
rêt que le front du rWaNda cède. s’il s’agit de luttes tribales, on ne dit rien ; s’il
s’agit d’une agression, il faut s’interposer et délivrer les Français retenus par
les Tutsis.[...] il n’est pas normal que la mino rité tutsie veuille impo-
se r sa loi à la majorité.»9
Le 3 février 1991, l’amiral Lanxade annonce à François Mitterrand une «
nouvelle offensive ougando-tutsie» : « une nouvelle offensive ougando-tutsie a
tenté le 2 février de conquérir la ville de ruhengeri, au Nord-Ouest du rwanda. » il
propose de maintenir les troupes françaises, alors qu’elles devaient être reti-
rées, de créer un dAMi à Ruhengeri pour « durcir le dispositif rwandais » et de
faire un survol d’intimidation avec des avions de combat. François
Mitterrand répond “oui”.10 Nous ne trouvons pas par ailleurs de confirma-
tion de cette attaque. Mais nous observons que dans la nuit du 3 au 4 février,
une fausse attaque est simulée par les militaires du camp de Bigogwe.11 Cette
“attaque” sert de prétexte pour le massacre de plus de 300 tutsi Bagogwe par
les militaires rwandais du camp de Bigogwe où se trouvent probablement des
militaires français. il semblerait que de manière délibérée, l’armée française,
couverte par l’amiral Lanxade et François Mitterrand, ait participé à un mon-
tage destiné à massacrer des tutsi de l’intérieur.
Le général Huchon, alors adjoint de l’amiral Lanxade, chef d’état-major
particulier, parle le 20 novembre 1991 de « forces tutsies » :
Les unités ougandaises, à majorité tutsie qui avaient mené l’attaque
d’octobre 1990 sont à présent repliées en ouganda et organisées en
forces autonomes, toujours largement soutenues par l’armée ougan-
daise.
Ces forces tutsies n’ont aucun espoir de prendre le pouvoir à Kigali,
le Rwanda étant à plus de 80 % d’ethnie hutue (ethnie du Président
Habyarimana).12
Le 20 juin 1991, le général quesnot parle des « rebelles ougando-tutsis» :
La situation est calme dans l’ensemble du RwANdA excepté dans la
zone frontalière Nord, où les incursions des rebelles ougando-tutsis se
poursuivent à partir de leurs bases ougandaises.13
selon l’amiral Lanxade, Claude Arnaud, georges Martres, le colonel
galinié, le général Huchon, le général quesnot et François Mitterrand,

JACques MoReL, LE TuTsi, ENNEmi dE La FraNcE • LA Nuit RwANdAise N°3 3


l’ennemi de la France ne se définit donc pas par des critères politiques mais
par son origine ethnique ou raciale. Conséquence logique, la France ne fera
jamais disparaître les mentions ethniques des cartes d’identité. Les minis-
tres socialistes de la Coopération, Pelletier et debarge, s’offusqueront en
privé mais ne feront rien contre.
Les dix officiers rwandais qui rédigeront, dans le cadre d’une commis-
sion formée le 4 décembre 1991, le texte définissant le tutsi comme l’en-
nemi n’inventeront donc rien. ils ne feront qu’écrire ce que disent les diri-
geants français au plus haut niveau. Ce texte sera diffusé parmi les troupes
le 21 septembre 1992, sur ordre du chef d’état-Major de l’Armée rwandaise,
deogratias Nsabimana.
Les documents cités ci-dessus établissent donc qu’à l’Élysée, il y a iden-
tité de vue avec les extrémistes à Kigali. Les dirigeants français ne peuvent
prétendre, pour leur défense, ne pas avoir été au courant que les tutsi
avaient été définis comme l’ennemi par les extrémistes rwandais. La ques-
tion se pose même s’ils n’ont pas été au nombre des inspirateurs de ce texte,
diffusé dans l’armée rwandaise, définissant le tutsi comme l’ennemi.

2. 1993 : la victoire De « l’ethnie tutsie »


obsèDe les Dirigeants Français
Le général quesnot écrit le 23 février 1993 :
la victoire de l’ethnie tutsie qui dirige le FPR amènerait sans aucun
doute un sursaut ethnique hutu dont les conséquences pourraient
être dramatiques. déjà dans les zones occupées par les rebelles de
nombreuses exécutions de civils auraient été commises.14

3. les militaires Français arrivant au rwanDa


apprennent que le tutsi est l’ennemi
Les militaires français de Noroît débarqués au Rwanda recevaient une
formation de deux semaines au cours de laquelle on leur disait que les tutsi
sont les ennemis de la France, comme en témoigne un religieux rwandais :
J’avais une nièce étudiante à l’université. elle avait un copain fran-
çais. un jour le copain lui a demandé son ethnie. elle ne lui a pas
révélée. un jour, après les cours, tandis qu’elle rentrait chez elle, elle
a retrouvé son ami français. il avait fouillé sa maison, était tombé sur
sa carte d’identité et, fou de colère, s’était mis à tout casser chez elle.
elle est encore en vie, elle peut te le raconter, mais elle n’est pas au
Rwanda. il lui a dit : « Tu m’as caché ton ethnie, alors que tu étais mon
amie ! » elle a répondu : « mais quel est le problème ? » Mais le militaire

4 LA Nuit RwANdAise N°3 • JACques MoReL, LE TuTsi, ENNEmi dE La FraNcE


français a répliqué : « Quand nous sommes arrivés au rwanda, nous avons
suivi une formation de deux semaines au cours de laquelle on nous a dit que
les Tutsi sont les ennemis de la France. Tu es tutsi et tu es mon amie ? » et il
a achevé de tout casser avant de partir. Ce pauvre Français n’avait que
vingt-trois ans. Pour te montrer à quel point l’idéologie est terrible.15
Ainsi instruits, les militaires français en opération au Rwanda assimilent
le tutsi à l’ennemi. de 1990 à fin 1993, on les voit contrôler les cartes
d’identité aux barrages sur les routes et empêcher les tutsi de continuer
leur chemin.

4. penDant le génociDe De 1994,


le tutsi reste l’ennemi Des Français
Édouard Balladur, évoquant les événements du printemps 1994, parle
d’« armée tutsie » :
Le problème devant lequel je me trouvais au printemps 1994, alors
que j’étais Premier Ministre [...], était le suivant : fallait-il que la
France envoie de nombreux soldats au Rwanda pour s’interposer
entre l’armée hutue et l’armée tutsie soutenue par l’ouganda, c’est-à-
dire en fait pour soutenir le gouvernement Hutu?16
Peu avant l’opération turquoise, Alain Juppé, amalgame les tutsi de l’in-
térieur avec le FPR. il leur dénie le droit d’exercer le pouvoir :
Les 20 % de tutsis, même s’ils sont armés par certains pays de la
région, ne pourront pas imposer leur loi à 80 % de Hutus, et inverse-
ment.17
M. Bernard debré, ancien ministre de la Coopération, lors de son audi-
tion en 1998, parle aussi d’armée tutsie pour désigner le FPR :
M. Bernard debré a rappelé qu’en 1990, les armées tutsies ou ougan-
daises lancent leur grande offensive et que le début de la guerre ne fut
pas favorable aux FAR qui ont fait appel à l’aide française.[...]
Les communications de l’armée FPR étant écoutées, il est prouvé que
l’ordre de marche de l’armée tutsie a été donné dès le 6 avril au
matin.18
Les conseils restreints durant l’opération turquoise donnent lieu à des
dialogues hallucinants entre François Mitterrand et l’amiral Lanxade.
François Mitterrand confond le FPR et les tutsi dans ses interventions au
conseil restreint du 22 juin 1994 :
François Mitterrand :
– ces tutsis ont un commandement intelligent et ferme.[...]

JACques MoReL, LE TuTsi, ENNEmi dE La FraNcE • LA Nuit RwANdAise N°3 5


Amiral Lanxade :
– La question que je me pose aujourd’hui est la suivante : le front va-
t-il s’effondrer?
Nous avons très peu d’information sur la partie prise par le FPR. le
vide a été fait par les tutsis.[...]
François Mitterrand :
– les tutsis vont instaurer une dictature militaire pour s’imposer
durablement.19
Jacques isnard, correspondant militaire du journal Le monde, a très cer-
tainement de bons contacts avec l’état-major et les services et recopie fidè-
lement ce qu’on lui dit. il écrit en pleine opération « humanitaire»
turquoise, alors que le génocide des tutsi est presque terminé :
Pour l’instant, les Français interviennent dans une zone où il demeure
un semblant d’État ou des autorités hutues, mais où des risques,
encore indécelables, pourraient survenir à terme. Ainsi, qui peut leur
garantir d’être à l’abri d’« infiltrations » du FPR ? dans ces actions à
but humanitaire, destinées à rassurer et à secourir la population en
l’approchant au plus près, un tutsi peut s’avérer un combattant du
FPR en puissance.20
il insiste en affirmant que même réfugié, un tutsi peut être un rebelle
potentiel :
Poussés par l’avance du FPR, les centaines de milliers de réfugiés
sont aussi à surveiller dans la mesure où, comme on dit, un tutsi peut
être un rebelle potentiel.21
qui est ce « on » dans « comme on dit ». est-ce l’état-major de l’armée
française que fréquente isnard ? est-ce la rue ? Le journaliste ne prend
aucune distance par rapport à cette assimilation du tutsi à l’ennemi, au
rebelle. C’est extrêmement grave. C’est exactement ce que les miliciens
avaient en tête quand ils assassinaient les gens parce que « tutsi », quel que
fût leur âge et leur sexe. Cette identité tutsi = ennemi renvoie directement
à cette lettre de l’état-major de l’armée rwandaise, définissant le tutsi
comme l’ennemi principal. encore une fois, nous remarquons que les
Français, ici les militaires et le « journal de référence », ont adopté le point
de vue des organisateurs du génocide.
une autre preuve que l’assimilation de tutsi avec ennemi est faite par
l’armée française sur le terrain pendant l’opération turquoise est donnée
par un militaire du gigN, l’adjudant-chef thierry Prungnaud :
le point : – Comment s’est déroulée votre arrivée au Rwanda en
1994 ?

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thierry prungnaud : – on nous avait précisé que les tutsis procé-
daient à des massacres en masse des Hutus, avec l’appui du Front
patriotique rwandais (tutsis de l’extérieur) et des ougandais. Nous
sommes arrivés le 19 juin à goma et, en traversant les premières villes,
nous étions accueillis en libérateurs par les Hutus. Nous ne le savions
pas, mais c’étaient les tueurs qui nous acclamaient ! Nous avons
donné à manger pendant plusieurs jours à ces gens, nous leur avons
donné des camions entiers de biscuits !
– Combien de temps a duré la confusion ?
– Au moins quinze jours. on récupérait chaque jour des corps de
tutsis complètement estropiés. on pensait que c’étaient les corps des
assassins. Pis, les miliciens hutus venaient nous dire : « Filez-nous des
cartouches, il y a des Tutsis. » Puis nous avons fini par trouver bizarre de
ne jamais trouver de cadavres de Hutus.22
5. les exactions Des tutsi
des fiches « exactions en zone turquoise » établies par les militaires fran-
çais sont publiées par la Mission d’information parlementaire.23 elles font
probablement partie du rapport d’enquête sur les massacres que les diri-
geants français ont promis de transmettre à l’oNu.
Ces fiches portent des noms caractéristiques : celle relative aux massa-
cres qui auraient été perpétrés par les milices hutu24 s’appelle EXA-
CHUTU.XLS1. Nous y reconnaissons le nom d’une feuille de calcul du
tableur excel. Comment s’appelle la fiche relative aux massacres qui, selon
les Français, auraient été perpétrés par le FPR ? EXACFPR.XLS1 ? Non,
vous n’y êtes pas. elle s’appelle EXACTUTS.XLS1. exactions des Hutu
d’une part, des tutsi d’autre part, les militaires français ont un grand sens
de l’équité dans la lutte interethnique qu’ils persistent à substituer au géno-
cide des tutsi. Ces fiches sont datées du 15 septembre 1994. Le sauvetage
des survivants de Bisesero ne leur a donc pas ouvert les yeux.
il apparaît donc que pour les militaires français il n’y a pas de génocide,
il n’y a pas de conflit FAR-FPR mais uniquement un conflit interethnique
Hutu-tutsi dans lequel ils sont impliqués comme alliés des Hutu contre les
tutsi. suivant leur logique, le conflit devrait être alors décrit comme un
conflit entre trois ethnies Hutu et Français contre tutsi ! Nous constatons
que depuis octobre 1990 jusqu’à la fin de l’opération turquoise, l’assimi-
lation des tutsi au FPR, donc à l’ennemi, est faite tant au plus haut niveau
de l’État français que parmi les troupes françaises envoyées au Rwanda. il
s’agit d’une cobelligérance. Comme un génocide a été reconnu, il reste à
qualifier ce rôle d’allié d’assassins qui exécutent un génocide. Certes ces

JACques MoReL
JACques
, LE TuTsi
MoReL
, ENNEmi
, LEs cOmmaNdOs
dE La FraNcE
... • LA Nuit RwANdAise N°3 7
accusations ne peuvent se fonder que sur des paroles, même mises par écrit,
de dirigeants politiques et militaires, des propos de journalistes ou
d’hommes du rang, encore moins sur des noms de fichiers malheureuse-
ment choisis. il faut analyser ce qui a été fait concrètement, examiner s’il y
a eu fourniture d’armes et d’autres moyens militaires pendant l’exécution
des massacres, examiner le rôle des troupes françaises durant l’opération
turquoise, en particulier dans la région de Kibuye, Cyangugu et
gikongoro.

réFérences
[1] FidH, Africa watch, uidH et CidPdd : Rapport de la Commission inter-
nationale d’enquête sur les violations des droits de l’Homme au Rwanda depuis
le 1er octobre 1990 ; 7 -21 janvier 1993. Mars 1993.
[2] Yolande Mukagasana : Les blessures du silence, témoignages du génocide au
Rwanda. Actes sud, 2001.
[3] Paul quilès : Enquête sur la tragédie rwandaise 1990-1994. Assemblée Nationale.
Rapport 1271, http://www.assemblee-
nationale.fr/dossiers/rwanda/, 15 décembre 1998. Mission d’infor-
mation de la commission de la défense nationale et des forces armées et de la
commission des affaires étrangères, sur les opérations militaires menées par la
France, d’autres pays et l’oNu au Rwanda entre 1990 et 1994.

notes
1. C’était tellement vrai que, en pleine opération sous mandat de l’oNu, François
Mitterrand sera obligé de rectifier « Le Front patriotique rwandais n’est pas notre adver-
saire. ». Cf. Jacques isnard, La rébellion rwandaise n’entend pas affronter les forces françaises, Le
Monde, 7 juillet 1994, pp. 1,3.
2. L’amiral [Lanxade], chef de l’état-major particulier, Note à l’attention de monsieur le Président
de la république (sous couvert de monsieur le secrétaire général), 11 octobre 1990, Objet : rwanda -
situation. cf. Gabriel Périès et david servenay, une guerre noire - Enquête sur les origines du géno-
cide rwandais (1959-1994), La découverte, 2007, p. 181. C’est nous qui mettons en gras.
3. Conseil des ministres du 17 octobre 1990. C’est nous qui mettons en gras.
4. Claude Arnaud, Note pour Monsieur le Président de la République, entretien avec le
Président Habyarimana, jeudi 18 octobre 1990 à 18 h 30. C’est nous qui mettons en gras.
5. g. Martres, td Kigali 598, 24/10/90, 08H11 - 307847. objet : situation au Rwanda.
C’est nous qui mettons en gras.
6. Enquête sur la tragédie rwandaise 1990-1994 [3, tome ii, Annexes, p. 134].

8 LA Nuit RwANdAise N°3 • JACques MoReL, LE TuTsi, ENNEmi dE La FraNcE


7. Amiral Lanxade, “Note à l’attention de Monsieur le Président de la République”, objet :
Rwanda : Point de situation, 2 janvier 1991.
8. une première attaque du FPR le 21 janvier a été repoussée mais ce jour-là le 23, par une
attaque éclair il prend le contrôle de la ville, libère la prison puis quitte la ville. Les FAR
appuyées par des troupes françaises reprennent la ville dans la soirée. La répression sera
atroce.
9. Conseil de défense du 23 janvier 1991, 18 h.
10. L’amiral [Lanxade], chef de l’état-major particulier, Note à l’attention de monsieur le
Président de la république (sous couvert de Monsieur le secrétaire général), 3 février 1991,
objet : RwANdA. Nouvelle offensive ougando-tutsie. Note manuscrite :”oui - FM”.
11. Commission internationale d’enquête sur les violations des droits de l’Homme au
Rwanda depuis le 1er octobre 1990 [1, p. 35].
12. État-major particulier, général Huchon, Note à l’attention de Monsieur thierry de
Beaucé, 20 novembre 1991, objet : Rwanda, entretien des deux Présidents.
13. général quesnot, Note à l’attention de Monsieur le Président de la République, objet :
Rwanda - Point de situation, 20 juin 1991.
14. Note du général Quesnot et de dominique Pin à l’attention de monsieur le Président de la
république, s/c de Monsieur le secrétaire général, 23 février 1993, objet : Conseil restreint
sur le Rwanda 24 février 1993.
15. témoignage du frère Jean-damascène Ndayambayaje. Cf. Y. Mukagasana Les blessures
du silence, [2, p. 92].
16. Lettre d’Édouard Balladur du 9 juin 1998 à Bernard debré, enquête sur la tragédie
rwandaise 1990-1994 [3, tome ii, Annexes, pp. 378-379].
17. Réponse du Ministre des affaires étrangères, M. Alain Juppé à une question orale au
sénat, 16 juin 1994.
18. Enquête sur la tragédie rwandaise 1990-1994 [3, tome iii, Auditions, vol. 1, pp. 413,415].
19. Conseil restreint du 22 juin 1994, secrétariat : colonel Bentegeat.
20. Jacques isnard, m. Léotard va inspecter un dispositif encore léger et fragile, Le Monde, 29 juin
1994, p. 3. C’est nous qui mettons en gras.
21. Jacques isnard, Le dispositif « Turquoise » passe de l’humanitaire au sécuritaire, Le Monde, 6
juillet 1994, p.3.
22. sadek Hajji, « Nous avons donné à manger aux tueurs », Le Point, 24 mars 2005, p. 38.
23. Enquête sur la tragédie rwandaise 1990-1994, [3, tome ii, Annexes, pp. 490-493].
24. il n’est pas question bien sûr pour les militaires français de mettre en cause des mem-
bres des FAR.

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