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Le Miracle du Coran

Section : Partie I

Les contradictions du Noble Coran


Une question qui a beaucoup occupé les orientalistes, et toute personne désirant combattre cette
religion, consiste à prétendre que le Noble Coran renferme des contradictions. Si ces gens
dépensaient autant d’efforts pour comprendre le Noble Coran qu’ils ne le font pour tenter de déceler
ce qu’ils qualifient de contradiction, ils percevraient toute la grandeur du Coran, toute son
inimitabilité, et l’extrême précision du verbe de Dieu — Exalté soit-Il —. Mais les orientalistes
essayent de retirer au miracle sa caractéristique la plus importante, à savoir qu’il s’agit de la parole
de Dieu — Exalté soit-Il —. À cette fin, ils recourent à la mise en lumière de ce qu’ils appellent des
« contradictions » ou encore des « propos contradictoires » dans le Noble Coran. Cette démarche se
base essentiellement sur l’idée que si le Coran est la Parole de Dieu — Exalté soit-Il —, et puisque
Dieu le Très-Haut n’est pas sujet à l’erreur, ni à l’oubli, ni aux contradictions qui caractérisent les
hommes, alors la présence d’une contradiction, fût-ce en apparence, dans le Noble Coran les
aiderait à démolir le miracle et à prétendre que ces paroles sont celles du Messager de Dieu — paix
et bénédictions sur lui — et ne sont pas révélées par Dieu.

Mais le caractère miraculeux du Coran, qui est présent dans chacune de ses lettres, se manifeste
devant eux de plus belle afin qu’ils soient eux-mêmes témoins du miracle, et afin que ceux-là mêmes
qui combattent cette religion et défigurent ce noble Livre soient ceux qui révèlent au grand jour ses
miracles et ses facettes cachées. En effet, leurs allégations stimulent les esprits à la recherche d’une
réponse, si bien que leurs recherches dans le Noble Coran ne font que révéler le miracle et
permettent d’affirmer que ces paroles émanent de Dieu — Exalté soit-Il — et ont été révélées à Son
Prophète Mohammad — paix et bénédictions sur lui —.

Prenons donc cette question à la source. Que disent les orientalistes ? Ils prétendent que le Coran
est une parole humaine. Est-ce bien vrai ? Examinons une par une les questions qu’ils soulèvent,
quoique le traitement de ce sujet nécessiterait un livre à part entière.

La création des cieux et de la terre


En premier lieu, ils se sont intéressés à la genèse, la genèse des cieux et de la terre. Il s’agit de
l’œuvre de Dieu — Exalté soit-Il —, lorsqu’Il en parle dans le Noble Coran, Il parle d’une affaire que
seul Dieu connaît. Et donc, tout semblant de contradiction à ce sujet, apporte de l’eau au moulin des
orientalistes afin de combattre cette religion. Que disent-ils ? Ils disent : « Le Noble Coran rapporte
dans diverses sourates que la terre et les cieux ont été créés en six jours. Mais, dans sourate
Fussilat, on trouve que la genèse a nécessité huit jours, ce qui est une étourderie humaine ou un
oubli. » La conclusion qu’ils en tirent est que l’auteur de cette parole est Mohammad — paix et
bénédictions sur lui —, et c’est précisément ce qu’ils cherchent à démontrer.

Voyons ce qu’il en est.

Le Noble Coran rapporte :

• dans sourate Al-A`râf : « Votre Seigneur est Allâh Qui a créé les cieux et la terre en six
jours » [1] ;

• dans sourate Yûnus : « Votre Seigneur est Allâh Qui a créé les cieux et la terre en six
jours » [2] ;

• dans sourate Al-Furqân : « C’est Lui Qui, en six jours, a créé les cieux, la terre et tout ce qui
existe entre eux » [3].
Ces versets sont unanimes sur le fait que la création des cieux et de la terre et de tout ce qui existe
entre eux a duré six jours. Cela est clair et indiscutable. Si nous passons à sourate Fussilat, au
passage où Dieu — Exalté soit-Il — détaille la création des cieux et de la terre : « Dis : "Renieriez-
vous (l’existence) de Celui Qui a créé la terre en deux jours et Lui donneriez-vous des égaux ? Tel
est le Seigneur de l’univers, § c’est Lui Qui a fermement fixé des montagnes au-dessus d’elle, l’a
bénie et lui a assigné ses ressources alimentaires en quatre jours d’égale durée. (Telle est la
réponse) à ceux qui t’interrogent. § Il S’est ensuite tourné vers le ciel qui était alors fumée et lui dit,
ainsi qu’à la terre : "Venez tous deux, bon gré, mal gré". Tous deux dirent : "Nous venons de bon
gré". § Il décréta d’en faire sept cieux en deux jours et révéla à chaque ciel sa fonction. » [4].

Si nous comptons le nombre de jours mentionnés dans la noble sourate, nous voyons que Dieu —
Exalté soit-Il — dit avoir créé la terre en deux jours, qu’il y a fixé les montagnes et décidé de ses
ressources alimentaires en quatre jours, qu’Il S’est ensuite tourné vers le ciel au sujet duquel Dieu —
Exalté soit-Il — dit : « Il décréta d’en faire sept cieux en deux jours et révéla à chaque ciel sa
fonction. » Si nous additionnons les jours de la création mentionnés dans sourate Fussilat, nous
obtenons huit jours : deux jours pour la création de la terre, quatre jours pour lui assigner ses
ressources alimentaires et la bénir, soit six jours de création jusqu’à présent, et deux autres jours
pour les cieux, soit un total de huit jours.

C’est là que les orientalistes affirment que le Noble Coran s’est contredit, que, d’une part, dans
plusieurs versets la genèse des cieux et de la terre dure six jours et, d’autre part, ce dernier passage
porte la durée de la genèse à huit jours. Ils ajoutent qu’il s’agit d’une étourderie car son auteur est
humain.

Si nous examinons attentivement le passage sur lequel ils axent leur polémique, nous nous
apercevrons que son début diffère des autres versets cités. Dieu — Exalté soit-Il — dit en effet :
« Dis : "Renieriez-vous (l’existence) de Celui Qui a créé la terre en deux jours et Lui donneriez-vous
des égaux ? Tel est le Seigneur de l’univers »

Ainsi le verset débute-t-il en s’adressant aux mécréants qui donnent des égaux à Dieu et
polémiquent à Son sujet. Autrement dit, Dieu — Exalté soit-Il — a voulu nous informer que ceux qui
se serviront de ce verset sublime pour mettre en doute le Noble Coran ce sont les mécréants
désireux de répandre la mécréance parmi les gens et qui veulent donner des égaux à Dieu. Dans les
deux cas, ce sont des incroyants qui combattent Dieu et combattent Sa religion. Le début de ce
verset est en soi un miracle car ceux qui polémiquent à son sujet sont bel et bien ceux qui
combattent cette religion, mécroient en Dieu et essayent de semer le doute dans les esprits. Lorsque
Dieu — Exalté soit-Il — dit dans ce verset sublime : « Lui donneriez-vous des égaux ? » et
« Renieriez-vous (l’existence) de Celui Qui a créé la terre (...) ? », c’est comme si Il S’adressait à ces
gens qui viendront plusieurs siècles plus tard pour mettre en doute le Noble Coran et se serviront de
ce verset précisément pour réaliser leur dessein. Nous répondons donc que quiconque tient leur
discours, soit il le fait exprès, soit il ne comprend pas la signification du texte.

Dieu — Exalté soit-Il — dit en effet : « Renieriez-vous (l’existence) de Celui Qui a créé la terre en
deux jours et Lui donnerez-vous des égaux ? », puis Il poursuit — Exalté soit-Il — : « c’est Lui Qui a
fermement fixé des montagnes au-dessus d’elle, l’a bénie et lui a assigné ses ressources
alimentaires . » Dieu — Exalté soit-Il — poursuit donc la description de la création de la terre. Il nous
donne le détail de cette création : Il a créé la terre en deux jours et poursuit la description de la
genèse disant « c’est Lui Qui a fermement fixé des montagnes au-dessus d’elle, l’a bénie et lui a
assigné ses ressources alimentaires en quatre jours. » Dès lors que l’on poursuit la description
entamée précédemment, à savoir la description de la création de la terre, c’est-à-dire que Dieu —
Exalté soit-Il — n’est pas encore passé à la genèse des cieux, la seconde partie du discours
complète le temps consacré à la création de la terre. Dieu nous explique : « J’ai créé la terre en
l’espace de deux jours et j’ai achevé sa création en l’espace de quatre jours. » La durée totale de la
création de la terre est de quatre jours, et non pas six.
Pour clarifier ce point, prenons un exemple simple. Supposons que je veuille me rendre à Nancy
depuis Rennes et que le train s’arrête à Paris [5]. Je dis que le train va s’arrêter à Paris au bout de
deux heures et à Nancy au bout de cinq heures. Cela signifie-t-il que le trajet entre Rennes et Nancy
dure sept heures ? Pas du tout. La durée du voyage de Rennes à Nancy est celle que j’ai précisée
en dernier. Les deux heures passées entre Rennes et Paris font partie des cinq heures qu’aura duré
l’ensemble du voyage. Pourquoi cela ? Parce que Paris est une étape du voyage. Par analogie,
lorsque Dieu — Exalté soit-Il — décrit la création de la terre, Il dit qu’Il a créé la terre en deux jours et
qu’Il a achevé le processus de création en fixant des montagnes au-dessus d’elle, en la bénissant et
en lui assignant ses ressources alimentaires en quatre jours. Les quatre jours en question
correspondent à la durée totale du processus de création de la terre, répartis en deux jours pour la
création initiale et en deux jours complémentaires pour achever la création par la fixation des
montagnes et l’assignation de ses ressources, le tout en quatre jours et non pas six. Les deux
premiers jours font partie de la durée totale de la création de la terre qui est de quatre jours, tout
comme le voyage en train dure deux heures entre Rennes et Paris et cinq heures entre Rennes et
Nancy.

Nous avons recours à ce genre de descriptions très couramment dans notre quotidien. Par exemple,
je peux dire que j’ai posé les fondations de ma maison en trois mois et que la construction s’est
terminée en un an. A-t-il fallu un an et trois mois pour bâtir ma maison ? Non, du tout. Le chantier a
duré un an seulement. Mais, dans le détail, la partie correspondant aux fondations a duré trois mois
sur les douze qu’il a fallu pour l’ensemble du chantier. De manière générale, le domaine de la gestion
de projets nous fournit de nombreux exemples similaires.

Dans les versets mentionnés au début, Dieu — Exalté soit-Il — ne nous a pas détaillé les étapes de
la création, il en a fourni un résumé. Dans la sourate Fussilat, Il en a fait une description détaillée,
deux jours pour créer la terre en elle-même, puis Il a achevé sa création en y fixant des montagnes,
en lui assignant ses ressources à l’horizon de quatre jours. Il s’agit là du processus de création de la
terre qui a duré quatre jours. Ensuite, Dieu — Exalté soit-Il — dit : « Il S’est ensuite tourné vers le ciel
qui était alors fumée » Là, Dieu — Exalté soit-Il — est passé de la création de la terre à la création du
ciel. Il s’agit là d’un autre processus. Le processus de création de la terre a duré quatre jours tandis
que la création des cieux a duré deux jours, soit un total de six jours pour l’ensemble de la création,
sachant que les jours en question sont des jours relatifs à Dieu — Exalté soit-Il — : « Cependant, un
jour auprès de ton Seigneur, équivaut à mille ans de ce que vous comptez. » [6]

En conclusion, cette contradiction est fictive. Les orientalistes voulaient profiter de la description
détaillée du processus de création citée dans le Coran dans la sourate Fussilat pour semer le doute
au sujet du Coran. Étant donné que Dieu connaissait leur dessein à l’avance, le verset sublime a
débuté par : « Renieriez-vous (l’existence) de Celui Qui a créé la terre en deux jours et Lui
donneriez-vous des égaux ? » Dieu a débuté Son discours de la sorte pour nous révéler l’identité de
ceux qui polémiqueront au sujet de ce verset et chercheront à répandre leur compréhension erronée
dans l’espoir de détourner les gens du sentier de Dieu.

L’affection et le convenable
Passons maintenant à une autre question. Dieu — Exalté soit-Il — dit : « Tu ne trouveras pas, parmi
ceux qui croient en Dieu et au Jour dernier, des gens qui témoignent de l’affection envers ceux qui
s’opposent à Dieu et à Son Messager, fussent-ils leurs pères ou leurs fils » [7] Il dit également —
Exalté soit-Il — : « Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors
ne leur obéis pas ; mais accompagne-les ici-bas de façon convenable. » [8]

Voulant semer le doute concernant cette religion, les orientalistes s’étonnent : « Dans le premier
verset, Dieu — Exalté soit-Il — nous défend de témoigner de l’affection envers ceux qui s’opposent à
Dieu et à Son Messager, fussent-ils nos pères, tandis que dans le second verset de sourate Luqmân
il dit : « Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur
obéis pas ; mais accompagne-les ici-bas de façon convenable. » Autrement dit, dans le premier
verset, Il défend de témoigner de l’affection aux parents et, dans le second, Il ordonne de se conduire
convenablement à leur égard. Comment serait-il possible de concilier ces deux commandements
contradictoires ? »

Nous répondons qu’il n’y a point de contradiction. Mais vous ne saisissez pas la précision de
l’expression et du verbe coraniques. Expliquons cela en détail. L’individu se conduit convenablement
à l’égard de ceux qu’il aime et de ceux qu’il n’aime pas. Par exemple, alors que tu marches dans la
rue, tu peux tomber sur une personne que tu ne connais pas se trouvant dans une situation difficile,
alors tu décides de faire ce qui est convenable et lui tends une main secourable, consistant par
exemple à lui donner une somme d’argent lui permettant de rentrer chez lui, si ce dernier avait perdu
son porte-monnaie, ou de lui donner le prix d’un repas, s’il est affamé. Ce faisant, tu te conduis
comme il convient dans l’espoir d’être rétribué par Dieu. Aucun lien ne te lie à cette tierce personne.
C’est cela la conduite convenable. En revanche, l’affection réside dans le cœur. Tu ne témoignes de
l’affection qu’à l’égard de ceux que tu aimes. Tu ne désires t’asseoir ni vivre qu’avec ceux que tu
aimes. Le convenable n’émane pas du cœur, tandis que l’affection en émane. Lorsqu’on témoigne de
l’affection, notre cœur est attaché à l’individu en face de soi, ce qui n’est pas nécessairement le cas
lorsqu’on agit convenablement. Si le cœur s’attache à une personne non croyante, ce cœur n’est pas
croyant car Dieu n’a pas placé deux cœurs dans la poitrine d’un même individu comme en atteste Sa
Parole — Exalté soit-Il — : « Dieu n’a pas placé deux cœurs dans la poitrine d’un homme. » Mais, la
conséquence du convenable c’est l’Agrément de Dieu — Exalté soit-Il —.

Revenons maintenant au noble verset de sourate Al-Mujâdalah où Dieu — Exalté soit-Il — dit : « Tu
ne trouveras pas, parmi ceux qui croient en Dieu et au Jour dernier, des gens qui témoignent de
l’affection envers ceux qui s’opposent à Dieu et à Son Messager. » Dans ce verset, Dieu — Exalté
soit-Il — emploie le terme « affection », laquelle affection émane du cœur. Par exemple, tu ne
trouveras point un individu croyant éprouvant de l’amour pour ceux qui combattent Dieu et Son
Messager, fussent-ils ses pères ou ses fils. L’amour émane du cœur, du plus profond de soi. Puis,
concernant les parents, Dieu — Exalté soit-Il — nous défend d’être violents ou de prendre quelque
mesure que ce soit à l’égard de ces derniers, s’ils tentaient de porter atteinte à notre foi. En général,
cela se produit lorsque les parents ont atteint un âge avancé, qu’ils sont devenus faibles et
approchent de la fin de leur vie. Ces parents qui se sont conduits convenablement à notre égard, en
nous élevant, en veillant à notre bien-être, Dieu nous enjoint de leur témoigner une affection
réciproque et un grand amour s’ils sont croyants. Mais s’ils tentent d’infiltrer le polythéisme dans nos
cœurs ou de faire en sorte que nous associions quiconque à Dieu — Exalté soit-Il —, Dieu nous
demande de ne pas leur obéir, tout en les accompagnant convenablement dans l’ici-bas. Voilà
l’éthique du Coran. Nous faisons cela pour obtenir l’Agrément de Dieu — Exalté soit-Il — et par
gratitude envers nos parents. Mais le cœur ne leur témoigne pas d’affection.

Le convenable est accompli à l’égard de ceux qu’on aime et de ceux qu’on n’aime pas, tandis que
l’affection est reservée pour ceux que l’on aime uniquement. Tu te conduis convenablement à leur
égard, mais cela n’a rien à voir avec le cœur car ils essayent de te pousser au polythéisme. Tu te
conduis de la sorte pour obtenir l’Agrément de Dieu — Exalté soit-Il — Qui est résolument décidé à
être Miséricordieux même à l’égard de ceux qui Lui désobéissent et Qui nous défend de faire le mal
en contrepartie du bienfait reçu.

Le convenable et l’affection sont deux choses complètement différentes. Il n’y a pas de contradiction
entre les deux. D’une part, nous avons à faire à un cœur voué à Dieu et n’admettant aucun mécréant
en son sein, ni aucune personne essayant d’instiller en lui le polythéisme. D’autre part, le
comportement convenable que j’adopte vis-à-vis de mes parents correspond à un commandement
de Dieu, en guise de miséricorde à leur égard, en retour de l’éducation qu’ils m’ont donnée pendant
mon enfance. Car le débat portant sur la foi n’aura généralement lieu entre les parents et leur enfant
que lorsque ce dernier aura atteint l’âge adulte, c’est-à-dire que les parents auront atteint le troisième
âge. L’enfant a alors le devoir de bien se conduire avec eux, par gratitude, et pour plaire à Dieu —
Exalté soit-Il — qui n’accepte pas l’ingratitude. Mais le convenable n’émane pas du cœur.
Pourquoi la mère uniquement ?
Passons à un troisième point. Dans les versets du Noble Coran, Dieu — Exalté soit-Il —
recommande la bienfaisance envers les parents, puis Il insiste sur la mère sans mentionner le père.
Par exemple, dans la sourate intitulée Al-Ahqâf, on lit : « Et Nous avons enjoint à l’homme la bonté
envers ses père et mère : sa mère l’a péniblement porté et en a péniblement accouché ; et sa
gestation et sevrage durent trente mois ; puis quand il atteint ses pleines forces et atteint quarante
ans, il dit : "Ô Seigneur ! Inspire-moi pour que je rende grâce au bienfait dont Tu m’as comblé ainsi
qu’à mes père et mère" » [9] On trouve aussi dans la sourate intitulée Luqmân : « Nous avons
commandé à l’homme (la bienfaisance envers) ses père et mère ; sa mère l’a porté (subissant pour
lui) peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans. "Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers
tes parents. Vers Moi est la destination." » [10]

Ainsi Dieu — Exalté soit-Il — recommande la bienfaisance envers les parents, puis Il ne mentionne
que la mère. Certains orientalistes se manifestent alors et demandent : « Comment se fait-il que Dieu
— Exalté soit-Il — ne recommande que la mère alors qu’au début et à la fin de ces versets Il
mentionne les deux parents ? De plus, à qui Dieu — Exalté soit-Il — s’adresse-t-il dans ces versets ?
S’Il s’adresse au nourrisson pendant la phase de grossesse ou après l’accouchement, ce nourrisson
n’est pas capable d’entendement. S’il s’adresse à l’adulte, Il lui évoque une période dont il n’a aucun
souvenir et qu’il ne connaît point. »

Nous répondons qu’il s’agit là d’un défaut de compréhension des versets. Lorsque Dieu — Exalté
soit-Il — recommande la bienfaisance envers la mère spécifiquement, cela est dû au fait que cette
dernière se charge de la partie invisible de la vie de l’enfant, du moins la partie de sa vie dont il est
inconscient. Autrement dit, lorsque l’enfant est petit, au stade de l’allaitement ou au stade de la
grossesse et de l’accouchement, et ce jusqu’à ce qu’il grandisse et s’éveille, c’est sa mère qui fait
tout pour lui. C’est elle qui se lève la nuit pour le nourrir. C’est elle qui le porte dans son ventre. C’est
elle qui le met au monde. Puis, lorsque l’enfant grandit et s’éveille, qui voit-il devant lui ? Son père.
Lorsqu’il veut une chose, c’est son père qui la réalise. S’il veut acheter quelque chose, un jouet, un
vêtement, s’il veut de l’argent, tout cela c’est le père qui le fournit. Par conséquent, le bienfait du père
est manifeste devant lui tandis que le bienfait de la mère est caché. D’où l’insistance sur le devoir de
bienfaisance vis-à-vis de la mère, plus que vis-à-vis du père. Lorsque l’enfant voit son père lui
réaliser tous ses souhaits, il ressent le bienfait de son père. Mais il est rare qu’il apprécie la peine
que sa mère s’est donnée pour lui et qui dépasse de très loin ce que le père fournit comme effort.
D’où la recommandation spécifique à la mère, tant et si bien que le Messager de Dieu — paix et
bénédictions sur lui — l’a recommandée par trois fois avant de recommander le père. Pourquoi
insiste-t-on tellement sur une période dont l’être humain ne garde aucun souvenir ? En fait, l’objectif
est de l’inciter à voir cela chez les autres. Lorsqu’il voit comment les mères se fatiguent, combien
elles souffrent, comment elles veillent leurs enfants, combien elles se donnent de peine. Lorsqu’il voit
cela chez les autres, il comprend que cela lui est arrivé aussi et en a un aperçu. Alors, il manifeste de
la gratitude.

Dieu — Exalté soit-Il — veut nous rappeler la souffrance que la mère endure. Il veut nous
recommander les deux parents, le père et la mère, mais Il insiste sur le rôle de la mère et l’évoque
davantage, car son rôle n’est pas manifeste dans la conscience de l’enfant, tandis que le rôle du père
est évident. Telle est l’intention des nobles versets.

Il est arrivé, ne le hâtez pas.


Les orientalistes poursuivent leur propos sur le Noble Coran disant : « Le Coran dit dans la sourate
intitulée An-Nahl : « L’ordre de Dieu est arrivé. Ne le hâtez donc pas. » [11] Comment se fait-il que
Dieu — Exalté soit-Il — dise que Son ordre est arrivé, puis qu’Il ajoute « ne le hâtez pas » ? Le verbe
arriver est conjugué au passé car l’action a déjà eu lieu, tandis que « ne le hâtez pas » s’inscrit dans
le futur. Comment cela se justifie-t-il ? »
Nous leur répondons que lorsque l’on parle de Dieu — Exalté soit-Il —, il faut garder à l’esprit que
« Rien ne Lui ressemble ». Tu possèdes une force et Dieu possède une force, mais ta force est-elle
semblable à celle de Dieu — Exalté soit-Il — ? Tu as une capacité et Dieu a une capacité, mais ta
capacité est-elle semblable à celle de Dieu — Exalté soit-Il — ? De même, tu vis dans le temps,
tandis que Dieu n’est pas sujet au temps, Il est exempt de l’emprise du temps. Le fait que l’ordre soit
arrivé, cela s’inscrit dans la science de Dieu — Exalté soit-Il — c’est un fait accompli. Dès lors que
Dieu dit d’une chose qu’elle est arrivée, c’est chose faite. C’est une chose révolue dans la science de
Dieu, dans la Science Certaine (« `ilm al-yaqîn »). Toutefois, les choses passent de la science de
Dieu — Exalté soit-Il — à la science des hommes grâce à l’injonction « kun » (« Sois »). Lorsque
Dieu — Exalté soit-Il — veut transférer une chose du domaine de Sa science — Exalté soit-Il — au
domaine de la science des hommes, le verbe « kun » apporte l’ordre de mise en exécution.

Dieu — Exalté soit-Il — détient la science du Jour Dernier. Dès lors que celle-ci est arrêtée, aucune
force ici-bas ne peut l’empêcher de survenir. Cela est impossible. Ne Lui réclamez pas l’ordre
« kun ». Ne le hâtez pas. Pourquoi ? Eh bien, parce que le croyant véritable ne craint qu’une chose,
le Jour Dernier, le Jour du Jugement. Il craint la Justice de Dieu — Exalté soit-Il — qui recense tout,
les péchés petits et grands : « Et ils trouveront devant eux tout ce qu’ils auront œuvré. » Toutes les
œuvres, les petites avant les grandes. Si la justice divine ne laisse pas passer les petits péchés,
alors qu’est-ce qu’on peut bien faire des péchés majeurs ? Le croyant craint donc le Jour du
Jugement et l’appréhende quelle que soit la force de sa foi. En revanche, c’est l’homme incroyant
défiant Dieu qui, du fait de son ignorance, ne connaît pas les implications du Jour Dernier, ni ce
qu’implique le Jugement. C’est pourquoi il est pressé. Il a hâte qu’arrive le Jour Dernier. S’il savait ce
que cela signifie, s’il savait ce qui l’y attend, il n’oserait jamais en parler.

Lorsque Dieu dit : « L’ordre de Dieu est arrivé. » cela signifie que la date du Jour Dernier est fixée,
c’est chose faite, ne le hâtez pas. Ne hâtez pas l’échéance du Jugement. Vous ignorez ce que cela
renferme comme horreurs. Cette affaire est donc fixée et révolue vis-à-vis de Dieu, même si par
rapport à moi cela fait partie de l’avenir. Il n’y a donc pas de contradiction dans l’usage conjoint du
passé et du futur. Le passé s’inscrit dans la Science de Dieu — Exalté soit-Il — mais, dans ma
science, dans ma perception, et jusqu’à ce que cela advienne dans mon référentiel, cela appartient
au futur, jusqu’à ce que Dieu statue par le verbe « kun » et que l’on souffle dans la Trompe. Y a-t-il un
être humain capable d’empêcher Dieu — Exalté soit-Il — de mettre l’ordre qu’Il a décidé à
exécution ? Il n’existe aucun pouvoir au-dessus du pouvoir de Dieu. Qui peut empêcher l’ordre de
Dieu d’arriver dès lors que Dieu a annoncé qu’il est arrivé ? Nul homme n’a une emprise sur le futur.
Celui Qui a la main-mise sur l’avenir c’est Dieu — Exalté soit-Il —. Son ordre est donc arrivé, mais un
voile m’en sépare. D’où l’injonction : « Ne le hâtez donc pas. »

Mohammad a-t-il vu ?
Passons maintenant à un autre point. Dieu — Exalté soit-Il — s’adresse à Mohammad — paix et
bénédictions sur lui — dans la sourate intitulée Al-Fîl disant : « Ne vois-tu pas comment ton Seigneur
a agi envers les gens de l’Éléphant ? » [12] Certains orientalistes disent : « L’expression “Ne vois-tu
pas” est maladroite. Mohammad — paix et bénédictions sur lui — a-t-il assisté aux événements qui
se sont produits l’année de l’Éléphant ? En réalité, il est né l’année de l’Éléphant, il ne l’a donc point
vue. Si Dieu — Exalté soit-Il — avait dit : “Ne sais-tu pas”, nous dirions que quelqu’un l’en aurait
informé. » En fait, le savoir s’acquiert soit par un effort personnel, soit par une tierce personne qui
t’en instruit. Mais lorsque Dieu dit « Ne vois-tu pas », les orientalistes affirment : « Mohammad —
paix sur lui — s’est trompé dans le choix de ses mots. Car il n’a pas vu. Cette expression est donc
clairement en contradiction avec la réalité tangible. »

Mais ce qui échappe à ces gens c’est qu’il s’agit là d’une affaire de foi. Ce dont Dieu — Exalté soit-Il
— informe le croyant constitue une vision véridique. Le Coran est la Parole dont la récitation est une
œuvre de culte, il est invariable et immuable. Lorsque Dieu dit « Ne vois-tu pas », Il s’adresse à tous
les croyants qui bénéficient alors d’une vision ininterrompue. Car la vision dont il est question ici est
une vision miraculeuse majeure. Dieu veut qu’elle se fixe dans nos esprits, tout comme se fixent les
choses que nous voyons. Pourquoi ? Eh bien parce que la grande affaire de la foi qui se manifeste ici
c’est que Dieu — Exalté soit-Il — transforme la faiblesse en force, ce dont Il est le seul capable.

Je peux aider une personne faible à porter une lourde charge en me substituant à elle. Mais il m’est
impossible de faire en sorte que cette personne faible devienne forte de manière à ce qu’elle porte
cette lourde charge elle-même. Par contre, Dieu — Exalté soit-Il — peut revêtir cette personne faible
d’une force lui permettant de battre les hommes les plus forts au monde malgré sa faiblesse. Il s’agit
là d’un miracle de Dieu. Par conséquent, lors de l’année de l’éléphant, des oiseaux transportant de
petites pierres dans leurs becs, ont défait une armée d’éléphants, l’armée la plus forte au monde à
cette époque. Logiquement, si je dis à quelqu’un qu’une nuée d’oiseaux a battu un éléphant, il se
moquerait de moi. Car un éléphant peut faire périr des centaines d’oiseaux sans subir le moindre
mal. Les oiseaux se posent même sur le dos de l’éléphant sans qu’il ne s’en aperçoive. Comment
est-ce que ces oiseaux seraient-ils capables de décimer une armée gigantesque ? Dieu a mobilisé
Ses créatures les plus faibles pour battre Ses créatures les plus puissantes. Ceci est un miracle que
seul Dieu — Exalté soit-Il — est capable de produire.

Certains savants se sont mis à douter de cette question, tellement les orientalistes l’ont ressassée.
Certains ont avancé que ce sont les maladies et les bactéries envoyées par Dieu qui ont décimé
l’armée de Abrahah. Je ne les rejoins pas sur cette interprétation. L’année de l’éléphant coïncide
avec la naissance du Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui —. Il fut chargé de sa Mission
prophétique à l’âge de quarante ans c’est-à-dire qu’à cette époque il y avait des gens âgés de
cinquante, soixante, soixante-dix ans et plus qui ont vécu l’année de l’éléphant et l’ont vue
personnellement. Si les oiseaux n’étaient pas intervenus, s’ils n’avaient jeté aucune pierre d’argile,
s’ils n’avaient pas rendu cette armée semblable à de la paille mâchée — ce qui nécessite des
semaines de décomposition —, ces gens se seraient manifestés et auraient affirmé que les propos
de Mohammad sont faux. Ils auraient témoigné avoir vécu cette année-là, que les oiseaux n’étaient
pas venus, que nul ne les a vus anéantir une armée à coups de pierres qu’ils transportaient dans
leurs becs et que nul n’a vu cette armée devenir semblable à de la paille mâchée. Étant donné que
personne parmi les contemporains du Prophète n’a démenti ces événements au moment de la
révélation de la sourate, cela prouve que les événements en question se sont produits de la manière
décrite dans le Noble Coran et qu’ils ne nécessitent aucune interprétation car Dieu est Tout-Puissant.

Ainsi, dans les affaires de la foi, la Parole de Dieu — Exalté soit-Il — constitue une vision
permanente se reproduisant devant nous sans cesse. Nous en voyons de nombreux exemples dans
la vie. Combien de fois un faible a-t-il triomphé de l’homme le plus fort de tous ? Combien de fois un
homme puissant a-t-il été abandonné par Dieu et destiné à périr par les mains des plus faibles ? La
Parole de Dieu — Exalté soit-Il — constitue une certitude pour le croyant et une vision permanente.
C’est pour cette raison que Dieu — Exalté soit-Il — emploie l’inaccompli (le présent) « Ne vois-tu
pas » et non pas le passé. C’est aussi pour cette raison qu’Il emploie le verbe voir et non pas savoir.
« Ne vois-tu pas » est un présent sans cesse renouvelé et qui continuera à se reproduire au fil des
années jusqu’au jour de la résurrection.

Il s’agit d’une question de justice : Dieu accorde la victoire à l’opprimé contre l’oppresseur, quelle que
soit la force de l’oppresseur et quelle que soit la faiblesse de l’opprimé. Il s’agit d’une grande affaire
de la foi que tu dois voir dans ton cœur si tu es croyant. Il faut que tu la vois comme une certitude.
Telle est la foi. Telle est la sagesse justifiant l’usage de l’expression « Ne vois-tu pas ». Elle fait que le
croyant perçoit la force de Dieu et Son pouvoir dans tous les événements, concernant le vrai et le
faux, jusqu’au jour de la résurrection.

Qui sont les menteurs ?


Poursuivons notre réponse aux prétendues contradictions que les orientalistes voient dans le Noble
Coran, sachant qu’en réalité les questions qu’ils soulèvent nous portent à révéler l’inimitabilité du
Coran et son caractère miraculeux.
Dieu — Exalté soit-Il — dit dans la sourate Al-Munâfiqûn : « Quand les hypocrites viennent à toi, ils
disent : "Nous attestons que tu es certes le Messager de Dieu" ; Dieu sait que tu es vraiment Son
Messager ; et Dieu atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs. » [13] Les orientalistes
disent que les hypocrites ont attesté que Mohammad est le Messager de Dieu. De plus, Dieu sait que
Mohammad est Son Messager. Pourtant, Dieu sait aussi que les hypocrites sont des menteurs.
Comment est-ce que les hypocrites sont qualifiés de menteurs alors qu’ils attestent la même chose
que Dieu ? Alors que les deux témoignages s’accordent sur le fait que Mohammad est le Messager
de Dieu, comment peut-on dire que les hypocrites mentent ? Leur témoignage coïncide avec la
science de Dieu. Vu que le mensonge désigne toute parole contraire à la réalité, est-ce que le
témoignage des hypocrites que Mohammad est le Messager de Dieu ne correspond pas à la réalité ?
Il s’agit là d’une contradiction. Du moins est-ce ce qu’affirment les orientalistes.

Venons-en au sens du noble verset. Les hypocrites disent : « Nous attestons que tu es certes le
Messager de Dieu » et « Dieu sait que tu es vraiment Son Messager ». Donc, nous tenons là un fait
véridique. Pourquoi est-ce que Dieu — Exalté soit-Il — dit que les hypocrites sont menteurs ? Le
démenti porte-t-il sur la phrase « tu es certes le Messager de Dieu » ? Pas du tout. Mohammad est
bel et bien le Messager de Dieu. Le démenti porte sur l’expression « nous attestons ». Le démenti
porte sur la sincérité de l’attestation et non point sur son contenu. En ce qui nous concerne, nos
paroles reflètent notre intime conviction. Mais Dieu sait que la conviction des hypocrites est contraire
à ce qu’ils disent. Par conséquent, leur témoignage est mensonger car ils ne pensent pas ce qu’ils
disent. En réalité, ils n’en attestent pas car ils ne croient pas que Mohammad est le Messager de
Dieu. Leur démarche procède de l’hypocrisie et non point d’une conviction sincère. Mohammad est
bel et bien le Messager de Dieu, personne ne le dément ici. À ce propos, Dieu — Exalté soit-Il — dit :
« Dieu sait que tu es vraiment Son Messager. » En revanche, le démenti porte sur la sincérité de la
phrase « nous attestons ». Il y a une distinction à faire entre le témoignage en tant qu’acte et le
contenu du témoignage. Le contenu, à savoir que Mohammad est le Messager de Dieu, est vrai à
100%. Mais le témoignage en tant qu’acte est démenti. Ainsi se révèle l’extrême précision du verbe
coranique.

Interroger n’est pas s’informer


Passons à une autre facette du miracle coranique. Dieu dit dans la sourate Ar-Rahmân : « Ce jour-là
nul humain ni Jinn ne sera interrogé sur ses péchés » [14]. Il dit dans sourate As-Sâffât : « Et arrêtez-
les, car ils doivent être interrogés. » [15] Dans le premier verset, on nie l’existence d’un
interrogatoire, tandis que le deuxième verset affirme l’existence d’un interrogatoire. Comment cela se
fait-il ?

Les orientalistes voient là une contradiction dans le Noble Coran. Comment Dieu — Exalté soit-Il —
peut-Il dire « Ce jour-là nul humain ni Jinn ne sera interrogé sur ses péchés », puis « Et arrêtez-les,
car ils doivent être interrogés. » Il y aurait donc là une contradiction, car Mohammad aurait
simplement oublié.

Nous répondons que cette prise de position émane de l’ignorance de la nature de l’interrogatoire. Il y
a deux sortes de questions : une question visant à s’informer, et une question visant à recueillir l’aveu
du témoin envers ou contre lui-même. Lorsqu’un élève interroge son maître, il le fait pour s’instruire,
pour accéder au savoir. Mais lorsque le maître interroge son élève, cherche-t-il à s’instruire ou à
s’informer ? Non. Car le maître a des connaissances beaucoup plus étendues que celles de son
élève. Mais il l’interroge afin que l’élève soit son propre témoin. Aucune tergiversation n’est possible.
L’élève ne peut pas prétendre avoir travaillé alors qu’il n’a rien fait. Les questions comprises dans les
sujets d’examen posés par le ministère de l’enseignement ne visent pas à puiser auprès des
étudiants des connaissances qu’ils détiennent. Elles visent à évaluer les connaissances des
étudiants afin que ces derniers soient des témoins de leur propre savoir, sans contestation possible.
La feuille de composition témoigne du niveau de chaque étudiant, fût-il excellent ou médiocre, ou
complètement ignare.
Le noble verset « Ce jour-là nul humain ni Jinn ne sera interrogé sur ses péchés » nie l’interrogatoire
dans le but de s’informer. Dieu est parfaitement informé des péchés de ces derniers. Dieu — Exalté
soit-Il — en a connaissance et n’a donc pas besoin de questionner pour être informé. Il n’a pas
besoin d’interroger Ses créatures car Son savoir dépasse leur savoir. Il n’y a donc pas de question
car l’interrogateur est plus savant que l’interrogé. D’où le verset : « Ce jour-là nul humain ni Jinn ne
sera interrogé sur ses péchés ».

Le second verset « Et arrêtez-les, car ils doivent être interrogés », quant à lui, signifie : Vous serez
interrogés pour reconnaître la vérité lors du jugement, et non point pour dire une chose que Dieu
ignorerait. Vous témoignerez contre vous-mêmes. C’est d’ailleurs le sens véhiculé par les versets
précédents et les versets suivants. Où est donc cette prétendue contradiction ? Dieu — Exalté soit-Il
— évoque les mécréants et les dénégateurs. C’est pourquoi la sourate dit : « Et ils diront : "Malheur à
nous ! c’est le jour de la Rétribution". § "C’est le jour du Jugement que vous traitiez de mensonge". §
"Rassemblez les injustes et leurs épouses et tout ce qu’ils adoraient, § en dehors d’Allâh. Puis
conduisez-les au chemin de la Fournaise. § Et arrêtez-les, car ils doivent être interrogés". » [16]

La question ne vise pas l’instruction, elle vise plutôt à ce que les interrogés soient des témoins
envers eux-mêmes. Voici ce que vous traitiez de mensonge. Voici les divinités que vous adoriez en
dehors de Dieu. L’heure du jugement est arrivée. Vous serez témoins contre vous-mêmes le jour du
jugement. Où sont les divinités que vous adoriez en dehors de Dieu ? Après les avoir interrogés au
sujet de leurs divinités, Dieu — Exalté soit-Il — demande : « Pourquoi ne vous portez-vous pas
secours mutuellement ? » [17] Pourquoi personne ne vous porte secours ? Pourquoi vos divinités ne
vous prêtent-elles pas main forte ? La question ne vise pas à savoir, mais plutôt à les faire témoigner.

Porter le fardeau des autres


Passons enfin à un autre verset. Les orientalistes rapportent que Dieu — Exalté soit-Il — dit dans la
sourate Al-An`âm : « Nul ne portera le fardeau d’autrui » [18]. Il le dit également dans les sourates
Fâtir [19] et An-Najm [20]. Puis, Dieu — Exalté soit-Il — dit dans la sourate Al-`Ankabût : « Et très
certainement, ils porteront leurs fardeaux et d’autres fardeaux en plus de leurs propres fardeaux. »
Comment cela se fait-il ? Dieu a ordonné que nul ne portera le fardeau d’autrui. Mais, dans ce verset,
Il déclare que des gens porteront des fardeaux en plus de leurs propres fardeaux. N’est-ce pas
contradictoire ? Mohammad a sans doute oublié. Du moins, c’est ce que les orientalistes veulent
dire, mais ils ignorent tout de la précision inimitable du verbe coranique.

Nous leur répondons que « Nul ne portera le fardeau d’autrui » signifie que chaque être humain
portera le fardeau de ses propres péchés. Mais, le jour du jugement, certaines personnes porteront
des péchés supplémentaires. De qui s’agit-il ? Il s’agit des égareurs qui, dans la vie ici-bas,
détournent les gens du sentier de Dieu. Le péché mentionné dans le premier verset c’est le fait de
s’égarer. Si je m’égare, que tu t’égares, ou qu’untel s’égare, chacun de nous portera son propre
fardeau. Chacun de nous assumera son égarement et ses péchés. De ce point de vue, nul égaré
n’aura à assumer les péchés d’un autre égaré. Néamoins, il y a des égarés, d’une part, et des
égareurs, d’autre part. L’égaré est celui qui se trompe de chemin, celui qui mécroit en Dieu — Exalté
soit-Il —. L’égareur, quant à lui, ne se contente pas d’être lui-même égaré ; il égare autrui. Trouvant
un individu croyant, il essaye de corrompre sa foi. Trouvant un individu aspirant à Dieu, il essaye de
le rendre mécréant. Il se peut même qu’il y parvienne. Ceux-là sont les égareurs. Ils ne porteront pas
leur fardeau uniquement, mais recevront une part des péchés commis par ceux qu’ils auront égarés,
comme en témoigne le noble verset de la sourate An-Nahl : « Qu’ils portent donc, au Jour de la
Résurrection, leurs fardeaux intégralement ainsi qu’une partie des fardeaux de ceux qu’ils égarent,
sans le savoir » [21]

Ainsi quiconque égare les gens et œuvre à semer la mécréance et l’athéisme, quiconque ne se
contente pas d’être égaré lui-même mais voudrait égarer autrui, aura à assumer une part de tout
péché commis par ceux qu’il aura égarés. Par exemple, si je trouve un individu qui ne boit pas le vin
et que j’essaye de l’appâter afin qu’il en boive, si je lui en propose et tente de l’y attirer, cet individu
assumera le péché d’avoir désobéi à Dieu et consommé du vin. Pour ma part, j’aurai à assumer le
péché de l’avoir égaré, de l’avoir aidé dans la transgression et d’avoir tout fait pour lui embellir le
péché jusqu’à ce qu’il le commette. Ainsi le premier verset « Nul ne portera le fardeau d’autrui »
s’adresse aux égarés, tandis que le deuxième verset « Et très certainement, ils porteront leurs
fardeaux et d’autres fardeaux en plus de leurs propres fardeaux. » concerne les égareurs qui
détournent les gens du sentier de Dieu. Ceux-là récolteront une part des péchés perpétrés par ceux
qu’ils auront égarés et guidés vers la mécréance, vers le péché et vers la désobéissance.

Tout au long de ce chapitre, nous avons passé en revue certaines contradictions que les orientalistes
prêtent au Coran pour lui porter atteinte et aboutir à la conclusion qu’il est une parole émanant d’un
être humain. Nous avons fait la lumière sur ces prétendues contradictions d’une manière qui révèle
l’inimitabilité du Noble Coran. Il n’y a nulle contradiction dans le Coran. Le verbe coranique brille par
son éloquence et son extrême précision si bien que le signifiant et le signifié sont parfaitement en
harmonie, ne s’écartent guère l’un de l’autre et véhiculent un sens précis en fonction du contexte.
Cependant, les égareurs, ou un certain nombre d’orientalistes, ne se contentent pas de prétendre
qu’il y a des contradictions internes dans le Coran. Ils vont plus loin et affirment que le Noble Coran
contredit les lois de l’univers, ce qui est un mensonge de taille. Cela fera l’objet du prochain chapitre
intitulé « Le Coran et les lois de l’univers ».

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P.-S.
Traduit et adapté de l’arabe, Mu`jizat Al-Qur’ân (Le miracle du Coran) de Sheikh Mohammad Mitwallî
Ash-Sha`râwî, pages 65 à 83, Kitâb Al-Yawm, 2ème édition, 1981, Le Caire - Égypte. ISBN 977-7327-
21-8.

Notes
[1] Sourate 7, Al-A`râf, Les limbes, verset 54. NdT.

[2] Sourate 10, Yûnus, Jonas, verset 3. NdT.

[3] Sourate 25, Al-Furqân, Le critère, verset 59. NdT.

[4] Sourate 41, Fussilat, versets 9 à 12. NdT.

[5] Dans le texte original, l’auteur fait référence à trois villes égyptiennes (Le Caire — Tantâ —
Alexandrie). NdT.

[6] Cela ne signifie pas non plus que la création du monde a duré six mille ans à notre échelle. En
effet, un jour de Dieu est très long. Dans le Coran, on compare métaphoriquement sa durée tantôt à
mille ans, comme dans le verset susmentionné, tantôt à cinquante mille ans, dans le verset 4 de la
sourate Al-Ma`ârij. Il s’agit donc d’une métaphore et non point d’une durée à prendre au pied de la
lettre. NdT.

[7] Sourate 58, Al-Mujâdalah, verset 22. NdT.

[8] Sourate 31, Luqmân, verset 15. NdT.

[9] Sourate 46, Al-Ahqâf, verset 15. NdT.

[10] Sourate 31, Luqmân, verset 14. NdT.

[11] Sourate 16, An-Nahl, Les abeilles, verset 1. NdT.


[12] Sourate 105, Al-Fîl, L’Éléphant, verset 1. NdT.

[13] Sourate 63, Al-Munâfiqûn, Les hypocrites, verset 1. NdT.

[14] Sourate 55, Ar-Rahmân, Le Miséricordieux, verset 39. NdT.

[15] Sourate 37, As-Sâffât, verset 24. NdT.

[16] Sourate 37, As-Sâffât, versets 20 à 24. NdT.

[17] Sourate 37, As-Sâffât, versets 25. NdT.

[18] Sourate 6, Al-An`âm, Les bestiaux, verset 164. NdT.

[19] Sourate 35, Fâtir, Le Créateur, verset 18. NdT.

[20] Sourate 53, An-Najm, L’étoile, verset 38. NdT.

[21] Sourate 16, An-Nahl, Les abeilles, verset 25. NdT.