JANVIER 2014 / n°192 / 1,70 €

DES VŒUX : POUR QUOI FAIRE ?
Trêve des confiseurs, période des vœux, ce temps est souvent vécu comme une parenthèse. Un micro-trottoir, sur une chaîne publique, montrait (s'il en était besoin) que les vœux sont un exercice imposé auquel on ne croit pas beaucoup, tout comme les bonnes résolutions. Ces dernières ne sont mises en pratique que quelques jours, quelques semaines dans le meilleur des cas ! Alors à quoi bon se prêter à ce jeu dans La Feuille Verte ? Au milieu de tous ces faux-semblants, voici pourtant que les vœux d’Ariane Mnouchkine, que nous offre Mediapart (*), apparaissent comme un rayon de soleil dans cet univers gris. Mais que nous souhaite-t-elle ? D’abord « une fuite périlleuse ». Une fuite face à la « tristesse gluante […] faite de haine, de méfiance, d’amertume ». Une fuite aussi devant « les triomphants prophètes de l’échec inévitable » tournés vers le passé. Son deuxième vœu, c'est l’immense chantier de la démocratie. Non pas seulement celle des urnes, mais la démocratie de tous les jours. « Déclarons-nous, tous, responsables de tout », dit-elle en nous incitant à agir partout, à participer à ces innombrables laboratoires où « des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions », à remettre cent fois le métier sur l’ouvrage. D’ailleurs, n’est-ce pas ce qu’elle a fait pour que tous les jours se réinvente le Théâtre du Soleil, qu’elle a créé il y a cinquante ans ? La mort de Nelson Mandela et les cérémonies qui l’ont suivie nous ont offert un retour sur son œuvre, sur sa volonté, sur sa foi en l’homme. C’est aussi en mettant en place localement des lieux de réconciliation qu’il a lancé la transformation de la société sud-africaine sclérosée par l’apartheid. Alors, nous, écologistes, faisons nôtres ces vœux d’Ariane Mnouchkine, approprions-nous cette démarche de Nelson Mandela. En cette période préélectorale, en cette période de crise, ils peuvent, ils doivent nous servir de guide. Cherchons à agir partout où c’est possible, appuyons nous sur « ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif » : ils nous permettront de mettre en œuvre notre grand projet de conversion écologique de notre société. Merci Ariane, merci Madiba ! Meilleurs vœux pour 2014 !

Corinne Tissier et Bernard Lachambre Cosecrétaires EÉLV Franche Comté
(*) On pourra écouter et lire ces vœux sur Mediapart : http:// www.mediapart.fr/journal/france/311213/les-voeux-d-epopee-dariane-mnouchkine

Sommaire
P 1 : Edito P 2 : Mon premier Conseil fédéral P 5 : Motion adoptée par le Conseil fédéral, les 14-15 décembre P 7 : Vote du budget : quelques explications utiles P 9 : Madiba : un rêve d’humanité P 11 : Disparition de Mandela : le déshonneur des dirigeants israéliens P 12 : Municipales de Besançon : échos de campagne P 14 : Science et écologie P 16 : Allemagne : du charbon à la place du nucléaire P 18 : Immigration en France : la réalité des nombres P 19 : Un mois, émois et moi P 21 : bulletin d’adhésion

Mon premier Conseil fédéral

TRANCHE DE VIE DU PARTI ET FEUILLE DE ROUTE LOCALE
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Les 14 et 15 décembre, s'est réuni le premier Conseil fédéral (CF) d'EÉLV issu des élections du Congrès régional décentralisé et du Congrès national (tenu à Caen en novembre). Le Conseil fédéral est en quelque sorte l’assemblée nationale du parti.

Pour éclairer les lanternes : pédagogie et améliorations démocratiques à venir
Les élections des conseillers fédéraux se font à partir de motions - des textes qui présentent et proposent les idées et les priorités de leurs auteurs pour le mouvement. Cette manière de procéder par motions n'est peut-être pas la meilleure, mais elle est probablement la moins pire. Un de ses inconvénients est que le jeu des motions fait s'opposer des personnes au sein du même parti. Mais ce serait se mentir que de dire que nous avons tous exactement les mêmes objectifs. Bien sûr, il y a les fondamentaux, mais aussi, vraiment, plusieurs sens des priorités et

des manières variées de procéder. Les différentes motions représentent la diversité des points de vue, mais cet exercice peut marquer durablement les débats et les décisions à venir, surtout lorsque la majorité n'est pas très forte, comme c'est le cas dans ce nouveau Conseil fédéral. Les oppositions peuvent être exacerbées et dangereuses pour EÉLV même. Ainsi, lors de ce premier CF, la conférence des secrétaires régionaux a proposé une amélioration du fonctionnement démocratique, qui consisterait à préparer le travail du CF en région en communiquant suffisamment tôt l'ordre du jour. Les Conseils politiques régionaux (CPR) donneraient alors leur avis aux conseillers fédéraux.

Le Conseil fédéral : débats et textes adoptés
Le samedi matin, plusieurs ateliers se sont tenus afin de débattre de certaines motions. J'ai participé à celui portant sur le vote du budget 2014, qui devait avoir lieu le 19 décembre à l'Assemblée nationale. Pour se resituer dans le contexte, il faut rappeler que les motions écrites lors de la constitution du nouveau Conseil fédéral, donc lors des Congrès décentralisés en régions et lors du Congrès de Caen, reposaient sur un constat relativement partagé : la participation d’EÉLV au gouvernement ne donne pas satisfaction. En effet, nombre de points négociés avec l'équipe Hollande ont depuis été balayés ou amenuisés ou repoussés dans un futur incertain. La gestion de la « crise » ou le chantier laissé par le gouvernement précédent font partie des arguments évoqués quand nous exprimons nos insatisfactions. Ainsi, beaucoup de militants demandent que nous nous démarquions davantage du gouvernement et montrions que nous n'avons oublié ni nos objectifs, ni le point de vue de notre base militante et électorale. La volonté est forte d'exister à côté de ce gouvernement, mais la question demeure aujourd'hui : en avons-nous les moyens ? Et sinon, voulons-nous nous les donner, ces moyens ? La motion sur le budget était empreinte de cet état d'esprit. Elle demandait au départ à nos députés de voter contre ce budget d'austérité, qui ne va pas dans le sens de la transition écologique, ou pas assez. Il s'agissait aussi de montrer que nous, les écologistes, n'étions pas « fondus » dans le PS et que nous avions décidé de ne plus tout accepter. Le vote d'un budget est un acte politique fort. Un débat lors de cet atelier a eu lieu et le risque d'être remerciés par le gouvernement si nous votions contre ce budget a été brandi. Par ailleurs, d'autres arguments avancés mettaient en avant le caractère tardif d'un vote contre alors que des avancées avaient été durement négociées. Ainsi, le texte de la motion a évolué et la demande du CF de voter contre le budget s'est transformée en une demande de ne pas le soutenir et de tout faire pour infléchir les orientations budgétaires. La plupart des participants ne souhaitaient pas que les écologistes sortent du gouvernement. Ne pas voter en faveur de ce budget ne signifiait pas quitter le gouvernement, mais marquer notre désaccord au sujet des orientations prises. Pour cela, une possibilité existait : l’abstention. Selon certains, le PS n’aurait pas assumé de nous virer du gouvernement pour cause d’abstention. Et si les écologistes sortaient du gouvernement, c’est bien le PS qui renierait les questions écologiques, et non EELV.

Motions ponctuelles et conseil statutaire
Plusieurs autres motions ont été discutées, amendées puis votées. Elles sont consultables sur le site du parti : http://eelv.fr/le-conseil-federal-3/ conseil-federal-des-14-et-15-decembre-2013/ Ce même week-end a eu lieu l'élection des membres du Conseil statutaire, des membres de la Commission des finances, des membres du Conseil d'orientation politique, et on a choisi la composition de la délégation au Parti Vert Européen. Un bilan du groupe de l'assemblée nationale a été fait, ainsi que de celui du Sénat. Pascal Canfin est venu présenter la loi d'orientation et de programmation pour le développement. Emmanuelle Cosse est intervenue et a lancé un débat de politique générale. Ensuite a eu lieu un long débat suivi d’un vote pour le scénario d'investiture aux élections européennes. Pour l'Est, les personnes retenues sont Sandrine Bélier, un candidat d'ouverture, Hannah Clairière, Philippe Hervieux. Enfin, Julien Bayou a été élu porte-parole.

Un point essentiel : la création d'un comité de liaison de l'ensemble de la gauche
Motion portée par le bureau exécutif, il s'agit de construire avec des partenaires de gauche, des associations, des syndicats, des propositions pour un changement de cap. Ces propositions étayeront notre refus d'une politique d'austérité, elles matérialiseront des orientations budgétaires en accord avec la transition écologique, la justice sociale et l'avènement d'un modèle de développement plus respectueux des êtres humains et de la nature. Ce comité de liaison sera lancé fin janvier par le national et devrait se décliner dans les régions. Pour moi, c'est un choix capital : tisser des liens avec les acteurs locaux, pour constituer une force de la base, une force concrète à mettre face au gouvernement. Le besoin de changement doit être ressenti, il ne doit pas rester un slogan de campagne. Ce choix est aussi très courageux car ce comité de liaison et ces comités régionaux mettront à l'épreuve notre capacité à fédérer, à structurer, à rendre compte. Il s'agira aussi de savoir faire de la place à cet investissement dans nos organisations locales et régionales. Il faut appeler les militants de l'ombre, œuvrant dans des associations, des collectifs, ou porteurs de connaissances dans des domaines chers à la transition écologique (donc sociale et économique), ou simplement volontaires, à se mobiliser avec nous pour ce changement de cap : le changement c’est vraiment maintenant (1).

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Les suites du Conseil fédéral
Depuis ce conseil fédéral, les sénateurs EÉLV se sont abstenus lors du vote du budget. Sur 17 députés écologistes, 14 ont voté pour à l'Assemblée Nationale, 2 se sont abstenus, 1 a voté contre. Une grande partie du Conseil fédéral a été déstabilisée par le vote des députés, estimant que le débat et le vote de la motion correspondante avaient été balayés. Mais il reste trois enseignements à la suite de cet événement : Emmanuelle Cosse a sauvé la face en ne communiquant pas publiquement sur la motion (même si nous avons pu le regretter à un moment) ; cela dit, elle fait le grand écart entre deux poutres… Tous les arguments du monde ne pourront pas faire admettre que ce fonctionnement est normal. Une analyse partagée devra être faite. Nos députés n’ont pas ou ne prennent pas les libertés que la majorité du parti souhaiterait vis-à-vis des politiques du gouvernement. Ainsi, l'exercice d'EÉLV est difficile en interne et dans les instances auxquelles nous avons décidé de participer. La question se pose encore et toujours : comment allons-nous pouvoir continuer à travailler ? Il me semble que notre parti aura des difficultés à agir en cohérence avec ses objectifs tant qu'il n'aura pas un poids suffisant dans la société. C'est pourquoi le travail local sous forme de comité de liaison est d'autant plus essentiel. Nous ne pouvons pas penser agir uniquement grâce à nos élus. Leur travail est certes capital, mais à côté d'eux la responsabilité qui est la nôtre est grande : révéler la société en mouvement, mettre en relief les initiatives, les porter le plus haut possible, les faire proliférer.

Notre projet est celui de la construction de la transition, transition en devenir dans la fédération des forces locales. Les circuits courts, l'économie circulaire, le soutien aux ménages les plus faibles, le développement des énergies renouvelables, les moyens de faire baisser nos consommations énergétiques, la réduction de l'usage des polluants et de nos émissions de gaz à effet de serre, le développement de l'économie sociale et solidaire, la sécurité alimentaire, l'équilibre de nos enfants, sont autant de pistes à investir parmi tant d'autres.

Alexandra HUNOLD
(1) Note de Gérard Mamet : Malheureusement, ce n'est pas ce qui se dessine. Lors de ses vœux, présentés le 31 décembre au soir, François Hollande persiste et signe. Il continue de justifier la politique d'austérité, veut réduire encore le budget de l'État, des collectivités et de la Sécurité sociale. Il annonce aussi de nouveaux cadeaux au patronat avec le « pacte de responsabilité des entreprises » et veut « à terme, réduire les impôts », (mais lesquels puisqu'on vient d'augmenter la TVA, payée par tous, y compris les plus pauvres ?). Le rappel de la priorité à l'emploi devient une rengaine qui sonne creux, dans la mesure où elle est contradictoire avec l'austérité. Ainsi Christian Chavagneux, d'Alternatives économiques, estime que « la croissance française aurait pu être de l'ordre de 2,2 à 2,5 % en 2013 sans politique d'austérité ». Combien cela représente-t-il de centaines de milliers d'emplois perdus ? Le mouvement écolo ne va tout de même pas considérer que le compte y est avec la petite phrase du Président sur la transition énergétique !?

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Motion adoptée par le Conseil fédéral d'EÉLV, 14-15 décembre 2013 GOUVERNEMENT : CHANGER ENFIN DE CAP ! POUR SORTIR DES POLITIQUES D’AUSTÉRITÉ, ENGAGER UNE POLITIQUE ÉCOLOGIQUE : ENVIRONNEMENTALE, SOCIALE, ÉCONOMIQUE ET DÉMOCRATIQUE
Une politique écologique et budgétaire passe par la promotion d’une société de sobriété équitablement partagée prenant en compte la finitude des ressources, le bannissement des techniques nuisant à l’environnement et à l’équilibre de la planète, la sauvegarde de la cohabitation avec les autres espèces vivantes. L’austérité est sans issue et augmente les inégalités. La fiscalité française reste peu redistributive. Les impôts progressifs ne pèsent que 8 % des prélèvements obligatoires ! Le gouvernement comptait taxer l’épargne concentrée sur les ménages aisés ; il a reculé. Il aurait fallu mettre en place une réelle fiscalité écologique pour financer la transition. La contribution climat énergie à 7 euros la tonne modifiant l’ancienne assiette de la TICPE (ex-TIPP) en équivalent CO2, et la baisse de la TVA sur la rénovation thermique restent des avancées timides. Ensuite, avec le recul sur la taxe poids lourds, le retard français sur le fret ferroviaire est confirmé. De même, la TVA sur les transports en commun de voyageurs a été augmentée de 7 à 10 %, au détriment des classes populaires et de l’empreinte écologique du secteur des transports. Les plus pauvres sont les premières victimes de la hausse de la TVA. La gauche avait pourtant promis de ne pas recourir à cet impôt injuste. Le gouvernement navigue à vue, cédant alternativement aux intérêts privés les plus conservateurs et à l’idéologie de rigueur de la Commission européenne. En privilégiant cette année une baisse des dépenses de 15 milliards d'euros, il prend le risque d’une vraie remise en cause de la qualité des services publics. En augmentant de 12 milliards la TVA et en baissant de 9 milliards les prélèvements sur les entreprises (dont le CICE), il opère un transfert injuste de fiscalité des entreprises vers les ménages. Les rares marges de manœuvre budgétaires laissées par l’austérité ont été gaspillées pour financer le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), accordé aux entreprises sans critère social ou environnemental. Et que dire du retrait, sous la pression de Bercy, de l’amendement du rapporteur socialiste Christian Eckert prévoyant l’élargissement du champ de la taxe sur les transactions financières aux transactions «intra-day» ? Cette mesure créait pourtant une réelle taxe Tobin prévue par l’accord EÉLV PS et défendue par le candidat Hollande. De nombreuses niches fiscales antiécologiques persistent et encouragent ainsi la consommation de kérosène ou de diesel. Quant aux bureaux vides, ils ne sont toujours pas taxés malgré les promesses. Ce n’est pas un hasard si le ministère de l’Écologie voit son budget diminuer de 6 % ; la transition écologique reste dans les cartons et le projet de loi-cadre sur la transition énergétique a été repoussé à fin 2014. Ces choix budgétaires sont politiques. Ils jouent un rôle central dans la montée de la défiance à l’égard du gouvernement, des partis de la majorité et de manière plus générale de la politique et expliquent en partie le développement de manifestations populistes et corporatistes manipulées par le MEDEF et la FNSEA. Les conséquences seront électorales demain ; la montée du vote Front national sera nette ; si les élections municipales, où les situations locales sont très diverses, relativiseront le recul du Parti socialiste, les élections européennes le souligneront au contraire nettement.

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Le Conseil fédéral d’EÉLV demande donc
une véritable réorientation des politiques actuellement menées par le gouvernement. Il appelle à l’affirmation forte, par la majorité gouvernementale, d’un cap politique et économique faisant de la transition écologique le pivot d’une sortie de l’austérité et de la crise. La transition énergétique, la préservation de l’environnement, la réduction des émissions de GES, la lutte contre la précarité, le partage équitable du travail, l’accès à la santé pour tous, la préservation des mécanismes de solidarité, la démocratisation de l’éducation et de la formation, la remise à plat de la fiscalité et des outils de soutien aux entreprises doivent devenir des priorités politiques et faire l’objet de décisions concrètes rapidement ;

Le Conseil fédéral d'EÉLV confirme l’orientation des écologistes s’impliquant, en France et en Europe, pour mettre en œuvre « l’écologie des solutions », exigeantes environnementalement, justes socialement et efficaces économiquement :

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∙ en mettant en œuvre rapidement des mesures environnementales dans la politique économique et financière de notre pays ; ∙ en engageant la transition énergétique, étape indispensable pour parvenir à sortir du nucléaire et de notre dépendance aux énergies fossiles, qui porte les potentialités de développement d’activités nouvelles et le potentiel d’emplois sans lequel il ne pourra y avoir de redressement de notre économie et de nos finances publiques ; ∙ en allant au bout de la lutte contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux, en France et en Europe : il y a là une exigence de réussite pour desserrer l’étreinte des taux sur la baisse des dépenses publiques ; ∙ en mettant en œuvre une réforme fiscale de grande ampleur en France et en portant l’harmonisation fiscale en Europe ; ∙ en œuvrant pour la mise en place d’un Pacte social d’urgence pour l’Europe, qui vise à défendre les investissements sociaux, l’emploi des jeunes, des salaires décents, un accès universel à la santé et à un logement abordable ; ∙ en engageant un grand programme européen d’investissement dans la transition écologique ; ∙ en réorientant l’agriculture pour préserver la santé et l’environnement et influer dans ce sens sur la mise en œuvre de la PAC et sur la future loi d’avenir agricole ; ∙ en faisant de l’Europe le moteur d’une autre mondialisation, en engageant la définition et la mise en œuvre de normes sociales et environnementales ; ∙ en œuvrant à la relocalisation des activités, en revenant sur la baisse massive des dotations aux collectivités territoriales et en leur redonnant davantage d’autonomie financière.

Le Conseil fédéral d'EÉLV
- désapprouve la politique économique et budgétaire actuelle et réaffirme la nécessité d’un changement de cap tel qu’il l’avait demandé en mai 2013 ; - considère comme indispensable, dans le souci de mettre en cohérence notre discours politique et l’engagement de nos éluEs, que les parlementaires ne soutiennent pas les orientations budgétaires et fiscales actuelles et mettent tout en œuvre pour les modifier afin de traduire dans ces orientations les impératifs écologiques et sociaux ; - estime que l’alliance avec le PS ne peut contraindre les parlementaires écologistes à renoncer à exprimer, défendre et assumer nos idées ; - invite les forces politiques écologistes et de gauche, les mouvements associatifs, les syndicats, les ONG, à ouvrir le débat autour de ce changement de cap à travers des rencontres locales, régionales et nationales et la mise en place d’un comité de liaison national et, progressivement, de comités de liaison à tous les niveaux ; - mandate le Bureau exécutif et les Secrétariats régionaux pour prendre les contacts nécessaires et lui rendre compte régulièrement lors des prochaines réunions du Conseil fédéral ; - mandate le Bureau exécutif, en lien avec les groupes parlementaires, pour élaborer des orientations budgétaires alternatives permettant la transition écologique ; - invite l’ensemble des adhérent(e)s à s’investir fortement dans cette dynamique pour construire le rapport de force indispensable à un réel changement de cap.

Pour : 56 ; Contre : 4 ; Blancs : 37 ; Nppv : 24

Les tribulations de La Feuille Verte
Même si elle est (pour des raisons qui ne sont qu'en partie explicables) arrivée particulièrement tard dans les boîtes aux lettres (sans compter qu'elle a été mise en ligne encore plus tard !), La Feuille Verte de décembre est parvenue chez ses lecteurs avant que les cerveaux ne soient trop embrumés sous l'effet des excès engendrés par ce qu'on s'obstine à appeler les « fêtes ». Du coup, lesdits lecteurs, même les moins attentifs, n'auront pu manquer de remarquer deux bizarreries venues perturber la lecture de deux (bas de) pages. Tout en bas, donc, de la seconde colonne de la page 8, il aurait fallu pouvoir lire : « … et j'ai la prétention du colibri. » Et tout en bas de la première colonne de la page 27, l'Échotidien du 22.11 se terminait par : « Quand on n'aura plus de panem, il nous restera toujours les circenses. » Nos plus plates (mais néanmoins sincères) excuses accompagnent donc nos meilleurs vœux pour une nouvelle et féconde année feuillevertesque.

Le Comité de lecture de La Feuille Verte

Vote du budget

QUELQUES EXPLICATIONS UTILES
Nombre de gens se sont interrogés sur le vote des parlementaires écologistes concernant le Projet de Loi de Finances (PLF), notamment à la suite de l'adoption, sensiblement au même moment, par le Conseil fédéral d'EÉLV, d'une motion appelant les parlementaires à ne pas soutenir les orientations budgétaires du gouvernement. - Le doublement de la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés concernant les entreprises de plus de 250 millions d'euros de chiffre d'affaire.

En ce qui concerne les dépenses, ce
budget contient une économie de 15 milliards d'euros (9 pour l’État, dont 1,5 sur les dotations aux collectivités territoriales, et 6 pour la Sécurité sociale). Il comporte également une augmentation (minime) du RSA, et la revalorisation des bourses que touchent 600 000 étudiants. Un budget en hausse pour les politiques de l'emploi, et stable pour l'ESS (2) et la sécurité alimentaire. Sur les dépenses, nous n'avons pas voté trois budgets : celui de la défense (défense nucléaire), celui de l'enseignement supérieur et de la recherche (une part importante est consacrée à la recherche nucléaire) et celui de l'immigration (nonrespect de l'engagement de fermer des centres de rétention). Le CICE (3) et la hausse de la TVA intermédiaire ne figuraient pas dans ce PLF mais ont été intégrés par amendements gouvernementaux (sur lesquels nous avons voté contre ou nous sommes abstenus) dans la loi de finances rectificative 2012, adoptée il y a un an. Pourtant, nous avons continué à défendre la non-augmentation de la TVA et l'orientation des aides aux entreprises vers les PME/TPE (4) et l'ESS pendant toute l'étude du budget.

Sur le fond, rappelons tout d'abord que le
groupe écologiste partage et défend, dans l'hémicycle et en dehors, l'idée que la sortie de la crise viendra des investissements et du soutien à la transition écologique, seule manière de créer des emplois et de développer un nouveau modèle économique. Pour autant, nous ne négligeons pas la nécessité de réduire les déficits et la dette par une réforme fiscale (déjà 50 milliards d’impôts nouveaux sur les budgets 2013-2014 et le budget rectificatif de 2012), et surtout par la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale pour restaurer l’assiette fiscale. Le PLF 2014 comportait comme grandes dispositions : - La revalorisation du barème de l'impôt en fonction de l'inflation et l'augmentation de la décote et autres exonérations pour les ménages les plus modestes. - L'abaissement du plafond du quotient familial impactant les familles aisées (seuls 13 % des foyers fiscaux ayant des enfants mineurs à charge ou des majeurs rattachés seront concernés par la mesure). - Une taxe exceptionnelle de 50 % sur la part des rémunérations versées par les entreprises en 2013 et 2014 se situant au-delà de 1 million d’euros. - Un meilleur contrôle fiscal des prix de transfert des grandes entreprises pour limiter leur optimisation fiscale. (Cela complète les dispositions de la loi Fraude qui a déjà fait revenir 9 000 ménages pour une recette d’un milliard d’euros.) - La fiscalisation à l’impôt sur le revenu des majorations des retraites des personnes ayant eu plus de trois enfants. - L'augmentation progressive de la TICPE (1) sur la période 2014-2016 en fonction du contenu carbone des produits. C’est le point de départ de la fiscalité écologique. - Concernant les agrocarburants, une baisse de la défiscalisation en 2014 et 2015 et la fin de la niche le 1er janvier 2016 (au lieu de 2015). - L'augmentation du malus auto et l'ajout d'un seuil bas à 130 g au lieu de 135.

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Voyons maintenant ce que nous avons obtenu.
1) En amont de la présentation du projet de loi de finances: La TVA réduite pour la construction et la rénovation des logements sociaux. Une hausse du budget consacré au logement et à l'égalité des territoires. L'instauration d'une contribution climat énergie, dont l’intégration dans la loi de finances s’est faite deux ans plus tôt que prévu sous la pression des écologistes. 2) Pendant le débat parlementaire : La TVA réduite pour la rénovation thermique des logements. La TVA réduite pour les travaux induits par les travaux de rénovation énergétique des logements. La TVA réduite pour les ciné-clubs (structures associatives). La TVA réduite pour les logements-foyers et structures d'hébergement d'urgence. La suppression de l'article mettant fin à la déduction d'impôt pour les enfants scolarisés. Le renforcement du régime d'abus de droit pour renforcer la lutte contre la fraude : l’abus de droit n’est plus considéré comme tout acte ayant pour but exclusif de minorer son imposition, mais comme but principal. L'exclusion des terrains utilisés pour des besoins agricoles (y compris les terres en jachère) de la majoration obligatoire de la taxe foncière afin de limiter l'artificialisation des sols. La TVA à taux plein pour certains engrais et produits assimilables (au lieu de la TVA intermédiaire).

Le vote de la première partie a eu lieu le 27 novembre 2013 au Sénat. Le PLF a été rejeté. Ce rejet étant assuré par une alliance entre l'UMP et le Front de Gauche, nous disposions d'une plus grande liberté de vote. Le groupe écologiste s'est abstenu. Le vote du PLF en deuxième lecture a eu lieu le 13 décembre 2013 à l'Assemblée.

Ainsi, lorsque la motion du Conseil fédéral d'EÉLV a été adoptée le week-end des
14-15 décembre, il ne restait plus que le vote en lecture définitive sur la loi de finances. Au cours de la lecture définitive, on ne peut plus déposer d'amendements et donc modifier ce projet de loi de finances. Alors que le travail sur le PLF 2014 se termine, dès la rentrée nous travaillerons sur le budget 2015 afin de peser en amont sur les choix du gouvernement en matière de réforme de la fiscalité, de lutte contre l’évasion fiscale, de réduction des dépenses publiques, de résorption des déficits et de la dette. Nous continuerons à porter nos propositions, notamment en matière de suppression des niches fiscales et de fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG.

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Sur la forme, soulignons que le vote du budget est considéré comme un vote de confiance envers le gouvernement. Une abstention du groupe à l'assemblée serait donc considérée par nos partenaires (mais aussi par l'ensemble de la presse et de l’opinion) comme un acte de rejet de la politique gouvernementale. Cela ouvrirait une crise gouvernementale qui se traduirait par la sortie d'EÉLV du gouvernement et des groupes parlementaires de la majorité. Le vote de la première partie (recettes) en première lecture a eu lieu le 22 octobre 2013 à l'Assemblée nationale. Le groupe écologiste s'est prononcé pour. Le vote de la deuxième partie (dépenses) a eu lieu le 19 novembre 2013 à l'Assemblée nationale. Le groupe s'est prononcé pour.

Éric Alauzet
Député du Doubs

(1) Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. (2) Économie solidaire et sociale. (3) Crédit d'impôt compétitivité emploi. (4) Petites et moyennes entreprises / Très petites entreprises.

Madiba

UN RÊVE D'HUMANITÉ
Je ne vénère pas les grands hommes, ceux qui se sont inventé un destin céleste : bondir sur les chevaux de l'Histoire et, le glaive à la main, guider le peuple vers des horizons prodigieux, puis régner en despote éclairé, adulé, statufié, pour finir embaumé dans la légende. Certes, ils ont su parfois porter, voire incarner les rêves d'une nation, mais n'ont que rarement su éviter l'appropriation plus ou moins répressive du pouvoir. Pourtant, il est pour moi des hommes qui suscitent un immense respect, dont le souvenir demeurera un point lumineux dans les mémoires, non parce qu'ils furent des grands hommes, mais tout simplement, si simplement, des hommes porteurs jusqu'à l'incandescence d'un rêve d'humanité.

Je me souviens du moment de la libération de Mandela.
Comme pour d'autres, une partie de mon engagement militant était liée à la question de l'apartheid (boycott des oranges Oustpan) et nourrie par la lecture d'André Bink (2), après le massacre de Soweto en 1976 et l'assassinat de Steve Biko en 1977. Alors j'ai guetté devant la télévision cet instant où la chanson de Johnny Clegg, Asimbonanga (« Nous ne l'avons pas vu ») prit un autre sens. Il avançait, impressionnant de maîtrise, de tranquillité, le poing tendu, non comme un défi mais pour dire combien vingt-sept années d'emprisonnement n'avaient en rien entamé sa détermination, sa révolte, et que la nation arc-en-ciel allait advenir. Je pouvais croire (même de loin, même modestement) que j'avais contribué à ce moment. Rassurez-vous, je ne vais pas céder à l'indécence, que dénonce avec force Breyten Breytenbach (3), du « cortège de crocodiles », des « pleureuses de circonstance », des « vautours qui s'étripent déjà pour s'emparer des lambeaux d'autorité morale du défunt »(4). Mais ce souvenir lointain, rêvé, réinventé comme tous les souvenirs, ne serait-il pas porté par la voix tout à la fois douce et forte qui s'est tue : qu'as-tu fait de ta révolte ?

Madiba est de ceux-là.
Si la mort de Nelson Mandela provoque une telle émotion, n'est-ce pas parce que nous ressentons intuitivement qu'il ne fut pas un homme de pouvoir, mais un homme révolté au sens de Camus, un homme qui dit non à un ordre qui l'oppresse et qui sait qu'il ne peut renverser durablement cet ordre, atteindre un idéal de liberté, sans la justice ? Il sait que cette justice n'est pas la vengeance qui conduit à la terreur et à la suspension de la liberté. Il sait qu'il ne peut remplacer une domination par une autre, il sait qu'il se doit de rechercher dans l'autre ce que - au-delà de ce que l’apartheid a érigé comme différence radicale, insurmontable, insupportable - il y a de lui-même. « L’esclave dressé contre son maître ne se préoccupe pas, remarquons-le, de nier ce maître en tant qu'être. Il le nie en tant que maître. Il nie qu'il ait le droit de le nier, lui, esclave, en tant qu'exigence. Le maître est déjà déchu dans la mesure même où il ne répond pas à une exigence qu'il néglige. Si les hommes ne peuvent pas se référer à une valeur commune, reconnue par tous en chacun, alors l'homme est incompréhensible à l'homme. » (1) Il ne s'agit pas de vaincre, si ce n'est vaincre la peur, la sienne comme celle de l'oppresseur. Il s'agit de rendre libre.

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Que reste-t-il de notre révolte ? Seulement
une envie de pouvoir ? Que reste-t-il de la révolte de tous ceux qui furent écrasés par un régime ignoble, lequel a trop longtemps bénéficié du silence complice de nos pays démocratiques, dans une Afrique du Sud aujourd'hui en proie à une violence inimaginable (5), une Afrique du Sud où se creusent les inégalités, où les pâles successeurs de Mandela dilapident un héritage qui ne leur appartient pas ? À l'heure du deuil, du chagrin et de la fierté que partagent ensemble les habitants de ce pays, à l'heure où cette unité si douloureusement conquise s'exprime, à l'heure de célébrer une vie, pour ne pas céder à la nostalgie ou au mythe, ne faut-il pas faire résonner cette question, celle d'une fidélité à une certaine idée de nous -mêmes et du rapport aux autres ?

Et si le plus sincère des hommages était non pas de figer un homme dans le marbre d'une statue rehaussée d'or, mais de garder en soi cette lancinante conscience du prix de la liberté, de la sienne et de celle d'autrui ? Des larmes coulent en moi, une émotion m'étreint. Je pleure un homme dont le temps et les épreuves ont laissé le visage sans rancœur, sans colère. Je pleure un homme au sourire désarmant de bienveillance. Je pleure un homme dont le souvenir n'appelle aucune dévotion béate, aucune admiration grandiloquente ; je pleure un homme dont le souffle d'humanité ne s’éteint pas avec sa mort, mais dont je sais la force et la fragilité dans un monde incertain et trop souvent barbare.

Invictus

Dans les ténèbres qui m’enserrent, Noires comme un puits où l’on se noie, Je rends grâce aux dieux, quels qu’ils soient, Pour mon âme invincible et fière.

Dans de cruelles circonstances, Je n’ai ni gémi ni pleuré. Meurtri par cette existence, Je suis debout bien que blessé.

Hamba kalhe, Nkos (6).

En ce lieu de colère et de pleurs Se profile l’ombre de la mort, Et je ne sais ce que me réserve le sort, Mais je suis et je resterai sans peur. Aussi étroit soit le chemin, Nombreux les châtiments infâmes, Je suis le maître de mon destin, Je suis le capitaine de mon âme.

Michel Boutanquoi

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(1) Albert Camus, L'homme révolté, Paris, Gallimard, 1951 (2) André Brink, Au plus noir de la nuit, Paris, Stock, 1976 (3) Libération des 7 et 8 décembre 2013, p. 22. (4) Entendre Mugabe, abominable dictateur du Zimbabwe, accroché au pouvoir depuis plus de trente ans, se fendre d'un hommage confine à la pire des ignominies. De même pour quelques princes ou princesses bien de chez nous, qui nous ont servi leur dégoulinante émotion, de radio en radio, de plateau télé en plateau télé, pour narrer des souvenirs qui réduisent la rencontre avec cet homme à un moment de dégustation de guimauve. (5) Dans son roman Zulu (Folio), Caryl Férey en donne une description saisissante d'effroi. (6) Ainsi Breyten Breytenbach conclut-il son hommage : Repose en paix, seigneur. Le terme me semble désigner ici la noblesse d'un homme.

Poème de William Ernest Henley, dont on dit qu'il fut le poème préféré de Mandela (repris dans le film de Clint Eastwood).

Disparition de Mandela

LE DÉSHONNEUR DES DIRIGEANTS ISRAÉLIENS
Benyamin Netanyahou ne s'est pas rendu en Afrique du Sud pour l'hommage planétaire à Nelson Mandela. Officiellement, le gouvernement israélien a évoqué des problèmes de budget, ce qui paraît particulièrement mesquin. Les raisons de cette absence sont ailleurs et transparaissaient assez clairement dans les propos des commentateurs de la chaîne israélienne de propagande en français i24news, ceux-ci « rappelant » que l'ANC était une organisation terroriste prônant la violence et que la situation des Palestiniens n'a rien à voir avec l'apartheid puisque Israël est un pays démocratique. Pourtant, nous n'avons pas oublié qu'Israël a collaboré très étroitement avec le régime sud-africain de l'apartheid, y compris au niveau militaire, et qu'il a été un de ses principaux soutiens en refusant de s'associer aux mesures internationales de boycott. Voici des extraits de la lettre écrite en mars 2001 par Nelson Mandela au journaliste du New York Times Thomas Freedman : « Le conflit palestino-israélien n’est pas seulement un problème d’occupation militaire et Israël n’est pas un pays qui a été créé « normalement » et qui s’est mis à occuper un autre pays en 1967. Les Palestiniens ne luttent pas pour un « État » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud. » « Pour l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, il y a un facteur supplémentaire à prendre en compte. Les prétendues « Zones autonomes palestiniennes » sont des Bantoustans. Ce sont des entités restreintes au sein de la structure de pouvoir du système israélien d’apartheid. » « L’apartheid est un crime contre l’humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Il perpétue un système de discrimination raciale et d’inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants. Les réponses de l’Afrique du Sud en matière de violation des droits humains provenant des politiques de déportation et des politiques d’apartheid ont mis en lumière ce que la société israélienne doit nécessairement accomplir avant que l’on puisse parler d’une paix juste et durable au Proche-Orient et de la fin de la politique d’apartheid. » À juste titre, Nelson Mandela faisait de nombreux parallèles entre la situation en Afrique du Sud du temps de l'apartheid et le conflit israélopalestinien. Et c'est cette vérité que n'ont jamais supportée les dirigeants israéliens.

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Gérard Mamet

Arrivée de Nelson Mandela en octobre 1999 à Gaza

Municipales à Besançon

ÉCHOS DE CAMPAGNE

Un choix
Le groupe local EÉLV de Besançon a donc décidé de participer aux élections municipales de 2014 dans le cadre d'une liste d'alliance avec le PS et le PC (lequel se démarque du Front de gauche), conduite par le maire sortant Jean-Louis Fousseret. Les discussions avaient été entamées en mars dernier lors d'un forum et se sont poursuivies les mois suivants. Nous avons rencontré des représentants du PS et, séparément, des organisations du Front de Gauche (1). Différentes assemblées générales ont jalonné ce travail d'élaboration. Celle du 5 novembre a voté pour une liste d'union sur la base de l'accord programmatique négocié avec le PS, celle du 3 décembre a validé la liste des candidats (2). C'est donc au terme d'un processus au cours duquel différentes hypothèses ont été examinées que les décisions ont été prises : des décisions pragmatiques, dans un contexte local fragilisé par les déceptions sur le plan national, avec le souci de poursuivre, d'amplifier une action et des politiques locales que d'aucuns sont prêts à qualifier de droite pour mieux marquer leur ancrage à gauche.

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en 39e place sur 55 (la 9e et sans doute dernière éligible pour EÉLV), qu'il ne fera pas partie de l'exécutif et que sa candidature a été validée par le groupe. Des exégèses n'ont pas manqué de faire référence aux règles de cumul en vigueur à EÉLV, mais aucune n'a relevé la contradiction qu'elles contiennent et qui font le charme de nos textes (soupir). Éric, s'il est élu, démissionnera du Conseil général. Il cumulera alors 5 points de son mandat de député et 2 comme conseiller municipal d'une ville de plus de 100 000 habitants, soit 7 points au lieu des 6 autorisés. Or, l'article IV -3 du règlement intérieur autorise « un cumul parlementaire conseiller municipal non-exécutif hors PLM » sans fixer de seuil en termes d'habitants ! Suivant le bout de texte qu'on prend en référence, notre choix est ou non conforme. Pour le groupe, la présence d'Éric a été jugée suffisamment utile et son expérience nécessaire.

Petite tragédie
Dans les petites choses amusantes de ce début de campagne, on ne peut pas ne pas relever les mésaventures de notre ex-compagnon de route Didier Gendraud. En 2008, élu sous l'étiquette des Verts, il accéda à un poste de maire adjoint. Plus tard, juste après les sénatoriales, en 2009, il démissionna du groupe pour rejoindre la « société civile » (avant de rallier le PS !) en fustigeant le « dogmatisme » des Verts. Notons qu'il n’eut pas l'élégance de démissionner de son poste d'adjoint qu'il devait à ces affreux écologistes. Pour 2014, il se voyait sur la liste du PS, mais patatras ! voilà que sa candidature n'a pas été retenue. Malgré quelques ruades médiatiques (comment peuton m'écarter ainsi, moi qui suis forcément incontournable ?), la liste sans son nom a été approuvée par les militants du PS. Blessé, offensé, trahi pense-t-il, Didier Gendraud a décidé de partir à la bataille avec quelques autres recalés. S''en prenant une nouvelle fois au « dogmatisme » des Verts (comique de répétition), il estime « faire les frais de l'accord Verts-PS » et brandit

En toute autonomie
Avons-nous décidé sous la pression de Jean-Vincent Placé, comme un encart dans L'Est républicain le laissait à penser (3), histoire de minimiser le rôle d'Éric Alauzet qui, au sein du groupe, s'exprime comme les autres ? Intentionnelle ou non, volonté de discrédit ou non, cette « information » nous fit quelque peu passer pour des guignols, mais on peut rassurer les lecteurs de La Feuille Verte et le journaliste de L'Est : le groupe local pense par luimême et décide en toute autonomie.

Histoire de cumul
Que sur la liste des candidats figure Éric Alauzet a suscité nombre de commentaires. Précisons qu'Éric sera

désormais l’étendard du changement - lui qui voulait se chauffer au feu de la continuité (4). On sourit à la fois de se voir attribuer tant de pouvoir sur les décisions internes du PS (5) et du spectacle de boulevard assez pathétique qui nous est offert - pour la tragédie il faudrait un peu plus de talent.

Nous n'avons renoncé en rien à notre liberté de parole et d'appréciation ; notre objectif, par le bief de cette alliance, est bel et bien de conserver à gauche la ville de Besançon dans un contexte difficile et morose.

Michel Boutanquoi Une bataille difficile
Nous savons que le choix de poursuivre un enracinement local nous sera reproché par tous les électeurs profondément déçus par la politique gouvernementale à laquelle EÉLV est associé. Comment ne pas les comprendre quand le préfet de Loire-Atlantique publie des arrêtés autorisant les travaux à Notre-Dame-des-Landes ? Provocation ? Inconscience des retombées politiques en ce début de campagne ? Énième manière de dire combien on se fout des écologistes ? Mais le plan national est une chose, le plan local en est un autre, même s'il n'est pas sans lien à travers les effets de la baisse de la contribution de l'État aux collectivités territoriales. Et sur le plan local, le bilan de la présence d'EÉLV au sein de la municipalité est positif ce qui ne veut pas dire que tout l'est (6). (1) Il n' a pas été possible de rencontrer le Front de Gauche en tant que tel. Avec ses différentes composantes, nous avons fait un constat de convergences, mais aussi d'une divergence assez radicale : nous ne pensons pas que, pour les élections municipales, l'enjeu national prime sur les enjeux locaux. (2) Anne Vignot, Cyril Devesa qui mènent le groupe, Pauline Jeannin, Claudine Caulet (qui ne sont pas adhérents d'EÉLV, Pauline est coopératrice), Françoise Presse, Catherine Thiébaut ; Rémi Sthal et Gerard Van Helle (qui ne sont pas adhérents), Anthony Poulin, Éric Alauzet. Les éléments du programme feront l'objet d'une communication précise lors de la campagne, ce qui nous oblige à une certaine réserve aujourd'hui. (3) À ce jour, il n'a pas été possible de savoir ce que JVP avait véritablement déclaré, d'obtenir la moindre information de sa part malgré plusieurs demandes. (4) Cf. La Presse Bisontine n°150. (5) Même dans nos rêves les plus fous, nous n'osons l'imaginer. (6) http://franchecomte.eelv.fr/2013/01/03/ besancon-2008-2012-le-bilan-des-elus-eelv/

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Science et écologie

RED BULL, RECYCLAGE DES PLASTIQUES, FROID DURABLE ET VIE PRIVÉE
La science pour éclairer les choix de l'écologie politique. La réflexion politique pour développer la critique de la science. 1. Boissons énergisantes : un cocktail explosif
Les boissons énergisantes sont très à la mode chez les jeunes. Elles contiennent des substances qui n'ont rien d'anodin : caféine, guarana, taurine, qui sont des excitants du système nerveux. Les risques sont : énervements, angoisses, vertiges et peuvent aller jusqu'à des troubles du rythme cardiaque. Elles contiennent aussi beaucoup de sucre, jusqu'à l'équivalent de 9 morceaux par canette de 25 cl. Pris avant l'effort, ce type de boisson peut entraîner une hypoglycémie de réaction, et pendant l'effort accélérer la déshydratation. (Valeurs Mutualistes n° 287, magazine de la MGEN, novembre/décembre 2013, pp. 30-31) -lement 22 % pour le plastique. On sait assez bien recycler les bouteilles et les flacons en plastique et pour eux, on peut viser les 100 %. C'est plus compliqué pour les barquettes, les pots et les sacs et il faudrait développer de nouvelles techniques de tri et de recyclage et améliorer, dans la conception, la recyclabilité des emballages. (Les dossiers de la Recherche n° 7, décembre 2013 - janvier 2014, pp. 96- 97)

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Commentaire : En plus du ramassage, du tri et
du recyclage des matières plastiques, il y a trois autres enjeux : - Changer de matière première pour la production des plastiques et passer du pétrole à de la biomasse végétale qui, elle, est renouvelable. Le Brésil fabrique déjà des bioplastiques à partir de la bagasse, résidu fibreux de la canne à sucre. - Rechercher la neutralité chimique des emballages en éliminant les substances chimiques dangereuses qui diffusent des contenants vers les contenus. Les techniques d'aujourd'hui permettent de détecter des quantités infinitésimales de substances. - Continuer de réduire la quantité d'emballages à la source. Le tonnage annuel des emballages a diminué de 10 % entre 1994 et 2009. Il faut intensifier l'effort.

Commentaire : Il ne faut pas confondre boissons énergisantes et boissons énergétiques. Ces dernières contiennent de l'eau, des sels minéraux et du sucre en quantité limitée, mais pas d'excitants. Il est prouvé que les boissons énergisantes n'améliorent pas les performances, tout au plus retardent-elles le seuil de l'endormissement. Elles sont un marché très juteux pour les fabricants, qui jouent sur des slogans publicitaires accrocheurs. (En 2012, le chiffre d'affaire de Red Bull a approché les 5 milliards d'euros). L'Agence nationale de Sécurité sanitaire (Anses) est en train d'étudier d'un peu plus près les risques.

2. Le taux de recyclage du plastique doit doubler en cinq ans
En France, le taux de recyclage global des emballages est de 67 %. Mais les disparités sont importantes : 80 % pour le verre, 55 % pour le carton et seu-

3. Comment refroidir de façon durable ?
Depuis son invention il y a 150 ans, la production de froid s'est imposée dans des secteurs variés : conservation des aliments et des médicaments, liquéfaction du gaz naturel, climatisation, etc. Un système

frigorifique fonctionne avec un fluide frigogène (1) au cours d'un cycle de compression et de détente. C'est au cours de la détente que le froid est produit. On estime que la production de froid consomme 15 % de l'électricité mondiale. Mais les fluides frigogènes posent d'autres problèmes environnementaux. A partir de 1987, on a abandonné les CFC (2), responsables du trou dans la couche d'ozone, pour les remplacer par des HFC (3). Si les HFC n'ont pas d'impact sur la couche d'ozone, ce sont de puissants gaz à effet de serre. Ils pourraient représenter 7 % de l'effet de serre en 2050, en plus de l'effet lié à la production de l'électricité du froid. (Pour la Science n° 434, décembre 2013, pp. 17-18)

patients. Il y a donc des quantités phénoménales de données qui circulent sur le web à propos de chaque utilisateur d'internet et les systèmes de protection sont faillibles. (La Recherche n°482, décembre 2013, pp. 3842)

Commentaire : Généralement, les serveurs
gardent beaucoup d'informations confidentielles. Les premiers ennuis subis par l'utilisateur d'internet viennent des annonceurs, qui rachètent ou récupèrent de manière plus ou moins légale des données personnelles. Les entreprises peuvent ainsi cibler leur marketing en fonction du profil de chaque consommateur. Mais le lanceur d'alerte Edward Snowden a révélé aussi que, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, des millions de personnes pouvaient être épiées, écoutées, espionnées, en toute illégalité, par la NSA (5) à travers le monde entier, y compris les chefs d'État de pays « amis ». Le premier objectif est l'espionnage économique, permettant aux entreprises américaines d'avoir un énorme avantage concurrentiel grâce aux informations techniques collectées et à la connaissance de l'état d'esprit des adversaires. Mais il y a un danger plus grave encore, qui menace la démocratie elle-même. Par l'analyse des données personnelles des citoyens, un gouvernement ou un groupe social malveillant peut disposer d'une connaissance extrêmement précise, à la fois individuelle et collective, de la population et de son état d'esprit. À partir de ces renseignements, il peut procéder à des manipulations à grande échelle. La gestion des données personnelles devrait donc être strictement encadrée afin d'empêcher toutes les formes d'indiscrétion et de malversation. Est-ce encore possible ?

Commentaire : Les solutions sont connues et il faut qu'elles soient développées rapidement : - Production de l'électricité du froid à partir d'énergies renouvelables et meilleure isolation. - Développement de systèmes intégrés produisant en même temps de la chaleur et du froid. - Limitation des fuites et récupération ou destruction des fluides frigogènes. - Remplacement progressif des HFC par des substances sans effet de serre, tels l'ammoniac et les hydrocarbures. 4. Une vie privée est-elle encore possible ?
Le système de guidage GPS et le téléphone portable permettent la géolocalisation (4), le premier à partir des satellites et le second à partir des antennes-relais. Les opérateurs disent qu'ils n'enregistrent dans les bases de données que des informations anonymes. Pourtant des chercheurs ont montré qu'avec très peu d'informations même anonymes, par des recoupements judicieux, ils pouvaient casser l'anonymat et retrouver les identités. Dans le cas des banques, la confidentialité est encore plus problématique ; elles ont beaucoup d'informations que les usagers donnent involontairement et en confiance : salaire, allocations familiales, cotisation à un syndicat, facture de restaurant, etc. Autre exemple : la réforme du système de santé anglais prévoit la récupération centralisée de toutes les données concernant les

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Gérard Mamet
(1) Qui produit du froid. (2) Chlorofluorocarbures. (3) Hydrofluorocarbures. (4) Procédé qui permet de positionner un objet ou une personne sur un plan ou une carte à l'aide de ses coordonnées géographiques. (5) National Security Agency : Agence de la Sécurité nationale américaine, responsable de la collecte du renseignement d'origine électromagnétique (téléphone, internet...).

Allemagne

DU CHARBON À LA PLACE DU NUCLÉAIRE ?
Le 9 juin 2011, la Chancelière Angela Merkel annonçait une accélération du processus d’arrêt des centrales nucléaires allemandes, précisant que l’accident de Fukushima l’avait fait changer d’avis sur une éventuelle reprise du nucléaire dans son pays. L’Allemagne a ainsi fermé rapidement 8 de ses 17 réacteurs, en attendant l’arrêt de la totalité avant 2022. Cette annonce a aussitôt déclenché en France une rumeur tenace : « Les Allemands vont produire leur électricité à partir du charbon dont regorge encore leur soussol et rejeter ainsi plus de gaz à effet de serre. » Des journaux et émissions de TV ont annoncé la disparition de villages entiers à cause de l’extension des mines de lignite à ciel ouvert, en Allemagne. On peut se demander quel lobby avait intérêt à orchestrer une telle campagne médiatique en France… - produit beaucoup plus d’énergie renouvelable (+ 30,68 %) - malgré une augmentation de 4,98 % d’électricité à partir du charbon (lignite), produit moins d’électricité à partir des énergies fossiles prises dans leur ensemble (charbon, pétrole, gaz, etc.). Cette augmentation passagère de la consommation de charbon, pour produire de l’électricité (en millions de tonnes équivalents pétrole : de 76 Mtep en 2011 à 79 Mtep en 2012, soit 3,95 %), est due au fait que les industriels ont voulu profiter de l’effondrement des cours de cette matière, dû à la concurrence des énergies renouvelables (effet paradoxal) et à la production de gaz de schiste au niveau mondial. Mais les énergéticiens allemands prévoient d’arrêter une trentaine de centrales électriques conventionnelles (charbon, gaz) à l’avenir (d’après Jochem Homann, président de l’Agence des réseaux). En août, RWE, numéro deux allemand du secteur, avait annoncé la fermeture de plusieurs centrales, et son grand concurrent EON prévoyait de faire de même. Enfin, l’on sait que le charbon n’est pas utilisé seulement pour produire de l’électricité, mais aussi, notamment, dans la production directe de chaleur dans l’industrie ou certaines chaufferies collectives, et cela partout dans le monde.

Qu’en est-il réellement de l’autre côté du Rhin en matière de production d’électricité ? D’après les
données du ministère allemand de l’Économie et de la Technologie (voir tableau), entre 2010 et 2012, on constate que l’Allemagne : - produit moins d’électricité nucléaire (- 29,58 %), - consomme de moins en moins d’électricité (- 2,65 %),

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Avec l’augmentation de la production d’électricité renouvelable (solaire et éolienne), les quelques centrales conventionnelles restantes, et plus particulièrement celles fonctionnant au gaz (pour des raisons de mise en service rapide), seront utilisées seulement à la marge, comme filet de sécurité pour les jours où le vent ne souffle pas et où le soleil ne brille pas.

L'électricité est plus chère en Allemagne. En revanche, les ménages allemands consomment beaucoup moins qu'en France (25 % de moins, hors chauffage électrique). Avec son parc nucléaire imposant, épée de Damoclès au-dessus de la planète entière, la France n’a donc pas vraiment de crédibilité pour montrer du doigt sa voisine l’Allemagne, qui projette de sortir du nucléaire pour des énergies renouvelables et non polluantes.

Ce développement des énergies renouvelables est tel que l’Allemagne exporte maintenant plus d’électricité (+ 25,98 % en 2 ans), notamment vers la France, qu’elle n’en importe.

Patrick Bourque

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Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté (14, rue de la République, 25000 Besançon) Directeur de publication : Gérard Roy Comité de lecture : Michel Boutanquoi, Gérard Mamet, Gérard Roy, Suzy Antoine CPPAP: 0518 P 11003 Maquette : Corinne Salvi Mise en page : Suzy Antoine

Immigration en France

LA RÉALITE DES NOMBRES
Dans un article paru dans Alternatives Économiques de décembre 2013 (1), le démographe François Héran nous explique les raisons de la relative stabilité des flux migratoires et de la quasi-impossibilité qu'ils diminuent.

Immigration économique et droit d'asile
Quant au discours récurrent sur la nécessité de réduire l'immigration pour réduire le chômage, on comprendra facilement que diviser par deux le nombre de migrants économiques « n'est d'aucun secours quand on a 3,3 millions de chômeurs » (1). D'autant plus que, dans la plupart des secteurs qui font appel à une nouvelle main-d'œuvre étrangère, il s'agit d'emplois dont les Français ne veulent pas. Il reste les 18 000 réfugiés acceptés chaque année. La France n'est qu'au 10e rang dans l'Union européenne pour l'accueil des demandeurs d'asile et ne peut pas prétendre faire preuve d'une grande générosité. Et là, il y a un vrai problème de cohérence politique. Prenons l'exemple de la question syrienne. D'un côté les dirigeants français fustigent, à juste titre, le régime de Bachar El Assad et ses exactions contre sa population, et de l'autre la France n'accueille que... 500 Syriens, au titre du droit d'asile - dix fois moins que l'Allemagne et alors que le Liban en accueille plus d'un million et la Turquie 300 000 ! On voit bien, à la lumière des statistiques, que la proposition du FN de réduire d'un facteur 10 le nombre d'entrées, ou même celle de la droite de le diviser par 2, sont aussi absurdes qu'irréalistes et n'ont que des objectifs populistes jouant sur un fantasme d'invasion totalement infondé.

Les statistiques parlent d'elles-mêmes
Il y a chaque année en France un peu moins de 200 000 premiers titres de séjour accordés à des étrangers et ce nombre est à peu près stable depuis 10 ans. Quand on analyse les motifs des demandes, on obtient la répartition suivante (chiffres arrondis) : - étudiants : 60 000. - conjoints de Français : 50 000. - regroupement familial : 35 000 - réfugiés : 18 000 - migrants économiques non saisonniers : 16 000 - divers : 12 000 Réduire le nombre d'étudiants étrangers conduirait à diminuer l'influence de la France et son rayonnement culturel dans le monde et à renier la francophonie. Et pour empêcher d'épouser qui l'on veut et de vivre en famille, il faudrait, écrit François Héran, « résilier les conventions internationales et mettre la France au ban des nations ».

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Gérard Mamet

(1) « Nous sommes tous des Français involontaires », Alternatives Économiques n° 330, décembre 2013, pp 67-68.

UN MOIS, ÉMOIS, ET MOI (1)
Grogne. Selon CSA, les Français ont une vision
négative des partis politiques, des syndicats, du Parlement, du droit de vote des étrangers aux municipales, de la dépénalisation du cannabis, des 35 heures, du mariage pour tous et de la fin du service militaire ! Finalement, il n'y a que d'eux-mêmes qu'ils ont une vision positive, les Français.

Ouf ! Le pape François confirme qu'il n'est pas
marxiste. C'est rassurant. Pour Marx.

Bingo ! En association avec Renault et
Dongfeng (l'entreprise chinoise qui aura une usine commune avec le groupe français), La Feuille Verte organise un grand concours : le premier lecteur à proposer plus con qu'un 4 x 4 urbain gagnera un 4 x 4 urbain !

Lapsus. Bernard Debré, l'un des protecteurs de
NKM, estime que, quand les listes de cette dernière seront bouclées, « ça aura une belle gueule ». On suppose qu'il veut dire une sale gueule.

Analphabète. Bernard Accoyer (se) demande
ce « qu'apporterait de plus Nadine Morano au Parlement européen », lui reprochant entre autres de ne pas être bilingue. Faudrait déjà qu'elle apprenne une langue, la sienne.

Tricolore. Notre Rafale est « le meilleur avion
Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo du monde », et aucun pays n'en veut ! Les étrangers sont vraiment des cons !

Gestuelle. Le type qui traduisait en langue des
signes les discours prononcés pendant la cérémonie d'hommage à Mandela était un usurpateur. À n'en pas croire ses yeux ni ses oreilles !

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

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Vichnou. Jugeant « contre nature » l'homosexualité (un crime selon la Cour suprême indienne), un membre du parti nationaliste hindou BJP estime : « Si nos parents avaient été homosexuels, nous ne serions pas nés. » Ils ne l'ont pas été, hélas ! Fiable ? Il a été chevènementiste, puis socialiste, porte-parole de Guérini, puis écolo. Si seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, Karim Zéribi, exfootballeur, membre des « Grosses Têtes » de RTL et star d'EÉLV à Marseille, doit être sacrément intelligent. Nuance. La socialiste Isabelle Thomas principale responsable du maintien, par le Parlement européen, du chalutage en eaux profondes – une « victoire de la raison », selon elle. Faut dire qu'au PS, elle est secrétaire nationale à la protection du littoral, pas des grands fonds.

Particules. Au Japon, le diesel est interdit. Au
Danemark et en Suisse, il est inexistant, car fortement taxé. Aux États-Unis, il est plus cher que l’essence. Pour le commentaire, voir ci-dessus.

Orthodoxe. Le père de Nadejda Tolokonnikova, l'une des Pussy Riot emprisonnées, comptait « lui faire passer un colis avec dedans une icône de la Vierge ». Manque de bol, elle est amnistiée ! Papa va devoir revendre l'icône. CQFD. Selon Patrick Menucci, Vincent Peillon
« applique tout ce que l'on a toujours dit dans l'opposition, mais il n'a pas le soutien qu'il mérite ». L'un expliquant peut-être l'autre.

Crash. Accident d'hélicoptère : disparition du propriétaire d'un vignoble bordelais et de son acheteur, un milliardaire chinois. Boire ou conduire un hélico, il faut choisir.

J'enrage. Au Congrès d'EÉLV, une motion
ponctuelle intitulée « La Disparition » (à faire se retourner Perec dans sa tombe) prônait le « genrage » systématique des textes. Elle a certes été repoussée, mais près d'un votant sur deux a estimé que le massacre de la langue française ferait progresser la condition féminine. Ça fait peur.

Olé ! L'Espagne de Mariano Rajoy inscrit la religion
au programme du bac, supprime l' « éducation pour la citoyenneté », revient sur le droit à l'avortement, etc. Faut avouer qu'il y a bien une différence entre la droite et la gauche. En Espagne, du moins.

Calissons. Maryse Joissains, maire d'Aix-enProvence, en garde à vue pour une affaire d'emplois fictifs, de trafic d'influence et de détournement de fonds. Après les Balkany, après Guéant et tant d'autres, les sarkozystes n'ont pas fini de nous plaire.

Voyou. François Bayrou blessé à une main en essayant d'escalader un grillage pour voir un match de rugby. Le monde politique va-t-il encore longtemps tolérer ce hooligan ?

Piste. L'ex-pilote de F1 Schumacher s'écrabouille le crâne en faisant du ski. Même pas foutu de se tuer au boulot.

Lorraine. La Morano fustige le « mépris de nos
traditions » dont aurait fait preuve le président de la République en ne nous souhaitant pas assez tôt un « joyeux Noël ». Deux commentaires : 1) Hollande remonte brutalement dans mon estime. 2) Il n'y aura donc personne pour claquer définitivement le clapet de cette conne ?

Solution ? Sous prétexte de défendre les
troupeaux, José Bové (député européen Vert, rappelons-le !) veut abattre le loup en Suisse. Si on donnait du Bové aux loups, vous croyez qu'ils le boufferaient ?

Gérard Roy

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Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo (1) Euh... finalement... c'était pas une très bonne idée, les Échotidiens... Ça oblige – si on ne veut pas tricher – à trouver quelque chose à dire même les jours où toute inspiration fait défaut, et inversement à opérer un choix cornélien les jours où les événements se bousculent. Exit, donc, le très temporaire Éphéméride...

Famille. Jang Song-taek, l'oncle du jeune leader
nord-coréen Kim Jong-un, a « avoué ses crimes » avant d'être condamné et exécuté : il refusait d'emmener son neveu à Disneyland.

Encore un peu de Charlie Hebdo ?

Dans les résolutions de 2014, il est possible, voire souhaitable, de prendre (reprendre) son adhésion à EELV dès le mois de janvier. Plutôt que de reporter cela à plus tard et d’oublier fatalement, dites -vous qu’il faut le faire dès maintenant.

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Les vœux traditionnels

14, rue de la République 25000 Besançon / 03 81 81 06 66 / http://franchecomte.eelv.fr/

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