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NUMÉRO 1 JANVIER, FÉVRIER 2014

Le CoNSULtANt SPÉCIALISÉ ATOUT MAJEUR DES SÉRIES

FroNtIÈreS eN SÉrIeS « RUN FOR THE BORDER »

Ne SoUS-eStImeZ PAS LeS roSBIFS LES ANGLAIS OSENT ET INNOVENT

Le retoUr eN ForCe DE LA SÉRIE D'ANTHOLOGIE

ÉDITO
On y est, le voici. Le premier numéro de More TV est à la portée de votre souris et on espère qui sera à la hauteur de vos attentes. More TV est né suite au constat que la presse écrite spécialisée dans les séries télévisées traite, à chaque numéro, des mêmes créations et ce, parce qu'elle vise un seul et même public : les adolescents. Ainsi, cet e-magazine vous propose une alternative à cette presse devenue trop homogène et où une grande partie des fans ne trouvent plus leur compte. Conçu par et pour les sérievores, ce concept de collaboration est imaginé par Jérôme Raffin. Des sériephiles talentueux, qu'on remercie pour leur contribution, ont donc écrit des articles qui couvrent l'actualité du monde des séries et qui vous proposent de vous plonger de manière inédite dans des univers encore trop peu connus. C'est ainsi que vous serez emmenés à découvrir pourquoi il existe toujours cette frénésie autour de la série Breaking Bad, tout juste récompensée d'un Golden Globe, ou comment la figure du consultant spécialisé s'est imposée au fur et à mesure des années dans les séries. Se trouveront sur votre route quelques critiques de séries qui vous permettront de vous faire un avis sur ces dernières, puis vous retrouverez d'autres articles aussi surprenants qu'intéressants qu'il était impossible de faire l'impasse dessus. Sur ces derniers petits mots, on vous souhaite de vivre une aventure aussi incroybable que la nôtre au travers de la lecture. LIlY HO ET AllaN COlPaERT

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N°1 JANVIER, FÉVRIER 2014

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SÍ, Se PUeDe ! L'AVENIR DE LA TÉLÉVISION AMÉRICAINE PARLE ESPAGNOL

Vous êtes un téléphage chevronné, et vous pensez tout savoir sur la télévision américaine. Attendez-vous à quelques surprises ! Car l’un des visages de la télévision US qui reste encore peu connu, c’est celui des networks de langue espagnole. Mais ça, c’était avant.
PAr LADY terUKI

Le retoUr eN ForCe DE LA SÉRIE D'ANTHOLOGIE
PAr YANN

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PAr BILeL

Le CoNSULtANt SPÉCIALISÉ ATOUT MAJEUR DES SÉRIES

Dans un imbroglio de créations savamment imaginées et construites, une figure transcende les âges, les concepts et les networks : le consultant spécialisé.
PAr SULLIvAN Le CorvIC

Ne SoUS-eStImeZ PAS LeS roSBIFS LES ANGLAIS OSENT ET INNOVENT

Avant que ces salauds d'internet ne promeuvent le partage et permettent la découverte d'autres horizons, la plupart des séries auxquelles, nous, pauvres zombies affalés devant notre poste de télévision, avions accès étaient soit américaines, soit françaises.

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LA WeB-SÉrIe PAr LeS eNtrePrISeS LA STRATÉGIE DU BRAND CONTENT

Les web-séries sont aujourd’hui incontournables dans le paysage audiovisuel et deviennent un produit marketing puissant pour les marques désireuses à la fois de maîtriser leur identité numérique et de conquérir une nouvelle clientèle.
PAr LA SÉrIetHÈQUe

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PhOTO : MaTThEW McCONaUGhEY - TRUE DETEcTIVE / HBO

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N°1 JANVIER, FÉVRIER 2014

CHroNIQUe
FroNtIÈreS eN SÉrIeS ......................................................... 08
La série transfrontalière est une formule à succès, dans ce numéro on se penche sur ceux pour qui la frontière est synonyme de salut.
PAr IoANIS DeroIDe

PortrAIt
SHoNDA RHImeS ..................................................................... 26
À 43 ans, la réalisatrice, scénariste et productrice commence peu à peu à sortir de l’ombre.
PAr AUrÉLIe CorBIN

CrItIQUeS
À LA DÉCoUverte DU PArADIS ..................................... 34
Lancée à l’automne 2012, The Paradise est un drama historique de la BBC que tous les sériephiles se doivent de découvrir.
PAr THeoDorA m.

SLeePY HoLLoW ...................................................................... 22
La série s'affiche comme la bonne surprise de la rentrée. Pourquoi accorder une chance à cette adaptation du mythe ?
PAr GWLADYS C.

eLemeNtArY, mA CHÈre WAtSoN ............................... 24
Lancée en 2012 par CBS, Elementary relate l’histoire d’un Sherlock Holmes immigré à New-York. Du réchauffé ?
PAr tHIBAULt CoLLArt

voYAGe
FAIrY tALeS BY XIveNtS ..................................................... 37
Il était une fois Fairy Tales, une convention sur la série Once Upon A Time par Xivents
PAr ALLAN CoLPAert


BreAKING BAD UNE SÉRIE À PART
PAr JorDAN tAFFINovIC

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Zoom
THe VeroNICA MArS MovIe ........................................... 48
Veronica revient en Mars. L’univers de la télévision est peut-être sur le point de changer, d’entrer dans une nouvelle ère.
PAr StÉPHANe BerNAULt

PhOTO : bRYaN cRaNSTON - FRaNK OcKENfElS 3 / AMC

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BreAKING BAD, UNe SÉrIe À PArt
Walter White, le baron de la drogue a tiré sa révérence fin septembre 2013. Retour sur cette série atypique considérée par beaucoup comme un chef d’œuvre grâce à son scénario original, ses acteurs excellents, et son ambiance unique.

TEXTE : JORdaN TaffINOVIc - PhOTO : bREaKING bad / Amc

  Breaking Bad, c’est l’histoire d’un professeur de chimie cinquantenaire, sur-diplômé et à la petite vie bien rangée. Celui-ci apprend qu’il a un cancer du poumon et décide donc de mettre sa famille à l’abri du besoin financièrement avant de succomber à la maladie. Pour cela, Walter White utilisera ses connaissances en matière de chimie pour fabriquer de la « meth’ », une drogue dure et hautement addictive. Pour l’aider dans sa quête, Walter s’allie à Jesse Pinkman, un de ses anciens élèves ayant quelques penchants pour les produits illicites mais ayant des contacts dans le milieu de la drogue. Les bases d’un duo que tout oppose sont donc posées.  Dans l’esprit de Vince Gilligan, créateur de la série, Aaron Paul qui interprète Jesse Pinkman devait mourir dès la première saison, soit au bout de 7 épisodes. Mais l’alchimie entre lui et Bryan Cranston dans le rôle de Walter White était telle que Pinkman est finalement resté jusqu’à la fin de la série. Nul doute que la série aurait été complètement différente sans le jeune junkie et ses « Yo bitch ! ». Mais si un acteur sort du lot, c’est bien Bryan Cranston, lui qui jouait Hal dans
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Malcolm tient à merveille le rôle de Walter White et arrive à nous faire oublier le père pittoresque qu’il était dans la série comique.  Breaking Bad nous montre donc la spirale infernale dans laquelle s’enfonce Walt, tantôt poussé par l’appât du gain et un ego grandissant, tantôt C’est ce qui fait la force de cette série, aucun personnage n’est exempt de tout reproches.  Le scénario est excellemment bien ficelé : Hank Schrader, le beau-frère de Walt travaille pour la DEA, l’équivalent français de la brigade des stupéfiants. Le jeu du chat et de la souris nous tient en haleine tandis qu’Heisenberg doit rendre des comptes à ses collaborateurs. Les fans de séries apprécieront sans aucun doute l’épisode « Ozymandias » qui a d’ailleurs reçu la note maximale de 10/10 sur le site imdb.com et que beaucoup considèrent comme l’un des meilleurs épisodes toutes séries confondues.  La fin de la série, qui a été suivie par plus de 10.3 millions de téléspectateurs n’a pas déçu, Vince Gilligan ayant pris le soin de refermer toutes les intrigues en cours avec un talent qui n’est désormais plus à prouver. contraint de produire de la méthamphétamine contre son gré, jusqu’à atteindre le point de non retour. Lui qui voulait récolter 300.000$ en commençant son petit trafic se retrouve avec la somme de 80.000.000$ lors de la dernière saison. L’homme que l’on connaissait timide et maladroit se révèle être un fin stratège et n’hésite pas à manipuler ses

« BREAKING BAD NOUS MONTRE LA SPIRALE INFERNALE DANS LAQUELLE S'ENFONCE WALT »

proches, mais surtout Jesse pour arriver à ses fins. Ce dernier sera d’ail-

leurs torturé psychologiquement durant la majeure partie de la série. Surnommé Heisenberg dans le milieu de la drogue, Walter tente de concilier vie privée et vie « professionnelle » tant bien que mal. Sa femme, Skyler participera un moment à ses activités illégales en blanchissant son argent.

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Bryan Cranston et Aaron Paul dans Breaking Bad

PhOTO : BREaKING Bad - BEN LEUNER / AMC

À PROPOS DE L'AUTEUR
Étudiant en BTS Management, j’écris des articles en guise de passe-temps et je suis habituellement critique pour le site Addicted To Series. Je regarde des séries telles que Breaking Bad, The Walking Dead ou encore Bates Motel. Pour toutes remarques ou questions sur l’une de mes productions, ou même une collaboration, n’hésitez pas à me contacter par mail jtaffin@laposte.net ou via Twitter @MrTaffinovic.

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FroNtIÈreS eN SÉrIeS
« RUN FOR ThE BORdER »
L’accueil réservé à la récente série suédo-danoise Bron / Broen et à ses remakes américano-mexicain et anglofrançais montrent que la série transfrontalière est une formule à succès. Cependant, l’intérêt des séries pour les frontières est ancien et abondant, même en se limitant, comme je me le propose, aux frontières réelles (sans évoquer, donc, le Mur de Game of Thrones ou la Porte des étoiles de Stargate SG-1). Commençons par nous pencher sur les personnages pour qui la frontière est synonyme de salut.

TEXTE : IOaNIS DEROIdE - PhOTO : FRaNK OcKENfElS / FX

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« Mexico, huh ? »
Jonathan à Andrew (Buffy The Vampire Slayer, 6.22)

 La frontière dans les séries, c'est d'abord celle qu'on franchit (ou qu'on tente de franchir) pour fuir un danger. Le plus souvent, c'est le danger d'être arrêté quand on est un criminel en cavale. Dans les séries américaines, c'est donc la frontière mexicaine qui est visée : une fois celle-ci passée, le malfaiteur se trouvera hors d'atteinte du bras de la justice, ou du moins le croit-il. Le Mexique est en effet présenté comme un territoire plus ou moins sans foi ni loi où l’on n’a guère à craindre les poursuites policières ou judiciaires ; il est opposé de manière caricaturale à l’État de droit qu’incarnent les États-Unis. Les westerns des années 1950-60 sont pleins de ces scénarios de fuite empêchée vers le Sud, surtout quand le héros est un (ex-)ranger ou un chasseur de primes lancé à la poursuite de fugitifs comme c’est le cas dans The Lone Ranger (1.33) ou Wanted Dead or Alive (1.14). Si nécessaire, le cowboy justicier n'hésite pas à franchir la frontière, comme Cheyenne dans la série éponyme, qui retrouve dans une petite ville mexicaine les bandits qui viennent de dévaliser une banque aux États-Unis (« Border Showdown », 1.04). La tentation mexicaine est encore assez présente dans les séries contemporaines même si la réalité s’est éloignée de la fiction depuis qu’un traité
TERRIERS : fX; hOmElaNd : ShOWTImE

Terriers

cain, d' « El Mundo Gira » (The X-Files, 4.11), le meurtrier de Warrick Brown et son complice dans « For Warrick » (CSI, 9.01), ou bien Aileen Morgan, l'agente d'al-Qaïda qui anime une intrigue secondaire de « The Weekend » (Homeland, 1.07). Dans plusieurs séries, la fuite vers la frontière est un acte réservé aux fins de saison parce qu'on peut ainsi faire coïncider sortie du territoire et sortie du récit, le retour « à la maison » correspondant, lui, au début de la saison suivante. Ainsi, c'est à la fin de la saison 1 d'Arrested Development que Hank : I go straight, you go to prison. I take a left, it's hola, Mexico. Answer to all our problems. You never get sick, you never get old. Britt : The vacation that never ends. Hank : So what do you say, partner? Which way will it be? A cet instant, l'incertitude pèse sur la suite du récit mais aussi sur l'avenir de la série, menacée d'annulation du fait de ses très faibles audiences, et les scénaristes jouent de ce double sens. Dans tous les cas, la fuite vers la frontière est le choix des lâches qui n'assument pas leurs actes, comme Jonathan et Andrew dans Buffy. Personnages dérisoires, souvent comiques, a contrario des autres saisons, ils font là un choix
Homeland

– finale de Terriers, se clôt sur un cliffhanger qui laisse nos héros, Hank et Britt, en pleine hésitation, alors qu'ils attendent dans leur voiture que le feu passe au vert :

« DANS PLUSIEURS SÉRIES, LA FUITE VERS LA FRONTIÈRE EST UN ACTE RÉSERvé aux fins de saisons »

George Sr. fuit pour le Mexique pour ne pas avoir à répondre de ses malversations

immobilières, et à la fin de la saison 5 de The Shield que Vic prévoit de faire émigrer son coéquipier Lem pour le soustraire à des poursuites judiciaires qui menacent tous les membres de la Strike Team.  Appuyant encore davantage sur ce parallèle entre le temps et l’espace, le season – et finalement, aussi, series

d'extradition a été signé entre les deux pays en 1978 et que leur collaboration en la matière va s’affirmant. C'est donc toujours vers le Sud que fuient le monster of the week, d'ailleurs mexi-

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finalement banal et très terre-à-terre qui détonne d'autant plus dans un season finale où il n'est question que d'apocalypse et plus précisément de la furie destructrice d'une puissante magicienne. La seule manière de pas faire passer pour couard celui qui fuit vers la frontière est d'en faire un innocent injustement présomptions accusé de et démuni face aux culpabilité qui pèsent contre lui. C'est le cas dans Homeland à la toute fin de la saison 2 (épisode « The Choice ») où Carrie accompagne Brody, accusé d'être l'auteur d'un attentat meurtrier contre le siège de la CIA, jusqu'à la frontière pour lui permettre d'échapper aux poursuites. Il s'agit cette fois de passer au Canada la frontière canadienne, seul territoire étranger accessible rapidement par la route mais on se doute que sa cavale va l'emmener plus loin. De fait, c'est au Venezuela qu'on le retrouve au début de la saison 3. « Business. Always business. »
Le Grec, à qui on demande le but de son voyage (The Wire, 2.12)

le port de Southampton avant qu’un paquebot comptant le coupable parmi ses passagers ne largue les amarres à destination de Buenos Aires. En 2009, c’est encore en bateau que s’enfuit Cameron dans la dernière scène de la saison 2 de Sons of Anarchy. L’Irlandais fuit la Californie, non pas tant pour se soustraire à la justice que pour échapper à la colère des Sons dont il a tué un membre («  HalfSack  ») et kidnappé le dernier-né. Cependant, c’est bien l’avion qui est privilégié et l’on ne compte pas les courses-poursuites à l’aéroport visant à empêcher un criminel d’embarquer. Le plus souvent, les forces de l’ordre interpellent de justesse le candidat à l’émigration et nous rappellent ainsi que les aéro-

gares sont devenus les postes-frontières les plus empruntés, du moins pour les personnes. Bien sûr, ce modèle possède des variantes. Les fugitifs peuvent être contrariés dans leur fuite par des « méchants » plutôt que par des policiers, comme dans Weeds (6.12-13) lorsque Nancy voit son départ pour le Danemark empêché par deux gangsters mexicains. Ils peuvent aussi rester cloués au sol, non parce qu’on les a rattrapés mais parce qu’ils arrivent trop tard et que l’avion ne les a pas attendus (Prison Break, 1.22). Ou alors, ils peuvent embarquer le plus tranquillement du monde parce que l’étau de la

« TELS LES CAVALIERS DES westerns, les fuyards D'AUJOURDH'UI CONTINUENT D'AVALER LA ROUTE JUSQU'AU POSTE FRONTIÈRE »

Prison Break

 Tels les cavaliers des westerns, les fuyards d’aujourd’hui continuent donc d’avaler la route jusqu’au poste frontière. Pourtant, il existe une manière plus moderne, et - en apparence au moins - plus simple, de s’éloigner du lieu du crime : prendre le premier avion en partance pour l’autre bout du monde. L’avion ou le bateau d’ailleurs : dans Agatha Christie’s Poirot, le célèbre détective belge doit, dès sa première enquête, s’empresser de rejoindre
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PRISON bREaK : fOX; WEEdS : ShOWTImE

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Weeds

The Wire

justice n’a pas pu se resserrer sur eux à temps. C’est le cas du Grec, trafiquant international et véritable criminal mastermind de la saison 2 de The Wire. Dans le dernier épisode, confortablement installé dans sa suite d’hôtel, il fait le point sur sa situation avec son lieutenant, Vondas, alors que le cadavre de leur dernière victime vient d’être retrouvé et que le neveu de celle-ci, Nick Sobotka, pourrait être tenté de les dénoncer : Vondas : Niko, the nephew. By now he knows. Le Grec : Our people wait for him, but so do

the police. I’m thinking... There's nothing to be done at this point. What he says, he says. Vondas : He knows my name. But my name is not my name. And you? To them, you're only « The Greek ». Le Grec : And, of course, I'm not even Greek. (Il sourit.) Vondas : So we go.  Un peu plus tard dans l’épisode, le Grec quitte les États-Unis en toute impunité. Archétype du criminel de haut vol qui se joue des frontières, changeant de passeport et d’identité au gré des voyages, il est le bénéfi-

ciaire de la mondialisation qui facilite les échanges transnationaux, qu’ils soient légaux ou pas ; les dockers qu’on suit tout au long de la saison en sont au contraire les perdants, vaincus par une concurrence internationale qui a rendu obsolètes le port de Baltimore et le travail de ses employés.  Dans un prochain article, j'aborderai les héros qui, eux aussi, peuvent être pressés de passer de « l'autre côté », et plus précisément les espions des séries britanniques de la guerre froide qui devaient franchir le Rideau de fer pour regagner le « monde libre ».

À PROPOS DE L'AUTEUR
Ioanis Deroide est enseignant d'histoire-géographie et s'intéresse en particulier à la représentation des territoires dans les séries. Il a écrit Séries TV : Mondes d'hier et d'aujourd'hui (Ellipses, 2011) et sa dernière publication est un chapitre consacré à la wilderness dans l'ouvrage collectif dirigé par A. Blot et A. Pichard : Les
ThE WIRE : hbO

séries américaines, la société réinventée ? (L'Harmattan, 2013). Il sévit également sur Twitter @IoanisDeroide.

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SÍ Se PUeDe !
l'aVENIR dE la TÉlÉVISION amÉRIcaINE PaRlE ESPaGNOl
Vous êtes un téléphage chevronné, et vous pensez tout savoir sur la télévision américaine. Attendez-vous à quelques surprises ! Car l’un des visages de la télévision américaine qui reste encore peu connu, c’est celui des « networks » de langue espagnole. Mais ça, c’était avant.

TEXTE : ladYTERUKI

 Pourquoi parler des networks hispanophones en ce mois de janvier ? Parce que l’année 2013 a été celle de tous les exploits, en particulier pour le network Univision. Lors des sweeps de février (une période de mesure d’audiences opérée par l’institut Nielsen, capitale pour l’avenir de bien des programmes), Univision a réussi à surpasser NBC, devenant le quatrième network le plus regardé du pays sur la tranche d’âge si convoitée des 1849 ans ; une performance qui s’est renouvelée lors des sweeps de juillet. Cette année marque donc la première fois de toute l’histoire de la télévision américaine qu’une chaîne non-anglophone surpasse un des « big four ». Tout un symbole. Et encore, jusque là, c’étaient la WB, UPN, puis The CW qu’Univision Une victoire surpassait régulièreprend ment, ce qui n’était déjà pas anodin. qu’Univision comme un double signe : d’abord parce que cela lui permet d’entrer « dans la cour des grands », mais surtout, parce que son public parle bien souvent aussi l’anglais. Alors pourquoi ça marche si bien ?  Démographiquement, les Hispa-

niques représentent 17% de la population étasunienne d’après le recensement de 2011 contre 11 en l’an 2000 (et avec un taux de naissance de 26%, ce n’est sans doute que le début). Cela représente un marché total de près de 53 millions de personnes, ce qui n’est évidémment pas négligeable. Pour comparaison, les Afro-Américains ne représentent que 12% de la population américaine. De plus, le public hispanique, ce sont généralement des personnes jeunes ; l’âge médian du spectateur d’Univision est par exemple de 37 ans, contre 55 pour ABC, 58 pour CBS, 54 pour NBC, et 47 pour FOX, les fameux « big four ». C’est aussi une population très active sur internet (68% des Hispaniques sont actifs sur les réseaux sociaux, contre 58% de moyenne nationale) qui relaie donc facilement les messages et participe à la viralité des contenus. Jeunes, impliqués sur les réseaux sociaux, et en constante croissance ? Les UNIVISION 37 ABC 55 CBS 58 NBC 54 fox 47 annonceurs sont aux anges ! D’autres facteurs entrent en ligne de compte : les principaux networks hispaniques, qui sont Univision mais aussi Telemundo, proposent à longueur d’année des programmes entièrement inédits en primetime, là où les networks anglophones prennent des pauses et s’autorisent même une « saison estivale », entre diffusion de restants d’épisodes de séries annulées, programmes importés (notamment du Canada), ou même rediffu-

ÂGE MÉDIAN

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sions. Les séries originales de l’été sont majoritairement diffusées sur le câble, qu’Univision et Telemundo ne craignent pas du tout ; or, c’est précisément pendant l’été que les compétitions de foot attirent massivement du monde devant les écrans des chaînes hispanophones ! Pour finir, d’autres éléments viennent encore renforcer le pouvoir de la télévision en espagnol, comme le fait que personne d’autre n’y prête attention, par exemple ! Là où Hulu ou Netflix viennent marcher sur les platesbandes des networks anglophones en proposant des séries en anglais, ces mêmes services ne s’intéressent que peu ou pas aux séries non-anglophones, de fait, les spectateurs parlant l'espagnol n’ont pas le choix et doivent se tourner vers les networks tels qu’Univision ou Telemundo pour avoir leur dose. Pourtant, si cela ne fait que quelques années que les networks comme Telemundo ou Univision font parler d’eux régulièrement dans le monde anglophone, en réalité, ces chaînes existent depuis plusieurs décennies !  L’idée fait en effet son chemin depuis les années 50, alors que de petites stations locales en espagnol émergent progressivement sur le territoire étasunien et à sa périphérie. Parmi ces stations, l’une d’elle, née à Porto Rico en 1954, va particulièrement bien s’en sortir : il s’agit de WKAQ-TV, qui se surnomme « WKAQ Telemundo ». A l’époque, Porto Rico est le berceau de quelques unes des telenovelas les plus populaires du monde hispanique, un héritage que l’archipel hérite de sa compétence dans les radionovelas, qu’elle produisait massivement dans les années 30 puis exportait à toute l’Amérique du Sud. A la faveur de fusions, d’acquisitions et de rachats dont on vous fait grâce du détail, celle qui en 1987 prend le nom définitif de Telemundo va progressivement s’installer sur le territoire des USA, englobant dans son giron toujours plus de stations locales hispaniques. En 1962 naît une autre station, cette fois au Texas : KCOR-TV, une petite chaîne en espagnol également, qui, ne parvenant pas à être rentable, va être revendue à un certain Emilio Azcárraga Vidaurreta. Son nom ne vous dit rien et pourtant, la famille Azcárraga est à l’origine d’un véritable empire, qui de génération en génération a bâti Televisa, le géant de la télévision mexicaine. Azcárraga et son partenaire le producteur Emilio Nicolas (qui préparait des émissions pour son beau-père, fondateur de KCOR-TV) vont développer la station, qui prendra le nom d’Univision en 1986. Là encore, de nombreuses petites stations hispaniques locales seront progressivement acquises pour agrandir l’influence d’Univision. Les années 90 seront pour les deux géants de la télévision hispanique un temps de développement, parfois de négociations financières, mais toujours d’expansion. Les deux géants se font face, avec des stratégies similaires pour s’étendre : s’appuyer sur des partenariats avec l’Amérique du Sud. Toutefois, le début des années 2000 sera un plus grand tournant encore, avec l’acquisition des deux géants par de grands groupes : NBC Universal pour Telemundo en 2002, et Saban Capital Group pour Univision en 2006. Pour rentabiliser ces investissements massifs, les chaînes vont rivaliser d’ingéniosité pour attirer un public toujours plus large : développer les programmes d’information, lancer des segments dédiés à la jeunesse (difAMORES VERDADEROS Produite au Mexique, la telenovela s’inspire d’une série de 2005 nommée Amor en Custodia (de nombreuses telenovelas se voient ainsi adaptées au travers de l’Amérique du Sud ; Amor en Custodia a d’ailleurs une version colombienne datant de 2009). C’est grâce à cette histoire ayant fait ses preuves qu’Univision a pu s’imposer dans le panorama nord-américain. Le final de la série a été vu, en juillet dernier, par une moyenne de 5,2 millions de spectateurs sur tout l’épisode de 2h, avec un pic à 7,6 millions ! Mieux encore, la série était première de sa case horaire sur les cibles si convoitées des 12-34 ans, des adultes ayant entre 18-34 ans, des hommes entre 18-49 ans, et des femmes entre 18-49 ans ! Que demander de plus ?

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fusant des dessins animés déjà connus aux USA et doublés en espagnol), produire plus de contenu original, proposer des sous-titres anglais pour les programmes de primetime brefs tous les moyens sont bons ! La diffusion d’événements sportifs, notamment, va permettre aux deux networks de fidéliser leurs spectateurs, surtout avec la diffusion de compétitions de foot, ou plutôt soccer, sport auquel les spectateurs anglophones n'ont pas facilement accès (c'est une chaîne du câble non-basique qui en détient les droits en anglais), et que les autres chaînes snobent au profit du football américain. Quelques unes des meilleures audiences des deux chaînes sont ainsi réalisées par des soirées sportives. Ces dernières années, Telemundo et Univision sont également très attentives à leurs émissions d’information ou de débats politiques ; le « vote hispanique » n’est en effet plus à négliger, et les networks veulent s’imposer comme des leaders d’opinion dans la communauté hispanophone.  Et du côté des séries ? Si les telenovelas occupent une place largement majoritaire dans les grilles des deux chaînes (et on va y revenir dans un instant), les networks s’intéressent aussi ponctuellement à la comédie, par exemple. Les années 90 et le tout début des années 2000 étaient particulièrement fructueuses de ce côté-là. Les deux networks principaux étaient alors soupçonnés de vouloir calquer leur programmation sur celle des chaînes anglophones, et on a vu émerger des sitcoms à l’américaine. Par exemple, en 1998, Un Angel en la Casa apparait sur les écrans, et rappelle étrangement Madame est servie (Who’s the boss ? dans son pays), avec une femme active qui embauche un homme pour s’occuper de sa famille tandis qu’elle se dédie à son travail. Il ne s’agit pas d’un remake officiel de la série avec Tony Danza, mais personne ne se fait vraiment d’illusion, en la voyant, sur ce que Telemundo tente d’entreprendre avec cette série. Cette initiative dans le domaine des comédies, couronnée d’un succès très modéré dirons-nous, va être de courte durée. Les comédies vont lentement disparaître des networks hispaniques mais pas durablement : Univision a annoncé 3 nouvelles comédies lors des upfronts du printemps dernier, et par ce biais, elles pourraient bien faire leur retour progressif dans les grilles. Pour le moment, il n’est cependant pas question de produire ces séries sur le sol américain, et les comédies sont généralement des acquisitions aussi peu coûteuses que possibles venues du Mexique. Quelques séries d’action et/ou policières apparaîtront également au fil des années, mais de façon très sporadique. Ces genres ne font pas partie de la culture télévisuelle des pays d’Amérique du Sud au même degré que les comédies ou surtout les telenovelas.  Pendant bien longtemps, c’est l’acquisition de ces fictions à l'étranger qui a primé. Univision achetait des séries produites par (ou plus tard, coproduites avec) Televisa au Mexique, RELACIONES PELIGROSAS Dans le but de draguer un public toujours plus jeune, les networks hispaniques ont entrepris de rajeunir leurs fictions. L’une des excellentes démonstration de cette démarche est l’adaptation de la série espagnole Física o Química (diffusée en France sous le titre Physique ou Chimie), un teen drama s’alignant sans problème sur des fictions anglophones comme Gossip Girl ou Skins. Proposée en seconde partie de soirée et presque totalement dénuée de censure, la série rassemble début 2012 environ un million de jeunes spectateurs en quotidienne. Autant de monde qui ne regarde pas, du coup, des chaînes comme The CW ou ABC Family… Les essais ne se borneront pas à cette série : désormais, chacun des deux principaux networks a une filiale spécialisée qui courtise le jeune public hispanophone.

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ou au Venezuela avec Venevision; Telemundo privilégiait son partenariat avec RTI Colombia, ou en second lieu, avec le mexicain Argos Comunicación. Ces paris se sont avérés fructueux, à plus forte raison car la popularité des telenovelas dans leur pays original alimente le bouche à oreille, et fait baisser d’autant le budget de communication des chaînes aux États-Unis. En se servant des pays hispanophones comme d’un banc d'essai, les grands networks comme Telemundo et Univision peuvent aussi sélectionner les telenovelas qui rencontrent déjà un fort enthousiasme dans leur pays d’origine, et ainsi éviter l’échec avec plus de facilité.  Désormais les chaînes s’intéressent de plus en plus à la production de séries originales ; en particulier, cette politique a été énormément développée par Telemundo depuis son acquisition par NBC Universal. De son côté, Univision n’hésite pas à recourir à ses partenariats, ou à en créer d’autres. N’allez pour autant pas croire que les séries originales soient un phénomène totalement récent : la première à être apparue date de la fin des années 80 (voir encadré). Malheureusement, les finances permettent rarement, à cette époque, un investissement massif dans des séries originales ; cela explique le rôle majeur des co-productions avec l'étranger, permettant d'inviter des stars internationales de la telenovela pour des projets d'importance.  Ce sont bel et bien les réussites phénoménales de ces dernières années qui ont donné aux chaînes l’impulsion nécessaire à l’exploration de la fiction originale. L’un des exemples les plus parlants est La Reina del Sur, lancée par Telemundo en partenariat avec RTI en Colombie et Antena3 en Espagne. La telenovela, qui surfe sur la vague des « narconovelas » dont l’intrigue mêle à la fois romance et rebondissements autour de la question du trafic de drogues, sans oublier une large dose de suspense et d’action ; la série rencontre un fulgurant succès, et au terme de sa diffusion, son final permet à Telemundo de connaître ses meilleures audiences depuis 19 ans ! Le network est tellement satisfait de la série qu’il entreprend une campagne pour essayer de faire nommer la série aux Primetime Emmy Awards, une première. La campagne ne portera pas ses fruits, mais attirera plus encore l’attention sur la programmation des networks hispaniques. La Reina del Sur a depuis été diffusée dans de nombreux pays du monde où son succès ne s’est pas démenti, rentabilisant ainsi l’investissement initial dans la série ; il s’agit en effet de la production la plus coûteuse de l’histoire de Telemundo, avec un budget de 10 millions de dollars et un tournage allant jusqu’au Maroc. En juin dernier, Telemundo annonçait la mise en chantier d’un sequel; après tout, pourquoi tuer la narcotrafiquante aux œufs d’or ? Les records d’audiences de La Reina del Sur ont depuis été régulièrement battus par d’autres telenovelas de la chaîne, à l’instar d’El Señor de los Cielos, que le network s’est empressé de renouveler pour une deuxième saison, ce qui là encore est une première. Par définition, les telenovelas n’ont d’ordinaire pas la chance de revenir ; ce choix, typiquement nord-américain, montre que des mutations sont en train de s’opérer dans la façon d’enANGÉLICA, MI VIDA Pour la première fois, une chaîne américaine diffuse une telenovela produite sur son sol. Prenant le parti de rassembler le public hispanique, la série met en scène trois familles venues de trois pays différents : le Mexique, Porto Rico et Cuba. L’action se déroule entre trois villes américaines à forte immigration latine, à savoir Miami, New York, et San Antonio au Texas ; le but est avant tout de dépeindre la vie ordinaire du public (pour autant qu’une telenovela avec 140 épisodes de rebondissements puisse être ordinaire !). Et pourtant, en lançant la série, Telemundo ne croît pas qu’elle va marcher, et s’attend même à un gouffre financier, voire une catastrophe de production quand le script prend plus de temps que prévu à être écrit, ou que les acteurs, peu rodés au rythme de tournage des telenovelas, s’épuisent en cours de route. Et pourtant Angélica, mi vida a réussi son pari en lançant un nouveau genre de telenovela, capable de rassembler le public hispanique mais aussi d’attirer un public anglophone.

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visager la programmation hispanophone aux États-Unis.  Vous l’aurez compris, à bien des égards, les networks hispaniques des États-Unis ont encore un bel avenir devant eux ; sur un plan purement financier, par exemple, la télévision hispanique est l’un des rares secteurs connaissant une augmentation des dépenses de la part des annonceur, un facteur très important ! Les chaînes anglophones l’ont bien compris, et essayent depuis plusieurs années de récupérer une partie des spectateurs de ces chaînes ; des tentatives comme Ugly Betty ou plus récemment Devious Maids y parviennent, en adaptant des séries sud-américaines mais jamais durablement. Contrairement à d’autres minorités aux USA, les hispaniques ont un marché télévisuel suffisamment dense et divers à leur disposition pour n’avoir plus autant besoin des « big four » ou des autres chaînes anglophones pour se divertir, tout en se reconnaissant dans ce qu’ils regardent. En cela, la télévision hispanophone est encore une exception dans le panorama américain.  Plutôt que de chercher à tout prix à combattre cette tendance, de plus en plus de groupes investissent eux aussi dans la télévision en espagnol. C’est ainsi le cas de MundoFox, une filiale, vous l’aviez deviné, de Fox, lancée en 2012 et qui, avec des séries plus courtes que les telenovelas traditionnelles (qu’en Amérique du Sud on qualifie de « teleseries »), et s’adressant à un public traditionnellement plus masculin, avec beaucoup d’action, espère trouver la bonne formule pour s’immiscer sur le marché. En s’appuyant sur les productions des studios Fox Telecolombia, déjà très prolifiques, la petite chaîne espère bien faire son trou. Le succès de la teleserie El Capo, l’an dernier, lui a ainsi donné une occasion de se faire remarquer par les spectateurs. La chaîne propose aussi des séries américaines de Fox avec un doublage en espagnol, à l’instar de Bones. Avec une cible potentielle de 53 millions d’Hispaniques, et une démographie nationale qui indique que les prochaines années seront toujours plus radieuses, les possibilités d’expansion semblent infinies. Comme on dit chez nos amis les Américains : el cielo es el límite ! METÁSTASIS Le succès de Breaking Bad dans le monde entier encourage Univision à commander une adaptation co-produite avec la Colombie, qu’elle baptise Metástasis. Problème : lorsque l’annonce est faite et même, que le pilote est tourné, les négociations sont encore en cours avec Sony qui détient les droits de la série diffusée par AMC. En dépit de la bande-annonce qui circule à la vitesse de l’éclair, et des espoirs d’Univision pour attirer un public anglophone qui se tournerait vers l’adaptation par nostalgie suite à la fin de Breaking Bad, la diffusion de Metástasis est maintenant… en stase. Une autre adaptation de série anglophone a déjà vu le jour (sans imbroglios juridiques !) : Gossip Girl Acapulco, lancée fin 2013 par UniMás, une filiale d’Univision ciblant un public jeune. Une pratique qui pourrait se développer ?

À PROPOS DE L'AUTEUR
Quand elle avait 5 ans et demi, ladyteruki, accroupie sous un fort fait à partir de coussins du sofa, s’est écriée : « je veux rentrer dans la télé ! ». Âgée à présent de 32 ans, elle n’a pas abandonné ce noble objectif, et explore son sujet favori sur le site ladyteruki.com, où elle discute des fictions de toutes les époques et de tous les continents.

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FÉVRIER 2014

dealing tv
Une nouvelle façon de partager sa passion.

DEALINGTV.COM

Le CoNSULtANt SPÉCIALISÉ
aTOUT majEUR dES SÉRIES
La production sérielle massive, depuis les années 1990, s’est révélée fructueuse des plus belles et intenses expérimentations télévisuelles et a collectionné des moments d’anthologie uniques et rares dans l’univers audiovisuel. Regroupant des milliers de séries de tous les formats et de tous les genres, elle regorge logiquement de similitudes plus ou moins fortuites, de rapprochements thématiques plus ou moins importants et d’œuvres plus ou moins réussies. Et dans tout cet imbroglio de créations savamment imaginées et construites, une figure transcende les âges, les concepts et les networks : le consultant spécialisé.

TEXTE : SUllIVaN lE cORVIc - PhOTO : mENTalIST / WaRNER BROS.

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 Il s’agit de mettre à disposition de la police une expertise, un don particulier, une façon différente d’appréhender les problèmes. Vous les connaissez forcément ou vous en avez déjà entendu parler au cours de vos conversations. Ils portent une série sur leurs épaules et leurs noms déterminent souvent, à eux seuls, l’univers de la fiction. Qu’ils aient une vingtaine d’années ou qu’ils viennent juste de dépasser le stade de l’imagination pour nous offrir de belles séquences d’émotions télévisuelles, vous fredonnez leur nom bien plus que vous ne le pensez : Le Mentaliste Patrick Jane, l’asocial Sherlock Holmes, l’écrivain Richard Castle, l’amnésique John Doe, le dangereux fugitif Raymond Reddington ou encore l’irrésistible Monk. Cette liste non exhaustive est l’une des preuves saisissantes que la thématique n’est pas une exception et qu’elle a réussi à se frayer un chemin, pour le meilleur et pour le pire, dans l’imposante nante.  En effet, le consultant est avant tout un atout scénaristique permettant de pimenter le quotidien policier, vu et revu dans les procedurals. Sa particularité première réside dans sa néophilie professionnelle : il ou elle n’y connait pratiquement rien dans les procédures policières mais sa spécificité va instantanément le transposer dans cet univers inconnu. Les scénaristes vont alors identifier grossièrement les points atypiques du
PSYch; SlEEPY hOllOW : fOX

Dulé Hill et James Roday dans Psych

franchise des Experts par exemple a tendance à lasser, à se répéter et à délaisser presque totalement la touche d’extraordinaire qui surprend et impressionne quelque peu. Dès lors, dium, Johnny Smith dans Dead Zone) ou par son caractère (Richard Castle et Adrian Monk dans leur série éponyme) a un intérêt beaucoup plus marquant. La morosité du quotidien est contrebalancée par cet individu sorti des sentiers battus qui va métamorphoser l’ensemble du casting, en bien ou en mal. La puissance d’un tel personnage se retrouve en effet dans la dimension chorale de l’histoire : cette unicité dramatique, en plus de dévoiler une autre dimension du domaine professionnel visé, conduit à une mutation des autres personnages qui, au contact du consultant, vont être amenés à changer leurs perspectives. Et réciproquement : même si l’écriture s’attache à rendre le consultant exceptionnel, elle ne le déshumanise pas pour autant. les drames et les comédies se retranchant derrière le charisme physique et/ou psychologique du consultant s’assurent une marge de manœuvre scénaristique osée mais conséquente pour étendre leurs aventures sur plusieurs saisons. Elementary, Sleepy Hollow et Medium élément ? ne seraientelles pas fades sans cet d’extranéité aussi Serions-nous
Tom Mison et Nicole Beharie dans Sleepy Hollow

production

feuilleton-

« SA PARTICULARITÉ PREMIÈRE RÉSIDE DANS SA NÉOPHILIE PROFESSIONNELLE »

assidus, aussi mordus de ces séries si Teresa Lisbon et Kate Beckett résolvaient seules leurs affaires ?  Ce n’est pas nouveau, le personnage hors du commun que cela soit par ses aptitudes (Sherlock Holmes dans Sherlock et Elementary, Shawn Spencer dans Psych, Allison Dubois dans Me-

personnage pour les mêler astucieusement avec le comportement commun du policier fictionnel.  Le concept un temps novateur de la

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Ainsi, tout est fait, le plus souvent, pour que les influences soient mutuelles.  Récemment et comme premier exemple, Sleepy Hollow démontre parfaitement cette utilité : Abbie Mills est une agent de police pragmatique qui s’efforce de ne pas croire au surnaturel mais sa collaboration avec Ichabod Crane (espion pour le compte de George Washington pendant la Guerre d’Indépendance) réveille un nouveau trait de caractère et l’obligera à renouer des liens familiaux. Crane, quant à lui, doit s’appuyer sur les connaissances contemporaines d’Abbie pour obtenir un semblant de vie sociale.  Dans Elementary, le lien qui unit Sherlock Holmes et Joan Watson en plus d’être un superbe prétexte de complémentarités entre les deux les conduit à en apprendre un maximum l’autre. l’un de Sherlock émotionnelles l’abri d’un piètre scénario, et malgré toute sa bonne volonté il est rare qu’il rattrape la faiblesse de l’ensemble des répliques. Néanmoins, les Cop-Show qui jouent de cet instrument dramatique et/ou comique ont un succès commercial et critique plus ou moins conséquent. Dans la catégorie « séries peu convaincantes », on peut lister John Doe (une seule saison, 21 épisodes), Lie To Me (3 saisons, 48 épisodes), Dead Zone (6 saisons, 80 épisodes), Numbers (6 saisons, 118 épisodes). Alors que dans celle des « séries à red’un tel processus, garder absolument » on peut retrouver Medium (7 saisons, 130 épisodes), Monk (8 saisons, 125 épisodes), Sherlock (2 saisons, 6 épisodes) et Elementary (2 saisons, 35 épisodes).  Cette liste n’est en rien révélatrice d’une adéquation systématique entre qualité de l’écriture et succès commercial : malgré le maigre intérêt que pouvaient avoir Dead Zone ou Numbers, deux séries qui n’ont malheureusement rien révolutionné, elles ont, toutes les deux, atteint la sixième saison, étape non négligeable dans la vie d’une série. Ainsi, bien que le scénario, le pitch de départ et les intrigues ne soient pas les points forts et essentiels d’une ou plusieurs fictions misant sa popularité sur le consultant, le succès pointe le bout de son nez dans la majorité des cas et renforce le poids de l’institution qu’est devenu le Consultant Spécialisé. Au vu de tous ces spécialistes qui occupent nos écrans de télévision, d’ordinateur et de tablette, qui sera le prochainla prochaine à déposer ses valises et à briller de sa singularité ?
Tim Roth dans Lie To Me

contrôle de mieux en mieux ses émo-

« L'EFFICACITÉ D'UN TEL PROCESSUS, D'UNE TELLE MISE EN AVANT TIENT SURTOUT À LA QUALITÉ ET À LA COHÉRENCE DE L'ÉCRITURE »

tions et ses obsessions alors que Joan maitrise rapidement les techniques de détective et se redécouvre professionnellement.  L’efficacité d’une telle mise en avant tient surtout à la qualité et à la cohérence de l’écriture. On ne le répètera jamais assez mais un très bon acteur n’est pas à

À PROPOS DE L'AUTEUR
Éduqué à la sauce X-Files, déclencheuse de mon imperturbable addiction, je suis, depuis ma tendre enfance, un véritable tout-à-tout sériel et je ne peux échapper au qualificatif de « geek » dont j'assume l'entière définition. Egalement chroniqueur « Séries » sur TéléNantes, je voue un culte absolu pour ce format fictionnel et je n'hésite pas à faire partager cette passion.
lIE TO mE : fOX

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LE TOP 5

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caSTlE : abc; mEdIUm : Nbc / cbS; haNNIbal : Nbc; ShERlOcK : bbc ONE; mONK : USa NETWORK

SHERLOCK ElEmENTaRY, cbS

ALLISON DUBOIS mEdIUm, Nbc & cbS

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WILL GRAHAM & HANNIBAL haNNIbal, Nbc

SHERLOCK HOLMES ShERlOcK, bbc ONE

ADRIEN MONK mONK, USa NETWORK

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PromeNoNS-NoUS DANS LeS BoIS
TaNT qUE lE caValIER SaNS TÊTE N'Y EST PaS
Sleepy Hollow s'affiche comme la bonne surprise de la rentrée. pourquoi faut-il donner une chance à cette adaptation du mythe du cavalier sans tête et quels sont ses points forts qui donnent envie de voir la suite.

TEXTE : GWladYS - PhOTO : SlEEPY hOllOW / FOX

 La première fois que j’ai entendu parler de Sleepy Hollow adapté en série, j'ai toute de suite pensé que c’était stupide. « Encore des scénaristes qui n’ont pas d’idées originales et qui veulent transformer à leur sauce un film déjà parfait », me suis-je dis. Ce n’est qu’après la diffusion du premier épisode que ma sœur m’a dit : « Tu devrais regarder cette série, en fait, c’est vraiment bien ». Et me voilà aujourd’hui chers lecteurs pour vous faire l’éloge de Sleepy Hollow, la série.  Diffusée sur la Fox le lundi soir aux États-Unis,
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d’Abbie Mills, lieutenant de police dans la ville Sleepy Hollow et d’Ichabod Crane, qui grâce aux dons magiques de son épouse Katrina Van Tassel, a pu voyager dans le temps pour arriver à l’époque contemporaine.  Après avoir combattu sous les drapeaux anglais lors de la guerre d’indépendance, il est passé dans l’autre camp pour servir d’espion à Georges Washington. Malheureusement, sa première rencontre avec le cavalier sans tête l’a laissé mourant, ce qui a

contraint Katrina à le protéger en l’emprisonnant dans notre présent. Vous devez surement penser : « mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? ». Il se peut que mon résumé ne fasse pas honneur à la complexité de la situation dans laquelle les personnages sont plongés dès le pilote mais le ton de la série est clairement fantastique, et les épisodes s’enchaînent pour nous exposer petit à petit la mythologie de cet univers.  Nous avons donc un cavalier, qui a

« la série nous expose petit à petit la mythoLOGIE DE CET UNIVERS »

elle

raconte

l’histoire

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été décapité par Ichabod pendant la guerre d’Indépendance. La perte de sa tête n’a pas eu trop de conséquences sur le cavalier, puisqu’il est un des quatre cavaliers de l’Apocalypse, des créatures démoniaques venues préparer l’arrivée du Diable sur Terre. Il a donc suivit Ichabod jusqu’au XXIème siècle, et sème la terreur dans Sleepy Hollow. Abbie, qui croit d’abord que c’est Ichabod qui décapite les victimes, est rapidement convaincue qu’ils ont besoin de travailler ensemble pour trouver un moyen de stopper le cavalier et les autres démons en tout genre. Les scénaristes se sont révélés pleins d’imagination, sans pour autant perdre en cohérence.  Au niveau de la réalisation, dès le pilote, les mouvements de caméra un peu particuliers et les nombreux filtres en ajoutés peuvent time de la poursuite se retrouvait systématiquement prisonnière des éléments naturels dans chaque plan : le feuillage constituait un cadre et les arbres étaient comme les barreaux d’une prison. C’est agréable les séries qui soignent leur réalisation, qui portent
Tom Mison et Nicole Beharie dans Sleepy Hollow

sans faillir son étrange co-équipier. Je précise qu’il n'y a pas d’histoire d’amour entre les personnages qu’ils incarnent, mais une très belle amitié faite de confiance et de loyauté. L’alchimie entre les acteurs est évidente, ce qui contribue à rendre certaines scènes encore plus fortes.  Pour ceux qui se sont ennuyés et ont sautés des paragraphes, je vais être très gentille et je vais vous résumer mon propos : Sleepy Hollow est une très bonne nouveauté, d’autant plus surprenante que le synopsis de départ ne donne pas envie. Si vous aimez les séries fantastiques menées par des acteurs brillants, dont l’écriture est suffisamment intelligente pour garder le spectateur en haleine sur toute une saison, alors allez-y ! Pour ma part, elle figurera sur ma courte liste des Séries A Reprendre Après Les Vacances…

surprendre plus d’un, voire les agacer. C’est néanmoins très intéressant à observer,

« sleepy hollow PORTE UNE ATTENTION particulière aux COULEURS ET AU RENDU VISUEL »

une attention particulière aux couleurs et au rendu visuel, et Sleepy Hollow entre dans cette catégorie.

puisque cela permet au spectateur de s’immiscer totalement dans l’atmosphère angoissante de la série. Je me rappelle notamment d’une scène de poursuite dans la forêt de Sleepy Hollow, lieu gothique par excellence, où la lumière des plans changeait peu à peu : intense, puis obscurcie par le brouillard montant, pour finalement devenir très sombre. De plus, la vic-

 Enfin, cette première saison a révélé de très bons acteurs. Tom Mison est simplement excellent dans le rôle de l’espion anglais venu d’une autre époque ; il arrive à alterner moments comiques (la découverte d’Internet par Ichabod : mémorable !) et dramatiques avec un équilibre parfait. Quant à Nicole Beharie, elle campe avec brio la flic pleine d’assurance qui soutient

À PROPOS DE L'AUTEUR
Dans un univers parallèle, j’ai probablement un blog que j’alimente d’articles formidables débattant de divers sujets culturels. Le reste de mon temps libre, je le passe en compagnie d’Indiana Jones à découvrir des trésors nazis perdus. Dans ce monde ci, je suis une pauvre étudiante en lettres noyée dans la masse de gens
SlEEPY hOllOW : fOX

qui ne savent pas très bien où ils en seront dans dix ans. Et je mets mes compétences de rédaction (le secret : une bouteille de whisky et un paquet de clopes à 23h) au service de notre grande passion à tous : les séries.

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ELemeNtArY, mA CHÈre WAtSoN
Lancée en 2012 par CBS, Elementary relate l’histoire d’un Sherlock Holmes immigré à New-York après une cure de désintoxication, bientôt rejoint par Joan Watson pour l’aider. Du réchauffé ?

TEXTE : ThIbaUlT cOllaRT - PhOTO : CBS STUdIOS INc

 Dès le départ, les téléspectateurs étaient sceptiques quant à la nouvelle série de CBS, Elementary. En effet, avant même la diffusion du pilote, en septembre 2012, la série était décriée, critiquée pour être une énième adaptation de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle. Adaptation moderne, surfant sur la vague Sherlock de la BBC. Mais, insulte suprême, avec un Watson de sexe féminin. Face à une telle levée de bouclier des fans, la série semblait bien mal embarquée.  Arrive la diffusion du pilote, et surprise, on y retrouve un Sherlock Holmes, bien Anglais, ancien drogué immigré à New York pour une cure de désintoxication et qui a pour « compagnon de sobriété » engagée par le père Holmes, une certaine Joan Watson, ancien chirurgien. Sherlock étant Sherlock, il décide d’aider la police de New York dans la résolution de certains crimes commis dans la Grosse Pomme. Les références à l’œuvre de Conan Doyle sont nombreuses, mais Elementary tient surtout du procedural. Rapidement, et contrairement à ce qu’aurait pu laisser supposer les premiers épisodes de la saison 1, Elementary s’éloigne de Sherlock, beaucoup plus centrée sur une adaptation des livres.  Une des menaces pesant sur Elementary était le duo Sherlock / Watson homme et femme.
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Jonny Lee Miller et Lucy Liu dans Elementary

Certains craignaient un rapprochement amoureux des deux. Bien vite, cette idée est mise au placard par les producteurs, qui jurent que nos deux héros ne finiront pas ensemble. Et jusquelà, ils tiennent parole, la série développe l’amitié et le respect mutuel que se vouent les deux protagonistes. Un lien bien plus intime que celui vu dans Sherlock et qui, contrairement à celui existant dans cette dernière, évolue.  La série n’a évidemment rien d’original. À chaque épisode son affaire, son enquête et sa résolution. Rien

d’étonnant, venant de la chaîne créatrice des Experts, qui ne change pas un concept gagnant. Il faudra donc attendre la mi-saison avant d’avoir droit à un début de fil rouge et la saison deux, qui a débuté en septembre 2013, offre à son tour son lot de nouveautés.  Moins novatrice

, ainsi que sur son passé et de celui de Watson, jouée par Lucy Liu, intransigeante mais néanmoins attachante. Souvent, la série nous rappelle que Sherlock n’est qu’un homme et que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’a pas totalement changé. Les différentes affaires que prennent le duo ne sont qu’une béquille au développement de la relation des personnages, l’éloignant encore un peu plus de la version britannique.  La série mérite au moins d’être vue pour cela : une vision humaine de Sherlock Holmes, avec ses qualités et ses défauts, et qui, plus d’une fois, vous offrira des moments d’émotions.

« LA SÉRIE DÉVELOPPE L'AMITIÉ ET LE RESPECT MUTUEL QUE SE VOUENT SHERLOCK ET WATSON »

et plus traditionnelle que le Sherlock de la BBC, Elementary a, au fil de ces deux premières saisons, approfondit la relation entre Sherlock et Watson. On en apprend plus sur les raisons de l’addiction de Sherlock, interprété par un Jonny Lee Miller survolté et tatoué

À PROPOS DE L'AUTEUR
Belge et étudiant en traduction à l'université de Mons, je suis plutôt éclectique niveau série, je touche un peu à tout. J'ai débuté par Heroes, pour enchainer avec How I Met Your Mother et d'autres séries au fur et à mesure. Actuellement, ma préférence séristique se porte sur Ripper Street, Masters of Sex, Adventure Time et
ElEmENTaRY : cbS

Revolution.

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PORTRAIT

SHoNDA rHImeS
TEXTE : AURÉlIE CORbIN - PhOTO : « aN EVENNING WITh ShONda RhImES & fRIENdS » / PIcTURE GROUP

Mais qui es-tu Shonda Rhimes ?  Grey’s Anatomy, Private Practice, Scandal… Trois séries qui ont une femme en commun : leur créatrice, Shonda Rhimes. À 43 ans, la réalisatrice, scénariste et productrice commence peu à peu à sortir de l’ombre, pouvant enfin se permettre de faire ce que ses camarades font depuis une décennie : utiliser son nom comme une arme de vente massive pour ses shows. Mais avant de devenir la star d’ABC qu’on connaît aujourd’hui et la patronne de l’empire Shondaland, la productrice venue de l’Illinois a dû faire ses preuves… et trouver le bon filon. UNE ENFANT OBSÉDÉE PAR LES LIVRES ET LES CONTES  Shonda Rhimes naît en 1970 à Chicago d’une mère professeur de lycée et d’un père gestionnaire d’université. Très tôt, elle développe un véritable amour pour les contes et confie d’ailmore tv

leurs qu’à 4 ans, elle dictait déjà ses propres histoires au dictaphone pour que sa mère puisse ensuite les écrire… Pas étonnant donc qu’au lycée, elle passe son temps à écrire, à jouer dans des pièces de théâtre et à réaliser quelques courts-métrages. En déménageant à San Francisco avec une de ses sœurs et en obtenant un travail dans la publicité, elle est à deux doigts de rater sa voie. Mais c’était sans compter sur la personnalité hors norme de Shonda Rhimes et son envie de repousser toujours plus ses limites ! La légende veut en effet que la scénariste se soit inscrite à U.S.C - pour apprendre l’écriture de scénarios, après avoir lu un article expliquant qu’il était plus dur d’y entrer qu’à Harvard. Un challenge qui lui a plutôt bien réussi ! « Je n’avais jamais réussi à finir d’écrire un roman parce que c’est trop long. J’adore la fiction, mais je n’arrive pas à écrire quatre pages sur la description d’une

armoire antique. Ça me donne mal au crâne. Mais l’écriture de scénarios est propre. Il y a de l’action, du dialogue et finalement, ça me convient bien. » À tel point qu’elle gagne le prix Gary Rosenberg. Grey’s Anatomy, ou la chance d’une vie  Son master en poche, Shonda Rhimes se lance dans la jungle hostile des auteurs à Hollywood. Et la jeune femme a beau être douée, elle devra d’abord enchaîner de nombreux petits boulots avant de finalement trouver un travail dans ses cordes : directrice des recherches pour le documentaire Hank Aaron: Chasing the Dream. Enfin, en 1999, elle réalise le téléfilm Introducing Dorothy Dandridge pour HBO, qui vaudra en autres à Halle Berry de gagner un Emmy et un Golden Globe. Elle écrira et réalisera ensuite plusieurs films pour ados plutôt éton-

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nants, mais ça, c’est une autre histoire contée dans « Le Saviez-vous ? ». Vous vous demandez pourquoi j’ai pris la peine de vous faire un résumé non exhaustif de la vie de Shonda Rhimes ? Tout simplement pour vous démontrer que malgré quelques années difficiles, l’avènement de la réalisatrice fut rapide et surtout… inattendu. En 2002, Shonda accueille la première de ses trois filles : Harper. Et c’est finalement en s’occupant d’elle et en restant bloquée à la maison face à la télé que la scénariste découvrira (et cela pour notre plus grand bonheur) le monde complexe des séries TV. « Je suis devenue accro à Felicity , à Buffy contre les vampires, Sex and The City et Les Sopranos ! » C’est alors qu’elle décide d’écrire elle-même la série parfaite, celle qui lui plairait. Son premier projet sur des correspondants de guerre est rapidement acheté par Touchstone mais finit au placard à cause du début de la guerre en Irak. Ce sera un mal pour un bien, car la scénariste apprend ensuite qu’ABC cherche une nouvelle série médicale : Grey’s Anatomy et ses apprentis chirurgiens sont nés. Dès sa première série, Shonda Rhimes impose sa vision des choses. Il faut dire qu’à l’époque, elle ne sait même pas qu’on peut virer le showrunner d’une série… Cet excès de confiance lui permettra de façonner les
ShONda RhImES : chaRlEY GallaY / GETTY ImaGES

d’amour niaises à souhaits, des intrigues haletantes et des cliffhangers à gogo (quitte à en faire trop et à nous faire croire que Seattle est la ville de toutes les apocalypses). Et même si le show a souffert de quelques turbulences à cause d’une mésentente entre les acteurs, il a permis à la créatrice d’apprendre à travailler en équipe (elle a plusieurs scénaristes sous ses ordres) et à faire ses premières erreurs… Un succès phénoménal qui façonne sa carrière et lui offrira quelques années plus tard sa propre société de production, Shondaland. SHONDA RHIMES, UNE WONDER WOMAN DES TEMPS MODERNES  Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Shonda Rhimes mettait autant de personnages féminins forts dans ces séries ? Meredith Grey, Cristina Yang, Dr Addison Forbes Montgomery, Olivia Pope… Des héroïnes aux caractères bien trempés et qui gèrent leur vie d’une main de fer, malgré leurs failles et leurs faiblesses. Des personnages dans lesquelles la scénariste doit sûrement se retrouver ! Après tout, Shonda Rhimes gèrent deux séries (la saison 10 de Grey’s Anatomy et la saison 3 de Scandal), tout en s’occupant de ses trois enfants, Harper, Emerson (deux enfants adoptés) et Beckett (une fille qu’elle a eu par mère porteuse)… Les propres dilemmes de la showrunner se retrouvent d’ailleurs dans ses séries, comme quand Meredith doit jongler entre sa vie de famille et sa carrière ou quand le Dr Montgomery dans Private Practice se lance dans l’adoption d’un bébé en étant mère célibataire… Son secret pour équilibrer carEt ce petit manège surmonté d’un cœur est bien plus que deux ou trois séries à succès, c’est une véritable vision de l’espèce humaine. Car en nous divertissant, Shonda Rhimes bouscule nos habitudes et la façon dont on regarde notre petit écran.

« DÈS SA PREMIÈRE SÉRIE, SHONDA RHIMES, IMPOSE SA VISION DES CHOSES »

personnages des

qu’elle

imagine

:

chirurgiennes

ambitieuses,

d’autres lesbiennes, des couples interraciaux ou adultères. Shonda Rhimes explore toutes les facettes des êtres humains, tout en offrant des histoires
Shonda Rhimes aux NAACP Image Awards en 2009

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rière professionnelle et vie de famille bien remplie ? Outre une véritable passion pour ses univers et ses personnages, c’est bien évidemment l’organisation. D’ailleurs, ses enfants ont des chambres en face des bureaux qu’elle occupe : une façon pour elle de voir ses trois filles entre deux prises ou entre les lectures de script. Et malgré un salaire de 12 millions de dollars par an, Shonda Rhimes garderait un style de vie des plus simples. Vous l’aurez compris, pour Shonda Rhimes, ce sont les femmes qui ont le pouvoir ! Mais pas que… La scénariste et productrice a complètement chamboulé le paysage audiovisuel en accordant plus de place aux minorités ethniques (après tout, Kerry Washington est la première héroïne afroaméricaine sur le petit écran depuis presque 40 ans) et aux homosexuels. Changer le monde, un personnage à la fois ? « Je n’ai jamais eu le projet d’élever le niveau de conscience collectif en termes de diversité raciale, j’espérais juste montrer un monde qui ressemblerait au nôtre. J’ai grandi à une époque où les gens comme moi n’avaient pas de place à la télévision. Je comble le retard… », explique-telle avec humilité. Mais là où la productrice fait très fort, c’est en sortant de sa zone de confort pour créer Scandal, une série politique sur les aventures d’Olivia Pope (jouée par Kerry Washington, donc). Alors que la troisième saison est actuellement en pause aux États-Unis (et sera malheureusement plus courte que prévue à cause de la grossesse de l’ac-

trice principale), Shonda Rhimes peut se réjouir d’avoir réussi à emmener ses fans dans un autre univers (90% des téléspectateurs regardant Grey’s Anatomy sur ABC regardent également Scandal en deuxième partie de soirée) tout en séduisant de nouveaux séries addicts ! Et si la plupart s’enthousiasment des surtout rebondisse-

d’écrire de la fiction mais de raconter sa propre vie sous la forme de ses mémoires. Celle qui se renferme quand il s’agit d’évoquer sa vie privée va enfin se dévoiler, de ses débuts à Hollywood à la création de son empire, en passant par la construction de sa famille en tant que mère célibataire. Un projet ambitieux, qui devrait voir le jour en 2015. D’ici là, on compte sur elle pour nous pondre d’autres séries à succès.

« SHONDA A COMPLÈTEMENT chamboulé le paysage AUDIOVISUEL EN ACCORDANT plus de place aux minorités ETHNIQUES »

ments à répétition, l’air de rien, le show secoue encore le monde du petit écran en racontant les amours d’un couple adultère et interracial, celui d’un couple gay et en mettant avant quelques vrais scandales politiques. Quel avenir pour Shonda Rhimes ? Après 10 saisons et une audience moyenne de 9 millions de téléspectateurs, Grey’s Anatomy n’a plus grandchose à prouver, tandis que Scandal se paie le luxe de gagner toujours plus de téléspectateurs à chaque saison. Mais on s’en doute, Shonda Rhimes ne compte pas s’arrêter là et prépare déjà son prochain challenge. En plus de deux nouvelles séries (How To Get Away with Murder), un thriller juridique dont le pilote a été écrit par Peter Nowalk, scénariste de Scandal et producteur exécutif de Grey’s Anatomy, et qui raconte les aventures d’un professeur de défense pénale et ses élèves, entraînés dans une histoire de meurtre ; ainsi qu’une comédie non titrée sur un groupe d’amis réunis suite à d’étranges événements), la scénariste et productrice va s’atteler à un nouveau rêve : celui d’écrire enfin un livre ! Mais cette fois, il ne s’agira pas

le saviez-vous ?

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Shonda Rhimes a écrit Un Mariage de Princesse en 2004,

avec Anne Hathaway ! Qui l’eût cru ? Et pourtant, la scénariste chérit cette expérience, qui lui a permis de travailler avec l’actrice Julie Andrews. Avant ça, elle avait déjà écrit Crossroads, le film de 2002 avec Britney Spears. Deux films violemment critiqués mais très rentables !

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Elle a décidé de créer sa famille après le drame du World Trade Center, qui lui a fait reconsidérer ses priorités. La scénariste tient tellement au girl power qu’on lui

a reproché le manque de personnages masculins dans Grey’s Anatomy : c’est pour ça que le personnage d’Alex Karev a été créé ! Tandis que certains voient Scandal comme une série

pour les filles, de nombreuses personnalités ont avoué leur amour pour le show, comme Pink, Naomi Campbell, Bill Clinton et Michelle Obama. Kerry Washington a créé une nouvelle tradition sur le

plateau de Scandal : à chaque tournage d’un épisode, le casting crie le numéro de l’épisode, applaudit et tape sur les meubles.

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LES ÉCHECS DE SHONDA RHIMES
Inside the Box
En 2010, Shonda Rhimes propose une série sur une ambitieuse journaliste, prête à tout pour réussir dans le monde de la télévision. Même si la série n’a finalement pas été choisie par ABC, pas mal de stars du casting ont été transférées vers d’autres séries : Kim Raver est devenue Teddy Altman dans Grey’s Anatomy, et Sarah Drew est entrée dans la peau d’April Kepner.

Gilded Lilys
Premier essai de série historique pour la showrunner ! Commandé en janvier 2012, le pilote a été filmé en mars et devait raconter le quotidien de la famille Lily et de leurs employés dans la gestion d’un hôtel de luxe en 1985. On aurait dû y retrouver Madeline Zima, ex-star d’une Nounou d’Enfer et de Californication. Malheureusement, la série n’a pas été choisie par ABC.

OFF THE MAP
Après Grey’s Anatomy et Private Practice, Shonda Rhimes s’enfonce encore un peu dans le monde médical… N’a-telle pas peur de lasser ? Effectivement, l’histoire de ces docteurs partis au Chili pour prendre un nouveau départ ne convainc pas et finit par être annulée au bout d’une seule saison. On comprend mieux pourquoi après ça, Shonda s'est tournée vers la politique pour Scandal.

À PROPOS DE L'AUTEUR
ShONda RhImES : jONaThaN ERNST / REUTERS

Rédactrice web pour un site féminin, Aurélie a nourri sa passion des séries TV dès sa folle jeunesse à coups de Trilogie du Samedi et de Séries Mag... Aujourd'hui, à 24 ans, elle se donne comme mission de regarder chaque pilote de nouveautés tout en continuant à regarder ses shows préférés : pire que les 12 travaux d'Hercule, en somme. Et comme elle n'arrive pas à garder toutes ses découvertes pour elle-même, Aurélie parle de séries sur Smallthings.fr et sévit sur Twitter sous le pseudo @TheGirlyGeek !

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Ne SoUS-eStImeZ PAS LeS roSBIFS
Avant que ces salauds d'internet ne promeuvent le partage et permettent la découverte d'autres horizons, la plupart des séries auxquelles, nous, pauvres zombies affalés devant notre poste de télévision, avions accès étaient soit américaines, soit françaises. Bien sûr au milieu des Feux de l'Amour et autres Alerte à Malibu, il arrivait que s'égare une série anglaise. Mais combien de Dynastie pour une série telle que Les condamnées ?

TEXTE : bIlEl - PhOTO : IN ThE flESh / BBC ThREE

 Depuis que nous subissons avec plaisir une inondation culturelle, notamment en matière de séries grâce à internet, nous avons pu découvrir qu'il est possible de traiter subtilement de sujets plus ou moins sensibles à travers ce média. Attention, loin de moi l'idée de reprocher un manque de qualité aux séries américaines, je suis le premier à passer des heures devant The Walking Dead ou Person of Interest mais je remarque seulement qu'à part quelques exceptions, Breaking Bad ou The Wire, les séries américaines ont tendance à être caricaturales. DES SÉRIES QUI OSENT   Si je ne devais preter ne serait-ce qu'une qualité à nos ennemies rosbifs
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en matière de série ce serait la capacité qu'ils ont à être innovant et à oser. Alors qu'AMC se contente d'adapter le célèbre comics The Walking Dead avec ses traditionnels zombies lent dévoreurs de cervelle auxquels les héros tentent à tout prix d'échapper, la chaîne anglaise BBC Three a, quant à elle, diffusé In the Flesh, une minisérie racontant comment se passe la réintégration, dans la société, d'anciens zombies redevenus « humains » grâce à un médicament. Au travers des épisodes on voit comment se passerait la réinsertion de ces êtres qui ont, sans en être conscients, dévorés leurs voisins, amis etc. On voit la création de partis politiques anti-zombies, la formation de milices anti-zombies

dans un monde proche du nôtre. Lorsque je regarde une série britannique j'ai souvent l'impression que le créateur ne prend pas le spectateur pour plus idiot qu'il n'est. On assiste rarement à des plans longs cadrés sur le regard sans que le personnage ne dise un mot, dans l'unique but de bien montrer au spectateur qu'il y a une tension. Généralement en sortant du visionnage d'une série dramatique anglaise on se sent moins bête qu'avant, dans mon cas il serait difficile de l'être plus. Lorsqu'on ressort d'un épisode de Black Mirror des questions restent en suspens dans notre tête; des questions d'ordre sociétal voire métaphysique (rassurez vous on ne reste pas

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une heure à se demander si Brenda a enfin couché avec Brian). Black Mirror est une série qui nous met face à notre propre comportement vis-à-vis de la technologie. Elle fait ressortir en nous nos pires travers. On se sent coupable. Cette série est considérée par beaucoup comme une des plus belles réussites de ces dernières années. Je vous mets au défi de ne pas être bouleversé après avoir vu le second épisode de la première saison dans lequel nous est dépeint un monde où tout est payant à travers des espèces d'application (comme celle que vous avez sur vos smartphones). Vous voulez une petite dose de dentifrice ? Passez votre brosse à dents sous le réservoir et désistez vous d'un crédit. Vous ne voulez pas voir la pub s'affichant sur l'un des six écrans recouvrant les murs, le sol et le plafond de votre chambre ? Payez et vous pourrez passer cette pub débile et enfin regarder un programme de télé-réalité tout aussi idiot (il n'y a que ça). Lorsque le héros qui a horreur de se système se retrouve confronté à un dilemme, vous vous demanderez, longtemps après, si vous auriez vous aussi agit de la sorte. Ce n'était qu'un exemple d'épisode, vous serez confronté à travers les six épisodes, qui composent pour le moment cette série, à des sujets tels que le deuil, l'amour, la télévision, le voyeurisme, la peine de mort, la politique...  Sachez qu'à travers les séries britanniques vous pourrez retrouver
blacK mIRROR : chaNNEl 4

fait de ces sujets : souvent plus sérieux, plus subtil, voir plus audacieux. UNE PETITE PIÈCE S'IL VOUS PLAÎT !  Le seul défaut que je concède volontiers aux détracteurs de ces programmes, c'est le manque de moyen(s). Bien sûr, la qualité des séries n'en est absolument pas moindre, mais le nombre d'épisode, lui, l'est. Il arrive souvent que les séries ne dépassent pas trois épisodes par saison , on peut s'estimer heureux lorsqu’on a le droit à six épisodes. Récemment, j'ai regardé Fresh Meat, qui elle en compte huit, j'ai rarement vu des séries d'outremanche en comporter autant. C'est bien là le vrai problème: face aux américains qui eux parviennent à nous fournir des saisons pouvant aller jusqu'à vingt-quatre épisodes, les Anglais doivent se contenter de beaucoup moins. Reprenons l'exemple de Black Mirror, après avoir vu une saison, à laquelle vous aurez accroché, il vous sera difficile d'accepter d'attendre une année de plus pour seulement 3 épisodes

supplémentaires. Il faut parfois même attendre plusieurs années pour avoir le final d'une série. Par exemple pour la série The IT Crowd dans laquelle vous pouvez retrouver Chris O'Dowd, vu récemment dans la série Family Tree sur HBO, il a fallu que les fans, dont je fais partie à cent pour cent, attendent deux ans entre la saison trois et la saison quatre. Il aura ensuite fallu attendre trois années supplémentaires entre la fin de la saison quatre et l'épisode spécial, venant clôturer la série. Tout aficionado se sentira frustré face au désordre de la programmation.  Cette restriction budgétaire pousse donc les chaînes britanniques à proposer des formats auxquels nous ne sommes pas habitués. Entre le film court et la série longue, les mini-séries nous offrent une intensité dans l'intrigue et le traitement des personnages que peu de séries traditionnelles n'ont la possibilité d'offrir. En effet, contrairement à une série de douze à vingts épisodes, les « serials » ne peuvent se permettre de trop digresser et doivent donc s'en tenir à leur intrigue initiale. Un mal pour un bien au final.

« LE SEUL DÉFAUT que je concède aux DÉTRACTEURS DE CES PROGRAMMES, C'EST LE manque de moyens »

autant de sujets différents que dans les séries américaines, ce qui varie réellement c'est le traitement qui est

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LES SÉRIES ANGLAISES À NE PAS MANQUER !

SHERLOCK
Un Sherlock Holmes (Benedict Cumberbatch) dans le présent qui aide la police britannique grâce au soutient de l'inénarrable Watson (Martin Freeman).

LUTHER
Le quotidien du policier londonien Jhon Luther (Idriss Elba) qui lutte contre ses démons intérieurs et ses détracteurs au sein même de la police.

peaky blinders
Tommy Shelby (Cillian Murphy) fait partie du « gang » des Peaky Blinders. Là encore un drame historique qui nous fait ressentir l'ambiance crasseuse de ces quartiers anglais à l'aube des années 1920.

BLACK MIRROR
Une série aux épisodes indépendants les uns des autres qui dépeignent tous notre rapport à la technologie. Entre science fiction et futurisme. Une série intelligente qui nous pousse à nous questionner.

IN THE FLESH
Quatre ans après son suicide, suite auquel il s'est changé en zombie, Kieren redevient humain grâce à un vaccin. Il devra faire face aux antis-zombie et aux questions de sa famille.

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BROADCHURCH
David Tennant est chargé d’enquêter avec Olivia Coleman sur le meurtre d'un petit garçon. Un polar stressant et énigmatique.

downton abbey
La célèbre série historique multirécompensée débute en 1912 et suit le fonctionnement d'une famille d'aristocrates et de leurs servants.

UTOPIA
Un groupe de fans d'une bande dessinée se retrouve pourchassé par des inconnus qui veulent savoir où est Jessica Hyde. Un thriller complotiste haletant aux images colorées.

ONE NIGHT
Un même événement du point de vue de plusieurs personnes qui l'ont vécu , un cinquantenaire de la classe moyenne, une mère célibataire, une jeune diplômée des quartiers sensibles et un jeune pré-ado.

a young doctor's noteBOOK
On y retrouve Daniel Radcliffe (Harry Potter) et Jon Hamm (Mad Men) étonnamment crédibles en Médecins russes lors de la première guerre mondiale.

BAD EDUCATION
Une série autour d'un jeune professeur (presque aussi jeune que ses élèves) qui est le pire professeur possible de l'école.

FRESH MEAT
A Manchester, une colocation loufoque d'étudiants qui le sont tout autant.

THE THICK OF IT
Une sitcom dans laquelle le nouveau docteur (Docteur Who) Peter Capaldi ose se moquer des rouages du pouvoir britannique.

THE OFFICE
Avant d'adapter sa série aux ÉtatsUnis, Ricky Gervais a créé ce « mocumentary » avec brio en Angleterre.

THE IT CROWD
Jen devient manager du service informatique de Reynhilm Industries alors que ses connaissances en informatique sont limitées. C'est le choc des cultures avec les deux geeks qu'elle doit superviser : Roy et Moss. Cette série aurait inspiré The Big Bang Theory.

how to not live your life
La vie d'un trentenaire ultra faignant en compagnie de son homme à tout faire, de la voisine sénile d’à côté ,surnommée Gollum, et de sa colocataire.

THE FADES
Une série où le héros doit empêcher des fantômes de semer le trouble dans la société, avec l'aide d'étranges personnages qu'il vient tout juste de rencontrer.

MISFITS
Comment des jeunes qui ont tous commit de petits délits se retrouvent avec des super pouvoirs et s'en servent bien maladroitement dans leur vie quotidienne.

DOCTOR WHO
La plus célèbre série anglaise. De la science fiction déjantée qui se permet des choses qu'on ne voit dans aucune autre série de science fiction dans le monde. Bien sûr sa grande réussite est notamment due aux acteurs et actrices qui la font vivre.

my mad fat diary
À travers un journal intime, la vie d'une adolescente qui sort tout juste de l’hôpital psychiatrique. Evidemment, elle préférerait que cela reste secret. C'est une plongée au cœur des années 90 grâce aux musiques et aux références de l'époque.

À PROPOS DE L'AUTEUR
Je m'appelle Bilel, j'ai 21 ans, je suis étudiant en L.E.A Anglais/Russe. Je suis fan de séries depuis Friends et Le Caméléon, il faut bien débuter quelque-part. J'ai crée avec Paul le podcast hebdomadaire Au Prochain Épisode qui a pour but de parler de trois séries par semaine. Mes autres passions : Les pokemon et le bacon.

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À LA DÉCoUverte DU PArADIS
Lancée à l’automne 2012, The Paradise est un drama historique de la BBC que tous les sériephiles se doivent de découvrir. Série basée sur le roman d’Émile Zola, Au Bonheur des Dames, elle a su se démarquer de manière intelligente de l’œuvre originale pour devenir en saison 2 un petit bijou.

TEXTE : ThEOdORa M. - PhOTO : ThE PaRadISE / BBc ONE

 L’action de The Paradise se situe en Angleterre, dans une ville du NordEst, et plus précisément dans le grand magasin qui donne son nom à la série. Lorsque débute la saison 1, on découvre cet univers à travers les yeux de Denise, jeune provinciale fraîchement débarquée de son village natal Peebles, situé près de la frontière écossaise, pour aller travailler chez son oncle, qui habite juste en face de The Paradise et tient une boutique de confections. Ce dernier représente le petit

commerce, mourant face à la montée du commerce capitaliste plébiscité par la bourgeoisie de la Belle Époque. Cependant ce sujet est rapidement évacué par la série, tandis que Zola en fait un des thèmes de son roman. Son oncle ne pouvant l’employer, Denise trouve du travail au rayon des confections pour dames du Paradise où on y croise l’intransigeante Miss Audrey, incarnée par Sarah Lancashire (que les Whovians connaissent puisque c’était la nourrice des Adipose dans le

1er épisode de la saison 4); Pauline, jeune vendeuse tête en l’air, ou Clara une femme forte et cynique qui cache un secret douloureux. On y voit aussi Sam, vendeur au rayon des articles de luxe et Jonas, concierge, homme à tout faire, et manipulateur au possible. A la tête du grand magasin, on retrouve John Moray, un homme passionné par son métier, qui le gère depuis la mort de sa femme, fille du précédent propriétaire. Pour seconder Moray, il y a l’indispensable Dudley, ami de tou-

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jours, mais qui s’oppose fréquemment à lui sur la gestion du Paradise. Moray et Denise sont également confrontés à l’ambition de Katherine Glendenning, une riche héritière qui a jeté son dévolu sur le gérant, tandis que son père, qui finance Moray, souhaite contrôler cet homme dont les coups de poker dans sa gestion de la clientèle l’agace.  La première saison est donc celle de la découverte des personnages et du fonctionnement du magasin, des secrets et des manipulations des uns et des autres. Car le magasin renferme une hiérarchie bien établie, mais chacun souhaite gravir l’échelle, se tenir au plus près du génie et du prestige de Moray. Denise, au milieu de tout cela, cherche à garder sa place, chose peu facile quand Moray tombe petit à petit amoureux d’elle, alors que Katherine souhaite entraîner ce dernier vers une alliance qu’elle pense stratégique au départ, avant de se prendre au piège de son propre jeu.  La saison 2 de The Paradise change la donne, pour tous les personnages. Grâce à un bond en avant de quelques mois, on repart sur de nouvelles bases : de nouveaux enjeux se forment autour Denise et Moray, il s’agit donc de s’allier pour reprendre le pouvoir. La deuxième saison est donc plus politique, et moins légère ; elle met habilement en scène les personnages, leurs manigances, leurs machinations tout en explorant différents thèmes avec beaucoup de vivacité et de profondeur. L’un des thèmes majeurs est d’ailleurs l’affirmation de Denise en tant que véritable businesswoman, qui est également une femme calme, généreuse et toujours amoureuse, même si elle voit les défauts de son amant. Tandis que Moray, pour reconquérir son cher magasin, recourt à d’autres voies plus discutables et il l'est toujours l'homme possessif et prompt à se laisser entraîner. L’introduction d’un nouveau personnage très atypique, Clémence Romanis, dans le 2ème épisode, permet à Denise de prendre conscience qu’il est normal et juste qu’elle soit, en plus d'être la fiancée de Moray, sa partenaire en affaire, chose que Moray ne peut concevoir. Les dernières secondes de l’épisode 7 illustrent particulièrement bien le problème de l’égalité réclamée, légitime, mais pas encore acquise. Si la saison 2 traite le problème du couple principal, toutefois elle n’oublie pas d’approfondir la psychologie des personnages secondaires. Tom Weston est un antagoniste au passé obscur, et le couple qu’il forme avec Katherine est inquiétant, bizarre, voire glaçant. Susie, Sam et Clara tous des intrigues secondaires qui permettent de mieux les comprendre et de les apprécier. Car il faut bien le dire, la saison 1 de The Paradise peut être un peu lente et paresseuse parfois dans le traitement des intrigues mineures (l’intrigue majeure étant le rapprochement entre Denise et Moray aux dépens de Katherine) ; le magasin nous apparaît en saison 2 comme une maison vivante, chaleureuse, une famille que l’on est content de retrouver. Les thèmes traités sont sérieux, mais cela n’empêche pas la série d’exEmun Elliot (Moray), Sonya Cassidy (Clara) et Joanna Vanderham

« LA SAISON 2 DE THE PARADISE CHANGE LA DONNE, POUR TOUS LES PERSONNAGES »

d’antagonistes bien précis. D’un côté, Moray, heureux en amour (comme il l’est à la fin du roman de Zola, qui, d’une certaine façon, ne couvre que les intrigues de la saison 1) mais malheureux en affaire. Suite à un retourneThE PaRadISE : jONaThaN fORd / bbc ONE

ment de situation, il a en effet perdu le contrôle du Paradise ; ses adversaires sont maintenant Katherine et surtout son mari Tom Weston ; un homme redoutable, ancien militaire, qui entend bien gérer le magasin à sa guise. Pour

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ploiter le potentiel comique de Sam notamment et de faire référence à des objets, usages et modes victoriennes qui aident à ancrer la série dans son temps, sans oublier de montrer que les temps changent.  Ajouté à cela que les décors, surtout l’intérieur du Paradise, sont splendides et minutieux ; les costumes sont magnifiques (même les vendeuses, qui portent la robe de soie noire réglementaire, sont élégantes). Si vous êtes collectionneurs de beaux génériques, ne manquez pas non plus celui de The Paradise, qui, sur une musique entraînante et légère, montre les charmes et

les séductions du grand magasin.  Enfin, comme il s’agit d’une série anglaise, on voit passer des visages familiers : j’ai déjà cité Sarah Lancashire, mais de Doctor Who on rencontre aussi Arthur Darvill (Rory le Romain, le mari d’Amelia Pond) pour quelques épisodes en fin de saison 1. D’autres acteurs ont joué dans des séries comme Misfits, Merlin, Law & Order: UK, Lark Rise to Candleford, Game Of Thrones, et même House of Cards pour Ben Daniels.  The Paradise est donc une de ces séries qui mûrit lentement mais sûrement ; certes, la saison 1 est plaisante,

mais n’est pas exceptionnelle. Vous vous direz que c’est un bon drama, avec de bons acteurs, dans la lignée de Downton Abbey ; mais si vous continuez jusqu’en saison 2, je le garantis, la série devient plus attachante et plus intéressante dans les thématiques traitées. On ne sait actuellement si la série sera renouvelée pour une saison 3 (les audiences étaient stables, mais pas formidables)… Une chose est sûre, si saison 3 il y a, c’est en courant que je franchirais de nouveau les portes du Paradis.

À PROPOS DE L'AUTEUR
J’ai grandi sans la télé ; sans passer des heures devant l’écran, absorbée par les séries des années 2000; sans parler à mes amies de ce qui s’était passé dans l’épisode d’hier soir. Mais j’ai toujours eu une passion dévorante pour la fiction, qu’elle soit romanesque, télévisuelle, sous forme de bandes dessinées ou de films. Et quand j’ai enfin eu le temps de plonger dans le monde merveilleux des séries télévisées, j’ai réalisé que je ne voulais plus jamais en ressortir, car il y a constamment des choses à découvrir et à faire découvrir. Oh, et sinon, vous pouvez me suivre sur Twitter, @TheodoraManzana.

ThE PaRadISE : jONaThaN fORd / bbc ONE

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FAIrY tALeS BY XIveNtS
ImPRESSIONS SUR la cONVENTION

TEXTE : allaN cOlPaERT - PhOTO : flORENcE ROOSENS

 Il était une fois Fairy Tales, une convention sur la série Once Upon A Time par Xivents, une association qui avait pour mission de vendre du rêve aux fans de la série les 21 et 22 décembre 2013. Une aubaine pour les fans qui on pu rencontrer et partager avec leurs acteurs fétiches lors des différentes activités comme les Q&A, les photoshoots et bien sûr les séances d’autographes. L’ambiance était bon enfant, le staff très sympathique et ce même dans les moments d'affluence. On a rarement vu une convention de fans aussi bien organisée que celle-ci, d’autant plus qu’il y a eu de l’avance dans le pro-

gramme ! L'attente entre chaque activité était parfaitement gérée par une animatrice du tonnerre - la pimpante Patricia qui a fait le show grâce à des quizz, des chansons, des enchères, des blagues et les petites histoires de Patch et Fripouille (désolé mais il fallait être présent pour comprendre)... Bref, que du bon ! Le week-end aura bien évidemment été marqué par Keegan Connor Tracy (Mère Supérieure/Fée Bleue), David Anders (Dr. Whale/Frankenstein), Sarah Bolger (Aurore) et Eion Bailey (August/Pinocchio) qui sont des personnes fantastiques, pleines d'hu-

mour et d'amour pour les fans. Les fans qui ont, d'ailleurs, fait pleurer Keegan lorsque celle-ci s'est vue remettre un fanbook et de nombreux cadeaux ainsi qu’Eion, à l'occasion d'un Happy Birthday chanté par l'assemblée pour fêter la première année de son petit prince. Xenan, Phoebe et les bénévoles ont fourni un énorme travail avant, mais aussi pendant, si bien que les fans interrogés à l’issue de l’évènement se sont avérés unanimes : la convention Fairy Tales par Xivents est une réussite !

Suite au succès de la convention Fairy Tales, Xivents a d’ors et déjà annoncé que la deuxième édition se déroulera les 21 et 22 juin prochain à Paris en présence d’Emilie de Ravin, l’interprète de Belle dans la série.

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Le retoUr eN ForCe
dE la SÉRIE d'aNThOlOGIE
Qu’est-ce qu’une série qui fonctionne sur le mode de l’anthologie et pourquoi ce type de récit, à priori contraire à notre sacro-saint fil rouge épisodique, revient sur le devant de la scène sérielle ?

TEXTE : YaNN - PhOTO : amERIcaN hORROR STORY / FX

Un trublion nommé Ryan Murphy   Le 22 décembre 2011 au matin, le lendemain de la diffusion du final de ce qui serait plus tard renommé American Horror Story : Murder House, John Landgraf, le président de la chaîne FX, et Ryan Murphy, créateur et producteur exécutif de la série, prennent un téléphone pour communiquer à divers organes de presse une idée pour le moins étrange ! Après un beau départ de la série, FX avait très vite annoncé la commande d’une saison 2 et ce après seulement quatre épisodes. Mais dans la foulée d’un dénouement dramatique, de nombreuses questions se posaient. La série allait-elle continuer indéfiniment cloîtrée dans cette grande bâtisse californienne et surtout, malgré qu’il s’agisse de fantômes, comment pour38

rait-on rebondir après ce qu’il faut bien appeler une hécatombe ? Murphy ne se démonte pas et confirme alors avec aplomb que son intention est de développer un tout autre récit dans la saison suivante, avec de nouveaux personnages. AHS devient alors officiellement une série de type anthologie. La rentrée suivante, les téléspectateurs ont alors le plaisir de retrouver une partie du casting de l’année précédente dans le second volet intitulé Asylum. Jessica Lange, Evan Peters, Sarah Paulson ainsi que Zachary Quinto sont de retour dans des rôles tout à fait distincts. Le dernier volet en date, Coven, qui se termine actuellement voit lui revenir Taissa Farmiga et Denis O’Hare au sein d’un autre lieu, La Nouvelle Orléans, pour un tout autre récit là encore.

« AHS est une oeuvre fascinante, notamment parce que Ryan Murphy a monté une troupe d’acteurs, une compagnie, où chacun change de rôle entre les saisons. Comme au théâtre. »
KaThY baTES, dElPhINE lalaURIE

Alors que la saison 2 avait maintenu le même niveau d’audiences, la saison 3 s’est ouverte le 9 octobre dernier en augmentation de 44% par rapport au précèdent record de la série, propulsant ainsi la série parmi les plus regardée de la chaîne. Les changements de récits et de personnages à chaque saison sont donc pleinement digérés par le public qui plébiscite la série. Le format de l’anthologie saisonnière fonctionne et va très vite inspirer toute la profession.

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le premier âge d’or sériel  On peut diviser le champ sériel en quatre groupes distincts, bien que certaines frontières sont parfois franchies. Il y a le classique format épisodique ou procedural, le format sérialisé dans lequel le récit se déploie peu ou prou à l’échelle de la série, puis la mini-série et enfin la série dite de type anthologie. Cette dernière est assez vaste puisqu’on y englobe toute série ayant une histoire différente et/ou un casting différent à l’échelle d’un épisode ou d’une saison. Très rare aujourd'hui, le découpage sur le mode de l’anthologie a connu une période faste que l'on délimite entre les années 50 et le débuts des années 60. C'est l'époque où le petit écran se démocratise au sein des foyers américains. Techniquement, les équipes de productions ne disposent pas encore de l'enregistrement vidéo, l'invention de cette technologie se situe autour de 1956. Les formats n’ont que deux vecteurs de retransmission possibles qui sont le film et, plus notablement, le direct. C’est le cas pour The Philco Television Playhouse, diffusée sur NBC de 1948 à 1955, qui adapte alors chaque semaine une pièce de théâtre ou une comédie musicale populaire. Ces anthologies découlent souvent de la radio comme le General Electric Theater qui sera ensuite diffusée sur CBS de 1953 à 1962 et dont le présentateur était un certain Ronald Reagan. Mais la
alfREd hITchcOcK PRESENTS : cbS PhOTO aRchIVE

Générique The Twilight Zone (La Quatrième Dimenson)

de 1955 à 1965 sur CBS puis sur NBC, le célèbre cinéaste anglais, qui n'en a signé qu'une minorité, introduisait des histoires s’intéressant à des personnages ordinaires confrontés à des événements extraordinaires dont le dénouement était très ironique et/ou avec une conclusion surprenante . Alfred Hitchcock Presents (AHP) allait inspirer de nombreuses séries comme The Twilight Zone (La Quatrième Dimension, 5 saisons de 59 à 65 sur CBS en lieu et place d’AHP qui venait de déménager sur NBC) dont chaque épisode était également introduit par un présentateur, le dramaturge Rod Serling. Le schéma s'essouffle pourtant. Les sponsors, remarquez le naming des titres cités précédemment, General Philco et Electric, de s'étaler sur de longues durées et les personnages récurrents prennent alors le pouvoir. Pourtant, la période aura laissé une profonde empreinte qui, pour beaucoup, restera comme le premier âge d’or de la télévision. La proximité avec le registre théâtral, la tension inhérente à la diffusion en direct et la définition même du format qui permettait de profondes remises en question d’un épisode à l’autre, auront façonnés une période télévisuelle majeure.
Alfred Hitchcock pour Alfred Hitchcock Presents

série tique restera

emblémade cette comme

époque, celle qui

« CELLE QUI RESTERA COMME LA série d'anthologie aux deux SENS DU TERME, FUT SÛREMENT ALFRED HITCHCOK PRESENTS »

la série d’anthologie au deux sens du terme, fut sûrement Alfred Hitchcock Presents. Durant 361 épisodes diffusés

deviennent trop exigeants sur les scripts. L'avènement de l'enregistrement vidéo permet aux productions

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l’anthologie saisonnière Plus proche de nous, l’anthologie sérielle est rare ! On considère que le téléspectateur aime découvrir des histoires différentes à chaque épisode mais dans un cadre récurrent bien définit avec un ou plusieurs personnages réguliers pour ne pas troubler son confort. On pense bien sûr aux dramas policiers et judiciaires. Dans la continuité de The Twilight Zone, l’anthologie a toutefois conservé la faveur des productions fantastiques et horrifiques. La fameuse Tales from the Crypt (Les Contes de la Crypte, 93 épisodes de 1989 à 1996 en 7 saisons sur HBO) en est un bel exemple. Plus récemment, Black Mirror (2011-13, 6 épisodes en 2 saisons sur l’anglaise Channel 4) proposait un regard sombre et acéré sur notre société contemporaine en remettant en cause l’usage des nouvelles technologies notamment. Mais qu'en est-il de l'anthologie saisonnière ? En 2009, CBS programme Harper's Island en fin de saison. Le public découvre un mélange bancal entre Agatha Christie (Dix petits nègres) et le genre du Slasher (comme Scream de Wes Craven). Logiquement, la chaîne ne reconduit pas et empêchera les scénaristes de travailler sur une saison suivante, qu'ils avaient prévue complètement Murphy difféassemble rente. Lorsque Ryan son American Horror Story, sur un principe relativement proche de Harper's Island, il va utiliser le paramètre de limitation dans le temps à son avantage pour obtenir ce qu'il ne parvient jamais à constituer pour une série usuelle : un casting idéal ! Mettons nous quelques instants à la place d’actrices comme Jessica Lange, Connie Britton ou Frances Conroy. On leur propose un rôle dans un projet certes ambitieux mais dont il est question d’un obscur huis clos horrifique. Vont elles sauter à pieds joints sur une telle production à long terme ?! L’anthologie saisonnière s’impose alors comme une évidence. Les acteurs très demandés vont pouvoir s’engager sur une série, plus valorisante en terme de performance pure qu’un film, pour une durée limitée et la production peut ainsi convaincre un casting d’exception. Le 12 janvier 2014, HBO a lancé True Detective avec Woody Harrelson et Matthew McConaughey. A l’origine du projet, le romancier Nic Pizzolatto est séduit par le découpage de l’anthologie qui découle naturellement de son travail d’écrivain, il signe alors seul les huit scripts de la série et il va très vite constater que ce choix s’avère essentiel. Non seulement il parvient à convaincre McConaughey, qui croule pourtant sous les projets cinématographiques, puis son ami Harrelson, texan comme McConaughey, mais surtout, avec un tel duo à bord, les networks et autres chaînes câblée s’arrache son script !
TRUE dETEcTIVE : jIm bRIdGES / hbO

Woody Harrelson et Matthew McConaughey dans True Detective

« lorsque ryan murphy ASSEMBLE SON AMERICAN horror story, il va UTILISER LE PARAMÈTRE DE LIMITATION DANS LE TEMPS À SON AVANTAGE »

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Tobey Maguire et Kristen Wiig dans The Spoils of Babylon

En janvier également, la chaîne IFC (groupe AMC) lance The Spoils of Babylon sur un tout autre registre. On doit cette comédie à Matt Piedmont et Andrew Steele, deux anciens scénaristes du Saturday Night Live. Produite par Will Ferrell, on y trouve aussi un casting exceptionnel : Tobey Maguire, Kristen Wiig, Tim Robbins, Val Kilmer, Michael Sheen, Jessica Alba ... Présentée comme une mini-série, les responsables de la chaîne ne cachent toutefois pas leur souhait de faire évoluer la série sur le principe de l’anthologie. Plus généralement, prévoir une
ThE SPOIlS Of babYlON : KaTRINa MaRcINOWSKI / Ifc

saison avec un début et une fin n’est plus tabou. Syfy lance Helix, également proposée en janvier, et découpée en 13 épisodes (24 heures décrites par épisode) avec un vrai dénouement au terme de la saison. Si la série était renouvelée, une partie du casting pourrait être conservée mais dans un tout autre lieu et pour une histoire distincte. FX espère prolonger, de la même manière, l’adaptation de Fargo (supervisée par les frères Coen à la production) d’une série limitée (minisérie) vers l’anthologie . Enfin la BBC Two proposera Inside N°9 une comé-

die horrifique de type anthologie par épisode. Les six épisodes pourrait être diffusés dès le mois de février De nombreux talents sont déjà passé du cinéma au petit écran, David Fincher et Kevin Spacey avec House of Cards, Michael Mann et Dustin Hoffman avec Luck par exemples. Ce transfert devrait s'accélérer avec le retour de l’anthologie. 2014 sera ainsi l'occasion Matthew McConaughey, Kristen Wiig et Billy Bob Thornton d'y briller, pour le plus grand plaisir du sériephile.

À PROPOS DE L'AUTEUR
Sériephile qui s'ignore depuis Twin Peaks, j'ai fait mon coming out grâce à un blog (blogseriestele.wordpress.com) que j'alimente depuis environ 4 ans. J'y écris de manière parfaitement subjective dans une prose savamment dosée en mauvaise foi. J'y défends principalement deux thèses. Oui, le genre sériel peut et doit devenir formellement supérieur au septième art. Et oui, le superviseur musical sériel est un génie !

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LA WeB-SÉrIe PAr LeS eNtrePrISeS
la STRaTÉGIE dU bRaNd cONTENT
Portées par la démocratisation massive de l’outil informatique et par les possibilités infinies qu’offre d’Internet, les web-séries sont aujourd’hui incontournables dans le paysage audiovisuel et deviennent un produit marketing puissant pour les marques désireuses de maîtriser leur identité numérique et conquérir une nouvelle clientèle.

TEXTE : la SÉRIEThÈqUE - PhOTO : lES VISITEURS dU fUTUR

 Produites, pensées et créées pour être diffusées exclusivement sur la Toile, les web-séries sont aussi et surtout caractérisées par la présence d’un scénario faisant d’elles des œuvres de fiction à part entière. Appelées webisodes, ces vidéos, le plus souvent d’une durée de quelques minutes, forment une unité scénaristique où l’on suit des personnages et leurs histoires. Les exemples les plus parlants en France ces dernières années sont Noob, Le Visiteur du Futur, ou encore En Passant Pécho. Cette dernière cumule presque 3 millions de vues sur YouTube pour l’ensemble de ses… quatre épisodes seulement diffusés entre mars 2012 et avril 2013.
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SUR LA VAGUE TU SURFERAS  A l’origine, les web-séries sont des vidéos tournées avec « les moyens du bord » où l’humour, le plaisir de diffuser ses vidéos en ligne et faire connaître son univers étaient les motivations premières. Ce fort pendant amateur a largement contribué à populariser le genre notamment parce que la facilité de production s’est accrue en même temps que les technologies se sont améliorées. Les productions professionnelles, elles aussi, font partie de ce paysage audiovisuel éclectique dont les différents modes de productions n’ont d’intérêt que le but ultime d’attirer un public volatile qui consomme sur Internet comme il

consomme un menu fast-food  : dévoré, apprécié, vite oublié. Toutes les productions ne se ressemblent pas, contrairement à la télévision caractérisée par son côté linéaire, les webséries sont une sorte de joyeux bordel et c’est d’ailleurs ce qui fait leur succès : de la science-fiction aux saynètes humoristiques en passant par l’animation ou la satire. Une liberté de ton qui ne trouve pas toujours le succès escompté mais qui correspond à un mode de diffusion en ligne où la gratuité est le maître mot. Avec l’avènement du web 2.0, celui du partage, du cloud computing et du crowdfunding vient également l’avènement des réseaux sociaux, Facebook et Twitter en

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tête. Le nombre de vues, le nombre de clics, les tweets, retweets, et partages en tous genre se répandent comme une traînée de poudre sur le sillage d’un marketing potentiellement puissant pour les entreprises qui cherchent à capter une audience toujours plus jeune sur Internet. Les recettes de la gloire sont multiples à commencer par le format court et rapide que l’on peut consommer n’importe où, n’importe quand, sur les smartphones, tablettes et autres minitel d’aujourd’hui. Pour gagner en popularité, elles sont mises en ligne sur des plates-formes de visionnage de vidéos comme YouTube ou Dailymotion qui revendiquent respectivement 1 milliard et 112 millions d’utilisateurs uniques. De quoi faire envie aux amateurs comme aux professionnels, aux particuliers comme aux entreprises. Ces sites communautaires parviennent à générer une large audience notamment grâce aux outils mis à disposition pour les potentiels fans et donc consommateurs : likes, pouces verts, commentaires et autres moyens de partager un contenu à son entourage personnel, professionnel ou à ses « amis » au sein de ces platesformes. Les réseaux sociaux donnent la possibilité d’étendre une audience et de surfer sur la vague du « buzz » et de la viralité créant ainsi un contenu qu’il faut absolument voir ou avoir vu. C’est le dernier atout des web-séries et le plus important pour les marques : la fidélisation du consommateur. Véritable enjeu à la fois financier et marketing, les web-séries d’entreprises sont souvent hébergées sur leur propre site avant de se faire une place complémentaire sur les sites de vidéos en ligne où le trafic est plus important et où, à force de sérendipité, l’internaute peut se retrouver à regarder ces vidéos la plupart du temps humoristiques. Les internautes sont donc les premiers décideurs d’un succès ou non sur la Toile car leurs avis sont publiés et pris en compte. Pas étonnant que les marques s’y essaient ! Les grandes entreprises comme Microsoft (World Wide Web avec le duo comique Omar et Fred en 2011 pour le lancement d’Internet Explorer 9), Allociné (Dedans Allociné avec les vrais dirigeants mais la fausse vie de bureau du site), Intel et Toshiba (The Power Inside, une histoire d’alien et de moustaches) ou les start-ups comme Le Bon Côté des Choses qui mise directement sur ce support avant même une présence significative sur les réseaux sociaux (et Thierry Ferrandiz nous en dit plus dans une interview à découvrir plus loin dans l'article). On pourrait penser que ces entreprises se sont emparées d’un phénomène populaire sur Internet afin de se le réapproprier mais il n’en est (presque) rien. La toute première web-série s’intitulait The Spot et était, déjà, financée par la publicité et le placement de produit. Lancée en 1995, The Spot est la première fiction interactive avec images et vidéos sur le web. Scott Zakarin, le créateur, est un réalisateur fasciné par Internet employé par une agence de publicité lorsqu’il a l’idée de lancer sur la Toile un contenu encore jamais vu. Le succès est immédiat et bientôt des investisseurs rachètent le concept, Zakarin est débouté, et paradoxalement, l’échec à venir de The Spot est à imputer aux amateurs et semi-professionnels qui ont vu là une belle occasion de laisser parler leur imagination et de s’essayer aux mêmes genres de productions. La concurrence a été rude mais elle a permis l’avènement d’un nouveau format de storytelling qui des années plus tard connaît toujours autant de succès.

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PLUSIEURS MODÈLES, UN BUT COMMUN  Retour en 2014. Aujourd’hui, quels sont les différents modèles mis en place par les entreprises pour se démarquer de la concurrence sur le segment des web-séries  ? A première vue, les éléments essentiels à une réussite sont l’identité numérique, le financement et l’écriture de ces séries. Plusieurs tendances se dégagent cependant. La première, peut-être la moins répandue, est le sponsoring de la marque à une web-série déjà existante. Souvent placée dans un coin, la marque précise qu’elle participe sans pour autant financer le projet de A à Z. L’exemple le plus parlant est celui de la web-série Putain de Série  ! généreusement offerte par Texto, une marque de vêtements et accessoires. Brand content a son plus bas niveau ici puisque le signalement se fait discret mais cliquable au moyen d’un lien hypertexte pour attirer le visiteur sur le site e-commerce et générer un plus grand trafic. Ce modèle est à mon sens le moins risqué, le moins coûteux mais aussi le moins efficace qu’il ne parce permet la société mise tout sur le dévoreur de vidéo. Pour illustrer cette tendance, Éléphant Bleu a lancé en avril 2012 sur YouTube sa web-série Lave Story. Parodie du kitsch en puissance, la web-série compte au total 115  500 vues sur ces différentes vidéos et met en scène les clients de ses centres de lavage auto. Un pari sur l’humour et la dérision qui donne également l’image d’une entreprise «  eco friendly  » soucieuse de l’environnement mais dynamique et numérique. Le retour sur investissement d’une telle démarche est malheureusement difficile à évaluer. L’entreprise s’assure une identité numérique, et dans une stratégie de brand content c’est bien souvent l’essentiel. Autre tendance remarquée : la personnalité du petit écran qui se tourne vers Internet, rappelant ainsi les fortes connivences entre les programmes courts diffusés sur de nombreuses chaînes françaises et les web-séries. Au petit jeu de qui sera le plus drôle pour les entreprises on retrouve Chris Esquerre et Stéphane de Groodt. Avant il y avait Richard Berry et son Sveltesse, maintenant il y a les humoristes et Internet. Nouveaux canaux de diffusion, même principe : vendre un produit, une idée, un concept. Le premier, Chris Esquerre au phrasé si particulier, apparaît comme le personnage principal de la web-série en trois épisodes
Chris Esquerre

« AUTRE TENDANCE REMARQUÉE : LA PERSONNALITÉ DU PETIT ÉCRAN QUI SE TOURNE VERS INTERNET »

pas, entres autres choses, une identification du visiteur à la marque mais il permet, a contrario, d’attirer un public de consommateur : le Jeune. Cet énergumène insatiable qui tient d’une main ferme le portefeuille de ses parents quasiment prêts à tout pour satisfaire leur progéniture assoiffée. La seconde tendance s’appuie sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur les chaînes mises à disposition par les plates-formes de vidéos en ligne. Ici pas de site Internet dédié,

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Le Grand Changement pour l’entreprise (presque éponyme) Legrand. En parfaite parodie de Valérie Damidot et de son émission D&Co, Chris Esquerre va repenser avec humour l’ambiance lumineuse de la maison de Florence sans oublier, évidemment, de mentionner les différents interrupteurs vendus par l’entreprise. Quant à Stéphane de Groodt, sur le même principe, il va scénariser les différents produits d’assurances de la banque CIC. Baptisée On vous rappellera, de Groodt est à l’écriture et à la réalisation d’une série de vidéos sur les entretiens d’embauches. La banque CIC, déjà adepte de l’humour dans ses spots TV, n’en est pas à son premier coup d’essai puisque le YouTubeur Cyprien avait déjà participé à deux web-séries en 2012 et 2013 sur les problématiques quotidiennes des jeunes actifs (CV, impôts, permis), tout ce que le CIC peut financer pour cette cible en somme. La dernière tendance qui se dégage, et la plus efficace à n’en pas douter, est la création totale d’une web-série par une entreprise avec l’aide d’une agence publicité de coms’assumunication ou de rant ainsi une production de qualité. Bouygues Télécom a lancé à la rentrée 2012 sa première web-série humoristique intitulée Les Dumas. On suit, en douze épisodes, les aventures de cette famille mais aussi et surtout ses usages du numérique au quotidien. Plusieurs remarques sur ce cas de brand content : la première, la bonne qualité de la réalisation et de l’écriture. La seconde, le casting avec la présence d’acteurs issus du web et de la télévision (Kémar et Kevin Razy, l’un apparaît dans les vidéos de Norman et l’autre est connu pour sa parodie de Bref, Bwef). Et la troisième, la diffusion multicanale des liens vers les vidéos assurant ainsi une forte présence sur les
Les Dumas Stéphane de Groodt

« LA DERNIÈRE TENDANCE QUI SE DÉGAGE EST LA CRÉATION TOTALE D'UNE WEB-SÉRIE PAR UNE ENTREPRISE »

réseaux

sociaux.

Mais là où Bouygues Télécom a su maîtriser son image c’est lorsque pathie et proximité avec la cible à leur paroxysme. Il existe cependant un dernier modèle, et après promis, j'arrête ! La start-up Le Bon Côté des Choses a choisi, elle, de miser dès sa création sur le format de la web-série. Avant même d'avoir une identité numérique forte ou un rayonnement sur les réseaux sociaux, Le BCC a déjà sa production, deux sites distincts et une stratégie axée sur la longévité. J'ai interrogé Thierry Ferrandiz, le Président, pour qu'il nous explique un peu plus concrètement sa démarche.

la société a mobilisé les moyens de sa maison-mère Bouygues, en mettant en ligne ses vidéos sur le site de TF1, propriétaire également du groupe industriel. Coup double. Opération rondement menée. Non seulement Bouygues Télécom comprend les usages numériques d’une famille lambda et peut donc anticiper et répondre à ses besoins, mais en plus de cela TF1 est à la page et permet aux internautes de visionner la web-série. Capital sym-

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Pouvez-vous présenter votre entreprise en quelques mots ? Le Bon Côté des choses est une start-up rhônalpine créée mi-2011. Nous avons développé un comparateur de courses en lignes, drive, supers et hypermarchés. Le consommateur prépare sa liste de courses et décide où et comment remplir son caddy au meilleur coût, sur la base des produits qu'il doit ou qu'il préfère consommer. Pour cela, nous avons mis au point pendant 2 ans un algorithme de calcul exclusif et innovant, le Social Shopping List Optimizer, avec un éminent laboratoire de recherche public.

histoire de confiance, une histoire de challenge, de pari un peu fou et osé, l'envie de relever le défi de faire ce qui ne peut pas nous être accessible. Alors oui, c'est vrai, ça claque bien : directeur artistique, réalisateur, scénariste, monteur, acteurs professionnels, ça fait du monde. Mais dans 100% des cas, ces personnes ont tous décidé de s'impliquer personnellement pour  Le Bon Côté des Choses  parce qu'ils y ont trouvé du plaisir et certaines de leurs propres valeurs. Et ça, honnêtement, j'en suis à la fois extrêmement fier et reconnaissant ! Pour finir, quelles stratégies marketing avez-vous mis en

LBCC est une start-up pour le moment relativement discrète sur le marché malgré un fort potentiel notamment auprès des jeunes actifs, pourquoi avoir (déjà) fait le pari de la web-série ? Depuis 2009, à l'origine même de la simple idée, nous avons impliqué les utilisateurs, le consommateur, dans notre démarche de création. Cet engagement, nous l'avons tout dernièrement décliné jusqu'à la logique du financement puisque nous venons de boucler une opération de crowdfunding, financement participatif et citoyen, avec Anaxago. Qui plus est, nous avons toujours utilisé la puissance du média vidéo pour accompagner nos étapes de développement en retenant systématiquement de jeunes créateurs très talentueux pour des réalisations souvent un peu décalées. Alors quand lors d'un mariage on s'est mis à imaginer ce que pourrait être le prochain projet sympa et décalé du BCC avec mon ami Marco de shotoflife... le goût du challenge à vite repris ses droits et la web-série s'est rapidement imposée. D'autant qu'il s'agissait encore une fois de mettre en scène nos utilisateurs. C'est tout ce qui fait notre ADN ! Vous avez mis les petits plats dans les grands à la production  : Directeur artistique, réalisateur, scénariste, monteur, acteurs professionnels, combien ça coûte une websérie avec autant de moyens ? Dans tout ce que nous entreprenons, il y a toujours une histoire, une histoire d'homme, une histoire d'amitié, une

place pour promouvoir à la fois la web-série et l'entreprise ? Et pouvez-vous d'ores et déjà évaluer l'impact de la web-série sur votre image ou sur le nombre de téléchargements de l'application ? La web série, pour nous, c'est du branding, c'est du long terme. Alors oui, il y a de l'impact sur le trafic entrant et sur les téléchargements. Mais l'impact va très au-delà de ce simple aspect B2C. Côté B2B, c'est une enseigne de Hard Discount totalement brick & mortar qui a remarqué Le BCC et qui envisage de référencer son catalogue commercial pour le mettre à la disposition de nos utilisateurs. C'est aussi une grande marque de cuisines de luxe qui nous propose de l'incrustation produit en nous fournissant les décors de la seconde saison. En gros, la stratégie d'occupation par la vidéo que nous avons décidée nous permet de ne pas faire de placards, de bannières, de site Las Vegas, de spots TV et de 4*3 beaucoup trop intrusifs à notre goût. C'est beaucoup moins rapide en termes de visibilité, mais ça génère de l'attachement à long terme. Et c'est ça que l'on veut. Bien loin de l'afflux massif des curieux vers le nouveau machin à la mode pour aller vendre du VU à des investisseurs et qui se transforme au bout de deux mois en désaveux d'abandonniste. Notre communauté d'utilisateurs, les IPCuriens, sont des utilisateurs patients, engagés, motivés. Ils veulent s'impliquer pour que nous parvenions à leur délivrer un service qui corresponde en tous points à ce dont ils ont véritablement besoin pour se faciliter le quotidien.

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Innovation ou rien ! Il en ressort que dans sa stratégie de brand content et de réappropriation de l’objet web-série pour capter une plus large audience, chaque marque aura une visée différente à commencer par son public. Cependant, qu’il soit sportif avec Nike, familial avec Bouygues, cinéphile avec Allociné, jeune actif désireux de mieux consommer avec Le Bon Côté des Choses, ou geek moustachu avec Intel et Toshiba, le but reste de se démarquer, de maîtriser son identité numérique et de proposer du contenu gratuit en ligne innovant auprès duquel l’internaute puisse s’identifier sur le long terme. Là est tout l'intérêt pour les sociétés : la création d’un capital sympathie afin de posséder une image de marque capable de s’approcher au plus près de sa cible, comme un marché de niche en somme. Quel que soit le modèle employé, le consommateur reste au centre d’une stratégie marketing multicanale. La question est de savoir jusqu’où les produits audiovisuels pourront aller, et jusqu’où l’innovation des entreprises est capable de nous étonner. Différent des modèles cités plus haut, celui du géant des articles de sports Nike est à la croisée des mondes entre le documentaire, la publicité et le making-off. England Matters est une web-série lancée en marge de la Coupe du Monde de Football 2014 où l’internaute peut découvrir les jeunes joueurs de l’équipe d’Angleterre se préparer à ce rendez-vous unique. Avec des interviews, des behind the scenes et une réalisation soignée, Nike frappe fort avec ce nouvel objet de promotion commerciale hybride. Reste donc encore à déterminer les prochaines innovations en la matière. Quels seront les modes de productions de demain qui bouleverseront la façon de consommer des (web)séries ? What Ze Teuf, la nouvelle série de D8 diffusée en décembre dernier et écrite par les « twittos » la veille de la diffusion de l’épisode pour le lendemain estelle un nouveau mode de storytelling ? Peut-on réellement écrire, tourner, et monter un épisode de série en 24 h ? Si le concept peut paraître innovant, il n’en est rien. What Ze Teuf n’est pas la première incursion du genre. En 1988 (!), la société américaine AOL – anciennement Quantumdiffusait sur le web The QuantumLink Serial, la toute première histoire fictionnelle racontée sur Internet où le créateur Pour vous informer sur les web-séries en général, pas uniquement celles créées par des marques, trois sites intéressants  à consulter  : webseries.fr  ; les-webseries.com ; serieweb.com. et écrivain Tracy Reed incorporait aux épisodes des utilisateurs d’AOL à leur demande. Une innovation totale à l’époque  puisque l’internaute se retrouvait dans la série la semaine suivante mêlé aux personnages fictifs ! Bon. What Ze Teuf se construit sur un modèle plus actuel évidemment, mais l’idée de faire participer, toute proportion gardée, le spectateur n’est pas si mauvaise, à condition que la place du scénariste soit également respectée et valorisée. Les deux ne sont pas incompatibles. Les Internets n’ont décidément pas fini de nous surprendre et, j’en suis sûre, nous promettent encore de grandes choses.

À PROPOS DE L'AUTEUR
Passionnée depuis toujours par les séries, j'ai grandi avec The Nanny, la Trilogie du samedi, Friends, Urgences et Ça Cartoon. Du haut du mon twenty-something, je découvre aujourd'hui les frontières infinies de la télévision et me délecte des séries du monde entier comme des excellentes productions américaines et européennes passées et présentes. Plutôt Minus que Cortex, je souhaite aussi conquérir le monde.

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THe VeroNICA MArS MovIe
UN KIcKSTaRTER ET Ça REPaRT
Veronica revient en Mars. Après des années d’attente, de faux espoirs, voilà que le rêve de millions de fans à travers le monde devient réalité. Le show culte Veronica Mars s’invite, grâce à la générosité de ses fans, sur le grand écran. L’univers de la télévision est peut-être sur le point de changer, d’entrer dans une nouvelle ère.

TEXTE : STÉPhaNE bERNaUlT - PhOTO : VERONIca maRS / WaRNER bROS

 « A long time ago, we used to be friends… But I haven't thought of you lately at all… » Ces paroles de la chanson des Dandy Warhols, le générique de la série culte, n’ont jamais eu aussi tort. On pense à Veronica Mars de plus en plus souvent ces derniers temps, alors que la série de Rob Thomas, créée en 2003, est sur le point de revenir sur nos écrans, le grand, pas le petit, dans quelques semaines. Ce film

porte le poids du monde, sériephile évidemment, sur ses frêles épaules.  Il y a fort à faire pour Kristen Bell et Rob Thomas. Au–delà d’avoir créé l’un des personnages adolescents les plus fascinants, les plus excitants des années 2000, il est surtout question de ne pas décevoir les fans de la première heure ainsi que les fans de la dernière qui risquent de découvrir la série dans les mois à venir pour se préparer à

savourer ce film-événement. Par ailleurs, le point crucial de ce film, mis en route grâce à une campagne de crowdfunding sur le réseau Kickstarter en mars 2013, est de ne pas décevoir ces fans/financeurs qui ont investi leurs économies pour réaliser leur rêve de voir le retour des lycéens de Neptune High, après une fin de série sans véritable résolution et une saison 4 malheureusement avortée.

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ROb ThOmaS SUR TWITTER

« Hallelujah! It's a green light my friends. I love you all, but particularly the donors among you. #Veronicamars »

 Le budget réclamé par Rob Thomas lors de l’ouverture du Kickstarter était « d’à peine » deux millions de dollars, une broutille de budget pour un film de studio, et il n’aurait pas fallu quelques heures pour que la somme soit allégrement dépassée, montrant l’engouement sans borne pour le projet The Veronica Mars Movie. Au bout des 30 jours de la campagne de financement, Rob Thomas et ses équipes pouvaient compter sur une donation atteignant 5 702 153 dollars, presque le triple de ce qu’espérer Rob Thomas. Le plus fort, avec ce Kickstarter, c’est qu’en quelques heures, Rob Thomas a réussi l’exploit qu’il tentait de réaliser depuis des années, depuis l’annulation de sa série. Avec ce projet de financement participatif, il trouve là la solution miracle. Miracle, il est vrai car on ne l’attendait plus ce film. Cependant c’est aussi un miracle à double tranchant. Certes, Rob Thomas peut faire le film dont il rêve, le film qu’il veut en toute liberté, loin de l’influence du studio Warner Bros, qui détient encore les droits de la série, mais il joue aussi un moment important de sa carrière, même si les risques sont plus ou moins

limités pour lui et le studio. Il doit surtout satisfaire les attentes d’une fanbase frustrée depuis 2007 et cela, ce n’est jamais une mince à faire.  C’est aussi du côté des studios et des autres scénaristes que l’on attend avec impatience de voir ce que va donner ce film financé par les fans. Pour les studios, il s’agit peut-être là pour eux de trouver une nouvelle manne financière où leur implication est réduite, ici Warner Bros s’est engagé à payer les goodies, rien de plus. De toute façon, tout est bénef pour eux. Si le film marche, c’est le jackpot. Et si ça ne marche pas, ce n’est pas grave car ils n’auront pas investi des mille et des cents. Pour les autres scénaristes, le film Veronica Mars est en train de devenir un modèle, une référence. Parmi les scénaristes connus et reconnus, on peut citer Shawn Ryan, le créateur de The Shield, qui a exprimé sur Twitter son intérêt pour ce projet en pensant conclure aussi sa série Terriers, diffusée sur FX, de cette manière. A ne pas en douter, de nombreux scénaristes réfléchiront à deux fois à cette solution, si le succès et l’engouement

sont au rendez-vous. Et puis quel fan ne serait pas prêt à débourser quelques euros pour retrouver des personnages avec qui l’on a passés de nombreuses années. Amy Sherman-Palladino, si tu m’entends, je sors mon portefeuille quand vous voulez pour retrouver les Gilmore le temps d’une heure ou deux.  La série Veronica Mars est déjà rentrée dans l’histoire de la télévision pour proposer un nouveau mode de fonctionnement, lorsque toutes les options ne mènent nulle part. Il ne reste plus qu’à espérer que le film, lors de sa sortie du film, le 14 mars, un an après l’aventure Kickstarter, prolongera l’esprit de cette série qui a marqué une génération de sériephiles et ouvrira la voie à d’autres scénaristes, à d’autres séries. Réponse sur nos écrans très bientôt… ou pas. En France, il n’est pas sûr que le studio Warner Bros décide de mettre cette aventure de Veronica sur nos grands écrans. Leur autre solution étant la VOD. Et si ne vous voulez pas que cela arrive, il y a une pétition qui circule  ! A vous de jouer Marshmallows !

« LE FILM VERONICA MARS EST EN TRAIN DE DEVENIR UN MODÈLE, UNE RÉFÉRENCE »

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3 raisons de tomber amoureux
SON CHARME
Principalement, on tombe d’emblée sous le charme de Kristen Bell, qui prête ses traits à une héroïne comme on en a vu peu à la télévision. Têtue, intelligente, torturée, amoureuse, amère, vengeresse…les visages de Veronica sont nombreux et Kristen Bell livre une prestation impressionnante.

L'ÉCRITURE NOIRE
Pour l’écriture noire de Rob Thomas qui s’aventure avec aisance dans la vie et les problèmes de lycéens. Viol, drogue, violence, statut social, relation parent-enfant, tout y passe ou presque. Même si les saisons 2 et 3 ne sont pas au niveau de la première, elle est quand même de haut niveau.

LES SHIPPERS
Pour les shippers, Veronica Mars offre l’un des couples les plus emblématiques de cette dernière décennie. Bon là, je ne suis pas sûr que tout le monde soit d’accord avec moi.

À PROPOS DE L'AUTEUR
Depuis la trilogie du samedi et les séries des années 80 rediffusées en boucle sur M6, qui sont pour moi ma marmite de potion magique dans laquelle je me serais laissé tomber avec délectation, j’ai développé un appétit pour toutes les séries. D’ailleurs, Je rêve d’aller m’installer dans le New Jersey et devenir capo pour les Soprano, de voyager dans le Tardis et d’être appelé à table par Fabienne Lepic. Mais en attendant que je réalise ses rêves, je sévis sur le site Les Plumes Asthmatiques où je blablate sur les séries mais pas seulement.

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ProCHAINemeNt

@StetsonSam présente

ET SA CONTRIBUTION AU GENRE SÉRIEL

Le CÂBLe AmÉrICAIN

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