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Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789 (4e édition) par Henri
Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789 (4e édition) par Henri

Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789 (4e édition) par Henri Martin,

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Martin, Henri (1810-1883). Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789 (4e

Martin, Henri (1810-1883). Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789 (4e édition) par Henri Martin,

reculés jusqu'en 1789 (4e édition) par Henri Martin, 1855-1860. 1/ Les contenus accessibles sur le site

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DE

HISTOIRE

FRANCE

IV

Cet ouvrage

a obtenu

de l'Académie

des Inscriptions

LE GRAND

PRIX

et Belles- Lettres

GOBEKT;

et il a été ensuite

couronné

quatre

fois

par l'Académie

Française.

j.jiRis,

ivpiuMnsii',

nrvKiiwn, nu; DF.siiniis,

1 1.

 

HISTOIRE

DE

FRANCE

liKPtl> I.KNIKMI1^I.Ksl»l.l>\C\ t.Ks ,11>QI'k\ rS'i

i' i.

HENRI MARTIN

TOME IV

/l''n {'ir/l'fil

G!' A TRI K MK EDITION

PARIS

II RM-: IJBKAIRE-KDlTKin

-

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<l. l,l,l > I'I-.Im.ib-i

m in

ii.

r

I. ,.r,|

¡"

DE

HISTOIRE

FRANCE

DEUXIEl\IE

DEUXIÈME

PARTIE.

PARTIE.

FRANCE

DU MOYEN AGE.–

FÉODALITÉ.

LIVRE

XXIII.

FRANCE

FEODALE

{suite).

SUITE

ET FIN

DU rèone

Manichéens.

Innocent

Saint

secourt

Puissance

DE Philippe-Auguste.

Vaudois.

La philosophie

et

Simon

Prise

à Muret.

de

arabe

dans

Con

nos écoles.

ALBIGEOIS.

Arnaud

Religion

la croisade

Massacre

Il

est

du Saint-Esprit.

le Midi.

GUERRE DES

de Montfort

se

III ordonne

Dominique.

Toulouse.

contre

Amauri.

de Beziers.

de Carcassonne.

Toulouse

Le roi

rend

d'Aragon

aux croisés.

damnation

concile

Fondation

Philippe-Auguste

Jean

et

par

vaincu

tué

Désolation

de Simon

et de

de Montfort.

l'école

du Midi

des livres

d'Aristote

panthéiste

et de

Bataille

Paris.

Quatrième

entre

roi

de Latran.

Le principe

de la persécution et des franciscains.

contre

en Poitou.

en Angleterre.

de France,

des Planlagenèts

l'inquisition

attaque

consacré.-

des dominicains

princes

La guerre

de

l'empereur

Double

recommence

Othon,

par

et Jean-sans-Terre.

des Pays-Bas

Jean

est

défait

Révolution

Louis

trône

Le parti

est couronné.

de

tout

le

Coalition

la France.

du

le Poitou

et des

la Flandre.

de Bovines

charte.

Victoire

de

Les barons

 

Chute

et

ill,

fils

de

Soulè-

Simon

est

Philippe

anglais

mort de Jean-sans-Terre.

au

sur Othon.

appellent

de Toulouse

La grande

fils de

Philippe-Auguste.

se relève.

Henri

l'Angleterre.

de Momfort."

Jean-sans-Terre,

vement

tue. Délivrance

Louis capitule

Midi

et évacue

Simon

et

du Midi.

contre

Mort de Philippe-Auguste.

1-206–1223.

Le treizième

siècle

majesté.

ont

signalé

iv.

Dans

le monde

ses premiers

s'est

levé

dans

une

politique,

deux

pas,

la fondation

très

orageuse

grands

de l'empire

et

sombre

événements

français

t

2

FRANCE FÉODALE.

fXH« siècle]

d'Orient etlaconquêteplusdurable

des provincesanglo-normandes

par le roi de France.

Dans la sphère

des idées

et de la religion,

des tempêtes

plus vastes encore présagent

bien autrement

Midi,

à la France

qu'une

méridio-

conquête

nale des calamités

politique et qu'un changement

seulement

été en proie rarianisme.

de la religion,

lamentables

de dynastie. mais dans toute

depuis

Jamais

les âmes,

non

n'ont

de

dans notre

la catholicité, les luttes immenses

à de pareils

La papauté,

troubles

l'Église., _le dogme chrétien,

en brèche

l'édifice

entier

sont battus

par des tourbillons

d'idées

sorties

bris ranimés

temps futurs,

de tous les abîmes

du passé et de l'avenir.

Les dé-

des

des âges éteints s'entrelieurtent

avec les germes

qui s'efforcent

d'éclore

sous

des formes

multiples

et bizarres.

que,

altérées

qui ont

La science, mal comprise

conceptions

encore, de l'antiquité

arabe,

hérésies

grec-

les téméraires

du génie

les traditions

mystiques

surgissent

du magisme

failli perdre

et des

persan le christianisme

vieilles

à son origine,

pêle-mêle

cieusement

contraire,

les nouveautés

avec de nouvelles

progressives,

interprétations et avec des opinions

tradition

un asile dans la primitive

de Rome.

de l'Évangile,

qui cherchent, chrétienne

auda-

au

contre

D'une part, les sectes hétérodoxes

de l'autre

dans les écoles.

du douzième

siècle

grandissent

dans des propor- extraordinaire

tions formidables;

se déclare

moitié

part, un mouvement

Le vigoureux

avait

été brisé

de la premièie par la condamnation

essor

d'Abélard.

L'école, violemment

refoulée

de la sphère

vivante

de

la théologie

de la sphère

scepticisme

scepticisme

toucher

tion de la raison

génération

dans

une

stérile

des choses

dans

dialectique,

celle

ou,

pour mieux

avait abouti

dire,

à' un

de

des mots,

qui allait du doute académique

purement

jusqu'au pyrrhonisme

et qui, se gardant

logique bien entendu,

n'était

à la foi et aux mœurs,

en réalité,

Aussi, presque

que l'immola-

et de la philosophie.

toute cette

de docteurs,

comme nous l'atteste

un des plus distin-

gués d'entre

Les uns étaient

bras du mysticisme,

eus1, avait-elle

entrés

fini. par abandonner

dans les cloîtres,

et s'étaient

qui avait alors,

à Saint-Victor

la scolastique.

jetés

dans les

de Paris,

une

i. Jean de Salir-bury,

%<. Metalogicus,

1. I,

c. III.

[XII° siècle.]

éclatante

MYSTIQUES

école qui doit compter

ET SCEPTIQUES.

dans les fastes de l'esprit

 

3

humain

<

Les

autres

s'étaient

donnés

dicales qui florissaient

à la physique

et agrégés

à Salerne

et à Montpellier

aux

écoles

mé-

sous l'influence

de

la

science

fruits pour

juive

et

arabe2;

transformation

le progrès des connaissances

qui

humaines.

ne

fut

pas

sans

L'abdication

de la scolastique

n'est

pas

vent

être

seulement

nos

initiateurs.

en

médecine

Ils

avaient

n'est

que

pas

de longue

les

Arabes

et

les

fait,

depuis

trois

d'immenses

travaux

sur

Aristote, et la philosophie

les philosophes

arabe avait

grecs,

principalement

été portée

à son

période,

au

douzième

siècle,

par

le Cordouan

Averrhoës.

durée.

Juifs

cents

Ce

doi-

ans,

sur

plus haut

Les

Juifs

de Marseille

et

de

sur ces entrefaites,

du grec

en arabe

la plupart

ou en hébreu,

Montpellier

introduisent

en

des traités péripatéticiens

et retraduits

des langues

France,

traduits

sémi-

1_ Les

deux

hommes

On trouve

les

plus éminents

en

eux

et

toute

toutes

de cette

la puissance

école

furent

et Richard

illustres

et de

les mys-

à

à

de Saint-Victor.

mystiques

l'extase,

tères

de sa vie

dire

laquelle

qu'il

Hugues

de sentiment

faire

la vie

contre

ne fera

Dien,

vers

croire,

divine

là

des plus

anciens

qui

ne

et modernes,

immortelle, et le lancer

à tenir

ces témérités

protestation

trop

la raison

envahir.

de

levés

c'est

de la contemplation

à plonger

franchir

céleste.

la

dans

se contentent

trop,

(Hugues)

l'intellect

pas d'enseigner

mais prétendent immédiatement

de

leur

qui

veut

jamais

S'il

et,

du cœur.

l'amour

a l'homme

lui

dans

de sa personne

actuelle

n'y

ait

ils refusent

que

les conditions

Ce

n'est

raison

pas

pure,

du chanoine'

la vraie

lumière

par fermer

l'inspi-

compte

mais

est que

« L'opinion

sortir

de Saint-Victor

des ténèbres

ses oreilles

ration

confuses

aux bruits

lui envoie

de la nature.

du dehors,

va parler

les yeux

Savoir,

est

il commence

le ciel,

il attend

et croire,

qui

unit

c'est aimer.

la créature

Il aime,

voilà

toute

au Créateur;

vivre

divers

d une

action

lustiqne,

cœur

I, a ses raisons

t.

de Saint-Victor,

tères

Dégage-toi

suhlime

à la terre

de

Dieu,

donc

p.

sa sagesse;

et penser,

unique,

L'intellect

la raison

âme

comme

cette

la chaîne

agir

et connaitre,

l'action

d'aimer

du cœur

ne connaît

pas

ce ne sont

que des phénomènes de la

Philoîophie

mot

Pascal

sco-

« Le

dit Richard

en présence

des pensées

Dressons

des aigles,

des

mys-

terrestres!

l'échelle

échappons

protogus;

ibid.,

Richard

mystique

l'école

et

volonté,

le

». (Hauréau,

c'est

déjà

323).

que

si notre

le

de

« Quelle merveille, est éblouie

se trouble,

si elle

souillée

de

elle

l'est

par

ô Vierge,

prenant

notre

la poussière

fille

poussière,

et,

de Sion!

de la contemplation, dans

pour planer

Ces quelques

vol, comme

les espaces

des cieuxl

idée

De Trinitate,

langage

p. 325.

est véritablement, de tout l'illummisme

des réalistes

de la liberté, réalisme

lignes donnent

au moyen

âge,

moderne.

trouvèrent

conséquent

par

une

du grand

de tout

route

humaine,

de Chartres.

de Richard.

le prototype

le symbolisme

que

lui

et son

la négation

négation

catésorie

Il faut

bien reconnaître

de cette

chemin.

qu'une

sous

école

de la

mystiques,

et par

au bout

de la personnalité un

autre

naïvement

et

à laquelle

logique

aboutissait

sur

Les mystiques

troisième

le

modernes

n'ont

il fit

pour

pas

tous échoué

2. Jean

cet écueil.

avoue

de Salisbury

dont

partie,

passa

de l'école

acquérir

des richesses

à la cour,

». Il y gagna

« se mit

patronage

des grands

l'évêché

4

FRAKCE

FÉODA.LE.

[XII' siècle]

en latin.

Au Heu des quelques

voici

que

à pièce

lambeaux

que nous

possé-

se

tiques

dions

reconstruit

l'Occident

clopédique,

humaine

d'Aristote

du Stagirite,

pièce

étonné.

et qui

toute chose,

tous

l'oeuvre

gigantesque

et se lève de toute

sa hauteur

devant

génie ency-

La révélation

de ce prodigieux

qui a embrassé

présente

est d'un

le domaine

des principes

effet inouï.

Cette autorité

la sphère

civil

se pose

la Grèce

mais Aristote

entier de la connaissance

et des solutions

C'est comme

nouvelle

des idées,

en face

et Rome

un appel

quasi

qui

pour

réveille

l'autorité

sphère

Aristote

brèche dans la chrétienté;

se pose devant

dans

la

canon.

par la

il

les esprits.

de l'Église

dans

comme,

du droit

rentrant

des lois,

le droit

et le Digeste,

ce sont

a fait un long détour

et s'est installé

dans les chaires

avant d'entrer

a conquis l'Orient avant l'Occident,

de Baghdad, de Bokhara,

.glorieusement

qui,

ressuscite avec sa pensée

civilisations ennemies,

de telles oppositions

du Kaire et de Cordoue,

magnifique de la société

dans celles de Paris;

la ruine

immortelle

et servir

pouvoir du génie, ou il s'est manifesté, à la fois deux

séparées

par

tant de siècles après

pour conquérir

à des races

de lien

de mœurs,

de langues

et de croyances

et s'emparant

redoutable,

de l'enseignement,

de

pour beaucoup Aristote. Qu'est-ce

Aristote relevant la scolastique

là, déjà,

à l'Église,

un phénomène

si c'était

s'agit d'Aristote

et juifs, et chargé

ce serait

raisons,

donc, lorsqu'il

arabes

bien

le véritable

par les commentateurs

interprété

de la responsabilité

de livres étrangers

ajoute

à son œuvre!

Mèrismou

et dont

paraît avoir figuré

qui recom-

Cela dit tout

et juifs

arabes

presque

tous,

Ce qui se ca-

que l'on

le Pêri-physêôn

mence

sur l'esprit

transforment

Averrhoès

Parmi

de Jean

ces livres

Scott Érigènc1,

l'auteur.

à se répandre

on a oublié

tous les glossateurs

qui règne. Presque

Aristote en chef du néo-platonisme

en tête, sont des panthéistes

alexandrins.

chait sous les propositions

laume! de Champeaux,

hasardeuses,

éclate maintenant

mais obscures

de Guil-

à ciel découvert.

Ces innovations

philosophiques

sont renfermées

dans l'enceinte

la menace

des hérésies

des écoles;

constituent

est bien autrement

des sectes religieuses,

qui se

sur les masses,

en religions organisées,

immédiate.

et qui agissent

i. T. notre t. II,f p. 470.

[XII- siècle.]

TRADUCTIONS

D'ARISTOTE.

Le mouvement

débats,

dans

lés

hétérodoxe

temps

du douzième

entre

modernes,

siècle

a causé

les théologiens

de

vifs

catho-

liques

évangélique,

signalé

et protestants

mère

le manichéisme

comme

se coudoyaient

ces derniers

celle

y ont

vu

surtout

siècle;

les

côtés;

une reforme

autres

de

du seizième

y ont

ce chaos

(Beau-

on a raison

des deux

dans

religieux,

sobre),

Un historien

ennemi

l'a reconnu

l'historien

du manichéisme

et

les aïeux

de Vaux-Ccrnai,

la séparation

leshéritiers

distingue

de Manès

moine

de Luther.

 

furieux

des

héré-

contemporain,

Pierre,

de l'hérésie,

nettement

tiques

des Albigeois

en deux

y avait

encore

certain

Valdvs

sectes principales

ou manichéens,

après

Pierre

avoir exposé

de Vaux-Cernai

d'autres

hérétiques

appelés

vaudois,

les croyances

ajoute

« II

du

nom

d'un

(Vaud

ou Yaldo)

de Lyon

ceux-ci

étaient

mauvais,

mais

avec

bien

nous

moins

mauvais

erreur

que

de choses,

les

et

autres;

car

ils s'accordaient

que

sur

en

manière

en beaucoup

Leur

ne différaient

principalement

sandales

permis

que

portât

en

quel-

quatre

des

ques-unes.

points

apôtres;

jurer

consistait

en

qu'ils

ce

qu'ils

portaient

 

disaient

qu'il

n'était

 

et

en

cela

surtout

au besoin,

pourvu

 

de

la main

tuer,

les ordres

qu'il

Ces sandales,

des

à la

aucune

de

façon

d'entre

et sans

le corps

auteurs,

ou de

le premier

venu

eux pouvait

avoir

de Jésus-Christ».

des sandales,

consacrer

quelques

reçu

de l'évèque,

qui,

suivant

n'étaient

autre

vreté

volontaire

chose

qu'ils

que

des sabots,

s'imposaient,

étaient

et

leur

le signe

avaient

de la

pau-

le nom

valu

iïensabottes

( insabattati)

sité^

l'intervention

du

tien

ils

était

prêtre

à leurs

ne reconnaissaient

ou pauvres

prêtre

entre

de Lyon

le fidèle

ils niaient

et Dieu;

la néces-

chré-

tout

yeux;

de

règle,

les femmes

mêmes

dans

l'interprétation

prêchaient,

des

livres

et

saints,

tement

que

que l'inspiration

commun

chacun

individuelle

commentait

les principaux

de la secte

traduisaient

sanctionnée

par

le consen-

et expliquait

en langue

les Écritures,

vulgaire

et

propageaient

testation

avec

se soit

une

élevée

ardeur

extrême.

C'est

la première

du

moyen

pro-

qui

dans

le christianisme

âge

indirects, toutefois, comme l'a démontré M. Schmidt dans sa savante

1. Héritiers

Histoire des Cathares

former à l'usage, était, à proprement sur divers points,

nu

Âlbiijeois.yous

les appelons manichéens

pour nous con- mais le cathurisme

qui attribue

dire,

une

ce nom a tous les dualistes;

nouvelle secte dualiste,

et'ses dogmes différaient

de ceux de Jlanès.

5

6

contre la séparation

FRANCE FEODALE.

des fidèles

en deux classes,

 

[XIIe siècle.]

l'une

faite pour

commander

et enseigner,

l'autre

pour

obéir et croire.

L'idéal

des

pauvres de Lyon est l'égalité et sociale, une communauté

sans nobles

dogme fondamental

réaliser

absolue,

l'égalité religieuse,

du Saint-Esprit

politique

une société sans prêtres,

universelle,

La venue

et sans

riches.

est leur

va

le Paraclet,

les simples,

se perd.

annoncé

par

par Jésus-Christ,

sur la terre

profonde

par

les conséquences

d'Âbélard

de l'Évangile.

C'est ainsi

est traduite

facilement

l'idée

sur

le Saint-Esprit

les opprimés,

que

par les pauvres,

enclins à opposer, aux individualités

où toute individualité

dévorantes,

des rèvos d'unité

Les pauvres de Lyon, qui ont leur

foyer dans ce berceau

illustre

du christianisme

de l'égalité doivent toujours couver ensemble,

partout,

Italie

nommerons

manichéisme,

tyr Arnaldo

et de passivité

pas la propriété

d'Église. Pierre de Yaux-Gemai

faisant

gaulois, où l'exaltation

dans le nord,

religieuse et l'exaltation

ont des ramifications

en

de

Flandre,

dans

le midi,

sur le Rhin, des formes

pour

en

nous

du

'.Néanmoins,

ils ne sont qu'une

des pauvres

les laïques;

ce que

la distinguer

chrétienne,

étrangère. de Brescia n'admettent

la protestation cette invasion

absolue

chez

Les sectateurs

du mar-

pas les principes

de Lyon,

d'humilité

et ne condamnent

ils n'attaquent

que les biens

d'ailleurs

en

dit Valdo,

paraît s'être

du nom

trompé

de Pierre,

dériver

le nom de vaudois

fondateur

signifier les gens àesvatix,

qu'il

et du Dauphiné,

des pauvres

de Lyon. Le nom

des vallées,

Alpes,

de vaudois

[vaudès ) -paraît et l'on ne peut guère douter

sur les confins

du Piémont

qui conservaient,

de

de

est cer-

n'y ait eu dans les hautes

des groupes de populations

des traditions

temps

immémorial,

celles

qui

et des mœurs bien différentes

Ce qui

avaient prévalu

dans l'église romaine.

tain,

riode du douzième

c'est que Valdo n'a prêché

siècle,

à Lyon que dans

pé- des hautes vallées

la dernière

3t que les habitants

alpestres,

dès les premières

«souillés

d'une hérésie

années

de ce siècle,

passaient

invétérée2.» Nous

avons,

de la

pour

même

1. Les

hegghards

de Flandre

(begrhin,

prier),

très nombreux

parmides

artisans

des grandes

pauvres

villes industrielles, chez les tisserands surtout, se

rapprochaient des

de Lyon, avec moins de douceur et de résignation toutefois.

2.

Ce sont

les termes

de la Chronique

de Sainl-Tron,

écrite

de

1108

il

1136.

[XII" siècle.]

PAUVRES

DE LYON.

VAUDOIS.

7

vaudoises,

écrites

époque,

dialecte lyonnais, semblablement

de Turin

ment protesté

pratiques

des poésies religieuses

mais

non

dans

le

dans le dialecte

des Alpes.

On peut vrai-

à Claude

faire remonter

les vaudois

tout au moins

cet évoque

romaines.

qui, au neuvième

siècle, avait si énergique-

et contre

d'autres

l'au-

contre l'adoration

Les vaudois

des images

des Alpes,

tout en prêchant

mône

et le mépris

des richesses,

ne prétendent

pas, comme

les

pauvres de Lyon, renouveler

qu'ont siasme de la fraternité

l'essai de cette communauté

chrétiens

absolue

rêvée

un moment

les premiers

dans l'enthou-

pas le renou-

évangélique.

Ils n'annoncent

vellement du monde

par le Saint-Esprit.

Ils ont des prêtres

qu'ils

appellent

fidèles, et auxquels

Ces prêtres s'imposent

vent la confession, mais comme acte d'humilité

conseil,

barbas (oncles), mais aussi rapprochés

que possible

et recherche

des

le célibat est plutôt recommandé

les mains

les uns aux autres.

en vertu

qu'imposé.

Ils conser-

de

surhu-

tout en

non comme absolution

le salut

essentiellement Leurs tendances

conseille

d'un pouvoir

main a. Ils enseignent

recommandant

libre arbitre.

disent-ils,

tence

cité

gratuit

les œuvres et eu reconnaissant

par Jésus-Christ,

le

loi,

sont ascétiques

« La nouvelle

garder virginité

monuments

». Et ils prêchent sont d'une extrême

la péni-

simpli-

et le jeûne.

Leurs

une théologie purement

historique,

point de métaphysique,

En

comme

1096,

un

le pape

Urbain

II avait,

dans

une

bulle,

signalé

près

vrai

la

vallis"

Gyronlana

de leurs

un éner-

foyer 1. La Nobla

religieux,

tablean

qui

d'hérésie.

Leyczon

écrits

(la Noble

en vers

été

Leçon),

le plus

en lignes

monts,

important

à peu

sans

qui

nous

reste

fait

livres

gique

sérieuse,

ou plutôt

in aniculo

moins

rimées,

repentir

de ces absolutions

avaient

non

ni réparation

vivement

dénoncées

par Abélard.

Si el

a cent

livras

Lo prever

lo quitta

« S'il

Le prêtre

Quand

Et lui

Mais

a cent

livres

le tient

il lui

donne

fait

il sera

entendre

trompé

le lui

Et celui

qui

Tous les papes

Et tous

Tous ceux-là

Qu'ils

Dieu

les cardinaux

puissent

de l'autruy

per

cent

sout

du

bien

d'autrui

quitte

pour

cent

plus,

lui

fait