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Carte mère Asus P3-C 2000

Constructeur : Asusteck
Prix : 1400 Frs
Date du Test : Janvier 2000

Introduction
Caractéristiques
Installation
Overclocking
Performances
Conclusion

Introduction

Les constructeurs de cartes mères, dont Asus est un des leader, se trouvent prisonniers des
choix technologiques d’Intel. En effet à la fin de l’année 1999 le chipset i820 (Camino) était
enfin disponible en remplacement du bon vieux chipset BX. Cependant dans le même temps
ce qui faisait l’intérêt du Camino devient progressivement caduque : la mémoire Rambus
(RDRAM) cadencée à 800 Mhz est peu disponible en ce début d’année 2000 et à des prix 5
fois supérieurs à celui de la SDRAM réservant cette mémoire à un marché de « niche »
comme celui des stations serveurs. L’utilisation de l’AGP 4 X caractéristique intéressante
pour le joueur perd un peu de son intérêt tant les cartes actuelles embarquent de mémoire
vidéo (32 et bientôt 64 Mo) et la migration initiée par nvidia se fait vers les processeurs
graphiques (GPU).
Ainsi Asus commercialise coup sur coup cette P3C-2000 utilisant la SDRAM et la P3C-E qui
elle gère la Rambus (et la SDRAM via un adaptateur.

Faire une carte à base d’i820 pour de la SDRAM est un challenge qui ne fait pas peur aux
ingénieurs d’Asus. Reste à savoir si les performances seront au rendez-vous.

Caractéristiques

Processeur
Support du Pentium III (100 et 133 Mhz) en cartouche SECC II jusqu’à 1064 Mhz (8X133
Mhz).
Support du Pentium II en cartouche SECC
Support du Celeron 100 Mhz en cartouche SEPP ; il est à remarquer (à moins d’overclocker)
les Celerons 66 Mhz ne sont pas compatibles.

Chipset
Intel i820 support de l’AGP 4X (compatibilité 1X et 2X).
Front Side Bus (FSB) 100 et 133 Mhz.
Support de l’UDMA 66 (deux connecteurs supportant 4 périphériques IDE sur deux canaux).
Compatibilité descendante UDMA 66, PIO 3 et 4 et Bus Master IDE.
Support de l’ACPI avancé pour Windows 98

Mémoire
Support de la mémoire SDRAM PC 100 Mhz ; quatre sockets permettent de connecter quatre
barrettes simple face (tous les composants étant sur la même face) ou deux barrettes double
face (les plus habituelles). Les barrettes étant de 64, 128, 256 et 512 Mo le chipset prend en
charge jusqu’à 1 Go.

Bios
Le Bios Award 6.0 en mode « Jumper Free » (position par défaut) permet de configurer le
multiplicateur et surtout le FSB de 100 à 180 Mhz par paliers de 2 à 3 Mhz. Il permet de
régler en outre différents voltages. Il vous permet enfin d’attribuer vos IRQ aux ports PCI en
cas de conflit.

Fonctions entrée/sortie (I/O)


Deux canaux Bus Master IDE prenant en charge jusqu’à quatre périphériques UDMA 33/66.
Il est à remarquer qu’il vous faut un câble spécial 80 fils et 40 broches pour raccorder en
mode UDAM 66 un disque dur compatible.
Connecteur lecteur de disquette.
Cinq ports PCI et un port ISA ( attention il existe des versions 4 PCI et 2 ISA).
Deux ports série UART2 ; un port parallèle avec compatibilité EPP et ECP.
Deux connecteurs USB
Connecteurs PS1 clavier et souris.
Couleur des connecteurs aux normes PC99.

Divers
Un connecteur AGP, plus long que l’AGP et nommé AGP Pro car ajoutant une alimentation
supplémentaire aux cartes graphiques professionnelles.
Monitoring matériel grâce au Bios d’une part et d’autre part au logiciel Asus Probe permettant
de surveiller en permanence et dans le Windows, les températures de la carte mère, du
processeur, les tensions de la carte et du core ainsi que le fonctionnement des ventilateurs.
Une diode placée sur la carte témoigne de l’alimentation de la carte ce qui évitera toute
manipulation hasardeuse.
Un port AMR permettant d’y connecter des périphériques AMR comme un modem ou une
carte audio (solutions à déconseiller).
Port infrarouge IrDA pour dispositif optionnel.
Fonction « Suspend to Ram » ce qui permet un redémarrage rapide alors que le PC est en
position économie d’énergie.
Répondant aux normes PC 99 cette carte est « Plug and Play »
Enfin il existe un ensemble d’interrupteurs pour modifier le FSB (pour ceux qui préfèrent
cette solution à la configuration via le Bios).
Mesure de la température processeur grâce à la diode thermique présente dans les Pentium III,
les PII Deschutes ou les Celerons PPGA370 ; mesure de la température de la carte mère.
Format de la carte : ATX 24.1 X 30 cm

Installation
Découvrons ce que contient cette belle boite bleue qui se veut la référence Asus des cartes
mères de l’an 2000.
Outre la carte mère dans son emballage antistatique vous posséderez un jeu de câbles (IDE,
FDD), quelques jumpers, un manuel excessivement clair (en anglais) et un CD-Rom.
Ce CD-Rom contient entre autre le « PC Probe monitoring » c’est à dire le programme qui se
charge au démarrage de Windows et affiche de façon claire vos paramètres matériels
(températures carte, processeur, vitesse des ventilos…).
Un programme vous permet de rechercher s’il existe une mise à jour du Bios sur les serveurs
FTP d’Asus.
Moins intéressant, le médiocre antivirus PC-cillin 98.
La carte mère elle même étonne par sa taille largement supérieure aux dernières cartes mères
de chez Asus (P2B et P3B). Cependant celle-ci rentre sans trop de difficulté dans un boîtier
ATX. Son installation me semble particulièrement facile ne nécessitant que 20 minutes
(échange d’une carte par la P3 C-2000).

Regardons plus en détail cette carte :

Le régulateur de voltage répondant aux spécifications VRM 8.4 permet d’alimenter une
grande variété de processeurs dont bien sur le Coppermine et ses 1,6v.
Comme précisé dans les spécifications de l’i820, le système ne supporte pas une fréquence
système bus (FSB) de 66 Mhz. En d’autres mots la P3 C-2000 ne permet l’installation que des
Pentium II avec un FSB de 100 Mhz (il en est de même pour les Celerons) ou des Pentium III.
Le socket supportant le processeur est de type Slot 1. Il vous faudra un adaptateur pour fixer
les processeurs sur socket 370 ou FC-PGA (Asus en prévoit un en option).
Le port AGP outre le support de l’AGP 4X/2X/1X est de plus grande longueur que les ports
habituels. En effet nommé AGP pro il apporte des tensions supplémentaires de 3,3v et 12v
(jusqu’à concurrence d’une puissance de 110 W) destinées à alimenter les gourmandes cartes
vidéos professionnelles en cour de développement.

Grâce au Memory Translator Hub ( MTH 82805 AA) le système peut utiliser de la mémoire
SDRAM PC 100 mais n’amène aucun bénéfice avec de la PC 133 Mhz. Cela tire
indéniablement les prouesses de l’i820 vers le bas (comparées à celles du BX).
Ce MTH convertit les données de la SDRAM (64 bits) pour les rendre compatibles avec le
canal Rambus (16 bits) du chipset i820. L’installation de la mémoire a ses contraintes et au-
delà d‘une barrette il vous faut réfléchir à comment installer la seconde. ( bien que dotée
de 4 ports DIMM vous ne pourrez installer que deux barrettes SDRAM double face).

Certains testeurs ont remarqué une instabilité avec les cartes graphiques GeForce 256 de
Creative et ont résolu le problème en augmentant via le bios le voltage du MTH et MCH.
Sans aucune modification, l’Asus GeForce 256 « V6600 de Luxe » est parfaitement stable.
Comme précisé dans les caractéristiques, il existe un bloc d’interrupteurs pour régler la
fréquence du bus. Cette option matérielle est à mon sens parfaitement redondante et peu
commode si on la compare à la configuration via le Bios.
Il n’existe pas de jumper pour effacer le Bios. Deux points de soudure existent à sa place.
Bien sur cela n’est pas commode d’effacer les instructions du setup mais au moins vous ne le
ferrez pas accidentellement.
La carte est livrée en mode « Jumper Free » vous permettant de la configurer via son Bios
Award 6.0 ; vous réglerez la tension du Core du processeur, le FSB et vous pourrez attribuez
des IRQ aux ports PCI.

Overclocking

Asus vise avec cette carte, comme avec les précédents produits, d’intéresser les utilisateurs
« ordinaires » et les « overclockeurs ».
Pour ces derniers le menu est en apparence attirant mais les assiettes un peu vide (style
nouvelle cuisine).
Vous pourrez agir sur trois paramètres :

* la fréquence du bus
* le multiplicateur du FSB
* la tension du core processeur

Il est proposé 30 valeurs de fréquence entre 100 et 180 Mhz par paliers de 2 à 3 Mhz (l’Abit
BE6 –II offre une croissance continue par Mhz). En fait, en pratique, du fait d’un diviseur de
fréquence PCI non réglable, beaucoup de ces fréquences ne sont pas utilisables car le bus PCI
répond à des spécifications bien précises et si vous vous en éloignez trop vous obtiendrez un
écran noir au démarrage.
Une limite importante est apportée par le MTH (permettant le support de la SDRAM) la
SDRAM étant prise en compte au ¾ de la fréquence du FSB au delà de 133 Mhz. Il est donc
parfaitement inutile d’utiliser de la mémoire PC 133. Le gain serait nul.
Le multiplicateur du FSB est réglable entre 2X et 8X ce qui en pratique n’a aucun intérêt pour
l’overclockeur du fait du caractère bloqué du multiplicateur avec la plupart des processeurs
récents.
L’augmentation de la tension d’alimentation du core du processeur est un élément ajoutant
très souvent de la stabilité au processeur overclocké. L’accroissement se fait par palier de
0.05v et jusqu’à un maximum de 0.4v de surplus.
Grâce à un jumper sur la carte vous pouvez augmenter la tension délivrée au chipset, à la
mémoire et à l’AGP. Il en est de même du voltage du MTH et du MCH.
Ne vous inquiétez pas si votre système refuse d’accepter vos nouveaux réglages, vous n’aurez
pas besoin d’effacer votre CMOS car le système redémarrera avec les paramètres par défaut.

Performances

Incontestablement le principal gain notable de cette carte par rapport à une carte BX est le
raccourcissement du temps de boot. Ceci est observable à l’œil nu !
Disposant au préalable d’un système architecturé sur une carte mère P3B-F d’Asus (chipset
BX) avec un Pentium III 450 overclocké à 600 Mhz, de la SDRAM PC 133 (128 mo) et une
carte graphique GeForce 256 d’Asus (V 6600 De Luxe) celui-ci plantait Windows 98 SE de
temps en temps. Plusieurs jours d’emploi intensif ne se sont accompagné d’aucun arrêt
intempestif. Donc mon système a gagné en stabilité.

Remarque importante: avec une carte graphique de type GeForce je vous conseille de placer
le jumper "voltage in/out" Jp5 dans la position "Test" ainsi que les Jp 2702 et Jp3 en position
"Test" sinon l'AGP ne sera pas assez alimenté et la carte crashera dans certains jeux.

Concernant les performances par contre le résultat est décevant : Norton Utilities note un
accroissement de 2 %.
Winstone 99 comparant la P3B-F à la P3C – 2000 indique des performances identiques. Il en
est de même avec Quake 2.

Conclusion

Les prometteuses caractéristiques du chipset i820 semblent mal employées par cette carte qui
cherche à marier le Camino et la mémoire SDRAM. Cette carte m’a semblé parfaitement
stable mais limitée dans ses potentialités d’overclocking.

Pour :
Support du FSB 133 Mhz des processeurs Coppermine
L’AGP 4X
La stabilité du système
Le temps de boot plus court.

Contre :
Sa taille excessive.
L’absence de gain lors de l’utilisation de mémoire PC 133.
La non prise en charge des processeurs avec un FSB de 66 Mhz.