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la référence photographique au canada News VOLUME 21, NO. 2 · ÉtÉ 2012 · $
la référence photographique au canada
News
VOLUME 21, NO. 2 · ÉtÉ 2012 · $ 6.98
ExEmplairE
gratuit
KRISTIAN BOGNER
Perspectives
CHRISTIAN AUTOTTE
Techniques Macro
DR. WAYNE LYNCH
L'œil du voyageur
LUC VILLENEUVE
Requins blancs en vue!
RAW c. JPEG
PLUS
MICHEL ROY
SPÉCIAL :
Feux d'artifice
Nouveauté 2012
Photo : KristianBogner
When style meets substance.
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X100 X-S1 X10
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SERIES

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Building on the admiration for the renowned X100, the highly anticipated X-Pro1 combines retro chic flair with Fujifilm’s trademark award-winning imaging technology. This mirrorless digital camera system boasts a fully interchangeable X-mount lens system and a large APS-C size X-Trans CMOS Sensor. The X-Pro1 offers the perfect combination of long-lasting style and revolutionary technology.

size X-Trans CMOS Sensor. The X-Pro1 offers the perfect combination of long-lasting style and revolutionary technology.

Portfolio

P ortfolio par Kristian Bogner V i s i o n créative La photographie est une

par Kristian Bogner

P ortfolio par Kristian Bogner V i s i o n créative La photographie est une
P ortfolio par Kristian Bogner V i s i o n créative La photographie est une

Vision créative

La photographie est une forme d’art incroyable du fait qu’elle nous permet de geler et de capturer l’e-motion (Énergie en Mouvance) du moment, et de la partager avec d’autres. C’est pourquoi lorsque nous regardons une photo, nous sommes é-mus par elle… elle renferme une énergie ! Je trouve que mes meilleures images sont celles qui renferment la meilleure histoire ou le plus d’énergie en elles. Cela m’a amené à croire que la qualité d’une image est égale à la co-création de notre énergie au moment où nous appuyons sur le déclencheur, l’énergie autour de nous que nous enregistrons et nos capa- cités techniques en photographie à ce moment. Avez-vous déjà remarqué que plus vous voulez faire une image, meilleur est le résultat ? Le gros point est le Pourquoi, le plus petit est le Comment. Quel est le motif derrière votre photo ? Est-ce pour partager ce coucher de soleil avec un être cher, ou pour capturer le moment où votre équipe compte le but gagnant ? J’ai photographié les Olympiques

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d’hiver et j’ai remarqué qu’en général, lorsqu’il s’agissait d’un athlète canadien, mes images d’eux étaient meilleures que celles des compétiteurs parce qu’il était plus important pour moi de cap- turer nos athlètes – et c’était vrai. Je pense que notre manière de voir les choses en photographie est aussi importante que les connaissances tech- niques que nous possédons pour atteindre l’ex- cellence à tous les niveaux. En tant que photographe professionnel, je suis constamment confronté à des défis photogra- phiques. Lorsque des problèmes se présentent, je change ma perspective et je visualise littéralement de monter mon « redoutable objectif » sur mon appareil. Avec cette nouvelle façon de voir, j’ouvre la voie aux autres possibilités qui s’offrent à moi à ce moment. Lors d’une journée nuageuse ou sous faible lumière, je peux changer mes réglages RAW à Noir et Blanc et vérifier mes réglages de contrôle pour augmenter le contraste. Ou je peux

essayer un objectif ou une longueur focale que je n’utiliserais pas normalement pour le sujet que je photographie, ou utiliser un objectif macro pour découvrir un nouveau monde de possibilités. Pour moi, ces défis signifient toujours une opportunité

d’étendre ma boîte à outils photographique et d’es- sayer quelque chose de nouveau.

Se familiariser avec l’appareil

Je suis constamment en train d’ajuster, d’expé- rimenter ou de « jouer » avec les réglages de mon appareil numérique. J’utilise tout le temps Contrôle d’image sur mon Nikon. C’est un bon outil pour ajuster la saturation et la netteté directe- ment dans votre fichier RAW, ce qui prévient des heures de retouche plus tard. Sur les nouveaux appareils D800 et D4, Nikon a donné à cette caractéristique son propre bouton parce qu’elle est tellement pratique. J’utilise souvent l’équi- libre des blancs comme « filtre sur l’objectif". Pour

l’image romantique d’un fort à Rajasthan, Inde, j’ai créé une douce chaleur en réglant la balance des blancs de l’appareil à « Nuageux » au lieu de « Lumière du jour ». Si vous voulez accentuer davantage la chaleur, utilisez « Ombre » comme

réglage. Vous pouvez utiliser cette technique pour obtenir des levers ou couchers de soleil vraiment chauds, ou refroidir la température des couleurs en utilisant les réglages « Tungstène » ou autres réglages personnalisés. Si vous photographiez au format RAW, vous pouvez toujours changer ces réglages après la prise de vue – ce qui vous per- met d’expérimenter sans crainte. Lorsque je photographie quelque chose, peu importe le sujet, je prends un instant et je « »connecte » avec lui, que le sujet soit un pay- sage montagneux ou un mannequin. Puis, je me demande ce que je ressens et ce que je veux que les autres ressentent en voyant cette image. J’utilise cette connexion comme une boussole qui

▲ Le Stūpa de la paix sous les étoiles Photo © Kristian Bogner

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Portfolio

m’indique comment éclairer et photographier le sujet. Et au besoin, j’aime aussi approfondir cette connexion en donnant le feedback du sujet, en lui donnant davantage l’occasion de partager dans un esprit de co-création. Avec le numérique, il est si facile de montrer au sujet l’écran de votre appareil et de l’inclure dans le processus photographique. Dans l’image d’un Brahman fumant sa cigarette, j’ai vu cette incroyable étude avec ce merveilleux contraste des couleurs et la fumée rétroéclairée. Il

fallait que je fasse quelques photos. Il hésitait à se faire photographier, mais j’ai volé une photo quand même et je lui ai montrée. Cela a créé un pont entre nous et lui a permis d’être inclus dans la création. Lorsqu’il a vu que je l’avais honoré avec l’image, il

a joyeusement posé pour moi jusqu’à ce que j’aie toutes les photos que je voulais.

Étendez vos horizons

Je suis récemment parti en expédition photo- graphique avec un Général de division indien

à Ladakh, Inde, un désert en haute altitude et

le lieu de naissance du Bouddhisme. L’une de mes images favorites de ce périple s’appelle

« Buddhists Gateway » ou entrée des Bouddhistes

qui présente une entrée colorée en plongée du Monastère Thiksey. Nous étions là pour photo- graphier les moines faisant leurs prières mati- nales, mais nous étions en retard. Après avoir gravi à la course quelques centaines de marches en haute altitude en transportant un sac rem- pli de matériel, il aurait été facile de manquer cette porte. Même si nous étions là pour pho- tographier les prières, prendre conscience de l’environnement m’a permis de faire cette image.

Il arrive, parfois, que l’on soit trop absorbé sur une chose et que l’on manque des opportunités encore plus intéressantes. Lorsque nous voyageons ou expérimentons un nouvel endroit, nos sens sont aux aguêts et c’est une bonne façon de s’exercer à étendre ses perspectives. Cela peut signifier une expédition dans un village éloigné de l’autre côté du monde ou une simple randonnée à 20 minutes de votre domicile. Je prends parfois des photos d’une auto en déplacement. Cela peut vraiment changer votre perspective. Je trouve qu’il y a toujours une récompense

à suivre son cœur, peu importe l’adversité. J’ai récemment gagné le prix Photographe commer- cial de l’année au Canada pour une troisième fois

et « Peace St upa by Starlight » (St upa de la paix

à la lueur des étoiles) était l’une de mes images gagnantes. Elle a été prise lors de ma dernière

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70 | PHOTONews

nuit à Leh, Ladakh et c’était, comme par hasard,

soir de pleine lune. Nous nous étions levés tôt le matin, mais j’avais imaginé cette photo et je vou-

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lais monter jusqu’au St upa de la paix et le pho- tographier le soir. On m’a fortement déconseillé de le faire parce que dangereux, mais j’y suis allé quand même. J’ai eu une expérience incroyable seul là-haut et j’ai pris le temps d’absorber la beauté et la spiritualité avant d’essayer d’en cap- turer l’essence. J’ai décidé d’utiliser mon nouvel objectif Nikon 24 mm f/1, 4 lumineux super net et j’ai sorti ma lampe frontale pour peindre avec la lumière. J’avais mon appareil sur un trépied et j’ai exposé pendant 30 secondes. La lumière de la pleine lune s’est ajoutée en beauté et est venue adoucir les sources de lumière artificielles pen- dant que je courais autour et que j’éclairais le St - upa avec ma lampe frontale. Pour éviter tout bougé de l’appareil pendant la durée de l’exposi- tion, je réglais en mode Retardateur ou j’utilisais un déclencheur souple. Lorsque je peins avec la lumière, je règle souvent mon flash SB-900 à manuel, pleine puissance et je le déclenche plu- sieurs fois pendant l’exposition. Il est possible de varier l’angle et la direction de ces éclairs et c’est une excellente source de lumière.

Cross-training photographique

Photographier les sports, que ce soit les Olympiques ou la partie de soccer de vos jeunes, est une bonne façon de s’exercer à capturer le point fort, le moment ultime. Si vous photographiez principalement des sujets comme les mariages ou les paysages, essayez quelque chose de différent – sortez et utilisez ces réflexes photographiques que vous n’utilisez pas en temps normal. J’appelle ça du « cross-training photographique". Ça n’a pas à être des sports, mais choisissez quelque chose qui vous passionne et que vous connaissez – un autre hobby peut-être. Avec les possibilités qu’offrent les hautes sensibilités ISO des nouveaux appareils numériques, photographier les sports n’a jamais été aussi facile ou excitant. Le truc pour de belles photos de sports est de savoir quelle vitesse d’ob- turation vous avez besoin pour geler l’action. Je vous suggère de commencer à 1/2000 s, visionner votre image, zoomer pour vérifier le focus et tout mouvement dans l’image et ajuster les réglages à partir de là. J’ai eu le plaisir de faire la photo du véliplanchiste sortant de l’eau à f/5,6 et 1/8000 s, 800 ISO. Je me suis concentré sur la composition

tout en gardant la ligne d’horizon en tête, et j’ai fait confiance à l’autofocus anticipé pour réaliser une séquence d’images au piqué irréprochable

et j’ai fait confiance à l’autofocus anticipé pour réaliser une séquence d’images au piqué irréprochable

 Chauds rayons sur les sommets « Three Sisters » Nikon D3X AF-S Nikkor 24-70 mm f/2,8ED réglé à 26 mm, f/10 à 1/125 s, 250 ISO. Photo © Kristian Bogner

Bio

– mon obturateur en titanium fonctionnait à 10 images/s sur mon D4. Capturer l’action rapide peut être exaltant ! La possibilité de recourir à de hautes sensibi- lités ISO représente un précieux outil pour tout genre de photographie. Celles-ci permettent non seulement de photographier plus vite, mais aussi de contrôler la lumière comme on ne pouvait le faire auparavant. À 1000 ISO, une lampe de poche ou le flash de votre appareil devient 10 fois plus puissant qu’il ne l’était à 100 ISO. On peut donc avoir plus de plaisir avec un éclairage mixte. J’étais récemment à Maui pour tester le nouveau Nikon D4 qui est doté de grandes capacités au niveau des hautes sensibilités ISO. Après avoir découvert que je pouvais obtenir de bons résultats à 12 800 ISO, j’ai fait une série d’images avec le volcan Haleakala à l’avant-plan. Pendant l’exposition, quelqu’un a allumé ses feux de stationnement et éclairé magi- quement en rouge brillant la larve dans cette expo- sition de 10 secondes. Ces feux de stationnement à 12 800 ISO sont devenus une puissante source de lumière. L’image démontre bien les possibilités et comment elles peuvent affecter votre perspective photographique.

Photographier avec le flash est une autre bonne façon de geler l’action. Dans cette image, l’eau est gelée par un seul flash SB-900 placé sur support avec une boîte à lumière pour adoucir l’éclair du flash. Vous pourriez aussi enrouler votre flash dans du plastique à bulle ou diriger l’éclair vers une carte blanche ou un mur. Rappelez-vous que vous pouvez augmenter la puissance de votre flash en augmentant la sensibilité ISO. J’ai utilisé le nouveau système autofocus du Nikon D4 dans l’obscurité presque complète. Cependant, si vous avez des problèmes à faire la mise au point en faible lumière ou la nuit, passez en mode manuel et réglez l’échelle de distance sur l’objectif selon votre estimation de la distance du sujet. Enfin, amusez-vous. Essayez de changer votre perspective pour vous rappeler de votre vision des choses à 6 ans. Comment aborderiez-vous cette photo avec les yeux et le cœur d’un enfant sans res- trictions artistiques? Que vous soyez photographe professionnel ou amateur, abandonnez-vous au plaisir de la photographie, éprouvez la sensation de créer une image d’une nouvelle perspective, de la partager avec d’autres et de les inspirer peut-être à faire de même.

Kristian Bogner est un photographe professionnel de classe mondiale, un ambassadeur et conférencier Nikon. Son credo est centré sur la positivité, la passion et la volonté de pousser son expertise technique en photographie à l'extrême. Gagnant de plusieurs prix, Kristian a été sacré Photographe commercial de l'année au Canada par le PPOC (Association des photo- graphes professionnels du Canada) pour une troisième fois. Il a aussi reçu le titre de Photographe de l'année 2011-2012 de l'assocciation P.P.O.C.-Alberta pour une quatrième fois. Il a également remporté plusieurs prix internationaux pour son travail qui l'amène dans tous les coins de la planète. Les récentes expéditions photographiqiues de Kristian ont été dans les régions de Ladakh et de Rajasthan, Inde, où il a capturé de magnifiques images des tribus, moines, nomades, paysages mounta- gneux, palais, cultures anciennes et plus. Le travail et le talent de Kristian sont aussi variés que les Olympiques et les sports extrêmes d'un côté et la mode de l'autre, de l'architecture haut de gamme, à la photographie aérienne et de nature et autres assignations qui peuvent lui être proposées. Kristian a créé une nouvelle présence web via son blogue photo à kristianbogner.com et il est maintenant possible d'acheter ses images en ligne au Kristian Bogner Photography Store à l'adresse suivante : store.kristianbogner.com.

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r AW vs .JPEG Un combat à finir ! par Luc Villeneuve Au début de

r AW vs.JPEG

Un combat à finir !

par Luc Villeneuve

Au début de l’ère numérique, les photographes avaient trois choix de format de fichiers RAW, TIFF et JPEG. Au fil du temps, les passionnés de la photographie ont sélectionné JPEG et RAW comme formats de sauvegarde de leurs clichés. Sans fin, le débat continue… RAW ou JPEG ?

Figure 1

Sans fin, le débat continue… RAW ou JPEG ? Figure 1 La photo en haut affiche
Sans fin, le débat continue… RAW ou JPEG ? Figure 1 La photo en haut affiche

La photo en haut affiche unephotocaptéeavec la mauvaise balance de blanc. J’ai accédéàl’image dansLightroom, j’ai changé la balance de blanc de fluorescentàensoleillé.

D'unseul click, descouleurs naturelles sont apparues. Quelquesclicsplustard,

j’avaiségalementres-

suscitélesdétailsdans les ombres. Temps de l’opération…uneminute!

les ombres. Temps de l’opération…uneminute! Certains photographes n’utilisent que le format RAW alors

Certains photographes n’utilisent que le format RAW alors que d’autres sont tout à fait satisfaits du rendu du JPEG. Qui détient la vérité ? Si les conditions d’éclairage sont bonnes, que vos couleurs et les détails sont bons pour chacune de vos photos, le format JPEG est une bonne ave- nue. Un fichier JPEG est beaucoup plus petit que son équivalent en RAW. Il ne demande pas néces- sairement de post-production et c’est un format universel. Une image en JPEG peut être téléchar- gée sur Facebook et en quelques minutes, des cen- taines de gens peuvent visionner votre Photo du jour. De plus, si vous avez l'habitude d’aller à votre boutique de traitement favorite et de leur confier directement votre carte-mémoire, le format JPEG est la seule avenue. J’invite les fans du format JPEG à ne pas crier victoire trop rapidement. Continuez votre lec- ture. Si, pour une raison quelconque, vous devez faire de la post-production, les résultats que vous obtiendrez avec un fichier RAW vous convaincront que ce format pourrait se révéler être l'un de vos meilleurs alliés. Vous arrive-t-il d’oublier de changer la balance de blanc de Soleil à Incandescent ?

D’obtenir des photos à dominante bleue ou jaune ? Aimeriez-vous, lors du visionnement de vos photos, changer le temps d’exposition parce que votre caméra n’a pas capté la scène comme vous l’avez vue ? Faites-vous de la photo dans des lieux peu éclairés ? Expérimentez-vous avec les Hautes lumières (high key) ? Si vous avez répondu «Oui» à l'une de ces questions, le for- mat RAW est votre seule avenue. Pour mes travaux commerciaux, j’utilise uni- quement le format RAW. Tous mes boîtiers sont configurés RAW + JPEG. Après avoir défini cette préférence, je pourrais enlever ce bouton afin d’éviter tout changement. 100% de mon travail part de fichiers RAW pour deux raisons, la flexi- bilité d’apporter des retouches et la qualité du pro- duit fini.

Du déclic à la sauvegarde

Peu importe la configuration de votre appareil photo, au déclenchement, celui-ci enregistre un fichier qui n’est pas traité (RAW). Si votre format de sauvegarde est le JPEG, votre appareil enregistrera alors votre image avec les valeurs définies dans vos préférences. Si votre préférence est le format RAW, le fichier non

Figure 2

préférence est le format RAW, le fichier non Figure 2 ▲L'image à gauche, origine d'une image
préférence est le format RAW, le fichier non Figure 2 ▲L'image à gauche, origine d'une image

▲L'image à gauche, origine d'une image surexposée en RAW, a été corrigée et sauvegardée en TIFF. L'image de droite, un JPEG à l'origine, est le résultat d'un traitement dans Lightroom 4. Dans l'image de droite, des branches ont disparu. Conclusion, même si vous possédez Aperture, Lightroom ou Photoshop, vous ne pourrez jamais faire revivre des détails qui n'ont jamais été enregistrées ou des couleurs ignorées par la compression JPEG.

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traité sera enregistré sur votre carte-mémoire avec les paramètres actifs lors de la prise de vue.

La chambre noire numérique

Le format RAW vous oblige à passer dans une chambre noire numérique. Il faut 'développer' le RAW et le convertir en TIFF ou en JPEG. Alors pourquoi utiliser le format RAW si, au final, je sauvegarde en JPEG ? L'appareil peut faire tout ça pour moi ! La raison est fort simple. Les images JPEG ou TIFF se prêtent moins bien à la retouche. Par exemple, si la balance des blancs n’est pas cor- recte, il est trop tard lorsque déjà convertie. Vous pouvez toujours utiliser Photoshop pour récupé- rer votre photo jaune et lui donner un air naturel, mais les résultats sont rarement concluants. Avec un fichier RAW, changer le type d’éclairage ou retirer une dominante de couleur se fait en deux clics, trois mouvements. Et le travail est fait avec assurance, voilà ! Avec un fichier RAW, vous avez la possibilité d’ajuster la balance des blancs, changer l’exposi- tion en plus ou en moins de 1, 2 et même 4 f/stops, modifier les tonalités et appliquer une réduction du bruit. Quand vous aurez pris l’habitude de déve- lopper vous-même vos fichiers RAW, votre pour- centage de bonnes photos augmentera. Le RAW vous permet de récupérer des détails, tant dans les ombres que dans les hautes lumières, comme nul autre format de fichiers. Lors du développement d'un fichier RAW dans votre chambre noire numérique, vous pouvez virtuellement reculer dans le temps et reprendre votre photo. Le format RAW vous offrira plus de flexibilité que tous les autres formats de fichiers. Augmentez le nombre d'images dans votre réper- toire « Bonnes photos». Sauvegardez vos photos en RAW.

Le test des détails

Observez la photo de la figure 2. Pour fins de démonstration, je suis allé prendre quelques pho- tos à contraste élevé. J’ai sciemment sous-exposé et surexposé mes photos. Je voulais démontrer la quantité de détails contenus dans un fichier RAW et comment, avec un peu de post-production, il était possible de transformer une image mal expo- sée en une image tout à fait acceptable.

Sur le net

Un panorama sphérique à haute définition est disponible sur Internet

www.360-image.com/360/pontdequebec

Pour ces photos, j'ai monté la caméra sur un trépied et j'ai utilisé un câble souple pour un déclenchement stable. Observez les détails dans les zones d’ombre. L’image du fichier RAW est plus nette. La différence est encore plus évidente avec l’image sous-exposée où j’ai tenté de récupérer les détails des ombres des fichiers RAW et JPEG. Avec l’image surexposée en JPEG, certains détails dans les hautes lumières sont perdus à jamais. Le fait que le fichier RAW offre plus de flexibi- lité est déjà une bonne raison pour apprendre à le manipuler. Au niveau de la qualité du produit fini, tous les experts s’entendent pour dire que le format RAW gagne haut la main. La principale raison de la dégradation des images sauvegardées en JPEG est la compression JPEG.

Éviter la compression JPEG ?

La compression d’image existe principalement en deux saveurs : avec perte et sans perte. Une image compressée sans perte, pourra être décompres- sée et retrouvera toutes ses couleurs ainsi que ses détails d’origine. Malheureusement, le dernier standard du format JPEG est un format avec perte. La compression d’une image détruira inévitable- ment certaines couleurs et des détails. En termes simples, la compression JPEG fonc- tionne de cette façon. Disons que vous avez dans votre ciel bleu, 32 teintes de bleu. Le format JPEG à sa qualité maximale en conservera 24 et à la qualité minimum, il n'en restera que 6. Au réglage de qua- lité minimum, la gradation douce de votre ciel dis- paraîtra et des ruptures de couleurs apparaîtront dans le ciel. Il est possible que des teintes de vert et de rouge s’introduisent dans votre ciel bleu. Observez la figure 3. Croyez-vous sincèrement qu’une image en RAW contenant 24 Mo de don- nées peut être comparée à une image JPEG qui ne fait que 0,75 Mo ? Plusieurs fabricants permettent de sauvegar- der à la fois dans les formats JPEG et RAW. Si vous êtes généralement satisfait de vos JPEG, alors le travail est terminé. Par contre, si vous croyez que vous pourriez améliorer votre image en post-pro- duction, jetez le fichier JPEG et traitez votre fichier RAW. C’est le meilleur des deux mondes. Bien évi- demment, vos cartes-mémoire se rempliront plus rapidement, mais elles sont maintenant offertes à un prix raisonnable. En conclusion logique, pour des images magni- fiques, le format RAW est une bien meilleure option. Après avoir scruté à la loupe ces quelques images du plus long pont cantilever au monde, je suis persuadé que nous serons tous d’accord, ce pont a davantage besoin d’une bonne couche de peinture que de retouches dans Photoshop!

Figure 3

couche de peinture que de retouches dans Photoshop! Figure 3 Si vous faites de multiples sauvegardes
couche de peinture que de retouches dans Photoshop! Figure 3 Si vous faites de multiples sauvegardes
couche de peinture que de retouches dans Photoshop! Figure 3 Si vous faites de multiples sauvegardes
couche de peinture que de retouches dans Photoshop! Figure 3 Si vous faites de multiples sauvegardes

Si vous faites de multiples sauvegardes en format JPEG, chaquecopievousdémontrera une dégradation lente. Si le seul format de fichiers disponible est un JPEG, sauvegardez votre image en TIFF et effectuez vos modifica- tions dans ce format.

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C ollAborAtion sPéCiAlE Feux d’artifice magiques ! par Michel Roy Avec l’arrivée des nuits chaudes

CollAborAtionsPéCiAlE

Feux d’artifice magiques !

par Michel Roy

Avec l’arrivée des nuits chaudes d’été, toutes les communautés à travers l’Amérique du Nord se réunissent pour célébrer les différentes fêtes nationales. Ce sont autant d’occasions pour moi de prendre mon appareil photo et mon trépied, quelques collations pour les enfants, et de profiter des manifestations spectaculaires de la magie pyrotechnique qui symbolisent le début de la saison estivale pour faire des images et des souvenirs fabuleux.

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Qu’il s’agisse de la Saint-Jean, de la Fête du Canada ou d’une compétition de feux

Qu’il s’agisse de la Saint-Jean, de la Fête du Canada ou d’une compétition de feux d’artifice, ce sont des moments magiques pour capturer des souvenirs qui dureront toute une vie. Les feux d’artifice sont des événements que la famille entière peut apprécier. Ils combinent divertissement à de belles occasions de créer des images incroyables. Parce que l’on préférera les longues exposi- tions, il est fortement recommandé d’utiliser un trépied et de préférence, un modèle stable. J’ai une collection de trépieds Manfrotto, mais mon Gitzo Explorer est mon arme de choix pour ce type de mission – il est solide, léger, rapide à mettre en

place, et je peux l’utiliser partout même si le terrain n’est pas plat. Avec un trépied solide, une bonne tête de tré- pied et un déclencheur à distance, vous serez bien équipé pour prendre les plus beaux feux d’artifice

mais c’est une bonne idée de pratiquer

votre technique en vous aventurant à l’extérieur pour quelques séances de photo de nuit, pour peaufiner les réglages de votre appareil et vous familiariser avec la variété d’images qui peuvent être obtenues avec divers objectifs et accessoires. Pour la photographie en longue exposition, un déclencheur à distance sans fil ou via un câble souple est la seule façon d’avoir du plaisir et du succès. L’idée est d’éliminer tout mouvement ou flou de bougé. Lorsque l’on clique directement sur l’obturateur pour des durées d’obturation qui peuvent varier de cinq secondes à une minute ou plus, votre main sur l’appareil peut transmettre des vibrations qui affecteront grandement vos photos. C’est pourquoi le secret premier de la photographie de nuit est d’avoir une configuration parfaitement immobile avec l’appareil solidement en place tout au long de l’exposition. La photographie de nuit consomme beaucoup plus d’énergie que la photo de jour. Imaginez la quantité de « de jus » requise pour maintenir l’obturateur ouvert pendant 100 déclenchements à 10 secondes chacun comparativement à 100 d’une durée de 1/100s ! Assurez-vous donc de recharger les piles de l’appareil et d’en apporter de rechange si vous en avez. Au cours d’une pré- sentation d’une demi-heure de feux d’artifice, on peut facilement réaliser de 50 à 100 images – et si l’on souhaite enregistrer des images de la meil- leure qualité possible et ainsi être en mesure de les recadrer, je recommande fortement d’appor- ter aussi plusieurs cartes-mémoire. Selon votre emplacement et la «fenêtre d’affichage» des feux d’artifice, il est bon d’avoir en main plus d’un objectif – dans la plupart des cas, le champ de vision du spectateur est assez rapproché de l’ac- tion pour exiger un objectif grand-angle. De fait,

de l’été

idéalement on disposerait d’une plage variant de 12 mm à 300 mm, mais dans la majorité des cas, votre meilleur objectif grand-angle vous suffira. Si vous êtes maniaque comme moi et que vous aimez être à l’aise, une mini lampe de poche, une chaise pliante et une bouteille d’eau ne manque- ront pas d’ajouter à votre confort. Le photographe professionnel de feux d’arti- fice commence à travailler bien avant tout le monde. Dans sa quête du meilleur angle de vue, il communiquera avec les organisateurs de l’évé- nement pour connaître l’emplacement et la direc- tion des feux. Il saura ainsi identifier l’endroit idéal pour placer son trépied et sa chaise pendant le spectacle. Je visite souvent la région plusieurs jours avant l’événement, c’est là un élément cru- cial pour une sortie réussie. La direction du vent est aussi un élément à considérer. Les feux d’artifice génèrent de la fumée et vous ne voulez pas qu’elle incommode et per- turbe la prise de vue. Les vents soufflent générale- ment dans la même direction pendant un moment, vérifiez donc les conditions vers 22h lors des deux ou trois soirées précédant l’événement. L’un des défis de la photographie de feux d’arti- fice consiste à bien cadrer et à bien se concentrer sur les explosions. Pour obtenir une composition intéressante, j’aime bien utiliser des repères où les feux d’artifice illumineront le ciel à côté ou derrière un repère familier qui agrémentera la composition de l’image. Les monuments et les ponts sont des sujets de premier plan fort intéressants. Si vous pouvez capturer le ciel et le reflet des feux d’artifice dans un plan d’eau, votre image en sera d’autant plus forte. Avec les feux d’artifice explosant à des dizaines de mètres, la mise au point n’est pas un problème, mais il est bon de passer en mode mise au point manuelle pour empêcher l’objectif de rechercher un sujet dans un ciel noir. Réglez l’ob- jectif à l’infini et la mise au point devrait assurer des photos bien nettes. Il demeure toujours pos- sible de faire des ajustements mineurs après vos premières expositions. En général, j’utilise f/11 pour m’assurer que l’avant-plan et les feux sont au foyer. Pour des images de la plus grande qualité possible, j’utilise une sensibilité ISO de 100 ou le plus bas le réglage ISO pratique pour la séance. La clé est de trouver une combinaison sensibilité ISO/vitesse d’obtura- tion/ouverture qui vous donnera des résultats nets avec une vitesse d’obturation assez longue pour enregistrer plusieurs feux d’artifice consécutifs quand ils percent le ciel noir. Une fois que vous avez trouvé l’endroit idéal et que vous avez réglé l’appareil pour la première explosion, vous devez prendre un moment pour

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CollAborAtionsPéCiAlE

examiner la composition. Voulez-vous utiliser l’orientation paysage ou portrait ? Il n’y a pas de règles pour les photos de feux d’artifice, vous pou- vez recadrer pour obtenir un lmpact optimal et tous les feux d’artifice sont différents. Horizontal, vertical ou carré, tous les formats sont acceptables lorsque l’on photographie – votre œil artistique vous donnera la réponse exacte. Faites une petite recherche des exemples d’images de feux d’artifice percutantes, surtout si elles ont été prises au même endroit lors des événements précédents, elles gui- deront vos efforts pour la soirée.

Tour de magie !

Lorsque le crépuscule se pointe et que l’action commence, la plupart des photographes de feux d’artifice sont dans l’un des deux groupes: en mode manuel pour ceux qui sont à l’aise avec l’as- pect technique et les professionnels qui utilisent en majorité le mode ’Bulb’ de l’appareil. Chacun a sa propre approche de la photo- graphie de nuit, mais il ya deux écoles de pen- sée: configurer l’appareil pour une exposition manuelle de quelques secondes et déclencher l’ob- turateur lorsque l’on voit les feux d’artifice dans le ciel, ou bien, choisir le mode ’Bulb’ et décider soi- même de la durée d’exposition en tenant l’obtu- rateur enfoncé. D’après mon expérience, j’obtiens de meilleurs résultats avec l’obturateur réglé en position ’B’ parce que les feux d’artifice n’ont pas toujours la même intensité et que cette façon, l’on peut facilement régler la durée d’exposition sans toucher à l’appareil. Avec l’appareil en pose ’B’ et un déclencheur à distance dans la main, tout ce qu’il reste à faire est de garder le bouton enfoncé sur la télécommande pour maintenir l’exposition. Lorsque vous le relâ- chez, l’image capturée sur votre capteur couvre tout ce laps de temps. De cette façon, vous pou- vez capturer une succession de feux d’artifice sur une même image pour créer un bel effet. La par- tie la plus amusante de cette technique est qu’elle est essentiellement «freestyle». Combien de temps devez-vous maintenir l’obturateur ouvert? À vous de juger ! Peut-être 4-5 secondes, parfois 8, et quand vous arrivez à la grande finale, il y a de

fortes probabilités que le ciel soit en feu et qu’une seconde seulement suffise parce que vous ne vou- lez pas surexposer les feux qui illumineront le ciel. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise exposi- tion des feux d’artifice, seulement une gamme de paramètres qui produisent une variété d’images intéressantes. Si vous sentez qu’il y a trop d’action dans le ciel et que vous avez besoin de tenir votre déclencheur enfoncé trop longtemps pour obtenir une exposition correcte, il suffit d’augmenter la sensibilité ISO à 200 ou 400 pour réduire la durée de l’exposition. Jetez un coup d’œil à votre écran ACL après chaque photo, soyez prêt à modifier le cadrage et l’exposition et à prendre des photos jusqu’à ce que les piles rendent l’âme ! C’est le début d’une série d’aventures que vous voudrez répéter toute la vie qui est à votre portée. Soyez fier de votre maîtrise de la lumière du soir, partagez vos photos avec vos amis et téléchargez vos meilleures images sur le groupe PhotoNews flickr ® ! Gardez à l’esprit que lorsque le soleil se couche, la magie de la lumière du soir ouvre la porte à un nouveau monde de possibilités. Gardez votre appareil photo à vos côtés et profitez de l’été !

Michel Roy

Michel Roy, de Québec, est propriétaire de Digital Direct Photos & Vidéos, firme spécialisée dans une gamme complète de services photographiques et vidéo variant d’assignations spéciales corporatives à la photo de mariage. Pour une aventure visuelle, visitez le site web à www.digitaldirect.ca.

76 | PHOTONews

Portrait de Philippe Gratton E n PrAtiquE Accro de la macro par Christian Autotte J

Portrait de Philippe Gratton

EnPrAtiquE

Accro de la macro

par Christian Autotte

Jai toujours été fasciné par les menus détails du monde qui nous entoure – motifs et textures complexes d’une telle finesse qu’on ne peut les voir à l’œil nu. Mes sujets favoris existent sur une échelle qui peut être mesurée en millimètres et chaque aventure photo est une rencontre intime de type créatif.

La Macrophotographie est l’art de se rapprocher des petits sujets. Qu’il s’agisse de faire la mise au point sur de petites pièces électroniques ou le mou- vement complexe d’une montre antique, l’éventail des sujets est aussi varié qu’il y a de photographes. Un œil humain peut être le sujet, tout comme des gouttelettes, des glaçons, des photos imprimées dans un journal, tissus, bijoux, roches et cristaux. Naturellement, il existe une foule de sujets natu- rels, comme les fleurs et insectes qui n’attendent qu’à être explorés. Un zoom standard peut déjà vous donner un petit avant-goût excitant quant au détail dans les sujets rapprochés, mais il ne fait qu’égratigner la surface du monde de la macro. Pour s’aventurer plus à fond, il vous faut du matériel spécialement conçu pour cette application. La première question est quel objectif choisir pour les gros plans? Il y a plusieurs façons de faire de la macro. Pour les débutants ou ceux qui disposent d’un budget limité, il y a les tubes-allonges. Souvent confondus avec les téléconvertisseurs, ils ne sont en fait que des tubes vides à l’intérieur qui se montent entre l’objectif et l’appareil. Alors qu’un convertisseur multiplie la focale pour photogra- phier un sujet éloigné, un tube-allonge accroît simplement l’espace entre l’appareil et l’objectif, permettant ainsi de faire le focus plus près du sujet et d’augmenter ainsi le grossissement pour la macrophotographie. Le degré de grossissement obtenu avec des tubes-allonges dépend de l’objectif utilisé. Une simple formule mathématique permet de calculer le grossissement : il suffit de diviser la longueur du tube par la longueur focale de l’objectif. Un tube- allonge courant fait par Kenko mesure 68 mm de longueur. Montez un zoom 70-200 sur un tel tube et à la focale de 70mm, on obtiendra : 68/70 =

0,97, soit pratiquement la grandeur réelle, la même chose qu’un véritable objectif macro. À la focale de 200 mm, le grossissement sera réduit à 68/200 = 0,34, beaucoup moins, mais encore suffisant pour les gros papillons, libellules et plusieurs fleurs. Le terme "grossissement" dans le contexte de la macrophotographie, signifie simplement la relation entre la grandeur actuelle du sujet et son image reproduite sur film ou sur capteur. Alors, un grossissement grandeur réelle (aussi exprimé par 1 :1 et 1x) signifie qu’un sujet de 1 cm apparaîtra sur le capteur comme une image de 1 cm. Un degré de grossissement moindre, 0,34x par exemple, signifiera qu’un sujet de 5 cm générera une image de 1,7 cm de long. La taille du capteur dans l’appa- reil affectera aussi le degré de grossissement. Avec un reflex plein format, le capteur mesure 24x36 mm et ce sera la surface "grandeur réelle" couverte par votre image. Avec un capteur APS-C plus petit à environ 15,8 x 23,6 mm, cela signifie qu’un plus petit sujet pourra remplir le cadre en photogra- phiant à la même distance sujet/objectif qu’avec le reflex plein format, ce qui est un avantage pour les amateurs de macro. La meilleure façon de faire de gros plans est d’utiliser un objectif conçu expressément pour la macro. Un véritable objectif macro sera toujours à focale fixe. À quelques exceptions près, tous les véritables objectifs macro seront en mesure d’atteindre un grossissement grandeur réelle sans recourir à des accessoires; les autres exigeront un adaptateur grandeur réelle, lequel n’est rien de plus qu’un court tube-allonge. La terminologie du monde de la macro ne porte pas à confusion - une majorité de fabri- cants ajoute "macro" à la désignation de leurs objectifs pour gros-plans à l’exception de Nikon qui parle plutôt de modèles "Micro-Nikkor". Les

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EnPrAtiquE

photographes dans l’ensemble, désignent leurs objectifs comme "macro". Les objectifs Macro sont disponibles en plu-

sieurs longueurs focales, d’une courte focale 35

mm à une longue de 200 mm. Il n’existe pas de

mauvais objectif macro, peu importe la marque, ils ont tous tendance à être les objectifs les plus nets sur le marché. Les objectifs macro sont conçus pour offrir un maximum de netteté et un champ de vision plat sans distorsion. Alors, si tous les objectifs macro ont le même grossissement, pourquoi existe-il autant de lon-

gueurs focales ? La première et principale raison est évidemment la distance de travail. Comme avec

tout autre objectif, l’utilisation d’une plus longue

focale permettra au photographe d’être plus éloi-

gné du sujet, un point important lorsque l’on pho- tographie un frelon enragé ou une grenouille prête

à plonger L’autre raison derrière la diversité de focales dans les objectifs macro est plus subtile. Plus

courte est la focale, plus large est le champ de vision. Conséquemment, avec un grossissement

égal, vous verrez davantage l’arrière-plan avec une

courte focale. Pourquoi vouloir montrer le fond de scène? Pour montrer un insecte dans son envi- ronnement par exemple. L’inverse est aussi vrai.

Lorsque le ’décor’ laisse à désirer, on choisira la

plus longue focale disponible. Son champ de vision

étroit peut éliminer à peu près tout ce qui apparaît

derrière le sujet, convertissant l’arrière-plan en un

flou

de couleur. Pour démontrer mon point avec

mes

étudiants, je choisis toujours une situation

extrême. Je photographie des fleurs et des feuilles tombées avec mon objectif grand-angle pour mon-

trer le sujet et l’arrière-plan en détail. Puis, je fais le contraire en ajoutant un jeu de tubes-allonges à

mon objectif de 400 mm pour être assez près des

Distance de travail de divers objectifs macro

Canon

50 mm (0,5x)

23 cm

60

mm

20 cm

100

mm

31 cm

180

mm

48 cm

Nikon

40 mm

16,3 cm

105

mm

31,4 cm

200

mm

50 cm

Tamron

60 mm

23 cm

180

mm

47 cm

78 | PHOTONews

petites fleurs ou des libellules et obtenir un sujet très net tout en contrôlant le détail de l’arrière-plan. Il y a bien une chose où le fait d’avoir diffé- rentes focales n’est d’aucun secours, il s’agit de la profondeur de champ. Cette dernière est intime- ment liée au grossissement. À 1x et avec l’utili- sation d’une ouverture de f/16, la profondeur de champ est limitée à 2 mm. Peu importe l’objectif utilisé ou la combinaison de tubes-allonges, 1x à f/16 donne une profondeur d’environ 2 mm. Point. Alors, vous devez composer avec une très faible profondeur de champ lorsque vous photographiez à grandeur réelle ou plus. La façon la plus courante de résoudre le problème de profondeur de champ est de fermer le diaphragme ou réduire l’ouverture si vous préférez. Le problème, naturellement, lorsque l’on pho- tographie avec un objectif réglé à f/16, c’est que la quantité de lumière atteignant le capteur est restreinte. Lorsque le sujet est immobile, on peut arriver à faire la photo avec un solide trépied, de préférence un qui peut être abaissé au niveau du sol où l’on trouve les sujets les plus intéressants. Je favorise deux marques bien connues, Manfrotto et Gitzo. Les deux fabricants offrent des modèles en aluminium et en fibre de carbone. L’aluminium est moins coûteux, le second est plus léger. J’utilise un Manfrotto 055 en aluminium et un 055XPROB en carbone. Le premier peut être utilisé sans colonne centrale et cette dernière peut pivoter à 90º sur le second. En écartant les pattes au maximum, les deux trépieds peuvent descendre aussi bas que nécessaire en une question de secondes. Cependant, utiliser un trépied avec un sujet en déplacement n’est d’aucune utilité. Ce dont on a besoin alors, c’est plus de lumière et il n’y a pas meilleure façon d’ajouter de la lumière qu’un flash électronique. Si certains hésitent à utiliser un flash en macrophotographie, d’autres comme moi ne peuvent s’en passer. Le truc est d’apprendre à maîtriser le flash. Les modèles d’aujourd’hui sont TTL, ce qui signifie que leur lumière est mesuré et réglée automatiquement parce qu’elle est lue à tra- vers l’objectif. C’est là un grand avantage en macro- photographie. L’on n’a plus à mesurer la distance précise entre le flash et le sujet ou se limiter à une ouverture (f/stop) précise. Il suffit de régler l’appa- reil en mode Manuel, choisir la vitesse d’obturation et l’ouverture, et le flash règle la quantité de lumière atteignant le sujet. ’Mais comme l’appareil peut être trompé dans sa lecture de la lumière ou d’un sujet foncé lors de prise de vue en lumière natu- relle, il peut aussi l’être avec le flash. Tous les appa- reils sont équipés d’une correction de l’exposition

▼ Pour un rendu final intéressant des reflets dansant sur l'eau, j'ai remisé mon objectif macro en faveur d'un 400 mm et de tubes- allonges. En conservant une ouverture de f/8, j'ai pu obtenir des reflets au format voulu.

au flash qui permet aux photographes de régler la puissance du flash à leur goût. Quelques tests avec votre objectif macro et un flash vous permettront de régler la correction d’exposition pour des résul- tats parfaits. Un bon contrôle de l’exposition est probable- ment la principale raison pourquoi tant de gens n’aiment pas utiliser de flash. Si vous placez l’appa- reil sur le pilote automatique et le laisser décider de l’exposition, la majorité des images flash seront fortement éclairées avec un arrière-plan noir. Le truc pour éclairer l’arrière-plan est assez simple:

sélectionnez une ouverture pour sous-exposer l’arrière-plan l’équivalent de 1,5 à 2 stops. De cette façon, l’arrière-plan exhibera encore de la couleur. La puissance et la brièveté de l’éclair du flash donne au photographe de macro un autre avan- tage : il peut stopper le mouvement. Plusieurs pho- tographes ont de la difficulté à comprendre cette notion. Lorsque l’on travaille avec un flash, ce n’est pas la vitesse d’obturation qui gèle le mouvement, mais plutôt le bref éclair du flash. Naturellement, pour que ce principe fonctionne, vous devez sélectionner une exposition qui sous-exposera la lumière naturelle, de sorte que l’éclairage provien- dra principalement du flash. La lumière du flash peut être aussi rapide que 1/30000e de seconde, ce qui est assez rapide pour figer les ailes d’une mouche ou une goutte d’eau qui tombe. La majo- rité des images illustrant des oiseaux-mouches ou des insectes sont réalisées avec flash. Si vous dési- rez l’essayer vous-même, choisissez un flash assez puissant tel un Metz 50, un Canon 580EX II ou un Nikon SB-910. Un flash dédié à la macrophotogra- phie n’a simplement pas assez de puissance pour cette tâche. Je fais de la macro depuis plus de 35 ans et je trouve encore de nouveaux sujets excitants à pho- tographier ainsi que de nouvelles techniques à maîtriser. Il est facile de devenir accro de la macro et les aventures visuelles sont innombrables.

TEST

Un ensemble macro :

Objectif Tamron 90 mm Macro et Flash annulaire Metz 15 MS-1

En préparant cet article pour PHOTO News, j’ai eu l’occasion de faire quelques centaines d’images avec le Tamron 90 mm macro, un objectif dont le piqué en a fait l’un des préférés des adeptes de la macro- photographie. Pour éclairer plusieurs de ces photos, j’ai utilisé le flash annulaire Metz 15 MS-1. En dépit des conditions de prise de vue difficiles lors d’une journée venteuse, l’ob- jectif a performé de façon impeccable. Les images étaient claires et nettes ; le bokeh était beau et doux sans artéfacts ou de taches hexagonales. L’autofocus était précis et suffisamment rapide pour les besoins de la cause. Et même si certains auraient commenté sur le légèrement bruyant système autofocus, cela ne m’a pas dérangé, ni les fleurs d’ailleurs. Et quant au flash Metz, il est unique. Conçu pour fonctionner avec toutes les marques d’équipement, il peut être déclenché via un câble ou de préférence, par le flash intégré sur l’appareil. Même sans le mode d’emploi, j’étais prêt à l’utili- ser en un rien de temps. Comme plusieurs flashs dédiés à la macro, celui-ci est doté de deux tubes séparés qui peuvent être réglés à différents niveaux. De cette façon, on peut choisir entre un éclairage uniforme ou légèrement directionnel. Une autre caractéristique intéressante est la possibilité d’ajuster l’angle de chaque tube selon l’objectif utilisé et la distance de tra- vail entre la lentille frontale et le sujet. Le seul point faible que j’y vois est l’utilisation de deux piles AAA par rapport au format AA standard. En dépit de la puissance limi- tée des petites piles, j’ai été en mesure de réaliser plus d’une centaine d’images et j’aurais pu continuer.

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PhotoDEstinAtions

P hoto D EstinAtions par Wayne Lynch Le requin blanc de l’Isla Guadalupe Le 23 juin

par Wayne Lynch

Le requin blanc de l’Isla Guadalupe

Le 23 juin 1975. Un grand requin blanc, gueule béante, les mâchoires exhibant rangée sur rangée des dents acérées, surgit de l’océan de façon menaçante, le tout, en couverture du Time qui titre « Super Shark ». Était sorti précédemment Jaws, film des studios Universal, dont le magazine exacerbait les frissons. Je fus l’un des millions de spectateurs qui, cet été-là, ira admirer au cinéma le dorénavant célèbre monstre de 7,6 m semant la terreur dans un village côtier fictif du Massachusetts. Il sera impossible, après ce visionnement, de retourner dans l’océan sans une brève anxiété, toute irrationnelle soit-elle .

8080 | | PHOTOPHOTONewsNews

Et pourtant, 36 ans plus tard, en septembre 2011, après un an de préparation, j’étais l’un des 22 plon- geurs enthousiastes, venus de France, de Norvège, d’Angleterre, des États-Unis et du Canada, qui s’entassaient sur le Nautilus Explorer de 35 m pour une semaine à la rencontre des requins blancs. La première journée du périple a débuté par l’embarquement en soirée, à Ensenada, Mexique, où la première étape consistait à voguer tranquille- ment sur le courant californien pendant 21 heures vers Isla Guadalupe, île volcanique au sol stérile à environ 300 kilomètres de la côte. Pour faire mon- ter l’excitation, nous passâmes cette journée, après un déjeuner et les instructions d’usage, à vérifier notre équipement sous-marin. Certains lisaient le manuel de leur appareil photo pour la première fois. À bord, dans le salon, on diffusait des vidéos mettant en vedette le grand squale blanc, mais pas Jaws, heureusement, que des documentaires ani- maliers montrant le prédateur en action. Les biologistes le nomment Charcarodon car- charias, littéralement requin à dents aiguisées, et sa taille, sa force et ses capacités physiques exception- nelles le placent au sommet de la chaîne alimen- taire, sans prédateur connu une fois adulte. Les mâles atteignent en moyenne 4 m et pèsent autour

de 1000 kilos tandis que les femelles dépassent les 5 m et peuvent peser jusqu’à 1900 kilos. Les habitudes migratoires du requin blanc font en sorte qu’on le retrouve dans les eaux tempérées partout à travers le globe. De 60 degrés, nord et sud, aux tropiques sont les latitudes où il se main- tient et, bien qu’il puisse s’adapter à des eaux plus froides, il est rare de l’apercevoir au Canada où on ne l’a vu que 48 fois depuis 1874. Quatorze obser- vations répertoriées dans le Pacifique, toujours aux environs des îles Reine-Charlotte, et 33 du côté de l’Atlantique, dans les Maritimes et sur la rive nord du fleuve St-Laurent, au Québec. En août 2011, une jeune femelle de 3 m et 272 kilos s’est acciden- tellement retrouvée dans les filets des pêcheurs dans la Baie de Fundy. Cet éparpillement fait en sorte qu’il n’existe que quatre endroits où il est certain de pouvoir admirer le grand requin blanc dans le confort de cages métalliques : au sud de l’Australie, à l’ouest de l’Afrique du sud, aux îles Farallon en Californie et à l’île Guadalupe à Baja, au Mexique. Les cages sont sécuritaires, bien qu’il y ait eu des cas où les requins s’emmêlaient dans les câbles, se débattaient violemment, brisaient les cages et effrayaient les plongeurs s’y trouvant. De tels récits

en découragent certains et excitent les autres qui apprécient le risque, aussi minime soit-il. Au matin du troisième jour, le Nautilus Explorer était ancré dans des eaux de 60 m de profondeur sur la côte nord-est de l’île Guadalupe. Les cages d’aluminium, descendues la veille, nous attendaient. Une logeait 4 plongeurs, l’autre 2 et, c’est dans cette dernière que mon ami Wayne et moi avions rendez-vous à 8 heures pour la pre- mière descente. Peu avant d’y entrer, j’aperçus déjà l’aileron dorsal d’un requin à 2 mètres du bateau et je descendis le rejoindre à 14 mètres de profondeur pour une séance de 45 minutes. Plonger près de l’île Guadalupe offre un avantage incroyable. Que ce soit en Australie, en Californie ou en Afrique du sud, la visibilité sous l’eau va de 12 à 18 m, assez pour voir un requin apparaître subitement près de vous et pour le voir disparaître dans un brouillard. À l’île Guadalupe, la visibilité est souvent jusqu’à trois fois supé- rieure et, si la mer a été calme pendant une longue période, certains endroits offrent 75 m de clarté. Nous pouvions donc observer les requins dans toutes les directions et les apercevoir de loin, s’approchant parfois si près de la cage que nous aurions pu les toucher, ce qui nous avait été for- tement déconseillé. À la fin de la journée, j’étais

descendu 3 fois et avait observé au moins 6 spé- cimens différents dont une femelle qui, selon le maître plongeur, faisait au moins 5 m de longueur pour un poids d’environ 1000 kilos. Déjà, j’avais des histoires de requin que je pourrais rapporter à terre, embellies et exagérées. Les différents requins peuvent être identifiés grâce à leur coloration, leurs cicatrices, leurs fentes branchiales et la forme unique de leur aileron et de leurs nageoires pectorales. Les chercheurs ont ainsi distingué 116 grands requins blancs dans les eaux autour de l’île Guadalupe. Une raison simple explique cette concentration : les éléphants de mer qui s’y accouplent. Des requins venant d’aussi loin que les îles hawaïennes migrent vers le Mexique pour ce repas bien gras. Une femelle éléphant de mer peut peser 600 kilos et un mâle 2000, ce qui, en plus de les rendre appétissants, diminue leur rapidité de mouvement sous l’eau. Les requins leur tendent souvent un guet-apens quand ils nagent vers la côte pour émerger. Dans les deux jours qui suivirent, j’effectuai 6 autres descentes, appréciant particulièrement celles en fin de journée quand les requins sem- blaient plus curieux et actifs, possiblement parce qu’ils se préparaient à la chasse du soir. Un après- midi, un mâle vint frapper à deux reprises la cage,

Le grand requin blanc. Photo © Wayne Lynch

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PhotoDEstinAtions

Ciel orageux sur l’île Guadalupe. Photo © Wayne Lynch

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ce qui nous inquiéta. Personne ne sait pourquoi les requins agissent ainsi. Peut-être les cages créent- elles des champs électro-magnétiques qui sont res- sentis par les capteurs sur le museau des requins, peut-être est-ce seulement leur rituel de chasse. Chose certaine, ce n’est pas une expérience que l’on oublie. Les plongeurs n’étaient pas photographes pour la majorité et utilisaient de simples appareils avec viseur dans des caissons de plexiglass. Sous l’eau, j’utilise un Nikon D300 dans un caisson en Ikelite avec un objectif 18-70 mm. Évidemment, la lumière sous l’eau, même claire, n’est pas idéale. J’utilise donc souvent un flash électronique, un Ikelite Substrobe DS51. Les meilleures photos sous-marines se font quand il y a le moins d’eau possible entre l’objectif et le sujet, ce qui minimise la diffusion due aux parti- cules en suspension dans l’eau et permet la plus haute résolution. Conséquemment, je photogra- phiai plus souvent les requins quand ils étaient près de la cage avec mon objectif réglé à 18 mm, la plus large focale. La netteté de l’eau était telle à l’île Guadalupe que je photographiais avec des vitesses d’obturation autour de 1/125 s et des ouvertures de f/5,6- 8. En général, la sensibilité ISO était réglée à 400-800. Avec l’appareil utilisé, des réglages de sensibilité plus élevés génèrent peu de bruit additionnel.

Parfois, lorsqu’un requin nous tournait autour, je poussais le haut de mon corps le plus possible vers les plus grandes ouvertures de la cage pour avoir un meilleur angle, mais jamais sans avoir véri- fié au préalable qu’un second squale s’approchait. Lors du dernier jour, Wayne et moi sommes des- cendus pour la dernière fois à 16h30 et à ce moment, l’embarcation se trouvait à l’ombre des falaises de

l’île et l’eau noire de l’océan était moins attrayante. Dès que nous fûmes à distance, un jeune mâle passa non loin. Vint peu après une otarie de Californie qui pourchassa le requin, le força à changer plusieurs fois de direction et finalement l’éloigna. Je fus sur- pris de la témérité de l’otarie et de la passivité du requin. L’otarie vint ensuite inspecter la cage triom- phalement, remonta à la surface pour respirer et redescendit, scrutant les alentours à la recherche d’autres requins. Un autre arriva effectivement et un deuxième avec lui et l’otarie nagea entre les deux jusqu’à ce qu’un troisième apparaisse et que l’otarie juge qu’il y avait trop de dents à surveiller. Plonger dans une cage parmi les requins n’est pas quelque chose qui intéressera tous les photo- graphes, mais considérant toute mes excursions à travers le monde pour photographier la faune dans toute sa splendeur, celle-ci est une aventure que je chérirai à jamais. L’excitation, la vulnérabi-

une combinaison

lité, les montées d’adrénaline dure à battre.

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