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03/01/12 17:55 Page20 une journée avec 20 garer ce petit navire de 70 mètres. Le Rihab

garer ce petit navire de 70 mètres. Le Rihab accosté, Erwan descend rejoindre la pilotine. Et enchaîne sur la conférence portuaire, pour planifier les mouvements de la semaine.

13h30:

embarquement

“On prend la Golfe?” Vêtu d’une veste à flottabilité intégrée, Erwan s’installe dans la vedette Golfe du Lion, une des trois “pilotines” de la station. Avec ses deux moteurs, sa ceinture de bourrelets de caoutchouc et une main courante intérieure, ce bateau peut intervenir en permanence, même par des vagues de six mètres. Conduit par un marin jusqu’au navire, Erwan dialogue par radio avec son capitaine, tout en suivant la progression du vaisseau sur les écrans de contrôle. La pilotine se colle le long de la coque, Erwan sort de la cabine et agrippe l’échelle de corde, sous le regard des marins syriens.

ERWAN FOLLEZOU,

pilote du port

Accostage au port de Sète! Pour manœuvrer les immenses navires de commerce, les pilotes prennent le relais des commandants. La Gazette a suivi Erwan Follezou, l’un des six pilotes du port, sur un bateau syrien.

Au bout du quai d’Alger à Sète, la station de pilotage. Des bureaux, certes, mais aussi un grand salon cosy avec vue sur le port et des chambres à l’étage, surmontées d’une tour où antennes et caméra remplacent le guetteur d’an- tan. “C’est la maison des pilotes, on y vit et travaille, un peu comme sur un navire”, assure Erwan Follezou, un des six pilotes du port de Sète. Et pour cause: ce groupement professionnel assure un service 24h/24 et 7 j/7, avec quatre pilotes disponibles à la fois. Aujourd’hui, c’est Erwan qui est de permanence 24 heures d’affilée. Il se tient prêt à accueillir dans le port les navires de commerce, marchandises et passagers. Objectif: diriger leurs manœuvres d’entrée et de sortie, quelle que soit la météo, et sans en- dommager les quais. Car “un port, c’est fragile!

Et mon job, c’est de le protéger”. D’ailleurs, tous les ports de commerce du monde disposent de pilotes. En France, seules 342 personnes - dont une femme - exercent ce métier de pointe, aussi précis que pilote d’avion. “Cette mission d’intérêt général ne coûte rien au contribuable”, précise Erwan. Ce sont les représentants des armateurs qui règlent la prestation. Les pilotes se partagent équitablement revenus et travail de gestion:

comptabilité, qualité, gestion du matériel et du personnel, représentation et organisation. “C’est une PME avec six patrons”, résume Erwan. Chaque pilote gère 400 manœuvres par an. Mais ayant souvent lieu de nuit, les opérations sont difficiles à observer. Aujourd’hui, le Rihab prévoit son arrivée à Sète à 14h. Une chance. À l’abordage.

14h45: arrivée à quai

Direction le G3. Le Rihab pénètre dans la passe, puis se rapproche du quai. Avec lenteur, mais assez de force d’inertie pour aller s’y écraser… La hantise d’Erwan: “Chaque mètre de quai coûte 100000! Je dois préserver l’outil de travail commun.” À l’extérieur, le pilote coordonne d’en haut l’action des lamaneurs, chargés de récupérer et d’attacher les amarres. “Tout à tribord!” Fin de manœuvre délicate pour

“Tout à tribord!” Fin de manœuvre délicate pour 12h : premier contact avec le navire Dans

12h : premier contact avec le navire

Dans le bureau des mouvements, Erwan suit le trafic maritime sur le Web, et surveille le port en temps réel à 360° par la caméra. L’agence portuaire a annoncé le Rihab il y a trois jours par mail, puis a précisé son “horaire d’approche estimé”: “Le trafic est irrégulier, et,à l’inverse du train ou de l’avion, il dépend de la météo!” Une fois à portée de radio, 2 à 4 heures avant, le navire appelle. Erwan se renseigne sur ses caractéristiques, prévoit sa trajectoire pour le faire accoster, et organise l’appui éventuel des remorqueurs.

accoster, et organise l’appui éventuel des remorqueurs. 14h : aux commandes Erwan grimpe vers la passerelle

14h : aux commandes

Erwan grimpe vers la passerelle du vieux navire bétailler. “Hi, captain!”“Want some tea, mister pilot?”Omar Souhil est un habitué: l’accueil se fait chaleureux, l’anglais basique suffit aux échanges. Et Erwan est rodé au Rihab. Dans le cas inverse, “le commandant présente son bateau techniquement - pas deux pareils!-, puis je lui explique ma trajectoire. J’ai quelques secondes pour gagner sa confiance.” À la barre, en tongs, Saleh, un des marins. Erwan, lui, dirige les opérations par talkie-walkie.Tout comme Omar, qui répercute les instructions vers son équipage.

Omar, qui répercute les instructions vers son équipage. La Gazette n° 268 - Du 5 janvier

La Gazette n° 268 - Du 5 janvier au 1 er février 2012

Omar, qui répercute les instructions vers son équipage. La Gazette n° 268 - Du 5 janvier

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réalisé par Raquel Hadida / photos Raquel Hadida

21 réalisé par Raquel Hadida / photos Raquel Hadida Le simulateur Le port de Sète en
21 réalisé par Raquel Hadida / photos Raquel Hadida Le simulateur Le port de Sète en
21 réalisé par Raquel Hadida / photos Raquel Hadida Le simulateur Le port de Sète en

Le simulateur

Le port de Sète en jeu vidéo? Conçu à partir de 5000 photos, ce simulateur numérique permet aux pilotes de tester des manœuvres lors de situations difficiles. Essentiel pour se former et préparer l’accueil de nouveaux navires, donc accompagner la croissance du trafic du port, “+ 25 % en un an!” Aux commandes sur les écrans, Erwan Follezou “rentre” un porte-conteneurs de 260 m. Ni rochers, ni marée: accoster à Sète, c’est facile? “Le port est petit: il faut gérer l’encombrement. Et sans abri, le vent peut souffler fort: un navire de 30 m de haut réagit comme une énorme voile!”, explique Erwan.

Comment devient-on pilote de port?

C Il faut d’abord être officier de la marine marchande (bac + 5). Puis passer son brevet pour être gradé capitaine “illimité”, ex- “au long cours”. Et avoir navigué pendant 72 mois

effectifs. Soit avoir 10 ans d’expérience, mais moins de 35 ans : “La fenêtre de tir est étroite !”, résume Erwan Follezou, ex-commandant du ferry Calais-Douvres. Il faut ensuite passer un concours national difficile, qui intègre les particularités du port choisi. “À Sète, pendant 20 ans, il n’y a pas eu de recrutement !” Une fois admis, le pilote est formé par ses pairs pendant trois mois. Puis devra attendre trois ans pour piloter les gros bateaux. La motivation d’Erwan ? “Les manœuvres sont délicates, donc bien plus intenses que les traversées océaniques. Et être pilote permet de rester marin tout en menant une vie de famille équilibrée. Presque normale.”

La Gazette n° 268 - Du 5 janvier au 1 er février 2012

menant une vie de famille équilibrée. Presque normale.” La Gazette n° 268 - Du 5 janvier