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entretien

Les trois députés PS de Thau Christian Assaf, Sébastien Denaja et Frédéric Roig tentent de donner vie à ce qu’ils avaient baptisé avant les élections “Le pacte de Thau”. Ils essaient de coordonner leurs actions en faveur de Sète, de Frontignan et du bassin.

Trois députés sur le gril
Leurs bonnes et leurs mauvaises surprises, leurs engagements et leurs critiques par rapport au gouvernement, leur avis sur les grands dossiers locaux : un an après leur élection, Sébastien Denaja, Christian Assaf et Frédéric Roig, députés PS du bassin de Thau répondent aux question de La Gazette et de ses lecteurs.

1. Le quotidien des trois députés
CHRISTIAN ASSAF

Il y a an que vous avez été élus: quelles ont été vos bonnes et vos mauvaises surprises?

taire. C’est un handicap. L’Assemblée est embourbée dans des procédures archaïques, inadaptée au rythme d’aujourd’hui. Entre son dépôt en conseil des ministres et le vote définitif, il faut cinq à six mois pour adopter une loi. La nouvelle génération de députés perçoit encore plus vivement cette lenteur, et elle ne veut pas s’y habituer.
Pourtant il est primordial que l’Assemblée soit un lieu de débat?

FRÉDÉRIC ROIG

Tout s’est déroulé en deux phases. La première à partir de notre élection jusqu’au mois d’août, à l’époque où a eu lieu la session extraordinaire. C’est le prolongement de la campagne, on allait mettre en place le changement promis. Et je dois dire que j’ai été surpris par l’euphorie dans laquelle on s’est retrouvé. Nous étions comme sur un faux rythme: après le collectif budgétaire, on a commencé à nous parler de deux mois de vacances! Et je passe sur l’installation dans nos bureaux et l’installation de nos assistants. La crise économique, le drôle d’été qu’a passé François Hollande d’un point de vue médiatique a conduit le président à avancer la rentrée parlementaire et du coup a accéléré le calendrier. La mise au travail a démarré en septembre.
Vous avez tous ressenti ce faux rythme dès les premières semaines?

Moi, ma petite frustration, c’est qu’une fois élu, le député est détaché de son territoire. C’est le paradoxe: on nous sollicite énormément dans les communes qui sont la base de la circonscription, mais les sujets traités en priorité ont été d’ordre national, sociétal, alors que 80 % des personnes qui viennent dans mes permanences me demandent un logement ou un travail.
Quelle est votre réponse à ces personnes?

SÉBASTIEN DENAJA

Oui. Mais le mariage pour tous est un bon exemple: le texte est présenté en octobre, 50 heures d’audition en commission, 120 heures de débats à l’Assemblée, quasiment la même chose au Sénat, alors que les Anglais ont fait passer ça en moins d’une dizaine d’heures.
Le droit d’amendement est fondamental dans notre constitution…

FRÉDÉRIC ROIG

SÉBASTIEN DENAJA

Bien sûr, mais entre les amendements dilatoires, les motions de procédures qui ne sont que des prétextes à ralentir la discussion générale…

J’essaie de faire intervenir mes réseaux privés ou publics pour qu’ils se mettent en relation avec elles. À part ça, je partage l’avis de Sébastien et de Christian sur la lourdeur de la procédure parlementaire. Avant le travail en commission, les députés rencontrent les rapporteurs d’un texte de loi pour avis, ensuite le travail en commission est énorme, il comprend des votes sur chacun des amendements déposés, et enfin on refait le match en hémicycle, et ce quel que soit l’avis de la commission! les anciens députés affirment: “Le droit d’amendement est sacré!” Mais il arrive un moment où on patine.
Vous parlez des “anciens”: est-ce qu’au bout d’un an vous vous sentez vraiment député?

SÉBASTIEN DENAJA

CHRISTIAN ASSAF

Je partage ce que dit Christian, mais je n’ai pas la même impression parce que le seul texte qui a été voté cet été est passé par ma commission, le texte sur le harcèlement sexuel. Mes premières prises de parole dans l’hémicycle, mes premiers amendements ont eu lieu dès le mois de juillet. Du coup j’ai appris tout de suite les circuits décisionnels, administratifs. Cette loi m’a aidé à mieux me repérer dans les arcanes parlementaires et sur le fond je suis assez fier de ce texte porté par Najat Belkacem. Mais c’est vrai, on peut regretter que les emplois d’avenir ou les contrats de génération n’aient pas été votés dès juillet.
C’est la seule mauvaise surprise?

Oui, alors que le véritable travail est fait en commission où on est soixante. Là il y a des auditions d’experts, on va au maximum des investigations, et après, tout recommence à l’Assemblée où chacun adopte des postures politiciennes. On a l’impression que la commission ne sert que de prétexte.

SÉBASTIEN DENAJA

Je me rappelle une réflexion que m’avait faite Jean-Louis Debré, il tutoie tout le monde: “Tu seras député au second mandat si tu as la chance d’être réélu!” C’est vrai qu’il y a un temps d’apprentissage.
Les députés devraient-ils suivre une formation?

SÉBASTIEN DENAJA

SÉBASTIEN DENAJA

Ce qui m’a surpris, en tout cas ce qui doit être repensé, c’est la lourdeur de la machine parlemenLa Gazette n° 285 - Du 30 mai au 3 juillet 2013

Il y a inadaptation de la procédure parlementaire à l‘urgence du présent: cela appelle une réforme, je ne sais pas s’il faut l’appeler VIe République. Il faut que nos institutions et notamment le Parlement soient plus rapides. Autre exemple, les emplois d’avenir: on a voté le texte en septembre, le temps que la circulaire soit prise, que l’administration et les collectivités locales s’en emparent, ça a mis plusieurs mois. Pourtant créer 150000 emplois dans l’année, c’est important!

SÉBASTIEN DENAJA

La formation, c’est sur le tas! Être député ce n’est pas un travail, c’est une mission, à chacun de sentir comment il peut être le plus utile. En plus il ne faut pas opposer l’activité de parlementaire national à l’activité locale. À Sète ou à Lodève nous sommes français. Un député doit faire comprendre qu’il vote des textes d’intérêt national qui ont des retombées locales: les emplois d’ave-

Propos recueillis par Raquel Hadida et Henri-Marc Rossignol / Photos Laurence Bénard - Raquel Hadida /

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SÉBASTIEN DENAJA

Avec Tweeter on peut être réactif, cent quarante mots, c’est vite fait. Avec Facebook, c’est autre chose: parfois à la fin de la journée, j’ai un monceau de critiques. Hier un militant communiste qui la semaine dernière m’avait engueulé sur la loi sur la sécurisation de l’emploi m’a félicité d’avoir adopté la loi sur le mariage pour tous.

CHRISTIAN ASSAF

Nous sommes en plein dans l’explication du mauvais démarrage de François Hollande: on a un rapport au temps qui a été mal appréhendé. C’est la première fois que le PS se retrouve dans cette situation: quasiment tous les pouvoirs locaux et nationaux, mais un quinquennat. Or le quinquennat, plus les moyens de communication en continu, cela donne une exigence d’immédiateté. Entre l’hystérisation de l’immédiateté de Sarkozy et une posture mitterrandienne, il y a la place pour quelque chose de nouveau.
Mais François Hollande ne peut pas sans cesse être dans la réactivité: il creuse son sillon sur le long terme, non?

CHRISTIAN ASSAF

Oui, mais tout serait différent aujourd’hui si dès juin 2012 nous avions voté les emplois d’avenir, parce que ça aurait donné une autre couleur au quinquennat. On démarre par une loi sociétale, le harcèlement c’est très important, mais parallèlement nous aurions dû voter les emplois d’avenir. Hollande voulait parfaire cette loi, à la façon de Mitterrand. Mais un quinquennat, ce n’est pas un septennat.

FRÉDÉRIC ROIG

nir, c’est un texte national! Mais le problème, c’est que les gens ne voient pas encore les conséquences de ce vote. Alors un député doit aussi s’activer après le vote des textes. Moi j’ai écrit à tous les maires de ma circonscription en leur disant: “Créez des emplois d’avenir, quand vous en créez quatre, c’est comme si les contribuables locaux n’en payaient qu’un.” Même chose pour le crédit d’impôt compétitivité emploi, c’est un dispositif que même les chefs d’entreprise connaissent assez mal, alors avec mon équipe j’ai écrit à l’ensemble des chefs d’entreprise de ma circonscription.

CHRISTIAN ASSAF

Faut-il former les députés? J’y suis opposé! Les députés sont les représentants du peuple, il faut qu’ils arrivent avec leur fraîcheur, leur culture, leurs maladresses, leur fougue, leur provocation. Et en réponse à Jean-Louis Debré, moi je pense qu’il suffit de quinze jours pour devenir député. Quand j’ai vu Sébastien qui a été le premier d’entre nous à prendre la parole dans l’hémicycle, je me suis dit: voilà, il est le représentant de son territoire! Même chose pour Frédéric. Et pour moi ça a été pareil: à partir du moment où de votre place ou à la tribune vous prenez la parole au nom de votre territoire, au nom du peuple français, ça vous pousse au cul.

- Député PS de la 8 circonscription de l’Hérault (Frontignan, canton Montpellier X, Pignan…). - Né le 1er septembre 1972 à Nîmes. - Dirige le cabinet de Georges Frêche à la Région de 2004 à 2007. Ils se quittent en mauvais termes. - Fonctionnaire territorial. - Aux élections régionales de 2010, il codirige la campagne d’Hélène Mandroux qui est éliminée dès le 1er tour avec 7,74 % des suffrages.
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• Christian Assaf

DÉPUTÉS EXPRESS

Sur le multimédia, deux remarques. La première: ce sont des outils supplémentaires qui permettent de renforcer la démocratie et l’échange. Je précise juste que le Tweet, je n’arrive pas à m’en servir. La deuxième: ils nous permettent aussi de prendre le pouls de l’opinion. Un élu ne peut pas se déconnecter de cette réalité. Des choses se passent et se disent sur les réseaux sociaux et on peut y faire passer des messages. mentation du Smic, réforme fiscale.” J’ai aussi entendu Sébastien faire résonner une musique un peu dissonante…
… Après la publication de ce texte dans Le Monde, vous vous êtes fait engueuler?

CHRISTIAN ASSAF

C’est la permanence virtuelle.

SÉBASTIEN DENAJA

Elle ne se substitue pas à la permanence officielle, mais elle vient l’enrichir.

CHRISTIAN ASSAF

FRÉDÉRIC ROIG

Le jour où vous montez au Perchoir vous vous dites: “Mince, tu es sur les traces de gens célèbres.” Mais il faut rester naïf, parce que ce n‘est pas un job comme dit Sébastien, c’est une mission. Si on se professionnalise, on rentre dans des logiques moins spontanées, moins réactives.
Le fait que le président de l’Assemblée réunisse les jeunes députés PS, cela vous touche, vous aide ou vous irrite?

- Député PS de la 7e circonscription de l’Hérault (Sète, Agde, Florensac…). - Né le 14 janvier 1979 à Montpellier. - Maître de conférences de Droit public à Toulouse - Il est le petit-fils de Joseph Soulet, auteur de l’hymne des joutes sétoises. - Député PS de la 4e circonscription de l’Hérault (Mèze, Aniane, Ganges, Gignac, Lodève…). - Né le 18 mai 1969 à Montpellier. - Maire de Pégairolles-deL’Escalette(145 habitants) depuis 2001. - Conseiller général du canton du Caylar depuis 2004. - Fonctionnaire territorial.

• Sébastien Denaja

Vers Noël, je me souviens d’une réception, le Premier ministre vient me voir et Claude Bartolone, président de l’Assemblée, lui lâche: “Il fait partie des signataires!” Jean-Marc Ayrault m’a dit que ce que nous avions fait n’était pas correct. Et moi je lui ai répondu que c’est la façon dont nous allions dans le mur qui n’était pas correcte. Après cette tribune j’ai été mal à l’aise à l’Assemblée, certains disaient qu’on avait été “déloyaux”. Mais quand je suis revenu dans ma circonscription, j’ai été heureux d’avoir signé cet appel, parce que c’était en phase avec ce que demandait mon électorat. Nous jeunes députés PS, nous souffrons d’indiscipline, mais je ne veux pas faire partie d’une majorité qui va mourir guérie. Quitte à être impopulaires, soyons-le sur nos actions, pas sur notre supposée inaction!

2.Les trois députés et les dossiers nationaux
SÉBASTIEN DENAJA

Vous disiez que vos électeurs ne comprennent pas pourquoi les choses ne vont pas aussi vite qu’ils l’espéraient: que leur dites-vous?

SÉBASTIEN DENAJA

Claude Bartolone a déclaré: une génération s’en veut beaucoup de ne pas avoir osé parler à Lionel Jospin avant le 21 avril 2002. Les tribunes dans la presse, ce n’est peut-être pas la forme idéale, nous ne voulons pas gêner outre mesure le gouvernement, mais s’il y a des choses fortes à dire, il faut les dire.
On a aussi beaucoup reproché aux jeunes députés de beaucoup donner leur avis sur Facebook et par Tweeter: les nouveaux moyens de communication sont-ils un plus pour la démocratie?

Dans la 7e circonscription de l’Hérault dont je suis le député, nous enregistrons le troisième taux de chômage le plus élevé de France. Mais on semble presque l’ignorer nous-mêmes parce qu’il y a la plage, trois palmiers, et parce que nous voulons donner une image séduisante de la région. Et aussi parce qu’il n’y a pas de grands plans sociaux. Aujourd’hui il faut montrer une deuxième page du quinquennat, le retour de la croissance, le retour de l’emploi et être fidèle au discours du Bourget. “Mon adversaire c’est la finance”, avait lancé François Hollande. Sur un certain nombre de sujets, on nous attend plus loin et plus fort.
Sur quels sujets?

SÉBASTIEN DENAJA

• Frédéric Roig

SÉBASTIEN DENAJA

La question de la séparation bancaire et la lutte contre les paradis fiscaux, la loi a été votée en première lecture, mais elle ne va pas assez loin. La réforme fiscale aussi, on a mis de la justice dans la loi de finances, on ne fera plus de chèque à Liliane Bettencourt, mais il faudra aller plus loin.

CHRISTIAN ASSAF

Il faut se méfier: on veut écouter les jeunes mais on veut aussi les dompter. Au mois de novembre, j’ai fait partie de la quinzaine de députés qui ont dit dans une tribune libre à François Hollande: “Il faut passer à une politique de relance, aug-

C’est sûr, nous avons investi les réseaux sociaux. Je crois que ça rend les choses plus claires et plus transparentes. Sur Tweeter j’échange même en direct avec des électeurs. Parfois ils sont très durs, d’autre fois ils m’encouragent.
Mais quand trouvez-vous le temps de tweeter, de regarder votre page Facebook?

CHRISTIAN ASSAF

Nous sommes arrivés aux affaires, les comptes publics étaient dégradés, la sécu, la dette publique de l’État, le budget, la balance commerciale…

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La Gazette n° 285 - Du 30 mai au 3 juillet 2013

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entretien
Le gouvernement n’a pas assez dit à quel point la situation était dégradée? Mais l’Ani, c’est le fond?

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FRÉDÉRIC ROIG
député puisse continuer à être conseiller municipal, général ou régional. Et je suis contre le cumul des indemnités.
C’est indispensable pour un député d’être aussi élu local?

CHRISTIAN ASSAF

Christian Assaf

Si, pendant la campagne Hollande disait “Redressement dans la justice, mais redressement”. Les réformes ont fait mal, mais il fallait les faire. Premièrement, redressement des comptes. Deuxièmement, rendre notre appareil de production plus compétitif, et réindustrialiser. Ça ne sert à rien si vous faites une politique de relance, que vous donniez de l’argent aux Français et qu’ils achètent des produits chinois. Il faut que l’appareil soit compétitif, c’est le sens du crédit d’impôt et du pacte de confiance, du choc de compétitivité et de la Banque publique d’investissement. Il fallait mettre en place ces structures, ainsi quand la croissance reviendra, l’appareil productif répondra. Mais à côté de ça nous avions promis la relance et notamment au niveau européen, et c’est là où nous avons échoué. La France a les moyens, non pas de faire la guerre à l’Allemagne, mais à Merkel. Pourquoi avons-nous accepté le budget européen?
Sur quels autres sujets les Français attendent-ils le gouvernement?

Ma réponse en deux points. Premier point: Il n’y avait plus de dialogue social depuis plus de dix ans en France. François Hollande et Jean-Marc Ayrault mettent sur pied une méthode de concertation entre syndicats et patronat. Et ils parviennent à un accord. Et cet accord est signé par la majorité des syndicats…
Pas avec le premier, la CGT.

SÉBASTIEN DENAJA

FRÉDÉRIC ROIG

Désolé: les syndicats qui ont signé représentent 52 % des salariés. Deuxième point: ce texte arrive à l’Assemblée nationale où le travail parlementaire permet un certain nombre d’avancées. Elles ne sont peut-être pas suffisantes, mais elles ont le mérite d’être une base. On nous stigmatise beaucoup quand on est des élus de gauche, mais dans ma circonscription je leur dis: je ne vous ai pas beaucoup vus manifester contre mon prédécesseur UMP!

C’est bien, mais pas indispensable. Être député, ça ne coupe pas du terrain. Je rencontre autant de citoyens que les maires. Mais dans une république décentralisée, l’essentiel des compétences est gérée par les collectivités territoriales. Conséquence: ça aide le parlementaire, d’être membre d’une assemblée locale.

FRÉDÉRIC ROIG

CHRISTIAN ASSAF

CHRISTIAN ASSAF
Sébastien Denaja

L’augmentation du Smic, l’augmentation du point des catégories C de la fonction publique et la réforme fiscale: refonte de la CSG et de l’impôt sur le revenu et retenue à la source pour une meilleure progressivité.

SÉBASTIEN DENAJA

Frédéric Roig

Nous avons fait quantité de choses pour l’emploi. Nous avons voté de nombreux textes que les Français semblent ignorer: refondation de l’école, loi de séparation bancaire, contrats d’avenir, contrats de génération. C’est vrai que ça a été occulté par deux choses. À l’automne, trois mois de drame tragicomique avec la primaire de l’UMP et au premier trimestre 2013 l’affaire Cahuzac. On vote la loi sur l’école le jour ou Cahuzac démissionne du gouvernement! Et on débat de la loi sur la sécurisation de l’emploi le jour où il fait ses aveux!

Je ne me sens pas otage de ma réélection. Par contre j’ai reçu des gars de la CGT et le leur ai donné ma position: est-ce que ce texte est parfait? Non! Est-ce qu’il apporte quelque chose par rapport à avant? Oui! Est-ce que ce texte sécurise l’emploi des salariés? Oui, en partie! Est-ce qu’il donne plus de flexibilité pour les entrepreneurs? Oui, en partie. Totalement? Non! Est-ce qu’il y a des avancées sociales dans ce texte? Oui, avec l’article premier! Est-ce que j’ai voté contre? Non! et moi et d’autres députés avons pu l’améliorer. Je demande à mes camarades du Front de gauche de ne pas nous tirer comme des pigeons et de ne pas faire du chantage à la réélection! Et je leur dis: sur l’Ani on fait un point dans un an, pour infléchir le texte s’il le faut.

Cumuler mandat local et mandat national n’est pas incompatible, il y a même une certaine cohérence à l’être. J’étais maire depuis vingt ans, et conseiller général au moment où j’ai été élu député. Chaque mandat m’a enrichi, m’a permis de comprendre le fonctionnement des politiques publiques. Je précise que depuis neuf mois, j’exerce mon mandat de maire sans indemnité, puisque au-dessus d’un certain seuil nos revenus sont écrêtés.
Êtes-vous aussi pour un non-cumul dans le temps?

SÉBASTIEN DENAJA

Trois mandats de député, c’est bien. Un seul mandat? C’est donner le pouvoir à l’administration, qui est déjà très puissante en France. Si Frêche a fait autant pour Montpellier, c’est aussi qu’il a duré. L’expérience, ce n’est pas mauvais.
Affaire Cahuzac. 77% des Français estimaient début avril que les hommes politiques étaient plutôt corrompus: la publication du patrimoine des ministres et les menaces de sanctions sont-elles une réponse suffisante?

SÉBASTIEN DENAJA

FRÉDÉRIC ROIG

La nuit du vote pour le mariage pour tous, je suis allé me coucher à 4h du matin, j’étais anéanti. À 8 heures j’allume la télé, c’était le matraquage: “Les députés se sont battus dans l’hémicycle.” Ça a été chaud, mais il n’y a pas eu de bagarre. À 8h45, tombe l’info sur la libération des otages. Terminé pour le fond du mariage pour tous. Une information en appelle d’autres et ça masque la réalité de notre travail.
Si on vous écoute, tout est de la faute des médias, c’est un peu facile vous ne croyez pas?

Je veux dire à Nadia que nous ne faisons pas une politique d’austérité. Quand on crée 60000 postes dans l’Éducation nationale ou qu’on crée 150000 emplois d’avenir, ça ne s’appelle pas de l’austérité. Ça s’appelle une politique de gauche. Je reste à l’écoute de mes amis du Front de gauche, mais qu’ils ne soient pas toujours critiques! J’ai apporté treize amendements à ce texte, nous n’avons pas été des godillots! J’ai notamment soutenu un amendement qui a été adopté sur les dividendes: que les efforts demandés aux actionnaires sur la répartition des dividendes soient à proportion de ceux demandés aux salariés. On veut bien être à l’écoute, mais on ne veut pas qu’on nous jette des pierres tous les jours en nous traitant de sociaux-traîtres!

CHRISTIAN ASSAF

Pour répondre à la meute des loups, j’ai publié mon patrimoine. Il faut le faire, endosser des responsabilités publiques nous oblige à des contraintes. OK, mais sa déclaration de patrimoine, Cahuzac l’avait faite! Ce qui est important, c’est ce qui s’est passé avant, c’est-à-dire le conflit d’intérêts! Vous avez devant vous trois jeunes travailleurs qui, parce qu’ils ont été élus, ont dû mettre en suspend leur carrière: Sébastien d’enseignant à la fac, Frédéric et moi de fonctionnaires. Je suis pour que ce soit généralisé: quand tu es parlementaire, tu es parlementaire! Mais ça pose la question du statut de l’élu, et notamment de l’élu issu du privé: comment retrouve-t-il son travail, lorsqu’il est battu? Nous devons nous y pencher sérieusement.

CHRISTIAN ASSAF

SÉBASTIEN DENAJA

Non, on ne se lamente pas sur notre sort et sur le fait que les médias et les Français soient critiques. Il y a eu une lenteur au démarrage, des couacs gouvernementaux, un décalage entre le moment où on vote un texte et le moment où il se concrétise sur le terrain, mais globalement les Français approuvent les mesures: 70 % sont d’accord avec les emplois d’avenir. Il faut clore la page sujets sociétaux, et passer au pouvoir d’achat et à l’emploi. C’est quand même à François Hollande qu’on doit notre élection. Si François Hollande n’est pas élu président, moi je ne suis pas élu député. Alors, solidarité totale.
Une question de Nadia, une de nos lectrices: pendant que les élus du Front de gauche se sont élevés contre l’Ani (sécurisation de l’emploi), vous vous comportez comme les godillots du gouvernement. Si vous ne pesez pas plus pour que le gouvernement arrête sa politique d’austérité, vous ne serez pas réélus…

Et quand on remet la priorité à l’école, quand on fait voter la loi sur le mariage pour tous, c’est quelque chose!
Et le droit de vote des étrangers, c’est pour quand?

FRÉDÉRIC ROIG

Les mêmes citoyens qui vont te stigmatiser sont ceux qui vont te demander un job! S’il y a enrichissement personnel grâce à la fonction d’élu, là il faut taper. Le reste… Tu ne peux pas reprocher à quelqu’un d’avoir un patrimoine familial.

SÉBASTIEN DENAJA

Ce n’est pas une urgence. Ça peut être posé dans le cadre d’un référendum à questions multiples. Concentrons-nous pour l’instant sur le pouvoir d’achat et l’emploi.

CHRISTIAN ASSAF

Il n’est pas normal que Jean-François Copé qui vient de mettre fin à son activité, puisse continuer d’être avocat!

FRÉDÉRIC ROIG

SÉBASTIEN DENAJA

Il n’y a pas de majorité pour le droit de vote des étrangers.
Une autre promesse est un peu oubliée: la loi sur le non-cumul des mandats est enterrée?

Le lendemain du jour où l’affaire Cahuzac a éclaté je suis allé aux halles de Sète, tâter le terrain. On sentait une colère froide contre les élus, mais la question principale restait le pouvoir d’achat.
Si on vous écoute, l’affaire Cahuzac est passée comme une lettre à la poste et François Hollande n’est pas sorti affaibli de cet épisode?

FRÉDÉRIC ROIG

Non, elle passera avant la fin de l’année et le planning d’application s’étalera sur 2014-2016.

SÉBASTIEN DENAJA

CHRISTIAN ASSAF

CHRISTIAN ASSAF

Sur ce texte, le blocage ne vient pas des députés, mais des sénateurs.

Je réponds à Nadia, que d’être réélu ce n’est pas ma préoccupation. Ce qui m’intéresse c’est le fond!
La Gazette n° 285 - Du 30 mai au 3 juillet 2013

SÉBASTIEN DENAJA

Je suis contre le cumul des mandats parlementaires-exécutif local, mais favorable à ce qu’un

Soyons clairs: il n’y a pas de valises de billets qui circulent à l’Assemblée nationale. En revanche, au niveau local, celui qui attribue les permis de construire et les concessions de service public doit être contrôlé! Les lieux de possibles corruptions et de conflits d’intérêts sont là! Avec des budgets de plusieurs dizaines, voire de centaines de milliers d’euros à la clé!

Propos recueillis par Raquel Hadida et Henri-Marc Rossignol / Photos Laurence Bénard - Raquel Hadida /

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Travail en commission, discusion des amendements, puis débats dans l’hémicycle : les trois députés PS du bassin sont d’accord pour montrer du goigt la lourdeur et l’archaïsme du fonctionnement de l’Assemblée.

Le nombre de ministres socialistes éligibles à l’ISF vous a choqué?

SÉBASTIEN DENAJA

On peut être riche et de gauche et pauvre et de droite. Et c’est plus admirable d’être riche et de gauche que l’inverse, car au niveau des impôts on n’y a pas intérêt.

CHRISTIAN ASSAF

Qui va reprocher à Jean Jaurès d’avoir été un bourgeois? Il a défendu la classe ouvrière comme personne!
Une autre question de lecteur: Marcel s’élève contre les passe-droits dont bénéficient les députés, notamment les meilleures places aux spectaclex et aux matchs. Il vous arrive de payer vos places?

CHRISTIAN ASSAF

Oui, bien sûr! Au Festival de danse, je vais voir Israël Galvan, et j’ai réservé mes places. Et je demande à Marcel: est-ce qu’il trouve qu’un député gagnant 5300 € net par mois, c’est trop? Si oui, par rapport à quoi? Le directeur général d’une Ville importante ou d’une Région gagne entre 8000 et 10000 € par mois! Moi, j’étais haut fonctionnaire et je gagnais beaucoup mieux ma vie qu’en étant député!
Marcel veut dire que vous avez quelques privilèges liés à votre fonction…

CHRISTIAN ASSAF

Mais bon sang, lesquels? Personne ne fait les courses pour moi, je paie la cantine de mes enfants. Et si je suis tenté d’oublier la réalité, mes visites sur le terrain me la rappellent.

SÉBASTIEN DENAJA

Je change les couches de mon fils, je l’amène à la crèche, je fais mes courses à Carrefour! Un député n’a pas de chauffeur, il paie la TVA comme tout le monde! C’est vrai que des associations culturelles nous invitent pour qu’on les soutienne, mais je n’ai pas le temps d’aller voir ni les matchs, ni les spectacles.

- 577 députés y siègent. - Avec 292 députés, le groupe PS détient la majorité absolue. - L’UMP compte 196 députés, l’UDI 30, Les écologistes 17, les radicaux, républicains, démocrates et progressistes 16, la Gauche démocrate et républicaine 15. 88 députés sont noninscrits et 3 sièges sont vacants. Elle représente la nation tout entière. -Deux semaines sont consacrées au débat sur les textes présentés par le gouvernement. - Une semaine est consacrée au débat sur les textes présentés par le s députés. - Une semaine est consacrée au contrôle. - Le mardi de 9h30 à 13h, de 15h à 20h, de 21h30 à 1 heure du matin. - Le mercredi de 15 h à 20h, de 21h30 à 1h du matin - Le jeudi de 15h à 19h30 et de 21h30 à 1h du matin, voire plus tard. - Les députés siègent au Palais-Bourbon. - La cité Assemblée nationale, outre le Palais-Bourbon, regroupe trois immeubles. - En tout, elle couvre 124000 m2.

• Nombre

ASSEMBLÉE EXPRESS

élu défend le service public sur son territoire. Il faut simplifier les compétences, mieux décentraliser. Mais pas réduire le nombre d’élus. Qu’est ce qu’on gagnerait à enlever l’élu aux festivités à Saussan, Mireval ou Vic, qui donne du temps bénévolement à la collectivité?

Une question de François: Sète et le bassin de Thau doivent-ils faire partie d’une métropole montpelliéraine?

CHRISTIAN ASSAF

FRÉDÉRIC ROIG

Ce que les gens ne comprennent pas, c’est par exemple qu’à Montpellier il y ait une Maison des sports de la Ville, une du Département et une de la Région. Il ne faut pas supprimer un échelon, mais clarifier les compétences.
Avant d’être élu vous aviez déclaré, en passant le pacte de Thau, que vous coordonneriez vos actions, y parvenez-vous?

D’abord, réalisons la fusion des deux agglos du bassin de Thau. Après, il faut dire que le volontarisme politique ne suffit pas. La gare de Frontignan est très active parce que les gens vont travailler sur Montpellier, planchons sur une tarification unique. Travaillons sur une offre culturelle commune, sur l’aménagement de zones d’activités entre l’agglo de Montpellier et Thau Agglo. Une fois que la communauté de vie existe, les gens sont plus naturellement demandeurs d’une grande agglo.
Des questions d’Abla de Vic-la-Gardiole: qu’envisagez-vous pour la reconversion industrielle du bassin de Thau? Comptez-vous trouver des projets porteurs, notamment dans les nouvelles énergies?

• Rôle

CHRISTIAN ASSAF

FRÉDÉRIC ROIG

On mène des campagnes électorales, on se sort les tripes. Une fois député, il faut avoir réponse à tout, sans être expert on est obligé de travailler sur le fond pour comprendre les textes que nous discutons. Pendant trois jours on laisse sa femme, ses gosses, son territoire, pour aller à Paris. Je ne m’en plains pas. Quand aux places, au Conseil général on a des places de foot, c’est une contrepartie de l’engagement du Département auprès du club. Moi je les donne aux gamins, parce que le week-end, je n’ai pas envie d’aller au stade.

• Organisation des sessions

Oui, mais pour nous il est plus simple de se voir sur Paris.

SÉBASTIEN DENAJA

Nous faisons vivre ce pacte: c’est ensemble que nous sommes allés voir le ministre de la Pêche pour le sensibiliser aux questions de la pêche et de la conchyliculture en Méditerranée, et spécifiquement sur le bassin de Thau.

SÉBASTIEN DENAJA

Il faut déjà soutenir l’effort entrepris par la Région pour développer le port de Sète. Après, sur l’aménagement du lido nous devons nous préoccuper de la reconversion des terrains que Listel laissera en rapatriant ses activités sur Aigues-Mortes.
Quel projet êtes-vous prêt à soutenir pour cet espace?

CHRISTIAN ASSAF

SÉBASTIEN DENAJA

Bien payer un élu, c’est lutter contre les possibilités de corruption, car en assurant l’indépendance financière d’un élu vous luttez contre la tentation. Un député est payé comme un médecin de campagne, il reçoit 5100 € à 5300 € par mois. Làdessus, nous, les députés PS, donnons 500 € au parti. Un député, ça bosse 70heures par semaine!

• Organisation des séances

3.Les trois députés et les questions locales
SÉBASTIEN DENAJA

Le ministre de la Pêche avait décidé de n’aller qu’à la préfecture. Tous les trois nous avons fait savoir que s’il ne venait pas à Sète, nous n’irions pas à la préfecture, et il est venu à Sète. Autre exemple, j’ai pris une initiative sur le thermalisme. Un texte devait passer concernant les stations thermales: les casinos ne devaient plus cotiser auprès des communes mais auprès des agglos. Cela mettait les communes comme Balaruc dans des difficultés énormes. Je suis monté au créneau et c’est Sébastien qui a défendu mon point de vue en commission des lois.

SÉBASTIEN DENAJA

Un projet est porté par le comité régional de la conchyliculture avec des bassins de claires, il faut l’étudier. Plus globalement, ces terrains doivent porter un projet qui à la fois préserve l’espace et participe à la création d’emplois en mixant conchyliculture, viticulture, tourisme, en synergie avec la réserve du Bagnas. Pierre Bouldoire doit rester président de Thau Agglo, notamment parce que sur ce projet, il est leader.

• Bâtiment

FRÉDÉRIC ROIG

Autre question de lecteur: Daniel regrette le trop grand nombre d’échelons territoriaux et vous demande: lequel supprimer.

Quand j’ai défendu Contralco, tous les députés de l’Hérault m’ont soutenu.

CHRISTIAN ASSAF

SÉBASTIEN DENAJA

Il faut rationaliser l’action et clarifier les compétences de chacun de ces échelons.
Est-ce qu’il faut, comme ça avait été un moment envisagé par Nicolas Sarkozy, supprimer les Conseils généraux?

Les députés bretons ont ce genre de comportement. Notre département souffre d’une insuffisance de synergie collective, surtout le bassin de Thau. Il faut en finir avec ces deux communautés! Il faut une grande communauté qui comprenne tout le bassin de Thau.
Qui englobe quel territoire?

Sur le bassin de Thau, mais aussi dans tout le département, il faut une véritable révolution culturelle: notre industrie, c’est le tourisme, et pas le tourisme à papa, mais le tourisme que la Toscane promeut depuis vingt ans. Un tourisme à forte valeur ajoutée, respectueux de l’environnement et producteur de richesse. Les gens vont en Toscane parce qu’ils aiment le bon vin, la truffe, la culture, l’histoire, les beaux paysages. Nous avons les atouts pour faire la même chose ici.
Une question d’Yan de Loupian: comment vous positionnez-vous sur le projet d’hinterland de Poussan, sachant que les viticulteurs, les conchyliculteurs, le Conseil général en la personne de Pierre Bouldoire, de Christophe Morgo, et de François Liberti, la cave

CHRISTIAN ASSAF

SÉBASTIEN DENAJA

Tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a trop d’échelons, mais tout le monde se plaint aussi du désert administratif en milieu rural ou dans les quartiers sensibles. Là où il y a absence d’élus, il y a absence de l’administration, car un

Jusqu’où elle doit aller à l’est et à l’ouest, je ne sais pas. Mais je sais qu’il ne peut plus y avoir une communauté Nord Bassin de Thau, Thau Agglo et le Syndicat mixte! Par exemple, pour mieux défendre la conchyliculture, il faut une communauté qui fait le tour du bassin de Thau.

suite p. 22 •••
La Gazette n° 285 - Du 30 mai au 3 juillet 2013

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entretien
Une question pour Sébastien Denaja de Réseau éducation sans frontières (RESF): vous aviez promis d’aller au centre de rétention administrative de Sète, quand allez-vous le faire?

••• suite de la p. 21

SÉBASTIEN DENAJA

Devant le pont de la Concorde, le Palais Bourbon où se trouve l’Assemblée nationale. les trois députés du bassin de Thau y travaillent et y siègent les mardi, mercredi et jeudi.

Je tiendrai mon engagement et j’irai d’ici fin 2013. RESF sait que je suis engagé pour la défense des étrangers: récemment je suis intervenu auprès du préfet pour qu’un détenu arménien qui était malade soit hospitalisé.
Municipales: pouvez-vous nous dire pour qui allez-vous vous engager à Sète, Frontignan, Montpellier et Lodève?

SÉBASTIEN DENAJA

coopérative de Counonsec qui représente 20 % de la récolte du territoire, les chasseurs, les écologistes, 4000 habitants revendiquent que ces terres restent agricoles?

FRÉDÉRIC ROIG

Je partage le point de vue de ces personnes. Pour moi, pour l’instant, il n’y a pas de projet. Il y a simplement dans le secteur une zone où l’on dit qu’on veut faire de l’activité logistique. Un projet, ça se construit dans le dialogue, là tout est opaque. Même le maire de Poussan n’a aucun élément. Il ne faut pas fermer la porte à tout mais il faut enclencher un gros processus de concertation à la fois sur le fond et sur la forme.

par le tourisme, la pêche et l’activité portuaire. Ce port a besoin de se développer et je suis favorable à ce qu’il bénéficie d’une base logistique. Après discussions avec les conseillers régionaux en charge du dossier, j’ai le sentiment que la réalité écologique est prise en compte. Actuellement il y a trois agriculteurs. Il faudra une juste indemnisation. Mais je comprends que les gens aient besoin d’être rassurés.

Pour Sète, à ce jour, je prône le rassemblement des forces de gauche pour le premier tour: PC, PS, Verts, Radicaux de gauche et personnalités civiles.

CHRISTIAN ASSAF

Moi, à Frontignan je soutiens indéfectiblement la candidature de Pierre Bouldoire et je souhaite qu’il garde la majorité à Thau Agglo.

FRÉDÉRIC ROIG

À Lodève, je soutiendrai Marie-Christine Bousquet, maire sortante PS.

CHRISTIAN ASSAF

CHRISTIAN ASSAF

SÉBASTIEN DENAJA

Il faut bien tenir sur ses deux jambes: avoir le souci de l’environnement car ce territoire est très fragile, mais avoir aussi le souci de la création d’emploi. L’avenir économique du territoire passe

Si la Région est capable de dire que ces terrains accueilleront plus qu’un garage à conteneurs, une activité économique qui servira tant le port que le territoire de Poussan, que ça ne se fera pas au détriment de l’écosystème, ça vaut le coup de regarder. Nous ne sommes pas riches au point de refuser un projet qui serait créateur de nombreux emplois. À la Région de faire œuvre de pédagogie.

Et pour Montpellier, je souhaite que les statuts de notre parti soient respectés: que les militants de Montpellier désignent leur candidat. Moi je considère que l’homme du rassemblement, c’est Jean-Pierre Moure.

SÉBASTIEN DENAJA

L’enjeu de Montpellier est colossal, perdre Montpellier, c’est perdre le Département et la Région. I

La Gazette n° 285 - Du 30 mai au 3 juillet 2013