FÉVRIER 2014 / n°193 / 1,70 €

UN GOÛT AMER
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la conférence de presse de François Hollande, le 14 janvier, a laissé un goût amer aux écologistes. Tout d’abord, EÉLV déplore l’absence de dimension environnementale du discours présidentiel, dont le gros morceau fut le volet économique, avec le Pacte de responsabilité. L’objectif affiché est de stimuler la croissance en réduisant les charges des entreprises. Les contreparties (créations d’emplois) de cette baisse de charge sont floues et trop généralistes. Guillaume Duval, d’Alternatives Économiques, nous dit qu'« une bonne politique économique doit être à la fois une politique de l’offre ET une politique de la demande ». « Il semble improbable, continue-t-il, qu’une hausse des marges des entreprises suffise à enclencher une reprise significative de l’investissement et des embauches. » Attention : la politique économique souhaitée par les écologistes n’est pas de soutenir à tout prix la croissance des biens de consommation ; les réactions de notre secrétaire nationale, Emma Cosse, et de nos porte-parole sont clairs : « La bataille pour l’emploi et la sortie durable de la crise ne passeront que par l’écologie : c’est la transition énergétique qui créera les emplois de demain. […] Plutôt que de croire au retour de la croissance comme au retour de la bonne fortune et de reconstituer le taux de marge des entreprises à tout prix, l’important est de créer de véritables emplois durables, de qualité et non délocalisables. C’est ce que propose EÉLV via le Plan Marshall pour l’emploi, avec un million d’emplois via la transition énergétique. » Nous savons que nos élus nationaux feront des propositions pour infléchir la politique économique qui se dessine derrière les déclarations de François Hollande. Mais cette transition énergétique dont nous réclamons la mise en place au niveau national, n’oublions pas qu’elle est aussi un levier à la disposition des collectivités locales. Un peu partout en Franche-Comté, les candidats écologistes réfléchissent aux actions à mener au cours de la prochaine mandature municipale. Les actions déjà mises en œuvre et souvent portées par des élus écologistes doivent être développées : rénovation énergétiques des bâtiments, développement des transports en commun ou des modes doux de déplacement, bois énergie, agriculture de proximité, etc. Militants, élus, montrons que toutes ces actions non seulement participent à la transition énergétique, mais sont aussi un vivier d’emplois. Montrons, démontrons, faisons comprendre aussi que la transition énergétique est un des grands défis d’aujourd’hui (1). (1) Deux bonnes nouvelles : l’Assemblée nationale vient d’adopter le projet de loi « Zéo phyto dans les espaces publics à l’horizon 2020 » proposé par nos parlementaires écologistes ; et le promoteur de la ferme-usine des 1 000 vaches a été sommé par la justice de suspendre la construction de son bâtiment, jugé « non conforme ».

Corinne Tissier et Bernard Lachambre
Cosecrétaires régionaux

Sommaire
P 1 : Edito P 2 : Menaces sur l’IVG P 4 : Le traité transatlantique de libre-échange ou la fin de la démocratie P 6 : Que reste-t-il de l’accord EELV-PS? P 9 : Hécatombe dans le Dessoubre P 11 : Sales bêtes ! P 13 : Il faut cultiver notre jardin P 15 : Science et écologie P 17 : Un mois, émois, et moi P 19 : Bulletin d’adhésion P 20 : Appel à manifester pour Notre-Dame-des-Landes

Menaces sur l'IVG

POUR UNE SOCIÉTÉ QUI PRÉSERVE SES DROITS FONDAMENTAUX
2
L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est définie comme un avortement provoqué et décidé pour des raisons non médicales et s’inscrivant dans un cadre légal. Elle représente une avancée considérable dans le combat féministe de la reconnaissance du statut de la femme comme un individu libre et disposant de la personnalité juridique, au même titre que les hommes. L’accès libre à l’IVG symbolise une avancée majeure dans la place des femmes dans une société. En effet, il permet à la femme d’une part d’être la seule personne pouvant disposer de son corps, d'autre part de décider librement de sa vie, en lui permettant de devenir parent ou non, et quand elle le veut. Il symbolise alors aussi la liberté pour une femme d’être l’unique personne responsable de sa propre vie et de choisir ses composantes (vie professionnelle, vie personnelle). Le droit à un accès libre à l’IVG est donc un droit fondamental constituant de la dignité humaine et de l’émancipation de chacune. . Pour que l’accès à l’IVG soit réellement libre, les femmes doivent avoir accès à une information gratuite et non biaisée par des considérations idéologiques, à des équipements médicaux modernes, à des praticiens formés, à un accompagnement psychologique dans leur choix, ainsi qu'à la possibilité d’être remboursées des frais de l’intervention

L'IVG : un droit, et point barre !
Fruit d'un long combat de nombreuses femmes, mais aussi d’hommes, connu-e-s ou anonymes, pour lesquel-le-s l'acte d'avorter clandestinement engageait la vie des femmes, mais aussi la liberté (pour les femmes comme pour le praticien), l’IVG libre est entrée dans la législation comme dans les mœurs en France. La majorité des autres pays de l’Union européenne ont une législation similaire à celle de la France. Notre pays a d'ailleurs effectué dernièrement un pas supplémentaire vers une société plus égalitaire, à travers le projet de loi sur l'égalité femmes-hommes. Par la suppression de la condition de situation d'urgence pour qu'une femme exerce son droit à l'IVG, et par l'extension du délit d'entrave au simple accès à l'information, cette loi renforce la notion de choix personnel, individuel et libre. Or, le 20 décembre 2013, le gouvernement de Mariano Rajoy (président du gouvernement espagnol) a adopté un projet de loi autorisant l'avortement uniquement en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé

physique ou psychologique de la femme, ou en cas de viol ayant fait l'objet d'une plainte antérieure. Ce projet de loi balaie les avancées sociales qu’avait permises la loi votée en 2010 par le gouvernement socialiste, qui autorise l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse, et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du fœtus. Selon un sondage publié par le quotidien El Pais, 78 % des Espagnols rejettent le nouveau projet de loi.

Nunca mas !
Les Jeunes Écologistes de Franche-Comté se sont joints à l'action de l'association Osez le féminisme, qui proposait de se prendre en photo avec les mots « Nunca mas » (plus jamais, en espagnol) et avec un cintre ou des aiguilles à tricoter. Le message fait référence à l'avortement clandestin qui, malgré les risques énormes qu'il représente (stérilité, mort), était et est toujours pratiqué dans les pays où l'IVG n'est pas légale, ou bien où des entraves à son accès existent. Tout le monde peut contribuer au soutien des femmes espagnoles et à la révolte contre un gouvernement qui choisit de faire régresser les droits humains fondamentaux : envoyez votre photo à : mybodycampaign@gmail.com ou publiez-la directement sur les réseaux sociaux avec les mots-clés #AlertaFeminista et #abortolibre. Les Jeunes Écologistes de Franche-Comté se joignent aussi à Osez le Féminisme, ainsi qu’aux autres associations féministes, quant à leur exigence que l’Union européenne adopte la clause de l’Européenne la plus favorisée. Une telle disposition permettrait de faire bénéficier chaque citoyenne européenne de la législation la plus avancée existant dans l’Union pour chaque aspect de la vie des femmes (violence conjugale, parité en politique, congé parental, etc.). Ce serait la première pierre de la construction d’une Union européenne sociale.

grossesse sont remboursées par l’assurance-maladie de base. Or, une initiative populaire fédérale sera soumise au vote le 9 février 2014. Intitulée « Financer l’avortement est une affaire privée », cette initiative populaire réclame la fin du remboursement des IVG par l’assurance maladie obligatoire suisse (équivalent de la Sécurité sociale en France). Une pétition a été organisée pour que les citoyens suisses disent non à des idées aussi scandaleuses. Les États-Unis aussi ont cédé aux chants des sirènes de la régression sociale, car dans pas moins de trente États, des projets de lois anti-IVG et/ou contraception menacent les droits des femmes. Pas plus tard que le dimanche 19 jan-vier, en France aussi, ce droit fondamental a été remis en question lors de la « Marche pour la vie ». Les femmes ne sont plus aujourd’hui des mineures passant de la responsabilité de leur père à celle de leur mari. À l’heure où le monde se laisse envahir par une montée des idées conservatrices, voire réactionnaires, les Jeunes Écologistes de Franche-Comté affirment leur refus de la régression de notre société. Nous affirmons notre souhait de vivre dans une société où chacun a le même droit au bonheur et où les rapports de domination n’existent plus. Les événements actuels nous prouvent que si de nombreux progrès sociaux sont encore à conquérir, il faut malheureusement rester vigilants pour ne pas perdre nos droits durement acquis et pour laisser chacun-e choisir librement sa vie.

3

Les Jeunes Écologistes de Franche-Comté

Menaces en Suisse, aux États-Unis...
Malheureusement, l’Espagne ne fait pas figure d’exception en matière de régression sociale. En effet, la Suisse aussi fait un pas de géant en arrière après avoir fait un petit pas en avant. En juin 2002, le code pénal suisse était modifié pour accorder à la femme la liberté de choisir d’interrompre sa grossesse pendant les dix premières semaines, le choix étant jusqu'alors soumis à l’approbation médicale. De plus, depuis 1981, les interruptions de

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Négociations USA-UE

LE TRAITÉ TRANSATLANTIQUE DE LIBRE-ÉCHANGE OU LA FIN DE LA DÉMOCRATIE

4

Le 14 juin 2013, les 27 gouvernements de l'Union européenne, y compris la France, ont approuvé le mandat donné à la Commission européenne pour négocier un accord de libre-échange avec les États-Unis. Comment les dirigeants européens peuvent-ils accepter que soient négociés - en vrac - les services publics, les OGM, le bœuf aux hormones, la volaille chlorée, les normes sanitaires et environnementales, les droits sociaux, etc., sans que les parlements nationaux et les citoyens aient été consultés ? Comme on va le voir, les enjeux de cette négociation sont considérables et il est encore temps que les citoyens s'informent et se mobilisent.

Mais les tenants du libéralisme débridé n'ont pas dit leur dernier mot et le lobbying redouble du côté des multinationales. L'idée est d'arriver à ce qu'exprime assez clairement David Rockefeller en février 1999 dans Newsweek : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l'entité adéquate pour le faire. » L'AMI a échoué. Quinze ans plus tard, on nous ressert un plat comparable : l'Accord de Partenariat Transatlantique (APT).

Objectifs avoués, objectifs cachés
Le préambule du mandat de négociation commence par du « lubrifiant » en réaffirmant des grands principes : droits de l'Homme, libertés fondamentales, démocratie, primauté du droit… Ça ne mange pas de pain… Puis on entre dans le vif du sujet : l'accord a pour but de libéraliser au maximum les échanges, la circulation des capitaux et de protéger les investissements, en s'attaquant aux mesures tarifaires et non tarifaires qui sont des entraves. Bien sûr, on nous promet que cela va dynamiser la croissance et l'emploi. Les mesures tarifaires, ce sont les taxes douanières, qui sont déjà globalement très faibles entre l'UE et les USA, mais qui sont encore non négligeables dans des secteurs comme l'agriculture et le textile. Avec cet accord, l'agrobusiness américain pourra plus facilement écouler ses produits sur le marché européen. Mais c'est surtout au niveau des mesures non tarifaires que l'accord va jouer. Cette partie concerne les normes sociales, sanitaires et environnementales. Seront interdites celles qui sont jugées « déraisonnables, arbitraires ou discriminatoires ». Pour les Américains, c'est « déraisonnable » d'interdire les OGM, le bœuf aux hormones ou la volaille chlorée. Le salaire minimum ou les avertissements sanitaires sur les paquets de tabac, c'est

De l'AMI à l'APT (1)
Entre 1995 et 1997, 29 pays de l'OCDE ont tenté de négocier, dans le plus grand secret, une libéralisation accrue des échanges entre les États-Unis et l'Europe. Mais des fuites se produisent et des mouvements de citoyens américains divulguent le contenu de l'accord en cours de négociation. Celui-ci met en cause certaines lois d'aide à l'emploi, celles qui favorisent le développement local comme les clauses permettant de choisir plutôt des entreprises ou un approvisionnement proches, les lois de protection de l'environnement et le principe de souveraineté nationale. Mais surtout, le projet d'accord prévoit que les multinationales pourront assigner en justice les États jugés responsables de toute entrave à leurs activités et à leurs profits et demander des indemnisations. L'accord introduit donc diverses obligations pour les gouvernements, mais aucune pour les investisseurs. C'en est trop ! L'accord est déclaré non réformable par Lionel Jospin, alors Premier ministre, et abandonné en octobre 1998. Un chaud partisan de l'AMI, David Henderson, économiste à l'OCDE, affirme même que « le retrait français des négociations de l’AMI fut le catalyseur de la fin précipitée du projet » (2).

« déraisonnable » aussi. Il y a même une clause qui prévoit explicitement le libre accès aux matières premières. Fini donc l'interdiction d'exploiter les gaz de schistes. Si on voit bien les avantages pour les multinationales des deux côtés de l'Atlantique, on voit moins les avantages pour les citoyens européens. Un cabinet d'expertise, le Centre For Economic Policy Research, a été mandaté par la Commission pour évaluer les effets de l'APT. Avec énormément de prudence, les chercheurs avancent qu'il pourrait y avoir 0,5 % de PIB en plus et 400 à 500 000 emplois créés… en 2027. Rappelons qu'il y a actuellement près de 27 millions de chômeurs en Europe.

La fin de la démocratie ?
Quand on écoute Raoul-Marc Jennar ou quand on se plonge dans les documents qu'on trouve sur internet, on est effaré. D'ailleurs, à la fin de la conférence de la Malcombe, le public était silencieux, comme en état de sidération. Mais comment nos responsables politiques peuvent-ils se laisser embarquer dans une telle entreprise ? Ignorance, bêtise, naïveté, complaisance ou complicité ? La mobilisation citoyenne a fait plier l'AMI, elle fera plier l'accord transatlantique de libre-échange. Et il faut commencer par informer partout autour de nous de ce qui se trame dans notre dos, et interpeller les responsables politiques à tous les niveau, y compris au niveau municipal, puisqu'il est prévu que l'accord sera contraignant aussi au niveau « infragouvernemental » : région, département, municipalité. L'ultra-libéral David Henderson explique que la démocratie n'est pas menacée puisque « les gouvernements pourront continuer d'organiser les élections ». Certes ! Mais les États seront devenus des coquilles vides, avec encore moins de pouvoir qu'aujourd'hui. Et les multinationales seront encore plus puissantes pour mettre la planète en coupe réglée au détriment des êtres humains. La signature de cet accord signifierait tout simplement la fin de la démocratie.

Comme avec l'ALENA (3), pouvoir attaquer les États
Mais la disposition pivot de l'accord est expliquée dans l'article 23 : « L’accord devrait viser à inclure un mécanisme de règlement des différends investisseur-État efficace ». Comme l'accord vise à « assurer le plus haut niveau de protection possible et de sécurité des investisseurs », les multinationales auront la possibilité d'attaquer les États si elles considèrent que leurs profits sont menacés ou simplement revus à la baisse. Et il y a un précédent avec l'ALENA. En conférence à la Malcombe (Besançon), le 22 janvier, Raoul-Marc Jennar a donné des exemples pour montrer comment les différends seraient réglés. Dans le cadre de l'ALENA, en 20 ans, le Canada a été attaqué 20 fois par les firmes américaines, et il a perdu 20 fois. Pendant la même période, le Mexique a été attaqué 5 fois, et il a perdu 5 fois. Ce type de « tribunal arbitral » est le même que celui qui a accordé des centaines de millions d'euros à Bernard Tapie. Il n'a donc pas grand chose à voir avec les notions de justice ou d'équité…

5

Gérard Mamet

D'ailleurs, comme le rappelle Lori Wallach dans Le Monde Diplomatique de novembre 2013, « certains investisseurs ont une drôle de conception de leurs droits inaliénables. On a pu voir récemment des entreprises européennes engager des poursuites contre l'augmentation du salaire minimum en Égypte et contre la limitation des émissions toxiques au Pérou. »(4)

(1) AMI, Accord Multilatéral sur l'Investissement APT, Accord de Partenariat Transatlantique, en anglais TAFTA (TransAtlantic Free Trade Area, zone de libreéchange transatlantique). (2) David Henderson, L'Accord Multilatéral sur l'Investissement. Leçons d'un échec, GEM de Sciences Po. (en français). (3) ALENA, Accord de Libre-Échange NordAméricain. (4) Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens, Le Monde Diplomatique, novembre 2013, p.4.

Contrat de responsabilité

QUE RESTE-T-IL DE L'ACCORD EÉLV-PS ?

6

La réponse est évidente : pas grand chose… Au cours de sa conférence de presse du 14 janvier, François Hollande a explicité le « pacte de responsabilité » qu'il avait annoncé dans son discours des vœux, le soir du 31 décembre. Les médias applaudissent, Gattaz jubile, les responsables de la droite pris à contre-pied se divisent et la « droite de la gauche » se félicite de ce bon coup politique. Mais il faut y regarder de plus près et essayer d'analyser et de comprendre ce que signifie la confirmation de cette conversion à la politique de l'offre et au libéralisme. Et en tirer les conséquences.

CISE. C'est un cadeau au patronat et, comme le dit le dicton populaire, « donner c'est donner, reprendre c'est voler »… Avec le Contrat de responsabilité proposé cette fois au patronat, c'est un peu différent puisqu'il doit y avoir des contreparties en matière d'emplois. Mais Pierre Gattaz, qui proposait depuis des mois un « deal » au gouvernement - la création d'un million d'emplois contre la baisse des charges -, s'empresse de dire que le patronat refusera tout engagement chiffré.

Les analyses d'Alternatives Économiques
Après les vœux du Présid ent, Christian Chavagneux explique, par les chiffres, pourquoi cette baisse de charges n'aura pas (ou aura peu) d'effets sur la compétitivité et les créations d'emplois. Le coût du travail ne représente, selon les secteurs, que 20 à 25 % du coût de production total. Et les charges patronales ne représentent que 25 % du coût du travail, dont 5 % qui correspondent aux cotisations familles. La suppression des cotisations familles correspond donc à une baisse de 5 % des 25 % du coût de production soit 1,2 %… À comparer aux 2 % d'augmentation du taux de change de l'euro entre décembre 2012 et décembre 2013. Il est donc temps de chercher ailleurs que dans le coût du travail les problèmes de compétitivité des entreprises françaises, en particulier dans un euro surévalué et dans le manque d'innovation. La deuxième explication de Christian Chavagneux est encore plus facile à comprendre. L'argument est donné par Jean-François Roubaud, le président de la CGPME, interrogé par une journaliste du quotidien Les Échos. Lorsque celle-ci lui fait remarquer que les allègements de cotisations ne se sont pas vraiment traduits dans le passé par des créations d’emplois, il s’indigne et répond :

Confirmation d'une politique ou tournant ?
Les annonces du Président ne constituent pas, à proprement parler, un changement d'orientation dans la politique économique. Depuis son installation en 2012, le gouvernement Ayrault conduit une politique d'austérité, à la fois par l'augmentation des impôts - qui, au passage, ne touchent pas que les ménages les plus riches et par la baisse de dépenses publiques. Et les efforts demandés sont à la fois impopulaires et inefficaces. Christian Chavagneux, d'Alternatives Economiques, estime que les mesures d'austérité ont coûté entre 2,2 et 2,5 points de PIB en 2013. Il en résulte que les cotisations sociales et les recettes fiscales ont baissé en conséquence. Le but affiché - la réduction des déficits - n'est pas atteint et le chômage explose (2,5 points de PIB, ça correspond à des centaines de milliers d'emplois). En croyant répondre à l'augmentation du chômage, le gouvernement vote une première loi en décembre 2012 : le CISE (1). Le CISE , en vigueur depuis janvier 2013, prévoit une baisse de cotisations sociales des entreprises sous la forme d'une réduction d'impôts. Il est estimé à 10 milliards d'euros pour 2013 et 20 milliards pour 2014. Il n'est pas prévu de contrepartie du côté patronal et Pierre Moscovici annonce même qu'il n'y aura pas de contrôle fiscal ciblé sur l'utilisation du

«Encore faut-il que les carnets de commandes se remplissent ! » Et Chavagneux d'ajouter : « Ce qui incite les chefs d’entreprise à embaucher, c’est d’abord la perspective d’avoir des commandes dans le futur, bref, pour parler comme les économistes, d’avoir des perspectives stables et durables de demande. » (2) Le mot est lâché : c'est un problème de demande, pas d'offre.

Crise de l'offre ou crise de la demande ?

Et ces trente ans de politique de l'offre, ce sont aussi, avec toutes les dérégulations, l'épuisement des énergies fossiles, la déforestation massive, la destruction des écosystèmes, l'appauvrissement de la biodiversité et le dérèglement climatique. C'est donc bien cette politique, qu'on l'appelle libéralisme ou politique de l'offre, qui est à l'origine de la grave crise économique, sociale et écologique que nous vivons aujourd'hui.

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

François Hollande a affiché clairement qu'il inscrivait ses propositions dans une politique de l'offre. On est donc obligé de rappeler ce qu'est la politique de l'offre, et il faut remonter pour cela aux années 80 et à la révolution libérale inspirée par l'économiste Milton Friedman. C'est à ce moment, comme l'a rappelé Pierre Larrouturou le 20 janvier au Kursaal à Besançon, que Thatcher et Reagan font exploser le pacte social « mondial » résultant des accords de Bretton Woods de 1944. La doctrine de Friedman est simpliste : il faut débarrasser l'économie de toutes les contraintes - impôts, règlementation, intervention de l'État, etc. C'est le marché qui va tout régler et il va en résulter une grande prospérité pour tous. La réalité qui est advenue est bien différente. D'abord les inégalités sociales ont explosé. L'ONG Oxfam (3) explique en ce moment que 1 % de la population mondiale détient près de 50 % des richesses, au point que même le forum économique de Davos, cette année, identifie les disparités grandissantes de revenus comme un risque pour les progrès humains. C'est depuis des années que les économistes progressistes comme Krugman ou Stiglitz disent que c'est cette politique de l'offre, dite aussi ultra-libérale, qui est à l'origine de l'aggravation des inégalités, mais également de la constitution des bulles spéculatives et des crises, dont celle de 2008.

Et nous sommes plus dans une crise du type 1930 que du type 1980. Une crise à laquelle on doit répondre en augmentant la part des salaires et la demande publique, une crise « keynésienne ». Or François Hollande en est resté à son credo : la politique de l’offre au détriment des salariés. Mais comme la crise écologique est passée par là, on ne peut pas faire une politique de relance classique, fondée sur une relance de la consommation effrénée d’énergie polluante et de matières premières. Il faut une relance ciblée, orientée vers la transition verte : économies d’énergie, énergies propres, conversion alimentaire, et cela demande, comme il aurait fallu le faire dès 1981, un énorme effort public dans la formation et la recherche, mais aussi une masse de nouveaux investissements. Et aussi le partage du travail et des richesses, donc un autre partage de la valeur ajoutée plus en faveur des salariés et des retraités.

7

La Larrouturou

démonstration

de

Pierre

Cette question du partage du travail et des richesses, elle est au cœur de la crise actuelle. Pierre Larrouturou l'a bien expliqué le 20 janvier à Besançon : en 30 ans, dans la répartition du gâteau entre capital et travail, on est passé de 67 % à 57 % pour le travail, soit 10 % de moins. Pendant la même période, les dividendes servis aux actionnaires se sont envolés. Un petit calcul simple : sur les 2 000 milliards de PIB annuel de la France, cela représente 200 milliards par an. C'est énorme ! Il y a de quoi régler les problèmes de déficit public, de financement de la Sécu, d'augmentation du pouvoir d'achat des salariés. En fait, l'objectif des financiers est d'arriver à la répartition 50 / 50, qui serait encore plus défavorable au travail.

Citons aussi le petit livre de Pierre Larrouturou (4) : « En 2008, tout le monde affirmait que la crise venait du capitalisme dérégulé et du niveau insupportable des inégalités. Joseph Stiglitz dénonçait le triomphe de la cupidité. En 2007-2008 le diagnostic était clair : comme la crise de 1929, la crise vient d'un niveau inacceptable d'inégalités. Elle vient de la dérégulation et du néolibéralisme ». Et malgré tout, comme si la crise n'était pas passée par là, on continue d'entendre le même discours, la vieille rengaine : il faut augmenter les marges des entreprises pour qu'elles investissent, et la croissance va revenir demain et l'emploi après-demain… En réalité, depuis cette époque, la croissance est passée de 6 % à 1 ou 0 % et le chômage, la précarité et la pauvreté ont augmenté dans des proportions dramatiques. Avec la politique de l'offre, il doit tout de même y avoir un problème…

Mais que fait EÉLV dans cette galère ?
Cette politique est aux antipodes de ce que les écologistes défendent depuis trois décennies. Si nous nous sommes trompés à ce point pendant 30 ans, la première chose devrait être de faire un mea culpa retentissant ! Mais alors cela veut dire qu'il n'y a plus que la pensée unique, qu'on l'appelle libérale, néolibérale ou social -libérale. Ce n'est pas mon point de vue. L'accord Vert-PS constituait une base minimale pour tenter de rompre avec la politique de la droite. Il faut rappeler que Hollande ne s'est jamais senti engagé par cet accord ; mais nous avons pensé que nous allions pouvoir infléchir le cours des choses par notre participation au gouvernement. Il faut reconnaître aujourd'hui que, malgré nos appels à « changer de cap », non seulement nous n'avons pas réussi à peser véritablement pour imposer l'accord EÉLV-PS, mais même pas pu empêcher les dérives dans une direction opposée à la nôtre. À EÉLV, il y a de bonnes âmes qui arrivent à tout justifier : « Oui, mais il y a la dette qui réduit notre marge de manœuvre », « Oui, mais il y a la crise ». C'est précisément le problème : le gouvernement ne tire pas les enseignements de la crise financière. On est loin de « Mon adversaire, c'est la finance ». D'autres ou les mêmes disent aussi : « Si on n'était pas là, ce serait pire », ou encore : « On arrive à obtenir certaines améliorations ». Diable ! Europe Écologie ne serait donc là que pour corriger, à la marge, une politique économique qui va dans une mauvaise direction ou pour faire avancer les questions « sociétales » ! Je pense que nous assistons à une « guymolletisation » de Hollande et du PS. (C'est un vilain néologisme, mais ceux qui s'intéressent à l'histoire

comprendront.) Cette politique économique, qui est une capitulation face aux banques et à la finance, ne va rien régler, en tout cas pas la question du chômage et des inégalités, et vraisemblablement pas non plus la question des déficits et de la dette. Cette orientation antisociale alimente la désespérance et risque de pousser une partie importante de l'électorat populaire vers l'abstention ou le vote FN, avec tous les dangers que représente le populisme, y compris les dérives xénophobes et racistes. Nous ne pouvons que souscrire à l'idée développée dans la motion votée au dernier Conseil Fédéral d'EÉLV : « Inviter les forces politiques et de gauche, les mouvements associatifs, les syndicats, les ONG, à ouvrir un débat autour d'un changement de cap. » Mais après la conférence de presse du 14 janvier, plutôt qu'un changement de cap qui ne viendra plus, il s'agit plutôt de préparer, avec la gauche du PS, les forces du Front de Gauche, les Alternatifs, une politique réellement alternative au libéralisme ou à sa variante social-libérale. Et pour commencer, avec le mouvement social, il faudra bien entrer en résistance contre la politique de ce gouvernement.

Gérard Mamet
(1) Crédit d'Impôts pour la Compétitivité et l'Emploi. (2) Christian Chavagneux, 6 janvier 2014. (3) Voir sur internet Oxfam France. (4) Pierre Larrouturou : C'est plus grave que ce qu'on vous dit, mais on peut s'en sortir. Extrait de l'article signé par l'économiste Paul Krugman, Nobel d'économie, dans The New York Times du 16 janvier 2014 sous le titre La soumission : François Hollande a cessé de m'intéresser dès que j'ai compris qu'il n'allait pas rompre avec l'orthodoxie destructrice de l'Europe et son parti pris d'austérité. Mais, maintenant, il a fait quelque chose de vraiment scandaleux. Je ne parle pas de l'aventure qu'il aurait avec une actrice [...] Non, ce qui me choque c'est qu'il souscrive désormais aux doctrines économiques de la droite, pourtant discréditées. [...] François Hollande a déclaré : « C'est donc sur l'offre qu'il faut agir » avant d'ajouter : « C'est l'offre qui crée la demande. » Eh ! bien, dites donc, le voilà qui reprend, presque mot pour mot, cette faribole discréditée qu'on appelle la loi de Say, ou « loi des débouchés », selon laquelle il ne peut y avoir d'insuffisance globale de la demande puisque les gens doivent bien dépenser leurs revenus quelque part. C'est tout simplement faux, et particulièrement faux, en pratique, en ce début de 2014.

8

Et les poissons mouraient, mouraient...

HÉCATOMBE DANS LE DESSOUBRE
Début janvier, la presse régionale a rendu compte d'une forte mortalité chez les truites et, dans une moindre mesure, les ombres, en plusieurs points du Dessoubre (1), notamment au Moulin Girardot. Les pêcheurs et les défenseurs de l'environnement se sont émus et ont eu l'impression de revivre les épisodes de la Loue en 2009-2011. Des agents de l'ONEMA (2) se sont rendus sur place les 9 et 13 janvier pour procéder à des constatations. Un lien a été immédiatement évoqué entre cette mortalité et les épandages agricoles pratiqués sur la neige. Dans son communiqué du 15 janvier, le Préfet du Doubs écrit : « La situation est jugée suffisamment préoccupante pour que des observations complémentaires et des prélèvements pour analyses soient réalisées dans les prochaines semaines. »

Après les Assises de la Loue...
Comme explication de cette forte mortalité, on évoque une mycose à saprolegnia. Or depuis 1973, à partir des recherches menées à l'école vétérinaire de Maison-Alfort, on sait que ce champignon s'attaque surtout aux animaux affaiblis par un mauvais état des rivières et ayant ainsi perdu leur résistance naturelle, déjà réduite en période de frai. Effet secondaire de la pollution, la maladie serait donc en corrélation directe avec la dégradation de l'environnement aquatique. Depuis quelques décennies, la situation des rivières comtoises s'est, en effet, fortement dégradée. Sur la Loue, par exemple, on observe un colmatage du fond par les algues, les insectes aquatiques meurent et la biomasse des poissons a été divisée par 20. Les causes sont maintenant suffisamment connues : trop grande quantité de nitrates et de phosphates provenant d'une l'agriculture toujours plus intensive, insuffisance de l'assainissement, pollutions diverses (comme celles qui proviennent des médicaments et du traitement du bois), mais aussi augmentation de la consommation d'eau et de la production d'effluents polluants par une population qui s'accroît. Pourtant, en octobre 2012, les Assises de la Loue, organisées à l'initiative du Conseil général du Doubs et de la Préfecture, ont avancé quelques préconisations intéressantes: - renforcer la coordination de la surveillance scientifique, des actions et de l'information du public, - mettre la priorité sur l'amélioration de l'assainissement et sur les changements de pratiques agricoles,

- envisager une réglementation spécifique plus restrictive pour les milieux calcaires (le karst), qui sont particulièrement fragiles, en matière d'épandages, d'utilisation des engrais, des détergents et des pesticides.

… Passer à l'action
Le communiqué du Préfet annonce de nouvelles études. Les causes, pourtant, sont maintenant suffisamment connues : le moment n'est-il pas venu de passer à l'action ? La presse a rendu compte des travaux du groupe franco-suisse qui travaille sur le Doubs et qui s'est réuni à Saint-Ursanne le 22 janvier, en présence du Préfet de région et de représentants des cantons suisses du Jura et de Neuchâtel. Le canton du Jura va entreprendre à court terme un important travail d'agrandissement et de rénovation des stations d'épuration (Saignelégier, SaintUrsanne…). Le canton de Neuchâtel semble un peu moins pressé, mais il évoque le traitement futur des micropolluants par les stations du Locle et de la Chauxde-Fonds et la construction d'une nouvelle station d'épuration aux Brenets. Côté français, les choses traînent. Les associations trouvent que l'on parle beaucoup, que l'on fait des études (23 sur le Dessoubre depuis 1990 !) mais que des quantités trop importantes d'effluents d'élevage (3) ou d'eaux incorrectement assainies continuent de polluer nos rivières. Dans un communiqué daté du 17 janvier, l'association SOS Loue et Rivières comtoises (4), répondant au Préfet, exprimait une nouvelle fois sa colère : « Nous demandons solennellement que cesse

9

le verbiage pour passer aux actes concrets et si l’approfondissement des connaissances scientifiques ne doit pas être remis en cause, il ne doit pas être une excuse pour l’inaction, comme c’est le cas actuellement. »

(1) Pour ceux qui ne connaissent pas, le Dessoubre est un affluent du Doubs, qui s'écoule du Cirque de Consolation à Saint-Hippolyte. (2) Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques. (3) La fin des quotas laitiers induit déjà des augmentations de production. Alors que, sur les premiers plateaux, la production de matières organiques (fumier et lisiers) est déjà très excédentaire par rapport à la capacité de rétention des sols et au maintien de la diversité floristique, deux dossiers d'extension de troupeaux ont déjà été présentés au CoDERST, Conseil de l'Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques. (4) L'association SOS Loue et Rivières comtoises organise le 12 avril (sur une journée), à Besançon, au Centre diocésain, ses premières Assises : le matin, une table ronde sur le bilan de l'action publique ; l'après-midi, une discussion sur l'état des lieux de nos rivières.

Gérard Mamet

10

Comment recevoir La Feuille Verte ?

Vous pouvez recevoir La Feuille Verte sans être adhérent à Europe Ecologie Les Verts. Il vous suffit de souscrire à un abonnement.

Vous n’êtes pas adhérent d’Europe Ecologie Les Verts de Franche -Comté ? Et du même coup, vous ne recevez pas systématiquement La Feuille Verte, le mensuel des écolos comtois ? Abonnez-vous ! Réabonnez-vous! Et faites abonner les gens autour de vous ! Ainsi, vous serez sûr de ne rater aucun numéro, et cela pour la modique somme de 16,00 euros seulement (11 numéros par an). Nom : ………………………………………. Prénom : …………………………………………………...

rue : ……………………………………………………………………………………………………………………. CP : …………………… Ville : ………………………………………………………………………………….

Chèque à l’ordre d’EELV-FC, à adresser à : EELV-FC — 14, rue de la République — 25000 Besançon

Ce ne sont pas forcément celles qu'on pense

SALES BÊTES !

Il me semble qu'il y a longtemps qu'on n'a pas parlé de nos amis les chasseurs. Mais voilà que cette stupide engeance vient de se rappeler à notre souvenir ému.

On le sait, dans la hiérarchie des crétins à fusil, la palme revient sans conteste aux sauvaginiers,
c'est-à-dire aux chasseurs d'oiseaux sauvages - de terre, de mer, de marais. Ils sont particulièrement nombreux et excités dans le Médoc, ainsi que dans le Nord-Pas-deCalais et en Picardie, où ils ont fait, entre autres, main basse sur la baie de Somme. Ces braves gens sont très malheureux et se sentent incompris car - le croiriezvous ? - il existe des lois, des règlements, des arrêtés qui prétendent les empêcher de s'adonner à leur passion 24 heures sur 24 et 365 jours par an. À l'instar des « motards en colère » (1) qui, parce que « ça heurte [leur] mentalité » (2), refusent l'éventualité de devoir payer pour le stationnement de leurs machines en ville, les sauva-giniers estiment que leur droit imprescriptible de tirer sur tout ce qui a des ailes ne saurait souffrir aucune contrainte légale - ça contrarierait leur primitive « mentalité ». Cette année, ils étaient censés raccrocher leur pétoire le 31 janvier, date de fermeture de la chasse au gibier d'eau. C'était mal les connaître : devant une aussi insupportable atteinte à ce qu'ils nomment leur « juste cause » et « le ras-le-bol de dizaines de milliers de chasseurs qui ne demandent qu'à en découdre », ils ont annoncé qu'ils flingueraient l'oie sauvage et le canard siffleur jusqu'au 16 février - pourquoi pas jusqu'au 14 juillet ?...

mesures préventives pour dissuader ces braconniers et que force reste à la loi, c'est que vous êtes décidément d'une déconcertante naïveté. Car non seulement il n'en est rien, mais en outre le fringant Philippe Martin, ci-devant ministre PS de l'Écologie (je pouffe...), a décidé de leur accorder une dérogation : croyant sans doute ménager la chèvre et le chou - en l'occurrence l'oie cendrée et le tartarin -, celui qu'EÉLV, bouche en cœur, a couvert de louanges lors de sa nomination à la place de la pôvrette Delphine (oubliant qu'il était un fervent partisan de la chasse et de la tauromachie) a... repoussé au 10 février la date de clôture de la chasse à l'oie sauvage ! Et attendez, ce n'est pas tout ! Comme un député UMP du Nord pleurnichait que les chasseurs de gibier d'eau étaient « obligés d'arrêter leur passion le 31 janvier », M. Martin, drapé dans sa dignité offensée, lui a rétorqué que les « dix jours supplémentaires accordés aux chasseurs », c'était quand même autre chose que le rien du tout concédé précédemment par la droite et a conclu : « Vous, vous n'avez jamais rien fait pour les chasseurs ! » Et toc ! Bref, dans ce domaine comme dans d'autres, la gauche fait pire que la droite... et elle s'en vante ! (3)

11

Que croyez-vous qu'il arriva ? Si vous répondez
que la force publique est mobilisée, qu'on prend des

Toujours dans la riante région NPdC, une gigantesque tuerie de renards se prépare dans le département du Nord, du 17 au 23 février. Sans aucune justification sanitaire ou scientifique, chasseurs, piégeurs et déterreurs vont détruire, par simple loisir, jour et nuit, tous les renards qu’ils pourront choper : ça s'appelle les Ch'tis fox days, et ça promet d'être un beau carnage. Si vous pensez qu'il y a encore quelque chose à faire contre la connerie et la barbarie, vous pouvez toujours

écrire au Préfet de la région en question et signer la pétition lancée entre autres par l'ASPAS et la LPO (vous trouverez sans peine tous les détails sur le net).

Mais changeons de région : la secte des nuisibles
adorateurs de la cartouche fait parler d'elle chez nous aussi, et tout particulièrement en Haute-Saône. Depuis l'été dernier, c'est un véritable scandale qui secoue la Fédération des chasseurs du département. Dans une réserve gérée par ladite Fédération à Noroy-le-Bourg, près de Vesoul, ont été exterminés entre 2010 et 2013 des animaux appartenant à des espèces protégées : chats sauvages, buses variables, autours des palombes, chouettes hulottes, en tout plus d'une centaine de sales bestioles qui faisaient rien qu'à s'en prendre aux gentils faisans et lapins de garenne lâchés dans la nature, les veilles d'ouverture de la chasse, par des nemrods à juste titre indignés par tant de sanguinaire cruauté. D'où l'emploi par ces derniers, pour venir à bout des voyous, de toute une panoplie de fusils, de pièges, d'appâts empoisonnés (au stade actuel de l'enquête, il semble néanmoins que n'aient été utilisés ni AK47, ni bombe à fragmentation). Un juge d'instruction de Vesoul a déjà mis en examen plusieurs personnes pour « destruction d'espèces protégées en bande organisée » : parmi elles, quatre étudiants qui avaient été rémunérés pour faire le boulot, mais aussi divers cadres de la Fédération, dont le président.

« Cette affaire porte un préjudice considérable à l'image du monde fédéral et de la chasse en général », estime dans un communiqué la Fédération nationale des Chasseurs. Je me marre : comme s'il y avait besoin de ça pour « porter préjudice » à « l'image » d'un million de pithécanthropes qui s'arrogent le droit, au nom de leur « passion », de s'approprier les campagnes aux risques et périls des autres utilisateurs de la nature (4) !...

Gérard Roy

(1) Ils me plaisent bien, ceux-là aussi... (2) Déclaration authentique d'un de leurs représentants ! (3) J'en connais quelques-uns à qui cela doit rappeler l'attitude d'un socialiste jurassien, devenu député, parce qu'il était le suppléant de Dominique Voynet, quand celle-ci a été nommée ministre de l'Environnement, et qui s'est sans vergogne vautré dans le lobbying pro-chasse. (4) Et s'il vous plaît, évitez-moi le sempiternel « argument » selon lequel il y a plus important et plus urgent que la question de la chasse (idem pour la tauromachie).

12

Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté (14, rue de la République, 25000 Besançon) Directeur de publication : Gérard Roy Comité de lecture : Michel Boutanquoi, Gérard Mamet, Gérard Roy, Suzy Antoine CPPAP: 0518 P 11003 Maquette : Corinne Salvi Mise en page : Suzy Antoine

Une expérience concrète

IL FAUT CULTIVER NOTRE JARDIN
Temps libre consacré à entreprendre enfin ce que l’on aime pour certains, longue période d’ennui pour d'autres, la retraite s’accompagne toujours, en tout cas, d’une baisse de revenu, aggravée par la décote qui commence à affecter certaines personnes qui n’ont pas le nombre de trimestres requis. C’est le cas de mon compagnon, qui a choisi de prendre sa retraite à partir de septembre 2014, préférant gagner moins mais vivre sans stress professionnel, mais que sa situation financière inquiète (prêts à rembourser...). Il s’est donc demandé comment s’en sortir sans avoir trop besoin de se serrer la ceinture. Ayant fait le tour des économies à réaliser, nous nous sommes dit que nous pourrions agrandir le potager, élever quelques poules et lapins. Mais dans notre jardin, dont la surface est certes intéressante, les plantations sont déjà nombreuses : haies variées servant de clôtures, fruitiers, arbres d’ornement, massifs de fleurs, une petite mare et un gîte à insectes, afin de favoriser la biodiversité. Il est très apprécié des oiseaux, des hérissons, des couleuvres et des écureuils et par conséquent de tout ce qui leur sert de garde-manger. Il est difficile d’agrandir la surface du potager car le réseau racinaire de toutes nos plantations est devenu trop important. Nous avons établi ensemble un contrat écrit, qui stipule notamment que « cet accord est réputé valide par tranche d’une année civile », afin que celui qui a planté puisse récolter les fruits de son travail, même si un changement est intervenu entre temps chez les propriétaires, un décès par exemple.

Créer du lien social
Depuis cet arrangement, nous avons commencé à investir ce nouveau lieu en délimitant une première « tranche » de potager, puis en taillant les fruitiers. Nos voisins viennent regarder, proposer des outils, donner un petit coup de main dans la mesure de leurs forces déclinantes. Nous discutons avec eux de choses et d’autres mais aussi de ce que nous aimerions planter, en leur expliquant les meilleures associations (1), les raisons qui nous poussent à ne pas utiliser de pesticides. Nous leur avons proposé de réhabiliter leur composteur et de récupérer l’eau du toit pour les arrosages. L’avenir nous dira si c’était une bonne idée. Pour l’instant, elle fait plaisir à tout le monde. « Carpe diem quam minimum credula postero ! » (2)

13

Suzy Antoine

(1) Lire Le poireau préfère les fraises, de Hans Wagner, coll. Terre vivante, Les meilleures associations au potager, chez Artémis, Plantes amies du jardin bio, chez Larousse.

Jardinier cherche terrain
Nous avons donc cherché à proximité du village de petites parcelles à transformer en potager : sans succès. Un peu dépités, nous en avons discuté avec nos voisins, un couple de personnes âgées... qui nous ont spontanément proposé leur jardin, qu'ils ne se sentent plus guère capables d'entretenir ! Comme ils ne voulaient pas de loyer, nous leur avons proposé de partager nos récoltes, de tondre l’herbe et de prendre soin des arbres fruitiers.

(2) Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain - Horace, Odes.

Jardin partagé ? Jardin solidaire ?

pesticides de synthèse). Le compostage, la récupération de l’eau de pluie et la technique des cultures associées y sont très souvent pratiqués. Ce sont également des lieux d’éducation à l’environnement pour enfants et adultes, qui y apprennent la botanique ou y observent la faune urbaine. Nombreux sont les jardins communautaires qui attribuent des parcelles aux écoles du voisinage pour y mener des projets pédagogiques.

Un jardin partagé, c’est l’appellation commune d’un jardin communautaire. Il est géré en commun par un groupe d’habitants. Il est l'héritier des jardins ouvriers, qui s'inscrivent également dans un phénomène historique d'appropriation de friches pour leur transformation en jardins potagers pendant les périodes de crise économique ou les guerres. Ils permettaient à des familles aux revenus modestes de se procurer légumes et fruits frais en les cultivant eux-mêmes.

14

Certains jardins communautaires ont une vocation d’insertion. On les appelle alors jardins solidaires. Ils accueillent des personnes en situation de handicap, des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) ou des personnes victimes d’exclusion sociale. Lieux de convivialité et de nature au cœur de la ville, ces sites sont également propices aux rencontres et à l’éducation à l’environnement. Actuellement, on rencontre fréquemment des jardins solidaires et partagés. En effet, il s’agit de remobiliser des personnes en difficulté par le biais du jardinage tout en rendant ces sites propices aux rencontres avec les habitants, en proposant un certain nombre d’animations liées à l’éducation à l’environnement. Certains considèrent maintenant les jardins solidaires et/ou partagés comme des alternatives ou des réponses aux difficultés engendrées par les crises. En garantissant un accès à une alimentation de qualité, les jardins solidaires et/ou partagés représentent une sécurité alimentaire de proximité.

Le jardinage collectif d’un terrain, parfois laissé à l’abandon, améliore le cadre de vie et permet des échanges entre personnes d’origine géographique, de milieu social et d'âge différents. Les jardins communautaires, souvent créés en ville, existent aussi en milieu rural.

Le respect de l’environnement est une valeur forte des jardins communautaires : les jardiniers choisissent des végétaux adaptés au sol et au climat et évitent les produits phytotoxiques (engrais chimiques,

Science et écologie

RETOUR DU LOUP, EAU DE FUKUSHIMA, ALLAITEMENT SANS VIH ET ABEILLES SAUVAGES
La science pour éclairer les choix de l'écologie politique. La réflexion politique pour développer la critique de la science.
animaux malades et en faisant éclater les hardes. Mais c'est un problème pour les éleveurs de moutons et de chèvres. C'est à la puissance publique de contribuer à rendre possible la cohabitation entre le prédateur et les élevages. On en connaît les moyens : chien Patou, clôture électrique, parc de nuit, etc. Et ce n'est pas aux éleveurs, c'est à la collectivité d'en payer le prix en assumant le coût des mesures de prévention et d'indemnisation. Quant aux propos réitérés de José Bové en faveur de l'élimination du loup, ils sont totalement inacceptables.

1. Le retour du loup en Europe occidentale
Après avoir été éliminé d'Europe occidentale au début du XXe siècle, le loup est officiellement de retour en France depuis 1992. La raison principale est la déprise agricole et la reconstitution qui en résulte de milieux convenant au prédateur. Cette recolonisation par le loup s'est faite à partir de l'Italie, où l'animal n'avait pas complètement disparu, et c'est dans le parc du Mercantour qu'il a été repéré en premier. Mais c'est notre changement de point de vue sur le loup qui est à noter aussi. Du statut de nuisible à éradiquer, il est passé à celui d'espèce protégée. Mais les préjugés n'ont pas complètement disparus et les réticences restent tenaces, en particulier dans les zones rurales et le milieu agricole. Et les élus locaux commencent à obtenir des préfets des tirs dérogatoires qui rendent fragile cette réinstallation. (Pour la Science n° 435, janvier 2014, pp. 64-70)

2. Que deviendra l'eau de Fukushima ?
Actuellement, 300 000 tonnes d'eau contaminées sont stockées dans près d'un millier de réservoirs. Certaines cuves, montées à la hâte, sont peu fiables. Tous les jours, 350 tonnes d'eau sont déversées pour refroidir les trois réacteurs en fusion. À cela s'ajoutent, quotidiennement, 400 tonnes d'eau d'infiltration qui entrent en contact, sous la centrale, avec les eaux radioactives provenant des arrosages de 2011. C'est l'équivalent, chaque semaine, d'une piscine olympique d'eau empoisonnée qui doit être stockée, et le total devrait atteindre 800 000 tonnes en 2016. Tepco, l'opérateur de la centrale, cherche à décontaminer les eaux en vue de les rejeter en mer. Les eaux stockées ont été débarrassées de leur césium radioactif, mais il reste encore 62 autres radioéléments… Les fuites, avaries ou incidents sont nombreux, souillant davantage les sols et l'Océan Pacifique. (La Recherche n° 483, janvier 2014, pp. 94-95)

15

Commentaire : Le loup est maintenant une espèce protégée par la convention de Berne (1979) et par la directive Habitats faune flore de l'UE (1992). C'est une bonne nouvelle pour la biodiversité : les grands prédateurs, comme le loup et le lynx, participent à une régulation fine des populations d'ongulés sauvages (sangliers, cerfs, chevreuils et chamois) que l'homme est incapable de réaliser. Sans cette régulation, les herbivores sauvages, devenus trop nombreux, peuvent faire de gros dégâts dans les forêts et les cultures. Ils empêchent aussi la propagation des épidémies en consommant les

Commentaire : Les tentatives des Japonais pour
limiter les dégâts s'avèrent tous les jours un peu plus problématiques. Ils envisagent maintenant de congeler le sol autour de la centrale sur 12 mètres de profondeur pour empêcher l'eau de se propager, en faisant circuler des fluides réfrigérants dans des milliers de tuyaux. Une barrière sous-marine de 30 m de haut et 780 m de long est en construction pour isoler le bord de mer le long de la centrale. Mais tout est à la merci des aléas sismiques et des typhons. Conclusion : si on veut éviter d'être un jour face à ce genre de problème, il faut absolument en finir le plus vite possible avec l'industrie nucléaire.

différents pour éviter le surdosage. Malheureusement, en juin 2013, l'OMS (2) a retenu l'option du seul traitement maternel.

4. Les abeilles sauvages butineuses menacées
Différentes études menées dans le monde prouvent que les abeilles sauvages sont de bien meilleures pollinisatrices que les abeilles domestiques. Or on assiste à une très forte mortalité des colonies d'abeilles domestiques ces dernières années. : 19 à 30 % en Europe et en Amérique du Nord. Les causes sont multifactorielles : virus et parasites, réduction de la biodiversité par la monoculture, usage des pesticides. Mais les recherches entreprises montrent que les abeilles sauvages butineuses sont aussi en déclin. Il y a un risque grave pour la production de fruits et de graines parce que la fructification des plantes cultivées dépend de l'importance des visites des pollinisateurs domestiques et sauvages. (La Recherche n° 483, janvier 2014, pp. 24-29)

3. Allaitement et VIH : vers le risque zéro de transmission
Un récent rapport des Nations Unies montre qu'en 2012, 260 000 bébés ont été contaminés par le virus du Sida, un tiers pendant l'accouchement et deux tiers au cours de l'allaitement. On pourrait donc penser qu'il suffirait de remplacer l'allaitement maternel par l'allaitement artificiel, comme on le fait dans les pays riches, pour améliorer grandement la situation. Mais ce n'est pas si simple. En Afrique par exemple, l'allaitement artificiel augmente fortement le risque de maladies et de décès, notamment pour des questions d'hygiène. L'allaitement maternel reste donc la meilleure protection contre la malnutrition et les maladies, sauf le Sida. La solution proposée, après les recherches menées en Afrique par des équipes de l'Université de Montpellier et de Bergen (Norvège), est de traiter par des antirétroviraux (1) non seulement la mère, mais aussi l'enfant pendant toute la durée de l'allaitement. (La Recherche n° 483, janvier 2014, pp. 46-49)

16

Commentaire : L'INRA (3) a montré que la disparition des insectes pollinisateurs ferait baisser de 30 % en moyenne les récoltes alimentaires mondiales, soit une perte d'environ 153 milliards d'euros. Ce sont les pratiques agricoles qui sont en cause dans le déclin des insectes pollinisateurs, ce sont donc les pratiques agricoles qu'il faut réviser. En mai 2013, l'Union Européenne a décidé d'interdire pour deux ans les trois néonicotinoïdes (4) les plus utilisés. La mesure n'est que temporaire et n'est pas suffisante. Les auteurs montrent que c'est la mise en place de pratiques agroenvironnementales qui augmente la richesse et l'abondance des pollinisateurs sauvages : conservation des talus, des haies et des bosquets, création de jachères fleuries, etc. Ces mesures rendent aussi à nos paysages des services inestimables, impossibles à chiffrer, comme le fleurissement printanier.

Gérard Mamet

Commentaire : Le traitement des mères séropositives pendant la durée de l'allaitement ne divise que par deux les risques de transmission au bébé. Ce n'est pas suffisant. Les études montrent que les antirétroviraux administrés à la mère agissent sur les particules virales libres, mais pas sur les cellules maternelles contenues dans le lait. Or certaines de ces cellules contiennent du VIH. Il faudrait donc combiner le traitement des nourrissons à celui des mères, en utilisant deux antirétroviraux (1) Médicaments efficaces contre une catégorie de virus appelés rétrovirus. (2) Organisation Mondiale de la Santé. (3) Institut National de Recherche Agronomique (4) Insecticides utilisés pour le traitement des semences : clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame.

UN MOIS, ÉMOIS, ET MOI
Réseaux. Réouverture le 1er janvier du compte Twitter et de la page Facebook de François Hollande. Ça nous manquait.. Cassoulet. Deux Toulousains de quinze ans partent s'engager dans le djihad en Syrie. Qui a dit que les jeunes n'avaient plus d'idéal ?

Tournant (1). Selon un collaborateur de François Hollande, « les plus ennuyés [par la politique économique de celui-ci] sont à l'UMP. Ils voient que nous faisons ce qu'ils ont beaucoup annoncé mais jamais fait. » Et il s'en vante, l'enclume ! Tournant (2). Hollande « n'a plus qu'à adhérer
à l'UMP », se marre Éric Woerth. Pour quoi faire ? Pour mener une politique de droite, on est aussi bien au PS.

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Tournant (3). Lu dans Le Monde du 17 janvier
que, « du côté des partenaires écologistes, la tendance générale n'est pas à la résistance ». Ça m'a toujours fasciné, dans Le Monde, cet art de manier la litote.

Discrimination. Selon le CNRS, les élèves portant des noms à consonance maghrébine sont refusés par des établissements privés catholiques. Veinards, ces petits Maghrébins ! Particules. Aux États-Unis, pays du toutVertueux. Bercy sort les Bermudes et Jersey de
la liste des paradis fiscaux établie par la France : paraît que ces îles ont fait de gros efforts. Si c'est Mosco qui le dit... essence, les ventes de voitures diesel explosent : + 25 % en 2013 ! L'étranger commence à comprendre que nous avons eu raison avant tout le monde.

Sportifs. Après Michael Schumacher, c'est Angela
Merkel qui s'esquinte en faisant du ski. Quels lourdauds, ces Allemands !

Mondanités. Il paraît que la visite d'un président français au Vatican, « c'est un passage obligé. À un moment donné, il faut aller voir le pape. » Pourquoi ? C'est un rite de passage ? On va au pape comme on va aux putes ?

17

Nathalie. Frédéric Beigbeder à son frère Charles,
candidat dissident aux municipales à Paris : « C’est dommage que tu ne puisses pas t’entendre avec NKM. Elle est mignonne et elle est venue au lancement de Lui. » Enfin des arguments sérieux ! Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Pacte. Peu désireux de prendre « des engagements » en matière d'emplois en échange d'une baisse des charges, le patronat français ne veut parler que d'« objectifs ». Aboule le fric et on verra après.

Croissance. Lu et entendu partout à la miMépris. Un conseiller de NKM estime que le
match entre cette dernière et Anne Hidalgo sera « une bataille entre la star et la concierge ». Comment ne pas haïr la droite ? janvier que la France a gagné 9,4 millions d'habitants entre 1982 et 2011. Faudra qu'un jour on m'explique ce qu'on a à gagner à être toujours plus nombreux.

Abrutis. Devant le Zénith de Nantes où
Dieudonné ne peut pas se produire, ils font des « quenelles » au « système » et à l'« establishment », mais brandissent des drapeaux tricolores et chantent La Marseillaise. Plus con, tu meurs !...

Morale (2). Pour Georges Fenech, député UMP
du Rhône, « la question de la démission de François Hollande doit être posée, avant que les valeurs qui fondent une nation ne soient définitivement détruites ». C'est vrai, quoi : batifolage et cocufiage ne sont pas les deux mamelles de la France !

Bateaux. Contrairement à ses promesses, le
Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo gouvernement australien n'a pas envoyé de vaisseaux pour empêcher les Japonais de chasser illégalement la baleine dans un sanctuaire austral. Il ne peut pas tout faire à la fois : il en envoie déjà assez pour pourchasser l'immigré clandestin.

Kamikazes. Pour « venger » la mort de civils
afghans dans la province de Parwan, les talibans tuent - entre autres - des civils afghans à Kaboul. Logique.

Morale (1). « Face aux difficultés, juge le député
UMP du Pas-de-Calais Daniel Fasquelle, le président de la République ne peut avoir qu'une seule maîtresse : la France ! » Vu la tronche de ladite maîtresse en ce moment, on comprend qu'il cherche son bonheur ailleurs.

Précaution. Les députés prohibent le Wi-Fi
pour les moins de 3 ans, dans les crèches et les garderies. Une telle audace laisse sans voix : c'est vrai, ils auraient pu ne l'interdire qu'aux moins de 3 mois, dans les couveuses.

Neurones. Près d'un Français sur deux juge que
le FN est « utile ». Près d'un Français sur deux réfléchit avec son croupion.

18

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Web. D'après le pape François, internet est « une bonne chose, un don de Dieu », permettant de « porter à l'homme blessé […] l'huile et le vin ». Nom d'un petit crucifix ! Dieu propose-t-il ses produits sur eBay ou PriceMinister ? Gérard Roy

Encore un peu de Charlie Hebdo?

19

Notre-Dame-des-Landes

Sites de référence :
http://acipa.free.fr http://zad.nadir.org http:// naturalistesenlutte.overblog.com

14, rue de la République 25000 Besançon / 03 81 81 06 66 / http://franchecomte.eelv.fr/

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful