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International Criminal Tnbunal for Rwanda Pénal international pour te.Rwanda
IIVln.,IN,II,INS ~~,,<WS,'*,*S

Devant les Juges :

Navanethem Pillay, Présidente de Chambre Erik Mme Pavel Doletic

Greffier :

Dr Agwu Ukiwe Okaii

-

Décision rendue le : ler juin 2000

LE PROCUREUR
C.

GEORGE3 RU<X;IU

Aïfaire No. ICT-R-97-32-1

-

JUGEMENT PORTANT CONDAN(NATI0N
Bureau duProEureiir :
M m e C d a del Ponte M. Mohamed Othman M. Wiiiiam T. Egbe

Conseil de I'accusé : Me Mohammed Aouini Me Jean-Louis Gilissen

A.

Rappel

Le 9 juillet 1997, le Procureur a adressé'une requête ofîïciellc aux autorités de la 1. Rcpublique du Kenya, conformément à l'Article 40 du Règlement de procedurc et de preuve (ci-après Ic "Réglcment") en vue de l'arrestation et du placement en garde à vue de Georges Ruggiu (ci-après 1"'accusé"). par unc ordonnance datée du 16 juillet 1997 et conformément à une requête introduite 2. par le Procureur en vertu de l'Article 40 bis du Règlement, le Juge Laïty Kama a ordonné le transfert et la détention provisoire de I'accusé au Quartier pénitentiaire des Nations Unies à Anisha. L'accusé a été arrêté par des agents de la sûreté nationaie kenyenne au cours de 3. l'opération NAKI à Mombasa le 23 juillet 1997. Son transi&? au Quartier péniten?iaire du Tribunal à Awsha a été effmtué suite à ladite ordonnance. L'Acte d'accusation établi contre l'accusé le 30 septembre 1997 a été confinné le 4. 9 octobre 1997 par le Juge Lennart Aspegren. Le 24 octobre 1997, lors de sa comparution initiale devant la Chambre de première instance 1, l'accusé a plaidé non coupable des deux chefs d'accusation retenus contre lui, à savoir incitation directe et publique à commettre le génocide et crimes contre l'humanité (persécution). L'accusé s'étant plaint de divers incidents au Quartierpéniibentiake des Natims Unies, 5. le Procureur, dans une requête endate du 5 juin 1998, a sollicitk,en vertu de !'Mi& 54, me ordonnance prescrivant la modification des conditions de detention de I'awsé. Le 12 juin 1998, le Président d u Tribunal d'alors, le Juge Laïty Kama, a autorisé L eG eà prendre les mesures nécessaires pour séparer I'aocusé des au- détenus. Le 28 juin 1999, I'accusé a déposé une requête sollicitant de nouveau l a modification 6. de ses conditions de détention, au motif notamment que du fait de nouveaux d e v e h p m t s les menaces pesant sur s a &Unté personnelle se sont multiipli6es. Le 14 juillet 1999, le Juge Erik Mme, en sa qualité de Pdsident par intérim d u T&unal, a auhisé le transfert de I'accusé vers un lieu de détention sépd à Anisha.

Le 11 avril 2000, la Défense a introduit une rq& en ~~t de piaidoyeret à l'appui de iaqueik elle adeposé un Accord de p l a i d o y e r d u suedePmcacew.
7.

Le 9 mai 20M), la Chambre de psenik instance I a Fait droit protection pour l e témoin à décharge "W.

8.

aiu<

mesures de
droit aux

9. À l'audience du 15 mai 2000, la Chambre de p d & e instance i a requêtes énuméréesci-après : i) ii) iii) iv)

$ait

Requête du Procureur en modification de l'Acte d'accusation; Requête de la Défense aux fins de retire toutes les rrequêtes pendantes; Requête de la Defense visant à autoriser l'accusé àchanger de plaidoyer;

&quete

de la Défense aux fins d'admissibilité de la déclaration du témoin

"BC".

B.

I,e Plaidoyer de Culpabilité

10. Le 15 mai 2000, ayant été autorisC à changcr son plaidoyer. I'accusL; a plaids coüpable des deux clicfs d'accusation retenus contre lui dans l'Acte d'accus;itioii. I I a confirmé avoir signc un accord de plaidoyer, égalcmcnt signe par son conseil et Ic Procurcur. dans lequel i l a reconnu avotr commis tous les îaits mis à sa charge dont il a plaid2 cotipblc Ainsi que I'exigc l'Article 62 v) du Rcglcment, la Chanibrc de prcniiSrc rnstaxe 2 II. vérifié la validité du plaidoyer de culpabilitc. A cet effet. la Chambre a Jsmaiidf à i'accosé . i) ii) Si son plaidoyer de culpabilité avait été volontaire. autrcnienr dit. s'il i'avai: fait librement et consciemment, sans pression, ni menaces. ni promesses: S'il avait bien compris la naturedes charges fornulces contre lui, ainsi que les conséquences de son plaidoyer de culpabiiité: notamment qu'il renoncait r son droit à être jugé; et Si son plaidoyer de culpabilité était sans équivoque, amernent dit. s' il érar conscient que ledit plaidbyer n'était compa%ible avec aucun moyen de dirènse qui pournit le contredire.

iii)

12.
C.

A toutes ces questions, l'accusé a répondu par 1' affirmative.
La Sentence en cas de Plaidoyer deçulpabilité

Au chef d'accusation 1, le Procureur impute à Georges Rugjiu le crime d'incitation 13. directe et publique à commettre le génocide, wime puni par l'Article 2 3)c) du Statut.
14. Ce crime fait l'objet d'un examen approfondi en l'affaire le Procureur c. Jeun-Paul Akayesu. Le Tribunal a estimé, en l'espèce, que l'élément moral nécessaire au crime riside dans l'intention d'amener ou de provoquer directement autrui à commeme le génocide. Celui qui incite à commettre le génocide est lui-même foxément a n i d de l'intention spécifique de commettre le génocide, à savoir celle de détruire, en tout o u en partie, un groupe national. ethnique, racial ou religieuxcomme b l . '

I

15. Dails l'affaire Aicayesu, la Ch& a fait égalemmt mnazquer que "iori d e l'adoption de laConvention sur le génocide, les &%gués wit dédé de stipulaexprasémenr l'incitation directe e t pubiique &commettrele génoçide comme rai <.nirnz çpécitique.en raison notamment de son importance dans la préparation d'un génocide. A cet égard, le dék& de l'URSS a déclaré qu': 'il est impossible que des centaisaes de milliers d'exécuianrs accomplissent autant d e . c h , s'ils n'y ont pas Bté incités, si les crimes n'ont pas été préparés et soigneusement organisés. Comment, dans ce cas, admethe que ces provocateurs et ces organisatem échappent au châtiment, alors qu'ils sont les ai ais respoNabies des atrocités commises?' '"
Voir Le Procureur c. Jean-Paul Akayesu, affaire no I(JIn-96-4-T, Jugemenrdu 2 septembre 1998,

I

par. 560.

'Ibid.,par. 551.

Lc Tribuiial a cstinic. dans -la niéme affairc. que le crime de génocide est si grave que 16. I'incitatioii dircctc ci publique à comnicttre le génocidç doit être puni en tant quc telle, même si I'incitation n'a produit le résultai voulu par I'autcur du crime. C'est ainsi que leCode Pénal Rwandais prcvoit que l'incitation dircctc et publique, ou la provocation. ist une forme de con~plicité. En effct, l'alinéa 4 dc I'Articlc 91 dispose qu'est réprime en tant que complicc, "'celui ou ceux qui, soit par dcs discours, cris ou menaces proférés dans des lieus ou rcunions soit par des écrits, dcs imprimés vendus ou distribues, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou affiches, exposés au regard du public, aura ou auront dircctenicnt provoqué l'auteur ou les auteurs à commettre cette action. sans préjudice des peines prcvucs contre les auteurs de provocation à des infractions, même dans le cas où ces provocations ne seraient pas suivies d'effe~s.'~

'

Dans Akqvesu, le Tribunal a considéré, et ceci est tout à fait pertinent au rerard de la présente affaire, que "lecaractère public de I'inci~ationau génocide peut être particuliérement examiné à la lumière de deux facteurs : le lieu où l'incitation a été formulée et le fait de savoir si [I'incitation] a été ou non sélectionnée ou limitée. La junspmdence habituellement retenue en Civil Law considère que la publicité des propos résuite du fait que ceux-ci ont été tenus à haute voix dans un fieu public par natures Selon la Commission du Droit International, l'incitation publiqueest caractérisée par un appel à commettre un cnme lance dans un lieu public à un cedain nombre d'individus ou encore par un appel lancé au gand public par des moyens tels que les médias de masse, comme la radio ou Ia%ékvision.' Dans la présente affaire, les actes de l'accusé sont constitutifs du w m e d'incitation publique. Ses messages ontété lancés à travers i.es esdias de masse à destination dugrand public.
17.

Au chef 2 de l'Acte d'aocusation, le Pmcut-eur impute à Georges Ruggiu I'infradon de crimes contre l'humaniîéfpwsécution), crimepunissabie à I'Artick 3 h) du Statut.
18.

i

19. La Chambre de premike instance a examiné des precédents judiciaiiw importants en ce qui concerne le crime contre l'humanité de persécution, ce qui inclut l e jugement Julius Streicher. Dans cette affaire historique, le Tribunal International Militaire de Nuremberg a consideré que l'kditeur de l'hebdomadaire privé &-sémite ' O x Stwwer'' avait incité le peuple allemand à persécuter activement le peu& Juif. Le Tribunal a conclu que "le $ait pour Streicher d'inciter au memta et à l'extermination, a une époque ou les JuiiS dans l'Est étaient massac& dans des conditions inquaiifiaiiies, constitue manikstement la pwsecution de gamme au yens du S^&t pour des raisons politiques et raciales en rappw? avec desqet un aime contre I'human&. Le jugement Strekher e t p a r t i c u ~ genimt ~ t au mgard de. la présente affaire, dans la mesure oh I'arxusé, à l'impar & SgeidPer, a sensé dans I'espd des gens la grainede la haine ethnique e t de ia peiséçution? ,

"'

' Ibid, par. 561.
Code pénal in "Codes et Lois duRwanda", Université nationale du Rwanda, mis à jour au 3 1 décembre 1994, volume I,2ème édition: 1995, p. 395.
b

'Voir Jugement Akayesu,par. 556.
Ibid, para. 556, p.225. Le Tribunal Militaire international (Nuremberg, octobre 1946), affaire JuliusStreicher, Proces der grands criminels de guerre devant le Tribunal Militaire International(origina1 anglais), vol. XXII. p. 549. Ibid., p. 547.

'

Dans I'atfàirc le Proctrreirr c. Dusko firdic, le Tribunal pour I'cx-\i'ouçosla\ic ('TPIY) 20. a coiiclu que la "détermination des éléments constitutifs de la m o i s v m des criiiics contre I'hutii;ltlité s'est avérée particuliércmcnt difficile et a C r i la source dc noinbrciiscs controvcrses. II semble néanmoins qu'cn tout Ctat dc causc. pour que l'on soit en prisciicc de la tnem retr constitutive des crimes contre I'liumanitc, il faut qu'cn plus dc l'intention de comnicttre Ic crime de base l'auteur soit conscient du contexte plus large dans lcqucl il est ~omniis."~ Dans l'affaire lc Procureur c. Kt~,vjshenitr. le Tribtinal pour le Rwanda a diclare que "L'auteur des crimes contre l'humanité doit avoir agi en connaissaiice dc cause. c'cst-idire qu'il doit comprendre le contexte général dans lequel s'inscrit son acrc. [...] Cc qui transforme l'acte d'un individu en crime contre I'hunianité, c'est notamment le fait que cet acte soit classé dans une catégorie d'infractions présentant un niveau de gravité accru. L'accusé devrait par conséquent être conscient de ce de& de gravité pour étre tenu responsable desdits crimes. De ce fait, une connaissance objeciive ou raisonnée du conxxte plus large dans lequel s'inscrit l'attaque s'avCre nécessaire pour que kt riierts reu exigée soit constatée. Autrement dit, l'accusé doit savoir que son acte s'inscrit dans k cadre d'une attaque généralisée et systéniatique contre la po ulation civile et qu'il a été accompli pour donner effet à une politique ou à un plan donnés.

"Po

Dans l'affaire le Procureur c. Zoran KupreSkic, le TPIY a résumé c o r n suit les éléments constitutifs du crime de persécution : "a) l a étéments requis pour tous les crimes contre l'humanité aux ternies du Statut; b) le déni manikste ou flagrant d'un doit fondamental, atteignant i e même degré de gravité que les autres actes prohibés à l'Article 5 : et c) des motifs discriminatoires.""
21.

La Chambre de première instance considére que l'examen des actes de persécution 22. qui ont été reconnus par l'accusé permet de mettre en évibnce un élément commun. C e s actes prenaient la forme d'une incitation directeet publique au crime, perpétrée à travers des propos radiodiffusés visant à mettre à l'index et à attaquer le groupe h i q u e Tutsi et les Belges, pour des moi& d'ordre discriminatoire, en les privant de lwrs droits fondamentaux à la vie, à la liberté et en leur refusant le statut d'êtres humains, qui est tzconnu au reste de la population. La négation de e s droits peut être considé& comme ayant pour but ultime sinon la mort de ces personnes du moins leur mise à i'$cart de la soci&é dans iaqueMe d e s vivent, aux côtés des auteus des actes incrimin&, v0K.e iewex&sion de II'hmanit6.

L'aocusé a confirmé son Plaidoyer de CuipabiW et a reconnu pkinement les fais 23. peztinents a l i & & s à l'appui des d&s d'musation 1 et 2 de VA& d'acwsat~on.'~dl amen clairement de I'Aocord de piaidoya, &es inémOia soumis par les Parties, des argumentations orales et de ladéclaration faite par l'aûcusé devant la Chanrbre qu'il n'existe aucun désaccord substantie1mts.e les Parties concernant Ees .faits invq&s à l'appui des deux chefs d'accusation. La C h & oonckit, par MXISé(Iuent, que le Plaidoyer de Cuipabiiité
Voir Le Procureur c. Dusko Ta&, a f f a i r e no. IT-94-1-T, Jugementdu 7 mai 1997,par.556, ''Voir Le Procurwc. Kayishema et Ruindana, affaire no. ICTR-95-1-T, Jugement du 21 mai 1999. par. 133 et 134,p . 39 et 40.
II

Voir Le Procureur c. Zoran Kupreikic, affaire no. IT-95-16-T, Jugement du 14 janvier 2000,par. ciàessous, p a r . 44-45.

627.
" Voir

repose sur des tiits suffislints pour cc qui est des infractions imputées à l'accusé. en premier lieu, et pour cc qiii cst dc sa participation i Icur commission. en second lieu.
24. En conséquenec, la Chambre declüre Ccorgcs Ruggiu coupable du cnmc d'incitation dircctc et publiquc à commettre le génocidc ci dc crime contre l'humanité (persécution).

II.
A.

DU DROIT ET DES PRINCIPES .4PPI,ICABLES
Les Textes Applicables

Les textes juridiques pertinents sont 1' Article 22 (Sentence), k s .4Iiticles 2'. (Peines) 25. et 26 (Execution des peines) du Statut. Les Articles 100, 101, 102, 103 et 104 du Rsgtement sont respectivement relatifs au prononcé de la sentence en cas de plaidoyer deçulp&~ii<é. à la peine, au statut du condamné, au lieu ct au coiitr0le de l'emprisonnement.
B.

Échelle des Peines Applicables a l'Accusé D6cIaré Coupable d'Un des Crimes Visés aux Articles 2 ou 3 du Statut du Tribunal

26. Il ressort des textes susmentionnés, que le Tribunal ne peut impmr à un accusé qui plaide coupable ou est jugé comme tel, que des peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement à vie. Le Statut du Tribunal exclut, en effet, toute autre forme de sanction telle la peine de mort, les travaux forcés ou une peine d'amende. 27. La disposition pertinente ici est l'Article 101 : A) Toute personne reconnue coupable par le Tribunal est passibk d'une peine d'emprisonnement d'une durée déterminée pouvant allez jusqu'à Ikmprisonnement à vie. Lorsqu'elle prononce une peine, la Chambre de première instance tient campte des facteurs visés au paragraphe 2) de l'Article 23 du W t , ainsi que d' ames

B)

factemçomme :
i) ii)
iii) iv)

L ' e x i s t e n c e de ciiconsiances aggravanaes;
L'existence de cipconstances at&wantes, y compris i'impocmx de ia coopération que l'accusé a fournie au Pmwrair avant ou a & la déclamthn de cu$&iiit&; La gnik gém%ale des peines d'emptiwnam6nt a p & & pw -tes tnbunau du Rwanda; La meure dans 4aqdie la pasontte reconnue coupable a déjà purgé toute peine qui pourrait 2 u i avoir ét6 iiniligée par une juridiction nationale pour le même fait, cotUbm&mnt au pacagiaphe 3) de 1'Article 9 du Statut.

C)

En cas de multiplicité des peines, la Chambre de première instance &cide si celles-ci doivent être purgées de façon consécutive ou si elles doivent être confondues.

O)

La duréc de la période pendant laquelle la personne reconnue coupable a et& gardée à vue cn attcnhnt d'Llrc reniise au Tribunal ou en attendant d'être jugée par une Cliamhre de prcniiére instance ou par la Chambre d'appel est, le cas ccliCant, dkduite de la durte totale de sa peinc.

Le Rwanda, coiiime tous Ics Etats qui ont introduit le crime contre 1' humanité ou le 28. génocide dalis leur i6gislation internc, a prévu pour ces crimes les peines les plus sévères. C'est ainsi que la Loi organique wündüise sur l'organisation des poursuites des infractions constitutives du crimc de génocide ou de crimes contre 1' humanité commises a partir du ler octobre 1990, et adoptée en 1996". regroupe les personnes accusées en quam catégories. Ces catégories sont les suivantes : "Catéeorie 1 : a)

s La personne que (es actes criminels ou de participation crimineilexangent p m i k planiticateurs, les organisateurs. les incitateeurs, les superviseurs et les e<rcadrwrs du crime de génocide ou des crimes contre l'humani%é;
La personne qui a agi en position d'autorité aux niveaux national, préfectoral, communal, du secteur ou de la cellule, au sein des partis poiitiquss, de l'année. des confessions religieuses ou des milices, qui a commis ces intiactions ou encouragé les autres à le faire; Le meurtrier de grand renom, qui s'est distingue dans le milieu où il &idait ou partout ou il est passé, à cause du zèle qui l'a caractérisé dans les t u & , ou de la méchanceté excessive avec laquelle elles ont été executees, La personne qui a commis des actes de tortures sexuelles.

b)

c)

d)

Catéeorie 2 : La personne que les açtes criminels ou de participation criminelle .rangent panai les auteurs, coauteurs ou complices &homicides volontaires ou d'atteintes graws cm@e les personnes ayant entraîné la mm. Catégorie 3 : La personne ayant commis des actes criminels w de @arxicipationaiaiinelle ia rendant coupable d'autres atteintes gaves à i a personne. Catégorie 4 : La personne ayant commis des in4kactionsconb-e les prnpié&.."

29. Les personnes relevant de la catégorie 1 encourent obligatoirement la peim de mon; les personnes relevant de la catégorie 2, l'emprisonnement à perpétuité alors que les personnes relevant de la catégorie 3 sont passibles d'une peine d'einprisonnement d'une durée plus &uitel'.
"Loi organique no 8/96 du 30 août 1996, pubtiée dans le Journal oficiel de la République nvandaw. 3Sène année, no 17, ler septembre 1996.

Le Procureur fait valoir que l'accusé relève de la cati.goric 1. Toutefois, on peut i hm 30. droit soutenir, au vu des avcux. que son cas relève davantage de la catigorie 2. 11 corisien;Je notcr qu'aux tcrrncs ilc la Loi organique. les personnes relesant de la cate~_orie 2 qui pascnt aux aveux ct plaident coupables avant de faire l'objet de poursuites sont passibles d'une pexe d'emprisonnement allant de 7 à 1 1 ans (Art.15 a)). alors que celles dont I'a\eu er le plaidalcr de culpabilité interviennent après l'engagement des poursuites encourent une pcne d'emprisonnement de 12 à 15 ans (Art. 16 a))
'

Bien que la Chambre se référera autant que possible a la grille des peines pri\ues y r 31. la Loi organique, elle exercera également son pouvMr souverain d'appreciation p u r déteminer les peines, compte tenu des faits de la cause et d a circonsiances propre a l'accusé. Selon ses propres ternes, la Chambre d'appel a estin12, dans k récent ju,uenisnt rendu en l'affaire Oniur Serushago c. i e Procureur, qu'"il est de jurispmdence établie 3u TPIR que la mention, dans le Statut, au "recouis par les Chambres de premikre ins<ancec la grille générale des peines appliquées par le Tribunal du Rwanda" ne contraint pas :es Chambres de première instance à se conbmier à Wte pratique. mais tout simplement à en tenir compte.""

C.

Principes Généraux Gouvernant la Détermination de la Peine

Dans la détermination de la peine, fa Chambz garde à 1' espit le fait que le Tribu;..al 32. a été créé par le Conseil de Sécurité en application du Chapiire VI1 de la Charte des 'uations Unies. En vertu de 1' Article 39 de Mite Charte, 4 e Conseil a .été habillté à prendre Ces mesures visant à faire cesser les violations du droit international humanitaire au *\vanda n : 1994et à en réparer les e E i . L' objectif visé par Lackation du T¶bunal est de pourjuis-re et de châtier les auteurs des atrocités s w m w s au Rwanda, de maniere à mettre fin à 1' impunité et par conséquent de favoriser la &conciliation nationale et le retour a la paix. La jurisprudence du TPIU a abordéen ce qui cM>Deme les peines la pcincipale findite 33. de la sanction, à savoir la retnbution, la dissuasion, la t&iwertionet la justice. 34. Dans Ia détermination de la peine, ia Chambre est invitée par k s Micies 73 2) du Statut et 1018)du @kglement a tteniroompaeii'un.@ertainmmbre de facteurs, tout en g a s h t à i'esprit fa n&essité d'ind-ividualisexla peine. CeperrdW, leJ Juges ne sauraient se Z i a u : u aux seuls facîeurs dont font &at le leatut e t le R è g h t . k i aussi, 1eiii pouvoir souverain d'appréciation des faits et des circonstanws qui les entoufient devrait leur pemeitre de prendre en compte tout au* facteur qui iurpara&ait p&t~ent.'~ 35. De même, les fwteurs dont il est question dans S e 3-t et le Regiemazt, en vue de la détermination de la peine, ne sauraient &te i n t e q d é s comme étant obiigatoi~.. ou exhaustifs. "
"

Ibid, p. 3 1. Voir Omar Serushago c. Le Procureur, affaire no ICTR-98-39-A, Décision du 6 a m 1 2000,par. 30. Voir Le Procureur c. Kuyishema et Ruzindana, affaire no ICTR-95-1-T, par. 1 (Semence).

II

l6

" Ibid, par.

3 (Senteme).

Ill.

SUR LE FOND

Aprks avoir passc en revue Ics prinçipcs posés plus haut, 1a.Chambre de première 36. instance va à prCsent cxamlncr toutcs Ics infornilitions pcrtincntes présentées par les Parties. aux lins de décider de la sentence appropriée conformcmcnt à l'Article 101 du Règlement. A. Les Faits de la Cause

Situation Personnelle de l'Accusé
37. 11 ressort de l'Accord de plaidoyer que l'accusé a ceconnu les *ai& ci-ap& relatifs à sa situation personnelle.

L'accusé était un employé de l'Administration de la ScuritéSociale Belge. II a iéti 38. amené à aider bénévolement des gens se trouvant dans le h o i n . Son i n e t pour ie Rwanda et sa population est né en 1990 suite à la rencontre d'étudiants rwandais qui iétaient ses voisins en Belgique. Son intérêt pour la politique du Rwanda s'est propivernent accru, et à partir de la mi-92. il a multiplié les contacts avec des Rwandais vivant en Belgique, y compris des étudiants, des politiciens, des officiers, des diplomates et des responsables de l'État rwandais. 39. Il était également membre fondateur du "Groupe de rékxion nuando-belge" qui a publié plusieurs articles sur les m o r d s d'Amha ainsi que sur la situation politique au Rwanda. 40. Son implication dans la politique rwandaise a gagrié en intemite suite à un premier voyage effectué au Rwandaen août 1992 pour assister au mariage d'un deses amis. 41. Devenu petit à petit l'un des principaux acteurs kvoluant au sein de la communauté rwandaise en Belgique, il a eu à participer à de grands débats politiques. Au début de l'année 1993, il est devenu radicalement opposer au F m t Patri~tiqueRwandais CWR'') et à pris fait et cause pour le régime au pouvoir au Rwanda. $31 mai 9993, il a xewonwk à plusieus reprises le PAident Habyarimana, sur t'invitation personnelle de celui-ci. A i h e de ces rencontres, le Pr&ident a sollicité son opinion sur ées moyens à m e en wuwe pour amélimer I'iinage de maque du Rwanelaet de son &grne.

i

' i n s t a l l e r au Rwanda, y Coder En novembre 1993,l' accusé a qui* 4aBelgique pour s une famille et commencer à tnrvaiiier pour k ~ o u v ~ ~ n e n t ~ v o i u c i ~ M Natiwial i a i r e pour te Développement ("MREa)"). Son recrutement par la M i o télévision 4 i ô P : edes Mi& Coilines ('RTLM?) a été facilité par le Pdsident HabyaRmana qui a, àcet effet, usé de son inhence auprks de Ferdinand Nahimana, le Ditecteur de t ' O W Rwandais de 1' ~ ~ t i i o n
42.

ToïtmmR").
43. Durant son séjour au Rwanda, l'accusé a travaillé e n tant que journaliste e t animateur à la radio RTLM du 6 janvier 1994 au 14juillet 1994. Rôle de l'Accusé durant les Evènements qui oqteu lieu au Rwanda

Le 11 mai 2000, les Parties ont soumis un document intitulé "Accord &e plaidoyer 44. tpx entre Georges Ruggiu et le Bureau du Pmcwur" signé par le Procureur d'une part e

Georges - Ruggiu et son conseil d'autre part. Dans ce document, l'accuse reconnait pleinenicnt sa rcspoiisahilité dans tous Ics actcs pcrtincnts qui lui sont imputbs dans les deux chefs de l'Acte d'xcusatiori. En particulier :
~

roopk

-

1)

L'accusé reconnaît qu'il était journalistc et animateur à la RTLM. II reconnaît que les discours tcnus sur les ondes de la RTLM visaient tous à dresser la population contre "l'ennemi". Ic FPR et ceux qui étaient considérés; en dehors de toute connotation ou référence ethnique, comme étant ses alliés. II reconnaît que sur les ondes de la RTL.M. ceux qui étaient considérés comme alliés du FPR étaient désignés en général par l'appellation de "complices du FPR. La signification de cette appelation a évolue. avec le temps, pour s'appliquer implicitement à l'ensemble de la population cnile tutsie et aux politiciens hutus opposés au Gouvernement intéAmaire. L'accusé déclare que durant les premiers mois de sa présence au Rwanda, il a perçu une évolution dans la vie politique rwandaise et que, sur une toik de fond marquée par une exacerbation des dissensions et des clivages ethniques, le pays dissait insensiblement vers une recrudescence de la violence. L'accusé admet que la généralisation de I'emploi du mot "lnyenzi" a de fncto fait prendre à ce terne la signification de "personnes a tuer". Dans le contexte t&s particulier de la guerre civile en 1994, le terne "lnyenzi"est devenu synonyme du mot "Tutsi". L'accusé reconnaît que i'emploi du mot "llnyenzi"dam ce contexte sociopolitique a ainsi abouti à assimiler les Tutsis à des "perçonnes à tuer"'. Il recomair également que, lors d'uneémission à laquelle il a participé, il a déclaréqu'il convenait de parachever la &volution de 1959 en vue d'en p~~ les acquis. L'accusé reconnaît avoir, à pluskurs reprises, lancé un appel à la &%&se civile et lui avoir prodigué ses encouragements dans le cadre d'émissions destinées a la population, en utilisant notamment l'expression "alkr tsavailkr". L'expression "aiier travailler" correspondait à la traduction littérale d'une expression rwandaise que le d i i t e u r de la RTLM, Phocas Habimana, avait expressément demandé à l'accusé d'utiliser lors de ses émissions. Avec le temps, w&e expression s'est toutsfois clairement révélée signifier "aller combam les m d m s du FPR et lem.;complices " puis, sub~&quemment, "alkr tuer les membres de Ikhie mtsk e t l e s opposmfs politiques hutus auGouvernement interimaki'. L'musé rzconnaît avoir déclaré sur les ondes d e la R"TtM:

ii)

iii)

iv)

v)

-

qu 'iI a condamné t'attitude d'Aga& UwiIr'ngiyiimana.te Premier Minisire, quz compromettait les institutions polifiques ~lcl&ises et qu'il a e n outre réclamé son départ; qu'il a jëliciié ceux qui comhuttaient Ces "inyenzi" à Nyamirambo A n r entendu que ces valeureux combattants comprenaient tant des avils que des Interahamwe, des membres de partis politiques et des militaires; que le Gouvernement offrait une récompense à quiconque tuait ou capturait un Blanc combattant aux côtés du FPR;

-

,

-

qrr '11 (r sou/rrirtC "ho11trrivtrrl" u Kurungunw<ret yu '11 1111 u rupptde que le lu mise en pluce d'une défense pré.s~ilcrrrdrc MWND pour Krcitkrro r~~clumuit cr vrle: qrr 'ils onr fiil leur 'y&" UILV 11yeriri et qlte lu popirlu~ionérrrit dkcidée à comhmm les Inye~rzi-I~rkotrit<vi et les cl&ser dtr pu~s.et yii'en outre. il clc.rnunduit <i lujeunesse (le "rrccvrrillcu"uvec I'urtnée;

-

qrce lu population civile et les mernhres de lu conimunau~écivile devuietrr rester vigikurtts. er que les i~rfiftrés iriyenzi-Inbrunyi devaient ërre idenrrfiés. que tout soup~on d 'injîl~r<rfion clevuit are signalé: qu'il remerciait la défense civile et les Forces urmées nvanduises d'assurer la sécurité du peuple rwuriduis; yu 'ilfullui~ mobiliser la popiilnclon et que la je4inesse. partour dans d e pays. devuit '?mvailler" uvec l'ur~née er le gouvernement pour deyentire le pays.

vi)

L'accuse reconnaît que, lors de certaines émissions de la RTL-M auxquelles il a participé, il a fait sur les ondes de cette radio Des déclarations suivantes :
ce sont des missiles belges qui ont abattu 1'avionpr=stden<iel; la Belgique est responsabie de C'oppression des Muius par les Tuts~s; la Beigique soutient le P R ;
il faut prendre des mesura contre la Beigique pour avoir izssasslné le Président ffabyarimana;

les Belges sont des néocolonialisteset ils doivent quitter le Rwanda; on ne doiten aucun cas colhrborer auec d a Belgique; la Belgique doit s'excuser et payer des dommages pour $a mon lurésidenz de la République, pour avoir a& le F M et pour tous d e s aàmnrages par elle;

à Nyamirambo. trois %azungu (blancs) ont été tués dans des rangs du F M . mais il ne s'qit pas de B~arungu comme les autres, tm-ïü.deMges; E'avion prkidentiel a é t i abam du coté de Mawka. la m m de sècurire sous le contrôle des militaires belges de lu MIWAR;
la MBVUAR est le complice du FPR, qui bénéficie des conseils du général Dallaire. commandant de la MINUAR; ce dernier doit choisir entrefaire son travail et partir;
il est impérieux que le Gouvernemeiat rwandais se prononce en faveur du départ des Belges et de tous les Bekes au sein de la MRIUAAR:

vil)

Georges Ruggiu reconnaît qu'il a diFfusc des rcniarques et des déclarations discrirninatoircs cl mendçiantes conlre I'nttitude et la politique adoptées par le Gouvernement bclgc au Rwanda ainsi quc contre les activités du contingent de la MINUAR. dont, et plus particulicrerncnt. Ics Beiges. L'accusé a engasé une guerre des ondes contre Ics Belges sur la RTLM en vue d'attaquer la polixique internationale * adoptée par le Gouvernement belgc ê l'égard &"Rwanda. L'accusé adnlet qu'entre le 8 et le 13 avril 1994, il avait été intormé d'une inliltration à grande échelle de membres du FPR à Gi.kondo. En vue de tenter de &venir le rédacteur en chef de la RTLM, Gaspard Gahigi, qui vivait à Gikondo, il a W é la population de Gikondo de la présence de ces infiltrés. Gaspard Gahigi a expliqué à l'accusé, par la suite,que plusieurs personws, dont des femmes et des enfams, avaient vcmcnt été tuées ce soir-là en conséqueme de son appei sur les on* de la La RTLM a diffusé des informations &signant nommétrent des pessonnes @Aies que Faustin Twagiramungu, alors Premier Ministre désigné du Gouvernement transitoire à base élargie dont les Accords d'Amsha prévoyaient l a mise en place, et Lando Ndasinga, alors Ministre des affaires sociaks, comme étant des complices d u F m . Lando Ndasinga a été assassiné le 7 avril 1994. L'accusé reconnaît que lors d'une des émissions auxquelles il a participé sur les ondes de la RTLM, il a accusé Faustin Twagiramungu d'être l'un des responsables de l'assassinat du Paésident Habyaiinana et de six autres hommes politiques et a affirmé que %s masses 'bopuiaiRIs" i'attendaient au tournant pour lui régler son compte.

viii)

x)

L'accusé reconnaît que tant lui-même que leJ autres journalistes de la RTLM ont participé à des émis$ons au cours &squeIks ont &é diffusées par intermittence des chansons ayant pouf"but d'encourager la population à combatta i'ennemi, dont .et notamment une chanson intitulée "Nanga, Abakwtie", soit "je n'aime pas4es~ubdsubds'.

1

xi)

L'accusé reconnaît que les émissions de la RTLM o n t dimisé l'idéologie + S desseins des extrémistes hutus, notamment les membres de MRW e t de I a C o a i h pour la Defence de la &épublique ("CD'R"). 11 admet que les émissions de laBTLM
ont incité les jeunes Rwandais, les miliciens Interahamwe et les militaires à participer à la lutte armée contre l'ennemi et ses complices et partant ii tuer les Tutsis et k s Hutus modépéset à porkx gravement atteinte à kur intégrité piiysiqiieetm t & .

xii)

L'accusé reconnaît que b ler juin 1994, il a félicité les &eruharnwe e t ies $endames de Gitega e t de Muhima pour avoir * s à "l'ennemi" une rntbraikwe de type 50 Bromville Mark, fabriquée aux États-unis d' AmWqwe.

xiii)

L'accusé admet que les journalistes de la RTLM ainsi que les cadres et la direction éditonaie de la RTLM sont entièrement responsables des marsacres des Tutsis et des h u a membres de partis d'opposition qui ont été commisen 1994.

45. L'accusé était pleinement conscient des persécutions de masse dirigées contre une partie de 4a population civile et le contingent beige, pour des motifs d'ordre politique ou

ctliiiiquc. L'accusc rccorinait que lors de s i visitc dc Kigali à la mi-avril 1994. il a été mis au lait de I'cxistencc d'un plan élaborc cri vue de la destruction des Tutsis en tant que groupe ctliiiiqiic. En outre, à l'audience, à la question pos6e par la Cour à l'effet de déterminer les raisons pour Icsqiiellcs il souhaitait cliangcr de plaidoyer, l'accus6 a répondu : "Je me suis rendu compte, moi-même, que certaines personnes au Rwanda avaient été tuées pendant les Cvc'nciiients de 1994, et quc j'en étais rcsponsablc et coupable. qu'il y avait un lien direct entre cc que j'avais dit et leur mort. Et dans ces conditions-là, j'ai estimé que je n'avais pas d'autres alternatives honnêtes, que de plaider coupablc."'"
B.

Faits Relatifs à la Sentence

46. du Rkglement en Aux termes de 1' Article 23 2) du Statut et de 1' ArZicIe 101 8 ) imposant toute peine, la Chambre doit tenir compte de facteurs tels que la gmcké des &mes perpétrés, la situation personnelle d e la personne condamnée, et 1' existencede circonstances aggravantes ou atténuantes. Toutefois, ces facteurs énumérés n' ont aucun caractkre obligatoire ou limitatif. II s'agit ici d' individualiser les peines en F n a n t en co:orisdération tous les facteurs qui entrent enjeu. Circonstances aggravantes 47. La Chambre considère lescirconstances ajgravantesaiumérées ci-dessous : i) Gravite des Crimes

La gravité des crimes et l'ampleur de la participation de l'accusé à leur conimission 48. constituent des facteurs a prendre en considération dans la détemination des circonstances aggravantes. Le Génocide et les Crimes contre l'humanité sont, wi. ew-mêmes, des&mes d'une extrême gravité quichoquent la conscience de I'hUmanieé.

Les crimes commis par l'accusé tombent dans la cat6gOne des infractions 4 s plus 49. graves prévues par le Code Pénal Rwandais.

ii)

Le Rôie de l'Accusé dans laCommission des CriRaes

Les médias, en particulier la radio de la RTLM, ont été un inshvrnent clé utilisé par 50. les extrémistes des partis politiques pour mobiiiser la population et l'inciter à commeme k massacres. La RTLM était t k skcoutée au Rwanda et .est devenue un efficace insinment de propagande. L'accusé, qui était journaliste et animafeur à la RTLM, a jcak un .rôle crucial dans l'imitation à la haine ethnique et a la vwlenoe, dont la RTLM&ait devenue le médium a a s ses émissions digu&s à l a RTLM, il a enmurag6 la miseen @ace de vigoureux. D banages routiers et félicité les ~zerx>wes qui y massacraient les Tutsis. 11 a persisté à iancer a la population, en particulier aux miiitahs et aux Interahrnwe, afin que soit des a p f ~ i s parachevée la révolution de 1959. A travers &dites émissions, il a égaiement imité aux massacres de la popuiation tutsie.
Suite a une visite de la ville deKigali apres le 12 aviil 1994, organisée par les F m e s 5 1. armées rwandaises, l'accusé s'est rendu compte que les émissions de la station radiophonique de la RTLM contribuaient aux massacres perpétrés contre les Tutsis. Toutefois, l'accusé a

' Voir Procès-verbal en fiansais de t'audience du 15 mai 2000, p. 89.

fait Ic choix dclihcrE dc dcmeurcr au Rwanda ct dc continuer à Bavailler a ld RTLM. Les progranimcs radiodiffusés dc l'accusé ont incité la haine contre les Tutsis. les Hutus de l'opposition ct Ics Belges. Circonstances atténuantes
52. Pour ce qui est de l'individualisation dcs pcines, la Chambre est inkestie, dans la détermination des faits et des circonstances qui les entourent, d'un poukoir souverain d'appréciation. Ce pouvoir discrétionnaire lui permet de décider si e4k doit QU non prendre en considération certains facteurs dans la determination de la peine. C e principe a été réaffirmé, sans équivoque, par la Chambre d'appel dans sa décision du 6 avril 2000, rendue en l'affaire Ottzur Serushago c. le Procureri,:

i)

Le Plaidoyer de Culpabilité

Il y a lieu de considirer le plaidoyer de culpabilité fait par I'aocusé comme une 53. circonstance atténuante dans la mesure où ce plaidoyer facilite l'administration de 3 a justice en accélerant la procédure et en économisant les ressources. L e piairloyer de çulpabiiie de l'accusé a permis au Tribunal de faire l'économie d'une 4ongue enquete et d'un procès et partant d'économiser du temps, de l'énergie et des tessoumes.

54. Le plaidoyer de cuipabiiité de l'accusé dénote chez celui-ci une @se de c o r r s c d profonde de sa culpabilité, dans la mesure ou il a changé son piaidoyé après mûre f a x i o n . L'accusé fait, en effet, preuve du désir d'assumer la respomabilité &ses actes. L'& était pleinement conscient de la menace réelle et dkecte qui dkouierait pour s a sécuRté personnelle d'un plaidoyer de culpabilité. En cons&uenoe de son changement de plaidoyer, il a dû être séparé des autres prisonniers. Quoique les divers systèmes juridiques ne reconnaissentpas tous qu'un plaidoyer de culpabilité constitue une circonstance atténuante ou joue e n faveur de l'accusé, dans le cas d'espèce, il convient de souligner l'importance miale que revêt le plaidoyer de l ' W . La reconnaissance varoecelui-ci de ses fautes et de ses crimes est une manifkstation sainede L a raison et des sentiments, et qui illustre le debut d'un repentir. D a n s le jugement Erdemovïc, la Chambre a estimé qu'une reconnaissance de cuipabilité constituait uneweuw d ' h o M de la part de l'auteur -del'acte in~riminé.'~La ~hambie fait skme opinion et esthe qu'en matière criminelle, il est de bonne politique d e pier<dt;e enmllskdération k s p4aidoyers de culpabilité aux fins d'encourager d'autres suywcts et auteurs d'aotes criminels à avouer l e m forfaits. Il est important d'encourager tous ceux qui ont participé aux crimes commis au Rwanda en 1994 d'avouer et de rpconnaîtie leurs fautes. Dans c e & pwspective, la Chambre se doit de considbr ie plaidoyer de culpabilité comme mecirconstance ag&uenk à Qagtleüe il convient d'accorder du poids et d e . l'impoaance.
55.

oetfe

ii)

La Coopération de l'Accusé avec le P m w e u r

56. L'Article 101 du R6glement de procédure et de preuve dispose expressénient que la Chambre de première instance tient compte de "l'existence de circonstances atténuantes, y
l9 Voir Le Procureur c. Erdemovic, jugement poItant condamnation du 5 man 1998, .ICI"Y Affaire No 1T-96-22, p. 11.

conipris I'importanec dc la coopcration quc l'accusé a fournie au Procueur avant ou apres la dcclaraiion de culpahilité."
57.

La Chamhre prend note du fait quc des le départ, en dCpit de sa décision de plaider non coupable, I'accusé a informé le Procureur de son désir de coopérer dans la recherche de la vCrité. C'est ce mêmc désir qui cxpliquc qu'il ait donné instruction à son conseil de faire savoir qu'il nc niait pas qu'un génocide avait été commis contre la cornmunauts tutsie au Rwanda. En outre, I'accusé a été le premicr détenu du TPfR a accepter de se soumettre a un interrogatoire mené dans le carlre d'une commission rogaioix. La Chambre prend dûment note du fait que I'accusé a p4einement coopéré avec le Bureau du Procureur, que cette coopération a été substantielle e t qu'il y a tout lieu de croirs qu'elle sc poursuivra après la sentence.
58.

iii)
59.

Absence de PasséCriminel

Le casier judiciaire de I'accusé est viwge. Avant la commcssion des acses dont II plaide aujourd'hui coupable, I'accusé s'&ait toujows conduit en citoyen h & r e er respectabk.
60. Les faits évoqués ci-dessus constituent des circonstances at&4nuantes que la Chambre se doit de prendre en considwaîion.

iv)

Personnalité de l'Accusé

Aux fins de I'individudisation de la peine, ia Chambre doit particu4ièr.ement e n i r 61. compte de la personnalité de l'accusé. Certains faits permettent de dice qu'il a&é fortemen1 influencé par des individus qui ont pu abuser de s a crédulité et l'ont entrainé dans une situation qui l'a amené àcommettre les crimes dont il plaide aujouud'fiuiwupabk.

62. D ' un niveau d'instruction moyen, l'accusé est un Européen inspké par un sens de justice. Il semble égalment être un i&aliz& bien qu'il apakaraxt avoir &é Stéamre et impu1sif. Il msMt en outre des e n q W et des questiwis du P w w e t u q u ' a pius de ses activités prdesionneik, I'açnrSe participaitégalement aux aaiomàe la seciion de la CroixRouge du quartier où il résidait en Belgique. 11 assistait ks &rangers, tes d&kiités et les illettrés de son quartier. C'est dans le catEFe d'une telle assistamx spontanée et bénévole destinée à de jeunes étudiants rwandais que l'accusé est entrk, qour la première fois, en contact avec des Rwandais.

Le Conseil de la aéaense a fait valoir que l'accusé a eté mdwriné suite à une présentation partialede la situation sociopolitiçiue auawanda. LaC%ambreprend en corn* le fait que l'accus6 n'&ait pas sufffsaniment infwmé de la situation politique e t sociale au Rwanda pour être à ma5me de s ' e n faire une opinion objective.
63.

64. Les facteurs décrits cidessus devraient être considérés comme ayant contribué, de manière substantielle, à l'implication de l'accusé dans les affaires rwandaises.

Le témoin A8, témoin de moralité, a connu et lkéquenté l'accusé d'octoke 1992 à décembre 1993. Elle a souligné la forte personnalit6 de l'accusé, son in6e41igeme et sa bonté. Selon le ténioin, on aurait pu abuser de son amour profond pour 1'AWue p o u le manipuler
65.

ct Ic trompcr ct c'&ait pour drx raisnns d'odrc sciit~mcntal, et non @dquc, qu'il souha~mt s'instailcr e n Afiiqtic. 66 ¶.a Défctisc a égalctncnt produit Ic teinoigtiagc Ccnt d'un autre témoin de moraiiré. le ténioin BC. Cc dcrnicr a déclaré que l'accuse a été enrôlé par des extréniistes qu'il avair rencontrés en Bclgiquc et qui venaient de la même région que ir Président du Rwanda. C'es: son idcalisme qui l'avait amené à s'intéresser à la politique mandaise. Son dépan pour le Rwanda était d'ailleurs motivé par des raisons d'ordre pwsonnel.
67. La Chambre considère ces deux témoins comme kdibles et estime établi 1 s fait que I'accusé est un brave homme qui était aniiné de nobies idéaux avant d'être pris dans les événements survenus au Rwanda.
68.

Sur la base de ces témoignages de moralité, la Chambre considère qu'il > a lieu de croire que I'accuse a subi un profond changement et qu'il y a de b o m raisons d'espérer sa réinsertion dans la société. v) Regrets et Remords

69.

En réponse à des questions qui lui ont été posées, l'accusé a, à plusieurs reprises. déclaré qu'il éprouvait un sentiment profond et persistant de negcet et de remords. II a affirmé qu'"au Rwanda, j'ai tout perdu, y compris mon honneur."
70. Les conseils de l'accusé sont d'avis que la sinoenté de ses sentiments de -reg& et de remords indique un sincère repentir.

71. On note chez l'accusé un changement notable d'attitude à l'&ad des victimes du genocide rwandais et des crimes contre i'humanité rommis con@ k s Tutsis .et les ressortissants belges. L'accusé est, en ouhe, habité par un profond sentiment de culpabiiité e t de responsabilité quant au sort des victimes. 72. A plusieurs reprises, l'accusé a exprimé l'espoir que son plaidoyer de culpabilité apporterait une contribution, aussi minime wii-elie, à l'allégement des so*afnams dgs victimes ou de leurs famiib. t'accusé exprime le -Souhait de faire tout ce qui sera .en son pouvoir pour que ies droits des victimes a leur "statut" iégitime soient reconnus et qu'Mate au grand jour la terrible vérité qui a servi de prétexte auxaimes commis au Rwanda.
vi) Assistance de l'Accusé aux Victimes

73. L ' a o c u ç é a fait savoir qu'à quelques rqrkes, il a ~ ~ i ep i s sur i lui ~ de t conduire à une mission des enfants tutsis cachés sous des couvertum dans s a Jeep, aux fim qu'ils y s o k t soignéset protégés.

Ruggiu a fait savoir qu' il s'est chargé dé foumir de la noumiure à un groupe de paysans et de réfugiés, y compris des Tutsis, à Kigali. Cette inhmation n'ayant pas été contestée par le Procureur, la Chambre s'estime fondée à s'y appuyer dans ses délibérations relatives aux circonstances atténuantes.

74.

vii)

Position dc l'Accusé au %in dc la Radio 'Télévision Lihrc dcs iMilk CoMitws et dans Ia Vie Poliiiye

L'accu& n'occupait aucune position d'autorité officielle au Rwanda. ni aucun poste 75. de responsabilité au sein de la RTLM. L'accusé nc jouait aucun rôle dans I'orgin~sation.!CS services techniqucs ou l'administration. II n'cxcrçait aucune influence sur Ic contenu ou sur le choix des programmes à diffuser. C'était un subordoné qui n'avait aucun pouvoir décisionnel ou autonome, contrairement à Jean Kambanda en l'affaire Le Procirreztr r, Jeun Kur~rbutt~ia. Dans cette espèce, le Tribunal a estimé qu'en tant que Premier Ministre du Couvemement intérimaire du Rwanda, Kambanda exerçait dcs pou\oirs suffisaniment importants pour influer sur le cours des évènements." La Chambre a considéré que sa position de Premier Ministre constituait un facteur aggravant et a condamné Kambanda à l'emprisonnement à vie. Dans la présente affaire, il importe de souiigner que l'accuse n'était investi d'aucun pouvoir de décision et qu'il résulte de ce fait qu'à aucun moment il n'a papticipé à la formulation de la pditique éditoriale de la RTLM. De fait, il a ouvertement été réprimandé par la direction de la RTtM pour n'avoir pas "fidèlement adhéré" à la politique de ladite radio.
76. La Chambre voit dans ce manque d'autorité un facteur qui est de nature à jouer en faveur de l'accusé.

ix)

Absence de Participation Pemonne1le aux Tueries

77. L'accusé n'a personnellement commis aucun acte de violence. II ne s'est mdu coupable d'aucune voie de fait et n'a tiré aucun coup de feu. Dans l'affaire Le Procureurc. Omar Senuhago", le TPR,en imposant à l'accusé une peine d'emprisonnement de 15 ans, a considéré comme une circonstance aggravante I'important rôje politique et militaice joué par Senishago aimique le fait qu'il a tuédes Tutsiset ordonné la mise à mort de plusieurs autres, qui ont été exécutés suite à son ordre.

78. L'accusé n'a pas personnellement participé aux massacres et ne s'est pas servi de .son pistolet. La Chambre prend dûment compte de ce fait.

,

Ayant passé en revue I'ensembie des faits de la cause, la Chambre de pmr~ière 79. instance est d'avis que la sihiation persannelie de i'accmé constitue un facteur atténuant qui justifie de la démence.

80. On ne saurait toutefois voirdans la diminution du quantum de la peine m e atténuation de la gravité d u crime commis ou du verdict de culpabilité rendu contte la personne condamnée.

Voir Le Procureur c. Jean Kambanda, affaire no ICTR-97-234 jugement ponant condamnation du * 4scptembre 1998, par. 61. Voir Le Procureur c. Omar Sherushqo, affaire no ICTR-98-39-S,Sentence du 5 février 1999, par. 28 et 29.

"

.

,

.

.

'*
C.

Reeornniandritions Relatives a la Sentence

81. La Okfensc dc l'accus6 nc fiut aucune wcomniandatmn dc p n t . Le P~rocurcur rcconiniande cepcndaiit unc pcinc unique et concurrente de bingl imii&csdç r6clusioii pour chacun des chefs d'accusation.

PRONONÇANT sa décision en audience publique; CONFOBMÉMENT aux Articles 23, 26 et 27 du Statut et aux Arficles 100, 101, 107, 103 et 104 du Règlement de procédure et depzeuve;

VU la grille générale d a peines d'emprisonnement appliquée par les Tribunaux du Rwanda;
VU l'Acte d'accusation confinné le 9 octobre 1997; VU le Plaidoyer de Culpabilité fait par Georges Ruggiu le 15 mai 2000, a estimé que :
i) du 6 janvier 1994 au 14 juillet 1994, en sa qualit4 de joumaiiste et d'animateur, il a animé des émissions de la RTLM. Ces émissions étaient en langue française mais cerîafns vocables de kinyarwanda étaient aussi utilisés, qui avaient un sens particuiier dans lecontexte soîiocuinirel de I'%poque@arâgaaphe 3.7 Be l'Acte d'accusation). les émissions de i'accus8 ont incité au meurtre e t à des atteintes graves à I'intégité physique ou mentale des Tutsis; ont constitué des actes de persécution envers les Tutsis, certains Hutus et des%e$ges (paragraphe 3.8& .rle7A-cte d'accusation). et Publique a C
l e Gbcide,

ii)

CHEF 1 de l'Acte d'accusation: Incitation D i aime prévu à l ' M i l e 2 3) c) du Statw;
1.

Les actes de l'accusé, au regard des évhxnents décrits aux paragraphes 3.7 e t; 3, sont constitutifs de l'incitation directe et publique à commettre des meatrtres et à porter gravement atteinte à l'intégrité physique ou mentale de a m b r e s de la population m i e . L'accusé a agi dans i'intention de détruite, e n tout ou e n partie, un groupeethnique ou racial comme tel, et a de ce faitcommis l e leme d'WiTATION DiRECTE ET PUBLIQUE A COMMETTRE LE GÉNOCID~E, crime prévu à l'Article 2 3) c) du Statut du Tribunal, pour lequel ilest individuellement responsable

cn vertu dc I'Artick O 1) ct qui cst réptlmti par les Aniclcs 21 e t 23 du Statut du Tribunal. et.
CHEF 2 de l'Acte d'accusation: Crime contre l'Humanité (Persécution), cnme prévu A 1' Articlc 3 h) du Statut;

2.

Les actes dc l'accuse, au regard des événements décrits aux paragttphes 3.7 et 3.8. sont constitutifs du crime de persécution, petpétré pour des raisons politiqua et raciales, dons le cadre d'une attaque g~néralisée et systématique diriz& contre une population civile en raison de son appartenance nationale. poii~ique. ethnique ou raciale, et est de ce fait coupable de CRIME CONTRE L'HUMAMTÉ.cnme défini à ('Article 3 h) du Statut du Tribunal, pour lequel il est individuellement responsable wi vertu de l'Article 6 1) et qui est réprimé par les Articks 22 et 23 du même Statut.

!

VU les mémoires déposés par les Parties;

Le Procureur et le Conseil de la Défenseentendus;

POUR LES CRIMES SUSMENTIONNIÉS
CONDAMNE Georges Ruggiu
Né le 12 octobre 1957 à Verviers, Provim de Li6g.e en Belgique

1

(Incitation directe e t pubiique à cornmethe le génocide) : douze (12) ans d'emprisonnement ;

CHEF 1 :

CHEF 2 :

(Crime con* 1' humanité) : d o m (12) atts d'eniprisomemnt ;

DÉCIDE que les deux peines infligées à.OeorgesRuggiu.r;erontexécutées eoncwemment; DÉCIDE que la peine d'mprisonnenient seraexéuiî6e d m u n h $ é s i g & par k Pksident du Tribunal, en consukation avec la Chambre de p r Nistance, e t que le informera k G o u t mandaset 1'&t &ignébuikud'8mp99mem~nt; DÉCIDE que fep&ent jugement e s t irfm&iabemt exeCutoi~,et qw, dans l'attente de son transfert audit lieu d'emprisonnement, Georges Ruggiu sera maintenu en détention dans les mêmes conditions que celb qui présidaient jusqu' alors à sa détention;
*

DÉCIDE de déduire de la peine d'emprisonnement imposée à Georges Wuggiu la période qu'il a déjà passée en détention. En vertu du paragraphe D) de l'Article 101 d u Rkgiernmt de procédure et de preuve, la Chambre de première instance doit p n & e en considération au

profil de la persunoc reconnue coupable la ptl-iode dwant {aquctlc elle a et4 gadee à vue en attendant son lransfwt au Tribilnal intemational ouen at<cndant d ' h e ~.use:ç" par une Ch;irrihre L(e prciii~krcimtacicc ou par 1a Chanibrc d'Appel. Dans la .présente ai'fitirc, l'accusé a ét* a&tC Ic 23 juillet 1097. La période pas& en &teMion commwcera à rounr à parttr de cette date. Fait à Anisha, le ler juin 2000

[signé] Navanethem Pillay Prksidente de Chambre

[signé]

[signé] Pavel Dolenc Juge

Erik Mvse
Juge

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