Vous êtes sur la page 1sur 89

INTRO DE DROIT PENAL GENERAL.

Qu’est-ce- que le Droit Pénal ? C’est un Droit qui fait peur


ou qui devrait faire peur car la peine fait peur, elle fait même
mal. Mais parce qu’elle fait peur, elle rassure. C’est un rempart
contre les criminels. Original mais doit être légitime. Fondement
: pour quelle raison le pouvoir social se permet de donner une
souffrance ? Le droit pénal accompagne le développement de la
Société et les valeurs qu’elle entend.

1) L’originalité du DP.

Cette singularité tient à sa définition et à ses fonctions.

A) La déf° du DP.

2 critères existent.

1° Le côté pertinent : la sanction.

Par rapport aux autres disciplines juridiques (droit des


obligations, droit de la responsabilité), le DP a cette
particularité de se définir par la sanction spécifique qu’il
applique : la peine. Ce n’est pas une sanction transversale, elle
n’intéresse que le droit pénal, elle lui est spécifique et cela
permet d’enter dans la sphère répressive.
Toutes les autres matières se définissent par leur champ
d’application, pas le DP. Les autres matières n’ont pas de
sanction spécifique. Le DP intéresse tous les comportements
qui sont sanctionnés.

2° Le critère non-pertinent : le
comportement.

On ne parvient pas à définir le droit pénal à partir des


comportements que celui-ci vient sanctionner. Certains auteurs
semblent nier la spécificité de la sanction pénale et disent que
le DP s’intéresse à des comportements particuliers, délictueux
et quand ils sont réalisés, on leur applique leur peine.
Une fois qu’on a vu que le DP punit les crimes, on n’est pas
très avancé.

Droit Pénal 2e année 1


Le droit pénal sanctionne les infractions, mais qu’est ce qu’une
infraction ? C’est un comportement qui est puni par une peine,
qui enfreint une loi pénale.
Qui sont les malfaiteurs ? Ceux qui réalisent des infractions.
C’est parce qu’un comportement est puni d’une peine qu’il
est infraction et non pas parce qu’il serait intrinsèquement
mauvais. Il s’agit ici d’une approche positiviste du droit pénal.
Un comportement délictueux, criminel ces termes sont
employés au sens large sans distinction de crime de délit ou de
contraventions. Ces comportements ne sont pas directement
liés entre eux.
Néanmoins, existe-t-il une spécificité des comportements
sanctionnés ? Ce qui rapproche les comportements criminels et
illicites, c’est leur gravité.
S’ils sont de la même catégorie, c’est parce qu’ils portent
atteinte à la vie publique : l’auteur accomplit des faits graves
qui méritent une peine. On n’appliquera pas en théorie une
peine à n’importe quel comportement, seulement à ceux qui
troublent l’ordre public de façon importante. Les
comportements délictueux n’ont rien à voir les uns avec les
autres, il existe des comportements qui sont sanctionnés de
peines, non pas parce qu’ils sont particulièrement graves mais
parce que les autres sanctions n’ont pas l’air de fonctionner.
Puisque le DP applique des peines, le comportement
sanctionné doit être d’une certaine gravité : DP s’applique aux
comportements les plus graves.
Infraction : « qui blesse les Etats forts de la conscience
commune », DURKHEIM.
Il peut arriver au législateur de sanctionner des
comportements pas si graves. S’il se trompe, ces infractions ne
sont pas de véritables infractions.
C’est une approche contestable pour plusieurs raisons :
 Dire que le DP ne peut sanctionner que les comportements
les plus graves mais quels sont-ils ? (60 km/h en ville plus
grave que pas payer un loyer pendant 3 ans ?)
 Décalage entre l’approche et la réalité : 70% des infractions
pénales ne sont pas dans le Code pénal.
Tant que le comportement n’est pas sanctionné, il ne
pourra pas être poursuivi pénalement.
Le DP se distingue des autres disciplines ds les mesures où
il se défini par un élément de son régime (sanction) et non par
son régime. Cette sanction se différencie des autres régimes

Droit Pénal 2e année 2


par une volonté de faire mal, laquelle reflète la gravité des
comportements qui justifie son application. Ces comportements
constituent des infractions qui sont impossible à définir a priori.
Le législateur est le maître des infractions.
Incriminer : fait d’ériger un comportement en infraction. Si
on veut dire « l’homicide volontaire est un meurtre et le
meurtre fait encourir 30 ans de réclusion », c’est incriminer
l’homicide involontaire. Une incrimination est une infraction
déterminée par la loi.

B) Les fonctions du DP.

Plusieurs fonctions : expressive, dissuasive et punitive.

1° La fonction expressive.

En définissant les comportements à ne pas commettre, le


DP exprime négativement les valeurs de la Société à laquelle
celle-ci tient particulièrement. Dire que le bizutage est
pénalement sanctionné, c’est témoigné un attachement à la
personne et à sa dignité. Dire que tuer est un crime, c’est
exprimer l’attachement de la Société à la vie des personnes.
Cette fonction ne s’exprime que négativement : elle est rendue
possible que par la sanction de l’infraction. Le meurtre n’est
jamais justifié par la légitime défense, la vie est une valeur que
l’on protège même s’il s’agit de celle de l’agresseur. Cette
fonction est intimement liée à la fonction dissuasive.

2° La fonction dissuasive.

Le DP a pour 1ère fonction de prévenir les infractions et non


pas de les sanctionner. La mise en œuvre du DP exprime son
échec : l’échec du DP est d’avoir empêché la commission de
discussion. Le procès pénal traduit l’échec de la fonction
préventive. La peine prévue dans le code pénal est à titre de
menace, c’est toujours le maximum de la peine que la personne
peut encourir. La dissuasion a un caractère à la fois individuel
et collectif. Chacun doit savoir que s’il commet une infraction, il
encourt une peine.

3° La fonction punitive.

Droit Pénal 2e année 3


Elle s’exprime à travers l’application de la sanction
spécifique qui est un mal que l’on applique aux délinquants.
Ces peines se sont adoucies avec le temps. Le vol simple est
passible de 45000€ d’amende et de 3 ans de prison. Même si
les peines se sont diversifiées, l’emprisonnement est une règle
de référence. La peine est beaucoup plus tournée vers la
réhabilitation néanmoins elle est conçue pour attaquer là ou ça
fait mal, c'est-à-dire sur le patrimoine du délinquant. L’idée de
faire mal constitue la répression. Derrière la peine, il y a
d’autre fonction que la réhabilitation… chacun essayait de
remettre en cause cette fonction et de supprimer le droit pénal.

2) Le fondement du Droit de punir.

Pourquoi la fonction punitive est-elle légitime ? Selon le


temps et les Etats, un mal pouvait aller jusqu’à la peine de
mort.
Plusieurs justifications :
Chrétienne : dans cette tradition, l’infraction est le pêché. Or le
pêché inclus la pénitence, la souffrance. C’est une peine rétributive :
conception qui a influencé tout le droit du Moyen-âge.
Conséquences : la procédure deviendra inquisitoriale, torture. La
peine est proportionnée à la faute envisagée sous l’angle subjectif.

Utilitariste : forgée en réaction à la 1ère justification élaborée


par le philosophe Bécaria au 18e s. Il a renversé le système
pénal mis en place au Moyen-âge en disant que la peine ne soit
infligée que dans un but d’utilité sociale. Nouvelle conception
avec l’école néo-classique : il faut punir ni plus qu’il n’est juste,
qu’il n’est utile. Conception qui va trouver un nouveau souffle
vers 1830 à la monarchie de Juillet, l’idée de justice est ajoutée.

Positiviste : école représentée par des criminalistes italiens


dont Lombrozo (« L’Homme criminel », en 1676), Ferri et
Garofalo. Si une infraction était commise, c’est qu’il avait fait un
mauvais usage de sa liberté, il y a cette idée de doute du libre
arbitre. Si l’individu se conduit comme cela, c’est dû aux
déterminismes sociaux, psycho, familiaux donc il n’est pas
maître des pulsions qui le fait agir (La Bête Humaine de ZOLA).
L’homme n’est pas libre, mais il ne faut pas neutraliser celui qui
s’en prend à l’ordre public car il ne fait qu’obéir à sa nature.

Droit Pénal 2e année 4


L’idée de punition n’est pas adéquate car on ne punit quelqu’un
que s’il possède le libre arbitre.
Si une cellule sociale malade, le délinquant est malade, donc il
faut savoir à quel type de malade on a à faire, dc établir des
typologies psychologiques, trouver des raisons qui expliquent
l’acte criminel. Lombrozo est un médecin légiste et classifie ces
typologies psychologiques.

Apparaît la théorie de la criminalité innée, c’est l’homme


« qui naît pour tuer », le « criminel né ».
Criminel récidiviste, passionnel et d’occasion : approche
qui va marquer le DP moderne. Comme on ne croit plus au libre
arbitre, on neutralise on ne blâme pas.
Pour se protéger de l’homme criminel, il faut le neutraliser,
pas le punir. Le but n’est pas de faire souffrir mais on fait une
défense sociale, on se défend de lui. Pour le criminel inné : la
peine de mort, la relégation (éloignement). Lorsque délinquant
dangereux, mais pas irrécupérable : prison, interdiction proL.
DP sanctionne qq1 qui a violé les rgl ms se peut qu’on
traite l’homme dangereux qd se réveille sa dangerosité, même
avant le délit (ante delictum).

- La justification de la défense de l’école sociale nvlle :


Ecole de pensée qui voit l ejour au lendemain de la 2e GM
sous l’impulsion décisive de Marc Ancel (magistrat Ccass) qui
fait paraître La défense sociale nvlle en 1954. L’idée est qu’il
est nécessaire de protéger la Société ms on ne put sacrifier
totalement le délinquant comme l’admet l’école positiviste avec
ses peines éliminatrices. L’idée de rééquilibre la balance en
insistant sur l’idée qu’il faut français en sorte que le délinquant
reprenne sa place dans la société. L’objF de resocialisation de
vient majeur. Par rapport à l’école classique, cette pensée se
veut plus neutre sur les postulats théoriques de la répression,
on ne veut pas savoir si l’homme est libre ou non. Plutôt que de
partir de l’homo criminalis, on part du délinquant qu’on va
essayer de comprendre pourquoi il en est arrivé là => étude de
personnalité.
Ici, le blâme social n’est pas l’objet de la sanction. On se
tourne moins vers le passé que vers l’avenir. Cette école a eu
une grande influence dans les réformes du Cpénal au
lendemain de la guerre ms est aussi en recul car toute une
pensée de la doctrine va se départir de l’idée de rétribution.

Droit Pénal 2e année 5


3) L’évolution du Droit pénal.

A) Le Droit pénal des origines.

L’idée est qu’à l’origine le Droit pénal est encore lié à


l’idée de vengeance puis apparaît un pouvoir social qui est
atteint par le malfaiteur à travers les institutions de délit public.

1° La régulation de la vengeance.

DP, dans ses 1ère formes va naître qd la vengeance va ê


canalisée qd vont s’établir certaines gl pour canaliser cette
vengeance. Pls mécanismes : loi du talion, humanisation de la
vengeance car elle réduit le crime commis à une peine
similaire ; l’abandon noxal, pour éviter que toute la tribu paie à
l’agresseur, on remet le criminel ; compositions pécuniaires, qui
est une forme d’indemnisation tarifée.
Le DP canalise la vengeance et le pouvoir social
n’intervient que limité.

2° Institution Délit public.

= considérer que l’acte du malfaiteur lèse un intérêt


social, un intérêt que l’Etat détermine. Si l’Etat entend protéger
la propriété, il considérera le vol comme un délit public. Ce ne
sera plus au nom du voleur que l’on condamnera, ms ce sera au
nom du pouvoir social qui érige la propriété en tant que valeur
pénalement protégée. Ce n’est que bien plus tard que l’on
prendra conscience qu’il n’existe pas de délit privé et qu’à
travers la victime l’infraction porte toujours atteinte à une
valeur sociale et que c’est toujours au nom de l’Etat que doit
s’exprimer la répression.

B) Le DP de l’ancien régime.

1° Les caractères du Dp de l’ancien régime.

C’est un Droit dur, arbitrR, procédure inquisitoire dans


laquelle on pratique la torture.
 Les incriminations : il n’y a pas d’effort pour créer
un Code pénal. Il existait d’un certain nombre de

Droit Pénal 2e année 6


textes sur l’empoisonnement, C T surtout la
Jurisprudence. qui avait un grand rôle. Beaucoup
d’incriminations ont une visée religieuse.
 Les peines : arbitraires car fixées librement par le
juge, inégales (noble décapité, vilain pendu),
rigoureuses qui porte sur le corps (fouet, galères…)

2° Les critiques du DP.

Rigueur fortement critiquée fin 18es par les philosophes


des lumières et par Beccaria dans son opuscule des délits et
des peines.
Critique porte sur l’atrocité des peines, sur le châtiment.
Critiques sur l’inutilité des incriminations (infractions religieuses
n’ont pas à figurer dans le DP moderne).
L’égalité des peines : ce système implique pour Beccaria
que toute pers, pour une infraction donnée, la peine soit
toujours la même quelque soit le délinquant.

C) Le DP après 1789.

La Révolution française sera l’occasion de faire tomber le


DP de l’ancien régime et de consacrer certains principes de
Beccaria. 2 tps : l’enthousiasme du début (DDHC), volonté de
stabilisation (Code pénal de 1810)
DDHC : pose un certain nombre de principes dont notre
Droit ne s’écartera plus. Il y aune consécration du principe de
l’égalité. Art 5 et 8 : nul ne peut ê puni qu’en vertu d’une loi
établie et promulguée antérieurement au délit. Art 9 :
présomption d’innocence. Le système nouveau se durcit en
raison de l’augmentation de la criminalité.
Code pénal 1810, sous Napo, qui a vécu jusqu’à la
réforme de 1992. On consacre les acquis de la Révolution et
surtout le principe de légalité des peines. En revanche, on
revient à une certaine rigueur d’ancien régime, on conserve la
peine de mort…

D) L’évolution du Code pénal à l’époque


moderne.

Plusieurs évolutions : 3 grandes phases.

Droit Pénal 2e année 7


 Libéralisation : tendance libérale (1830-1848) par l’école
néo classique, « il faut punir ni plus qu’il n’est juste, ni plus
qu’il est utile ».
 école positiviste (1880) : loi de 1885 qui organise la
relégation qui est une peine coloniale perpétuelle. Loi de
1891 qui admet le sursis à l’exécution des peines.
 Période d’après 45, idées de la défense sociale nouvelle
qui s’imposent dans la législation progressivement.
Ordonnance de 1945 : délinquance des mineurs traitée à
part. Loi du 11/07/75 : substituts à l’emprisonnement (mise à
l’épreuve…)

E) La réforme du Code pénal de 1992.

Initié au milieu des années 70, les 4 lois du 22/07/92 vont


réformer l’ancien Code pénal en l’abrogeant. Ce nouveau Code
pénal est entré en vigueur le 1/03/94.
Forme : 2 parties : législative et rgltR (contraventions). Le
nouveau Code pénal adopte une numérotation décimale à au
moins 4 chiffres. Le 1er correspond au n° du livre, le 2nd titre, 3e
chapitre et le 4e le n° a l’intérieur du chapitre. Le 1er art est le
111-1. Livre 1 concerne les dispositions générales. Livre 2 :
infractions contre les pers, le 3 contre les biens, le 4 contre la
paix.
Fond : l’admission de la respT des pers morales,
infractions hors codes (crimes contre l’humanité), mise en
danger délibérée de la pers.
Réformes les plus récentes : loi du 10/07/00 qui modifie la
déf° des délits non intentionnels (art 121-4), loi du 9/09/02 qui
réforme l’ordonnance de 45 sur l’enfance délinquante, la loi du
12/12/05 relative au traitements de la récidive et des
infractions pénales, Loi perbène 2.

PARTIE 1 : L’INCRIMINATION PENALE.

Incrimination = comportement prohibé, prévu par un


texte, comportement qui entraîne une sanction.

Droit Pénal 2e année 8


TITRE 1 : LE TEXTE D’INCRIMINATION OU ETUDE DU
PRINCIPE DE L’EGALITE.

Il faut comprendre ce que signifie le principe d’égalité


dans toutes ses dimensions, il faut connaître le domaine. Il peut
ê envisagé dans le tps et dans l’espace.

CHAPITRE 1 : SIGNIFICATION FORMELLE DU PRINCIPE DE


L’EGALITE.

Cette signification est simple a priori, elle veut dire que le


texte incriminateur est exigeant. Il faut l’interpréter de façon
précise.

I ) L’exigence d’un texte incriminateur.

I° Les origines du principe.

On les connaît car en réaction des abus Mchiq qu’est né en


1789 le principe selon lequel il n’y a pas d’infraction sans loi.
La liberté individuel ne doit pas ê sacrifiée sans que la loi le
prévoit et dis pour quelles raisons. Il faut délimiter à l’avance
les comportements qui justifient une impression. Moneat lex
priusquam feriat. Ce pcpe a été consacré par l’art 8 DDHC.

II° La portée du principe.

Le texte de base est l’art 111-3 Code pénal, « nul ne peut


ê puni pour un crime ou un délit dt les éléments ne sont pas
définis par la loi ou pour une contravention dt les éléments ne
sont pas définis par le rglt. Nul ne peut ê puni d’une peine qui
n’est pas prévue par la loi ou par le rglt ».

1 ) La nature du texte incriminateur.

On s’interroge sur les Sces du DP.

A ) Les Sources directes.

1° La loi.

Droit Pénal 2e année 9


L’art 111-2 défini le rôle de la loi et fixe les peines
applicables à leurs auteurs. Le Code pénal n’est pas la seule
source des infractions pénales. Toutes les infractions qui
existent n’ont pas leur siège dans le Code pénal. La plupart st
situées en dehors du Code pénal, soit dans des annexes, soit
dans d’autres Codes. C’est dans le Code pénal que l’on trouve
les infractions les plus graves. Cette utilisation du DP pour
sanctionner des rgltations particulières est parfois condamné
ms en pratique, le législateur utilise les sanctions pénales
comme un renfort des autres rgltations qui n’ont rien de
pénales.

2° Le rglt.

Il résulte de la confrontation des art 34 et 37 de la


Constitution que tout ce qui ne résulte pas de la loi est rgltR, en
csqce, les contraventions relèvent bien du pouvoir exécutif. Dès
lors, toutes les contraventions sont rgltR à la fois qd à leur
incrimination et qd à leur sanction. Ce pouvoir de créer des
contraventions a été contesté au départ, ms le Gvmt a eu une
interprétation particulière de l’art 34 en disant que toutes les
contraventions étaient en dehors du légF. Pour certains, c’était
une atteinte au principe de l’égalité.
Pls classes de contraventions, art 131-13 Code pénal, au
terme duquel il y a les contraventions de 1ère classe dont la
peine se fixe à 38€ au plus, 2e classe, 150€, 3e 450€ et 4e 750€
et 5e 1500€. Il peut ê porté à 3000€ en cas de récision.
Les contraventions relèvent du Tribunal de Police.

B ) Les Sources indirectes.

1° Les traités internationaux.

Les Etats peuvent se mettre d’accord pour sanctionner tel


type de comportement déterminé et prévoir que ce type de
comportement devra ê sanctionné pénalement. Dira-t-on pour
autant que le traité est la Source directe de l’incrimination
pénale. On pourrait le dire que si le traité est la source
d’incrimination pénale. Cela soulève du pouvoir souverain de
chaque Etat. Le traité oblige l’Etat à inscrire dans sa législation

Droit Pénal 2e année 10


une infraction nouvelle particulière dt il déterminera la sanction
pénale sachant que la délimitation du comportement lui est
donné par le traité.

2° La Conv°EDH.

Cette Conv° n’est pas une Sce directe, elle a un pvr de


neutralisation des infractions qui ne respecteraient pas les
Droits fondamentaux. Art 2 Conv° : il faut créer une infraction
pénale particulière pour protéger le Droit à la vie, elle a source
de la création indirecte du Droit Pénal.
Il ne suffit pas qu’il existe un texte incriminateur, encore
faut il qu’on puisse ctrler la qualité de ce texte incriminateur.

2 ) Le ctrl de la qualité du texte incriminateur.

1° Le ctrl de la loi.

A ) Ctrl a priori : le rôle du CC.

Le CC peut déclarer non conforme à la Constitution une


disposition qui irait à l’encontre des principes fondamentaux
reconnu par les lois de la République. Il intervient avant la
promulgation de la loi. Sa consultation n’est pas systématique.
Réforme de 74 qui permet à un certain nombre de
parlementaire de saisir le CC, ms svt la loi n’est pas soumise au
CC.
La loi du 15/1/01 a été promulguée sans saisine du CC.

B ) Le ctrl a posteriori : le rôle du juge


pénal.

Pas grave que CC soit pas saisi s’il est possible de


rattraper le coup au stade de la poursuite. Principe de
séparation des pouvoirs qui interdit au JP de s’arroger le Droit
de critiquer la constitutionnalité des lois générale. Peut on
débloquer la situation ? ctrl de conventionnalité. Ce que le JP
s’interdit de faire (apprécier la légalité d’une incrimination par
rapport à la Constitution), il s’autorise à le faire lorsqu’il regarde
l’incrimination par rapport au traité. Ce ctrl le fait d’autant plus
volontiers qu’il n’est pas le seul à l’effectuer car il existe une
instance d’application et de ctrl du respect du texte qui est la

Droit Pénal 2e année 11


Cour EDH. Non seulement le JP peut ctrler la légalité, ms la
CEDH va pouvoir le cas échéant ctrler la légalité de certaines
incriminations qui existent dans l’ordre juridique français, voir
même l’incrimination de ces interprétations car elle est chargée
de faire respecter le texte. Différence entre JP interne et la
CEDH, est que si le JP constate que l’incrimination ne respecte
pas un Droit fondamental de la Conv°, il va écarter l’exception
d’inconventionnalité. La poursuite n’est pas fondée car elle se
base sur un texte qui ne respecte pas la Conv°. LA Cour EDH
n’a pas le pouvoir d’écarter une incrimination légale interne, en
revanche, elle peut condamner la France lorsqu’elle viole les
Droits fondamentaux.
Ex : arrêt du 8/07/04, se posait la ? de savoir si les Etats
n’avaient pas une obli° d’incriminer au nom du Droit à la vie le
fait d’avoir provoqué la mort d’un enfant à naître. Ce dernier
n’est pas encore une pers au pt de vu pénal donc pas
d’homicide involontaire en la matière. Cour EDH a été saisie et
dit que le pt de départ du Droit à la vie relève à la marche
d’appréciation des Etats, on ne peut pas répondre dans
l’abstrait de savoir si l’enfant à naître est une pers au sens de
l’art 2 de la Convention EDH. Si elle n’oblige pas les Etats à
incriminer spécifiquement le fait de mettre fin à un enfant à
naître, ms dans OSMAN, 28/10/98, les Etats sont astreints à
mettre en place les mesures nécessaires pour protéger la vie
des pers. Si un texte pénal n’est pas suffisamment clair, il faut
savoir si un comportement entre dans son champ d’application.
Remise en cause de la légitimité de certaines
incriminations que le texte n’est pas assez précis et que le
texte ne se justifie pas : ctrl de l’opportunité de certaines
incriminations. 25/06/02, COLOMBANI contre France : propos
diffamatoire posés à l’encontre d’un chef d’Etat étranger :
outrage à chef d’Etat étranger. Qd on porte ces propos, on peut
ê poursuivi, ms existe un moyen de défense, dire que c’est vrai,
l’exception de vérité. Ça marche pas pour un chef d’Etat. CEDH
trouve que cet outrage est une mesure excessive. Le législateur
s’est incliné devant cette incrimination. Prise de pouvoir de la
CEDH dans la maîtrise des incriminations.
Autant elle a les moyens d’exercer un ctrl sur la norme de
comportement, en revanche, a-t-elle les moyens d’apprécier les
sanctions prévues par la législation interne ? Pas le cas car art 8
DDHC, la loi ne doit établir que des peines, CC pourrait
contrôler q’une peine n’est pas disproportionné au

Droit Pénal 2e année 12


comportement. On ne trouve d’équivalent à cette article dans la
Convention EDH. La CEDH ne peut condamner un Etat au motif
qu’une peine lui paraît disproportionnée. Ms elle peut exercer
un léger ctrl dessus, car certaines peines peuvent passer pour
des actes prohibés (interdiction de la torture).
Malgré tout elle peut exercer un ctrl à la marge dans la
mise en oeuvre de certaines sanctions de manière indirecte. Un
article proclame le Droit au respect d la vie familiale : lorsque
dans journalistes roumains font un article diffamatoire sur des
juges et que l’on répercute cela sur les Droits parentaux, la
CEDH vient dire que cette peine est contraire au Droit de la
famille.

2° Le contrôle du règlement.

L’admission du principe de ce contrôle n’allait pas de soi


en raison du principe de séparation des pouvoirs. Il y a eu une
bataille pour savoir si le JP disposait de ce pouvoir de contrôle
car s’interroger sur un acte administratif revient à troubler
l’administration. Cette logique n’a pas été respecté par la
Jurisprudence. Le Code pénal de 1994 (entré en vigueur) n’a
pas respecté cette logique et a permis aux juridiction pénales
d’apprécier la légalité d’un AA lorsqu’une pers est poursuivi sur
ce fondement. Cela évite certaines lenteurs. Art 111-5 qui
admet l’exception d’illégalité en vertu duquel : « les juridiction
pénales st compétentes pour interpréter les AA réglementaire
ou individuel et pour apprécier la légalité lorsque de cet
examen dépend la solution du procès pénal qui l’aurait
soumis ». Lorsque le JP déclare illégal un règlement, il se
comporte comme un véritable JA. Il y a spécificité quand le JP
n’a de pouvoir que relativement au texte qui édicte des
sanctions pénales et surtout la portée de sa décision est
relative : le juge ne prononce jamais l’annulation du règlement
considéré comme illégal. Ensuite il notifie sa décision à
l’administration qui pourra abroger le texte réglementaire. Ce
qui vaut pour le contrôle de légalité vaut aussi pour interpréter
un AA. Il est nécessaire que de l’interprétation ou de la légalité
de la norme réglementaire dépende la solution du procès pénal
qui l’aurait soumis.

II ) L’interprétation stricte du texte incriminateur.

Droit Pénal 2e année 13


Ce principe apparaît comme un corollaire du principe de
légalité. Si un texte détermine les limites de ce qui est permis
en incriminant certains actes, le JP ne peut ajouter à ce texte, ni
modifier sous couvert d’interprétation. A défaut, on retombe
dans un certain arbitraire que le principe de légalité a voulu
supprimer.
Ce principe a évolué. Beccaria : « le juge des crime ne
peut avoir le Droit d’interpréter les lois pénales pour la raison
qu’ils ne st pas législateur ». Portalis : « En matière criminelle, il
faut des lois précises et pt de Jurisprudence ».
Pendant un tps on avait essayer de résoudre cette ?, on
avait été tenté par l’interprétation légale du texte. Pour éviter
que les juges ne soient autre chose que la bouche qui prononce
les paroles de la loi, il faut demander au corps législatif quand
on ne savait pas. Principe abandonné car excessif dans la
période révolutionnaire.
On ne pourra pas se passer d’interprétation judiciaire ms
on peut orienter la manière du juge d’interpréter les lois, on
n’étend pas l’incrimination au delà de ce qui est prévu, art 111-
4 : « La loi pénale est d’interprétation stricte » =>
Prolongement du principe de légalité, il est inclus par les art 5
et 8 DDHC et intègre le bloc de constitutionnalité. Par ce
principe le rôle du JP ne ressemble pas au Jurisprudence juge
civil.

1 ) La signification du principe d’interprétation.

Ce principe doit être conçu d’une forme négative.


Fondamentalement c’est un refus de l’interprétation par
analogie et une interprétation théologique.
A ) Le refus d’interprétation par analogie.

Interpréter par analogie aurait signifier que le juge puisse


étendre une incrimination à un comportement non
expressément prévu par un texte ms qui pste de telles
similitudes avec celui qui entre dans le champs de la répression
qu’on ne voit pas pourquoi on ne l’y inclurait pas d’office. Le
principe d’interprétation stricte est ce refus, c’est l’affirmation
que tout acte doit échapper à la répression quand bien même
l’immoralité et la socialité de ce comportement serait évidente
et que des texte puniraient des comportements analogues. Ex :

Droit Pénal 2e année 14


La ? se pose de savoir si une pers qui va dans un resto, qui
commande un repas dt il n’a aucune intention de payer la note,
comment le réprimer ? On n’avait pas d’incrimination
particulière. Le vol suppose la soustraction d’un bien d’autrui,
or ici on ns amène le repas, on ne le soustrait pas. Escroquerie :
manœuvre frauduleuse en vu qu’on ns remette un bien au
préjudice d’autrui. Ici, on bute sur la manœuvre frauduleuse, on
ne voit pas ces manœuvres. L’interprétation stricte voulait que
ces pers échappent à la loi. Ms le législateur a réagi en créant
une incrimination particulière : la filouterie => se faire servir ou
fournir par un professionnel des aliments qu’on sait dans
l’impossibilité de payer. Dans le même esprit, le piratage : pas
du vol : incrimination particulière. L’incrimination de viol : débat
assez redoutable car viol = acte de pénétration sexuelle
commis sur autrui avec violence, contrainte ou surprise.
Fellation imposé à autrui = viol ? Cour de Cassation, 16/12/97,
admis ms pas évident car ce qui est interdit est l’acte de
pénétration ms c’est pas obligé autrui à pénétrer. 22/08/2001,
Cour de Cassation, crim, a expliqué que la fellation ne pouvait
être constitutif que d’agression sexuelle.

B ) Une interprétation téléologique.

1° Le refus de l’interprétation purement


littérale.

Exemple bien connu qui prouve qu’on ne s’arrête pas au


mot du législateur, 8/03/1930, Ch crim, concerne une
contravention de la police des chemins de fer qui interdisait aux
pers « de descendre ailleurs que dans les gares et lorsque le
train est complètement arrêté », erreur grammaticale. Cour de
Cassation rejette le pourvoi en disant qu’en réalité, derrière le
défaut de rédaction on voit très bien ce que le législateur avait
voulu incriminer. Il est passé outre l’interprétation littérale.

2° L’interprétation conforme à ce que le


législateur a voulu.

Quand un texte est clair, il n’y a pas lieu de l’interpréter.


La difficulté vient quand on est en présence de terme qui
donnent lieu à une interprétation et qui devront être interprété
de façon restrictive. Escroquerie, le législateur incrimine les

Droit Pénal 2e année 15


manœuvres frauduleuses. La Jurisprudence est venu dire que le
simple mensonge n’est pas constitutif de manœuvre
frauduleuse, car le mensonge n’est pas suffisant pour être
constitutif d’une machinerie. Ex : usage d’un faux nom. Si on
est plombier, qu’on envoie une facture chez qui on est jamais
allé, ce n’est pas une escroquerie car c’est un simple
mensonge. Parfois il est difficile de savoir ce qui recouvre
certains thèmes. L’homicide involontaire : provoquer la mort sur
autrui. Peut on poursuivre un médecin ou un chauffard pour
homicide involontaire sur le fœtus ? Au nom de l’interprétation
stricte, elle a décidé que le fœtus, car pas encore né, n’est pas
considéré comme autrui (Ch crim, 30/06/99 et Assemblée plén
en 2004). (Amendement GARRAUD).
Elle n’est pas toujours respectée cette interprétation
stricte. Ex : quand assimile le harcèlement téléphonique à des
violences volontaires, cela n’allait pas de soi. Le législateur a
créé une incrimination spéciale pour les appels malveillants.
Outrage à agent, le fait pour un automobiliste le fait de s’être
fait sanctionné par un agent pour non port de ceinture alors
qu’il avait le Droit pour cause de maladie => outrage car agent
n’est pas au courant.

2 ) Le domaine du principe d’interprétation.

Ce principe ne concerne pas toutes les règle du Droit


pénal. Il faut distinguer entre les règle défavorables au prévenu
et les règle favorables.
Pour les règle défavorables, il est logique de ne pas
permettre qu’un comportement non envisagé par un texte
d’incrimination puisse être reproché au prévenu car son
comportement ressemble à celui qui est réprimé. Ce principe
vise à protéger les intérêt de la pers poursuivie. Son Droit a
connaître à l’avance ce qui est interdit. Il ne faut pas que ça se
retourne contre lui. Quelles st les règle favorables ? celles qui
permettent d’échapper à la répression ms aussi sont des règle
procédurales (qui facilitent la défense). Ex : légitime défense :
fait justificatif général du fait incriminé, l’infraction n’existe pas.
AU départ, la légitime défense apparaissait contre certaines
incriminations contre la pers. La Jurisprudence n’a pas hésité à
étendre le fait justificatif à d’autres situations du texte. A aussi
admis la défense des biens. De même pour l’état de nécessité :
possibilité de commettre un acte constitutif d’infraction quand il

Droit Pénal 2e année 16


faut défendre un intérêt supérieur. Admis par Jurisprudence
avant la loi.
Il ne faut pas croire que cette attitude de faveur est
systématique. Pour les règle favorables, il n’y a qu’un pouvoir
possible à l’extension des règle favorables.

CHAPITRE 2 : LA DIMENSION CORPORELLE DU PRINCIPE


DE LEGALITE.

La dimension corporelle de ce principe est une manière de


parler de champ d’application des lois pénales dans le tps, ms
ces bornes doivent être envisagées au regard des différents
types de loi pénale. Il y a loi traditionnelle, loi de compétence,
loi qui préserve la prescription.

I ) L’application dans le tps des lois pénales de fond


(posent les incriminations).

Il faut distinguer les principes qui s’appliquent et comment


on les met en œuvre.

I° La dualité des principes.

Cette dualité correspond à l’articulation de deux principes


d’application dans le tps différents selon qu’on ait affaire à dans
lois plus sévères ou à des lois moins sévères. Pour les plus
sévères, le principe fondamental est le principe de non
rétroactivité. Pour les plus douces, c’est le principe de la
rétroactivité in mitius.

1 ) Le principe de non rétroactivité des lois


pénales plus sévères.

Principe formulé à l’art 112-1 Code pénal « son seul


punissables les faits constitutifs d’une infraction à la date à
laquelle ils ont été commis » et al 2 « peuvent seuls être
prononcées les peines légalement applicables à la même
date ».
Cette justification du principe est diverse : politique et
théorique.
Politique : comment un fait pas interdit au moment où il a été
commis devienne punissable par la suite ? il y va de la

Droit Pénal 2e année 17


protection des liberté et de la sécurité des citoyens. Ce principe
a une valeur constitutionnelle (art 8 DDHC). Il est arrivé au CC
de censurer des lois qui ne respectaient pas ce principe
(décision 3/09/86 qui aggravait des dispositions relatives à la
période de sûreté). Ce principe est consacré également par la
CEDH, KOCKINAKIS contre GRECE, au nom de l’art 7 qui
consacre la Convention de la légalité qui vient dire que le
principe d’une loi pénale plus sévère ne peut être rétroactive.
Théorique : Code civil art 2, « la loi ne dispose que pour
l’avenir ». Cela explique pourquoi le principe doit être qu’une loi
nouvelle n’a aucune vocation à réglementer une situation déjà
passée. Approche plus moderne, théorie de Roubier qui a
montré que le principe n’est pas que la loi dispose pour l’avenir
ms qu’une loi nouvelle est censée être meilleure que
l’ancienne. Elle doit alors s’appliquer de façon immédiate ; si
c’est le cas, elle s’applique aux situations en cours et la loi
pénale pourrait s’appliquer directement en appliquant le régime
juridique, c'est-à-dire la sanction du comportement commis
avant la promulgation de la loi ms par exception, on réserve
l’application de la loi ancienne. Il faut faire survivre la loi
ancienne pour des raisons de prévisibilité juridique.

2 ) Le principe de rétroactivité des lois pénales


plus douces dite rétroactivité in mitius.

Par exception au principe de non rétroactivité, lorsque la


loi pénale est favorable au délinquant, on va l’appliquer au fait
commis. Art 112-1 « les disposition nouvelles s’appliquent aux
infractions commises avant leur entrée en vigueur et n’ayant
pas donné lieu à une condamnation passée en force de chose
jugée, lorsqu’elles st moins sévères que les disposition
anciennes ». justification humanitaire.
La Jurisprudence a admis comme règle coutumière que les
lois plus favorables devaient s’appliquer de façon immédiate.
Arrêt du 19 et 20/01/1981 par le CC.

II° Les difficultés de mise en œuvre.

(Comparaison de la mansuétude des lois en présences.) Il


faut distinguer des lois simples et des plus complexes.

1 ) Les situations simples.

Droit Pénal 2e année 18


Un élément évolue. Toute loi qui va rajouter un élément
est une loi moins sévère. Plus on multiplie les conditions d’une
incrimination, plus la poursuite est difficile. Quand on simplifie
une incrimination, la poursuite est rendue plus facile, loi plus
sévère. Ex : loi qui supprime l’incrimination : moins sévère. Si
on prend des lois relatives à la répression, un texte qui diminue
une peine est moins sévère ms il peut y avoir suppression d’une
peine complémentaire.

2 ) Les difficultés des situations complexes.

D’où vient la difficulté ? Il s’agit de loi dans lesquelles


coexistent de dispositions plus douces et plus sévère.
Exemple loi du 23 décembre 1980 : on a considéré que des
comportements qui n’étaient pas constitutif de viol le
concernait. Mais au niveau des peines elle avait dans
disposition moins sévère (avant 10 ou 20 ans et la répression
passait de 5 à 10 ans). La nouvelle loi est elles plus ou moins
sévère ? Peut on appliquer les dispositions les moins sévères et
écarter les plus sévère.
La solution est la suivante :
- si on considère que les lois sont divisible : il faudra
appliquer le moins sévère.
- il se peut que la loi soit indivisible : il faudra dire si oui ou
non elle est moins sévère

- divisible : Pour la loi sur le viol, on a considéré qu’elle était


divisible ; il faut faire une analyse des dispositions différentes et
voir si elles sont relié l’une à l’autre. C’est parce que l’on ouvre
plus largement l’incrimination de viol que l’on sanctionne moins
sévèrement serait une critère d’indivisibilité. On a considéré
qu’il y avait 2 politique distinctes : on voulais d’avantage
protéger les victimes en prenant en considération les
comportement avais quasi les même influence sur les
personnes ; on a diminué les peines car elle répond a la logique
que l’on diminue les peines qui empêche la réadaptation sociale
des individus. Autrement dit la Cour de Cassation vient dire que
s’il y a 2 mouvement législatif différent, on peut très bien
diviser les disposition en appliquant les plus douces et en
laissant de coté les plus sévères.

Droit Pénal 2e année 19


- indivisible : le critère est ici que l’on peut désigner une
disposition principale qui appliquera à l’espèce le critère
d’aggravement. Le critère est une sorte de hiérarchie entre les
dispositions. Exemple une loi qui augmente la peine de la loi
mais qui supprime la peine complémentaire ; ici le mouvement
global est plus sévère comparé a la disposition complémentaire.
Une appréciation globale peut nous permettre de trouver une
tendance dominante à partir de dispositions concernant tantôt
l’incrimination, tantôt les peines.

En particulier la question s’est posée de savoir ce qui se passait


lorsque l’on supprimait une incrimination et que l’on crée une
incrimination recouvrant les agissements antérieurs ; On va
regarder dans se cas de suppression du crime de castration car
on estimait qu’il été pas nécessaire car il pouvait être considéré
comme un acte de barbarie et l’incrimination été au demeurant
plus sévère ; La personne qui serai poursuivi pour cet acte
anciennement établit ne pourrait pas invoquer le caractère plus
sévère de la nouvelle incrimination afin d’y échapper. Si on
sépare les dispositions, une loi qui supprime est plus douce, et
celle qui crée est plus sévère. C’est pourquoi on a considéré
que cette loi été indivisible car la personne aurait pu s’en tirer ;
on a alors regarder le quantum de la peine afin de déterminer la
sanction, comme la loi ancienne est plus sévère, on a appliqué
la loi nouvelle.

II ) L’application dans le tps des lois pénales de forme.

Il s’agit de lois de mise en œuvre qui échappe au principe


de la non rétroactivité des lois pénales de fond plus sévères car
o considère qu’elles sont neutres. Même bien d’avantage, on
considère dans l’intérêt commun du prévenu et de la société de
bénéficier de la meilleure mise en œuvre de la justice pénale.
Ce sont des lois relatives à la compétence et à
l’organisation judiciaire, au déroulement du procès, relatives
aux prescriptions. En outre, on fiat échapper ces lois au principe
de non rétroactivité car dans un certain nombre de cas, on ne
peut comparer la mansuétude des lois en présence. En réalité,
on peut aggraver le sort de la pers poursuivie. C’est pourquoi le
législateur va limiter le principe de non rétroactivité en opérant

Droit Pénal 2e année 20


un certain nombre de distinction fondamentales. Toutes ces lois
ne sont pas traitées sur un pied d’égalité.

1 ) Les lois de compétence et d’organisation


judiciaire.

Le législateur dit qu’elles sont immédiatement applicable à


la répression des infractions commis avant leur entrée en
vigueur. Délits des militaires, lois de 82 a fait passer la
répression de ces délits aux tribunaux correctionnels, qui ont
été compétents pour les délits commis même avant 82.
(voir livre sur ça, loi de 1986 contre le terrorisme !!!)

2 ) Lois relatives au déroulement du procès.

Principe de l’application immédiate des lois nouvelles. Ex,


en matière de motivation, les magistrats doivent motiver ou pas
leur décisions de peines sans sursis ? Quand le tribunal
correctionnel décide une peine ferme, il faut une motivation
spéciale. Dans cette hypothèse, cette loi devait s’appliquer
immédiatement et les magistrats devaient modifier les
sanctions.

3 ) Les lois relatives au régime d’application des


peines.

Législateur pose un principe de l’application immédiate et


limite ce principe. Ex : loi venu préciser que l’interdiction du
territoire français entraînait la reconduite à la frontière à
l’expiration de la peine d’emprisonnement, cette mesure devait
être immédiate, mais CC, ainsi que CEDH, a décidé qu’il fallait
revenir au principe de non rétroactivité quand la mesure
d’exécution de la peine a une influence sur sa sévérité. Le
législateur a consacré cette limite en précisant dans l’art 112-
2.3 que si ces peines étaient applicables « ces lois auraient
pour résultats de rendre plus sévères les peines prononcées par
une décision de condamnation qui ne sont applicables qu’aux
condamnations prononcées pour des faits commis
postérieurement à leur entrée en vigueur ». Il faut distinguer la
peine prononcée, et l’exécution de la peine. C’est pourquoi ici
on a neutralisé le principe de l’applicabilité immédiate.

Droit Pénal 2e année 21


Ex : concernant la période de sûreté : le juge peut
prononcer une peine de réclusions ainsi qu’une peine de sûreté
d’autant d’années (période durant laquelle aucune possibilité
favorable envers la pers en prison).
Décision 3/09/86, les règles relatives à la période de sûreté
ne peuvent pas être rétroactive quand elles aggravent le
régime de l’exécution de la peine.

4 ) Les lois relatives aux prescriptions.

2 types :
 la prescription de l’action publique : au bout
d’un certain délai, après la commission d’infraction,
il n’est plus possible de poursuivre l’auteur de
l’infraction. L’action publique s’éteint par
prescription. La ? se pose de savoir quel est le tps de
la répression. Pour les crimes, c’est 10 ans ; en
matière délictuelle, c’est 3 ans ; et pour les
contraventions, c’est 1 an. Législateur : continue
d’affirmer qu’en principe elles sont d’application
immédiate mais ce qui va tempérer, lorsque les
prescriptions ne sont pas acquises, les lois relatives
à la prescription de l’action publique et à la
prescription des peines sont applicables
immédiatement sauf quand elles auraient pour
résultat d’aggraver la situation de l’intéressé.
Principe abandonné par loi Perbène II du 9/03/2004 :
idée, si on a une loi qui augmente le délai de
prescription pour une infraction particulière, cette loi
sera plus grave, ça revient à faire une loi plus
sévère. Par conséquent, le législateur avait établit
cette distinction. Art 72-3 Loi Perbéne II a abrogé
cette situation.

 la prescription de la peine : lorsqu’une


condamnation a été prononcée mais que pour
diverses raisons, la pers a pu échapper à son
exécution, il n’est pas possible de venir demander
d’exécuter sa peine lorsqu’un certain délai s’est
écoulé entre la condamnation et le moment où on
voudrait qu’il exécute sa peine. C’est la peine qui

Droit Pénal 2e année 22


s’éteint par la prescription conformément aux
articles 133-2 Code pénal. Délai : en matière
criminelle, 20ans ; matière délictuelle, 5 ans ; et
contraventions, 3 ans.

CHAPITRE 3 : LA DIMENSION SPATIALE DU PRINCIPE DE


L’EGALITE.

Art 113-1s Code pénal. En la matière, il a commencé par


définir le territoire de la République, car la distinction majeure
se fait entre les infractions commises en France et à l’Etranger.
Encore faut-il connaître le territoire de la France. Quels sont-
ils ? Il y a deux grands principes : les principes d’application
quand les infractions sont commises en France et d’autres
principes s’appliquent quand les infractions sont commises hors
de France. Est – ce - qu’on raisonne sur la compétence de la loi
française ou sur la loi des tribunaux français ? « On » fait
référence au juge ou la loi pénale française ? Cela n’a pas
d’incidence car il existe un principe de solidarité des
compétences législatives et judiciaires. Cela signifie que le juge
français ne peut appliquer que la loi pénale française.
Distinction entre le Droit Pénal International et le Droit
International Privé. Quand loi française applicable, la
compétence de la loi entraîne le juge.

I ) Les infractions commises sur le territoire français.

Le principe est clair (art 113-2 Code pénal) qui pose deux
alinéas sur le principe de territorialité. C’est le fait de dire que
la loi pénale français est applicable aux infractions commises
sur le territoire de la République et un 2e alinéa qui dispose qui
l’infraction est réputée commise sur le territoire de la
République dès lors qu’un de ces faits constitutifs a eu lieu sur
son territoire. Le principe est simple. Toute infraction commise
en France doit être punie au regard de la loi pénale française.
On ne raisonne pas du tout de la nationalité des victimes ou des
coupables.
La France peut reconnaître des mariages polygamiques si
les mariages se sont faits à l’étranger puis viennent en France.

Droit Pénal 2e année 23


On reconnaît la situation étrangère. Mais on admet pas en
France que cette situation soit créée.
On peut avoir des incriminations qui excluent des biens
juridiques lorsqu’ils comportent une dimension étrangère. Ex :
Abus de biens sociaux, contrefaçon.

Interprétation de la territorialité dans le Droit français :


la Jurisprudence a dans la mise en oeuvre du principe de la
territorialité fait preuve d’impérialisme en ce qui concerne les
infractions partiellement commises en France. Comment situer
l’infraction ?:
 Théorie de l’action : c’est le lieu ou l’action s’est produite.
 Théorie du résultat : le lieu ou le dommage résultant de
l’infraction s’est fait ressentir que l’infraction a lieu.
La Jurisprudence a utilisé la théorie de l’ubiquité :
l’infraction se localise indifféremment au lieu de l’action et au
lieu du résultat. Cela se comprend quand on lit le texte même,
« territorialité » très large.
(La France a retenu sa compétence sur la base d’un appel
téléphonique venu de France). Quelque chose de très petit peu
être retenu par les juges français. A fortiori sera-t-on compétent
dans une infraction complexe ?
Infraction complexe, réunion de deux objectif distincts pour être
constitué (ex : escroquerie). Si on raisonnait de façon
orthodoxe, on devrait se demander quand l’infraction est
condamnée. Si un fait constitutif se fait en France, cela suffit à
rendre la France compétente pour juger.
Infraction simple (meurtre, vol…). Infraction instantanée (se
déroule en un trait de tps) et infraction continue (qui dure
pendant plusieurs longtemps – séquestration-).
Séquestration qui commence en France et se finit à l’étranger :
l’infraction a lieu dans plusieurs pays ! Conséquence juridique :
loi pénale applicable dès lors que l’infraction ne sera commise
ne serait-ce qu’un instant sur le territoire français.
On pourrait distinguer l’infraction d’habitude qui est un
type particulier d’infraction complexe, c’est une infraction qui
pour être consommée suppose la réitération d’un fait qui est
impunissable (exercice illégal de la médecine). Cela se met en
place dès le 2e acte commis.

II ) Les infractions commises en dehors du territoire de


la République.

Droit Pénal 2e année 24


Plusieurs principes qui permettent de rendre compétent la
loi pénale française. Un principe dit de personnalité, le principe
de réalité, principe d’universalité.

1 ) Le principe de personnalité.

La compétence personnelle est fondée sur la nationalité de


l’auteur ou de la victime de l’infraction. Ces deux types de
compétences sont subsidiaires. Elles s’appliquent à défaut de
mise en oeuvre d’une compétence territoriale. Si la compétence
territoriale s’applique, pas la peine de rajouter que la France st
compétente au titre du principe de la personnalité.

A ) Le principe de personnalité active.

Prévu à l’art 113-6 Code pénal. Les conditions de la mise


en oeuvre de cette compétence dépend de la gravité de
l’infraction commise. Ainsi, pour les crimes, la loi française est
toujours applicable. En matière de délit, les choses changent et
se compliquent. Un délit commis par un français à l’étranger
n’est punissable qu’à deux conditions :
 Principe de réciprocité de l’incrimination (double
incrimination), si les faits sont unis par la législation du pays
où ils ont été commis. En France, on ne veut pas punir un
français pour un fait que l’on considère de moyenne gravité
mais qui n’est pas condamné comme une infraction la où il a
été commis. Il y a une différence notable entre le principe
applicable en matière criminelle et délictuelle. Les choses
commencent à changer pour les affaires bio médicales. Des
divergences notables entre Etats se font sentir.
 Nationalité française : il faut que l’auteur ait la nationalité
française. Il faut qu’il soit français au moment de l’infraction.
Le législateur vient dire qu’il fait application de l’article lors
même que le prévenu aurait acquis la personnalité française
postérieurement au fait qui lui imputé. AUT DEDERE, AUT
PUNIRE.

B ) Le principe de personnalité passive.

Cette compétence est envisagée par l’art 113-7 NCP : « La


loi pénale française est applicable à tout crime, ainsi qu’à tout

Droit Pénal 2e année 25


délit puni d’emprisonnement , commis par un français ou un
étranger hors du territoire de la République lorsque la victime
est de nationalité française au moment de l’infraction ».
Peu importe ici la nationalité de l’auteur de l’infraction,
seule compte celle de la victime au moment de l’infraction. La
victime était-elle française ? Si oui, la loi pénale française est
applicable. Toutefois, il doit s’agir d’un crime ou d’un délit pu ni
d’une peine d’emprisonnement. Aucune condition de réciprocité
n’est posée, si bien que la loi pénale française est applicable
même si les faits, constitutifs d’une infraction en France, ne
sont pas incriminés dans le pays de commission de celle-ci,
contrairement à ce qui est envisagé dans le cas de la
compétence personnelle active. Dès lors, le coupable d’un délit
puni d’emprisonnement en France, commis à l’étranger à
l’encontre d’un français, tombe sous le coup de la loi pénale
française même si le fait n’est pas incriminé par la législation
étrangère.
La répression en France des infractions visées aux art 113-
6 et 113-7 CP est cependant soumise à des conditions
particulières, fixées aux art 113-8 et 133-9. D’une part, une
plainte de la victime ou de ses ayants droit, ou encore une
dénonciation officielle par l’autorité du pays où le fait a été
commis est nécessaire pour la poursuite des délits. D’autre
part, en vertu du principe non bis in idem, aucune poursuite ne
peut être exercée contre une pers justifiant qu’elle a été jugée
définitivement à l’étranger pour les mêmes faits et, en cas de
condamnation, que la peine a été subie ou prescrite.
L’hypothèse de la grâce obtenue à l’étranger n’a pas été reprise
par le nouveau Code pénal, ceci pour faire échec aux grâces de
complaisance, d’opportunité. Le Ministère Public peut donc
engager des poursuites contre un individu gracié à l’étranger.
Pour les crimes et délits commis à bord ou à l’encontre de
aéronefs non immatriculés en France, les règles de compétence
personnelle sont applicables. La loi pénale française est
applicable si l’auteur ou la victime est de nationalité française.
Toutefois, en vertu de l’art 113-11 Code pénal, la loi pénale
française est également applicable, quelle que soit la
nationalité de la victime, lorsque l’appareil atterrit en France
après le crime ou le délit ou lorsque l’avion a été loué sans
équipage par une pers qui a la siège principal de son
exploitation ou sa résidence permanente en France.

Droit Pénal 2e année 26


C ) Les éléments communs aux deux.

2 ) Principe de réalité.

L’art 113-10 Code pénal pose des hypothèses de


compétence réelle de la loi pénale française. La loi pénale
française est ainsi applicable à certaines infractions commises à
l’étranger par des étrangers , simplement en raison de la nature
de l’infraction, les intérêts français étant largement affectés.
Ces infractions sont :
 Les crimes et les délits qualifiés d’atteintes
aux intérêts fondamentaux de la nation et
réprimés par le Titre 1er du Livre IV du nouveau Code
pénal (art 410-1 à 414-9 du nouveau Code pénal).
Selon l’art 410-1, les intérêts de la Nation
s’entendent « de son indépendance, de l’intégrité de
son territoire, de sa sécurité, de la forme
républicaine de ses institutions, des moyens de sa
défense et de sa diplomatie, de la sauvegarde de sa
population en France et à l’étranger, de l’équilibre
de son milieu naturel et de son environnement et
des éléments essentiels de son potentiel scientifique
et économique et de son patrimoine culturel ». On
trouve notamment dans ce titre les faits
d’espionnage, d’attentat et de complot, le
mouvement insurrectionnel, l’atteinte au secret de
la Défense Nationale.
 La falsification et la contrefaçon du sceau de
l’Etat, de pièces de monnaie, de billets de
banque ou d’effets publics, réprimés par les art
442-1, 443-1 et 444-1 du nouveau Code pénal.
 Les crimes et délits commis contre les agents
ou les locaux diplomatiques et consulaires
français.

3 ) Principe d’universalité de la loi pénale.

Le principe d’une compétence universelle de la loi pénale


française est admis par l’article 689-1 Code de procédure
pénale : « En application des conventions internationales visés
aux articles suivants, peut être poursuivie et jugée par les

Droit Pénal 2e année 27


juridictions françaises, si elle se trouve en France, toute pers
qui s’est rendue coupable hors du territoire de la République de
l’une des infractions énumérées par ces articles… ».
Les cas de compétence universelle sont énumérées aux
art 689-2 à 689-9 Code de procédure pénale. Les juridictions
françaises ont une compétence universelle pour juger ces
infractions lorsqu’elles sont commises hors du territoire de la
République et appliquent alors la loi pénale française qui, le
cas échéant, peut également réprimer la tentative. Les cas de
compétence universelle sont ts prévus par des Conventions
internationales, auxquelles le Code de procédure pénale
renvoie, dans des domaines où les intérêt de la Communauté
Internationale sont affectés :
 Actes de torture : Convention de New York du 10/12/1984
(par ex, pour les actes de tortures commis au Rwanda, Crim.
6/01/1998).
 Actes de terrorisme : Convention de Strasbourg du
27/01/1977 et Convention de New York du 12/01/1998.
 Actes contre les installations nucléaires ou à l’aide de
matières nucléaires : Convention deViennes et de New
York du 3/03/1980.
 Actes portant atteinte à la sécurité de la navigation
maritime et des plates formes fixes situées sur le plateau
continental : Convention de Rome du 10/03/1988.
 Capture illicite d’aéronefs et actes illicites dirigés contre
la sécurité de l’aviation civile : Convention de La Haye du
16/12/1970 et Convention de Montréal du 23/09/1971.
 Actes illicites de violence dans les aéroports servant à
l’aviation civile internationale : Convention de Montréal du
24/02/1988.
 Corruption active et passive de fonctionnaires
communautaire ou d’un autre Etat membre de l’Union
Européenne et infractions portant atteinte aux intérêts
financiers des Communautés européennes : Convention
de Bruxelles du 26/05/1997, Convention de Bruxelles du
26/07/1995 et son protocole du 27/09/1996.

TITRE 2 : LA STRUCTURE DE L’INCRIMINATION.

Toute incrimination pénale comporte deux composante :


une qui attrait au comportement qui est interdit d’adopté et

Droit Pénal 2e année 28


une deuxième qui attrait à la répression du comportement. Il
faut comprendre que toute incrimination pénale comporte ces
deux dimension dans la loi pénale elle même. Il existe dans
l’incrimination pénale, une menace de sanction, prévue par le
législateur, encourue par le délinquant.
Il est important de comprendre que dès l’incrimination, on
trouve l’idée de sanction (sanction encourue par la personne et
sanction adoptée par le juge et une sanction appliquée). Il y a
un interdit et une menace dans la sanction pénale.

SOUS TITRE 1 : L’INTERDIT.

Cet interdit prend figure à travers des infractions soumises


par le législateur. Quels sont les éléments permanents que l’on
retrouve dans toute infraction pénales ? les éléments de
l’interdit. Dans un certain nombre de cas, l’interdit disparaît.
Des fois, l’acte prohibé cesse de l’être.

CHAPITRE 1 : LES ELEMENTS DE L’INTERDIT.

On en retrouve toujours 2 : un élément matériel, il faut un


acte pour une infraction pénale ; une dimension psychologique
qui vient colorer cet acte, on parle d’élément moral de
l’infraction. Il est soit une hostilité aux valeurs sociales soit une
simple indifférence aux valeurs sociales.

SOUS CHAPITRE 1 : L’ELEMENT MATERIEL.

Il y a plusieurs grands pans à envisager. Il faut s’interroger


sur la diversité des infractions. Leur structure est différente
selon les infractions. Il y a aussi une exécution non achevée : la
tentative. Puis il y a la complicité (punir une pers qui n’a pas
commis les faits punissables, mais qui en a commis d’autres).

I ) La diversité des infractions.

Cette diversité est importante car elle structure l’ensemble


du raisonnement des pénalistes. C’est un raisonnement fondé
sur la structure des incriminations.

1 ) Distinction fondée sur le mode d’exécution.

Droit Pénal 2e année 29


Il y a plusieurs oppositions entre différents types de
comportements infractionnels.

A ) La nature du comportement infractionnel :


infraction de commission et d’omission.

Les infractions de commission exigent un


comportement actif et donc la plupart des infractions sont des
infractions de commission. On sanctionne sévèrement les
comportements attentatoires à l’ordre social. Il ya une
signification négative qui consiste dans le rejet de la
commission par omission. Dans quelle mesure est-il possible
d’assimiler l’abstention à l’action ? Lorsque le résultat de
l’abstention était le même que celui lié au comportement actif :
affaire de la séquestrée de Poitiers : une pers aliénée mentale
trouvée dans une chambre étendue sur une paillasse au milieu
de débris…, dénudée et délaissée. Elle a été laissée longtemps
dans cet état de malpropreté pendant plus de 20 ans. Peut-on
reprocher à sa mère et à son frère d’avoir fait des violences sur
elle. En dépit de son état lamentable, le frère a été reconnu non
coupable, la Cour de Poitiers affirmant « le manque de soin ne
constitue pas la voie de faits (violence) » => Non équivalence
de l’action et de l’omission.
Conséquence : laisser quelqu’un se noyer n’est pas un
meurtre…
Les infractions d’omission : elles se sont multipliées
dans deux directions différentes : soit pour sanctionner des
comportements qui seraient passif (laisser une pers se noyer,
non révélation d’un crime, non témoignage en faveur d’un
innocent – art 434-1 CP - …). Elles sanctionnent les infractions
dans des secteurs d’activité particuliers (Droit Pénal des affaires
=> accomplissement de certaines obligations).

B ) La structure du comportement
infractionnel : infraction simple et complexe.

Distinction fondée sur la ? de savoir si le comportement


reproché tient à un acte unique ou à une pluralité d’acte. La
plupart du tps, les infractions sont simples. Pour qu’elle soit
consommée, il faut un acte interdit de faire, ex : vol, viol… Dans
certains cas, le législateur a considéré que l’infraction était
structurée de façon plus complexe et devait être mise dans un

Droit Pénal 2e année 30


autre régime. Ex : escroquerie (cf TD du 2/11/06). C’est
important pour savoir à quel moment se consomme l’infraction,
à quel moment elle est intégralement exécutée.
Catégorie d’infraction complexe : infraction d’habitude :
pluralité d’actes semblables et non plus différents (art 225-16
CP).

C ) La durée du comportement infractionnel :


infraction instantanée et continue.

L’infraction instantanée s’exécute en un train de tps où la


durée est indifférente à la durée de la réalisation de l’infraction.
L’infraction continue incluse dans sa définition la
persistance de leur résultat. C’est une action qui persiste dans
le tps, matériellement et moralement (Recel, séquestration).
Le rejet de la théorie des infractions permanentes : qui
s’exécutent en un train de tps mais qui reste dans le tps. Ex :
Bigamie. Cour de Cassation rejette cette théorie et les traite
comme des infractions instantanées.

Intérêts de cette distinction :


- Dans l’infraction instantanée dure à compter de la réalisation
de l’infraction alors que son pt de départ est le jour où l’acte
délictueux a pris fin en matière d’action continue (Recel).
- L’application d’une loi nouvelle : la non rétroactivité de la loi
plus sévère doit intervenir postérieurement à l’infraction mais si
on a une infraction simple (pas de problème), mais pour
l’infraction continue, on applique une loi qui intervient durant
l’infraction.
- La loi pénale française s’applique t-elle ? Si infraction est
consommée hors de France, on ne l’applique pas, mais si l’acte
passe par la France, la loi française s’appliquera.

2 ) La distinction fondée sur la prise en compte du


résultat de l’infraction.

Il s’agit de faire la distinction entre l’infraction matérielle et


l’infraction formelle.

A ) L’infraction matérielle.

Droit Pénal 2e année 31


Elle suppose que l’on ait porté atteinte à un bien juridique
que l’on voulait protéger (vie, propriété, intégrité physique). La
plupart des infractions sont des infractions matérielles.

B ) L’infraction formelle.

Infraction qui se consomme indépendamment du résultat


dommageable que l’on veut éviter, on ne tient pas compte du
résultat. L’interdit pénal est le comportement en tant que tel, et
pas le comportement qui porte atteinte à. Ex :
empoisonnement, corruption active.

II ) La tentative.

Le problème est celui de savoir à partir de quand il faut


réprimer un comportement considéré comme illicite. Faut-il
attendre qu’il y a eu atteinte à l’ordre social, ou peut on
intervenir plus tôt avant que l’acte soit arrivé à terme ? Il faut
que le comportement soit révélateur de ka dangerosité sociale.
Iter Criminis :chemin du crime. Projection de commettre un
crime. Ensuite, phase de préparation et enfin un phase de
commission.
Le législateur a adopté le critère du commencement
d’exécution.

1 ) Le domaine de la tentative.

Il faut savoir que le législateur, art 121-5, prévoit le


principe de la répression et dans l’art 121-4, il prévoit le
domaine. La tentative est toujours punissable en matière
criminelle, ne l’est pas en matière contraventionnelle.
La tentative est facile à détecter pour les infraction
matérielles, objectif non atteint.
Pour les infractions formelles, tentative est-elle
concevable ? c’est une forme de tentative, mais admettre une
tentative d’empoisonnement serait d’admettre une tentative de
tentative. La Jurisprudence a admis la tentative
d’empoisonnement, il suffit d’un acte qui tend à l’administration
des substances de nature à donner la mort.

2 ) Les éléments constitutifs de la tentative


punissable

Droit Pénal 2e année 32


A ) Le commencement d’exécution.

1° Distinction des actes préparatoires et


commencement d’exécution.

Le législateur a choisi la notion de commencement


d’exécution comme étant le seuil en deçà duquel il n’était pas
possible de punir car la dangerosité sociale de l’individu n’était
pas encore déterminée. On peut craindre que si on remonte
trop tôt dans la répression de la tentative, on incite la pers à
aller au bout de son action.
Il y a des cas où l’acte préparatoire est punissable. Dans
certaines infractions l’acte préparatoire est érigé en acte
constitutif. Ex : association de malfaiteurs, art 450-1 CP,
caractérisée par le fait qu’il y a un groupement formé en vu de
la préparation d’un ou plusieurs faits matériel d’une ou
plusieurs infractions d’une certaine gravité. L’idée est que ce
sont des actes préparatoires. Le législateur comble parfois les
lacunes.

2° La définition du commencement
d’exécution.

a) La conception objective et
subjective.

L’idée est que les objectivistes ont voulu réduire le champ


de la tentative punissable en ayant un élément concret, un
critère fixe de définition du commencement d’exécution. Il faut
qu’il y ai un acte qui entre dans la champ de l’incrimination au
titre, par ex, de situations aggravantes. Ex : dans le vol, il y a
circonstance liée à l’escalade.
D’autres disent qu’il faut voir l’intention d’aller jusqu’au
bout de l’action. C’est à une appréciation subjective que devra
se livrer le juge pour savoir s’il y a commencement d’exécution.

b) La conception mixte de la
Jurisprudence.

Il y a les deux conceptions. La Jurisprudence exige un acte


qui tend directement à commettre un délit avec intention. Ou

Droit Pénal 2e année 33


encore c’est un acte qui pour conséquence directe ou
immédiate de consommer le crime ; celui ci étant entré dans sa
période d’exécution. Arrêt LACOUR. On est ici dans une
approche matérielle.
Ex : A partir de quand il y a tentative ? Escroquerie aux
Assurances : Une pers met le feu à son appartement
volontairement pour toucher l’assurance. Mettre le feu
constitue-t-il un commencement d’exécution ? La Jurisprudence
expliquait que la déclaration de sinistre était insuffisante.

B ) L’absence de désistement volontaire.

Pourquoi la tentative a été suspendu ou a manqué son


effet. Pour différencier la tentative interrompue du Délit
manqué. On a voulu distinguer deux hypothèses :
 La tentative proprement dite (acte qui tendait à un
certain résultat et qui n’a pas été jusqu’à son terme,
ex : pers qui veut commettre un cambriolage mais
qui est arrêté par la Police qui est sur les lieux,…)
 Idée selon laquelle l’agent a réalisé l’ensemble du
processus incriminé mais qui n’est pas arrivé aux
résultat escompté soit en raison de sa maladresse
ou soit en raison de l’impossibilité matérielle
d’obtenir le résultat (infraction impossible). La pers a
été jusqu’au bout, l’acte n’a pas été arrêté avant.
Le fait de renoncer à l’infraction est-il constitutif d’un
désistement volontaire ou non ? Jurisprudence dit que si il y a
dissuasion d’un volontaire, il y a désistement, mais si c’est à
cause d’un fourgon de Police, ça n’en est pas un.
Question de l’infraction impossible : elle peut l’être pour
plusieurs raisons : les moyens employés sont inefficaces, le
résultat n’est pas possible car déjà atteint (meurtre du
cadavre : Perdereau 1986).
Ce qui serait impossible est le résultat de l’exécution mais
non pas l’exécution ou le commencement des actes
d’exécution : c’est une réfutation qui dénonce une confusion
qu’elle commet elle même.
Le désistement involontaire se distingue du repentir actif.
Repentir actif ? C’est le fait de vouloir réparer l’infraction après
sa consommation ; l’hypothèse est la suivante, une pers vole un
objet et la restitue de suite…On n’est pas dans une hypothèse
de désistement de l’infraction. L’infraction est entièrement

Droit Pénal 2e année 34


consommée et la pers reste punissable. Le repentir actif est
indifférent à la consommation de l’infraction. C’est pourquoi il
est essentiel de savoir à quel moment l’infraction est
consommée.
Si on apporte un antidote à une pers qu’on vient
d’empoisonner, il n’y a pas désistement volontaire d’une
tentative d’empoisonnement. L’infraction est totalement
consommée quand on donne le poison, le fait de donner un
antidote constitue un repentir actif et non pas un désistement
volontaire. L’empoisonnement est donc bien consommé. Le
repentir actif a t-il des effets ? Il en a un mais n’est pas de
Droit : le juge pénal tiendra compte de ce comportement positif
au stade de la détermination de la peine. Parfois, le législateur
va plus loin et considère que le repentir actif peut avoir un effet
plus important. Si on prend l’infraction de trafic de stupéfiants,
le législateur a prévu de diminuer la peine, encourue par
l’auteur de cette infraction, de moitié si cette pers a averti les
autorité administratives ou judiciaires, ce qui a permis de faire
cesser les agissements et d’identifier les autres coupables.

III ) La complicité.

Différents angles : élément matériel ou angle de


participation à l’infraction. Que reproche t-on une pers qui ne
commet pas l’acte formé mais qui y a participé tout de même.
Il s’agit ici de comprendre la problématique générale.
L’hypothèse est qu’on est plus en présence d’une infraction
commise par un seul individu mais dans le cadre d’une
entreprise délictueuse collective, laquelle repose souvent sur
une entente préalable mais qui peut le cas échant se
manifester de manière ponctuelle à l’occasion d’une infraction
déterminée. Toute délinquance ne suppose pas de complicité.
Si plusieurs pers exécute un assassinat, chacun sera co-auteur.
Il y a une hiérarchisation des comportements en vue de
l’entreprise délictueuse (pers qui attend dans la voiture ceux
qui cambriolent, cette pers sera appréhendée sous le chef de
complicité de vol).

1 ) Le principe de la répression de la complicité.

On est dans l’hypothèse où on a une pluralité de


participant à l’infraction et ts ne font pas l’élément matériel qui

Droit Pénal 2e année 35


est incriminé par la loi. Il y a différents systèmes en présence
pour appréhender cette situation.

A ) Les systèmes en présence.

Pour atteindre les différents protagonistes de l’infraction,


deux angles : soit on pointe l’attention sur le lien particulier
existant entre les différents protagonistes, ceux qui exécutent
les actes matériels de l’infraction et ceux qui ne les exécutent
pas ; soit une manière qui fait que l’acte commis par le
complice soit délictueux par lui même, c’est un délit distinct.

1° La théorie de la criminalité d’emprunt.

Le système repose sur un constat : si on considère les


actes accomplis par un complice, ils sont dépourvus de
criminalité propre, rien n’interdit de faire le guet. Ils ne
deviennent répréhensible que par référence à l’infraction. Il
s’associe à un acte délictueux, il emprunte la criminalité de
l’acte délictueux. On a parfois critiqué ce système car alignait le
statut du complice sur celui de l’auteur principal alors qu’ils
n’ont pas le même degré d’incriminalisation dans l’affaire.

2° La théorie du délit distinct.

La situation est assez différente car on cherche à


envisager la responsabilité des participants sans référence aux
actes commis par chacun d’entre eux. On juge chacun en
fonction de sa conduite et sans considérer cette association au
projet délictueux. On neutralise la critique précédente (lien
entre complice et auteur principal), mais ce système a un lourd
inconvénient, c’est qu’on nie fondamentalement la réalité des
faits telle qu’elle se présente. On a l’impression que le complice
n’a pas de criminalité propre. Cette théorie nie l’idée de
complicité et va donc être rejeté par le Droit français.

B ) Le choix du Droit français.

Le choix du Droit français est clairement la théorie de la


criminalité d’emprunt même s’il y a eu un infiniment de ce
choix au cours du tps.

Droit Pénal 2e année 36


Dans l’ancien Code pénal, c’était clair, on disait que les
complices d’un crime ou d’un délit seront punis de la même
peine que les auteurs de ce crime ou de ce délit.
L’art 121-6 Code pénal est moins catégorique, il peut
sembler ambiguë, car sera considéré comme auteur, le
complice de l’infraction, ça ne signifie pas qu’on renonce à
l’emprunte de criminalité, au niveau de la répression, il y a une
plus grande marge d’appréciation de la répression. Notre Droit
continue d’appréhender le complice en liaison avec l’acte de
l’auteur principal.
Le fait-il toujours ? Pas exactement. Il y a certains
tempéraments à ce principe qui sont légaux. Art 121-6 et 121-7
concernent la répression de la complicité en tant que telle,
néanmoins des dispositions ponctuelles vont ériger des faits de
complicité en infraction autonome. Ex : le fait de provoquer un
mineur à faire usage de stupéfiants, provoquer = complicité,
mais si le fait de provoquer à l’usage devient un comportement
plus grave, on devient complice de l’usage de stupéfiants pour
un mineur. On encoure la même peine que le mineur.
Provoquer un mineur à consommer est un fait autonome.
Ex : Provocation au suicide est une infraction autonome ;
provocation à commettre un assassinat ou un empoisonnement,
art 221-5-1.

2 ) Les conditions de la répression.

Elles st posées par l’art 121-7 Code pénal. Cet art exige
que l’on se rende complice d’un fait punissable puis que la
participation du complice revête des formes particulières et que
cette participation soit intentionnelle.

A ) Le fait principal punissable.

Le système de la criminalité d’emprunt exige que la


participation du complice soit rattachée à un fait punissable qui
soit de nature contraventionnelle, délictuelle ou criminelle.

1° La nature du fait principal punissable.

Deux choses :
 Lorsqu’on lit l’art 121-7, il y a deux alinéas qui incriminent 2
formes d complicité différente. La 1ère est la complicité par

Droit Pénal 2e année 37


aide et assistance : « est complice d’un crime ou d’un délit la
pers qui sciemment par voie d’assistance en a facilité la
préparation ou la consommation ». L’alinéa 2 « est
également complice la pers qui par don, promesse…aura
provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la
commettre » : complicité par instigation.
 Il faut envisager la diversité dans hypothèses qui permettent
de constater qu’on s’associe à une infraction punissable. Pour
qu’il y ait fait principal punissable, l’acte doit tomber sous le
coup de la Loi et constitue une infraction.

a) Exclusion de la répression.

2 raisons : le fait principal n’est pas punissable ou il a


cessé de l’être.

i) Le fait non punissable.

- Certains faits ne sont pas punissables et on ne peut pas


les condamner par la complicité.
- La tentative non punissable : on devient complice d’une
pers qui n’est pas punissable car les conditions de la tentative
ne sont pas réunis (arrêt LACOUR, 25/10/1962 : en raison du
principe d criminalité d’emprunt, l’individu qui remet de l’argent
à un tueur à gage pour qu’il commette un assassinat, cet
individu n’est pas responsable pénalement dès lors que le tueur
à gages s’abstient de donner suite, ou d’exécuter le contrat ; le
tueur à gage a dénoncé l’auteur de la proposition). Comment
faire pour résoudre ce problème ? LA Jurisprudence a essayé de
combler les brèches. Elle a dit qu’il n’y a pas de complicité
d’une tentative mais on peut trouver une infraction particulière,
bien pratique : l’association de malfaiteurs, arrêt 30/04/1996,
un homme a demandé à quelqu'un de jeter du vitriol à la figure
de la fille qui l’avait rejeté : à eux deux, il y a formation
d’association de malfaiteurs. C’est une parade qui paraît
inappropriée. Le législateur est venu à la rescousse. Art 221-5-1
Code pénal qui a été institué par la loi Perbenne 2 du 9/03/2004
et qui est venu incriminer « le fait de faire à une pers des offres
ou des promesses ou de lui proposer des dons présents ou
avantages quelconques afin qu’elle commette un assassinat ou

Droit Pénal 2e année 38


un empoisonnement et en précisant, lorsque ce crime n’a
été ni commis, ni tenté, ce fait est puni de 10 ans
d’emprisonnement et de 150 000€ d’amendes ». Cette
hypothèse de l’arrêt Lacour illustre le fait que la tentative de
complicité n’est pas punissable. Le Dr Lacour a essayé de
devenir le complice du tueur à gage. A l’inverse, si la tentative
a fait l’objet d’un commencement d’exécution et qu’il n’y a pas
de désistement volontaire, la complicité devient punissable.
- L’immunité : des pers vont bénéficier d’une immunité en
raison des liens qu’ils entretiennent avec la victime de
l’infraction. Ex : voler est interdit mais le vol au préjudice d’un
ascendant ou d’un descendant, le Droit Pénal ne s’immisce pas
dans la vie familiale (art 311-12 : Est-ce- que par ricochet, cette
immunité va bénéficier au complice ? le complice bénéficie t-il d
l’immunité familial ? La Jurisprudence l’admet si le vol entre
époux n’est pas punissable).

ii) Fait ayant cessé d’être


punissable

2ex :
- Faits de l’infraction prescrite. Si le fait principal ne
peut plus être poursuivi, on ne peut pas poursuivre le
complice.
- L’amnistie qui est un mécanisme par lequel une loi
va enlever de façon rétroactive le caractère délictueux
d’un fait. C’est l’amnistie réelle (concerne la nature de
l’infraction et non pas la pers de son auteur).

b) Le champ de la répression.

La répression va être très différente à certains éléments


qu’on aurait pu croire importants pour faire obstacle à la
répression. Peut on réprimer le complice alors que l’auteur ne
peut pas être puni ? Que se passe t-il si le fait principal est lui
même un acte de complicité ? Peut-on être complice d’une
infraction que l’on ne commettrait pas soi même ? Que se
passe t-il si les faits de complicité ont été faits à l’étranger ?
 La question de l’auteur non punissable et du fait de savoir si
ça bénéficie au complice : Jurisprudence est très claire : le
fait commis par l’auteur soit punissable, il importe pas du
tout que l’auteur soit poursuivi ou ne puisse même pas l’être

Droit Pénal 2e année 39


pour diverses raisons (inconnu, en fuite, mort…clause de non
imputabilité : Peut on être complice d’un fou ? Oui ).
 Complicité indirecte : l’idée est la suivante, on se pose la ? de
savoir dans quelle mesure on peut poursuivre un individu qui
favorise la commission d’une infraction en apportant son
soutien non pas directement à l’auteur de cette infraction
mais au complice de celui ci. La Jurisprudence n’était pas
d’une clarté absolue, mais elle est intervenue dans un arrêt
du 15/12/2004 pour fixer la règle : il s’agissait d’un employé
d’une Cie d’assurance qui avait préparé une escroquerie à
l’assurance consistant à profiter de la résiliation de certains
contrats pour y imputer des déclarations de sinistres
imaginaires, la Cie payait des chèques pour indemniser des
sinistres inexistants. L’employé avait un complice qui
recrutait des tiers. Peut on poursuivre les tiers : Oui on peut
bien qu’ils apportent leu soutien direct au complice et non
pas à l’employé directement, et Cour de Cassation approuve
la CA d’avoir condamné ces tiers en disant qu’en prononçant
ainsi « dès lors que l’aide et l’assistance apportée en
connaissance de cause à l’auteur de l’escroquerie, même par
l’intermédiaire d’un autre complice constitue la complicité de
l’art 121-7 Code pénal ». C’est la consécration de la
punissabilité de la complicité indirecte.
 Peut on être complice d’une infraction que l’on ne peut
commettre soi même ? Ex : pour être traître à son pays,
encore faut-il avoir la nationalité. Peut on être complice
d’une trahison si on n’a pas la nationalité française ? La
Jurisprudence a répondu par l’affirmative.
 Que se passe-t-il en cas de complicité d’infraction délictueuse
commise à l’étranger ? 2 situations distinctes : la situation
dans laquelle la complicité s’est déroulé en France, mais
l’infraction principale a eu lieu à l’étranger et la situation
dans laquelle l’infraction a eu lieu en France et la complicité
à l’étranger.
Si on fait jouer l’emprunt de l’infraction, normal qu’elle soit
condamnée dans le 1er cas.
La solution du Droit, pour le 2e cas, par l’art 113-5 Code
pénal, qui dispose « la loi pénale est applicable à
quiconque s’est rendu coupable sur le territoire de la
République comme complice d’un crime commis à
l’étranger en précisant si le crime ou délit est puni à la fois
par la loi française et par la loi étrangère et d’autre part,

Droit Pénal 2e année 40


s’il a été constaté par une décision définitive de la
juridiction étrangère ». France compétente dans les 2 cas.

B ) L’acte de complicité.

Pluralité de ? qui se pose. Suppose une participation


matérielle qui répond à l’art 121-7.

1° Les caractères généraux de participation


criminelle.

2 conditions : il doit s’agir d’actes positifs qui doivent être


antérieurs ou concomitant à la réalisation de l’infraction.

a) Un fait positif.

Celui qui assiste à la commission de violence et qui


n’intervient pas, elle n’est pas complice des faits de violence,
rester spectateur n’est pas une association, pas de complicité
par abstention. Il y tout de même des tempéraments. On
considère que dans certains cas, l’abstention est une véritable
adhésion, si on n’intervient pas et qu’on empêche des pers
d’intervenir, alors il y a complicité de violence. La situation
résultant des obligations professionnelles des pers (ex : GPX,
gardien d’immeuble..).

b) Un fait antérieur ou concomitant à la


réalisation de l’infraction.

Exigence logique. Art 121-7 : c’est celui qui aide à la


préparation ou à la consommation de l’infraction : comment cet
acte pourrait intervenir après la consommation. De même que
provoquer à la consommation de l’infraction pour la commettre,
l’acte doit être antérieur.
Par conséquence, si on met des objets dans le coffre de la
voiture après le vol, on n’est pas complice du vol. L’acte
postérieur résulte-t-il d’un accord antérieur ? si oui, complicité.
Ex : celui qui attend les braqueurs dans la voiture.
Si on aide à mettre dans le coffre, on considère que c’est
du recel.

Droit Pénal 2e année 41


2° Les différentes formes de participations
du complice (art 121-7).

a) L’aide et l’assistance.

Art 121-7 est très large dans l’incrimination. Ça peut


consister à fournir l’arme du crime, de téléphoner à la victime
pour la faire venir, prêter sa voiture… On fait parfois la
différence entre l’aide et l’assistance.
La spécificité des délits de presse. Quelqu'un publie un
article diffamatoire dans un journal, il est considéré comme
l’auteur principal et le directeur de publication est complice car
fournit le matériel. Il y a des règles particulières en la matière
et on considère que l’auteur principal est le directeur de
publication et que celui qui tient les propos diffamatoires est
considéré comme un complice.

b) L’instigation.

On parle d’instigation pour décrire l’attitude de celui qui


incite l’auteur de l’infraction à commettre celle ci. Sur ce pt, il
faut voir que on s’est beaucoup plus interroger sur le pt de
savoir s’il n’aurait pas été préférable d’en faire une infraction
particulière. On se demande parfois du pt de vu criminologique
qui doit être le véritable responsable de l’infraction, le cerveau
ou l’exécutant ? Le cerveau devrait être l’auteur mais
généralement on le considère comme complice. La complicité
par instigation témoigne du refus d’admettre en Droit français
la théorie de l’auteur moral. L’auteur d’une infraction n’est pas
celui qui y pense mais celui qui la commet. L’instigateur peut
être traité comme l’auteur principal.
L’instigation va être divisée en 2 par le législateur : c’est
celui qui provoque à une infraction (provoquer par instigation),
on suppose que l’on ait fait un don, une promesse, menace,
ordre, abus d’autorité ou de pouvoir. C’est aussi le fait de
donner des instructions pour la commettre. Art 121-7 : 2
manières d’être un instigateur, soit par provocation soit par
fourniture d’instructions.

i) La provocation.

Droit Pénal 2e année 42


Une provocation non qualifiée sous forme de conseil ou de
suggestion n’est pas punissable. Le législateur exige que le juge
trouve une provocation qualifiée (menace, ordre, …)
« Dons et promesses » sont généralement larges, c’est
souvent des dons pécuniaires. N’importe quel type de promesse
peut-il être considéré comme une promesse au sens de l’art
121-7.2 ? La Jurisprudence l’admet.
La menace : peut être la menace de licenciement, de
rupture ; le mot menace ne correspond à la menace pénale
sanctionnée par ailleurs.
L’ordre pose plus de problème : dans quel cas y a t-il
ordre ou conseil de suggestion ? Ordre que si les pers se
retrouvent dans une position hiérarchique différente. C’est pas
la même chose de dire « vas y fonce, v’ là les flics » (conseil), or
si la patron dit à son chauffeur de rouler plus vite (ordre).
Cette provocation doit être individuelle ou pas ? La
Jurisprudence explique que la provocation doit être
individualisée.
Il faut que la provocation soit directe et il ne s’agit pas de
susciter des sentiments de haine qui auront fait des infractions
autonomes.

ii) La fourniture d’instruction.

Il doit s’agir d’instruction de nature à rendre possible la


commission d’instruction et en faciliter la commission. Ex :
fournir un plan, l’itinéraire de la victime, donner l’adresse de
l’avorteuse à l’époque… Tout ce qui est renseignement vague
ne peut être considéré comme des instructions au sens de l’art
121-7. il faut avouer qu’il n’est pas très simple de faire la
distinction entre la complicité par aide et assistance et la
complicité par fourniture d’instruction. La Jurisprudence a
considéré qu’il y a d’avantage d’instructions donc il y a malgré
tout que l’idée par la fourniture de certains renseignements, il
y va d’avantage de l’incitation. Fondamentalement, a-t-on le
sentiment que la pers qui a fourni les documents est-elle juste
venue en aide de l’infraction ou a-t-elle incité à la faire ?
La ? s’est posée de savoir si les moyens mis en œuvre par
le complice doivent effectivement avoir servi à la commission
de l’infraction ? Si l’on fournit un code pour rentrer dans une
maison et qu’on l’a mal noté, peut on poursuivre le complice.
Dans l’ancien Code pénal, il fallait que les moyens aient servi à

Droit Pénal 2e année 43


l’action. La Jurisprudence n’exigeait pas ce lien de causalité.
L’art 121-7 Code pénal n’a pas cette formulation restrictive et
donc a néanmoins donné des instructions pour la commission
de l’infraction, on a commis en soi l’acte répréhensible et donc
cela ne dépend plus de notre volonté. C’est un pt de vu
subjectif de la Constitution de l’infraction.

3° Distinction entre auteur et complice.

Le critère de cette distinction est a priori simple, angle


subjectif soit objectif : l’auteur et celui qui a voulu faire
l’infraction et l’auteur a voulu s’y associer (subjectif) ; relation
de causalité, qui a aidé la cause adéquate de l’infraction.
Le plus simple est de s’en tenir à la structure juridique de
l’infraction, regarder si le prévenu a commis des actes matériels
de l’infraction, le complice est celui qui participe à la situation
délictueuse s n’accomplit pas les actes délictueux
En pratique, la Jurisprudence a plus de mal à mettre une
frontière stricte entre l’auteur et le complice et fait parfois du
complice un co-auteur et d’un co-auteur, un complice, surtout
quand le rôle du complice apparaît déterminent, quand ils
agissent en même tps dans le même lieu (vol d’UN bijou, il y a
complicité). Est -ce-que lorsque la Jurisprudence se trompe, la
Cour de Cassation vient faire une censure ? Réponse négative
dès lors que ça ne change rien au niveau des peines encourues
(théorie de la peine justifiée) : distinction complice/co-auteur
s’efface.

C ) L’intention de participer à l’infraction.

Il ne suffit pas d’un acte matériel de complicité pour être


punissable, il faut aussi la volonté de s’associer : art 121-7 Code
pénal. Cette intention doit être antérieur ou concomitante à la
réalisation de l’infraction.
Il faut caractériser cette intention, est-elle la même que
celle que l’on exige de l’auteur principal ? De quelle intention
parle-t-on ? Intention de réaliser les conséquences de
l’infraction (intention tendue vers le résultat dommageable) ou
une intention tendue vers le comportement délictueux ?
Jurisprudence dit que l’intention est celle de participer en tant
que tel plutôt que de s’associer au résultat de cette infraction.
2 ? surgissent :

Droit Pénal 2e année 44


 la ? de la correspondance entre l’intention du
complice et l’infraction finalement accomplie par
l’auteur principal.
 Est-il possible de devenir complice d’une infraction
involontaire ?

1° La correspondance entre l’intention du


complice et l’infraction finalement
accomplie par l’auteur principal.

il peut y avoir une absence de corrélation totale.


L’infraction peut e accomplie avec des situations aggravantes.
Que se passe t-il quand on s’associe pour une infraction laissée
en suspend.

a) infraction différente de laquelle le


complice entendait s’associer.

Quelqu'un veut s’associer à un vol, mais le voleur


s’aperçoit qu’il y a une femme dans la maison et la viole. Le
complice est-il complice de viol ? Jurisprudence a répondu non,
Affaire NICOLAÏ, 13/01/55, ch. crim., un créancier avait chargé
un homme de main de se rendre chez son débiteur pour le
convaincre d’acquitter sa dette. Débiteur pas chez lui, et
homme de main a tué le concierge. Le créancier impayé est-il
complice du meurtre ? Cour de Cassation répond non, que sans
doute Nicolaï pouvait s’être rendu coupable d’une extorsion de
fond, voire d’une tentative d’assassinat, mais ne peut être
poursuivie pour complicité de meurtre, car il n’avait pas voulu
s’associer au meurtre du concierge.

b) Infraction accompli avec


circonstances aggravantes non
envisagées.

Idée de la Complicité de vol, même ex qu’avant, mais la


jeune fille n’est pas violée mais violentée. Complice est-il
complice de violence ? Jurisprudence répond oui, car complice
devait prévoir toutes les qualifications dont les faits étaient
susceptibles et les circonstances qui pouvaient tout
accompagner.

Droit Pénal 2e année 45


c) Infraction prévue indéterminée.

C’est lorsque l’infraction prévue est indéterminée. Ex : une


pers qui demande à une autre de la venger, mais la manière de
la vengeance n’est pas prévue. Quelque soit la manière, il sera
complice. La Jurisprudence l’a affirmé dans un arrêt du
28/10/1965, ch. crim, celui qui a donné des instructions pour
commettre un crime ou un délit encourt la responsabilité pénale
de l’ensemble des délits commis par l’auteur principal.

2° La ? de la complicité en matière non


intentionnelle.

Problème : peut-on se rendre coupable de complicité d’un


délit d’imprudence ? Y-a-t-il une fourniture de moyens ? NON,
de toute évidence, il y a une contradiction entre l’idée de
complicité et l’idée d’imprudence. L’imprudence exclut
l’intention. La situation est moins simple en réalité. Il y a
plusieurs degrés :
 L’imprudence non intentionnelle : pas de complicité.
 Faute de mise en danger délibéré de la vie d’autrui :
quand on viole une règle de prudence, on prend un
risque délibéré et il y a du non intentionnel et de
l’intentionnel, on le considère comme non
intentionnel.
Ne peut-on pas s’associer pour une infraction de cette
nature. Ex : un patron dit à son chauffeur de brûler le stop, et
une pers est victime. Ordre de commettre une infraction, mais
homicide involontaire, on peut donc admettre l’idée de
complicité.
Cela étant, Peut-on s’abstraire du raisonnement en terme
de complicité ?on peut considérer comme auteur principal celui
qui a commis une imprudence (on donne un couteau et la pers
en blesse un involontairement). Le prêteur peut être considéré
comme auteur principal et non pas comme complice.

3 ) La répression de la complicité.

Art 121-6 Code pénal, « sera puni comme auteur le


complice de l’infraction au sens de l’art 121-7 ». Il y a une
évolution de la loi : l’art 59 ancien Code pénal disposait que le
complice devait être puni de la même peine que l’auteur (peine

Droit Pénal 2e année 46


encourue est la même pour l’auteur et le complice), c’était le
système de l’emprunt de pénalité. Système abandonné. On a
conservé le système d’emprunt de criminalité, en revanche la
peine prévue par le complice n’est plus fixé en fonction de la
peine encourue par l’auteur principal.
Il faut comprendre la différence entre ces deux codes. On
a abandonné l’emprunt de pénalité à cause de la mise en
œuvre de la responsabilité des pers morales. Si une pers
morale s’associe avec une pers physique, ou inversement, ça
pose problème. On a contourné le problème en disant la
question ne doit plus être envisagée sous cet angle, on
sanctionne le complice comme s’il était lui même l’auteur
principal. Il faut punir le complice au regard des peines qu’il
encourrait s’il était auteur principal. De ce fait, le problème
disparaît, lorsque le complice est complice d’un meurtre alors
que la pers morale puisse être dissoute, il encourt la peine du
meurtre.
L’art 121-6 dit sera puni comme auteur le complice de
l’infraction. L’ancien Code pénal dit que le complice sera puni
de la même peine que l’auteur. Différent. Quand on dit
complice puni de la même peine => la peine encourue par le
complice est la même que celle encourue par l’auteur principal.
Tant qu’il s’agit de pers physique, pas de problème particulier.
Code pénal a introduit la responsabilité des Pers Morales :
infraction imputée à la société en général et plus le seul patron.
On condamne la pers morale à une peine, peut-elle être la
même que celle pour une pers physique.(pour la même
infraction, une pers morale a une peine 5 fois plus importante
que les pers physique). Mais la peine d’emprisonnement est
impossible pour les pers morales. Inversement, une pers morale
peut être condamnée à la dissolution, il n’y a pas d’équivalence
pour la pers physique. Si on dit que le complice encourt la
même peine que l’auteur principal, ça suppose que la pers
physique encourt la même peine que la pers morale, et
inversement. L’emprunt de pénalité ne fonctionne plus. Il faut
donc changer de système. On abandonne l’emprunt de pénalité
en disant, il ne faut plus dire que le complice encourt la même
peine que l’auteur principal, il faut dire le complice encourt la
peine qu’il encourrait s’il était auteur principal, c'est-à-dire, on
le considère au moment de la répression comme s’il était
auteur principal. Par conséquent, la pers morale encourra la
peine que la pers morale encourt lorsqu’elle commet en tant

Droit Pénal 2e année 47


qu’auteur principal un assassinat : peine spécifique (amende
très forte, voire une dissolution).
Il peut poser problème : c’est pas toujours évident
d’appliquer ce nouveau système, il paraît simple mais il peut
poser problème dans un cas particulier : peut-on être complice
d’une infraction qu’on ne peut pas commettre soi même ?
( pour nous, pour abus de biens sociaux, il faut être dirigeant
pour piquer dans la caisse, s’il y a chantage, il y a provocation à
commettre une infraction mais le complice par provocation est
quelqu'un qui pourrait jamais commettre un abus de bien social
car il n’est pas dirigeant, on va le poursuivre comme complice.
Quelle peine va-t-il subir ? si on le punit comme auteur lui
même, on pourrait pas le punir car il n’est pas dirigeant. La
Jurisprudence a une réaction saine et dit qu’on condamne à la
peine encourue comme s’il était dirigeant). Arrêt du 23/01/97,
ch. crim (Dalloz 1997, p147).
En particulier, quand on est en présence de circonstances
aggravantes, on augmente le quantum de la peine. Que se
passe t-il pour complice d’un meurtre aggravé ? Il y a certaines
circonstances aggravantes qu’on ne peut pas faire subir au
complice : les causes purement personnelles d’aggravation : ex,
on est complice d’un récidiviste, le complice n’encourt pas le
peine du récidiviste, si c’est sa première complicité. Même
chose pour un mineur, on n’encourt pas de la diminution de
peine qu’à droit le mineur. En revanche, il y a des circonstances
aggravantes, les circonstances réelles. Ex, le vol peut être
aggravé s’il est en réunion, avec effraction, violence, quand
bien même le complice ne connaissait pas ces éléments, il
encourrait la peine de l’infraction aggravée. La difficulté vient
de cause entre les deux. Ce sont les causes mixtes :
préméditation et se répercute sur l’acte lui même (si un
meurtre se transforme en parricide, le complice encourt la
peine du parricide).

SOUS CHAPITRE 2 : L’ELEMENT MORAL OU INTELLECTUEL


DE L’INFRACTON.

L’art 121-3 Code pénal est l’article phare en la matière. Il


est le 3e article de ce titre du Code pénal consacré à la
responsabilité pénale.
« Il n’y a pt de crime ou de délit sans intention de le
commettre,

Droit Pénal 2e année 48


Toutefois, lorsque la loi le prévoit, il y a délit en cas de
mise en danger délibérée de la pers d’autrui,
Il y a également délit lorsque la loi le prévoit en cas
d’imprudence, de négligence ou de manquement à une
obligation de prudence ou de sécurité prévu par la loi ou le
règlement
Il n’y a pt de contravention en cas de force majeure ».
 il hiérarchise et donne les différents degrés de
culpabilité de la faute pénale. Il y a l’idée d’ un état d’esprit
psychologique mauvais que l’on veut sanctionner. On recherche
la culpabilité qui traduit l’existence d’une faute pénale. Cette
faute pénale porte sur un élément insaisissable difficile à
caractériser. Le législateur clarifie la notion.
En tout cas, il est notable que dans cet article apparaît une
opposition entre deux catégories fondamentales d’infraction, de
faute pénale : la faute intentionnelle (al.1) qui constitue le
principe en matière criminelle et délictuelle. Les autres articles
ne sont là que pour tempérer ; quand la loi prévoit on peut se
contenter de faute non intentionnelle (al.2 et 3). Le 5e alinéa
rappelle l’existence d’une autre faute : la faute
contraventionnelle, on la trouve que dans une faute qui
consiste dans la violation de la norme indépendamment de
recherche sur l’élément psychologique.
Cet article pose les distinctions fondamentales de la
matière de l’élément moral de l’infraction.

I ) L’élément moral envisagé au regard de la distinction


tripartite des infractions.

1 ) L’élément moral en matière de crime et délit.

Il faut insister sur la hiérarchisation apparente des fautes


intentionnelles et des fautes non intentionnelles.

A ) Le principe : la faute intentionnelle.

Le principe en matière de crime et de délit apparaît au 1er


alinéa. Ce principe existait avant nouveau Code pénal, mais
jamais inscrit dans la loi. La justification est qu’on estime qu’il
serait excessif d’exiger un crime ou un délit, infraction qui
emporte des peines privatives de liberté ou des comportements
pas faits de manière intentionnelle. Autrement dit, c’est par le

Droit Pénal 2e année 49


comportement intentionnel que se manifeste la dangerosité
sociale des individus. Ce principe a-t-il valeur constitutionnelle ?
il n’apparaît jamais dans la Constitution. Quelle est la portée de
ce principe ? On a supprimé les quelques rares crimes non
intentionnels qui existaient dans le Code pénal, ex : la
divulgation par négligence d’un secret de la défense nationale.
Autre conséquence plus formelle : la rédaction des
incriminations dans le Code pénal, l’intérêt de poser un
principe. En affirmant que les crimes et délits sont
intentionnels, le législateur se dispense par la suite de le
repréciser pour chaque infraction intentionnelle qu’il
sanctionne. Dans l’ancien Code pénal, il y avait une précision
législative qui était faite pour les infractions intentionnelles. Ex
du vol : soustraction frauduleuse de la chose d’autrui : le
frauduleux aurait été impliqué dans l’art 121-3. Pour la
révélation du secret professionnel, c’est interdit par la loi, mais
pour être punissable par la loi (art 226-13 Code pénal), il faut
qu’on prouve qu’on l’a révéler intentionnellement. C’est puni, si
on l’a fait volontairement, on ne puni que ceux qui sont
punissables.
Il existe une exception en matière délictuelle : la faute
intentionnelle. Cette exception a deux significations précises : il
est possible de trouver des délits comportant pour tout élément
moral une faute non intentionnelle ; et le délit supposera
toujours une faute non intentionnelle. Il y a des délits non
intentionnels mais il faudra toujours prouver un élément
psychologique.

1° La signification positive du principe :


l’exigence possible d’une faute non intentionnelle.

L’art 121-3 ouvre la porte à des infractions, des délits que


le législateur peut punir en dehors de tout élément intentionnel.
Il faudra une faute différente : la faute de mise en danger et la
faute d’imprudence.
Cette faute de mise en danger est le minimum requis.

2° La signification négative du principe :


l’exclusion des délits matériels.

Autrefois, dans l’ancien Code pénal, il y avait des délits


dont l’élément moral était quasiment inexistant. Ces infractions

Droit Pénal 2e année 50


étaient constituées en l’absence non seulement d’une faute
intentionnelle mais même en l’absence d’une faute
d’imprudence ou de négligence. La simple commission des faits
incriminés suffisait à caractériser l’infraction. Ces délits étaient
considérés comme des contraventions.
Avec la nouvelle rédaction de l’art 121-3, le législateur
intervient en 1992 et a dit que les délits non intentionnels ne
sont constitués que s’ils sont rapportés d’une négligence ou
d’une mise en danger de la vie d’autrui. (Ex : la construction
sans permis).
On pourrait être choqué de dire qu’un ancien délit puisse
passer de la catégorie délit matériel à délit intentionnel.
L’intention se déduit de la violation de la loi : on est au cœur de
la manière de procéder de la Jurisprudence dans les éléments
moraux. Il y a une intention recherchée dans les infractions
matérielles mais ici on va dire que l’intention se déduit du
comportement. On a permis au juge de trouver l’intention là où
elle n’apparaissait pas de manière évidente.

2 ) L’élément moral en matière de contraventions.

Les contraventions en règle générale ne nécessitent pas


l’existence ni d’une faute intentionnelle ni même d’une faute
non intentionnelle. Ce qui n’est plus possible pour les délits est
la règle pour les contraventions. Il faudra trouver la violation de
la norme réglementaire pour que l’infraction soit constituée. Le
parquet doit faire la preuve de la réunion des éléments
constitutifs.
La preuve de l’élément moral, il y a un décalage entre la
gravité de l’infraction et la possibilité de se défendre par
rapport à l’élément moral.
Pour toutes les contraventions du Code pénal, il y en a qui
ne se contentent pas d’une faute contraventionnelle. Toutes les
contraventions ne sont pas dépourvues d’élément moral. La
difficulté de la contravention c’est que la contravention
constitue une catégorie d’infraction (faute, délit et
contravention) et il y a la faute contraventionnelle. On envisage
l’élément moral requis en matière de contravention. Le plus
souvent, il se réduit à pas grand chose, c’est le fait d’avoir violé
la norme réglementaire. La faute contraventionnelle correspond
aux fautes matérielles, c’est une faute minimale.

Droit Pénal 2e année 51


II ) La faute intentionnelle : dol.

Les infractions les plus importantes que l’on connaît sont


des infractions intentionnelles dont l’élément moral requis est
une faute intentionnelle. C’est cette faute que l’on appelle dol
ou dol criminel. Celles que l’on connaît sont des infractions
intentionnelles : vol, viol…
En quoi consiste le dol ? il faut le distinguer du mobile qui
ne doit pas être confondu avec intention.

1 ) La distinction de l’intention et du mobile.

L’intention est la conscience de commettre un acte


prohibé par la loi et le mobile est davantage la raison pour
laquelle on va commettre une infraction.

A ) La distinction des notions.

1° L’intention ou dol général.

L’intention, en DP, peut être défini comme la volonté de


commettre un acte que l’on sait interdit, ou encore c’est
l’intention de violer la loi pénale. C’est la disposition
psychologique de celui qui sait que le comportement qu’il
adopte est pénalement sanctionné mais qu’il décide néanmoins
de le commettre. Une double dimension apparaît. Le dol
suppose une représentation exacte de la réalité juridique et
factuelle, et une volonté d’accomplir l’acte délictueux.

a) La représentation exacte de la
réalité juridique et factuelle.

Réalité juridique : le comportement est prohibé. La plupart


du tps, ça ne posera pas de problème. Il peut arriver que le DP
sanctionne des réglementation techniques. Ça ne fait pas
obstacle car il existe en Droit français un principe de
présomption de connaissance de la loi. Le principe « Nul n’est
censé ignorer la loi » trouve ici à s’appliquer, et c’est
indispensable. Si on ne l’admettait pas, chacun pourrait
admettre son ignorance. Est-ce –une présomption irréfragable ?
Pendant longtemps ce fut le cas, mais aujourd'hui, le législateur
a posé le principe que « l’erreur de Droit pouvait exclure la

Droit Pénal 2e année 52


responsabilité pénale ». L’intention suppose une
représentation exacte de la réalité et de la représentation
factuelle d’une autre part.
Réalité factuelle : pour être coupable d’une infraction
intentionnelle, il faut avoir une représentation exacte du monde
environnant sans quoi l’intention peut disparaître(ex : si on part
d’un endroit avec un manteau qu’on croyait le sien, il n’y a pas
vol, mais il faut prouver qu’on l’a pas voler). Il y a un cas où la
représentation inexacte de la réalité matérielle n’empêche pas
la répression pour l’infraction impossible.

b) La volonté d’accomplir l’acte


délictueux.

La volonté est tournée vers le comportement prévu par la


loi. La volonté est toujours la même pour chaque type
d’infraction. Dans le vol, la volonté sera toujours de s’approprier
la chose d’autrui. Tuer : toujours donner la mort. Il y a une
intention et une seule retenue par la loi pour chaque type
d’infraction.

2° Le mobile par opposition à l’intention.

Le mobile = raison par laquelle l’infraction est commise,


les raisons qui peuvent motiver le motifs peuvent être très
variées. Le grand principe du DP ne la matière est l’indifférence
des mobiles quand à l’existence de l’infraction.

a) Le principe de l’indifférence des


mobiles quand à l’existence de
l’infraction.

En principe, le mobile n’est pas pris en compte par le


législateur dans l’élément moral de l’infraction. C’est en
application de ce principe qu’on peut dire que l’euthanasie est
un assassinat. L’acte commis est bien l’acte incriminé : donner
la mort à autrui, en plus avec préméditation, on passe à
l’assassinat. Cette règle se conçoit aisément car la loi s’adresse
à ts et ne peut prévoir, sans devenir beaucoup trop complexe,
toutes les circonstances dans lesquelles un acte incriminé
pourrait être commis. Par ailleurs, il est très difficile
d’investiguer dans la criminologie du criminel pour connaître la

Droit Pénal 2e année 53


raison de son infraction. Est-ce- toujours le cas ? Non. Avant,
l’employé arrivait avec les docs qui donnaient tort à son
entreprise, et la Cour considérait que c’était un vol, mais le fait
de vouloir se défendre est un mobile de vol. Nouvelle solution
récente d’une convergence, 11/05/2004, ch. crim impose au
juge du fond de rechercher si les docs litigieux étaient
strictement nécessaires aux Droits de la défense. Ici, il y a une
prise en considération de mobiles pour neutraliser la répression
et pour détruire l’élément moral de l’infraction.

b) La prise en compte des mobiles


pour l’application de la peine.

Idée : l’indifférence du mobile n’interdit pas les juridictions


pénales de prendre en considération les mobiles pour
déterminer dans la limite du maximum prévu par la loi le
montant des peines qu’elle prononce. C’est là que l’Euthanasie
va être condamnée moins sévèrement que le meurtre
crapuleux. La Jurisprudence peut aller jusqu’à acquitter la pers.
Cour de Cassation rappelle cette possibilité : « les mobiles ne
peuvent être retenus par les juges du fond autrement que pour
l’application de la peine ».

B ) L’inclusion exceptionnelle du mobile dans


l’intention.

Il se peut que les législateurs prennent en compte les


mobiles pour définir l’élément moral d’une infraction
intentionnelle. Le législateur précise l’intention en négligeant la
présence d’une donnée psychologique particulière : le mobile. Il
y en avait peu dans l’ancien Code pénal. Dans le nouveau, il y a
de nombreux articles car c’est un objectif qui consiste à
exprimer les valeurs de la Société…Il y a deux niveau : soit
dans la définition même de l’infraction (mobile érigé en
condition d’incrimination), soit au titre des circonstances qui
viendront aggraver les répression de l’infraction. Le mobile
n’est plus un élément nécessaire à la consommation de
l’infraction.

1° Le mobile : élément constitutif de


certaines infractions.

Droit Pénal 2e année 54


Ex : Terrorisme (art 421-1) : c’est le fait de commettre un
certain nombre d’infraction traditionnelle mais on va les faire de
façon particulière, ces infractions doivent être en relation avec
une entreprise ayant pour but de troubler l’ordre public par
l’intimidation ou la terreur. Mobile : déstabiliser l’Etat.
Les discriminations (art 225-1s) incriminent certains
comportements lorsque ceux ci sont colorés par une disposition
psychologique de nature raciste… c’est condamnable quand
c’est fait dans un but discriminatoire.
Le génocide : infraction de Droit commun qui tend à la
destruction totale ou partielle d’un gr ethnique… Dans ce cas,
l’agent est fautif que s’il a adopté le comportement prohibé par
la raison précise que le législateur a indiqué. Cette intention
(arrière plan psychologique) est le dol spécial. On précise
l’intention, on ajoute une donnée psychologique qui vient
préciser les contours d’un élément moral et on entre dans le dol
spécial.
Dol spécial = selon les auteurs, définition + - spécifique.
C’est lorsque le législateur érige le mobile et l’intègre dans le
cas de l’élément de moral. Certains auteurs ont une conception
plus large : ils considère que dans le meurtre, il y a aussi un dol
spécial : la volonté de tuer. On peut contester cette vision trop
large car si on définit le dol spécial ainsi, alors quand on tue
quelqu'un cela répond à un dol général et il n’y a pas besoin de
recourir au dol spécial pour comprendre l’intention particulière.
Le tout est de savoir où se situe l’intérêt de l’approche
pertinente.

2° Le mobile : circonstance aggravante de


certaines infractions.

Idée : dès lors, dans certaines infractions, le mobile va


aggraver la répression quand il apparaît. Si meurtre pour cause
de racisme, il y a aggravation du meurtre : dol aggravé.

2 ) Les dols particuliers.

L’intention criminelle ne se présente pas toujours sous la


même forme. Il se peut qu’il y ait une discordance entre le
résultat illicite auquel est parvenu l’auteur du comportement
incriminé et son intention initiale. Le dol se définit comme
l’intention de parvenir à un certain résultat. Si pas celui

Droit Pénal 2e année 55


envisagé, il y a discordance. Il faut distinguer différentes
situations qui ont en commun de tirer les conséquences du
risque créé par l’auteur des faits en adoptant un comportement
particulier.

A ) Le dol indéterminé ou imprécis.

Il y a dol indéterminé lorsque l’auteur des faits cherche à


parvenir à un résultat sans être en mesure de savoir en quoi il
consistera exactement. Ex : pers qui frappe une autre pers avec
intention de la blesser mais au moment où elle frappe, elle ne
peut connaître à l’avance l’importance exacte qui résultera de
ses coups. Dans ce type d’infraction, la qualification des faits
dépend de la gravité des résultats. Le principe dégagé est que
la pers doit être punie en fonction du résultat produit. Solution
compréhensible car on aurait beaucoup de mal à savoir à
l’avance si il y aura des blessures qui donneront une ITT de
moins de 8j ou de plus de 8j. Toutes les dispositions relatives
aux violences volontaires dans le Code pénal se ressemblent de
cette conception.

B ) Le dol dépassé ou délit praeter intentionnel.

C’est le problème qui se pose lorsque le résultat illicite


résultant du comportement de l’agent va au delà de l’intention
criminelle du délinquant. Il y a dol dépassé et en ce cas, la
Jurisprudence ne va pas imputer à l’agent les conséquences
liées à ce résultat imprévisible. Cependant le législateur peut
réagir dans un soucis de répression et prendre en considération
l’existence d’un tel dol. Notamment le législateur peut tout
d’abord tenir compte de l’intention de l’auteur et du résultat
illicite réalisé en punissant l’auteur plus sévèrement que s’il
avait été jugé sur ses seules intentions mais moins sévèrement
que s’il était uniquement en fonction du résultat.
Il y a une incrimination particulière (puni plus sévèrement
que ce qu’on avait voulu, mais moins sévèrement en fonction
du résultat) : les violences ayant entraînées la mort sans
intention de la donner.
Il y a aussi le dol éventuel : c’est une prise de risque
délibérée sans aucune intention d’aboutir à un résultat illicite.

Droit Pénal 2e année 56


Conseil d'Etat : dol ne doit pas être envisagé comme une faute
intentionnelle car l’auteur n’a aucune intention illicite.

3 ) La ? de la preuve du dol.

On la trouve au Ministère Public en raison de la


présomption d’innocence de démontrer que l’infraction est
caractérisée dans son élément matériel et moral. En pratique
cette intention va se déduire de la nature même du
comportement matériel, Cour de Cassation n’hésitant pas à
dire : « l’élément intentionnel résulte de la nature du délit mais
n’a pas besoin d’être affirmée par le juge ».
Faute intentionnelle = dol.
Parfois il existe des infraction où l’intention est présumée
par la loi (en matière de délit de presse : le responsable est le
directeur de publication) ou la Jurisprudence.
Dans quelles mesure la présomption légale est conforme à
la présomption d’innocence ? Cour de Cassation a estimé que
l’art 6 Convention EDH ne limitait pas les modes de preuves
prévus par la loi interne mais exigeait que la culpabilité soit
légalement établie, Cour de Cassation, ch. Crim 1/02/00. =>
présomption légale.
Il existe des présomptions de fait : présomptions qui
laissent peu d’échappatoires à la pers désignée comme
responsable. On les trouve dans le domaine des anciens délits
matériels supprimés de l’ancien Code pénal. (« La seule
constatation de la violation en connaissance de cause d’une
prescription légale implique de la part de son auteur l’intention
coupable exigée par l’art 121-3 »).
Ancienne Jurisprudence : le dirigeant est présumé resp des
infractions relatives à l’hygiène et la sécurité commises dans
son entreprise, c’est pas une petite infraction dans le Code du
Travail.
En réalité de manière exceptionnelle, la Jurisprudence a
admis et admet certaines exceptions : le chef peut s’exonérer
de sa responsabilité pénale. Il peut y échapper également en
prouvant qu’il a délégué sa resp pénale.

III ) La faute non intentionnelle.

On la trouvera en matière délictuelle (art 121-3). Dans


l’ancien Code pénal, il n’y avait qu’une seule forme de faute

Droit Pénal 2e année 57


pénale et correspondait pt pour pt à la faute de l’art 1383 Code
civil. Pour admettre la responsabilité civile d’un dommage, il y a
plusieurs éléments générateurs : la faute (art 1382)et le quasi
délit civil. Ce quasi délit civil correspondait à notre faute de
négligence non intentionnelle. C’était si vrai que le JP se sentait
parfois obligé de reconnaître la responsabilité pénale de
l’auteur d’un comportement non intentionnel ayant entraîné un
dommage car sinon victime est privée de toute indemnisation
civile. Si JP relaxait la pers et ne reconnaissait pas l’existence
d’une faute de négligence, la victime était bloquée sur le plan
de l’indemnisation sur le plan civil. Cette faute pénale
correspondait à la faute civile de l’art 1383.
L’évolution dans Code pénal, le législateur a dit qu’il fallait
graduer, de même qu’il n’y a pas qu’une seule faute
intentionnelle, il y a des degrés de faute non intentionnelles.
L’apport du nouveau Code pénal, parmi les fautes non
intentionnelles, il y en a une qui est plus grave que les autres :
prendre un risque délibérément sans vouloir que ce risque se
réalise. Là, il y a un danger qui frôle la faute intentionnelle mais
qui n’en est pas une. Apport du nouveau Code pénal : cette
faute, cette inconscience délibérée doit être sanctionnée plus
sévèrement
que la simple faute de négligence (faute de mise en danger de
la vie d’autrui, dol présomptuel).
2 autres fautes qui aboutissent à un même résultat : on
s’est aperçu qu’on finissait par mettre plus facilement en cause
la resp pénale de toute pers impliquée à un degré ou un autre
dans la production d’un dommage pour peu que le dommage
ait créé une atteinte ou une mort. Le plus souvent, ça arrivait
chez les maires. Ils en ont eu assez de cela. Loi du 13/05/1996
destinée à préciser la notion de faute d’imprudence et ont
demandé à la Jurisprudence d’apprécier la responsabilité pénale
in concreto. Cette loi a échoué car la Jurisprudence considérait
qu’elle appréciait les choses in concreto. Nouvelle démarche :
loi du 10/07/2000. Cette loi avait comme objet de scinder la
resp pénale non intentionnelle selon un critère du lien de
causalité en disant : « il y a deux types d’auteur d’un dommage
involontaire : ceux qui créent le dommage direct (je pousse
quelqu'un dans l’escalier) et ceux qui contribuent à créer le
dommage de façon plus lointaine (celui qui aura ciré trop fort
l’escalier qui aurait fait glisser une pers sur une autre). Dans ce
cas, le législateur a dit que la simple faute traditionnelle n’est

Droit Pénal 2e année 58


plus suffisante, il faut que la faute reprochée soit plus grave :
faute de mise en danger délibéré. Un nouveau type de faute est
créé : la faute caractérisée (= faute particulièrement grave).
Ces deux fautes sont des fautes qualifiées.
Ainsi on aboutit à l’état actuel du Droit positif en matière
non intentionnelle.
Faute pénale ordinaire : Imprudence, négligence ou
manquement à une obligation de prudence.
Faute caractérisée qui expose autrui à un risque d’une
particulière gravité que son auteur ne peut ignorer.
Faute de mise en danger délibéré de la pers d’autrui ; violation
délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité prévu
par la loi ou par le règlement.

1 ) La faute non intentionnelle et le lien de


causalité.

On considérait que la faute d’imprudence (homicide,


blessures involontaires) engageait la responsabilité pénale de
son auteur même quand elle était indirecte non exclusive. La
Jurisprudence a, à plusieurs fois, estimé qu’il n’est pas
nécessaire qu’existe entre la faute et le dommage un lien de
causalité directe et immédiat. Il arrive fréquemment que
plusieurs pers soient condamnées à la suite de blessures ou de
décès d’une victime alors que chacun des auteurs a participé à
la mort de la victime ou à ces blessures. On raisonnait en disant
que ce dont il faut être sûr que la pers a commis une
négligence qui a eu un rôle dans la réalisation du dommage.
La loi du 10/07/2000 tendant à préciser la définition des
délits non intentionnels, loi Fauchon (non du sénateur qui a
proposé la loi) a introduit des distinctions selon le type de
rapport de causalité entre le comportement adopté et le
résultat dommageable résultant de ce comportement, modifie
l’art 121-3 : la confusion vient du fait que l’on pense que la
faute comme un comportement matériel. La faute en Droit
pénal répond à l’élément moral de l’infraction non
intentionnelle.
L’apport de cette loi est simple : lorsqu’une pers physique
a causé indirectement un dommage, sa responsabilité pénale
ne peut être engagée que si cette faute présente certaines
caractéristiques à défaut de quoi, seule sa responsabilité civile
pourra le cas échéant être établie. L’idée qui préside est l’idée

Droit Pénal 2e année 59


selon laquelle un comportement est +- blâmable, et donc fautif
selon la prévisibilité des conséquences dommageables. Quand
la prévisibilité est moins grande, il faudra une faute d’une plus
grande intensité pour retenir la responsabilité pénale de
l’auteur du comportement dommageable. La responsabilité
pénale d’une pers physique exige une faute dont la gravité est
inversement proportionnel à la proximité de ses conséquences
dommageables.

A ) La causalité directe.

Il faut voir que d’abord, l’art 121-3 Code pénal ne définit


pas de façon positive la causalité directe. L’art 121-3 se
contente de dire ceux qui n’ont pas causé le dommage. C’est
en creux qu’on va définir la causalité directe en opposition à la
manière dont on va définir la causalité indirecte. En pratique, la
pers peut être considérée comme l’auteur direct du dommage
lorsqu’elle a frappé ou heurté directement une pers. En général,
on exige un contact direct entre l’auteur et le siège du
dommage.
Il ne faut pas avoir une conception trop étroite de la
causalité directe et une cause immédiate peut être considérée
comme une cause directe quand elle est essentielle et
déterminante.
Par ailleurs, il se peut que la défaillance de l’auteur résulte
d’un mauvais choix (médical : certaines décisions prises par le
chirurgien ont pu être considérées comme fautives
indépendamment d’une maladresse dans l’intervention). Quand
on a la responsabilité médicale en cause, 2 types de faute :
maladresse dans l’intervention, il se peut que l’intervention en
elle même ne soit pas fautive sauf qu’elle était vouée à l’échec
car le moment où elle est intervenue résulte d’un choix fautif.
La Jurisprudence y a vu un rapport de causalité directe.
La causalité directe n’est pas appréciée aussi étroitement
que ce qu’on aurait pu penser.

B ) La causalité indirecte.

Celle ci fait l’objet d’une précision législative dans l’art


121-3 puisque la causalité est indirecte lorsqu’une pers « sans
avoir elle même causé le dommage soit a créer ou contribué a
créer la réalisation du dommage soit n’a pas pris les mesures

Droit Pénal 2e année 60


permettant de l’éviter », cette définition correspond ce que la
doctrine avait pris l’habitude de définir sous le nom « d’auteur
direct, indirect ou média ».
L’auteur indirect crée la situation qui permet la réalisation
de l’infraction, et on trouve comme ex : l’automobiliste qui gare
son véhicule sur le trottoir et la passant passe sur la route et se
fait fauché ; de même pour celui qui déséquilibre un cycliste et
se fait écraser.
- Quand « on contribue à » => il peut y avoir plusieurs
auteurs indirects du même dommage.
On sera aussi dans ce type de causalité indirect quand on
est organisateur d’une activité dangereuse si une pers est
blessée durant le concours.
De façon plus générale, les erreurs d’organisation sont
considérées comme des causalités indirectes.
- L’auteur média : celui qui n’a pas pris les mesures
permettant d’éviter le dommage, celui qui laisse commettre
l’infraction en raison d’une omission fautive, en particulier
lorsque l’infraction est commise quand une pers est placée sous
l’autorité de l’agent (accident sur un chantier…).

2 ) Le contenu des différentes fautes non


intentionnelles.

A ) La faute d’imprudence simple (faute pénale


ordinaire).

C’est ce qu’on appelle la faute d’imprudence ou de


négligence, la faute pénale, qui est définie par la loi comme une
faute d’imprudence ou de négligence, de manquement et
d’obligation de prudence et de sécurité prévue par la loi ou le
règlement.
Il y a tout d’abord l’idée de prévoyance : la pers est
condamnée car n’a pas prévue les conséquences
dommageables de son acte où il apparaît que la faute est non
intentionnelle mais il faut qu’un dommage se soit réalisé. Le
problème : cette faute résulte d’une maladresse ou d’une
abstention. En principe, lorsque la loi prévoit une action,
l’omission n’équivaut pas à l’action ; mais ici ce principe ne
joue pas, car à aucun moment la négligence ou l’imprudence
exige un acte positif. Il y a un aspect dans le fait de manquer à
une obligation de prudence ou de sécurité. Cette faute est

Droit Pénal 2e année 61


intéressante car au moment où il y a violation, on n’aura pas à
aller chercher plus loin (on nous impose d’adopter tel ou tel
comportement dans des circonstances, si on l’a pas fait, il y a
donc il y a faute). La faute n’a pas besoin d’être d’une gravité
particulière (apparaît clairement quand on parle d’inattention).
L’erreur de fait qui supprime l’élément moral de l’infraction
intentionnelle va caractériser l’élément moral de l’infraction
d’imprudence ou de négligence. On est au cœur de la
différence fondamentale de la raison pour laquelle on réprime
l’auteur d’une faute intentionnelle ou pas. Dans ce cas, il y a
hostilité à une valeur sociale (législateur protége la vie) et notre
intention est tourné vers le but à atteindre. Mais dans
l’infraction volontaire, on punit l’indifférence et non plus
l’hostilité.
Par ailleurs, il faut un dommage pour que la faute soit
sanctionnable.
Ces infractions non intentionnelles excluent toute
hypothèse de tentative (difficile de commettre une tentative
d’infraction non intentionnelle).

B ) Les fautes qualifiées.

Depuis la loi du 10/07/00, il existe deux fautes


qualifiées qui mettent en jeu la sanction pénale de l’individu : la
faute de mise en danger délibéré et la faute d’imprudence
caractérisée.

1° La faute de mise en danger délibéré.

Cette faute traduit la consécration du dol éventuel.

a) La consécration du dol éventuel.

Le dol a été considéré comme une faute intentionnelle. Dol


éventuel correspond à la faute de celui qui sans avoir voulu un
dommage, une pers ait adopté un comportement dangereux
commis de façon intentionnelle et qui pouvait le provoquer
éventuellement. C’est le fait de prendre volontairement un
risque en acceptant l’éventualité d’un dommage. Il se distingue
du dol aggravé et imprécis. Ex : quelqu'un brûle un feu rouge, il
veut pas faire un accident mais il est possible. La ? qui se pose
est comment réagir face à ces comportements qui mettent en

Droit Pénal 2e année 62


danger la vie des personnes ? Dans l’ancien Code pénal, il n’y
avait pas de réaction particulière en la matière. On ne
sanctionnait pas plus sévèrement en cas de dol éventuel, et de
la même façon quand pas de dommage, pas de sanction.

i) L’absence de prise en compte


dans l’ancien Code pénal.

Cette absence est double :


 Quand le comportement n’a causé aucun dommage. Quand
le comportement a causé un dommage : dans l’ancien Code
pénal, c’est un cas d’homicide involontaire (s’il y a mort), le
dol éventuel était assimilé à la faute d’imprudence ou de
négligence ordinaire. La pers qui prenait un risque en
connaissance de cause et le risque se réalisait, était puni de
la même façon que s’il provoquait le même dommage par
maladresse ou inattention.
 En l’absence de dommage, soit il y avait contravention, soit
pas de texte. Dans ce cas, la pers pas punissable du tout.

ii) La consécration du dol


éventuel dans le Code pénal.

Le Code pénal va prendre en considération le caractère


plus grave du dol éventuel et de la faute qui consiste à mettre
délibérément autrui en danger. Pour autant, il n’a jamais été
question d’assimiler purement et simplement le dol éventuel à
une faute intentionnelle. Le législateur a créé la faute de mise
en danger qui a plusieurs conséquences : aggraver la
répression quand un dommage a été causé ; même quand
aucun dommage, il y aura délit de risque causé à autrui.

b) La définition de la faute de mise en


danger délibéré.

Cette définition, on la trouve dans l’art 121-3 Code pénal,


« il s’agit d’une violation manifestement délibérée d’une
manifestation particulière de prudence ou de sécurité prévu par
la loi ou le règlement ».

i) La nature de l’obligation
violée.

Droit Pénal 2e année 63


 Obligation légale ou réglementaire : compte tenu de ces
implications, le législateur a exclu que la faute de mise en
danger délibéré puisse être reconnu en cas de conduite
contraire à ceux de la pers normalement prudente. Celui qui
viole une règle de prudence de bon sens non écrite, celui la
ne peut pas être considéré comme étant une faute de mise
en danger délibéré. Il faut que ce soit dans un texte.
Obligation réglementaire, quel type de règlement ? C’est le
règlement au sens administratif du terme : décret, arrêté…
Celui qui ne respecte pas une obligation de prudence du
règlement intérieur d’une entreprise ne saurait être coupable
de la faute de mise en danger délibéré. Dans l’esprit du
législateur, cette faute a surtout été élaborée pour punir
certaines fautes commises dans le cadre du travail ou en
matière d’accident de circulation.
 Obligation particulière de sécurité : cette notion
d’obligation particulière s’oppose de la notion d’obligation
générale de prudence. Elle doit être précise et imposer un
mode de conduite circonstanciée. Ex : pour le Maire, on a une
disposition large qui oblige le maire à faire cesser les
événements de nature à compromettre la sécurité des pers.
Arrêt Ch Crim, 25/06/1996 : ce n’est pas un support suffisant
pour reconnaître la faute de mise en danger délibéré.

ii) Le caractère délibéré de la


violation.

La prise de risque doit être manifestement délibérée :


problème de preuve. L’inobservation de la règle résulte d’un
choix de l’auteur et non d’une simple inattention, c’est les
circonstances qui révèlent cette intention particulière. Ex :
lorsque plusieurs feux st brûlés consécutivement.
Dans quelle mesure il n’y a pas une remise en cause
actuelle de cette exigence : le Parlement s’interrogerait sur
l’opportunité qu’il y aurait à supprimer l’exigence du caractère
manifestement délibéré de l’action pour la raison de l’impunité
qui peut résider pour les décideurs publics. 15/11/2005 : Ch
crim prononce un non lieu en matière de poursuite pour
contamination par l’amiante => débat et grogne des victimes.
Question de l’élargissement de l’application de la faute
délibérée.

Droit Pénal 2e année 64


Si loi impose la violation de sécurité, elle n’impose pas que
l’auteur ait eu conscience ou connaissance de la nature des
conséquences dommageables de son imprudence délibérée. La
violation d’une obligation de sécurité suffit en tant que telle.

c) Les différentes fonctions de la faute


de mise en danger délibéré.

Cette faute de mise en danger joue des rôles différents


dans le dispositif pénal. On peut signaler 3 fonctions différentes.

i) Une condition alternative de


mise en jeu de la
responsabilité pénale de
l’auteur indirect.

Dans la loi du 10/07/2000, l’idée est de limiter la


responsabilité pénale de ceux qui n’ont pas directement causé
le dommage. Lorsqu’on est un auteur indirect, il faut une faute
plus grave : faute de mise en danger délibéré ou faute
caractérisée. Exiger une faute plus grave que la faute ordinaire
pour pouvoir poursuivre une pers est une manière de
restreindre sa responsabilité pénale.

ii) Un rôle de circonstances


aggravantes de certaines
infractions.

Il s’agit de montrer que dans un certain nombre de textes


relevant du DP spécial qui réprime les atteintes involontaires à
la vie, destruction, dégradations involontaires de biens
appartenant à autrui par l’incendie par ex, l’existence d’une
faute de mise ne danger va constituer un facteur d’aggravation
de la répression. Ex : l’art 221-6 dit que l’homicide involontaire
est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende
mais précise après qu’en cas de faute de mise ne danger
délibéré, les peines encourues sont portées à 5 ans
d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. Ça fonctionne pour
d’autres infractions.

Droit Pénal 2e année 65


iii) Elément constitutif d’une
nouvelle infraction :
l’infraction de risque causé à
autrui.

L’hypothèse doit être bien comprise : le comportement


fautif n’a causé aucun dommage, néanmoins, la prise de risque
délibéré va être constitutif d’une infraction autonome et est
sanctionnée à l’art 223-1 Code pénal, qui sanctionne le fait
d’exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou
de blessure de nature à entraîner une mutilation ou une
infirmité permanente par la violation manifestement délibérée
d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence
imposée par la loi ou le règlement. Il est prévu une peine d’un
an de prison et de 15 000 € d’amende. Cette infraction est une
nouveauté dans le Code pénal car il y a consécration du dol
éventuel sous un jour nouveau car il y a absence de dommage.
Il sanctionne celui qui prend le risque délibéré de blesser ou
tuer une pers même quand ce risque ne s’est pas réalisé. Il y a
une spécificité : lorsque le dommage s’est réalisé et que la
faute apparaît comme une circonstance aggravante, le
comportement fautif n’a pas à être dans une relation de
causalité directe avec le dommage. L’infraction n’est constituée
que si le manquement a été la cause directe et immédiate du
risque auquel a été causé à autrui.
Ça comble un vide car elle apparaît à la frontière des
fautes intentionnelles et des fautes non intentionnelles.

2° La faute d’imprudence caractérisée.

Celle ci apparaît à l’art 121-3. Le législateur parle de faute


caractérisée et qui exposait autrui à un risque d’une particulière
gravité que l’auteur ne pouvait ignorer. La faute caractérisée
n’a qu’une seule fonction qui consiste à conditionner la mise en
jeu de la responsabilité pénale indirecte. Elle n’est ni
circonstance aggravante de l’infraction, ni constitue en elle
même une infraction autonome en dehors de tout dommage. 3
éléments.

a) Une faute caractérisée.

Droit Pénal 2e année 66


Exiger une faute bien marquée d’une évidence
particulière. Idée de restriction trop importante. Les victimes
ont considérés que derrière l’exigence de la faute de mise en
danger délibéré il y avait une faute déguisée.
Le législateur avait penser à utiliser le terme d’une
exceptionnelle gravité, mais on a préféré faute caractérisée. On
trouve cette exigence quand il y a contravention ou délit.

b) La faute expose autrui à un


risque particulièrement grave.

Le dommage doit être prévisible. Il ne faut pas confondre


et pas apprécier l’existence du risque au dommage du résultant
du comportement fautif, il faut apprécier le risque au moment
de la faute car il est possible de commettre une faute même
grave qui n’expose pas les pers à un danger grave mais il
n’empêche qu’à la suite du comportement malheureux, on peut
pas être poursuivi car il n’y a pas le risque grave dès le départ.

c) L’auteur ne doit pas


pouvoir ignorer le risque résultant de
sa faute.

L’auteur ne doit pas pouvoir ignorer le risque auquel sa


faute expose autrui : il est intéressant de voir la formulation
utilisée , on parle du risque que la pers ne pouvait pas ignorer
et non pas du risque qu’il connaissait. Ce n’est pas la même
chose au regard du Droit de la preuve. Ici, on introduit l’idée de
vraisemblance. Il ne s’agit pas de savoir si on est certain que la
pers avait conscience du risque mais de dire que qu’il n’est pas
vraisemblable que la pers n’ait pas eu conscience du risque.
Ex : infirmière qui laisse un élève infirmier administré une
substance dangereuse à un patient et le surveille pas, erreur
commise par l’élève. Infirmière est auteur indirect de
l’infraction : Crim, 26/06/01.

3 ) L’appréciation des fautes d’imprudence.

Il faut partir de la manière dont les choses se produisaient


autrefois dans la doctrine de manière traditionnelle.
Avant loi du 13/05/96, la faute d’imprudence était
appréciée in abstracto par le juge pénal. Le JP ne tenait pas

Droit Pénal 2e année 67


compte des aptitudes particulière de la pers poursuivie. En
revanche il n’a jamais été ? d’apprécier la faute par rapport à
un comportement idéal qui ne tiendrait pas compte des
circonstances concrètes extérieures à l’infraction. En réalité il
faut savoir la différence entre l’appréciation in concreto et in
abstracto. On ne compare pas la situation du Maire et de la pers
qui ne dispose pas des moyens nécessaires à la commission ou
non d’un comportement fautif. Problème : la faute pouvait
consister dans la simple violation d’une règle de prudence.
L’appréciation du juge semblait exclut. Dès le manquement à la
prescription légale la faute était établie et la pers condamnée.
C’est pour réagir contre cette attitude qu’est intervenue la
loi du 13/05/96 qui a modifié l’art 121-3 Code pénal. Loi qui
avait pour objectif de consacrer l’appréciation in concreto de
façon à protéger les décideurs publics contre les poursuites
excessives. Cette loi va préciser que l’existence du délit en
matière de faute non intentionnelle est avérée si « il est établie
que l’auteur des faits n’a pas accomplit les diligences normales
compte tenu le cas échéant de la nature de ses missions ou
fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des
moyens dont il disposait ». On invite les juridictions pénales à
faire une analyse plus approfondie des situations.

4 ) La comparaison des fautes pénales et des fautes


civiles.

La ? se pose de la façon suivante. Art 1383 Code civil qui


dit « que chacun est responsable du dommage qu’il a causé
non seulement par son fait mais aussi par sa négligence ou son
imprudence ». Notions d’imprudence et de négligence prévue
par Code civil sont les mêmes que Code pénal ? Y a t-il une
dualité entre ces codes ? L’intérêt essentiel de cette ? est liée
au principe de l’autorité au civil de la chose jugée au criminel.
Principe qui interdit à une juridiction civile de rendre une
décision contraire à une juridiction pénale. Cela signifie que il y
a une sorte de supériorité de la décision pénale sur la loi civile.
On ne peut pas contredire u civil ce qui est affirmé au pénal.
Plusieurs conséquences : la théorie signifie que une pers
poursuivie pour imprudence ou négligence et qui est relaxé par
le juge répressif, dans ce cas, cela interdit à la victime d’obtenir
réparation de son préjudice sur le fondement. Quand faute
pénale pas établie, cela interdit à la victime de se prévaloir de

Droit Pénal 2e année 68


l’art 1383 pour obtenir réparation car le seul moyen pour
obtenir réparation, c’est une faute civile. En revanche et à
l’inverse, lorsque le JP estime que la faute pénale est établie, la
victime doit recevoir une indemnisation civile. Ce principe a été
celui du système antérieur à la loi du 10/07/2000 mais remis en
cause par la suite.

A ) L’unité des fautes civiles et pénales jusqu’à


la loi du 10/07/2000.

Il s’agit d’un choix de la Jurisprudence, la Cour de


Cassation s’est prononcée très tôt en faveur du régime de
l’unité. L’explication est qu’il est assez difficile de voir sur quelle
base et comment peut on faire une distinction aussi subtile
entre ka négligence suffisamment importante pour engager la
responsabilité civile mais pas assez importante pour engager la
responsabilité pénale. L’idée : lorsque le législateur utilise le
même terme maladresse et prudence, difficile d’établir un
régime distinct.
Ce système a suscité plusieurs critiques :
 Le système unitaire ne laisse que deux choix possibles :
 Soit juge répressif va retenir des fautes très peu
graves permettant d’engager la responsabilité
pénale de l’auteur mais uniquement dans le but de
ne pas priver la victime de dommage et intérêt. Ce
qui dénature le procès pénal car il est en quelque
sorte obstrué par des considérations de nature
civiliste.
 Ou bien, le Juge Pénal ne dénature pas le procès
pénal mais alors il prive la victime de toute
possibilité d’indemnisation bien que le prévenu soit
bien à l’origine de son dommage.

On interdisait à la victime une indemnisation lorsque la


victime se fondait sur l’art 1383.

B ) L’abandon partiel des fautes pénales depuis


loi du 10/07/2000.

Abandon partiel car n va jouer que dans le cas de causalité


indirecte. Mais il est maintenu en cas de faute ordinaire.

Droit Pénal 2e année 69


1° L’hypothèse de causalité indirecte.

En cas de causalité indirecte, la loi du 10/07/2000, la loi


retient un système dualiste et établit une hiérarchie entre les
deux types de faute. Il est impossible d’expliquer qu’une pers a
commis une faute simple qui n’est pas suffisante pour engager
sa responsabilité pénale, puisqu’il s’agit d’un acteur indirect du
dommage. En revanche, elle suffit à engager la responsabilité
civile.
Par conséquent le Juge Pénal peut, sans crainte de priver
la victime d’une indemnisation, refuser de reconnaître
l’existence d’une faute pénale qualifiée seule susceptible
d’engager la responsabilité pénale de l’auteur indirect du
dommage.

2° l’hypothèse de causalité directe.

Dans ce cas, la faute pénale ordinaire (art 121-3 Code


pénal) demeure identique à la faute civile (art 1383 Code civil).
Une incertitude liée à la Jurisprudence existe. 30/01/2001, Civ
1ère, admet le principe qu’il est possible pour le juge civile de
retenir une faute civile pour imprudence ou négligence en
l’absence de faute pénale non intentionnelle. Or cet arrêt était
relatif à la loi antérieure à celle du 10/07/2000 et pourrait
annoncer un revirement de Jurisprudence en la matière. Il faut
attendre un peu pour que la Jurisprudence précise si elle entend
abandonner le principe des fautes civiles et pénales même en
cas de causalité directe.
Dire que Droit Pénal est supérieur, cela est de plus en plus
remis en cause. Pas sûr qu’on garde ce principe.

Les conséquences procédurales de cet abandon : art 4-1


Nouveau Code de procédure pénale : « l’absence de faute
pénale non intentionnelle au sens de l’art 121-3 Code pénal
ne fait pas obstacle d’une action devant les juridictions civiles si
l’existence de la faute civile prévue par cet article est établie ».

CHAPITRE 2 : LA DISPARITION DE L’INTERDIT : ETUDE


DES FAITS JUSTIFICATIFS DE L’INFRACTION.

Section préliminaire : La notion de faits justificatifs.

Droit Pénal 2e année 70


Notion plus doctrinale que législative. On les trouve dans
les dispositions générales (Livre I Code pénal). Elles sont
regroupées par le législateur dans « des causes
d’irresponsabilité » (art 122-1s : « ne sont pas responsable
pénalement ceux qui… »). Le législateur ne va pas établir de
distinction entre les causes objectives et les causes subjectives.
Le Droit positif est imprégné de cette distinction. Quelles sont
ces faits justificatifs ? Ordre ou permission de la loi et
commandement de l’autorité légitime, la légitime défense,
l’état de nécessité.

1 ) Disparition du caractère illicite de l’acte


incriminé.

Ces causes d’irresponsabilité pénale ne sont pas centrées


sur la pers de l’agent, mais tiennent aux circonstances dans
lesquelles l’acte a été commis. L’acte va perdre son caractère
délictueux. Il n’est plus regardé comme un acte nuisible. Ex :
une pers agressée se défend en blessant son agresseur. Il y a
violence volontaire. Pour autant l’acte est justifié par l’agression
elle même, cette pers a agit en état de légitime défense.
Ces causes résultent de circonstances extérieures à la pers
de l’agent. Il faut les distinguer des causes subjectives
d’impunité traités par le législateur au même endroit mais qui
sont très différentes car l’irresponsabilité résulte d’un élément
propre à l’auteur.
Il y a des points communs : ce sont des moyens de
défense. Il appartient à la pers poursuivie d’apporter la preuve
de ce fait d’impunité pour combattre la thèse du Ministère
Public qui poursuit l’auteur de l’infraction. Le moyen tiré d’une
cause d’impunité (objective ou subjective) ne peut pas être
invoquée la 1ère fois devant la Cour de Cassation.

2 ) La portée juridique de la justification de l’acte


incriminé.

Conséquences concrètes : Les causes objectives agissent


in rem, sur l’infraction elle même. L’acte commis a perdu son
caractère illicite. Peut on être complice, peut on être poursuivie
pour un acte justifié du point de vu de l’auteur ? Le complice va
bénéficier du fait justificatif (donner une arme à une pers en

Droit Pénal 2e année 71


légitime défense, et tue son agresseur, pas d’acte incriminé car
justifié donc pas de complicité). Dans cause subjective, acte ne
cause pas d’effet punissable, donc complice peut être
poursuivie.
Pour la responsabilité civile : les causes subjectives
d’irresponsabilité pénale ne supprime pas la responsabilité
civile de façon générale. Si on blesse une pers qui nous
agresse, on doit pas la dédommager.
Par ailleurs, il y a des infractions qui sont pas justifiables.
Les causes subjectives d’irresponsabilité peuvent agir en toute
matière ; d’autres crimes ne sont jamais justifiables, ex : crime
contre l’humanité, torture.

3 ) Le domaine justificatif.

Peut-il y avoir justification d’une contravention ? ce sont


souvent des infractions matérielles, au sens où il suffit de violer
la prescription réglementaire pour être en état d’infraction.
Cette solution est erronée car fondée sur l’idée de culpabilité.
La conséquence de la qualification de l’infraction matérielle,
c’est de dispenser la partie poursuivante de rapporter la preuve
de la culpabilité de l’agent (ex : brûler un stop). Ça n’interdit
pas de faire valoir des causes générales d’impunité et par
conséquent, si on brûle un stop pour laisser passer un camion
de pompier… on va pas nous poursuivre car on l’a brûler pour
laisser passer, espèce de tolérance, infraction justifiée.

I ) L’ordre de la loi et le commandement de l’autorité


légitime.

Distinction à l’art 122-4.

1 ) L’ordre de la loi.

L’art 122-4 indique que « n’est pas pénalement


responsable la pers qui accomplie un acte prescrit ou autorisé
par des dispositions législatives ou réglementaires ». Cet art
illustre l’idée que dans certaines circonstances l’idée
d’incrimination est un moindre mal. Ex : la violation du secret
professionnel est normalement un délit et cette infraction
permet d’assurer la confiance que postule par nature certaines
relations professionnelles (médecin / patient ; avocat / client).

Droit Pénal 2e année 72


Parfois, il existe un intérêt encore plus fort qui convient de
préserver et ce en permettant à la pers tenant le secret d’en
être exceptionnellement déliée. Et ce afin qu’elle dévoile des
choses qui portent atteint à un intérêt encore plus fondamental.
Ex : le secret médical n’est pas applicable au médecin qui avec
accord de la victime porte au procureur les services constatés
durant sa profession (si viol, médecin peut dire que la fille a été
violée si il y a son accord) : art 226-14, si pers est mineure, pas
besoin de son accord. Ex : procédure d’infiltration qui permet à
des agents de police à se faire passer comme des gens du
réseau (Innovation de la Loi Perben II du 9/03/2004). Dans arrêt
du 17/09/2003, une infirmière avait été poursuivie pour recel de
malfaiteur, normalement peut pas être poursuivie pour
complicité, et a tenté de se défendre en invoquant l’ordre de la
loi (art 223-6) : si les infirmières ont un devoir de secours, ce
devoir ne va pas jusqu’à prendre le risque de faire faire des km
et ensuite le cacher chez elle. La loi doit se comprendre au sens
strict de norme ayant force obligatoire sur le Droit français. La
Jurisprudence assimile l’autorisation de la loi à la permission de
la coutume. Les tribunaux ont assimilé cela dans toutes les
hypothèses où des violences volontaires ont été commise :
Droit de correction des parents sur leurs enfants.

2 ) Le commandement de l’autorité légitime.

L’art 122-4 al2 : « n’est pas pénalement responsable la


personne qui a accomplit un acte commandé par l’autorité
légitime sauf si cet acte est manifestement illégal ». Ce texte
ne pose pas de difficulté particulière sauf à préciser :
- la notion d’autorité légitime : l’autorité a laquelle il est fait
référence est une autorité publique ; il doit s’agir d’un corps ou
d’agent investi de pouvoir de puissance publique. Donc il est
inutile d’invoqué la cause d’irresponsabilité pénale si un
employé commet une infraction sous l’ordre du patron Chambre
criminelle 26 juin 2002. Le salarié avait reçut l’ordre d’aller
prendre des choses dans une société et ces choses n’étaient
pas payées. Le patron est condamné pour complicité de
dégradation et la salarié punit de dégradation d’autrui mais ce
dernier invoque l’ordre de l’employeur. Son argument n’est pas
reçut car la Cour de Cassation dit que l’ordre d’un supérieur
hiérarchique ne Constitution§U pas une cause d’irresponsabilité
pénale.

Droit Pénal 2e année 73


Si c’est une autorité privé qui donne un ordre, cela ne justifie
pas l’infraction au titre du commandement de l’autorité
légitime.
Par ailleurs l’ordre donné ne doit pas être manifestement
légal. Je ne commet pas d’infraction punissable si l’on obéit a
son supérieur d’autorité publique (e militaire) mais l’acte ne
doit pas être manifestement illégal. Il existe le devoir
d’obéissance et on a proposé plusieurs système pou apprécier
le caractère manifestement légal :
- la thèse de l’obéissance passive : le subordonné n’est pas
punissable dès lors qu’il exécute l’ordre a celui duquel il fait
obéissance. Si on admet ce principe le subordonné est toujours
justifié et il peut faire n’importe quoi et c’est sont supérieur qui
prendra
- la thèse des baïonnette intelligente : il existe un droit de
critiquer les ordre reçut que l’on refuse de se soumettre
automatiquement aux instruction de ses supérieur. Ainsi le
subordonné doit refuser de se soumettre a des actes illégal.
Mais ce système de critique est trop généralisé et on peut en
arriver à l’anarchie.
- le système intermédiaire a été retenu par le code pénal :
ce n’est qu’en cas d’illégalité manifeste que l’ordre reçut ne
doit pas être exécuté.
¤ Par exemple le fait d’aller demander a un gendarme
d’aller brûler une paillote est un ordre manifestement illégal
que le gendarme n’aurait pas du faire. L’ordre donné par le
préfet u gendarme d’aller détruire la construction est un acte
manifestement illégal qui ne peut pas être invoqué comme fait
justificatif de l’infraction par le gendarme.

Il peut exister des présomption en matière de crime contre


l’humanité ; l’ordre a été reconnu comme étant
systématiquement comme manifestement illégal. La nature
même de l’infraction fait obstacle a la légitimité de l’ordre
donné et le législateur même l’a prévu. Par exemple
l’incrimination de 211-1 et suivant pour les crimes contre
l’humanité, et 213-4 code pénal « l’auteur ou le complice d’un
crime visé ne peut être exonéré d »e sa responsabilité de seul
fait qu'il a commis un acte prescrit ou autorisé par des
disposition législative ou réglementaire ou un acte commandé
par l’autorité légitime. Toutefois la juridiction tiens compte de

Droit Pénal 2e année 74


cette circonstance quand elle fixe la peine ». Le législateur
donne la manière de juger au juge.

II ) la légitime défense.

C’est l’institution la plus connue et la plus naturelle. Son


domaine s’est élargit avec le temps puisque contrairement à
autrefois la légitime défense peut être demandée en dehors de
toute atteinte à la vie ; par exemple pour la défense des biens.

1 ) Le domaine de la légitime défense.

On a longtemps cru que certaines causes de responsabilité


couvraient les infractions intentionnelles. Mais c’est plus
incertain aujourd’hui. La question s’était posée à la chambre
criminelle de la Cour de Cassation qui a décidé que « la légitime
défense est inconciliable avec le caractère volontaire de
l’infraction » car on ne se défend pas par imprudence ou par
négligence ; l’idée même de riposte suppose un geste
volontaire.
La maladresse se poursuivant dans le cadre d’une défense
chambre criminelle 28 novembre 1991 la légitime défense peut
être invoquée dans le cadre d’une maladresse (vieille dame a
coincé des doigts dans une porte, ceux du cambrioleur.) On lui
a refusé la légitime défense car elle n’avait pas voulu lui coincer
les doigts dans la porte.

La doctrine a réagit en disant qu’il fallait peut être


différentes catégories :
- l’acte volontaire est le résultat n’était pas voulu : auquel
cas la situation de défense pourrait être reconnu
- les autres circonstances quand ni l’acte n’a été voulu

Un arrêt plus récent est venu jeter un trouble en la matière


puisque dans un arrêt du 21 février 1993 une personne qui a
tiré sur un agresseur qui avait pénétré chez elle par la fenêtre a
bénéficié de la légitime défense ; la personne avait tiré dans un
geste de recul et il n’y avait pas d’intention de tuer et cela
pourrait remettre en cause la solution initiale (arrêt COUZINET
16 février 1967 : ivrogne qui avait importuné un promeneur et
le promeneur l’a tué et l’on avait dit que la légitime défense
pouvait pas être appliqué par l’homme importuné).

Droit Pénal 2e année 75


Entre temps, il y a eut le nouveau code pénal ; dans le cadre de
cette codification le législateur a consacré des solutions
jurisprudentielles et a consacré la légitime défense. Certains
considèrent que quand le législateur ne dit rien, il n’y a pas lieu
d’interdire la légitime défense des infractions non
intentionnelles.

2 ) Les conditions de la légitime défense.

A ) Les conditions relatives à l’acte d’agression.

- L’acte doit tout d’abord être imminent ou avoir déjà


commencé. La riposte n’est justifiée que par l’urgence et dans
aucun cas il ne peut y avoir de légitime défense dans un titre
préventif. On dit parfois que l’attaque doit être présente,
actuelle, que la riposte doit intervenir dans le même temps que
l’agression.
Si l’on regarde le texte même de l’art 122-5 code pénal ; dans
chaque cas, il y a une dimension temporelle qui apparaît
¤ « Dans le même temps »
¤ Quand il s’agit de défendre ses biens, la personne qui
pour interrompre l’exécution d’un délit contre un bien, on
accomplit un acte justifié par la légitime défense
Cette condition temporelle est importante car si l’on intervient
après coup, la légitime défense n’est plus avérée et il y a
vengeance. La riposte doit alors intervenir dans le temps pour
interrompre l’infraction qui se consomme.

- l’attaque doit être injuste : c'est à dire que si c’est un


huissier qui viens nous saisir nos bien, il n’y a pas d’atteinte au
bien. La question se pose dans les interpellations policières ;
cette dernière se passant moyennant bien peut donner lieu à
une légitime défense. En principe la police est présumé agir
avec justice et l’acte est présumé comme n’appartenant pas à
la légitime défense ; cela n’est qu’une présomption et on peut
en apporter la preuve. En général sa ne fonctionne pas car on
considère que l’on a agit de manière disproportionné par
rapport a l’atteinte apporté.

B ) Les conditions relatives à la riposte.

Droit Pénal 2e année 76


- l’acte de riposte doit être nécessaire : un acte doit
être commandé par la nécessité par la légitime défense et
strictement nécessaire pour la défense du patrimoine. On
marche ici sur des œufs car on admet la légitime défense mais
l’atteinte a la personne ne doit pas être disproportionné par
rapport a l’agression.
Une agression verbale peut elle suggérer une légitime défense
c'est à dire la défense de l’intérêt moral légitime t il la violence.
La jurisprudence n’est pas claire sur la question ; 18 juin 2002 n
professeur invoque la légitime défense pour une adolescente
qui l’avait bousculé et insulté a laquelle il avait poussé un peu ;
celle-ci était tombé sur son cul et la Cour de Cassation admet la
légitime défense. Mais comme la personne l’avait bousculé on
ne peut pas être certain que seule l’insulte justifie la violence.
- l’acte de riposte doit être proportionné a l’acte
d’attaque : Le législateur est venu préciser qu’il excluait
qu’un acte d’homicide volontaire peut être justifié par la
défense des biens . Il y a une présomption irréfragable de la
disproportion quand la riposte conduit a un homicide volontaire
et que le bien protégé est un bien matériel (et non pas juridique
comme la vie). L’art 122-5 al 2 du code pénal le dit. On ne peut
pas tuer pour interrompre le vol de notre voiture.

Mais il existe des présomptions légales de légitime


défense : dans certain cas l’attaque a été commis dans de
telle circonstance que l’on est présumé avoir fait une légitime
défense :
- lorsque l’on repousse de nuit l’effraction par violence ou
ruse dans un lieu habité
- pour se défendre contre les auteurs de vols ou pillages
exécutés avec violence
Cette présomption a été jugé un temps irréfragable mais
l’assassinat en toute impunité a été repoussé par la
jurisprudence et la présomption est alors juste une présomption
simple.

La question des individus en fuite : il faut faire une


distinction entre la légitime défense et l’excuse de l’art 73-4
code de procédure pénal. L’acte de riposte quand il s’est exercé
sur un individus en fuite, la question se pose différemment si
l’individus par les main pleins (on interrompt l’infraction) ou les

Droit Pénal 2e année 77


mains vide (on peut pas invoquer la légitime défense). La
riposte intervient nécessairement après la tentative de
cambriolage et l’on se place sur le terrain selon lequel tous
citoyen doit arrêter un délit flagrant et donc il y aura impunité
de la personne qui aura effectué une violence non
disproportionné pour arrêté quelqu'un.
L’impunité de cette personne ne résultera pas de la légitime
défense mais de l’ordre de la loi. Cette complémentaire des fait
justificatif de l’infraction est a noter.

III ) L’état de nécessité.

L’idée est l’art 122-7 qui dit que n’est pas pénalement
responsable la personne qui face à un danger qui la menace
elle même autrui ou un bien accomplit un acte nécessaire à la
sauvegarde de la personne ou du bien sauf si il y a
disproportion entre les moyens employés et la gravité de la
menace.
C’est un fait justificatif qui a été consacré par le législateur
dans le nouveau code pénal mais reconnu préalablement par la
jurisprudence. Ce fait justificatif traduit la nécessité de
commettre une infraction pour sauvegarder un autre intérêt.
 Exemple pour rouler en voiture on voit un enfant qui
court et l’on franchis une ligne blanche pour préserver la vie de
l’enfant. On commet l’infraction pour sauver la vie de l’enfant. Il
faut faire attention a ne pas confondre la contrainte avec l’état
de nécessité.
L’acte est ici commis de façon volontaire et donc il ne faut
pas commettre la situation avec la personne qui est contraint
extérieurement a franchir une ligne continue (bourrasque de
vent).
 L’hypothèse de la femme qui vole un pain dans une
boulangerie car elle a faim et veut nourrir sa famille et son
enfant ; ici il y a atteinte a la propriété pour sauver la vie de la
personne
 Le radeau de la méduse : cela s’inspire de l’histoire
des personne qui s’entre mange car il n’y avait rien a manger.
Les survivant ont agit en état de nécessité.

Ce fait justificatif a au départ été confondu avec la contrainte


dont elle s’est démarqué

Droit Pénal 2e année 78


1 ) La consécration jurisprudentielle de l’état de
nécessité.

La notion a émergé par les juristes du droit canon. Tous les


auteurs été très porté sur l’intention et il ne trouvé pas juste de
sanctionné des personnes agissant dans des circonstances
particulière. Cette infraction n’était pas envisagée par les codes
pénaux de 1804 car elle était considérée comme dangereuse.
¤ la contrainte : La jurisprudence n’a jamais parlé d’état
de nécessité mais il arrivait au juge d’exonéré la personne par
la contrainte ou l’absence de l’intention délictueuse. La
contrainte avait été invoquée par le bon juge Maillot. Ce juge du
tribunal correctionnel de Château Thierry qui a développé dans
une période imprécis, une jurisprudence du cœur et c’est lui qui
a relaxé une femme qui avait volé un pain pour nourrir son
enfant 4 Mars 1898. Pour se faire, il utilisé l’idée de la
contrainte ; cette dernière suppose une absence de liberté.
Mais cela ne corresponds pas a la situation car la femme choisit
délibérément cette action par l’intérêt supérieur de nourrir
l’enfant. Elle sait très bien ce qu’elle fait et agit en
connaissance de cause en sachant qu’elle commet un acte
répréhensible et l’idée de contrainte n’existe pas. Ainsi l’équité
a été introduite dans la jurisprudence.
¤ l’absence de dol (intention délictueuse) :la personne
qui vole pour nourrie son enfant n’a pas l’intention de voler
mais juste de nourrir son enfant. Il y a une confusion entre
l’intention et le mobile car en volant le pain est de nourrir son
enfant. C’est alors opérer une confusion entre l’absence
d’intention et le mobil de considérer que voler pour nourrir son
enfant n’est pas une volonté délictueuse.

Les instrument utilisé ne fonctionne pas car on n’est pas dans


une analyse tenant a la volonté ou l’absence de volonté
délictueuse. On doit raisonner de façon objective si la personne
ne doit pas être sanctionné, c’est parce que le motif est jugé
supérieur. Donc c’est l’admission que l’intérêt protégé doit
céder devant une circonstance particulière

- A la fin des années 1950 la jurisprudence a consacré dans


l’arrêt Lesage la cause de responsabilité autonome rendu le 25
juillet 1958. Et le législateur a suivi.

Droit Pénal 2e année 79


2 ) La consécration législative.

L’art 122-7 code pénal : on note l’analogie des conditions


avec celles de la légitime défense ; l’idée d’un danger qui
menace soit même ou un bien ; l’acte doit être nécessaire,
absence de disproportion … il y a quasi les mêmes conditions
que le légitime défense pour la raison que l’on peut considérer
la légitime défense comme un état particulier d’un état de
nécessité. Le danger imminent dont on parle ici est la riposte à
une agression. On a admis le cas particulier et on a ensuite
élargit (quant c’est pas une agression et qu’un danger est
imminent on doit faire sortir l’intention criminelle).

A ) Le danger.

Il doit être actuel ou imminent : cette précision permet de


faire échec à la trop facile justification d’un bon nombre
d’infraction (la crise de logement ne peut pas légitimer les
squatteurs). Les dégradations commises sur autrui pour
sauvegarder un intérêt non primordial ne justifie pas la
commission de l’infraction.
L’éventuelle faute antérieure de l’agent : que se passe t-il
en présence d’un danger qu’on a soi même provoqué ? dans la
situation où on se met soi même en situation de devoir agir en
état de nécessité. Arrêt LESAGE, 1958, Cour de Cassation
semble exclure le bénéfice de la justification en cas d’erreur du
comportement à l’origine du danger. Il s’agissait d’un
conducteur qui avait fait un écart de conduite pour éviter sa
femme et son enfant qui étaient de la voiture et avait provoqué
un accident. Il invoque l’état de nécessité, et on lui a reproché
de ne pas avoir vérifier que les portières étaient correctement
fermées. La faute antérieure de l’agent exclu que l’on eut
retenir le bénéfice du fait justificatif. Existe sous nouveau Code
pénal ? Une partie de la doctrine conteste en disant que l’art
122-7 ne reprend pas cette condition. A partir du moment où
l’état de nécessité est devenue une cause indépendante de la
psychologie de l’agent, il n’est pas logique d’en subordonner le
bénéfice au comportement antérieur de l’agent.

B ) L’acte justifié.

Droit Pénal 2e année 80


Cet acte doit être nécessaire, c'est-à-dire que s’il y a
possibilité d’une autre solution, l’agent devra choisir cette
solution sinon sera privé du bénéfice de la justification.
Il doit être proportionné, la valeur protégée doit être d’une
valeur supérieure ou égale à la valeur du bien sacrifié. Ainsi la
sauvegarde d’un bien ne saurait justifier l’atteinte à la vie ou à
l’intégrité physique d’autrui.
C’est plus strict qu’en matière de légitime défense (on
répond à une agression), alors qu’ici, la victime n’est pas la
source du danger.

3 ) le consentement de la victime (fait justificatif non


retenu).

Parmi les grands principes de la théorie générale de la


responsabilité pénale figure ce qui selon lequel le
consentement de la victime n’exonère pas l’auteur de
l’infraction de sa responsabilité pénale. Le consentement de la
victime est indifférent. Ce n’et pas une cause d’irresponsabilité
pénale. La solution peut surprendre car si al victime consent à
l’infraction, pour quelle raison doit on punir l’auteur ? En Droit
romain, c’était la solution inverse qui prévalait. Mais il est
apparut de plus en plus que le Droit Pénal n’avait pas pour
objet la protection des intérêts privés mais qu garantissait
l’ordre social (il défend les individus qu’il protège). Quand Droit
Pénal protège la vie, il protège cette vie par delà la volonté de
la victime à consentir à mourir. Est coupable de meurtre,
d’assassinat, celui qui donne la mort à une personne qui lui
avait demandé en vu d’abréger ses souffrances. L’euthanasie
est considéré comme un assassinat en Droit français.
Dans certains cas cependant, le consentement de la victime
peut avoir un effet exonératoire. Il en est ainsi chaque fois que
l’absence de consentement est un élément constitutif de
l’infraction. C’est le cas chaque fois que l’infraction porte
atteinte à un Droit dont la victime a la libre disposition (Droit de
propriété : pas vol quand proprio consent à ce qu’on lui prenne
sa chose). En raison de la structure de certaines infractions, le
consentement fait échec aux éléments constitutifs de
l’infraction. Parfois le Droit Pénal sanctionnera malgré le
consentement car sera considéré comme imparfait (relation
sexuel d’un mineur avec un majeur n’exonère pas celui ci
d’agression sexuelle).

Droit Pénal 2e année 81


La femme en se mariant consentait de façon générale aux
rapports sexuels avec le mari ? pendant longtemps, mari pas
poursuivi pour viol, mais en 1992, Ch crim a fait un revirement :
le consentement des époux est une présomption simple qui
sera possible de retourner par la preuve contraire, on retiendra
le viol.

SOUS TITRE 2 : LA MENACE.

cf. : 3e partie, titre 1 : la sanction encourue.

PARTIE 2 : LA RESPONSABILITE PENALE.

Pour qu’il est mis en jeu d’une quelconque responsabilité


pénale, il faut qu’une infraction ait été commise. Maintenant on
suppose que l’infraction a été commise. Une atteint a été
portée à une valeur juridique, contre qui la Société va se
tourner pour réparer cette atteinte ? A priori ce n’est pas très
difficile, elle se tourne vers celui qui a commis l’infraction, qui
l’a aidé, encore faut-il que l’agent dispose de l’aptitude à
recevoir une peine. Ce n’est pas toujours le cas. Il existe des
causes de non imputabilité (cause subjective d’irresponsabilité
pénale qui font que même si infraction commise, on ne peut la
porter au compte de l’auteur.

TITRE 1 : LES CAUSES DE NON IMPUTABILITE.

Les causes subjectives agissent sur l’élément moral de


l’infraction, elles suppriment ou empêchent l’élément moral
d’être réalisé. L’homicide commis par un fou n’est pas un
meurtre car le fou ne comprend pas la portée de ces actes. De
ce fait, on peut pas dire qu’il ait une intention criminelle. On dit
que la cause subjective qui tient à la personnalité de l’auteur
supprime l’élément moral. L’homicide ne devient pas licite pour
autant, cet acte n’est pas imputable à l’aliéné mental.

CHAPITRE 1 : LA MINORITE.

Il est normal que la responsabilité pénale du mineur ne


puisse être engagée de la même façon que le majeur. Celui-ci

Droit Pénal 2e année 82


manque d’expérience, n’a pas une représentation très exacte
du monde qui l’entoure. La responsabilité pénale des mineurs
relève d’un régime différent de celle des majeurs.
Cela est compris dans l’ordonnance du 2/02/45, le système
général a subit une modification par loi du 9/09/2002.

I ) Le système antérieur à la loi de 2002 : la présomption


d’irresponsabilité du mineur.

Dans l’ordonnance de 45, le régime pénal des mineurs est


un régime souple des responsabilité ou d’irresponsabilité
atténué. Le but est de remplacer la sanction pénale par un
traitement ou des mesures re socialisantes :
 Les très jeunes enfants qui n’ont pas l’âge du
discernement (7ans) : aucune peine ne peut être
adoptée.
 De l’âge du discernement à 13 ans : aucune peine
ne peut être prononcée : présomption irréfragable
du discernement pour avoir une assistance
éducative.
 De 13 à 18 ans : peines prononçables quand la
personnalité du délinquant et les circonstances de
l’infraction l’exigeait. La peine encourue n’est pas la
même que celle du majeur. En particulier, le
maximum était la moitié de celle normalement
prévue pour un majeur pour la même infraction. Au
delà de 16 ans, le juge pouvait neutraliser cette
excuse de minorité en expliquant pourquoi il pouvait
appliquer la même peine qu’au majeur.
Ce système complexe a été bouleversé par loi du
9/09/2002.

II ) Le système issu de la loi du 9/09/2002.

Cette loi est élaborée pour répondre à la délinquance des


mineurs qui est de plus en plus conséquente et que le système
d’impunité des mineurs de 13 ans est jugé critiquable. La
révolution qui apporte cette loi est l’abandon du principe
d’irresponsabilité des mineurs (art 122-8 Code pénal : « Les
mineurs capables de discernement sont pénalement
responsables des crimes, délits ou contraventions dont ils ont
été reconnus coupables ». Néanmoins, l’art précise qu’ils sont

Droit Pénal 2e année 83


responsable dans des conditions fixées par des lois particulières
(ordonnance de 45) déterminant des mesures de protection
d’assistance et de surveillance dont ils peuvent faire l’objet.
Il est apprécié dans l’alinéa 2 que cette loi détermine les
sanctions éducatives pouvant être prononcées à l’encontre des
mineurs de 10 à 18 ans, ainsi que les peines auxquelles
peuvent être condamnés les mineurs de 13 à 18ans en tenant
compte de l’atténuation de responsabilité dont il bénéficie en
raison de leur âge.
Les sanctions éducatives (nouvelle catégorie) sont applicables
aux mineurs de 10ans. Ces sanctions sont : confiscation de
l’objet de l’infraction, interdiction de paraître dans le lieu de
commission de l’infraction.
Les changements de cette loi :
 Contrairement à l’ancien système reposant sur le système
d’irresponsabilité pénale présumé du mineur, le nouveau
système consacre un principe de responsabilité pénale du
mineur dès lors qu’il est capable de discernement. Critère =
discernement.
 Avant, le mineur n’encourait que des mesures de protection
et d’assistance, le mineur peut désormais dès 10ans, se voir
infliger des sanctions éducatives, stade intermédiaire entre
les simples mesures éducatives de protection et
d’assistances et les peines (toujours avoir 13 ans). A partir de
10 ans, le juge a le choix entre mesures éducatives, sanction
éducative. Et dès 13 ans, ces 2 choses + les peines
atténuées.
Cette réforme s’inscrit dans un courant qui tend à vouloir
responsabiliser davantage le mineur qui tombe de plus en plus
tôt dans la délinquance. La visibilité de l’ensemble n’est pas
absolument totale, l’idée d’une sanction éducative témoigne de
cette volonté d’alliance de contraire.

CHAPITRE 2 : L’ANOMALIE MENTALE.

L’infraction ne peut être imputée qu’à une personne qui se


rend compte de la portée de ses actes (majeurs souffrant d’une
aliénation mentale). Il y a plusieurs degrés dans le mental
psychique d’où plusieurs conséquences sur le plan pénal.
Absence total de discernement et altération de la lucidité.

Droit Pénal 2e année 84


I ) L’absence totale de lucidité.

L’art 122-1 Code pénal affirme que n’est pas pénalement


responsable la personne atteinte au moment des faits d’un
trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son
discernement ou le contrôle de ses actes. La notion de trouble
psychique ou neuropsychique est venu remplacer la notion de
démence qui était autrefois consacré par le législateur.
C’est une aliénation mentale qui peut être soit
congénitale, soit acquise par maladie, soit une psychose. Ce
trouble mental n’est exonératoire que s’il s’est manifesté au
moment des faits (celui qui est lucide ne peut pas bénéficier de
cela).
En général, l’avocat va invoquer l’anomalie et le juge va
faire une expertise psychiatrique. Si le trouble mental intervient
après le fait délictueux, le principe est que la responsabilité
pénale reste entière mais si ça intervient avant le jugement, la
poursuite est suspendue. Si trouble intervient après la
condamnation définitive, ça empêche d’exécuter les peines
privatives de liberté.
Lorsque l’absence de lucidité est due à une trop grosse
absorption d’alcool ou de stupéfiants, le juge peut tenir compte
de cette faute antérieure pour laisser subsister la responsabilité
pénale. Ex : épileptique a une crise alors qu’il conduisait une
voiture, a commis un homicide par imprudence et jugé comme
responsable car épilepsie n’est pas un état permanent et la
personne se sachant épileptique n’aurait pas du prendre le
volant (7/05/1970, Ch crim), de même pour l’état alcoolique.

II ) L’altération du discernement ou du contrôle des


actes.

Cette folie est susceptible de degré et l’art 122-1 va tenir


compte de cette altération. Dans l’alinéa 2, la personne atteinte
au moment des faits d’un trouble psychique ayant altéré son
discernement ou entravé le contrôle de ces actes demeurent
punissable. La juridiction tient compte de ces circonstances
quand elle détermine la peine et en fixe le régime.

Droit Pénal 2e année 85


Il y a abolition du contrôle des actes, mais le législateur
conseille au juge d’en tenir compte sur la manière de
déterminer la cause.
Problème : ça invite à prononcer de courtes peines
d’emprisonnement et cela aggrave souvent la situation.
La maladie qui conduit à une inconscience totale on
provoquée n’engage pas la responsabilité de l’auteur de l’acte,
dans tous les autres cas d’altération mentale, il y a
responsabilité mentale atténuée par le juge.

CHAPITRE 3 : LA CONTRAINTE.

Celle ci est prévue par l’art 122-2 Code pénal, dispose que
n’est pas pénalement responsable la personne qui a agit sous
l’empire d’une force ou d’une contrainte à laquelle elle n’a pu
résister.

I ) Les deux types de contraintes.

Il existe une contrainte physique et une contrainte morale.


1° La contrainte physique prive l’agent de sa liberté de
mouvement. Cette contraint peut être soit extérieur à la
personne (franchissement d’une ligne continue en raison du
vent ou du verglas, il y a contrainte physique externe ;
contrainte physique interne, voyageur endormi qui dépasse sa
station et qui voyage sans billet jusque la station suivante).
2° La contrainte morale abolie la liberté de décision.
Ex : quand on commet une infraction avec un revolver braqué
sur la tempe, on dit qu’on a perdu notre liberté de décision. La
Jurisprudence exonère en raison de la contrainte, l’agent qui a
commis une infraction sans la pression déterminante « d’un
sentiment de peur, de crainte ou d’asservissement ». le juge ira
vérifier que la personne a perdu son libre arbitre. Seule la
contrainte morale externe est exonératoire, c'est-à-dire la
contrainte qui résulte de menaces, de provocations : le juge
vérifiera que cette pression était « assez pressante te assez
directe pour enlever au prévenu sa liberté d’esprit ». En
revanche, la contrainte morale interne n’est pas exonératoire,
quand la liberté de décision a été abolie parce que le sentiment
qui a poussé l’agent à agir prend source dans les dispositions
propres de son esprit (lorsque les pulsions sous la pression à
laquelle on agit est propre à l’esprit de l’agent, ce n’est pas

Droit Pénal 2e année 86


exonératoire). Ex : la cleptomanie n’exonère pas de vol. Cette
absence des faits exonératoire se justifie bien, car il serait trop
facile d’échapper à la répression en se laissant submerger par
ses pulsions antisociales. Au fond, le Droit Pénal est fait pour
ceux qui ne savent pas résister à leur passion ou leurs
émotions.

II ) Les caractères de la contrainte.

La contrainte n’est exonératoire que si elle est irrésistible


et imprévisible.

1 ) L’irrésistibilité.

A ) Le principe.

Il ne cause pas de difficulté particulière. La contrainte doit


avoir abolie la volonté d’agir. Si n’abolie pas complètement
l’auteur des faits doit être jugé coupable. La Cour de Cassation
a une certaine sévérité dans ce cas de contrainte, arrêt ROZOFF
1936 qui condamne l’apatride expulsé de France qui avait été
expulsée de toutes les frontières limitrophes et à qui on a
reproché de ne pas avoir été voir plus loin.

B ) L’appréciation in concreto ou in abstracto


de ce caractère d’irrésistibilité.

Doit-on se référer aux capacités de l’homme normalement


prudent ou se référer aux forces et faiblesses du prévenu qui
comparait devant le juge. Si on se réfère à l’homme
normalement prudent on risque de condamner une personne
qui n’aurait pas dû être sous l’empire d’une force irrésistible
mais de son point de vu elle l’était : on condamne une personne
qui n’a pas voulu commettre l’infraction.
D’un autre côté, si on se réfère aux capacités réelles du
prévenu, on doit une prime à la lâcheté et la volerie : c'est-à-
dire moins on a de force de caractère et mieux on s’en sort.
La Jurisprudence apprécie in abstracto mais avec un fort
tempérament, le point de comparaison n’est pas l’homme
abstrait, celui qui sert de référence a les mêmes
caractéristiques sociales que le prévenu. Ce qui permet de ne

Droit Pénal 2e année 87


pas prendre en compte les particularités trop personnelles du
prévenu.

2 ) L’imprévisibilité.

Cette condition ne résulte pas du texte relatif à cette


cause d’irresponsabilité. Elle a été posé dans un arrêt
TREMINTIN du 29/01/1921, il s’agissait d’un marin qui n’avait
pas pu regagner son bord car s’était enivré, avait été arrêté et
était encore détenu par la police au moment du départ du
navire. Il est poursuivi pour désertion, et lui dit qu’il s’agit d’une
infraction intentionnelle, il était disposé à regagner le navire
mais n’a pas pu car était retenu (contrainte physique externe).
Pour la Jurisprudence, la contrainte n’est pas établie car
manque le caractère d’imprévisibilité. On ne peut pas alléguer
d’une infraction en s’étant mis tout seul dans la situation qui ns
met dans l’infraction du fait de précaution.
N’est-ce pas au moment qu’on commet l’infraction qu’il
faut savoir si on pouvait l’éviter. Or la faute antérieure peut
avoir pour conséquence d’imputer à une personne une
infraction qui au moment ou elle a été commise n’est pas
réellement commise. Cela est possible car on est dans le
domaine d’une infraction intentionnelle. Si on est dans le cas
d’une infraction non intentionnelle, cette Jurisprudence n’est
pas gênante car on peut considérer que la faute antérieure
traduit l’imprudence que l’on cherche à sanctionner.
En cas de faute antérieure la contrainte n’est exonératoire
que si l’infraction est intentionnelle, mais la Jurisprudence ne
semble pas avoir suivi cette orientation.
Malgré tout il y a une évolution possible car on a l’arrêt du
15/11/2005, dans laquelle est confirmée la relaxe d’un individu
qui est atteint d’un malaise au volant, le Tribunal correctionnel
et CA ont admis la relaxe car les circonstances de la cause
montre qu’il avait essayé de stopper son véhicule mais le
véhicule était reparti car pied sur l’accélérateur, mais la ? ici de
savoir si la personne était susceptible de savoir si elle pouvait
avoir un malaise ne s’est pas posée.

CHAPITRE 4 : L’ERREUR DE DROIT.

Il peut paraître surprenant de trouver l’erreur de Droit


comme irresponsabilité pénale, car nul n’est censé ignorer la

Droit Pénal 2e année 88


loi. Il y a une présomption de la connaissance de la loi qui est
posée. Il serait un peu trop facile de s’exonérer de sa
responsabilité en invoquant son absence de connaissance de la
loi.
Pendant longtemps, le Droit français n’a jamais songé a
admettre l’erreur de Droit comme irresponsabilité pénale. Une
telle position a pu paraître trop radicale car le citoyen ne peut
objectivement tout connaître (complexification croissante des
lois pénales qui sont de plus en plus techniques). Apport du
nouveau Code pénal d’avoir introduit un art 122-3 qui pose le
principe de l’irresponsabilité pour cause d’erreur de Droit. N’est
pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru
par une erreur sur le Droit qu’elle n’était pas en mesure d’éviter
pouvoir légitimement accomplir l’acte. La formulation est très
restrictive, 2 conditions : erreur invincible, agent doit avoir eu
une croyance légitime dans la possibilité d’accomplir l’acte.
Ainsi, en cas de doute sur la légalité de l’acte accompli, l’erreur
de Droit ne pourra pas être retenue.
En pratique, le plus souvent les hypothèses dans
lesquelles l’agent avait demandé conseil à des personne
qualifiées et qui l’ont induites en erreur sur la régularité de son
action, ces hypothèses sont le domaine où on trouve le plus
invoqué l’erreur de Droit. Ex : on demande des conseils à
l’administration dans des domaines très techniques. La
Jurisprudence admet l’erreur, mais peut se montrer sévère
notamment quand celui qui demande dispose d’une structure
juridique qui devrait lui permettre d’éviter de faire l’erreur (ex :
si on demande à un avocat et il se trompe, il fallait demander
au juge).
On voit resurgir la ? in concreto, in abstracto. C’est une
appréciation in abstracto que l’on résout comme pour la
contrainte.

Droit Pénal 2e année 89