Vous êtes sur la page 1sur 8

Identification

température

des

Caroline DE SA

mécanismes

d’endommagement

du

béton

à

haute

L.M.T. – Ecole Normale Supérieure de CACHAN – 61 avenue du Président Wilson 94230 CACHAN

RESUME. Le comportement du béton à hautes températures est lié à différents mécanismes d’endommagement intervenant à différentes échelles qui ne peuvent être séparés aisément par des essais expérimentaux. L’objectif des travaux présentés dans cet article est d’identifier qualitativement et quantitativement ces différents mécanismes à l’aide d’une modélisation numérique à deux échelles : macroscopique et mésoscopique, permettant de décrire les endommagements dus aux gradients thermiques, aux dégradations physico-chimiques et aux incompatibilités de déformations des deux composants principaux du béton (pâte de ciment et granulats). Des simulations thermo-mécaniques sont effectuées pour deux maillages, homogénéisé et hétérogène, le comportement mécanique étant décrit par un modèle d’endommagement élastique et un modèle de fluage thermique transitoire. Ces simulations ont également permis de mettre en évidence l’influence de différents paramètres (température, fluage thermique) sur ces mécanismes d’endommagement préalablement identifiés.

MOTS-CLÉS : endommagement, température, hétérogénéités.

ABSTRACT. Concrete’s behavior at high temperatures is related to different damage mechanisms induced at various scales which cannot be easily separated by experimental studies.The aim of this work is to identify qualitatively and quantitatively these different mechanisms by performing numerical simulations at macroscopic and mesoscopic scales, so as to separate these damages induced by thermal gradient, chemical reactions and strain incompatibility between cement paste and aggregates. Thermo-mechanical simulations are realized with two meshes, one corresponding to homogenized concrete and the other taking into account explicitely of concrete’s heterogeneity. The mechanical behavior is described by an elastic damage model and load induced thermal strain model. These simulations permit us to determine also the influence of temperature, load induced thermal strain on the different mechanisms identified before.

KEYWORDS : damage, temperature, heterogeneities.

1.

INTRODUCTION

1.1.

PROBLEMATIQUE

Le comportement du béton à hautes températures fait l’objet de récentes préoccupations, suite aux derniers incendies intervenus dans différents tunnels européens (Tunnels du Mont Blanc, sous la Manche, Fréjus, Tauern…). Dans ces conditions extrêmes, des dégradations importantes des structures en béton peuvent être observées (écaillage, fissurations, rupture de la structure…). La prédiction à priori du comportement du béton lors de ce type de sollicitations est donc primordiale et n’est possible sans une bonne compréhension des différents mécanismes d’endommagement du béton à hautes températures.

XXV emes Rencontres Universitaires de Génie Civil 2007 - PRIX RENE HOUPERT

Trois mécanismes d’endommagement du béton à hautes températures peuvent, entre autre, être distinguées à différentes échelles :

– A l’échelle macroscopique, les gradients thermiques induisant des dilatations différentielles et de ce fait des contraintes différentielles entre le cœur et la surface de la structure.

– A l’échelle microscopique, la déshydratation du béton et les dégradations physico-chimiques observées avec la montée en température (e.g. décomposition de la portlandite, des C-S-H).

– A l’échelle mésoscopique, la forte incompatibilité de déformations entre la pâte de ciment et les granulats, dont les coefficients de dilatation thermique apparents évoluent de façon opposée avec la température (voir figure 1).

Ces trois mécanismes, liés aux trois échelles d’observation du béton sont difficilement différentiables expérimentalement. L’étude proposée vise donc à rendre leur identification et leur séparation possible à l’aide de simulations numériques d’essais « virtuels » non réalisables expérimentalement, l’objectif à long terme étant d’aboutir à des lois macroscopiques décrivant ces différents endommagements pour le calcul de structures.

1.2. APPROCHE ADOPTEE

Pour isoler ces différents mécanismes d’endommagement, des simulations aux éléments finis sont réalisées correspondant à des essais « virtuels » (e.g. essai avec chargement thermique uniforme au sein d’une éprouvette en béton), tenant compte explicitement ou non de la composition hétérogène du béton à l’échelle mésoscopique. Une approche thermo-mécanique classique est utilisée pour représenter le comportement réel du béton à hautes températures. La description explicite de l’hétérogénéité du matériau est effectuée par la réalisation de maillages conformes aux éléments finis (génération et récupération dans le logiciel aux éléments finis Cast3M, à l’aide du logiciel Matlab ).

2.

MODELISATION

2.1. DESCRIPTION GENERALE

L'objectif est de simuler des chargements thermiques à différentes températures sur une éprouvette en béton et de suivre l’évolution induite des propriétés mécaniques. Afin de séparer les différents mécanismes d’endommagements responsables de la dégradation de ces propriétés mécaniques avec la température, deux maillages sont réalisés (voir figure 2) :

– Béton considéré comme « homogène » avec une phase : tous les éléments finis ont les mêmes propriétés thermo-mécaniques,

– Béton considéré comme hétérogène avec deux phases (i.e. pâte de ciment et granulats) ayant chacune des propriétés thermo-mécaniques différentes.

- 2 -

2,0 Granulats 1,5 Pâte de ciment 1,0 0,5 + Dilatation 0,0 - Contraction -0,5 -1,0
2,0
Granulats
1,5
Pâte de ciment
1,0
0,5
+ Dilatation
0,0
- Contraction
-0,5
-1,0
-1,5
-2,0
0
100
200 300 400
500 600 700
800 900
Coefficient de dilatation
thermique [%]

T [°C]

Figure 1 : Evolution du coefficient de dilatation thermique apparent de la pâte de ciment et des granulats (Al Nahhas, 2004).

de la pâte de ciment et des granulats (Al Nahhas, 2004). a) b) Figure 2 :
de la pâte de ciment et des granulats (Al Nahhas, 2004). a) b) Figure 2 :

a)

de la pâte de ciment et des granulats (Al Nahhas, 2004). a) b) Figure 2 :

b)

Figure 2 : Maillages aux éléments finis : a) Béton considéré homogène, b) Béton considéré hétérogène.

Une approche thermo-mécanique classique est utilisée pour la résolution numérique :

– L’équation de la chaleur est utilisée pour déterminer l’évolution de la température au sein de l’éprouvette lors du chargement,

– Un modèle d’endommagement élastique isotrope (Mazars, 1984) est utilisé pour prédire l’évolution de la fissuration durant le chargement,

– Un modèle non linéaire de fluage thermique transitoire (Pearce, 2003) est également introduit pour déterminer son influence sur le comportement du béton.

Les transferts de masse (eau et air) ne sont pas considérés, notre étude étant centrée sur des faibles vitesses de montée en température (de l’ordre de 1°C/min). Ces effets (et plus particulièrement les montées en pression de gaz) sont alors supposés faibles. De plus, l’auréole de transition n’est pas prise en compte puisque nous étudions un béton à hautes performances contenant de la fumée de silice.

2.2. MODELE MECANIQUE

Pour chaque phase, un modèle d’endommagement élastique isotrope (Mazars, 1984) est utilisé pour décrire la fissuration :

[Eq. 2]

i représente les granulats, la pâte de ciment ou le béton. E et D sont respectivement le module d’Young du matériau et l’endommagement.

σ

=

i

(

1

D

)

E

i

(

)

T .ε

e

i

Pour les granulats, les déformations thermique et totale sont définies par :

ε

ε

th

gr

gr

=

gr

(T )

e

= ε + ε

gr

th

gr

(T

T

ref

)1

[Eq. 3]

[Eq. 4]

Pour la pâte de ciment et le béton « homogénéisé », la déformation totale fait intervenir également la déformation de fluage thermique transitoire noté F.T.T. (Pearce, 2003) :

XXV emes Rencontres Universitaires de Génie Civil 2007 - PRIX RENE HOUPERT

( T ) F .T .T . i ~ ε = T σ i 0
(
T
)
F .T .T .
i
~
ε
=
T
σ
i
0
f
c i
e
th
F .T .T .
= ε + ε + ε
ε i
i
i
i

i représente les granulats ou le béton.

[Eq. 5]

[Eq. 6]

Il est à noter que l’implantation numérique de ce modèle est très aisée dans un code de calcul aux éléments finis. En effet, toutes les équations sont analytiques. Ainsi aucune itération locale (au niveau du point de Gauss) n’est nécessaire.

2.3. SIMULATIONS NUMERIQUES

Des données expérimentales de la littérature (Gaweska Hager, 2004) ont été utilisées pour identifier les paramètres de notre modèle. Le protocole et les conditions expérimentales, respectées lors de nos simulations, sont résumés ci-dessous :

– Des éprouvettes cylindriques d’un BHP M100C (E/C=0,3, béton contenant de la fumée de silice) sont testées (104 mm de diamètre et 300 mm de hauteur),

– Le chargement thermique est imposé à la surface des éprouvettes par des colliers chauffants. La plage d’élévation de température est de 20 à 600 °C (avec une vitesse de montée en température de 1,0 °C/min).

Le travail de simulation numérique suivant est réalisé :

Identification des paramètres thermo-mécaniques : Un algorithme d’optimisation de Levenberg-Marquardt (Press, 1994) est utilisé pour identifier les paramètres du modèle. Il est à noter que les paramètres mécaniques sont identifiés à partir d’« essais numériques à chaud » (prise en compte de l’histoire du chargement thermique).

Effet du gradient thermique : Des simulations pour le béton « homogène », avec les paramètres identifiés auparavant, sont réalisées en imposant un chargement thermique uniforme dans l’éprouvette, afin d’isoler l’endommagement dû au gradient thermique (après comparaison avec les simulations précédentes).

Effet des réactions physico-chimiques : Des simulations pour le béton hétérogène, avec les paramètres identifiés précédemment, sont dans un premier temps réalisées en considérant un chargement thermique uniforme dans l’éprouvette (et des coefficients de dilatation nuls des constituants), afin d’identifier la part due aux dégradations physico-chimiques et son évolution avec la température.

Effet des incompatibilités de déformations pâte de ciment/granulats : Des simulations sont réalisées, considérant toujours un chargement thermique uniforme, mais prenant en compte les coefficients de dilatation connus pour la pâte de ciment et les granulats. Ces simulations à l’échelle mésoscopique permettent d’isoler le mécanisme d’endommagement dû aux incompatibilités pâte de ciment/granulats.

Pour chacune de ces simulations, l’effet du fluage thermique transitoire sur ces trois mécanismes d’endommagement identifiés est également étudié.

- 4 -

XXV emes Rencontres Universitaires de Génie Civil 2007 - PRIX RENE HOUPERT

3. IDENTIFICATION DES PARAMETRES DU MODELE

3.1. PARAMETRES THERMIQUES

Des lois d’évolutions physiques de la capacité calorifique et de la conductivité thermique ont été identifiées pour la pâte de ciment et les granulats, à l’aide de l’algorithme d’optimisation de Levenberg-Marquardt (Press, 1994). Des lois d’homogénéisation analytiques sont ensuite utilisées pour déterminer les propriétés du béton homogénéisé (voir Eq.7 et 8).

[Eq. 7]

représentent respectivement la fraction volumique et la capacité calorifique

massique apparente (qui inclut de façon phénoménologique la contribution de la vaporisation de l’eau et de la déshydratation des C-S-H) de chaque phase.

C

b

c i

et

T

[

(

)]

[

C

gr

(

T

)]

eff

[

C

pdc

(

T

)]

eff

[

eff

C

i

(

T

= c

)]

eff

gr

+ c

pdc

b

(

T

)

=

1

2

[

c

gr

gr

(

T

)

+

c

pdc

pdc

(

T

)]

+

1

2

 

gr

(

T

)

pdc

(

T

)

c

gr

gr

(

T

)

+

c

pdc

pdc

(

T

)

[Eq. 8]

représentent respectivement la fraction volumique et la conductivité thermique de

chaque phase. Il s’agit d’une solution analytique approchée basée sur un modèle de conduction mixte série/parallèle.

L’identification des paramètres thermiques conduit à des résultats numériques en accord avec les résultats expérimentaux, pour le béton homogénéisé comme hétérogène (voir figure 3).

c i et

i

(T )

3.2. PARAMETRES MECANIQUES

Les essais de compression/traction réalisés expérimentalement à chaud sont reproduits numériquement, afin de prendre en compte l’éventuel pré-endommagement que peuvent subir les éprouvettes lors du chargement thermique jusqu’à la température souhaitée de l’essai mécanique. Les paramètres mécaniques sont alors identifiés par optimisation et aboutissent à un bon accord entre les résultats expérimentaux et de simulation (voir figure 4).

50 40 30 20 10 Expérience 1 [°C/min] Hétérogène Homogénéisé 0 0 100 200 300
50
40
30
20
10
Expérience 1 [°C/min]
Hétérogène
Homogénéisé
0
0
100
200
300
400
500
600
T coeur-surface [°C]

T [°C]

Figure 3 : Evolution du gradient thermique au sein de l’éprouvette.

80 60 40 Expérience T=250°C 20 Hétérogène Homogénéisé 0 0 1000 2000 3000 [ m/m]
80
60
40
Expérience T=250°C
20
Hétérogène
Homogénéisé
0
0
1000
2000
3000
[ m/m]
[MPa]C

Figure 4 : Essai de compression à chaud à

T=250°C.

- 5 -

4.

INDENTIFICATION DES MECANISMES DENDOMMAGEMENT

4.1. GRADIENT THERMIQUE

L’effet du gradient thermique est quantifiable grâce aux simulations réalisées avec le maillage « homogénéisé » du béton. Il correspond au rapport des propriétés mécaniques, obtenues lors de l’identification des paramètres (i.e. avec un chargement thermique imposé à la surface de l’éprouvette induisant donc un gradient thermique au sein de l’éprouvette) et de ces mêmes propriétés obtenues pour un essai mécanique réalisé en imposant un chargement thermique uniforme au sein de l’éprouvette (voir Figure 4).

L’introduction du fluage thermique transitoire (à prendre en compte pour décrire le comportement « réel » du béton en température) induit une relaxation des contraintes au sein de l’éprouvette d’où une réduction importante de l’endommagement du au gradient thermique. Néanmoins, on remarque que la vitesse de montée en température n’est pas assez faible pour éliminer complètement la contribution du gradient thermique dans les mécanismes d’endommagement.

4.2. DEGRADATION DES PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Des simulations avec le maillage hétérogène, avec chargement thermique uniforme, mais considérant des coefficients de dilatations nuls pour la pâte de ciment et les granulats, sont réalisées, afin de ne rendre compte que de la dégradation des propriétés mécaniques due aux réactions de déshydratation et de décomposition du béton avec la température.

Le F.T.T. étant lié au gradient thermique, son introduction n’a ici aucune influence sur l’endommagement lié à la déshydratation et aux réactions chimiques induites lors de la montée en température (le gradient thermique étant nul).

1 0,8 0,6 0,4 Simulations sans FTT 0,2 Simulations avec FTT 0 0 100 200
1
0,8
0,6
0,4
Simulations sans FTT
0,2
Simulations avec FTT
0
0
100
200
300
400
500
600
E
non uniforme /ET
T uniforme

T [°C]

Figure 4 : Dégradation, due au gradient thermique, du module d’Young avec la température.

1 0,8 0,6 0,4 0,2 0 0 100 200 300 400 500 600 E(T)Tuni /E(20°C)=0
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0
0
100
200
300
400
500
600
E(T)Tuni
/E(20°C)=0
Tuni
=0

T [°C]

Figure 5 : Dégradation, due aux réactions physico-chimiques, du module d’Young avec la température.

4.3.

DEGRADATION DUE AUX INCOMPATIBILITES DE DEFORMATIONS PATE DE CIMENT/GRANULATS

La comparaison des propriétés liées aux dégradations physico-chimiques et des propriétés déterminées en imposant toujours un chargement thermique uniforme, mais en considérant les coefficients de dilatation respectifs de la pâte de ciment et des granulats permettent d’obtenir la part due à l’endommagement lié aux incompatibilités de déformations entre ces deux constituants du béton (voir figure 6).

Cet endommagement n’apparaît qu’aux environs de 400°C, température à partir de laquelle les coefficients de dilatation thermique apparents de la pâte de ciment et des granulats divergent de manière significative. A partir de cette gamme de température, cet effet devient non négligeable pour la description des propriétés mécaniques du béton.

sur les

phénomènes d’écaillage du béton observés à des températures de l’ordre de 200°C habituellement.

Par contre, son apparition

tardive

semble éliminer

toute

contribution

de cet

effet

1 0,8 0,6 0,4 Simulations sans FTT 0,2 Simulations avec FTT 0 0 100 200
1
0,8
0,6
0,4
Simulations
sans FTT
0,2
Simulations
avec FTT
0
0
100
200
300
400
500
600
ETunif, /ETunif, =0

T [°C]

Figure 6 : Dégradation, due aux incompatibilités de déformations pâte de ciment/granulats, du module d’Young avec la température.

1 0,8 0,6 0,4 Gradient Thermique 0,2 Physico-chimie Incompatibilités 0 0 100 200 300 400
1
0,8
0,6
0,4
Gradient Thermique
0,2
Physico-chimie
Incompatibilités
0
0
100
200
300
400
500
600
E/E0

T [°C]

Figure 7 : Comparaison des trois mécanismes d’endommagement (avec F.T.T.).

La figure 7 permet de comparer les trois mécanismes d’endommagement du béton observés précédemment. L’effet des réactions chimiques intervenant au sein de la pâte de ciment et des granulats est prépondérant, le caractère hétérogène du matériau ayant un effet non négligeable pour les hautes températures.

5. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES

Le travail réalisé et les résultats obtenus démontrent la possibilité de séparer numériquement, de manière quantitative, les différents mécanismes d’endommagement du béton avec la température. De plus, l’identification des dégradations dues au caractère hétérogène du matériau permet de conclure sur son caractère non négligeable pour la description du comportement du béton à hautes températures.

L’évolution de ces types d’endommagement est cependant dépendante de la vitesse de montée en température. Ainsi, les gradients thermiques observés seront plus importants pour des vitesses de

XXV emes Rencontres Universitaires de Génie Civil 2007 - PRIX RENE HOUPERT

montée en température élevées (e.g. de 10°C/min). Dès lors la part de l’endommagement du au gradient thermique deviendra prépondérante.

Ce travail met en évidence la possibilité de décrire ces différents endommagements à l’échelle macroscopique par le modèle mécanique suivant :

σ

b

=

(

1

D

)

(

1

(T )

)

(

1

)

(T ) E

b20 C

.ε

e

b

[Eq. 9]

Où D, , et représenteraient respectivement les endommagements dus au gradient thermique, aux réactions physico-chimiques, aux incompatibilités de déformations pâte de ciment/granulats.

Les lois d’évolution de ces paramètres pourront être déterminées à l’aide notamment d’études paramétriques sur l’effet de la distribution granulaire, de la teneur en granulats, de la morphologie de ces granulats.

Ce travail peut également être étendu à d’autres problématiques, où le caractère hétérogène du matériau doit être pris en compte pour une description rigoureuse des phénomènes observés (e.g. fissurations aux interfaces pâte de ciment/granulats observés expérimentalement pour le séchage naturel des mortiers (Bisshop et Van Mier, 2002) et également numériquement (Benboudjema et al,

2004)).

Le travail complémentaire réalisé actuellement ouvre également des pistes concernant l’origine du F.T.T. Les premières simulations de chargements thermo-mécaniques réalisées semblent en effet attribuer, au moins partiellement, l’effet du F.T.T. au caractère hétérogène du béton (Khoury, 1985).

6.

Al Nahhas F. (2004) « Comportement thermo-mécanique des murs en maçonnerie de blocs creux en béton sous l’action d’un feu conventionnel » Thèse de doctorat, Université de Marne-La-Vallée.

Benboudjema F., Guillon E., Torrenti J.-M. (2004) « Effect of interfacial transition zone and aggregates on the delayed behavior of mortar and concrete » 5 th International Conference on Fracture Mechanics of Concrete and Concrete Structures, U.S.A, p. 589-596.

Bisshop J., Van Mier J.G.M. (2002) « Effect of aggregates on drying shrinkage microcracking in cement-based composites » Materials and Structures, vol. 35, p. 453-461.

Gaweska Hager I. (2004) « Comportement à haute température des bétons à haute performance - évolution des principales propriétés mécaniques » Thèse de doctorat, ENPC.

Khoury G.A., Grainger B.N., Sullivan P.J.E. (1985) « Transient thermal strain of concrete: literature review, conditions within specimen and behavior of individual constituents » Magazine of Concrete Research, vol. 37, p. 131-144.

Mazars J. (1984) « Application de la mécanique de l’endommagement au comportement non linéaire et à la rupture du béton de structure » Thèse de doctorat, Université Paris 6, ENS Cachan.

Pearce C.J., Nielsen C.V., Bicanic N. (2003) « A transient thermal creep model for concrete » Euro-C 2003, Computational Modelling of Concrete Structures, Bicanic et al. (eds).

Press W.H., Tenkolsky S.A., Vetterling W.T., Flannery R.P. « Numerical recipes in Fortran : The art of scientific computing », Second Edition, Cambridge University Press, 1994, 963 p.

BIBLIOGRAPHIE

- 8 -